Méthodes d'Analyse Numérique LMD
Méthodes d'Analyse Numérique LMD
POLYCOPIE DE COURS
Thème
Préparé par :
2018/2019
Table des matières
Introduction 3
2 Interpolation polynômiale 23
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.2 Construction du polynôme d’interpolation . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.1 Méthode de Lagrange : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.2.2 Méthode de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.2.3 Erreur de l’interpolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
1
3 Approximation des fonctions au sens des moindres carrés 35
3.1 Introdution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Notions et Dé…nitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.1 Produit scalaire discrèt : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2.2 Norme discrète d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.3 Orthogonalité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.2.4 Polynômes Orthogonaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.2.5 Algorithme d’orthogonalisation de Gram-Schmidt . . . . . . . . . 37
3.3 Approximation polynômiale des fonctions au sens des moindres carrés . . 39
3.3.1 Formulation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
3.4 (M ASM C) dans la base canonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
3.5 (M ASM C) dans une base orthogonale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
4 Intégration Numérique 49
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.2 Intégration par interpolation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
4.2.1 Formule du trapèze . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
4.2.2 Formule du trapèze généralisée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
Bibliographie 63
2
Introduction
Il est bien connu que les méthodes utilisées, en mathématiques classiques, sont in-
capables de résoudre tous les problèmes qui se posent, par exemple en intégration, en
résolution des équations non linéaires, en interpolation, en équations di¤érentielles . . .
On remplace alors la résolution mathématique exacte, de ces problèmes, par sa
résolution numérique qui est, en général, approchée. L’analyse numérique est la branche
des mathématiques qui étudie les méthodes de résolution numérique des problèmes,
méthodes que l’on appelle constructives. Par méthode constructive, on entend un
ensemble de règles (on dit : algorithme) qui permet d’obtenir la solution numérique
d’un problème avec une précision désirée.
Le cours des méthodes numériques que je vais présenter dans ce polycopié est dis-
pensé depuis 2011 aux étudiants de 2eme année licence technologie (toutes spécialités) de
l’université Sétif-1, au deuxième semestre. Il a pour objectif de présenter aux étudiants
une variété d’outils numériques (algorithmes) permettant la résolution e¤ective d’un cer-
tain nombre de problèmes.
La suppression de tous les détails théoriques concernant les méthodes présentées est
dûe au nombre succint du volume horaire consacré à ce module et à la non spécialité
mathématique des étudiants.
Les chapitres de ce cours sont illustrés par des exemples d’applications, et une série
d’exercices est proposée à la …n de chacun d’entre eux. La plupart de ces exercices étaient
proposés lors des séances de travaux dirigés ou d’épreuves de moyenne durée.
Le cours se compose de quatre chapitres, il traite les sujets suivants :
3
– Résolution d’une équation non linéaire.
– Interpolation polynômiale des fonctions.
– Approximation des fonctions au sens des moindres carrés.
– Intégration numérique.
4
Chapitre 1
1.1 Introduction
On présente ici quelques méthodes de résolution numérique de l’équation suivante :
f (x) = 0; (1.1)
Dé…nition 1 On appelle une solution ou une racine exacte de l’équation (1.1) tout réel
2 Df tel que f ( ) = 0; Df désigne le domaine de dé…nition de la fonction f: Géomé-
triquement : est l’abscisse de l’intersection entre la courbe de f et l’axe x0 ox:
Dé…nition 2 On appelle une solution approchée de l’équation (1:1) tout réel 2 Df tel
que jf ( )j "; Df , où " est un réel positif assez petit qui représente la précision ou bien
5
l’erreur permise pour l’approximation.
L’existence et l’unicité des racine de l’équation (1:1) dépend totalement des propriétés
de la fonction f à savoir : la continuité et la dérivabilité, comme le montre le théorème
des valeurs intermédiaires dont on rappelle ici le contenu :
Les méthodes de résolution qui existent peuvent se classi…er en deux types di¤érents :
1) Méthodes directes : Elles nous permettent de déterminer toutes les racines
exactes en même temps après un nombre …ni d’opérations arithmétiques.
Exemple
La méthode de discriminant (4) pour résoudre l’équation polynômiale suivante :
f (x) = ax2 + bx + c = 0; x 2 R:
p p
b 4 b+ 4
Si 4 > 0; alors les racines sont : x1 = 2a
ou x2 = 2a
:
2) Méthodes itératives : Les racines obtenues par ces méthodes sont des racines
approchées, et cela s’e¤ectue comme suit :
On démarre par une valeur initiale, ensuite on construit une suite (xk )k2N de valeurs
approchées de la racine exacte telle que :
6
lim xk = :
k!+1
Toutes les méthodes itératives exigent avant tout une étape essentielle qui est la
séparation (ou localisation) des racines.
On dit que la racine exacte de l’équation (1:1) est séparée dans l’intervalle [a; b] si
cet intervalle ne contient pas d’autres racines.
Pour séparer les racines de cette dernière, on peut utiliser les deux méthodes suivantes :
Méthode graphique
- Soit on trace le graphe de la fonction f et on cherche les abscisses des points de
0
l’intersection de ce graphe avec l’axe (x ox).
- Soit on décompose f en deux fonctions simples à étudier telles que :
f = f1 f2 ;
et on cherche les points d’intersection des deux graphes de f1 et f2 . Ainsi, les abscisses
de ces points sont exactement les racines de l’équation (1:1).
Méthode analytique
Cette méthode se base sur l’application du théorème des valeurs intermédiaires.
Exemples
Séparer graphiquement les racines des équations suivantes :
1. f (x) = x2 ex :
2. f (x) = x3 3x + 1 = 0:
3. f (x) = 2x ln x 4 = 0:
7
Corrigé
1. La courbe représentative de la fonction f (x) = x2 ex est donnée par le graphe
suivant :
0
On voit que l’intersection du graphe de la fonction f (x) = x2 ex avec l’axe (x ox)
permet de localiser les racines de l’équation f (x) = 0: Par conséquent, l’équation admet
une racine unique 2 [ 1; 0] :
8
2. Pour le deuxième exemple, on peut décomposer la fonction f en deux fonctions
usuelles de la manière suivante :
avec '1 (x) = x3 + 1 et '2 (x) = 3x; en traçant leurs graphes on obtient :
9
0 1
En e¤et : Df = ]0; +1[ et f (x) = 2 x
.
0
Donc, : f (x) = 0 , x = 21 :
Alors, le tableau de variations de f est donné comme suit :
10
Table1.1- Tableau de variations de f (x) = 2x ln x 4:
L’idée est de construire une suite d’intervalles, de plus en plus petits contenants une
racine séparée de l’équation (1:1) ; dont l’outil utilisé est la deuxième condition du
théorème des valeurs intermédiaires.
En e¤et, on pose I0 = [a0 ; b0 ] = [a; b]
a0 +b0
On divise I0 en deux x0 = 2
: Si f (a0 ) f (x0 ) < 0, alors 2 ]a0 ; x0 [ et on pose
I1 = [a1 ; b1 ] = [a0 ; x0 ] :
b0 a0
Sinon I1 = [a1 ; b1 ] = [x0 ; b0 ] et on a : j x0 j 2
.
11
a1 +b1
On répéte cette opération sur le nouvel intervalle I1 avec x1 = 2
:
bk ak bk 1 ak 1 b 0 a0 b a
j xk j = = ::: = = k+1 : (1.2)
2 22 2k+1 2
Alors, l’erreur de la méthode est la longueur de l’intervalle initial après (k + 1) itér-
rations.
Evaluation de la méthode
b a ln (b a) ln (")
" =) k 1:
2k+1 ln (2)
– La convergence de la méthode est garantie dés qu’on détermine l’intervalle conte-
nant la racine exacte.
– Cette méthode est considérée comme étant la méthode la plus facile en program-
mation, elle nécessite seulement le calcul de f en plusieurs points.
12
Figure 1.3.
13
Exemple 1 Soit l’équation suivante :
1
f (x) = x sin x 1 = 0:
2
2- Déterminer le nombre minimal d’itérations nécessaires pour calculer une racine ap-
1
prochée avec une précision " = 10 en utilisant la méthode de dichotomie, ensuite
calculer cette racine approchée.
Solution
1 3
1- f (x) = x 2
sin x 1 est continue sur 0; 2
et f (0) f 2
= ( 1) 2 2
< 0:
Donc d’après le Théorème 1; il existe au moins une racine 2 0; 2
de l0 équation
0 1
f (x)=0: Puisque f est une fonction croissante sur 0; 2
f (x) = 1 2
cos x > 0 sur 0; 2
,
() k 2:97 ) k = 3:
Alors, on doit faire au moins 3 itérations.
ak +bk
k ak bk xk = 2
f (ak ) f (xk ) k
+ 1
0 0 2
0:7854 >0 0:785 > " = 10
+ 1
1 0:7854 2
1:1781 >0 0:39 > " = 10
+ 1
2 1:1781 2
1:3744 >0 0:195 > " = 10
+ 1
3 1:3744 2
1:4726 >0 0:0975 < " = 10
14
1.3.2 Méthode de Newton-Raphson :
Soit f une fonction continue et deux fois dérivables sur l’intervalle [a; b]. Supposons
que :
1. f (a) f (b) <0:
0 00
2. f (x) 6= 0 sur [a; b] et f (x) 6= 0 garde le même signe sur cet intervalle.
Alors la procédure de la méthode de Newton pour approcher la racine est donnée
par : 8
< x0 2 [a; b] tel que f (x0 ) :f 00 (x0 ) > 0
(1:3)
: xk+1 = xk f (xk )
0 ; k = 1; 2; :::
f (xk )
Géométriquement, le point xk+1 dans la formule (1:3) est l’abcisse du point d’inter-
0
section entre la tangente de la courbe de f au point (xk ; f (xk )) et l’axe x ox (Figure
1.4):
Si les conditions (1) et (2) sont satisfaites alors la suite générée par l’algorithme de
Newton converge vers l’unique solution de l’équation f (x) = 0.
De plus, on a l’estimation d’erreur suivante :
M2
k+1 = jxk+1 j (xk )2
2m2
00 0
où M2 = max f (x) et m1 = min f (x) :
x2[a;b] x2[a;b]
Critère d’arrêt : En général, le calcul de M2 et m1 sont très couteux, alors on peut
utiliser d’autres critères d’arrêt comme :
15
Figure1.4 - Illustration de la méthode de Newton-Raphson.
f (x) = ex + x = 0:
Solution
1- f (x) = ex + x est continue sur [ 1; 0] et f ( 1) f (0) = (e 1
1) < 0:
Donc d’après le Théorème 1; il existe au moins une racine 2 ] 1; 0[ de l0 équation
f (x)=0:
0
Puisque f est une fonction strictement croissante sur [ 1; 0], f (x) = 1 + ex > 0 sur ] 1; 0[ ,
alors est unique.
16
2- Choix du point initial :
0 00 00
f (x) = 1 + ex ; f (x) = ex ; on remarque que f (0) f (0) = 1 2 = 2 > 0; donc, on
peut prendre x0 = 0:
On utilise le schéma itératif de la méthode de Newton-Raphson, on trouve
Alors = 0:5693 10 2 :
Soit f une fonction continue et deux fois dérivable sur l’intervalle [a; b]. On Suppose
que :
1. f (a) f (b) <0:
0 00
2. f (x) 6= 0 sur [a; b] et f (x) 6= 0 garde le même signe sur cet intervalle.
Alors la procédure de la méthode de Lagrange pour approcher la racine de l’équation
(1:1) est donnée par :
8
< x = a si f 00 (a):f (a) < 0
0
(1:5)
: x f (xk )
k+1 = xk f (xk ) f (b)
(xk b) ; k = 1; 2; :::
ou bien
8
< x = b si f 00 (b):f (b) < 0
0
(1:6)
: x f (xk )
k+1 = xk f (xk ) f (a)
(xk a) ; k = 1; 2; :::
17
procédé qu’auparavant en joignant ce point et l’extrémité …xe, (a; f (a)) ou (b; f (b)),
00
l’extrémité …xe est celle qui satisfait f (x).f (x) 0.
Alors, dans ce cas, on obtient l’une des deux formules itératives précédentes ((1:5) ou (1:6))
pour cette méthode selon la condition du point initial.
Suivant les hypothèses (1) et (2), la suite générée par l’algorithme de Lagrange, dans
les deux alternatives, converge vers la seule racine de l’équation .(1:1) dans [a; b]:
18
De plus, on a l’estimation d’erreur suivante :
M1 m 1
k+1 = jxk+1 j jxk+1 xk j
m1
0 0
où M1 = max f (x) et m1 = min f (x)
x2[a;b] x2[a;b]
Critère d’arrêt : On peut envisager aussi le même critère d’arrêt que celui de la
méthode de Newton cité dans la formule (1:4).
f (x) = ln (x) x + 2:
Solution
1- f (x) = ln (x) x + 2 est continue sur [3; 4] et f (3) f (4) < 0 (f (3) = 0:0986;
f (4) = 0:6937): Donc d’après le Théorème 1; il existe au moins une racine 2 ]3; 4[
de l0 équation f (x) = 0:
0
Puisque f est une fonction strictement décroissante sur [3; 4] ; f (x) = 1 + ex > 0 sur ]3; 4[ ,
alors est unique.
00
2- Pour la méthode de Lagrange, le point initial sera x0 = 3, car f (3):f (3) < 0:
0
f (xk )
Alors : xk+1 = xk f (xk ) f (4)
(xk 4)
On calcule les itérations
x1 = 3:1384; 1 = jx1 x0 j = [Link],
x2 = 3:1458; 2 = jx2 x1 j = [Link]
L’erreur commise est 2 = [Link]
19
1.3.4 Méthode de la sécante
0
Dans certaines situations, la dérivée f est très compliquée ou même impossible à
expliciter . On ne peut pas utiliser telle qu’elle est la méthode de Newton-Raphson. L’idée
00
est de remplacer f par le taux d’accroissement de f sur un petit intervalle [xi ; xi+1 ] :
xk+1 xk
xk+1 = xk f (xk ) (1:7)
f (xk+1 ) f 0 (xk )
Remarque 2 On note que cet algorithme itératif ne peut démarrer que si on dispose
déjà de deux valeurs approchées de la valeur exacte.
Solution
1- f (x) = x3 x 4 est continue sur [1; 2] et f (1) f (2) < 0: Donc d’après le
Théorème 1; il existe au moins une racine 2 ]1; 2[ de l0 équation f (x) = 0:
0
Puisque f est une fonction strictement croissante sur [1; 2] ; f (x) = 3x2 1 > 0 sur ]1; 2[ ,
alors est unique.
2- Pour la méthode de la sécante, en prenant x0 = 1, x1 = 1:
0
f (xk )
Alors : xk+1 = xk f (xk ) f (4)
(xk 4)
1 = jx1 x0 j = 1 > " = 10 2 :
x1 = 1:6667; 2 = jx2 x1j = [Link] > " = 10 2 :
x2 = 1:6727; 3 = jx3 x2 j = 0:006 < " = 10 2 :
Alors : = 1:6727 10 2 :
20
Série d’exercices N 1
Exercice 1 :
On considère l’équation non linéaire :
f (x) = x + ex = 0:
1
f (x) = x sin x 1=0
2
1- Monter que l’équation f (x) = 0 admet une solution (racine) unique dans 0; 2
:
2- En appliquant l’algorithme de Newton-Raphson, calculer une valeur approchée de à
4
10 près.
Exercice 3 :
Soit l’équation :
f (x) = x3 x 4=0
21
Exercice 4 :
Soit l’équation :
f (x) = 0:2 sin x 0:5 = 0
1- Monter que cette équation admet une racine 2 [0; 1] :
2- En appliquant l’algorithme de la sécante, calculer une valeur approchée de avec une
erreur de " = 10 3 ; en prenant comme points initiaux x0 = 0; x1 = 1:
Exercice 5 :
Soit l’équation suivante :
22
Chapitre 2
Interpolation polynômiale
2.1 Introduction
Soit f une fonction dé…nie sur l’intervalle [a; b], dont on ne connait que les valeurs yi
qu’elle prend aux (n + 1) points distincts xi 2 [a; b] ; i = 0; ::n (yi = f (xi )): Le but de
l’interpolation est de déterminer une fonction g simple à calculer, telle que :
Remarque 3 On rappelle que la fonction f peut être donnée par une expression explicite,
23
tout comme elle peut être donnée juste par des points (xi ; yi ) ; le cas des résultats de
mesures expérimentales.
a0 + a1 x i + + an xni = yi ; i = 0; ;n
Ce système possède une unique solution si et seulement si la matrice carrée qui lui est
associée est inversible. Or, il se trouve que cette dernière est une matrice de Vandermonde
dont le déterminant vaut :
1 x0 xn0
!
1 x1 xn1 Y1
n Y
n
.. .. .. = (xj xi )
. . . i=0 j=i+1
1 xn xnn
Les points d’interpolation étant tous distincts, ce déterminant est non nul.
24
On notera qu’il est également possible de prouver l’unicité du polynôme d’interpola-
tion en supposant qu’il existe un autre polynôme Qn , de degré inférieur ou égal à n, tel
que Qn (xi ) = yi ; i = 0; ; n.
La di¤érence Pn (xi ) Qn (xi ) qui est également de degré inférieur ou égal à n et s’annu-
lant en (n + 1) points distincts, il découle du théorème fondamental de l’algèbre qu’elle
est nulle.
Polynômes de Lagrange
Les polynômes de Lagrange notés Li sont des polynômes de degré inférieur ou égal
à n dé…nis par8:
< 1; si i = j
Li (xj ) = i; j = 0; ;n
: 0; si i 6= j
D’une part, on remarque que le polynôme Li s’annule en n points :
x 0 ; x1 ; ; xi 1 ; xi+1 ; xn :
25
Polynôme d’interpolation de Lagrange :
Exemple 5
p p p p p p
P2L (x) = 2 3 4 2 + 2 x2 + 12 2 5 3 7 x+3 3 8 2 6:
Remarque 4 Si l’une des valeurs des yi est nulle, il n’est pas question de calculer le
Li (x) correspondant, car le produit va être nul lui aussi.
P (x) = a0 + a1 (x x0 ) + a2 (x x0 ) (x x1 ) + (2:4)
+an (x x0 ) (x x1 ) (x xn 1 )
26
Pour calculer a0 , on utilise le fait que :
P (x0 ) = f (x0 ) = a0 .
f (x1 ) f (x0 )
Pour calculer a1 : P (x1 ) = f (x1 ) = a0 + a1 (x1 x0 ) ; alors a1 = x1 x0
Pour calculer les di¤érences divisées d’ordre n de la fonction f aux points xi (i = 0 n),
on forme le tableau suivant en appliquant les relations précédentes.
27
xi 0 1 n 1 n
x0 f (x0 )
1 (x0 ; x1 )
x1 f (x1 ) n 1 (x0 ; : : : ; xn 1 )
1 (x1 ; x2 )
x2 f (x2 ) n (x0 ; : : : ; xn )
.. ..
. .
xn 1 f (xn 1 ) n 1 (x1 ; : : : ; xn )
1 (xn 1 ; xn )
xn f (xn )
a0 = 0 (x0 )
a1 = 1 (x0 ; x1 )
a2 = 2 (x0 ; x1 ; x2 )
..
.
an = n (x0 ; : : : ; xn )
Dé…nition 4 En remplaçant par les expressions des (DD) dans la formule (4), on ob-
tient le polynôme d’interpolation de Newton pour la fonction f aux points xi (i = 0 n),
alors :
+ + n (x0 ; : : : ; xn ) (x x0 ) (x x1 ) (x xn 1 )
28
Remarque :
– La di¤érence divisée p (xi ; xi+1 ; ; xi+p ) (pour 0 i n et 0 p n) est
invariante pour toute permutation des points xi ; xi+1 ; ; xi+p .
xi 0 1 2
0 1
1
1 1
2
1 0
= 2
1
1 + 12 1
1 2
8
3 0
= 8
1 1
1
4
3 1
2
= 8
1
3 4
29
1
P2N (x) = 1 2
(x 0) + 81 (x 0) (x 1).
P2N (x) = 18 x2 5
8
x + 1.
f (n+1) ( ) Q
n
f (x) P (x) = (x xi )
(n + 1)! i=0
et on obtient :
M (n+1) Q n
jf (x) P (x)j = (x xi ) (2:6)
(n + 1)! i=0
Mn+1 Qn
jf (x) P (x)j max (x xi ) :
(n + 1)! [x0 ;xn ] i=0
On appelle jf (x) P (x)j l’erreur exacte au point x 2 [x0 ; xn ] et le deuxième membre
de l’inégalité (2:6) l’erreur théorique.
Ce cas a une grande importance dans l’interpolation des fonctions tabulaires où les
points sont équidistants c-à-d on a x0 , x1 = x0 + h, x2 = x0 + 2h, . . . , xn = x0 + nh avec
h > 0 représente le pas.
30
Di¤érences …nies progressives Pour (n + 1) points (xi ; yi ) i = 0; : : : ; n, on peut
dé…nir les di¤érences …nies progressives (DF P ) d’odre 0 jusju’à n par les expressions
suivantes :
Dé…nition 5 Soit f une fonction dont on connait les valeurs aux points xi avec xi =
xi 1 +h, h > 0 et (i = 0; ; n). Alors, le polynôme d’interpolation de Newton en fonction
des di¤érences …nies progressives pour la fonction f aux points xi s’écrit de la manière
suivante :
N 4y0 42 y0
P (x) = y0 + (x x0 ) + 2 (x x0 ) (x x1 ) (2:7)
h:1! h :2!
4n y0
+ + n (x x0 ) (x x1 ) (x xn 1 )
h :n!
Théorème 4 Soit f une fonction dont on connait les valeurs aux points xi avec xi =
xi 1 + h, h > 0 et (i = 0; ; n), alors :
4k yi
k (xi ; xi+1 ; ; xi+k ) = , yi = f (xi ) , 0 i i+k n
hk k!
f (x) = cos x
31
et les points
x0 = 0; x1 = ; x1 = :
4 2
1- Déterminer le polynôme d’interpolation Pn sous forme de Newton en utilisant les
di¤érences …nies progressives pour la fonction f aux points xi ; i = 0; 1; 2:
2- Calculer l’erreur exacte et théorique au point x = 6 :
Corrigé :
On construit le tableau des (DDP )
xi yi 4yi 42 yi
0 1
1 1= 2
1 2+2= 4
1+1=2
2 1
M3 Q 2
Et = (x xi )
(3)! i=0
;
32
avec M3 = max jf 3 (x)j = jsin xj ) M3 = 1
x2[0;2 ]
Alors Et = 16 6 0 6 6
2 = [Link]
On trouve, donc
Ee Et :
33
Série d’exercices N 2
Exercice 1 :
1- Déterminer les polynômes d’interpolation de Lagrange et celui de Newton qui
p
interpole la fonction f (x) = 4x + 1 aux points x0 = 0; x1 = 2; x2 = 6:
p
2- Déduire une valeur approchée de 5:
p
3- Calculer l’erreur d’interpolation commise (exacte et théorique) pour la valeur 5:
4- Si on ajoute x3 = 12; déterminer les polynômes d’interpolation de Lagrange et de
p
Newton(di¤érences divisées) dans ce cas et déduire une valeur approchée de 5:
Exercice 2 :
1
On considère la fonction : f (x) = x 2
sin x 1:
1- Déterminer le polynôme d’interpolation de Newton (di¤érences …nies) qui passe
par les points x0 = 0; x1 = 4
=; x2 = 2
:
2- Calculer l’erreur exacte et théorique au point 3 :
Exercice 3 :
1- Déterminer le polynôme de Lagrange de la fonction, passant par les points (0; 2) ;
(1; 1) ; (2; 2) ; (3; 3) :
2- Donner les di¤érences …nies en ces points, puis déduire le polynôme de Newton qui
interpole cette fonction.
Exercice 4
p
On considère l’équation f (x) = x + x + 1:
1- Monter que l’équation f (x) = 0 admet une seule racine .
2- Determiner une valeur approchée de ; en utilisant une interpolation de f aux
points x0 = 1; x1 = 0:5; x2 = 1.
3- Donner l’erreur jf ( )j.
34
Chapitre 3
3.1 Introdution
Soit f une fonction dé…nie sur l’intervalle I = [a; b] et on considère l’ensemble des
points E = f(xi ; f (xi )) ; xi 2 I et i = [Link]ng. On a vu que l’interpolation polynômiale
consiste à déterminer un polynôme Pn de degré inférieur ou égal à n de telle sorte que
f (xi ) = Pn (xi ), 8 0 i n: Le problème d’approximation polynômiale di¤ère de
l’interpolation du fait qu’il nécessite seulement que la distance entre f (xi ) et Pn (xi ) soit
minimale, autrement dit, l’interpolation est un cas particulier de l’approximation.
35
X
n
hf; gi = f (xi ) g(xi ): (1:3)
i=0
p X
n
kf k = hf; f i = (f (xi ))2 : (2:3)
i=0
3.2.3 Orthogonalité
Dé…nition 6 On dit que f et g sont orthogonales par rapport au produit scalaire discrèt
si
hf; gi = 0 (3:3)
Exemple 8 Calculer le produit scalaire des fonctions tabulées suivantes ainsi que leurs
normes. Est ce que les fonctions f et g sont orthogonales ?
Solution
xi 1 2 3 4 h:; :i
f (xi ) 1 3 4 5 kf k2 = 51
g (xi ) -1 2 -1 4 kgk2 = 32
f (xi ) g (xi ) -1 6 -4 20 hf; gi = 21
36
3.2.4 Polynômes Orthogonaux
1
Exemple 9 Soit P0 (x) = 1; P1 (x) = x 1; P2 (x) = x2 2x + 3
et les points x0 =
0; x1 = 1; x2 = 2:
Est ce que les polynômes P0 ; P1 et:P2 sont orthogonaux ?
Corrigé
On forme le tableau suivant :
xi 0 1 2 h:; :i
P0 (xi ) 1 1 1 kP0 k2 = 3
P1 (xi ) 1 0 1 kP1 k2 = 2
P2 (xi ) 1
3
- 23 1
3
kP2 k2 = 0
P0 (xi ) P1 (xi ) 1 0 1 hP0 ; P1 i = 0
1 2 1
P0 (xi ) P2 (xi ) 3 3 3
hP1 ; P 2i = 0
1 1
P1 (xi ) P2 (xi ) 3
0 3
hP1 ; P2 i = 0
L’intérêt de cet algorithme est qu’il nous permet de construire, à partir d’un nombre
de points xi (0 i n) donnés, un ensemble de polynômes orthogonaux et ces derniers
forment une base pour Pk [x] ( l’espace des polynômes de degré inférieur ou égal à k ).
Théorème 5 Soit l’ensemble des polynômes fP0 ; P1 ; :::; Pk g de degré inférieur ou égal à
k dé…nis comme suit :
37
8
>
> P0 (x) = 1
>
<
P1 (x) = x a1
>
>
>
: P (x) = (x
i ai )Pi 1 (x) b i Pi 2 (x) ; i = 2; :::k:
avec
8
< ai = hxPi 1 ; Pi 1 i ; i = 1; :::k
: b = kP k2 = kP k2 ; i = 2; :::k:
i i 1 i 2
Alors les polynôme sont orthogonaux pour le produit scalaire discrèt dé…ni aux points
xi (0 i n).
x0 = 0; x1 = 4 ; x2 = 2
en utilisant l’algorithme de Gram-Schmidt.
Corrigé
xi 2 1 0 1 2 h:; :i
P0 (xi ) 1 1 1 1 1 kP0 k2 = 5
xi P02 (xi ) 2 1 0 1 2 hxP0 ; P0 i = 0
P1 (xi ) 2 1 0 1 2 kP1 k2 = 10
xi P12 (xi ) 8 1 0 1 8 hxP1 ; P1 i = 0
Calcul de a1 :
Alors, P1 (x) = x a1 = x:
Calcul de a2 et b2 :
38
0
a2 = hxP1 ; P1 i = kP1 k2 = = 0:
10
10
b2 = kP1 k2 = kP0 k2 = =2
5
Alors, P (x) = (x a2 )P1 (x) b2 P0 (x) = (x 0) x 2 1 = x2 2:
on rapelle que Pk [x] est l’espace des polynômes de degré inférieur ou égal à k .
39
Le polynôme P appartenant à Pk [x] et véri…ant l’inégalité (4:3) est appelé la meilleure
approximation au sens des moindres carrés (M ASM C) de la fonction f aux points
xi (0 i n) :
hf P ; P i = 0; 8P 2 Pk [x]
De plus, si fP0 ; P1 ; :::; Pk g est une base pour l’espace Pk [x] ; la condition nécessaire et
su¢ sante pour que le polynôme P soit la (M ASM C) de la fonction f aux points
xi (0 i n) devient :
hf P ; Pj i = 0; 8j = 0; : : : ; k
Ou bien
X
n
(f (xi ) P (xi )) Pj (xi ) = 0; 8j = 0; : : : ; k
i=0
Démonstration :
Pour plus de détails concernant la démonstration de ce théorème, on réfère le lecteur
au document [2].
P
k
Puisque fP0 ; P1 ; :::; Pk g est une base pour l’espace Pk [x], alors P = i Pi
i=0
Donc, hf P ; Pj i = 0 () hP ; Pj i = hf; Pj i
P
k
() i Pi ; Pj = hf; Pj i
i=0
P
k
() i hPi ; Pj i = hf; Pj i
i=0
Pour j = 0 :
40
0 hP0 ; P0 i + 1 hP1 ; P0 i + 2 hP2 ; P1 i + + k hPk ; P0 i = hf; P0 i :
On procède d’une manière analogue pour le reste des indices j, on peut écrire le
système linéaire suivant :
A =b
Où
0 1 0 1
hP0 ; P0 i hP1 ; P0 i hPk ; P0 i hf; P0 i
B C B C
B C B C
B hP0 ; P1 i hP1 ; P1 i hPk ; P1 i C B hf; P1 i C
A=B
B .. .. ..
C;
C b=B
B ..
C:
C
B . . . C B . C
@ A @ A
hP0 ; Pk i hP1 ; Pk i hPk ; Pk i hf; Pk i
La matrice A est connue par la matrice de Gram, cette dernière est symétrique et son
T
déterminant est di¤érent de 0. Donc, la solution ( 0; 1; : : : ; k) existe toujours et elle
est unique. Par conséquent P l’est aussi.
X
n
(f (xr ) P (xr )) xjr = 0; 8j = 0; : : : ; k:
r=0
Pour ne pas confondre les indices, on a changé ceux des points par r et on a gardé les
indices i et j pour les éléments de la base.
P
k P
k
i
On a : P = i Pi = ix ; alors les coe¢ cients du polynôme P est la solution
i=0 i=0
du système linéaire précédent avec :
41
0 P n P
n P
n 1 0 P n 1
1 xr xkr f (xr )
B r=0 r=0 r=0 C B r=0 C
B P P P C B P C
B n x n
x2r
n
xk+1 C B n x f (x ) C
B r r C B r r C
A=B
B r=0. r=0 r=0 C et b = B r=0
C B .
C
C
B .. .. .. C B .. C
B . . C B C
@ Pn P
n P
n A @ P n A
xkr xk+1
r x2k
r xkr f (xr )
r=0 r=0 r=0 r=0
Exemple :
Soit la fonction tabulaire suivante :
xi 1 0 1
f (xi ) 1 -1 -1
42
0 1
0 1 -1
P
2
B C
B f (xr ) C B C
B r=0 C B C
B P2 C B B
C
C
b=B
B xr f (xr ) C =
C B B -2 C:
B r=0 C B C
@ P2 A C
B C
x2r f (xr ) @ A
r=0
0
T
La solution du système obtenue est ( 0; 1; 2) = ( 1; 1; 1)T :
Par conséquent, P (x) = 1 x + x2 :
Donc, on trouve directement que l’expression des coe¢ cients i est donnée comme
suit :
hf; Pi i
i = ; i = 0; : : : ; k:
kPi k2
Par conséquent, on obtient :
43
X
k
hf; Pi i
P (x) = Pi (x)
i=0
kPi k2
Exemple :
44
Corrigé
3
xi 1 2
2 h; i
p p
f (xi ) 1 2 3
P0 (xi ) 1 1 1 kP0 k2 = 3
3 9
xi P02 (xi ) 1 2
2 hxP0 (x) ; P0 (x) i = 2
P1 (xi ) - 12 0 1
2
kP1 k2 = 1
2
1 1 3
xi P12 (xi ) 4
0 2
hxP1 (x) ; P1 (x) i = 4
1 1 1
P2 (xi ) 12 6 12
p p p p
P0 (xi ) f (xi ) 1 2 3 hP0 (x) ; f (x) i = 1 + 2 + 3
1
p
3
p
P1 (xi ) f (xi ) 2
0 2
hP1 (x) ; f (x) i = 21 3 1
1
p
2
p
3 1
p p
P2 (xi ) f (xi ) 12 6 12
hP 2 (x) ; f (x) i = 12
3 2 2+1
D’après le théorème, on a :
P0 (x) = 1:
9
P1 (x) = x a1 ; avec a1 = hxP0 (x) ; P0 (x)i = kP0 (x)k2 = 2
3
= 32 :
3
Alors, P1 (x) = x 2
:
P2 (x) = (x a2 )P1 (x) b2 P0 (x) ;avec a2 = hxP1 ; P1 i = kP1 k2 = 3
2
et b2 = kP1 k2 = kP0 k2 =
1
2
3
= 16 :
3 3 1 25
Donc, P2 (x) = (x 2
) x 2 6
= x2 3x + 12
:
fP0 ; P1 ; P2 g est une base orthogonale, par conséquent, le système linéare à résoudre
est de la forme :
0 10 1
2
kP0 k 0 0 0 hP0 ; f i
B CB C
B CB C
A = b () B 0 kP1 k2 0 CB 1 C = hP1 ; f i
@ A@ A
0 0 kP2 k2 1 hP1 ; f i
Ce qui donne
45
8 p p
>
> = hf;P0 i
= 1
1+ 2+ 3
>
< 0 kP0 k2 3
hf;P1 i
p
() 1 = = 3 1
> kP1 k2
>
> p p
: = hf;P0 i
=2 3 2 2+1 :
2 kP0 k2
A la …n,
P (x) = 0 P0
(x) + 1 P1 (x) + 2 P2 (x)
p p p p p p
= 2 3 4 2 + 2 x2 + 12 2 5 3 7 x: + 3 3 8 2 + 6:
46
Série d’exercices N 3
Exercice 1
xi 2 1 0 1 2
f (xi ) 15 1 1 3 19
Exercice 3
47
Exercice 4
1
1. Soit la suite de points x0 = 1; x1 = 2
; x2 = 12 ; x3 = 1:
Trouver le polynôme P 2P2 [x] (P2 [x] muni de la base déterminée par le théorème
d’orthogonalisation de Gram-Schmidt, associé au produit scalaire dé…ni aux points
xi , i = 0; 1; 2; 3), solution du problème de minimisation suivant :
8
>
< Trouver P 2 P2 [x] tel que :
3
> P
: min (jxi j P (xi ))2
p2P2 [x]i=0
8
< La fonction f (x) = cos ( x)
: Les points sont x = i; i = 0; 1; 2; 3:
i
48
Chapitre 4
Intégration Numérique
4.1 Introduction
Les méthodes d’intégration numérique, interviennent essentiellement lorsque la pri-
mitive d’une fonction f est d’expression assez compliquée ou inconnue, ou lorsque f n’est
connue qu’en certains points distincts, par exemple si elle résulte de mesures expérimen-
tales. Dans ce chapitre, on traitera seulement les intégrales du type
Z b
I (f ) = f (x) dx; (1:4)
a
Où f est une fonction d’une variable réelle dé…nie et continue sur un intervalle [a; b]
de R borné non vide.
La plupart des formules d’intégration numérique proviennent des méthodes d’inter-
polation polynomiale, où le calcul de l’intégrale d’une fonction est approché par le calcul
exact de l’intégrale d’un polynôme, interpolant cette fonction aux points xi pour i = 0; ::n.
On obtient ainsi une forme générale appelée formule de quadratique numérique.
Z b X
n
f (x) dx ' In (f ) = if (xi ) (4:2)
a i=0
49
Les xi sont alors les points d’intégration et les coe¢ cients i sont appelés les poids
de la formule de quadrature.
Dé…nition 7 Une formule de quadrature est dite exacte sur un ensemble de fonctions E
si :
8f 2 E; R (f ) = I (f ) In (f ) = 0
Dé…nition 8 Une formule de quadrature est dite de degré de précision n si elle est exacte
pour xk ; k = 0; :::; n et non exacte pour xn+1 :
X
n
P (x) = Li (x) f (xi )
i=0
On peut alors espérer que si Pn est peu di¤érent de f , il en sera de même pour leurs
intégrales. Cette méthode assure évidemment que l’erreur est nulle si f est une fonction
polynomiale de degré n et cela quelque soit le choix des xi . L’intégrale du polynôme Pn
peut s’écrire en utilisant l’équation précédente sous la forme :
Z b X
n Z b
Pn (x)dx = f (xi ) Li (x) dx
a i=0 a
X
n
= f (xi ) ILi
i=0
Rb
Où ILi = a
Li (x) dx:
50
Remarque 5 On constate que les quantités ILi ne dépendent pas de la fonction, mais
elles dépendent seulement du choix des points xi .
Parmi ces formules, on trouve celle du trapèze et celle de Simpson qu’on va présenter
en détails par la suite.
(b a)
I1T (f ) = (f (a) + f (b)): (3.4)
2
51
Figure 4.1
52
Z b Z x1 Z x2 Z xn
I (f ) = f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx + + f (x) dx
a x0 x1 xn 1
n 1Z
X xi+1
I (f ) = f (x) dx
i=0 xi
X1
n
xi+1 xi
I (f ) ' [f (xi ) + f (xi+1 )] I (f )
i=0
2
h X
n 1
I (f ) ' [f (xi ) + f (xi+1 )]
2 i=0
" #
h X
n 1
I (f ) ' InT (f ) = f (a) + f (b) + 2 f (xi ) (4:4)
2 i=1
Géométriquement, la valeur de l’intégrale I(f ) est approchée par la somme des aires des
Erreur d’approximation
Théorème 7 Soit f une fonction de classe C 2 sur l’intervalle [a; b], il existe alors dans
l’intervalle [a; b] tel que
1 00
In (f ) I (f ) = (b a)3 f ( )
12n2
où [a; b] est divisée en n sous intervalles égaux.
Alors, on peut écrire la borne supérieure de l’erreur commise comme suit :
1
I (f ) InT (f ) (b a)3 M2 (4:5)
12n2
00
avec M2 = M ax f (x) :
x2[a;b]
53
Figure 4.2
1
I (f ) I1T (f ) (b a)3 M2
12
54
Exemple 11 Z
2
I= sin xdx
0
Corrigé
R1
I (f ) = 0 sin xdx = [ cos x]02 = 1
Pour n = 1 :
(2 0)
I1T (f ) = 2
f (0) + f 2
I1T (f ) = 4
[0 + 1] = 0:785398:
Erreur exacte :
1
Eexa (f ) = I (f ) I1T (f )
= j1 0:785398j
= 0:21460:
Erreur théorique :
1 1 3
ETth (f ) = 12 2
0 M2
00
M2 = M ax f (x) = 1
x2[0; 2 ]
3
1
Donc, Eth (f ) = 8
12
1 = 0:32298:
1
on remarque que Eexa (f ) Eth (f )
55
Pour n = 4; on a :
" #
h X
n 1
h
I2T (f ) = f (a) + f (b) + 2 f (xi ) = [f (a) + f (b) + 2(f (x1 ) + f (x2 ) + f (x1 ))]
2 i=1
2
(b a)
h= 4
= 8
et x1 = x0 + h = a + h = 8 :; x2 = x1 + h = 8
+ 8
= 4 ; x 3 = x1 + h =
3
4
+ 8
= 8
:
I4T (f ) = 16
0 + 1 + 2(sin 8
+ sin 4
+ sin 38 = 0:98711:
Erreur exacte :
4
Eexa (f ) = I (f ) I1T (f )
= j0:3333 0:34375j
= 0:01288:
Erreur théorique :
4
ETth (f ) = 1
12n2
(b a)3 M2
1 3
= 12 42 2
0 1
= 0:06341:
4 4
) Eexa (f ) Eth (f ) :
(b a) a+b
I (f ) ' I2S (f ) = f (a) + 4f + f (b) ou bien (4:6)
6 2
h a+b (b a)
I (f ) ' I2S (f ) = f (a) + 4f + f (b) avec h =
3 2 2
56
4.2.4 Formule de Simpson généralisée
Z b Z x2 Z x4 Z xn
I (f ) = f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx + + f (x) dx
a x0 x2 xn 2
n 2Z
X xi+2
I (f ) = f (x) dx
i=0 xi
h h
I (f ) ' [f (x0 ) + f (x2 ) + 4f (x1 )] + [f (x2 ) + f (x4 ) + 4f (x3 )]
3 3
h
+ + [f (xn 2 ) + f (xn ) + 4f (xn 1 )]
2 3 3
h 4 f (x0 = a) + f (xn = b) + 4 [f (x1 ) + f (x3 ) + + f (xn 1 )]
5
I (f ) '
3 +2 [f (x2 ) + f (x4 ) + + f (xn 2 )]
" #
h Xk X
k 1
I (f ) ' InS (f ) = f (a) + f (b) + 4 f (x2i 1 ) + 2 f (x2i ) ; n = 2k (4:7)
3 i=1 i=1
57
Figure 4.3
58
Figure 4.4
59
Erreur d’approximation
Théorème 8 Soit f une fonction de classe C 4 sur l’intervalle [a; b], il existe alors dans
l’intervalle [a; b] tel que
1
I (f ) Ins (f ) = (b a)5 f 4 ( )
180n4
où n = 2m représente les subdivisions de l’intervalle [a; b] qui doivent être égales.
Alors, on peut écrire la borne supérieure de l’erreur commise comme suit :
1
jI (f ) Ins (f )j (b a)5 M4 (5:4)
180n4
4
avec M4 = M ax f (x) :
x2[a;b]
R 1:8
Trouver la valeur approchée de 1
f (x) dx en utilisant la méthode de Simpson.
Solution
(b a)
On peut appliquer la formule de Simpson car n = 4 qui est pair, alors h = n
=
1:8 1
4
= 0:2 et xi = a + ih; i = 1; : : : ; 4:
h
I6S (f ) = 3
[f (x0 ) + f (x4 ) + 4 [f (x1 ) + f (x3 )] + 2 [f (x2 )]]
60
0:2
I6S (f ) = 3
[1:543 + 3:107 + 4 [1:811 + 2:577] + 2 [2:151]]
I6S (f ) = [Link]
61
Série d’exercices N 4
/Exercice 1 :
1- Déterminer par la méthode du trapèze (n = 1) puis par celle de Simpson (n = 2)
l’integrale :
Z 2
I= ln xdx
1
2- Comparer les résultats obtenus avec la valeur exacte de l’intégrale donnée, ainsi
que l’erreur théorique assosiée à chaque méthode.
Exercice 2 :
Un véhicule passe par un point A et cet instant on considère t = 0, ensuite on mesure
les premières 70 secondes sa vitesse V :
t (en s) 0 10 20 30 40 50 60 70
V (en m/s) 60 61:63 63:44 65:47 67:75 70:33 73:29 76:70
62
2- Trouver n le nombre de subdivisions nécessaires de l’intervalle d’intégration [0; ],
3
pour évaluer l’intégrale I à 10 près, grâce à la méthode des trapèzes et la méthode de
Simpson.
3- Calculer la valeur approximative de l’intégrale I en utilisant la méthode de Simpson
pour le n trouvé en question 2.
63
Bibliographie
[5] H. Grar, Méthodes numériques, cours, exercices corrigés, Université Setif 1, 2017.
[9] K, Mebarki, Analyse numérique, Cours, 2eme année mathématiques, Université Béjaia.
64