Electricité et magnétisme - TD n◦ 10
Induction
1. Inductance mutuelle - transformateur
On considère un solénoı̈de de section circulaire, de rayon R1 , de longueur l1 , et constitué de N1
spires. A l’intérieur de celui-ci, on place un deuxième solénoı̈de de rayon R2 , de longueur l2 , et
constitué de N2 spires.
l1
R1 R2
l2
Figure 1 – Inductance mutuelle de deux solénoı̈des.
(a) Calculer l’inductance mutuelle, M , entre les deux solénoides en utilisant l’approximation
de solénoı̈des infinis.
→
− →
−
Dans l’approximation de solénoı̈des infinis, on obtient les champs B 1 et B 2 respectivement
→
− N1
B1 = b
z µ 0 n 1 I1 = b
zµ0 I1 (1)
l1
→
− N2
B2 = b
z µ 0 n 2 I2 = b
zµ0 I2 (2)
l2
En écrivant le flux à travers le circuit Φ1 , l’inductance propre du circuit et l’inductance
mutuelle relie les courants dans les deux circuits au flux :
Φ1 = L1 I1 + M12 I2 (3)
De même, le flux dans le circuit 2 s’écrit :
Φ2 = L2 I2 + M21 I1 (4)
Afin de déterminer l’inductance propre, on traite chacune des Bobine d’abord de façon
indépendante.
Traitons d’abord la bobine 1 toute seule en prenant I2 = 0. En utilisant la valeur du champ
magnétique trouvé en l’éq.(1), nous obtenons que le flux magnétique à travers chacune des
N1 spires de cette bobine est égale à :
ZZ
→
− N1
Φ1,spire = b dS = µ0 πR12 I1
B1 · n
l1
S
Le flux total à travers la bobine est donc :
N12
Φ1 = N1 Φ1,spire = µ0 πR12 I1
l1
En comparant ceci avec l’expression de l’éq.(3) (avec I2 = 0), on déduit l’expression de
l’inductance propre de la bobine 1 :
N12
L1 = µ0 πR12
l1
1
Reprenant les mêmes considérations avec maintenant I1 = 0, on obtient de même l’induc-
tance propre de la bobine 2 :
N2
L2 = µ0 πR22 2
l2
Il n’est loin évident au premier regard, mais on peut démontrer que les inductances mutuelles
sont toujours égales :
M12 = M21 ≡ M
Les équations d’inductance de (3) et (4) s’écrivent donc :
Φ 1 = L 1 I1 + M I2
Φ 2 = L 1 I2 + M I1
Maintenant on peut s’attaquer à l’inductance mutuelle. Il n’est pas évident comment
déterminer le flux à travers le circuit 1 à produit par un courant dans le circuit 2. Par
contre, on peut facilement déterminer le flux à travers circuit 2 créé par un courant I1 dans
le circuit , Φ1→2 :
→
N1 N2
−
Φ1→2 = πN2 R22
B 1
= µ0 πR22 I1 ≡ M21 I1
l1
donc on peut conclure que l’inductance mutuelle est :
N1 N2
M21 = M = µ0 πR22
l1
On n’aurait pas pu facilement déterminer le flux à travers le circuit 1 créé par un courant
I2 dans le circuit 2, mais peu importe puisque nous savons de manière générale que M12 =
M21 = M .
(b) Exprimer M dans le cas où l2 → l1 et R2 → R1 , mais avec N1 6= N2 .
N1 N2
M → µ0 πR12
l1
(c) On se rappelle que dans la mesure où les résistances des fils sont négligeables, les tensions
aux bornes des solénoı̈des s’expriment (dans la convention récepteur) :
dI1 (t) dI2 (t)
U1 (t) = L1 +M
dt dt
dI2 (t) dI1 (t)
U2 (t) = L2 +M
dt dt
En prenant le cas étudié en b), calculer le rapport U2 (t)/U1 (t) en fonction de N1 et N2 .
Voyez-vous une application intéressante ?
N12 dI1 (t) N1 N2 dI2 (t)
U1 (t) = µ0 πR12 + µ0 πR12
l dt l1 dt
1
µ0 πR12 dI 1 (t) dI 2 (t)
= N12 + N1 N2
l1 dt dt
µ0 πR12 dI1 (t) dI2 (t)
= N1 N1 + N2
l1 dt dt
2
N dI2 (t) N1 N2 dI1 (t)
U2 (t) = µ0 πR12 2 + µ0 πR12
l1 dt l1 dt
2
µ0 πR1 dI2 (t) dI1 (t)
= N22 + N1 N2
l1 dt dt
2
µ0 πR1 dI1 (t) dI2 (t)
= N2 N1 + N2 (5)
l1 dt dt
2
On obtient donc :
U2 (t) N2
=
U1 (t) N1
→
−
2. Considérer un champ magnétique B uniforme et constant (dans le temps). Trouver un potentiel
→
− →
− −→ →
−
vecteur A dont le champ magnétique dérive, B = rot A. Votre solution, est-elle unique ?
→
−
On prend les axes telle que B = B b z
u
b b
u b
u
−→− → − → − → ∂x ∂y ∂z ∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
rot A = ∇ ∧ A = ∂x ∂y ∂z = x b − b
+y − +bz −
A A A ∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
x y z
= Bb
z
∂Az ∂Ay ∂Ax ∂Az ∂Ay ∂Ax
⇒ = = − =B
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y
A cause de l’invariance en z, on a
∂Ay ∂Az ∂Ax ∂Az
=0⇒ =0 et que =0⇒ =0
∂z ∂y ∂z ∂x
impliquant que Az est constant
Az = C1
Si on prend
∂Ay ∂Ax
=B et =0
∂x ∂y
une solution possible est donc
Ay (x) = Bx + C2 Ax (x) = C3
avec C2 et C3 comme constants d’intégration. Puisque C1 , C2 et C3 sont tous arbitraire, il est
claire que le potentiel vecteur n’est pas unique. On a donc le droit de simplfier notre solution en
→
− →
−
prenant C1 = C2 = C3 = 0 afin que notre choix pour A, désormais noté A 1 s’écrit :
→
−
A 1 = (0, Bx, 0) (6)
→
−
La nature arbitraire de A ne s’arrète pas la. On peut également vérifier que
→
−
A 2 = (−By, 0, 0) (7)
est une toute aussi bonne choix pour le potentiel vecteur. Même la condition imposée par la
gauge de Coulomb ne suffit pas afin d’imposer un choix par rapport à l’autre puisque
→
− →
−
div A 1 = div A 2 = 0 (8)
pour les deux choix. →
→
− 1 − −
→
Encore une autre choix est A 3 = 2 A 1 + A 2 , donc
−
→ B Bρ Bρ b
A 3 = (−y, x, 0) = (− sin φ, cos φ, 0) = φ (9)
2 2 2
→
− b
où nous sommes passé en coordonnées cylindriques. Cette dernière choix de A 3 (ρ) = Bρ 2 φ est
→
− →
−
plus symétrique que A 1 et A 2 , et on le préfère en générale, mais ils sont tous les trois des formes
→
−
pour A acceptables.
3
ω
Figure 2 – Bobine rectangulaire dans un champ magnétique
3. Générateur - Cadre tournant
Une bobine plate, rectangulaire, et indéformable, de côtés a = 20 cm, b = 10 cm, est constituée
d’un conducteur cylindrique de diamètre d = 1 mm, et de résistivité ρ = 1, 6.10−8 Ω.m. Elle
tourne avec une fréquence de 600 tours par minute autour d’un axe vertical situé dans le plan de
la bobine. La bobine est placée dans un champ magnétique d’intensité B = 1 T, perpendiculaire
à l’axe de rotation (figure 2).
(a) Quelle est l’expression du courant circulant dans la bobine ? On calculera sa valeur efficace.
On définit l’axe z comme l’axe de rotation de la bobine. On défini un temps t = 0 tel que
la direction nb normale au circuit tourne comme
b (t) = x
n b cos ωt + y
b sin ωt
d
b (t) = −b
n bω cos ωt
xω sin ωt + y
dt
→ −
− →
b
L’axe de B = cte doit être perpendiculaire à celle de z. On choisit l’orientation de l’axe x
→
−
tel que B = Bb
x. Le flux de du cadre soit donné par
→
− →
−
Φ (t) = B nb (t) S = B nb (t) ab = Bb
xnb (t) ab
Le rayon de la bobine est R = 5cm = 0, 05m. La fréquence est de 600 tours/minute =
10tours/seconde donc une fréquence angulaire de ω = 10 × 2π radians s−1 .
→
−
Pour une bobine en mouvement dans un champ B constant les forces de Laplace sur les
charges libre induit un champ électrique à l’intérieur du conducteur dites force électromotrice
E dont la valeur est donné par le “règle du flux” i.e. que la force électromotrice du circuit
est égale à − ∂Φ
∂t où Φ est le flux à travers le circuit :
I
− −
→ → dΦ
E≡ E dl = −
dt
L’application de cette règle nous donne
∂Φ d
E =− = −Babb x n b (t)
∂t dt
= −Babb
x (−b
xω sin ωt + yb ω cos ωt)
= Babω sin ωt
La résistance totale du circuit est :
ρ × 2 (a + b) ρ × 6 10−1 ρ2410−1 24 × ρ × 105
R= 2 = = =
−3 2 π10−6 π
π d2 π 102
24 × 1, 6.10−3
= ≃ 12, 2.10−3 Ω
π
4
Le courant dans le circuit est
E Babω
I (t) = = sin ωt = I0 sin ωt
R R
Babω BSω 2 × 10−2 × 10 × 2π 200 × 2π
I0 = = = =
R R 12.2 × 10−3 12.2
≃ 103A
Sa valeur efficace est :
Z Z
2 1 T 2 I2 T
Ieff ≡ I (t) dt = 0 sin2 ωtdt
T 0 T 0
Z Z
I02 T I02 T
= (1 − cos 2ωt) dt = T (1 − cos 2ωt) dt
2T 0 2T 0
I2
= 0
2
1 2π
où nous avons utilisé le fait que T = ν = ω et le résultat
cos 2ωt = cos2 ωt − sin2 ωt
= 1 − 2 sin2 ωt
1
sin2 ωt = (1 − cos 2ωt)
2
La valeur efficace du courant est :
I0
Ieff = √ = 73A
2
→
−
(b) Décrivez l’action mécanique de B sur la spire.
Le théorème de Maxwell donne
dT ∂Φ
= I (t) = −IE = −I 2 R
dt ∂t
Le travail fourni est identique à celle dissipée par l’effet joule dans la bobine. Si on n’utilise
pas le théorème de Maxwell, on doit revenir aux forces de Laplace et le problème est bien
plus difficile.
On pourrait procéder comme suit :
On place le cadre tel que
b −−→ −−→
OM ′ = ON ′ = − NQ = PM = ab
z
2
Le couple exercée sur la bobine est :
→
− −−→ →− −−→ →−
Γ = OM ∧ F P M + ON ∧ F N Q
→
− →
−
Les forces F P M et F N Q sont les forces de Laplace :
Z
→
− →
− → −
FPM = I dl ∧ B = IaBb b = IaBb
z∧x y
ZP M
→
− →
− → −
F NQ = I dl ∧ B = −IaBb z∧xb = −IaBb
y
NQ
5
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
On remarque que OM = −ON et que OM − ON = NM donc
−−→ a b
OM = b z + (−b b cos ωt)
x sin ωt + y
2 2
−−→ a b
ON = − b z − (−b b cos ωt)
x sin ωt + y
2 2
−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
On remarque que OM = −ON et que OM − ON = NM donc
−
→ −−→ −−→ b
Γ = IaB OM − ON ∧ yb = − (sin ωtb b
x) ∧ y
−−→ 2
b = −b sin ωt (b
= IaB NM ∧ y b)
x∧y
−−→ −−→
b . Avec la condition qu’à t = 0 NM (t = 0) = y
Le vecteur NM est dans le plan xOy et est ⊥ à n b
−−→
NM (t) = (−b x sin ωt + yb cos ωt) b
b (t) = x
n b cos ωt + yb sin ωt
et on obtient
−
→
Γ = IabB (−b x∧y b ) sin ωt = −ISBb z sin ωt
→
−
Le vecteur de rotation est donné par θ (t) = ωtb z et la vitesse angulaire de la rotation par
→
−
→
− d θ (t)
ω ≡ = ωb
z
dt
La puissance fourni au circuit par les forces mécanique sont :
dTop → − −
Pop ≡ = Γ → ω = −I (t) SBω sin ωt
dt
B 2S 2ω2
= −I0 SBωb z sin2 ωt = − R sin2 ωt
R2
= −RI 2 (t)