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Écotourisme et Gestion Communautaire à Tuléar

L'étude porte sur l'écotourisme et la gestion communautaire des ressources touristiques sur deux sites à Madagascar, Anakao/Nosy Ve et la forêt des Sept Lacs. Les associations locales gérant ces sites avec l'appui du SAGE ont des difficultés à devenir autonomes via l'écotourisme. L'étude analyse les défis de la mise en place réelle de l'écotourisme communautaire et formule des suggestions pour une gestion durable à long terme.

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Écotourisme et Gestion Communautaire à Tuléar

L'étude porte sur l'écotourisme et la gestion communautaire des ressources touristiques sur deux sites à Madagascar, Anakao/Nosy Ve et la forêt des Sept Lacs. Les associations locales gérant ces sites avec l'appui du SAGE ont des difficultés à devenir autonomes via l'écotourisme. L'étude analyse les défis de la mise en place réelle de l'écotourisme communautaire et formule des suggestions pour une gestion durable à long terme.

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Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes

(I.G.A.R.U.N)

Etude effectuée au sein du Service d’Appui à la Gestion de


l’Environnement (S.A.G.E) de Tuléar – Madagascar -

Ecotourisme
et
gestion communautaire des
ressources touristiques
sur les sites d’Anakao/Nosy Ve
et de la forêt des Sept Lacs

Etude réalisée sous la direction : Etienne CHAUVEAU


Thierry GUINEBERTEAU

M.S.T Aménagement/Stage de 3e année Claire BRACHET


Juillet/août 2004 Violaine GUINET

1
Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes
(I.G.A.R.U.N)

Etude effectuée au sein du Service d’Appui à la Gestion de


l’Environnement (S.A.G.E) de Tuléar – Madagascar -

Ecotourisme
et
gestion communautaire des
ressources touristiques
sur les sites d’Anakao/Nosy Ve
et de la forêt des Sept Lacs

Etude réalisée sous la direction : Etienne CHAUVEAU


Thierry GUINEBERTEAU

M.S.T Aménagement/Stage de 3e année Claire BRACHET


Juillet/août 2004 Violaine GUINET
2
Remerciements

Cette étude a pu être réalisée grâce eu concours de


nombreuses personnes. Nous tenons particulièrement à remercier :

9 L’équipe du S.A.G.E de Tuléar qui nous a accueillies en stage


pendant neuf semaines, et notamment Monsieur Célestin
HENRY, coordonnateur de la structure.

9 Madame Holy RASOLOFOJOANA, conseillère technique et


coordinatrice de projets au siège du S.A.G.E de Tananarive,
qui nous a permis de venir effectuer ce stage à Tuléar.

9 Monsieur Christophe GRENIER, maître de conférence à


l’Université de Nantes, pour ses conseils et son expérience
du terrain.

9 Messieurs Etienne CHAUVEAU et Thierry GUINEBERTEAU, qui


nous ont encadrées pour cette étude.

9 Tous les représentants des structures que nous avons pu


visiter sur le terrain et qui ont pris de leur temps pour nous
recevoir en entretien.

9 Tous les touristes en vacances dans la région qui ont accepté


de remplir nos questionnaires et de nous faire partager leurs
ressentis sur les sites étudiés.

9 Et enfin, toutes les personnes qui nous ont entourés durant


notre séjour à Tuléar : Tina, Haja, Johny, José Luis,
Stéphane, « les pharmaciens », monsieur Claude et les
autres.

3
Liste de sigles

A.D.E.S: Association pour le Développement de l’Energie Solaire

A.N.A.E: Association Nationale pour l’Action Environnementale

A.N.G.A.P: Association Nationale pour la gestion des Aires Protégées

A.O.T.T : Association pour l’Organisation du Tourisme de Tuléar

C.L.B: Communautés Locales de Base

D.I.R.T: Direction Inter-Régionale du Tourisme

F.A.O: Food and Agriculture Organisation

F.I.D: Fond International de Développement

FI.MI.MA.NO: Fikambanana Miaro sy Mampandroso an’i Nosy Ve

FI.MPI.A.FA.MA: Fikambanan’ ny MPIaro ny Alan’i FAnato y MAhaleotse

G.E.L.O.S.E: GEstion LOcale SEcurisée

IH.SM: Institut Halieutique et des Sciences Marines

O.N.G: Organisation Non Gouvernementale

O.N.T.M: Office National du Tourisme de Madagascar

O.R.T.U: Office Régional du Tourisme de TUléar

P.C.D: Plan Communal de Développement

P.N.U.D: Programme des Nations Unies pour le Développement

S.A.G.E: Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement

T.D.C: Territoire de Développement et de Conservation

W.W.F: Wild World Fondation

4
Sommaire

Remerciements ................................................................... p.3


Liste de sigles..................................................................... p.4
Sommaire.......................................................................... p.5

Introduction Générale ........................................................... p.6

I. Etat des lieux..........................................................p.13

A. .Contexte de l’activité touristique dans le Sud Ouest de


Madagascar et sur les deux sites étudiés ......................p.14
B. Présentation, Fonctionnement et objectifs théoriques
des associations gérant les ressources touristiques..........p.37

II. Les défis de l’écotourisme et de sa gestion


communautaire .......................................................p.46

A. L’écotourisme : un fossé entre la théorie et la réalité


du terrain ..........................................................p.47
B. Les difficultés d’une gestion communautaire ................p.70

III. Réflexions et suggestions : pour une gestion durable des


sites d’Anakao/Nosy Ve et de la forêt des Sept Lacs ...........p.82

A. Les impératifs à la mise en place de l’écotourisme


communautaire....................................................p.83
B. Faire une promotion adaptée des sites ........................p.95

Conclusion générale .......................................................... p.103

Annexes ......................................................................... p.104


Listes des tableaux et graphiques .......................................... p.115
Liste des cartes et croquis ................................................... p.116
Liste des schémas et brochures ............................................. p.116
Liste des photos ............................................................... p.117
Liste des entretiens........................................................... p.118
Bibliographie ................................................................... p.120
Plan détaillé ................................................................... p.122

5
INTRODUCTION GÉNÉRALE

Le SAGE, Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement, créé depuis


2002, est un organisme qui a pour mission d’intégrer la dimension
environnementale dans les processus de développement et de lutte contre la
pauvreté.
Nous avons effectué neuf semaines de stage au sein de cette structure,
dans l’antenne de Tuléar. Leur demande était relativement claire : Sur les
deux sites de la Forêt des Sept Lacs et d’Anakao/Nosy Ve, les ressources
naturelles sont gérées par les communautés locales, constituées en
association. Le principal moyen prôné par le SAGE pour permettre leur
autonomie financière consiste à développer l’écotourisme. Cette activité doit
être à l’origine d’entrée de devises, permettant la gestion des ressources
naturelles et le développement des populations locales. Cependant, depuis
leur création, ces associations bénéficient d’un appui régulier du SAGE et
peinent à agir même avec cette aide. La structure nous a donc demandé
d’étudier à la fois les ressources touristiques des sites et le fonctionnement
des ces associations pour travailler à la mise en place d’un processus
d’écotourisme communautaire et envisager la pérennisation de ces
organismes de gestion.

L’écotourisme est une forme de tourisme qui globalement doit


répondre à trois critères : cette activité doit favoriser la préservation de
l’environnement, engendrer des formes de développement local et permettre
une éducation et une formation du visiteur sur les ressources naturelles et
culturelles des sites visités. On parle d’écotourisme communautaire quand
cette activité est gérée, planifiée par les populations elles-mêmes, et que ce
sont elles qui bénéficient de toutes ses retombées économiques.

Face à l’inexistence de données fiables ou de travaux similaires ayant


déjà été menés, nous avons choisi de procéder essentiellement par
entretiens. Au cours de nos deux mois de stage, nous avons essayé de
rencontrer le maximum d’acteurs intervenant sur ces zones, qu’ils travaillent
dans l’environnement, le tourisme, la pêche, l’agriculture ou qu’ils soient de
simples habitants ou visiteurs. Nous avons privilégié les relations avec les
opérateurs touristiques et les touristes, de façon à apporter une vision
différente de celle dont dispose déjà le SAGE, qui entretient des partenariats
privilégiés avec des structures telles que l’ANGAP ou le WWF. Par ailleurs, on
ne peut nier avoir rencontré des difficultés liées à la barrière linguistique et
culturelle. En tant que Vazahas (étrangères) et étudiantes, nous nous sommes
souvent senties mal placées pour essayer d’obtenir certaines informations
auprès des membres malgaches des associations, concernant la gestion
financière, notamment.
Beaucoup de ces rencontres ont pu avoir lieu sur Tuléar. Pour toutes
les autres, nous avons prévu deux sorties de terrain, sur chacun des deux

6
sites, de quatre à cinq jours chacune. Notre second séjour à la forêt des Sept
Lacs s’est vu très nettement raccourci, à cause d’ennuis de santé qui nous ont
contraints à rentrer en urgence sur Tuléar. Nous n’avons pu par la suite
retourner sur le site, c’est pourquoi notre étude souffre de l’absence de
nombreuses données concernant les associations d’Ifanato et de Mahaleotse.
Nous tenions d’ailleurs à nous en excuser.
Afin de connaître les particularités des visiteurs de chacun des deux
sites, nous avons choisi de procéder par enquêtes. Nous avons créé deux
questionnaires assez proches, l’un pour Nosy Ve, l’autre pour les Sept lacs, et
nous les avons traduits en anglais et fait traduire en malgache. Ceux-ci
étaient volontairement très courts, de façon à ce que les visiteurs puissent les
remplir facilement. Ils avaient pour objectifs de faire ressortir les
caractéristiques sociologiques des touristes, de mettre en relief les principaux
éléments d’attractivité des sites et de tester la communication faite autour
de la taxe et des associations de gestion des ressources. Nous avons laissé ces
enquêtes aux différents hôteliers d’Anakao et d’Ifanato, dans chacune des
structures qui organisent des transferts vers les deux sites (au port et dans les
magasins de location de moto, quad…), ainsi que dans plusieurs hôtels de
Tuléar, par lesquels transitent les visiteurs, avant de se rendre sur les sites.
Ces différentes tentatives se sont révélées des échecs. La très faible quantité
de visiteurs se rendant aux Sept Lacs ne nous a pas permis de réunir
suffisamment de questionnaires pour qu’ils puissent être exploités. Pour
Anakao/Nosy Ve, les hôteliers ont fait preuve d’un réel manque de
coopération. Malgré un premier contact engageant, ils n’ont souvent fait
aucun effort pour transmettre nos questionnaires à leurs clients. (Il est vrai
que nous étions au plus fort de la saison touristique et que le travail ne
manquait pas). Nous avons donc fait remplir nous mêmes la quasi totalité des
cinquante quatre questionnaires que nous avons réunis, lors de nos séjours sur
le terrain. Ils sont insuffisants pour être vraiment représentatifs mais nous ont
tout de même permis de faire ressortir quelques grandes orientations, qui
seront détaillées au cours de l’étude.
Finalement, pour compléter les informations ainsi obtenues, nous avons
pris du temps pour observer : les sites, leurs aménagements, leurs contraintes
mais aussi les façons de se comporter, de discuter, d’agir des principaux
acteurs concernés. Par là, nous avons cherché à cerner les manières dont ils
fonctionnent et nous avons pu en tirer certains enseignements précieux pour
la fin de notre étude.

Après avoir brièvement présenté chacun des deux sites d’étude, nous
avons entrepris de dresser un état des lieux, à la fois de l’activité touristique
sur les sites et de l’état de marche des associations. Ensuite, nous avons
analysé le défi que représente la mise en place de l’activité écotouristique et
sa gestion communautaire. Enfin, nous avons ordonné les suggestions qui nous
paraissent prioritaires afin d’envisager une gestion des deux sites plus
durable.

7
Fiche de présentation de Nosy Ve :

Coordonnées : 023°39’S-43°36’E
Surface : 24 hectares
Longueur : 1300 mètres
Largeur : 300 mètres
Distance d'Anakao : 3 km
Localisation :
- Faritany : Toliara
- Fivondronana : Toliara 2
- Commune : Anakao
- Fokontany : Anakao-bas

L’îlot de Nosy Ve est situé en face du village d’Anakao, à environ une


trentaine de km à vol d’oiseau de Tuléar. Du 16e au 19e siècle, il a connu le passage
des européens, Anglais, Portugais et Français. A la fin du 19e siècle, les maisons de
commerce ont été abandonnées. Il est depuis inhabité et est devenu un lieu de
rites sacré pour les populations locales, d’où son importance socioculturelle.

L’îlot de Nosy Ve, vu depuis le


centre du village d’Anakao

Photo n°1 : Claire et Violaine, juillet 2004

Anakao, le village traditionnel de pêcheurs nomades Vezo est peuplé


d’environ 3000 personnes. Il dispose d’une école publique, surchargée avec jusqu’à
200 élèves par classe. L’instituteur en prend 100 le matin et 100 l’après midi. Deux
instituteurs interviennent sur le village. Une école privée est en construction. Elle
sera gérée par des sœurs et comptera 6 classes. Il n’y a plus de médecin depuis
quelques années. Il existe un dispensaire avec un infirmier mais qui est là de façon
ponctuelle. Le médecin le plus proche habite à 12 km, à Soalara. Ici, l’eau est très

8
rare, la source d’eau douce la plus proche se situant à huit kilomètres. Les
villageois se contentent pour leur consommation d’eau saumâtre. On peut ainsi
relever les trois principaux problèmes d’Anakao : la santé, l’éducation et l’eau. Le
manque d’hygiène est également préoccupant : la plage sert de toilettes à
l’ensemble de la population villageoise. Les autorités ne parviennent pas à lutter
contre ce phénomène, qui avait pourtant été éradiqué lors de la dernière épidémie
de choléra.

Traditionnellement, les populations d’ethnie Vezo sont des pêcheurs


nomades. Leurs outils de travail sont de grandes pirogues monoxyles à balancier
unique et à voile carrée.

Pirogue, sur la
plage du village
d’Anakao

Photo n°2: Claire et Violaine, juillet 2004

La pêche est donc l’activité principale des communautés riveraines de Nosy


Ve. Elle fait subir une forte pression sur l’écosystème marin (récif et lagon).
Jusqu’en 1996, l’îlot servait de campement et de refuge pour les pêcheurs venant
de St Augustin, Lovakampy, Sarodrano, Ankilibe. Depuis, comme on le verra par la
suite, les séjours nocturnes sur l’île ont été interdits, sauf en cas de tempête ou
d’avaries sur les pirogues.
Sur l’arrière Pays, de grands espaces sablonneux servent de terrains de
pâturage pour un modeste cheptel bovin et caprin. Les Tanalana vivent beaucoup
de l’élevage, contrairement aux Vezo qui ne pratiquent que la pêche.

Depuis 1998, il existe une concertation entre les différents utilisateurs de


Nosy Ve, et c’est à partir de cela que l’association FI.MI.MA.NO a été créée en
regroupant les six fokontany propriétaires et utilisateurs de la zone de Nosy Ve :
Anakao-haut, Anakao-bas, Soalara-haut, Soalara-bas, Saint Augustin et Lovokampy.
C’est une gestion communautaire. Le site de gestion comprend une zone
strictement protégée, avec la partie terrestre de l’îlot et une partie marine, dite
aquarium nord, et une zone réglementée avec le reste de la partie marine limitée
par le récif annulaire de Nosy Ve. Pour que cette association puisse fonctionner,
une taxe de 10 000 fmg a été mise en place pour les touristes se rendant sur l’îlot.

9
Fiche de présentation de la forêt des Sept Lacs

Coordonnées : 23°31’de latitude Sud et 44°10 de longitude Est


Surface : 8200 ha
Distance à Tuléar : 60 Km à l’Est, au nord l’Onilahy
Localisation :
- Faritany : Toliara
- Fivondronana : Toliara 2
- Communes : Adranovory, Ambomahavelona, Vatolatsake, Tongobory

La forêt des 7 lacs est encastrée dans un relief fortement accidenté et


culmine jusqu’à 322 m. Le site est à cheval sur 4 communes rurales, que sont
Adranovory, Ambohimahavelona, Vatolatsake, Tongobory), mais il est géré par les
deux dernières. Il est limité au sud par le village d’Ifanato, à l’ouest par celui
d’Anatsakoa, au nord par les trois hameaux voisins de Mandarano, Befasy et
Mahaleotse, à l’est par le village d’Andranovao. Une rivière donne naissance à une
douzaine de lacs (87,87 Km²), organisés en cascades. Les plus visités font que le
site s’appelle les « Sept Lacs. » On estime à environ 400 habitants, la population de
Mahaleotse. Il n’existe aucun chiffre pour Ifanato, mais sa population doit être
légèrement moins importante qu’à Mahaleoste.

Un des nombreux
paysages de la forêt des Sept
Lacs, vue sur l'Onilahy.

Photo n°3 : Claire et Violaine, juillet 2004

Avec le Plan Environnemental II, ce site a fait l’objet d’un transfert de


gestion des ressources naturelles aux Communautés Locales de Base (ou contrat
GELOSE). Celles-ci se sont constituées sous forme associative. Il en existe deux,
une basée à Mahaleotse, l’autre à Ifanato, qui co-gèrent le site.
La population du site des Sept Lacs présente un caractère multi-ethnique. On ne
distingue pas une ethnie principale. Le plateau de Belomotse a, de plus, fait
l’objet d’importantes vagues d’immigration.
Autour du site des sept lacs, il faut distinguer deux types d’agricultures : une
sédentaire dans la vallée de l’Onilahy et les bas-fonds, avec essentiellement de la

10
riziculture, des cultures sèches (manioc, haricots, pois du cap, pois de vohème,
patates…), et une pionnière sur le plateau. Les populations y pratiquent le
« hatsake », forme d’agriculture sur brûlis du sud de Madagascar, pour y cultiver du
maïs. Celle-ci entraîne une forte dégradation de l’écosystème et accélère le
processus de déforestation, d’autant que l’exploitation du bois est relativement
importante sur la zone. On l’utilise pour la production de charbon de bois et pour
la commercialisation de bois d’œuvre. Sur le site du grand écosystème des sept
lacs, il existe trois lieux de prélèvement de bois d’œuvre et de construction :
Analavelo-Lavasadia, Amindrediko et Anahibey. Des permis de coupe sont délivrés
mensuellement par le canton de Toliara II contre paiement.
L’élevage y joue aussi un rôle important ; le principal objectif des pasteurs
de la zone reste la constitution de cheptel bovin (celui-ci représente à la fois un
prestige social, une forme d’épargne, une force de travail, un moyen de
transport…). Les caprins sont aussi nombreux. Ils exercent une forte pression sur la
couverture végétale
On pratique également la pêche en eau douce. La cueillette et la chasse
sont des activités d’appoint en période de soudure : babo, tamarin, miel peuvent
être ramassés. La production naturelle du miel ne cesse de chuter à cause des
produits anti-ancrédiens. On fabrique du rhum, mais davantage pour la
consommation locale. Beaucoup de tabous entourent la chasse. Selon les ethnies,
lémuriens, hérissons, tortues, sangliers, perdrix, pintades… sont préservés.

Dans les diférents villages, le manque d’infrastructures est flagrant. Il y a


une école primaire à Mahaleotse mais les instituteurs sont insuffisants. Il n’existe
pas d’établissement à Ifanato. Dans ce dernier village, un homme s’est proposé
pour enseigner aux enfants, il est prévu qu’il ait bientôt un local pour exercer. Le
taux d’alphabétisation sur l’ensemble de la zone d’étude est très bas. On peut
noter l’absence d’un centre de santé de base à Ifanato. L’état de la piste de la RN7
jusqu’à Mahaleotse, puis jusqu’à Ifanato est très mauvais. La piste qui relie Ifanato
au chef lieu de la commune, Tongobory, est également très peu pratiquable.

Le lac Numéro 7,
ou Lac Sacré

Photo n°4 : Claire et


Violaine, juillet
2004

11
carte n°1

12
Ière Partie
ETAT DES LIEUX :
Tourisme et gestion des
ressources touristiques

13
A. Contexte de l’activité touristique dans le Sud-Ouest de
Madagascar et sur les deux sites étudiés :

INTRODUCTION : le tourisme à Madagascar

Les effectifs de touristes se rendant à Madagascar sont encore restreints,


surtout en comparaison des îles voisines de la Réunion et de Maurice, qui bien que
beaucoup plus petites par leur superficie, accueillaient déjà près de cinq fois plus
de touristes que la grande Ile, en 1996. Cependant, avant la crise de 2001/2002, le
tourisme était un secteur en pleine croissance : en 1995, Madagascar s’était hissée
au huitième rang des pays Africains les plus visités, et en 2000, plus de 160 000
touristes avaient posé le pied sur son sol. Ce secteur se place au deuxième rang en
ce qui concerne les productions de devises, derrière les principaux produits
d’exportation que sont la vanille, les girofles, le café, les crevettes.

Cependant, la grande Ile souffre de nombreux handicaps pour le


développement du tourisme :

Le seul moyen de venir à Madagascar est l’avion. En effet, en tant q’île, les
transports sont limités. Le bateau est inconcevable lorsque l’on parle de l’activité
touristique. Non seulement Madagascar souffre de son éloignement par rapport aux
pôles de la triade, principaux émetteurs de touristes, mais en plus, son billet
d’avion est très cher, même par rapport à des destinations de distance équivalente
comme la Réunion. Pour venir d’Europe, (d’où est originaire la grande majorité de
visiteurs), on ne peut penser voyager pour moins de 1000 euros, en pleine saison.
Cela freine toute une population de touristes. Les flux sont aussi très dépendants
des offres des liaisons aériennes. On se rend ainsi compte, depuis l’ouverture de la
ligne Milan/Antananarivo que le nombre d’Italiens à certaines périodes de l’année
a beaucoup augmenté. Cependant, ces lignes directes restent rares. D’après les
sondages effectués auprès d’un certain nombre d’hôteliers, il s’agit du frein
majeur à la croissance de l’activité touristique.

Les liaisons internes jouent aussi en défaveur de Madagascar. A partir de la


capitale, il faut plusieurs jours de voiture pour rallier certains points de l’Ile. (et
encore, les routes ne sont pas praticables à toutes les saisons). Cependant, le sud-
ouest et plus précisément la ville de Tuléar bénéficient d’une bonne desserte, que
ce soit par voie aérienne : une ligne directe relie la ville à la capitale en 1h30 mais
pour une somme relativement importante, ou par la route. La RN7 qui relie les
deux villes est en très bon état sur la quasi-totalité du parcours. De nombreux
taxis-brousses couvrent la distance en vingt heures.

Enfin, Madagascar, après avoir connu une relative fermeture aux étrangers
pendant la période 1972-1992, a vu sa fréquentation touristique chuter avec la
crise politique de 2001/2002. La Grande Ile tarde à se relever et commence à peine
à accueillir à nouveau des visiteurs. Le nombre de visiteurs accueillis en 2003 est
estimé par le ministère du tourisme à 115 000.

14
Zoom sur le sud-ouest de l’île

Le sud est une destination prisée par les touristes étrangers. Sur les 160 000
qui ont visité Madagascar en 2000, 50% ont organisé leur circuit pour visiter au
moins un site de cette région. 28% sont passés à Tuléar (selon une autre enquête
du ministère du tourisme en 2002).
Tuléar est une plaque tournante pour les visiteurs du sud-ouest de
Madagascar. C’est le point de départ pour un certain nombre de destinations
connues et vendues par les tours opérateurs, comme Ifaty et Mangily, Anakao, la
réserve de l’Isalo, le parc de Tsimanampetsotse, etc. Le sud est la région la plus
visitée, accueillant 38,4 % des touristes. Tuléar et ses alentours sont inscrits dans
un certain nombre de circuits touristiques à l’échelle nationale ou régionale.

1. La défaillance de la promotion touristique dans le sud-


ouest de Madagascar

Au niveau national, il existe actuellement un conflit entre deux acteurs de la


promotion du tourisme, ayant exactement le même rôle : la maison du tourisme,
plus ancienne, et l’office national du tourisme. La première institution s’est
révélée être un échec, c’est pourquoi l’Etat a demandé sa dissolution et a décidé
de créer l’Office National, qui doit s’accompagner de délégations régionales, à
gestion privée. Cependant la maison du tourisme ne peut disparaître que si cette
décision est votée par son conseil d’administration, ce qu’il refuse de faire pour le
moment. La loi pour le fonctionnement de l’Office National (ONTM), a été votée à
l’Assemblée Nationale mais on attend le décret d’application. Cette situation
empêche le bon fonctionnement des offices régionaux, puisqu’il n’existe pas de
directive unique à l’échelle du Pays. De plus, actuellement c’est la Maison du
Tourisme qui bénéficie de la vignette touristique payée par les touristes. Pour que
ce soit cohérent, c’est l’ONTM qui devrait pouvoir la récupérer et verser une
subvention aux Offices Régionaux pour qu’ils puissent fonctionner correctement. Il
faut aussi noter qu’il y a eu trois changements de ministres du tourisme et de la
culture au cours des deux dernières années.
Depuis 2003, l’Office Régional du Tourisme de Tuléar tente de se mettre en
place, sur l’initiative des hôteliers locaux, mais fonctionne au ralenti.

a) Le difficile accouchement de l’Office Régional du Tourisme de


Tuléar

¾ L’O.R.T.U, une initiative prometteuse ?

L’O.R.T.U, Office Régional du Tourisme de Toliara a été crée en 2003. Il vient


à la suite d’une première structure : l’A.O.T.T, Association pour l’Organisation du
Tourisme de Toliara. Globalement, elles ont le même objectif : organiser la
promotion du tourisme dans la région de Toliara. Cependant, la gestion de la
première association s’est révélée plus que douteuse, c’est pourquoi elle a été
dissoute en 2003, afin de permettre la mise en place de l’O.R.T.U. Les statuts ont
été déposés en novembre 2003. Le bureau est composé d’un président, de deux
vice-présidents, d’un secrétaire général, d’un trésorier et de conseillers. A

15
l’origine, il s’agissait essentiellement d’hôteliers et de promoteurs, mais l’Office
compte aussi parmi les membres du bureau exécutif, un représentant de la
commune urbaine de Toliara, le directeur provincial du tourisme, parvenant ainsi à
impliquer les différents acteurs majeurs du tourisme sur Tuléar.

L’O.R.T.U se fixe comme mission de mettre en œuvre toutes les mesures et


moyens pour la promotion efficace de la région et des sites touristiques, d’assurer
le développement du tourisme durable, soucieux de la préservation de l’identité
culturelle de la région et de l’environnement.

Plus concrètement, l’O.R.T.U se doit :


- D’être l’interlocuteur privilégié pour toute politique de développement du
tourisme dans leur région respective
- De faire la promotion du tourisme de la région, d’accueillir, d’informer le
public, les professionnels des potentialités touristiques de la région
- De développer de nouveaux produits touristiques et de faire la promotion de
la ville et des régions à Madagascar et à l’étranger en collaboration avec
l’Office National.
- De publier et diffuser des supports de communication aux publics, aux
professionnels et aux investisseurs
- De rechercher des financements pour l’exécution de son programme
d’activités
- D’analyser la demande et fournir des données informatives et statistiques à
l’Office National du Tourisme
- D’Assurer le développement d’un tourisme durable, soucieux de la
préservation de l’identité culturelle et environnementale de la Région.

Cependant, aujourd’hui, l’O.R.T.U ne fonctionne pas encore ou, au ralenti. Il


connaît des difficultés importantes liées à des modifications fréquentes des
membres du bureau, le premier président ayant dû quitter son poste à cause de
démêlées avec la justice et la présidente actuelle s’apprêtant à quitter
Madagascar. Elle devrait être remplacée par le premier vice-président. Ceci fait
tout de même trois changements de président en neuf mois.

A l’heure actuelle, deux consultants ont été recrutés. Ils ont la tâche
d’appuyer le Conseil d’Administration de l’Office pour la mise en œuvre
opérationnelle et pérenne dudit Office.

¾ L’oubli des petites structures locales ?

Aujourd’hui, l’O.R.T.U comprend 34 adhérents, ce qui est relativement peu


par rapport à l’ensemble des opérateurs touristiques intervenant sur la zone. Avec
l’exemple d’Anakao, on constate que ne sont membres que les structures
importantes, tenues par des Vazahas : Le « Longo Vezo », Le « Safari Vezo », « Le
Prince d’Anakao » et « Chez Monica ». Aucun des trois établissements malgaches
existant actuellement n’est représenté. La communication faite au sujet de l’office
semble défaillante : nous avons appris en août à l’un des hôteliers l’existence de
l’O.R.T.U et la fin de celle de l’A.O.T.T. A Saint Augustin, les hôteliers nous ont
fait par de leur mécontentement : ils ont le sentiment d’être tenus à l’écart.

16
Par ailleurs, par son fonctionnement même, l’office exclut bon nombre de
petites structures. En effet, en plus de l’adhésion fixée à 150 000 fmg par an,
chacun des membres est amené à participer financièrement à chacune des actions
prévues, faute de financements. Ainsi, pour le projet de mise en place d’un
panneau à l’aéroport, il est demandé 100 000 fmg par adhérent.
L’hôtel de Jean-Claude sur les Sept lacs ne fait pas partie de l’Office. Pour qu’il
puisse adhérer, il faut d’abord que le site soit reconnu par l’ANGAP, puis que soit
créé un circuit intégrant le lieu et enfin que les tours opérateurs soient sensibilisés
et informés sur son existence.

¾ L’O.R.T.U, un futur acteur de la promotion de l’écotourisme ?

A l’heure actuelle, L’O.R.T.U est appuyé par le WWF. Celui-ci finance la mise
en place de l’Office jusqu’à sa deuxième année. L’objectif est d’intégrer dans la
promotion du tourisme sur la région de Tuléar, une notion de protection de
l’environnement. « Tuléar et ses alentours ont des potentialités pour les activités
écotouristiques mais elles ne sont pas exploitées à bon escient. » (M. le directeur
exécutif de l’ORTU.) Il s’agit de limiter les pressions sur l’environnement par le
développement de l’écotourisme. L’ORTU devra fournir des comptes rendus au
WWF ayant le rôle de bailleur de fond. Les deux consultants recrutés sont des
membres du WWF. Il s’agit de Madame Zoé, secrétaire, et de Monsieur Francis
Ramanantsoa, directeur exécutif.

b) L’inefficacité de la Direction Inter-Régionale du Tourisme de


Tuléar

¾ Un mauvais fonctionnement qui bloque le développement de


l’O.R.T.U

La D.I.R.T est un partenaire dont l’office régional ne peut se passer. Il attend


d’elle une harmonisation des statuts des différentes structures d’hébergement sur
la province, qu’elle oblige tous les opérateurs à se mettre aux normes. Les
propriétaires de lieux d’hébergement déclarés ont des taxes relativement
importantes à payer à l’Etat et à la commune sur laquelle ils sont installés. Ils sont
donc les premières victimes de la concurrence déloyale que leur font toutes les
petites structures officieuses, qui, elles, peuvent se permettre de louer des
bungalows pour la nuit à des prix dérisoires (25 000 à 30 000 fmg, par exemple). De
plus, ces petites structures non déclarées ne subissent aucun contrôle concernant
les normes d’hygiène et peuvent ainsi nuire à l’image du tourisme à Madagascar.
On a vu précédemment que le directeur provincial du tourisme était membre
d’office du bureau de l’O.R.T.U. Le rôle de secrétaire général lui est attribué.
Cependant, avec les différents changements ministériels, ce poste s’est révélé très
instable et le directeur actuel n’est pas très investi auprès de l’O.R.T.U. La D.I.R.T
est toujours officiellement représentée dans le Conseil d’Administration de l’Office
Régional, mais en réalité, le partenariat entre ces deux structures semble être au
point mort.

17
¾ Un unique rôle : le contrôle de l’application de la
réglementation

La Direction Inter-Régionale du Tourisme représente le ministère au niveau


régional. C’est une administration publique, qui, en théorie, est chargée de faire
respecter le code du tourisme et de faire la promotion du tourisme sur l’ensemble
de la province. Sur la province de Tuléar, cette institution se contente de jouer un
rôle de contrôle : elle reçoit les demandes de tout opérateur touristique qui veut
investir, indique les pièces nécessaires à la constitution du dossier, et une fois que
celui-ci est complet, elle le fait parvenir au ministère. La vision du ministère est
préalable à toute construction d’un établissement touristique. Il s’assure que celui-
ci est tout à fait conforme à la réglementation.
Dans la réalité, beaucoup d’hôteliers sont en état irrégulier sur la province de
Tuléar. Nombreux sont ceux qui ne sont pas aux normes. D’autres cherchent depuis
des années à se régulariser, à l’image du Longo Vezo d’Anakao, mais ne
parviennent pas à compléter leur dossier. (Sans compter les dossiers qui se perdent
entre Tananarive et Tuléar) Souvent, la construction de l’hôtel s’est faite avant
d’obtenir l’autorisation, extrêmement longue pour les étrangers. Tous ceux à qui il
manque ce papier préalable ne peuvent être reconnus. La D.I.R.T est parfaitement
consciente de cette situation mais est incapable de démêler ces imbroglios.

La D.I.R.T n’assure absolument pas son rôle de promotion du tourisme dans la


province. Elle se justifie en avançant l’inexistence complète de statistiques sur le
tourisme. Les différents hôtels de la province sont censés lui remettre un
récapitulatif mensuel de leur fréquentation. Cependant seuls à peu près 30% des
opérateurs collaborent. Aucun chiffre fiable ne peut donc être tiré. Cependant,
aucun système de sanction n’a été mis en place afin d’inciter les opérateurs à
collaborer, mis à part une menace de fermeture, tout à fait inadaptée et jamais
appliquée. On peut aussi se demander pourquoi la D.I.R.T ne collabore pas avec le
commissariat, auquel est remis de façon régulière des fiches que sont censés
remplir tous les touristes en passant dans les hôtels. Cependant, actuellement, les
statistiques qui en sont tirées sont elles aussi erronées, puisque dans la réalité, les
hôteliers ne font remplir qu’une fiche par groupe aux touristes. De plus, seuls les
hôteliers déclarés et reconnus disposent de ces fiches.

2. Le tourisme, une activité déjà bien ancrée à


Anakao/Nosy Ve :

a) Anakao/Nosy Ve, un site bien connu des touristes

¾ Des touristes relativement nombreux, avant la crise :

La ville du Tuléar est essentiellement un site de transit grâce à son


aéroport, qui propose des liaisons directes depuis Tananarive et depuis certaines
villes de la Réunion. Les touristes se répartissent ensuite entre les deux sites clefs
de cette région : Ifaty/Mangily, et Anakao/Nosy Ve.

18
Ceux-ci
correspondent tout à
fait aux stéréotypes des
lieux recherchés par les
touristes. Ils
bénéficient de plages
de sable fin, d’une mer
superbe, de soleil en
abondance, même
pendant la saison dite
d’hiver, qui correspond
à la période des
vacances des touristes
occidentaux.
Anakao, juillet 2004
Photo n°5: Claire et Violaine

En 2000, selon le ministère du tourisme malgache, 28% des touristes sont


passés par Tuléar ou l’un de ces deux sites, soit à peu près 45 000 personnes.
Depuis 2000 et avec la crise, il est extrêmement difficile d’obtenir des chiffres
relatifs au tourisme. En effet, comme on l’a vu précédemment, les hôtels sont
censés fournir leurs chiffres de façon mensuelle à la Direction Inter-Régionale du
Tourisme de Tuléar (D.I.R.T). Cependant, celle-ci ne dispose d’aucunes
statistiques. Les chiffres obtenus par le commissariat sont aussi très largement
faussés. Seuls cinq des neufs hôtels ou chambres d’hôte d’Anakao font parvenir ces
traces écrites à la police. Cette méthode de comptage ne met pas non plus à l’abri
des doubles comptes, puisque les touristes peuvent très bien passer leur séjour
dans des hôtels différents. Malgré tout, on peut donner les chiffres dont dispose le
commissariat de Tuléar, sur l’ensemble de la province, pour l’année comprise
entre juillet 2003 et juin 2004.

Nombre de touristes étrangers passant dans la province de Tuléar entre juillet 2003 et juin 2004
juil-03 août-03 sept-03 oct-03 nov-03 déc-03 janv-04 févr-04 mars-04 avr-04 mai-04 juin-04

505 868 573 931 854 514 575 288 371 561 571 441
Tableau n°1

On obtient un total de 7052 touristes, soit six fois moins qu’avant la crise
(mais avec des sources différentes.)
Il est aussi extrêmement difficile d’estimer précisément le nombre de touristes
passant par Anakao. Pour le site d’Anakao/Nosy Vé, les seuls chiffres dont nous
disposons sont ceux notés par le gardien de l’îlot, à certaines périodes.
Malheureusement, ils sont très incomplets, et ne dépassent pas juillet 2001.

19
Nombre de touristes passant à Nosy Ve
Il est aussi souvent reproché au
1999 2000 2001
janvier 151 170
gardien d’être absent momentanément de
février 122
l’îlot, et ainsi de ne pas pouvoir effectuer les
mars 93 86
comptages et le prélèvement de la taxe de
avril 153 105
façon convenable. Cependant, en utilisant
mai 105
les chiffres de 1999 et de 2001, on pouvait
juin 198 estimer, avant la crise, le nombre de
juillet 168 touristes passant à Nosy Ve à près de 2640.
août 602 (ce qui fait tout de même une moyenne de
septembre 208 plus de sept touristes par jour) Tous les
octobre 289 touristes venant à Anakao ne vont pas à Nosy
novembre 262 Ve, mais cette promenade en concerne
décembre 324 quand même la grande majorité.
tableau n°2 Source : FI.MI.MA.NO

Toutes les structures touristiques rencontrées nous ont confirmé les


difficultés connues pendant la crise politique qui a sévi à Madagascar à la fin de
l’année 2001 et pendant l’année 2002. Le nombre de touristes étrangers a
complètement chuté. La reprise semble s’amorcer depuis le début de l’année
2004 . Avec les montants versés pour la taxe, on peut estimer le nombre de
visiteurs passés sur l’îlot à 470 en 2003 et à déjà 560 entre janvier et juillet 2004.
on est loin tout de même des résultats enregistrés en 1999.

¾ Profil des touristes attirés par le site d’Anakao:

Avec les fiches présentes au commissariat et les enquêtes faites auprès des
touristes, nous avons tenté de définir les différents profils des visiteurs passant par
Anakao. En effet, il est nécessaire de cerner le public intéressé pour pouvoir faire
une promotion efficace du site.
Sont présentes au commissariat 458 fiches de touristes étant passées à
Anakao, entre juillet 2003 et juin 2004. Elles émanent de cinq hôtels : « Longo
Vezo », « Chez Monica », « Le Prince d’Anakao », « Safari Vezo » et « Chez Emile ».
A partir de cet échantillon, nous avons pu synthétiser les informations principales.

La grande majorité des touristes étrangers sont de nationalité française, à


70%. Les autres pays d’Europe suivent, avec essentiellement des Italiens, des
Suisses et des Belges. Les touristes venant du reste du monde sont extrêmement
peu nombreux, (16 sur les 458) et ne représentent que 3%. Ils viennent surtout
d’Afrique du Sud et des U.S.A.

20
Répartition des touristes venant à Anakao selon leur
3%
nationalité, en 2003/2004
5%
Français

européens (sauf français)


22%
malgaches

autres

70% échantillon de 458 touristes issu des


fiches de police

graphique n°1

Les catégories socio-professionnelles de ces touristes nous montrent une très


nette sur-représentation des cadres et professions intermédiaires. En effet, elles
représentent ici près de la moitié des touristes (46%), soit 23% pour chacune, Alors
que sur la population française, elles ne rassemblent que 13% des actifs. On
observe un pourcentage non négligeable de retraités et d’étudiants, preuve que ce
lieu présente un attrait et est accessible pour des tranches d’âge variées.

Répartition des touristes venant à Anakao selon leur C.S.P,


en 2003/2004
agr/pêcheurs
4% 2% 5%
5% Ouvriers
9%
Employés
23%
6% Cadres et prof.
Intermédiaires
Artisans/comerçants

retraités

étudiants

sans emploi
46%
graphique n°2 source : questionnaires du commissariat
réalisation : Claire et Violaine

A partir de nos questionnaires d’enquête, nous avons estimé la durée


moyenne d’un séjour à Anakao : celle-ci varie entre trois et quatre jours. Parmi les
visiteurs interrogés, 70% effectuaient leur premier voyage à Madagascar. Parmi les
30% restant, plus de 18% étaient des expatriés, résidant à Madagascar .
Pour 85% des interrogés, c’était la première fois qu’ils venaient à Anakao. En très
grande majorité, à 93%, ces visiteurs avaient organisé leur voyage de façon
indépendante, sans passer par une agence ou un opérateur touristique.

21
La façon de voyager des touristes
visitant Anakao
6% 9%
seul Ils voyagent donc très peu en
en famille groupe, mais surtout en couple en
26%
22% en couple famille ou avec des amis. Les
avec des amis voyageurs isolés semblent aussi
en groupe relativement rares à Anakao

Source : enquête
Claire et Violaine
37%
Graphique n°3

Ils ont connu le site par des guides touristiques (essentiellement le routard,
le Lonely Planet et le Petit Futé), à 46%, ou par des amis, à 50%. Le bouche à
oreille tient donc une place extrêmement importante pour la promotion de ce site.
Les sites Internet ont aussi été évoqués, mais par un faible pourcentage.

Nous nous sommes aussi intéressées aux caractéristiques du site qui le


rendent attractif pour les visiteurs. Ce sont toujours les mêmes réponses qui
viennent à l’esprit des personnes interrogées : Elles recherchent un site calme, où
se reposer et profiter de la plage et de la mer ; Elles sont séduites par le cadre
magnifique et l’aspect désertique d’Anakao/Nosy Ve. Finalement les potentialités
en plongée sous-marine ou la découverte de la faune et de la flore ne sont évoqués
qu’en second plan. Le village Vezo a lui été évoqué dans 10% des questionnaires.
Le village et ses habitants font parti du charme du site. Beaucoup cherchent aussi à
découvrir les richesses culturelles du lieu.

Les principales caractéristiques à l'origine de l'attractivité


du site d'Anakao/Nosy Ve
30

25

20
pourcentages

15

10

plage, le calme, le la beauté, le village la plongée Les animaux


mer,soleil repos l'aspect vezo
désertique

Graphique n°4
Source : enquêtes Claire
et Violaine

22
On peut aussi constater que le « spectre de touristes visés » est relativement
large. Les structures d’hébergement appartiennent à des gammes différentes, avec
des fourchettes de prix larges : de Clovis, à 25 000fmg la nuit qui propose un
accueil de base, au prince d’Anakao à 360 000fmg la nuit en demi-pension (taux de
change de juillet 2004) .
La moyenne d’âge des touristes séjournant à Anakao est aussi un indicateur ;
Elle est faussée par le fait que seule une personne par groupe remplisse la fiche de
la police. Avec ce système, les familles et donc les enfants ne sont jamais pris en
compte. Cependant, cette information permet de distinguer les hôtels entre eux.
Ainsi, on constate que les hôtels « Chez Emile » et « Chez Monica » accueillent une
population nettement plus jeune que « Prince d’Anakao » et le « Safari Vezo ». On
peut y voir la marque d’une offre diversifiée, s’adaptant à différents profils de
touristes.

Moyenne d'âge des touristes venant à Anakao, selon les hotels, en


2003/2004

50

40
30 échantillon de 458
touristes issu des fiches
20
de police
10

0
chez Safari Vezo Chez Emile Le Prince Longo
Monica Vezo

Graphique n°5

Les visiteurs séduits par le site d’Anakao représentent un public large, peu
spécialisé : il peut s’agir de familles, de jeunes, de retraités. Tous disposent de
ressources relativement importantes. Cependant, ils s’accordent et forment un
groupe homogène parce qu’ils viennent tous chercher la même chose : passer
quelques jours dans un lieu paradisiaque (selon leur propre terme), calme,
désertique. Pour que le site reste attractif durablement, ce sont ces aspects qu’il
faudra préserver.
Un autre type de public, un peu en marge de ceux décrits ici, se développe à
Anakao : ce sont les surfeurs. Aux dires des hôteliers, ils sont de plus en plus
nombreux et le site commence à être connu dans le milieu du surf.

b) Les richesses touristiques du site

¾ Le récif annulaire pour la plongée

Le récif annulaire de Nosy Ve est très connu. Il est intégré au grand récif de
Tuléar et de la côte ouest de Madagascar, présenté comme la deuxième ou
troisième plus grande barrière de corail du monde. Il présente un attrait
incontestable pour les plongeurs. Plusieurs clubs de plongée se sont d’ailleurs crées

23
à partir des hôtels d’Anakao. Ils proposent des plongées avec bouteilles ou plus
simplement avec palmes et tuba.
Cependant, globalement, ce récif est en dégradation et le site touristique
risque de perdre un de ces atouts majeurs si rien n’est fait pour le préserver.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de la baisse de l’activité corallienne :

x Les facteurs naturels et biologiques


- La sédimentation provoque la mort des coraux en perturbant leur
respiration. Les sédiments viennent du fleuve Onilahy.
- Le réchauffement de l’eau dû au trou de la couche d’ozone. A 30°C,
la température est trop élevée pour le développement des coraux.
- Les coussins de belle-mère ou acanthaster plancii, sont des étoiles de
mer qui broutent le corail (mangent les polypes). L’ONG Frontier a
organisé à deux reprises un ramassage autour de l’îlot, et les clubs de
plongée de la région ont été sensibilisés pour enlever cette étoile.
- Les oursins
- La prolifération algale. Celles-ci entraînent une asphyxie des coraux.

x Les facteurs liés aux activités humaines


- La pêche est également cause de dégradation des fonds marins par
des techniques trop destructrices : le harpon casse le corail, le filet à
maille trop fine racle les fonds, la ligne menace les stocks
halieutiques.
- Les ancrages de débarquement font des trous dans le corail
- Les plongeurs perturbent les populations en place, certains, peu
expérimentés donnent des coups de palme dans les coraux.

Le site de l’Aquarium Nord, au nord de l’îlot est protégé. Il est délimité par
des bouées. La pêche y est interdite, la seule activité autorisée est la plongée
sous-marine. Celui-ci montre un état de santé beaucoup plus favorable que dans
les alentours. On y trouve une grande quantité de poissons commerciaux. C’est
là que l’on peut observer des colonies coralliennes nouvellement installées. La
partie Est de l’Aquarium est même une zone de reproduction. Il n’y a que dans
cette zone que l’évolution est progressive, ailleurs, elle se dégrade.

L’IH.SM, Institut Halieutique et des Sciences Marines, qui a mené de


nombreuses études sur le secteur, préconise quelques actions pour le bon avenir
du milieu :
- L’extension de la zone protégée
- La réactualisation des règlements de pêche
- Un meilleur contrôle de l’accès des pêcheurs et des touristes
- L’information continuelle des enfants
- L’éducation des enfants et des adultes sur les ressources vivantes

¾ Les curiosités faunistiques locales :

L’îlot est le seul endroit à Madagascar qui accueille l’oiseau Paille en queue
rouge, ou « vorompano »,(phaeton Rubricauda). Ce sont des oiseaux marins
n’existant que dans les eaux tropicales des océans Indien et Pacifique. D’une

24
envergure d’environ un mètre vingt pour un poids de 800 grammes, ce sont des
oiseaux entièrement blancs avec deux très longues plumes rouges à la queue.

Un Paille en queue rouge


sur Nosy Ve, en juillet
2004

Photo n°6: Claire et Violaine

L’île de Nosy Ve est protégée par un « fady » interdisant de tuer tout animal
ou plante vivant sur l’île. C’est cette protection absolue qui a permis aux pailles en
queue rouge, très sensibles au braconnage, de s’y installer et d’y prospérer en
toute quiétude. Découverte il y a une vingtaine d’années, cette colonie est en
effet passée de deux couples en 1980 à une centaine actuellement. Elle est suivie
depuis 2000 par l’O.N.G britannique Frontier, qui réalise des comptages visuels
périodiques des nids occupés.

Chaque jour, quelques villageois et pêcheurs viennent sur l’île. Ils emmènent
souvent des touristes pour qui la population de pailles en queue est devenue une
attraction. Cependant, la fréquentation de l’île reste assez modérée. Celle-ci est
sans effet sur les oiseaux dont les nids sont bien protégés par les buissons.
Cependant, il faut bien préciser aux visiteurs de ne pas s’approcher à moins de
trois mètres d’un nid et de ne pas tenter de toucher les oiseaux.
Il faut quand même préciser que les pailles en queue ne présentent d’intérêt que
parce qu’ils n’existent qu’ici à Madagascar. Sinon, ce sont des oiseaux très
communs, du moins pour les non-spécialistes. On peut penser que leur rareté a
servi de prétexte pour imposer la protection de l’île.

Les Pailles en queue rouge ne sont pas les seules espèces d’oiseaux
observées à Nosy Ve. Les passionnés d’ornithologie pourront aussi rencontrer : Des
aigrettes dimorphes, des hérons cendrés, des sternes voyageuses, des tourepierres
à collier, des bécasseaux sanderlings, des pluviers argentés, ou encore des
cisticoles malgaches.

Dans les eaux alentours, passent de façon saisonnière les dugongs et les
baleines à bosse, ainsi que d’autres espèces protégées comme les dauphins et les
tortues marines. L’îlot a d’ailleurs été déclaré réserve pour les tortues nidifiantes
dès 1923. Cependant, cela fait une vingtaine d’années que l’on n’a pas vu de
tortues sur l’île.

¾ Richesses culturelles : les conflits entre Malgaches et Vazaha


sur le respect des fady.

Les Fady sont des systèmes de tabous et d’interdits locaux, destinés à


apaiser les ancêtres. Ils interdisent un certain nombre d’actes et de
comportements. Il est tabou d’en parler, et souvent, les populations locales ont
oublié l’origine même de ces interdits. A Nosy Ve, par exemple, il est interdit
d’emmener des chiens, il ne faut pas manger de porc le jour où on va sur l’île, il ne

25
faut pas faire ses besoins sur l’île. Toute la végétation et les animaux sont protégés
par un Fady, il y est interdit de les tuer.
Aujourd’hui, les Malgaches ne sont pas tous d’accord sur la façon dont les
Vazaha doivent se comporter par rapport aux Fady. Tous les Malgaches les
respectent, mais certains pensent que ce n’est pas la culture des Vazaha et qu’ils
n’ont pas à les respecter. Sans doute craignent-ils surtout que ces Fady
représentent un frein pour le tourisme. A Nosy Ve, certains opérateurs malgaches
soutiennent le projet d’installer des toilettes sur l’île, convaincus que cela
représente le confort minimum nécessaire aux touristes qui viennent pique-niquer
sur l’île. D’autres hôteliers Vazaha s’opposent formellement à toute construction
sur l’îlot. En réalité, les touristes ne viennent jamais passer une journée entière
sur Nosy Vé. Au pire, ils y passent quelques heures. Il ne nous paraît donc
absolument pas nécessaire d’installer des sanitaires. Au contraire, il vaut mieux
préserver l’aspect encore très sauvage de l’îlot et ses caractéristiques culturelles.

¾ Vestiges archéologiques et aménagements touristiques sur


Nosy Ve :

Jusqu’ici, l’île a été très bien conservée et garde un aspect tout à fait
naturel. Elle n’est plus habitée, mais conserve quelques discrètes traces de
présences humaines. En effet, des vestiges historiques et archéologiques
d’occupations anciennes de l’îlot subsistent :
- Un lieu d’offrande ou de culte traditionnel
- Un cimetière
- Un ancien bassin utilisé jadis comme réservoir par des habitants de
l’îlot.
- Deux vieilles ancres de bateau
- Les ruines d’une ancienne maison d’habitation appartenant à des
propriétaires Vazaha.

Les infrastructures existantes à l’heure actuelle sur Nosy Ve :

- Un site servant d’aire de pique nique et d’observation pour les


visiteurs (petite hutte en construction)
- Un grand panneau d’informations générales de dimension 150 cm de
long sur 80 cm de large, implanté du côté Nord de l’îlot.
- Des tracés de pistes ou de sentiers pour faciliter la visite des sites à
l’intérieur de l’îlot.

Les premiers aménagements réalisés s’intégraient relativement bien dans le


paysage. Les sentiers, légèrement tracés, auraient besoin d’être redéfinis, mais en
gardant la même logique : sans rajouter de pierres ou quoi que ce soit, juste en
taillant quelques plantes. Le grand panneau n’est pas trop voyant, et bien que
critiqué, il est un moindre mal, car c’est le seul effort qui ait été fait pour
informer les visiteurs sur la FI.MI.MA.NO et sur les ressources naturelles de l’îlot.
L’abri qui a été construit en juillet 2004 est nettement moins réussi. On peut
regretter qu’une grosse dalle de béton ait été coulée pour servir de sol. Des
matériaux locaux ont été utilisés pour la construction mais le style ne correspond
pas vraiment à celui du village. On peut s’interroger sur la nécessité d’ajouter de
futurs aménagements sur l’Ilot.

26
Carte n°2

c) Descriptif de l’offre touristique à Anakao : (tableau de


synthèse)

Les principales caractéristiques de ces neufs structures peuvent être


synthétisées à partir de la grille suivante :

27
Tableau n°3 grille pour les hôtels
Nom de adresse date de type de nombre nombre confort de prix agrdissemt problèmes liens avec activités reser-
nombres
l'hôtel création logement de de l'hôtel de prévu rencontrés d'autres touristiques vation?
d'
proposé chambres places opérateurs proposées à l'hôtel
employés
touristiques
Energie hôtel intégré à Plongée en oui
solaire, un circuit bouteille, (centre
les
Longo groupe touristique; agréé), 4*4 pour
bâtiment de transferts, le
Vezo n°1 en électrogène de 90 liens avec 4 sorties en brousse
stockage et nettoyage
("Chez Eric partant 2000 bungalows 7 24 de secours, 000 à 9 agences fidèles
chambre de des plages,
et Carole", du nord pas d'eau 150 000 à Tana
passage l'acquisition
français) courante, eau
du foncier
chaude sur
demande
fours et Non, fonction- plongée bouteille, oui par
panneaux nement actuel sorties baleines, mail,
solaires, pas par le bouche à 4*4 jusqu'au parc tel,
"Chez entre 12
de groupe 10 projet oreille mais de bureau
Monica" n°2 2000 bungalows 6 24 euros et les transferts
électrogène, environ d'éolienne changement de Tsimananpetsotse, à
(suisse) 18 euros
frigo à gaz, propriétaires sorties à Soalara, Tuléar
pas d'eau idée de club de
courante pirogue à voile
groupe le prix du liens 40 Nosy Ve, pirogue à oui
"Le électrogène, 24 euros billet d'avion agences à voile, lac de unique-
eau courante, chambre Tana et 3 ou 4 Tsimananpetsotse ment
Prince par et le manque
eau chaude supplémen- à l'étranger en minibus
d'Anakao" n°3 2001 bungalows 27 80 personne 28 de ligne
(2 bassins) taire moins
(israelien en 1/2 directe
chère
français) pension depuis
l'Europe
"Chez Ouverture Panneaux
Bungalows solaires
Solange" prévue pour
n°4 et 6 12
(franco- septembre
chambres
malgache) 2004
groupe 18 euros liens avec 10 sortie Nosy Ve, oui
électrogène, pour un la formation agences de plongée en mais
panneaux grand lit, du Tana bouteille, sortie pas
solaires pour mettre des pêche à la traîne unique-
"Safari moins 21 avec personnel, le
1985, repris 17 en la radio, pas WC dans ou à la ligne, sortie ment
Vezo" n°5 bungalows 50 cher le bureau nettoyage
en 1994 service d'eau les baleines
(française) depuis la de Tuléar des plages,
courante bungalows
crise l'acquisition
possibilité (150 000 du foncier
d'eau chaude Fmg)

28
groupe liens avec des sortie Nosy Ve oui, pas
électrogène hôtels de avec pique nique unique-
pour le bar, Tuléar, "Chez ment
panneaux Alain" et
solaires pour "Sax'aphone"
n°6 à 1986,
"Chez 2 bungalows, l'approvision-
l'entrée épicerie, 40 000 à familiale, 2
Emile" bungalows 6 15 pas nement en
du amélioration débattre 2 bungalows
(malgache) village petit à petit d'électricité eau
pour les
autres, pas
d'eau
courante, pas
d'eau chaude
pas plongée tuba, sortie
"Chez n°7 d'électricié, pas Nosy Ve
Clovis" dans le 1979 chambres 6 12 pas d'eau 25 000 familiale d'agrandis-
(malgache) village courante sement

panneaux liens avec la sortie Nosy Ve, non


solaires, compagnie du Nosy Saratra et
groupe Sud, un hôtel plongée en tuba
n°8 à la électrogène l'aprovision- de Fort
"Le
sortie de secours, 6, 2 nouveaux nement en Dauphin, "Chez
Stoïque" 1999 bungalows 6 18 50 000
du pas d'eau familiale bungalows eau, Jeanne" à
(malgache) village courante, eau l'électricité Tana, "Chez
chaude sur Lala" et
demande "Lavasoa" à
Tuléar

n°9,
pas encore environ
"walter" après le bungalows 5
ouvert 16
village,

panneaux relation avec sortie Nosy Ve, non


solaires, des hôtels de plongée, sortie en
groupe Tuléar comme 4*4, location de
n°10 le électrogène chez Alain planches à voile et
"La plus de secours, de 40 pas de de canoës, idée de
non, juste
Réserve" éloigné 2001 bungalows 7 14 pas d'eau 000 à 6 problème monter un club de
l'entretien
(français) du courante, 125 000 particulier pirogue à voile
village possibilité de
la chauffer,
wc et douche
individuels

29
3. Les sept lacs, un site encore peu connu :

a) Les sept lacs, un site très peu fréquenté par les touristes

¾ Des quantités de visiteurs faibles et difficiles à évaluer

La fréquentation touristique actuelle du site des 7 lacs reste encore faible. Il


n’y a pratiquement pas d’installations érigées sous le signe du tourisme. On compte
un hôtel restaurant à Ifanato, construit par l’initiative de Monsieur Jean-Claude, le
seul et unique opérateur local.
Le site est connu par un certain nombre d’opérateurs touristiques.
Toutefois, peu l’incluent dans leurs circuits. Seuls quelques établissements de
location tels que « Trajectoire » ou « le Quad du Capricorne » ainsi que quelques
hôtels de Tuléar y proposent des sorties.

Nombre de touristes ayant séjourné « chez Jean-Claude »

nombre de Evolution du nombre de touristes ayant


année
touristes séjourné chez Jean-Claude depuis 1999
1999 58
nombre de touristes

2000 170 200


2001 98 150
nombre de
2002 50 100
touristes
2003 71 50
20 jusqu'à mi 0
2004
juin
99

00

01

02

03

04

tableau n°4
19

20

20

20

20

20

source : livre d’or de l’hôtel


« chez Jean-Claude années

Graphique n°6
Nous n’avons pu obtenir aucune donnée à Tuléar sur les touristes visitant le
site de la forêt des Sept lacs. Les fiches du commissariat ne sont pas distribuées
jusqu’à Ifanato. Il nous a donc fallu nous renseigner sur place. A partir de l’unique
hôtel de la zone, nous avons pu recueillir quelques informations. Nous avons utilisé
le livre d’or de l’hôtel qui est tenu depuis l’ouverture de l’établissement. Ce
document nous a servi de base de travail, cela dit, il n’est pas exhaustif. Un
certain nombre de visiteurs ne passent que pour une journée. Ils ne s’arrêtent donc
pas à l’hôtel. Parmi ceux qui passent au moins une nuit, à peu près la moitié, selon
Jean-Claude, laissent un mot dans le livre d’or.
Toutefois, à partir de ces informations, on peut faire un début d’analyse :
On observe à partir du tableau et du graphique, que le nombre de touristes est très
variable selon les années. Dans le cas présent, les effets de la crise, qui s’est
étendue de la fin de l’année 2001, puis sur toute l’année 2002 sont très visibles.
D’où une baisse de fréquentation depuis 2001. Nous n’avons, pour l’année 2004,
que les chiffres allant jusqu’à la mi-juin, mais d’après Jean-Claude, « ça repart ».
Cependant, entre nos deux passages, c’est à dire entre le 1 er et le 29 juillet, en
pleine saison touristique, aucun touriste n’avait passé la nuit à l’hôtel !

30
La nationalité des touristes ayant séjourné chez Jean-Claude
en 2000 Les Français sont les plus
nombreux parmi les visiteurs des
Sept lacs. Les opérateurs
français touristiques proposant le site des
autres européens Sept lacs dans leurs circuits, sont
malgaches
français pour la plupart. Cela
autres
peut expliquer en partie cette
situation.

Il est à noter que ces graphiques


en 2001 sont à lire avec précaution. Le
nombre de touristes étant parfois
très faible, les variations
français
paraissent importantes.
autres européens
Toutefois, cela donne une idée
malgaches
du type de visiteurs, étant
autres
intéressé par un site comme celui
des 7 lacs :
La majorité des visiteurs
en 2002 voyagent en petit groupe. Si un
groupe d’anglais ou de belges
passent, cela se ressent très vite
français
dans les statistiques. Parmi les
autres européens
Européens, autres que les
malgaches
Français, on rencontre surtout
autres
des Anglais, des Belges, quelques
Suisses, Italiens ou Allemands.
Les touristes de nationalité
« autres » sont souvent des
en 2003 Américains et des Sud-Africains.
Les nationaux restent bien
représentés dans l’ensemble. Là
français aussi, il faut noter une nuance
autres européens car les guides malgaches
accompagnateurs de groupes,
malgaches
signent régulièrement dans le
autres
livre d’or. Certains reviennent
plusieurs fois dans une même
année. Nombreuses aussi sont les
graphique n°7 interventions sur la zone de
structures telles que le SAGE, le
Source : livre d’or de l’hôtel « Chez WWF, l’ONG Frontier.Ils utilisent
Jean-Claude » à Ifanato. l’hôtel comme camps de base et
faussent aussi les statistiques.

31
¾ Profil des touristes concernés

Afin de récupérer les informations souhaitées, nous avons établi des


questionnaires destinés aux touristes de passage, que nous avons laissé à Jean-
Claude lors de notre première visite. Nous en avons distribué à différentes
structures de Tuléar comme le magasin « Trajectoire » qui loue des motos pour
visiter le site des Sept lacs, au « Quad du Capricorne » qui organise des sorties en
quad. Nous en avons aussi remis à plusieurs hôtels qui organisent des excursions en
4*4, comme « Chez Alain » et "au refuge". Ces différentes tentatives se sont
révélées tout à fait infructueuses par manque de touristes. Seul le magasin
"Trajectoire" a pu nous rendre deux questionnaires car deux motards se sont rendus
sur le site au mois d’août. Pour dresser le profil des touristes concernés, nous nous
sommes alors servies des entretiens avec les responsables des structures auxquelles
nous avions laissé les enquêtes. Il en ressort que les visiteurs des Sept Lacs sont
actuellement des touristes très favorisés, qui peuvent se payer un 4*4 avec
chauffeur ou louer des quad ou moto avec guide. Il s’agit donc d’un public
extrêmement ciblé. En général, ils prévoient un séjour entièrement organisé par le
magasin de location ou l’hôtel, avec randonnées et bivouac organisés.
Au delà de cette contrainte matérielle, les personnes qui s’intéressent à ce
type de voyage sont des touristes « aventuriers ». C’est une clientèle qui demande
en général peu de confort, surtout si c’est pour des séjours de trois jours
maximum. Elle cherche à sortir des sentiers battus et souhaite découvrir un milieu
encore vierge de toute technologie, où l’on peut observer la nature à l’état
sauvage. Ce sont également des gens qui aiment à s’intégrer de façon plus ou
moins totale dans la vie du village : Pouvoir vivre au rythme de la lumière
naturelle, manger les aliments qui ont été péchés, chassés, récoltés ou élevés sur
place, cuisinés à la malgache…

b) Les richesses touristiques

¾ Diversité de la flore pour les botanistes

La forêt de Belomostse, formation primaire peu évoluée qui recouvre une


grande partie de l’écosystème des sept lacs, dispose de nombreuses espèces
endémiques de Madagascar, comme le Baudouinia, ainsi qu’un nombre intéressant
de plantes médicinales et de plantes alimentaires, comme les dioscoreacées, les
bombacacées, les légumineuses… Cependant, celles-ci ne présentent un intérêt
touristique que pour les visiteurs ayant bénéficiés d’une formation en botanique et
ceux-ci ont plutôt tendance à se reporter sur les arboretum, nombreux dans la
région de Tuléar, et qui concentrent des quantités bien plus importantes d’espèces
et de variétés. Les guides de ces parcs, spécialisés, peuvent aussi leur apporter les
détails pointus qu’ils désirent, ce que ne seront bien sûr pas en mesure de faire les
guides d’Ifanato. Ce n’est donc pas cet aspect qu’il nous paraît important de
mettre en valeur pour faire la promotion du site des sept lacs.

32
¾ Les curiosités faunistiques des 7 lacs, plus à même d’attirer
les touristes :

On pourrait faire une longue énumération des différentes espèces animales


présentes sur le site des sept lacs, notamment pour les oiseaux (pintades,
Psittacidés…), les poissons (le Tilapia, le Kuhlia, les Anguilles…) ou encore les
insectes (Coléoptères, Collemboles, Dermaptères, Diptères, Isoptères…).
Cependant, bien que moins rares, ce sont d’autres espèces qui vont attirer
l’attention des touristes. Jean-Claude, le guide hôtelier d’Ifanato fait preuve d’une
bonne connaissance des déplacements et habitudes d’animaux tels que les
caïmans, les makis, les chauves-souris, les caméléons, les papillons… et ce sont ces
savoirs qu’il nous semble important de valoriser.

¾ Les légendes des 7 lacs, un côté authentique qui séduit les visiteurs

Les guides qui font visiter le site sont à même de faire partager les légendes
qui existent sur les lacs. Les touristes en sont souvent friands, ils peuvent ainsi de
façon ludique partager un aspect de la culture locale.

Le premier lac, le plus en altitude, se nomme « lac des Vazaha » ou


« Andranombazaha » ou « Antsima », c'est-à-dire là où on trouve du ciment. En
effet, c’est le seul lac qui soit entouré en partie d’une dalle de béton. « lac des
Vazaha », cela fait référence à un évènement malheureux arrivé dans ce coin à
l’époque coloniale. Un couple européen et un malgache étaient allés passer leur
week-end près du lac. Après avoir pris un repas composé de viande de porc, le
couple européen décida de se baigner tout de suite, tandis que le malgache qui les
accompagnait, avant d’entrer dans l’eau, se lava les mains et la bouche. Quelques
temps après, le couple d’européens se noyait. Leur compagnon malgache ayant
compris ce qui se passait, récupéra les corps en utilisant un masque. Ce malheur
était survenu aux deux européens, car ils n’ont pas respecté un interdit du lieu :
« la viande de porc ». Les dépouilles ont été ramenées en ville par leur ami
malgache.
Le deuxième lac est appelé le « lac des roseaux ». Il y domine des roseaux
ou « Boboky » en malgache.
Le troisième lac est le « lac des papyrus » car c’est la plante dominante dans
cet endroit. On l’appelle aussi « Vinda ».
Le quatrième lac est le « lac central » ou « lac des centrales » car il se
trouve au milieu des sept lacs.
Le cinquième lac est le « lac bleu-vert ». Son nom vient du fait qu’il y a une
dominance de la couleur bleu et de la couleur verte à cet endroit.
Le lac numéro six est le « lacs des enfants ». C’est là que les enfants du
village apprennent à nager. C’est également le seul lac où il est possible de se
baigner.
Le septième lac est le « lac sacré ». Selon la tradition orale, un génie, mi-
homme, mi-poisson, habitait dans ce lac. Personne n’osait fréquenter ce lieu. On
disait que le génie avait élu domicile dans une grotte du flanc gauche du lac, en
tournent le dos au fleuve Onilahy. Lors d’une grosse pluie diluvienne, le fleuve
déborda, inondant rapidement ses rives. Quand le génie s’en aperçu, il décida de
quitter le lac, mais ce fut trop tard, la grotte où il était s’effondra, l’enfermant au
plus profond de sa grotte pour l’éternité. Jusqu’à nos jours, cette croyance reste

33
ancrée dans l’esprit de la population environnante. Ce qui fait que le lac sacré est
interdit.

Le lac le plus profond est dominé par une grande cascade qui servait de
sautoir aux soldats français du temps de la colonisation »

Il existe un huitième lac, au-dessus du premier, qui a été agrandi il y a


quelques années. Le premier à le faire visiter a été Jean-Claude qui lui a donné son
nom. Certains vous diront qu’il l’a même agrandi pour pouvoir s’y baigner.

c) les aménagements touristiques

¾ l’hôtel de Jean-Claude

Il n’existe qu’une seule structure en dur construite à la propre initiative de


Monsieur Jean-Claude, sur le village d’Ifanato. Il n’y aucune structure d’accueil au
village de Mahaleotse.
A l’origine, des visiteurs ont commencé à s’intéresser au site. Arrivés au village
d’Ifanato, plusieurs ont demandé s’il était possible de s’arrêter boire un verre.
Jean-Claude a d’abord mis en place une épicerie. Puis il s’est rendu compte que
de plus en plus, les gens demandaient des repas puis le gîte. Il a alors pris
l’initiative de construire un hôtel. Cela s’est fait petit à petit. Aujourd’hui, il peut
accueillir jusqu’à dix personnes en même temps. De nouvelles chambres sont en
projet. Pour les commodités, il a installé des WC (trou dans une dalle de béton) et
une douche (sceau avec l’eau de la rivière). Il n’y a pas d’éléctricité actuellement,
mais il est prévu, sous condition d’aides financières extérieures, d’installer des
panneaux solaires.
Grille synthétique pour l’hôtel d’Ifanato :

Nom de adresse date de type de nombre nombre confort de prix


l'hôtel création logement de de l'hôtel
proposé chambres places

pas
"Chez à l'entrée
d'électricité, 30 000
Jean- du village 1999 bungalows 5 10
douche et fmg
Claude" d'Ifanato wc collectifs

agrdissemt problèmes liens avec d'autres activités réservation?


nombres d' de prévu rencontrés opérateurs touristiques
employés touristiques proposées à
l'hôtel
accès au partenariat avec visite des sept
2 plus projets de site, "trajectoire", liens lacs et "ballade
aides de la panneaux jalousie avec le "quad du des animaux" non
famille solaires dans le capricorne" avec guide
village
Tableau n°5

34
¾ Aménagements récents et en cours

Afin de faciliter les visites sur le site de la forêt des 7 lacs, les associations qui
gèrent les ressources naturelles (les CLB ou Communautés Locales de Base) ont mis
en place, en partenariat avec le SAGE, un certain nombre d’aménagements.
Cependant, cela ne dispensera en aucun cas la présence d’un guide. Un sentier
botanique de 4 Km permet de faire le tour des différents lacs, puis de monter dans
les collines pour observer des paysages très variés. Il passe devant le maximum de
curiosités comme l’aven d’Ankikiky. Il y a également la possibilité de camper dans
la forêt. Deux aires de camping ont été aménagées avec des commodités placées
un peu en retrait pour qu’ils s’intègrent au mieux dans le paysage. On ne peut
camper plus de trois jours sur la zone, selon le Dina.

Le sentier botanique a été tracé


en juillet 2004. Les membres du
S.A.G.E ont obtenu des financements
pour employer des habitants des
villages d’Ifanato et de Mahaleotse.
Ceux-ci ont tracé le chemin et l’ont
délimité par des pierres, comme on le
voit sur la photo ci-contre. Différents
panneaux indiquant les noms des
espèces endémiques ont ensuite été
placés. Plusieurs aires de repos ont
été aménagées, juste le temps de
s’arrêter boire un peu, goûter les
racines gorgées d’eau et regarder le
paysage. Des points de vue ont été
repérés. On peut voir de haut et de
loin le fleuve Onilahy, la végétation…
Photo n°7: Claire et Violaine, juillet 2004

Ces différents aménagements partent d’une bonne intention mais ne


semblent pas toujours adaptés aux priorités de la zone. Le sentier botanique est
intéressant mais ne pourra acquérir un véritable intérêt pour les visiteurs que s’il
est complété par les connaissances d’un guide, formé en botanique. Or, le
principal guide de la zone s’appuie surtout sur quelques connaissances faunistiques
et culturelles. Il est dommage que les aménagements ne viennent pas valoriser les
savoirs du guide. Ou alors, il faudrait, en plus du sentier, investir dans la formation
en botanique d’une personne du village.
Cependant, tous ces travaux ont été faits en respectant les caractéristiques
environnementales de la zone. Ils s’intègrent bien dans le paysage. On peut malgré
tout trouver les panneaux trop voyants. Aucuns matériaux n’ont été importés
d’autres lieux.

35
Chacun de ces deux sites, quoique extrêmement différents, s’appuie, pour
faire venir les visiteurs, sur des richesses culturelles et surtout naturelles variées.
Les ressources biologiques, halieutiques pour l’un, forestières pour l’autre
constituent aussi la base du fonctionnement des populations villageoises.
Depuis quelques années, l’ensemble des ressources de ces sites est géré à l’échelle
locale, par les communautés elles-mêmes, soit à la suite d’une concertation
comme à Anakao, soit après un transfert de gestion, aux Sept Lacs.
Les communautés locales se sont constituées sous forme associative pour
gérer ces ressources. Nous allons présenter maintenant les grandes caractéristiques
de ces associations.

B. Présentation, Fonctionnement et Objectifs théoriques des


Associations gérants les ressources touristiques :

1. La FI.MI.MA.NO, pour Nosy Ve:

a) Objectifs et outils de gestion de l’association :

L’objectif global de cette association est la gestion durable des ressources


marines dans la zone. Plus précisément et en théorie, elle vise :
9 Le développement durable de la zone
9 La gestion intégrée de la zone
9 L’exploitation rationnelle des ressources marines
9 Le maintien de la biodiversité marine et de la fonction écologique de
l’écosystème récifal
9 L’éducation environnementale de la communauté locale.
9 Le développement des populations locales

Pour ce, certaines actions ont déjà été menées :


L’îlot et ses alentours ont été partagés en une zone protégée et une zone
réglementée. La première comprend la partie terrestre et une partie marine, dite
aquarium Nord. Celle-ci est délimitée par deux bouées. La seconde est formée par
le reste de la partie marine limitée par le récif annulaire de Nosy Ve.
L’îlot a été dératisé en 1999, afin de protéger la population de Pailles en
queue rouge. Des opérations de reboisement ont aussi été entreprises. Pour les
touristes, un panneau d’information réalisé par Frontier a été implanté et un petit
circuit a été tracé. Une campagne pour enlever les étoiles de mer Acanthaster, qui
détruisent les coraux est en train de se mettre en place.

L’outil de gestion de cette association est le DINA, ou convention sociale


traditionnelle, qui énonce des mesures strictes pour la gestion durable des
ressources marines. Nous l’avons fait traduire du malgache au français, c’est
pourquoi nous intégrons cette version ici.

37
Convention sociale (« DINA »)
FI.MI.MA.NO
(Fikambanana Miaro sy Mampandroso an’i Nosy Ve
Association pour la protection et le développement de Nosy Ve)

Première partie : la mer

‰ Il est interdit d’utiliser les poisons pour la pêche, amende 50.000 fmg
‰ Il est interdit de retourner les blocs de récif, amende 50.000 fmg
‰ Il est interdit d’utiliser les techniques de pêche tendant à détruire le récif,
amende 50.000 fmg
‰ Il est interdit de chasser les dauphins, amende 50.000 fmg
‰ Il est interdit de chasser les tortues de mer les mois d’octobre et novembre,
amende 50.000 fmg
‰ Toutes les embarcations (vedette, catamaran…) des touristes voulant
mouiller à côté de Nosy Ve doivent avoir l’autorisation de l’association
(membre de bureau représenté dans chaque village)
‰ La pêche, quel que soit sa forme, est interdite à l’aquarium nord, amende
200.000 fmg

Deuxième partie : l’îlot de Nosy Ve

‰ Il est interdit d’amener des chiens et de la viande de porc sur l’île, amende
100.000 fmg
‰ Il est interdit de chasser tous les animaux vivants sur l’île, amende 50.000
fmg
‰ Il est interdit de couper toutes sortes de plantes et arbres sur l’île, amende
50.000 fmg
‰ Il est interdit de salir et de camper sur l’île sauf si on y est obligé (mauvais
temps), amende 25.000 fmg
‰ Les touristes se rendant à Nosy Ve doivent être accompagnés par un guide
local.

38
b) Les conflits d’usage à l’origine de la mise en place de
l’association, et le fonctionnement actuel

Le site de Nosy Ve est le lieu de nombreux conflits d’usage entre les différents
utilisateurs :

Site sacré, « nosy fady », Site de recherche de


lieu de rites traditionnels, l’Institut Halieutique et
préservé par Anakao des sciences marines
et de l’O.N.G Frontier

CONFLITS D’USAGE

Zone de pêche
Attraction touristique : (principale ressources
site de plongée sur la des populations locales)
zone de l’aquarium de plusieurs villages
nord.

Schéma n°1

Pour résoudre ces conflits d’usage, l’association FI.MI.MA.NO (protection et


promotion de Nosy Ve) a été mise en place en 1998, avec l’aide et l’appui du
programme environnemental (CTA/EMC, puis SAGE), l’adhésion des chefs
coutumiers et la volonté des populations. Elle regroupe les propriétaires et les
utilisateurs de l’îlot et concerne les communautés de six villages ou fokontany :
Anakao-haut, Anakao-bas, Soalara-haut, Soalara-Bas, Saint Augustin et Lovokampy,
soit à peu près 4500 habitants. Depuis 2004, ces villages sont répartis dans deux
communes différentes : Anakao et Soalara.
L’association FI.MI.MA.NO compte vingt quatre membres, dont un président,
deux vices présidents, un trésorier, deux secrétaires, deux commissaires aux
comptes, un chef animateur, des animateurs et des conseillers. Chaque village
envoie quatre membres : son chef de quartier, plus trois autres personnes qui ont
été élues au suffrage universel direct. Chaque fokontany désigne ses membres,
tous les deux ans. Ils se réunissent au moins une fois par an, pour l’assemblée
générale, puis autant de fois que nécessaire, selon les problèmes qui se posent. Les
membres sont indemnisés pour venir aux réunions. Les montants ne semblent pas
fixes. Au mois d’août, ils touchaient 20 000fmg par jour, plus 10 000fmg pour le
trajet.

39
Depuis le 15 août 2003, le bureau est constitué de la façon suivante :

Président : Monsieur Jean FILSON GUIFFANT (réélu)


Premier vice président : Monsieur Mandomba LEON (nommé : candidat unique)
Second vice président : Monsieur FERNAND (nommé : candidat unique)
Trésorier : Monsieur Emile REGIS (élu)
Commissaires aux comptes : Monsieur LAHIMARO et Monsieur RAHARINIRIKO
(nommés : candidats uniques)
Secrétaires : Monsieur Celestin REGOVY, et Monsieur ETOLIMANA (nommés :
candidats uniques)
Seuls deux membres ont été réellement élus. Les autres ont été nommés,
faute d’autres candidats.
L’association emploie aussi deux personnes : un gardien, qui a pour rôle de
récupérer les tickets vendus par les hôtels aux touristes, quand ils arrivent sur l’île,
et de surveiller la zone de l’aquarium Nord, interdite à la pêche. Il est censé être
sur l’île de 6 heures du matin à 16 heures. Le gestionnaire doit s’occuper du
matériel de l’association. Son rôle est relativement flou. Il sert aussi d’animateur
et de sensibilisateur auprès des populations.
L’association dispose de locaux vastes pour ces réunions. Ils ont été financés
par le Programme des Nations Unies pour le Développement. La fondation Tany
Meva a aussi participée: En 2002, son programme était le renforcement de capacité
des associations gérant les ressources naturelles. C’est dans ce cadre qu’elle a
financé tout le mobilier de ce local ainsi que le moteur de la pirogue du gardien.
Actuellement, la commune, ne disposant pas de locaux, utilise l’une des salles pour
ses réunions.

La mise en place de cette association a permis de régulariser un certain


nombre des conflits existant autours de l’îlot. Ainsi, des accords de coopération
ont été trouvés avec l’IH.SM et l’ONG Frontier. Les premiers ont accès à la zone
pour leurs recherches mais ils doivent en faire bénéficier l’association. Des
résultats, notamment sur la santé des coraux ont été remis ponctuellement au
bureau de l’association. Des copies existent au S.A.G.E. L’ONG Frontier profite elle
aussi de dérogations pour pouvoir effectuer des comptages faunistiques sur l’île,
notamment la nuit. (ce qui n’est pas sans poser problème puisque toute présence
sur l’île est interdite la nuit. Des voies s’élèvent au village contre ce privilège). En
contrepartie, elle verse de façon régulière depuis 2000 une somme d’argent au
trésorier de l’association. Celle-ci a varié au cours de ces dernières années : elle
est actuellement de 250 000 fmg pour deux mois.
Par ailleurs, le DINA préserve les différents Fady qui s’exercent sur l’îlot.
Chaque action qui va à leur encontre est sanctionnée par une amende. En général,
ils sont bien respectés, non seulement par les Malgaches mais aussi par les
touristes. Cependant, on a vu précédemment que certains pourraient être remis en
cause.
Globalement, ce n’est pas la gestion de l’îlot qui pose problème, les
ressources présentes y étant uniquement d’ordre scientifique et un peu
touristique. C’est sur la mer que se cristallisent les conflits. Elle abrite la
principale ressource vivrière des populations. Celle-ce diminue d’année en année.
Certaines pratiques de pêche sont aussi extrêmement destructrices pour les
coraux, dégradant par-là même la principale ressource touristique du lieu. La zone
de l’aquarium Nord a été délimitée pour permettre aux coraux et à certaines

40
espèces marines de se régénérer. La pêche y est interdite, la zone est réservée à la
plongée. En réalité, les amendes payées se comptent, depuis 1999, sur les doigts
d’une main alors que certains pêcheurs continuent d’investir la zone.

c) L’application du Dina dans un contexte touristique

Le DINA est un mode de contrat social traditionnel qui énonce des mesures
strictes. En ce qui concerne la mer, sur les sept contraintes imposées, six touches
les pêcheurs. Une seule concerne les touristes, il s’agit de l’autorisation de
l’association pour pouvoir mouiller sur l’île. Elle est la seule des interdictions à ne
pas se solder par une amende. Sur l’îlot, il s’agit essentiellement de fady déjà
respectés par les populations locales et faciles à faire appliquer aux touristes.
Comme on l’a vu précédemment, ce ne sont généralement ni les touristes ni les
opérateurs touristiques qui transgressent les règles. Quelques cas de conflits ont
tout de même été notés à propos d’étrangers refusant de laisser leur chien pour se
rendre sur l’îlot ; ceux-ci restent cependant exceptionnels. L’interdiction de
camper sur l’île concerne essentiellement les populations locales : elle va à
l’encontre des pratiques des pêcheurs nomades venant de Saint Augustin,
Lovakampy, Sarodrano et Ankilibe, pour qui l’îlot servait de camps de base.

En conclusion, on peut dire que ce DINA impose des contraintes toutes


relatives aux touristes. Il est d’ailleurs extrêmement étonnant que la taxe à
laquelle ils doivent se soumettre ne soit pas ici mentionnée. Son application aussi
bien sur terre que sur mer ne présente pas de frein majeur au développement de
l’activité touristique, au contraire, puisque les principales mesures ont pour but de
préserver les ressources naturelles, matières premières du tourisme à Nosy Ve. Par
contre, les pêcheurs se voient imposer des contraintes lourdes. Il est vrai que ce
sont essentiellement leurs activités qui dégradent le milieu, l’activité touristique
n’exerçant une véritable pression sur l’environnement que sur le site d’Anakao. De
plus, ils seront aussi les premiers bénéficiaires à long terme, de ces restrictions.
Cependant, à court terme, elles sont difficiles à appliquer, surtout quand la
logique qui prévaut à cause de la pauvreté se résume à la phrase : « mieux vaut
mourir demain qu’aujourd’hui ». Dans le DINA, il n’est mentionné aucune
contrepartie aux contraintes imposées aux pêcheurs. Il ne faut ainsi pas s’étonner
que le respect de cette convention, notamment en ce qui concerne la mer, ne soit
que très relatif. Des pêcheurs continuent de venir exploiter la zone. Les amendes
qui ont jusqu’ici étaient appliquées sont très rares, et on peut se demander si elles
ne sont pas plus le fruit de règlements de compte entre les villageois que celui
d’une véritable volonté de faire respecter le DINA.

Finalement, on peut aussi noter l’absence de tout objectif pédagogique de


ce texte. Sa diffusion reste très limitée, peu de personnes en disposent. Il n’est
affiché nul part, même dans le bureau de l’association.

41
2. La FI.MPI.A.FA.NA, pour les sept lacs :

a) La GELOSE et les transferts de gestion aux Communautés


Locales de Base

La GELOSE (GEstion LOcale SEcurisée) est une forme de gestion des


ressources naturelles renouvelables par les communautés locales de base. Ce
programme est une composante du P.E II (Plan Environnementale II). Elle est
instituée par la loi du 30/09/96. Le contexte de la GELOSE est caractérisé par
l’échec des politiques centralisatrices en vigueur depuis plus d’un siècle. Les
catégories de ressources concernées sont les forêts, la faune et la flore sauvages,
terrestre, ou aquatique. La communauté de base bénéficiaire de la GELOSE est
constituée par les habitants d’un hameau, d’un village ou d’un groupe de village. Il
s’agit d’impliquer et de responsabiliser de façon concrète les populations locales
dans la gestion des ressources de leur territoire, afin d’aboutir à des solutions
efficaces. La mise en place d’une GELOSE se fait en quatre étapes : initialisation,
élaboration d’objectifs communs de très long terme, d’un système de gestion,
d’une structure de gestion. Il y a différents acteurs concernés : les communautés,
les communes administratives concernées, un médiateur, les autorités de tutelle,
les associations de développement, l’ONE.
De tels contrats sont mis en œuvre sur le site de la forêt des Sept Lacs. Les
acteurs principaux sont les comités locaux de base des villages d’ifanato et de
Mahaleotse, les quatre communes rurales d’Andranovry, d’Ambohimahavelona, de
Vatolatsake et de Tongobory, et le S.A.G.E, qui sert de médiateur sur cette zone.
De nombreuses pressions pèsent sur les ressources: Elles peuvent être naturelles
(Baisse de la qualité de l’eau due au phénomène d’eutrophisation, ensablement
des bas-fonds…), mais les principales causes de dégradation de l’environnement
sont anthropiques : Le défrichement rapide de la forêt de Belomotse est lié à la
production de charbon de bois, à la culture sur brûlis de maïs, et à une exploitation
illicite de bois d’œuvre et des bois de construction. De plus, le plateau de
Belomotse, accueille en très grande masse des migrants (Tandroy, Mahafale,
Tanalana) qui fuient leur région à cause des déficits hydriques et de la sécheresse
chronique. Ce phénomène a été accentué par la fermeture de certaines usines de
Tuléar qui, auparavant, drainaient vers la ville les gens du sud. Les migrants se
déplacent avec leurs activités agricoles et/ou élevage liées au défrichement et à la
déforestation.
La GELOSE met en avant le principe de subsidiarité : ces problèmes seront
mieux gérés à l’échelle où ils se posent et par les populations qui doivent y faire
face.
Les contrats de transfert de gestion de la forêt des sept lacs intègrent aussi
depuis leur début une facette touristique à la demande des communautés. Ils se
fixent pour objectif « la gestion du site en vue de le transformer en site
touristique ». Ainsi, il est aujourd’hui obligatoire pour les touristes visitant la
région de payer une taxe lors de leur passage. Les fonds ainsi générés vont
directement dans les caisses des associations de gestion des ressources naturelles.
Aujourd’hui, et comme on le verra par la suite, certaines questions concernant les
conditions d’utilisation des fonds sont à éclaircir au sein même des communautés
concernées.

42
La GELOSE n’est pas vu par tous comme une réussite. Au départ les
communautés locales pensent qu’à partir du moment où elles peuvent elles même
gérer leurs ressources, elles peuvent en faire ce qu’elles veulent. Or l’objectif
n’est pas celui-là. Il peut paraître ingénieux de laisser les communautés gérer leurs
biens, elles connaissent souvent leur environnement mieux que quiconque, mais
ces populations n’ont pour la plupart jamais reçu de formation particulière. Or
gérer des ressources naturelles pour une collectivité ne s’improvise pas. Il est
presque impossible de faire fonctionner un système de contrôle. Les règles ne sont
généralement pas respectées. Les villages sont constitués de personnes qui ont
toutes plus ou moins des liens de parenté. On ne dénonce pas un parent comme ça.
De plus, les aînées ont toujours une forte influence sur le comportement des plus
jeunes, ce qui peut parfois aller à l’encontre des nouvelles règles imposées par la
GELOSE. De plus le problème de l’argent reste entier. Si les communautés
perçoivent de l’argent par la protection des ressources, notamment avec les
systèmes de taxe, la plupart du temps elles ne savent pas quoi en faire. Le partage
est souvent source de conflits. Selon le WWF, c’est un échec à 100% car le transfert
de gestion est bien assuré mais il manque un suivi derrière. On laisse les gens à des
tâches qu’ils ne savent pas tenir. Il manque un travail de formation. Les
populations ont souvent du mal à voir les résultats à long terme.

b) Outils de gestion de cette association :

Le DINA a pour objectif de fixer les règles nécessaires à la maîtrise, à


l’utilisation et la gestion des ressources naturelles renouvelables.

Résumé du Dina (convention sociale)


pour la forêt des 7 lacs
FIM.PIA.FA.MA.
( Association pour la protection de la forêt d’Ifanato et de Mahaleotse)

Le Dina s’adresse à tous les individus des communautés villageoises de


Mahaleotse et d’Ifanato.

9 Ce qui concerne la forêt

- Il est interdit de défricher et de brûler la forêt.


- Il est interdit de vendre du bois exploité dans la forêt gélosée, ni d’en
exporter en dehors du village.
- Il est interdit de fabriquer du charbon à partir du bois de la forêt
gélosée, ou uniquement à partir du bois mort.

9 Ce qui concerne les animaux

- Il est interdit de chasser les lémuriens, les tortues, ainsi que les animaux
non comestibles. De même, il est interdit de vendre ou d’élever ces
animaux.
- Il est interdit de pêcher à la ligne ou au filet dans les 7 lacs.

43
9 Les droits d’usage traditionnels

- Certaines espèces d’arbres, sont exploitables uniquement après


obtention d’une autorisation auprès de la CLB. Toutefois, il est libre
d’exploiter les plantes médicinales gratuitement, sans autorisation
particulière, mais il est interdit de les déraciner pour qu’elles puissent se
régénérer.
- Il est interdit d’exploiter les arbres près des 7 lacs, sauf pour la
construction de cercueils.

9 Les fautes et les sanctions

- Le montant des amendes varie entre les membres et les non membres,
ainsi que les durées d’autorisation.
- Les amendes, se payent au trésorier des VOI de Mahaleotse ou Ifanato.
- Les demandes d’autorisation se font auprès de la VOI de Mahaleotse, ou
de la VOI d’Ifanato.
- Exploiter sans autorisation fait l’objet d’une amende.
- L’argent reçu par les Dina et des droits des produits exploités et des
visites des touristes est utilisé pour la gestion des ressources naturelles
renouvelables à Mahaleotse et à Ifanato. Il rentre dans la réalisation de
projets.

9 Concernant la grotte d’Andranomite et le site des 7 lacs

- Le pèlerinage à la grotte d’Andranomite est gratuit, toutefois, il est


interdit de salir ou de dégrader le site.
- Le montant de la taxe pour pénétrer sur le site des 7 lacs, est de 1000
Fmg par personne pour les nationaux, de 2500 Fmg pour ceux qui
viennent avec leur propre véhicule, de 15 000 Fmg pour les touristes
étrangers.

9 Conditions générales

- Il est interdit de jeter, de salir, et de faire ses besoins sur la route, et de


laisser un feu non-éteint, aux environs de la zone visitée.
- La durée des visites ou de camping est de trois jours maximum.

c) Les modalités d’application du Dina dans le contexte local:

Une fois le Dina, le cahier des charges et le contrat de gestion rédigés, les
décisions sont présentées aux communautés villageoises concernées. Pour cela, on
convoque les chefs de quartier, qui sont les seuls aptes à rassembler les
populations. Le Dina est lu en entier pour que tout le monde puisse en prendre
connaissance. Les chefs de quartier n’ont pas de copie, seul le maire en dispose
d’une. Sans support écrit, on ne peut s’y référer souvent. L’application des
interdits dans la réalité est difficile à mettre en place. Pour qu’une sanction soit
appliquée, il faut être pris en flagrant délit. Dans un village, tout le monde se

44
connaît, et en général tous les individus sont liés plus ou moins directement par
des liens de parenté. Il est difficile de dénoncer un membre de la famille, il y a
souvent des réactions de vengeance. De plus, on ne dénoncera jamais non plus les
personnes mûres ou âgées. Les Dina sont un bon outil pour gérer au mieux les
ressources naturelles dans une zone délimitée. Elles utilisent des mots simples et
concrets, qui semblent bien adaptés à la réalité. Toutefois, leur application dans
la réalité ne permet pas de maîtriser les résultats. La gestion des ressources, peut
être remise en cause. De plus le Dina n’utilise aucun outil pédagogique, il ne s’agit
que d’interdits, et d’une liste de bonnes conduites. Il est difficile de se faire une
idée des intérêts réels de cette convention pour les populations locales, à moyen
ou long terme.

Dans un contexte touristique, on constate que les règles auxquelles doivent


se soumettre les touristes sont ici mieux explicitées que dans le DINA de la
FI.MI.MA.NO. Le montant de la taxe est détaillé selon le type de visiteurs et
surtout, son utilisation fait l’objet d’une des mesures du DINA : « L’argent reçu par
les Dina et des droits des produits exploités et des visites des touristes est utilisé
pour la gestion des ressources naturelles renouvelables à Mahaleotse et à Ifanato.
Il rentre dans la réalisation de projets. » On peut juste se demander pourquoi
cette mesure est classée dans « fautes et sanctions » puisqu’au contraire, il s’agit
d’une compensation. On peut aussi regretter que les « projets » auxquels doit
servir l’argent ne soient pas du tout détaillés.
Par ailleurs, la durée de visite limitée à trois jours ne constitue pas une
véritable contrainte. En effet, le site ne bénéficie pas d’un potentiel tel que les
touristes voudraient y rester plus longtemps. Ils prévoient en général d’y passer
deux à trois jours, quand ils ne viennent pas pour la journée. Cependant, cette
mesure est tout à fait méconnue, aucun guide touristique ne la mentionne, elle
n’est pas signalée à l’hôtel, les magasins qui louent du matériel pour se rendre aux
Sept Lacs l’ignorent.

CONCLUSION

Les sites d’Anakao/Nosy Ve et de la forêt des Sept Lacs se trouvent dans des
contextes touristiques tout à fait différents. Le premier a subi de plein fouet les
effets de la crise parce que le tourisme y était déjà une activité importante.
Aujourd’hui, de nouveaux hôtels se préparent à ouvrir et les touristes reviennent
pour profiter des activités balnéaires qu’offre ce lieu encore sauvage. Le second,
au contraire, offrant pourtant un produit de qualité, souffre de l’absence de
touristes. Ils présentent des similitudes, pourtant, dans la façon dont les
communautés locales ont choisi de gérer leurs ressources. Elles poursuivent des
objectifs semblables, utilisant des outils de gestion, les DINA, qui bien qu’adaptés
à chaque site, ont le même principe. Elles rencontrent aussi, on a commencé à le
voir, les mêmes difficultés pour faire appliquer ces règlements.
Ces deux sites se rejoignent également dans la volonté affichée des
communautés locales (ou du SAGE ?), d’y développer l’écotourisme. On verra par la
suite que la notion d’écotourisme en elle-même génère bien des confusions. On
peut se demander si les projets de tels dispositifs sur ces sites et leur gestion
communautaire sont des défis auxquels les populations locales sont en mesure de
répondre.

45
ème
II Partie :

Les défis de l’écotourisme et de


sa gestion communautaire.

46
L’ écotourisme communautaire est un concept délicat. Les communautés
locales ont la charge de gérer les ressources naturelles de leur espace de vie. On
part du principe que ces populations sont les mieux placées pour ce travail, car
elles connaissent leur environnement et ressentent les conséquences directes de sa
gestion. De plus, les impliquer dans ces tâches de protection du milieu les incite à
ne pas le dégrader voir à le protéger. L’écotourisme est un moyen pour ces
communautés de tirer profit de la préservation de leur territoire. Cependant, entre
les principes et la réalité, on se rend compte qu’il existe des discordances. Dans un
premier temps, nous avons analysé le terme d’écotourisme, pour savoir comment
il est perçu par les différents acteurs. Dans un second temps, nous nous sommes
intéressées à la gestion par les communautés locales. L’objectif étant de voir
comment l’écotourisme communautaire se met ou, pourrait se mettre en place, sur
les sites de Nosy Ve/Anakao et de la forêt des Sept Lacs, et comment il est amené
à évoluer.

A. L’écotourisme : un fossé entre la théorie et la réalité du


terrain.

1. L’écotourisme : Un terme à la mode mais « polysémique ».


(qui change de sens selon les intérêts de chacun)

Rappel des critères écotouristiques :

Nous avons étudié la définition de l’écotourisme de plusieurs organismes


internationaux avant de définir nos propres critères. Selon le WWF, l’écotourisme
est une démarche active visant à atténuer les répercussions négatives sur
l’environnement et à favoriser les incidences positives du tourisme de nature. La
Société Internationale du Tourisme, le PNUE et l’Organisation Mondiale du
Tourisme, utilisent comme critère principal : « une façon responsable de voyager
dans des zones naturelles tout en protégeant l’environnement et en soutenant le
bien-être des populations locales. » Plus précisément, l’écotourisme :

-implique l’appréciation de la nature et des cultures indigènes


par les visiteurs
- limite les répercussions négatives sur l’environnement
naturelles et socioculturelles
- génère des avantages économiques pour ceux qui gèrent les
ressources naturelles
- procure une alternative d’emploi pour les populations locales
- accentue la prise de conscience de la population locale et des
visiteurs en faveur de la protection de l’environnement.
Ÿ Agir de façon appropriée et correcte.

A partir de ces définitions, nous avons dégagé trois critères qui nous
paraissent essentiels :

9 La protection de l’environnement (à travers les structures


d’accueil qui s’intègrent dans le paysage, des activités et des
moyens de transport non polluants, utilisation d’énergies

47
renouvelables) et l’intérêt particulier des touristes pour tout
ce qui se rapporte à la nature…
9 L’écotourisme doit participer au développement des
communautés locales. (employer des personnes du village,
travailler avec elles, faire marcher l’économie locale…)
9 Une sensibilisation, une éducation des touristes sur la
nature et l’environnement, ainsi que sur la culture des
populations qui occupent les lieux.

Nous avons, au cours des différents entretiens que nous avons menés, pu
récolter un certain nombre de définitions de l’écotourisme. La question était
simple : « qu’est-ce que l’écotourisme pour vous ? », toujours posée à la fin de la
discussion. On se rend compte que le terme s’entend souvent mais que la définition
reste floue.

a) La vision des communautés locales, sur l’écotourisme

Les membres de la FIMIMANO :

1. Selon le premier vice-président : « par exemple, dans trois communes on va


faire de l’écotourisme pour qu’il y ait un développement des régions. A Saint
Augustin, il y a des femmes touristes qui aident en donnant des médicaments, des
fournitures scolaires. C’est faire venir les touristes pour qu’ils aident au
développement. »

2. Selon le second vice-président : « je ne sais pas ce que c’est l’écotourisme, non


je ne vois pas. »

3. Selon les commissaires aux comptes : « c’est l’ensemble du tourisme et de


l’environnement », le second a approuvé et a donné la même réponse sans rien
ajouter.

4. Selon les secrétaires : « pas de définition, le tourisme égal touriste »

Ces différentes définitions montrent que les membres de la FI.MI.MA.NO ont


une vision extrêmement floue de l’écotourisme. Il faut tout de même préciser que
les entretiens étaient menés en français, avec la présence d’un interprète. Nous
avons senti en prenant des notes que les personnes étaient gênées et déstabilisées
pour répondre à nos questions. Nous avons eu l’impression qu’elles se sentaient
jugées. Elles n’ont peut-être pas dit ce qu’elles auraient répondu dans d’autres
conditions.
L’écotourisme communautaire est une expression apportée par des
structures telles que S.A.G.E, A.N.G.A.P ou W.W.F. L’aspect mis en avant pour
investir les populations dans un tel processus est l’apport que pourront en retirer
les communautés locales. Il est tout de même étonnant que pour une association
qui a pour objectif de préserver l’environnement d’un site, le côté protection des
ressources naturelles ne ressorte pas davantage dans leurs définitions.
Le développement de l’écotourisme, bien que faisant parti des objectifs de
l’association, ne semble pas du tout intégré dans son programme et ses actions.

48
D’ailleurs, on peut se demander comment il pourrait l’être alors que ce terme ne
fait pas parti du vocabulaire de ses principaux membres.

b) Définition de l’écotourisme par le SAGE

Le développement de l’écotourisme, comme on vient de le voir, n’a pas pour


origine des initiatives locales. C’est un concept très en vogue dans la politique
nationale et dont le S.A.G.E a fait l’un de ses fers de lance. Pour cet organisme,
l’écotourisme, est un moyen de préserver les ressources naturelles et de
développer les communautés locales. Favoriser l’écotourisme n’est pas une fin en
soi mais un outil de protection du milieu et une source de revenus pour les
populations. On comprend alors que l’approche de SAGE soit environnementale, et
non touristique.

Le principe mis en œuvre par le S.A.G.E est relativement simple : sur


certains sites, il favorise le transfert de la gestion des ressources naturelles aux
communautés locales, par un processus GELOSE, par exemple. Il les aide pour cette
gestion et les appuie pour mettre en œuvre des projets d’écotourisme. En effet,
les touristes qui viennent sur les sites sont à l’origine des devises, par un système
de taxes, qui vont permettre aux communautés locales de percevoir des revenus,
destinés à la protection des ressources naturelles. Pour que cela fonctionne, le
premier objectif est de faire venir les touristes. C’est dans cette optique que les
techniciens du S.A.G.E travaillent sur de petits projets d’aménagements pour
rendre les sites plus attractifs. Cependant, les actions mises en place actuellement
pour la promotion et une meilleure qualité de l’offre touristique sur les deux sites
mériteraient d’être travaillées avec des spécialistes du tourisme, au risque
d’obtenir l’effet inverse de celui escompté. Ainsi, sur l’îlot de Nosy Ve, a été
construit un petit abri pour permettre aux touristes de se protéger du soleil. Si on
interroge les touristes sur ce qui fait le charme de l’île, tous vont mettre en avant
l’aspect désertique, calme, authentique, « île déserte ». Un tel aménagement
paraît contre-productif.

De même, sur le site des Sept Lacs, un sentier botanique a été mis en place
en juillet 2004. De gros panneaux indiquent les principales espèces végétales
endémiques. L’idée est intéressante mais ne nous paraît pas prioritaire compte
tenu des spécificités du site. D’après les informations recueillies à propos des
touristes se rendant aux Sept Lacs, et notre propre regard de visiteur, ce n’est pas
sur cet aspect que la promotion doit se faire. La possibilité de randonnées, les
richesses paysagères, faunistiques et culturelles nous paraissent plus à même
d’attirer un public plus large.

49
c) L’écotourisme vu par les opérateurs touristiques : Du gagne-
pain à l’outil de marketing.

Retranscription des définitions des hôteliers :

1. « Chez Monica » à Anakao : « C’est une façon de découvrir un pays tout en


restant le plus propre possible, respecter le rythme des populations. »
Les nouveaux gérants : « l’écotourisme, c’est concilier le tourisme avec la
protection de l’environnement en sensibilisant les touristes et les locaux ».

2. « Le Prince » à Anakao : le gérant : « Madagascar s’y prête. L’écotourisme


c’est sensibiliser et faire découvrir l’environnement aux touristes. »
Sa femme : « l’écotourisme, c’est la cohabitation entre l’écologie et le
tourisme. Il y a un rapport entre les touristes et l’environnement. Ils
respectent ce qu’il y a autour, la faune, la flore, les hôtels, la société. Il y a
une intégration de la part des touristes dans l’environnement et la société.
Le touriste respecte les villageois et vice et versa ».

3. « Eric et Carole » à Anakao : « c’est se fondre dans le paysage, passer


inaperçu. Dans les actions, respecter les traditions et les encourager,
employer des gens du village. »

4. « Chez Emile » à Anakao : « L’écotourisme, c’est protéger l’environnement.


C’est faire venir des touristes. C’est des gens qui protègent
l’environnement. »

5. « Safari Vezo » à Anakao : « L’écotourisme, c’est en rapport avec la nature.


Je ne sais pas exactement ce que c’est mais il paraît que j’en fais. »

6. « Chez Stoïck » à Anakao : « L’écotourisme, c’est comme le tourisme, c’est


faire venir des touristes pour gagner de l’argent. »

7. Alain du « Refuge » à Tuléar : « L’écotourisme, c’est la promotion du


tourisme dans lequel il y a une contribution des touristes pour le
développement. La communauté villageoise prend conscience de l’impact
des touristes. C’est une nouvelle tendance, l’envie de mettre en place un
tourisme idéal qui conserve la culture et le produit touristique. C’est idéal
pour Madagascar, la nature commence à être exploitée, l’île a une
étiquette de destination insolite, c’est venir chercher la culture, le produit
touristique à l’état pur, pas plastifié ! »

8. « Chez Alain » à Tuléar : « ce sont des bâtiments touristiques qui s’intègrent


dans les paysages, reprenant les techniques de construction locales. A
l’hôtel, « la Mangrove » sur la route de Saint Augustin (un de ses hôtels), les
bâtiments sont intégrés dans la végétation, il y a un circuit botanique qui
part du site. On peut observer la faune et la flore locales. » Dans son
troisième hôtel à Itampolo, il essaye de pratiquer des activités non-
polluantes (« je n’ai pas mis de scooters des mers, ça fait du bruit, ça coûte
cher et ça pollue »). Il utilise ici des énergies renouvelables avec des

50
panneaux solaires, il a un projet d’éolienne. Pour lui, tout ça rentre dans
l’écotourisme.

9. « Le Sax’aphone » à Tuléar : « L’écotourisme, c’est un tourisme qui est en


relation directe avec la nature, le respect de l’environnement. Cela
concerne généralement des espaces fragiles, encore vierges de toute grande
activité. Dans l’écotourisme, les populations sont impliquées, dans une
démarche locale et économique. Les opérateurs doivent prendre en compte
les études environnementales qui concernent leur espace d’activité. Dans
l’écotourisme, il y a également l’aspect de la sensibilisation des touristes sur
l’environnement. »

10.Claude chez « Glover » à Saint Augustin : « N’a pas entendu le terme


d’écotourisme, mais « parmi les touristes qui viennent ici, il y a des bons et
des mauvais touristes. Les bons sont ceux qui donnent des stylos, des
bonbons, qui prennent le temps de discuter, qui cherchent à apprendre des
choses sur le pays et qui veulent découvrir. Les mauvais, sont ceux qui
donnent de l’argent aux enfants, parce qu’après ils font l’aumône, ceux qui
viennent pour les jeunes filles malgaches (tourisme sexuel). Ce sont aussi
ceux qui ont beaucoup d’argent, qui le montrent et qui profitent de la
pauvreté. » Pour lui, l’écotourisme, correspond aux bons touristes.

Autres structures :

1. Fondation Tany Meva à Tuléar : ne met pas de mots là-dessus.

2. « Trajectoire » à Tuléar : « l’écotourisme, c’est visiter des sites naturels,


naturellement protégés. Ce sont des touristes qui aiment la nature. Ils
souhaitent visiter des sites que l’homme n’a pas ou peu modifiés. Ensuite,
l’écotourisme, c’est aussi permettre au touriste d’y aller. Pour que ça
marche, il faut instaurer des règles, afin d’éviter toute dégradation du site.
Trop de touristes, ça n’est plus de l’écotourisme. »

3. « Quad du Capricorne » à Tuléar : « l’écotourisme, c’est regarder sans


abîmer, na pas jeter de plastiques, ni autres déchets dans la nature, ne pas
écraser, arracher, ou rouler sur des jeunes arbres. Il ne faut pas abîmer la
faune et la flore. Faire découvrir la nature et la faire respecter. »

4. Gilles de la Compagnie du Sud : « l’écotourisme, c’est l’écologie, un


tourisme de nature. C’est ne pas utiliser de moteur, essence ou ce genre de
chose. C’est faire abstraction de la technologie. »

5. La D.I.R.T : « Ce sont des gens qui viennent visiter l’écosystème, ce n’est


pas le tourisme balnéaire, c’est les réserves… »
L’état malgache dit s’investir depuis plusieurs années pour le développement de
l’écotourisme. De la part d’un organisme qui représente l’état, cette définition est
plutôt inquiétante...

51
« L’écotourisme » est un mot très en vogue, surtout depuis quelques années à
Madagascar. Cependant, on se rend compte que ce terme est dans l’ensemble mal
cerné. Les trois critères vus plus haut, sont rarement pris en compte ensemble. La
plupart du temps, on retrouve un ou deux éléments.
Les aspects « protection de l’environnement » et « développement local » sont
fréquemment évoqués. L’aspect le plus oublié est la formation des touristes.
Quand il est mentionné, il concerne la sensibilisation à l’environnement et non pas
à la culture et aux modes de vie locaux. Aucun des hôteliers n’y pense alors que ce
serait leur travail à eux ! (cela dit, leur objectif n’est pas forcément de faire de
l’écotourisme). Il existe des différences entre les opérateurs touristiques
malgaches et vazaha : les premiers mettent en avant surtout l’apport de devises
par les touristes, dont ils peuvent bénéficier plus ou moins directement. Les
seconds sont plus sensibilisés au respect de l’environnement. Les ressources
naturelles sont leurs produits touristiques. Intégrer la vision écologique est un outil
de marketing qui attire de plus en plus. L’image qu’elle donne est extrêmement
positive. Pour un même produit, les visiteurs vont tous choisir de faire un "éco-raid"
plutôt qu’un "raid".
Les sociétés de transport ou de location de véhicules ne mentionnent que
l’aspect environnemental. Ils disent y faire très attention et essayer d’y sensibiliser
leurs clients. Ils n’évoquent jamais l’approche développement local que doit
engendrer l’écotourisme. Est-ce parce que leurs activités ne génèrent aucun
bénéfice pour les communautés ? Inconsciemment, chacun évoque les aspects qu’il
tend à respecter.
Le mot « écotourisme » est aussi devenu une sorte de mot magique pour obtenir
des subventions. Il a tendance à être utilisé à tord et à travers par les différents
organismes.

2. Evaluation des sites à partir de critères écotouristiques

a) A Nosy Ve/Anakao, du tourisme plus que de l’écotourisme

Ÿ Des infrastructures touristiques pas toujours


respectueuses de l’environnement

Le tourisme à Anakao s’est développé depuis une quinzaine d’années


environ. Plusieurs structures se sont mises en place, dont un certain nombre
d’hôtels. Nous avons été dans chacun d’eux afin d’évaluer les services et les
activités qui y étaient proposés. A travers différents critères, nous pouvons voir
quels sont les établissements qui tendent vers l’écotourisme. Les critères
environnementaux retenus sont les suivants :

x Respect de la dune et de la distance à la mer. Un bâtiment construit trop


près de la ligne de rivage perturbe les échanges sédimentaires naturels
de la plage. A terme, cela peut provoquer un départ de sable vers le
large ou un ensablement de certaines zones selon les dynamiques, une
modification de la flore et de la faune du rivage, des changements dans
le paysage qui participe pour une grande part à la promotion du site
touristique. Cela concerne la majorité des établissements. Sur Anakao,
seul « Le Prince » est à plus de 50m du rivage, mais pour la construction

52
de tous les bungalows de l’hôtel, la dune a été complètement rasée et
aplanie.

x Réversibilité des bâtiments. On appelle réversible un bâtiment qui, s’il


doit disparaître, ne laisse pas de traces dans l’environnement, et ne
risque pas de perturber l ‘écosystème local. Par exemple, un bâtiment
construit sur une dalle de béton, n’est pas considéré comme réversible,
même si les murs sont en bois, bambous ou autre matériau. Un bâtiment
réversible peut avoir un sol en terre revêtu d’un tapis en paille, en sable,
comme on peut le voir « Chez Monica ». Pratiquement tous les hôtels se
présentent sous forme de bungalows. La plupart se basent sur une dalle
de béton. « Chez Monica, le bâtiment d’accueil, qui fait également office
de salle à manger, est sur sol sableux. Il n’y a que les murs et le toit. Les
bungalows sur pilotis entièrement construits en bois, comme c’est le cas
à la « Réserve » et chez « Stoïque », sont tout à fait réversibles.
(cependant, ce mode de construction n'est pas du tout caractéristique de
la région)

Photo n°8: Claire et Violaine, juillet 2004 Photo n°9 : Claire et Violaine, juillet 2004
Les bungalows de l’hôtel « Longo
Chez Monica, les bungalows sont sur pilotis.
Vezo » reposent sur une grosse
Ceux-ci sont en pierre et non en bois
dalle de béton. Le reste de la
comme pour « La Réserve » et « Chez
construction est fait en matériaux
Stoïck ».
locaux et s’intègre relativement
Par contre, on voit bien sur la photo ci-
bien au paysage.
dessus que le bungalow est construit
directement sur la plage. A peine une
dizaine de mètre le sépare des plus hautes
mers de vive eau.

L’intégration dans le paysage est aussi très importante. La plupart des hôtels
ont fait des efforts pour respecter les techniques de construction et matériaux
locaux. Cependant, certains bungalows, comme ceux du « Prince d’Anakao » sont
entièrement bétonnés :

53
Les bungalows se localisent
sur la dune. Celle-ci a été
rasée et aplanie pour
permettre la construction des
vingt sept bâtiments.

photo n°10: Claire et Violaine, juillet 2004

x Energies utilisées. Il s’agit ici d’observer si les hôtels utilisent ou non des
énergies renouvelables et dans quelles proportions. La majorité possède
des panneaux solaires et n’a pas l’eau courante. Ils font chauffer de l’eau
sur demande.
« Chez Monica », toute l’électricité est au solaire et il y a des bouteilles
de gaz pour faire fonctionner les frigos. Elle a également des fours
solaires qui sont utilisés quand il fait beau. Plusieurs ont un groupe
électrogène de secours. Au « Safari Vezo » et au « Longo Vezo », des
panneaux solaires sont également utilisés. Bien que dans le premier, un
groupe fonctionne le soir. Chez « Le Prince », il n’y a pas d’utilisation
d’énergies renouvelables. Tout fonctionne à partir d’un groupe. Il a
installé l’eau courante en creusant des bassins à l’arrière de l’hôtel. Il
faut savoir qu’à Anakao, il n’y a pas d’eau potable. L’eau sur place est
saumâtre. Il faut donc aller la chercher à plusieurs kilomètres du village.
« Chez Clovis » il n’y a pas l’électricité du tout. C’est une nuance
importante à relever entre ceux qui font des efforts pour respecter
l’environnement, et ceux qui n’ont pas les moyens d’apporter du confort.
Il ne faut pas confondre "préservation de l’environnement par manque
de moyens" et "préservation par une politique volontariste".

x La pollution et les dangers dus aux transferts. Il existe différentes façons


de se rendre à Anakao. Il est possible d’y accéder par la route, mais il
faut faire un détour très important pour emprunter le premier pont sur
l’Onilahy (cf annexe n°8). Ce mode est donc peu fréquemment utilisé,
sauf par les visiteurs qui arrivent par le sud. La Compagnie « Vezo
Anakao », ainsi que les hôtels « Chez Monica », « Safari Vezo » et « Longo
Vezo » proposent un transfert en vedette, direct entre Tuléar et Anakao.
La Compagnie du Sud et l’hôtel « Le Prince d’Anakao » empruntent un
trajet plus long : des minibus emmènent les visiteurs jusqu’à Sarodrano,
une vedette fait la traversée de l’Onilahy jusqu’à Soalara, et un camion
finit les douze derniers kilomètres jusqu’à Anakao. Des pêcheurs peuvent
également véhiculer les touristes en pirogue à voile ou à moteur. Ces

54
différentes possibilités de transfert sont plus ou moins polluantes et plus
ou moins sécurisées :

Les vedettes sont extrêmement polluantes : toutes utilisent des moteurs


à deux temps, interdits en France parce que consommant beaucoup trop
d’essence. Il faut compter 80 litres d’essence pour faire la traversée.
Avec ce type de moteur, on estime qu’un tiers du carburant est déversé
dans la mer. Ceux qui pratiquent les transferts directs entre Tuléar et
Anakao sont donc les plus polluants. Les normes de sécurité sont aussi
loin d’être respectées. En effet, le trajet n’est pas sans risque : la route
maritime longe la côte de plus ou moins près. A l’intérieur du lagon, la
mer est plutôt calme, protégée par la barrière de corail. Toutefois celle-
ci possède des passes où il faut être vigilant. L’endroit le plus dangereux
est le passage de l’embouchure de l’Onilahy. Les houles sont souvent
assez importantes, et il y a une fosse sous-marine d’une profondeur de
près de 1600 m. Les accidents ont souvent lieu à cet endroit. Le bateau
de l’hôtel « chez Monica » ne possède pas de moteur de sécurité. La
compagnie "Vezo Anakao" ne dispose ni de gilet de sauvetage, ni de
radio, ni de balise argos. Les surcharges sont souvent pratiquées pour
mieux rentabiliser le trajet, surtout depuis que le prix de l’essence
flambe.

Les transferts par camion puis par vedette paraissent plus sécurisés et
un peu moins polluants. Cependant, la durée du trajet est deux fois plus
longue que par les vedettes,

La carte suivante présente les différents hôtels d’Anakao et leur


comportement par rapport aux critères environnementaux que nous avons
définis. Aucun des hôtels ne fait preuve d’une situation très satisfaisante.
Cependant, des efforts importants ont été faits, notamment avec les énergies
renouvelables. Il faut aussi noter qu’à l’exception du « Prince d’Anakao », les
constructions ont été réalisées avec des matériaux locaux et s’incèrent
relativement bien dans le paysage.

55
Carte n°4 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
Etude des critères environnementaux

56
Ÿ Un apport contrasté pour les communautés locales

L’écotourisme est, par définition, une forme de tourisme qui favorise le


développement des communautés locales. Or, on constate que les différents
opérateurs touristiques du site entretiennent des relations variées avec le village,
engendrant des impacts contrastés. Pour évaluer les apports directs sur les
communautés locales, nous avons utilisé quelques critères simples :

ƒ L’origine de la main d’œuvre travaillant dans les hôtels (étrangère,


nationale, locale)
ƒ La formation des employés : savoir s’ils ont été formés sur place, par les
opérateurs, ou s’ils ont été embauchés sur une formation particulière
ƒ Les relations avec le village : l’achat ou non de poisson et de viande au
village (avec la fréquence et la quantité de ces achats), l’utilisation des
piroguiers du village pour véhiculer les touristes vers Nosy Ve
ƒ L’investissement ou la volonté de participation à la concertation des
différents utilisateurs de Nosy Ve, dans le cadre de l’association
FI.MI.MA.NO. (en tant que membre ou que conseiller)

Globalement, tous les hôtels ont des relations avec le village, ne serait-ce
que pour acheter du poisson ou utiliser les piroguiers du village. Des grosses
structures, comme « le Prince d’Anakao » peuvent acheter jusqu’à 40kg de poisson
par jour, en pleine saison. Cependant, les propriétaires de cette même structure
cherchent à limiter au maximum les relations avec le village, décourageant leurs
clients de s’y rendre. A l’intérieur de l’hôtel s’est créé une boutique d’artisanat :
toute la marchandise provient de Tuléar alors que de nombreux villageois
produisent sur place des sculptures en bois, des tissus, de la vannerie …
L’origine des employés est très variée. Pour la quasi-totalité des hôtels, les
piroguiers au moins proviennent d’Anakao. Pour les autres, nous avons figuré en
jaune les hôtels dont la totalité de la main d’œuvre provient d’Anakao ou des
villages alentours, en orange ceux où elle est surtout originaire du grand sud de
Madagascar (Tuléar, Fort Dauphin…) et en rouge ceux où elle provient de
l’ensemble de Madagascar ou de l’étranger.
Seuls les propriétaires de deux hôtels, « Chez Monica » et « Chez Emile »,
ont montré la volonté de s’investir dans la concertation des utilisateurs de Nosy Ve.
Emile est actuellement le trésorier de la FI.MI.MA.NO et Monica en était une
conseillère. Cette dernière s’apprête actuellement à quitter Madagascar et ces
successeurs ne savent pas encore s’ils reprendront cette activité. L’absence
d’investissement des autres opérateurs touristiques est à regretter.
La carte suivante met nettement en valeur ces deux mêmes hôtels : Ce sont
de petites structures, en quantité, ce ne sont pas celles qui rapportent le plus de
devises aux communautés locales ; cependant, c’est leur type de fonctionnement
qui est le plus bénéfique pour le village.

57
Carte n°5 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
Un apport contrasté pour les communautés locales

58
Ÿ Des manques dans la formation et la sensibilisation des
touristes

Sur le site d’Anakao/Nosy Ve, nous avons constaté d’importantes lacunes


concernant « l’éducation » des touristes. En effet, les touristes ont une
responsabilité importante : de leur attitude dépend l’avenir des sites sur lesquels
ils se rendent : leur image, leur bon développement ou non. Pour garantir un
tourisme responsable il est nécessaire que les opérateurs touristiques s’investissent
dans la formation des touristes. Comme précédemment, nous avons utilisé
quelques critères simples afin de compléter notre typologie des structures
d’hébergement :
ƒ L’adaptation à la vie locale : on a vu précédemment que l’eau est
extrêmement rare à Anakao. On peut trouver déplacé que des hôtels
proposent l’eau courante dans un endroit qui souffre d’une telle pénurie.
Par ailleurs, se laver avec un seau fait parti des expériences qu’il est
intéressant qu’un touriste fasse, afin de se familiariser un minimum avec les
conditions de vie locales. La plupart apprécient même ce système,
apprenant à moins gaspiller l’eau, ce qui leur donne une bonne conscience.
ƒ Les activités de découverte : Nous avons d’abord hésité à classer ce thème
sous le titre « activités écologiques » avec les critères environnementaux.
Cependant, nous nous sommes rendu compte que tous les hôtels qui
proposaient des activités un peu poussées se trouvaient dans une situation
contraire à l’écotourisme, à cause de la pollution engendrée par les 4*4, la
plongée en bouteille… A l’inverse, ceux qui ne proposent d’autres activités
que la promenade en pirogue paraissent tendre vers l’écotourisme. Pour
faire face au paradoxe : « ceux qui sont écotouristiques sont ceux qui ne
proposent aucune activité », nous avons trouvé plus intéressant de valoriser
l’aspect « découverte de la nature ». Il est vrai que le plus souvent, ces
activités engendrent des nuisances environnementales, liées ne serait-ce
qu’au moyen d’accès aux sites à découvrir. Est-ce qu’il faudrait pour autant
rayer le parc de Tsimanampetsotse des lieux à visiter parce qu’il n’est
accessible qu’en 4*4 ? Nous pensons qu’au contraire il est intéressant de
favoriser la découverte de sites variés, mettant en valeur les richesses
naturelles du pays. Cependant, certaines activités couplant découvertes des
richesses naturelles ou culturelles et respect de l’environnement sont à
valoriser. La suggestion de l’ouverture d’un club de pirogue à voile va dans
ce sens, tout comme le développement du surf, activité qui attire aussi de
plus en plus de monde à Anakao. Cependant, elle ne nécessite pas
d’infrastructure particulière puisqu’en général, les surfeurs se déplacent
avec tout leur matériel.
ƒ La prévention : Dans les Pays en voie de développement, les actions des
touristes, bien que souvent issues d’un bon sentiment, peuvent avoir des
incidences considérables sur le développement des populations locales. Il
nous paraît donc important que les hôtels s’investissent dans l’information
et l’éducation des touristes. Les critères utilisés sont : la présence ou non
d’affiches contre le trafic des coquillages, contre le tourisme sexuel, les
conseils pour ne pas encourager la mendicité des enfants, les informations
sur les ressources locales, sur les associations qui gèrent les ressources
naturelles…

59
Carte n°6 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
La formation et la sensibilisation des touristes, un aspect souvent négligé
de l’écotourisme

60
La plupart des hôteliers présentent d’importantes lacunes en ce qui
concerne l’information des visiteurs, pour s’assurer un tourisme éthique. L’hôtel
« Chez Monica » a tout de même créé de nombreux panneaux visant à sensibiliser
les touristes aux différentes préoccupations du village. Ailleurs, les hôteliers disent
informer leurs clients oralement. L’association FIMIMANO prévoit de distribuer à
chacun des hôtels des affiches mettant en garde contre le trafic de coquillages,
notamment des tritons. C’est une initiative qu’il serait intéressant de concrétiser
et d’étendre aux autres sujets sensibles touchant visiteurs et populations locales.

Il est important de remettre en cause les guides touristiques (livres) qui ont
aussi un rôle important à jouer dans l’information des touristes. Certains se
contentent d’un descriptif du site sans mettre en garde contre les actions qui
peuvent fragiliser le contexte local. D’autres commettent de grosses erreurs,
comme le petit futé qui évoque la possibilité de camper sur l’îlot de Nosy Ve.
Aucun des guides étudiés ne mentionne la taxe à laquelle sont soumis les touristes,
ni l’association ayant en charge les ressources naturelles.

Ÿ Le projet de réserve foncière :

Au mois de juillet 2004, le village d’Anakao a reçu la visite du ministre du


tourisme et de la culture. Celui-ce se déplaçait pour officialiser la mise en réserve
foncière de terres sur trois communes : Soalara Sud, Anakao et Beheloka. Ces
terres sont réservées pour la construction d’infrastructures touristiques.
Apparemment, des investisseurs se sont déjà dits intéressés. Le ministre s’est
engagé à ce que ces terres n’empiètent pas sur des terrains de pâturage ; la
délimitation n’a pas encore été faite. Les investissements prévus devraient élargir
les gammes de touristes susceptibles de venir à Anakao. On peut donc supposer, à
la lumière des infrastructures existantes que c’est un tourisme de luxe que l’Etat
malgache souhaite voir se développer ici. Il faut alors s’interroger sur l’avenir du
site d’Anakao/Nosy Ve. Il existe déjà huit hôtels, deux vont ouvrir d’ici peu.
Comment les populations locales vont-elles réagir à une augmentation importante
des effectifs de touristes ? Une réflexion sur l’écotourisme sera-t-elle menée en
amont de la réalisation des infrastructures ?

b) L’isolement du site des sept lacs en fait un site écotouristique


malgré lui :

Ÿ Des moyens d’accès trop complexes et spécialisés, qui


bloquent l’accès au site…

¾ Une seule et unique piste, en très mauvais état :

Le principal barrage au développement touristique des sept lacs est lié à son
accès. Il n’y a qu’une piste pour rejoindre le village d’Ifanato, le plus proche du
site (deux kilomètres). En partant de Tuléar, on emprunte d’abord la RN7 (route de
Tana), puis la piste vers Ambohimahavelona. Pendant 50 km, elle est exécrable. La
vitesse ne dépasse pas 15 à 20 Km/h, en 4*4 (cinq heures de trajet). Des taxis

61
brousse font la liaison entre Tuléar et Ambohimahavelona, chef-lieu de la
commune. Certains vont même jusqu’à Mahaleotse. Cependant, aucun ne rallie
Ifanato. Donc une douzaine de kilomètres reste non desservis. Cela dit, c’est un
paradis pour les motos ou les quads. Avec ces moyens de locomotion, la piste est
praticable même pour des gens sans grande expérience, c’est pourquoi
« Trajectoire » et « Quad du Capricorne », des magasins ou société de location,
proposent ce site aux touristes.

La carte d’accès au site se situe en annexe 8

Les causes naturelles

Il est difficile de faire passer deux voitures en même temps sur la largeur de
la route. Celle-ci s’érode à quelques endroits, à cause des crues fréquentes de
l’Onilahy pendant la saison des pluies. Pendant cette période, la piste n’est
souvent plus praticable. Le cyclone Gafilo, qui a eu lieu pendant l’été austral 2004
a aussi laissé d’importantes traces de son passage : de grands arbres ont barré la
piste…

Un état dégradé dû à une mauvaise gestion de la piste

Aux dégradations naturelles de la piste s’ajoute un mauvais entretien par les


collectivités concernées. Certains organismes tels que le F.I.D. (Fond International
pour le Développement), se sentent près à s’engager pour financer des travaux.
Cependant, il faut pour cela coopérer avec la commune d’Ambohimahavelona.
L’ancien maire étant trop engagé politiquement dans l’opposition du
gouvernement, les négociations ont été difficiles. Par ailleurs, pour toucher des
suvbentions, les communes doivent participer financièrement au projet à la
hauteur de 25% : c’est l’apport communautaire. La commune d’Ambohimahavelona
n’a pas pu réunir ces 25% dans les délais nécessaires pour toucher les subventions.
De plus, les bailleurs de fond se montrent de plus en plus réticents en raison de la
passivité des villageois par rapport à la gestion de la piste.

62
Ainsi, un arbre tombé en
travers de la piste, entre Mahaleotse
et Ifanato est resté pendant un mois
sans être dégagé. Les véhicules, ne
pouvaient plus passer, contraignant
les rares touristes à faire demi-tour
et coupant l’épicerie d’Ifanato de
son approvisionnement. Il a fallu
attendre une mission du S.A.G.E sur
le terrain pour que les villageois se
mobilisent et s’organisent.

photo n°11 : Claire et Violaine, 01/07/04

Le manque d’initiative des villageois décourage les organismes près à investir.


Chaque village a une partie de la piste à entretenir. Si l’un ne le fait pas, tout le
monde se trouve pénalisé. L’état de la piste joue pour une grande part dans
l’isolement du site

¾ Des moyens d’accès très spécialisés et réservés à un public particulier et


minoritaire :

Les moyens de locomotion pour accéder à la forêt des Sept Lacs sont
finalement assez nombreux mais accessibles à une très faible proportion des
touristes. La promotion du site est faite actuellement par deux magasins de vente
et location : « Trajectoire » et le « Quad du Capricorne ». Ils louent
respectivement des motos et des quads. La piste est facilement accessible avec ces
types de véhicules, même pour des utilisateurs peu expérimentés. Cependant, il
faut bien être conscient que ce n’est pas la beauté du site qui attire les visiteurs,
mais la promenade en elle-même, pour se rendre jusqu’au site. Ils partent souvent
à la journée, ce ne sont pas des visiteurs qui vont engendrer un important
développement des communautés locales.
Le site est aussi accessible en 4*4. Il est possible d’en louer ou d’organiser des
expéditions à partir de certains hôtels de Tuléar, comme « Chez Alain » ou « Le
Refuge ». Cette solution est très coûteuse et généralement sans retombée sur les
villages parce que l’expédition est entièrement organisée par l’hôtel. Nourriture et
bivouac sont prévus, un guide est déjà présent : il n’y a aucun contact entre ces
visiteurs et les populations locales.
Des piroguiers proposent aussi un transfert depuis Saint Augustin ou depuis
Tongobory. Cependant, l’Onilahy n’est pas navigable pendant les mois d’étiage, qui
correspondent à la forte saison touristique. Ce type de transfert est très peu
pratiqué et très peu connu. Il est également possible de rejoindre le village
d’Ifanato en pirogue depuis Bezaha.

63
Enfin, des taxis brousse proposent une liaison depuis Tuléar jusqu’à
Mahaleotse, deux fois par semaine. Les douze kilomètres ralliant Mahaleotse à
Ifanato pourraient se faire à vélo ou en charrette à zébu, mais rien jusqu’ici n’est
organisé pour cette liaison. Il est prévu qu’une fois la rénovation de la piste reliant
les deux villages terminée (c’est en cours), le taxi-brousse fasse ce trajet. Un
important travail de communication sera à fournir pour faire connaître aux
touristes ce nouveau moyen d’accès.
La piste est donc actuellement le principal frein au développement de
l’activité touristique sur le secteur des Sept Lacs. Le site est actuellement très
dépendant des touristes que lui envoient les magasins de location. Pendant l’été
2004, le « quad du capricorne n’a pu fonctionner, faute de matériel. Les
répercussions sur la zone ont été cinglantes : aucun touriste ne s’était arrêté à
l’hôtel de Jean-Claude au cours du mois de juillet.

Ÿ …alors que celui-ci remplit bien les critères


écotouristiques

¾ L’immersion complète dans la vie du village

Les touristes qui veulent séjourner aux Sept Lacs ont deux possibilités : S’ils
font parti d’une expédition organisée par un hôtel de Tuléar, ils ne passent même
pas par le village d’Ifanato ; ils bivouaquent directement sur l’aire de camping
prévue à cet effet. Ils ne bénéficient pas du tout de la découverte de la vie d’un
village de brousse. Par contre, ceux qui viennent par leur propre moyen et logent à
Ifanato doivent s’adapter aux conditions de vie du village ( améliorées cependant).
Les visiteurs se lavent au seau avec l’eau du fleuve, s’éclairent à la bougie,
dorment dans des cases semblables à celles des autres habitants, mangent ce qui a
été pêché, chassé, cultivé aux alentours… L’immersion est complète et peut être
très formatrice. Cet aspect du site est incontestablement à valoriser. Ce type de
séjour est recherché par tout un public de touristes dits « sacs à dos », qui aspire à
visiter un pays en s’adaptant complètement, dans la mesure du possible, aux
conditions du vie locale.

¾ Des activités et infrastructures qui respectent l’environnement

Comme il a été décrit plus haut, le site de la forêt des 7 lacs, construit son
originalité sur son aspect naturel et sauvage. Il est encore peu fréquenté. L’hôtel
de Jean-Claude n’a jamais été plein. Son fonctionnement actuel permet de dire
que le type de tourisme qui s’y développe est tourné vers l’éco-tourisme.

L’intégration des bâtiments dans le paysage et la notion de réversibilité :


Les infrastructures d’accueil s’intègrent tout à fait dans le paysage. Les
chambres de l’hôtel ne sont ni plus ni moins que des cases communes à celles du
village. Elles sont faites de terre, il n’y a pas de dalle en béton pour le sol, ce n’est
que de la terre battue avec une natte en paille posée dessus. Il s’agit donc de
bâtiments réversibles. Seuls les WC et la douche ont fait couler un peu de ciment.

Energie utilisée :

64
A l’hôtel de Jean-Claude, il n’y a pas d’électricité, donc pas d’énergie
polluante. On s’éclaire à la bougie. Cependant, si là on parle d’écotourisme, c’est
plus par manque de moyens. L’hôtelier a des projets de panneaux solaires mais
pour le moment, il ne dispose pas de financements. Il n’y a bien sûr pas non plus
l’eau courante. La douche et les WC ont une utilisation écologique, à condition de
ne pas jeter n’importe quoi dans la fosse, ni d’utiliser des savons trop puissants
(l’eau de la douche descend dans la fosse des WC, en terre).

Des activités non polluantes proposées sur le site:


Les activités proposées sur le site des 7 lacs, sont des visites guidées dans la
forêt et autour des sept lacs. Outre le fait de venir sur le site en moto, en quad ou
en 4*4, toutes les visites se font à pieds.
Les visites guidées telles qu’elles sont organisées aujourd’hui, permettent aux
touristes de s’instruire sur le milieu. Ils sont en quelque sorte sensibilisés sur les
coutumes, les habitudes, les connaissances des villageois.
Une autre raison pour la quelle on peut parler d’écotourisme, est que cette
forme de visite participe plus ou moins directement au développement des
communautés locales. Les guides sont des gens du village, car ils sont les plus aptes
à apporter des connaissances. Ceux qui ont été scolarisés sont avantagés.

Mais des moyens d’accès qui utilisent des véhicules polluants :


En effet, on a pu voir que pour accéder au site des 7 lacs, le moyen le plus
fréquent est d’utiliser un véhicule motorisé qu’il s’agisse de moto, de quad ou, de
4*4. L’utilisation des pirogues et des vélos reste très marginale.

¾ Mais des impacts restreints sur l’ensemble de la communauté

Les impacts du tourisme sur les communautés sont très limités : tout d’abord,
comme on l’a vu à plusieurs reprises, les visiteurs sont encore très peu nombreux,
il n’y a pas eu un seul touriste de tout le mois de juillet alors que c’est la grosse
saison.
Par ailleurs, les moyens de locomotion utilisés font que les touristes se
déplacent généralement aux Sept Lacs en étant complètement pris en charge. Ils
n’ont besoins de rien, leur séjour se déroule en autarcie. Lorsqu’ils viennent en
moto ou en quad, ils restent généralement une journée, ou deux jours au
maximum.
De plus, comme il n’y a qu’un seul hôtel sur la zone, les bénéfices dus aux
visiteurs ne sont pas du tout répartis : ils ne profitent qu’à une famille. La faible
activité touristique ne nécessite pas l’emploi de personnes extérieures.
L’ensemble des communautés locales pourrait tout de même bénéficier de cette
activité à travers la taxe. Nous n’avons pas eu accès aux comptes des
Communautés Locales de Base, mais on peut supposer que les fonds générés sont
très faibles : Les rares touristes rencontrés s’étant rendus sur les lieux se sont
arrangés pour ne pas la payer. Les propriétaires du « quad du capricorne »
affirment aussi toujours l’éviter à leurs clients. Ceux du magasin « trajectoire »
ignorent l’existence de cette taxe. Cette attitude des touristes peut s’expliquer
par la faible communication qui est faite sur cette taxe, personne ne sait à quoi
elle sert ni comment est utilisé l’argent.

65
Jean-Claude, l’hôtelier, a d’abord fait parti du bureau de la Communauté
Locale de Base d’Ifanato, mais il a cessé momentanément cette activité, par
manque de temps.

Comme pour le site d’Anakao/Nosy Ve, on peut synthétiser


cartographiquement ces informations :
On peut se demander si le site des Sept Lacs n'est pas « écotouristique malgré
lui », à cause de la très faible proportion de visiteurs et du manque de moyens, qui
freine le développement des infrastructures de communication et d’accueil des
touristes.

66
Carte N°7

67
c) La difficulté de l’accès aux sites, un critère écotouristique ?

Les deux sites d’étude, pourtant extrêmement différents, tant par les
richesses proposées que par leur développement touristique présente une
similitude importante : leur difficulté d’accès. Pour Anakao, de nombreuses
parades à la barrière de l’Onilahy ont été trouvées, cependant, le temps de trajet,
pour une distance à vol d’oiseau à peu près équivalente, reste bien plus long que
pour Ifaty. On peut se demander si cette contrainte ne protége pas jusqu’ici le
village de pêcheurs des excès dont est victime le site d’Ifaty/Mangil, au Nord du
Tuléar. Celui-ci attire des touristes beaucoup plus nombreux. Il est aussi tristement
connu pour l’importance qu’y prend le tourisme sexuel. Les nombreux
aménagements touristiques lui ont fait perdre une grande partie de son charme. Le
petit Futé met aussi en avant les avantages que peuvent présenter pour Anakao son
accès difficile, tout en mettant en garde contre les nouvelles possibilités de liaison
qui pourrait se développer : « cette situation a comme conséquence heureuse de
préserver le calme et la tranquillité de ce lieu paradisiaque. Cela ne durera peut-
être pas. En effet l’ancienne piste d’atterrissage a été réaménagée et les avions
légers s’y posent déjà. Des investisseurs se sont déjà implantés sur le site dont la
beauté attire les touristes. Selon tous les indicateurs, Anakao pourrait être dans
quelques années l’équivalent de ce que Varadero est à Cuba. »
Les futurs modes de transfert pour Anakao conditionneront sans doute les
types de tourismes qui s'y développeront. Préserver des liaisons longues et plus
coûteuses que pour les autres sites alentours permet au site de conserver son
aspect naturel et désertique qui fait son charme. Si un tourisme de masse se
développe rapidement, (et selon les guides touristiques, Anakao a le potentiel
pour), il deviendra impossible de réorienter le site de façon à le rendre plus
écotouristique. Les populations locales ont aussi besoins de temps pour « assimiler
les troupeaux de touristes qui débarquent sur leurs plages ». En effet, la
juxtaposition de ces populations pauvres et de ces touristes au très fort pouvoir
d’achat n’est pas sans poser problème. Des visiteurs nombreux sont une source de
revenus importante pour les populations locales mais le risque est que la
communauté villageoise s’organise de façon à vivre au dépend des touristes.
Pour le site des Sept Lacs, les difficultés d’accès sont encore une contrainte.
Elles sont telles qu’elles bloquent le développement touristique sur la zone. Il est
essentiel de favoriser des liaisons plus diversifiées, moins coûteuses et moins
spécialisées pour que des visiteurs plus nombreux puissent atteindre les Lacs.
Cependant, il est nécessaire aussi de se demander quel type de touristes on
cherche à attirer pour savoir quels types de transport mettre en valeur. Si on veut
que les Sept Lacs deviennent un site écotouristique, préserver un accès
relativement long et difficile est une bonne garantie. Les visiteurs arriveront alors
par petit groupe, permettant aux communautés villageoises de s’adapter petit à
petit et de proposer une offre touristique en adéquation avec la préservation de
l’environnement et de leur culture.

68
Conclusion :

La région des Sept Lacs dispose d’une forte potentialité pour devenir un site
écotouristique. Il n’est pas trop tard, le site est encore suffisamment vierge
d’infrastructures touristiques pour que les activités qui se créent soient dans
l’esprit d’une préservation de l’environnement, d’un développement des
populations locales et d’une éducation des visiteurs. Le plus important est de
permettre un accès plus aisé aux touristes « sacs au dos » qui chercheront à
s’immerger quelques jours dans le village et feront ainsi travailler l’hôtel, le
restaurant, l’épicerie, les guides mais aussi les femmes du village, qui, dans le
cadre d’une association, s’organisent pour proposer de la vannerie aux visiteurs.

Le site d’Anakao/Nosy Ve, lui, dispose déjà d’un réel développement


touristique. Les visiteurs sont nombreux, et les effectifs vont sans doute continuer
à croître dans les années à venir.
Le tourisme présent sur ces lieux n’est pas « sauvage », destructeur, il n’est
pas pour le moment à l’origine d’importantes dégradations environnementales ou
de pertes culturelles. Cependant, on ne peut pas pour autant parler d’écotourisme.
Les ressources naturelles sont relativement bien préservées mais continuent de se
dégrader à cause d’une pratique de la pêche très intensive. Le développement des
communautés locales engendré par l’activité touristique n’est pas négligeable mais
garde des proportions modérées, d’autant plus que la taxe prélevée aux visiteurs
n’a encore jamais servi pour des projets de développement local. Les impacts
négatifs du tourisme se font déjà sentir dans le village : les enfants réclament des
cadeaux et certains deviennent agressifs, beaucoup de femmes proposent des
massages ou vendent des coquillages interdits
L’envie de découvrir et de comprendre n’est pas non plus l’objectif premier
des populations se rendant à Anakao ; elles recherchent le calme, la mer, le
farniente. Les hôteliers et les villageois doivent travailler à « leur formation, leur
éducation », mais ils ne peuvent le faire malgré eux ; il faut aussi que les visiteurs
soient intéressés.
Il est difficile d’imaginer un retour en arrière permettant de transformer le
site d’Anakao tel qu’il est actuellement en un véritable site écotouristique.
Cependant, une bonne coopération des communautés locales et des hôteliers
permettrait de mettre en place un tourisme éthique.

La carte N°8 synthétise tous les éléments vus précédemment. Elle met en
lumière les potentialités du le site des Sept Lacs, ainsi que les contraintes déjà
existantes à Anakao pour mettre en place des infrastructures écotouristiques.

69
Carte n°8
Les structures d’hébergement : tourisme ou écotourisme ?
Carte de synthèse

70
B. Les difficultés d’une gestion communautaire :
La gageure du développement de l’écotourisme communautaire, et les
disfonctionnements des associations.

1. Les prises d’initiatives locales bloquées par les


manifestations de la complexité des relations sociales

La complexité des relations sociales à Madagascar est essentielle à prendre


en compte dans toute étude. Pour faire passer un message ou une information dans
un village, il faut passer par le chef de quartier. Il est le seul à pouvoir rassembler
la population. Tout est communiqué oralement. Les populations sont pour la
plupart analphabètes. On laisse donc rarement des traces écrites des décisions au
village. On suit généralement la parole des anciens. Il est rare des les contredire ou
de leur faire des reproches.
L’écotourisme communautaire se rapporte à un bien collectif de base : les
ressources naturelles. Celles-ci sont gérées de façon communautaire. Cependant,
cela ne doit pas gêner les initiatives individuelles, bien au contraire. Dans la
réalité, c’est plus compliqué. On se rend compte que les personnes qui prennent
des initiatives pour faire venir des touristes connaissent fréquemment des
situations de conflit avec les gens du village. C’est le cas sur le site des sept lacs,
par exemple. Jean-Claude est venu à Ifanato, dans le village de sa femme en 1996.
il a construit l’hôtel restaurant en 1999. Même si le tourisme reste très limité, les
fonds qu’il rapporte à Jean-Claude ont attisé les jalousies. L’hôtelier a été victime
d’attaques physiques. (Il s'est fait tirer dessus, une nuit!)
A saint Augustin, à l’hôtel « chez Glover », la situation est semblable.
L’établissement a été incendié par plusieurs personnes du village. Là aussi, la
jalousie en est la cause.
En fait, toute possible entrée d’argent entraîne des convoitises ; cela fait
hésiter des structures comme le SAGE à indemniser les membres des Communautés
Locales de Base se rendant à des réunions officielles. Certains invités ne sont
volontairement pas informés, de façon à ce qu’ils ne bénéficient pas de ces
sommes.
Quand on vit dans un village, c’est une communauté. Il n’y en a pas un qui
dépasse les autres en dehors de la hiérarchie du pouvoir local. S’il y en a un qui
réussi mieux, les autres le jalousent. C’est difficile dans ces cas là de prendre des
initiatives. On risque d’être maltraité par les siens. Socialement, cela constitue un
véritable blocage. Or, on ne peut envisager un développement des populations
locales s’il n’y a pas de prises d’initiatives de leur part.

2. Opacité du fonctionnement actuel des associations

La quasi-totalité des informations suivantes concerne l’association FI.MI.MA.NO

¾ Confusion entre le rôle de la commune et des associations à Anakao

Nous avons constaté lors de nos entretiens, que les hôteliers comme les
populations locales ne font pas de distinction entre la commune et l’association

71
FI.MI.MA.NO. Il est vrai que beaucoup d’éléments peuvent porter à confusion : le
président de la FI.MI.MA.NO est aussi le premier adjoint au maire. De plus, la
commune, faute de locaux, emprunte actuellement l’une des salles des bâtiments
de l’association. Certains hôteliers affirment remettre la taxe pour Nosy Ve au
maire de la commune d’Anakao plutôt qu’à l’association. On ne sait pas si c’est
réellement le maire qui est venu récolté les fonds dans son propre intérêt, ou s’il y
a une confusion entre les personnes, à cause des « doubles casquettes ».

La FI.MI.MA.NO est parfois sollicitée pour participer aux projets de la


commune. Ca a été le cas lors de la construction de latrines pour le village. Cette
coopération accentue le flou qui entoure les deux institutions. Cependant, ce
partenariat peut se révéler extrêmement intéressant mais il nécessite une bonne
communication sur la participation et les objectifs de chacune. La FI.MI.MA.NO
peut participer au développement du village. Il nous semble pertinent, comme la
préservation de l’îlot ne suppose pas actuellement de grosses dépenses, mis à part
l’entretien et le salaire du gardien, que l’association s’investisse dans des projets
qui concernent les problèmes prioritaires du secteur : la santé, l’éducation et
l’eau. Pour chaque projet subventionné par des bailleurs de fonds, tels que
P.N.U.D, F.I.D ou F.A.O, la commune doit participer à la hauteur de 25% ; c’est
l’apport communautaire. Très souvent, les projets sont bloqués parce que les
communes ne réussissent pas à réunir cet apport. Il nous paraît tout à fait
imaginable, pour des projets visant l’amélioration des conditions de vie des
populations locales, que l’association s’associe à l’effort communal. Il faut
toutefois que les investissements de chacun soient connus afin de parer les
critiques malvenues.

¾ Des acteurs essentiels non représentés

Les membres de l’association FI.MI.MA.NO sont tous des Malgaches, étant


reconnus dans leur fokontany. Tous les chefs de quartier sont membres d’office.
Les autres sont instituteurs, responsable de formation, cultivateurs, pêcheurs…
Seul le trésorier représente la branche touristique puisqu’il tient un hôtel
d’Anakao. Aucun des opérateurs Vazaha intervenant sur le site n’est membre, ni
même ne s’intéresse à l’association, depuis le départ de Monica. Les relations
humaines entre hôteliers et membres de l’association sont bonnes, mais les
premiers se refusent à jouer un rôle de contrôle. Or, ils ne voient quel autre rôle
ils pourraient avoir. Ils sont invités aux réunions mais ne s’y rendent pas. Ils
prétextent une mauvaise organisation : les réunions sont prévues trop à l’avance ou
trop tard, elles sont menées en malgache, commencent en retard (des hôteliers
partent avant le début) et durent trop longtemps pour peu de résultats. Pourtant,
l’association cherche à développer l’écotourisme, et ce sont eux les mieux placés
pour savoir quels sont les besoins et les attentes des visiteurs. Il est probable que
si la FI.MI.MA.NO les avait consultés, leur réponse aurait été unanimement négative
à propos du projet d’abri sur Nosy Ve. Leur investissement leur assurerait la
préservation de leurs matières premières pour le tourisme : les ressources
naturelles.

72
L’abri construit
par la FIMIMANO
sur l’îlot de Nosy
Ve, en juillet et
août 2004. Sur la
photo, les travaux
ne sont pas
terminés. A ce
jour, le sol est
recouvert d’une
dalle de béton,
qui à notre avis,
gâche le coté
naturel et sauvage
photo n°12: Claire et Violaine, juillet 2004 qu’il faudrait
préserver.

Les différentes compagnies de transfert, les piroguiers qui guident les


touristes, les villageois qui tiennent de petits restaurants pourraient aussi être
représentés.
Sur le site des Sept Lacs, il est aussi regrettable que Jean-Claude ne fasse plus
parti de l’association. Développer l’écotourisme fait parti de leurs premiers
objectifs, et l’hôtelier est incontestablement la personne la plus compétente de la
zone en matière de tourisme.
De nombreux autres acteurs, peut-être encore plus influents, pourraient être
investis dans cette association ; il s’agit par exemple des entreprises de collecte
des pêches comme la Copefrito ou Murex. Ce sont les deux principales qui
interviennent sur la zone. Elles conditionnent la vie des pêcheurs et le stock des
ressources naturelles sous-marines en achetant 90% de la pêche. Certaines
s’impliquent contre l’achat de juvéniles ou de produits trop petits mais sans accord
entre elles et avec les pêcheurs, aucune véritable action d’envergure n’est
concevable.
Des O.N.G comme Frontier, qui travaillent depuis plusieurs années sur la zone,
pourraient aussi être plus investies, et ne pas jouer seulement un rôle de bailleur
de fond. Les études menées ne sont pas suffisamment exploitées par la
FI.MI.MA.NO. On pourrait aussi imaginer que l’association soit le commanditaire de
recherches auprès de l’O.N.G, comme on le verra plus tard avec le projet « des
Acanthasters ». De même, FI.MI.MANO a la chance de bénéficier d’un partenariat
avec l’IH.SM ; on peut se demander pourquoi il n’est pas plus exploité.

¾ Manque de communication:

L’association FI.MI.MA.NO souffre d’une mauvaise image auprès des


opérateurs touristiques ; celle-ci est en partie due à un manque de communication.
En effet, ses objectifs concrets comme ses réalisations et ses projets sont mal
connus. Souvent, les autres acteurs du secteur ne sont mis au courant qu’après
coup, comme pour la construction de l’abri sur Nosy Ve. Par ailleurs, si
l’information ne circule pas, il est impossible de mettre en valeur les actions qui
ont déjà été menées. Les aménagements connus sont ceux qui se voient, comme

73
les locaux de la FI.MI.MA.NO ou ceux sur l’îlot, non représentatifs des objectifs
prioritaires de l’association. Par contre, les hôteliers, eux, n’hésitent pas à faire
remonter les dysfonctionnements constatés. Les opérateurs touristiques
(essentiellement les opérateurs étrangers) critiquent et certains même discréditent
l’association auprès des touristes. Les échanges vont donc toujours dans le même
sens : les membres du bureau n’ont pas le réflexe d’impliquer les hôteliers en
amont de leur projet, de leur demander leur avis et des conseils sur les attentes
des touristes.
Les touristes sont aussi touchés par cette difficile circulation de
l’information. A partir de notre enquête menée sur Anakao, nous avons pu
constater qu’en repartant du site, plus de deux touristes sur trois ignoraient encore
à quoi allait servir l’argent de la taxe qu’ils ont versée. Aucune information n’est
faite. Seul Emile dans son hôtel a affiché la décision votée en assemblée générale
de faire payer une taxe. Le papier est vieux et pas du tout engageant. Dans les
autres établissements, il n’y a pas de trace écrite. Les propriétaires expliquent
brièvement le pourquoi de la taxe, quand on leur pose la question. Il faut aussi
noter que parmi les guides touristiques, très utilisés par les visiteurs du site (45%
on connus le site par un de ces livres) jamais la taxe n’est mentionnée. Ce travail
d’information est donc à mener sur place.
Actuellement, les
touristes qui arrivent sur
Nosy Ve sans passer par un
hôtel, c’est à dire en
utilisant les piroguiers du
village, sont mis au courant
de la taxe avec le panneau
ci-contre !
Il n’y a aucune
explication en plus de cette
pancarte posée dans un
arbuste sur le pourquoi de la
taxe. A l’autre bout de
l’île, un panneau explicatif
créé par l’O.N.G Frontier
donne quelques explications
succinctes sur la
FI.MI.MA.NO. C’est le
gardien qui récupère
l’argent une fois les
touristes sur l’île.
photo n°13: Claire et Violaine, juillet 2004

Sur le site de la forêt des Sept Lacs, par contre, la taxe est mentionnée dans
certains guides. Cependant, son application paraît beaucoup moins rigoureuse. Il
semble facile de passer au travers. Ainsi les visiteurs accompagnés par la société
« Quad du Capricorne » l’évitent régulièrement ou s’arrangent pour bénéficier de
tarifs très préférentiels. Les gérants de la société ne sont pas au courant de
l’existence des communautés locales de base qui gèrent les ressources naturelles
et font des confusions sur les destinataires de la taxe et sur son utilisation.

74
Les DINA semblent être relativement bien connus par les populations locales
mais complètement ignorés des opérateurs et des touristes, au moins pour les
articles les concernant. Même ceux organisant des séjours aux Sept Lacs ne savent
pas qu’il est interdit d’y rester plus de trois jours.
Chaque acteur bénéficie de certaines informations le concernant directement,
mais il n’y a aucun partage de connaissances. Chacun fonctionne de façon très
individualiste.

3. Des objectifs peu clairs et des responsabilités mal réparties


(exemple de la FI.MI.MA.NO pour Nosy Ve)

a) La FI.MI.MA.NO, vu par ses membres :

Nous avons demandé au président de l’association de nous définir avec ces


propres termes les objectifs de FI.MI.MA.NO. Trois points sont apparus clairement :

9 Protéger et développer Nosy Ve


9 Attirer les touristes
9 Nettoyer la plage.

Nous sommes assez loin des beaux objectifs théoriques exposés en première
partie. Ceux cités ici sont réducteurs et montrent l’embarras des membres pour
expliquer leur action. « Protéger et développer Nosy Ve » est la traduction
française de l’expression à l’origine du nom de la FI.MI.MA.NO. On ne sait pas si les
membres placent des idées concrètes derrière ces mots. Même pour le président,
le fait que l’association puisse être un outil pour favoriser le développement des
communautés locales, que ce soit par une meilleure gestion environnementale ou
en investissant dans de petits projets de développement, ne semble pas clair.
Pourtant, il s’agit des principaux objectifs recherchés par le SAGE, en appuyant
techniquement ces associations. Il pourrait être intéressant de reprendre les
objectifs théoriques de l’association et de les faire reformuler par les membres de
façon à ce qu’ils puissent mieux les appréhender et se les approprier.

Sur les possibilités de fonctionnement de l’association si SAGE se


désengageait, les réactions ont été diverses. Le président qui a répondu en
présence du coordinateur de SAGE a tout de suite répondu « non ». Pour lui,
FI.MI.MA.NO a besoin d’un appui technique, de conseils surtout sur le plan
administratif. Aucune décision n’est prise sans en avoir référé au SAGE. Etant basé
sur Tuléar, le SAGE leur sert d’intermédiaire pour de nombreuses relations
publiques, ce qu’ils ne peuvent faire d’Anakao.
Les deux vice-présidents, au contraire, ont répondu de façon positive.
(Aucun représentant du SAGE n’était présent lors de l’entretien). Pour eux, le SAGE
est un partenaire important qui les appuie techniquement et financièrement.
Cependant, mis à part les problèmes financiers, ils sont convaincus que
l’association fonctionne bien et pourrait s’en sortir sans l’aide du SAGE. Les
commissaires aux comptes et secrétaires ont fait les mêmes réponses, mais sans
pouvoir détailler.

75
b) Définition des rôles selon leur représentant : des partages de
responsabilité limités, le rôle prédominant du président

Le président de l’association nous définit son propre rôle en mettant en avant les
points suivants :
- Le suivi des Dina
- La préparation des réunions
- L’animation des réunions
- La négociation avec les partenaires financiers
- La représentation de l’association par rapport à la commune et par
rapport aux chercheurs
- L’aide à la mise en place des activités prévues par l’association

Rôle du trésorier: Tenir le cahier de compte de façon régulière, récupérer la taxe,


faire l’intermédiaire entre la personne qui demande de l’argent et le président. Il
doit donner son avis sur les dépenses selon là où en est le budget de l’association.

Rôle de vice-président :
Selon le premier vice-président : « il y a beaucoup de tâches :
- Contrôler les financements de l’association, ce que fait le trésorier
à cause de la mauvaise gestion actuelle
- Contrôler la distribution des billets pour l’île
- Contrôler le gardien (établissement d’un cahier de contrôle en
mentionnant la date, le nombre de billets, le nombre de visiteurs)
- Sensibiliser les communautés villageoises pour l’entrée dans
l’association, et les membres inactifs pour qu’ils s’investissent dans
les travaux
- Chercher des partenaires pour la bonne marche de l’association sur
le plan financier
Selon le second vice-président :
- attendre les commandements du président
- remplacer le président quand il est absent

Rôle de secrétaire : le secrétaire a pour rôle de faire le rapport des réunions après
chacune d’elles. Il remet un exemplaire au président qui se charge d’en fournir un
par fokontany. C’est ensuite au chef de quartier de le lire à la population. Un
rapport contient l’ordre du jour, les principaux thèmes abordés au cours de la
réunion, le matin et l’après midi. A ce jour, les secrétaires actuels, n’ont fait
qu’un rapport, celui de réunion du 10 et 11 août 2004. le premier secrétaire est
analphabète, ce sont donc les vices-présidents qui se sont chargés de faire les
comptes rendus. Le second secrétaire est arrivé en août 2003. Il n’avait encore
jamais eut l’occasion de rédiger un rapport.

Rôle de commissaires aux comptes :


« contrôler la caisse, vérifier le travail du trésorier. Le trésorier récupère l’argent
de la taxe auprès des hôtels et les commissaires aux comptes s’assurent à leur tour
auprès des hôtels que les sommes indiquées par le trésorier correspondent. »
Cependant, un an après leur nomination, ils n’avaient encore entrepris aucune
action concrète (même aller voir les hôtels).

76
La plupart des membres sont novices dans leur rôle et n’ont encore aucune
expérience. Depuis leur nomination il y a un an, beaucoup n’ont mené aucune
action. Ils n’ont encore qu’une vision très théorique de leur rôle.
La gestion financière semble préoccupante, elle est mentionnée par presque
chacun des membres dans la définition de leur rôle. Cependant, il est flagrant que
c’est sur ce point que l’association pêche le plus. Les membres en sont conscients ;
quand on leur demande quels sont les principaux problèmes de l’association, tous
évoquent la trésorerie. La vision des rôles est très tournée vers le contrôle des
autres, on a le sentiment que les membres ne se font pas du tout confiance.
Le trésorier a une vision de la tenue des comptes au jour le jour, à court terme, il
n’y a pas de réflexion sur des budgets prévisionnels pour les projets à venir. Il a
une vision relativement étriquée de son rôle.

Avec ces définitions des rôles, on ne constate aucune spécificité liée à


l’association. Dans n’importe quelle autre association, les rôles pourraient être
définis de la même façon. Les rôles ne sont pas du tout adaptés aux objectifs
propres de l’association. Personne n’est chargé de réfléchir aux projets, aux
investissements possibles. Le fonctionnement de l’association reste très
administratif : la réunion à laquelle nous avons assisté a été quasi exclusivement
consacrée à une réflexion sur son règlement interne.

c) Absence des femmes

Aucune femme ne fait partie de la FI.MI.MA.NO. Actuellement, il est précisé


dans les statuts de l’association que les femmes ne peuvent pas l’intégrer. Il était
prévu au programme de l’assemblée générale de revenir sur cette décision.
Certaines femmes se sont dites intéressées au cours de l’année 2004. Leur
intégration risque de ne pas être facile vu l’attitude des différents membres
lorsque cette question a été évoquée. Selon le président et l’un des vice-
présidents, les femmes ne sont pas aptes à participer. Cependant, ils trouvent une
motivation importante pour les investir dans le fait que la présence de femmes est
souvent une condition nécessaire pour recevoir des subventions.
Pourtant, l’investissement des femmes en général est un élément moteur pour
le dynamisme de tels organismes. De nombreuses expériences ont montré leurs
capacités d’adaptation et d’évolution. L’association A.D.E.S, qui travaille sur la
diffusion des fours solaires à Madagascar, a connu auprès des femmes d’Anakao un
grand succès. Elles ont été nombreuses à s’investir. Beaucoup dans le village
commencent à prendre des initiatives, notamment dans le secteur de l’artisanat et
de la restauration. Elles cherchent à valoriser leurs savoirs-faire.
Le fait d’impliquer des femmes dans une association telle que FI.MI.MA.NO,
permettrait aussi que la population soit mieux représentée. De plus, les femmes
seraient à même d’apporter une vision nouvelle, différente de celle des hommes.

77
4. Une gestion financière opaque

a) La FI.MI.MA.NO présente des difficultés flagrantes pour gérer


ses ressources…

¾ Des comptes tenus par intermittence

Depuis sa création en 1999, cette association reçoit un appui technique de


SAGE. En contrepartie, elle doit remettre à la structure, de façon mensuelle, une
photocopie de la tenue des comptes. Ceci a été fait de façon ponctuelle entre avril
1999 et décembre 2002. Après cette date, SAGE ne dispose plus d’aucun document
relatif à la gestion financière de la FI.MI.MA.NO. Le tableau en annexe N°7 résume
sommairement les mouvements financiers de l’association. Il manque quatre mois
en 1999, quatre en 2000, cinq en 2001 et deux en 2002. Les trous sont beaucoup
trop importants pour pouvoir contrôler quoi que ce soit. Pendant tous ces mois
« vides » de l’argent apparaît et disparaît sans explication. On constate des sorties
sur des mois de pleine saison touristique où les entrées dues à la taxe devraient
être fortes, comme en août et septembre 2000

A Anakao, nous avons pu consulter le cahier de comptes pour les années 2003-
2004. A l’exception du mois d’octobre 2003, il existe un compte rendu pour tous
les mois. Le détail se trouve en annexe N°7 bis. Nous n’avons cependant pas pu
vérifier si les sommes inscrites sur le cahier correspondent réellement aux sommes
dont dispose la FI.MI.MA.NO actuellement. En effet, les différents membres
affirment que l’association connaît des déficits importants. Il n’y en a aucune trace
sur le livre de compte.

¾ Des dépenses incohérentes par rapport aux objectifs

Sur les mois dont on dispose de la photocopie de la tenue des comptes, on


peut analyser les dépenses et les recettes de la FI.MI.MA.NO. Les recettes ne sont
pas très diversifiées : elles proviennent de la taxe, reversée par les hôtels ou
récupérée par le gardien, de l’ONG Frontier qui paye des droits pour pouvoir mener
des études sur l’îlot, des amendes dues à des infractions au DINA et de dons
exceptionnels. Les dépenses, elles, ont des explications multiples. Nous les avons
classées selon quatre grands thèmes, détaillé dans un tableau en annexe N°6. Les
principales concernent le salaire du gardien et les charges du trésorier. On
constate que ces dépenses sont de plus en plus importantes au cours des années.
Le salaire du gardien semble à peu près stable (contrairement au gardien, qui lui,
change à de nombreuses reprises). Il est de 200 000 fmg par mois. Depuis mars
2001, s’y ajoute 10% des taxes qu’il récolte sur l’île, afin de motiver le gardien a
bien être présent sur l’île et a effectué correctement son travail.
De mars 2001 à août 2003, 40 000 fmg sont versés chaque mois pour le
trésorier. Cette somme reste inexpliquée. Elle n’est plus prélevée depuis le
changement de trésorier.

La deuxième source de dépenses régulières la plus importante correspond à ce


que nous avons classé dans « dépenses absurdes ». Il s’agit de dépenses qui n’ont
absolument rien à voir avec les objectifs de l’association et qui ne sont absolument
pas justifiées. Le rhum pour le gardien revient à plusieurs reprises, mais toujours

78
pour des sommes relativement modiques. D’autres, tout aussi incongrues, sont
beaucoup plus coûteuses, comme les objets d’art malgache, qui ont du servir, on le
suppose, à la décoration du local de la FI.MI.MA.NO à Anakao. De nombreuses
dépenses ont aussi été faites pour des fêtes traditionnelles : chèvre, bénédictions,
sac d’os… On peut se demander s’il est normal que ce soit l’argent des touristes qui
soit investi pour financer ces fêtes. Cependant, il faut noter que depuis 2003, de
telles dépenses n’apparaissent plus dans les comptes.

Des sommes importantes sont aussi prélevées pour indemniser les différents
membres de l’association se rendant aux réunions. Il est tout à fait normal que les
villageois décidés à s’investir dans l’association ne soient pas pénalisés en perdant
une journée de travail à chaque fois qu’ils se déplacent, mais on peut regretter
qu’il n’y ait pas d’explication claire concernant ces indemnisations. On ne sait pas
si tout le monde touche la même somme, quelque soit la distance à parcourir, ni à
combien s’élève l’indemnisation par personne.
Au cours des années 2003 et 2004, beaucoup d’argent a été dépensé, alors
qu’aucun projet d’envergure n’a été mené. Une multitude de petites dépenses ont
lieu chaque mois, concernant les fournitures de bureau, les indemnisations pour les
déplacements du président, la réalisation de la décoration à l’entrée des bâtiments
de la FI.MI.MA.NO, l’entretien des bouées (que l’ONG Frontier va d’ailleurs
remplacer gratuitement)…

¾ L’incapacité à travailler un budget prévisionnel

Nous avons pu assister au mois d’août à une réunion du bureau exécutif de la


FI.MI.MA.NO au cours de laquelle les différents membres ont travaillé sur un projet
pour préserver les coraux. Il s’agit de financer les pêcheurs qui ramasseront les
Acanthasters, à hauteur de 500 fmg par étoile de mer rapportée au bureau de la
FI.MI.MA.NO. Le nombre d’étoile de mer maximum pouvant être rapporté par mois
a été fixé à 100. Nous avons eu le sentiment que tous ces chiffres étaient fixés
complètement au hasard. Les membres n’ont aucune idée de la population totale
des acanthasters détruisant le récif. 500 fmg paraît une somme suffisamment
intéressante pour que les pêcheurs se mobilisent, mais ils ne savent absolument pas
où en est leur budget, s’ils pourront dépenser suffisamment, quelles sont les
dépenses et les entrées prévues dans les prochains mois…

¾ Un livret d’épargne aux mouvements financiers suspects :

En plus de la caisse dont nous avons étudié les comptes jusqu’ici, la


FI.MI.MA.NO dispose aussi d’un compte à la caisse d’épargne de Madagascar. Nous
avons pu, à Anakao, consulter ce livret d’épargne. Il permet de suivre tous les
mouvements qui ont eu lieu sur le compte de l’association depuis son ouverture.
On constate que des sommes relativement importantes transitent sur le compte :
elles sont versées puis retirées à quelques jours d’intervalle. Les dernières
correspondent aux versements qui ont été faits par Tany Meva, pour financer le
mobilier des locaux de la FI.MI.MA.NO et le moteur de la pirogue du gardien. On ne
sait pas d’où proviennent les autres versements.
Sur le livre de compte du trésorier apparaît un mouvement de cinq millions en
octobre 2002 : ils sont censés passer de la caisse au compte, mais n’apparaissent

79
pas sur ce dernier. De même, un million disparaît en 2004 entre la caisse et le
livret d’épargne.

Compte de la FIMIMANO à la Caisse d'épargne de Madagascar


date versement retrait reste sur le compte
Tableau récapitulatif des
28/04/00 2 500 000
25/07/00 5 547 000
mouvements financiers sur le
31/07/00 5 547 000 livret d’épargne de la
2 500 000 FI.MI.MA.NO entre 2000 et
19/03/01 1 000 000 2004
18/09/01 1 500 000
5 000 000
14/01/03 3 000 000 Source : livret d’épargne de la
FIMIMANO
15/01/03 7 617 000
28/01/03 7 500 000 Tableau n°6
27/03/03 10 500 000
03/04/03 10 582 000
15/05/03 15 547 000
19/05/03 16 882 500 700 000

b) …ce qui a pour conséquence l’absence complète de crédibilité


de l’ association :

Les hôteliers sont les premiers à se plaindre de cette gestion financière.


L’association leur a demandé de vendre des tickets aux touristes qui se rendent sur
Nosy Ve. En effet, en général, ce sont eux qui organisent les sorties, que ce soit
pour faire de la plongée sur l’aquarium ou pour aller pique-niquer sur l’île. Ils sont
censés remettre ensuite régulièrement cette taxe de 10 000fmg par touriste au
trésorier ou au président de l’association. Actuellement, le trésorier demande à
tous les hôteliers de ne rien remettre au président sans qu’il soit présent. De son
côté, le président soupçonne le trésorier, qui est aussi hôtelier de ne pas faire
payer la taxe. C’est dire que même au sein de l’association, la confiance n’est pas
de mise.
Les hôteliers s’acquittent de leur tâche avec plus ou moins de bonne volonté.
Cependant, on peut comprendre leur réaction. Depuis plusieurs années, ils ont
versé de façon régulière des sommes relativement importantes et ils ignorent
complètement ce qui a été fait de l’argent. Aucune véritable action concrète
d’envergure n’a été menée, à part la construction des locaux de la FI.MI.MA.NO.
L’association ne communique absolument rien sur sa gestion financière. Certains
hôteliers font aujourd’hui payer la taxe à leurs touristes mais en les prévenant
qu’on ne sait pas où va l’argent. D’autres refusent actuellement de récupérer la
taxe. Les touristes de ces hôtels payent en arrivant sur l’île, si le gardien est
présent.
Les visiteurs ne bénéficient d’aucune information ou d’explication concernant
l’argent qu’ils versent, mise à part celle donnée par les hôtels. Autant dire que
leur vision de l’action de l’association n’est pas positive. Tant qu’il n’y aura pas
une gestion financière claire, avec des comptes communiqués régulièrement aux

80
hôteliers, jamais la FI.MI.MA.NO ne pourra être crédible. Il est à craindre que tous
les opérateurs étrangers suivent l’exemple du « Safari Vezo » et refusent de
prendre en charge le versement de la taxe. L’idée d’impliquer les hôteliers de
cette façon était pourtant intéressante, ils sont les mieux placés pour mettre au
courant les visiteurs et expliquer la façon dont est géré le site, mais encore
faudrait-il qu’ils aient des raisons d’être convaincus de l’utilité de cette taxe. Pour
FI.MI.MA.NO, ce partenariat était aussi très intéressant puisque le gardien ne peut
pas assurer seul la surveillance de l’îlot et l’arrivée des touristes 24h/24.
D’importants efforts de communication et de transparence des comptes sont à
menés pour espérer voir ce partenariat durer.

CONCLUSION :

La notion d’écotourisme communautaire est, comme on a pu le voir,


difficile à appliquer sur des sites tels qu’Anakao/nosy Ve et les Sept Lacs. Tout
d’abord parce que le terme même d’ « écotourisme » porte à confusion. Il varie
selon les préoccupations et les activités de chacun. En utilisant plusieurs critères
pour caractériser le fonctionnement touristique des sites, on se rend compte que
l’un est écotouristique malgré lui, cela est davantage dû à une situation de fait
qu’à une volonté réfléchie. L’autre recense déjà de nombreux aménagements et
activités qui ne poursuivent pas un objectif écotouristique, même s’ils participent
par certains côtés au développement du village et à la préservation de
l’environnement.

Pour ce qui est de la gestion communautaire, les associations des deux


espaces, doivent faire face à des problèmes communs que sont l’application des
Dina, la gestion financière, et la difficulté pour prendre des initiatives et mettre en
place des projets concrets. Cela dit, la gestion de tels sites ne s’invente pas. Il
n’est pas évident pour des populations qui sont pour la plupart analphabètes, ou
qui ont été scolarisées quelques années seulement, de prendre en main une telle
tâche. C’est pourquoi le SAGE est présent pour les appuyer techniquement et les
guider dans leur rôle. Cependant force est de constater que cette intervention
n’est pas suffisante, puisque à ce jour, les actions n’aboutissent pas. Les
populations locales ne sont pas capables aujourd’hui de répondre au défi que
représente la mise en place d’un projet écotouristique. Celui-ci nécessite
l’intervention d’acteurs nombreux et puissants. Avant de penser à l’autonomie des
associations, un important travail de formation et d’accompagnement est encore à
mener. C’est sur ces points que vont porter nos réflexions et suggestions à venir.

81
IIIème Partie

REFLEXIONS ET SUGGESTIONS :

Pour une gestion durable des


ressources touristiques des
sites d’Anakao/Nosy Ve
et de la forêt des Sept Lacs

82
Avant tout, nous voulons insister sur le fait que chaque action doit être
appuyée par un effort de communication entre les acteurs. Il existe très peu
d’échanges entre eux. Il est nécessaire de faire circuler l’information sur toutes les
actions, tous les projets entrepris, afin de les valoriser et d’ouvrir le dialogue.

A. La mise en place de l’écotourisme communautaire passe par :

1. l’amélioration du fonctionnement interne des associations

a) l’aspect financier

x La transparence des comptes

Les comptes de la FI.MI.MA.NO. présentent de nombreuses incohérences. Les


recettes et les dépenses semblent souvent incompréhensibles par rapport aux
objectifs initiaux. Les sommes affichées sur le cahier de comptes ne semblent pas
du tout correspondre à la réalité. Il faudrait une gestion régulière, claire et bien
expliquée. Le SAGE doit pouvoir recevoir une copie tous les mois, et faire préciser
les incohérences. Un organisme extérieur à l’association devait être chargé de
contrôler la cohérence entre les inscriptions du cahier de compte et ce que
l’association possède réellement. En théorie, c’est le rôle d’un commissaire aux
comptes dont on paye les services ; l’ambiguïté dans la situation présente est que
les commissaires sont membres de l’association. Ce rôle nécessiterait quelqu'un de
neutre.
Comme l’argent de la taxe passe par les hôteliers, il paraîtrait normal que
ceux-ci reçoivent de façon régulière un compte rendu de la situation financière,
pas forcément détaillé, (ils n’ont pas un rôle de police). Pour qu’ils continuent à
verser l’argent, il faut d’abord les convaincre que l’utilisation qui en est faite est
justifiée. Ils doivent être en mesure d’expliquer à leurs clients la raison pour
laquelle ils doivent débourser une somme pour visiter l’île de Nosy Ve.

x Construire un budget prévisionnel

Il faut que les associations puissent se projeter dans le futur. Il ne suffit pas de
noter les dépenses et les recettes à un moment donné, il faut aussi pouvoir gérer
des projets.
ĺ Former les membres des associations à établir un budget prévisionnel. Avant
le lancement d’un projet, le trésorier doit vérifier les comptes en fonction
des cotisations (nombre et montant) s’il y en a, en fonction des futures
rentrées d’argent (subventions éventuelles, versements attendus comme
ceux de Frontier…), en fonction du coût du projet, et des autres dépenses
prévues.
L’exemple du projet des Acanthaster (détaillé plus loin) : l’objectif est
d’organiser un ramassage de ces étoiles de mer qui sont nocives pour le corail,
par les habitants du village. La FI.MI.MA.NO. propose de remettre une somme
fixe par animal recueilli. Cette somme doit être fixée en fonction de l’état des
comptes. Aura-t-on assez d’argent pour financer ce projet ? Il est nécessaire

83
dans le cas d’un projet, de savoir combien ça va coûter, combien ça va
rapporter, et ce sur quelle période ?...

b) Travail sur la méthodologie

x Apprendre à se poser les bonnes questions

Ce qui manque souvent dans les associations qui gèrent les ressources
naturelles, c’est le manque de méthode de travail. Pour mener à bien un projet, il
faut avant tout se poser des questions.
ĺ Etablir des fiches de projet, en notant par étape les différentes questions à
se poser, pour espérer un maximum de résultats.

Fiche de projet

Titre du projet

1- Questions préliminaires :
x Pourquoi veut-on faire ça ? quel problème cherche-t-on à résoudre ?
x Quels sont les acteurs concernés ?
x Quel est l’espace, le lieu concerné ?
x Qu’est-ce que ça va apporter ?
x Quels sont les bénéficiaires du projet ? pourquoi ?
x Y a-t-il des personnes à qui le projet nuit ? quel degré de nuisance ?
x Si oui, lesquelles, pourquoi, et que peut-on faire pour elles ?

2- Actions, comment mener le projet ?


x Définir les différentes étapes du projet
x Définir des responsables
x Définir un budget prévisionnel : qu’est-ce qu’on a comme ressource
actuellement, quelles sont les entrées et les sorties prévues, de
combien a-t-on besoin, dispose-t-on de fonds nécessaires pour le
projet ?
x A-t-on besoin d’être appuyé, quel type d’aide ? (technique, financière,
formation, matérielle…)

Exemple de fiche de projet :

Ramassage des Acanthasters

Objectif : Inciter les pêcheurs à ramasser les acanthasters

1. Questions préliminaires :
x Pourquoi ce projet ?:
Les acanthasters sont des étoiles de mer qui détruisent le corail et
nuisent au récif, zone d’habitat pour de nombreuses espèces marines, et
matière première du tourisme sur le site.

84
x Quels sont les acteurs concernés par le problème ?:
Les pêcheurs de la zone
Les hôteliers qui pratiquent la plongée
Les organismes d’études qui travaillent sur le site (ONG Frontier, IH.SM.)
Tous ces acteurs devront être informés du projet
x Qui est à l’origine du projet ?
L’association FI.MI.MA.NO.
x En quoi consiste le projet ?:
Les villageois seront indemnisés par acanthaster remis au bureau de la
FI.MI.MA.NO. pour être brûlés. (dans la limite de recueillir 100 individus
par mois au maximum)
x Qui seront les bénéficiaires du projet ?:
Les pêcheurs et les touristes (donc les hôteliers)
x Y a-t-il des personnes à qui le projet nuit ?
Non

2. Actions, comment mener le projet ?


x Définir les différentes étapes :
Définir les responsables de l’opération
Délimiter la période de l’opération
Définir les lieux et dates pour déposer les acanthasters
Travailler un budget prévisionnel pour savoir à combien peut-on évaluer
la somme remise par acanthaster ?, de combien dispose t-on ?, quels
sont les fonds nécessaires ?, à combien est évaluée la population
d’acanthasters ? (à voir avec Frontier)
x Informer la population et les différents acteurs des décisions et des
actions
x Lancer l’opération

x Définir un responsable par projet (proposer des rôles


concrets)

On a pu voir dans l’étude que plusieurs membres du bureau exécutif avaient du


mal à définir leur propre rôle. Pour un travail plus efficace et plus de suivi dans les
projets, il faudrait imaginer des rôles plus concrets. Une personne doit être
responsable d’un projet, puis selon les actions qui seront menées pour le réaliser il
faudra un responsable d’actions. Dans le fonctionnement actuel, tout se rapporte
au président. Si chacun a une responsabilité, même petite, les acteurs seront plus
motivés, les projets ont plus de chance d’aboutir et d’apporter des résultats.
ĺ Dans chaque projet, définir un ou deux responsables de la communication,
pour mettre en relation tous les acteurs impliqués, et pour informer les
populations qui seraient intéressées. Si, pour un projet il y a besoin de
bénévoles, il faut pouvoir le faire savoir. Un responsable de la
communication auprès des hôteliers pourrait être très bénéfique à la
relation entre les deux parties.

85
ĺ Par exemple sur le site des 7 lacs, sur un projet route pour améliorer l’accès
au site, il faudrait des responsables par tronçon pour que la piste soit remise
en état puis entretenue régulièrement.
ĺ Sur le projet d’exposition de coquillages à Anakao (voir plus loin), un
responsable du projet serait désigné pour la coordination, il y aurait un
responsable de la salle, une personne pour communiquer avec les femmes…
ĺ Un responsable pour le projet bibliothèque (Anakao). Les membres du
bureau voudraient mettre en place une petite bibliothèque mobile, entre les
différents fokontany. Elle serait gérée par le gestionnaire, mais il faut une
personne référente pour organiser et coordonner le projet.
ĺ Un responsable pour le projet Acanthasters
ĺ Un responsable pour le projet du sentier pédestre sur Nosy Ve, conscient des
enjeux et des demandes des touristes, et prêt à en discuter avec les
opérateurs touristiques de la zone.

x Que le SAGE transmette certains de ses travaux aux


associations locales pour qu’elles puissent être plus
autonomes.

Si le SAGE est amené à disparaître, les associations vont devoir trouver des
moyens pour être plus autonomes. Le SAGE peut les y aider.
ĺ L’exemple d’un dossier de subvention nous semblait intéressant.
Actuellement, c’est le SAGE qui élabore les dossiers de subvention
concernant les projets des associations, il tient indirectement le rôle de
bailleur de fond. Ces aides permettent des résultats. Si le SAGE disparaît, les
associations seront « lésées », dans l’incapacité de perpétuer ces
démarches. Par contre si le SAGE, organise des formations, ou élabore ces
dossiers avec les associations afin qu’elles apprennent elles-mêmes à en
monter, elles seraient en relation directe avec les bailleurs de fond, cela
peut être plus intéressant pour la suite, et permettrait aux associations
d’être plus autonomes. Le SAGE effectuerait un transfert de savoir, en
mettant en place une méthodologie claire et adaptée.

c) Une communication interne à améliorer

x Etablir et afficher des comptes-rendus des actions


menées par la FI.MI.MA.NO

Tous les acteurs d’un lieu doivent pouvoir se tenir au courant de ce qui s’y
passe. Les actions de la FI.MI.MA.NO. concernent tout le village. Il paraît donc
essentiel que l’association travaille en transparence avec les hôteliers et les
gens du village.
ĺ Que la FI.MI.MA.NO. s’engage de façon régulière (tous les trimestres par
exemple) à afficher, sur un panneau sous le porche du bureau de
l’association pour que tout le monde puisse être au courant, un compte
rendu des actions qui ont été menées et les résultats, l’état d’avancement
des projets en cours, ainsi que les projets à venir. Il pourrait être intéressant
également d’en remettre un exemplaire aux hôteliers, qui pourraient

86
réellement savoir à quoi sert la taxe pour visiter Nosy Ve, et l’expliquer aux
touristes, ce qui n’est pas le cas actuellement. Le document pourrait être
affiché dans les hôtels.
ĺ Si la FI.MI.MA.NO. invite les hôteliers à des réunions, il est nécessaire de
prendre garde à commencer à peu près à l’heure, et à faire venir des
interprètes. Les programmes des réunions doivent être distribués environ 2
semaines à l’avance pour que chacun s’organise.
ĺ Que la FI.MI.NA.NO. laisse sur le panneau d’affichage ou dans une boite aux
lettres à côté, la possibilité aux villageois de s’exprimer, de donner leur avis
( de façon anonyme pour ceux qui le souhaitent) sur ce qu’il se passe dans le
village. Pour ceux qui ne peuvent écrire qu’il y ait une personne référent
dans chaque fokontany pour noter les avis ou les demandes de chacun. Les
hôteliers pourraient également faire-part de leurs suggestions. Ils sont
invités aux réunions régulièrement mais il est souvent difficile pour eux d’y
assister. Ce système permettrait de parler sans perdre de temps, ce qui
pourrait arranger tout le monde. L’association devra alors prendre les
considérations des villageois en compte. Les hôteliers, ont un avis important
dans le sens où sur les projets d’écotourisme, ils peuvent savoir ce que
recherchent les touristes, et donc voir si les projets proposés par
l’association sont réalisables ou non.
ĺ Sur les panneaux, on peut en profiter pour afficher les informations sur les
autres associations existantes, comme les associations de femmes, ADES
pour les fours solaires, les associations d’artisanat…
ĺ L’affichage doit être tenu par un responsable, soit un membre de
l’association, soit le gestionnaire ou le secrétaire.
ĺ Afficher sur les panneaux, mais également dans tous les hôtels, ce à quoi
sert la taxe.

Voici un exemple d’affiche à installer dans les hôtels. Les couleurs et les photos
rendent le document attractif, et pourrait permettre à un plus grand nombre de
visiteurs de s’informer sur la taxe de Nosy Ve. Ceci n’est bien sûr qu’un exemple.
Là encore, l’objectif est de fournir des suggestions, les idées pouvant être
retravaillées.

87
Les ressources naturelles du site
sont gérées depuis 1998 par une
association : la FI.MI.MA.NO,
composée d’habitants d’Anakao
et des villages alentours.
Elle fait payer une taxe de
10 000 Fmg aux visiteurs.

Celle-ci finance :
9 Le salaire du gardien de l’îlot
9 La protection de l’île et de
l’aquarium nord (zone interdite à la
pêche, et réservée exclusivement à
la plongée).
9 Elle peut aussi être investie dans
des projets de développement local
(santé, éducation, …)

brochure n°1

88
x Sur le panneau d’affichage, l’association devrait
également faire connaître les projets d’initiative
locale.

Ceux-ci sont la clef d’un véritable développement local. Cependant on a vu


que tout enrichissement personnel engendrait des manifestations de jalousie. Les
associations sont composées des membres influents des fokontany. Si ces derniers
reconnaissent les bienfaits des initiatives locales, leur mise en place sera facilitée.
Il est nécessaire de créer une véritable coopération entre les villageois motivés et
l’association. Le panneau d’affichage doit être ouvert, que les gens puissent
afficher toute information qu’ils souhaitent faire passer, même si elle ne concerne
pas directement les actions de l’association.

2. Des actions à la mesure des associations

x Aide pour le lancement de nouvelles activités

Cela pourrait entrer dans les projets de l’association que de financer le


lancement de projets nés d’initiatives locales. Si des femmes par exemple
souhaitent se lancer dans l’artisanat, cela peut être un moyen de lancer leur
activité, de faire connaître les savoir-faire locaux, et d’inciter les gens à bouger. A
l’hôtel « le Prince », il y a une boutique d’artisanat, cependant, tous les produits
viennent de Tuléar. Si l’artisanat du village est valorisé, les villageois bénéficieront
directement de l’activité touristique, et les relations entre le village et les
touristes, et donc avec les hôteliers ne pourront que s’améliorer.
ĺ L’association FI.MI.MA.NO., devrait dans ce cadre inviter ceux qui ont des
initiatives à se présenter au bureau. Les parties discuteraient du projet
pour voir s’il peut être réalisable, s’il est compatible avec les idées de
l’association, et voir comment lancer le projet. L’association aurait
ensuite pour rôle de faire la promotion auprès des hôtels (notamment pour
tout ce qui concerne l’artisanat). Il serait préférable de voir se développer
ce type d’activité plutôt que la vente de coquillages interdits ou de
massages.
ĺ Actuellement, l’association n’est pas en mesure d’apporter des aides
financières. Cependant, elle peut s’investir en louant ou prêtant son local,
pour des réunions, des expositions…

89
x Un micro-projet de développement concret : Une
exposition de coquillages

L’association FI.MI.MA.NO a émit un projet de vente exposition de


coquillages pour percevoir un peu de fonds. Nous avons réfléchi à ce projet en
incluant un programme de sensibilisation sur les coquillages interdits. Le thème a
été abordé avec quelques hôteliers. Tout d’abord, il ne s’agirait pas de vente mais
d’exposition seulement. Cela pour ne pas être tenté de vendre les éléments
interdits et protégés. Les vendeuses de coquillage qui sont habituellement sur la
plage seraient impliquées au projet. Celles-ci vendent sans scrupules les tritons par
exemple, qui sont une espèce de coquillage entièrement protégée car prédateur
des Acanthasters, étoiles de mer nocives pour le récif. Si ces femmes participent
au projet, elles percevront une somme d’argent qui les dissuadera peut-être de
continuer à vendre sur la plage. Si le projet est bien mené, les hôteliers seront tout
à fait favorables à proposer à leurs clients d’aller voir l’exposition. Ils
apprendraient des choses sur le milieu moyennant un prix d’entrée. Les villageois
pourraient aussi visiter l’exposition, soit pour un prix moins important, soit
gratuitement. L’objectif principal étant de sensibiliser un maximum de personnes.

Le projet « exposition de coquillages » :

Projet « exposition de coquillages »


Sensibilise sur la Populations villageoises
ventes des
coquillages
interdits

Appui pour la promotion et


l’organisation du projet FI.MI.MA.NO Communique sur l’opération
Demande la collaboration et
les conseils

S.A.G.E 9 fait les démarches auprès Hôteliers


des femmes
9 conseillent
9 prête le local FIMIMANO
9 aide à l’organisation 9 informent
Aide à la formation les touristes
(pour tenir une exposition et
expliquer aux visiteurs)
Touristes
Femmes
9 visitent l’exposition
(qui vendent actuellement des
coquillages dont certains sont 9 payent une entrée qui
interdits) indemnise les femmes
9 gèrent l’exposition 9 participe à la lutte
9 perçoivent les entrées pour la préservation de
la biodiversité

schéma n°2

90
x Appui technique pour informer les touristes

Pour que l’on puisse parler d’écotourisme, on a pu voir qu’il fallait travailler
sur l’ « éducation » des touristes. Quand ils visitent un lieu, ils doivent s’instruire
sur les histoires du lieu, les peuples qui l’habitent, les comportements à adopter
pour ne pas dégrader les richesses naturelles et culturelles… Les hôtels ont un rôle
important à jouer dans ce domaine, surtout dans des villages comme Anakao ou les
7 lacs, ils sont les premiers interlocuteurs entre les touristes et le village, mais ne
doivent pas être les seuls à intervenir.
ĺ Appuyer un travail de sensibilisation approfondie. Inciter la DIRT et l’ORTU
pour distribuer gratuitement dans les établissements touristiques, des
affiches contre le tourisme sexuel, la vente de coquillages interdits, les
touristes qui encouragent la mendicité. Egalement, il serait intéressant de
faire des panneaux informatifs qui montrent les curiosités du site :
informations sur les pêcheurs Vezo, sur la faune et la flore locale que l’on
peut découvrir etc. , mais aussi sur les conditions de vie du village comme
l’absence d’eau douce à Anakao. Favoriser les relations entre les hôteliers,
les touristes et les gens du village, sous forme d’échange, de respect des uns
envers les autres. Les sorties avec les piroguiers sont en général bien
appréciées surtout quand les touristes ont le sentiment d’apprendre. C’est
un point essentiel à développer.

x Afficher les Dina

Le Dina est l’outil utilisé par les associations pour faire respecter ses règles.
Comme on a pu le voir, il a du mal à être appliqué, notamment sur le site des Sept
Lacs. Sa mise en place est très délicate.
ĺ Afin que le Dina puisse être un outil efficace, il faudrait dans un premier
temps, l’afficher, pour que tout le monde puisse en prendre connaissance,
et le consulter autant de fois que possible. Le Dina peut être affiché sur un
panneau devant le bureau de la FI.MI.MA.NO. pour Anakao, et chez les chefs
de quartiers des différents fokontany. Sur le site des 7 lacs, on peut
imaginer un panneau dans chaque village également. Afin qu’il puisse être
compris par tous, il faudrait qu’il soit illustré, que chaque article soit écrit,
mais aussi représenté sous forme de dessin.
ĺ Distribuer les Dina dans les hôtels, au moins les articles qui concernent les
touristes. Les règles doivent être connues et respectées par tous, y compris
par les visiteurs.

x Faire un travail de sensibilisation auprès des écoles

La mise en place de projets pédagogiques semble une étape incontournable :


les enfants sont les adultes de demain, et c’est sur eux qu’il faut porter les efforts
de sensibilisation. A Anakao, la propreté de la plage est un problème qu’il est
urgent de résoudre, non seulement parce que les déjections humaines rebutent les
touristes mais aussi parce que cette habitude présente de véritables risques
sanitaires pour le village. Il faut intégrer au programme scolaire les thèmes
d’actualité qui touchent le village : non seulement les questions sanitaires et
d’hygiène, mais aussi, les ressources naturelles et culturelles de leur espace de vie,
comment les préserver etc.

91
A Anakao, les enfants doivent être sensibilisés sur la fragilité des ressources
halieutiques : étudier les périodes de reproduction des différentes espèces, les
tailles en dessous desquelles il est interdit de pêcher certains animaux, connaître
les espèces protégées et leur expliquer pourquoi. En bref, leur enseigner que les
ressources marines ne sont pas inépuisables, ce n’est pas parce qu’il y en a
toujours eu qu’il y en aura toujours. Le village est dépendant d’une bonne gestion
de ces ressources.

x Proposer des moyens de formation compréhensibles


par tous, et constamment utilisables sur place

Pour des populations qui manquent d’instruction, il existe des supports de projets
très intéressants. A l’ANAE, par exemple, pour expliquer leurs projets aux paysans,
ils utilisent des morceaux de tissus sur lesquels des scènes sont dessinées. Les
morceaux de tissus sont présentés les uns après les autres pour enseigner les
différentes étapes du projet, comment les gens doivent s’y prendre. Les dessins
sont simples et très clairs donnant des indications de temps, de météo, facilement
saisissables par tous. Ce type de support est à privilégier dans des sites tels que les
Sept Lacs ou le village d’Anakao, les informations circuleraient peut-être mieux.
L’avantage est qu’il est possible de les laisser sur place, les populations peuvent
les consulter n’importe quand. Il reste une trace matérielle de la formation.

3. Des projets d’envergure nécessitant l’intervention


d’acteurs extérieurs puissants

Mettre en place des projets écotouristiques sur de tels sites, contraint les
populations à adapter leurs modes de fonctionnement traditionnel. Aux alentours
d’Anakao, la délimitation de la zone de l’Aquarium nord, a réduit l’espace de
pêche. L’interdiction du défrichement et de la culture sur brûlis (« hatsake »)
autour de la forêt des Sept Lacs, oblige les paysans à modifier leurs habitudes. Ces
mesures, à long terme, leur seront bénéfiques. Cependant, si on veut que ces
contraintes soient respectées, il est nécessaire de proposer des alternatives qui
leur permettent de conserver voire d’améliorer leurs conditions de vie à court
terme. Ces travaux sont d’une envergure qui dépassent les capacités des
associations locales. Il faut faire intervenir des acteurs extérieurs.

x Réfléchir à des projets pouvant compenser à court


terme les efforts des pêcheurs et des cultivateurs
pour préserver les ressources naturelles.

ĺ Sur le site d’Anakao/Nosy Ve, nous avons étudié le fonctionnement de la


collecte des produits de la mer. Trois entreprises se partagent le marché du
Sud-Ouest de Madagascar. Les deux plus importantes sont la Copéfrito et
Murex. Dans chaque village, elles ont installé une ou deux glaciaires et ont
embauché des sous collecteurs. Des camions ou bateaux réfrigérants, selon
les zones, passent ensuite récolter les produits stockés. Ces entreprises
achètent plus de 90% des prises des pêcheurs, destinées dans leur quasi-

92
totalité à l’exportation. Le reste est vendu aux hôtels ou sur les marchés
locaux. Les prix de collecte sont fixés au début de chaque marée. On
constate que les prix sont de plus en plus écrasés, laissant une marge de
manœuvre aux pêcheurs de plus en plus faible. En août 2004, malgré
l’inflation et la forte augmentation du coût du sac de riz, le kilo de poulpe
était tombé à 5500fmg à Anakao. (il est descendu jusqu’à 4400 fmg dans les
zones les plus difficiles d’accès). Les bénéfices faits par ces entreprises en
revendant sur le marché européen sont énormes. Face à ces conditions, les
pêcheurs n’ont d’autres moyens que de pêcher de plus en plus pour réunir
des salaires équivalents à ce qu’ils touchaient avant. Un tel comportement
accentue encore les pressions pesant sur les ressources halieutiques. On
comprend alors qu’interdire certaines zones aux pêcheurs soit extrêmement
difficile à faire respecter, même si à long terme, elles doivent permettre
une régénération des ressources. Pour aider les pêcheurs à accepter ces
contraintes, il faut envisager des solutions qui leurs permettraient, en
prélevant moins de ressources, d’améliorer ou au moins de préserver leurs
conditions de vie :
9 Intéresser des entreprises de commerce équitable aux ressources
halieutiques de la zone : les marges qui sont faites actuellement sur des
produits tels que la langouste, le poulpe ou le calamar sont énormes. Des
entreprises poursuivant un objectif de commerce équitable
permettraient de financer les pêcheurs de façon beaucoup plus décente
(aujourd’hui, le kilogramme de langouste se négocie à 25 000 fmg). En
augmentant légèrement le prix de revente, elles seraient sans doute
viables.
9 Aider les pêcheurs à se constituer en syndicat ou coopération. S’ils se
solidarisent et se regroupent, ils auront plus de poids pour négocier les
prix d’achat. Cependant, comme les entreprises collectent sur plusieurs
centaines kilomètres de côtes, il faudrait imaginer des « alliances »
dépassant les cadres des villages.
9 Les entreprises de collecte doivent pouvoir être contrôlées. Il faut leur
imposer des normes d’achat strictes, concernant la taille des prises et les
périodes où elles peuvent être pêchées, et se donner les moyens de faire
appliquer ces normes. Nous savons que les deux grandes entreprises du
secteur ont essayé de se mettre d’accord pour, par exemple, refuser tous
les poulpes en dessous d’une certaine taille. Malheureusement, leur
entente n’a pas durée.

Il est en tout cas urgent d’estimer de façon précise les stocks des ressources
les plus pêchées. Si les villageois bien souvent ne disposent pas de l’éducation pour
prendre conscience de la fragilité de leur milieu, les entreprises de collecte au
moins, seront alertées par des données claires, et peut-être prendront-elles, en
concertation, les mesures nécessaires pour préserver leurs activités sur le secteur.
Tous ces projets nécessitent l’intervention de nombreux acteurs appartenant à des
secteurs variés : des scientifiques, des spécialistes du commerce, des ressources
halieutiques, des responsables d’O.N.G… De plus en plus d’O.N.G s’intéressent au
commerce équitable, mais elles ont besoin d’appui pour se lancer, surtout dans la
filière halieutique, encore peu touchée par ce secteur.

93
ĺ Pour le cas de la forêt des Sept Lacs, nous nous sommes informées sur les
méthodes qui existent comme alternatives à la culture sur brûlis (Hatsake).
Celle-ci reste un mode de culture encore très utilisé dans les campagnes du
sud de Madagascar. Pour cela, nous avons rencontré l’A.N.A.E, qui propose
diverses solutions afin de moins nuire à l’environnement, de trouver des
méthodes moins nocives pour la forêt. Il existe donc trois méthodes dites de
semi-direct ou du géo labour. C’est à dire que l’on ne retourne pas la terre,
mais on utilise des plantes pour fertiliser et aérer le sol.

La première technique, avec utilisation de couverture vive, consiste à


planter la culture principale, puis quelques temps après, sur la même parcelle,
à planter des graminées et des légumineuses. Ces dernières apportent au sol
des éléments nutritifs favorables au bon développement de la plante principale,
elles fixent le sol, tout au long de l’année, même pendant la période sans
culture. Cette couverture vive est entretenue et renforcée régulièrement.
La seconde technique utilise une couverture morte. C’est à dire que l’on
étale sur le sol en culture une couche d’herbe sèche, coupée (le Donga est très
utilisé car largement répandu dans la région).
La troisième technique est l’écobuage qui consiste à creuser des fossés dans
la parcelle dans lesquels on place des brindilles. On les recouvre de terre en
laissant des aérations, puis on les incinère. Le sol se réchauffe et dégage les
éléments nécessaires au bon développement de la plante. Cette méthode peut
être couplée avec la couverture morte par-dessus. Elle est souvent compliquée
à mettre en place. La première technique est la plus appréciée des paysans de
brousse. Cela dit, changer les habitudes d’une population n’est pas chose facile.

On pourrait penser comme autre alternative, à l’association de l’élevage et


de la culture pour fertiliser le sol. En effet, les populations de cultivateurs
possèdent généralement un petit cheptel de zébus. Cependant, l’utilisation du
fumier des parcs est impossible sur les terres du sud. Tout ce qui touche au parc
est « fady » : c’est un endroit sacré. C’est là que sont enterrés les enfants
morts-nés. Quant à faire se déplacer les troupeaux sur les terres, c’est peu
intéressant car le tassement du sol par le piétinement du bétail génère plus de
contraintes que l’apport d’engrais naturels n’est bénéfique.

Pour contrer la déforestation et l’incinération de la forêt, il existe des


fatapera en terre qui utilisent moins de charbon de bois que ceux que l’on
utilise habituellement en métal. Le problème est que les fatapera en terre sont
moins répandus et sont surtout plus chers à la fabrication et donc à l’achat.
Leur diffusion pourrait faire partie des projets des associations, aussi bien
pour les Sept Lacs, que pour le village d’Anakao. Les associations pourraient
financer la différence de prix entre les fatapera ordinaires et ceux en terre,
afin que les villageois soient incités à les utiliser. Bien sûr, ce type de projet
devrait s’accompagner d’une campagne de sensibilisation, faisant ressortir et
expliquant les intérêts de cette nouvelle technique.

94
x Les infrastructures d’éducation, de santé, d’accès :
des priorités pour le développement des sites

Les manques en infrastructures d’éducation et de santé sont les deux grands


problèmes qui touchent les sites d’Anakao et des Sept Lacs. Pour le premier
s’ajoute l’absence d’eau douce, qui entraîne de nombreuses maladies chez les
populations. Pour le second, les déplorables conditions d’accès bloquent
actuellement tout développement des villages les plus reculés. Les associations,
dont le rôle est de protéger les ressources naturelles et de participer au
développement des villages, devraient, dans leurs actions, pouvoir intervenir sur
ces questions. Cependant, vu leurs moyens actuels, elles pourraient donner des
petits coups de pouce, (achat de mobilier ou de matériel scolaire, ou participation
au salaire des instituteurs ou au loyer d’un médecin, achat de médicaments pour le
dispensaire…), mais certainement pas assumer seules des projets d’envergure.
Les grands bailleurs de fonds sont sensibles aux domaines de l’éducation et de
la santé. La principale contrainte est de faire réunir par les communes les 25%
d’apport communautaire nécessaires pour pouvoir toucher les subventions des
projets. Après avoir rencontré le maire et le premier adjoint au maire d’Anakao, on
peut avancer que cette toute jeune commune aurait besoin d’appuis importants.

B. Faire une promotion des sites adaptée

1. Formation des populations locales

x Formation des vendeuses

Pour palier au problème des femmes qui vendent des coquillages illicites sur
la plage, on peut imaginer leur faire suivre une formation, même légère qui leur
donnerait quelques notions de marketing. Cela permettrait qu’elles ne vendent pas
n’importe quoi, et que les touristes ne se sentent pas agressés, ce qui est
régulièrement le cas à Anakao.

x Former des piroguiers comme guides sur l’îlot

Les touristes cherchent à apprendre, à savoir comment les populations locales


vivent. Il serait intéressant que les piroguiers du village puissent expliquer
oralement les richesses naturelles et culturelles du site (histoires sur le peuple
Vezo, sur la pêche, sur l’île…).
ĺ Il s’agirait d’une formation sur plusieurs années, en sélectionnant des jeunes
parlant un minimum français. Ils apprendraient des notions de botanique, de
faune et flore marine, des techniques de guidage des touristes et, se
perfectionneraient en langues : français, anglais, italien. Cette formation
serait financée et les jeunes indemnisés à la hauteur de ce qu’ils
gagneraient en travaillant au village. A l’issue de la formation, les étudiants
recevraient un diplôme attestant de leurs compétences.
Il est nécessaire d’investir dans de véritables formations qui ne créent pas
de situations d’appoint. Celles-ci, bancales et incomplètes, nuisent à la
promotion des sites. Anakao/Nosy Ve, comme les Sept Lacs, ont besoin de bases
solides pour des actions pérennes.

95
2. faire connaître les Sept Lacs

x Diffuser les moyens d’accès

Plusieurs moyens de transport existent pour se rendre aux 7 lacs. Il serait


intéressant d’en informer les visiteurs. Pour les trajets en taxi-brousse, il pourrait y
avoir un panneau indiquant cette destination peu connue. Il est possible de
rejoindre le site en pirogue par l’Onilahy. Là aussi, la promotion manque, il
faudrait communiquer cette possibilité aux touristes, car elle peut s’avérer très
attractive.
ĺ Panneau au stationnement (taxi-brousse). Sachant qu’actuellement, les
taxis-brousses ne vont que jusqu’à Mahaleotse. Cela dit, il est possible de
rejoindre Ifanato en vélo ou en charrette à zébus. L’organisation de tel
transferts est à prévoir mais pourrait se mettre en place sur Mahaleotse.
ĺ Information par l’ORTU (Office Régional de Tourisme de Tuléar), pour les
trajets en taxi-brousse et en pirogue.

x Travailler une brochure pour faire connaître le site


des Sept Lacs

Un travail de marketing est à mené pour faire connaître le site. La brochure doit
viser un type de touriste en particulier en fonction de l’offre actuelle. Les touristes
« sac à dos » semblent bien s’adapter. Ils peuvent passer facilement une nuit sur
place, apprécient les activités de randonnées et de découverte de la nature,
recherchent un côté authentique et une intégration à la vie du village.
ĺ Ce travail nécessite l’intervention d’un spécialiste de la promotion
touristique. Cependant, il est important d’impliquer les CLB dans la création
de cette brochure. Elles sauront ensuite ce qu’il y a à valoriser dans les
visites et ce que les touristes attendent de voir. Si elles savent comment est
présenté le lieu aux visiteurs, leur travail sur place sera plus cohérent et
efficace.

Nous proposons un exemple de brochure pour la promotion du site.


Cependant, nous ne sommes pas du tout des spécialistes de marketing. Certains
points nous paraissaient important à faire ressortir. Ce document a été conçu pour
donner des idées, des suggestions. Les photos prises en exemple ne sont sûrement
pas des plus attractives. Le site peut être davantage mis en valeur. On peut
imaginer présenter l’hôtel d’Ifanato de façon plus claire. Les différents moyens
d’accès, sont également à valoriser. De plus, sur une telle affiche, il paraîtrait
intéressant de mettre un contact, numéro de téléphone ou adresse mail, afin que
les touristes puissent se renseigner davantage.

96
Prototype de brochure pour les 7 lacs :

ƒ Faire un fond avec une carte qui situe Tuléar et la piste qui mène au site,
ainsi que les délimitations de l’écosystème.
ƒ Intégrer des petites photos de taxi-brousse, de 4*4, de pirogue, de moto,
de quad, pour informer des différents moyens d’accès.
ƒ Placer en gros et de façon lisible l’hôtel et les aires de camping. Les gens
comprendront alors qu’il est possible de loger sur place.
ƒ Mettre des photos de la visite, une des lacs, une de la forêt sèche (on
présente ainsi la diversité des paysages), une ou deux sur la faune à
découvrir (makis, crocodiles…), une d’un point de vue sur l’Onilahy, une
sur l’hôtel et le village.
ƒ Valoriser le fait qu’il y ait une véritable immersion dans un village de
brousse. Indiquer les activités de randonnées pédestres, du circuit
botanique, la découverte d’une faune et une flore diversifiée.
« Immergez-vous dans un village de brousse, profitez de randonnées où
vous découvrirez des paysages magnifiques et variés, empruntez le circuit
botanique pour admirer la diversité de la flore pour beaucoup endémique
et originelle. Suivez le guide qui vous fera observer la faune : makis,
caïmans, chauves souris et bien d’autres animaux qui peuplent ce site ».
ƒ Précisez la distance du site par rapport à Tuléar (70 km à l’est de Tuléar
sur les rives nord d*u fleuve Onilahy).
ƒ Référer à un site internet, et donner un numéro de téléphone et une
adresse sur Tuléar pour obtenir plus de renseignements.

97
A 70km à
l’est de
Tuléar,
découvrez…

Photo de
makis
Ses randonnées

Son sentier
botanique

Sa faune et sa
flore
exceptionnelle

Photo de
caïman Vivez au rythme
d’un village de
brousse !
4*4, moto, quad, vélo, taxi-brousse, pirogue…

brochure n°2

98
x Créer un site internet pour présenter le site des Sept
Lacs, ce que l’on peut y faire, et y voir.

Celui-ci doit, comme la brochure, être orienté vers le type de touriste que l’on
souhaite faire venir. De plus en plus de personnes font leur programme de voyage
(sites à visiter, activités, …) en faisant des recherches sur internet. Les visiteurs
des Sept Lacs, comme on a pu le voir, sont soit des gens qui passent par des hôtels
ou des sociétés telles que « Trajectoire » ou « Quad du Capricorne » à Tuléar, soit
des personnes qui font leur programme elles même. Ces dernières se réfèrent
beaucoup à internet. Ce serait un bon moyen pour élargir le public actuel, car pour
le moment, le manque de visiteurs sur le site des Sept Lacs est flagrant.
Actuellement les Sept Lacs ne sont que très rarement présentés dans les guides
touristiques tels que le Routard, le Petit Futé ou Lonely Planet, et si c’est le cas
c’est fait de façon très brève.
ĺ Le site Internet pourrait être fait par le SAGE (avec un spécialiste
informatique). Il faudrait mettre le site en lien avec l’ORTU et la ville de
Tuléar pour que les gens puissent trouver le site facilement. Mettre en
évidence le côté « respect et découverte » de l’environnement et des
sociétés locales, et l’authenticité du site, son aspect sauvage, naturel. Le
site peut être fait en français, voire même en anglais.

x Travailler avec Jean-Claude pour faire la promotion


de son établissement.

Les hôtels de la région s’organisent entre eux par affinité pour faire leur propre
promotion. Ainsi certains hôtels de Tuléar affichent des brochures publicitaires
pour d’autres hôtels d’Anakao, ou d’Ifaty, et réciproquement. Un tel partenariat
pourrait être mis en place entre Jean-Claude et les établissements de Tuléar qui
proposent des excursions aux Sept Lacs : « Trajectoire », « Quad du Capricorne »,
« Chez Alain », « Le Refuge », le « Sax’aphone ».
Peu de personnes connaissent l’existence de cet établissement. Il faut qu’à Tuléar
les gens puissent être informés de ce site et des possibilités d’hébergement qui
sont proposées. Il manque un travail de communication important.
ĺ Elaborer une brochure pour faire la publicité de l’hôtel. Pour le moment il
n’y a rien, et les touristes sont absents. Il faut donc impérativement
remédier à ce manque pour que les projets d’écotourisme puissent
fonctionner. Si des touristes viennent, on pourra penser aux retombées sur
les communautés locales. Pour le moment, sans visiteurs c’est difficile. La
brochure pourrait être créée par Jean-Claude, en collaboration avec l’ORTU.
Le SAGE peut juste être un intermédiaire pour les mettre en relation.

3. Préserver Nosy Ve/Anakao d’un tourisme de masse.

x Préserver le côté naturel du site de Nosy Ve. Ne pas


ajouter d’aménagements.

Les touristes apprécient ici le naturel du lieu, le calme, l’authenticité, l’aspect


« île déserte ». Si on aménage plus cette île, on dégrade le produit touristique.

99
ĺ Ne pas rajouter de construction autre que le chalet. D’après les enquêtes,
les toilettes ne sont pas du tout indispensables sur l’île. Les fady doivent
être connus et respectés des touristes, (faire ses besoins en fait partie). Les
panneaux, par contre, commencent à vieillir et pourraient être réhabilités.
ĺ S’il doit y avoir un sentier, c’est seulement pour que les touristes ne
marchent pas n’importe où, qu’ils ne détruisent pas la végétation. Le seul
travail à faire serait de tracer un itinéraire discret, en retirant les quelques
plantes susceptibles de gêner le passage. Ne pas mettre de béton, ni de
cailloux ou autres matériaux pour délimiter le sentier. Les visiteurs ne
doivent pas percevoir les aménagements. Il est essentiel de garder le côté
naturel au maximum.
ĺ Surtout ne pas bétonner. Ce n’est pas parce que les aménagements sont
visibles qu’ils sont plus attractifs pour les touristes. Au contraire, plus les
aménagements sont intégrés au paysage, plus ils seront appréciés.

x Ne pas développer le tourisme de façon trop rapide

Il est nécessaire que le village ait le temps d’assimiler et de s’approprier la


situation. Il faut faire en sorte de minimiser les impacts négatifs du tourisme sur
les populations locales (mendicité, tourisme sexuel…)
ĺ Pour cela, il faudrait veiller à réglementer l’ouverture des nouveaux hôtels.
(voir les projets de réserve foncière). Actuellement, il y a neuf
établissements, ce qui est déjà beaucoup. Favoriser le respect de
l’environnement, employer au maximum des gens du village, cf. critères
écotouristiques.
ĺ Le projet de la nouvelle liaison par avion, n’est peut être pas souhaitable
pour une bonne cohabitation entre l’activité du tourisme et la vie du village.
L’accès difficile préserve encore le site de l’invasion touristique. D’ailleurs,
Ifaty souffre d’une réputation de plus en plus mauvaise auprès des visiteurs.
Le site a perdu une grande partie de son charme naturel. La destination
d’Anakao va sans doute en profiter. Il faut veiller à ce que son sort ne soit
pas semblable à celui d’Ifaty. Sur les lieux, cela n’est souhaité par personne,
y compris par les hôteliers.

x Veiller à la cohabitation entre les touristes et le


village

Le problème des enfants qui mendient sur la plage, des jeunes filles qui
proposent des massages (on peut voir en allant sur les lieux qu’il s’agit des
prémices du tourisme sexuel), ou encore des femmes qui vendent des coquillages
interdits, font partie des impacts négatifs du tourisme sur les populations. Les
enfants sont de plus en plus agressifs, ce qui n’encourage pas les touristes à aller
se balader dans le village. Pourtant, les échanges sont une grande richesse pour
chacun.
Il ne faut pas que se développent côte à côte deux entités indépendantes qui
s’ignorent. Les touristes doivent prendre soin à ne pas accepter ce qui peut
endommager à terme la vie du village. Le village et ses habitants font partie du
produit touristique. Si les visiteurs ne peuvent plus prendre plaisir à se balader sur
la plage, à rencontrer des gens du village sans se sentir agressés, le site perd une
partie de son charme.

100
Des activités d’échange pourraient être prévues :
ĺ Inciter à développer des activités locales tel qu’un club de pirogue à voile :
Ce type d’activité peut être proposé en collaboration entre les hôtels et
l’association FI.MI.MA.NO. Monica, avait déjà émit cette idée de club de
pirogue à voile. Les meilleurs navigateurs de ces embarcations se trouvent
dans le village, ils pourraient servir de moniteurs.
Cela supposerait bien sûr des formations (parler français, notions de
sécurité, travail de guide en même temps pour améliorer la visite…). L’offre
touristique serait plus large et originale, tout en faisant référence au local.
ĺ On peut imaginer des activités telles que l’organisation d’un tournoi de
football entre les visiteurs et les locaux. Pas de questions de finance, mais
juste un moment partagé, profitable à tous. Cela peut être organisé en
partie par la FI.MI.MA.NO., ce type d’action peut rentrer dans ses projets,
en collaboration toujours avec les hôteliers.

Pour une question d’éthique et de relation, il est important de créer des


situations pour que les touristes et les gens du village puissent se rencontrer dans
de bons termes. Qu’il n’y ait pas qu’une relation de visiteur/visité, qui se
transforme souvent en riche/pauvre, mais un véritable échange entre les cultures.

x Garder un nombre de touristes à l’échelle de la


capacité d’accueil du site et du village

Si le nombre de touristes vient à augmenter fortement, le côté naturel sera


endommagé. On aura une dégradation du produit touristique recherché. Il y a
parfois jusqu’à 60 personnes en même temps sur Nosy Ve. C’est trop pour
apprécier le calme d’une « île déserte ». Les touristes apprécient d’être dans un
lieu où ils ont l’impression d’être les seuls à pouvoir y accéder et en profiter. De
plus, une sur fréquentation constitue un danger non négligeable pour la faune et la
flore locale. On peut prendre l’exemple des Pailles en queue rouge, qui sont
souvent approchés de très près, ce qui peut à terme abîmer leur habitat et les
pousser à partir.
ĺ Il faudrait trouver un système de réglementation pour limiter les groupes
trop nombreux sur l’îlot. Faire une grille tenue par des représentants de la
FI.MI.MA.NO., sur laquelle serait noté un nombre de personnes limité. Les
gens viendraient s’inscrire pour visiter l’île, et au-delà d’un certain chiffre,
l’excursion serait reportée au lendemain.

x Ne pas augmenter la taxe pour aller sur Nosy Ve

Si le tarif de la taxe vient à augmenter, on peut craindre une baisse de la venue


des touristes, ce qui n’est pas le but recherché. Dans le cadre du projet Biosphère,
le site d’Anakao/Nosy Ve sera intégré à la mise en place d’un parc marin. Celui-ci
sera géré par l’ANGAP ce qui peut laisser craindre une forte hausse du montant de
la taxe à 50 000 Fmg. Le site de Nosy Ve est agréable et apprécié, mais 10 000 Fmg
est un tarif respectable pour une telle visite.
Le site ne présente pas actuellement suffisamment d’activités possibles pour
justifier d’un tel tarif d’entrée. Même si l’ANGAP forme des guides compétents, il
faudra modifier le produit touristique. Par exemple, proposer des circuits intégrant

101
différentes îles du secteur (Nosy Satrana), des activités de plongée, prévoir des
liaisons avec le parc de Tsimanampetsotse.

Conclusion :

Les propositions faites ici sont de deux ordres : certaines sont destinées aux
associations elles-mêmes, nécessitant ou non l’appui du SAGE. Elles sont faciles à
mettre en place, ne demandant pas de moyens financiers importants. Leur
réalisation ne transformera pas le type de tourisme qui existe sur les sites, ni les
conditions de vie locales. Cependant, elles tendront à améliorer l’existant, à
développer un tourisme plus durable et plus sain, profitable aux visiteurs comme
aux populations. Nous avons aussi abordé des suggestions qui dépassent largement
les cadres d’action des jeunes associations sur lesquelles nous avons travaillées.
Elles impliquent d’intéresser aux sites des acteurs capables de s’investir
durablement et d’injecter des fonds importants, qui permettront de mettre en
place des actions d’envergure.

102
CONCLUSION GENERALE

L’Ecotourisme communautaire est un concept très en vogue à Madagascar. Il


présente de nombreux atouts, cependant, dans les faits, son application est
extrêmement complexe. Elle se heurte au manque d’instruction des populations et
à l’absence d’une vision à long terme. A l’heure actuelle, des associations telles
que la FIMIMANO parviennent tant bien que mal à remplir leur objectif premier de
préservation des ressources naturelles (la zone de l’aquarium Nord à Nosy Ve est
tout de même une réussite), mais elles ne conçoivent pas leur action au-delà d’une
gestion stricte de ces ressources. On attend d’elles qu’elles développent des
projets d’écotourisme. Or, comme on a pu le voir, le terme d’ « écotourisme » leur
parle peu. Elles n’ont pas de vision de développement local, ni du rôle de
sensibilisation qu’elles pourraient jouer auprès des touristes. Vouloir confier aux
populations la gestion de leur espace de vie est un processus qui demande du
temps et beaucoup d’encadrement : les associations ne nous semblent
actuellement pas prêtes à fonctionner de façon autonome. Elles ont encore
d’importants besoins, ne seraient-ce que pour revoir avec les membres leurs
objectifs et possibilités concrètes.
En même temps, la gestion de ces deux sites est amenée à évoluer
prochainement. En effet ils intéressent deux grands organismes nationaux et
internationaux que sont l’ANGAP et le WWF :
Le projet « biosphère » concerne l’ensemble du littoral du Tuléar et doit
être mis en place dans les années à venir. Il est conduit par l’ANGAP ; Le site
d’Anakao/Nosy Ve est l’un des points clef de ce projet. Il doit devenir un parc
marin, une aire protégée, se partageant entre des zones complètement préservées,
et des zones où les activités seront réglementées. En parallèle, sur ce même site,
l’Etat a décidé de favoriser les investissements touristiques. Il est probable que les
années à venir verront se construire des hôtels de luxe sur les plages au sud de
l’Onilahy.
Les Sept lacs vont prochainement être intégrés à un Territoire de
Développement et de Conservation, qui comprend onze communes longeant
l’Onilahy. Ce projet est appuyé et mis en place par le WWF. L’objectif est de
définir des zones de conservation et des zones d’utilisation. Les premières sont
« mises sous cloche » et destinées à l’écotourisme. Les secondes ne sont soumises à
aucune gestion.
On peut se demander, au milieu de tous ces projets, quel est l’avenir des
associations. Encadrées par des structures plus nombreuses et plus puissantes,
peut-être auront-elle une chance de modifier leurs façons de faire et de se rôder
sur des micro-projets afin d’envisager un fonctionnement plus autonome. Ou
seront-elles au contraire rapidement dépossédées du peu de pouvoir qu’elles
avaient acquis, avant même d’avoir pu apprendre à s’en servir ? En tout cas, il est
intéressant de proposer à ces associations d’autres référents que le SAGE, dont
l’avenir est incertain, après la période du Plan Environnemental III.

103
Annexes

104
Annexe N°1
Questionnaire « sept lacs » en français

Questionnaire :

Nous sommes deux étudiantes françaises de l’université de Nantes et nous faisons une étude
pour le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement sur le tourisme aux Sept Lacs.
Merci de votre collaboration.

1. Sexe :
‰ F
‰ M
2. Nationalité : ……………………………………………………………………………
3. Age : ……………………..
4. Profession :……………………………………………………………………………...
5. Revenu moyen mensuel :……………………………………………………………….
6. Etes-vous déjà venu à Madagascar ? ………………. Aux Sept Lacs ?………………
7. Comment voyagez-vous ?
‰ Seul ‰ En couple
‰ En famille ‰ Avec des amis
‰ Autre, précisez………………
8. Combien de temps restez-vous à Madagascar : …………….jours ou………….mois
9. Quels autres sites que les Sept Lacs visitez-vous pendant votre séjour ?
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
10. Faites-vous parti d’un groupe suivant un itinéraire prédéfini ?
‰ Oui
‰ Non
11. Si oui, avec quel opérateur touristique voyagez-vous ?
……………………………………………………………………………………………….
12. Si non, comment avez-vous connu le site des Sept Lacs :
‰ Par des opérateurs touristiques : lesquels………………………………………..
‰ Par un guide (livre) touristique : lequel…………………………………………
‰ Par un hôtel de Tuléar : lequel……….. ………………………………………...
‰ Par un magasin de location : lequel ……………………………………..……...
‰ Par des amis connaissant le site
‰ Autre, précisez…………………………………………………………………..
13. Comment allez-vous aux Sept Lacs ?
‰ 4*4 avec chauffeur local
‰ 4*4 conduit par vous même ou un membre du groupe
‰ Moto
‰ Vélo
‰ Pirogue (à moteur ou à voile ? )
‰ Taxi brousse
‰ Autre précisez : …………………………………………………………………
14. Pourquoi avez-vous choisi de venir aux Sept lacs ? …………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
15. Avez-vous un moyen de camper (tente…) ? …………………………………………
16. Savez-vous à quoi sert la taxe payée par les touristes en venant sur le site ?
‰ Oui
‰ Non
Commentaires ou autres remarques
………………………………………………………………………………………….………..
…………………………………………………………………………………………………...………
…………………………………………………………………………………………...

105
Annexe N°2
Questionnaire « sept Lacs » en anglais

We are two french students from Nantes University, and we’re, completing a study for SAGE (Service
d’Appui à la Gestion de l’Environnement ; Support Services for Environnemental Management)
about tourism and the environnement. Thank you for help

1. Sex:
‰ Male
‰ Female
2. Nationality……………………………………………………………………………….
3. Age………………………………………………………………………………………
4. Have you previously visited Madagascar?……………………….the “7 lacs”?………
5. How did you travel?
‰ Alone ‰ With friends
‰ With Family ‰ Other………………………………
‰ With your partner
6. How much time will you spend in Madagascar?………………in “7 lacs”?……………
7. Do you travel with a tour operator?
‰ Yes
‰ No
8. If yes, wich company?…………………………………………………………………..
9. If no, how did you find out about “7 lacs”?
‰ By touristic operator
‰ By touristic book
‰ By an hotel in Tulear
‰ By friends
‰ By “trajectoire”
‰ By “le quad du capricorne”
‰ Other…………………………………………..
10. How do you come to “7 lacs”?
‰ 4*4 with a driver
‰ 4*4
‰ Taxi brousse
‰ Motobike
‰ Bike
‰ Boat
‰ Other…………………………….
11. What did you prefer in “7 lacs”?
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
12. Do you know why tourists pay a tax for visiting “7 lacs”?
‰ Yes
‰ No
13. Have you got a mean to camp?
‰ Yes
‰ No
14. Comments, Suggestions relative to your visit?
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………

106
Annexe N°3
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en français
Questionnaire :

Nous sommes deux étudiantes françaises de l’université de Nantes et nous faisons une étude
pour le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement sur le tourisme à Anakao/Nosy Vé.
Merci de votre collaboration.

‰ Sexe :
o F
o M
‰ Nationalité : ……………………………………………………………………………
‰ Age : ……………………..
4. Profession :……………………………………………………………………………...
11. Revenu moyen mensuel :……………………………………………………………….
12. Etes-vous déjà venu à Madagascar ? ………………. A Nosy Vé ?…………………..
13. Comment voyagez-vous ?
6. Seul ‰ En couple
‰ En famille ‰ Avec des amis
‰ Autre, précisez………………
8. Combien de temps restez-vous à Madagascar : ……………. , à Anakao …………….
9. Quels autres sites que Nosy Vé visitez-vous pendant votre séjour ?
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
‰ Faites-vous parti d’un groupe suivant un itinéraire prédéfini ?
8. Oui
9. Non
‰ Si oui, avec quel opérateur touristique voyagez-vous ?
……………………………………………………………………………………………….
‰ Si non, comment avez-vous connu le site de Nosy Vé ?
‰ Par des opérateurs touristiques : lesquels………………………………………..
‰ Par un guide (livre) touristique : lequel…………………………………………
‰ Par un hôtel de Tuléar : lequel……….. ………………………………………...
‰ Par un magasin de location : lequel ……………………………………..……...
‰ Par des amis connaissant le site
‰ Autre, précisez…………………………………………………………………..
13. Comment êtes vous venu à Anakao ?
‰ Pirogue à moteur
‰ Pirogue à voile
‰ Vedette
‰ Taxi brousse plus pirogue
‰ Autre précisez : …………………………………………………………………
‰ Qu’avez-vous le plus apprécié à Nosy Vé ?
……………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
‰ Savez-vous à quoi sert la taxe payée par les touristes en venant sur le site ?
‰ Oui
‰ Non

Commentaires ou autres remarques


………………………………………………………………………………………….………..
…………………………………………………………………………………………………...
…………………………………………………………………………………………………...

107
Annexe N°4
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en anglais

We are two french students from Nantes University, and we’re, completing a study for SAGE
(Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement ; Support Services for Environnemental
Management) about tourism and the environnement. Thank you for help

1. Sex:
‰ Male
‰ Female
2. Nationality
3. Age
4. Have you previously visited Madagascar?……………………….Anakao?……………
5. How did you travel?
‰ Alone ‰ With friends
‰ With Family ‰ Other…………………………..
‰ With your partner
6. How much time will you spend in Madagascar?………………in Anakao?……………
7. Do you travel with a tour operator?
‰ Yes
‰ No
8. If yes, wich company?………………………………………………………………
9. If no, how did you find out about Nosy Ve?
‰ By touristic operator
‰ By touristic book
‰ By an hotel in Tulear
‰ By friends
‰ Other…………………………….
10. How did you come to Anakao?
‰ Pirogue with motor
‰ Pirogue with sail
‰ Taxi brousse and boat
‰ Other…………………………….
11. What did you prefer in Anakao/Nosy Ve?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
12. Do you know why tourists pay a tax for visiting Nosy Ve?
‰ Yes
‰ No
13. Comments, Suggestions relative to your visit?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………

108
Annexe N°5
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en malgache

FANONTANIANA

Izahay dia mpianatra Frantsay avy amin’ny Université ny Nantes, Ka manao fikarohana
momba ny tourisme ao Anakao-Nosy Ve izay iarahana amin’ny SAGE. Misaotra.

1.
‰ Lahy (f)
‰ Vavy (h)
2. Zo-pirenena : ……………………………………………………………………………
3. Taona :…………………………………………………………………………………...
4. Asa :……………………………………………………………………………………..
5. Efa nandeha sy nahita an’I Nosy Ve ve ianao?………………………………………….
6. Rehefa manao voyage ianao ? :
‰ Mandeha irery
‰ Miaraka amin’ny fianakaviana
‰ Olon-droa
‰ Maraka amin’ny namana
‰ Hafa, amario
7. Firy andro no nijanonanao tao Nosy Ve ?……………………………………………….
8. Misy “tour opérateur” ve nanomana ny voyage-nao ?
‰ eny
‰ tsia
9. Raha any, tour operateur iza no niarahanao ?……………………………………….…..
10. Raha tsia, tamin’ny fomba ahoana nao nahitanao an’I Nosy Ve ?
‰ Tamin’ny alalan’ny opérateurs touristiques, iza:………………………………..
‰ Tamin’ny torolana (boky) ara-pizahantany, iza : ……………………………….
‰ Tamin’ny hotely eto Toliara, iza ………………………………………………..
‰ Tamin’ny alalan’ny mpanofa fiara, iza :………………………………………
‰ Tamin’ny namanao mahafantatra ny toerana
‰ Hafa, amarino…………………………………………………………………
11. Amin’ny fomba ahona nahatongavanao eto Anakao ?
‰ Lakana misy motera
‰ Lakana misy lay
‰ Vedette
‰ Taxi-brousse
‰ Hafa, amario……………………………………………………………………..
12. Inona no zavatra tena nahafinaritra anao teto Nosy ve?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………….
13. Fantatrao ve ny hampiasàna ny vola (droit de visite) halaina amin’ny mpizahantany
mitsidika an’i Nosy Ve ?
‰ Eny
‰ Tsia

14. Misy zavatra hafa ve tianao ambara na fanamarihana :…………………………………


………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………

109
Annexes N°6
Types de dépenses et de recettes de la FIMIMANO de 1999 à 2002

Il manque 4 mois en 1999( de janvier à avril), 4 aussi en 2000 (août, septembre, novembre, décembre), 5 en
compte de FIMIMANO de 1999 à 2002
2001(de janvier à mai) et 2 en 2002 (aout et septembre)

Recettes 1999 2000 2001 2002 Dépenses 1999 2000 2001 2002
salaire du gardien
taxe (hotel + gardien)
2 253 000 1 017 000 3 888 000 525 000 +charges du trésorier 800 000 1 445 000 2 120 000 2441500
frontier 0 1 250 000 2 600 000 1 500 000 fournitures de bureau 91 500 115 000 52 500 49000
achat de matériel,
Amendes aquarium pirogue, peinture, essence,
0 100 000 0 100 000 huile… 25000 612000 257 000 260000
actions concrètes
(panneaux, reboisement,
dons exceptionnels:
sensiblisation, bouées,
entretien…) 155 000 50 000 1 175 500 225000
dépenses pour projet
paquebot 0 0 1 000 000 1 000 000 SAGE/PNUD/TANA 0 0 0 70000
dépenses absurdes
(rhum, bénédiction, sac
d'os, art malgache,
étudiants américains 75 000 0 0 0 chèvre…) 431 000 200 000 370000
bateau sud africain 350 000 0 0 0 sortie pour Hubert EMC 2 000 000 0 0 0
versement à la caisse
club magic bay 13 000 0 0 0 d'épargne 0 0 0 5 000 000
remboursement
SAGE, salaire gardien 300 000 205 000 0
fond de caisse de mini
projet 71 210 0 0
village d'Anakao 137 000 16 000 0 0

TOTAUX 3 128 000 2 454 210 7 693 000 3 125 000 TOTAUX 3 071 500 2 653 000 3 805 000 8415500

110
comptes FIMIMANO de 1999 à 2002 Annexe N°7
Comptes de la
solde solde à la fin du FIMIMANO de 1999 à
1999 dépenses recettes
précédent mois
2002
avril 231000
mai 231000 89800 72000 213200
juin 213200 1200 88000 300000
juillet 300000 29500 781000 1051500
aout 1051500 309500 1302000 2044000
septembre 2044000 233000 288000 2099000
octobre 2100000 200000 87000 1987000
PRL:
novembre 1987000 208500 648000 2426500
les deux millions
décembre 2426500 2008000 583000 1000500
d'avoir de SAGE,
2000
prélevés en
janvier 3000500 92000 141000 3049500 décembre 2000
février 3049500 125000 213000 3137500 ont été
mars 3137500 805000 153000 2485500 récupérés
avril 2485500 200000 659000 2944500
mai 2944500 190000 490000 3244500
PRL:
juin 3244500 200000 131000 3175500
en aout et
juillet 3175500 308500 596000 3463000
septembre 2000,
aout 3463000
546 000fmg ont
septembre 2917000
été dépensée. Pas
octobre 2917000 250500 71210 2737710
de rentrée de
novembre 2737710
taxe?ou grosses
décembre
dépenses?
2001
janvier
février
mars PRL:
avril entre novembre
mai 3875210 2000 et mai 2001,
juin 3875210 485500 1189000 4578710 1 137 500 fmg ont
juillet 4578710 437000 1107000 5248710 été gagnés
aout 5248710 382500 366000 5232210
septembre 5232210 785500 882000 5328710
octobre 5328710 485000 771000 5614710 PRL:
novembre 5614710 430000 795000 5979710 fortes sorties
décembre 5979710 935000 1583000 6627710 d'argent dues au
2002 mouillage des
janvier 6627710 898000 733000 6462710 bouées, la pose du
février 6462710 261000 240000 6441710 panneau et à une
mars 6441710 397000 1102000 7146710 opération de
avril 7146710 581500 450000 7015210 reboisement
mai 7015210 285000 0 6730210
juin 6730210 540000 0 6190210 PRL:
juillet 6190210 337500 150000 6002710 entre aout et
aout 6002710 septembre,217000f
septembre 5785710 mg ont été
octobre 5785710 5240000 300000 845710 dépensés? Pas de
novembre 845710 490000 0 355710 rentrée de taxe au
décembre 355710 260000 150000 245710 mois d'aout?

PRL:
PRL: depuis mai 2002, il n'y
5 000 000 partent pour la a eu aucune rentrée du
caisse d'épargne de à la taxe. Le résultat de
Madagascar la crise?
111
Annexe N°7bis
Comptes de la FIMIMANO en 2003/2004

Comptes FI.MI.MA.NO 2003/2004

Date solde précédent dépenses recettes solde à la fin du mois

2003

janvier 245 710 641 00 651 000 255 710


fevrier 255 710 1 181 710 1 225 000 299 000
mars 299 000 436 000 240 000 103 000
avril 103 000 670 500 930 000 362 500
mai 362 500 453 000 99 000 8 500
juin 8 500 642 000 651 000 17 500
juillet 17 500 270 000 333 000 80 500
août 80 500 222 500 548 000 406 000
septembre 406 000 200 000 270 000 476 000
octobre 476 000 ? ? ?
novembre 344 250 450 000 105 700
décembre 105 700 1 556 500 1 970 000 519 250
2004
janvier 519 250 997 500 1 210 000 731 750
février 731 750 1 335 000 1 690 000 1 086 750
mars 1 086 750 1 000 000 580 000 666 750
avril 666 750 160 500 1 020 000 1 526 250
mai 1 526 250 25 000 0 1 501 250
juin 1 501 250 679 000 0 847 250
juillet 847 250 640 500 290 000 496 750

112
Annexe N°8

113
Annexe N°9

A propos du fonctionnement des Communautés Locales de Base d’Ifanato et de


Mahaleotse :
Nous n’avons pu travailler sur cette question. Nous avions prévu une série
d’entretiens lors de notre second séjour aux Sept Lacs, mais à cause d’un
problème de santé, nous avons du rentrer en urgence sur Tuléar et n’avons pu
rencontrer les membres prévus.
Nous intégrons ici la listes des informations que nous recherchions :
- Le nombre de membre dans chacune des associations
- Les différents statuts officiels
- Les professions de chacun des membres
- Savoir si les membres ont été scolarisés
- Demander aux présidents les objectifs de l’association
- Les principales actions concrètes menées pour réaliser ces objectifs
- Savoir s’il y a des femmes parmi les membres
- Si non pourquoi
- Certaines seraient-elles intéressées
- Comment se passent les élections
- Quelle est la fréquence des réunions
- Les deux associations se rencontrent-elles de temps en temps, tous les combien
- Demander aux trésoriers à voir les cahiers de comptes (jusqu’à présent, chaque
fois que les membres du SAGE ont demandé à les consulter, ils n’ont jamais
réussi)
- Savoir s’ils gardent des factures de toutes les dépenses
- Quelles sont les principales dépenses et les principales recettes
- Quels sont les projets actuels des associations
- Pourraient-elles selon elles fonctionner sans l’appui du SAGE
- Comment chacun des membres définit son rôle
- En savoir plus sur les associations des femmes qui existent (notamment au niveau
de l’artisanat)
- Qu’est ce que l’écotourisme pour chacune des personnes interrogées

114
Liste des tableaux et graphiques

Tableaux :

Tableau n°1 : Nombre de touristes étrangers passant dans la province de


Tuléar entre juillet 2003 et juin 2004 ..............................................p 19

Tableau n°2 : Nombre de touristes passant à Nosy Ve ..........................p 20

Tableau n°3 : Grille de présentation des hôtels d’Anakao.................p.28, 29

Tableau n°4 : Nombre de touristes ayant séjourné chez Jean-Claude de 1999


à 2004 ................................................................................... p.30

Tableau n°5 : Présentation de l’hôtel d’Ifanato ................................ p.34

Tableau n°6 : comptes de la FI.MI.MA.NO à la Caisse d’Epargne de


Madagascar............................................................................. p.80

Graphiques :

Graphique n°1 : Répartition des touristes venant à Anakao selon leur


nationalité en 2003 et 2004 ..........................................................p 21

Graphique n°2 : Répartition des touristes venant à Anakao selon leur CSP..p 21

Graphique n°3 : La façon de voyager des touristes visitant Anakao ..........p 22

Graphique n°4 : Les principales caractéristiques à l’origine de l’attractivité


du site d’Anakao/Nosy Ve.............................................................p 22

Graphique n°5 : Moyenne d’âge des touristes venant à Anakao, selon les
hôtels, en 2003 et 2004 ...............................................................p 23

Graphique n°6 : Evolution du nombre de touristes ayant séjourné chez Jean-


Claude depuis 1999 ................................................................... p.30

Graphique n°7 : La nationalité des touristes ayant séjourné chez Jean-


Claude de 1999 à 2004 ............................................................... p.31

115
Liste des cartes et croquis

Carte n°1 : Localisation des sites et des principaux lieux évoqués dans
l’étude .................................................................................. p.12

Carte n°2 : Croquis de l’îlot de Nosy Ve en juillet 2004 ....................... p.27

Carte n°3 : Croquis du site et des aménagements des Sept Lacs ............. p.36

Carte n°4 : Structures d’hébergement à Anakao, tourisme ou écotourisme ?


étude des critères environnementaux ............................................. p.56

Carte n°5 : Structure d’hébergements à Anakao, tourisme ou écotourisme ?


un apport contrasté pour les communautés locales ............................. p.58

Carte n°6 : Structures d’hébergements à Anakao, tourisme ou écotourisme ?


la formation et la sensibilisation des touristes, un aspect souvent négligé de
l’écotourisme. ......................................................................... P.60

Carte n°7 : Les Sept Lacs, un site écotouristique … malgré lui ? ............. p.67

Carte n°8 : Les structures d’hébergement, tourisme ou écotourisme, carte


de synthèse ............................................................................ p.70

Liste des schémas et brochures

Schéma n°1 : Les conflits d’usage sur le site d’Anakao/Nosy Ve ............. p.39

Schéma n°2 : Proposition de projet : l’exposition de coquillages à Anakao p.89

Brochure n°1 : Présentation de la FI.MI.MA.NO et explication sur la taxe


pour visiter Nosy Ve................................................................... p.87

Brochure n°2 : Promotion du site des Sept Lacs ................................ p.97

116
Liste des photos

Photo n°1 : Ilot de Nosy Ve vu du village d’Anakao............................... p.8

Photo n°2 : Pirogue sur la plage d’Anakao ......................................... p.9

Photo n°3 : Vue de l’Onilahy ....................................................... p.10

Photo n°4 : Le lac numéro sept sur le site des Sept Lacs ...................... p.11

Photo n°5 : Anakao .................................................................. p.19

Photo n°6 : Paille en queue rouge................................................. p.25

Photo n°7 : sentier botanique en chantier sur le site des Sept Lacs ......... p.35

Photo n°8 : Un bungalow de l’hôtel « Longo Vezo » ............................ p.53

Photo n°9 : Un bungalow de l’hôtel « Chez Monica »........................... p.53

Photo n°10 : Un bungalow de l’hôtel « Le Prince »............................. p.54

Photo n°11 : Piste coupée entre Mahaleotse et Ifanato........................ p.63

Photo n°12 : Construction d’un abri sur Nosy Ve................................ p.73

Photo n°13 : Photo de Nosy Ve..................................................... p.74

117
Liste des entretiens

Les structures et organismes

- A.N.G.A.P. M. le directeur Jocelyn RAKOTOMALALA, et Ludovic, le


responsable SIG

- W.W.F. Edmond RANDRIANIRINA, M. Joseph

- M.Francis, consultant WWF dans l’O.R.T.U., puis directeur du


bureau exécutif de l’O.R.T.U

- A.N.A.E., chef de projet, M. RAKOTOTIANA Andriamaholosoa

- Institut Halieutique des Sciences Marines IH.SM. Mr. Man Waï,


directeur

- Direction Inter Régionale du Tourisme (D.I.R.T.) de Tuléar, M.


Hervé et Mme Juliette

- Commissariat divisionnaire de Tuléar

- L’Association pour le Développement de l’Energie Solaire (A.D.E.S.)


à Tuléar

- Air Madagascar

- Stationnement taxi-brousse

- Pierre, de la société COPEFRITO, entreprise de collecte de pêche

- Le directeur, M. ALEGNE, de la fondation Tany Meva à Tuléar

- Le père Jean-Claude, responsable de la paroisse d’Anakao

Les opérateurs touristiques

- Jean-Claude, propriétaire et gérant de l’hôtel d’Ifanato

- Catherine, pour l’hôtel « Safari Vezo » à Anakao

- Michel, pour l’hôtel « Le Prince » à Anakao »

- Le gardien de l’hôtel « chez Solange » en construction à Anakao

- Mikaël, Laurent et Annick, pour l’hôtel « chez Monica » à Anakao

118
- Eric et Carole, pour l’hôtel « Longo Vezo » à Anakao

- Emile, pour l’hôtel « chez Emile » à Anakao »

- Des employés, pour l’hôtel « chez Stoïck »

- Gilles pour l’hôtel « la Réserve », et en tant que gérant de la


compagnie de - transport « La Compagnie du Sud »

- Alain, pour l’hôtel le « Sax’aphone » à Tuléar

- Alain, pour l’hôtel « chez Alain » à Tuléar

- Alain, pour l’hôtel « le Refuge » à Tuléar, qui est en même temps,


le vice-président de l’Office Régional de Tourisme de tUléar (ORTU)

- René de la société « quad du Capricorne » à Tuléar

- Bernard, de l’entreprise « Trajectoire » à Tuléar

Les associations gérant les ressources naturelles sur les sites étudiés

La FI.MI.MA.NO :
- Le président Jeau Filison Guiffant
- Les deux vice-présidents
- Les deux commissaires aux comptes
- Un secrétaire
- Le trésorier (Emile de l’hôtel « chez Emile »)

Simple présentation avec les présidents des Communautés Locales de Base


d’Ifanato et de Mahaleotse

119
Bibliographie:

x Ouvrages généraux:

BATTISTINI R., L’Afrique Australe et Madagascar

BATTISTINI R. et HOERNER J.M., 1986, Géographie de Madagascar,


SEDES, Edicef

RAVALIMANANA A., (ouvrage collectif), Madagascar 91-94, dans l’œil du


cyclone

LEBIGRE J.M., 1994, milieux et sociétés dans le Sud Ouest de


Madagascar

LE LOUVRIER AUMONT DE BAZOUGES H., Madagascar, l’île de nulle part


ailleurs

x Revue :

Cahiers Nantais N°52

x Mémoires

LECORDE M. et BEMANATA E., 2003, Etude des Pailles en queue à brin


rouge de Nosy Ve, IH.SM, Tuléar, labo écomar

PATY F., étude du littoral de la réserve de la biosphère de Mananara,


mémoire de maîtrise, université de Nantes

RAVAOARLINE L., 2002, tourisme écologique dans la région de Tuléar :


exemple d’Ifaty et de Mangily, mémoire de D.E.A, Université de
Tananarive

RENAUD B., entre conservation et développement, l’écotourisme dans


la montagne d’Ambre, mémoire de maitrise, université de Nantes

x Documents du S.A.G.E

Association des chercheurs, « forêt des Sept Lacs », ONE, 2002, Appui à
la filière écotourisme dans la zone des Sept Lacs (Toliara-Madagascar),
rapport final

120
Association « Chercheurs Enseignants Réunis pour la Gestion Intégrée
des Milieux » (CERGIM), 2000, Inventaire et étude biologique sur
l’écosystème forestier des Sept Lacs

Fondation Tany Meva, 2000, Monographie du grand écosystème des


Sept Lacs (sud-ouest de Madagascar)

S.A.G.E. Unité technique régionale de Toliara, 2003, Plan communal de


développement, commune rurale d’Ambohimahavelona

SA.G.E, U.N.D.P Madagascar, 2001, Le Sous Programme autour de la


Forêt des Sept Lacs, 33 pages

S.A.G.E, 2004, Manuel pour la mise en place de l’écotourisme


communautaire, quelques expériences de gestion locale, 45 pages

121
Plan détaillé

Introduction
Les principales caractéristiques économiques et sociales des lieux d’étude
Fiches de présentation des sites

I. ETAT DES LIEUX : Tourisme et gestion des ressources touristiques

A. Contexte de l’activité touristique dans le sud-ouest de


Madagascar et sur les deux sites étudiés :

Intro : le tourisme à Madagascar. (chiffres et contraintes)


1. La défaillance de la promotion touristique dans le sud-ouest de
Madagascar
Intro : une promotion freinée au niveau national par le conflit entre l’Office
National du Tourisme et la maison du tourisme
a) Le difficile accouchement de l’Office Régional
du Tourisme de Tuléar
¾ L’O.R.T.U, une initiative prometteuse ?
¾ L’oubli des petites structures locales ?
¾ L’O.R.T.U, un futur acteur pour la promotion de l’écotourisme ?
b) L’inefficacité de la Direction Inter-Régionale du
Tourisme de Tuléar
¾ Un mauvais fonctionnement qui bloque le développement de
l’O.R.T.U
¾ Un unique rôle : le contrôle de l’application de la réglementation

2. Le tourisme, une activité déjà bien ancrée à Anakao/Nosy Ve :


a) Anakao/Nosy Ve, un site connu des touristes
¾ Des touristes relativement nombreux, avant la crise :
¾ Profil des touristes attirés par le site d’Anakao
b) Les richesses touristiques du site :
¾ Le récif annulaire pour la plongée
¾ La curiosité locale : le Paille en queue rouge
¾ Richesses culturelles : conflits entre Malgaches et Vazaha sur le
respect des fady.
¾ Vestiges archéologiques et aménagements touristiques sur Nosy Ve :
c) Descriptif de l’offre touristique à Anakao : (tableau de
synthèse)

3. Les Sept Lacs, un site encore peu connu :


a) Les sept lacs, un site très peu fréquenté par les
touristes
¾ Des quantités de visiteurs faibles et difficiles à évaluer
¾ Profil des touristes concernés
b) Les richesses touristiques

122
¾ Diversité de la flore pour les passionnés de botanique
¾ Les curiosités faunistiques des 7 lacs qui attirent les touristes
¾ Les légendes des 7 lacs, un côté authentique qui séduit les visiteurs
c) les aménagements touristiques
¾ l’hôtel de Jean-Claude
¾ Aménagements récents et en cours

B. Présentation, Fonctionnement et Objectifs théoriques


des Associations gérant les ressources touristiques :

1. La FI.MI.MA.NO, pour Nosy Ve:


a) Objectifs et outils de gestion de l’association
b) Les conflits d’usage, à l’origine de la mise en place de
l’association et le fonctionnement actuel
c) L’application du Dina dans un contexte touristique

2. La FI.MPI.A.FA.NA, pour les sept lacs :

a) La GELOSE et les transferts de gestion aux Communautés


Locales de Base
b) Objectifs et outils de gestion de cette association
c) Les modalités d’application du DINA dans le contexte
local.

II. Les défis de l’écotourisme et de sa gestion


communautaire.

A. L’écotourisme : un fossé entre la théorie et la réalité du


terrain.

1. L’écotourisme : un terme à la mode mais qui change de


sens selon les intérêts de chacun.

Intro : rappel définitions des critères écotouristiques

a) La vision des communautés locales, sur


l’écotourisme
b) Définition de l’écotourisme par le SAGE
c) l’écotourisme vu par les opérateurs touristiques :
du gagne-pain à l’outil de marketing.

2. Evaluation des sites à partir de critères écotouristiques

a) A Nosy Ve/Anakao, du tourisme plus que de


l’écotourisme

123
¾ Des infrastructures touristiques pas toujours respectueuses de
l’environnement (Des transferts polluants et peu sécurisés, réversibilité et
distance à la côte des bâtiments, la nature des énergies utilisées, les types
d’activités pratiquées (carte de synthèse) )
¾ Un apport contrasté pour les communautés locales
¾ Des manques dans la formation et la sensibilisation des touristes
Conclusion : le grand projet de réserve foncière

b) L’isolement du site des sept lacs en fait un site


écotouristique malgré lui :
¾ Des moyens d’accès trop complexes et spécialisés, qui bloquent l’accès au
site…
Une seule et unique piste, en très mauvais état
Des moyens d’accès très spécialisés et réservés à un public particulier et
minoritaire
¾ …alors que celui-ci remplit bien les critères écotouristiques
L’immersion complète dans la vie du village
Des activités et des infrastructures qui respectent l’environnement
Mais des impacts restreints sur l’ensemble de la communauté

c) L’accès difficile, un critère écotouristique ?

Conclusion : les 7 lacs, des potentialités pour devenir un site écotouristique


Anakao/Nosy Ve, un retour en arrière difficile

B. Les difficultés d’une gestion communautaire :


Intro : la gageure du développement de l’écotourisme communautaire, et le
dysfonctionnement des associations.

1. Les prises d’initiatives locales bloquées par les


manifestations de la complexité des relations sociales

2. Opacité du fonctionnement actuel des associations


¾ Confusion entre le rôle de la commune et des associations
¾ Des acteurs essentiels non représentés
¾ Manque de communication sur les objectifs concrets des associations,
pourquoi ?

3. Des objectifs peu clairs et des responsabilités mal réparties


¾ Définition des rôles selon leur représentant
¾ Des partages de responsabilité limités : rôle prédominant du président,
absence des femmes

4. Une gestion financière désastreuse ( ?)

a) La FIMIMANO présente des difficultés flagrantes pour gérer


ses ressources :
¾ Des comptes tenus par intermittence,
¾ Des dépenses incohérentes par rapport aux objectifs…

124
¾ L’incapacité à travailler un budget prévisionnel

b) …ce qui a pour conséquence l’absence complète de crédibilité


de l’association

III. REFLEXION ET SUGGESTIONS : pour une gestion durable


des sites d’Anakao/Nosy Ve et de la forêt des Sept Lacs.
Intro : toute action doit être appuyée par un effort de communication entre
les acteurs.

A. La mise en place de l’écotourisme communautaire passe par :

1. L’amélioration du fonctionnement interne des associations

a) L’aspect financier
o Construire un budget prévisionnel
o La transparence des comptes

b) Travail sur la méthodologie


o Apprendre à se poser les bonnes questions
o Faire des fiches de rôle pour chacun des membres
o Définir un responsable par projet
o Que le SAGE transmette certains de ces travaux aux associations
locales.

c) Une communication interne à améliorer


o Etablir et afficher des comptes-rendus des actions menées par a
FI.MI.MA.NO
o Sur le panneau d’affichage, l’association devrait également afficher
et faire connaître les projets d’initiative locale.

2. Des actions à la mesure des associations


o Appui technique pour informer les touristes.
o Offrir des financements pour lancer des activités
o Location ou prêt du local
o Afficher les Dina
o Faire un travail de sensibilisation auprès des écoles

3. Le développement d’un écotourisme d’envergure


o Réfléchir à des investissements pouvant compenser à court terme les
efforts des populations pour préserver les ressources naturelles
o Investir dans l’école, le dispensaire et dans les problèmes de l’eau.

B. Faire une promotion des sites adaptée

1. Former les populations locales


o Formation des vendeuses
o Former des piroguiers comme guides sur l’îlot

125
2. Faire connaître les Sept Lacs

o Diffuser les moyens d’accès.


o Travailler une brochure pour faire connaître le site et ses richesses.
o Créer un site Internet pour présenter le site des 7 lacs, ce que l’on
peut y faire, y voir.
o Travailler avec Jean-Claude pour faire la promotion de son
établissement.

3. Préserver Nosy Ve/Anakao d’un tourisme de masse.


o Préserver le côté naturel du site de Nosy Ve. Ne pas rajouter
d’aménagements
o Ne pas développer le tourisme trop vite.
o Veiller à la cohabitation entre le tourisme et le village. (inciter à
développer des activités locales tel qu’un club de pirogue à voile)
o Développer d’autres activités pour mettre davantage en lien les
touristes et les villageois.
o Garder un nombre de touristes à l’échelle de la capacité d’accueil du
site et du village
o Ne pas augmenter la taxe pour aller sur Nosy Ve.

Conclusion Générale

126

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