Écotourisme et Gestion Communautaire à Tuléar
Écotourisme et Gestion Communautaire à Tuléar
(I.G.A.R.U.N)
Ecotourisme
et
gestion communautaire des
ressources touristiques
sur les sites d’Anakao/Nosy Ve
et de la forêt des Sept Lacs
1
Institut de Géographie et d’Aménagement Régional de l’Université de Nantes
(I.G.A.R.U.N)
Ecotourisme
et
gestion communautaire des
ressources touristiques
sur les sites d’Anakao/Nosy Ve
et de la forêt des Sept Lacs
3
Liste de sigles
4
Sommaire
5
INTRODUCTION GÉNÉRALE
6
sites, de quatre à cinq jours chacune. Notre second séjour à la forêt des Sept
Lacs s’est vu très nettement raccourci, à cause d’ennuis de santé qui nous ont
contraints à rentrer en urgence sur Tuléar. Nous n’avons pu par la suite
retourner sur le site, c’est pourquoi notre étude souffre de l’absence de
nombreuses données concernant les associations d’Ifanato et de Mahaleotse.
Nous tenions d’ailleurs à nous en excuser.
Afin de connaître les particularités des visiteurs de chacun des deux
sites, nous avons choisi de procéder par enquêtes. Nous avons créé deux
questionnaires assez proches, l’un pour Nosy Ve, l’autre pour les Sept lacs, et
nous les avons traduits en anglais et fait traduire en malgache. Ceux-ci
étaient volontairement très courts, de façon à ce que les visiteurs puissent les
remplir facilement. Ils avaient pour objectifs de faire ressortir les
caractéristiques sociologiques des touristes, de mettre en relief les principaux
éléments d’attractivité des sites et de tester la communication faite autour
de la taxe et des associations de gestion des ressources. Nous avons laissé ces
enquêtes aux différents hôteliers d’Anakao et d’Ifanato, dans chacune des
structures qui organisent des transferts vers les deux sites (au port et dans les
magasins de location de moto, quad…), ainsi que dans plusieurs hôtels de
Tuléar, par lesquels transitent les visiteurs, avant de se rendre sur les sites.
Ces différentes tentatives se sont révélées des échecs. La très faible quantité
de visiteurs se rendant aux Sept Lacs ne nous a pas permis de réunir
suffisamment de questionnaires pour qu’ils puissent être exploités. Pour
Anakao/Nosy Ve, les hôteliers ont fait preuve d’un réel manque de
coopération. Malgré un premier contact engageant, ils n’ont souvent fait
aucun effort pour transmettre nos questionnaires à leurs clients. (Il est vrai
que nous étions au plus fort de la saison touristique et que le travail ne
manquait pas). Nous avons donc fait remplir nous mêmes la quasi totalité des
cinquante quatre questionnaires que nous avons réunis, lors de nos séjours sur
le terrain. Ils sont insuffisants pour être vraiment représentatifs mais nous ont
tout de même permis de faire ressortir quelques grandes orientations, qui
seront détaillées au cours de l’étude.
Finalement, pour compléter les informations ainsi obtenues, nous avons
pris du temps pour observer : les sites, leurs aménagements, leurs contraintes
mais aussi les façons de se comporter, de discuter, d’agir des principaux
acteurs concernés. Par là, nous avons cherché à cerner les manières dont ils
fonctionnent et nous avons pu en tirer certains enseignements précieux pour
la fin de notre étude.
Après avoir brièvement présenté chacun des deux sites d’étude, nous
avons entrepris de dresser un état des lieux, à la fois de l’activité touristique
sur les sites et de l’état de marche des associations. Ensuite, nous avons
analysé le défi que représente la mise en place de l’activité écotouristique et
sa gestion communautaire. Enfin, nous avons ordonné les suggestions qui nous
paraissent prioritaires afin d’envisager une gestion des deux sites plus
durable.
7
Fiche de présentation de Nosy Ve :
Coordonnées : 023°39’S-43°36’E
Surface : 24 hectares
Longueur : 1300 mètres
Largeur : 300 mètres
Distance d'Anakao : 3 km
Localisation :
- Faritany : Toliara
- Fivondronana : Toliara 2
- Commune : Anakao
- Fokontany : Anakao-bas
8
rare, la source d’eau douce la plus proche se situant à huit kilomètres. Les
villageois se contentent pour leur consommation d’eau saumâtre. On peut ainsi
relever les trois principaux problèmes d’Anakao : la santé, l’éducation et l’eau. Le
manque d’hygiène est également préoccupant : la plage sert de toilettes à
l’ensemble de la population villageoise. Les autorités ne parviennent pas à lutter
contre ce phénomène, qui avait pourtant été éradiqué lors de la dernière épidémie
de choléra.
Pirogue, sur la
plage du village
d’Anakao
9
Fiche de présentation de la forêt des Sept Lacs
Un des nombreux
paysages de la forêt des Sept
Lacs, vue sur l'Onilahy.
10
riziculture, des cultures sèches (manioc, haricots, pois du cap, pois de vohème,
patates…), et une pionnière sur le plateau. Les populations y pratiquent le
« hatsake », forme d’agriculture sur brûlis du sud de Madagascar, pour y cultiver du
maïs. Celle-ci entraîne une forte dégradation de l’écosystème et accélère le
processus de déforestation, d’autant que l’exploitation du bois est relativement
importante sur la zone. On l’utilise pour la production de charbon de bois et pour
la commercialisation de bois d’œuvre. Sur le site du grand écosystème des sept
lacs, il existe trois lieux de prélèvement de bois d’œuvre et de construction :
Analavelo-Lavasadia, Amindrediko et Anahibey. Des permis de coupe sont délivrés
mensuellement par le canton de Toliara II contre paiement.
L’élevage y joue aussi un rôle important ; le principal objectif des pasteurs
de la zone reste la constitution de cheptel bovin (celui-ci représente à la fois un
prestige social, une forme d’épargne, une force de travail, un moyen de
transport…). Les caprins sont aussi nombreux. Ils exercent une forte pression sur la
couverture végétale
On pratique également la pêche en eau douce. La cueillette et la chasse
sont des activités d’appoint en période de soudure : babo, tamarin, miel peuvent
être ramassés. La production naturelle du miel ne cesse de chuter à cause des
produits anti-ancrédiens. On fabrique du rhum, mais davantage pour la
consommation locale. Beaucoup de tabous entourent la chasse. Selon les ethnies,
lémuriens, hérissons, tortues, sangliers, perdrix, pintades… sont préservés.
Le lac Numéro 7,
ou Lac Sacré
11
carte n°1
12
Ière Partie
ETAT DES LIEUX :
Tourisme et gestion des
ressources touristiques
13
A. Contexte de l’activité touristique dans le Sud-Ouest de
Madagascar et sur les deux sites étudiés :
Le seul moyen de venir à Madagascar est l’avion. En effet, en tant q’île, les
transports sont limités. Le bateau est inconcevable lorsque l’on parle de l’activité
touristique. Non seulement Madagascar souffre de son éloignement par rapport aux
pôles de la triade, principaux émetteurs de touristes, mais en plus, son billet
d’avion est très cher, même par rapport à des destinations de distance équivalente
comme la Réunion. Pour venir d’Europe, (d’où est originaire la grande majorité de
visiteurs), on ne peut penser voyager pour moins de 1000 euros, en pleine saison.
Cela freine toute une population de touristes. Les flux sont aussi très dépendants
des offres des liaisons aériennes. On se rend ainsi compte, depuis l’ouverture de la
ligne Milan/Antananarivo que le nombre d’Italiens à certaines périodes de l’année
a beaucoup augmenté. Cependant, ces lignes directes restent rares. D’après les
sondages effectués auprès d’un certain nombre d’hôteliers, il s’agit du frein
majeur à la croissance de l’activité touristique.
Enfin, Madagascar, après avoir connu une relative fermeture aux étrangers
pendant la période 1972-1992, a vu sa fréquentation touristique chuter avec la
crise politique de 2001/2002. La Grande Ile tarde à se relever et commence à peine
à accueillir à nouveau des visiteurs. Le nombre de visiteurs accueillis en 2003 est
estimé par le ministère du tourisme à 115 000.
14
Zoom sur le sud-ouest de l’île
Le sud est une destination prisée par les touristes étrangers. Sur les 160 000
qui ont visité Madagascar en 2000, 50% ont organisé leur circuit pour visiter au
moins un site de cette région. 28% sont passés à Tuléar (selon une autre enquête
du ministère du tourisme en 2002).
Tuléar est une plaque tournante pour les visiteurs du sud-ouest de
Madagascar. C’est le point de départ pour un certain nombre de destinations
connues et vendues par les tours opérateurs, comme Ifaty et Mangily, Anakao, la
réserve de l’Isalo, le parc de Tsimanampetsotse, etc. Le sud est la région la plus
visitée, accueillant 38,4 % des touristes. Tuléar et ses alentours sont inscrits dans
un certain nombre de circuits touristiques à l’échelle nationale ou régionale.
15
l’origine, il s’agissait essentiellement d’hôteliers et de promoteurs, mais l’Office
compte aussi parmi les membres du bureau exécutif, un représentant de la
commune urbaine de Toliara, le directeur provincial du tourisme, parvenant ainsi à
impliquer les différents acteurs majeurs du tourisme sur Tuléar.
A l’heure actuelle, deux consultants ont été recrutés. Ils ont la tâche
d’appuyer le Conseil d’Administration de l’Office pour la mise en œuvre
opérationnelle et pérenne dudit Office.
16
Par ailleurs, par son fonctionnement même, l’office exclut bon nombre de
petites structures. En effet, en plus de l’adhésion fixée à 150 000 fmg par an,
chacun des membres est amené à participer financièrement à chacune des actions
prévues, faute de financements. Ainsi, pour le projet de mise en place d’un
panneau à l’aéroport, il est demandé 100 000 fmg par adhérent.
L’hôtel de Jean-Claude sur les Sept lacs ne fait pas partie de l’Office. Pour qu’il
puisse adhérer, il faut d’abord que le site soit reconnu par l’ANGAP, puis que soit
créé un circuit intégrant le lieu et enfin que les tours opérateurs soient sensibilisés
et informés sur son existence.
A l’heure actuelle, L’O.R.T.U est appuyé par le WWF. Celui-ci finance la mise
en place de l’Office jusqu’à sa deuxième année. L’objectif est d’intégrer dans la
promotion du tourisme sur la région de Tuléar, une notion de protection de
l’environnement. « Tuléar et ses alentours ont des potentialités pour les activités
écotouristiques mais elles ne sont pas exploitées à bon escient. » (M. le directeur
exécutif de l’ORTU.) Il s’agit de limiter les pressions sur l’environnement par le
développement de l’écotourisme. L’ORTU devra fournir des comptes rendus au
WWF ayant le rôle de bailleur de fond. Les deux consultants recrutés sont des
membres du WWF. Il s’agit de Madame Zoé, secrétaire, et de Monsieur Francis
Ramanantsoa, directeur exécutif.
17
¾ Un unique rôle : le contrôle de l’application de la
réglementation
18
Ceux-ci
correspondent tout à
fait aux stéréotypes des
lieux recherchés par les
touristes. Ils
bénéficient de plages
de sable fin, d’une mer
superbe, de soleil en
abondance, même
pendant la saison dite
d’hiver, qui correspond
à la période des
vacances des touristes
occidentaux.
Anakao, juillet 2004
Photo n°5: Claire et Violaine
Nombre de touristes étrangers passant dans la province de Tuléar entre juillet 2003 et juin 2004
juil-03 août-03 sept-03 oct-03 nov-03 déc-03 janv-04 févr-04 mars-04 avr-04 mai-04 juin-04
505 868 573 931 854 514 575 288 371 561 571 441
Tableau n°1
On obtient un total de 7052 touristes, soit six fois moins qu’avant la crise
(mais avec des sources différentes.)
Il est aussi extrêmement difficile d’estimer précisément le nombre de touristes
passant par Anakao. Pour le site d’Anakao/Nosy Vé, les seuls chiffres dont nous
disposons sont ceux notés par le gardien de l’îlot, à certaines périodes.
Malheureusement, ils sont très incomplets, et ne dépassent pas juillet 2001.
19
Nombre de touristes passant à Nosy Ve
Il est aussi souvent reproché au
1999 2000 2001
janvier 151 170
gardien d’être absent momentanément de
février 122
l’îlot, et ainsi de ne pas pouvoir effectuer les
mars 93 86
comptages et le prélèvement de la taxe de
avril 153 105
façon convenable. Cependant, en utilisant
mai 105
les chiffres de 1999 et de 2001, on pouvait
juin 198 estimer, avant la crise, le nombre de
juillet 168 touristes passant à Nosy Ve à près de 2640.
août 602 (ce qui fait tout de même une moyenne de
septembre 208 plus de sept touristes par jour) Tous les
octobre 289 touristes venant à Anakao ne vont pas à Nosy
novembre 262 Ve, mais cette promenade en concerne
décembre 324 quand même la grande majorité.
tableau n°2 Source : FI.MI.MA.NO
Avec les fiches présentes au commissariat et les enquêtes faites auprès des
touristes, nous avons tenté de définir les différents profils des visiteurs passant par
Anakao. En effet, il est nécessaire de cerner le public intéressé pour pouvoir faire
une promotion efficace du site.
Sont présentes au commissariat 458 fiches de touristes étant passées à
Anakao, entre juillet 2003 et juin 2004. Elles émanent de cinq hôtels : « Longo
Vezo », « Chez Monica », « Le Prince d’Anakao », « Safari Vezo » et « Chez Emile ».
A partir de cet échantillon, nous avons pu synthétiser les informations principales.
20
Répartition des touristes venant à Anakao selon leur
3%
nationalité, en 2003/2004
5%
Français
autres
graphique n°1
retraités
étudiants
sans emploi
46%
graphique n°2 source : questionnaires du commissariat
réalisation : Claire et Violaine
21
La façon de voyager des touristes
visitant Anakao
6% 9%
seul Ils voyagent donc très peu en
en famille groupe, mais surtout en couple en
26%
22% en couple famille ou avec des amis. Les
avec des amis voyageurs isolés semblent aussi
en groupe relativement rares à Anakao
Source : enquête
Claire et Violaine
37%
Graphique n°3
Ils ont connu le site par des guides touristiques (essentiellement le routard,
le Lonely Planet et le Petit Futé), à 46%, ou par des amis, à 50%. Le bouche à
oreille tient donc une place extrêmement importante pour la promotion de ce site.
Les sites Internet ont aussi été évoqués, mais par un faible pourcentage.
25
20
pourcentages
15
10
Graphique n°4
Source : enquêtes Claire
et Violaine
22
On peut aussi constater que le « spectre de touristes visés » est relativement
large. Les structures d’hébergement appartiennent à des gammes différentes, avec
des fourchettes de prix larges : de Clovis, à 25 000fmg la nuit qui propose un
accueil de base, au prince d’Anakao à 360 000fmg la nuit en demi-pension (taux de
change de juillet 2004) .
La moyenne d’âge des touristes séjournant à Anakao est aussi un indicateur ;
Elle est faussée par le fait que seule une personne par groupe remplisse la fiche de
la police. Avec ce système, les familles et donc les enfants ne sont jamais pris en
compte. Cependant, cette information permet de distinguer les hôtels entre eux.
Ainsi, on constate que les hôtels « Chez Emile » et « Chez Monica » accueillent une
population nettement plus jeune que « Prince d’Anakao » et le « Safari Vezo ». On
peut y voir la marque d’une offre diversifiée, s’adaptant à différents profils de
touristes.
50
40
30 échantillon de 458
touristes issu des fiches
20
de police
10
0
chez Safari Vezo Chez Emile Le Prince Longo
Monica Vezo
Graphique n°5
Les visiteurs séduits par le site d’Anakao représentent un public large, peu
spécialisé : il peut s’agir de familles, de jeunes, de retraités. Tous disposent de
ressources relativement importantes. Cependant, ils s’accordent et forment un
groupe homogène parce qu’ils viennent tous chercher la même chose : passer
quelques jours dans un lieu paradisiaque (selon leur propre terme), calme,
désertique. Pour que le site reste attractif durablement, ce sont ces aspects qu’il
faudra préserver.
Un autre type de public, un peu en marge de ceux décrits ici, se développe à
Anakao : ce sont les surfeurs. Aux dires des hôteliers, ils sont de plus en plus
nombreux et le site commence à être connu dans le milieu du surf.
Le récif annulaire de Nosy Ve est très connu. Il est intégré au grand récif de
Tuléar et de la côte ouest de Madagascar, présenté comme la deuxième ou
troisième plus grande barrière de corail du monde. Il présente un attrait
incontestable pour les plongeurs. Plusieurs clubs de plongée se sont d’ailleurs crées
23
à partir des hôtels d’Anakao. Ils proposent des plongées avec bouteilles ou plus
simplement avec palmes et tuba.
Cependant, globalement, ce récif est en dégradation et le site touristique
risque de perdre un de ces atouts majeurs si rien n’est fait pour le préserver.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de la baisse de l’activité corallienne :
Le site de l’Aquarium Nord, au nord de l’îlot est protégé. Il est délimité par
des bouées. La pêche y est interdite, la seule activité autorisée est la plongée
sous-marine. Celui-ci montre un état de santé beaucoup plus favorable que dans
les alentours. On y trouve une grande quantité de poissons commerciaux. C’est
là que l’on peut observer des colonies coralliennes nouvellement installées. La
partie Est de l’Aquarium est même une zone de reproduction. Il n’y a que dans
cette zone que l’évolution est progressive, ailleurs, elle se dégrade.
L’îlot est le seul endroit à Madagascar qui accueille l’oiseau Paille en queue
rouge, ou « vorompano »,(phaeton Rubricauda). Ce sont des oiseaux marins
n’existant que dans les eaux tropicales des océans Indien et Pacifique. D’une
24
envergure d’environ un mètre vingt pour un poids de 800 grammes, ce sont des
oiseaux entièrement blancs avec deux très longues plumes rouges à la queue.
L’île de Nosy Ve est protégée par un « fady » interdisant de tuer tout animal
ou plante vivant sur l’île. C’est cette protection absolue qui a permis aux pailles en
queue rouge, très sensibles au braconnage, de s’y installer et d’y prospérer en
toute quiétude. Découverte il y a une vingtaine d’années, cette colonie est en
effet passée de deux couples en 1980 à une centaine actuellement. Elle est suivie
depuis 2000 par l’O.N.G britannique Frontier, qui réalise des comptages visuels
périodiques des nids occupés.
Chaque jour, quelques villageois et pêcheurs viennent sur l’île. Ils emmènent
souvent des touristes pour qui la population de pailles en queue est devenue une
attraction. Cependant, la fréquentation de l’île reste assez modérée. Celle-ci est
sans effet sur les oiseaux dont les nids sont bien protégés par les buissons.
Cependant, il faut bien préciser aux visiteurs de ne pas s’approcher à moins de
trois mètres d’un nid et de ne pas tenter de toucher les oiseaux.
Il faut quand même préciser que les pailles en queue ne présentent d’intérêt que
parce qu’ils n’existent qu’ici à Madagascar. Sinon, ce sont des oiseaux très
communs, du moins pour les non-spécialistes. On peut penser que leur rareté a
servi de prétexte pour imposer la protection de l’île.
Les Pailles en queue rouge ne sont pas les seules espèces d’oiseaux
observées à Nosy Ve. Les passionnés d’ornithologie pourront aussi rencontrer : Des
aigrettes dimorphes, des hérons cendrés, des sternes voyageuses, des tourepierres
à collier, des bécasseaux sanderlings, des pluviers argentés, ou encore des
cisticoles malgaches.
Dans les eaux alentours, passent de façon saisonnière les dugongs et les
baleines à bosse, ainsi que d’autres espèces protégées comme les dauphins et les
tortues marines. L’îlot a d’ailleurs été déclaré réserve pour les tortues nidifiantes
dès 1923. Cependant, cela fait une vingtaine d’années que l’on n’a pas vu de
tortues sur l’île.
25
faut pas faire ses besoins sur l’île. Toute la végétation et les animaux sont protégés
par un Fady, il y est interdit de les tuer.
Aujourd’hui, les Malgaches ne sont pas tous d’accord sur la façon dont les
Vazaha doivent se comporter par rapport aux Fady. Tous les Malgaches les
respectent, mais certains pensent que ce n’est pas la culture des Vazaha et qu’ils
n’ont pas à les respecter. Sans doute craignent-ils surtout que ces Fady
représentent un frein pour le tourisme. A Nosy Ve, certains opérateurs malgaches
soutiennent le projet d’installer des toilettes sur l’île, convaincus que cela
représente le confort minimum nécessaire aux touristes qui viennent pique-niquer
sur l’île. D’autres hôteliers Vazaha s’opposent formellement à toute construction
sur l’îlot. En réalité, les touristes ne viennent jamais passer une journée entière
sur Nosy Vé. Au pire, ils y passent quelques heures. Il ne nous paraît donc
absolument pas nécessaire d’installer des sanitaires. Au contraire, il vaut mieux
préserver l’aspect encore très sauvage de l’îlot et ses caractéristiques culturelles.
Jusqu’ici, l’île a été très bien conservée et garde un aspect tout à fait
naturel. Elle n’est plus habitée, mais conserve quelques discrètes traces de
présences humaines. En effet, des vestiges historiques et archéologiques
d’occupations anciennes de l’îlot subsistent :
- Un lieu d’offrande ou de culte traditionnel
- Un cimetière
- Un ancien bassin utilisé jadis comme réservoir par des habitants de
l’îlot.
- Deux vieilles ancres de bateau
- Les ruines d’une ancienne maison d’habitation appartenant à des
propriétaires Vazaha.
26
Carte n°2
27
Tableau n°3 grille pour les hôtels
Nom de adresse date de type de nombre nombre confort de prix agrdissemt problèmes liens avec activités reser-
nombres
l'hôtel création logement de de l'hôtel de prévu rencontrés d'autres touristiques vation?
d'
proposé chambres places opérateurs proposées à l'hôtel
employés
touristiques
Energie hôtel intégré à Plongée en oui
solaire, un circuit bouteille, (centre
les
Longo groupe touristique; agréé), 4*4 pour
bâtiment de transferts, le
Vezo n°1 en électrogène de 90 liens avec 4 sorties en brousse
stockage et nettoyage
("Chez Eric partant 2000 bungalows 7 24 de secours, 000 à 9 agences fidèles
chambre de des plages,
et Carole", du nord pas d'eau 150 000 à Tana
passage l'acquisition
français) courante, eau
du foncier
chaude sur
demande
fours et Non, fonction- plongée bouteille, oui par
panneaux nement actuel sorties baleines, mail,
solaires, pas par le bouche à 4*4 jusqu'au parc tel,
"Chez entre 12
de groupe 10 projet oreille mais de bureau
Monica" n°2 2000 bungalows 6 24 euros et les transferts
électrogène, environ d'éolienne changement de Tsimananpetsotse, à
(suisse) 18 euros
frigo à gaz, propriétaires sorties à Soalara, Tuléar
pas d'eau idée de club de
courante pirogue à voile
groupe le prix du liens 40 Nosy Ve, pirogue à oui
"Le électrogène, 24 euros billet d'avion agences à voile, lac de unique-
eau courante, chambre Tana et 3 ou 4 Tsimananpetsotse ment
Prince par et le manque
eau chaude supplémen- à l'étranger en minibus
d'Anakao" n°3 2001 bungalows 27 80 personne 28 de ligne
(2 bassins) taire moins
(israelien en 1/2 directe
chère
français) pension depuis
l'Europe
"Chez Ouverture Panneaux
Bungalows solaires
Solange" prévue pour
n°4 et 6 12
(franco- septembre
chambres
malgache) 2004
groupe 18 euros liens avec 10 sortie Nosy Ve, oui
électrogène, pour un la formation agences de plongée en mais
panneaux grand lit, du Tana bouteille, sortie pas
solaires pour mettre des pêche à la traîne unique-
"Safari moins 21 avec personnel, le
1985, repris 17 en la radio, pas WC dans ou à la ligne, sortie ment
Vezo" n°5 bungalows 50 cher le bureau nettoyage
en 1994 service d'eau les baleines
(française) depuis la de Tuléar des plages,
courante bungalows
crise l'acquisition
possibilité (150 000 du foncier
d'eau chaude Fmg)
28
groupe liens avec des sortie Nosy Ve oui, pas
électrogène hôtels de avec pique nique unique-
pour le bar, Tuléar, "Chez ment
panneaux Alain" et
solaires pour "Sax'aphone"
n°6 à 1986,
"Chez 2 bungalows, l'approvision-
l'entrée épicerie, 40 000 à familiale, 2
Emile" bungalows 6 15 pas nement en
du amélioration débattre 2 bungalows
(malgache) village petit à petit d'électricité eau
pour les
autres, pas
d'eau
courante, pas
d'eau chaude
pas plongée tuba, sortie
"Chez n°7 d'électricié, pas Nosy Ve
Clovis" dans le 1979 chambres 6 12 pas d'eau 25 000 familiale d'agrandis-
(malgache) village courante sement
n°9,
pas encore environ
"walter" après le bungalows 5
ouvert 16
village,
29
3. Les sept lacs, un site encore peu connu :
a) Les sept lacs, un site très peu fréquenté par les touristes
00
01
02
03
04
tableau n°4
19
20
20
20
20
20
Graphique n°6
Nous n’avons pu obtenir aucune donnée à Tuléar sur les touristes visitant le
site de la forêt des Sept lacs. Les fiches du commissariat ne sont pas distribuées
jusqu’à Ifanato. Il nous a donc fallu nous renseigner sur place. A partir de l’unique
hôtel de la zone, nous avons pu recueillir quelques informations. Nous avons utilisé
le livre d’or de l’hôtel qui est tenu depuis l’ouverture de l’établissement. Ce
document nous a servi de base de travail, cela dit, il n’est pas exhaustif. Un
certain nombre de visiteurs ne passent que pour une journée. Ils ne s’arrêtent donc
pas à l’hôtel. Parmi ceux qui passent au moins une nuit, à peu près la moitié, selon
Jean-Claude, laissent un mot dans le livre d’or.
Toutefois, à partir de ces informations, on peut faire un début d’analyse :
On observe à partir du tableau et du graphique, que le nombre de touristes est très
variable selon les années. Dans le cas présent, les effets de la crise, qui s’est
étendue de la fin de l’année 2001, puis sur toute l’année 2002 sont très visibles.
D’où une baisse de fréquentation depuis 2001. Nous n’avons, pour l’année 2004,
que les chiffres allant jusqu’à la mi-juin, mais d’après Jean-Claude, « ça repart ».
Cependant, entre nos deux passages, c’est à dire entre le 1 er et le 29 juillet, en
pleine saison touristique, aucun touriste n’avait passé la nuit à l’hôtel !
30
La nationalité des touristes ayant séjourné chez Jean-Claude
en 2000 Les Français sont les plus
nombreux parmi les visiteurs des
Sept lacs. Les opérateurs
français touristiques proposant le site des
autres européens Sept lacs dans leurs circuits, sont
malgaches
français pour la plupart. Cela
autres
peut expliquer en partie cette
situation.
31
¾ Profil des touristes concernés
32
¾ Les curiosités faunistiques des 7 lacs, plus à même d’attirer
les touristes :
¾ Les légendes des 7 lacs, un côté authentique qui séduit les visiteurs
Les guides qui font visiter le site sont à même de faire partager les légendes
qui existent sur les lacs. Les touristes en sont souvent friands, ils peuvent ainsi de
façon ludique partager un aspect de la culture locale.
33
ancrée dans l’esprit de la population environnante. Ce qui fait que le lac sacré est
interdit.
Le lac le plus profond est dominé par une grande cascade qui servait de
sautoir aux soldats français du temps de la colonisation »
¾ l’hôtel de Jean-Claude
pas
"Chez à l'entrée
d'électricité, 30 000
Jean- du village 1999 bungalows 5 10
douche et fmg
Claude" d'Ifanato wc collectifs
34
¾ Aménagements récents et en cours
Afin de faciliter les visites sur le site de la forêt des 7 lacs, les associations qui
gèrent les ressources naturelles (les CLB ou Communautés Locales de Base) ont mis
en place, en partenariat avec le SAGE, un certain nombre d’aménagements.
Cependant, cela ne dispensera en aucun cas la présence d’un guide. Un sentier
botanique de 4 Km permet de faire le tour des différents lacs, puis de monter dans
les collines pour observer des paysages très variés. Il passe devant le maximum de
curiosités comme l’aven d’Ankikiky. Il y a également la possibilité de camper dans
la forêt. Deux aires de camping ont été aménagées avec des commodités placées
un peu en retrait pour qu’ils s’intègrent au mieux dans le paysage. On ne peut
camper plus de trois jours sur la zone, selon le Dina.
35
Chacun de ces deux sites, quoique extrêmement différents, s’appuie, pour
faire venir les visiteurs, sur des richesses culturelles et surtout naturelles variées.
Les ressources biologiques, halieutiques pour l’un, forestières pour l’autre
constituent aussi la base du fonctionnement des populations villageoises.
Depuis quelques années, l’ensemble des ressources de ces sites est géré à l’échelle
locale, par les communautés elles-mêmes, soit à la suite d’une concertation
comme à Anakao, soit après un transfert de gestion, aux Sept Lacs.
Les communautés locales se sont constituées sous forme associative pour
gérer ces ressources. Nous allons présenter maintenant les grandes caractéristiques
de ces associations.
37
Convention sociale (« DINA »)
FI.MI.MA.NO
(Fikambanana Miaro sy Mampandroso an’i Nosy Ve
Association pour la protection et le développement de Nosy Ve)
Il est interdit d’utiliser les poisons pour la pêche, amende 50.000 fmg
Il est interdit de retourner les blocs de récif, amende 50.000 fmg
Il est interdit d’utiliser les techniques de pêche tendant à détruire le récif,
amende 50.000 fmg
Il est interdit de chasser les dauphins, amende 50.000 fmg
Il est interdit de chasser les tortues de mer les mois d’octobre et novembre,
amende 50.000 fmg
Toutes les embarcations (vedette, catamaran…) des touristes voulant
mouiller à côté de Nosy Ve doivent avoir l’autorisation de l’association
(membre de bureau représenté dans chaque village)
La pêche, quel que soit sa forme, est interdite à l’aquarium nord, amende
200.000 fmg
Il est interdit d’amener des chiens et de la viande de porc sur l’île, amende
100.000 fmg
Il est interdit de chasser tous les animaux vivants sur l’île, amende 50.000
fmg
Il est interdit de couper toutes sortes de plantes et arbres sur l’île, amende
50.000 fmg
Il est interdit de salir et de camper sur l’île sauf si on y est obligé (mauvais
temps), amende 25.000 fmg
Les touristes se rendant à Nosy Ve doivent être accompagnés par un guide
local.
38
b) Les conflits d’usage à l’origine de la mise en place de
l’association, et le fonctionnement actuel
Le site de Nosy Ve est le lieu de nombreux conflits d’usage entre les différents
utilisateurs :
CONFLITS D’USAGE
Zone de pêche
Attraction touristique : (principale ressources
site de plongée sur la des populations locales)
zone de l’aquarium de plusieurs villages
nord.
Schéma n°1
39
Depuis le 15 août 2003, le bureau est constitué de la façon suivante :
40
espèces marines de se régénérer. La pêche y est interdite, la zone est réservée à la
plongée. En réalité, les amendes payées se comptent, depuis 1999, sur les doigts
d’une main alors que certains pêcheurs continuent d’investir la zone.
Le DINA est un mode de contrat social traditionnel qui énonce des mesures
strictes. En ce qui concerne la mer, sur les sept contraintes imposées, six touches
les pêcheurs. Une seule concerne les touristes, il s’agit de l’autorisation de
l’association pour pouvoir mouiller sur l’île. Elle est la seule des interdictions à ne
pas se solder par une amende. Sur l’îlot, il s’agit essentiellement de fady déjà
respectés par les populations locales et faciles à faire appliquer aux touristes.
Comme on l’a vu précédemment, ce ne sont généralement ni les touristes ni les
opérateurs touristiques qui transgressent les règles. Quelques cas de conflits ont
tout de même été notés à propos d’étrangers refusant de laisser leur chien pour se
rendre sur l’îlot ; ceux-ci restent cependant exceptionnels. L’interdiction de
camper sur l’île concerne essentiellement les populations locales : elle va à
l’encontre des pratiques des pêcheurs nomades venant de Saint Augustin,
Lovakampy, Sarodrano et Ankilibe, pour qui l’îlot servait de camps de base.
41
2. La FI.MPI.A.FA.NA, pour les sept lacs :
42
La GELOSE n’est pas vu par tous comme une réussite. Au départ les
communautés locales pensent qu’à partir du moment où elles peuvent elles même
gérer leurs ressources, elles peuvent en faire ce qu’elles veulent. Or l’objectif
n’est pas celui-là. Il peut paraître ingénieux de laisser les communautés gérer leurs
biens, elles connaissent souvent leur environnement mieux que quiconque, mais
ces populations n’ont pour la plupart jamais reçu de formation particulière. Or
gérer des ressources naturelles pour une collectivité ne s’improvise pas. Il est
presque impossible de faire fonctionner un système de contrôle. Les règles ne sont
généralement pas respectées. Les villages sont constitués de personnes qui ont
toutes plus ou moins des liens de parenté. On ne dénonce pas un parent comme ça.
De plus, les aînées ont toujours une forte influence sur le comportement des plus
jeunes, ce qui peut parfois aller à l’encontre des nouvelles règles imposées par la
GELOSE. De plus le problème de l’argent reste entier. Si les communautés
perçoivent de l’argent par la protection des ressources, notamment avec les
systèmes de taxe, la plupart du temps elles ne savent pas quoi en faire. Le partage
est souvent source de conflits. Selon le WWF, c’est un échec à 100% car le transfert
de gestion est bien assuré mais il manque un suivi derrière. On laisse les gens à des
tâches qu’ils ne savent pas tenir. Il manque un travail de formation. Les
populations ont souvent du mal à voir les résultats à long terme.
- Il est interdit de chasser les lémuriens, les tortues, ainsi que les animaux
non comestibles. De même, il est interdit de vendre ou d’élever ces
animaux.
- Il est interdit de pêcher à la ligne ou au filet dans les 7 lacs.
43
9 Les droits d’usage traditionnels
- Le montant des amendes varie entre les membres et les non membres,
ainsi que les durées d’autorisation.
- Les amendes, se payent au trésorier des VOI de Mahaleotse ou Ifanato.
- Les demandes d’autorisation se font auprès de la VOI de Mahaleotse, ou
de la VOI d’Ifanato.
- Exploiter sans autorisation fait l’objet d’une amende.
- L’argent reçu par les Dina et des droits des produits exploités et des
visites des touristes est utilisé pour la gestion des ressources naturelles
renouvelables à Mahaleotse et à Ifanato. Il rentre dans la réalisation de
projets.
9 Conditions générales
Une fois le Dina, le cahier des charges et le contrat de gestion rédigés, les
décisions sont présentées aux communautés villageoises concernées. Pour cela, on
convoque les chefs de quartier, qui sont les seuls aptes à rassembler les
populations. Le Dina est lu en entier pour que tout le monde puisse en prendre
connaissance. Les chefs de quartier n’ont pas de copie, seul le maire en dispose
d’une. Sans support écrit, on ne peut s’y référer souvent. L’application des
interdits dans la réalité est difficile à mettre en place. Pour qu’une sanction soit
appliquée, il faut être pris en flagrant délit. Dans un village, tout le monde se
44
connaît, et en général tous les individus sont liés plus ou moins directement par
des liens de parenté. Il est difficile de dénoncer un membre de la famille, il y a
souvent des réactions de vengeance. De plus, on ne dénoncera jamais non plus les
personnes mûres ou âgées. Les Dina sont un bon outil pour gérer au mieux les
ressources naturelles dans une zone délimitée. Elles utilisent des mots simples et
concrets, qui semblent bien adaptés à la réalité. Toutefois, leur application dans
la réalité ne permet pas de maîtriser les résultats. La gestion des ressources, peut
être remise en cause. De plus le Dina n’utilise aucun outil pédagogique, il ne s’agit
que d’interdits, et d’une liste de bonnes conduites. Il est difficile de se faire une
idée des intérêts réels de cette convention pour les populations locales, à moyen
ou long terme.
CONCLUSION
Les sites d’Anakao/Nosy Ve et de la forêt des Sept Lacs se trouvent dans des
contextes touristiques tout à fait différents. Le premier a subi de plein fouet les
effets de la crise parce que le tourisme y était déjà une activité importante.
Aujourd’hui, de nouveaux hôtels se préparent à ouvrir et les touristes reviennent
pour profiter des activités balnéaires qu’offre ce lieu encore sauvage. Le second,
au contraire, offrant pourtant un produit de qualité, souffre de l’absence de
touristes. Ils présentent des similitudes, pourtant, dans la façon dont les
communautés locales ont choisi de gérer leurs ressources. Elles poursuivent des
objectifs semblables, utilisant des outils de gestion, les DINA, qui bien qu’adaptés
à chaque site, ont le même principe. Elles rencontrent aussi, on a commencé à le
voir, les mêmes difficultés pour faire appliquer ces règlements.
Ces deux sites se rejoignent également dans la volonté affichée des
communautés locales (ou du SAGE ?), d’y développer l’écotourisme. On verra par la
suite que la notion d’écotourisme en elle-même génère bien des confusions. On
peut se demander si les projets de tels dispositifs sur ces sites et leur gestion
communautaire sont des défis auxquels les populations locales sont en mesure de
répondre.
45
ème
II Partie :
46
L’ écotourisme communautaire est un concept délicat. Les communautés
locales ont la charge de gérer les ressources naturelles de leur espace de vie. On
part du principe que ces populations sont les mieux placées pour ce travail, car
elles connaissent leur environnement et ressentent les conséquences directes de sa
gestion. De plus, les impliquer dans ces tâches de protection du milieu les incite à
ne pas le dégrader voir à le protéger. L’écotourisme est un moyen pour ces
communautés de tirer profit de la préservation de leur territoire. Cependant, entre
les principes et la réalité, on se rend compte qu’il existe des discordances. Dans un
premier temps, nous avons analysé le terme d’écotourisme, pour savoir comment
il est perçu par les différents acteurs. Dans un second temps, nous nous sommes
intéressées à la gestion par les communautés locales. L’objectif étant de voir
comment l’écotourisme communautaire se met ou, pourrait se mettre en place, sur
les sites de Nosy Ve/Anakao et de la forêt des Sept Lacs, et comment il est amené
à évoluer.
A partir de ces définitions, nous avons dégagé trois critères qui nous
paraissent essentiels :
47
renouvelables) et l’intérêt particulier des touristes pour tout
ce qui se rapporte à la nature…
9 L’écotourisme doit participer au développement des
communautés locales. (employer des personnes du village,
travailler avec elles, faire marcher l’économie locale…)
9 Une sensibilisation, une éducation des touristes sur la
nature et l’environnement, ainsi que sur la culture des
populations qui occupent les lieux.
Nous avons, au cours des différents entretiens que nous avons menés, pu
récolter un certain nombre de définitions de l’écotourisme. La question était
simple : « qu’est-ce que l’écotourisme pour vous ? », toujours posée à la fin de la
discussion. On se rend compte que le terme s’entend souvent mais que la définition
reste floue.
48
D’ailleurs, on peut se demander comment il pourrait l’être alors que ce terme ne
fait pas parti du vocabulaire de ses principaux membres.
De même, sur le site des Sept Lacs, un sentier botanique a été mis en place
en juillet 2004. De gros panneaux indiquent les principales espèces végétales
endémiques. L’idée est intéressante mais ne nous paraît pas prioritaire compte
tenu des spécificités du site. D’après les informations recueillies à propos des
touristes se rendant aux Sept Lacs, et notre propre regard de visiteur, ce n’est pas
sur cet aspect que la promotion doit se faire. La possibilité de randonnées, les
richesses paysagères, faunistiques et culturelles nous paraissent plus à même
d’attirer un public plus large.
49
c) L’écotourisme vu par les opérateurs touristiques : Du gagne-
pain à l’outil de marketing.
50
panneaux solaires, il a un projet d’éolienne. Pour lui, tout ça rentre dans
l’écotourisme.
Autres structures :
51
« L’écotourisme » est un mot très en vogue, surtout depuis quelques années à
Madagascar. Cependant, on se rend compte que ce terme est dans l’ensemble mal
cerné. Les trois critères vus plus haut, sont rarement pris en compte ensemble. La
plupart du temps, on retrouve un ou deux éléments.
Les aspects « protection de l’environnement » et « développement local » sont
fréquemment évoqués. L’aspect le plus oublié est la formation des touristes.
Quand il est mentionné, il concerne la sensibilisation à l’environnement et non pas
à la culture et aux modes de vie locaux. Aucun des hôteliers n’y pense alors que ce
serait leur travail à eux ! (cela dit, leur objectif n’est pas forcément de faire de
l’écotourisme). Il existe des différences entre les opérateurs touristiques
malgaches et vazaha : les premiers mettent en avant surtout l’apport de devises
par les touristes, dont ils peuvent bénéficier plus ou moins directement. Les
seconds sont plus sensibilisés au respect de l’environnement. Les ressources
naturelles sont leurs produits touristiques. Intégrer la vision écologique est un outil
de marketing qui attire de plus en plus. L’image qu’elle donne est extrêmement
positive. Pour un même produit, les visiteurs vont tous choisir de faire un "éco-raid"
plutôt qu’un "raid".
Les sociétés de transport ou de location de véhicules ne mentionnent que
l’aspect environnemental. Ils disent y faire très attention et essayer d’y sensibiliser
leurs clients. Ils n’évoquent jamais l’approche développement local que doit
engendrer l’écotourisme. Est-ce parce que leurs activités ne génèrent aucun
bénéfice pour les communautés ? Inconsciemment, chacun évoque les aspects qu’il
tend à respecter.
Le mot « écotourisme » est aussi devenu une sorte de mot magique pour obtenir
des subventions. Il a tendance à être utilisé à tord et à travers par les différents
organismes.
52
de tous les bungalows de l’hôtel, la dune a été complètement rasée et
aplanie.
Photo n°8: Claire et Violaine, juillet 2004 Photo n°9 : Claire et Violaine, juillet 2004
Les bungalows de l’hôtel « Longo
Chez Monica, les bungalows sont sur pilotis.
Vezo » reposent sur une grosse
Ceux-ci sont en pierre et non en bois
dalle de béton. Le reste de la
comme pour « La Réserve » et « Chez
construction est fait en matériaux
Stoïck ».
locaux et s’intègre relativement
Par contre, on voit bien sur la photo ci-
bien au paysage.
dessus que le bungalow est construit
directement sur la plage. A peine une
dizaine de mètre le sépare des plus hautes
mers de vive eau.
L’intégration dans le paysage est aussi très importante. La plupart des hôtels
ont fait des efforts pour respecter les techniques de construction et matériaux
locaux. Cependant, certains bungalows, comme ceux du « Prince d’Anakao » sont
entièrement bétonnés :
53
Les bungalows se localisent
sur la dune. Celle-ci a été
rasée et aplanie pour
permettre la construction des
vingt sept bâtiments.
x Energies utilisées. Il s’agit ici d’observer si les hôtels utilisent ou non des
énergies renouvelables et dans quelles proportions. La majorité possède
des panneaux solaires et n’a pas l’eau courante. Ils font chauffer de l’eau
sur demande.
« Chez Monica », toute l’électricité est au solaire et il y a des bouteilles
de gaz pour faire fonctionner les frigos. Elle a également des fours
solaires qui sont utilisés quand il fait beau. Plusieurs ont un groupe
électrogène de secours. Au « Safari Vezo » et au « Longo Vezo », des
panneaux solaires sont également utilisés. Bien que dans le premier, un
groupe fonctionne le soir. Chez « Le Prince », il n’y a pas d’utilisation
d’énergies renouvelables. Tout fonctionne à partir d’un groupe. Il a
installé l’eau courante en creusant des bassins à l’arrière de l’hôtel. Il
faut savoir qu’à Anakao, il n’y a pas d’eau potable. L’eau sur place est
saumâtre. Il faut donc aller la chercher à plusieurs kilomètres du village.
« Chez Clovis » il n’y a pas l’électricité du tout. C’est une nuance
importante à relever entre ceux qui font des efforts pour respecter
l’environnement, et ceux qui n’ont pas les moyens d’apporter du confort.
Il ne faut pas confondre "préservation de l’environnement par manque
de moyens" et "préservation par une politique volontariste".
54
différentes possibilités de transfert sont plus ou moins polluantes et plus
ou moins sécurisées :
Les transferts par camion puis par vedette paraissent plus sécurisés et
un peu moins polluants. Cependant, la durée du trajet est deux fois plus
longue que par les vedettes,
55
Carte n°4 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
Etude des critères environnementaux
56
Un apport contrasté pour les communautés locales
Globalement, tous les hôtels ont des relations avec le village, ne serait-ce
que pour acheter du poisson ou utiliser les piroguiers du village. Des grosses
structures, comme « le Prince d’Anakao » peuvent acheter jusqu’à 40kg de poisson
par jour, en pleine saison. Cependant, les propriétaires de cette même structure
cherchent à limiter au maximum les relations avec le village, décourageant leurs
clients de s’y rendre. A l’intérieur de l’hôtel s’est créé une boutique d’artisanat :
toute la marchandise provient de Tuléar alors que de nombreux villageois
produisent sur place des sculptures en bois, des tissus, de la vannerie …
L’origine des employés est très variée. Pour la quasi-totalité des hôtels, les
piroguiers au moins proviennent d’Anakao. Pour les autres, nous avons figuré en
jaune les hôtels dont la totalité de la main d’œuvre provient d’Anakao ou des
villages alentours, en orange ceux où elle est surtout originaire du grand sud de
Madagascar (Tuléar, Fort Dauphin…) et en rouge ceux où elle provient de
l’ensemble de Madagascar ou de l’étranger.
Seuls les propriétaires de deux hôtels, « Chez Monica » et « Chez Emile »,
ont montré la volonté de s’investir dans la concertation des utilisateurs de Nosy Ve.
Emile est actuellement le trésorier de la FI.MI.MA.NO et Monica en était une
conseillère. Cette dernière s’apprête actuellement à quitter Madagascar et ces
successeurs ne savent pas encore s’ils reprendront cette activité. L’absence
d’investissement des autres opérateurs touristiques est à regretter.
La carte suivante met nettement en valeur ces deux mêmes hôtels : Ce sont
de petites structures, en quantité, ce ne sont pas celles qui rapportent le plus de
devises aux communautés locales ; cependant, c’est leur type de fonctionnement
qui est le plus bénéfique pour le village.
57
Carte n°5 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
Un apport contrasté pour les communautés locales
58
Des manques dans la formation et la sensibilisation des
touristes
59
Carte n°6 :
Structures d’hébergement à Anakao : tourisme ou écotourisme ?
La formation et la sensibilisation des touristes, un aspect souvent négligé
de l’écotourisme
60
La plupart des hôteliers présentent d’importantes lacunes en ce qui
concerne l’information des visiteurs, pour s’assurer un tourisme éthique. L’hôtel
« Chez Monica » a tout de même créé de nombreux panneaux visant à sensibiliser
les touristes aux différentes préoccupations du village. Ailleurs, les hôteliers disent
informer leurs clients oralement. L’association FIMIMANO prévoit de distribuer à
chacun des hôtels des affiches mettant en garde contre le trafic de coquillages,
notamment des tritons. C’est une initiative qu’il serait intéressant de concrétiser
et d’étendre aux autres sujets sensibles touchant visiteurs et populations locales.
Il est important de remettre en cause les guides touristiques (livres) qui ont
aussi un rôle important à jouer dans l’information des touristes. Certains se
contentent d’un descriptif du site sans mettre en garde contre les actions qui
peuvent fragiliser le contexte local. D’autres commettent de grosses erreurs,
comme le petit futé qui évoque la possibilité de camper sur l’îlot de Nosy Ve.
Aucun des guides étudiés ne mentionne la taxe à laquelle sont soumis les touristes,
ni l’association ayant en charge les ressources naturelles.
Le principal barrage au développement touristique des sept lacs est lié à son
accès. Il n’y a qu’une piste pour rejoindre le village d’Ifanato, le plus proche du
site (deux kilomètres). En partant de Tuléar, on emprunte d’abord la RN7 (route de
Tana), puis la piste vers Ambohimahavelona. Pendant 50 km, elle est exécrable. La
vitesse ne dépasse pas 15 à 20 Km/h, en 4*4 (cinq heures de trajet). Des taxis
61
brousse font la liaison entre Tuléar et Ambohimahavelona, chef-lieu de la
commune. Certains vont même jusqu’à Mahaleotse. Cependant, aucun ne rallie
Ifanato. Donc une douzaine de kilomètres reste non desservis. Cela dit, c’est un
paradis pour les motos ou les quads. Avec ces moyens de locomotion, la piste est
praticable même pour des gens sans grande expérience, c’est pourquoi
« Trajectoire » et « Quad du Capricorne », des magasins ou société de location,
proposent ce site aux touristes.
Il est difficile de faire passer deux voitures en même temps sur la largeur de
la route. Celle-ci s’érode à quelques endroits, à cause des crues fréquentes de
l’Onilahy pendant la saison des pluies. Pendant cette période, la piste n’est
souvent plus praticable. Le cyclone Gafilo, qui a eu lieu pendant l’été austral 2004
a aussi laissé d’importantes traces de son passage : de grands arbres ont barré la
piste…
62
Ainsi, un arbre tombé en
travers de la piste, entre Mahaleotse
et Ifanato est resté pendant un mois
sans être dégagé. Les véhicules, ne
pouvaient plus passer, contraignant
les rares touristes à faire demi-tour
et coupant l’épicerie d’Ifanato de
son approvisionnement. Il a fallu
attendre une mission du S.A.G.E sur
le terrain pour que les villageois se
mobilisent et s’organisent.
Les moyens de locomotion pour accéder à la forêt des Sept Lacs sont
finalement assez nombreux mais accessibles à une très faible proportion des
touristes. La promotion du site est faite actuellement par deux magasins de vente
et location : « Trajectoire » et le « Quad du Capricorne ». Ils louent
respectivement des motos et des quads. La piste est facilement accessible avec ces
types de véhicules, même pour des utilisateurs peu expérimentés. Cependant, il
faut bien être conscient que ce n’est pas la beauté du site qui attire les visiteurs,
mais la promenade en elle-même, pour se rendre jusqu’au site. Ils partent souvent
à la journée, ce ne sont pas des visiteurs qui vont engendrer un important
développement des communautés locales.
Le site est aussi accessible en 4*4. Il est possible d’en louer ou d’organiser des
expéditions à partir de certains hôtels de Tuléar, comme « Chez Alain » ou « Le
Refuge ». Cette solution est très coûteuse et généralement sans retombée sur les
villages parce que l’expédition est entièrement organisée par l’hôtel. Nourriture et
bivouac sont prévus, un guide est déjà présent : il n’y a aucun contact entre ces
visiteurs et les populations locales.
Des piroguiers proposent aussi un transfert depuis Saint Augustin ou depuis
Tongobory. Cependant, l’Onilahy n’est pas navigable pendant les mois d’étiage, qui
correspondent à la forte saison touristique. Ce type de transfert est très peu
pratiqué et très peu connu. Il est également possible de rejoindre le village
d’Ifanato en pirogue depuis Bezaha.
63
Enfin, des taxis brousse proposent une liaison depuis Tuléar jusqu’à
Mahaleotse, deux fois par semaine. Les douze kilomètres ralliant Mahaleotse à
Ifanato pourraient se faire à vélo ou en charrette à zébu, mais rien jusqu’ici n’est
organisé pour cette liaison. Il est prévu qu’une fois la rénovation de la piste reliant
les deux villages terminée (c’est en cours), le taxi-brousse fasse ce trajet. Un
important travail de communication sera à fournir pour faire connaître aux
touristes ce nouveau moyen d’accès.
La piste est donc actuellement le principal frein au développement de
l’activité touristique sur le secteur des Sept Lacs. Le site est actuellement très
dépendant des touristes que lui envoient les magasins de location. Pendant l’été
2004, le « quad du capricorne n’a pu fonctionner, faute de matériel. Les
répercussions sur la zone ont été cinglantes : aucun touriste ne s’était arrêté à
l’hôtel de Jean-Claude au cours du mois de juillet.
Les touristes qui veulent séjourner aux Sept Lacs ont deux possibilités : S’ils
font parti d’une expédition organisée par un hôtel de Tuléar, ils ne passent même
pas par le village d’Ifanato ; ils bivouaquent directement sur l’aire de camping
prévue à cet effet. Ils ne bénéficient pas du tout de la découverte de la vie d’un
village de brousse. Par contre, ceux qui viennent par leur propre moyen et logent à
Ifanato doivent s’adapter aux conditions de vie du village ( améliorées cependant).
Les visiteurs se lavent au seau avec l’eau du fleuve, s’éclairent à la bougie,
dorment dans des cases semblables à celles des autres habitants, mangent ce qui a
été pêché, chassé, cultivé aux alentours… L’immersion est complète et peut être
très formatrice. Cet aspect du site est incontestablement à valoriser. Ce type de
séjour est recherché par tout un public de touristes dits « sacs à dos », qui aspire à
visiter un pays en s’adaptant complètement, dans la mesure du possible, aux
conditions du vie locale.
Comme il a été décrit plus haut, le site de la forêt des 7 lacs, construit son
originalité sur son aspect naturel et sauvage. Il est encore peu fréquenté. L’hôtel
de Jean-Claude n’a jamais été plein. Son fonctionnement actuel permet de dire
que le type de tourisme qui s’y développe est tourné vers l’éco-tourisme.
Energie utilisée :
64
A l’hôtel de Jean-Claude, il n’y a pas d’électricité, donc pas d’énergie
polluante. On s’éclaire à la bougie. Cependant, si là on parle d’écotourisme, c’est
plus par manque de moyens. L’hôtelier a des projets de panneaux solaires mais
pour le moment, il ne dispose pas de financements. Il n’y a bien sûr pas non plus
l’eau courante. La douche et les WC ont une utilisation écologique, à condition de
ne pas jeter n’importe quoi dans la fosse, ni d’utiliser des savons trop puissants
(l’eau de la douche descend dans la fosse des WC, en terre).
Les impacts du tourisme sur les communautés sont très limités : tout d’abord,
comme on l’a vu à plusieurs reprises, les visiteurs sont encore très peu nombreux,
il n’y a pas eu un seul touriste de tout le mois de juillet alors que c’est la grosse
saison.
Par ailleurs, les moyens de locomotion utilisés font que les touristes se
déplacent généralement aux Sept Lacs en étant complètement pris en charge. Ils
n’ont besoins de rien, leur séjour se déroule en autarcie. Lorsqu’ils viennent en
moto ou en quad, ils restent généralement une journée, ou deux jours au
maximum.
De plus, comme il n’y a qu’un seul hôtel sur la zone, les bénéfices dus aux
visiteurs ne sont pas du tout répartis : ils ne profitent qu’à une famille. La faible
activité touristique ne nécessite pas l’emploi de personnes extérieures.
L’ensemble des communautés locales pourrait tout de même bénéficier de cette
activité à travers la taxe. Nous n’avons pas eu accès aux comptes des
Communautés Locales de Base, mais on peut supposer que les fonds générés sont
très faibles : Les rares touristes rencontrés s’étant rendus sur les lieux se sont
arrangés pour ne pas la payer. Les propriétaires du « quad du capricorne »
affirment aussi toujours l’éviter à leurs clients. Ceux du magasin « trajectoire »
ignorent l’existence de cette taxe. Cette attitude des touristes peut s’expliquer
par la faible communication qui est faite sur cette taxe, personne ne sait à quoi
elle sert ni comment est utilisé l’argent.
65
Jean-Claude, l’hôtelier, a d’abord fait parti du bureau de la Communauté
Locale de Base d’Ifanato, mais il a cessé momentanément cette activité, par
manque de temps.
66
Carte N°7
67
c) La difficulté de l’accès aux sites, un critère écotouristique ?
Les deux sites d’étude, pourtant extrêmement différents, tant par les
richesses proposées que par leur développement touristique présente une
similitude importante : leur difficulté d’accès. Pour Anakao, de nombreuses
parades à la barrière de l’Onilahy ont été trouvées, cependant, le temps de trajet,
pour une distance à vol d’oiseau à peu près équivalente, reste bien plus long que
pour Ifaty. On peut se demander si cette contrainte ne protége pas jusqu’ici le
village de pêcheurs des excès dont est victime le site d’Ifaty/Mangil, au Nord du
Tuléar. Celui-ci attire des touristes beaucoup plus nombreux. Il est aussi tristement
connu pour l’importance qu’y prend le tourisme sexuel. Les nombreux
aménagements touristiques lui ont fait perdre une grande partie de son charme. Le
petit Futé met aussi en avant les avantages que peuvent présenter pour Anakao son
accès difficile, tout en mettant en garde contre les nouvelles possibilités de liaison
qui pourrait se développer : « cette situation a comme conséquence heureuse de
préserver le calme et la tranquillité de ce lieu paradisiaque. Cela ne durera peut-
être pas. En effet l’ancienne piste d’atterrissage a été réaménagée et les avions
légers s’y posent déjà. Des investisseurs se sont déjà implantés sur le site dont la
beauté attire les touristes. Selon tous les indicateurs, Anakao pourrait être dans
quelques années l’équivalent de ce que Varadero est à Cuba. »
Les futurs modes de transfert pour Anakao conditionneront sans doute les
types de tourismes qui s'y développeront. Préserver des liaisons longues et plus
coûteuses que pour les autres sites alentours permet au site de conserver son
aspect naturel et désertique qui fait son charme. Si un tourisme de masse se
développe rapidement, (et selon les guides touristiques, Anakao a le potentiel
pour), il deviendra impossible de réorienter le site de façon à le rendre plus
écotouristique. Les populations locales ont aussi besoins de temps pour « assimiler
les troupeaux de touristes qui débarquent sur leurs plages ». En effet, la
juxtaposition de ces populations pauvres et de ces touristes au très fort pouvoir
d’achat n’est pas sans poser problème. Des visiteurs nombreux sont une source de
revenus importante pour les populations locales mais le risque est que la
communauté villageoise s’organise de façon à vivre au dépend des touristes.
Pour le site des Sept Lacs, les difficultés d’accès sont encore une contrainte.
Elles sont telles qu’elles bloquent le développement touristique sur la zone. Il est
essentiel de favoriser des liaisons plus diversifiées, moins coûteuses et moins
spécialisées pour que des visiteurs plus nombreux puissent atteindre les Lacs.
Cependant, il est nécessaire aussi de se demander quel type de touristes on
cherche à attirer pour savoir quels types de transport mettre en valeur. Si on veut
que les Sept Lacs deviennent un site écotouristique, préserver un accès
relativement long et difficile est une bonne garantie. Les visiteurs arriveront alors
par petit groupe, permettant aux communautés villageoises de s’adapter petit à
petit et de proposer une offre touristique en adéquation avec la préservation de
l’environnement et de leur culture.
68
Conclusion :
La région des Sept Lacs dispose d’une forte potentialité pour devenir un site
écotouristique. Il n’est pas trop tard, le site est encore suffisamment vierge
d’infrastructures touristiques pour que les activités qui se créent soient dans
l’esprit d’une préservation de l’environnement, d’un développement des
populations locales et d’une éducation des visiteurs. Le plus important est de
permettre un accès plus aisé aux touristes « sacs au dos » qui chercheront à
s’immerger quelques jours dans le village et feront ainsi travailler l’hôtel, le
restaurant, l’épicerie, les guides mais aussi les femmes du village, qui, dans le
cadre d’une association, s’organisent pour proposer de la vannerie aux visiteurs.
La carte N°8 synthétise tous les éléments vus précédemment. Elle met en
lumière les potentialités du le site des Sept Lacs, ainsi que les contraintes déjà
existantes à Anakao pour mettre en place des infrastructures écotouristiques.
69
Carte n°8
Les structures d’hébergement : tourisme ou écotourisme ?
Carte de synthèse
70
B. Les difficultés d’une gestion communautaire :
La gageure du développement de l’écotourisme communautaire, et les
disfonctionnements des associations.
Nous avons constaté lors de nos entretiens, que les hôteliers comme les
populations locales ne font pas de distinction entre la commune et l’association
71
FI.MI.MA.NO. Il est vrai que beaucoup d’éléments peuvent porter à confusion : le
président de la FI.MI.MA.NO est aussi le premier adjoint au maire. De plus, la
commune, faute de locaux, emprunte actuellement l’une des salles des bâtiments
de l’association. Certains hôteliers affirment remettre la taxe pour Nosy Ve au
maire de la commune d’Anakao plutôt qu’à l’association. On ne sait pas si c’est
réellement le maire qui est venu récolté les fonds dans son propre intérêt, ou s’il y
a une confusion entre les personnes, à cause des « doubles casquettes ».
72
L’abri construit
par la FIMIMANO
sur l’îlot de Nosy
Ve, en juillet et
août 2004. Sur la
photo, les travaux
ne sont pas
terminés. A ce
jour, le sol est
recouvert d’une
dalle de béton,
qui à notre avis,
gâche le coté
naturel et sauvage
photo n°12: Claire et Violaine, juillet 2004 qu’il faudrait
préserver.
¾ Manque de communication:
73
les locaux de la FI.MI.MA.NO ou ceux sur l’îlot, non représentatifs des objectifs
prioritaires de l’association. Par contre, les hôteliers, eux, n’hésitent pas à faire
remonter les dysfonctionnements constatés. Les opérateurs touristiques
(essentiellement les opérateurs étrangers) critiquent et certains même discréditent
l’association auprès des touristes. Les échanges vont donc toujours dans le même
sens : les membres du bureau n’ont pas le réflexe d’impliquer les hôteliers en
amont de leur projet, de leur demander leur avis et des conseils sur les attentes
des touristes.
Les touristes sont aussi touchés par cette difficile circulation de
l’information. A partir de notre enquête menée sur Anakao, nous avons pu
constater qu’en repartant du site, plus de deux touristes sur trois ignoraient encore
à quoi allait servir l’argent de la taxe qu’ils ont versée. Aucune information n’est
faite. Seul Emile dans son hôtel a affiché la décision votée en assemblée générale
de faire payer une taxe. Le papier est vieux et pas du tout engageant. Dans les
autres établissements, il n’y a pas de trace écrite. Les propriétaires expliquent
brièvement le pourquoi de la taxe, quand on leur pose la question. Il faut aussi
noter que parmi les guides touristiques, très utilisés par les visiteurs du site (45%
on connus le site par un de ces livres) jamais la taxe n’est mentionnée. Ce travail
d’information est donc à mener sur place.
Actuellement, les
touristes qui arrivent sur
Nosy Ve sans passer par un
hôtel, c’est à dire en
utilisant les piroguiers du
village, sont mis au courant
de la taxe avec le panneau
ci-contre !
Il n’y a aucune
explication en plus de cette
pancarte posée dans un
arbuste sur le pourquoi de la
taxe. A l’autre bout de
l’île, un panneau explicatif
créé par l’O.N.G Frontier
donne quelques explications
succinctes sur la
FI.MI.MA.NO. C’est le
gardien qui récupère
l’argent une fois les
touristes sur l’île.
photo n°13: Claire et Violaine, juillet 2004
Sur le site de la forêt des Sept Lacs, par contre, la taxe est mentionnée dans
certains guides. Cependant, son application paraît beaucoup moins rigoureuse. Il
semble facile de passer au travers. Ainsi les visiteurs accompagnés par la société
« Quad du Capricorne » l’évitent régulièrement ou s’arrangent pour bénéficier de
tarifs très préférentiels. Les gérants de la société ne sont pas au courant de
l’existence des communautés locales de base qui gèrent les ressources naturelles
et font des confusions sur les destinataires de la taxe et sur son utilisation.
74
Les DINA semblent être relativement bien connus par les populations locales
mais complètement ignorés des opérateurs et des touristes, au moins pour les
articles les concernant. Même ceux organisant des séjours aux Sept Lacs ne savent
pas qu’il est interdit d’y rester plus de trois jours.
Chaque acteur bénéficie de certaines informations le concernant directement,
mais il n’y a aucun partage de connaissances. Chacun fonctionne de façon très
individualiste.
Nous sommes assez loin des beaux objectifs théoriques exposés en première
partie. Ceux cités ici sont réducteurs et montrent l’embarras des membres pour
expliquer leur action. « Protéger et développer Nosy Ve » est la traduction
française de l’expression à l’origine du nom de la FI.MI.MA.NO. On ne sait pas si les
membres placent des idées concrètes derrière ces mots. Même pour le président,
le fait que l’association puisse être un outil pour favoriser le développement des
communautés locales, que ce soit par une meilleure gestion environnementale ou
en investissant dans de petits projets de développement, ne semble pas clair.
Pourtant, il s’agit des principaux objectifs recherchés par le SAGE, en appuyant
techniquement ces associations. Il pourrait être intéressant de reprendre les
objectifs théoriques de l’association et de les faire reformuler par les membres de
façon à ce qu’ils puissent mieux les appréhender et se les approprier.
75
b) Définition des rôles selon leur représentant : des partages de
responsabilité limités, le rôle prédominant du président
Le président de l’association nous définit son propre rôle en mettant en avant les
points suivants :
- Le suivi des Dina
- La préparation des réunions
- L’animation des réunions
- La négociation avec les partenaires financiers
- La représentation de l’association par rapport à la commune et par
rapport aux chercheurs
- L’aide à la mise en place des activités prévues par l’association
Rôle de vice-président :
Selon le premier vice-président : « il y a beaucoup de tâches :
- Contrôler les financements de l’association, ce que fait le trésorier
à cause de la mauvaise gestion actuelle
- Contrôler la distribution des billets pour l’île
- Contrôler le gardien (établissement d’un cahier de contrôle en
mentionnant la date, le nombre de billets, le nombre de visiteurs)
- Sensibiliser les communautés villageoises pour l’entrée dans
l’association, et les membres inactifs pour qu’ils s’investissent dans
les travaux
- Chercher des partenaires pour la bonne marche de l’association sur
le plan financier
Selon le second vice-président :
- attendre les commandements du président
- remplacer le président quand il est absent
Rôle de secrétaire : le secrétaire a pour rôle de faire le rapport des réunions après
chacune d’elles. Il remet un exemplaire au président qui se charge d’en fournir un
par fokontany. C’est ensuite au chef de quartier de le lire à la population. Un
rapport contient l’ordre du jour, les principaux thèmes abordés au cours de la
réunion, le matin et l’après midi. A ce jour, les secrétaires actuels, n’ont fait
qu’un rapport, celui de réunion du 10 et 11 août 2004. le premier secrétaire est
analphabète, ce sont donc les vices-présidents qui se sont chargés de faire les
comptes rendus. Le second secrétaire est arrivé en août 2003. Il n’avait encore
jamais eut l’occasion de rédiger un rapport.
76
La plupart des membres sont novices dans leur rôle et n’ont encore aucune
expérience. Depuis leur nomination il y a un an, beaucoup n’ont mené aucune
action. Ils n’ont encore qu’une vision très théorique de leur rôle.
La gestion financière semble préoccupante, elle est mentionnée par presque
chacun des membres dans la définition de leur rôle. Cependant, il est flagrant que
c’est sur ce point que l’association pêche le plus. Les membres en sont conscients ;
quand on leur demande quels sont les principaux problèmes de l’association, tous
évoquent la trésorerie. La vision des rôles est très tournée vers le contrôle des
autres, on a le sentiment que les membres ne se font pas du tout confiance.
Le trésorier a une vision de la tenue des comptes au jour le jour, à court terme, il
n’y a pas de réflexion sur des budgets prévisionnels pour les projets à venir. Il a
une vision relativement étriquée de son rôle.
77
4. Une gestion financière opaque
A Anakao, nous avons pu consulter le cahier de comptes pour les années 2003-
2004. A l’exception du mois d’octobre 2003, il existe un compte rendu pour tous
les mois. Le détail se trouve en annexe N°7 bis. Nous n’avons cependant pas pu
vérifier si les sommes inscrites sur le cahier correspondent réellement aux sommes
dont dispose la FI.MI.MA.NO actuellement. En effet, les différents membres
affirment que l’association connaît des déficits importants. Il n’y en a aucune trace
sur le livre de compte.
78
pour des sommes relativement modiques. D’autres, tout aussi incongrues, sont
beaucoup plus coûteuses, comme les objets d’art malgache, qui ont du servir, on le
suppose, à la décoration du local de la FI.MI.MA.NO à Anakao. De nombreuses
dépenses ont aussi été faites pour des fêtes traditionnelles : chèvre, bénédictions,
sac d’os… On peut se demander s’il est normal que ce soit l’argent des touristes qui
soit investi pour financer ces fêtes. Cependant, il faut noter que depuis 2003, de
telles dépenses n’apparaissent plus dans les comptes.
Des sommes importantes sont aussi prélevées pour indemniser les différents
membres de l’association se rendant aux réunions. Il est tout à fait normal que les
villageois décidés à s’investir dans l’association ne soient pas pénalisés en perdant
une journée de travail à chaque fois qu’ils se déplacent, mais on peut regretter
qu’il n’y ait pas d’explication claire concernant ces indemnisations. On ne sait pas
si tout le monde touche la même somme, quelque soit la distance à parcourir, ni à
combien s’élève l’indemnisation par personne.
Au cours des années 2003 et 2004, beaucoup d’argent a été dépensé, alors
qu’aucun projet d’envergure n’a été mené. Une multitude de petites dépenses ont
lieu chaque mois, concernant les fournitures de bureau, les indemnisations pour les
déplacements du président, la réalisation de la décoration à l’entrée des bâtiments
de la FI.MI.MA.NO, l’entretien des bouées (que l’ONG Frontier va d’ailleurs
remplacer gratuitement)…
79
pas sur ce dernier. De même, un million disparaît en 2004 entre la caisse et le
livret d’épargne.
80
hôteliers, jamais la FI.MI.MA.NO ne pourra être crédible. Il est à craindre que tous
les opérateurs étrangers suivent l’exemple du « Safari Vezo » et refusent de
prendre en charge le versement de la taxe. L’idée d’impliquer les hôteliers de
cette façon était pourtant intéressante, ils sont les mieux placés pour mettre au
courant les visiteurs et expliquer la façon dont est géré le site, mais encore
faudrait-il qu’ils aient des raisons d’être convaincus de l’utilité de cette taxe. Pour
FI.MI.MA.NO, ce partenariat était aussi très intéressant puisque le gardien ne peut
pas assurer seul la surveillance de l’îlot et l’arrivée des touristes 24h/24.
D’importants efforts de communication et de transparence des comptes sont à
menés pour espérer voir ce partenariat durer.
CONCLUSION :
81
IIIème Partie
REFLEXIONS ET SUGGESTIONS :
82
Avant tout, nous voulons insister sur le fait que chaque action doit être
appuyée par un effort de communication entre les acteurs. Il existe très peu
d’échanges entre eux. Il est nécessaire de faire circuler l’information sur toutes les
actions, tous les projets entrepris, afin de les valoriser et d’ouvrir le dialogue.
a) l’aspect financier
Il faut que les associations puissent se projeter dans le futur. Il ne suffit pas de
noter les dépenses et les recettes à un moment donné, il faut aussi pouvoir gérer
des projets.
ĺ Former les membres des associations à établir un budget prévisionnel. Avant
le lancement d’un projet, le trésorier doit vérifier les comptes en fonction
des cotisations (nombre et montant) s’il y en a, en fonction des futures
rentrées d’argent (subventions éventuelles, versements attendus comme
ceux de Frontier…), en fonction du coût du projet, et des autres dépenses
prévues.
L’exemple du projet des Acanthaster (détaillé plus loin) : l’objectif est
d’organiser un ramassage de ces étoiles de mer qui sont nocives pour le corail,
par les habitants du village. La FI.MI.MA.NO. propose de remettre une somme
fixe par animal recueilli. Cette somme doit être fixée en fonction de l’état des
comptes. Aura-t-on assez d’argent pour financer ce projet ? Il est nécessaire
83
dans le cas d’un projet, de savoir combien ça va coûter, combien ça va
rapporter, et ce sur quelle période ?...
Ce qui manque souvent dans les associations qui gèrent les ressources
naturelles, c’est le manque de méthode de travail. Pour mener à bien un projet, il
faut avant tout se poser des questions.
ĺ Etablir des fiches de projet, en notant par étape les différentes questions à
se poser, pour espérer un maximum de résultats.
Fiche de projet
Titre du projet
1- Questions préliminaires :
x Pourquoi veut-on faire ça ? quel problème cherche-t-on à résoudre ?
x Quels sont les acteurs concernés ?
x Quel est l’espace, le lieu concerné ?
x Qu’est-ce que ça va apporter ?
x Quels sont les bénéficiaires du projet ? pourquoi ?
x Y a-t-il des personnes à qui le projet nuit ? quel degré de nuisance ?
x Si oui, lesquelles, pourquoi, et que peut-on faire pour elles ?
1. Questions préliminaires :
x Pourquoi ce projet ?:
Les acanthasters sont des étoiles de mer qui détruisent le corail et
nuisent au récif, zone d’habitat pour de nombreuses espèces marines, et
matière première du tourisme sur le site.
84
x Quels sont les acteurs concernés par le problème ?:
Les pêcheurs de la zone
Les hôteliers qui pratiquent la plongée
Les organismes d’études qui travaillent sur le site (ONG Frontier, IH.SM.)
Tous ces acteurs devront être informés du projet
x Qui est à l’origine du projet ?
L’association FI.MI.MA.NO.
x En quoi consiste le projet ?:
Les villageois seront indemnisés par acanthaster remis au bureau de la
FI.MI.MA.NO. pour être brûlés. (dans la limite de recueillir 100 individus
par mois au maximum)
x Qui seront les bénéficiaires du projet ?:
Les pêcheurs et les touristes (donc les hôteliers)
x Y a-t-il des personnes à qui le projet nuit ?
Non
85
ĺ Par exemple sur le site des 7 lacs, sur un projet route pour améliorer l’accès
au site, il faudrait des responsables par tronçon pour que la piste soit remise
en état puis entretenue régulièrement.
ĺ Sur le projet d’exposition de coquillages à Anakao (voir plus loin), un
responsable du projet serait désigné pour la coordination, il y aurait un
responsable de la salle, une personne pour communiquer avec les femmes…
ĺ Un responsable pour le projet bibliothèque (Anakao). Les membres du
bureau voudraient mettre en place une petite bibliothèque mobile, entre les
différents fokontany. Elle serait gérée par le gestionnaire, mais il faut une
personne référente pour organiser et coordonner le projet.
ĺ Un responsable pour le projet Acanthasters
ĺ Un responsable pour le projet du sentier pédestre sur Nosy Ve, conscient des
enjeux et des demandes des touristes, et prêt à en discuter avec les
opérateurs touristiques de la zone.
Si le SAGE est amené à disparaître, les associations vont devoir trouver des
moyens pour être plus autonomes. Le SAGE peut les y aider.
ĺ L’exemple d’un dossier de subvention nous semblait intéressant.
Actuellement, c’est le SAGE qui élabore les dossiers de subvention
concernant les projets des associations, il tient indirectement le rôle de
bailleur de fond. Ces aides permettent des résultats. Si le SAGE disparaît, les
associations seront « lésées », dans l’incapacité de perpétuer ces
démarches. Par contre si le SAGE, organise des formations, ou élabore ces
dossiers avec les associations afin qu’elles apprennent elles-mêmes à en
monter, elles seraient en relation directe avec les bailleurs de fond, cela
peut être plus intéressant pour la suite, et permettrait aux associations
d’être plus autonomes. Le SAGE effectuerait un transfert de savoir, en
mettant en place une méthodologie claire et adaptée.
Tous les acteurs d’un lieu doivent pouvoir se tenir au courant de ce qui s’y
passe. Les actions de la FI.MI.MA.NO. concernent tout le village. Il paraît donc
essentiel que l’association travaille en transparence avec les hôteliers et les
gens du village.
ĺ Que la FI.MI.MA.NO. s’engage de façon régulière (tous les trimestres par
exemple) à afficher, sur un panneau sous le porche du bureau de
l’association pour que tout le monde puisse être au courant, un compte
rendu des actions qui ont été menées et les résultats, l’état d’avancement
des projets en cours, ainsi que les projets à venir. Il pourrait être intéressant
également d’en remettre un exemplaire aux hôteliers, qui pourraient
86
réellement savoir à quoi sert la taxe pour visiter Nosy Ve, et l’expliquer aux
touristes, ce qui n’est pas le cas actuellement. Le document pourrait être
affiché dans les hôtels.
ĺ Si la FI.MI.MA.NO. invite les hôteliers à des réunions, il est nécessaire de
prendre garde à commencer à peu près à l’heure, et à faire venir des
interprètes. Les programmes des réunions doivent être distribués environ 2
semaines à l’avance pour que chacun s’organise.
ĺ Que la FI.MI.NA.NO. laisse sur le panneau d’affichage ou dans une boite aux
lettres à côté, la possibilité aux villageois de s’exprimer, de donner leur avis
( de façon anonyme pour ceux qui le souhaitent) sur ce qu’il se passe dans le
village. Pour ceux qui ne peuvent écrire qu’il y ait une personne référent
dans chaque fokontany pour noter les avis ou les demandes de chacun. Les
hôteliers pourraient également faire-part de leurs suggestions. Ils sont
invités aux réunions régulièrement mais il est souvent difficile pour eux d’y
assister. Ce système permettrait de parler sans perdre de temps, ce qui
pourrait arranger tout le monde. L’association devra alors prendre les
considérations des villageois en compte. Les hôteliers, ont un avis important
dans le sens où sur les projets d’écotourisme, ils peuvent savoir ce que
recherchent les touristes, et donc voir si les projets proposés par
l’association sont réalisables ou non.
ĺ Sur les panneaux, on peut en profiter pour afficher les informations sur les
autres associations existantes, comme les associations de femmes, ADES
pour les fours solaires, les associations d’artisanat…
ĺ L’affichage doit être tenu par un responsable, soit un membre de
l’association, soit le gestionnaire ou le secrétaire.
ĺ Afficher sur les panneaux, mais également dans tous les hôtels, ce à quoi
sert la taxe.
Voici un exemple d’affiche à installer dans les hôtels. Les couleurs et les photos
rendent le document attractif, et pourrait permettre à un plus grand nombre de
visiteurs de s’informer sur la taxe de Nosy Ve. Ceci n’est bien sûr qu’un exemple.
Là encore, l’objectif est de fournir des suggestions, les idées pouvant être
retravaillées.
87
Les ressources naturelles du site
sont gérées depuis 1998 par une
association : la FI.MI.MA.NO,
composée d’habitants d’Anakao
et des villages alentours.
Elle fait payer une taxe de
10 000 Fmg aux visiteurs.
Celle-ci finance :
9 Le salaire du gardien de l’îlot
9 La protection de l’île et de
l’aquarium nord (zone interdite à la
pêche, et réservée exclusivement à
la plongée).
9 Elle peut aussi être investie dans
des projets de développement local
(santé, éducation, …)
brochure n°1
88
x Sur le panneau d’affichage, l’association devrait
également faire connaître les projets d’initiative
locale.
89
x Un micro-projet de développement concret : Une
exposition de coquillages
schéma n°2
90
x Appui technique pour informer les touristes
Pour que l’on puisse parler d’écotourisme, on a pu voir qu’il fallait travailler
sur l’ « éducation » des touristes. Quand ils visitent un lieu, ils doivent s’instruire
sur les histoires du lieu, les peuples qui l’habitent, les comportements à adopter
pour ne pas dégrader les richesses naturelles et culturelles… Les hôtels ont un rôle
important à jouer dans ce domaine, surtout dans des villages comme Anakao ou les
7 lacs, ils sont les premiers interlocuteurs entre les touristes et le village, mais ne
doivent pas être les seuls à intervenir.
ĺ Appuyer un travail de sensibilisation approfondie. Inciter la DIRT et l’ORTU
pour distribuer gratuitement dans les établissements touristiques, des
affiches contre le tourisme sexuel, la vente de coquillages interdits, les
touristes qui encouragent la mendicité. Egalement, il serait intéressant de
faire des panneaux informatifs qui montrent les curiosités du site :
informations sur les pêcheurs Vezo, sur la faune et la flore locale que l’on
peut découvrir etc. , mais aussi sur les conditions de vie du village comme
l’absence d’eau douce à Anakao. Favoriser les relations entre les hôteliers,
les touristes et les gens du village, sous forme d’échange, de respect des uns
envers les autres. Les sorties avec les piroguiers sont en général bien
appréciées surtout quand les touristes ont le sentiment d’apprendre. C’est
un point essentiel à développer.
Le Dina est l’outil utilisé par les associations pour faire respecter ses règles.
Comme on a pu le voir, il a du mal à être appliqué, notamment sur le site des Sept
Lacs. Sa mise en place est très délicate.
ĺ Afin que le Dina puisse être un outil efficace, il faudrait dans un premier
temps, l’afficher, pour que tout le monde puisse en prendre connaissance,
et le consulter autant de fois que possible. Le Dina peut être affiché sur un
panneau devant le bureau de la FI.MI.MA.NO. pour Anakao, et chez les chefs
de quartiers des différents fokontany. Sur le site des 7 lacs, on peut
imaginer un panneau dans chaque village également. Afin qu’il puisse être
compris par tous, il faudrait qu’il soit illustré, que chaque article soit écrit,
mais aussi représenté sous forme de dessin.
ĺ Distribuer les Dina dans les hôtels, au moins les articles qui concernent les
touristes. Les règles doivent être connues et respectées par tous, y compris
par les visiteurs.
91
A Anakao, les enfants doivent être sensibilisés sur la fragilité des ressources
halieutiques : étudier les périodes de reproduction des différentes espèces, les
tailles en dessous desquelles il est interdit de pêcher certains animaux, connaître
les espèces protégées et leur expliquer pourquoi. En bref, leur enseigner que les
ressources marines ne sont pas inépuisables, ce n’est pas parce qu’il y en a
toujours eu qu’il y en aura toujours. Le village est dépendant d’une bonne gestion
de ces ressources.
Pour des populations qui manquent d’instruction, il existe des supports de projets
très intéressants. A l’ANAE, par exemple, pour expliquer leurs projets aux paysans,
ils utilisent des morceaux de tissus sur lesquels des scènes sont dessinées. Les
morceaux de tissus sont présentés les uns après les autres pour enseigner les
différentes étapes du projet, comment les gens doivent s’y prendre. Les dessins
sont simples et très clairs donnant des indications de temps, de météo, facilement
saisissables par tous. Ce type de support est à privilégier dans des sites tels que les
Sept Lacs ou le village d’Anakao, les informations circuleraient peut-être mieux.
L’avantage est qu’il est possible de les laisser sur place, les populations peuvent
les consulter n’importe quand. Il reste une trace matérielle de la formation.
Mettre en place des projets écotouristiques sur de tels sites, contraint les
populations à adapter leurs modes de fonctionnement traditionnel. Aux alentours
d’Anakao, la délimitation de la zone de l’Aquarium nord, a réduit l’espace de
pêche. L’interdiction du défrichement et de la culture sur brûlis (« hatsake »)
autour de la forêt des Sept Lacs, oblige les paysans à modifier leurs habitudes. Ces
mesures, à long terme, leur seront bénéfiques. Cependant, si on veut que ces
contraintes soient respectées, il est nécessaire de proposer des alternatives qui
leur permettent de conserver voire d’améliorer leurs conditions de vie à court
terme. Ces travaux sont d’une envergure qui dépassent les capacités des
associations locales. Il faut faire intervenir des acteurs extérieurs.
92
totalité à l’exportation. Le reste est vendu aux hôtels ou sur les marchés
locaux. Les prix de collecte sont fixés au début de chaque marée. On
constate que les prix sont de plus en plus écrasés, laissant une marge de
manœuvre aux pêcheurs de plus en plus faible. En août 2004, malgré
l’inflation et la forte augmentation du coût du sac de riz, le kilo de poulpe
était tombé à 5500fmg à Anakao. (il est descendu jusqu’à 4400 fmg dans les
zones les plus difficiles d’accès). Les bénéfices faits par ces entreprises en
revendant sur le marché européen sont énormes. Face à ces conditions, les
pêcheurs n’ont d’autres moyens que de pêcher de plus en plus pour réunir
des salaires équivalents à ce qu’ils touchaient avant. Un tel comportement
accentue encore les pressions pesant sur les ressources halieutiques. On
comprend alors qu’interdire certaines zones aux pêcheurs soit extrêmement
difficile à faire respecter, même si à long terme, elles doivent permettre
une régénération des ressources. Pour aider les pêcheurs à accepter ces
contraintes, il faut envisager des solutions qui leurs permettraient, en
prélevant moins de ressources, d’améliorer ou au moins de préserver leurs
conditions de vie :
9 Intéresser des entreprises de commerce équitable aux ressources
halieutiques de la zone : les marges qui sont faites actuellement sur des
produits tels que la langouste, le poulpe ou le calamar sont énormes. Des
entreprises poursuivant un objectif de commerce équitable
permettraient de financer les pêcheurs de façon beaucoup plus décente
(aujourd’hui, le kilogramme de langouste se négocie à 25 000 fmg). En
augmentant légèrement le prix de revente, elles seraient sans doute
viables.
9 Aider les pêcheurs à se constituer en syndicat ou coopération. S’ils se
solidarisent et se regroupent, ils auront plus de poids pour négocier les
prix d’achat. Cependant, comme les entreprises collectent sur plusieurs
centaines kilomètres de côtes, il faudrait imaginer des « alliances »
dépassant les cadres des villages.
9 Les entreprises de collecte doivent pouvoir être contrôlées. Il faut leur
imposer des normes d’achat strictes, concernant la taille des prises et les
périodes où elles peuvent être pêchées, et se donner les moyens de faire
appliquer ces normes. Nous savons que les deux grandes entreprises du
secteur ont essayé de se mettre d’accord pour, par exemple, refuser tous
les poulpes en dessous d’une certaine taille. Malheureusement, leur
entente n’a pas durée.
Il est en tout cas urgent d’estimer de façon précise les stocks des ressources
les plus pêchées. Si les villageois bien souvent ne disposent pas de l’éducation pour
prendre conscience de la fragilité de leur milieu, les entreprises de collecte au
moins, seront alertées par des données claires, et peut-être prendront-elles, en
concertation, les mesures nécessaires pour préserver leurs activités sur le secteur.
Tous ces projets nécessitent l’intervention de nombreux acteurs appartenant à des
secteurs variés : des scientifiques, des spécialistes du commerce, des ressources
halieutiques, des responsables d’O.N.G… De plus en plus d’O.N.G s’intéressent au
commerce équitable, mais elles ont besoin d’appui pour se lancer, surtout dans la
filière halieutique, encore peu touchée par ce secteur.
93
ĺ Pour le cas de la forêt des Sept Lacs, nous nous sommes informées sur les
méthodes qui existent comme alternatives à la culture sur brûlis (Hatsake).
Celle-ci reste un mode de culture encore très utilisé dans les campagnes du
sud de Madagascar. Pour cela, nous avons rencontré l’A.N.A.E, qui propose
diverses solutions afin de moins nuire à l’environnement, de trouver des
méthodes moins nocives pour la forêt. Il existe donc trois méthodes dites de
semi-direct ou du géo labour. C’est à dire que l’on ne retourne pas la terre,
mais on utilise des plantes pour fertiliser et aérer le sol.
94
x Les infrastructures d’éducation, de santé, d’accès :
des priorités pour le développement des sites
Pour palier au problème des femmes qui vendent des coquillages illicites sur
la plage, on peut imaginer leur faire suivre une formation, même légère qui leur
donnerait quelques notions de marketing. Cela permettrait qu’elles ne vendent pas
n’importe quoi, et que les touristes ne se sentent pas agressés, ce qui est
régulièrement le cas à Anakao.
95
2. faire connaître les Sept Lacs
Un travail de marketing est à mené pour faire connaître le site. La brochure doit
viser un type de touriste en particulier en fonction de l’offre actuelle. Les touristes
« sac à dos » semblent bien s’adapter. Ils peuvent passer facilement une nuit sur
place, apprécient les activités de randonnées et de découverte de la nature,
recherchent un côté authentique et une intégration à la vie du village.
ĺ Ce travail nécessite l’intervention d’un spécialiste de la promotion
touristique. Cependant, il est important d’impliquer les CLB dans la création
de cette brochure. Elles sauront ensuite ce qu’il y a à valoriser dans les
visites et ce que les touristes attendent de voir. Si elles savent comment est
présenté le lieu aux visiteurs, leur travail sur place sera plus cohérent et
efficace.
96
Prototype de brochure pour les 7 lacs :
Faire un fond avec une carte qui situe Tuléar et la piste qui mène au site,
ainsi que les délimitations de l’écosystème.
Intégrer des petites photos de taxi-brousse, de 4*4, de pirogue, de moto,
de quad, pour informer des différents moyens d’accès.
Placer en gros et de façon lisible l’hôtel et les aires de camping. Les gens
comprendront alors qu’il est possible de loger sur place.
Mettre des photos de la visite, une des lacs, une de la forêt sèche (on
présente ainsi la diversité des paysages), une ou deux sur la faune à
découvrir (makis, crocodiles…), une d’un point de vue sur l’Onilahy, une
sur l’hôtel et le village.
Valoriser le fait qu’il y ait une véritable immersion dans un village de
brousse. Indiquer les activités de randonnées pédestres, du circuit
botanique, la découverte d’une faune et une flore diversifiée.
« Immergez-vous dans un village de brousse, profitez de randonnées où
vous découvrirez des paysages magnifiques et variés, empruntez le circuit
botanique pour admirer la diversité de la flore pour beaucoup endémique
et originelle. Suivez le guide qui vous fera observer la faune : makis,
caïmans, chauves souris et bien d’autres animaux qui peuplent ce site ».
Précisez la distance du site par rapport à Tuléar (70 km à l’est de Tuléar
sur les rives nord d*u fleuve Onilahy).
Référer à un site internet, et donner un numéro de téléphone et une
adresse sur Tuléar pour obtenir plus de renseignements.
97
A 70km à
l’est de
Tuléar,
découvrez…
Photo de
makis
Ses randonnées
Son sentier
botanique
Sa faune et sa
flore
exceptionnelle
Photo de
caïman Vivez au rythme
d’un village de
brousse !
4*4, moto, quad, vélo, taxi-brousse, pirogue…
brochure n°2
98
x Créer un site internet pour présenter le site des Sept
Lacs, ce que l’on peut y faire, et y voir.
Celui-ci doit, comme la brochure, être orienté vers le type de touriste que l’on
souhaite faire venir. De plus en plus de personnes font leur programme de voyage
(sites à visiter, activités, …) en faisant des recherches sur internet. Les visiteurs
des Sept Lacs, comme on a pu le voir, sont soit des gens qui passent par des hôtels
ou des sociétés telles que « Trajectoire » ou « Quad du Capricorne » à Tuléar, soit
des personnes qui font leur programme elles même. Ces dernières se réfèrent
beaucoup à internet. Ce serait un bon moyen pour élargir le public actuel, car pour
le moment, le manque de visiteurs sur le site des Sept Lacs est flagrant.
Actuellement les Sept Lacs ne sont que très rarement présentés dans les guides
touristiques tels que le Routard, le Petit Futé ou Lonely Planet, et si c’est le cas
c’est fait de façon très brève.
ĺ Le site Internet pourrait être fait par le SAGE (avec un spécialiste
informatique). Il faudrait mettre le site en lien avec l’ORTU et la ville de
Tuléar pour que les gens puissent trouver le site facilement. Mettre en
évidence le côté « respect et découverte » de l’environnement et des
sociétés locales, et l’authenticité du site, son aspect sauvage, naturel. Le
site peut être fait en français, voire même en anglais.
Les hôtels de la région s’organisent entre eux par affinité pour faire leur propre
promotion. Ainsi certains hôtels de Tuléar affichent des brochures publicitaires
pour d’autres hôtels d’Anakao, ou d’Ifaty, et réciproquement. Un tel partenariat
pourrait être mis en place entre Jean-Claude et les établissements de Tuléar qui
proposent des excursions aux Sept Lacs : « Trajectoire », « Quad du Capricorne »,
« Chez Alain », « Le Refuge », le « Sax’aphone ».
Peu de personnes connaissent l’existence de cet établissement. Il faut qu’à Tuléar
les gens puissent être informés de ce site et des possibilités d’hébergement qui
sont proposées. Il manque un travail de communication important.
ĺ Elaborer une brochure pour faire la publicité de l’hôtel. Pour le moment il
n’y a rien, et les touristes sont absents. Il faut donc impérativement
remédier à ce manque pour que les projets d’écotourisme puissent
fonctionner. Si des touristes viennent, on pourra penser aux retombées sur
les communautés locales. Pour le moment, sans visiteurs c’est difficile. La
brochure pourrait être créée par Jean-Claude, en collaboration avec l’ORTU.
Le SAGE peut juste être un intermédiaire pour les mettre en relation.
99
ĺ Ne pas rajouter de construction autre que le chalet. D’après les enquêtes,
les toilettes ne sont pas du tout indispensables sur l’île. Les fady doivent
être connus et respectés des touristes, (faire ses besoins en fait partie). Les
panneaux, par contre, commencent à vieillir et pourraient être réhabilités.
ĺ S’il doit y avoir un sentier, c’est seulement pour que les touristes ne
marchent pas n’importe où, qu’ils ne détruisent pas la végétation. Le seul
travail à faire serait de tracer un itinéraire discret, en retirant les quelques
plantes susceptibles de gêner le passage. Ne pas mettre de béton, ni de
cailloux ou autres matériaux pour délimiter le sentier. Les visiteurs ne
doivent pas percevoir les aménagements. Il est essentiel de garder le côté
naturel au maximum.
ĺ Surtout ne pas bétonner. Ce n’est pas parce que les aménagements sont
visibles qu’ils sont plus attractifs pour les touristes. Au contraire, plus les
aménagements sont intégrés au paysage, plus ils seront appréciés.
Le problème des enfants qui mendient sur la plage, des jeunes filles qui
proposent des massages (on peut voir en allant sur les lieux qu’il s’agit des
prémices du tourisme sexuel), ou encore des femmes qui vendent des coquillages
interdits, font partie des impacts négatifs du tourisme sur les populations. Les
enfants sont de plus en plus agressifs, ce qui n’encourage pas les touristes à aller
se balader dans le village. Pourtant, les échanges sont une grande richesse pour
chacun.
Il ne faut pas que se développent côte à côte deux entités indépendantes qui
s’ignorent. Les touristes doivent prendre soin à ne pas accepter ce qui peut
endommager à terme la vie du village. Le village et ses habitants font partie du
produit touristique. Si les visiteurs ne peuvent plus prendre plaisir à se balader sur
la plage, à rencontrer des gens du village sans se sentir agressés, le site perd une
partie de son charme.
100
Des activités d’échange pourraient être prévues :
ĺ Inciter à développer des activités locales tel qu’un club de pirogue à voile :
Ce type d’activité peut être proposé en collaboration entre les hôtels et
l’association FI.MI.MA.NO. Monica, avait déjà émit cette idée de club de
pirogue à voile. Les meilleurs navigateurs de ces embarcations se trouvent
dans le village, ils pourraient servir de moniteurs.
Cela supposerait bien sûr des formations (parler français, notions de
sécurité, travail de guide en même temps pour améliorer la visite…). L’offre
touristique serait plus large et originale, tout en faisant référence au local.
ĺ On peut imaginer des activités telles que l’organisation d’un tournoi de
football entre les visiteurs et les locaux. Pas de questions de finance, mais
juste un moment partagé, profitable à tous. Cela peut être organisé en
partie par la FI.MI.MA.NO., ce type d’action peut rentrer dans ses projets,
en collaboration toujours avec les hôteliers.
101
différentes îles du secteur (Nosy Satrana), des activités de plongée, prévoir des
liaisons avec le parc de Tsimanampetsotse.
Conclusion :
Les propositions faites ici sont de deux ordres : certaines sont destinées aux
associations elles-mêmes, nécessitant ou non l’appui du SAGE. Elles sont faciles à
mettre en place, ne demandant pas de moyens financiers importants. Leur
réalisation ne transformera pas le type de tourisme qui existe sur les sites, ni les
conditions de vie locales. Cependant, elles tendront à améliorer l’existant, à
développer un tourisme plus durable et plus sain, profitable aux visiteurs comme
aux populations. Nous avons aussi abordé des suggestions qui dépassent largement
les cadres d’action des jeunes associations sur lesquelles nous avons travaillées.
Elles impliquent d’intéresser aux sites des acteurs capables de s’investir
durablement et d’injecter des fonds importants, qui permettront de mettre en
place des actions d’envergure.
102
CONCLUSION GENERALE
103
Annexes
104
Annexe N°1
Questionnaire « sept lacs » en français
Questionnaire :
Nous sommes deux étudiantes françaises de l’université de Nantes et nous faisons une étude
pour le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement sur le tourisme aux Sept Lacs.
Merci de votre collaboration.
1. Sexe :
F
M
2. Nationalité : ……………………………………………………………………………
3. Age : ……………………..
4. Profession :……………………………………………………………………………...
5. Revenu moyen mensuel :……………………………………………………………….
6. Etes-vous déjà venu à Madagascar ? ………………. Aux Sept Lacs ?………………
7. Comment voyagez-vous ?
Seul En couple
En famille Avec des amis
Autre, précisez………………
8. Combien de temps restez-vous à Madagascar : …………….jours ou………….mois
9. Quels autres sites que les Sept Lacs visitez-vous pendant votre séjour ?
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
10. Faites-vous parti d’un groupe suivant un itinéraire prédéfini ?
Oui
Non
11. Si oui, avec quel opérateur touristique voyagez-vous ?
……………………………………………………………………………………………….
12. Si non, comment avez-vous connu le site des Sept Lacs :
Par des opérateurs touristiques : lesquels………………………………………..
Par un guide (livre) touristique : lequel…………………………………………
Par un hôtel de Tuléar : lequel……….. ………………………………………...
Par un magasin de location : lequel ……………………………………..……...
Par des amis connaissant le site
Autre, précisez…………………………………………………………………..
13. Comment allez-vous aux Sept Lacs ?
4*4 avec chauffeur local
4*4 conduit par vous même ou un membre du groupe
Moto
Vélo
Pirogue (à moteur ou à voile ? )
Taxi brousse
Autre précisez : …………………………………………………………………
14. Pourquoi avez-vous choisi de venir aux Sept lacs ? …………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
15. Avez-vous un moyen de camper (tente…) ? …………………………………………
16. Savez-vous à quoi sert la taxe payée par les touristes en venant sur le site ?
Oui
Non
Commentaires ou autres remarques
………………………………………………………………………………………….………..
…………………………………………………………………………………………………...………
…………………………………………………………………………………………...
105
Annexe N°2
Questionnaire « sept Lacs » en anglais
We are two french students from Nantes University, and we’re, completing a study for SAGE (Service
d’Appui à la Gestion de l’Environnement ; Support Services for Environnemental Management)
about tourism and the environnement. Thank you for help
1. Sex:
Male
Female
2. Nationality……………………………………………………………………………….
3. Age………………………………………………………………………………………
4. Have you previously visited Madagascar?……………………….the “7 lacs”?………
5. How did you travel?
Alone With friends
With Family Other………………………………
With your partner
6. How much time will you spend in Madagascar?………………in “7 lacs”?……………
7. Do you travel with a tour operator?
Yes
No
8. If yes, wich company?…………………………………………………………………..
9. If no, how did you find out about “7 lacs”?
By touristic operator
By touristic book
By an hotel in Tulear
By friends
By “trajectoire”
By “le quad du capricorne”
Other…………………………………………..
10. How do you come to “7 lacs”?
4*4 with a driver
4*4
Taxi brousse
Motobike
Bike
Boat
Other…………………………….
11. What did you prefer in “7 lacs”?
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
12. Do you know why tourists pay a tax for visiting “7 lacs”?
Yes
No
13. Have you got a mean to camp?
Yes
No
14. Comments, Suggestions relative to your visit?
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………
106
Annexe N°3
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en français
Questionnaire :
Nous sommes deux étudiantes françaises de l’université de Nantes et nous faisons une étude
pour le Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement sur le tourisme à Anakao/Nosy Vé.
Merci de votre collaboration.
Sexe :
o F
o M
Nationalité : ……………………………………………………………………………
Age : ……………………..
4. Profession :……………………………………………………………………………...
11. Revenu moyen mensuel :……………………………………………………………….
12. Etes-vous déjà venu à Madagascar ? ………………. A Nosy Vé ?…………………..
13. Comment voyagez-vous ?
6. Seul En couple
En famille Avec des amis
Autre, précisez………………
8. Combien de temps restez-vous à Madagascar : ……………. , à Anakao …………….
9. Quels autres sites que Nosy Vé visitez-vous pendant votre séjour ?
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
……………………………………………………………………………………………….
Faites-vous parti d’un groupe suivant un itinéraire prédéfini ?
8. Oui
9. Non
Si oui, avec quel opérateur touristique voyagez-vous ?
……………………………………………………………………………………………….
Si non, comment avez-vous connu le site de Nosy Vé ?
Par des opérateurs touristiques : lesquels………………………………………..
Par un guide (livre) touristique : lequel…………………………………………
Par un hôtel de Tuléar : lequel……….. ………………………………………...
Par un magasin de location : lequel ……………………………………..……...
Par des amis connaissant le site
Autre, précisez…………………………………………………………………..
13. Comment êtes vous venu à Anakao ?
Pirogue à moteur
Pirogue à voile
Vedette
Taxi brousse plus pirogue
Autre précisez : …………………………………………………………………
Qu’avez-vous le plus apprécié à Nosy Vé ?
……………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………
Savez-vous à quoi sert la taxe payée par les touristes en venant sur le site ?
Oui
Non
107
Annexe N°4
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en anglais
We are two french students from Nantes University, and we’re, completing a study for SAGE
(Service d’Appui à la Gestion de l’Environnement ; Support Services for Environnemental
Management) about tourism and the environnement. Thank you for help
1. Sex:
Male
Female
2. Nationality
3. Age
4. Have you previously visited Madagascar?……………………….Anakao?……………
5. How did you travel?
Alone With friends
With Family Other…………………………..
With your partner
6. How much time will you spend in Madagascar?………………in Anakao?……………
7. Do you travel with a tour operator?
Yes
No
8. If yes, wich company?………………………………………………………………
9. If no, how did you find out about Nosy Ve?
By touristic operator
By touristic book
By an hotel in Tulear
By friends
Other…………………………….
10. How did you come to Anakao?
Pirogue with motor
Pirogue with sail
Taxi brousse and boat
Other…………………………….
11. What did you prefer in Anakao/Nosy Ve?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
12. Do you know why tourists pay a tax for visiting Nosy Ve?
Yes
No
13. Comments, Suggestions relative to your visit?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
108
Annexe N°5
Questionnaire Anakao/Nosy Ve en malgache
FANONTANIANA
Izahay dia mpianatra Frantsay avy amin’ny Université ny Nantes, Ka manao fikarohana
momba ny tourisme ao Anakao-Nosy Ve izay iarahana amin’ny SAGE. Misaotra.
1.
Lahy (f)
Vavy (h)
2. Zo-pirenena : ……………………………………………………………………………
3. Taona :…………………………………………………………………………………...
4. Asa :……………………………………………………………………………………..
5. Efa nandeha sy nahita an’I Nosy Ve ve ianao?………………………………………….
6. Rehefa manao voyage ianao ? :
Mandeha irery
Miaraka amin’ny fianakaviana
Olon-droa
Maraka amin’ny namana
Hafa, amario
7. Firy andro no nijanonanao tao Nosy Ve ?……………………………………………….
8. Misy “tour opérateur” ve nanomana ny voyage-nao ?
eny
tsia
9. Raha any, tour operateur iza no niarahanao ?……………………………………….…..
10. Raha tsia, tamin’ny fomba ahoana nao nahitanao an’I Nosy Ve ?
Tamin’ny alalan’ny opérateurs touristiques, iza:………………………………..
Tamin’ny torolana (boky) ara-pizahantany, iza : ……………………………….
Tamin’ny hotely eto Toliara, iza ………………………………………………..
Tamin’ny alalan’ny mpanofa fiara, iza :………………………………………
Tamin’ny namanao mahafantatra ny toerana
Hafa, amarino…………………………………………………………………
11. Amin’ny fomba ahona nahatongavanao eto Anakao ?
Lakana misy motera
Lakana misy lay
Vedette
Taxi-brousse
Hafa, amario……………………………………………………………………..
12. Inona no zavatra tena nahafinaritra anao teto Nosy ve?
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………….
13. Fantatrao ve ny hampiasàna ny vola (droit de visite) halaina amin’ny mpizahantany
mitsidika an’i Nosy Ve ?
Eny
Tsia
109
Annexes N°6
Types de dépenses et de recettes de la FIMIMANO de 1999 à 2002
Il manque 4 mois en 1999( de janvier à avril), 4 aussi en 2000 (août, septembre, novembre, décembre), 5 en
compte de FIMIMANO de 1999 à 2002
2001(de janvier à mai) et 2 en 2002 (aout et septembre)
Recettes 1999 2000 2001 2002 Dépenses 1999 2000 2001 2002
salaire du gardien
taxe (hotel + gardien)
2 253 000 1 017 000 3 888 000 525 000 +charges du trésorier 800 000 1 445 000 2 120 000 2441500
frontier 0 1 250 000 2 600 000 1 500 000 fournitures de bureau 91 500 115 000 52 500 49000
achat de matériel,
Amendes aquarium pirogue, peinture, essence,
0 100 000 0 100 000 huile… 25000 612000 257 000 260000
actions concrètes
(panneaux, reboisement,
dons exceptionnels:
sensiblisation, bouées,
entretien…) 155 000 50 000 1 175 500 225000
dépenses pour projet
paquebot 0 0 1 000 000 1 000 000 SAGE/PNUD/TANA 0 0 0 70000
dépenses absurdes
(rhum, bénédiction, sac
d'os, art malgache,
étudiants américains 75 000 0 0 0 chèvre…) 431 000 200 000 370000
bateau sud africain 350 000 0 0 0 sortie pour Hubert EMC 2 000 000 0 0 0
versement à la caisse
club magic bay 13 000 0 0 0 d'épargne 0 0 0 5 000 000
remboursement
SAGE, salaire gardien 300 000 205 000 0
fond de caisse de mini
projet 71 210 0 0
village d'Anakao 137 000 16 000 0 0
TOTAUX 3 128 000 2 454 210 7 693 000 3 125 000 TOTAUX 3 071 500 2 653 000 3 805 000 8415500
110
comptes FIMIMANO de 1999 à 2002 Annexe N°7
Comptes de la
solde solde à la fin du FIMIMANO de 1999 à
1999 dépenses recettes
précédent mois
2002
avril 231000
mai 231000 89800 72000 213200
juin 213200 1200 88000 300000
juillet 300000 29500 781000 1051500
aout 1051500 309500 1302000 2044000
septembre 2044000 233000 288000 2099000
octobre 2100000 200000 87000 1987000
PRL:
novembre 1987000 208500 648000 2426500
les deux millions
décembre 2426500 2008000 583000 1000500
d'avoir de SAGE,
2000
prélevés en
janvier 3000500 92000 141000 3049500 décembre 2000
février 3049500 125000 213000 3137500 ont été
mars 3137500 805000 153000 2485500 récupérés
avril 2485500 200000 659000 2944500
mai 2944500 190000 490000 3244500
PRL:
juin 3244500 200000 131000 3175500
en aout et
juillet 3175500 308500 596000 3463000
septembre 2000,
aout 3463000
546 000fmg ont
septembre 2917000
été dépensée. Pas
octobre 2917000 250500 71210 2737710
de rentrée de
novembre 2737710
taxe?ou grosses
décembre
dépenses?
2001
janvier
février
mars PRL:
avril entre novembre
mai 3875210 2000 et mai 2001,
juin 3875210 485500 1189000 4578710 1 137 500 fmg ont
juillet 4578710 437000 1107000 5248710 été gagnés
aout 5248710 382500 366000 5232210
septembre 5232210 785500 882000 5328710
octobre 5328710 485000 771000 5614710 PRL:
novembre 5614710 430000 795000 5979710 fortes sorties
décembre 5979710 935000 1583000 6627710 d'argent dues au
2002 mouillage des
janvier 6627710 898000 733000 6462710 bouées, la pose du
février 6462710 261000 240000 6441710 panneau et à une
mars 6441710 397000 1102000 7146710 opération de
avril 7146710 581500 450000 7015210 reboisement
mai 7015210 285000 0 6730210
juin 6730210 540000 0 6190210 PRL:
juillet 6190210 337500 150000 6002710 entre aout et
aout 6002710 septembre,217000f
septembre 5785710 mg ont été
octobre 5785710 5240000 300000 845710 dépensés? Pas de
novembre 845710 490000 0 355710 rentrée de taxe au
décembre 355710 260000 150000 245710 mois d'aout?
PRL:
PRL: depuis mai 2002, il n'y
5 000 000 partent pour la a eu aucune rentrée du
caisse d'épargne de à la taxe. Le résultat de
Madagascar la crise?
111
Annexe N°7bis
Comptes de la FIMIMANO en 2003/2004
2003
112
Annexe N°8
113
Annexe N°9
114
Liste des tableaux et graphiques
Tableaux :
Graphiques :
Graphique n°2 : Répartition des touristes venant à Anakao selon leur CSP..p 21
Graphique n°5 : Moyenne d’âge des touristes venant à Anakao, selon les
hôtels, en 2003 et 2004 ...............................................................p 23
115
Liste des cartes et croquis
Carte n°1 : Localisation des sites et des principaux lieux évoqués dans
l’étude .................................................................................. p.12
Carte n°3 : Croquis du site et des aménagements des Sept Lacs ............. p.36
Carte n°7 : Les Sept Lacs, un site écotouristique … malgré lui ? ............. p.67
Schéma n°1 : Les conflits d’usage sur le site d’Anakao/Nosy Ve ............. p.39
116
Liste des photos
Photo n°4 : Le lac numéro sept sur le site des Sept Lacs ...................... p.11
Photo n°7 : sentier botanique en chantier sur le site des Sept Lacs ......... p.35
117
Liste des entretiens
- Air Madagascar
- Stationnement taxi-brousse
118
- Eric et Carole, pour l’hôtel « Longo Vezo » à Anakao
Les associations gérant les ressources naturelles sur les sites étudiés
La FI.MI.MA.NO :
- Le président Jeau Filison Guiffant
- Les deux vice-présidents
- Les deux commissaires aux comptes
- Un secrétaire
- Le trésorier (Emile de l’hôtel « chez Emile »)
119
Bibliographie:
x Ouvrages généraux:
x Revue :
x Mémoires
x Documents du S.A.G.E
Association des chercheurs, « forêt des Sept Lacs », ONE, 2002, Appui à
la filière écotourisme dans la zone des Sept Lacs (Toliara-Madagascar),
rapport final
120
Association « Chercheurs Enseignants Réunis pour la Gestion Intégrée
des Milieux » (CERGIM), 2000, Inventaire et étude biologique sur
l’écosystème forestier des Sept Lacs
121
Plan détaillé
Introduction
Les principales caractéristiques économiques et sociales des lieux d’étude
Fiches de présentation des sites
122
¾ Diversité de la flore pour les passionnés de botanique
¾ Les curiosités faunistiques des 7 lacs qui attirent les touristes
¾ Les légendes des 7 lacs, un côté authentique qui séduit les visiteurs
c) les aménagements touristiques
¾ l’hôtel de Jean-Claude
¾ Aménagements récents et en cours
123
¾ Des infrastructures touristiques pas toujours respectueuses de
l’environnement (Des transferts polluants et peu sécurisés, réversibilité et
distance à la côte des bâtiments, la nature des énergies utilisées, les types
d’activités pratiquées (carte de synthèse) )
¾ Un apport contrasté pour les communautés locales
¾ Des manques dans la formation et la sensibilisation des touristes
Conclusion : le grand projet de réserve foncière
124
¾ L’incapacité à travailler un budget prévisionnel
a) L’aspect financier
o Construire un budget prévisionnel
o La transparence des comptes
125
2. Faire connaître les Sept Lacs
Conclusion Générale
126