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Comprendre l'espérance conditionnelle en probabilité

Ce document définit et explique la notion d'espérance conditionnelle en probabilités. Il présente la définition formelle de l'espérance conditionnelle d'une variable aléatoire sachant une tribu ou un événement, ainsi que des exemples et propriétés clés.

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Ouledjamaa Badr
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Comprendre l'espérance conditionnelle en probabilité

Ce document définit et explique la notion d'espérance conditionnelle en probabilités. Il présente la définition formelle de l'espérance conditionnelle d'une variable aléatoire sachant une tribu ou un événement, ainsi que des exemples et propriétés clés.

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Réalisé par : Badr Ouled jamaa Espérance condtionnelle Chapitre 2

Espérance condtionnelle : Définition :

L’espérance conditionnelle est une notion de probabilité qui permet, étant données une variable
aléatoire X et une sous-tribu B, d’exprimer ce que l’on sait de X en ayant uniquemer l’information
contenue dans B.

Théorème et définition :Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé, et B une sous-tribu de A. Soit


également X une variable aléatoire réelle définie sur (Ω, A, P), et intégrable. Alors il existe une
unique variable aléatoire, appelée espérance conditionnelle de X sachant B, notée E(X | B),
telle que : E(X | B) est B-mesurable ; R
pour tout B ∈ B, B E(X | B)dP(ω) = B X(ω)dP(ω).
R

Si B est la tribu engendrée par une variable aléatoire Y , on note aussi E(X | Y ).
Cas discret :

Espérance conditionnelle d’une v.a. sachant un évènement :

Soit (Ω, T , P) un espace probabilisé que nous supposerons fini et satisfaisant en outre la
condition suivante :
∀ω ∈ Ω, P(ω) , 0.
P
Soit X une variable aléatoire sur Ω. L’espérance de X est le nombre E(X) = ω∈Ω X(ω)P(ω).
Notons que, pour tout évènement A ⊆ Ω appartenant à la tribu T , on peut exprimer la
P
probabilité de A comme l’espérance d’une v.a., en posant P(A) = α∈A P(α) = EIA , où IA
désigne la v.a. indicatrice de A, égale à 1 sur A et 0 sinon.
Plus généralement, on appelle "espérance de X sachant A" ou "espérance de X conditionnellement
à A " , le nombre, notée E(X/A), donné par :

1 X E (XIA )
E(X/A) = X(α)P(α) = .
P(A) α∈A EIA

En d’autres termes E(X/A) est la moyenne des éléments de A, pondérée par leur probabilité
rapportée à la probabilité de A.
Nous insistons sur le fait que l’espérance conditionnelle d’une v.a. sachant un évènement
est un nombre. L’espérance conditionnelle par rapport à une tribu, que nous allons introduire
à présent, n’est pas un nombre, mais "un nombre qui dépend de l’état du monde", c’est-à-dire
une variable aléatoire.

Espérance conditionnelle d’une v.a. par rapport à une tribu :

Soient F ⊆ T une tribu et ψ := {Ω1 , . . . , Ωm } la partition de Ω formée par les atomes de


F.
Définition : Soit X est une v.a. sur Ω. On appelle espérance conditionnelle de X par rapport
d la tribu F ⊆ T , ou encore espérance conditionnelle de X relativement à la partition ψ, la v.a.
notée E(X | F) définie, pour tout ω ∈ Ω, par
1 X
E(X | F)(ω) := E[X/ω̄] = X(α)P(α)
P(ω̄) α∈ω̄

où ω̄ désigne l’atome Ωi ∈ ψ de la partition tel que ω ∈ Ωi . On voit done que par définition
l’espérance conditionnelle par rapport à une tribu F est une v.a. constante sur les atomes Ωi
de la partition ψ associée à F. On a plus précisément :

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Réalisé par : Badr Ouled jamaa Espérance condtionnelle Chapitre 2

Exemples :
- L’espérance conditionnelle de X par rapport à la tribu triviale {∅, Ω} est une application
constante. Sa valeur est l’espérance de X !
- On lance deux fois une même pièce. On gagne un euro à la fin si on obtient deux piles, on
perd un euro sinon. On note X la variable aléatoire égale au gain. L’espace des événéments
correspondant est
Ω = {(P1 , P2 ) , (P1 , F2 ) , (F1 , P2 ) , (F1 , F2 )}
La tribu associée est P(Ω), elle comporte 24 = 16 éléments. Maintenant, on suppose qu’on a
déjà lancé une première fois la pièce. Dans ce cas, on ne peut pas distinguer I événement (P1 , P2 )
de l’événement (P1 , F2 ), ni l’événement (F1 , P2 ) de l’événement (F1 , F2 ). La tribu associée doit
en tenir compte, et la tribu qui porte l’information que l’on a après le premier tirage est la
tribu engendrée par les deux ensembles {(P1 , P2 ) , (P1 , F2 )} et {(F1 , P2 ) , (F1 , F2 )}. Elle est donc
égale à
B = {∅, Ω, {(P1 , P2 ) , (P1 , F2 )} , {(F1 , P2 ) , (F1 , F2 )}} .
Calculons maintenant l’espérance conditionnelle de X par rapport à B. Comme E(X | B) doit
être B-mesurable, on a nécessairement

E(X | B) (P1 , P2 ) = E( X | B (P1 , F2 ) .

La deuxième condition donne :

E(X | B) (P1 , P2 ) = E(X | B) (P1 , F2 ) = 0

Ceci exprime que, si on a simplement l’information donnée par le premier lancer de la pièce, et
que le résultat est pile, alors le jeu est équitable. De la même façon, on a

E(X | B) (P1 , P2 ) = E( X | B (P1 , F2 ) = −1

Ceci exprime que, si on a simplement l’information donnée par le premier lancer de la pièce, et
que le résultat est face, alors le jeu est perdant à tous les coups.

Proposition : La v.a. E(X | F) est mesurable par rapport à la tribu F et de plus si


Y = E(X | F) désigne cette v.a., alors Y peut être définie comme l’unique v.a. F-mesurable
telle que :
∀Ωi ∈ ψ , E (Y /Ωi ) = E (X/Ωi )

Preuve :Le fait que E(X | F) soit mesurable par rapport à la tribu F est clair par définition
puisqu’elle est constante sur les atomes de la partition ψ associée à F.
Montrons qu’elle vérifie l’équation : Soit ω est un élément quelconque de l’atome Ωi , et
donc ω̄ = Ωi ; comme Y est constante sur les atomes on a Y (ω) = Y (α) pour tout α ∈ Ωi . Par
définition de Y = E(X | F), on a

1 X 1 X P (Ωi )
E (Y /Ωi ) = Y (α)P(α) = Y (ω) P(α) = E(X | F)(ω) = E[X/ω̄] = E (X/Ωi )
P (Ωi ) α∈Ω P (Ωi ) α∈Ω P (Ωi )
i i

Réciproquement si Y est F-mesurable, elle est constante sur les Ωi ∈ ψ, et la relation E (Y /Ωi ) =
E (X/Ωi ) définit Y uniquement car, pour tout ω ∈ Ω, on aura Y (ω) := E (X/Ωi ), où Ωi est
l’atome contenant ω.

Voici les principales propriétés de l’espérance conditionnelle :

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Réalisé par : Badr Ouled jamaa Espérance condtionnelle Chapitre 2

Proposition :
Soient X et Y des v.a. sur(Ω, T , P), F et G des sous-tribus de T , et x0 , a et bes nombres réels.
On a :
1. E(X | T ) = X, et E(X | {∅, Ω}) = E(X).
2. E(aX + bY | F) = aE(X | F) + bE(Y | F).
3. Si X ≥ 0, on a E(X | F) ≥ 0, avec égalité si et seulement si X = 0.
4. E (x0 | F) = x0 .
5. Si Y est F-mesurable, on a E(XY | F) = Y E(X | F)
6. Si G ⊆ F, on a E(E(X | F) | G) = E(X | G). En particulier E(E(X | F)) = E(X).

Cette sixième propriété s’appelle la transitivité des espérances conditionnelles. Elle est d’un
usage fréquent en Finance.
L’espace euclidien L2 (Ω) :
On désigne par L2 (Ω) l’ensemble des variables aléatoires sur Ω dans le cas où on munit cet
ensemble d’une structure euclidienne (c’est-à-dire d’un produit scalaire) que nous allons définir
à présent. Cet espace de v.a. joue un rôle fondamental en économétrie et en calcul stochastique.
Tout d’abord, il est facile de munir l’ensemble des v.a. sur Ω d’une structure d’espace
vectoriel : si X et Y sont deux éléments de cet ensemble, X + Y et, pour tout λ ∈ R, λX sont
encore des v.a. sur Ω. D’autre part on peut définir un produit scalaire sur cet ensemble de la
façon suivante :
< X, Y >:= E(XY )
et la norme associée par : q
kXk := E (X 2 )
En effet on vérifie facilement la bilinéarité et la symétrie ; de plus on akXk ≥ 0 puisque X 2
est une v.a. positive ou nulle ; enfin, si kXk = 0, alors X = 0 car E X 2 est une combinaison
linéaire à coefficients strictement positifs (puisque P(ω) > 0 pour tout ω ∈ Ω ) des nombres
positifs.
On vérifie sans peine que l’on a E(X) = hX, 1 >, Cov(X, Y ) =< X − E(X), Y − E(Y ) > et
done Var(X) =< X − E(X), X − E(X) >= kX − E(X)k2 .

L’espace L2 (Ω) des variables aléatoires sur Ω, muni du produit scalaire (3.2), est done bien
un espace euclidien. On sait que dans un espace euclidien on peut associer à tout vecteur sa
projection orthogonale sur un sous espace. Rappelons la définition de la projection orthogonale :
Définition :Soient G ⊆ L2 (Ω) un sous espace vectoriel et X ∈ L2 (Ω) un vecteur quelconque.
On appelle projection orthogonale de X sur G, notée π(X) l’unique élément de G tel que
∀Z ∈ G, < X − π(X), Z >= 0
On peut vérifier facilement que si F est une tribu alors l’ensemble des v.a. de L2 (Ω)F-
mesurables forment un sous espace vectoriel. En effet, si X et Y sont deux v.a. F-mesurables,
donc constantes sur les atomes de la partition associée à la tribu F, toute combinaison linéaires
λX + µY , pour λ et µ réels quelconques, est encore F-mesurable.

Proposition : Soient X une v.a. et F une tribu. L’espérance conditionnelle de X par rapport
à la tribu F est la projection orthogonale de X sur le sous espace G des v.a. F-mesurables.
Preuve : Soit Z ∈ G. En utilisant les propriétés de l’espérance conditionnelle , on a :
E(XZ) = E(E(XZ | F)) = E(E(X | F)Z)
donc < X − E(X | F), Z >= E(XZ) − E(E(X | F)Z) = 0

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