Cours de Droit Administratif USIA-ESSIG
Cours de Droit Administratif USIA-ESSIG
(USIA-ESSIG)
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PLAN DU COURS
INTRODUCTION
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Paragraphe 5 : fin du contrat administratif
A- le pouvoir discrétionnaire
B- la compétence liée
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INTRODUCTION
Le droit administratif est l’une des principales branches du droit public. Dans le cadre de
notre étude, son apprentissage intervient souvent après celui du droit constitutionnel, autre
branche du droit public qui s’intéresse aux fondements et à la structure de l’Etat, à la
distinction des différents pouvoirs qui le composent à savoir législatif, exécutif,
juridictionnel.
Le droit administratif correspond à l’ensemble des règles du droit privé et du droit public qui
s’appliquent à l’Administration dans sa gestion du service public, et dans les rapports avec
les particuliers autrement dit, le droit administratif s’entend seulement de celles des règles
qui dérogent au droit privé et qui sont ainsi normalement appliquées par les juridictions
administratives.
L’Administration est soumise à un droit qui régit son organisation et son activité et, par la
même, ses rapports avec les administrés, qui sont sa raison d’être et dont tend à satisfaction
des besoins par l’exercice d’activités d’intérêts du service public.
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CHAPITRE 1 : DEFINITION DU DROIT ADMINISTRATIF
L’objet de ce cours qui porte sur une discipline nouvelle, il convient d’apporter
immédiatement des précisions sur ce que l’on entend par Droit Administratif.
Le droit applicable à l’administration diffère, pour cette raison, de celui qui régit les rapports
entre les particuliers. Le droit administratif se présente comme un corps de règles
spécifiques, on dira autonome, sanctionnées par une juridiction autonome.
Il convient cependant de noter d’abord que le contenu du droit administratif varie selon les
pays et les époques. Il est plus ou moins exorbitant. En outre, dans bien des hypothèses,
l’administration est aussi soumise au droit privé et son contentieux relève du juge judiciaire.
Mais quelle que soit la part du droit privé dans le régime de l’administration.
En tant qu’ensemble de règles juridiques sanctionnées par les juges, le droit administratif est
une des disciplines scientifiques juridiques. La méthodologie retenue sera donc juridique et
normative. Il s’agira de présenter les règles écrites et jurisprudentielles, d’en faire l’exégèse,
de les interpréter, d’en dégager le sens, de réfléchir sur les concepts et les catégories
juridiques.
Mais cette approche en quelque sorte « technologique » du droit administratif, qui sera
évidemment privilégiée, ne saurait suffire pour donner une bonne connaissance du droit
administratif.
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SECTION2 : LES CARACTERES DU DROIT ADMINISTRATIF
Le droit administratif qui, rappelons le, est entendu ici comme le droit qu’est chargé
d’appliquer la juridiction administrative, présente plusieurs caractères essentiels :
Le droit administratif gabonais est un droit d’origine jurisprudentielle, élaboré par le juge,
essentiellement le juge administratif ; et l’on voit dans la place prépondérante faite à la
source jurisprudentielle une originalité du droit administratif par rapport au droit privé.
Les règles générales et les principes fondamentaux du droit administratifs sont posés par le
juge contraint qu’il est de statuer dans le silence des textes (cf. l’article 4 du code civil
français : « le juge qui refusera de juger sous prétexte de silence, de l’obscurité ou de
l’insuffisance de la loi pourra entre poursuivi comme coupable de déni de justice ». les
théories des contrats des contrats, de la responsabilité extracontractuelle, du domaine
public, des actes unilatéraux, etc sont ainsi l’œuvre du juge administratif et non de textes
écrits ; ceux-ci existent mais ils ne sont pas des textes d’ensemble, établissant des théories
générales.
Cette prolifération des sources textuelles modifie l’aspect du droit administratif ainsi qu’à
bien des égards le Rolle du juge. Elle n’a cependant pas transformé sa nature
« fondamentalement jurisprudentielle » (R. CHAPUS) :on rappellera que le caractère
jurisprudentiel ne tient pas seulement à des facteurs quantitatifs ; ce qui caractérise un droit
jurisprudentiel par rapport à un droit écrit, c’est une certaine structure : en droit civil, les
règles fondamentales sont posés par le législateur et le droit jurisprudentiel est déclaratif, ou
supplétif par rapport aux textes. En droit administratif, au contraire, les principes essentiels
sont d’origine jurisprudentielle.
L’autonomie du droit administratif par rapport au droit privé a souvent été évoquée dans
nos développements précédents, sa signification doit être précisée.
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établis par le code civil pour les rapports de particulier à particulier ». Mais cette autonomie
n’est pas toujours dans l’intérêt de l’administration, elle peut l’être aussi pour les particuliers
par exemple : la théorie des risques en matière de Responsabilité, théorie de l’imprévision
en matière contractuelle.
On entend, par sources du droit, les procédés par lesquels s’élaborent les règles de droit. Il
existe en effet, pour « fabriquer du droit », diverses techniques, d’ailleurs en nombre limité :
l’élaboration spontanée, qui aboutit à la règle coutumière, l’élaboration par l’autorité
publique, qui aboutit à la règle écrite dont la Loi est le prototype ; enfin l’élaboration par le
juge, qui aboutit à la règle jurisprudentielle.
Les sources écrites ou formelles peuvent être classé en deux catégories selon leur origine.
Ce sont les sources crées par les législateurs nationaux, classées suivant le principe de Kelsen
de la hiérarchie des normes.
1- La Constitution :
Le normativisme Kelsenien fait de la constitution la norme suprême, c’est elle qui sou tend la
vie politique et administrative dans un Etat de droit.
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La constitution de la République gabonaise date du 26 Mars 1991 , et a suivie plusieurs
modification, la dernière est celle de la Loi N°001/2018 DU 12 JANVIER 2018.
Elle est composée des dispositions de la constitution elle-même, son préambule et les
principes de même valeur juridique (décision N°001/CC du 28 Février 1992 portant création
de la cour constitutionnelle).
Apres la fixation des règles du droit administratif, c’est ensuite le juge administratif qui doit
les interpréter et sanctionner leur violation.
C’est aussi la constitution qui contient les principes de libre administration des collectivités
locales et la supériorité des traités internationaux sur les lois.
Arrêt Heyries (CE 28 Juin 1918) : le Conseil d’Etat va systématiser le principe de continuité du
Service Public. C’est un principe constitutionnel s’imposant aux législateurs.
2- La loi et Règlement
La loi est une règle de droit écrite, générale et permanente, élaborée par le parlement,
détenteur du pouvoir législatif et le règlement est l’acte à portée générale élaboré par une
autorité exécutive. La distinction tient donc à l’autorité dont l’acte émane. L’autorité d’une
norme dépend de l’organe qui l’édicte, de la place de celui-ci dans la hiérarchie des sources
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du droit. De ce point de vue, il est acquis depuis longtemps que la loi, œuvre du parlement, a
une autorité supérieure à celle des actes réglementaires, émanent du pouvoir exécutif.
Selon cette analyse le règlement, normalement, ne pouvait être pris que sur la base d’une
loi, pour en régler les modalités d’application ; il ne pouvait d’autre part, ni modifier
expressément une loi, ni la contredire ; et enfin, le juge pouvait toujours vérifier la
conformité du règlement à la loi, et censurer l’illégalité du règlement.
-Domaine respectifs : il résulte nécessairement de ce qui précède qu’il n’était pas possible,
dans la conception traditionnelle, d’assigner à la loi un domaine propre : souverain, le
législateur peut se saisir de n’importe quelle matière, et poser les règles qu’elle lui parait
appelé.
Il ne peut donc y avoir non plus, dans ce système, de domaine réservé au pouvoir
réglementaire, puisque le législateur est toujours maitre, soit de descendre lui-même
jusqu’aux détails d’application, soit de contenter de poser les principes, élargissant d’autant
le champ ouvert au pouvoir réglementaire.
Les traités et les accords internationaux, appelés encore normes internationale font partie
des sources de la légalité dont le respect s’impose à l’administration.
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L’expression de norme internationale doit être entendue largement : elle désigne toute
norme juridique incluant un élément d’extranéité organique. Ce type de norme n’émane
donc pas de la volonté unilatérale des autorités gabonaises, mais résulte d’une négociation
puis d’un accord de volonté entre ces autorités et celles d’un ou plusieurs autres Etats ou
d’une organisation internationale. Ce trait distingue fondamentalement une telle norme des
normes internes et autorise à rassembler sous le même vocable divers types d’actes. En
relèvent évidemment les traités, conventions ou accords élaborés par accord entre
plusieurs Etats.
C’est l’article 106 de la constitution qui interdit toute contradiction entre traités et
constitution. Il dispose que si la cour constitution, saisi de la question, « a déclaré qu’un
engagement international comporte une clause contraire à la constitution, l’autorisation de
le ratifier ou de l’approuver ne peut intervenir qu’après la révision de la constitution ».
Il ne devrait y avoir aucun problème pour assurer la conformité des lois aux traités
internationaux puisque, comme on l’a vu, l’article 106 de la constitution donne aux traités
ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés « une autorité supérieure à celle des
lois »sous réserve de la ratification de cette convention.
✓ Arrêt Dame Kirkwood 30 Mai1952, Incorporation des traités dans le Bloc de légalité.
Les requérants peuvent invoquer la violation des traités par un acte administratif au
même titre que la violation d’une loi.
✓ Arrêt du C.E 24 Sept [Link] en matière de règlementation de la supériorité
des marchés agricoles, la réaffirmation de la supériorité de la norme internationale
jugeant qu’une loi nationale ne peut faire obstacle à l’application d’un règlement
communautaire.
✓ Arrêt Nicolo 20 Octobre 1989, affirmation de la supériorité des conventions
internationale sur les lois nationales.
✓ Arrêt Mangein 21 Nov 1989 au Gabon, le juge administratif fait pour la 1ere fois
application droit international.
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PARAGRAPHE 2 : Les sources non écrites du droit administratif
A- La Jurisprudence :
C’est la jurisprudence, qui donne au droit administratif ses grands régimes juridiques, les
grands, les grands principes, les notions fondamentales sont l’œuvre du juge administratif.
C’est le juge administratif qui a dessiné les contours du régime général de l’action
administrative, de la Responsabilité de la puissance publique ou de l’exécution des contrats
administratifs. C’est lui qui a crée les grandes notions du droit administratif comme
ceux :(actes adm, service public, agent public).
✓ Arrêt du C.E 05 Mai 1944, Dame veuve Trompier Gravier, le principe du respect du
droit à la défense.
Le juge administratif depuis l’arrêt du CE, 26 octobre 1945, ARAMU affirme l’existence de
« principes généraux du droit administratif »dont il sanctionne la violation par
l’administration. Ces principes sont empruntés pour la plupart, soit à la tradition libérale de
1789( égalité des citoyens des citoyens devant l’autorité publique, liberté de conscience,
possibilité pour un citoyen menacé d’une sanction de se défendre contre les griefs allégués
contre lui), soit au préambule de la constitution du 26 Mars 1991, soit aux nécessités de la
vie sociale( continuité des services publics, contrôle supérieur sur les actes de l’inférieur, soit
aux impératifs de l’équité(principe de l’enrichissement sans cause).
Par conséquent, ils s’imposent non seulement aux autorités administratives et aux
législateurs ( CE 29 Nov 1968 Tallagrand).
Pour les autres principes généraux du droit, qui ne trouvent pas un support direct avec les
textes constitutionnels, ils ont une valeur supra directale mais infra législative.
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CHAPITRE 2 : MOYENS DE L’ACTION ADMINISTRATIVE
Nous verrons tour à tour les actes administratifs unilatéraux, les contrats administratifs, les
services publics, les établissements publics :
Alors qu’en droit privé les relations juridiques reposent principalement sur l’accord des
volontés scellé par un contrat, un particulier ne pouvant, en principe, imposer d’obligations
à un autre sans recueillir son consentement. Le procédé normal de l’action administrative
est l’acte administratif unilatéral, créateur de droits et d’obligation à l’égard des administrés,
manifestation de puissance publique et révélateur de la situation d’inégalité entre
l’administration et les particuliers.
A-Définition :
Cette qualification a pour principale conséquence que les seules décisions « faisant grief »
pourront être déférées à la censure du juge de l’excès de pouvoir aux fins d’obtenir
l’annulation.
Avis, vœux d’un organe consultatif, projets, renseignement, actes à valeur simplement
indicative, enquêtés, propositions, recommandations, tous les actes préparatoires ne sont
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pas créateurs de droit, pas plus que les actes d’exécution postérieurs à la décision, telles leur
notification ou leur publication.
Les mesures préparatoires ne peuvent être attaquées devant le juge : C.E Ass 15 avril 1966,
« Synd. Hospitalier de Bédarieux ». elles pourront seulement faire l’objet de critiques lorsque
l’acte administratif qu’elles accompagnent est, lui, porté devant le juge( défaut d’avis,
irrégularité d’une enquête).
Elles sont destinées à régir l’organisation et le fonctionnement interne des services, la « vie
intérieur des services » M.Hauriou0. Elles s’imposent aux agents du service, tenus de s’y
conformer dans une relation d’obéissance hiérarchique et n’ont donc, en principe, aucune
force obligatoire pour les administrés lesquels ne sauraient ni s’en prévaloir, ni les attaquer
pour excès de pouvoir.
a -Les circulaires
Elles sont un instrument de circulation de l’information entre les services centraux d’un
ministère d’une part et entre ces services et les services extérieurs déconcentrés d’autre
part. le ministre ou une autorité hiérarchique, pour guider la conduite de leur subordonnés,
leur faire connaitre l’interprétation qu’il convient de donner à un texte ou à la politique à
suivre sur un problème précis afin d’éclairer, guider, harmonisé l’action des services. La
mesure d’ordre intérieur est perçue comme un pouvoir d’organisation, la circulaire comme
un pouvoir d’interprétation.
b- les directives
Il s’agit ici de présenter de manière schématique les divers types d’actes unilatéraux
créateurs de droit.
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La décision individuelle édicte des normes ayant pour destinataire une( délivrance d’une
autorisation) ou plusieurs ( le procès verbal des résultats d’un concours) personnes
nominativement désignées.
Par contre la décision réglementaire édicte des règles générales et impersonnelles destinées
à des sujets de droit indéterminés (règlement de police fixant les règles de stationnement
dans une commune). Elle s’adresse d’ordinaire à un groupe de personnes mais peut n’en
viser qu’une seule au regard de sa fonction et non à titre nominatif (décret définissant le
statut du préfet de police de Libreville).
Le nombre de personnes visées n’est donc pas le critère de distinction et les décisions dites
collectives, assimilées aux décisions individuelles, sont fréquente.
« Le gouvernement propose les lois et les règlements nécessaires pour assurer leur
exécution ».
Ces règlements, dits aussi dérivés, sont une véritable obligation de faire pour les autorités
gouvernementales (ou locales) détentrices du pouvoir réglementaire. Des problèmes
politiques ( cf. nouveau Gouvernement, en désaccord avec le Parlement, et qui se refuse à
faire application d’une loi précédemment votée). En théorie, le refus ou le retard anormal à
éditer les règlements d’application peuvent entre censurés par le juge et même, depuis peu,
donner lieu à dommages intérêts. En pratique, ces condamnations sont rares, le juge restant
réservé face à des considérations souvent inspirées par la conjoncture politique ou par
l’inéluctable lenteur administrative.
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L’auteur de l’acte doit entre légalement habilité à intervenir matériellement,
territorialement et temporellement. Les règles de compétence sont d’ordre public et le juge
administratif peut soulever d’office leur méconnaissance.
b- Transparence et concentration
L’information des citoyens est aussi encouragée par l’obligation de publier régulièrement les
instructions, directives et circulaires et par la possibilité pour tout citoyen de connaitre et
éventuellement contester les informations nominatives figurant dans les fichiers
informatisés.
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défense reconnu à ceux que menace une sanction s’ajouterait celui du respect du
contradictoire. Parce que les décisions administratives portent souvent atteinte, dans
l’intérêt général aux droits et libertés des citoyens.
La plupart des décisions ont un caractère exprès et explicite. Elles ne sont pas
nécessairement écrites pouvant prendre la forme verbale ou même gestuelle (signe des
agents à un carrefour pour régler la situation).
Lorsqu’elles sont écrites, elles se présentent s’agissant des décrets ou arrêtés, comme
découpées en une suite d’articles précédés du visa des avis intervenus lors de l’élaboration.
Elles sont datées et signées. Ce formalisme reste cependant assez souple. Si la signature et le
contreseing sont des formalités substantielles.
d- Motivation
Motiver une décision, c’est pour son auteur exposer les raisons de fait ou de droit qui l’ont
déterminé à intervenir, tenter de justifier sa position, fournir des explications aux
destinataires de la décision, ce qui contraint l’administration à un examen attentif des
dossiers et facilite ensuite le contrôle de son action par le juge. Les décisions rendues par ce
dernier doivent obligatoirement être précédés des motifs qui le fondent mais longtemps
l’administration, elle, n’avait pas à motiver ses propres décisions, hormis les cas ou un texte
lui en faisait obligation. C’est le principe : »pas de motivation sans texte ».
a- Publication et notification
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Le mode de publicité est différent selon qu’il s’agit :
-D’un acte règlementaire, auquel cas l’information se fait par publication ou affichage.
Comme les lois et les traités internationaux, les décrets doivent être publiés au Journal
officiel. Certains ministères ont un Bulletin officiel pour la publication de leurs propres
arrêts et de quelques circulaires. Pour le département il existe un Recueil des actes
administratifs dans chaque préfecture. Quant aux arrêtés municipaux, ils sont publiés soit
dans des bulletins municipaux officiels, soit affiché sur des panneaux spécifiques.
(Publication)
-D’un acte individuel auquel cas son entrée en vigueur résulte en général de la notification
(par lettre recommandée avec accusé de réception) à la personne intéressée. Dans certaines
hypothèses ou la décision individuelle produit des effets non seulement à l’égard de
l’intéresse mais aussi à l’égard des tiers, une mesure plus large de publicité destinée à
l’information de ces derniers doit être prévue (l’octroi d’un permis de construire requiert
une notification au pétionnaire et un double affichage en mairie et sur le terrain destiné à
l’information des tiers).( Notification)
L’acte administratif, régulièrement publié ou notifié, a force obligatoire, c’est-à-dire qu’il est
à la fois « invocable » par tout administré qui peut s’en prévaloir et « opposable » à tout
administré qui, par ailleurs, en contester la légalité ou l’opportunité. Il bénéficie du privilège
du préalable et de l’autorité de chose décidée.
b- Non rétroactivité
Fiction juridique et principe général du droit, selon la jurisprudence du conseil d’Etat : C.E 25
juin 1948, « Société du Journal d’Aurore » , cette règle signifie qu’un acte administratif ne
peut produire d’effets à une date antérieure à celle de son édiction. Comme le législateur,
les autorités administratives ne peuvent, en principe, décider que pour l’avenir. Il s’agit
d’assurer la sécurité et la protection des situations juridiques.
La non rétroactivité n’exclut pas que les règlements soit d’application immédiate, dès leur
entrée en vigueur, aux situations en cours. Par ailleurs le législateur peut autoriser de
manière expresse une dérogation à la non rétroactivité ainsi des validations législative. Les
autres exceptions au principe de non rétroactivité sont les décisions de retrait et les actes
tirant les conséquences d’une annulation contentieuse, ainsi de la reconstitution fictive de
carrière des fonctionnaires.
c- Exécution
La décision ayant été prise, il faut l’exécuter. C’est une obligation à la fois pour
l’administration (qui ne doit pas s’accorder des délais déraisonnables) et pour les
particuliers.
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Mises à part les hypothèses d’annulation par le juge administratif et celles de caducité ou de
péremption lorsque l’acte n’a qu’une durée limitée dans le temps, la disparition résulte de la
volonté de l’administration.
a- L’inexistence
L’inexistence est une sanction exceptionnelle pour une illégalité particulièrement grave. La
gravité est telle que l’acte n’est pas seulement nul mais inexistant. Le Conseil d’Etat ne
qualifiera pas d’illégalité mais de « nul et de nul effet » ou de « nul et non avenu ».
Il peut s’agir d’une existence juridique, résultant de l’extrême gravité des vices affectant un
acte qui est ainsi « manifestement insusceptible de se rattacher à un pouvoir de
l’administration » c’est le cas d’un empiètement par le préfet sur les pouvoirs du juge.
Il peut s’agir d’une inexistence matérielle, résultant de ce que l’acte en cause n’a jamais
existé. Ainsi des mesures prises par délibération d’un conseil municipal, alors qu’on ne
pouvait les rattacher à une séance de ce conseil.
L’acte inexistant n’ayant jamais fait partie e l’ordre juridique est considéré comme n’ayant
jamais crée de droit.
b- abrogation
Une distinction doit être faite entre les actes créateurs de droits et les actes non créateurs.
S’agissant des actes non créateurs de droit, l’administration est libre de les abroger à tout
moment. Ceci se vérifie tout particulièrement avec les règlements : il est de principe qu’il n’y
a « pas de droit acquis au maintien d’un règlement » c’est une sortie en vigueur », qui met
fin à l’existence de l’acte pour l’avenir sans mettre en cause les effets indirects lors de
l’application de l’acte.
S’agissant des actes individuels créateurs de droits, leur abrogation est possible mais
seulement par un « acte contraire », respectant le parallélisme des formes et dans les cas et
aux conditions prévues par les textes.
c- Le retrait
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C’est la reconnaissance d’un droit à l’erreur laissé à l’administration durant un bref délai.
Retirer , on dit aussi rapporter, un acte permet à l’administration d’anéantir avec effet
rétroactif, des décisions illégales mêmes créatrices des droits. Ce système répond à une
finalité essentielle : restaurer la légalité méconnue mais il peut être une menace pour la
sécurité juridique en pontant atteinte au principe des droits acquis.
le retrait est possible. Mais le retrait d’un règlement n’est envisageable que tant que celui-ci
n’est pas devenu définitif, c’est-à-dire n’est plus susceptible d’une annulation
juridictionnelle. Au-delà, il ne peut s’agir que d’une abrogation.
Pour que la sécurité des situations juridiques ne soit pas menacée, le retrait ne peut
intervenir qu’à deux conditions : d’une part durant le délai de 2 mois, qui correspond au
délai du recours contentieux : d’autre part lorsque l’acte est irrégulier. Le retrait permet, en
anticipant sur une annulation contentieuse, d’éviter les lenteurs et la charge du contentieux.
Il est satisfaisant pour l’équité et la logique que l’administration prenne d’elle-même
l’initiative de corriger ses irrégularités, lorsque l’acte demeure encore fragile et susceptible
d’être contesté par les administrés.
Ces deux conditions du retrait des actes irréguliers : illégalité et délai du recours ont été
posés par l’arrêt de principe en la matière : C.E 3 novembre 1922, « Dame Cachet »
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Section 2 : LES CONTRATS ADMINISTRATIFS
Outre son pouvoir de prendre des décisions exécutoires s’imposant aux tiers
sans que leur consentement soit recherché, l’administration use aussi du
procédé consensuel reposant, comme en droit commun, sur un accord
réciproque de volonté. L’administration passe soit des contrats de droit privé,
dont le régime sera celui du code civil (notamment des articles 1134 et suivant)
et dont le contentieux sera confié au juge judiciaire, soit des contrats de droit
public qui seuls auront la qualification de « contrats administratifs », soumis à
des règles spécifiques et dont le contentieux appartient au juge administratif.
Mis à part les contrats « qualifié » par le législateur, les critères permettant de
distinguer les contrats de droit privé de l’administration sont d’origine
essentiellement prétorienne. Le juge fonde sa conviction sur l’examen de la
qualité des personnes contractantes, de la présence ou non de clauses
exorbitant du droit commun, de la participation ou non à l’exécution d’un
service public.
Leur contentieux a été confié au juge administratif par le décret loi du 17 juin
1983(contrat d’occupation d’un trottoir pour l’exploitation d’un café ou d’une
station service. A noter que le caractère public s’applique aussi aux contrats
conclus par le concessionnaire de la dépendance domaniale avec des tiers,
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c’est souvent le cas ou le concessionnaire est une personne privée, il y a
exception aux règles tenant à la qualité des partenaires au contrat.
La présence d’une personne publique est une condition nécessaire pour que le
contrat soit qualifié d’administratif, mais une condition non suffisante.
L’application du critère alternatif doit de surcroit intervenir.
Ainsi un contrat passé entre deux personnes privées, même s’il a pour objet
l’exécution d’un service publique administratif.
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En principe, les contrats conclus entre deux personnes privées sont des
contrats de droit privé (même s’ils contiennent des clauses exorbitantes ou s’ils
ont pour objet l’exécution d’un service public).
Il était admis depuis longtemps que si une personne privée était détentrice
d’un mandat explicite d’une personne publique, elle était « transparente » et le
contrat passé avec une personne privée était administratif.
Un contrat est administratif soit à raison de ses clauses, soit à raison de son
objet. Après avoir hésité sur le point de savoir si ces deux critères étaient
cumulatifs ou alternatifs, la jurisprudence s’est prononcée en faveur de la
seconde solution.
L’intérêt général suppose que soient poursuivis des objectifs alliant à la fois la
recherche du meilleur cout, qui n’est pas n nécessairement le moindre coutela
lutte contre les favoritismes et l’impératif de qualité des travaux, des
fournitures et prestations.
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l’administration qui garde donc une grande liberté de choix, les offres étant
examinées en séances non publique. La commission d’appel d’offres choisira »
l’offre économiquement la plus avantageuse ».
Elles peuvent être précisées par certaines clauses du contrat mais, même si
elles n’y figurent pas, elles appartiennent de plein droit à la personne publique
contractante qui ne saurait y renoncer. Le Conseil d’Etat et la Cour
Constitutionnelle.
A tout moment, des contrôles peuvent être effectués pour vérifier la bonne
exécution du marché ou l’état d’avancement des travaux. Des « ordres de
service »pourront être donnés par les services administratifs afin de préparer
les travaux défectueux, rattraper les retards..
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Lorsque le cocontractant méconnait ses obligations, diverses sanctions peuvent
lui être infligées par l’administration. Elles sont prononcées après mise en
demeure (sauf urgence ou clause contraire) et prennent des formes diverses
adaptées à la gravité de la situation.
-La sanction la plus grave est la résiliation aux torts du cocontractant défaillant
après mise en demeure. S’il s’agit d’une concession, la résiliation n’est pas
possible en raison de l’importance des investissements en jeu. Seul le juge, en
principe, pourra la prononcer sous forme de « déchéance ». Elle ne doit pas
être confondue avec la résiliation unilatérale.
Cette mesure intervient dans l’intérêt du service et ne doit pas être confondue
avec la résiliation-sanction. Comme aucune faute n’est reprochée au
cocontractant, celui-ci devra être indemnisé intégralement.
Une résiliation qui ne reposait ni sur une faute, ni sur un motif d’intérêt général
serait irrégulière.
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Le cocontractant ne peut suspendre l’exécution du contrat car cela
compromettrait la continuité du S.P, même si l’administration méconnait ses
obligations.
1- La Force majeure
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entraine la fin du contrat. La force majeure exonère le cocontractant de toute
responsabilité.
Cette théorie correspond à une situation ou l’exécution d’un contrat est altérée
par une mesure émanant de l’autorité publique contractante. Le fait du prince
n’intervient pas dans le cadre de son pouvoir de modification unilatérale : dans
cette hypothèse c’est la théorie de « l’équation financière » qui est mise en
œuvre, c’est-à-dire le droit à une indemnité compensatrice non intégrale.
Le contrat prend fin normalement lorsque les obligations des parties ont été
entièrement exécutées : livraison de la marchandise, construction de l’ouvrage.
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Section3 : LE SERVICE PUBLIC
Le service public est une activité d’intérêt général, assurée soit par une
personne publique, soit par une personne privée rattachée à une personne
publique et soumise à un régime juridique particulier.
a- Activité
L’intérêt général répond à une double approche, l’une utilitariste voit en lui le
résultat d’un consensus nécessaire entre l’intérêt particuliers, l’autre
volontariste exige le dépassement de ces intérêts au profit d’une volonté
générale exprimée par la loi.
Si tout S.P relève en dernier ressort d’une autorité publique qui exerce sur lui
son contrôle, la gestion du S.P se partage entre des personnes publiques et des
personnes privées.
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d- Le S.P est soumise à un régime particulier (critère matériel)
Qualifiée aussi de principe de mutabilité, elle repose sur l’idée que l’intérêt
général n’est pas une donnée figée, immuable : il varie dans le temps ainsi que
les méthodes et moyens destinés à le satisfaire. Le service doit évoluer en
fonction des besoins du public et s’adapter aux changements : innovation
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technique, accroissement et changement des besoins de la population. En
conséquence, les agents et les usagers ne sauraient se prévaloir de droits
acquis et ne peuvent s’opposer aux modifications résultant d’une
réorganisation ou même d’une suppression du service.
Elle découle du principe d’égalité devant la loi, consacré par la Déclaration des
droits de 1789. La règle d’égalité s’applique aux agents des services qui seront
soumis aux mêmes règles, tant dans l’accès aux emplois que dans le
déroulement de leur carrière.
Elle s’applique aux usagers, qui peuvent exiger que le service fournisse à
chacun les mémés prestations à condition bien entendu, qu’ils se trouvent dans
une situation identique.
Service public par excellence, « véritable » selon certains, ils sont familiers aux
usagers : collèges, lycées, universités, hôpitaux publics, musées.
Difficiles à cerner à cause de leur diversité, leur définition ne peut être que
négative : services n’ayant pas pour objet, ressources et modalités de
fonctionnement, les caractéristiques des SPIC.
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L’usager d’un SPA dispose de droits de privilégiés, tels ceux d’accès au service
au service et du droit à son bob fonctionnement. Il doit aussi en accepter les
contraintes : ainsi il n’a aucun droit acquis au maintien du service et
l’administration peut modifier unilatéralement sa situation. ;
D’origine ancienne, ils furent qualifiés tels par le Conseil d’Etat en décembre
1921 dans l’arrêt « Société générale d’armement » après que, en janvier de la
même année, le Tribunal des conflits, dans le fameux arrête du « Bac d’Eloka »
eut reconnu l’existence de service exploités par l’administration « dans les
mêmes conditions qu’un industriel ordinaire.
Le régime juridique des SPIC est très largement un régime de droit privé : la
gestion et la comptabilité obéissent aux lois du commerce, le droit privé
s’applique aux relations avec les tiers et à la responsabilité que peut encourir le
service. Les usagers sont dans une situation contractuelle de droit privé.
- L’établissement public
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Section 1 : Le contenu du principe du Principe de Légalité
La légalité est la qualité de ce qui est conforme au droit. Elle est ainsi synonyme de régularité
juridique. Appliquer à l’Administration ce principe exprime la règle selon laquelle,
l’Administration doit agir conformément au droit.
Dans un Etat libéral l’Administration doit respecter les règles de droit en vigueur, elle est
soumise à la loi et non hors la loi. C’est là une garantie importante pour les citoyens, car
l’action administrative doit se dérouler selon une règle de référence préétablie et non de
façon arbitraire.
Pour René CHAPUS « l’exigence de conformité apparait ainsi comme une sujétion qui pèse
sur l’Administration et plus généralement sur l’état de droit par opposition à l’Etat de police
ou les gouvernants étaient délies de l’obéissance aux règles juridiques.
L’obligation de respecter les lois par elle-même créée comporte pour l’Administration une
double exigence :
L’une négative consiste à ne prendre aucune décision contraire à la loi, elle ne doit prendre
que des décisions conformes au droit, l’autre positive consiste à les appliquer c’est-à-dire à
prendre toutes les mesures règlementaires ou individuelles qu’impliquent nécessairement a
l’ exécution des actes, elle est donc soumise aux règles de fond et de formes dans
l’exécution des actes administratifs unilatéraux.
-la mise en jeux de la responsabilité disciplinaire des agents qui ont commis des irrégularités
;
En outre, les actes administratifs frappés d’un vice ou d’une irrégularité particulièrement
grave ne sont pas nuls, ils sont « inexistants » ou « nul et non avenu » arrêt Rosan-GIRARD
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CE 31 mars 1957 qui consacre la théorie de l’inexistence car l’acte inexistant est
insusceptible de faire acquérir des droit, suite à l’inexistence d’opération électorale dans une
commune d’un arrêté préfectoral.
L’Administration est obligée d’avoir une conduite plus conforme au droit, mais comment en
pratique contraindre l’Administration à rétablir une situation légale à assurer l’application
des lois et règlements ?
La liberté d’action de l’Administration peut être plus ou moins grande selon qu’elle est en
situation de pouvoir discrétionnaire ou en situation de compétence liée.
La compétence est liée quand, des lors que les circonstances de droits et de faits sont réunis,
l’Administration a obligation d’agir dans un sens déterminé. C’est le cas de la délivrance des
permis de conduire, des diplômes, de l’accès aux universités publiques.
Conformément à une loi ou un règlement, l’Administration est tenue de décider sans avoir le
choix. Ici l’Administration respecte une loi ou un règlement préétabli.
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La légalité du droit commun cède ainsi place à la légalité dite exception. Deux théories
légitimes de la légalité d’exception :
Ces actes sont des actes pris par le Président de la République ou le chef du gouvernement
qui échappent au contrôle juridictionnel. Cette théorie a une origine jurisprudentielle (CE
20mars 1962 Rubens de servens).
Parmi ces actes, on distingue des actes relatifs au fonctionnement du pouvoir public dans
l’ordre interne et ceux en vigueur dans l’ordre internationale.
C’est l’impossibilité du pouvoir public de respecter toutes les exigences de la légalité. C’est
un régime dérogatoire de légalité. Ce sont des évènements de guerre ou de trouble graves à
l’ordre public (CE 28 juin 1918 Hyères).
La théorie des circonstances exceptionnelles déroge aux règles de formes et de fond et porte
atteinte aux libertés individuelles, par une mesure de police ou à la liberté d’aller et venir ( C
.E 28 février 1919 dame Dol et Laurent) par exemple des incarcérations sans intervention du
juge.
-les dérogations au principe de légalité ne sont que temporaires, elles ne valent que pendant
la période exceptionnelle et ne s’aurait continué à produire des effets alors que les
circonstances exceptionnelles ont cessé.
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- En période de circonstances exceptionnelles, les juges exercent un contrôle étroit sur les
mesures prises par les gouvernants. Il vérifie si la dérogation au principe de légalité était
absolument recommander par les circonstances.
Est-il possible d’appliquer à l’administration le principe général d’après lequel celui qui cause
injustement un dommage à autrui est tenu de réparer ?
Toujours dans le souci d’améliorer le sort de victime on va, tout en laissant subsister le
principe de la responsabilité personnelle de l’agent en cas de faute personnelle, permettre à
la victime d’en demander cependant réparation à l’Etat, par définition même solvable. Elle
aura donc une option : demander réparation soit à l’Etat, soit à l’agent.
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La responsabilité, en droit public come en droit privé, suppose réunies trois conditions :
a- Le dommage
1- Caractères généraux
Comme en droit privé, le dommage doit être certain. A cette condition répondent le
dommage né et actuel, et le dommage futur lorsque sa réalisation apparait inévitable.
Le dommage doit être direct, c’est-à-dire avoir avec l’action administrative une relation
directe et certaine. Cela pose le problème du préjudice en cascade et celui de la pluralité des
causes du préjudice.
Le dommage doit entre spécial, c’est-à-dire particulier à la ou les victimes, et non commun à
l’ensemble des membres d’une collectivité. Dans la pratique ce problème se pose lorsqu’il y
a responsabilité sans faute de l’administration car le fondement de la responsabilité est alors
la rupture de l’égalité devant les charges publiques. Il n’y a , bien évidemment, aucune
rupture de l’égalité si chacun subit ce préjudice.
2- La réparation du dommage
Celle-ci doit compenser aussi exactement que possible le dommage subi. En droit
administratif le régime de la réparation présente plusieurs particularités.
-Modalités de l’indemnisation ; l’indemnité est accordée sous la forme soit d’un capital une
fois versé. Si le dommage s’aggrave avec le temps, il peut y avoir réévaluation.
b- L’imputabilité
le dommage n’est réparable qu’autant que l’on peut l’imputer au fait d’une personne
publique déterminée et que celle-ci ne puisse pas invoquer un l’exonérant en tout ou en
partie de cette responsabilité.
L’administration n’est responsable que des actes qui lui sont directement rattachés. Elle ne
répond pas du dommage indirect. Toutefois, la notion directe est entendue par le juge de
façon assez libérale.
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En pratique, il peut être difficile de déterminer la personne à laquelle le dommage est
imputable. Il en est ainsi lorsqu’un même agent cumule des compétences distinctes pour le
compte de plusieurs personnes publiques ; les dommages qu’il cause engagent la collectivité
pour le compte de laquelle il a accompli l’acte dommageable ; c’est notamment le cas du
maire, qui agit tantôt en qualité d’agent de l’Etat, tantôt en qualité d’agent de la collectivité
locale.
-La force majeure et le cas fortuit. La force majeure, c’est-à-dire le fait étranger à
l’administration, imprévisible et irrésistible produit en droit administratif le même effet
qu’en droit privé : il exonère de leur responsabilité les personnes publiques qu’il s’agisse de
la responsabilité pour faute ou de la responsabilité sans faute. Il serait plus exact de dire que
lorsqu’il y a force majeure l’Administration n’est que l’auteur apparent du dommage puisque
celui-ci résulte d’un phénomène extérieur à l’Administration et auquel elle ne pouvait pas
résistera.
_- le fait d’un tiers. Si le dommage est du tout à la fois à une faute de la puissance publique
et à la faute d’un tiers, celle-ci va constituer une cause d’exonération totale ou partielle de la
responsabilité de l’Administration. Lorsqu’il s’agit d’une responsabilité pour faute la
jurisprudence refuse de considérer que l’Administration et le tiers sont les co-auteurs du
dommage. La victime ne peut donc réclamer à l’Administration que la seule quote-part de
son préjudice lui incombant, avec tous les risques que cela crée de de divergence de
jurisprudence en ce qui concerne le partage de responsabilité.
la responsabilité de la puissance publique est normalement liée à la faute même s’il est de
plus en plus fréquent, qu’elle soit admise en l’absence de tout faute. Mais la faute
administrative, ou faute de service, présente par rapport à la faute civile des caractères
originaux. Contrairement aux principes du code civil toute faute de l’Administration
n’entraine pas nécessairement l’obligation de réparer le dommage qu’elle a causé. Elle n’est
engagée qu’au cas de faute lourde.
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1- La Responsabilité des agents pour Faute du service.
-C’est une défaillance dans le fonctionnement normal du service. De tout service, on est
fondé à attendre un certain niveau moyen de fonctionnement, variable d’ailleurs selon sa
mission et selon les circonstances.
-La faute incombe aux agents du service. Les personnes physiques seulement commettre des
fautes ; les actes fautifs de l’administration sont, nécessairement, les fait des agents ; la
responsabilité pour faute de service est donc une responsabilité du de l’homme.
-la faute de service n’est pas imputable aux agents personnellement .cette distinction est
capitale de la faute de service et de la faute personnelle. Dans la faute de service, la
personne de l’agent n’est pas prise en considération ; il n’en est responsable ni vis-à-vis de la
victime, ni vis-à-vis de l’administration. La responsabilité remonte directement à la personne
publique dont relève l’agent.
En matière de responsabilité de l’agent public, expression désignant toute faute qui présente
au regard de la jurisprudence tant judiciaire qu’administrative des caractères propres à
engager la responsabilité pécuniaire de de son auteur.
On peut distinguer la faute personnelle classique, qui permet aux administrés de rechercher
la responsabilité de son auteur devant les tribunaux judiciaires ( et à l’Administration de se
retourner contre l’agent si elle a du indemniser la victime en application de la théorie du
cumul de responsabilité), et la faute personnelle à coloration disciplinaire, intéressant
uniquement les rapports de l’agent et de l’Administration, et qui permet à celle-ci d’obtenir
de celui-là réparation du préjudice qu’il a pu lui causer.
Il y a faute personnelle, si l’acte dommageable révèle « l’homme avec ses faiblesses, ses
passions, ses imprudences ».
Toujours dans les soucis d’améliorer le sort de la victime on va, tout en laissant substituer le
principe de la responsabilité personnelle de l’agent en cas de faute personnelle, permettre à
la victime d’en demander cependant réparation à l’Etat, par définition mémé solvable. Elle
aura donc une option : demander réparation à l’ Etat, soit à l’agent.
Une analyse plus poussée de la jurisprudence à admettre dans certains cas, deux fautes,
l’une personnelle, l’autre imputable au service, ont pu concourir à la réalisation du
dommage. Dans ce cas, la victime se voit reconnaitre la faculté de choisir entre les deux
responsabilité : elle peut demander réparation de la totalité du préjudice soit à l’agent
devant le tribunal judiciaire, sur la base de la faute personnelle, soit à la personne publique
devant le juge administratif, sur la bas de la faute de service.
Le Conseil d’Etat va admettre que, lorsque la faute personnelle n’a pu entre commise par
l’agent public qu’au moyen des instruments ou des pouvoirs mis à sa disposition par le
service, « la faute se détache peut être du service, mais le service ne se détache pas de la
faute » Peu importe l’absence de faute de service, la victime, dans ce cas peut actionner soit
l’agent de service, soit la personne publique. La solution, admise d’abord dans le seul cas ou
la faute a été commise en service commandé, a été étendue à des dommages causés hors
service.
L’action récursoire peut aussi être intentée contre l’administration par l’agent si celui-ci a
été condamné par les tribunaux judiciaires, alors qu’une faute de service serait décelable.
L’équité impose que cette réparation soit intégrale mais qu’elle n’aille pas au delà du
préjudice effectivement subi. Economiquement et patrimoniale, comme pour la
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responsabilité civile, elle a pour objet de mettre fin à un déséquilibre par une réparation,
essentiellement pécuniaire.
Etant entendu que la responsabilité administrative st, comme la responsabilité civile, une
responsabilité liée à la réparation et non à la sanction, à la différence de la responsabilité
pénale ou disciplinaire.
La victime, si elle est censée avoir accepté certains risques ou si elle se trouve en situation
irrégulière, n’aura pas droit à réparation : exemple : acquéreur d’un immeuble qui ne
pouvaient ignorer les risques de troubles à leur tranquillité du fait de la proximité d’une voie
de circulation.
2- L’évaluation de l’indemnisation
Elle doit compenser aussi exactement que possible le dommage subi. La réparation doit être
intégrale la victime, ni appauvrie ni enrichie, étant rétablie dans sa situation économique
antérieure. L’indemnisation se fait en argent, non en nature. La règle de la déchéance
quadriennale contraint la victime à présenter sa demande dans les 4 ans suivant le
dommage.
La date d’évaluation du préjudice est différente selon qu’il s’agit de dommage causé aux
biens : date fixée au jour du dommage ou de dommages causés aux personnes : date fixée
au jour du jugement, afin de faire face aux risques d’instabilité monétaire.
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L’existence d’une organisation juridictionnelle spécialisée dans le jugement des litiges
administratifs, et séparés des juridictions judiciaires, est l’un des traits essentiels du système
gabonais. Organisation juridictionnelle : il s’agit bien de véritables tribunaux, qui remplissent
la fonction normale de tout juge : dire le droit à l’occasion des litiges qui lui sont soumis.
Mais juridictions administratives : du point de vue de leur structure, elles possèdent une
hiérarchie propre, sans aucun lien avec la hiérarchie judiciaire ; du point de vue de la
compétence, elles ne connaissent que du contentieux administratif, c’est-à-dire de
l’ensemble des contestations nées de l’action administrative lorsqu’elle s’exerce selon le
droit administratif.
Il existe dons au Gabon deux ordres de juridiction, l’ordre judiciaire, qui a à sa tête la Cour
de cassation, et l’ordre administratif, sous l’autorité du Conseil d’Etat.
-L’obligation de prendre l’avis du Conseil d’Etat est sanctionnée de façon rigoureuse : son
omission entache l’acte administratif pour lequel l’avis n’a pas été sollicité du vice
d’incompétence, que le juge peut relever d’office, le conseil étant considéré comme auteur
de l’acte.
B- Attributions contentieuses
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-Il est juge en premier et dernier ressort des recours en excès de pouvoir portés contre les
degrés réglementaires ou individuels, les actes réglementaires des ministres et les décisions
des organismes collégiaux à compétence nationale, juge aussi de l’ensemble des recours
touchant à la situation des hauts fonctionnaires nommés par décrets du président de la
République.
-il est juge de cassation des décisions rendues en dernier ressort par le Tribunal
administratif, se comporte comme un juge du second degré de juridiction, ce qui irait à
l’encontre des intentions du législateur souhaitant accélérer le cours de la justice, mais ne
pas renoncer à sa vigilante attention du droit par les juridictions inférieures.
Il se refuse par contre, à discuter de l’appréciation des faits par le juge du fond, notion
fonctionnelle, qui ne se distingue pas toujours nettement de la qualification juridique.
L’appréciation souveraine des faits par le juge du fond a une limite : il ne saurait
« dénaturer » les faits soumis à son appréciation. Et le Conseil, en cassation, se mêle des
faits lorsque leur prise en considération par le juge du fond a une influence sur la régularité
juridique de sa décision.
Chaque tribunal comprend un président et plusieurs conseillers, dont l’un exerce les
fonctions de commissaire du gouvernement. Les tribunaux importants comprennent
plusieurs chambres composées d’au moins trois conseillers.
A-Attributions consultatives
Ils peuvent être facultativement consultés par les préfets de leur ressort, ce qui est rare en
pratique. Ils peuvent également, hypothèse intéressante depuis l’essor de la
décentralisation, donner des avis aux autorités locales et exercer une « mission de
conciliation ».
B-Attributions contentieuses.
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