Caractéristiques de la Renaissance 1400-1600
Caractéristiques de la Renaissance 1400-1600
1400—1600
Attention, au décalage des appellations entre l’italien (formées sur « n ») et le français (formées sur « n+1
»). Ces appellations se retrouvent dans l’encyclopédie.
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BMA
VOCABULAIRE
LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
Le balustre : courte colonnette composée d’un chapiteau, d’un fût, généralement renflé et d’un piédouche à
sa base.
Les rinceaux : enroulements d'acanthes contrariés et alternés, plus légers que ceux de l'Antiquité. Un rinceau
est un ornement sculpté en relief ou gravé en creux, exécuté en mosaïque, peint ou doré, inspiré de certaines
plantes ou branchages qui s'enroulent naturellement. Les rinceaux prennent souvent naissance dans une
touffe de feuilles (généralement des feuilles d'acanthe, parfois de vigne) appelée culot et se développent et se
prolongent ensuite avec symétrie, mais en s'agrémentant de détails variés.
Les Putti : angelots ou figures dérivés de Cupidon. Putto (putti au pluriel) est un terme architectural italien dé-
signant sur une façade la statue d'un nourrisson joufflu et moqueur. Il s'agit presque toujours d'un garçon et
parfois d'un ange. Les putti peuvent se trouver essentiellement sur les monuments de la Renaissance italienne,
en particulier sur tous les bâtiments relevant du baroque sicilien, dont ils constituent l'une des caractéristiques
principales.
Encadrements architecturaux
Le tondo : tableau de forme ronde ou médaillon. Le tondo (tondi au pluriel) est une composition de peinture
réalisée sur un support de format rond ou à l'intérieur d'un disque, et non en rectangle comme il est plus cou-
rant. Le terme provient de l'italien, c'est une aphérèse du mot rotondo (rond).
L’arabesque : composition florale symétrique de feuillages légers autour d'un motif central, souvent une tige
très fine, un ruban noué, une vasque ou un candélabre.
Les grotesques : sans symétrie, contrairement aux arabesques, elles peuvent comporter des motifs animaliers
ou mythiques, elles sont aussi souvent plus légères. En France on parlera plus souvent de grotesques plutôt
que d'arabesques.
Le mascaron : En architecture, un mascaron est un ornement représentant généralement une figure humaine
parfois effrayante dont la fonction était, à l'origine, d'éloigner les mauvais esprits afin qu'ils ne pénètrent pas
dans la demeure. Ils sont souvent apposés sur la clef de voûte des arcs des fenêtres ou des portes ou sur les
linteaux. Certains mascarons apposés sur une fontaine crachent de l'eau.
Pilastres : élément vertical et rectangulaire et peu saillant du nu du mur auquel il est adossé.
CARACTERISTIQUES DE L’ARCHITECTURE
• L’étude des monuments antiques est au cœur des préoccupations des architectes. Retrouver l’esprit
des anciennes créations, recenser les formes héritées de l’Antiquité.
• Créations originales
• Les progrès de la connaissance permettent aussi la mise en œuvre de ces nouvelles solutions.
(Brunelleschi) L’architecte obéit à un programme strict selon lequel tout l’édifice s’articule autour
d'un module unique.
• L’architecture repose sur des modèles mathématiques, composition picturale (le rythme, la lisibilité
et l’opposition clair et de l’obscur.)
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PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES :
• Le nu, qui traduit la compréhension de la nature du corps humain de la part des artistes
• La connaissance des proportions du corps humain par l’anatomie (Michel-Ange qui la pratiquait sa-
vait autant s'en éloigner pour mettre en relief un trait moral par des distorsions des proportions pour
des soucis esthétique et artistique)
• La reprise des techniques et scènes de l’antiquité (due à la migration des savants et artistes grecs en
Italie après la chute de Constantinople)
• L’apparition de la notion de paysage et celle de décors riches et variés
• La perspective monofocale à point de fuite central (qui exprime la position du peintre, du spectateur,
Johannes Vermeer, L’astronome. 1668, huile sur toile. Anonyme Portrait de dignitaire portant sa montre en collier. 1567,.
placé en dehors du tableau).
Vidéo présentation de l’œuvre L’astro- Portrait d’un dignitaire portant sa montre en collier. Anonyme. Alsace, 1567. La
• Les genres du portrait et de la nature morte nome. Planétarium de Reims. montre est suspendue à une lourde chaine en or dont les maillons détachables
correspondaient chacun à une unité monétaire permettant d’être utilisés
• Les techniques à fresque sur murs, plafonds et voûtes comme moyen de paiement. Tableau conservé au Germanisches Nationalmu-
seum à Nuremberg.
• Les effets de lumières et d’ombres (clair-obscur, grisaille)
NOUVELLES TECHNIQUES :
Ecole Italienne, XVIe me siècle, HENRI II, 59eme Roi de France. Hans Holbein le Jeune Portrait du commerçant londonien Georg Gisze
1532 Minuscule pendulette sur tapis caucasien dit Holbein et éventuelle
Il tient dans sa main une horloge de table cylindrique en laiton doré. On
montre de poche à cylindre, le petit guichet ouvert. Sur le tapis est placé
peut distinguer les chiffres romains sur le cadran. La boîte est entière-
une horloge de table cylindrique en laiton doré. Le volet qui est ouvert
Peintures de la Renaissance Le Maniérisme en ment sculptée contrairement à la plupart des décors de cette époque qui
permet de voir l’état du remontage sur la fusée
peinture (rappel) étaient gravés. Ce portrait a été réalisé entre 1547, date de l’accession au
pouvoir d’Henri II et 1559, date de sa mort. Collection du Château de
Chantilly.
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Portrait d’un homme désignant une pendule. Moro Antonio (dit), Moor Van
Paris, Bordon, retrato de alvise contarini, Museo de Arte de Sao Paulo Dashorst Anthonis (1517-1576). Paris Musée du Louvre.
Wachendorff_cornelis_ketel 1574
Portrait_du_Sénateur_Milliet_(1577)
_Joan_KRAECK CHAMBERY MUSEE SAVOI-
ROGIER VAN DER WEYDEN ANTWERPEN BILDNIS Mary Neville 1555 Baroness Dacre Von Hans EWORTH SIEN
DES JEHAN LEFEVRE
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BMA LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
Albrecht Dürer, St Jérôme dans son cabinet d'étude, un sablier derrière lui,
1514 Cette représentation témoigne de la maîtrise de cette technique sur
le cuivre tout comme La Mélancolie. Cette dernière gravure représenterait
la mélancolie dans la création de l’artiste; il s’agirait d’un autoportrait
symbolique. Cette œuvre a été source d’inspiration pour de nombreux
artistes et notamment Picasso.
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LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
… À RETENIR
4 étapes clés : Architecture /Arts décoratifs /
Peinture/Horlogerie
RENAISSANCE FRANCAISE INFLUENCES
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BMA CARACTÉRISTIQUES DES HORLOGES
LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
La Nef dite de « Charles Quint » est un automate destiné à divertir les con-
vives entre chaque mets. Lorsqu’il est actionné, le navire tangue au rythme
Ressort de barillet
du roulis, un orgue joue une fanfare, et, sur le pont, les personnages s’ani-
ment, attelés chacun à leur tâches. Particularité des productions d’Allemagne
du Sud dès le XVIème siècle. Un cadran d’horloge à 2 aiguilles affiche l’heure
au pied du grand mât. La sonnerie des heures et des quarts retentit grâce à
deux personnages placés dans le mât central qui frappent chacun une cloche.
Sur le château arrière, Charles Quint (mais plus probablement Rodolphe II)
trône sous un baldaquin orné aux armes de l’Empire, entouré des sept méca-
nismes fait tonner les canons chargés à blanc. Attribué à Hans Schlottheim,
Fusée-chaîne
Augsbourg, fin du XVIème siècle. Laiton doré et fer, émail.
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BMA LA NAISSANCE DE LA MONTRE MÉCANIQUE
LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
Le 19 Juillet 1488, Jacopo Trotti, ambassadeur de la famille d’Este à la cour de Ludovico Sforza à Milan, écrit
au duc de Ferrare : « Monsieur Ludovico fait faire en secret trois vêtements de soie richement réhaussés de
très jolies perles. Tous ont la même coupe et sont ornés d’une montre avec des clochettes, excepté celle de
Monsieur Ludovico qui ne veut pas que la sienne sonne. » Il est probable que la montre soit née du proces-
sus de miniaturisation de l’horloge à poids d’intérieur qui a conduit aux petites pendules de table munies
de ressorts.
1. Peter Henlein de Nuremberg en 1519, fait l’objet d’une légende selon laquelle il serait l’inventeur de
la montre qualifiée « d’œuf de Nuremberg » Aujourd’hui l’histoire atteste que, en 1488, Peter H.
étant encore enfant, des montres étaient déjà commercialisées en Italie.
2. Cochlaeus (humaniste et théologien de la Renaissance) donne la première définition connue de l’ob-
jet, à savoir : un garde-temps que l’on peut porter sur soi.
3. Le roi de France, François Ier « ordonne (…) de payer à Julien Couldray, horloger à Blois, la somme de
200 écus d’or soleil pour (…) deux dagues dont les pommeaux contiennent chacun une montre. »
4. Fin du XVème siècle, détenir l’heure sur soi n’est pas encore une nécessité. Dès lors, comment por-
ter la montre ? En sautoir autour du cou, suspendue à la ceinture, cachée dans les plis d’un habit ?
Seule certitude, son diamètre de 50mm, son volume et sa fragilité ne lui permettent pas d’être fixé
Mémento Mori à automates, dite « Totenuhrli ». La Horloge de table astronomique à double face. Cadran principal : as- au poignet. Quelle forme doit-elle avoir ? Ronde pour l’harmonie de la boîte avec le déplacement
mort couronnée de lauriers, tourne sur elle-même et trolabe donnant des indications astronomiques; à l’opposé : cadran
circulaire de la pointe de son aiguille, ou cruciforme à une période où les symboles religieux sont om-
pointe l’heure à l’aide de sa flèche. des heures et des minutes, gravures des 365 jours de l’année avec
niprésents ?
leurs saints, position du Soleil dans l’écliptique ; sur les côtés : cadran
Christian Giessenbeck 1640 –1660, or, émail
des heures et des quarts sonnés.
1. Elle permet à son propriétaire de s’affranchir du temps de l’horloge publique mais aussi des services
d’un astrologue.
2. Dotée de nombreuses complications, sur une des 2 faces principales des modèles les plus élaborées
se présente les heures et les minutes. Sur l’autre face, un astrolabe indique en temps réel la position
des planètes dans le zodiaque.
Montre dite « Œuf de Nuremberg » vers 1550. Boîte cuivre doré, couvercle de protection repercé, cardan de I à XII
et de 13 à 24 heures, aiguilles unique en fer bleui, 12 plots pour la lecture tactile de l’heure, mouvment en fer ovale,
avec ressort sans barillet, stackfreed, échappement à verge et foliot, sonnerie des heures au passage et à tact,
timbre de la sonnerie sur couvercle arrière. 85X47X30mm, Allemagne.
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Heure, du Latin Horo (vient de Horus : soleil) /Horloge, du grec Hora (heure) et Leigein (dire) : dire l’heure
LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
• La boîte est gravée de grotesques et de scènes représentant la vie paysanne en été, au printemps et en automne.
• Dans un médaillon rectangulaire, sur la face du cadran, deux femmes occupées à des travaux dans un champ encadrent
une musicienne jouant de la viole, une partition sur les genoux.
• Au-dessus apparaît le cadran, entouré de moulures, à chiffres romains, munis d'un aiguille en acier bleui. Son centre est
orné d'un baldaquin abritant une femme ailée, vue en buste, encadrée de deux cerfs. une tête d'angelot, des fleurs, des
fruits, des oiseaux, des escargots, des figurines de fantaisie, des rinceaux composent un décor symétrique recouvrant le
reste de la face.
• Les faces latérales sont décorées de grotesques parmi lesquelles surgissent des figures variées (oiseaux, tritons, Amours)
et d'un médaillon ovale. L'un représente des fermiers saignant un porc, l'autre un paysan conversant avec deux femmes.
La face postérieure, servant de couvercle, est gravée des armes d'Henri III, roi de Pologne en 1573, puis roi de France en
1574. Les écus de la France et de Pologne-Lituanie sont accolés et surmontés de la couronne royale et entourés du col-
lier de l'ordre du Saint-Esprit, fondé par Henri III en 1578.
• Le dôme ajouré abrite un cloche. Il est formé d'arcades renversées et d'un lacis de rubans. Un vase circulaire le sur-
monte, similaire aux vases fixés aux quatre coins de la boîte, mais plus petits.
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BMA L’INVENTION DES FORMES
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LA MONTRE DE HAUTE ÉPOQUE • La France vit jusque vers 1660 son premier âge d’or horloger.
• Imprécise
• Invention des formes vers 1570 –1580, ronde, octogonale, ovale (…) ainsi que des fantaisies appa-
raissent.
• Diversité de formes (sphérique, tambour, pomander : pomme musquée ou civette sphérique ajouré
contenant du musc. Forme la plus usitée reste la « montre-tambour ».
• Orfèvres et lapidaires exécutent en métal, en cristal de roche en pierre dure de couleur, des boîtes
en forme de fleur, de coquille, d’animal, de cœur, de tête de mort, de croix...
• Richesse d’ornementation = bijou d’apparat
Montre en forme de croix latine ; boîtier en
• Pas d’évolution fondamentale avant 1675, Huygens invente le balancier-spiral
cristal de roche taillé à facettes. Armatures
du couvercle et du fond gravées ; bouton
• Anneaux pour suspension autour du cou, surnom de « pend à col » mouluré à l'extrémité inférieure et aux ex-
trémités latérales de la croix. Plaque qua-
• Introduction du couvercle pour protéger le cadran, d’abord en laiton puis en cristal de roche et un drilobée, supportant le cadran, gravée de
siècle plus tard le verre naturel. fleurs ; cadran gravé d'un bouquet. Chiffres
romains émaillés. Echappement à roue de
• Montre utile ou ornementale rencontre, fusée avec corde à boyau. Pla-
tine en forme de croix aux bras arrondis, un
• Ces montres disparaissent vers 1580 coq ovale à un pied, gravé et repercé de
fleurs ; un cliquet. Etui en cuir gaufré. 6cm
• Centres horlogers : Italie, Allemagne, France, Suisse. L’Angleterre, la Flandre et L’Italie du Nord sui- X 4,6 X3,2 / Argent, laiton doré, cristal de
vent peu après. roche
• Apparition du premier « orologier » de Genève, le français Thomas Bayard, qui sera notamment suivi Montre en forme de croix latine, 1600-
1625
par Martin Duboule à la fin du XVIe siècle.
Montre dont le boîtier est en cristal de
• Le règlement des orfèvres de la Genève calviniste interdit la fabrication des bijoux; les artisans se roche taillé en forme de coquille ovale.
tournent alors vers le travail de la boîte de la montre. 1556 Armatures et plaquettes portant le pen-
dant et le bouton inférieur couvertes Collections du Musée du Louvre, Paris
• Fondation de la Corporation des horlogers, à Genève. Pour accéder à la maîtrise, après un minimum d'émail translucide vert et orangé. Plaque
du cadran, fixée par une charnière, au
de 5 ans d'apprentissage, le prétendant doit réaliser « un petit horloge à réveil-matin à porter au col
décor fleuri composé d'émaux chample-
et un horloge carré à tenir sur la table, à deux hauteurs ». 1601 vés translucides polychromes sur fond
blanc. Cercle horaire gravé de chiffres
romains. Echappement à verge, fusée
avec chaînette. Sur la platine se détachent
un cliquet sans décor, un coq gravé et
repercé de rinceaux fleuris.
Collections du Musée du Louvre, Paris Montre en forme de coeur, 1600—1615, Joly Jean.
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BMA LES TEMPS MODERNES // RENAISSANCE
• Au XVIe, il est courant de porter la montre suspendue au cou ou dans une poche
• Époque de prouesses dans l’art de la miniaturisation pour loger le mécanisme de montre dans des
boucles d’oreilles ou des bagues.
• Les montres dîtes de fantaisies (vers 1570 - 1580) apparentées à la joaillerie, portées autour du cou
ou à la ceinture, sont en vogue pendant près d’un siècle. Après une période d’oubli, elles connaitrons
un regain au XIXe siècle. En forme de croix latine, elles évoquent la religion et l’église. En forme de
tête de mort, elles reflètent le goût du moment pour le memento mori, symbole de la brièveté de la
vie dont elles mesurent le temps qui passent inexorablement. Grands créateurs de cette époque : JB
Duboule, Pierre Duhamel, Jacques Joly ou Nicolas Gondo.
• Les formes géométriques sont adoptées pour leur pureté et leur rigueur : trapèze, carré, étoile,
d’autres pour leur symbolique : triangle souvent réservé aux francs-maçons, d’autres encore pour
l’harmonie de leurs courbes : cœur, quadrilobes etc.
• En 1566, le Règlement des orfèvres à Genève, contraint la profession à se tourner vers l’exécution de
boîtes de montres. L’usage de fausses pierres, la fabrication d’anneaux creux, d’objet à connotation
religieuse est interdite. Tout comme le port de bijoux par les femmes et l’habit galonné pour les
hommes sont bannis.
• Les montres dite « puritaines » au boitier en métal poli et dépourvu de toute ornementation, sou-
vent de forme ovale explosent entre le 1640 et 1660 car elles répondent aux principes des puritains
Anglais. (Sévérité des règles imposées par Cromwell face au luxe des Stuarts).
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