Nutrition Ruminants
Nutrition Ruminants
Polycopié pédagogique
Dr DJAALAB Imen
Maitre de conférences
Module d’alimentation
Deuxième Année Docteur Vétérinaire
Polycopié pédagogique
Dr DJAALAB Imen
PREAMBULE
Ce polycopié rédigé cible comme public les étudiants en deuxième année docteur vétérinaire,
conformément au programme du comité Pédagogique National, dont l’objectif général est
d’apporter une vue d'ensemble de conceptions de base et des préoccupations relatives à
l'alimentation et nutrition des ruminants.
Ceci implique que l’apprenant doit avoir des pré-requis en anatomie et en physiologie de
l’appareil digestif des ruminants domestiques. Dans le but d’assimiler les connaissances en
nutrition animale et l’utilisation métabolique des nutriments; ce pulic cible doit avoir des
compétences en biochimie structurale et en biochimie dynamique.
INTRODUCTION 1
I.1. L’eau 2
I.2. La matière sèche 3
I.2.1. Les substances minérales ou matières minérales 3
I.2.1.1. Les macroéléments ou minéraux majeurs 3
I.2.1.2. Les microéléments ou oligoéléments 3
I.2.2. La matière organique 4
I.2.2.1. Les constituants glucidiques 4
I.2.2.1.1. Les glucides pariétaux (fibres alimentaires) 4
I.2.2.1.1.1. La cellulose 4
I.2.2.1.1.2. Les hémicelluloses 5
I.2.2.1.1.3. Les substances pectiques 5
I.2.2.1.1.4. La lignine (constituants non glucidiques) 6
I.2.2.1.2. Les glucides cytoplasmiques ou intracellulaires 7
I.2.2.2. Les constituants azotés ou matières azotées totales (MAT) 8
I.2.2.2.1. Les matières azotées protéiques (MAP) 8
I.2.2.2.2. Les matières azotées non protéiques (MANP) 9
I.2.2.3. Les constituants lipidiques 10
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 59
INTRODUCTION
L’étude du fonctionnement de l’appareil digestif des ruminants est essentielle pour la maitrise
de leur nutrition. Ce sont les seules êtres vivants ayants leur principal fermenteur situé dans le
segment digestif antérieur. En effet, il réunit des conditions physico-chimiques particulières
permettant l’existence et le fonctionnement d’un microbiote spécifique. Cette symbiose offre
aux ruminants la possibilité de tirer parti des constituants lignocellulosiques des parois
végétales.
Ces études sont réalisées, dans la plupart du temps, afin d’optimiser les bilans économiques
d’élevage et la qualité des produits d’origine animale pour le consommateur humain.
Ainsi, c’est un appareil remarquable pour valoriser des rations constituées par des fourrages
riches en glucides pariétaux. Mais, il devient problématique quand ces fourrages en sont
pauvres. Surtout, quand ils sont remplacés par une grande proportion d’aliments ayant de
fortes teneurs en glucides non pariétaux comme l’amidon et les sucres ; constituants que les
ruminants n’ont pas rencontrés en concentrations élevées dans la plus grande partie de leur
évolution longue de plus de dix millions d’années.
Ce document destiné aux étudiants de deuxième année docteur vétérinaire, se veut le plus
simple possible, donner toutes les informations relatives et nécessaires pour une formation en
médecine vétérinaire de qualité.
1
I. ETUDE DES CONSTITUANTS DES ALIMENTS DES RUMINANTS
L’aliment se défini commet un mélange de différents substances ou produits ingérés par les
animaux, apportant les matières et énergie nécessaire à sa survie et son développement. Un
aliment unique est généralement incapable de faire face, seul, à l’ensemble des besoins
nutritionnels pour l'entretien et les différentes productions. C’est la raison pour laquelle
plusieurs aliments sont associés au sein d’une ration. Par contre, les nutriments sont des
substances organiques ou minérales issues de l'alimentation, issues des processus de
dégradation et de digestion. Ces molécules sont directement assimilables par l'organisme.
Les aliments seront caractérisés par les résultats de leurs analyses chimiques et par leur
groupe d’appartenance typologique. Touts les aliments sont constitués des mêmes composants
comme illustré dans le tableau 1. Ces éléments sont : l’eau, la matière minérale et la matière
organique (glucides, lipides, protides et composés azotés non protidiques).
I.1. L’eau
Tous les aliments contiennent de l'eau, même ceux qui apparaissent très secs comme les
grains et les graines. L’eau représente un solvant idéal pour plusieurs constituants cellulaires
et un grand nombre de molécules. Elle intervient dans de nombreuses réactions biochimiques.
L'organisme ne peut pas faire des réserves d'eau et peut réagir très vite à un déficit d'apport ;
ce qui confère à l'eau un rôle nutritionnel très important.
L'apport d'eau par les aliments est extrêmement variable en fonction de leur nature ; Chez les
ruminants, les fourrages succulents comme l'herbe et les betteraves renferment entre 78 et
92% d'eau (8 à 22% de matière sèche (MS)), ce qui contribue à une couverture du besoin, par
contre les foins et les graines ne contiennent que 15 à 20% d’eau (80 à 85% de MS).
Une vache laitière au pâturage consommant ainsi 70 kg d'herbe jeune ingère par cette voie 60
litres d'eau, alors que le même animal consommant 12 kg d’un foin d'excellente qualité
n'absorbera que 1,5 litre d'eau. La quantité d'eau de boisson spontanément absorbée peut donc
varier considérablement en fonction du degré d'hydratation de la ration et devenir même, dans
certains cas, insignifiante.
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I.2. La matière sèche
La matière sèche est composée de la matière organique et de la matière minérale, obtenue par
dessiccation de l’aliment. La matière sèche est le résidu sec. Par ailleurs, du fait de ces
grandes variations, la comparaison de la valeur des aliments n’est possible qu’exprimée par
kg de MS et non par kg de produit brut.
Les minéraux sont recommandés pour assurer les importantes fonctions organiques des
animaux. Ils peuvent être :
- Des composants structuraux, des organes et tissus, comme l’os et les dents ;
- Des éléments constituants les fluides du corps.
Les minéraux peuvent être des électrolytes et joueraient un rôle physiologique important dans
la pression osmotique, la balance acido-basique, la perméabilité de la membrane, la
transmission nerveuse, la régulation des divisions cellulaires et dans leur différenciation. Les
3
minéraux peuvent également jouer le rôle de cofacteurs, coenzymes et métaloenzymes, qui
participent dans beaucoup d’activités du corps.
I.2.2.1.1.1. La cellulose
Elle représente le constituant principal des parois, il s’agit de longues chaînes de glucose qui
sont liées entre elles par des liaisons β (1-4). Les chaînes linéaires sont associées par des
liaisons hydrogène qui ne peuvent être rompues que par des enzymes bactériennes
(caractéristiques des ruminants). Le degré de polymérisation de la cellulose peut aller jusqu'à
1400 unités glucose. C’est le polysaccharide le plus abondant et le plus largement répondu
dans la nature, constitue 20-50% de la matière sèche de la plupart des tissus végétaux.
La cellulose est le principal constituant des parois secondaires des cellules végétales. Elle est
insoluble dans les acides faibles et les bases faibles ainsi que dans l'eau. Dans les fourrages,
elle représente 40 à 45 % de l’ensemble des parois et de la MS totale de la plante, la teneur
varie de 15 à 40 % selon l’espèce et surtout selon l’âge de la plante. Cette proportion
augmente avec l’âge de la plante et c’est ce qui explique en partie la diminution de la
digestibilité lorsque la plante vieillit.
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Figure 1 : structure chimique de l’amidon et la cellulose
5
Figure 2 : Organisation structurale des glucides pariétaux
6
En plus de leur faible digestibilité, les parois lignifiées résistent longtemps à la dégradation
microbienne et à la mastication. Les particules résultant de cette dégradation vont séjourner
plus longtemps dans le rumen que dans le cas des fourrages de bonne qualité, le temps de
séjour de ces particules dans le rumen peut atteindre cinq jours dans le cas des fourrages
pauvres. Donc le degré de dégradation des glucides dans le rumen dépend de leurs propriétés
physiques et chimiques et en outre de la composition qualitative de la microflore.
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Figure 5: Les constituants des glucides intracellulaires et extracellulaires
8
I.2.2.2.2. Les matières azotées non protéiques (MANP)
Ce sont les amides, les diverses nitrates et l’ammoniac. Les matières azotées non protidiques
ne sont pas constitués d’acides aminés, il s’agit de formes azotées simples (NO2 -, NO3-,
NH4+). Parmi les aliments les plus riches, on trouve les graines oléagineuses et protéagineuses
(22 à 40%), les céréales sont les plus pauvres (10%). La teneur en matière azotées chez les
plantes fourragères varie de 15 à 35 % MS, elle dépend de leur stade de végétation ainsi que
leur aspect botanique (teneurs supérieurs des légumineuses par rapport aux graminées).
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I.2.2.3. Les constituants lipidiques
Ils s’agit de biomolécules organiques insolubles dans l’eau et les solvants organiques, chez les
végétaux les lipides se localisent au niveau du chloroplaste des cellules. Dans les aliments, les
lipides ou les matières grasses sont représentées par les triglycérides (esters d’acides gras) et
le glycérol. On peut classer les acides gras qui composent cette matière grasse en : acides gras
courts ou volatils (C1 à C4) acides gras moyens (C6 à C14) et acides gras longs (C16 à C22).
Dans les plantes fourragères, on trouve des galactolipides qui sont des glycérides associés à
du galactose. Ils sont localisés dans les chloroplastes, riches en acides gras non saturées et en
particulier l’acide linoléique. On rencontre également des cérides (qui sont des alcools à poids
moléculaire élevé liés à des acides gras) dans la cuticule des feuilles où ils constituent la
substance principale de la cutine qui est indigestible. Les lipides représentent une très faible
fraction de la MS des fourrages (2 à 5%), ce qui explique le peu d’intérêt qu’il leur est
accordé le plus souvent.
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En récapitulatif, le tableau suivant nous renseigne sur les différents constituants des aliments
d’origine végétale.
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II. UTILISATION DIGESTIVE DES ALIMENTS
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II.1.2. Les pré-estomacs des ruminants
L’estomac des ruminants est composé de quatre poches : la panse, le bonnet, le feuillet et la
caillette. Cet ensemble est très volumineux et occupe les 2/3 de la cavité abdominale.
Figure 10: trajet du bol alimentaire dans le tube digestif d’un bovin
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la motricité de l'ensemble des réservoirs gastriques et intervient dans la remontée du bol
alimentaire lors de la rumination.
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II.1.2.5. Les intestins : sont divisés en deux parties :
II.1.2.5. 1. L’intestin grêle : qui se subdivise en trois segments successifs : le duodénum avec
son anse duodénale qui reçoit les sécrétions biliaires et pancréatiques, le jéjunum et l'iléon.
L’intestin grêle constitue la portion la plus longue et la plus étroite du tractus digestif. C'est le
principal organe de la digestion enzymatique et de l'absorption.
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d) La phase de repos.
Il existe 6 à 8 périodes de rumination par jour, en moyenne de 40 à 50 minutes chacune. La
rumination est indispensable car elle fragmente les aliments et facilite l’attaque par les micro-
organismes du rumen.
a) La longueur d’aliment
Le ruminant passe environ 188- 219 mn/jour pour la mastication et 294 -364 mn/j pour la
rumination lorsque les fragments de foin sont plus courts. Par contre, il passe environ 207-
245 mn/j pour la mastication et 380- 459 mn/j pour la rumination lorsque les fragments sont
plus longs.
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II.2.1.2. L’insalivation
L’insalivation par la sécrétion de la salive. Le rumen reçoit chaque jour une cinquantaine de
litres d’eau bue, et près de 200 litres de salive produite par les glandes salivaires. Même si une
partie importante de ces liquides passe rapidement dans l’intestin, le contenu ruminal, très
humide, contient plus de 80% d’eau, soit une centaine de litres d’eau. Outre son rôle lubrifiant
des aliments, la salive permet un renouvellement suffisant (supérieure de 8% par heure) de la
phase liquide du rumen et un recyclage de l’urée sanguine. Elle sert aussi à tamponner le pH
ruminal.
II.2.1.3. Le brassage
La motricité du complexe gastrique ou brassage régulier abouti au ramollissement et
l’homogénéisation de contenu du rumen. Dans les conditions normales, la paroi du rumen,
riche en fibres musculaires, est animée par de contractions régulières qui assurent un brassage
efficace selon un cycle de 3 à 5 minutes.
Ces contractions sont le résultat de l’irritation de la paroi du rumen par les fibres végétales
contenues dans la ration. De plus, la nature de ces fibres à une influence sur la fréquence et
l’intensité des contractions. Pour être efficaces, les fibres doivent mesurer plusieurs
millimètres de long et avoir des extrémités acérées.
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Cette motricité du complexe gastrique est contrôlée par le système nerveux central et
notamment via le nerf vague. En effet, une suppression des efférences vagales va engendrer
des contractions moins amples et plus fréquentes, dites intrinsèques. Ces dernières sont liées
au fonctionnement du système nerveux myentérique. Chez l’espèce bovine la paroi du
réticulo-rumen se contracte pendant 15 à 20 secondes, toutes les minutes environ.
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Figure 16 : Ruminococcus flavefaciens (à gauche) et Selenomonas ruminautium (à droite)
• Bactéries adherentes
Elles adhérent soient aux particules alimentaires (70%), soient à la paroi ruminale.
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elles potentialisent l'activité des bactéries cellulosiques et la croissance fongique mais cette
production de CH4 constitue une perte d'énergie pour les ruminants.
• Bactéries pectinolytiques
Leurs principales espèces sont : Lachnospira multipara, Pervotellaruminicola, Butyrivibrio
fibrisolvens, Streptococcus bovis et quelques souche de Spirochètes. Seulement quelque unes
d'entre elles ont été isolées à partir de milieu sélectif contenant de la pectine purifiée comme
seul substrat énergétique.
• Bactéries protéolytiques
Plusieurs espèces telles que Mesgaphaera elsedinil, peuvent croître à partir des acides aminés
en absence de glucides comme source d'énergie.
II.2.2.1.2. Protozoaires
Ce sont des eucaryotes unicellulaires, mobiles grâce à leurs cils et leurs flagelles, pour ces
dernières on va distinguer :
22
Figure 18 : Protozoaires ciliés
24
Tous les champignons sont presque des cellulolytiques et leurs cellulases sont les plus actives.
Ils peuvent utiliser plusieurs variétés de glucide autant que source d'énergie, comme la
cellulose, le cellobiose et le maltose. Certaines souches peuvent même utiliser l'amidon.
25
Figure 22 : population microbienne du rumen-réseau
26
donc des conditions physico-chimiques très particulières. Ces dernières permettent le
développement d’un microbiote anaérobie très actif.
27
Figure 23 : différentes phases du milieu ruminal
II.2.4.2. Le pH
Le pH ruminal est normalement compris entre 5,5 et 7. Ce pH est la résultante d’un équilibre
entre des acides faibles et des bases faibles. Les principaux acides sont les AGV (acides gras
volatiles) et l’acide lactique, produits des fermentations microbiennes. Les principales bases
sont l’ammoniac (NH3), le bicarbonate et le phosphate. Le NH3 est le produit de la
protéolyse, il peut également diffuser au travers de la paroi du rumen. Le bicarbonate et le
phosphate sont principalement sécrétés par les glandes salivaires et jouent un rôle de tampon.
La figure suivante montre les variations du pH avant, pendant et après le repas. Dans les
premières heures après le repas, les AGV produits par le microbiote vont abaisser le pH. Puis
ce dernier remonte car les AGV sont absorbés par la muqueuse ruminale et la rumination
induit l’arrivée de salive.
En abscisse : temps après le repas (h) ; en trait discontinu : échantillonnage à la main ; en trait continu :
échantillonnage automatisé
Figure 24 : Evolution du pH et du potentiel d’oxydoréduction ruminaux
28
II.2.4.3. Le potentiel d’oxydo-réduction
Le potentiel d’oxydo-réduction ruminal est toujours très nettement négatif (-150 à -250 mV)
car le rumen est un milieu anaérobie réducteur. Les variations du potentiel d’oxydoréduction
après le repas sont illustrées dans la figure ci-dessus : celui-ci augmente dans les heures
suivant le repas (avec l’entrée d’oxygène pendant le repas et la rumination) et diminue
ensuite.
En effet, en conditions physiologiques, le potentiel d’oxydo-réduction est rapidement corrigé
par une partie du microbiote ruminal qui utilise le peu d’oxygène disponible. Il existe ainsi un
gradient de potentiel d’oxydoréduction entre la surface et la profondeur. La consommation de
dioxygène est si rapide que sa pénétration dans la masse digestive ne dépasse pas 0,5 cm.
II.2.4.4. La température
La température du réticulo-rumen est comprise entre 39 et 41°C, soit environ 1°C au-dessus
de la température corporelle. Elle augmente en fonction de l’intensité des fermentations
ruminales et est donc maximale dans les heures suivant le repas.
L’abreuvement peut faire chuter la température ruminale de 5 à 10°C, un délai de deux heures
est nécessaire afin de retrouver la température initiale. Ainsi le pH, le potentiel
d’oxydoréduction et la température ruminaux permettent d’estimer l’intensité des
fermentations ruminales.
30
II.3. Digestion et utilisation digestive des nutriments
Le pyruvate est un intermédiaire qui est rapidement utilisé. Il est catabolisé en AGV (acide
acétique C2, acide propionique C3, acide butyrique C4 et une faible proportion d’AGV
mineurs), dans certains cas en acide lactique, et en gaz (dioxyde de carbone, dihydrogène et
méthane). L’énergie, libérée sous forme d’adénosine tri-phosphate (ATP), permettra la
croissance microbienne. Les deux étapes de la dégradation des glucides sont illustrées dans la
figure suivante.
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Figure 26: Dégradation des glucides pariétaux dans le rumen
Cette dégradation par des cellulases que seules les bactéries sont capables de synthétiser, est
lente et partielle (de 80 à 90 % pour les fractions pariétales pour un aliment très peu lignifié
comme l’herbe jeune, à 40 50 % pour une plante riche en lignine comme la paille). Cette
hydrolyse libère du cellobiose (2 ß glucose), du glucose et des pentoses.
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II.3.1.1.3. Les produits de la fermentation
Sont un mélange d’acides organiques à courte chaîne, dits acides gras volatils, essentiellement
acétique, propionique et butyrique et des gaz (gaz carbonique et méthane). Les produits
intermédiaires (acides succiniques et lactique) sont généralement utilisés par les microbes au
fur et à mesure de leur formation.
Le ruminant trouve la majeure partie de l’énergie dont il a besoin dans les acides gras volatils
(AGV) issus de la dégradation des glucides. Ils peuvent lui fournir de 65 à 75 % de l’énergie
absorbée. Avec les régimes habituels à base de fourrage utilisés par les ruminants, les
proportions relatives des AGV sont les suivantes (en % molécules) :
- Acide acétique (C2) 60 à 70 %
- Acide propionique (C3) 15 à 20 %
- Acide butyrique (C4) 10 à 15 %
- Autres AGV 2 à 5%
Figure 27: Voies de dégradation et l’utilisation des glucides par les bactéries ruminales
33
II.3.1.1.4. Les facteurs influençant la proportion des acides gras volatils : les proportions
respectives en AGV dépendent de :
Tableau 2 : Influence de la nature de la ration sur les proportions molaires en AGV dans le
rumen (valeurs moyennes durant les 5 heures après le repas)
AGV Proportions molaires (%)
Régime totaux
(mmol/L) AGV
C2 C3 C4
mineurs
Foin de graminées 90,0 72 17 7 4
Foin (44%) + orge (56%) 115,6 61 30 8 1
Foin (18%) + betteraves
127,5 56 26 17 1
(82%)
Foin (52%) + lactosérum
99,9 59 16 21 4
(48%)
II.3.1.1.4.2. Le pH ruminal
Il a également un effet sur les proportions d’AGV : sachant que les bactéries fibrolytiques se
développent mieux à un pH supérieur à 6,5 et que les bactéries amylolytiques préfèrent un pH
inférieur à 6, un pH bas engendrera des proportions de C3 plus élevées tandis qu’un pH haut
provoquera de plus grandes proportions de C2.
34
II.3.1.1.4.3. La vitesse de dégradation du substrat
La quantité d’AGV dans le rumen dépend de la vitesse de dégradation du substrat. Plus ce
substrat est dégradé rapidement, plus la quantité d’AGV produite est importante. Les fibres
sont moins rapidement digérées que l’amidon (lent ou rapide). Ainsi de fortes proportions
d’amidon rapide dans la ration entrainent une forte production d’AGV ruminaux. Cela peut
créer une baisse rapide du pH ruminal risquant de provoquer une acidose ruminale.
Le méthane représente environ 15% d’énergie perdue lors des fermentations ruminales. Il
s’agit d’un gaz à effet de serre et il est produit en plus grande quantité par la voie du C2. En
système intensif, la ration est composée de plus fortes proportions d’amidon qui favorisent la
voie du C3, produisant de plus faibles quantités de méthane. Une vache au pré est sur ce point
plus polluante que dans un système intensif. Les fermentations du microbiote produisent
également de l’énergie thermique, c’est pourquoi la température ruminale est en moyenne
plus élevée que la température corporelle. Néanmoins beaucoup de cette énergie thermique est
perdue.
35
Figure 29: Digestion des glucides chez les ruminants
Les digesta qui pénètrent dans l’omasum ont pour origine le contenu du plancher du réticulum
et ont une teneur en matière sèche très faible de 3 à 8 %. Ce contenu réticulaire est renouvelé
à chaque contraction par des digesta provenant du sac crânial du rumen. L’absorption omasale
est réelle pour l’eau, les électrolytes et les AGV qui ont échappé à l’absorption du rumen et
qui représentent environ 10 % de la production totale des AGV dans les pré-estomacs du
mouton.
36
séjournent très peu (30 à 60 minutes). Du fait du transit plus régulier et de la sécrétion plus
importante d’acide chlorhydrique, le pH de la caillette fluctue moins et est en moyenne plus
bas (2 à 3).
Ces conditions sont plus favorables à la dénaturation des matières azotées et à l’hydrolyse des
protéines sous l’action de la pepsine mais le temps de séjour très bref provoque l’effet inverse.
L’acidité du milieu tue les protozoaires. Le lysozyme joue un rôle important chez le ruminant
puisqu’il est sécrété en abondance, il intervient dans la lyse des parois bactériennes et facilite
ainsi la dissociation des bactéries fixées et des particules.
On estime chez le mouton entre 30 à 70 % des microbes (bactéries et protozoaires) fixés aux
particules provenant du rumen qui sont détachées dans la caillette. L’absorption porterait
aussi sur les AGV non absorbés dans le feuillet.
37
reste incertaine et il existe peu de données sur les champignons bien que certains auteurs
signalent leur présence dans le gros intestin des grands ruminants.
Seuls les glucides pariétaux (cellulose et hémicelluloses) non digérés dans le rumen arrivent
dans le gros intestin, aucun glucide soluble n’est détecté dans les digesta de l’iléon lorsqu’on
est en présence d’une ration à base de fourrages classiques. Cependant, la quantité de glucides
solubles arrivant dans le gros intestin peut augmenter avec des rations à base de céréales et
surtout le maïs et le sorgho où une grande quantité d’amidon peut échapper à la dégradation
ruminale.
La population microbienne du cæcum et du colon utilise ces glucides en produisant des
acides gras volatils comme dans le rumen mais avec une quantité moindre. Les AGV absorbés
à ce niveau représentent une fraction très variable, de 4 à 26 % de l’énergie totale digérée. La
production et l’absorption des AGV à ce niveau sont nettement inférieures à celle du rumen.
Les fractions pariétaux non digères ou indigestibles sont éliminés ensuite par les fèces.
38
II.3.2. Les matières azotées :
II.3.2.1. Digestion dans le rumen-réseau
Les matières azotées alimentaires dans le rumen sont d'abord hydrolysées en peptides, puis
acides aminés, ensuite sont désaminés en ammoniac, qui est le produit terminal de la
protéolyse microbienne. La résistance à la dégradation ruminale varie fortement en fonction
de la nature de l’aliment. En général, les protéines des fourrages sont plus dégradées (60 à
80%) que celles des concentrés (20 à 60%). L’ammoniac formé est soit utilisé par la
population microbienne, ou, passe vers le foie où il est convertit en urée. L’absorption de
l’ammoniac est conditionnée par sa concentration dans le rumen (50 à 80 mg/ 100 ml de jus
de rumen), et par le pH du rumen (pH élevé, absorption rapide).
Au niveau intestinal, en moyenne, 60% des acides aminés absorbés dans l'intestin grêle
proviennent des bactéries ruminales, et les 40% qui restent sont les protéines alimentaires qui
ont échappé à la dégradation ruminale. En général, plus de 80% des protéines qui arrivent
dans l'intestin sont digérées; le reste passe dans les matières fécales.
- Les pertes azotées : chez la chèvre en lactation une portion de l'azote ingéré est perdue par
l'urine (43 %), les fèces (29 %), et une partie excrétée dans le lait (24 %). Ces pertes sont liées
à la nature de la ration (riche ou pauvre en matières azotées), la consommation d'hydrate de
carbone, et le contenu de régime en lignine. En plus, ces pertes sont sous l’influence de
l'équilibre du milieu ruminal (dégradation des matières azotées et l'énergie fermentescible).
Ensuite, les substrats carbonés et l’ammoniac peuvent être utilisés pour la synthèse des
matières azotées de certaines bactéries (cellulolytiques) ce qui correspond à la phase de
protéosynthèse microbienne.
39
II.3.2.1.1.1. Protéolyse
La première étape de la dégradation des protéines résulte de l’activité des protéases
bactériennes. C’est principalement les bactéries amylolytiques qui interviennent dans la
protéolyse : elles dégradent principalement les protéines solubles. Les protozoaires participent
plutôt à la dégradation des protéines insolubles incluses dans des particules de taille
appropriée telles que des chloroplastes ou des bactéries qu’ils ingèrent.
40
II.3.2.1.1.4. Devenir des autres composés azotés de la ration
Les acides nucléiques représentent 5 à 10% des matières azotées présentes dans les rations des
ruminants. Ces molécules proviennent également des fragments desquamés de l’épithélium
ruminal et des microorganismes lysés. Ils sont rapidement dégradés et peuvent être utilisés par
les microorganismes comme source d’énergie et d’azote.
L’urée, d’origine alimentaire ou salivaire, est très rapidement hydrolysée par des uréases
bactériennes : cela engendre la production de NH3. Les nitrates sont réduits en nitrites puis en
NH3.
En effet, 2/3 à 3/4 des fractions azotées des fourrages sont dégradés dans le rumen .Chez les
moutons normalement alimentés, l’absorption est en moyenne de 4 à 5 g d’N 2 par jour
sous forme d’NH 3. Chez les sujets à régime pauvre en protéines, il n’y a guère que la moitié
de l’urée du sang qui soit éliminée avec l’urine, le reste revient par diffusion dans la panse et
peut servir à la synthèse de protides. Donc, près de 50 % de l’urée synthétisée par le foie suit
un cycle rumino- hépatique et ne constitue pas un produit final du métabolisme mais une
véritable réserve d’azote pour les ruminants.
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II.3.2.2. Dans l’intestin grêle
Les protéines qui arrivent au niveau du duodénum sont de deux types : alimentaires et
microbiennes. Il est admis que 80 % des protéines microbiennes se trouvent sous forme de
protéines vraies et 20 % sous forme d’acides nucléiques qui n’auraient aucune valeur pour
l’animal. La digestion et l’absorption des protéines auraient lieu principalement dans le
deuxième tiers de l’intestin grêle ; elles seraient donc faibles dans l’iléon malgré ses capacités
élevées entre autre un pH de 7.5 favorable à l’action des enzymes protéolytiques.
L’analyse de 405 bilans réalisés sur des moutons ,jeunes bovins et vaches laitières recevant
des rations mixtes ou des fourrages verts distribués seuls , le flux d’azote à l’entrée du
duodénum est pour
• 56 % d’origine microbienne (37 à 88 %)
• 38 % d’origine alimentaire (10 à 60 %)
• 6 % d’origine endogène.
La digestibilité des protéines dans l’intestin grêle varie considérablement de 0.5 à 0.80. Elle
est estimée à 0.80 pour les protéines d’origine microbienne et de 0.25 à 0.95 pour les
protéines alimentaires.
Pour un niveau d’alimentation donné, elle est liée positivement au flux duodénal de protéines
et négativement au flux iléal de matière non protidique.
Les protides qui échappent à la digestion dans l’intestin grêle sont donc constitués
principalement de fractions communes d’origines bactérienne et endogène, auxquelles vient
se rajouter une fraction d’origine alimentaire, moins importante et de composition variable.
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La quantité d’azote qui arrive dans le cæcum représente :
* 25 à plus de 50 % de la quantité d’azote ingérée (avec les rations pauvres en azote) ;
* La moitié de cet azote est sous forme soluble ;
* Jusqu’à 17 % sous forme ammoniacale ;
* Les protéines représentant 40 à 80 % de cet azote, sont d’origine alimentaire, microbienne et
endogène auxquelles il faut ajouter l’azote provenant du mucus sécrété par la paroi du gros
intestin, les cellules desquamées.
* l’urée provenant du sang et diffusant à travers la paroi.
A cet effet, la majorité des lipides alimentaires ne sont pas digérés, mais ils sont hydrolysés
complètement et quasi totalement par des lipases extracellulaires secrétés par des souches
bactériennes lipolytiques (comme Anaerovibrio lipolytica).
Cette hydrolyse permet la libération de glycérol et des acides gras. Le glycérol fermenté
rapidement en AGV principalement le propionate et le butyrate. Pour les acides gras, une
partie est utilisée par les bactéries pour la synthèse des phospholipides de la membrane
bactérienne. En plus, les bactéries hydrogénisent les acides gras pour former des acides gras
saturés. L’autre partie des acides gras semble être catabolisée et/ou absorbée à travers la paroi
ruminale.
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Figure 34 : Dégradation des constituants organiques alimentaires dans le réticulo-rumen
Au niveau intestinal, les phospholipides microbiens avec d'autres acides gras sont digérés
(l’action de la bile et des sécrétions pancréatiques) puis solubilisés dans la phase micellaire
pour être absorber à travers la paroi intestinale.
Les lipides sont efficacement digérés dans l’intestin, grâce à la bile et au suc pancréatique ; la
bile joue un rôle particulièrement important en apportant des phospholipides qui facilitent la
mise en solution micellaire des acides gras insaturés.
Dans le duodénum, l’apport de lipides par la bile entraîne une augmentation marquée des
quantités d’acides gras insaturés, de phospholipides et de cholestérol. Chez le mouton, la
quantité totale de lipides ainsi sécrétée équivaut à environ 50 % de la quantité ingérée avec
des rations classiques non supplémentées en lipides.
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La digestion des lipides se produit dans un milieu bi-phasique constitué d’une phase
particulaire insoluble et d’une phase micellaire soluble. Cependant et contrairement à ce qui
est observé chez les pré-ruminants, la phase insoluble n’est pas une émulsion de globules gras
stabilisée par les phospholipides et les sels biliaires, puisque les lipides sortant de la caillette
sont liés à des débris végétaux, à des corps microbiens ou à des cellules desquamées. Les
acides gras non estérifiés sont progressivement transférés dans la phase micellaire soluble,
grâce à l’action détergente des lyso-lécithines et des sels biliaires.
Cependant très peu de données sont disponibles sur la digestibilité des lipides dans l’intestin
grêle. Le plus souvent, les mesures ont été effectuées à l’entrée du duodénum et dans les fèces
or le passage dans le gros intestin entraîne des modifications profondes et variables.
La figure suivante renseigne sur la dégradation des différents constituants alimentaires grâce à
l’intervention de la microflore bactérienne ainsi que l’utilisation digestive et métaboliques des
nutriments chez les ruminants
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Figure 36 : Utilisation digestive et métaboliques des nutriments chez les ruminants
Outre le feuillet, le gros intestin joue un rôle important dans l’absorption de l’eau et de
certains minéraux majeurs comme chez toutes les espèces. Chez les ruminants environ 90 %
de l’eau entrant dans le gros intestin du mouton y est absorbée, la teneur du contenu du gros
intestin décroît régulièrement de 7.1g d’eau par g de MS dans le cæcum à 1.5g dans le rectum
chez le mouton.
Le gros intestin est aussi un lieu d’absorption de nombreux éléments minéraux avec une
prédominance d’absorption du sodium, en grande partie d’origine endogène, du phosphore,
calcium, et magnésium ainsi que le chlore alors que le potassium n’y est que faiblement
absorbé. Il existe aussi une absorption importante des oligo-éléments comme le zinc, cobalt,
cuivre et du manganèse.
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Figure 37: Schémas général résumant de digestion, absorption et métabolisation des aliments
consommés par les ruminants
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III. UTILISATION METABOLIQUE DES NUTRIMENTS
Après leur absorption, les nutriments énergétiques et plastiques sont transportés par le sang
jusqu’au foie, puis apportés aux cellules où ils vont participer à une multitude de réactions
chimiques nécessaires à la vie, qui constituent le métabolisme.
Par la suite, le cycle de Krebs, qui constitue le système qui permet de dégrader les produits
terminaux des métabolismes des oses, des acides gras et de nombreux acides aminés en
permettant la production de la plus grande partie de l’énergie dont les cellules ont besoin.
Chez les ruminants, contrairement aux monogastriques, le glucose sanguin provient très peu
de l’alimentation, d’une part parce que celle-ci en contient très peu, et d’autre part parce qu’il
est utilisé par les microorganismes du rumen.
Par conséquent, seule une faible quantité de glucose est absorbée au niveau intestinal à partir
de l’amidon et des glucosanes microbiennes. Cette quantité reste limitée à 15 % du total et qui
n’a qu’un effet temporaire sur le taux sanguin. L’organisme doit donc le synthétiser et de
nombreuses voies métaboliques permettent de maintenir la glycémie.
Tout d’abord la glycogénolyse, cependant les réserves en glycogène sont faibles et leur durée
de vie est limitée chez les ruminants. Ces animaux doivent donc produire 90% du glucose qui
leur est nécessaire via la néoglucogenèse au niveau hépatique
III.1.1. La néoglucogenèse
La principale voie de production de glucose reste la néoglucogenèse (NGG) qui fournit 85 %
du total, principalement dans le foie et à un moindre degré au niveau rénal, à partir de
substances glucoformatrices.
Le principal précurseur est le propionate (C3) qui fournit jusqu'à 60% du glucose dont environ
90% est capté par le foie et transformé en glucose via le succinyl CoA. Cette réaction
nécessite également de la vitamine B12, synthétisée par les microorganismes du rumen à partir
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du cobalt de la ration par l’intermédiaire du Méthyl-malonyl CoA. Mais lorsque la quantité de
propionate est insuffisante, le précurseur devient l’acide oxaloacétique (AOA).
Il s’agit d’un métabolite du cycle de Krebs qui peut redonner du glucose par l’intermédiaire
du pyruvate et les réactions inverses de la glycolyse. Il faut noter que le lactate apporte 10%
du glucose.
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Figure 39 : Intervention des différents glucoformateurs dans la néoglucogenèse
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III.2. Métabolisme des lipides
Les acides gras des lipides sont absorbés au niveau de l’intestin grêle, après leur solubilisation
dans la phase micellaire. Les acides gras absorbés sont estérifiés en triglycérides, transportés
par la lymphe et déversés dans le sang sous forme de chylomicrons utilisés par le tissu
adipeux et la glande mammaire.
Donc, les chylomicrons sont la forme alternative de transport des lipides à partir de l’intestin
grêle par l’intermédiaire des vaisseaux lymphatiques vers la circulation sanguine où ils sont
utilisés par les tissus cibles sans être d’abord métabolisés par le foie.
Le long temps de séjour des aliments dans le rumen, et sa vidange continue, se traduisent par
une certaine permanence de l’absorption des nutriments au cours du nycthémère, augmentant
le temps nécessaire pour atteindre un état de jeûne véritable. Ce phénomène, combiné à la
faible teneur en lipides du régime alimentaire et à l’hydrogénation importante des acides gras
en acide stéarique et en acides gras mono-insaturés, explique la pauvreté du plasma des
ruminants en lipoprotéines de très basse densité (VLDL) et en chylomicrons.
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III.2.1. Lipides totaux
Une grande partie des lipides est représentée par les triglycérides, le cholestérol, les
phospholipides et les acides gras estérifiés. Une partie est liée aux protides (lipoprotéines).
Le rôle nutritionnel des acides gras est double. Certains d’entre eux, les acides gras essentiels
(AGE), sont des nutriments indispensables au bon fonctionnement de la cellule animale. Les
autres ont uniquement un rôle énergétique.
Le taux des lipides du sang dépend essentiellement de la composition des aliments, il y aurait
une augmentation de la teneur des lipides sanguins après l’absorption d’un repas riche en
graisses.
III.2.2. Triglycérides
Un triglycéride est une molécule de glycérol sur laquelle sont fixés trois acides gras à longues
chaines qui peuvent être saturés ou insaturés. Les triglycérides proviennent en partie des
aliments et sont en partie synthétisés dans le foie. Les triglycérides à longues chaines
représentent la forme principale des lipides de l’alimentation humaine et des animaux
supérieurs pour lesquelles ils constituent une importante source d’énergie.
La graisse neutre (triglycérides) est ingérée avec la nourriture (les triglycérides exogènes) ou
synthétisée dans le corps, les triglycérides endogènes sont formés dans le tissu adipeux et le
foie. Ils sont stockés à l’intérieur des cellules de réserve (les adipocytes) principalement dans
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le tissu gras en région mésentérique et sous cutanée formant ainsi l’énergie de réserve et sont
mobilisés lors de nécessité.
L’utilisation et la dégradation des triglycérides sont réalisées par un démantèlement des
triglycérides en glycérol et en acides gras et ce sont les acides gras qui seront transportés dans
le courant sanguin par l’albumine (lipoprotéines). Les réactions d’utilisation ou de synthèse
de triglycérides sont catabolisées par des enzymes qui agissent selon le statut hormonal de
l’animal.
En cas de sous-alimentation sévère, un des phénomènes essentiels est constitué par la
dégénérescence graisseuse du foie : le contenu lipidique total du foie double ; le taux des
triglycérides augmente vingt fois ; celui du cholestérol estérifié huit fois et celui des acides
gras libres trois fois. Le foie est incapable d’augmenter la sécrétion de lipoprotéines capables
de transporter cette graisse en dehors du foie (lipotropie). La surcharge hépatique est un
facteur important à considérer pendant la sous-alimentation, mais aussi pendant le
rétablissement et la réalimentation.
III.2.3. Cholestérol
Le cholestérol est un stéroïde qui possède un groupe hydroxyle secondaire en position C3.
Dans le sang, le cholestérol est toujours lié à une protéine et à une ou plusieurs molécules de
phospholipides formant la lipoprotéine. Il se présente sous deux formes estérifiée (70%) et
non estérifiée (30%).
Il a une double origine; alimentaire et endogène. Il est surtout synthétisé dans le foie et
également dans l’intestin, les surrénales, les testicules, les ovaires, la peau et le système
nerveux.
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Le cholestérol joue un rôle important dans le métabolisme comme un composant des cellules
et des tissus. Une partie du cholestérol endogène est converti en acides biliaires et en
hormones stéroïdes, l’autre partie est incorporée dans les membranes cellulaires et le tissu
nerveux. Le cholestérol exogène est émulsionné dans l’intestin par les acides biliaires.
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III.3. Métabolisme des substances azotées
Les animaux non-ruminants ont besoin d'acides aminés préformés dans leur ration. Par contre,
grâce aux microbes présents dans le rumen, les ruminants possèdent la capacité de synthétiser
les acides aminés à partir d'azote non-protéique (ANP) telles que l'ammoniac ou l'urée qui
peuvent donc être utilisés dans leur ration.
Par un phénomène de compensation entre albumine et globulines, les taux des protéines
totales, bien que subissent quelques variations, sont beaucoup moins riches en renseignements
que le taux d’albumine. Cependant, ce dernier ne peut fournir des précisions sur l’étiologie
d’un trouble puisque ; l’alimentation, les phénomènes infectieux, ou le mauvais
fonctionnement hépatique peuvent, de la même manière, modifier la valeur de cette constante.
III.3.4. Urée
L'urée est le produit final du métabolisme des protéines dans le corps. Lors du catabolisme
protéique ; elles sont dégradées en acides aminés et l’ammoniac formé est transformé en urée
dans le foie. L’urée est normalement sécrétée dans les urines.
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Cependant, chez les ruminants en cas de déficit azoté, l'urée est recyclée dans le rumen via la
salive et, à un moindre degré, via la paroi ruminale où elle est convertie à nouveau en
ammoniac et peut servir pour la croissance des bactéries du rumen. Chez les non-ruminants,
l'urée produite dans le corps est toujours entièrement perdue dans les urines.
L’urée sanguine est l’indicateur essentiel du taux azoté de la ration et des réserves corporelles.
L’urée sanguine augmente avec :
- L’importance des apports azotés,
- Un catabolisme accru provoqué par le jeûne,
- Par la suite d’une intoxication par l’urée,
- Lors d’addition dans la ration
- Par la suite d’une sous nutrition énergétique.
Par contre un taux faible de l’urée sanguine peut signifier que la ration est riche en amidon, ou
encore un faible apport azoté. Il a été noté que l’urée du lait constitue un bon indicateur du
rationnement azoté. En revanche, la gestation n’a pas d’effet sur l’urémie, mais elle augmente
au cours du premier mois de lactation.
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