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Méthode de KABAT

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Méthode de KABAT : une technique à

découvrir
Masso-kinésithérapie et thérapie manuelle pratiques - Tome 1

 Par Anne Claire N revu MR  24 09 2020

Nous vous invitons à découvrir un extrait de l'ouvrage Masso-kinésithérapie et


thérapie manuelle pratiques - Tome 1.
Cet extrait appartient au chapitre 9 Techniques ou méthodes particulières

Kabat (méthode de)


Jean-Pierre Bleton

Définition

Nommée en France Facilitation Neuromusculaire par la Proprioception


(Proprioceptive neuromuscular facilitation, ou PNF) par Viel3, il s’agit
d’une méthode basée sur les notions d’inhibition réciproque
et d’irradiation (phénomène déclenché par la résistance opposée à la
contraction d’un muscle ayant comme conséquence la contraction
d’autres muscles). Cette méthode utilise les informations sensitives
d’origine superficielle (tactile) et d’origine profonde (proprioceptive et
arthro-kinétique) pour l’excitation du système nerveux qui à son tour fait
réagir la musculature et redonne au sujet la sensation du mouvement.

Cette méthode fait partie de l’ensemble des méthodes regroupées sous


le vocable de reprogrammation sensorimotrice. Elle permet d’obtenir le
renforcement de la contraction musculaire grâce à l’utilisation des
mécanismes de facilitation. Elle fait intervenir à la fois la motricité réflexe,
automatique et volontaire. Il s’agit d’une méthode de renforcement
musculaire actif contre résistance manuelle réalisée suivant un schéma
moteur tridimensionnel.

Principe

Technique facilitant l’apparition d’activités motrices coordonnées et


organisées en réponse à une sollicitation du système nerveux au moyen
de stimuli extéroceptifs et proprioceptifs, le PNF consiste à faire réaliser
au patient des mouvements en spirales appelés diagonales (fig. 9.11 et
9.12).

Fig. 9.11
Diagonales de Kabat pour le membre supérieur.
La rectitude (rect.) indique un maintien en rectitude et non un
mouvement d'extension.

Fig. 9.12
Diagonales de Kabat pour le membre inférieur.
La rectitude (rect.) indique un maintien en rectitude et non un
mouvement d'extension.
Chaque diagonale est organisée suivant un schéma tridimensionnel, une
direction et une vitesse d’exécution. Il existe deux diagonales pour
chaque membre, pour la tête et pour le tronc. Chaque diagonale
comprend deux dessins cinétiques organisés suivant des directions
spécifiques opposées organisés suivant trois composantes
(abduction/adduction – extension/flexion – rotation médiale/rotation
latérale). Les muscles mis en jeu au cours d’un dessin cinétique font
partie d’un ensemble de muscles synergiques au cours de gestes
usuels. La rotation est la composante essentielle.

Les mouvements sont construits autour d’articulations pivots (pivot


principal, pivot intermédiaire, pivot proximal et pivot distal). Une
résistance manuelle est appliquée au mouvement pour recruter plus ou
moins la contraction des muscles synergiques d’un même dessin
cinétique.

Réalisation

Les techniques de facilitation

Le placement approprié des mains du rééducateur sur le membre du


patient, les stimulations manuelles en coaptation et en décoaptation sont
à l’origine d’informations extéroceptives et proprioceptives propices à
l’exécution correcte du mouvement recherché. La traction sur le membre,
par un phénomène de stretch reflex, favorise la contraction musculaire
permettant une réaction de contraction dans les muscles déficitaires.
Cette facilitation est plus efficace si les stimuli d’étirement sont répétés
(par un effet de sommation temporelle) et synchronisés à l’effort de
contraction volontaire du patient. Le rééducateur encourage le patient à
participer fortement à la réalisation du mouvement en l’incitant par des
ordres clairs et précis comme « tirez », « poussez » ou « tenez ». Le ton
de la voix influe sur l’intensité de la participation du patient. Il est
encouragé à suivre le mouvement des yeux (cf. fig. 8.7 à 8.14).
La résistance opposée au mouvement est augmentée graduellement
pour atteindre son maximum à la fin du mouvement. Elle est appliquée
avec suffisamment de force pour obtenir le recrutement musculaire sans
pour autant entraver la réalisation du mouvement volontaire dans toute
son amplitude (excepté pour les stabilisations rythmiques). Cette
opposition contrôlée au mouvement permet de recruter un grand nombre
d’unités motrices par un phénomène de sommation spatiale.
L’augmentation de la résistance provoque un phénomène d’overflow qui
se manifeste par une irradiation (un débordement de contraction) qui
gagne de proche en proche l’ensemble des muscles synergiques du
dessin cinétique. Les muscles forts permettent d’irradier vers les muscles
faibles.

Les manières de pratiquer sont multiples. Il est possible de réaliser :

 le schéma de base : la diagonale est pratiquée autour du de


l’articulation proximale du membre utilisée comme pivot.
L’articulation intermédiaire du membre est maintenue fixée en
extension (coude ou genou tendu) ;
 le schéma brisé : l’articulation intermédiaire se plie ou se déplie
au cours du mouvement cinétique ;
 le pivot d’insistance : une seule articulation du membre est
mobilisée de manière répétitive dans le même schéma cinétique ;
 les stabilisations rythmiques : une résistance maximale est
opposée alternativement à chacun des deux dessins cinétiques
d’une même diagonale empêchant tout déplacement du membre.
Cette manière de procéder favorise l’équilibre tonique entre
muscles agonistes et antagonistes d’une même articulation.
Il est également possible de faire solliciter simultanément les deux
membres de manière symétrique, asymétrique.

Les activités motrices globales

La méthode de Kabat peut être appliquée aux activités corporelles


globales. Des résistances appliquées judicieusement permettent de
faciliter et stabiliser les retournements et déplacements au tapis, les
différents temps de la séquence de redressement, la station debout et la
marche.

Techniques de relâchement musculaire associées

Tenu relâché

Lors du tenu-relâché, le membre est porté à l’amplitude maximale par


une mobilisation passive, les muscles antagonistes sont alors contractés
de manière isométrique (contraction musculaire sans raccourcissement).
Après un temps de relâchement, l’allongement passif est poursuivi
jusqu’à atteindre la nouvelle amplitude maximale.

Contracté relâché

Lorsque le membre est porté à l’amplitude maximale par une


mobilisation passive, les muscles sont contractés de manière isotonique
(le muscle se raccourcit, la résistance opposée à la contraction
musculaire reste constante). Après un temps de relâchement,
l’allongement passif est poursuivi jusqu’à atteindre la nouvelle amplitude
maximale.
La méthode de Kabat est plus particulièrement utilisée dans les
syndromes neurologiques avec déficit. Elle demande un certain degré
d’habileté de la part du kinésithérapeute. S’il maîtrise la technique, il
possède avec la méthode de Kabat un outil de reprogrammation neuro-
musculaire particulièrement efficace.

Auteurs

Michel Dufour
Patrick Colné
Stéphane Barsi

Masso-kinésithérapie et thérapie manuelle pratiques. Tome 1 – Bases


fondamentales, applications et techniques.
Tête et tronc, de Michel Dufour, Patrick Colné et Stéphane Barsi.
© 2020 Elsevier Masson SAS
Tous droits réservés.

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