VE - L2S4 Chapitre 2 Matrices@
VE - L2S4 Chapitre 2 Matrices@
té
Licence d’Économie et Finance
i
ers
MATH 202 : ALGÈBRE LINÉAIRE
niv
sU
Chapitre II : Matrices
ri
Pa
rgy
1 L’ensemble des matrices M(n,p)(R)
Définition 5. Soit (n, p) ∈ (N∗ )2 , on appelle matrice à n lignes et p colonnes à coefficients (ou
Ce
a21 a22 a23 · · · a2j · · · a2p
a31 a32 a33 · · · a3j · · · a3p
.. .. ..
A=
. . .
ai1 ai2 ai3 · · · aij ··· aip
n-
.. .. ..
. . .
an1 an2 an3 · · · anj · · · anp
ha
On note A = (aij )1≤i≤n pour une matrice à n lignes et p colonnes, où aij est le terme à l’inter-
1≤j≤p
p
Cas particuliers :
cJ
a11
a21
• Si p = 1, A est dite « matrice colonne » : A =
..
.
an1
té
à n lignes et n colonnes.
!
1 π −4
i
Exemple 9. A= ∈ M(2,3) (R)
0 −2 19, 5
ers
2 Opérations sur les matrices
niv
2.1 Addition
sU
Définition 6. Soient A = (aij )1≤i≤n et B = (bij )1≤i≤n deux matrices de M(n,p) (R). On appelle
1≤j≤p 1≤j≤p
matrice somme de A et B, la matrice C = A + B = (cij )1≤i≤n appartenant à M(n,p) (R) définie par :
1≤j≤p
ri
∀(i, j) ∈ [[1, n]] × [[1, p]], cij = aij + bij
Pa
! !
1 0 −4 −1 3 17
Exemple 10. + = ···
2 −2 5 −9 11 −8
rgy
Propriétés 1. Cette addition dans M(n,p) (R) possède les propriétés suivantes, qui découlent toutes
des propriétés de l’addition des nombres réels :
• La somme de deux matrices de M(n,p) (R) est une matrice de M(n,p) (R).
Ce
• L’addition est commutative, c’est-à-dire que si A et B sont deux matrices de M(n,p) (R), alors
A+B =B+A
• L’addition est associative, c’est-à-dire que si A, B et C sont trois matrices de M(n,p) (R),
CY
alors (A + B) + C = A + (B + C)
• La matrice nulle 0n,p (dont tous les termes sont égaux à 0) est l’élément neutre : pour toute
matrice A de M(n,p) (R), A + 0n,p = A
• Toute matrice A = (aij )1≤i≤n possède une matrice « opposée » définie par −A = (−aij )1≤i≤n
n-
1≤j≤p 1≤j≤p
1≤j≤p
−1 5
Exemple 11. 3. 8 12 = ···
3 −2
Propriétés 2. Cette multiplication d’une matrice par réel possède les propriétés suivantes : Pour
toutes matrices A et B de M(n,p) (R) et pour tous réels λ et µ
té
• λ(A + B) = λ · A + λ · B
• λ(µ · A) = (λµ)A
i
• (λ + µ) · A = λ · A + µ · A
ers
• 1·A=A
niv
2.3 Produit d’une matrice par un vecteur colonne
x1
x2
sU
Définition 8. Soient A = (aij )1≤i≤n ∈ M(n,p) (R) et X =
..
∈ M(p,1) (R) (la valeur p est la
1≤j≤p
.
xp
même !)
ri
y1
Pa
y2
Le produit A · X est la matrice colonne Y = ∈ M(n,1) (R) telle que
..
.
rgy yn
p
X
∀i ∈ [[1, n]], yi = aij · xj
j=1
Ce
1 0 7
3
3 1 4
×
Exemple 12. = ···
2
CY
2 −1 −2
1
0 1 1
2.4 Produit d’une matrice de M(n,p) (R) par une matrice de M(p,q) (R)
n-
Définition 9. Soient A = (aij )1≤i≤n ∈ M(n,p) (R) et B = (bkl )1≤k≤p ∈ M(p,q) (R)
1≤j≤p 1≤l≤q
La matrice produit de A par B est la matrice C = (cij )1≤i≤n ∈ M(n,q) (R) définie par :
ha
1≤j≤q
p
X
p
b1j
ième
b2j
Ainsi la j colonne de C est le produit de A par la matrice colonne
..
.
.
cJ
bpj
! 2 4 −3 3
1 0 −1
Exemple 13. Soient A = ∈ M(2,3) (R) et B = 1 −5 0 1
∈ M(3,4) (R),
2 1 4
−1 6
té
0 1
alors C = A · B ∈ M(2,4) (R) et C = · · ·
i
ers
Propriétés 3. Soient A, B et C trois matrices et λ ∈ R. Sous réserve de compatibilité des formats,
le produit matriciel possède les propriétés suivantes :
niv
• Associativité : A · (B · C) = (A · B) · C.
• Distributivité du produit par rapport à la somme : A · (B + C) = A · B + A · C et (A + B) · C =
A · C + B · C.
sU
• λ(A · B) = (λA) · B = A · (λB)
• Soit In la matrice identité de Mn (R) : c’est la matrice dont les termes sur la diagonale sont
égaux à 1 et les autres termes sont nuls
ri
1 0 0 ··· 0 ··· 0
Pa
0 1 0 ··· 0 ··· 0
0 0 1 ··· 0 ··· 0
.. .. ..
..
In =
. rgy . . .
0 0 0 ··· 1 ··· 0
.. .. . . ..
. . . .
0 0 0 ··· 0 ··· 1
Ce
Si A ∈ M(n,p) (R), In · A = A et A · Ip = A
CY
Remarques : 1. Le produit des matrices n’est pas commutatif, ne serait-ce que parce que
le produit A · B peut être défini mais pas le produit B · A.
De plus, les produits A · B et B · A sont simultanément définis si et seulement si A et B sont deux
matrices carrées de même format : et même dans ce cas, généralement A · B 6= B · A
n-
! !
1 0 3 −2
Exemple 14. A= et B = . Calculer A · B et B · A
2 1 1 4
ha
2. Le théorème
! du produit !
nul n’est pas vérifié avec le produit matriciel : par exemple pour
0 1 1 −2
A= et B = , alors AB = 02
p
0 3 0 0
. Sté
cJ
té
Définition 10. Soit A = (aij )1≤i≤n ∈ M(n,p) (R), la transposée de A, noté t A, est la matrice
1≤j≤p
a0ij 1≤i≤p ∈ M(p,n) (R) définie par ∀(i, ) ∈ [[1, p]] × [[1, n]], a0ij = aji .
i
ers
1≤j≤n
! 1 5
1 0 3
niv
t
Exemple 15. A= ∈ M(2,3) (R), et A = 0 8
∈ M(3,2) (R).
5 8 −7
3 −7
sU
Définition 11. Une matrice carrée A ∈ Mn (R) est dite symétrique si et seulement si t A = A et
antisymétrique si et seulement si t A = −A.
ri
1 0 7 0 1 5
Exemple 16. A = 0 8 4 est symétrique et B = −1 0 −4 est antisymétrique (les
Pa
7 4 −5 −5 4 0
termes sur la diagonale sont nécessairement nuls).
rgy
Proposition 2. Soient A et B deux matrices de M(n,p) (R), et λ ∈ R :
1. t (A + B) = t A + t B
2. t (λA) = λ(t A)
Ce
3. t (t A) = A
4. Soient A ∈ M(n,p) (R) et B ∈ M(p,q) (R) : t (A · B) = t B · t A
CY
−1 0 3 1 0 1
t
Exercice 1. Soient A = 4 1 0 et B = 0 2 0 . Calculer A · B, B · A, (A + B),
0 1 2 −1 1 2
n-
t
A + B, (A · B), (B · A), A · t B
t t t t
et t t
B · A.
−4 3 5 −1 1 5
ha
Réponse : A · B = 4 2 4 et B · A = 8 2 0
−2 4 4 5 3 1
0 4 −1 0 4 −1
p
t t t
(A + B) = 0 3 2 et A + B = 0 3 2
Sté
4 0 4 4 0 4
−4 4 −2 −4 4 −2
t t t
(A · B) =
3 2 4 et B · A = 3 2 4
.
5 4 4 5 4 4
cJ
−1 8 5 −1 8 5
t t t
(B · A) =
1 2 3 et A · B = 1 2 3
5 0 1 5 0 1
i té
ers
Définition 12. Une matrice A ∈ Mn (R) est dite inversible s’il existe une matrice B ∈ Mn (R) telle
que A · B = B · A = In .
B est la matrice inverse de A et elle est notée A−1 .
niv
L’ensemble des matrices inversibles de Mn (R) est noté GLn (R).
sU
Exemples 17. 1. In est
!
inversible et In−1 = In !
1 3 −1 1 −4 3
2. Soit A = A est inversible et A =
2 4 2 2 −1
!
ri
a b
3. Plus généralement si A = , avec Det = ad − bc 6= 0, A est inversible et
c d
Pa
!
−1 1 d −b
A =
Det −c a
rgy
Proposition 3. Soit A ∈ Mn (R) et A inversible, alors l’inverse de A est unique.
Preuve : Supposons que A possède deux inverses B et C : on a alors A · B = In donc C · (A · B) =
Ce
C ⇐⇒ (C · A) · B = C ⇐⇒ In · B = C ⇐⇒ B = C d’où l’unicité
−1
2. Soit A ∈ Mn (R). Si A est inversible, alors A−1 l’est et A−1 = A.
p p −1
p∈ Mn (R). Si A est inversible, alors pour tout entier p ≥ 1, A est inversible et (A ) =
3. Soit A
A−1 .
n-
Preuve :
p
4. A · B · (B −1 )(A−1 ) = · · · = In .
5. A · A−1 = In , donc t
A · A−1 = t In = In , i.e. t A−1 × t A = In , d’où le résultat.
té
1 0 2
Soit A = 2 −1 3
i
ers
4 1 8
1 0 2 1 0 0 (L1 )
2 −1 3 0 1 0 (L2 )
niv
4 1 8 0 0 1 (L3 )
1 0 2 1 0 0
sU
0 −1 −1 −2 1 0 (L2 ← L2 − 2L1 )
0 1 0 −4 0 1 (L3 ← L3 − 4L1 )
1 0 2 1 0 0
ri
0 1 1
2 −1 0
Pa
0 0 −1 −6 1 1 (L3 ← L3 + L2 )
1 0 2 1 0 0
0 1 1 2 −1 0
rgy
0 0 1 6 −1 −1 (L3 ← −L3 )
1 0 0 −11 2 2 (L1 ← L1 − 2L3 )
0 1 0 −4 0 1 (L2 ← L2 − L3 )
Ce
0 0 1 6 −1 −1
−11 2 2
D’où A−1
CY
−4
= 0 1
6 −1 −1
• En résolvant un système
n-
Proposition 5. Soit A ∈ Mn (R). A est inversible si et seulement si, pour tout Y ∈ Mn,1 (R),
l’équation A · X = Y possède une unique solution X ∈ Mn,1 (R)
ha
2 1 1
Exemple 18. La matrice A = 4 1 0
est-elle inversible ?
p
−1 1 1
Sté
2x1 +x2 +x3 = y1
On résout 4x1 +x2 = y2 ⇐⇒ ...
−x +x +x = y
1 2
3 3
1 0 −1
.
1
cJ
A−1 =
−4 3 4
3
5 −3 −2
té
−1 1 0
i
déduire que A est inversible et déterminer A−1
ers
3 −1 1
−1 1 1
Réponse : A = (−A + 3I3 ) = 3 −1 3
2 2
1 −1 3
niv
5 Interprétation matricielle d’un système linéaire
sU
5.1 Matrice associée à un système linéaire
Définition 13. Considérons le système
ri
Pa
a1,1 x1 + a1,2 x2 + · · · + a1,j xj + · · · + a1,p xp = b1 L1
a2,1 x1 + a2,2 x2 + · · · + a2,j xj + · · · + a2,p xp = b2 L2
(S) .. .. ..
. .
rgy .
an,1 x1 + an,2 x2 + · · · + an,j xj + · · · + an,p xp = bn Ln
1≤j≤p
b1
.
Soit A = (ai,j )1≤i≤n la matrice associée au système : et B = ..
le n-uplet second membre
1≤j≤p
bn
x1
n-
.
. ∈ Rp .
de (S) : L’expression matricielle de (S) est alors AX = B où X =
.
xp
ha
Dans le cas particulier où la matrice A est (carrée) inversible, alors le système (S) admet une
unique solution, donnée par X = A−1 B.
p
x +z = 3
(S)
y −z = −4
x −y +z = 6
.
cJ
té
A) peut se traduire par le produit à gauche de A par une matrice :
Soit A = (ai,j )1≤i≤n la matrice associée au système.
i
1≤j≤p
ers
On note Ei,j la matrice de M n (R) où tous les termes sont nuls sauf le terme à la place (i, j) qui
est égal à 1.
niv
OPÉRATION ÉLÉMENTAIRE PRODUIT MATRICIEL P.A
sU
Li ←− Li + λLj In + λEi,j
ri
Li ←− λLi In − Ei,i + λEi,i
Pa
Li ←→ Lj In − Ei,i − Ej,j + Ei,j + Ej,i
rgy
1
..
. 0
1
Ce
1 0 − − λ
1
La matrice P de la première opération du tableau est : ..
.
1
CY
1
1
0
..
.
1
n-
1
..
. 0
ha
1
La matrice P de la seconde opération du tableau est :
λ
1
p
0
..
.
Sté
1
.
cJ
1
..
. 0
té
1
0 − − − 1
1
i
p p
ers
La matrice P de la troisième opération du tableau est : ..
p . p
p 1 p
1 − − − 0
niv
1
0
..
.
1
sU
1 2 3 4
Exemple 21. soit A = 5 6 7 8
9 0 11 12
ri
0 1 0 1 2 3 4 5 6 7 8
Pa
L1 ←→ L2 : 1 0 0 5 6 7
8 = 1 2 3
4
0 0 1 9 0 11 12 9 0 11 12
1 0 0 1 2 rgy3 4 1 2 3 4
L3 ←− L3 − 9L1 : 0 1 0 5
6 7 8 = 5
6 7 8
−9 0 1 9 0 11 12 0 −18 −16 −24
1 0 0 1 2 3 4 1 2 3 4
Ce
L2 ←− −5L2 :
0 −5 0 5 6
7 8
= −25
−30 −35 −40
0 0 1 9 0 11 12 9 0 11 12
matricielle :
AX = B ⇐⇒ A0 X = Pk · Pk−1 · · · · P1 · B
ha