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Textes G1

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® Lefagts 4 «Di faut nous quitter, ma fille, Ini dit-elle, en fui ‘tendant 1a main ; le péril ai je vous laisse et le besoin quo vous avez de moi augmentent le déplaisir que j’ai de vous quitter. Vous avez de 1 sieur de Nemours ; je ne vous nde point de me sineérité pour yous conduire, Il y a déja longtemps que jeme suis apergue de cette inclination ; mais je ne vous en ai pas voulu parler d'abord, de peur de vous en faire apercevoir yous-méme. Vous ne la connaissex. que trop présentement ; vous tes sur le bord du précipice : iL fant de grands efforts et de grandes violences pour ‘yous retenir. Songez ce que vous devez 4 votre mari; songez ce que vous vous devez & votis-méme, et pen- sez qué vous allez-pertre cetto=réput yous étes acquise et que je vous ai ‘dc'la force et du courage, ma fille, retirez-vous de la Cour, obligez. votre mari de vous emmener, ne craignen point de prendre des partis trop rades et trop quelque affieux qu’lls vous pataissent dabord : ils seront plus dour dans les suites que les malbeurs d'une gelanterie, Si d’autres raisons que celles de la vertu et“; de votte devoir vous pouvaient obliger A ce que je sou- ‘ination pour ion- 1 je ne suis plus en état de me servir de'votre * @ . et LePage 2 (radune de Cleves tut cette lettre vt Ie relut plu 4 sicurs fois, sans sayoir néanmoins ce qu'elle avait tu : ello voyait:sculement que monsieur de Nemours no Vaimat pas comme elle avait ponsé, et qu'il en aimait @autres qu'il trompait comme elle, Quelle yao ot $ quelle comnaissanée pour une personne && qui avait une passion yiotents, qui venait des marques 4 un homme qu’eile en jugeait indigne, et aun autte qu'elle maltvaitsit pou Pamour de k Jamais-affliction n’a 618 si piguente et si vive sembiait que ce qui frisait Paigreur de cette affliction Gait og qui s'était passé dans cette joumée, et que, si monsieur de Nemouré n’eft point ‘ca 1 i qu'elle Taimait, elie ne'so fit pas soucise aimé tne autre. Mais elle se trompait elle-méme ; et eS" ual, qu’clle trouyait si insupportable, était le jalousie* syec toutes Jos horreurs dont elle peut étro accompa~ sae, Bile yoyait par cette Jette que monsiour de ‘Nemours avait wie galantérie depuis longtemps, Elle trouvait que celle qui avait écrit ia lettre avait de Fes- 2° rit ct du mérito ; elle Tui paraissait digne d'etre aimbe ; elle lui teouveit plus de courage qu’elle né s’en trouvait A clloméme, et elle envinit la [Link]’ elle avait euo de cacher sts sentiments & monsieur de Nemouts)Eilo ™ ‘yoyait par la fin de Ja lettre qué cette persone se 40 “3 2 a 6) Lopate 3 IL est impossible, continua-t-elle, de passer par-dessus ‘des raisons si fortes : il faut que je demeure dans 1’état of je suis, et dans Jes résolutions que jai prises de! n’en sortir jamais. — HE! ‘croyez-vous le pouvoir, madame ? s’écria monsieur de Nemours. Petisez-vous que vos résolu- ‘tions tiennent contre un homme qui vous adore, et qui est assez, heureux pour vous plaire ? Il est plus difficile que vous ne pensez, madame, de résister A ce qui nous plait!, et & ce qui nous aime. Vous l’avez. fait par une Vertu austére, qu: n’a presque point d’exemple ; mais cette vertu ne s’oppose plus @ vos sentiments et j’es- pére que vous les suivrez malgré vous. i — Je sais bien qu’il n’y a tien de plus difficile que ce que j’entreprends, répliqua madame de Cléves ; je me défie de mes forces au milieu de mes raisons : ce que je crois devoir 4 la mémoire de monsieur de Cleves serait faible S'il n’était soutenu par Vintérét de mon, Tepos! ; et les raisons de mon repos ont besoin d’étre souéhiies de celles de mon deVoir )mais, quoique je me défie de moi-méme, je &70i5 due je ne vainciai | jamais mes scrupules, et ie n’espére pas aussi de sur! monter inclination que j’ai pour vous Arrias @ ‘Arias a tout lu, a tout vu, il veut le persuader ainsi; c'est un homme universel, et il se donne pour tel: i! aime mieux mentir que de se talre ou de paraltre ignorer quelque chose. On parle & la table d'un grand d'une cour du Nord il prend la parole, et I'6te & ceux qui allaient dire ce qu'lls en savent; Il s‘oriente dans cette région lointaine comme sil en était originalre ; Il discourt des meeurs de cette cour, des femmes du pays, de ses lois et de ses coutumes ; il récite des historiettes qui y sont arrivées ; Il les trouve plaisantes, et il en rit le premier jusqu'a éclater. Quelqu'un se hasarde de le contredire, et lul prouve nettement qu'il dit des choses qui ne sont pas vrales. Arrias ne se trouble point, prand feu au contraire contre linterrupteur: «Je n'avance, lui ditil, je ne raconte rien que je ne sache doriginal: je I'ai appris de Sethon, ambassadeur de jours, que je connais femilérement, que j'2i fort interrogé, France dans cette cour, revenu & Paris depuis quelques cet qui ne m'a caché aucune circonstance. » Il reprenait le fil de sa narration avec plus de conflance qu'll ne 'avait commencée, lorsque l'un des conviés lui dit: « C'est Sethon 4 qui vous parlez, lui-méme, et qui arrive fraichement de son nol © Aprés que le Milan, manifeste voleur, Eut répandu lalarme en tout le volsinage Et fait crier sur lui les enfants du village, Un Rossignol tomba dans ses mains, par malheur. Le héraut du Printemps lui demande la vie : « Aussi bien, que manger en qui n’a que le son? Ecoutez plutét ma chanson ; Je vous raconterai Térée et son envie. ~ Qui, Térée ? est-ce un mets propre pour les Milans ? Non pas ; était un roi dont les feux violents Me firent ressentir leur ardeur criminelle. Je m’en vais vous en dire une chanson si belle Qu’elle vous ravira : mon chant plaft & chacun. » Le Milan alors lui répliqui « Vraiment ; nous voici bien ! lorsque je suis 8 jeun, ‘Tu me viens parler de musique. Jen parle bien aux rois.—Quand un roi te prendra, Tu peux lui conter ces mervetlies. Pour un milan, its‘en rir. Ventre affamé n’a point doreilles. » Le Milan et le Ross ambassade. » Jean de La Bruyére, Les Caractéres (1688) ® ly daw Gas Dew cogs viveient on paix : une poule survint, Et voll la guerre alhumée. “Aniour, tu perdis Troie ; et cest de toi que vint Cette querelle envenimée On du sang des Diewx meme on vit le Xenthe tint. Longtemps entre nas cogs le combat se maintint. Le bruit sea épandit par tout le voisinage, ‘La gent qui porte eréte au spectacle actourut. Plus dune Héléne au bem plumage Fat le prix du vainqueur. Le vaincu disparut Talla se cacher ax fond de saretaite, Pleura sa gloire et ses amours, Sos amours quiun rival, tout fier de sa défsite Possédaita ses yous. Il voyait tous les jours Cet objet zallumer sa haine et son courage ; T aiguisait son bec, baat Vairet ses flames, + Bt stexergant contre Tes vets, Stamoait dime jalouse rage. Tinven ext pas besoin. Son Vainqueur surles toits Sialla percher, et chanter sa vietire. ‘Un vantour entendit sa voix “Adiew les amour et le gloire 5 “Tout oot orgueil pért'sous Yongle du vactour Bofin, par un fatal retour ‘Sonzival antour de la poule ‘Sen revint fre le coquet : Teleisse a penser quel caquet ; Cari eut des femmes ea foule, m Bb ‘La fortune se plat faire de ces coups 5 ‘Tout vaingueur insolent & sa perte travaile, Défions-nous du Sort, et prenoos garde'Anous

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