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PHYSIQUE I
Les calculettes sont autorisées.
Les différentes parties sont largement indépendantes et peuvent être traitées
séparément.
Sonder l’atmosphère
L’atmosphère entoure toute la Terre et permet à toutes les espèces vivantes ter-
riennes de respirer pour vivre. Les phénomènes physiques intervenant dans
l’atmosphère sont nombreux et caractérisent en fait différentes couches en fonc-
tion de l’altitude : de la troposphère au niveau du sol jusqu’à l’ionosphère couche
d’atmosphère la plus haute avant l’Espace.
On se propose dans ce sujet d’étudier la façon dont les météorologistes sondent
les basses couches de l’atmosphère (troposphère et basse stratosphère) pour ten-
ter de comprendre et de modéliser les phénomènes météorologiques, en vue
notamment de répondre à la difficile question : « Quel temps fera-t-il demain ? ».
Données numériques :
3
Rayon de la Terre R T = 6, 4 ⋅ 10 km
–2
Accélération de la pesanteur au niveau du sol g = 9, 81 m ⋅ s
–1 –1
Constante des gaz parfaits R = 8, 31 J ⋅ K ⋅ mol
Enthalpie massique de vaporisation de l’eau –1
l v = 2 100 kJ ⋅ kg
(supposée indépendante de la température)
–3 –1
Masse molaire de l’air M air = 29 ⋅ 10 kg ⋅ mol
–3 –1
Masse molaire de l’hélium M He = 4, 0 ⋅ 10 kg ⋅ mol
Capacités thermiques molaires pour un gaz 5R 7R
C vm = -------- et C pm = --------
parfait diatomique 2 2
a ε
On rappelle qu’à l’ordre 1 en ε : ( 1 + ε ) = 1 + aε et e = 1 + ε .
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Filière TSI
Partie I - Modéliser l’atmosphère
Toute prévision météorologique est basée sur un modèle fiable de l’atmosphère,
rendant compte en particulier de la pression, de la température et de l’hygromé-
trie (humidité de l’air) en différents points de l’espace. Des mesures expérimen-
tales de ces grandeurs en fonction de l’altitude sont ainsi effectuées
régulièrement à l’aide de ballons-sonde pour permettre d’affiner les modèles
informatiques existants et de prévoir les éventuelles formations nuageuses.
Dans cette partie, le champ de pesanteur est uniforme, égal à sa valeur au
niveau du sol. L’air sera toujours considéré localement comme un gaz parfait.
I.A - Modèle simple de l’atmosphère isotherme
On considère dans un premier temps le cas d’une atmosphère isotherme au
repos, dans laquelle la température est uniforme et vaut T 0 = 273 K . La pres-
5
sion au niveau du sol vaut P 0 = 1, 0 bar = 1, 0 ⋅ 10 Pa . On appelle P ( z ) la pression
qui règne à l’altitude z .
I.A.1) Faire un bilan des forces s’exer- z
Atmosphère
çant sur une tranche de fluide de base S , isotherme
comprise entre les altitudes z et z + dz z + dz S
(figure 1). En déduire l’équation différen- g z
Tranche
tielle vérifiée par P ( z ) . de fluide
I.A.2) Déterminer l’expression de la
O
pression P ( z ) qui règne à l’altitude z . Le Sol
tracé de P ( z ) est reporté sur la figure 3 ci- Figure 1 : tranche de fluide dans le modèle
après (courbe en pointillés). de l’atmosphère isotherme
I.A.3) Déduire de ce qui précède l’ordre de grandeur de l’épaisseur de l’atmos-
phère isotherme dans le cadre de ce modèle. Faire l’application numérique. Mon-
trer que l’on peut retrouver ces résultats graphiquement.
I.B - Profil de température et de pression dans l’atmosphère réelle
Les données transmises par un ballon-sonde au cours de la traversée de la tro-
posphère et de la basse stratosphère permettent de tracer les profils réels de
température et de pression régnant à la verticale d’une station météo. Les résul-
tats expérimentaux sont rassemblés sur la figure 2 ci-après (page suivante).
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I.B.1) Quelle différence essentielle y-a-t-il entre la stratosphère et la
troposphère ?
Figure 2 : relevés de température et de pression dans
la troposphère et la stratosphère
I.B.2) Que pensez-vous du
modèle vu en I.A.1 de
l’atmosphère isotherme pour
Modèle de l’atmosphère
décrire la troposphère ? On isotherme
comparera les profils réels de Modèle avec gradient de
température
température et de pression
avec les résultats du modèle
(voir figure 3 courbe en poin-
tillés).
On cherche à affiner le
modèle précédent en considé-
rant cette fois un profil de
température de la forme :
T ( z ) = T 0 – az avec T 0 et a en Figure 3 : profil de pression dans la troposphère ;
pointillés, modèle de l’atmosphère isotherme
des paramètres constants. (voir question I.A) ; en trait plein, modèle avec
gradient de température (voir question I.B.4).
I.B.3) Commenter le choix
de ce profil de température et évaluer numériquement T 0 et a .
I.B.4) Montrer que le champ de pression dans la troposphère se met sous la
α
forme : P ( z ) = P 0 ( 1 – bz ) où b et α sont des paramètres constants à détermi-
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ner. Comparer alors ce champ de pression avec celui obtenu en I.A.1 pour
l’atmosphère isotherme lorsque l’on se place à faible altitude ( bz « 1 ) . Un logiciel
informatique de traitement de données permet d’ajuster les valeurs de P 0 , b et
α pour que le modèle décrive correctement les points expérimentaux. On
obtient ainsi :
5 –5 –1
P 0 = 1, 03 ⋅ 10 Pa b = 1, 95 ⋅ 10 m α = 5, 91 .
La courbe correspondante est tracée en trait plein sur la figure 3.
I.B.5) Déduire de ces résultats une autre détermination de T 0 et a et com-
parer aux valeurs trouvées en I.B.3. Conclure quant à la validité de ce modèle
pour décrire la troposphère.
I.B.6) En utilisant le même critère que celui vu en I.A.3) pour l’atmosphère
isotherme, évaluer l’épaisseur de l’atmosphère dans ce nouveau modèle. Con-
clure.
I.C - Un peu de météorologie
La vapeur d’eau contenue dans la troposphère joue un rôle essentiel dans les
phénomènes météorologiques de la basse atmosphère, comme la formation des
nuages, les précipitations (pluie, neige …) et les orages en particulier. Les don-
nées fournies par un ballon-sonde permettent ainsi de déterminer l’humidité
relative de l’air et sa teneur en eau afin de prévoir la formation des nuages. Le
tableau ci-après est un extrait des données envoyées par un ballon-sonde à une
station météo au cours de la traversée de la troposphère et rassemble les mesu-
res de pression, de température, de température de rosée et d’humidité relative
en fonction de l’altitude. L’humidité relative de l’air h rel est définie à partir du
rapport de la pression partielle de vapeur d’eau contenue dans l’air sur la pres-
sion de vapeur saturante de l’eau à la température T considérée. L’humidité
relative s’exprime en pourcentage ( % ) selon la relation suivante :
P vap
h rel ( % ) = 100 ---------------------
P sat ( T )
avec P vap la pression partielle de vapeur d’eau dans l’air et P sat ( T ) la pression
de vapeur saturante de l’eau à la température T .
La température de rosée T rosée est la température à laquelle la vapeur d’eau
contenue dans un échantillon d’air passe à l’état liquide (condensation liquide
ou liquéfaction) pour une pression totale et une quantité de vapeur d’eau don-
nées dans l’échantillon. Cette mesure, faite directement à bord du ballon-sonde
à l’aide d’un hygromètre à point de rosée, permet d’évaluer l’humidité relative
de l’air. Des tables thermodynamiques permettent quant à elles de connaître la
pression de vapeur saturante P sat ( T ) de l’eau à différentes températures. Dans
Concours Centrale-Supélec 2008 4/14
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le domaine de températures considérées ici, on peut utiliser avec une très bonne
approximation la formule de Rankine pour l’eau, sous la forme :
5120
ln P sat ( T ) = 13, 7 – ------------ où P sat s’exprime en bars et T en K
T
On admettra que l’équilibre liquide-vapeur peut exister dans le domaine de tem-
pérature étudié (eau liquide éventuellement en surfusion)
Tableau 1 : Relevés expérimentaux envoyés par un ballon-sonde au cours de
la traversée de la troposphère
Altitude Pression Température Température Humidité relative
° °
m hPa C de rosée C %
168 1005 26, 0 16, 0 54
299 990 23, 2 15, 2 61
886 925 17, 8 13, 7 ?
1177 894 15, 0 12, 7 ?
1388 872 14, 4 10, 8 ?
1596 851 18, 2 3, 2 37
1747 836 17, 5 3, 0 38
2229 790 15, 2 2, 2 ?
3239 700 7, 2 – 2, 8 49
3957 641 1, 2 – 6, 8 55
4580 593 – 2, 9 – 20, 9 24
5910 500 – 11, 9 – 26, 9 28
6155 484 – 13, 6 – 30, 7 22
7580 400 – 23, 9 – 41, 9 17
9461 307 – 38, 1 – 57, 1 ?
I.C.1) Tracer l’allure P sat ( T ) pour l’eau (graphe (1)) en précisant l’état phy-
sique stable de l’eau dans chaque domaine.
I.C.2) Que se passe-t-il dans un air où l’humidité relative atteint 100 % ?
Comment évolue l’humidité relative de l’air lorsque l’on augmente la tempéra-
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ture à pression totale constante ? Donner un exemple pratique de cette situa-
tion.
On cherche à déterminer l’humidité de l’air à partir de la mesure de la tempé-
rature de rosée afin de retrouver les données du ballon-sonde et de compléter le
tableau précédent.
I.C.3) Proposer une expérience permettant de mesurer simplement la tempé-
rature de rosée d’un échantillon d’air.
On considère un échantillon d’air à la température T , contenant de la vapeur
d’eau, d’humidité relative inférieure à 100 % . On note P vap la pression partielle
de vapeur d’eau dans cet échantillon et T rosée sa température de rosée.
I.C.4) Placer le point (noté A) décrivant le système sur le graphe (1). Expli-
quer comment obtenir la température de rosée de l’air dans l’échantillon. Expri-
mer alors la pression partielle de vapeur d’eau comme une fonction de la
température de rosée.
I.C.5) Calculer l’humidité relative de l’air au niveau du sol (à l’altitude 168 m )
et comparer au relevé effectué par le ballon-sonde. Reproduire et compléter le
tableau ci-après en calculant l’humidité relative de l’air dans les différents cas.
En déduire l’altitude à laquelle des nuages ont de fortes chances de se former.
Altitude m Humidité relative %
886 -
1177 -
1388 -
2229 -
9461 -
La teneur en eau η (ou rapport de mélange) permet de connaître la quantité de
vapeur d’eau contenue dans un échantillon d’air. Par définition, la teneur en eau
est le rapport de la masse de vapeur d’eau contenue dans un échantillon d’air de
volume donné sur la masse d’un air sec contenu dans le même volume. La teneur
en eau s’exprime usuellement en g de vapeur d’eau par kg d’air sec ( g ⁄ kg ) .
I.C.6) Calculer la teneur en eau de l’air au voisinage du sol à l’altitude 168 m .
I.C.7) Rappeler les 2 principaux constituants de l’air sec avec leurs propor-
tions respectives. Comment évoluent ces proportions lorsque l’on considère un
air humide ?
I.C.8) Évaluer la teneur en eau de l’air à environ 2 km et 10 km d’altitude.
Conclure sur la localisation des formations nuageuses dans l’atmosphère.
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Partie II - Étude d’un ballon-sonde
Le ballon-sonde est le moyen le plus simple et le plus économique d’envoyer une
charge dans les différentes couches de l’atmosphère. Les ballons météorologi-
ques, embarquant du matériel scientifique de mesure, explorent par exemple
toute la troposphère et la basse stratosphère. On se propose ici d’étudier quel-
ques variantes d’un ballon-sonde stratosphérique : ballon ouvert à l’hélium, bal-
lon fermé à l’hélium et ballon ouvert à l’air humide (bulle d’orage). Dans toute
cette partie, l’atmosphère est supposée isotherme, de température T 0 = 273 K ,
et le champ de pression est celui fourni par la figure 3 de la Partie I. La pression
5
au niveau du sol vaut P 0 = 1, 0 ⋅ 10 Pa .
Tous les gaz sont considérés comme parfaits.
On négligera la force de frottement de l’air.
II.A - Le ballon stratosphérique ouvert (B.S.O.) Enveloppe
On considère le ballon-sonde, représenté sur la figure 4
ci-contre, composé :
• d’une enveloppe supposée sphérique, de volume Parachute
3
V = 100 m (correspondant à un diamètre de l’ordre de
6 m , ouverte sur l’extérieur par des manches d’évacua- Réflecteur
tion situées à la base du ballon ; radar
• d’un parachute permettant de ralentir la descente du Nacelle
ballon à la fin de la mission ; Figure 4 : Ballon-sonde
• d’un réflecteur radar rendant plus facile le suivi à dis-
tance du ballon ;
• d’une nacelle, contenant les appareils de mesure, le système de télécommu-
nication et de positionnement GPS.
Dans ce type de ballon, l’enveloppe est indéformable et garde un volume V cons-
tant. Le ballon étant ouvert à sa base, la pression à l’intérieur du ballon est iden-
tique à tout moment à celle qui règne à l’extérieur. Au moment du lancement, le
ballon est gonflé à l’hélium. On suppose que la température à l’intérieur du bal-
lon reste constante, égale à la température extérieure T 0 . La masse m de
l’ensemble {enveloppe + parachute + réflecteur + nacelle} reste constante au
cours du vol. Le volume du ballon est assimilé à celui de son enveloppe.
II.A.1) Le ballon-sonde étant prévu pour monter à quelques dizaines de kilo-
mètres d’altitude, faut-il tenir compte de la variation du champ de pesanteur,
assimilé ici au champ de gravitation terrestre, avec l’altitude ? Évaluer la varia-
tion relative maximale Δg ⁄ g du champ de pesanteur entre le sol et l’altitude
z = 20 km . Conclure.
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II.A.2) Déterminer la masse m gaz de gaz contenue dans l’enveloppe au décol-
lage.
II.A.3) Effectuer un bilan des forces précis s’exerçant sur le ballon au moment
du décollage. En déduire une condition sur m pour que le ballon décolle effecti-
vement. On considère dans la suite m = 10 kg .
II.A.4) Expliquer ce qui se passe dans le ballon au cours de son ascension.
II.A.5) Le plafond est atteint lorsque le ballon est à son altitude maximale. À
quelle condition le ballon plafonne-t-il ? Estimer alors l’altitude maximale
atteinte par le ballon-sonde.
Dès que le plafond est atteint, un système de largage libère le ballon de son
enveloppe. Le ballon entame alors sa descente, ralentie par le parachute. Une
fois retrouvés au sol, les appareils de mesure pourront servir une nouvelle fois
pour une prochaine mission.
II.B - Cas d’un ballon fermé
Le ballon-sonde possède cette fois une enveloppe élastique fermée. Cette enve-
loppe est remplie d’une masse m He = 0, 80 kg d’hélium au moment du lance-
ment. Les accessoires sont identiques à ceux du ballon vu en II.A. On suppose
comme précédemment que la température à l’intérieur du ballon est identique
à chaque instant à celle de l’air extérieur T 0 . Les observations indiquent que le
ballon a un diamètre de 2 m au décollage pour atteindre son diamètre maximal
de 4, 6 m , juste avant que l’enveloppe n’éclate à son altitude maximale.
II.B.1) Expliquer qualitativement les phénomènes qui provoquent l’éclate-
ment du ballon.
L’élasticité de l’enveloppe s’explique par les propriétés de tension superficielle
du matériau, qui imposent la relation suivante entre la pression intérieure P int
du ballon et la pression extérieure de l’air P ext (formule de Laplace) :
P int – P ext = 4σ ⁄ r où σ est appelé coefficient de tension superficielle et r le
rayon de l’enveloppe sphérique.
II.B.2) Préciser l’unité de σ et calculer numériquement sa valeur.
II.B.3) Déterminer l’altitude maximale atteinte par le ballon-sonde.
II.C - La bulle d’orage ou un ballon-sonde à la vapeur d’eau !
La bulle d’orage (modèle breveté) est une variante astucieuse du ballon stratos-
phérique ouvert vu en II.A. La simplicité de sa mise en œuvre (pas besoin
d’hélium) et ses performances en font un instrument privilégié pour les ama-
teurs désireux de fabriquer leur ballon-sonde. Le dispositif est identique à celui
présenté en II.A (figure 4). L’enveloppe du ballon est indéformable, de volume
3
V = 100 m constant, ouverte à sa base grâce à des manches d’évacuation. La
masse m de l’ensemble {enveloppe + parachute + réflecteur + nacelle} reste
Concours Centrale-Supélec 2008 8/14
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constante au cours du vol. Quelques minutes avant le lancement, le ballon est
gonflé avec un mélange d’air chaud et de m vap = 5 kg de vapeur d’eau, de tem-
pérature T d = 70° C . La pression (partielle) de vapeur saturante de l’eau P sat
en fonction de la température est donnée par la formule de Rankine (voir I.C).
II.C.1) Le décollage
a) Calculer la pression partielle en vapeur d’eau P vap dans le ballon au décol-
lage. En déduire la valeur de l’humidité relative du mélange (voir I.C).
b) À quelle condition sur m l’ensemble peut-il décoller ?
La réglementation aérienne impose en outre une masse maximale de la nacelle
de 4 kg pour un ballon amateur. On considère donc ici m = 2 kg .
II.C.2) L’ascension sèche et la saturation
On suppose pour simplifier que la quantité de gaz dans le ballon reste constante
au cours de cette première phase d’ascension.
a) Comment évolue la température T dans le ballon au cours de la montée ?
Justifier alors l’évolution de la pression partielle en vapeur d’eau P vap dans le
ballon et de la pression de vapeur saturante de l’eau P sat au cours de la montée.
La figure 5 présente graphiquement l’évolution de P vap dans le ballon et de P sat
en fonction de la température T .
b) En déduire l’évolution de l’humidité relative dans le ballon au cours de la
montée.
c) Estimer graphiquement la température T s à laquelle apparaît la saturation.
Que se passe-t-il dans le ballon ?
d) Calculer la pression P s qui
règne alors dans l’enveloppe. En Psat(T)
déduire l’altitude à laquelle appa-
raît la saturation.
e) À quelle condition sur m le
ballon peut-il atteindre cette
altitude ?
Pvap
II.C.3) Et soudain l’orage !
Comme lors de la formation de
nuages et de précipitations, la
transition de phase subie par la
vapeur d’eau dans le ballon per-
met de chauffer tout le gaz con- Figure 5 : évolution de P sat et P vap dans le ballon
tenu dans l’enveloppe au fur et à en fonction de la température T
mesure de son ascension. Évaluer
l’élévation maximale de la température de l’air dans le ballon, si toute la vapeur
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d’eau subissait une transition de phase quasi-instantanée, le ballon restant à
une altitude constante. On supposera que seul l’air subit cette augmentation de
température, les précipitations étant évacuées à mesure de leur apparition.
En réalité, la transition de phase se produit progressivement au cours de la
montée du ballon. L’énergie thermique libérée par la transition de phase permet
alors de compenser les fuites thermiques avec l’extérieur à travers l’enveloppe,
si bien que la température du gaz dans l’enveloppe peut être considérée cons-
tante, égale à T s , pendant la suite de l’ascension.
II.C.4) Altitude maximale atteinte par le ballon
Une fois que toute la vapeur d’eau a subi la transition de phase, le ballon se
retrouve uniquement rempli d’air résiduel à la température T s (toute trace
d’eau liquide ou glace aura été évacuée du ballon au cours de l’ascension). Les
fuites thermiques avec l’extérieur font alors rapidement chuter cette tempéra-
ture jusqu’à la température T 0 de l’air extérieur.
a) Prévoir le comportement du ballon une fois l’équilibre thermique atteint.
On suppose en fait que le ballon atteint son altitude maximale dès la fin de la
transition de phase de la vapeur d’eau, l’air résiduel étant encore à la tempéra-
ture T s .
b) Écrire l’équilibre mécanique du ballon dans ce cas et en déduire la pression
qui règne alors à l’intérieur du ballon.
c) Évaluer enfin l’altitude maximale atteinte par le ballon.
d) Quel aurait été qualitativement le comportement d’un ballon identique rem-
pli d’air chaud et sec lancé depuis le sol ? Conclure : quel est l’intérêt de mettre
de la vapeur d’eau dans la bulle d’orage ?
Des mesures effectuées sur des ballons-sonde fonctionnant sur le principe de la
bulle d’orage ont montré que la température du gaz contenu dans l’enveloppe
pouvait être maintenue à 0° C alors qu’il règne à l’extérieur une température
inférieure à – 50° C !
Les observations météorologiques sont réalisées à partir d’un réseau de stations
réparties sur l’ensemble du territoire. Chaque station automatique assure
l’acquisition, le stockage, le traitement et la transmission des données vers le
centre national de données de Toulouse. Une station météo automatique peut
recevoir des informations d’un ballon-sonde d’altitude (pression, température et
humidité), c’est l’objet de la Partie III.
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Partie III - Liaison radiosonde - récepteur
Le ballon-sonde communique avec la station météo grâce à une radiosonde qui
émet un signal électromagnétique de haute fréquence (onde UHF) de valeur
f = 100 MHz . Le signal reçu par un cadre récepteur est amplifié puis envoyé via
un câble coaxial (III.D) vers un dispositif qui effectue son analyse. Dans tout le
problème, le milieu ambiant est assimilé au vide de permittivité diélectrique
–1 –1
ε 0 = 8, 84 ⋅ 10 –12 F ⋅ m et de perméabilité magnétique μ 0 = 4π ⋅ 10 –7 H ⋅ m . Les
ondes électromagnétiques s’y propagent à la célérité c = 3, 0 ⋅ 10 m ⋅ s .
8 – 1
III.A - Émission par la radiosonde
Calculer la valeur de la longueur d’onde λ du signal UHF émis par la radio-
sonde.
III.B - Cadre récepteur
Le ballon-sonde émet une onde assimilable localement à une onde plane pro-
gressive dans le sens des y croissants, harmonique de pulsation ω , de vecteur
d’onde k , polarisée rectilignement selon u z . On note E 0 l’amplitude du champ
électrique. L’onde électromagnétique émise par le ballon-sonde est reçue par un
capteur, situé à une distance D = OO′ , ayant la forme d’un cadre (MNPQ) indé-
formable carré, de centre O′ , de côté a , sur lequel sont enroulées N spires de
fil conducteur (voir figure 6).
Au besoin le cadre est
P
mobile autour de l’axe a
u z . On note θ l’angle Q
( u x, n ) où n est un vec- uz
O′
teur unitaire normal au ux
cadre orienté selon le O uy a
sens MNPQ. On note : n
θ
OO′′ = Du y . N
III.B.1) Figure 6 : cadre récepteur M
a) Donner l’expression
du champ électrique E
au voisinage du cadre en un point d’abscisse y .
b) En déduire l’expression du champ magnétique B associé.
b) Exprimer la densité volumique d’énergie électromagnétique W em en ce
point.
c) Déterminer l’expression du vecteur de Poynting Π en ce point, en fonction de
c , W em et d’un vecteur de base.
d) Donner l’expression de la moyenne temporelle 〈 Π〉 .
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III.B.2)
a) Justifier l’existence d’une force électromotrice (f.e.m.) induite dans le cadre
(MNPQ).
b) Donner l’orientation du cadre permettant d’obtenir une f.e.m. e ( t ) de valeur
efficace maximale. On se placera dans ce cas pour toute la suite du problème.
c) Calculer le flux Φ ( t ) du champ magnétique B dans le cadre (MNPQ) en fonc-
tion de E 0 , N , a , ω , k , D et du temps t . On fera apparaître Φ ( t ) sous la forme
d’un produit de fonctions sinusoïdales. On rappelle la formule de trigonométrie :
p–q p+q
sin p – sin q = 2 sin ------------- cos ------------
2
- .
2
d) Déterminer l’expression de e ( t ) .
e) Pour quelle valeur de a a-t-on une f.e.m. e ( t ) de valeur efficace maximale ?
Exprimer cette valeur en fonction de la longueur d’onde λ du signal.
Commenter.
f) Commenter le cas où a = λ .
g) Comment se simplifie l’expression de e ( t ) dans le cas où a « λ ?
III.B.3) Le cadre récepteur possède les caractéristiques suivantes : a = 5 cm ,
N = 100 , il est situé à la distance D = OO′ = 20 km du ballon-sonde. On suppose
que la radiosonde du ballon émet de la même manière dans toutes les directions
de l’espace avec une puissance moyenne 〈 P〉 = 200 mW .
a) Montrer qu’il est légitime de considérer que l’onde est localement plane au
voisinage du cadre.
b) Comparer a et λ . Conclure.
c) Quelle est la valeur de la puissance surfacique moyenne reçue à la distance
D ? Que représente cette valeur ?
d) Déterminer la valeur de l’amplitude E 0 du champ électrique. Faire l’applica-
tion numérique.
e) Déterminer la valeur efficace U eff de la f.e.m. apparaissant aux bornes du
cadre. Faire l’application numérique. Commenter.
III.C - Amplification
Le signal e ( t ) obtenu aux bornes du cadre
R
récepteur puis amplifié est envoyé sur un cir-
cuit RLC (voir figure 7). L
e C s
Figure 7 : circuit RLC
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III.C.1) Donner l’expression de la fonction de transfert H ( ω ) de ce montage. On
notera
1 C 1
ω 0 = ------------- , 2m = R ---- = ---- .
LC L Q
Que représentent ces grandeurs ? Quelle est la nature de ce montage ? On
ajuste les valeurs de R , L et C afin que la fréquence f du signal d’entrée satis-
fasse à la condition suivante : ω 0 = 2πf . On considère cette condition réalisée
dans la suite de cette partie.
III.C.2) Quel est l’intérêt de réaliser cette condition ?
III.C.3) La valeur de l’inductance est L = 0, 10μH , calculer la valeur de C per-
mettant d’obtenir la condition précédente.
III.C.4) Exprimer le gain du montage en fonction de R , L et C puis en fonction
de Q .
III.C.5) Donner la valeur de R permettant d’obtenir un gain de 20 dB .
III.D - Liaison par câble coaxial
Le signal amplifié est alors transporté via un câble coaxial, de grande dimension
selon son axe z′z , et constitué de deux surfaces cylindriques
parfaitement conductrices, de rayons R 1 et R 2 avec R 1 < R 2 . L’espace entre les
conducteurs est un isolant de permittivité diélectrique absolue ε = ε 0 ε r et de
–7 –1
perméabilité magnétique μ 0 = 4π ⋅ 10 H ⋅ m . Dans ce milieu, on admet que l’on
peut utiliser les résultats établis dans le vide en remplaçant la permittivité du
– 12 –1
vide ε 0 = 8, 84 ⋅ 10 F ⋅ m par la permittivité absolue du milieu : ε = ε 0 ε r . Le
conducteur interne achemine dans le sens des z positifs un courant alternatif
iωt
sinusoïdal d’intensité I = I m ( z )e et le conducteur externe un courant exacte-
ment opposé. Entre les conducteurs, les champs électrique et magnétique
iωt iwt
s’écrivent : E ( M, t ) = E 0 ( r, z )e et B ( M, t ) = B 0 ( r, z )e .
On donne en coordonnées cylindriques ρ, θ, z dans la base orthonormée directe
( u ρ, u θ, u z ) :
1 ∂F ∂F ∂F ∂F 1 ∂ ( ρF θ ) 1 ∂F ρ⎞
rotF = ⎛ --- ---------z- – ---------θ-⎞ u ρ + ⎛ ---------ρ- – ---------z-⎞ u θ + ⎛ --- -----------------
- – --- ----------⎠ u z
⎝ ρ ∂θ ∂z ⎠ ⎝ ∂z ∂ρ ⎠ ⎝ ρ ∂ρ ρ ∂θ
1 ∂ ( ρF ρ ) 1 ∂F θ ∂F
divF = --- ------------------ + --- ---------- + ---------z-
ρ ∂ρ ρ ∂θ ∂z
III.D.1)
a) Le champ électrique E ( M, t ) est supposé radial, déterminer la direction du
champ B ( M, t ) .
b) Déterminer B ( M, t ) en fonction de r , I et d’un vecteur unitaire. On veillera
à bien justifier la méthode et les étapes du calcul.
Concours Centrale-Supélec 2008 13/14
PHYSIQUE I Filière TSI
dI
c) Déterminer alors E ( M, t ) en fonction de r , ω , ε ------ et d’un vecteur unitaire.
dz
III.D.2)
a) Montrer que I m ( z ) obéit à une équation différentielle dont une solution est
– ikz
Im( z) = I0e où I 0 est une constante et k une fonction de ω . Déterminer
k(ω) .
b) Commenter la forme de la solution I correspondante.
III.D.3)
a) Montrer qu’il existe une onde électromagnétique ( E, B ) dans l’espace entre
les conducteurs. Cette onde est-elle plane ? On précisera l’expression de la
vitesse de phase v φ en fonction de la célérité c de la lumière dans le vide et de
εr .
b) On donne ε r = 3 . La fréquence du signal est de l’ordre de 100 MHz et la lon-
gueur du câble de l’ordre de la centaine de mètres. Peut-on se placer dans le
cadre de l’approximation des régimes quasi-stationnaires ? Justifier.
c) Donner l’expression de la valeur moyenne temporelle 〈 Π〉 du vecteur de
Poynting.
d) Déterminer la puissance électromagnétique moyenne 〈 P〉 transportée à tra-
vers une section droite z = Cte de l’isolant.
••• FIN •••
Concours Centrale-Supélec 2008 14/14