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repères politiques

Vulgarisation agricole
Le temps du changement
Mettre les connaissances au service de l’action politique pour une meilleure production alimentaire
“ Il s’agit de changer la manière de travailler et de
s’assurer que les réformes engagées sont rentables
et durables.”
Michael Hailu,
Directeur du CTA

La Conférence internationale sur les « Innovations dans les services de vulgarisation et de conseil : Mettre les connaissances au service des politiques et des actions
en faveur de l’alimentation et des moyens de subsistance » a été organisée par le Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA), le Forum pour
la recherche agricole en Afrique (FARA), le Forum mondial pour le conseil rural (GFRAS), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Forum
africain pour les services de conseil agricole (AFAAS), l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), l’Organisation des Nations unies pour l’alimen-
tation et l’agriculture (FAO), le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), le Centre international pour la recherche agricole orientée vers
le développement (ICRA) et le Centre international pour la recherche en agroforesterie (ICRAF), en collaboration avec plusieurs partenaires nationaux, régionaux
et internationaux, dont le Réseau africain pour l’enseignement de l’agriculture, l’agroforesterie et la gestion des ressources naturelles (ANAFE), le Forum des
Amériques sur la recherche agricole et le développement technologique (FORAGRO), l’Institut de recherche agricole du Kenya (KARI), le ministère kényan de
l’Agriculture, l’Initiative européenne en faveur de la recherche agricole pour le développement (EIARD), le Forum mondial sur la recherche agricole (GFAR),
l’Université des Antilles occidentales (UWI) et les universités du Pacifique Sud (UPS), d’Hohenheim et de Wageningen (WUR).
© Gates Foundation
© CIMMYT

Sommaire
Rédaction
Charlie Pye-Smith
Relecture
Prof Niels Rölings

4 En quête d’un avenir meilleur


(Université de Wageningen, Pays-Bas)
Prof Volker Hoffmann
(Université de Hohenheim, Allemagne)
INTRODUCTION
Supervision éditoriale
Kristin Davis, GFRAS

8 Vue d’ensemble
Judith Francis, CTA
Arno Maatman, ICRA Chapitre 1
Myra Wopereis-Pura, FARA
Équipe éditoriale du CTA
Thierry Doudet

16 Repenser l’agenda des réformes


Stéphane Gambier
Armelle Degrave Chapitre 2
Création graphique
Stéphanie Leroy

24 Une déclaration d’intention


Révision des textes
Jacques Bodichon
David Dunn
Chapitre 3
Traduction
Stéphane Cabre

28 Déclaration
Crédit photos
1ère de couverture : Appendice
Haut : © Neil Palmer, CIAT
Bas : © Tous droits réservés de Nairobi sur les services
Dernière de couverture :
© Visionfund
de vulgarisation et de conseil
Impression
DIGIGRAFI BV
ISSN
2212-6384
INTRODUCTION

En quête d’un avenir meilleur


S
ur le milliard de personnes les plus pauvres de la planète, les trois quarts vivent dans des zones
rurales et une large majorité d’entre eux sont tributaires de l’agriculture pour leur subsistance
et leur survie. Encourager la croissance du secteur agricole est donc l’un des moyens les plus
efficaces de lutter contre la pauvreté et de réduire la faim et la malnutrition. Les petits exploitants
agricoles, les pêcheurs et les éleveurs produisent 50 à 80 % des denrées de base consommées
dans les pays en développement, mais nombre d’entre eux ne sont pas aidés de manière adéquate
par les services de recherche, de vulgarisation et de conseil. Ces producteurs ruraux doivent être
soutenus pour pouvoir améliorer leurs connaissances et leurs compétences, et ainsi tirer profit des
nouvelles technologies, politiques et opportunités de marché.

La revitalisation des services de vulgarisation et de conseil était le thème central de la Confé-


rence internationale sur les innovations dans les services de vulgarisation et de conseil, qui
s’est tenue à Nairobi, en novembre 2011, et a réuni plus de 450 délégués (agriculteurs, agents
de vulgarisation, chercheurs, responsables politiques et représentants d’organisations de déve-
loppement) en provenance de 85 pays. Les participants ont pu partager leurs connaissances et
leurs expériences, et identifier les moyens de réformer les services de vulgarisation et de conseil
au profit des petits exploitants agricoles.

© J. Lyell/Alamy

Des services de vulgarisation et de conseil efficaces peuvent aider les petits exploitants agricoles, comme cette femme à Iganga, en Ouganda, à
augmenter les rendements de leurs cultures.

4
Le temps du changement est arrivé camps surpeuplés près de la frontière soma-
«Cette conférence ne pouvait pas arriver à un lienne.
meilleur moment», a déclaré Kareke Mbiuki, mi-
nistre adjoint de l’Agriculture (Kenya), aux délé- Les catastrophes humanitaires attirent l’atten-
gués dans son allocution. «L’une des causes tion du monde entier mais les défis permanents
profondes de la faible productivité en Afrique auxquels les agriculteurs et les consommateurs
est le manque de performance des services de sont confrontés revêtent une importance toute
vulgarisation et de conseil agricoles, ainsi que aussi grande pour notre bien-être futur. Pour
le soutien financier limité qu’ils reçoivent.» ne citer qu’un seul exemple, les prix des den-
rées alimentaires ont connu des augmentations
Le Kenya et les pays limitrophes ont traversé spectaculaires en 2010. Divers facteurs en sont
des temps dificiles, a-t-il expliqué. Il y a eu évi- la cause. De toute évidence, les mauvaises
demment la crise permanente qui sévit dans la
Corne de l’Afrique. Treize millions de personnes
ont eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence “La vulgarisation agricole consiste à partager les
durant les derniers mois de l’année 2011 pour
résultats de la recherche et les savoir-faire avec
faire face aux effets conjoints de la sécheresse
et des conflits armés. Les éleveurs ont perdu les agriculteurs, mais aussi à les aider à exploiter
plus de 60 % de leur bétail, et des centaines de une plus large part de la chaîne des valeurs.”
milliers de réfugiés se sont entassés dans des Michael Hailu, directeur du Centre technique de coopération agricole et rurale ACP-UE (CTA), Pays-Bas

© [Link]/Panos

Un phytopathologiste examine une feuille malade dans une clinique des plantes, dans le village kényan de Wangigi. Ce type de cliniques est
mis en place et géré par le Centre for Agricultural Bioscience International.

5
INTRODUCTION

récoltes dues à la sécheresse, aux inondations et aux imprévus météorologiques dans les pays
exportateurs de céréales ont entraîné une réduction de l’offre, et la facture des importations de
denrées alimentaires des pays à faible revenu et à déficit alimentaire a par conséquent augmenté
de 20 %. Des dizaines de millions de personnes se sont ajoutées au milliard d’individus souffrant
déjà de la faim. Un an plus tard, les prix mondiaux des denrées alimentaires dépassaient de 19 %
ceux enregistrés à la même période l’année précédente. Conséquence : une aggravation de la faim
et de la malnutrition dans de nombreux pays en voie de développement.

La croissance de la population rend le défi de la lutte contre la faim plus difficile à relever. Aujourd’hui
forte de 7 milliards d’individus, la population mondiale franchira le seuil des 9 milliards en 2050.
Pour répondre à la croissance démographique, la production alimentaire mondiale devra augmen-
ter d’au moins 70 % au cours des quatre prochaines décennies. D’autres défis restent cependant
à relever : le changement climatique, qui menace de diminuer le rendement des cultures, les pertes
post-récolte élevées, la dégradation de l’environnement et le chômage galopant en milieu rural.

Après des décennies de sous-investissement dans l’agriculture, les gouvernements et les dona-
teurs s’accordent désormais à reconnaître la nécessité d’établir des politiques et institutions adé-
quates, d’accroître le soutien financier, d’améliorer l’accès aux nouvelles connaissances, aux com-
pétences et aux marchés. La réforme des services de vulgarisation devrait faire partie intégrante
d’une série de mesures pour aider les petits exploitants agricoles à améliorer leur productivité,
accroître leurs revenus et contribuer à la sécurité alimentaire. «Il s’agit de changer la manière dont
ils travaillent et de s’assurer que les réformes engagées sont rentables et durables», a déclaré M.
Michael Hailu, directeur du CTA, en guise de propos liminaires.

Dans de nombreux pays, les systèmes de vulgarisation ont subi de profonds changements au
cours des vingt dernières années : d’une approche centralisée, on est passé à une approche qui
encourage de nombreuses organisations à collaborer étroitement avec les agriculteurs enfin perçus
comme des partenaires égaux. Cette conférence a permis de faire progresser la réflexion sur les
enseignements tirés d’un large éventail d’ex-
périences.

Inventaire de la situation
A côté des sessions plénières, des discussions
thématiques ont permi d’aborder de manière
plus participative les questions de politiques,
de développement des capacités, d’outils,
d’approches et de réseaux d’apprentissage.
Suite à l’appel à contributions lancé avant la
© Tous droits réservés

conférence, le comité de pilotage avait reçu


quelque 400 résumés, parmi lesquels une cen-
taine ont ensuite été sélectionnés pour être
présentés lors des discussions thématiques.
Les intervenants principaux lors de la conférence de Nairobi sur la vulgarisation. De Au cours des mois qui ont précédé la confé-
gauche à droite : Judith Francis, coprésidente de la conférence, Michael Hailu, direc-
teur du CTA, ainsi que les responsables thématiques Myra Wopereis-Pura, Kristin rence, plus de 70 personnes ont participé à des
Davis et Arno Maatman. discussions en ligne sur les quatre thèmes prin-

6
cipaux. Au programme de la conférence, figu- “Au Kenya comme dans la plupart des pays
raient également des tables rondes, des petits d’Afrique, l’agriculture est l’épine dorsale de
groupes de discussion, des visites sur le terrain l’économie et la principale source d’emplois et de
(à Nairobi et dans sa périphérie) et une cérémo-
devises étrangères. Croissance agricole va de pair
nie de remise de prix pour les journalistes lau-
réats du concours organisé avant la conférence. avec croissance économique, d’où la nécessité de
disposer de bons services de vulgarisation.”
Pendant la semaine, les délégués ont pu faire Kareke Mbiuki, ministre délégué à l’Agriculture, Kenya
le point sur les initiatives et les opportunités
prometteuses, définir et promouvoir les méca-
nismes permettant de diffuser à une plus grande décideurs politiques et des praticiens du sec-
échelle les modèles ayant porté leurs fruits, et teur», a déclaré Judith Ann Francis, coordina-
examiner les types de politiques et pratiques trice de programme sénior Politiques Sciences
de vulgarisation qui pourraient accroître la & Technologies au CTA, l’une des coprésidentes
productivité agricole, réduire la faim et amélio- de la conférence et l’animatrice du groupe thé-
rer les moyens de subsistance de millions de matique sur les politiques. «Des services de
petits exploitants agricoles. Les résultats de la vulgarisation efficients, efficaces et axés sur la
conférence sont énoncés dans la Déclaration demande sont essentiels pour accroître la pro-
de Nairobi qui figure à la fin de ce livret. «Cette ductivité et les revenus des petits exploitants
déclaration est un appel à la mobilisation des agricoles du monde.» n

© [Link]/IFAD

Des étudiants et des formateurs de formateurs sur une parcelle expérimentale du champ-école paysan de Ngororero (Rwanda). Les paysans
découvrent l’intérêt de l’adoption de la gestion intégrée des ravageurs pour tester des variétés de maïs (Projet d’appui au Plan stratégique pour
la transformation de l’agriculture).

7
chapitre 1

1
© NESTLE

Les champs-écoles paysans ont eu un succès considérable en aidant les paysans à acquérir de nouvelles compétences. Ici, un champ-école
soutenu par Nestlé forme des agriculteurs afin qu’ils améliorent leur récolte du cacao.

8
Vue d’ensemble
Durant les années 1960 et 1970, les services de vulgarisation et de conseil agricoles finan-
cés et gérés par l’État ont joué un rôle clé dans l’augmentation de la productivité agricole.
Cependant, des programmes d’ajustement structurel, dans les années 1980 et 1990, ont
conduit à un déclin important des fonds disponibles – ce dont les agriculteurs ont pâti. Il
est désormais largement accepté qu’il est nécessaire de trouver un nouveau modèle de pres-
tation des services. Celui-ci devra être pluraliste – avec un rôle important joué par le sec-
teur privé – et orienté vers la demande. Idéalement, les services de vulgarisation devraient
être fournis gratuitement aux petits exploitants agricoles.

C
omparons la productivité agri- vivant avec moins de 1,25 dollar américain par
cole en Afrique subsaharienne jour en Afrique subsaharienne est passé de 212
avec celle en Asie de l’Est. En à 388 millions ; en Asie de l’Est, leur nombre a
1961, le rendement moyen de chuté de 1 071 à 316 millions.
la production céréalière était
d’environ 1 tonne par hectare en Afrique sub- «Nous qui travaillons dans les secteurs de la vul-
saharienne et de 1,4 tonne en Asie de l’Est. En garisation et de la recherche avons échoué à don-
Afrique subsaharienne, les rendements ont à ner à notre population ce qu’elle est en droit d’at-
peine augmenté depuis. En Asie de l’Est, en re- tendre», a déclaré Monty Jones, directeur exécutif
vanche, les agriculteurs produisent en moyenne du Forum pour la recherche agricole en Afrique
aujourd’hui plus de 5 tonnes à l’hectare. La (FARA). Selon lui, la proportion de la population
faible productivité agricole est étroitement liée souffrant de malnutrition en Afrique subsaha-
aux niveaux élevés de la pauvreté et de la faim. rienne n’a diminué que de 1 % au cours des deux
Entre 1981 et 2005, le nombre de personnes dernières décennies. «L’Afrique est à la traîne en
matière d’innovation», a-t-il indiqué. M. Jones

70 %
rappelle que la vulgarisation a été intégrée au
“Les services de vulgarisation en sein du cadre de référence de l’Union africaine,
Afrique subsaharienne doivent le Programme détaillé pour le développement de
être considérés comme un bien l’agriculture en Afrique (PDDAA). «Nous pen- La production alimen-
taire doit augmenter
public, sachant que les petits sons qu’en améliorant la coordination des activi- de ce pourcentage
exploitants agricoles n’ont pas tés de vulgarisation il sera plus facile de bâtir des d’ici 2050 afin de
synergies avec la recherche et l’éducation pour pouvoir répondre à la
les moyens de se les offrir.” croissance démogra-
Romano Kiome, secrétaire permanent, ministère
générer la base de connaissances nécessaire à la phique.
kényan de l’Agriculture transformation de l’agriculture», a-t-il déclaré.

9
chapitre 1 / Vue d’ensemble

Dans les années 1960 et 1970, les services de Autrefois, dans de nombreux pays en dévelop-
vulgarisation et de conseil dirigés et financés par pement, il y avait en moyenne un agent public
l’État ont joué un rôle majeur dans la diffusion de vulgarisation pour 300 agriculteurs ; au-
des informations et des nouvelles technologies jourd’hui, on en compte un pour 1 500 à 3 000.
auprès des agriculteurs. Ces services ont entre Bien sûr, le simple fait d’avoir un grand nombre
autres fourni des conseils et un soutien qui ont d’agents de vulgarisation ne garantit nullement
contribué à impulser la révolution verte en Asie. la croissance agricole.
Toutefois, les programmes d’ajustement struc-
turel mis en œuvre par la Banque mondiale et Une nouvelle façon de faire les
le Fonds monétaire international (FMI) ont choses ?
conduit à une réduction significative des fonds Selon Volker Hoffmann, économiste agricole
disponibles pour la prestation des services agri- et expert en vulgarisation à l’Université d’Ho-
coles. Dans le même temps, la part de l’aide henheim, en Allemagne, les gouvernements ne
publique au développement consacrée à l’agri- devraient pas être directement engagés dans la
culture a chuté de 17 % en 1980 à 3 % en 2006. prestation de services de vulgarisation, lesquels
Cela a eu des conséquences profondes sur les pourraient être mieux gérés par des entités juri-
services nationaux de vulgarisation et de conseil. diques privées. Les services publics de vulga-
© Neil Palmer/CIAT

Les téléphones mobiles permettent aux agriculteurs d’avoir accès à l’information qui peut les aider à améliorer leurs moyens d’existence et
leurs pratiques agricoles. Ici, une paysanne à Kibirichia, au Kenya.

10
risation souffrent encore d’un certain nombre participatifs et orientés vers la demande», a dé-
de faiblesses. Ils tendent à être bureaucratiques claré M. Hoffmann. Deux règles doivent être
et inefficaces. Au lieu de consulter les agricul- suivies : «éviter les conflits de rôles» et «pas de
teurs pour connaître leurs besoins, les agents vulgarisation sans contenu». Selon M. Hoff-
publics de vulgarisation décident généralement mann, l’État devrait continuer de jouer son
de ce qui est le mieux pour eux. Par ailleurs, rôle dans la détermination des politiques, la
des conflits de rôles surgissent fréquemment, réglementation sur la façon dont les services de
avec des agents publics de vulgarisation qui vulgarisation opèrent, tout en s’assurant que de
interviennent en tant que conseillers, policiers bons conseils soient prodigués aux agriculteurs.
et arbitres pour décider de l’octroi de subven- Il devrait toutefois réduire son engagement di-
tions ou d’autres aides aux agriculteurs. Cela rect dans la fourniture de services ou d’intrants
se traduit inévitablement par un manque de aux agriculteurs. D’autres prestataires de ser-
confiance entre les agents de vulgarisation et vices, tels que des sociétés privées et des organi-
les agriculteurs. sations non gouvernementales, pourraient s’en
charger. «Cela doit être un processus graduel»,
«Il y a de fortes raisons pour soutenir la création a-t-il précisé. « On ne peut y parvenir du jour
de systèmes pluralistes de prestation, qui soient au lendemain.»
© [Link]/ARS USDA

Questions scientifiques. Eton Codling, un pédologue, évaluant la croissance du maïs dans un champ expérimental.

11
chapitre 1 / Vue d’ensemble

Le président brésilien Lula Da Silva est à l’origine, en 2004, d’une politique de vulgarisation efficace ayant ciblé l’agriculture familiale. Le budget
est passé de 100 millions $US à 250 millions $US.
© S. Boness/Panos
© [Link]/Alamy

Les programmes de microcrédit – celui-ci à Freetown, en Sierra Leone – ont apporté un soutien indispensable aux petits exploitants agricoles des
pays en développement.

12
Les participants à la conférence de Nairobi ont “En Afrique subsaharienne, les rendements agri-
unanimement reconnu la nécessité de fournir coles continuent à ne représenter que le quart de
des services de vulgarisation entièrement gra- la moyenne mondiale. C’est inacceptable. La stra-
tuits aux petits exploitants. Les agriculteurs tégie de l’AGRA vise à impulser une révolution
commerciaux à part entière (ou «émergents») agricole spécifiquement africaine, à travers des
devraient en revanche payer pour ces services. approches innovantes permettant de tisser des
Il est clair que ces deux groupes ont des besoins
liens entre les petits producteurs et les services
différents. Les agriculteurs commerciaux au-
agricoles du secteur privé, les chaînes de valeur et
ront besoin d’une formation en entrepreneuriat
les innovations technologiques.”
et de conseils qui les aideront à améliorer leur
Namanga Ngongi, président de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), Kenya
position dans les chaînes de valeur (en transfor-
mant le cacao en chocolat ou en proposant des
légumes frais préemballés à l’industrie du tou-
risme d’accueil, par exemple). Les petits exploi- ont pu se hisser au-dessus du seuil de pauvreté ;
tants, en revanche, ont besoin d’informations 22 millions de personnes supplémentaires sont
tant techniques que financières et commer- en train de leur emboîter le pas. Une grande
ciales, ainsi que d’une assistance pour les aider partie des 4,5 millions d’agriculteurs familiaux
à passer d’une production de subsistance à des brésiliens sont parvenus ces dernières années à
activités de nature plus commerciale. accroître leur production et à améliorer leurs
revenus. Au Brésil, le projet «Fome Zero» (Faim
Sans aucun doute, cela a été l’un des leitmotiv Zéro) et un programme de vulgarisation axé
durant la conférence de Nairobi : l’agriculture sur les agriculteurs familiaux ont été au cœur
de subsistance ne doit être qu’un phénomène de cette réussite.
temporaire. Cela étant, pour permettre la tran-
sition, les pauvres des zones rurales ont besoin «Dans les années 1970, nous avions un système
de davantage que des conseils agricoles de haute de vulgarisation très efficace pour promou-
qualité. Il convient également de leur offrir un voir le secteur agro-industriel», a déclaré Ben
accès à l’éducation, aux services de santé, aux Corrêa da Silva, président de l’Académie bré-
transports, aux moyens de communication, au silienne de vulgarisation rurale. Toutefois, les
crédit et aux marchés rémunérateurs. Autre- agriculteurs familiaux, qui produisent 87 % du
ment dit, la vulgarisation agricole doit faire manioc du Brésil, 70 % de ses haricots et 58 %
partie intégrante d’un programme plus large de son lait (les aliments de base consommés
destiné à stimuler la croissance tant du secteur par la plupart des Brésiliens), n’ont reçu aucune
agricole que de l’économie rurale non agricole.

Un modèle pour l’avenir


assistance – ou très peu – malgré leur contribu-
tion à la sécurité alimentaire et nutritionnelle
et à l‘économie.
3%
La part de l’aide
Au cours de la dernière décennie, le Brésil a officielle pour le déve-
réalisé des progrès remarquables dans la pour- La situation a changé lorsque le gouvernement loppement consacrée
suite de ses objectifs de développement. Entre dirigé par Inácio Lula da Silva a adopté une à l’agriculture en 2006.
Ce chiffre était de
2003 et 2011, 33 millions de personnes (sur politique de vulgarisation ciblant spécifique- 17 % en 1980.
une population qui en compte 180 millions) ment les agriculteurs familiaux. La politique

13
chapitre 1 / Vue d’ensemble

La vulga
ri
le pouvo sation accroit
ir d’influ
ence de
product s
eurs
© Picture Contact BV/Alamy

Des agricultrices travaillant dans un champ dans le Burundi rural. Christine est dépendante de l’agriculture pour son revenu et son alimentation.
Elle a, dans le cadre d’un programme agricole local, suivi des cours sur l’irrigation des sols et la commercialisation des céréales. Elle est désor-
mais professeur d’un groupe d’agriculteurs et enseigne à ses collègues ce qu’elle a appris.

de 2004, qui définit la vulgarisation comme un eux-mêmes. Les faits montrent que plus les
service de formation continue et non formelle, services de vulgarisation sont participatifs et
a encouragé une approche pluraliste avec l’im- bien financés, plus les bénéfices apportés aux
plication des ONG, des associations paysannes clients sont importants.
et des services gouvernementaux, entre autres,
dans la prestation des services de vulgarisation, «En Papouasie-Nouvelle-Guinée, les agents
33 entièrement gratuits pour les agriculteurs. Le publics de vulgarisation disent aux agriculteurs

millions
gouvernement a joint le geste à la parole : entre ce qu’ils doivent faire, ils ne les consultent pas
2004 et 2009, le budget alloué à la vulgarisa- au préalable pour savoir ce dont ils ont réel-
Le nombre de per-
tion est passé d’un peu moins de 50 millions de lement besoin», a déclaré Maria Senar Linibi,
sonnes qui sont sorties reais (100 millions de dollars EU) à plus de 250 présidente de la Fondation des femmes de
de la pauvreté au Brésil millions de reais (250 millions de dollars EU). Papouasie-Nouvelle-Guinée dans le dévelop-
entre 2003 et 2011 –
grâce notamment aux
pement agricole. C’est à peu de choses près ce
réformes des services L’approche brésilienne de la vulgarisation est que l’on observe dans de nombreux autres pays.
de vulgarisation et de l’antithèse de l’ancien modèle descendant, sous- L’organisation présidée par Mme Linibi a fait
conseil agricoles du
pays.
financé : les services sont conçus pour répondre figure de précurseur en adoptant une approche
aux besoins et aux demandes des agriculteurs dite «les paysans d’abord» (farmers first) dans

14
© [Link]/IFAD

Les agents du projet de vulgarisation expliquent les différentes maladies de la tomate et les méthodes de contrôle des ravageurs aux agriculteurs
d’Antanetibe, à Madagascar.

laquelle les agriculteurs établissent eux-mêmes, la pauvreté en milieu rural et d’accroître la pro-
plutôt que des personnes extérieures, le pro- duction alimentaire. La section suivante propose
gramme de vulgarisation en fonction des be- une réflexion plus approfondie sur les forces et
soins qu’ils ont déterminés. Cela leur a permis faiblesses des réformes engagées, et présente les
d’adopter de nouvelles variétés de cultures et mesures nécessaires pour les rendre plus effi-
d’améliorer leurs moyens de subsistance et caces au profit des petits exploitants agricoles. n
leurs revenus. Cette approche les a en outre
encouragés à présenter leurs points de vue au
gouvernement et aux décideurs politiques. “Fini le temps où il y avait un agent de vulgari-
sation pour 300 agriculteurs. Aujourd’hui, nous
Il est désormais largement admis que le mouve- avons de la chance s’il y en a un pour trois mille.
ment vers des systèmes plus pluralistes, orientés Nous devons retrousser nos manches et tirer le
vers la demande, innovants et rentables, dans meilleur parti des maigres ressources dont nous
lesquels les services de conseil sont associés à un disposons, à travers notamment l’utilisation
meilleur accès au crédit, aux intrants agricoles intelligente de la radio, de la téléphonie mobile et
et aux marchés, permettra d’améliorer le bien- des autres médias.”
être des petits exploitants agricoles, de réduire Doug Ward, président de Farm Radio International, Canada

15
chapitre 2

Repenser l’agenda
des réformes
La conférence de Nairobi a examiné l’avenir des services de vulgarisation et de conseil
agricoles en se concentrant sur quatre thématiques principales, l’opportunité étant donnée
à chaque participant de contribuer aux délibérations.

A
u cours des mois précédant la pants ont pris part aux six sessions sur un thème
conférence sur les innovations spécifique, d’autres se sont répartis dans les diffé-
dans les services de vulgarisa- rents groupes. Tous, d’une manière ou d’une autre,
tion et de conseil, le CTA et ses ont contribué à définir des messages clés qui ont
partenaires ont tenu une série de ensuite été présentés lors de la réunion plénière
consultations en ligne sur les quatre thématiques finale. Ces messages sont décrits ci-après.
principales : politiques, développement des capaci-
tés, outils et approches, et réseaux d’apprentissage. Aspects politiques
Ces consultations ont permis d’établir une synthèse Les sessions se sont articulées autour de deux
des réflexions actuelles et ont servi de base aux dis- questions. D’abord, les améliorations en matière
cussions tenues lors de la conférence de Nairobi. de services de vulgarisation et de conseil peuvent-
elles réellement contribuer à réduire la pauvreté et
Au cours de la conférence, plus de 60 documents à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle ?
couvrant tous les sujets relatifs à l’évaluation de Ensuite, quels enseignements politiques peut-on
l’état actuel des services de vulgarisation et de tirer des deux dernières décennies de réformes ?
conseil, et aux mesures mises en œuvre ou envi- Le groupe de travail sur les politiques a répondu po-
sagées pour les renforcer, ont été présentés lors sitivement à la première question, mais a noté que
des sessions thématiques. Certains des partici- ces services devraient se conformer à un ensemble
de principes directeurs et tenir compte du rôle joué
“La conférence a permis d’identifier des exemples par les petits exploitants agricoles, les pêcheurs et
de réussite prouvant qu’une combinaison appro- les éleveurs. Le groupe a conclu que les réformes
priée de mesures pouvait contribuer à l’améliora- ont largement échoué, dans la mesure où il n’y a
tion des moyens de subsistance des petits exploi- pas eu de progrès significatif en matière de respon-
tants agricoles. Cela requiert un cadre politique sabilité, d’efficacité, d’autonomisation ou d’impact.
qui encourage le pluralisme, la coopération et la Bien plus, la privatisation des services de vulgarisa-
concurrence.” tion s’est faite au détriment des petits exploitants

16
L’une des plus importantes réunions jamais tenues sur la vulgarisation agricole, avec des délégués provenant de 85 pays.

2 17
© Tous droits réservés
© F. Mattioli/IFAD
CHAPitre 2 / Repenser l’agenda des réformes

Le rôle du secteur privé dans la fourniture de services intégrés, comme les intrants, a été largement discuté lors de la conférence. Ici, des agri-
culteurs chargent un pick-up avec des sacs d’engrais devant le magasin La Gina Censeri, en République dominicaine.

agricoles et des agences publiques de vulgarisation. quer les agriculteurs dans le processus de formu-
Néanmoins, certains des documents présentés lation des politiques agricoles. En somme, il a mis
lors de la conférence avaient trait à des exemples en pratique la notion «les paysans d’abord».
de réussite où il était prouvé qu’une combinai- Le groupe de travail a conclu que les agences
son appropriée de mesures pouvait contribuer publiques de vulgarisation ne devraient pas être
à l’amélioration des moyens de subsistance des impliquées dans la fourniture d’intrants agricoles,
petits exploitants agricoles. Cela requiert un cadre tels que les semences et les engrais. L’État a un
politique encourageant le pluralisme, la coopéra- rôle majeur à jouer dans la coordination et la ré-

3
tion et la concurrence. glementation des services de vulgarisation et de
Le Brésil offre un exemple incontestable des conseil. Il a également un rôle important à jouer
avantages qui peuvent découler de politiques dans la conception de politiques qui encouragent
Nombre de pays bien conçues. Le gouvernement brésilien a pris un large éventail d’acteurs – y compris le secteur
d’Afrique subsaha-
rienne – parmi les 27
la décision stratégique d’introduire des mesures privé, les ONG et les associations paysannes – à
ayant été étudiés – qui qui profitent directement aux exploitations fa- proposer des services intégrés. La coopération est
ont introduit des poli- miliales. L’approche pluraliste, soutenue par un importante, tout comme une saine concurrence,
tiques de vulgarisation
juridiquement contrai-
financement substantiel, a contribué à améliorer qui devrait conduire à une plus grande efficacité.
gnantes. la productivité et les revenus agricoles. Le gouver- Les services de vulgarisation et de conseil doivent
nement a également reconnu la nécessité d’impli- mettre l’accent sur l’amélioration du bien-être

18
© Foods Resource Bank/[Link]

Des agriculteurs visitent le projet Nyaani de conservation du sol et de captage de l’eau au Kenya.

des petits exploitants agricoles. Les grandes en- changements politiques et institutionnels se pro-
treprises commerciales peuvent généralement se duisent si l’on veut offrir aux petits exploitants
permettre de payer au prix du marché les services des opportunités réalistes et rémunératrices. Il
de conseil dont elles ont besoin. Les politiques est impératif pour tous les pays de formuler des
publiques, ainsi que les services nationaux de vul- politiques qui orienteront la fourniture de services
garisation et de conseil, doivent par ailleurs recon- de vulgarisation et de conseil. Des enseignements
naître qu’agriculture ne signifie pas simplement importants doivent être tirés de l’expérience bré-
production de denrées alimentaires, de fibres ou silienne, fortement axée sur la conception de poli-
de carburant. Les agriculteurs sont les gardiens tiques destinées à améliorer le bien-être et le ren-
des ressources naturelles et les politiques natio- dement des familles d’agriculteurs.
nales doivent encourager la gestion durable de ces
ressources, ainsi que l’adoption de méthodes de Le regain d’intérêt et les engagements pris pour
production plus efficaces. accroître les investissements dans l’agriculture
Selon une étude présentée lors de la conférence constituent une opportunité qui vient à point
de Nairobi, seuls 3 des 27 pays d’Afrique sub- nommé pour offrir des services de vulgarisation
saharienne étudiés ont introduit des politiques et de conseil axés sur les besoins des agriculteurs,
juridiquement contraignantes en matière de vul- participatifs, bien financés, guidés par la demande
garisation. Il est en conséquence urgent que des et orientés vers la performance.

19
CHAPitre 2 / Repenser l’agenda des réformes

Développement des capacités de générer et de promouvoir des innovations,


Un certain nombre de facteurs sont responsables d’améliorer la gestion des associations paysannes
de la faible productivité agricole, notamment le et des entreprises agroalimentaires, de former
manque de connaissances techniques, la faiblesse des alliances et des réseaux à partir des différents
des compétences entrepreneuriales et un accès groupes et individus opérant tout au long des
limité aux technologies de la communication qui chaînes de valeur.
permettraient aux agriculteurs, aux vulgarisateurs Le développement et le renforcement des capa-
et autres de partager leurs informations. En sur- cités – entendues au sens de capacités du système
montant ces problèmes et en améliorant l’accès humain à produire des résultats, à se maintenir
aux marchés, il serait possible d’accroître la pro- et à s’auto-renouveler – est important à de nom-
ductivité et les revenus agricoles. D’où l’impor- breux titres. Les agriculteurs, les agents de vulga-
tance du développement des capacités. risation des secteurs public et privé, les chercheurs
«Autrefois, lorsqu’on parlait de développement et les journalistes doivent aussi améliorer leurs
des capacités, cela faisait essentiellement réfé- connaissances et leurs compétences. Outre l’ap-
rence à la fourniture de connaissances et d’infor- port de conseils et l’acquisition de nouvelles com-
mations techniques aux agriculteurs », a déclaré pétences et connaissances destinées à accroître la
Kristin Davis, coprésidente de la conférence et productivité, le développement des capacités peut
animatrice du groupe de travail thématique sur aider les agriculteurs à tirer parti des opportunités
le développement des capacités. « Aujourd’hui, le de marché, à s’adapter au changement climatique,
changement est engagé, et lors de la conférence à forger de nouveaux partenariats et à apprendre
nous avons examiné les possibilités de dévelop- comment utiliser au mieux les technologies de
pement des capacités dans la perspective des sys- l’information et de la communication (TIC).
tèmes d’innovation. » On n’insistera jamais assez sur l’importance de
Cela signifie que les vulgarisateurs du futur – ou l’innovation. Les agriculteurs et autres acteurs
«nouveaux agents de vulgarisation» – auront une impliqués dans la chaîne alimentaire doivent
responsabilité qui va au-delà de la fourniture aux promouvoir l’innovation dans les domaines de
agriculteurs d’informations techniques, notam- la production, de la transformation, de la com-
ment sur le type de variétés de semences à uti- mercialisation et de la distribution. Cela devrait
liser, la façon de lutter contre les maladies et les conduire à une augmentation de la production
ravageurs ou de produire un meilleur compost. Ils agricole, à des revenus plus élevés et à une gestion
devront aussi acquérir des compétences « trans- plus durable des ressources naturelles. Cela néces-
versales », non techniques, qui leur permettront sitera de nouvelles manières de penser et de gérer
les choses, et une réelle volonté d’appréhender le
changement.

“Nous devons renforcer les capacités à tous les Outils et approches


niveaux, améliorer le niveau de formation des agri- Le troisième groupe de travail thématique, pré-
culteurs, investir davantage dans la formation des sidé par Myra Wopereis-Pura, a examiné deux
agents de vulgarisation et renforcer la capacité des questions d’importance cruciale. Premièrement,
établissements d’enseignement supérieur agricole.” quels outils et approches s’avèrent les plus effi-
Kahijoro Kahuure, Secrétaire permanent, ministère de la santé et des services sociaux, Namibie caces quand il s’agit de fournir des services de

20
© [Link]/IFAD

Le renforcement des capacités est important à tous les niveaux des chaînes de valeur. Ici, un travailleur trie et emballe du riz au centre de
collecte Magugu à Arusha, en Tanzanie.

vulgarisation et de conseil aux petits exploitants réponses – pour n’en citer que quelques-unes.
agricoles ? Deuxièmement, dans quelle mesure les Les formules les plus concluantes consistent à
«îlots de réussite» peuvent-ils devenir la règle plu- autonomiser les agriculteurs et les communautés.
tôt que l’exception ? En d’autres termes, comment Elles prennent en considération les cultures et tra-
recenser et promouvoir les meilleures pratiques ? ditions locales, et souvent elles ciblent des groupes
Les «outils» se réfèrent aux technologies utili- spécifiques comme les femmes et les jeunes. Les
sées pour transmettre les connaissances et les meilleures approches tendent à être participatives
informations, telles que la radio, les podcasts, les et axées sur la demande, autrement dit, elles ré-
téléphones mobiles et les programmes vidéo. Les pondent aux besoins individuels des agriculteurs
«approches» renvoient aux moyens par lesquels de et des communautés. Elles impliquent en outre
nouvelles connaissances et compétences sont par- un dialogue constant entre client et prestataire de
tagées avec les agriculteurs. Différentes approches services, accompagné d’un processus d’apprentis-
de formation peuvent être utilisées : les fermiers sage continu. Les approches qui réussissent aident
modèles, les champs-écoles paysans, les centres les agriculteurs à adopter de nouvelles pratiques
d’information villageois ou les services questions- dans un monde en pleine mutation. Par exemple,

21
CHAPitre 2 / Repenser l’agenda des réformes

l’introduction de nouvelles variétés ou techniques en matière de TIC reposent généralement sur les
permettant aux agriculteurs de s’adapter aux capacités et les connaissances actuelles des agri-
variations climatiques ou aux changements des culteurs et des entrepreneurs. Souvent, différents
habitudes des consommateurs. outils peuvent être combinés à bon escient. Par
Au cours des deux dernières décennies, une révo- exemple, certains projets de vulgarisation ont
lution s’est produite dans le secteur des TIC. Les intégré l’utilisation des services SMS, de l’In-
téléphones mobiles sont devenus un outil indis- ternet et de la radio. Néanmoins, il existe trop
pensable pour transmettre aux agriculteurs des d’exemples de projets basés sur les TIC qui ont
connaissances et des informations sur les marchés. bien fonctionné mais qui n’ont pas survécu à l’in-
Dans le même temps, l’utilisation de la radio et de terruption de leur financement. Les projets de ce
la télévision a évolué de manière spectaculaire. La type devraient donc être conçus dans une optique
prolifération des stations de radio privées et com- de développement durable.
munautaires offre aux agriculteurs un matériel de Les avantages offerts par les TIC ne doivent tou-
qualité en langues locales, mais également l’op- tefois pas profiter qu’aux paysans les plus aisés.
portunité de participer à l’échange bidirectionnel Les services de vulgarisation basés sur les TIC de-
d’information selon des modalités impensables il vraient davantage cibler les femmes et les popula-

500
y a encore une génération. Les services qu’offrent tions pauvres, et une attention particulière devrait
les radios sont particulièrement importants pour être accordée à leur durabilité lorsque leur gestion
millions les agriculteurs vivant dans des zones éloignées,
où les agents de vulgarisation ne s’aventurent que
est confiée aux communautés locales.

Nombre actuel de rarement voire jamais, et où l’accès à Internet est Réseaux d’apprentissage
téléphones mobiles
en Afrique. En 1998,
quasi inexistant. Ces services sont aussi haute- L’innovation résulte d’une action collective, de
il y en avait moins ment rentables. l’apprentissage par la pratique et du partage des
de 4 millions. Chaque outil possède sa propre niche, ses avan- connaissances et des expériences. En fait, un
tages et ses inconvénients. Les initiatives réussies réseau d’apprentissage se définit plus ou moins
comme un groupe divers de personnes et d’orga-
nisations qui partagent volontiers leurs connais-
sances et leurs expériences. Ces réseaux peuvent
revêtir de nombreuses formes, des communautés
de pratique aux dispositifs qui réunissent des agri-
culteurs, des agents de vulgarisation et d’autres
acteurs impliqués dans la production et la vente
de biens et services agricoles.
La plupart des services de vulgarisation et de
conseil – qu’ils soient privés ou publics – pro-
posent généralement des connaissances et des
informations techniques aux agriculteurs. Ces
© IICD

services manquent pour la plupart des compé-


Les services SMS permettent à des agriculteurs, en Zambie, de communiquer leurs tences nécessaires pour promouvoir un processus
réactions à un programme radio sur l’agriculture, en indiquant quels sujets ils aime-
raient voir aborder. L’émission, soutenue par l’IICD, est diffusée deux fois par semaine d’apprentissage interactif qui stimule et encou-
dans huit langues différentes. rage l’innovation. De plus, ils décident souvent

22
unilatéralement du type d’information et d’aide
dont les agriculteurs ont besoin. Cette approche
descendante comporte des faiblesses et a été lar-
gement discréditée.
Les services de vulgarisation et de conseil ne
doivent pas perdre de vue que l’innovation conti-
nue repose sur l’action collective et le partage des
connaissances. Par exemple, un groupe d’agricul-
teurs pourrait décider de cultiver une nouvelle
variété de tomate ou d’aubergine pour répondre
à une opportunité de marché, ce qui entraînerait
de nouvelles techniques de production. Le succès
d’un nouveau projet dépend également d’autres
groupes d’acteurs impliqués dans le secteur agroa-
limentaire – transporteurs, transformateurs, négo-
ciants – qui vont acquérir de nouveaux équipe-
ments, concevoir de nouvelles étiquettes, trouver
de nouveaux marchés, etc. En bref, il reposera sur
des organisations et des individus coopérant en-
semble et apprenant collectivement au sein d’un
«pôle d’entreprises agroalimentaires» ou d’une
«plateforme d’innovation».
Des débats de Nairobi, il est ressorti la nécessité de
mieux comprendre comment on peut promouvoir
© IICD

et faciliter l’apprentissage interactif de manière


rentable. Cela peut impliquer de mettre sur pied
La connaissance, c’est le pouvoir. La diffusion d’une émission radiophonique sur
des partenariats public-privé. Une documentation les technologies de l’information et de la communication pour le développement
appropriée et un partage des enseignements tirés (ICT4D) en Zambie. La vulgarisation a besoin des médias.

par les réseaux existants s’avèrent certainement


nécessaires.
Le groupe de travail sur les réseaux d’ap- chaînes de valeur et au sein des pôles agroali-
prentissage a formulé quatre recomman- mentaires.
dations principales. 3. Les services de vulgarisation et de conseil ne
1. Les services de vulgarisation et de conseil de- doivent pas tenter de remplacer les initiatives
vraient élaborer des mécanismes permettant aux existantes en matière d’innovation ; ils doivent en
producteurs et autres clients de réfléchir sur l’in- revanche faire en sorte de soutenir ces initiatives
térêt des services offerts et d’exprimer clairement et de répondre à leurs besoins.
leurs besoins. 4. Enfin, des efforts supplémentaires devront être
2. Des efforts accrus devraient être déployés pour faits pour établir des liens entre les réseaux d’ap-
renforcer la capacité des services de conseil à sou- prentissage locaux et ceux implantés au niveau
tenir l’apprentissage interactif tout au long des des districts et à l’échelon national et régional. n

23
CHAPITRE 3

Une déclaration
d’intention
L’agriculture à petite échelle continuera à jouer un rôle vital dans la plupart des pays en
développement. Cependant, pour atteindre leur plein potentiel, les agriculteurs ont besoin
du meilleur accès possible à la connaissance et à l’information. La Déclaration de Nairobi
– le texte clé de la conférence – définit et décrit le type de services de vulgarisation néces-
saires en ces temps difficiles.

3
© Tous droits réservés

Les délégués à la conférence ont eu l’opportunité d’élaborer la Déclaration de Nairobi.

24
L
a conférence de Nairobi a été un conseil agricoles, qui a été présentée en session
événement d’une importance consi- plénière lors de la cérémonie de clôture. Tous les
dérable et d’une ampleur sans pré- participants à la conférence ont été invités à appor-
cédent. « Ce n’était certainement pas ter leurs conseils et exprimer leur avis au moment
une conférence ordinaire », a déclaré de la finalisation du document. La Déclaration de
Ibrahim Mayaki, directeur général de l’Agence de Nairobi présente un résumé succinct de l’état actuel
planification et de coordination du NEPAD, dans des services de vulgarisation et de conseil, et les
son discours de clôture. « L’un des objectifs ma- mesures requises pour améliorer leur performance.
jeurs de la conférence était d’établir une coalition
d’intérêts différents, et en cela ce fut un succès. » En voici les principaux points
Au cours de la conférence, le comité organisateur Les participants à la conférence se sont accordés
a supervisé l’élaboration du projet de Déclaration à reconnaître que l’agriculture à petite échelle et
de Nairobi sur les services de vulgarisation et de l’agriculture familiale occupent une place prépon-

La vulga
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archés

© [Link]/GlobalHort

Les services de vulgarisation et de conseil continueront de jouer un rôle crucial en aidant les petits exploitants agricoles à améliorer leurs
rendements et leurs revenus.

25
CHAPITRE 3 / Une déclaration d’intention

dérante dans la plupart des pays en développe- agents de vulgarisation, associations paysannes et
ment. En outre, les services de vulgarisation et de donateurs internationaux – à travailler ensemble
conseil peuvent et doivent jouer un rôle important pour réaliser un certain nombre d’objectifs.
pour améliorer l’accès des agriculteurs et des entre- Premièrement, ils devront développer de ma-
preneurs aux connaissances, au crédit, aux intrants nière participative des politiques et des straté-
et aux marchés tout au long des chaînes de valeur, gies claires en matière de vulgarisation. Deu-
et ils ont le potentiel pour aider les agriculteurs à xièmement, ils devront plaider en faveur d’un
améliorer leur productivité et leurs revenus. Il est financement accru des services de vulgarisation
urgent d’établir une coalition de groupes issus de et de conseil, et promouvoir des mécanismes qui
la société civile et des secteurs privé et public pour assurent la prestation durable et efficace de ser-
faire campagne en faveur d’une revitalisation des vices interreliés de qualité. Troisièmement, les
services de vulgarisation et de conseil agricoles. partenaires de la coalition devront promouvoir
Si, au cours des dernières décennies, les associa- et faciliter un processus continu de renforcement
tions paysannes, les chercheurs, les agences de des capacités et d’apprentissage, et encourager
vulgarisation ainsi que d’autres acteurs ont tenté une utilisation plus large des TIC et des médias.
d’élaborer des solutions imaginatives pour redon- Quatrièmement, les partenaires devront élaborer
ner vie aux services de vulgarisation, les résultats et mettre en œuvre des processus participatifs de
obtenus sont mitigés. Nombre de politiques, stra- suivi-évaluation des services de vulgarisation et
tégies et approches en matière de vulgarisation de conseil.
n’ont pas permis d’accroître la production agri- La Déclaration de Nairobi vaudra-t-elle plus que

3 000 cole ni d’améliorer les moyens de subsistance des


communautés rurales. Il est urgent d’engager une
réforme politique et institutionnelle, d’augmenter
le prix du papier sur lequel elle est écrite ? C’est
du moins ce que croient les organisateurs de la
conférence. « Mon organisation, le Forum pour la
Le nombre d’agricul-
teurs par agent de les investissements et de créer des services de vul- recherche agricole en Afrique (FARA), ainsi que
vulgarisation dans de garisation participatifs, orientés vers la demande d’autres organisations telles que le Forum afri-
nombreux pays en et axés sur la performance. cain des services de conseil agricole (AFAAS),
développement. Ce
chiffre avoisinait dans La Déclaration de Nairobi appelle tous ceux qui utiliseront cette Déclaration pour promouvoir les
le passé les 300. sont impliqués dans des services de vulgarisation réformes », affirme Myra Wopereis-Pura. « La
et de conseil agricoles – gouvernements nationaux, Déclaration propose une approche commune et
donne des orientations claires sur ce qui doit être
fait pour améliorer les services de vulgarisation. »
Kristin Davis, secrétaire exécutive du Forum
“Dans le monde des affaires, le client est roi, mais, mondial pour le conseil rural (GFRAS), pense
dès lors que l’on parle d’agriculteurs, le « client » également que la Déclaration de Nairobi s’avé-
a tendance à être manipulé. Il convient d’avoir un rera être un document précieux. « Nous pouvons
comportement plus respectueux vis-à-vis des agricul- envoyer la Déclaration aux décideurs politiques et
teurs et de leur famille, et nous devons reconnaître leur dire : “Regardez, c’est un problème important
l’importance de leur rôle en tant que producteurs de et ce sont de telles mesures qu’il faut mettre en
denrées alimentaires et créateurs de richesses du œuvre si nous voulons améliorer le bien-être et la
secteur privé.” productivité des petits exploitants agricoles et de
Mamadou Cissokho, membre du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CFS), Sénégal leur famille”. »

26
© [Link]/Panos

Les fruits du succès. Les services de vulgarisation et de conseil peuvent contribuer à mettre en relation les agriculteurs, comme ces producteurs
d’oranges en Éthiopie, avec des marchés rentables.

Dans son discours de clôture, M. Michael Hailu, forme permettant de débattre des mesures et des
directeur du CTA, a fait remarquer que les dif- réformes nécessaires pour améliorer et revitaliser
férents acteurs des services de vulgarisation et les services de vulgarisation et de conseil dans le
de conseil ont tendance à opérer au sein de leur monde. n
propre petit cercle d’intérêt, avec les chercheurs
dialoguant entre eux, les vulgarisateurs s’adressant
aux vulgarisateurs, de même pour les responsables
politiques. « À travers cette conférence, nous avons “Le rôle des services de vulgarisation et de conseil
essayé de créer un environnement au sein duquel s’élargit et inclut maintenant des questions rela-
tout le monde, quel que soit son intérêt ou sa pro- tives aux zones rurales qui vont au-delà de l’agri-
fession, communique ouvertement avec tout un culture. Cela requiert des conseillers bien équipés,
chacun », a-t-il déclaré. « C’est pourquoi il a été si capables de travailler en réseau à l’échelon natio-
important d’établir cette coalition. » nal, régional et international, mais aussi de facili-
Au cours des prochaines années, les partenaires ter l’apprentissage et l’innovation.”
de la conférence continueront d’offrir une plate- Silim Mohammed Nahdy, directeur exécutif de l’AFAAS et président du GFRAS, Ouganda

27
APPENDICE

J Déclaration de Nairobi sur les services


de vulgarisation et de conseil
NOUS, PLUS DE 400 PARTICIPANTS comprenant des professionnels de la vulgarisation des sec-
teurs public et privé et des organisations de la société civile, des agriculteurs, des décideurs politiques et des
représentants de la communauté de recherche et de développement, du milieu universitaire, du secteur privé,
des organismes donateurs, des institutions financières et des médias de 75 pays, avons participé à Nairobi, au
Kenya, du 15 au 18 novembre 2011, à une conférence internationale intitulée « Innovations dans les services
de vulgarisation et de conseil : Mettre les connaissances au service des politiques et des actions en faveur de
l’alimentation et des moyens de subsistance».

RECONNAISSANT :
• que l’agriculture à petite échelle et l’agriculture familiale sont les contributeurs principaux à la produc-
tion agricole dans la plupart des pays en développement et ont, par conséquent, un rôle essentiel à jouer
dans la réalisation des objectifs de sécurité alimentaire et nutritionnelle, dans la réduction de la pauvreté
et l’amélioration des moyens de subsistance, et dans la la lutte contre le changement climatique ;
• que dans des systèmes d’innovation dynamiques, la vulgarisation joue un rôle indispensable de facilita-
teur et d’intermédiaire entre, d’une part, les prestataires de services et les organismes d’appui et, d’autre
part, les petits exploitants agricoles et les autres entrepreneurs, notamment les femmes et les jeunes ;
• que des services de vulgarisation et de conseil efficaces contribuent à renforcer la capacité des petits
exploitants agricoles à tirer profit des opportunités réalistes et rémunératrices à travers l’accès aux
connaissances, au crédit, aux marchés et autres services connexes ;
• qu’une coalition d’acteurs du secteur privé, du secteur public et de la société civile au niveau national,
régional et international s’avère nécessaire pour revitaliser et moderniser les services de vulgarisation
et de conseil en vue d’appuyer le processus d’innovation dans le secteur de l’agriculture.

NOTANT :
• que la conférence a suscité beaucoup d’intérêt, mobilisé de nombreux acteurs et démontré la néces-
sité de développer davantage les services de vulgarisation et de conseil dans le cadre de l’agenda du
développement agricole mondial ;
• que, en réponse au désarroi causé par le sous-investissement dans les services de vulgarisation et de
conseil, les professionnels de la vulgarisation, les associations paysannes, les chercheurs, les décideurs
politiques et les partenaires du développement tentent d’élaborer des solutions imaginatives pour
redonner vie à la vulgarisation ;
• qu’une pléthore de politiques, de stratégies et d’initiatives orientées vers la demande, spécifiques au
contexte, prenant en compte l’équité hommes-femmes et intelligentes face au climat, sont en train de
voir le jour ;
• que ces multiples politiques, stratégies et approches ne sont pas encore parvenues à l’impact souhaité
sur les secteurs agricole et rural ;
• que des changements politiques et institutionnels s’avèrent plus que jamais nécessaires afin d’offrir
des opportunités réalistes et rémunératrices aux petits exploitants agricoles ;
• que le financement national des services de vulgarisation et de conseil demeure faible et variable ;
• que le regain d’intérêt suscité tant au niveau national, continental qu’international et les engage-
ments pris pour accroître les investissements dans l’agriculture constituent une opportunité unique
de mettre en place des services de vulgarisation et de conseil axés sur les besoins des agriculteurs,
participatifs, bien financés, guidés par la demande et performants.

28
AFFIRMANT :
• la nécessité de mettre en place des politiques, stratégies et initiatives nationales de vulgarisation
agricole qui soient inclusives, spécifiques au contexte et contribuent à la réalisation des objectifs de
développement au niveau national, continental et international ;
• la nécessité d’un renforcement des capacités, d’une meilleure coordination et d’un plus grand pro-
fessionnalisme dans les services de vulgarisation et de conseil ;
• la nécessité d’améliorer l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC),
à la fois nouvelles et anciennes, ainsi que l’engagement des médias à accroître la portée et l’impact des
services de vulgarisation et de conseil.

NOTANT ÉGALEMENT QUE :


• l’incapacité à clarifier les rôles et les responsabilités des différents acteurs et prestataires de services,
mais aussi à mettre en place des mécanismes de collaboration, pourrait compromettre l’efficacité des
services de vulgarisation et de conseil et avoir des conséquences néfastes pour l’agriculture, le déve-
loppement des zones rurales, l’agriculture familiale et les petits exploitants agricoles, notamment chez
les femmes et les jeunes.

NOUS APPELONS L’ENSEMBLE DES PARTIES PRENANTES, y compris les gouvernements,


les professionnels de la vulgarisation, les associations paysannes, les organismes régionaux et interna-
tionaux, le secteur privé, la société civile, les partenaires du développement, ainsi que les donateurs, à
unir leurs forces pour :

• Élaborer, de manière participative, des politiques et des stratégies claires en matière de services de
vulgarisation et de conseil, et mettre en place des mécanismes de coordination et d’assurance qualité.
• Plaider pour un financement accru dans le cadre des budgets nationaux, définir et instaurer des
mécanismes de financement public, privé et par les donateurs garantissant la durabilité, le partage
des risques et une utilisation efficace des fonds alloués afin d’offrir des services de qualité guidés par
la demande.
• Promouvoir et faciliter le renforcement continu des capacités, l’apprentissage et la prospective, ainsi
qu’un usage plus large des TIC et des médias, qui prennent en compte la dimension culturelle et la
question du genre dans la prestation des services de vulgarisation et de conseil, de sorte que des mil-
lions de petits exploitants agricoles voient leur position renforcée tout au long de la chaîne de valeur.
• Développer et mettre en œuvre des processus participatifs de suivi-évaluation, d’évaluation d’impact
et de recherche en matière de vulgarisation afin de promouvoir l’apprentissage, la responsabilité, l’effi-
cacité et l’autonomisation.

La coalition de partenaires établie lors de la conférence demeure engagée à promouvoir et mettre en


place des services de vulgarisation et de conseil efficaces en faveur du développement agricole et rural.

Les participants appellent donc les organisateurs de la conférence à continuer d’offrir, à différents
niveaux, des plates-formes permettant aux professionnels de la vulgarisation, aux chercheurs et aux
exploitants agricoles de se réunir, d’échanger et de mobiliser leurs connaissances et leurs ressources –
terres, eau et ressources génétiques – au service de la sécurité alimentaire dans le monde.

Fait le 18 novembre 2011


Nairobi, Kenya

29
Le Centre technique de coopération agricole et rurale (CTA) est une institution

internationale conjointe des Etats du Groupe ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique)

et de l’Union européenne (UE). Il intervient dans les pays ACP pour améliorer la

sécurité alimentaire et nutritionnelle, accroître la prospérité dans les zones rurales et

garantir une bonne gestion des ressources naturelles. Il facilite l’accès à l’information

et aux connaissances, favorise l’élaboration des politiques agricoles dans la concerta-

tion et renforce les capacités des institutions et communautés concernées.

Le CTA opère dans le cadre de l’Accord de Cotonou et est financé par l’UE.

Pour plus d’informations sur le CTA, visitez [Link].


30
© CTA 2012
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Centre Technique de Coopération Agricole


et Rurale ACP-UE (CTA)
P.O. Box 380
6700 AJ Wageningen
Pays-Bas
[Link]

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