Économie de la
mondialisation
M2 CI
Professeur: MAHZOUM
Abdennasser
Plan du cours
1. commerce mondial : état des lieux
➢ Évolution quantitative
➢ transformation de la division internationale du travail (DIT)
2. Cadre théorique du commerce mondial
➢ Théories traditionnelles ( avantage comparatif)
➢ Nouvelle théorie du commerce mondial ( concurrence
imparfaite, économies d’échelle…)
3. Globalisation économique et ses facettes
➢ financial globalization
➢ IDE, délocalisations et relocalisations
4. Débats sur la mondialisation
la mondialisation
La mondialisation économique est un processus ou
un mécanisme d’intégration des économies à
différents niveaux :
➢ intégration commerciale
➢ intégration productive
➢ intégration financière
➢ Intégration culturelle
manifestations majeures de la mondialisation actuelle :
Essor du commerce international / Mouvements de m/ses:
mondialisation des marchés des biens et services
Développement des Investissements directs à l’étranger / mouvements
internationaux de capitaux : mondialisation du processus de
production ( Investissements directs à l’étranger/ FMN) ou des
marchés des capitaux
Les entreprises multinationales : principaux vecteurs de la
mondialisation
Quelques chiffres illustrant l’ampleur du phénomène :
En 2009, le PIB crée par l’économie mondiale a dépassé
les 58 000 milliards de dollars (soit près de 42 000
milliards d’euros)
La valeur totale du commerce mondial de biens et services
a atteint près de 15 000 milliards de dollars (soit presque
11 000 milliards d’euros)
Près de 26 % de la richesse créée dans le monde est donc
vendue hors des frontières nationales
les entrées mondiales d’IDE ont progressé de 15% en
2010, puis de 20% en 2011, pour s’établir à un peu plus
de 1612 milliards de dollars
Questionnement
Pourquoi les pays échangent entre eux des biens et des
services ?
Quels sont les déterminants (les fondements) de la
spécialisation internationale ? Dans quels biens un pays
doit-il se spécialiser ?
Le libre échange est –il bénéfique par rapport à
l’autarcie? L’ouverture est-elle profitable à tous les
pays ?
Pourquoi certains pays accumulent-ils des déficits ou des
excédents commerciaux ?
I- commerce mondial : état des lieux
Objectif: décrire les caractéristiques essentielles
des échanges internationaux
• Comment le commerce mondial a-t-il évolué?
Qui commerce avec qui?Quelles sont les tendances lourdes des
échanges internationaux?
Comment la structure du CM a changé au cours des dernières
décennies?
A/ Évolution quantitative
Taux de croissance des exportations et du
PIB en %
depuis 1950, les échanges internationaux progressent
très rapidement, plus rapidement que le PIB. Sur un
siècle, le PIB a été multiplié par 7, tandis que les
exportations étaient multipliées par 25
Taux moyen annuel de croissance:
- PIB: 3,7 %
- commerce mondial: 6,5%
- accélération sur 2000-2005:10%
Facteurs
progrès technologique dans le domaine de
transport,
la baisse des coûts de transport,
la levée des barrières commerciales,
le développement de la finance internationale
(transactions financières),
le développement des nouveaux moyens de
communication, en particulier Internet,
Cadre institutionnel ( GATT, OMC, NCM)
La Révolution des transports
B/ Évolution de la structure du CM
L’essentiel du commerce mondial concerne les échanges de
biens manufacturés, mais le commerce de minerais et de
pétrole (produits d’extraction) reste important.
Quant au commerce international de produits agricoles,
même s’il est crucial pour l’approvisionnement de nombreux
pays, il ne représente aujourd’hui qu’une part très modeste
du commerce mondial.
Enfin, les exportations de services jouent de plus en plus un
rôle important. Ils ne représentent qu’une part relativement
réduite des échanges totaux (le 1/ 5), mais cette part devrait
croître encore dans les années à venir (Services de transports
internationaux, d’assurances, centres d’appels
téléphoniques…)
répartition par catégorie des exportations mondiales
C/ Poids des différentes régions
dans le commerce mondial
montée en puissance de l’Asie
tripolarisation des échanges (organisation des flux
autour de la Triade : Europe, Asie, Amérique du
Nord)
Domination du commerce intra-européen
Caractère régional du commerce contemporain
principaux exportateurs et
importateurs
La Chine, les États-Unis et l’Allemagne sont les trois
principaux importateurs et exportateurs de
marchandises
Concernant la Chine, des études ont montré qu’ une
partie très importante des exportations chinoises (de
40 a 60%) étaient en fait fabriquées par des firmes
multinationales occidentales et japonaises implantées
en Chine
Le rôle de la France dans le commerce international,
quoique modeste, reste non négligeable (5ème
importateur, 6ème exportateur)
28 pays concentrent 81,3% des exportations
mondiales et 26 pays concentrent 77,5% des
importations mondiales
Part des régions dans les exportations
mondiales (en %)
1870 1998
Europe de l’Ouest 64,4 42,8
Europe de l’Est et ex URSS 4,2 4,1
Amérique Latine 5,4 4,9
Asie 13,9 27,1
Afrique 4,6 2,7
Monde 100 100
Facteurs déterminants les échanges entres pays:
L’essentiel des échanges s’effectue au niveau intra zone : Les 27
pays de l’UE réalisent en moyenne plus de 65 % de leurs
échanges commerciaux avec d’autres pays de l’Union. Les
échanges commerciaux avec les autres pays (USA, Chine, Japon)
dépassaient à peine 11% du commerce total des 27 pays de l’UE,
même si ces pays représentent presque 42% du PIB mondial.
Les principaux partenaires de la France sont des pays de l’UE :
l’Allemagne, la Belgique, le RU …ces pays sont proches et de
grande taille (en termes de PIB). Ainsi l’Allemagne représente 20
% du PIB UE et c’est le 1er partenaire de la France. Par contre
l’économie tchèque pèse seulement de 1,2% du PIB UE et
représente 1,4 % du commerce extérieur de la France : poids dans
le commerce de la France avec l’UE est proportionnel au poids
dans le PIB UE.
Concentration géographique des flux de commerce :
l’essentiel de la richesse mondiale est accaparée par moins
de 15 % de la population mondiale
Il y a une relation entre la taille économique d’un pays et
sa contribution au commerce mondial. La taille est
mesurée par le PIB ; la demande d’un grand pays est
importante et donc la valeur de ses importations est élevée
La distance géographique influence aussi le commerce :
les échanges commerciaux sont relativement plus intense
entre pays proches (coût de transport faible)
L’intégration régionale / accords commerciaux : stimulant
des échanges. Exemple illustratif: les échanges à l’intérieur
de l’UE
Contacts fréquents entre populations, langue commune et
proximité culturelle rapprochent les modes de
consommation et donc favorisent les échanges entres pays
Histoire commune (anciens liens coloniaux) et d’importants
flux migratoires peuvent faciliter les échanges bilatéraux
entre pays lointains
C/ transformation de la DIT
Qu'est-ce que la division internationale du
travail (DIT) ?
La DIT est un concept en partie théorique qui
part du principe que chaque pays doit se
spécialiser dans les productions où il a un
avantage.
Ce sont les économistes classiques
comme Smith ou Ricardo qui, avec leurs
théories des avantages absolus puis
comparatifs, chercheront à démontrer les
bienfaits de la spécialisation internationale.
L’ancienne DIT:
Dans les faits, on peut constater jusqu’au milieu du 20e siècle
une répartition de la production entre pays développés et pays
en développement. Les pays du Nord produisaient des produits
manufacturés et les échangeaient avec les pays du Sud qui
profitaient eux de leurs réserves en matières premières ou de
leur production agricole. Cette répartition va évoluer à partir
des années 1960, notamment du fait de l’émergence de
nouveaux pays industrialisés.
La nouvelle division internationale du travail (NDIT)
La NDIT provient notamment de l’industrialisation des pays
émergents situés en Asie ou en Amérique du Sud. Cette
industrialisation a modifié la spécialisation internationale ; les
pays en développement fabriquent désormais les biens
manufacturés et les pays développés se spécialisent alors dans
l’industrie de pointe à forte valeur ajoutée ainsi que dans les
services. Ce sont les pays les moins avancés (PMA) qui
conservent l’exploitation des matières premières.
L'OMC et les Négociations
Commerciales Multilatérales (NCM)
L’organisation mondiale de commerce (OMC) est
une institution internationale crée en 1995, à
l’issue du cycle de l’Uruguay round (cycle de
négociation). Elle remplace le premier accord
mondial sur le commerce conclu en 1947 : accord
général sur les tarifs et le commerce (GATT).
Objectif général de l’OMC :
promouvoir la libéralisation des échanges internationaux des biens
et des services par l’élimination des barrières tarifaires (droits de
douane) et non tarifaires.
Les missions principales de l'OMC :
administrer les accords commerciaux
servir de cadre aux négociations commerciales multilatérales
régler les différends (litiges) commerciaux
examiner les politiques commerciales nationales
aider les pays en développement dans le domaine de la
politique commerciale par le biais de l'assistance technique et
des programmes de formation
Multilatéralisme:
Le multilatéralisme est un système de relations
internationales qui privilégie les négociations, les
engagements réciproques, les coopérations et les
accords entre plus de deux pays, dans le but
d'instaurer des règles communes. Il s'oppose à
l'unilatéralisme (action d'un seul État) et au
bilatéralisme ( relations entre deux États).
Les règles de l'OMC
le principe de la nation la plus favorisée ou règle de non
discrimination: si un pays membre de l’OMC accorde des
avantages commerciaux à un autre pays, il doit étendre ces
avantages à l’ensemble des pays avec lesquels il a établi des
relations commerciales
le principe du traitement international : qui impose comme
obligation aux États membres de traiter les produits
étrangers de la même manière que leurs produits nationaux
la prévoyance et la transparence : en général, toutes les
restrictions d’importation sont interdites, sauf les droits de
douane.
clause de sauvegarde : les mesures de sauvegarde autorisent
les gouvernements de suspendre exceptionnellement et
temporairement les engagements pris dans le cadre
d'accords commerciaux si les industriels locaux sont menacés
par la concurrence des produits importés. Cette mesure qui
concerne surtout les PVD laisse aux entreprises locales le
temps nécessaire pour s'adapter et améliorer leur
compétitivité.
Cycles de négociations commerciales
multilatérales
C’est dans le cadre de l’OMC que les accordes sur la
réduction des droits de douane sont négociés.
Les principaux cycles :
Genève 1947 : Signature du GATT, réductions de droits de
douane
la Havane1948 : Charte relative à la création d’une
organisation internationale du commerce non ratifiée par le
Congrès américain
Tokyo 1973-79 : mesures non tarifaires et « accords cadres »
(subventions, obstacles techniques, marchés publics…)
Uruguay 1986-93 : agricultures, services, propriété
intellectuelle, règlement des différends, création de l’OMC.
Seattle : Echec du lancement à cause des manifestations des
opposants à la mondialisation
Doha : cycle ambitieux (Investissement, concurrence,
environnement, traitement différencié en fonction du niveau
réel de développement…). Après plus de 10 ans de
discussions, de ruptures et de reprises, le cycle est
quasiment à l’arrêt (échec relatif)
Intégration régionale et blocs
économiques régionaux
Multilatéralisme versus accords régionaux
(régionalisme)
Définition d’un bloc régional:
Un bloc économique régional est un espace
économique unifié, dans lequel deux ou
plusieurs pays (généralement proches) sont
intégrés, c'est-à-dire liés par un accord de libre
échange entre eux.
Les formes d’accords régionaux et leurs
implications:
Forme d’intégration Contenu de l’engagement
régionale
Zone de libre échange (ZLE) Élimination des droits de douane et de toute autre
barrière à libre circulation des biens et services entre
pays membres, mais chaque pays se réserve le droit de
conserver sa propre politique commerciale vis-à-vis des
pays tiers (notamment les tarifs douaniers)
ZLE avec application par les pays membres d’un tarif
Union douanière extérieur commun à l’égard des pays tiers (non
membres)
Marché commun Union douanière, en plus libre circulation des facteurs
de production: capitaux et travail (personnes)
Union économique Marché commun dépassé par l’harmonisation ou même
l’unification des politiques économiques des pays
membres (politique budgétaire, politique fiscale, politique
monétaire, réglementation …)
Monnaie unique Prolongement de l’union économique par la création
d’une monnaie unique en circulation
libre-échange et protectionnisme
- Quels sont les moyens employés par les États pour protéger
l’industrie nationale et quels sont leurs effets?
- comment le protectionnisme a évolué?
- Quels sont les effets des instruments de protection?
libre-échange VS protectionnisme: deux doctrines
opposées et antagonistes
récurrence quasi cyclique du protectionnisme
surtout en périodes de crises
Histoire du commerce mondiale: alternance de
périodes de libres échange et celles du
protectionnisme
•1825-1860, protectionnisme;
•1860-1880, libre-échange;
•1880-1919, protectionnisme;
•1920-1930, libre-échange;
•1930-1945, protectionnisme (et même autarcie);
•1945-1974, libre-échange;
•1974-1975 ( et 1982), Contraction du commerce mondial;
•2008-2009: retour de tensions protectionnistes
• Il est possible d’associer les crises économiques et
les pratiques protectionnistes, mais le
protectionnisme prend des visages différents selon
les pays et les époques, tant par les moyens
utilisés, les objectifs visés et les effets produits
I- Formes de la protection:
1/ la protection tarifaire (forme classique) et paratarifaire
Le droit de douane: impôt prélevé sur une m/se lors de son
passage de la frontière.
le DD: une mesure de limitation indirecte, puisqu’elle agit sur
les importations en modifiant leur coût
DD
Ad valorem droit forfaitaire
But recherché: en renchérissant les produits étrangers, les droits
à l’importation en découragent la consommation. Ils protègent
donc les produits locaux de la concurrence des produits
étrangers.
Mesures paratarifaires:
- les compensations anti-dumping
- les subventions à l’exportation
- les exemptions des charges diverses
-Etc.
2/ Les restrictions quantitatives non tarifaires
ces mesures agissent directement sur les flux commerciaux par la contrainte
Types de disposition
Contingentement/ Plafonnement autoritaire de l’entrée ou de la sortie d’une
m/se, qui donne lieu à l’attribution de licences ou
autorisations préalables sélectives spécifiant les produits,
quotas les quantités, les pays d’origine ou de destination.
Embargos Suspension des X d’un ou plusieurs pays ( voir la totalité),
vers un État à titre de sanction, de représailles ou pour faire
pression.
Il s’agit non seulement de ne plus commercer avec un État,
mais de l’isoler du reste du monde en empêchant les pays
tiers au blocus ( neutres) de commercer avec lui. Interdiction
Blocus de toute entrée ou sortie de m/se quelle que soit l’origine et
la destination.
Prohibitions Interdiction définitive et inconditionnelle fondée sur diverses
raisons: sanitaires, religieux
commerciales
3/ les barrières non tarifaire « techniques » ou
règlementaires
Le protectionnisme contemporain (néo-protectionnisme) :
moins visible et systématique, mais souterrain, opaque, furtif
et secret.
Barrières « douces » mais efficaces
Moyens très variés:
subventions à l’exportation
BNT( préférées aux obstacles quantitatifs)
Manipulation monétaire
Normes techniques ( sécurité) et Officiellement destinées à garantir la qualité des
industrielles ou « labels » fabrications et la sécurité des utilisateurs
Ex: normes et procédures d’homologation des voitures
hors UE
Normes sanitaires Largement pratiquées pour les produits agricoles, le
bétail (porc,volaille…)
Exclusion des E/ses étrangères Les commandes publiques ( passation des marchés
des marchés publics publics) sont réservés à des fournisseurs nationaux
4/ Le protectionnisme monétaire
Manipulation des taux de change : politique de dévaluation ou
de dépréciation « compétitives » de la valeur de la monnaie
nationale
Effets similaires à l’établissement d’un tarif ad valorem sur les
importations ou d’une subvention aux X
Cadre théorique du commerce mondial
Objectif des théories du commerce international:
• démontrer les bienfaits du libre échange
Expliquer la spécialisation des pays dans le commerce
mondial : quels sont les déterminants de la
spécialisation international?
Théories traditionnelles ( avantage
comparatif)
Modèle de Ricardo:
Deux produits échangés: le vin et le drap
Pays échangistes : la Grande-Bretagne et le Portugal
hypothèses:
Le prix d’un produit dépend de la quantité de travail incorporé
dans chaque produit.
Les prix varient d’un pays à l’autre en raison des différences de
productivité
Le travail est le seul facteur de production
Objectif de la théorie:
Démontrer que la spécialisation est profitable aux deux pays.
Grande-Bretagne Portugal
coûts de production en 1 unité de vin = 120 h 1 unité de vin = 80 h
équivalent hommes (h)
1 unité de drap = 100 h 1 unité de drap = 90 h
1vin = 1,2 drap 1vin = 0,88 drap
D’où prix relatifs intérieurs (120/ 100) (80 / 90)
1drap = 0,83 vin 1drap = 1,125 vin
(100 / 120) (90 / 80)
pour produire les mêmes volumes, la GB utilise une quantité de travail supérieure (220
hommes au lieu de 170)
La GB a un désavantage relatif pour le vin et un avantage relatif pour le drap
La théorie des coûts comparatifs: chaque nation va se spécialiser là où elle est
relativement la plus efficace :
GB drap
Portugal vin
Résultats de la spécialisation:
Grande-Bretagne Portugal
Coûts de production 1 unité de drap = 100 h 1 unité de vin = 80 h
Volumes disponible avec la 220 h 170 h
quantité de travail
= 2,2 unités de drap = 2, 125 unités de vin
-avec la même quantité globale de travail, les 2 pays se retrouvent
collectivement plus riches ( 0,2 unité de drap et 0,125 unité de vin
en plus)
conclusion :
- la DIT ( donc la spécialisation) est source de gain pour tous les pays
car elle accroît la productivité totale. D’où l’intérêt du libre échange.
- En théorie, chacun des partenaires est gagnant au libre échange à
condition de respecter le principe de spécialisation.
Le théorème HOS (théorie des dotations factorielles)
Hypothèses:
Les prix ( et donc les revenus) sont déterminés non pas par la
quantité de travail, mais en fonction de la rareté des facteurs de
production
Les pays utilisent les mêmes technologies mais ont des dotations
relatives différentes en facteurs de production ( inégalité des
dotations de facteurs). Les dotations en facteurs ont des origines
naturelles.
Homogénéité des produits et CPP
rendements d’échelle constants
Le théorème HOS:
Ce sont les dotations en capital et en travail qui expliquent l’avantage comparatif :
si un pays où le capital est relativement plus abondant que le travail, comparé aux
autres pays, a un avantage comparatif dans la production des biens nécessitant plus
de capital. (Même raisonnement pour le facteur travail)
Validité du modèle :
• La validité du modèle est discutable : certes, il est pertinent pour expliquer le
commerce Nord-Sud traditionnel (produits de base nécessitant une main d’œuvre peu
qualifiée contre des biens manufacturés riches en capital), mais ne rend pas compte
des échanges Nord-Nord de produits intrabranche (échange croisé de produits
similaires)
• Les dotations en facteurs ont-elles seulement des origines naturelles?
•Les dotations factorielles n’expliquent pas à elle seules la structure du CM et donc la
spécialisation;il faut tenir compte des différences technologiques.
le paradoxe de Leontief
Opinion admise : aux USA, le capital est le facteur abondant et la
main d’œuvre est le facteur rare
L’étude de Leontief démontre que les USA importent des biens à
forte intensité de capital et exportent des biens à forte intensité
de travail
Explication du paradoxe:
Les théories suédoises sont insuffisantes, il ne faut pas prendre en
compte 3 facteurs de production, mais 5 facteurs
Hecksher-Ohlin Leontief
Travail Travail non qualifié
Capital Travail qualifié
Ressources naturelles Capital (usines et équipements)
Terre cultivable
Gisements miniers et pétrolifères
• Le travail qualifié ( importance relative de techniciens, cadres ou ingénieurs)
est abondant aux USA
Le paradoxe de Leontief met en évidence le rôle essentiel de la qualification
professionnelle dans l’explication de la configuration des échanges
Théories modernes du commerce mondiale
Les échanges croisés et la demande de différenciation
Les théories traditionnelles du commerce international ne
parviennent pas à expliquer l’accroissement des échanges
croisés de produits semblables ou proches depuis une
cinquantaine d’années.
Les goût des consommateurs influence les échanges entre
pays (Paul Krugman): la demande de différenciation et de
la variété ( des 208 et des clio contre des Volkswagen polo ou
des Fiat Punto)
B. Liner : rôle important des comportements de demande
plus que les facteurs d’offre.
Plus les structures de demande sont similaires,
Plus le commerce potentiel entre 2 pays est important
L’écart technologique
Posner, 1961
Le principe:
Le pays innovateur est en situation de monopole
Jusqu’à ce que d’autres pays apprennent à produire les
biens
Dans l’intervalle, la demande sera satisfaite par des
importations
Les rendements d’échelle croissants
• Les rendements d’échelle croissants = autre source
de commerce mondiale entre des pays identiques
qui échangent les mêmes biens
• Stratégies de spécialisation des économies où les
E/ses cherchent à contrôler le marché le plus large
possible
• modèle de la concurrence monopolistique :
goût des consommateur pour la variété et recherche des
rendements croissants par les producteurs attirés par la
capture de nouveaux marchés
• Modèle de la concurrence oligopolistique
( duopole de Cournot) :
comportements stratégiques des firmes qui segmentent les
marchés ( marché intérieur, marché étranger) pour maximiser les
rentes.
Tableau récapitulatif
Modèles explication
Ricardo Avantage relatif ou comparatif (
productivité)
HOS Dotations factorielles ( capital, travail)
Nouvelles théories Demande de différenciation
(Krugman, Cournot, Linder) Rendement d’échelle croissants
Écart technologique
3. Globalisation économique
et ses facettes
I/ la globalisation financière :
« processus mondial d’intégration et d’unification des
marchés financiers. »
trois types de transformations, couramment
désignés par le sigle « 3D » :
– décloisonnement
– déréglementation
– désintermédiation
Les 3 D facteurs de la globalisation financière
1930-1970 : régulation et réglementation des banques et
de la finance
Depuis 1970: les « trois D »
le processus d'assouplissement ou de suppression des
réglementations nationales régissant, et restreignant, la
Déréglementatio
circulation des capitaux (contrôle des changes, encadrement du
n crédit, etc.).
•imbrication croissante des activités bancaires et financières
Décloisonnement (marché à
monétaire, marché obligataire, marché des changes,
marché
terme, etc.)
• filiales bancaires sur tous les continents
•Emprunts et investissement au-delà des frontières
la possibilité offerte aux opérateurs désireux de placer ou
d'emprunter des capitaux, d'intervenir directement sur les marchés
Désintermédiatio
financiers, sans être obligés de passer par ces intermédiaires
n financiers traditionnels que sont les banques.
Comment la globalisation financière s’est-elle développée?
politiques de libéralisation financière = suppression des
obstacles à la libre circulation des capitaux.
La suppression du contrôle des changes
ou encore celle de l’encadrement du crédit.
nouvelles technologies de l’information et de la communication
(NTIC) = interconnexion immédiate de toutes les places
financières et une mise en réseau de toutes les entreprises du
monde ainsi qu’une circulation quasi instantanée de
l’information au niveau planétaire.
les acteurs de la globalisation financière
• Les firmes multinationales (FMN), acteurs majeurs de la
globalisation financière, réalisent des investissements
directs à l'étranger selon trois modalités
• Les investisseurs institutionnels (compagnies d'assurance,
caisses de retraite et organismes de placement
collectif) placent les fonds qu'ils collectent auprès d'une
multitude de petits épargnants.
Les banques d'investissement financent la création et le
développement de sociétés par le biais de placements à
risque. Elles exercent également des activités de conseil en
matière de fusion et de rachat d'entreprises.
Les Hedge funds sont des fonds spéculatifs non cotés, à la
recherche de profits à court terme. Ils réalisent une
multitude d'opérations sur les actifs financiers et les matières
premières.
Les fonds souverains placent l'épargne des États qui les ont
créés à cette fin.
les effets attendus de la
globalisation financière
Facteur de croissance économique
Couverture contre certains risques
Diversification des patrimoines
Efficience dans l'allocation des ressources
Amélioration de la liquidité des marchés
Risques et effets pervers
autonomie de la finance
Perte de pouvoir des États
Asymétrie
Développement des paradis fiscaux
les risques au niveau mondial :
Risques de solvabilité, de crédit liés à la défection des
débiteurs
Risques de marché liés aux variations des cours
boursiers
Bulles spéculatives : une bulle spéculative est une
valorisation excessive des prix des actifs financiers. Les
produits dérivés ont favorisé la spéculation.
Risque systémique : avec la globalisation financière,
les pays sont devenus interdépendants financièrement.
Une crise monétaire d'un pays se répercute
rapidement sur l'ensemble de la planète (effet
domino).
Exemples de crises financières récentes :
Crise mexicaine de 1984
Crise asiatique des années 1990
Crise monétaire européenne de 1993
Bulle Internet des années 2000
Crise argentine de 2001
Crise des subprimes de 2007-2008
Crise de la dette grecque en 2010
II/ les firmes multinationales
IDE et délocalisations
FMN
Firme internationale
Entreprise multinationale
Groupe plurinational
Société transnationale
Les FMN
Définition des FMN /A quoi reconnaît-on une FMN?
Une FMN (ou firme transnationale) est une entreprise qui agit à l'échelle
de la planète. Elle réalise des investissements directs à l'étranger (IDE)
et possède des implantations dans différents pays.
Les FMN sont des E/ses développant leurs activités de production (y
compris des activités de services : ingénierie, banque, assurance, etc.)
grâce à une ou plusieurs filiales établies à l’étranger.
Ces firmes ignorent les frontières et traversent les nations. L’adjectif
"multinational" marque le caractère mondial de leur stratégie. Elles sont
en mesure de planifier leur développement à l’échelle mondiale. Les FMN
sont les acteurs cruciaux de la mondialisation. (General Electric, coca
cola, Dell, Apple, Samsung, Renault, IBM, Volkswagen, l’Oréal…)
Premier élément de définition:
➢ L’investissement à l’étrange/ L’existence de filiales dans
plusieurs pays
« Une entreprise (multi, inter, trans.…)nationale a au moins une
unité de production à l’étranger »
« toute entreprise qui possède ou contrôle des moyens de
production dans plus d’un pays ».
Caractéristique essentielle: assurer des fonctions de
production dans plus d’un pays.
Deuxième élément de définition (2ème critère):
➢ La gestion courante ainsi que la stratégie à long terme sont
conçue à l’échelle internationale ( perspective stratégique
mondiale)
Troisième critère:
➢ l’unité de centre de décision (basé dans le pays d’origine) qui
définit une stratégie unique pour le groupe
Les modes d’implantation dans le pays d’accueil
La création ex-nihilo d’une possédée à 100% par la maison-mère. Cette situation est appelée en
filiale de production anglais Greenfield investment, c’est-à-dire une implantation sur terrain
vierge
L’acquisition d’une firme Appelé en anglais Brownfield investment : c'est-à-dire investissement
locale déjà existante sur un ancien site industriel.
La joint-venture mise en commun de moyens humains, techniques et financiers dans
le cadre d’une filiale commune. C’est souvent le cas en Chine où le
recours à un partenaire local est indispensable.
Les licences l’accord de licence accorde à une entreprise étrangère le droit de
fabrication d’un produit,d’utilisation de la technologie et de la marque
(franchise) en contrepartie d’un paiement (royalties) prenant la forme
d’un % du chiffre d’affaires ou des bénéfices.
La sous-traitance tirer parti de coûts locaux bas sans prendre soi-même le risque de
l’investissement. Forme présente dans la confection (Lévy-Strauss),
l’assemblage informatique…
La typologie des FMN
➢ FMN primaires: Elles interviennent dans le secteur minier, pétrolier ou
agricole; elles constituent la première forme de l’internationalisation de
la production
➢ FMN à stratégies commerciales: production sur le lieu de vente avec des
« filiales-relais » produisant les mêmes produits que la société mère ;
la production à l’étranger est un substitut aux exportations. La
délocalisation de la production dépend de la demande effective ou
potentielle du marché.
➢ FMN à stratégie globale de production : La création de « filales-ateliers »,
spécialisées dans un segment du cycle de production, représente la
forme achevée de l’internationalisation. La délocalisation n’est plus un
substitut à l’exportation mais justifiée par des disparités de taux de
salaires et des avantages fiscaux…
Délocalisation
Notion mal définie
➢ au sens strict, c’est le déplacement d’une activité existante dans
un pays vers un autre
➢ au sens large, c’est la création à l’étranger de toute activité qui
aurait pu être créée dans le pays d’origine (IDE)
Le cas de figure le lus fréquent: Délocalisation par externalisation
- fonctions périphériques: services informatiques ou gestion
des impayés
- la production ( modularisation)
4 modalités de délocalisation
Délocalisation d’accompagnement: Valéo (fournisseur) suit son
donneur d’ordre (Volkswagen)
Délocalisation « défensive »: conséquence d’une très forte
concurrence sur les coûts (Lafuma délocalise en Chine)
Délocalisation « offensive »: recentrage d’une entreprise sur
son cœur de métier et (ou) volonté d’accroître les profits
Délocalisation « de développement » : implantation pour
conquête d’un nouveau marché étranger
• Concentration des contrats de sous-traitance et
des IDE en Europe et aux USA jusqu’aux années
2000
• Réorientation vers les pays en développement (
services informatiques, les centres d’appel, la
recherche…)
• Pays développés: moins de la moitié ( 41% en
2012)
• PMA : moins de 2%
• L’Afrique: moins de 4%
Les raisons de la
délocalisation
La recherche du coût salarial le plus faible, ou plus
exactement du rapport coût salarial/productivité le plus
faible
La sécurité des approvisionnements en matières premières
ou en ressources rares ( main-d’œuvre très qualifiée,
instituts de recherche, sources d’énergie bon marché)
L’accès à la technologie
La recherche de faibles impôts ( et un environnement plus
favorable)
L’accès à un marché plus large
Le contournement des barrières protectionnistes
La recherche de la proximité des consommateurs
pour s’adapter aux goûts locaux : motivation
essentielle
La diversification internationale
Controverses sur les effets des
FMN
Effet positif ou négatif ?
Politique de promotion ou de limitation des IDE
Impacts sur l’économie d’origine
Impact sur l’emploi: Inquiétude quant aux risques de perte
d’emploi
les FMN (délocalisation de la production) privent le pays
d’origine de ses marchés d’exportation et créent des
sources nouvelles d’importations fondés sur des bas coûts
de la main d’œuvre étrangère (job export et dumping social)
Effet sur l’activité économique: l’IDE, substitut aux
Its domestiques
Un IDE diminuer d’autant le stock de
capital potentiellement disponible et donc la
production nationale et l’emploi qui aurait pu être
générés par des firmes locales
Remarque:
Les pertes d’emplois par transfert à l’étranger sont
compensées par des emplois crées dans les services
centraux + emplois dans les secteurs frs….
Effets sur la balance des paiements
Effets directs négatifs Effets directs positifs
sorties de capitaux entrée de revenus de
services, de redevances, de
importation en dividendes
provenance des filiales
X des biens d’équipement,
perte d’X vers les pays de demi-produits…
tiers
Effets sur la balance commerciale
L’IDE : un substitut aux X?
En fait, il y a pls cas de figure selon la nature de l’It:
➢ implantation d’un segment d’une ligne de production
dans une « usine atelier »
Faible impact sur le volume d’X
➢ Délocalisation de la production totale
répercussions néfastes sur la balance
commerciale
Impacts sur l’économie
d’accueil
Effets sur l’activité économique:
Accroissement du volume d’activités par la création
de nouvelles unités de production
+ Amélioration dans les techniques de production, dans la gamme
des produits…
+Modification du profil de la concurrence en renforçant la
compétitivité des E/ses locales
+ Effets d’entraînement sur d’autres secteurs
Impact sur l’emploi:
➢ effet direct: création d’emplois dans les nouvelles unités
de production
➢ effet indirect positif: création d’unités périphériques, en
amont et en aval, développement du tissu industriel
➢ effet indirect négatif: pertes d’emplois dans les E/ses
locales défaillantes
Impacts sur la balance des paiements:
Effets positifs Effets négatifs
entrée des capitaux rapatriement des profits, des
redevances et des dividendes
développement des X
croissance des M si la
réduction des M production locale ne couvre pas
tous les besoins de la filiale
Transfert de la technologie:
Le progrès technique est diffusé par divers canaux:
- Vente de biens d’équipement
- cession de brevets et les accords de licence
- l’implantation direct
- l’assistance technique
- etc.
Les 10 plus grandes entreprises du monde, par chiffre d'affaires
L’entreprise Chiffre d'affaires en2014
(milliards $)
1Walmart 482,1
2 State Grid 329,60
3China National Petroleum 299,27
4 Sinopec Group 294,34
5 Royal Dutch Shell 272,15
6 Exxon Mobil 246,20
7 volkswagen 236,60
8Toyota Motor 236,59
9Apple 233,71
10BP 225,98
La mondialisation en débat
La mondialisation coupable :
• Mise en compétition des travailleurs des différents
pays
• ( à bas salaires)
• Pression sur les salaires et les avantages sociaux
• Pression sur les États
• nivellement des salaires vers le bas
• Explosion des inégalités
• Destruction de l’emploi et de l’industrie
jeu à somme nulle: des gagnants et des perdants
Processus de redistribution des inégalités
internationales
Redistribution des cartes d’activités et d’emploi
Conditions sociales dégradées dans certains pays (
exploitation des enfants, faiblesse des syndicats…)
Dégradation de l’environnement et risques de
nocivité pour la santé
l’OMC peut –elle jouer le rôle d’instance de
gouvernance quand le social, l’environnemental et
le sanitaire sont absents de ses préoccupations?
La mondialisation est non coupable
la baisse des salaires est compensée par une
hausse du pouvoir d’achat ( baisse des prix)
Pas de perte de compétitivité des pays