Diagnostic et Physiopathologie des Céphalées
Diagnostic et Physiopathologie des Céphalées
Cours De Résidanat
Sujet: 16
LES CEPHALEES
PHYSIOPATHOLOGIE ET ORIENTATION DIAGNOSTIQUE
OBJECTIFS
1- EXPLIQUER LA PHYSIOPATHOLOGIE DE LA MIGRAINE
2- ETABLIR LA DEMARCHE DIAGNOSTIQUE (positive, différentielle et
étiologique) DEVANT UNE CEPHALEE AIGUE (primaire ou
secondaire)
3- ETABLIR LA DEMARCHE DIAGNOSTIQUE (positive, différentielle et
étiologique) DEVANT UNE CEPHALEE chronique (primaire ou
secondaire)
4- POSER LE DIAGNOSTIC D’UNE URGENCE DEVANT DES
CEPHALEES
5- ETABLIR A PARTIR DES ARGUMENTS CLINIQUES LE DIAGNOSTIC
D’UNE MIGRAINE
6- ETABLIR A PARTIE DES DONNES CLINIQUES LE DIAGNOSTIC
D’UNE ALGIE VASCULAIRE DE LA FACE, NEVRALGIE DU
TRIJIMEAU, CEPHALEE DE TENSION
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Sujet 16: Les céphalées
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Introduction
La céphalée se définit comme une douleur ressentie dans la boite crânienne. La
richesse de l’innervation sensitive de l’extrémité céphalique rend compte de la
fréquence des céphalées comme motif de consultation médicale et de la variété de
ses étiologies.
OBJECTIF 1 : EXPLIQUER LA PHYSIOPATHOLOGIE DE LA
MIGRAINE
Les mécanismes physiopathologiques de la migraine sont complexes. La Théorie
Neurovasculaire Contemporaine est actuellement la plus admise.
La crise de migraine nait quelque part dans le cerveau très probablement au niveau
de l’hypothalamus ou de la partie supérieure du tronc cérébral expliquant les
prodromes, puis part vers le cortex avec une excitabilité anormale du cortex
cérébral, surtout occipital.
Cette Hyperexcitabilité explique les symptômes suivants :
Photophobie
Sonophobie
Osmophobie
Accélération de la pensée
Idées obsessionnelles
Hyperactivité physique
L’aura migraineuse est expliquée par la Dépression corticale envahissante :
Hyperactivité neuronale entraine des variations du débit sanguin et des
variations ioniques : les neurones deviennent inactifs et in activables ;
Ce phénomène se propage lentement de proche en proche et dans toutes les
directions ++ au niveau occipital ;
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La dépression corticale active le système méningé (trigémino-vasculaire)
qui transmet un signal de douleur ;
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Facteurs déclenchant (traumatisme crânien, contrariété) ou aggravants
(effort) ;
Signes d’accompagnement de la céphalée : nausées et vomissements,
cervicalgies, fièvre, altération de l’état général, ralentissement psychique,
troubles de la mémoire ou des autres fonctions cognitives, troubles
neurologiques focaux (visuels mono ou binoculaires, sensitifs, moteurs),
douleur oculaire, écoulement nasal.
Noter les Antécédents essentiels
Age du patient, antécédents personnels et familiaux (migraine) ;
Prise de médicaments avant et depuis l’apparition des céphalées : certains
médicaments peuvent provoquer des céphalées chroniques aux doses
usuelles.
Examen clinique
Des gestes sont systématiquement réalisés en présence d’une céphalée :
Prise de la pression artérielle ;
Recherche d’une raideur méningée ;
Examen neurologique à la recherche de signes de focalisation,
appréciation globale de l’acuité visuelle, réalisation d’un fond d’œil
(recherche d’un œdème papillaire) en cas de suspicion
d’hypertension intracrânienne ;
Palpation des artères temporales chez le sujet de plus de 50 ans ;
Prise de température
I- Céphalées brutales : « J’ai mal à la tête et cela débuté d’un coup »
Une céphalée brutale (maximale en moins d’une heure) voire en coup de tonnerre
(intensité maximale avec un EVA>7 en moins d’une minute).
Sont d’étiologie secondaire jusqu’à preuve du contraire. Les étiologies à discuter
en première ligne aux urgences sont :
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- Hémorragie sous-arachnoïdienne ;
- Hypertension intracrânienne aiguë ;
- Causes vasculaires : Hématome cérébral, rarement AVC ischémique,
dissection d’une artère cervicale (cervicalgie associée) ;
- Glaucome aigu à angle fermé ;
- Sinusite aiguë ;
- Première crise de migraine.
A- Hémorragie méningée
L’hémorragie méningée ou hémorragie sous arachnoïdienne est la cause de 10 à
30% des céphalées brutales.
Il s’agit d’une urgence diagnostic et thérapeutique. Elle est caractérisée par une
céphalée d’apparition « explosive » (en « coup de tonnerre »), en casque, diffuse
et très intense associée aux autres signes du syndrome méningé : vomissements
(inconstants), photophobie, attitude en chien de fusil, raideur de la nuque, signe
de Kerning, signe de Bridzinski.
Le diagnostic repose sur le scanner cérébral sans injection de produit de contrast
qui doit être effectué en urgence (sensibilité de 90 % dans les 24 heures, 50 %
dans la première semaine) à la recherche d’une hyperdensité spontanée dans les
espaces sous-arachnoïdiens. L’IRM (séquences FLAIR et T2* écho de gradient)
est plus sensible pour détecter une hémorragie sous-arachnoïdienne, mais elle est
souvent moins accessible en urgence.
Dans tous les cas de céphalée « explosive » avec une imagerie cérébrale normale,
il faut effectuer une ponction lombaire à la recherche d’une xanthochromie.
La prise en charge en urgence doit se faire en réanimation ou en neurochirurgie.
L’imagerie vasculaire (angioscanner, angio-IRM, et artériographie cérébrale des
quatre axes) permet alors de visualiser un anévrisme rompu dans 80 % des cas.
Les principales complications à redouter devant une hémorragie méningée sont :
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• Vasospasme
• Resaignement
• Hydrocéphalie
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L’écho-Doppler et surtout l’angioscanner et l’IRM (avec angio-IRM et coupes
cervicales) permettent le diagnostic en visualisant un rétrécissement artériel avec
un hématome de la paroi
C- Syndrome de vasoconstriction cérébrale réversible
Fréquent, mais méconnu et sous-estimé, ce syndrome est évoqué devant un ou
plusieurs épisodes de céphalée isolée dans 75% des cas a début brutal durant
quelques minutes à quelques heures et se répétant sur quelques jours à un mois.
Ils sont spontanés ou favorisés par l’effort physique, l’exposition à des substances
vasoactives ou le contexte du post partum. Les examens de débrouillage (TDM,
PL) sont normaux et c’est l’IRM ave ARM cérébrale qui fait le diagnostic en
montrant des rétrécissements et des dilatations des artères cérébrales réversible en
1-3 mois
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Céphalée frontale souvent très intense augmentée en position tête penchée en
avant et en position allongée. À l’examen, la pression des régions sinusiennes
majore la douleur. L’écoulement purulent nasal peut être absent en cas de sinusite
« bloquée ». Le scanner des sinus permet le diagnostic.
A- Méningite et méningoencéphalite
Une céphalée fébrile avec syndrome méningé oriente en urgence vers une
méningite infectieuse. La ponction lombaire est alors indispensable.
En cas de méningoencéphalite, la céphalée peut précéder les signes neurologiques
focaux, les crises épileptiques et les troubles de la vigilance.
En cas de méningoencéphalite lymphocytaire, un traitement antiherpétique
(acyclovir) doit être commencé immédiatement, avant la confirmation
virologique (recherche par PCR du virus HSV).
Nous allons détailler dans cette partie les principales étiologies des syndromes
d’hypertension intracrânienne :
1- Thrombose veineuse cérébrale
La céphalée, habituellement récente et progressive, est quasi constante.
Les signes focaux bilatéraux et à bascule sont évocateurs du diagnostic, de même
que le contexte (femme jeune, postpartum…). La thrombose veineuse peut se
compliquer d’un infarctus veineux avec des lésions œdémateuses, souvent avec
une part hémorragique (par suffusion).
Le diagnostic repose sur IRM cérébrale avec ARM veineuse
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Un traitement anticoagulant doit être instauré en urgence même en cas de
suffusion hémorragique. Une ponction lombaire évacuatrice peut être effectuée
avant la mise sous anticoagulant en cas d’hypertension intracrânienne (surtout s’il
existe un œdème papillaire au fond d’œil : risque de cécité).
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La ponction lombaire avec prise de pression (réalisée après imagerie) permet de
confirmer l’hypertension
C- Maladie de Horton (artérite temporale)
Toute céphalée récente et inhabituelle chez un sujet de plus de 50 ans doit faire
évoquer ce diagnostic, associant :
• Signes cliniques : céphalée souvent décrite comme une « lourdeur »
temporale avec un fond continu et une recrudescence lors du contact de la
région temporale ou du cuir chevelu ;
• Signes locaux et généraux : artère temporale indurée douloureuse et non
pulsatile, altération de l’état général, pseudopolyarthrite rhizomélique
(association dans 50 % des cas), épisodes de cécité monoculaire transitoire
(qui annoncent l’imminence d’une cécité définitive), infarctus cérébraux,
claudication de la mâchoire ;
D’autres arguments sont à rechercher pour orienter le diagnostic :
• Arguments biologiques : élévation de la VS et de la CRP ; profil
inflammatoire à l’EPP….
• Arguments radiologiques : données de l’écho doppler
Le diagnostic de certitude repose sur la mise en évidence d’une artérite
gigantocellulaire à la biopsie de l’artère temporale.
Le traitement consiste en une corticothérapie urgente (sans attendre le résultat de
la biopsie) et maintenue plusieurs mois. La corticothérapie doit faire régresser les
douleurs en quelques jours.
Primaires
Céphalées dites de tension (psychogènes).
Céphalées post-traumatiques (syndrome des traumatisés).
Céphalées par abus d’antalgiques.
Cervicalgies chroniques.
Secondaire
Céphalées d’origine diverse (hyperviscosité sanguine, insuffisance
respiratoire…).
Tumorale
Les céphalées primaires, c'est-à-dire sans lésion sous-jacente, regroupent
principalement les migraines, les céphalées de tension, les algies vasculaires de la
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face et les névralgies essentielles de la face : il s'agit de céphalées chroniques,
évoluant sur des mois ou des années, mais pour la plupart sous la forme de crises
répétées entre lesquelles le patient est asymptomatique ; le diagnostic des
céphalées primaires repose uniquement sur des critères cliniques (données de
l'interrogatoire et normalité de l'examen neurologique) établis par la Société
internationale des céphalées (International Headache Society, IHS).
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Les deux types de crises peuvent coexister chez un même patient.
Facteurs favorisants et déclenchant d'une crise de migraine
Certains sont identifiés par le patient avant qu'il ne consulte : contrariété, situation
de stress ou, à l'inverse, situation de détente brutale (« migraine de weekend») ;
facteurs hormonaux : règles (migraine cataméniale), contraception orale ; facteurs
alimentaires : chocolat, alcool (vin blanc)… ;facteurs sensoriels : lumière
clignotante, décor rayé d'une pièce, bruits, odeurs. D'autres sont moins connus du
grand public : conditions de vie : sommeil trop prolongé, hypoglycémie de la mi-
journée (saut d'un repas) ; facteurs climatiques.
Le rôle du médecin est de sensibiliser son patient à la possibilité de tels facteurs,
pour le rendre attentif lors des crises suivantes. L'éradication de ces facteurs est
plus ou moins facile, notamment s'il s'agit de situations liées au travail.
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2. Auras atypiques :
-Les auras hémiplégiques sont très rares et surviennent dans le cadre de la
migraine hémiplégique familiale ou sporadique… L'imagerie cérébrale est ici
nécessaire pour ne pas méconnaître une lésion responsable du déficit.
- L'aura du tronc basilaire évoque une atteinte du tronc cérébral et des régions
postérieures du cerveau : troubles visuels, diplopie, ataxie, troubles de la
vigilance, voire coma… Il s'agit d'une forme rare de migraine, souvent très
bruyante, qui impose des explorations complémentaires en urgence pour éliminer
une autre pathologie.
Migraine avec aura : critères diagnostiques selon la classification de
l’International Headache Society ICHD 3 (2018)
A. Au moins deux crises répondant aux critères B et C
B. Au moins un symptôme entièrement réversible d’aura :
1. visuel
2. sensitif
3. parole et/ou langage
4. moteur
5. tronc cérébral
6. rétinien
C. Au moins trois des six caractéristiques suivantes :
1. au moins un symptôme d’aura se développe progressivement sur ≥5 minutes
2. deux ou plusieurs symptômes d’aura surviennent successivement
3. chaque symptôme d’aura dure 5-60 minutes
4. au moins un symptôme d’aura est unilatéral
5. au moins un symptôme d’aura est positif
6. l’aura est accompagnée, ou suivie dans les 60 minutes, d’une céphalée
D. N’est pas mieux expliquée par un autre diagnostic de l’ICHD-3.
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C- Diagnostic différentiel
1- Migraine sans aura
Les autres variétés de céphalées primaires évoluant par crises (par exemple, algie
vasculaire de la face, névralgie du trijumeau) ont des caractéristiques cliniques
très différentes.
Une affection organique peut parfois provoquer des céphalées évoluant par crises,
mais ne remplissent pas les critères diagnostic de la migraine.
Exceptionnellement, une tumeur du 3e ventricule peut provoquer des céphalées
paroxystiques positionnelles associées à des nausées, vomissements et troubles de
la conscience. Les migraines ayant une localisation hémicrânienne fixée d’un côté
sans caractère à bascule font évoquer une malformation artérioveineuse et doivent
conduire à la réalisation d’une imagerie cérébrale.
2- Migraine avec aura
La migraine avec aura pose un problème de diagnostic différentiel essentiellement
lorsque la céphalée est absente.
Les deux principaux diagnostics différentiels sont :
L'accident ischémique transitoire : installation plus soudaine brutale avec déficit
d'emblée maximal et symptômes positifs absents.
Une crise d'épilepsie focale à sémiologie sensorielle ou sensitive : durée des
symptômes plus courte qu'au cours de l'aura migraineuse. Au moindre doute, il
est indispensable de réaliser des examens complémentaires (IRM, EEG).
D- Complications de la migraine
État de mal migraineux : Défini par une crise (ou plusieurs successives sans
rémission) persistant au-delà de 72 heures. Responsable d'un retentissement
important sur l'état général.
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• Infarctus migraineux : Un ou plusieurs symptômes d’aura migraineuse
survenant en association avec une lésion cérébrale ischémique dans un
territoire correspondant, visualisée par l’imagerie cérébrale, apparu(s) au cours
d’une crise typique de migraine avec aura.
• Aura persistante sans infarctus : Symptômes d’aura qui persistent une semaine
ou plus sans infarctus visualisé sur l’imagerie cérébrale.
• Crise épileptique déclenchée par crise de migraine avec aura : une crise
épileptique survenant chez un patient atteint de 1.2 Migraine avec aura,
pendant ou dans l’heure qui suit une crise de migraine avec aura.
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ANNEXES
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