Société
La forte poussée démographique enregistrée dans les zones urbaines, l’exode des populations
allogènes et étrangères vers des terres propices aux cultures de rente notamment, ainsi que la
jeunesse de la population ivoirienne, contribuent à l’émergence ou à l’exacerbation des
problèmes liés à l’emploi, aux conflits fonciers, à l’habitat et à l’environnement. Constituées en
vue d’apporter un appui aux pouvoirs publics pour la conduite d’actions de développement en
faveur des populations, les organisations non gouvernementales peinent à remplir leurs
missions208.
Religion[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Religion en Côte d'Ivoire.
Mosquée de Kong (nord de la Côte d'Ivoire).
La Côte d'Ivoire est un pays membre de l'Organisation de la coopération islamique. D'après le
recensement de 2014, les religions les plus pratiquées en Côte d’Ivoire sont l'islam avec 42,9 %
et le christianisme avec 33,9 % (dont catholicisme 17,2 % et christianisme évangélique 11,8 %
(une partie est regroupée dans la Fédération évangélique de Côte d'Ivoire). L'animisme (religions
traditionnelles), qui maintient une influence assez forte sur toutes les autres croyances,
représente 3,6 % de la population. En marge de ces grands courants, 19,1 % des habitants n'ont
pas de religion32. Les missionnaires catholiques sont arrivés à la fin du XIXe siècle grâce à
la Société des missions africaines de Lyon. La préfecture apostolique de Côte d'Ivoire a été
érigée en 1895. Aujourd'hui le pays est subdivisé en 4 archidiocèses (dont le plus important est
l'archidiocèse d'Abidjan) et en 12 diocèses.
Le christianisme et l'islam sont pratiqués dans une variété de formes dans tout le pays.
Les missionnaires chrétiens sont arrivés sur le littoral ivoirien au XVIIe siècle, mais le catholicisme
a commencé à s'implanter à la fin du XIXe siècle. Les fêtes chrétiennes et les célébrations
musulmanes sont librement organisées par les fidèles de ces religions et reconnues par tous. La
tolérance est l'attitude générale envers la pratique de la religion et les communautés religieuses
coexistent en général pacifiquement. Cette tolérance religieuse fait également partie de la
pratique des pouvoirs publics. La Côte d’Ivoire est certes un État laïc, mais des fonctionnaires
sont souvent désignés pour représenter l'État à des cérémonies religieuses et certaines écoles
confessionnelles reçoivent des aides financières de l'État216.
Médias[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Médias en Côte d'Ivoire.
Emploi[modifier | modifier le code]
Une vue du Port Autonome d’Abidjan (PAA), poumon de l’économie ivoirienne et creuset d’emplois
En 2012, la population active en Côte d’Ivoire est estimée à 14 607 741 personnes sur une
population de 22 454 692. Le taux d'actif est alors de 65,1 %, soit 9 492 150 personnes217. Au
cours de cette même année, il est dénombré 285 000 fonctionnaires après les mesures de
dégraissage de la fonction publique mises en œuvre une décennie plus tôt, en exécution de la
politique d’ajustement structurel prescrite par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque
mondiale et ce, pour réduire l’impact des salaires sur le budget de l’État. Cet effectif qui a très
peu varié au cours des dernières années laisse une place plus importante au secteur privé qui
emploie quant à lui 498 906 salariés en 2002, contre 556 678 en 1998218, la baisse enregistrée
étant la conséquence des crises à répétition que connaît le pays depuis 1999. De nombreuses
entreprises ont fermé ou délocalisé leurs activités, notamment dans le gros domaine de l’industrie
touristique, du transit et de la grosse banque.
Les structures publiques ou privées, pourvoyeuses d’emplois salariés, ne peuvent toutefois
absorber qu’une proportion relativement faible de la population en âge de travailler219. Or, celle-ci
connaît une augmentation en rapport avec la croissance démographique et la structure de la
population ivoirienne, constituée d’un fort pourcentage de jeunes. Le nombre de sans-emplois
(population en quête d’un premier emploi) et de chômeurs générés par la crise économique reste
donc important et la question de l’emploi demeure en Côte d’Ivoire, un problème crucial de
développement220.
L'une des solutions envisagées pour remédier au problème du chômage réside dans la
diversification des emplois, par la création d’activités indépendantes génératrices de revenus, en
complément des emplois salariés220. Il est noté une multiplication des petits métiers et emplois
précaires. Le secteur agricole, animé par 3 893 893 personnes avec 7,5 % de salariés, comprend
52 % de travailleurs indépendants, 40,2 % de travailleurs familiaux ; 0,3 % est constitué par
d’autres intervenants. La population agricole représente 2/3 de la population ivoirienne active,
avec 45 % de femmes plus actives dans le domaine maraîcher, pour 55 % d’hommes plus
présents dans l’agriculture d’exploitation218. Le secteur informel présente également un certain
dynamisme et concerne tant l’agriculture, les services que l'industrie. Il occupe
4 107 595 personnes en 2002, contre 1 698 300 en 1995, soit une augmentation de 142 % en 7
ans. Cette forte croissance est due à la politique d’auto-emploi prônée par le gouvernement
ivoirien depuis le début de la crise économique, mais également à la saturation du marché du
travail salarié. En dépit de ces évolutions jugées positives, le taux de chômage reste élevé. En
2002, il représente 6,2 % de la population active, soit 402 274 chômeurs sur une population
active de 6 502 115218.
Conflits fonciers, habitat et environnement[modifier | modifier le code]
Une vue d’un centre de traitement de déchets à Abidjan
La forte poussée démographique dans les zones forestières, propices au développement des
cultures d’exportation que constituent le café et le cacao, n’est pas sans conséquence sur
l’évolution des zones d’accueil. Le couvert forestier et les terres arables connaissent une
réduction rapide et importante, due à l’exploitation massive. La pression s’accroît inévitablement
autour des terres disponibles, entraînant des conflits entre autochtones et allogènes issus
d’autres régions du pays, mais également entre autochtones et étrangers221. Plusieurs régions du
pays sont concernées par ces conflits, qui mettent souvent à mal la cohésion sociale. Ils font,
dans la quasi-totalité des cas, l’objet de résolution pacifique, grâce à l’implication des autorités
administratives, politiques et coutumières222. Dans certaines régions de la Côte d'Ivoire, la femme
n'a pas accès à la propriété foncière selon la coutume223.
Dans ces mêmes zones, la forêt est l’une des principales victimes de la croissance
démographique du pays. Elle subit des agressions multiples dues à la mutation du mode de
production agricole évoluant d'une agriculture de subsistance vers des cultures commerciales ou
pérennes, dévoreuses de terres et d’arbres, mais également défavorables à la biodiversité221.
Le surpeuplement des zones urbaines dû aux migrations de populations depuis les campagnes,
affecte également l’environnement dans les villes. Les actions des autorités décentralisées se
révèlent inefficaces face aux problèmes liés à l’hygiène et la salubrité publique en zone urbaine.
Abidjan, capitale économique du pays, croule sous le poids des ordures ménagères et doit faire
face à une pollution de l'air et des eaux lagunaires. Un ministère chargé de la salubrité et de la
ville a été spécialement créé en avril 2007, pour aider à la résolution de ce problème qui se pose
dans un contexte de déficit de logements.
Dans les grandes agglomérations urbaines, l’offre d’habitats à loyers modérés demeure
nettement en deçà des besoins exprimés. La situation précaire de nombreux immigrés, la guerre
et l’exode des populations fuyant les zones de conflits ont conduit à la prolifération
des bidonvilles, caractérisés par des habitats insalubres notamment à Abidjan et dans sa
banlieue220.
Problèmes sociaux et ONG[modifier | modifier le code]
Le mouvement associatif, marqué au début des années 1990 par un accroissement rapide du
nombre des Organisations non gouvernementales (ONG) connaît à nouveau une recrudescence
depuis le déclenchement de la crise armée en septembre 2002224. L'action des ONG couvre des
domaines variés de la vie sociale tels la sensibilisation et le soutien aux personnes vivant avec
le VIH-SIDA, l’aide aux victimes de la guerre, l'encadrement des orphelins ou des enfants de la
rue, l'aide aux femmes battues. Certaines associations mènent plutôt des actions à caractère
politique, orientant leurs opérations vers le soutien aux formations politiques, la défense
des droits de l'homme ou l'animation d'espaces de discussion de rue.
Considérées par les citoyens comme des recours fiables contre les dysfonctionnements des
programmes sociaux et politiques mis en œuvre par le gouvernement, ces organisations
essaiment l'ensemble du territoire national et semblent traduire une certaine vitalité de la société
civile ivoirienne. Toutefois, une observation de la vie des associations révèle, pour certaines
d'entre elles, que la perspective de financements et d'appuis matériels intérieurs ou extérieurs,
constitue la principale motivation. Des cas d’extorsion de fonds et d’escroquerie ont pu être
enregistrés.
Criminalité[modifier | modifier le code]
La Côte d'Ivoire, avec 56,9 meurtres pour 100 000 habitants, arrive troisième au niveau mondial
juste derrière le Honduras et le Salvador et en tête de l'Afrique pour le taux de meurtres. Des
données que n'explique pas uniquement la crise post-électorale des premiers mois de 2011225.
Ce nombre d'homicides aurait depuis beaucoup diminué avec un taux de 10,4 pour 100 000 en
2012226. Ce taux est remonté à 11,63 en 2015227.
Culture[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Culture de la Côte d'Ivoire.
La Côte d'Ivoire est membre de l'Organisation internationale de la francophonie. De plus, les
villes d'Abidjan, Bouaké, Grand-Bassam, Yamoussoukro de même que l'Union des Villes et
Communes de Côte d'Ivoire sont membres de l'Association internationale des maires
francophones228.
Littérature[modifier | modifier le code]
La Côte d’Ivoire présente une littérature abondante, riche de sa diversité de style et de ses
proverbes, soutenue par des infrastructures éditoriales relativement solides et des auteurs de
différentes notoriétés. Les plus célèbres de ces auteurs sont Bernard Dadié, journaliste, conteur,
dramaturge, romancier et poète qui domine la littérature ivoirienne dès les années trente, Aké
Loba (L'Étudiant noir, 1960) et Ahmadou Kourouma (Les Soleils des indépendances, 1968) qui a
obtenu le Prix du Livre Inter en 1998 pour son ouvrage devenu un grand classique du continent
africain En attendant le vote des bêtes sauvages229. À ceux-ci s'ajoute une deuxième génération
d'auteurs de plus en plus lus dont Véronique Tadjo, Tanella Boni, Isaie Biton Koulibaly, Maurice
Bandaman, Camara Nangala...Une troisième génération se signale déjà avec des auteurs tels
que Sylvain Kean Zoh (La voie de ma rue, 2002) et (Le printemps de la fleur fanée, 2009)
ou Josué Guébo (L'or n'a jamais été un métal, 2009) et (Mon pays, ce soir, 2011).
Le neuvième art ivoirien est caractérisé par plusieurs genres : réaliste, semi-réaliste,
humoristique, science-fiction, etc. L'humour est le plus prisé par les Ivoiriens. Les thèmes
abordés par les auteurs ont trait à leur vécu quotidien. Les faits comme le chômage, le
banditisme, la pauvreté, le système D (débrouillardise), l’infidélité sont traités sur un ton léger.
Les auteurs qui animent cet univers culturel ivoirien sont nombreux : Gilbert G. Groud, Marguerite
Abouet (scénariste), Benjamin Kouadio, Lassane Zohoré, Lacombe, Bertin Amanvi, Hilary
Simplice, Kan Souffle, Jess Sah Bi, Atsin Désiré... Les personnages ivoiriens de bande
dessinée sont Cauphy Gombo, John Koutoukou, Tommy Lapoasse, Zézé, Dago, Sergent
Deutogo, Jo Bleck, Les sorcières, Petit Papou... Le journal satirique Gbich est pour beaucoup
dans la vulgarisation de ce médium qu'est la bande dessinée en Côte d'Ivoire.
Arts traditionnels[modifier | modifier le code]
L'art ivoirien se caractérise par de nombreux objets usuels ou culturels
(ustensiles, statues, masques, etc.) réalisés dans diverses matières et dans diverses parties du
pays par chacun des groupes culturels qui témoigne de son art de vivre par ses réalisations.
Ainsi, des matériaux tels le bois ou le bronze, le raphia ou le rotin ou encore
le bambou permettent la réalisation de vanneries, sculptures, meubles d’art, statues et masques.
Masque baoulé.
Les masques Dan, Baoulés, Gouros, Guérés et Bétés sont les plus connus. L’art du tissage est
également partagé par les Baoulés et les Sénoufos qui sont en outre reconnus pour leur peinture
sur tissu. Des figurines de cuivre servant autrefois à peser l’or sont aujourd'hui utilisées comme
ornementation, particulièrement dans l'aire culturelle Akan. Mais la danse, soutenue par une
variété d'instruments de musique (tam-tams, balafons), reste une pratique largement partagée
par tous les peuples ivoiriens traditionnels. Certaines danses ont acquis une célébrité nationale :
le Temate de Facobly, la danse des échassiers de Gouessesso et Danané, le Boloye du pays
sénoufo, le Zaouli du pays gouro. Il convient également de citer les poteries artistiques
fabriquées notamment par des femmes, et entièrement réalisées à la main. Les poteries
de Katiola sont les plus célèbres du pays. Ce patrimoine culturel est abondant et disponible. De
nombreuses œuvres traditionnelles (surtout les sculptures) sont vendues aux touristes de
passage dans les villes balnéaires comme Grand-Bassam ou Assinie. D'autres encore sont
exposées dans des galeries d'art ou au musée des civilisations d'Abidjan.
Des peintres tels que Gilbert G. Groud ou Michel Kodjo exposent assez fréquemment des
œuvres de notoriété, alors que la bande dessinée est dominée par Zohoré Lassane, caricaturiste
et fondateur du journal d'humour et de satire Gbich !.
Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]
La Côte d’Ivoire possède une grande variété de monuments historiques. Grand-Bassam,
première capitale de la Côte d’Ivoire, abrite le palais du Gouverneur, siège du premier
gouvernement à la colonie des Français à la république de Côte d’Ivoire, préfabriqué en France,
avant d'être reconstruit et amélioré en Côte d’Ivoire en 1893. La ville compte également au
nombre de ses bâtiments pittoresques de style colonial, la maison Varlet et la maison
Ganamet appartenant à l'époque à de riches commerçants et dont l'architecture intègre des
matériaux locaux de construction.
À Abidjan, la cathédrale Saint-Paul présente une architecture très particulière et contient deux
pans entiers de vitraux représentant l'arrivée des missionnaires en Afrique. À Yamoussoukro,
la basilique Notre-Dame-de-la-Paix de Yamoussoukro inaugurée et consacrée par le pape Jean-
Paul II en 1990, est une réplique de la basilique Saint-Pierre de Rome et peut accueillir, dans sa
partie centrale 18 000 personnes dont 7 000 assises, 30 000 personnes debout sur son parvis et
plus de 150 000 personnes debout dans l'espace compris entre les colonnes de son esplanade.
Elle est d'autre part considérée comme l'un des édifices religieux les plus grands et les plus
vastes au monde, respectivement en termes de hauteur et de superficie230 ,231, et a nécessité
environ 300 millions de dollars pour sa construction232. Mais le bâtiment de la Fondation Félix
Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix est également remarquable.
Dans le nord du pays, des édifices religieux musulmans de style soudanais caractérisés par un
type d'architecture introduit dans l'Empire du Mali au XIVe siècle sont également remarquables.
Les plus significatifs sont la mosquée de Kaouara (département de Ouangolodougou),
la mosquée de Tengréla, la mosquée de Kouto, la mosquée de Nambira (sous-préfecture de
M'Bengué), les deux mosquées de Kong ayant, selon les spécialistes, une triple valeur
architecturale, historique et patrimoniale233.
Sports[modifier | modifier le code]
Didier Drogba, ancien capitaine de l'équipe de football de Côte d’Ivoire.
De nombreuses disciplines sportives sont pratiquées dans le pays. Des possibilités diverses de
pratique de golf existent avec les terrains de golf d’Abidjan, de Yamoussoukro et de San-
Pédro qui offrent quatre parcours de 9 à 18 trous. Chaque année un open international doté du
prix Félix Houphouët-Boigny est organisé et enregistre des participants de notoriété.
Les plans d’eau lagunaires et la mer offrent aussi de véritables possibilités sportives dont
notamment la pêche sportive, la plongée et la chasse sous-marine, le surf, la voile, la planche à
voile, le canoë-kayak ou encore le beach-volley. L’équitation ainsi que les sports
mécaniques (rallye du Bandama, moto-cross) sont également pratiqués dans le pays.
Le handball, le basket-ball, le volley-ball, le rugby, l'athlétisme et le tennis figurent parmi les
disciplines sportives également pratiquées en Côte d’Ivoire.
Cependant, le football reste le sport roi en Côte d’Ivoire. Néanmoins la plupart des clubs
professionnels font face à des difficultés financières234. Ce sport populaire jusque dans les
contrées les plus profondes du pays est largement pratiqué. Chaque ville et même chaque
quartier organise ses propres tournois de maracana (Il faut souligner au passage que la Côte
d'Ivoire a une équipe nationale de Maracana qui a été championne à la Coupe d'Afrique des
Nations de Maracana en 2012 et 2013). La Fédération ivoirienne de football organise et encadre
la discipline dominée à l'échelon national par les équipes de l'Africa Sports National et l'ASEC
Mimosas dans le temps. Mais depuis deux ans, le Séwé Sport de San Pédro règne sur le
championnat national. De nombreux footballeurs évoluent hors du pays dans des formations
sportives prestigieuses. Ils sont pour la plupart, sélectionnés dans l'équipe nationale – les
Éléphants – lors des compétitions sportives internationales. Autrefois emmenés par des joueurs
comme Ben Badi, Gadji Celi et Alain Gouaméné, les Éléphants connaissent également un franc
succès avec la génération Didier Drogba qui a notamment été la première à avoir été qualifiée
pour la Coupe du monde de football 2006.
Masques et statuettes en exposition dans le commerce.
Le paysage médiatique est animé par les organes audiovisuels, la presse écrite, les organes de
régulation de la profession, en l'occurrence la Commission nationale de la presse remplacée en
2004 par le conseil national de la presse (CNP) et le Conseil national de la communication
audiovisuelle (CNCA) et un organe d'autorégulation : l'Observatoire de la liberté de la presse,
l'éthique et de la déontologie (OLPED). Depuis 1991, les médias en Côte d’Ivoire sont régis par
la loi235,236,237. La Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI) est l'organisme de diffusion
radiophonique et audiovisuel de l'État ivoirien. Elle est financée par la redevance, la publicité et
des subventions. Elle comporte deux chaînes de télévision et deux stations de radio : La
Première, généraliste ; TV2, thématique dédiée au divertissement en majorité et émettant dans
un rayon limité à 200 km autour d'Abidjan ; Radio Côte d'Ivoire, généraliste ; Fréquence 2, chaîne
de divertissement ; Radio Jam, première radio privée du pays ; Africahit Music TV.
Des journaux de diverses audiences paraissent également principalement à Abidjan. Hormis les
journaux du Groupe Fraternité Matin (Presse d'État, 25 000 exemplaires, quotidien), la quinzaine
d'autres titres est détenue par des entreprises privées.
Musique[modifier | modifier le code]
Danse de réjouissance, masque Zaouli du pays Gouro, région du Centre ouest de Côte d'Ivoire.
Article détaillé : Musique ivoirienne.
La musique ivoirienne comporte plusieurs courants qui peuvent se répartir entre les précurseurs
(Ziglibithy, Gbégbé, Lékiné...), ceux de seconde génération
(Zouglou, Meiway, Mapouka, Youssoumba...) et les courants modernes (coupé-décalé). Elle
intègre également de nombreuses danses. Les animateurs des courants précurseurs sont, pour
les plus connus : Amédée Pierre, roi du Dopé (nom bété du rossignol), Allah Thérèse, Tima
Gbahi, Guéi Jean, Zakry Noël, n-zi (r&b). Les moins traditionalistes sont Anouman Brou
Félix, Mamadou Doumbia, François Lougah, Ernesto Djédjé et Justin Stanislas. Une vague
d’artistes modernes peut être citée. Il s’agit pour le reggae, de Alpha Blondy, Tiken Jah, Ismaël
Isaac, Serges Kassi, Fadal Dey ; pour le zouglou : Serges Bilé, Yodé et l’enfant siro, Magic
System, Soum Bill, Espoir 2000, pour le Youssoumba, Aboutou Roots ; pour la musique
mandingue, de Aïcha Koné, Mawa Traoré, Kandet Kantet, Affou Kéïta ; pour la musique des
Disc-Jockeys, de Douk Saga, La Jet Set, DJ Arafat, Debordo Leekunfa, DJ Lewis, Don Mike le
Gourou, DJ Jacob et bien d'autres ; pour les variétés, de Meiway, Les Reines-Mères avec
Werewere Liking et N'serel Njock, Bailly Spinto, Johnny La Fleur, Luckson Padaud, Betika, Affo
Love, Mathey, Tiane, Nigui Saff K-Dance, Sothéka, Alain de Marie, Joëlle-C ; pour le jazz, Luc
Sigui, Paco Sery, et Isaac Kemo saxophoniste talentueux, pour la musique religieuse, de
Schékina, O’Nel Mala, Pasteur Adjéi, Constance, les frères Coulibaly... et pour la musique
sentimentale, de Daouda Frost.
RTI Music Awards récompense les meilleurs artistes ivoiriens et africains de l'année. Ce trophée
est décerné par la RTI.
Cinéma, théâtre et télévision[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Cinéma ivoirien.
Le genre théâtral est dominé par la troupe panafricaine du centre culturel Ki-Yi Mbock de
Werewere Liking et de nombreux humoristes dont Digbeu Cravate, Zoumana, Adjé Daniel, Gbi
de Fer, Jimmy Danger, Doh Kanon, Adrienne Koutouan, Marie Louise Asseu, Adama Dahico,
Bamba Bakary et le duo Zongo et Tao qui, tous, se produisent à la fois dans les salles de
spectacles, à la télévision et dans des films.
Le cinéma ivoirien, depuis l'avènement du numérique, a connu, dès 2004, de nouvelles sorties de
films comme Coupé-décalé de Fadiga de Milano, Le Bijou du sergent Digbeu238 de Alex
Kouassi, Signature de Alain Guikou ou Un homme pour deux sœurs de Marie-Louise Asseu.
Actuellement on assiste à la sortie d'un film tous les trois mois en moyenne. Ces films
connaissent souvent des défauts techniques (image ou son), mais leur rythme de production
représente, grâce au numérique, un nouveau départ pour le cinéma ivoirien.
Le Marché des arts du spectacle africain (MASA) créé en 1993 par l’Organisation internationale
de la francophonie, est devenu depuis mars 1998 un programme international de développement
des arts vivants africains. C'est un projet artistique panafricain comprenant un marché de
spectacles, un forum de professionnels et un festival qui se déroule à Abidjan tous les deux
ans239.
Faya Flow est le plus grand concours de hip hop de Côte d'Ivoire. Il est organisé depuis 2005 par
l’association Jeunesse Active de la Culture Hip hop (JACH, lu « jack »). Consacrant l’usage de la
parole, du corps, et de la scène ; notamment à travers les chants et textes poétiques, la danse et
la chorégraphie, ce concours révèle le potentiel artistique des talents en herbe qui sont par la
suite récompensés et encouragés.
La série télévisée Ma famille a rencontré un large public dans toute la sous-région.
Cuisine[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Cuisine ivoirienne.
Une planche de bande dessinée réalisée par Benjamin Kouadio alias Kbenjamin dénonçant un
comportement raciste.
Relations internationales[modifier | modifier le code]
Le Secrétaire général de l'ONU échangeant avec le ministre ivoirien des Affaires étrangères à Abidjan.
En Afrique, la diplomatie ivoirienne a privilégié l'option d'une coopération par paliers. Elle forme,
en 1959, le Conseil de l'Entente avec le Dahomey (Bénin), la Haute-Volta (Burkina Faso)
le Niger et le Togo ; en 1965, l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) ; en 1972,
la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) ; et en 1975 la Communauté
économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Membre fondateur de l’Organisation de
l'unité africaine (OUA) en 1963, puis de l’Union africaine en 2000, la Côte d’Ivoire y défend le
respect de la souveraineté des États ainsi que le renforcement de la coopération et de la paix
entre les pays africains.
Dans le monde, la diplomatie ivoirienne milite pour des relations économiques et commerciales
équitables, notamment la juste rémunération des productions agricoles et la promotion de
relations pacifiques avec tous les pays. La Côte d’Ivoire entretient de ce fait des relations
diplomatiques avec de nombreux pays d'Afrique et du monde240. Elle a notamment signé
la Convention relative au statut des réfugiés, son protocole de 1967, et la Convention de 1969
gouvernant les aspects spécifiques des problèmes du réfugié en Afrique37. Ses représentations
diplomatiques à l'étranger sont installées sur tous les continents et ce pays, membre de l'ONU,
entretient des rapports plus ou moins étroits avec plusieurs nations.
Relations avec la Chine[modifier | modifier le code]
Coopération sino-ivoirienne entre 1983 et 2013.
Selon Xavier Aurégan, doctorant à l'Institut français de géopolitique241, de 1983 à 2013, 174
projets de coopération (aide publique au développement) et investissements chinois ont été
réalisés en Côte d'Ivoire242. Sur ces 174 projets, 112 représentent environ 12 milliards d'euros. Le
projet le plus coûteux est le pôle urbain à Abidjan (8,9 milliards d'euros). En outre, les
infrastructures constituent 86 % de l'aide publique chinoise. La majorité de cette dernière fut
accordée durant la crise politique ivoirienne entre 2002 et 2010, soit, 69 % (8,3 milliards d'euros)
sous la présidence de Laurent Gbagbo243.
À Abidjan, les ressortissants chinois sont environ 2 500. Ils exercent principalement dans le
commerce, à Adjamé, ou la restauration, à Cocody. Ils ont créé environ 100 entreprises244.
En 2022, la Chine accorde des bourses pour aider a la scolarisation d'élèves ivoiriens245.