Fusions Acquisitions
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Acquisitions
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�Analyser et évaluer la société cible 173.
�Négocier avec efficacité
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© Dunod, 2019
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
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www.dunod.com
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ISBN 978-2-10-079608-3
:Aiva
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Table des matières
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Préface de Patrick Navatte
1668
(Président honoraire de l’université Rennes I) IX
118:
Introduction 1
173.
159.
Partie 1
105.
acquisitions
1
7
046:
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4 Entraver les actions d’un concurrent gênant 29
8483
5 Limiter les entrées au sein du secteur 30
Section 3 La recherche de synergies opérationnelles 31
1668
1 Synergies de coûts liées aux effets de volume 31
118:
2 Synergies de coûts liées au partage de ressources 32
173.
3 Synergies de croissance 33
4 Synergies : motifs ou justifications ? 34
159.
63
Section 1 Les acquisitions par achat d’actions 63
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IV
univ.
Table des matières
61
1 L’acquisition ou la location-gérance d’un fonds de commerce 96
8483
2 L’acquisition d’une entreprise individuelle 98
1668
3 L’acquisition des parts sociales ou d’actions 99
118:
1 Les opérations de cession 101
2 Les opérations de scission (split-up, spin-off, split-off) 102 173.
159.
Partie 2
995:
111
0641
V
univ.
Fusions Acquisitions
61
8483
2 Structurer l’acquisition via un LBO 177
3 Adapter la politique financière du nouvel ensemble 187
1668
Section 3 Estimer le potentiel de création de valeur 191
118:
1 Appréhender les différents critères de la création de valeur 191
2 Évaluer les synergies 194
3 Estimer la valeur potentielle du nouvel ensemble
173. 196
159.
VI
univ.
Table des matières
61
Section 1 Les erreurs à éviter durant la phase de préparation 256
8483
1 La focalisation sur une cible 256
2 L’imitation de la concurrence 257
1668
3 L’absence de remise en cause 258
118:
4 La confiance excessive accordée aux experts 259
Section 1 Les erreurs à éviter durant la phase de négociation 260
173.
1 Le refus de la confrontation 260
159.
Partie 3
Études de cas
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271
1 Les étapes du développement de l’entreprise Elan 272
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VII
univ.
Fusions Acquisitions
61
Conclusion 300
8483
Postface 301
1668
Glossaire 303
118:
Bibliographie 311
Index 173. 323
159.
105.
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VIII
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Préface
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e livre d’Olivier Meier et Guillaume Schier nous fait pénétrer au cœur des
118:
motivations des opérations de fusions-acquisitions, de leurs avantages, mais
aussi de leurs difficultés de mise en place.
173.
D’opérations soigneusement élaborées dans une liste d’acquisitions prévues à celles
isolées réalisées dans l’urgence du fait d’une forte contrainte stratégique (modifi-
159.
cation subite de la taille d’un marché), toute la palette des situations envisageables
105.
est passée en revue. Les différentes motivations sont également étudiées en détail.
En effet, ce mode de croissance, tout de même exceptionnel, est aujourd’hui utilisé
995:
par tous les groupes de sociétés pour gagner du temps, s’adapter, capter un marché,
développer des synergies ou renforcer et défendre leur position.
1
8887
gration des deux entités co-contractantes, et là, beaucoup d’efforts doivent y être
0641
Pour tenter de mener à bien ces projets de regroupement, Olivier Meier et Guillaume
Schier nous proposent une démarche qui devrait faciliter l’occurrence d’un résultat
ncity
satisfaisant. D’un point de vue très pragmatique, ils mettent en relief les étapes
cruciales de mise en œuvre du dispositif « fusion-acquisition », qu’ils présentent à
:Aiva
des cibles potentielles, puis lors de la phase de négociation, sur la création de valeur
et l’organisation de la prise de contrôle.
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Suit alors la phase d’intégration où l’on constate souvent que si les effets de
volumes sont immédiats, la réalisation d’économies d’échelle et la mise en œuvre
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Introduction
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et ouvrage trouve son origine dans le rôle et l’influence grandissants que
connaissent les opérations de fusions-acquisitions dans le cadre de la politi-
118:
que de développement des firmes. En effet, si la croissance par fusions-
acquisitions est depuis la fin des années 1960 un objet d’attention, la libéralisation
des mouvements de capitaux, le développement des marchés financiers, l’interna- 173.
159.
tionalisation de l’économie et la déréglementation, ont été propices au développe-
ment de ces opérations.
105.
Ces opérations concernent aussi bien les groupes cotés qui s’orientent actuellement
vers des logiques de recentrage et de consolidation de leurs activités au plan mondial,
995:
que les entreprises non cotées devant faire face à des problèmes de croissance ou de
succession. Elles constituent par conséquent l’un des principaux modes de dévelop-
1
8887
Dans un grand nombre de cas, estimé à près de 50 % des transactions opérées, les
fusions-acquisitions se révèlent des manœuvres décevantes sur le plan économique,
ncity
à acquérir des PME/TPE ? Comment revenir sur une acquisition par cession ou par
scission ? Autant de questions qui imposent aujourd’hui d’analyser les enjeux et les
risques associés aux différentes phases du processus, en associant autant que possible
la stratégie, la finance et le management.
Les pages qui suivent tentent de répondre à ces interrogations. Elles mettent en
particulier l’accent sur les étapes critiques d’un processus de fusion-acquisition, de la
phase de préparation à sa mise en œuvre opérationnelle. Ainsi, la première partie du
livre est consacrée à l’analyse des caractéristiques et motivations de la croissance par
fusion-acquisition et à la présentation des principaux aspects financiers et juridiques
de ces opérations. La deuxième partie est essentiellement orientée sur la conduite de
ces opérations à partir d’un examen attentif des pièges et critères à prendre en compte
dans le montage et la mise en œuvre d’une fusion-acquisition.
Cet ouvrage offre par conséquent une présentation globale du traitement des
opérations de fusions-acquisitions, à la fois sous un angle théorique et pratique.
61
Il formalise les enseignements dispensés par les auteurs depuis plusieurs années et
8483
leurs expériences de la pratique de ces opérations. Il se révèle ainsi un guide utile
pour les dirigeants qui souhaitent initier une politique de fusions-acquisitions, pour
1668
les cadres et responsables amenés à gérer ou à vivre la réalité de ces opérations, et
pour les étudiants en gestion et en économie qui souhaiteraient approfondir le thème
118:
de la croissance externe.
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Analyse financière
Le développement par
fusions-acquisitions Partie 118:
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Chapitre 1
159.
stratégiques
995:
et montages financiers
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Introduction ■ Chapitre
Enjeux et
caractéristiques
des fusions-
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termine par une synthèse des principaux fondements théoriques associés à la crois-
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sance externe.
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© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
firme, ses pratiques n’en sont pas moins multiples. En effet, il existe à la disposition
de l’entreprise initiatrice différentes formes juridiques et montages financiers associés
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Chapitre
Le développement
1 par fusions-
acquisitions
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SOMMAIRE
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Une attention est également accordée aux différentes classifications existant dans le
domaine de la croissance externe et plus particulièrement des fusions-acquisitions.
:Aiva
Le chapitre se termine par une présentation des fondements théoriques associés à cette
manœuvre stratégique.
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univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
Section
1 Fusions-acquisitions :
pratiques de la croissance externe
61
d’actions. Dans le cas des acquisitions, les actifs de l’entreprise cible sont détenus
8483
indirectement par l’acheteur à travers la détention d’actions qui définissent son droit
de propriété sur la cible. En tant que telles, ces opérations constituent l’une des
1668
principales pratiques de la croissance externe. On entend par croissance externe, un
mode de développement fondé sur la prise de contrôle de moyens de production déjà
118:
organisés et détenus par des acteurs extérieurs à l’entreprise. Selon cette perspective,
la croissance externe provoque le passage de l’entreprise cible sous la coupe d’un
173.
nouvel acteur économique, l’acquéreur, qui détient une autorité de droit sur la struc-
ture acquise (droits de propriété).
159.
ne constituent donc pas une stratégie1 en soi. Elles sont essentiellement un moyen au
service du développement de l’entreprise. On peut d’ailleurs noter qu’il existe d’autres
995:
d’actifs en ordre de fonctionnement (achat d’une usine). Il est à noter que les opé-
8887
d’une fusion entre deux sociétés d’un même groupe, dans le but de rationaliser la
gestion des activités aux plans administratif et juridique. Dans ce cas, le regroupement
0641
relève d’une logique de fusion, sans qu’il y soit pour autant question d’une politique
de croissance externe. Il s’inscrit avant tout dans une perspective de réorganisation
:211
l’angle de la croissance externe. Pour des raisons de commodité, il peut nous arriver
d’employer les termes de fusions-acquisitions pour désigner la croissance externe,
:Aiva
1. On entend, par stratégie, l’ensemble des choix qui mettent en jeu les grandes orientations de l’activité et les
larvo
structures même de l’entreprise. Les décisions stratégiques concernent généralement des décisions relatives aux
métiers de l’entreprise (et à ses domaines d’activité), à son organisation interne (type de structure/mode de fonc-
tionnement) et à ses relations avec l’extérieur (actionnaires, clients, fournisseurs, partenaires).
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8
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
61
ces manœuvres présentent également un caractère singulier qui limite la capacité
8483
d’apprentissage et la gestion des expériences. Même dans le cas d’opérations com-
parables, l’expérience accumulée dans le domaine se heurte généralement aux
1668
qualités propres des entités et aux caractéristiques distinctives d’une dynamique
relationnelle. Si les mécanismes d’apprentissage peuvent donc contribuer à une
118:
meilleure efficacité, ils apparaissent néanmoins comme une source potentielle de
biais cognitifs, facteurs d’erreurs ;
––les décisions de fusions-acquisitions se prennent généralement dans l’urgence, 173.
159.
sous la pression des concurrents et des événements, ce qui conduit à des risques
fréquents de précipitation. Il peut ainsi arriver que les fusions-acquisitions se
105.
rend parfois visibles des enjeux que l’acheteur souhaiterait garder confidentiels. Il
en va de même en ce qui concerne les réponses à apporter aux différentes parties
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
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univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
8483
Le développement par fusions-acquisitions constitue l’un des principaux moteurs
de la croissance externe et s’oppose dans ses principes aux politiques de croissance
1668
interne. Elle est revanche proche de la croissance conjointe avec laquelle il ne faut
cependant pas la confondre, les caractéristiques, les enjeux et les risques associés
118:
étant de nature fondamentalement différente.
173.
2.1 Comparaison avec la croissance interne
159.
son capital productif par croissance interne ou prendre le contrôle d’actifs dispo-
nibles dans d’autres entreprises en ayant recours à la croissance externe. La crois-
046:
1. Dans la pratique, en fonction des événements et des circonstances, il peut arriver qu’une des options s’impose
à l’entreprise, sans qu’il y ait eu nécessairement besoin d’une analyse stratégique approfondie (contraintes spéci-
fiques, opportunités à court terme…).
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10
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
Types d’entreprises
Avantages Inconvénients principalement
61
concernées
8483
Exploitation d’un Vulnérabilité de l’activité TPE et PME familiales non
domaine connu en cas de changement de cotées en bourse
permettant de capitaliser conjoncture ou de
1668
sur l’expérience et le maturité du marché Entreprises ayant fait le
savoir accumulé choix de la spécialisation
118:
Difficultés pour atteindre
Maintien de l’identité de une taille critique
Croissance
173.
l’entreprise suffisante
interne
Préservation de Délais d’apprentissage
159.
l’indépendance longs
105.
Absence de
réorganisation ou de
995:
restructuration
regroupées ou de l’intégration
Exploitation de synergies verticale
de coûts ou de Coût de l’intégration
:211
Croissance
complémentarités physique des activités
externe
(réorganisation)
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Augmentation du pouvoir
de marché de l’entreprise Impact psychologique de
– réduction de la l’opération sur le climat
:Aiva
concurrence social
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Intégration culturelle et
managériale des entités
délicate
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11
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
de capital), et non pas d’accord ponctuel comme pour une sous-traitance. Ce mode de
8483
développement rappelle en effet celui de la croissance par acquisition, en inscrivant la
relation dans un cadre formel et en offrant aux deux partenaires des avantages liés à la
1668
taille de la nouvelle entité (réduction des coûts/économies d’échelle) et à la coordina-
tion commune de ressources. L’alliance stratégique permet à des entreprises de faire
118:
ensemble ce qu’elles ne pourraient pas réaliser seules. Elle peut également modifier
la position des acteurs au sein de l’environnement et est par conséquent soumise à
différents mécanismes de contrôle (information des autorités de marché, protection 173.
des intérêts des actionnaires minoritaires). Enfin, à l’instar de la croissance externe,
159.
moyens apportés par les parties dans le but de développer une nouvelle activité,
alors que les opérations de fusions-acquisitions se caractérisent par la prise de
046:
système d’autorité unique. Dans une alliance avec filiale commune, les partenai-
res participent à la direction de la nouvelle entité et contribuent de manière signi-
:211
ficative aux décisions par leur droit de vote. L’existence d’un contrôle partagé peut
dès lors poser des problèmes de management en cas de désaccords entre les par-
ncity
tenaires. En effet, les possibilités d’arbitrage sont rendus plus délicates, compte
tenu du positionnement de chacune des firmes au sein de la relation (position
:Aiva
d’alliés). Ceci explique d’ailleurs que pour des alliances hautement stratégiques,
x.com
1. Cette forme de développement est parfois désignée sous le nom de croissance conjointe (Paturel, 1997).
2. À distinguer de la reprise commune d’une société existante devenant après achat la propriété commune des
larvo
deux partenaires (dans ce cas, ce mode de croissance est un cas particulier de croissance externe).
3. On peut citer à titre d’exemple l’association qui a été réalisée entre Ericsson et Sony (avec la création d’une
filiale commune à 50-50) pour la fabrication des combinés mobiles en octobre 2001.
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12
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
une attention particulière soit accordée aux modalités et limites d’utilisation des
ressources et au sort qu’il leur sera réservé à la sortie de l’accord ;
––la résolution des conflits d’intérêts demeure plus délicate à traiter dans le cas
d’alliances avec filiale commune. En effet, dans le cadre d’une alliance stratégi-
que, il n’y pas nécessairement renoncement à des intentions opportunistes ou
concurrentielles. L’alliance peut même dans certains cas s’apparenter à une forme
de compétition déguisée, une arme concurrentielle destinée à attirer le partenaire
dans un piège1. Dans l’hypothèse d’un conflit stratégique, il appartient donc aux
parties de mettre en place une procédure de « divorce » permettant de préserver la
valeur créée par l’alliance (mise en place de dispositions capables de résoudre les
conflits) et de protéger les positions respectives des partenaires concernés.
Cette situation est moins problématique lors d’une opération de croissance
externe, même de nature coopérative. En effet, en cas de difficulté, quelle qu’en
soit l’origine, l’autorité de droit de l’acheteur s’exerce et peut amener ce dernier à
61
reprendre intégralement le management de la relation ;
8483
––une autre caractéristique de l’alliance avec filiale commune est que chaque allié
conserve une certaine indépendance et peut continuer, malgré l’accord, à faire
1668
concurrence aux autres parties sur les marchés ;
––enfin, les alliances avec structure commune donnent la possibilité à chacune des
118:
parties de se désengager librement. En effet, malgré les coûts générés par la ces-
sation de l’accord, le degré de liberté laissé aux parties en dehors de l’alliance rend
plus aisé la sortie des partenaires. 173.
159.
(100 %, 70 %, 51 %), et la nature du contrôle de l’entité achetée (les titres peuvent
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
initiatrice à acheter une autre firme (motifs stratégiques offensifs, motifs défensifs,
approche opportuniste, enjeux politiques ou personnels) ;
ncity
––le degré d’affinité relationnelle entre les entités avant achat (hostile, inamicale,
amicale), à savoir la manière dont l’initiateur a abordé sa relation avec l’entité
:Aiva
1. Voir Hamel G., Doz Y.L. et Prahalad C.K., « S’associer avec la concurrence : comment en sortir gagnant ? »,
Harvard-L’Expansion, 54, 1989, p.24-32.
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univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
visent généralement à la spécialisation et au contrôle d’une partie importante du
8483
marché ;
––les fusions-acquisitions verticales : il s’agit de fusions-acquisitions entre firmes
1668
situées à des stades différents d’une même filière. C’est le cas par exemple de GDF
qui poursuit sa politique d’intégration de la chaîne gazière en rachetant des socié-
118:
tés d’exploration et de production de gaz, comme TCIN. Ce type de rapproche-
ment peut par conséquent prendre la forme d’une politique d’intégration en amont
173.
de la filière (achat de fournisseurs). Il peut également se faire en aval par l’acqui-
sition de réseaux de distribution. C’est l’option prise par le groupe Walt Disney
159.
14
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
Section
2 Les fondements théoriques
61
1 La mise en œuvre de synergies
8483
Le concept de synergie est associé à la théorie de l’efficience selon laquelle les
1668
opérations de fusions-acquisitions créent de la valeur par la mise en œuvre de syner-
gies. La réalisation de synergies correspond globalement à une création de valeur
118:
supplémentaire obtenue grâce au regroupement des entreprises concernées et qui
n’aurait pas été obtenue sans la mise en œuvre effective de ce regroupement1.
173.
On distingue généralement trois types de synergies qui peuvent être mises en œuvre
dans une opération de fusion-acquisition :
159.
breux cas, les synergies de coûts résultent de l’existence d’un effet d’échelle
1
––les synergies financières peuvent prendre différentes formes. Elles passent par
exemple par l’augmentation de la capacité d’endettement du nouvel ensemble ou
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
Il faut cependant noter que la notion de synergie est un concept aux contours flous
qui est surtout appréhendé au travers de ses effets supposés, à savoir un accroissement
larvo
15
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
2 Le pouvoir de marché
61
Le concept de pouvoir de marché est au cœur des théories économiques explicatives
8483
des causes des opérations de fusions-acquisitions. Dans cette perspective, les entre-
prises réaliseraient des opérations de fusions-acquisitions pour renforcer ou accroître
1668
leur pouvoir de marché. L’objectif final serait d’arriver à la création de rentes, créant
ainsi un transfert de richesse des clients ou des fournisseurs vers l’entreprise.
118:
Si le concept de pouvoir de marché apparaît central dans l’analyse des opérations
de fusions-acquisitions, les études empiriques menées sur le sujet semblent pour la
plupart rejeter l’hypothèse d’un accroissement du pouvoir de marché à l’issue des 173.
opérations de fusions-acquisitions, que cela soit sous la forme d’une augmentation de
159.
prix imposée aux clients du nouvel ensemble ou sous la forme d’une augmentation
105.
ché, sous une forme plus restreinte, peut servir de justification théorique aux opéra-
tions dont l’objectif est de modifier le rapport de force existant au sein d’un secteur.
1
8887
L’évolution du rapport de force peut ne pas se traduire par une évolution significative
de la position concurrentielle, mais par son maintien, qui n’aurait pas été possible sans
un rapprochement avec un autre acteur. Ces approches ont ainsi le mérite de mettre
046:
les enjeux de pouvoir au sein d’une filière ou d’un secteur au centre des motivations
0641
Les asymétries d’information jouent un rôle essentiel dans le décryptage des méca-
:Aiva
2. Healy, Palepu et Ruback (1992), Porter (1987), Montgomery et Wilson (1986).
3. Jensen (1984), Akhavein et Berger (1997), Eckbo (1983).
scho
16
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
des informations privées qui les amènent à se lancer dans une opération de fusion-
acquisition. Les informations privées détenues par l’acquéreur peuvent concerner :
–– la valeur intrinsèque de la cible (cas 1) ;
–– la valeur intrinsèque d’une politique globale, où l’acquisition de la cible est un
moyen de prendre le contrôle de ressources nécessaires à la réalisation des objec-
tifs (cas 2).
Dans le premier cas, cela revient à considérer que les dirigeants de l’acquéreur sur
la base d’informations privées estiment que la cible est sous-évaluée. L’opération
de fusion-acquisition revient alors à réaliser une plus-value financière intéressante
(s’inscrivant ou non dans une vision stratégique de long terme). À l’inverse, dans le
second cas, l’exploitation des asymétries d’information s’appuie nécessairement sur
une vision stratégique avec une estimation de la création de valeur potentielle des
différentes actions associées à la politique générale. À titre d’exemple, l’acquisition
61
d’une société commerciale bien implantée dans un pays au sein duquel une entre-
prise souhaite prendre pied peut créer une valeur pour l’acquéreur bien supérieure
8483
à la valeur de la société cible, analysée de manière autonome. Cette différence de
maille d’analyse peut parfois expliquer les écarts importants constatés entre la valeur
1668
intrinsèque d’une entreprise (jugée en tant que telle) et le prix d’acquisition proposé
par l’acquéreur, sans pour autant invoquer des erreurs stratégiques ou des facteurs
118:
d’ordre irrationnel dans la décision (voir chapitre 8).
173.
Il faut noter que ces approches restent cohérentes avec la théorie de l’efficience des
marchés (sous sa forme semi-forte). Il suffit en effet, pour qu’un marché financier soit
159.
dit efficient, que les prix de marché incorporent toute l’information publique dispo-
nible. En revanche, selon la théorie de l’efficience des marchés, il n’est pas possible
105.
Dans le cas 1 (où l’acquéreur possède une information privée sur la valeur intrin-
sèque réelle de la cible), on peut noter que l’écart de valeur estimé n’est pas lié
0641
information privée.
Dans le cas 2, l’écart de valeur estimé est pour partie spécifique à l’acquéreur.
:Aiva
Il est fondé sur des projections faites par le management de l’acquéreur, en fonction
de la valeur future espérée de l’opération globale (Wensley, 1982). La répartition de
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la valeur créée entre les actionnaires de la cible et les actionnaires de l’acquéreur peut
alors être plus équilibrée. Il devient possible dans ce cas d’exploiter à son profit une
information privée.
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17
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
En revanche, les résultats empiriques tendent à infirmer certaines des conclusions de
8483
ces théories en montrant notamment l’absence de lien statistique entre la croissance
d’une firme et le niveau de rémunération des dirigeants, alors que l’on peut établir un
1668
lien statistique entre rémunération des dirigeants et rentabilité des entreprises.
118:
5 Les coûts d’agence et leurs extensions
173.
La théorie de l’agence prolonge les théories managériales de la firme en analy-
159.
(les actionnaires) mandate un agent (le dirigeant) pour gérer leurs intérêts, sans avoir
1
la possibilité d’observer les efforts réels déployés par les dirigeants (cf. non prévi-
8887
peut exister lorsque les dirigeants d’une entreprise ne possèdent qu’une petite fraction
du capital. Les dirigeants peuvent alors être enclins à poursuivre leurs intérêts propres
0641
–– des coûts directs liés aux systèmes d’information et de reporting mis en œuvre par
:Aiva
Dans cet esprit, les opérations de croissance externe peuvent être interprétées comme
un moyen de résoudre et de minimiser les coûts d’agence en mettant sous pression
les dirigeants qui, s’ils n’agissent pas dans l’intérêt des actionnaires, peuvent faire
larvo
18
univ.
Le développement par fusions-acquisitions ■ Chapitre 1
L’essentiel
La fusion-acquisition, pratique de la croissance externe, représente aujourd’hui
l’une des voies privilégiées par les entreprises pour se développer de façon
61
indépendante. Pourtant, si cette manœuvre a fait l’objet d’un réel engouement,
8483
ses résultats demeurent dans bien des cas décevants.
1668
Il convient donc d’apprécier les avantages et les inconvénients de cette option
par rapport aux autres modes de développement alternatifs. Ceci conduit
118:
généralement à opposer la croissance par fusions-acquisitions et le développement
interne.
Mais cette opposition ne rend pas compte de la diversité des situations et en 173.
particulier de la croissance conjointe (alliances stratégiques), qui peut également
159.
19
univ.
Objectifs
Chapitre
21 et motivations
stratégiques
61
8483
1668
118:
173.
159.
SOMMAIRE
105.
I
046:
0641
nistes. Nous concentrons notre analyse sur les motivations de nature stratégique,
principalement les critères de compétitivité et de sécurité.
ncity
:Aiva
Section
1 Les motifs stratégiques offensifs
x.com
larvo
L’objet de cette section est d’analyser les motivations stratégiques offensives d’un
développement par fusions-acquisitions.
scho
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
En effet, plusieurs raisons peuvent conduire une firme à recourir à des opérations
de fusions-acquisitions. Cette section est consacrée aux opérations dont l’objectif
principal est d’améliorer la position c oncurrentielle de l’entreprise en exploitant ou
valorisant les caractéristiques de l’entreprise acquise.
61
stratégies d’affrontement avec les principaux protagonistes de l’environnement, en
8483
ayant recours à des politiques concurrentielles agressives ou à des pressions à l’en-
contre des autres acteurs du secteur (« bargaining power »).
1668
La croissance externe peut en effet servir des intentions stratégiques offensives, en
permettant à l’entreprise de changer les règles du jeu en sa faveur. Il s’agit pour l’ache-
118:
teur d’utiliser les fusions-acquisitions comme des moyens pour augmenter son pouvoir
de domination ou d’influence sur le marché. Sur ce plan, cette stratégie est fortement
173.
liée à la capacité de la firme à agir de façon discrétionnaire sur le jeu c oncurrentiel,
en décidant par exemple de réduire les quantités produites afin de pouvoir augmenter
159.
en effet modifier durablement les rapports qu’entretient l’entreprise avec ses parte-
naires. L’accroissement du volume de matières premières qui résulte du regroupement
1
Cette position dominante sur le marché peut également s’exercer vis-à-vis des
clients de la firme en ce qui concerne par exemple des politiques de référencement
:211
Exemple
:Aiva
21
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
technologies et l’achat de marques réputées.
8483
La croissance externe peut avoir comme motif l’achat de ressources déjà exploitées
par le marché. Le transfert des ressources de l’entité achetée vers l’entreprise ache-
1668
teuse peut concerner la mise à disposition de ressources technologiques et l’équipe
porteuse du savoir-faire. Les motifs stratégiques de l’opération visent donc ici à
118:
rechercher des compétences spécifiques de l’entité acquise pouvant être transposées
vers l’entreprise acheteuse.
173.
Dans ce type d’opérations, l’entreprise acquise a donc essentiellement un rôle de
159.
« fournisseur de ressources » visant à compléter ou améliorer les capacités de l’entre-
prise acheteuse.
105.
995:
Exemple
1
Au cours de ces dernières années, Apple a acheté une vingtaine de sociétés spécialisées,
8887
GPS destinées aux grandes entreprises. Broadmap est en effet spécialisée dans la carto-
graphie et possède de nombreux outils et services spécialisés dans l’analyse des données
0641
géographiques. La seconde entreprise rachetée s’est faite connaître pour son bloc-notes
virtuel multiplateforme. De même, par l’acquisition du danois Lexel, le groupe Schneider
:211
Electric, qui développait ses activités dans la moyenne tension et les automatismes, a pu
s’engager dans la basse tension et proposer ainsi à ses clients des systèmes complets pour
ncity
a une forte notoriété et peut permettre à l’entreprise acheteuse de disposer d’une légi-
timité sur le marché de la cible, en particulier dans le cas d’opérations de croissance
larvo
22
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
L’objectif essentiel est ici de préserver le goodwill des marques des produits achetés
mais également celle de l’entreprise acquise. L’acquéreur n’a, sur ce point, aucun
intérêt à « décapitaliser » des marques prestigieuses, reconnues à l’international et
prometteuses pour l’avenir. En phase de pré-achat, la marque apparaît par conséquent
comme un objet de convoitise visant à capitaliser sur des ressources stratégiques déjà
exploitées sur le terrain avec succès (notoriété, image, réputation).
Exemple
61
8483
3 Prendre position sur un nouveau marché
1668
L’un des buts de la croissance externe peut être de prendre position sur des marchés
118:
nouveaux et porteurs (exploration) ou d’étendre ses activités à de nouvelles zones géo-
graphiques (internationalisation). Le développement international des firmes constitue
173.
souvent un passage obligé pour des sociétés en phase de croissance à la recherche d’une
compétitivité accrue face à des concurrents de plus en plus mondialisés. Dans un déve-
159.
loppement international, la croissance externe apparaît dès lors comme l’une des voies
privilégiées par les entreprises pour répondre à leurs objectifs de croissance, comme
105.
l’origine des avantages distinctifs des firmes, en particulier dans des secteurs haute-
1
efficace et rapide de prendre rapidement des parts de marché aux concurrents sur des
zones géographiques indispensables au développement de l’entreprise.
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
0641
Exemple
:211
La pénétration d’un marché étranger difficile d’accès est souvent l’occasion d’acquisi-
tions internationales. Ce fut par exemple le cas lorsque le Groupe Accor a acheté la chaîne
ncity
d’hôtels Motel 6, puis Red Roof Inns, pour devenir le premier groupe mondial géré ou en
propriété, mais aussi accéder au marché nord-américain.
:Aiva
La motivation de l’entreprise initiatrice repose donc davantage sur un pari sur l’avenir,
visant à prendre pied dans des domaines nouveaux pouvant à terme devenir les secteurs
scho
23
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
phares de l’économie. Suivant cette logique, l’entreprise acheteuse espère, après plusieurs
années de financement, un retour important en termes d’investissement, en bénéficiant de
l’avantage de tout pionnier ou précurseur. Il s’agit dans ce cas d’une politique de placement
raisonné, s’appuyant sur une analyse de l’intérêt stratégique que peut représenter l’acti-
vité dans le futur et sur sa possibilité de devenir un atout concurrentiel pour l’acquéreur.
Cette logique non financière prend généralement comme hypothèse que les métiers visés
pourront venir modifier ou remplacer les métiers existants de l’entreprise.
Exemple
61
8483
1668
4 Se renouveler, se régénérer
118:
La croissance externe peut faire l’objet d’une stratégie d’innovation fondée sur
les qualités propres des deux entités1. Elle conduit à rompre avec les règles du jeu
prévalant sur le secteur et à en imposer d’autres par la création de capacités nou- 173.
velles en rupture avec les pratiques existantes. Si le développement par innovation
159.
certains cas.
995:
Exemple
0641
La croissance externe de ICI sur Beatrice Chemical dans le domaine des matériaux avan-
cés a été réalisée à des fins de création d’un savoir-faire global entraînant un changement
:211
24
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
Dans ces deux cas de figure, l’innovation par croissance externe peut en effet
constituer un avantage par rapport aux autres modes de développement alternatifs,
en permettant à l’entreprise initiatrice, en dépit des risques encourus (manque de
visibilité, transformation fondamentale de l’organisation, modification des modes
de pensée), de :
––développer une stratégie autonome visant à transformer durablement l’environne-
ment et le système de relations (économiques) au sein du secteur ;
––mettre en commun les capacités de recherche et développement, en partageant les
coûts généralement élevés des programmes d’innovation ;
––réduire les risques d’opportunisme par une meilleure maîtrise du processus d’in-
novation (contrôle des équipes porteuses du savoir-faire) ;
––adjoindre aux avantages de l’innovation des avantages supplémentaires liés
notamment aux effets de taille (parts de marché, renforcement de l’image, écono-
61
mies d’échelle) et à l’exploitation des synergies opérationnelles.
8483
L’innovation par croissance externe constitue de ce fait une singularité qui consiste
à réconcilier la rente de position que confère l’acquisition (exploitation) et la rente
1668
de création (exploration). Elle se situe entre la logique de l’exploitation du poten-
tiel déjà existant et la logique de l’exploration, c’est-à-dire le renouvellement du
118:
potentiel. Cette stratégie de développement originale trouve sa justification dans le
recours à des innovations architecturales (combinaison particulière des ressources
des deux entités), voire dans certains cas radicales, en recherchant à renouveler le 173.
contexte de l’entreprise à travers la création d’avantages concurrentiels durables
159.
et distinctifs.
105.
Exemple
995:
On peut citer à titre d’exemple le cas de l’acquisition de Cerent par Cisco Systems.
1
8887
L’acquisition des produits Cerent, une start up qui réalisait alors un CA d’environ
50 millions de dollars, a permis de générer en moins d’un an près de 1 milliard de dollars
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
sition de symbiose, qui se traduit par une relation de dépendance mutuelle entre
l’acquéreur et l’entité acquise, qui décident face aux évolutions de l’environnement
x.com
25
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
Section
2 Les motifs stratégiques défensifs
61
sur le marché. Elle peut ainsi constituer, pour la firme, une solution pour continuer
8483
à augmenter ses parts de marché en dépit d’une diminution de la demande. Le degré
de maturité du secteur renvoie à la notion de cycle de vie qui distingue différentes
1668
phases d’évolution d’un secteur : les phases de démarrage, de croissance, de maturité
et de déclin. Ces quatre phases permettent de définir des espérances de croissance
118:
pour l’entreprise, corrélativement à l’évolution de ses parts de marché, de sa politique
commerciale et de la structure du secteur.
Volume
173.
159.
de ventes Introduction Croissance Maturité Déclin
105.
995:1
8887
046:
Temps
0641
ses concurrents en provoquant chez eux une nécessaire baisse d’activité (on se trouve
dans une situation de jeu à somme nulle). Cette situation rend souvent hasardeuses des
:Aiva
26
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
Dans cette situation, la croissance interne trouve souvent ses limites. La crois-
sance externe peut alors constituer une solution de développement pour une entre-
prise confrontée à la surcapacité productive du secteur. Ceci peut expliquer certains
mouvements de concentration que l’on peut observer dans les secteurs en maturité
ou en déclin.
Exemple
61
connexes face à une concurrence internationale accrue.
8483
1668
2 S’adapter aux évolutions technologiques
118:
Les entreprises doivent de plus en plus faire face à des changements technologiques
permanents qui les condamnent sans cesse à maintenir leur potentiel technologique
173.
pour pouvoir rester compétitives. La diffusion rapide des technologies crée en effet des
conditions propices à la création de nouveaux produits ou procédés et un besoin accru
159.
sous peine de voir leurs activités et leur position au sein du secteur fortement mena-
cées (risque d’obsolescence de certains produits, perte d’avantages concurrentiels,
995:
en particulier dans des secteurs aussi mouvants que les biotechnologies ou les nou-
8887
Exemple
La capacité des fabricants de systèmes d’impression d’associer leurs matériels à des solu-
larvo
tions logicielles est devenue un facteur clé pour assurer leur pérénnité. Soumise à cette
évolution du marché à l’instar de ses concurrents, l’entreprise japonaise Kyocera
scho
27
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
Document Solutions a été par conséquent amenée à racheter le groupe allemand Ceyoniq
Technology. Ce dernier conçoit une solution ECM (gestion des contenus d’entreprise),
baptisée Nscale. Ce rapprochement permet au nouveau groupe de s’adapter aux évolu-
tions technologiques du secteur et de proposer de nouvelles offres packagées, couplant
ses matériels à la plateforme ECM.
61
plus ou moins forts avec l’extérieur. Désormais, la taille de l’entreprise, sa position
8483
concurrentielle ou encore sa gestion s’apprécient en fonction d’une maille d’analyses
qui dépasse le simple cadre national. La conséquence directe de ce mouvement est le
1668
changement de perception de l’importance des entreprises qui varie selon leur niveau
d’internationalisation. Une entreprise d’envergure nationale, jadis firme puissante d’un
118:
point de vue économique, ne peut en aucune mesure être apparentée à certaines firmes
multinationales dont la puissance financière et la taille sont cinq à dix fois supérieures.
La mondialisation des marchés conduit par conséquent les firmes à « grandir » par 173.
acquisitions pour légitimement prétendre s’inscrire dans le jeu concurrentiel qui évo-
159.
acquisitions apparaissent dès lors comme une réponse défensive à des mouvements
de concentration qui condamnent les entreprises à choisir entre « acquérir » ou « être
995:
acheté », au point de devenir (en fonction des dernières opérations réalisées) un can-
didat sérieux à la restructuration du secteur ou la cible idéale de repreneurs puissants.
1
8887
Exemple
:211
La plupart des analyses s’accordent sur le fait que les rapprochements dans le secteur de
ncity
l’automobile constituent une évolution inéluctable qui conduira, dans les 5 à 10 ans qui
viennent, à réduire le nombre de constructeurs à cinq principaux acteurs sur l’ensemble
:Aiva
1. On entend par mondialisation, l’interpénétration des économies nationales due principalement aux échanges
de flux de capitaux, de produits et de savoir-faire entre les pays et à la diffusion rapide des technologies. Cette
larvo
mondialisation entraîne depuis le milieu des années 1990 un mouvement de concentration dans de nombreux
secteurs (pharmacie, banques, automobile, télécommunications…), caractérisé par une vague de fusions-acquisi-
tions de taille et de dimension géographique sans précédent.
scho
28
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
Effets de la
croissance Temporaire Durable
61
externe
8483
Neutralisation du concurrent par Élimination pure et simple du concurrent
Direct renforcement du pouvoir de marché
1668
de la firme
118:
Indirect
par saturation de l’espace convoité contre-projet de fusion-acquisition
La croissance externe peut ainsi servir une intention stratégique défensive dans plu- 173.
sieurs situations et conduire à des réponses plus ou moins fortes comme par exemple :
159.
firme. Cette stratégie de prévention trouve une application dans l’achat de Promo-
dès par Carrefour, en vue de disposer d’une taille suffisamment dissuasive pour
995:
européen. Cette action visait par conséquent à réduire l’intérêt d’une éventuelle
prise de contrôle sur les marchés où l’entreprise évolue ;
:Aiva
opposa BNP à Société Générale et Paribas dans leurs tentatives de devenir le pre-
mier groupe bancaire français et de se positionner favorablement à l’international.
larvo
BNP dut en effet réagir rapidement au projet de fusion SG Paribas, en initiant une
contre-OPE sur les deux banques. Cette réaction rapide permit à BNP d’éviter
scho
29
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
leur stratégie de développement ;
8483
––les entreprises situées sur des marchés ou secteurs connexes, à la recherche d’éco-
nomies de champ ;
1668
––les firmes disposant de ressources financières élevées, désireuses de prendre posi-
tion sur des activités rentables à court ou moyen terme, selon qu’il s’agisse de
118:
motivations stratégiques (renouvellement du portefeuille d’activités) ou finan-
cières ;
173.
––les entreprises clientes ou fournisseurs, ayant pour objectif d’élargir leurs compé-
159.
tences au sein de la filière, par une intégration vers l’amont ou l’aval.
Ce type de menaces est d’autant plus fort pour l’entreprise que l’accès à l’activité
105.
de la menace de nouveaux entrants. Elle est néanmoins plus difficile à cerner car
1
elle repose sur une modification du marché de référence. Les offres de substitution
8887
sont des offres qui remplissent une fonction semblable aux offres existantes pour le
même groupe de consommateurs, mais qui se basent sur des technologies différentes.
046:
La menace de ces offres est d’autant plus vive que les modifications technologiques
apportées viennent modifier favorablement le rapport qualité/prix au regard de ce qui
0641
ces de manière indépendante. La croissance externe peut dès lors apparaître comme
une manœuvre indispensable pour faire face à ces menaces externes, en permettant
:Aiva
En effet, comme l’a montré M. Porter (1986), les obstacles à l’entrée peuvent être
fortement renforcés par le rapprochement entre l’entreprise et l’un des acteurs de
l’environnement (concurrent, fournisseur, distributeur). Cette option permet à l’entre-
larvo
prise d’imposer des normes d’entrée très coûteuses qui peuvent rendre la politique de
pénétration trop risquée ou insuffisamment rentable.
scho
30
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
Exemple
Pour certains analystes, l’acquisition de Promodès par Carrefour fut considérée comme
une acquisition stratégique défensive, face aux rumeurs d’un rachat par son concurrent
américain Walmart (stratégie d’anticipation). Certains opérateurs du marché considé-
raient que le Groupe américain de distribution pouvait à l’époque envisager cette éventua-
lité, pour occuper une position forte sur le marché européen (après l’échec de sa tentative
en Allemagne). Face à cette menace, le rapprochement entre Carrefour et Promodès pou-
61
vait par conséquent se voir comme un moyen de dissuader le Groupe Walmart d’entrer sur
8483
le marché français et européen. Avant le rachat, Carrefour était une cible privilégiée pour
une entreprise américaine souhaitant s’implanter en Europe. Le distributeur français était
1668
en effet leader de la distribution en France, mais aussi en Espagne, en Italie et en Belgique,
et occupait des positions stratégiques dans les marchés d’Europe de l’Est qui étaient sus-
ceptibles d’intéresser Walmart.
118:
173.
159.
Section
3 La recherche de synergies oPérationnelles
105.
995:
Les synergies sont souvent avancées comme l’une des motivations des dirigeants
dans leur choix de croître par fusion ou acquisition. Cette section s’interroge sur le
1
rôle des synergies dans les opérations de fusions-acquisitions et son utilisation en tant
8887
Les synergies de coûts par effet de volume constituent la raison la plus souvent
invoquée lors d’un rapprochement d’entreprises. Elles correspondent à une dimi-
ncity
lorsque la production augmente dans une proportion plus importante que les fac-
teurs de production (machines, équipements, techniques, travail). Les entreprises
x.com
vont ainsi essayer d’utiliser à plein régime leur capacité de production, en vue de
répartir les frais fixes sur de gros volumes. Si les économies d’échelle peuvent sur
le principe être obtenues par croissance interne, l’augmentation du volume née du
larvo
31
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
buer à la croissance de l’entreprise et à sa pérennité. C’est notamment le cas dans
8483
les industries à forte intensité concurrentielle où la recherche-développement et la
publicité jouent un rôle déterminant. Dans ces secteurs, les entreprises qui souhaitent
1668
éviter la marginalisation doivent généralement se regrouper pour rester compétitives,
en se mondialisant par le rachat de leurs principaux concurrents.
118:
On le constate notamment dans les secteurs où ces coûts représentent une propor-
tion très élevée du chiffre d’affaire : entre 10 et 20 %. C’est le cas de la pharmacie,
173.
où l’on admet généralement que les firmes doivent réaliser un chiffre d’affaires d’au
moins 2 milliards de dollars pour pouvoir financer suffisamment leur recherche et
159.
p artager des ressources communes non spécifiques (disponibles dans les deux enti-
tés). Lors d’acquisitions notamment horizontales, en raison de la proximité des acti-
:211
vités, des ressources similaires peuvent se retrouver au sein des deux organisations
et ainsi nécessiter une politique de regroupement. Cette politique de rationalisation
ncity
peut concerner une ou plusieurs activités et permettre une réduction des coûts par
économies de champ. Une telle démarche permet de supprimer certains doublons, de
:Aiva
––l’optimisation des sites de production avec la suppression des sites les moins ren-
tables ou une meilleure allocation des ressources ;
scho
32
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
Exemple
61
8483
Ces dernières années, plusieurs stratégies de fusions-acquisitions ont été menées dans le
secteur de la bière, pour des raisons essentiellement de synergies de coûts. L’une des plus
importantes est la fusion d’InBev Belgique et d’Anheuser-Busch pour une somme de
1668
52 milliards de dollars, donnant naissance à AB InBev. Un des enjeux majeurs des fusions
de grands brasseurs est la réalisation d’économies d’échelle. En effet, ces opérations per-
118:
mettent de réduire considérablement les coûts de production. Plus la production est éle-
vée, plus les coûts de production sont réduits.
173.
159.
3 Synergies de croissance
105.
de ressources spécifiques disponibles chez l’une des sociétés et pouvant être utilisées
par l’autre firme. Ce type de synergies peut avoir lieu au niveau des deux firmes et
1
8887
Cette démarche offre par conséquent des gains non négligeables à différents niveaux :
gain de temps, mise à disposition de vendeurs compétents et de réseaux existants…
:211
Exemple
larvo
33
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
chiffre d’affaires. L’objectif du rapprochement vise à échanger leurs passagers pour mieux
remplir leurs avions sur leurs lignes déficitaires. Un client d’Air France à destination de la
Malaisie ou de Taiwan voyage désormais sur les lignes KLM via Amsterdam, tandis qu’un
Néerlandais souhaitant se rendre en Argentine ou au Venezuela vole sur Air France KLM
via Paris. De plus, sur toutes les lignes déjà rentables, les créneaux ont été ajustés pour pro-
poser deux fois plus de possibilités horaires et tarifaires, les prix de KLM étant plus bas que
ceux d’Air France.
61
de coûts (consolidation des fonctions, suppression des installations, réduction des
8483
effectifs, uniformisation des pratiques…) constituent bien souvent la justification
de la logique économique de l’opération plus que ses objectifs initiaux. En effet,
1668
les dirigeants de l’entreprise initiatrice ont très fréquemment besoin de justifier auprès
des investisseurs que la prime élevée payée lors de l’acquisition sera compensée par
118:
une réduction drastique des coûts. Les promoteurs de l’opération (experts, avocats,
financiers) sont d’ailleurs les premiers, lorsque la survaleur de l’entité cible devient
173.
exorbitante, à avancer des arguments rassurants basés essentiellement sur des faits
« apparemment » objectifs comme l’obtention d’économies d’échelles ou de champs.
159.
Or, par définition, les perspectives d’économies de coûts dépendent fortement de
l’entité achetée et donc ne peuvent être envisagées qu’une fois les négociations démar-
105.
rées. Elles sont donc avancées après que l’entreprise initiatrice ait fait le choix de
recourir à la croissance externe, c’est-à-dire lorsque ses motifs stratégiques ont été
995:
la réalisation des économies de coûts recherchées soit l’un des « motifs » exprimés
0641
c Repère
:211
ncity
acheteuse et acquise
x.com
34
univ.
Objectifs et motivations stratégiques ■ Chapitre 2
☞
des dirigeants de l’entreprise initiatrice. de fusions-acquisitions peuvent ainsi
En effet, les dirigeants peuvent voir dans s’inscrire dans une volonté de la part des
les opérations de fusions-acquisitions une dirigeants d’assouvir des rêves « mégalo-
opportunité de s’enraciner, de bénéficier manes ». Selon cette perspective, les moti-
d’un poste important, d’asseoir leur noto- vations pour ces opérations relèveraient de
riété, de satisfaire leur ego, ou bien encore la volonté des dirigeants d’augmenter le
d’accroître leur rémunération, comme nombre d’entreprises sous leur direction,
le suggère la théorie de l’enracinement en vue d’accroître leur latitude managé-
développée par Shleifer et Vishny (1989). riale et d’améliorer ainsi leur position dans
Cette théorie vise notamment à expliquer leur positionnement professionnel (noto-
les raisons pour lesquelles des formes orga- riété, réputation, positionnement).
nisationnelles non efficientes continuent Les acquisitions sont donc des occasions
d’exister sur des marchés supposés concur- pour les managers d’utiliser le cash flow
rentiels, alors que toute forme d’inefficience libre de l’entreprise pour améliorer leur
61
devrait, selon un schéma néoclassique, propre richesse au détriment de celle des
8483
être directement sanctionnée. Cette théo- actionnaires. D’ailleurs, Murphy (1999)
rie permet de constater que certains choix présente les acquisitions comme la consé-
1668
stratégiques pris par les dirigeants relèvent quence de la volonté du dirigeant d’aug-
d’une stratégie globale d’enracinement qui menter sa rémunération, souvent indexée
118:
consiste à se créer une position dominante sur la taille de l’entreprise.
et difficilement contournable au sein de En ce qui concerne les dirigeants de la
173.
l’entreprise. Selon cette théorie, les diri- société cible, même si sur le principe une
geants mettent en place un certain nombre prise de contrôle n’est pas censée susciter
159.
d’actions visant à préserver leur place dans leur adhésion, ce type de transaction peut
l’organisation en se rendant indispensables également leur procurer certains béné-
105.
en permettant au dirigeant de faire monter tions peuvent permettre aux dirigeants des
sa cote et d’avoir ainsi accès à des posi- entreprises cibles de rendre liquides leurs
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
tions intéressantes dans d’autres firmes. avoirs (Ingersoll, 2006). De plus, les diri-
Au niveau des préoccupations person- geants de la société cible, suite à la vente
0641
les mécanismes de free cash flows pour sèdent un parachute doré dont la valeur
motiver l’activité d’investissement et la est souvent un multiple de leurs émolu-
ncity
construction de leur propre empire (théorie ments (salaires + bonus). Enfin, Hartzell et
de l’Empire Building). Dans cette perspec- al. (2004) mettent également en avant la
:Aiva
tive, Morck et al. (1990) ont montré que possibilité pour les dirigeants de la société
les motivations managériales en matière absorbée d’obtenir un poste de direction
de fusions-acquisitions pouvaient être fon-
x.com
35
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
☞
stratégiques et financières d’autres motifs le taux d’échec élevé de ces opérations
peuvent coexister, voire même parfois (Pochet, 2000) et l’opacité autour de leur
primer et ainsi en partie expliquer cer-
mise en œuvre (Trébucq, 2000), en venant
taines prises de décisions difficiles à analy- renforcer la suspicion quant aux véritables
ser dans une perspective rationnelle. Elles intentions de certaines opérations de crois-
contribuent également à mieux comprendre sance.
61
8483
L’essentiel
1668
118:
Ce chapitre présente les principales motivations dans le cas de fusions-
173.
acquisitions. En effet, elles peuvent servir des intentions spéculatives ou
stratégiques. Les motifs associés à ces manœuvres ont été examinés ici dans la
159.
36
univ.
Chapitre Performance
et typologie
31 des fusions-
acquisitions
61
8483
1668
118:
173.
159.
sommaire
105.
L
046:
0641
sance externe, se cachent néanmoins des disparités importantes tant dans la nature
des opérations réalisées qu’au niveau des performances réelles de ces manœuvres
:Aiva
stratégiques.
x.com
larvo
scho
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
Section
1 Le marché des fusions-acquisitions
61
8483
L’observation de l’évolution annuelle du nombre d’opérations de fusions-acquisi-
tions met en évidence un phénomène de vagues qui consiste en une augmentation
1668
soudaine et massive du nombre d’opérations, concentrée sur une petite période de
temps (B.S. Black, 2000). Ce phénomène de vagues a été constaté dans la plupart
118:
des pays industrialisés.
173.
1.1 Le cas du marché nord-américain
159.
38
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
61
fin brutalement avec la crise financière internationale de 2008.
8483
––2014-2018 (?) : cette dernière vague marque un retour d’optimisme sur le marché.
Au cours du premier semestre 2014, le volume des opérations de fusions-
1668
acquisitions a augmenté de près de 75 % en valeur par rapport à l’année précé-
dente. Cette vague est associée à l’existence de politiques de quantitative easing
118:
menées par les banques centrales un peu partout dans le monde, avec comme
conséquence directe un afflux massif de liquidités sur les marchés financiers.
173.
159.
significatives, que l’on peut identifier approximativement autour des périodes suivantes :
––1960-1965 : on observe sur cette période le décollage de l’activité de fusions-
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
francs.
––1966-1972 : il s’agit de la première vague de fusions-acquisitions en France, liée
:211
acquisitions, puis à une stagnation, liée notamment à l’impact des deux chocs
pétroliers. Il faut noter qu’au cours de cette période, la France se situe en décalage
larvo
par rapport au marché américain, déjà marqué par une période de forte dérégle-
mentation et de modernisation des marchés financiers.
scho
39
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
––1985-1990 : on observe à partir du milieux des années 1980 une seconde vague de
fusions-acquisitions en France, liée notamment à la déréglementation et la moder-
nisation des marchés financiers, à l’accélération des politiques de recentrage et à
la mise en œuvre des nombreuses privatisations menée entre 1986 et 1988.
––1990-1995 : il s’agit d’une période de forte baisse, puis de stagnation, liée notam-
ment à la crise économique du début des années 1990.
––1995-2000 : cette troisième vague de fusions-acquisitions en France suit une ten-
dance identique à ce que l’on peut observer aux États-Unis, avec un volume d’opé-
rations d’un montant total d’environ 460 milliards de $ (données Reuters calculées
à partir des opérations supérieures à 1 million de $). Après 2000, la chute des
valeurs Internet entraîne une baisse importante de l’activité des fusions-acquisi-
tions.
–– 2006-2007 : à l’identique de la 6e vague américaine, la période de taux d’intérêt bas
favorise à partir de 2004, mais surtout en 2006 et 2007, une forte activité des opéra-
61
tions de fusions-acquisitions en France (356 milliards de $ pour ces deux années).
8483
L’année 2008 marque pour le marché français la fin de cette quatrième vague.
––2014-2018 : à partir de 2014, une nouvelle vague de fusions-acquisitions émerge
1668
sur le marché français. Moins forte en intensité, elle s’explique en partie par un
afflux massif de liquidités sur le marché financier.
118:
173.
2 La typologie des opérations
159.
vent difficile de les caractériser tant le nombre de dimensions possibles est important.
Nous en avons retenus trois qui nous semblent récurrentes dans l’analyse des opéra-
995:
Les opérations de croissance externe et plus particulièrement les OPA sont asso-
ncity
ciées dans la plupart des esprits à la notion de prises de contrôle hostiles, voire à des
opérations d’assaut à la hussarde. Qu’en est-il dans la réalité ? Quels sont les enjeux
:Aiva
nn Définition
Une opération de croissance externe est dite hostile lorsque les modalités de l’ac-
larvo
40
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
Les opérations hostiles sont le plus souvent caractérisées par un fort effet de levier,
c’est-à-dire par un recours extensif à l’endettement au détriment du financement par
actions ou par de la trésorerie disponible. Les grandes OPA hostiles des années 1980
ont souvent été des opérations à très fort effet de levier, appelées Leverage Buy-Out
(LBO).
61
à coup de LBO et de recentrages massifs. Or, durant cette période, sur le marché
8483
américain et pour les seules grandes sociétés cotées en Bourse, on ne dénombre que
14 % d’opérations hostiles (Andrade, Mitchell et Stafford, 2001). Ce phénomène ne
1668
doit cependant pas être sous-estimé car ses effets ne se font pas sentir uniquement en
cas de réalisation. La seule menace d’une opération hostile peut suffire à provoquer de
118:
profonds changements dans la gestion et le management des entreprises concernées.
Ainsi, si seulement 14 % des entreprises américaines ont réellement fait l’objet d’une
opération hostile, près de 50 % d’entre elles ont été directement ou indirectement 173.
menacées par une OPA hostile (Mitchell et Mulherin, 1996).
159.
105.
Plusieurs études se sont penchées sur les caractéristiques des cibles d’opérations
hostiles1. Les résultats obtenus montrent notamment que les cibles d’acquisitions
1
hostiles sont souvent plus anciennes que la moyenne des sociétés, qu’elles semblent
8887
les opérations de croissance externe permettent d’exercer un contrôle sur les équipes
dirigeantes en place et de les remplacer, si leur comportement et leur performance
ncity
sont contraires aux intérêts des actionnaires. Dans cet esprit, on constate une rela-
tion entre le taux de rotation des dirigeants et la probabilité de faire l’objet d’une
:Aiva
OPA hostile. Plus le taux de rotation des dirigeants est élevé et plus la probabilité
x.com
larvo
41
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
de faire l’objet d’une OPA hostile diminue1. Les opérations hostiles sont ainsi souvent
déterminées par une vision de discipline par le marché, visant à sanctionner des
équipes dirigeantes non performantes et peu déterminées par une vision stratégique.
Par ailleurs, on peut noter que les cibles d’opérations hostiles possèdent aussi, en
moyenne, des caractéristiques spécifiques qui les rendent intéressantes en tant que cible.
Elles sont en générales :
––en bonne santé financière ;
––faiblement endettées ;
––avec une forte capacité de remboursement.
Ces caractéristiques sont assez bien adaptées à une opération à fort effet de levier,
caractérisée par une augmentation soudaine de l’endettement et la mise sous pression de
l’entreprise en vue de rembourser le nouvel endettement. Ces éléments sont cohérents
avec la théorie du free cash flow. Selon cette théorie (Jensen, 1983), les entreprises qui
61
évoluent dans des secteurs matures peuvent disposer de flux de trésorerie qui dépassent
8483
leurs opportunités d’investissements rentables. Dans ce cas de figure, les dirigeants
peuvent être enclins à utiliser cet excédent de trésorerie soit pour réaliser des dépenses
1668
discrétionnaires à caractère somptuaire (construction de sièges sociaux importants…),
soit pour se lancer dans des programmes de fusions-acquisitions non fondés sur une
118:
pertinence économique, au regard de leur activité de base. Dans cette hypothèse, une
des solutions préconisées par Jensen est de mettre l’entreprise sous pression financière.
Pour ce faire, il est possible d’utiliser les fonds en excès pour racheter des actions. 173.
En rachetant ses propres actions, l’entreprise redistribue massivement les fonds en excès
159.
liers. Selon Jensen (1993), les opérations hostiles des années 1980, financées par LBO,
ont été particulièrement utiles à l’industrie américaine, en réalisant une substitution du
1
8887
capital par de la dette, en supprimant le free cash flow et en imposant à des conglomérats
de se recentrer sur des compétences clés.
046:
Parmi les différentes typologies existantes pour qualifier des opérations de croissance
:211
externe, la typologie dominante est celle qui distingue les opérations de croissance
externe horizontale, verticale, concentrique et conglomérale2. L’analyse de l’évolution
ncity
du type d’opérations de croissance externe montre une prédominance très nette des
opérations de croissance externe de type horizontal qui représentent entre 40 % et 70 %
:Aiva
selon les périodes. Les opérations de croissance externe horizontale augmentent nette-
ment au cours des dernières années pour représenter près des deux tiers des opérations
x.com
1. Il faut noter que ces résultats ont été obtenu dans un contexte particulier, concernant les grandes entreprises
larvo
cotées. Il faut naturellement l’interpréter avec prudence en tant que résultat statistique. Il faut souligner que d’un
point de vue qualitatif, la notion de stabilité organisationnelle est aussi associée à la création de valeur.
2. Cf. chapitre 5 pour le détail des stratégies associées à ces différentes opérations de croissance externe.
scho
42
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
61
Désengagement 9 %
8483
Source : Derhy (1995)
1668
Le tableau précédent permet par ailleurs de mettre en évidence un deuxième constat,
corollaire du premier, à savoir la politique de recentrage des groupes. Cette p olitique
118:
se traduit par une forte augmentation des opérations de croissance externe horizontale
et par l’augmentation fulgurante du nombre d’opérations de désengagement. Au cours
de la période récente 1990-2000, cette tendance est c onfirmée, avec une prédominance 173.
159.
des opérations de type horizontal.
105.
La nature du financement des opérations de croissance externe est une question récur-
rente. Elle constitue un choix important d’une politique financière aux implications
1
8887
ment par actions et les financements mixtes (incluant toutes sortes de combinaisons,
du fait notamment de l’utilisation de produits dérivés dans le montage de l’opération).
:211
Le choix du paiement par liquidité impose un choix de second ordre sur l’origine des
fonds mobilisés qui peuvent provenir de l’autofinancement, d’une augmentation de
ncity
la taille relative de la cible, la part de capital détenu par l’équipe dirigeante de l’acquéreur.
larvo
1. A.R. Salami et P.S. Sudarsanam, « Determinants of the choice of payment method in United Kingdom merg-
ers and acquistions », Conférence AFFI, 1993.
scho
43
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
Plus la cible est grande, plus le financement par trésorerie est difficile. Par consé-
8483
quent, la taille relative de la cible est souvent corrélée positivement avec le fait de
financer l’opération par des actions.
1668
La part de capital détenu par l’équipe dirigeante de l’acquéreur
118:
Le financement d’une opération de croissance externe par des actions implique
une dilution du pouvoir des actionnaires initiaux de l’acquéreur. Plus l’équipe diri-
geante possède des actions de l’acquéreur, et plus une opération financée par des 173.
actions remet en cause la stabilité de leur pouvoir. Dans cette configuration, l’équipe
159.
rations a beaucoup évolué au profit du financement par actions. Ce constat est surtout
valable pour la dernière décennie, où les opérations financées par échange d’actions
1
se sont multipliées.
8887
44
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
61
8483
Nombre d'opérations dans le monde
1668
30 000
118:
25 000
20 000 173.
159.
15 000
105.
10 000
995:1
5 000
8887
0
046:
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
0641
:211
la p remière décennie du xxie siècle a été marqué par un haut historique à plus de 30 %,
scho
45
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
la tendance actuelle est plutôt à un reflux des primes de contrôle autour de 20 %
(figure 3.1b).
361
5%
8
6884
0%
2002 Q4
2003 Q3
2004 Q2
2005 Q1
2005 Q4
2006 Q3
2007 Q2
2008 Q1
2008 Q4
2009 Q3
2010 Q2
2011 Q1
2011 Q4
2012 Q3
2013 Q2
2014 Q1
8:16Q4
2015 Q3
2016 Q2
2017 Q1
2017 Q4
2018 Q3
112014
Figure 3.1b – Évolution de la prime de contrôle moyenne dans le monde 173.
159.
Source : Bloomberg
1
que les cinq dernières vagues sur ce marché (figure 3.2). À partir des années 1999,
les c aractéristiques des opérations de fusions-acquisitions aux États-Unis ont assez
0641
aussi des différences importantes, puisque seulement 4 % des opérations réalisées sur
le marché américain au cours de la période 1990-1998 revêtent un caractère hostile
:Aiva
46
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
20 000
18 000
Nombre d'opérations
16 000
1
4836
14 000
12 000
6688
10 000
8 000
18:1
6 000
73.1
4 000
2 000 .1
.159
0
1962
1964
1966
1968
1970
1972
1974
1976
1978
1980
1982
1984
1986
1988
1990
1992
1994
1996
1998
2000
2002
1052004
2006
2008
2010
2012
2014
2016
2018
995:
À partir du début des années 2000, l’activité du marché des fusions-acquisitions aux
0641
USA a été marquée par un très fort rebond, puis par une très forte baisse au cours de
la période 2008-2011. Cette baisse correspond naturellement aux effets de la crise
:211
financière internationale. L’évolution est encore plus marquée en valeur, le montant des
opérations dans le monde passant de 1 248 milliards $ au quatrième trimestre de 2007 à
ncity
moins de 265 milliards $ au second semestre 2009. La période récente est marquée par
une certaine atonie du marché avec une remontée progressive de l’activité.
:Aiva
représentent sur cette période environ 45 % de l’ensemble des opérations. Le mode
de paiement privilégié reste le paiement en numéraire à plus de 66 % en moyenne
larvo
sur cette période. Le paiement en actions se situe à moins de 10 % du total des opé-
rations réalisées au cours de quatre dernières années après une forte hausse autour
scho
47
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
et surtout après la crise boursière de 2008. Nous pouvons noter aussi la quasi-disparition
des opérations hostiles. Le marché mondial reste dominé par les petites opérations :
93,6 % des opérations concernent des sociétés cibles de moins de 500 millions de
dollars, les opérations supérieures à 1 milliard $ représentant moins de 4 % du total.
Les figures 3.3a et 3.3b montrent la répartition sectorielle et géographique des
opérations dans le monde en 2018. L’Amérique du Nord reste loin devant le premier
marché mondial en matière de fusions-acquisitions avec plus de 50 % des opérations
réalisées dans cet espace économique. La zone Asie-Pacifique devient le deuxième
espace économique en matière fusions-acquisitions avec près 25 % des opérations,
l’Europe se plaçant à la troisième place avec 18,8 % des opérations. Le profil des
acquéreurs est dominé par le secteur de la finance. Les principaux secteurs industriels
concernés par les opérations de fusions-acquisitions sont les biens non-cycliques,
l’énergie et la communication.
61
8483
Amérique du Nord 52,3 %
1668
Amérique latine et Caraïbes 1,7 %
118:
Europe de l'Ouest 18,8 %
173.
Europe de l'Est 0,7 %
159.
Asie/Pacifique 24,2 %
105.
0% 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 %
995:
Source : Bloomberg
8887
046:
Services collectifs
Technologie
0641
Industrie
Finance
:211
Énergie
Diversifié
ncity
Biens cycliques
Communications
x.com
Matières premières
0% 5% 10 % 15 % 20 % 25 % 30 % 35 %
larvo
Figure 3.3b – Répartition des principaux secteurs acquéreurs dans le monde en 2018
Source : Bloomberg
scho
48
univ.
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
Free Cash Flow 26,8 30,9 32,9 21,0 16,5 22,0 21,2 19,0 23,8 29,0 34,6 28,0 31,5 33,6
Résultat net 22,5 24,0 23,4 17,8 16,7 19,7 19,8 16,1 18,9 22,9 23,7 23,4 25,4 25,7
EBIT 14,7 15,8 16,6 12,7 11,8 13,0 13,6 11,5 13,7 15,5 16,6 17,0 18,3 18,8
Cap. Boursière 1,3 1,3 1,3 1,2 1,4 1,4 1,3 1,2 1,3 1,3 1,3 1,3 1,2 1,2
Acquisitions transfrontalières 40,1% 41,7% 54,1% 43,5% 38,5% 48,0% 46,0% 49,5% 44,9% 44,2% 39,0% 41,4% 44,9% 44,0%
Types de paiement
Numéraire (cash) 57,9% 66,4% 74,8% 70,3% 53,1% 62,0% 68,2% 74,8% 68,7% 69,4% 0,5349 0,5445 0,6415 0,6612
Actions 15,5% 17,1% 8,1% 16,9% 20,1% 19,4% 13,7% 9,6% 7,6% 7,4% 14,9% 16,4% 10,4% 11,8%
Numéraire et actions 16,2% 9,3% 10,8% 6,7% 16,3% 9,9% 11,2% 9,0% 9,7% 17,6% 22,1% 17,5% 15,2% 8,0%
Autres 10,5% 7,3% 6,4% 6,1% 10,6% 8,6% 6,9% 6,7% 14,0% 5,6% 9,5% 11,7% 10,2% 14,0%
49
3
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
Nombre d'opérations
1 200
1 000
61
800
8483
600
1668
400
118:
200
173.
159.
0
105.
une société cotée au cours de la période 1999-2017 et portant uniquement sur des
opérations effectivement réalisées.
046:
Source : Bloomberg
0641
offensives dans des secteurs en forte croissance (accès à des marchés porteurs généra-
lement liés aux nouvelles technologies). Les opérations réalisées sont principalement
x.com
de type horizontal (environ 80 % des opérations) et les principaux secteurs concernés
sont la banque et l’assurance, la distribution, les services et la chimie-pharmacie.
L’activité récente du marché des fusions-acquisitions est relativement corrélée avec
larvo
50
univ.
Performance et typologie des fusions-acquisitions ■ Chapitre 3
Les
Section
2 fusions-acquisitions :
des opérations à haut risque
61
8483
La mesure de performance des opérations de croissance externe est une donnée
1668
importante puisqu’elle doit permettre de justifier le fait d’entreprendre ou non ce type
d’opérations. Plusieurs questions se posent immédiatement. Qu’est-ce que la perfor-
118:
mance et comment la mesure-t-on ? Au regard des critères retenus, les opérations de
croissance externe sont-elles performantes ? Existe-t-il des types d’opérations plus
173.
performants que d’autres ? De très nombreuses études empiriques ont été réalisées
sur le sujet. Le premier constat que l’on puisse en tirer est la très grande diversité des
159.
résultats obtenus. Sur chacun des points abordés, il est presque toujours possible de
trouver deux études différentes qui aboutissent aux conclusions inverses.
105.
––la diversité des échantillons utilisés tant en termes de lieux, de périodes, de types
d’opérations que de secteurs d’activité ;
1
après sont d’autant plus valables que l’on se situe dans un contexte proche de celui
des études empiriques réalisées. A contrario, ils doivent être fortement relativisés, dès
ncity
que l’on aborde une opération menée dans un secteur spécifique. À cet égard, il est
important de noter que dans la grande majorité des cas, les études effectuées l’ont été
:Aiva
dans un contexte anglo-saxon, marqué par une plus forte prédominance des marchés
financiers dans le fonctionnement de l’économie que dans le cas des pays européens
x.com
ou asiatiques. En outre, la plupart des résultats obtenus concernent les grandes sociétés
cotées en Bourse, caractérisées par une plus ou moins grande dissociation entre les
fonctions de contrôle et de gestion (assurées par des dirigeants) et les fonctions de
larvo
51
univ.
Partie 1 ■ Enjeux et caractéristiques des fusions-acquisitions
61
externe à celle d’entreprises équivalentes n’ayant pas opté pour la croissance externe
8483
durant la période analysée. Dans ce domaine, les résultats obtenus montrent le plus
souvent que les opérations de croissance externe ne sont pas performantes.
1668
La seconde école de pensée, représentée par les chercheurs en management et plus
particulièrement en finance d’entreprise ou en économie financière, privilégie la mesure
118:
de la performance au travers de l’impact de l’opération de croissance externe sur
l’évolution du cours boursier des actions de la cible et de l’acquéreur. Cette approche
est fondée sur l’hypothèse d’efficience des marchés. Selon cette école, le marché anti- 173.
cipe immédiatement les effets de l’opération de croissance externe dès l’annonce de
159.
l’opération et incorpore dans le prix des actions les effets attendus en terme de création
105.
de valeur pour l’actionnaire. Les études réalisées dans ce domaine constituent un test
joint de l’hypothèse d’efficience des marchés et de la performance des opérations de
995:
La technique la plus fréquemment utilisée est celle du pairage qui consiste à comparer
les résultats des entreprises ayant réalisé une opération de croissance externe avec ceux
0641
externe sont considérées comme des échecs. En moyenne, on constate une baisse de la
performance économique après la réalisation d’opérations de croissance externe1 ou au
mieux une faible amélioration des performances (Trautwein, 1990).
larvo
52
univ.