REPUBLIQUE DU CAMEROUN PAIX – TRAVAIL - PATRIE
REPUBLIC OF CAMEROUN
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Peace – Work - Fatherland
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UNIVERSITE DE DOUALA Tél /Fax : 340 64 15
THE UNIVERSITY OF DOUALA B.P. 2701 DOUALA
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FACULTE DES SCIENCES Tél /Fax : 96 29 71 51
FACULTY OF SCIENCE B.P. 24157 DOUALA
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Département de Physique
PHY 447
Hydrodynamique et
aérodynamique
Notes de cours et exercices de travaux dirigés
Première année de Master
MENTION : S.M.R , S2M
Par
Laurent Nana
Maître de Conférences
Première édition:
Année académique 2020 - 2021
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
Programme
Chapitre 1 : Ecoulement de fluides parfaits incompressibles
Chapitre 2 : Dynamique des fluides visqueux incompressibles
Chapitre 3 : Ecoulements internes en conduites et canaux
Chapitre 4 : Ecoulements sur paroi et autour d’obstacles : Couche limite
Chapitre 5 : Aérodynamique – Mécanique de vol
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
Introduction générale
Les milieux fluides peuvent être considérés comme des milieux continus
obéissant à des lois de comportement particulières. Leur comportement
mécanique est décrit ainsi par le formalisme de la mécanique des milieux
continus, d’où il est possible d’interpréter la mécanique des fluides comme une
branche particulière qui dérive de la mécanique des milieux continus. A
l’échelle macroscopique, les gaz, les liquides et les solides peuvent être décrits
comme des milieux continus. On peut distinguer deux grandes catégories de
milieux continus: les solides, pour lesquels les contraintes (forces appliquées)
induisent des déformations d’amplitude finie (dans la limite des déformations
élastiques), et les fluides (gaz ou liquides), pour lesquels les contraintes
induisent des déformations qui se poursuivent indéfiniment dans le temps. Ainsi,
la mécanique des fluides s’applique à la fois aux liquides ou aux gaz.
Ce cours fait suite au cours de Mécanique des Fluides de troisième année
de Licence (L3) du système LMD.
En effet, la dynamique des fluides joue un rôle essentiel dans de
nombreux systèmes avec des échelles de vitesse et de longueur extrêmement
différentes, aussi bien dans les écoulements naturels que dans les procédés
industriels. Prenons quelques exemples pour illustrer cette ubiquité de la
dynamique des fluides en commençant par un domaine classique de l’ingénieur:
l’aéronautique. La conception aérodynamique d’un avion de ligne doit
satisfaire, à priori, à des exigences relativement simples: assurer une force de
sustentation (portance) donnée tout en minimisant la résistance à l’avancement
(force de traînée) en vitesse de croisière et assurer la sécurité des phases
transitoires de vol (décollage, atterrissage).
Pour descendre dans les échelles de longueur, empruntons un exemple à la
biologie: la circulation de l’oxygène dans notre organisme est assurée par
l’écoulement du sang à travers un système complexe de canalisations, artères
et veines, dont le diamètre varie du centimètre à quelques microns. La
consommation d’oxygène est régulée en partie par le débit sanguin: la
fréquence cardiaque contrôle le débit global; la vasodilatation permet un
contrôle local du débit, par exemple lors d’un effort physique, la proportion de
sang envoyé vers les muscles augmente. De nombreuses pathologies sont liées à
l’obstruction partielle des vaisseaux et à la diminution de débit qui en résulte.
Dans les systèmes biologiques, les effets purement mécaniques sont
généralement intimement liés à des effets physico-chimiques. Ainsi l’adaptation
à la vie en haute altitude conduit à une augmentation de la concentration en
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
globules rouges, augmentation de concentration qui s’accompagne d’une
augmentation de la viscosité du sang, donc d’une résistance à l’écoulement
accrue.
Pour l’ingénieur du génie chimique, un écoulement est presque toujours
le moyen utilisé pour amener les réactifs en contact. La technique dite du lit
fluidisé, dans laquelle des particules solides sont mises en suspension par un
courant ascendant de fluide est souvent mise à profit pour les réactions
catalytiques, le catalyseur étant dispersé dans les particules solides.
Remontons maintenant dans les échelles de longueur pour examiner des
écoulements à l’échelle de notre planète. La différence d’éclairement solaire
entre les zones polaires et les zones tropicales induit de grandes différences de
température entre les différentes régions du globe. Les écoulements
atmosphériques et les courants marins servent essentiellement aux échanges
de chaleur entre pôles et tropiques; la température moyenne qui règne à la
surface du globe est impossible à évaluer correctement sans prendre en compte
les effets de ces circulations à grande échelle. Par la même occasion, les
écoulements atmosphériques transportent de nombreuses substances, en
particulier les polluants et les cendres volcaniques.
L'hydrodynamique a pour but d'étudier les mouvements des liquides
(fluides incompressibles) en fonction des forces qui leur donnent naissance.
Parmi ces forces, celles de viscosité n'interviennent que pour les fluides réels.
Cette remarque conduit à faire donc la distinction entre les liquides réels et les
liquides parfaits. Ces derniers ont la particularité de ne pas avoir de viscosité et
de ne pas développer de la turbulence.
L’aérodynamique est la branche de la dynamique des fluides qui
porte sur la compréhension et l'analyse des écoulements d'air, ainsi que
sur leurs effets sur des éléments solides qu’ils environnent. Ces effets peuvent
naturellement être provoqués par un corps immobile soumis à un flux d’air
animé d’une vitesse ou par un corps se déplaçant dans l’atmosphère ou encore
par la combinaison des deux propositions précédentes.
La mécanique du vol étudie le mouvement d'un véhicule en
environnement aérien ou spatial et des forces engendrées par des changements
de trajectoires, des modifications de forme, des variations de vitesse.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
Chapitre 1 : Ecoulement de fluides parfaits incompressibles
1.1. Introduction
L’établissement des équations complètes régissant l’écoulement d’un
fluide réel, c’est-à-dire visqueux, est complexe. C’est pourquoi, dans ce premier
chapitre, nous allons commencer par établir les équations d’un fluide parfait ce
qui supprime donc le terme lié aux contraintes visqueuses. Cette étape
intermédiaire permettra une transition entre la relation Fondamentale de la
dynamique (RFD) vue en Mécanique du Point et la Mécanique des Fluides où
on s’intéresse à ce qui se passe en un point donné de l’écoulement.
1.2. Définition d’un fluide parfait
Il s’agit donc d’un fluide théorique de viscosité nulle ( = = 0). On
fait l’hypothèse que les molécules du fluide glissent les unes sur les autres sans
frottement (alors qu’il existe des forces d’interaction moléculaires dans un fluide
réel). Signalons que l’Hélium liquide à quelques degrés Kelvin se rapproche
d’un fluide parfait tant sa viscosité tend vers 0. L’absence de viscosité se fait
mieux ressentir lorsqu’on compare sur la Figure 1.1 les écoulements de fluides
réels et parfaits dans diverses situations.
Fluide parfait Fluide réel
Ecoulement en
conduite
Laminaire Turbulent
=
=
Ecoulement
autour d’un
cylindre
é é
Ecoulement sur
une paroi
é = ( ) é
Figure 1.1 : Comparaison de l’écoulement d’un fluide parfait et réel dans
diverses situations.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
1.3. Relation fondamentale de la dynamique
Pour une particule de masse la relation fondamentale de la dynamique
(RFD) exprime le lien qui existe entre la somme des forces extérieures agissant
sur et son accélération :
= =
soit par unité de volume :
=
représente l’ensemble des forces extérieures par unité de volume qui peuvent
agir sur un fluide: gravité, forces électriques, magnétiques, thermiques, force de
pression, etc
1.4. Equation d’Euler
La relation fondamentale de la Dynamique permettrait d’étudier le
mouvement de chaque particule fluide une à une mais le nombre d’équations à
résoudre sera aussi grand que le nombre de particules contenues dans le fluide.
On réalise donc une approche dite de milieu continu dans laquelle on va
exprimer la vitesse et l’accélération du fluide en un point donné de l’écoulement
(de coordonnées et ceci en fonction du temps t). On cherche donc à établir une
équation qui fournisse les valeur de la vitesse ( , ) et de la pression ( , ),
ainsi que la température ( , ), si le uide n’est pas isotherme ou la
concentration ( , )si le fluide transporte un constituant en solution de
concentration C.
Pour cela on considère donc un élément de volume sur lequel on va
d’abord exprimer la résultante des forces de pression (cf. Figure 1.2.)
Figure 1.2: Bilan des forces de pression sur une tranche d’épaisseur x.
Pour une surface S et dans la seule direction x la force résultante (en Newton)
vaut:
( ). ( + ). . .
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
soit en divisant par le volume fluide la force volumique selon Ox se résume
à . En généralisant aux trois directions de l’espace on déduit la force
résultante de pression par unité de volume:
A la force de pression, on ajoute de la force de gravité par unité de volume du
fluide:
=
Ainsi la résultante des forces extérieures appliquées à l’unité de volume du
fluide s’écrit :
= +
Soit
=
En remplaçant cette force dans l’expression de la RFD, on obtient
l’équation d’Euler suivante:
Rappel: La notion de dérivée particulaire
On avons vu en cinématique de fluides que la dérivée particulaire d’un
champ scalaire = ( , ) = ( , , , ) s’écrit :
= + + +
Où ( , , ) sont les composantes du champ de vecteur vitesse .
Ainsi la dérivée particulaire du champ de vecteur vitesse devient :
= + +
2
Nous pouvons alors réécrire l’équation d’Euler comme :
+ + =
L’équation vectorielle d’Euler peut être projetée sur les trois directions de
l’espace et elle fournit ainsi trois équations scalaires. Toutefois, un problème
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page
standard 3 de Mécanique des Fluides possède 4 inconnues: 3 inconnues de
vitesse et 1 inconnue de pression. On obtient ainsi un problème de trois
équations à quatre inconnues: il manque donc une équation afin que le problème
soit de résolution possible. Nous allons maintenant examiner cette dernière
équation.
1.5. Conservation de la matière
Un bilan de masse sur une surface S entourant un volume V doit traduire
que, pendant un intervalle de temps , la différence entre les débits de masse
entrant et sortant est nécessairement égale à la masse de matière accumulée dans
le volume V pendant le temps . Ceci s’écrit:
+ ( . ) =0
Le premier terme représente la variation temporelle de masse ( ) du volume
V, tandis que le deuxième terme représente le bilan global de masse ayant
traversé la surface S entourant le volume V.
Le théorème d’Ostrogradski permet de transformer cette relation: il
permet en effet d’évaluer une intégrale de surface d’un champ de vecteur à
partir de la divergence de ce champ de vecteur dans le volume enfermé par la
surface, soit:
. =
Où désigne la normale orientée vers l’extérieur. Rappelons que la divergence
est un opérateur qui s’applique à un vecteur et traduit les variations du flux de ce
vecteur au travers d’un volume infiniment petit placé autour du point où l’on
calcule cette divergence. En coordonnées cartésiennes il s’écrit:
. = + +
L’équation de conservation de la matière devient donc:
+ ( ) =0
qui, en faisant tendre le volume V vers 0 donne:
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+ ( )=
Cette relation peut aussi s’écrire sous une autre forme, équivalente:
+ . ( )=0
Pour un fluide incompressible ( = ) en écoulement permanent, cette
relation devient plus simple et s’écrit:
( )=
Cette dernière relation est appelée équation de continuité. Elle traduit la
conservation de masse (ou de volume) d’un fluide incompressible en écoulement
permanent.
Lorsqu’on considère un système fluide dont la masse (ou le volume) est
variable, l’équation de continuité stipule que la variation de masse (ou de
volume) de ce système est égale la masse de fluide entrant moins la masse de
fluide sortant.
On écrite alors :
= (ou encore = )
En divisant ces relations par le temps dt, il vient:
= (ou encore = )
où qme et qms désignent respectivement le débit massique entrant et sortant du
système fluide.
qve et qvs désignent respectivement le débit volumique entrant et sortant du
système fluide.
Toutes les lignes de courant
s’appuyant sur une même courbe
constituent une surface appelée tube
de courant. Si l’écoulement est
permanent, alors le débit massique est
conservé à travers toute section droite
du tube de courant. On alors :
tube de courant ( )= ( )
1.6. Théorème de Bernoulli
Nous avons vu que l’équation générale de mouvement d’un fluide parfait
(ou équation d’Euler) s’écrit :
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+ + =
En posant ( ) et en multipliant scalairement l’équation
précédente par le déplacement élémentaire le long d’une ligne de courant,
nous obtenons :
+ + . ( ). .
2
Remarquons que . = 0, en intégrant le long d’une ligne de courant
allant d’un point vers un point , il vient :
+ + = + + + .
Nous avons considérons le cas d’un fluide incompressible.
1.6.1. Ecoulement permanent de fluide incompressible
Pour un écoulement permanent (ou stationnaire) c’est-à-dire lorsque
= 0, on obtient la relation :
+ + = + +
C’est le théorème de Bernoulli qui traduit la conservation de l’énergie
mécanique totale d’un fluide incompressible en écoulement permanent.
1.6.2. Ecoulement non permanent de fluide incompressible
Nous considérons maintenant l’écoulement d’un fluide incompressible en
régime non permanent dans un domaine donné.
Cas particulier : Cas où la section du filet de courant est constante
Le fluide est incompressible, il y a donc conservation du débit volumique
( ( ) = ), comme la section est constante, la vitesse l’est également:
= = = . A chaque instant et ont la même valeur le long de
la ligne de courant l’expression précédente se réduit donc à :
+ = + +
Application : Établissement de l’écoulement dans une conduite
Hypothèses: On considère une conduite horizontale, de section constante, de
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 10
longueur , alimentée par un réservoir de grandes dimensions où le niveau est
maintenu constant. A l’extrémité de la conduite, une vanne permet de réguler le
débit. A l’instant = 0, la vanne est fermée et on l’ouvre brutalement : On
cherche la relation qui lie le temps d’établissement de l’écoulement, la
vitesse et la vitesse maximale du fluide.
En un point à la distance de la relation de Bernoulli en régime non
permanent s’écrit:
+ = + +
2
La section du tuyau est constante donc et ont la même valeur le long du
tuyau. En plus, en = , = , la relation précédente s’écrit donc :
=
2
Comme ne dépend que du temps, on peut écrire: = .
En intégrant l’équation différentielle précédente, il vient :
2 +
=
2 2
Remarques:
R1) L’intégration précédente fait apparaître une constante, mais celle-ci est
nulle car la vitesse est nulle à = 0.
R2) Lorsque , = 2 . On retrouve l’expression de la vitesse
dans le cas d’un écoulement permanent ( ).
On peut écrire :
+
=
On peut en déduire le temps au bout duquel la vitesse est égale à 90 % de .
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 11
1.7. Ecoulement permanent de fluides incompressibles : Quelques
applications du théorème de Bernoulli
1.7.1. Fluide au repos
Lorsque le fluide au repos c’est-à-dire = = 0, ce qui donne
+ = +
On retrouve le principe fondamental de l’hydrostatique (PFH).
1.7.2. Ecoulement par un orifice – Formule de Torricelli
Une des applications les plus simples du
théorème de Bernoulli est celle conduisant à
la vitesse de vidange d’un réservoir à
surface libre par un orifice de section très
petite devant celle du réservoir (voir Figure
ci-contre).
Appliquons le théorème de Bernoulli sur
une ligne de courant entre un point A de la
surface libre et un point M du jet :
+ + ( )=
Comme il n’y a pas de discontinuité de pression à l’interface jet-atmosphère, la
pression statique dans le jet est égale à la pression atmosphérique, qui est
également celle de la surface libre. Par conséquent :
= =
Le réservoir étant de grande dimension, la vitesse de descente de la surface libre
peut être considérée comme négligeable devant celle du fluide s’écoulant dans le
jet, la surface (point A) est pratiquement au repos, on alors : vA<<vM. Par
conséquent, le théorème de Bernoulli se réduit à :
= ( )=
Cette dernière relation est la formule de Torricelli. La vitesse d’écoulement au
niveau de l’orifice est identique à la vitesse d’un corps qui tombe en chute libre
d’une hauteur h.
Le débit volumique de l’écoulement est:
= =
Où = , Cc étant le coefficient de
contraction tel que 0<Cc 1.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 12
1.7.3. Vidange par un siphon
On parle de siphon lorsque le niveau di liquide dans le tuyau de vidange
est plus haut que le niveau de la surface libre di liquide dans le réservoir.
Une extrémité du siphon (entrée) est placée dans le récipient. Le siphon
doit être rempli de liquide, soit avant la mise en place, soit par un amorçage
consistant à créer une dépression (par aspiration) qui permet au liquide du
réservoir de s'engager dans le tuyau de vidange. Lorsque l'autre extrémité
(sortie) du tuyau est descendue à un niveau inférieur au niveau du réservoir, le
liquide s'écoule. L'énergie nécessaire au mouvement est celle de la chute du
liquide entre le niveau du réservoir supérieur et la hauteur du tuyau de sortie s'il
est à l'air libre, ou le niveau d'un réservoir inférieur, si le tuyau y plonge. La
profondeur à laquelle se trouve l'extrémité d'entrée n'intervient pas (tant qu'elle
reste plongée dans le liquide).
Si le niveau de sortie est remonté plus haut que celui du liquide dans le
réservoir supérieur, le mouvement s'inverse et le siphon se désamorce si de l'air
peut s'y introduire à la place du liquide. Souvent, on parle de "siphonage"
d'essence lorsqu'une personne cherche à vider le réservoir de son véhicule.
En appliquant le théorème de Bernoulli entre A et S, il vient :
+ + = + +
En simplifiant, nous obtenons :
= ( )
Il vient donc que la vitesse d’écoulement du liquide dans le tuyau de
vidange dépend de la différence de niveau entre la surface libre du liquide dans
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 13
le réservoir et l’extrémité du tuyau. Plus cette différence de niveau est grande,
plus le liquide s’écoule plus rapidement.
La pression du liquide au point le plus haut M est inférieure à la pression
atmosphérique. Lorsque cette pression devient plus faible que la pression de la
vapeur saturante , le liquide se vaporise au point M. Il apparaît de bulles de
gaz en ce point qui bloquent le passage du liquide. Le siphon cesse alors de
fonctionner : c’est le phénomène de cavitation.
En effet, si nous appliquons le théorème de Bernoulli entre M et S, on a :
+ + = + +
En simplifiant, il vient:
= ( ) <
La condition de fonctionnement du siphon est alors :
> soit ( )>
Il vient
< +
1.7.4. Phénomène de Venturi – Mesure de débit
Le tube de Venturi joue, pour la mesure de la vitesse d’un écoulement en
conduite, un rôle important. Il consiste simplement à aménager une réduction de
section comme le montre la figure ci-dessous. L’écoulement est supposé
permanent et le fluide incompressible et non pesant, c’est-à-dire un fluide pour
lequel g est négligeable.
Figure 1.3 : Tube de Venturi
On dispose de trois sondes de pression (manomètres) placées:
en amont du rétrécissement
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 14
au niveau du rétrécissement
en aval du rétrécissement (sonde facultative)
En dessous de chaque prise de pression, les lignes de courant peuvent être
considérées rectilignes et parallèles: dans la direction perpendiculaire (dans
chacune de ces sections) la pression statique est donc constante.
Les hypothèses du théorème de Bernoulli sont vérifiées; appliquons le sur
la ligne de courant passant par A, B et C :
+ = +
Le régime étant permanent la conservation de la masse se traduit par la
conservation du débit massique. De plus, les profils de vitesse étant uniformes
dans chacune des sections A, B et C, il vient:
= =
Lorsque la section diminue, la vitesse augmente à cause de la
conservation du débit, de-là la pression diminue à cause du théorème de
Bernoulli:
> < >
En éliminant la vitesse vB entre les deux relations, la valeur de la vitesse
vA se déduit du rapport des sections = SA/SB et de la mesure de la différence
des pressions statiques p = pA pB, conformément à la relation:
=
( )
Le débit dans la conduite s’obtient par:
= =
( ) ( )
où D est le diamètre de la conduite et d celui du rétrécissement.
1.8. Cas d’un écoulement 1 2 avec échange d’énergie
Si les forces de frottement interviennent ou lorsque le fluide traverse une
machine hydraulique, il échange de l’énergie avec cette machine. La puissance
échangée ech est :
+ +( )=
ech >
0 si l’énergie est reçue par le fluide, exemple : la pompe
ech <0 si l’énergie est fournie par le fluide, exemple : la turbine.
Une machine hydraulique (pompe ou turbine) est caractérisée par :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 15
Une puissance nette, ou puissance hydraulique ou puissance utile ech .
Une puissance sur l’arbre ou puissance absorbée abs.
Un rendement Rd.
Dans le cas d’une pompe = alors que pour une turbine = .
1.8. Théorème de la quantité de mouvement – Théorème d’Euler
Le théorème de Bernoulli est d’une utilisation trop limitée. En effet, ce
théorème ne permet pas d’avoir une idée des forces que subissent les
canalisations lors du passage d’un fluide. Par contre, le théorème d’Euler (ou
théorème de la quantité de mouvement) permet de tels calculs.
Enoncé du théorème d’Euler
La relation fondamentale de la dynamique nous dit que pour modifier
d’une petite quantité la vitesse d’un élément de masse m entre deux instants
très proches dt, il faut appliquer une force telle que = .
Appliquons cela au fluide
La relation fondamentale de la dynamique nous dit que :
= =
= ( )= =
Avec
= = = =
Il vient alors :
= ( )= ( )
Le théorème d’Euler (ou théorème de la quantité de mouvement) devient :
( )=
Où représente l’ensemble des forces extérieures appliquées au système. Ce
système est délimité par une surface qui sera appelée surface de contrôle.
Quelques applications du théorème d’Euler
a) Force appliquée sur un convergent
Considérons un liquide qui s’écoule dans un convergent.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 16
Il semble assez évident que lors d’un
changement brusque de section le long
d’une canalisation, le fluide transporté
à l’intérieur « pousse » la canalisation.
Exprimons cette poussée à l’aide du
théorème d’Euler: Le système ouvert
contient l’épaulement et est délimité
par une section d’entrée, un peu en
amont, une section de sortie un peu en
aval et la section latérale qui est la
canalisation elle-même.
Le système est délimité par les surfaces S1 , S 2 , S L : C’est la surface de contrôle.
En négligeant les forces de gravité, le théorème d’Euler s’écrit :
( )= + +
Or
=
est la force que la surface latérale du convergent exerce sur le liquide.
On alors :
=[ ( )+ ]
D’après la troisième loi de Newton, la force que le fluide exerce sur la
canalisation est l’opposée de la relation précédente :
[ ( )+ ]
N’oublions pas que la pression et la section à l’entrée sont supérieures à la
pression et la section à la sortie. Ce qui fait que le terme entre crochets a de
grandes chances d’être négatif, c’est-à-dire que la force due au fluide est selon
+.
b) Force sur une conduite coudée
On s’intéresse ici à un élément de
conduite coudée horizontale. Le
schéma ci-contre est une vue de
dessus. La surface de contrôle est
encore :
{Se + Ss + SL}
D’après le théorème d’Euler,
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 17
( )= + +
La projection de cette relation vectorielle sur les axes donne :
0 0
Avec
= = = =
Et d’après le théorème de Bernoulli
+ = = =
2
On obtient alors :
F canalisation / fluide qm v2 v1 FS1 FS 2
Fx v v cos P1 S1 cos P2 S
Soit vS
Fy 0 v sin P1 S1 sin 0
Fx Sv 2 1 cos PS 1 cos Fx v2 P S 1 cos
Fy Sv 2 sin PS sin Fy S v2 P sin
La force que le liquide exerce sur le coude a pour composantes Fx , F y car
F fluide / canalisation F canalisation / fluide
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 18
Chapitre 2 : Dynamique des fluides visqueux incompressibles
2.1. Introduction
Nous avons vu, au chapitre précédent, que l’équation du mouvement d’un
fluide parfait (non visqueux) est l’équation d’Euler, qui s’écrit :
+ + =
et qu’à cette équation, on associe l’équation de continuité qui traduit la
conservation de masse (ou de volume) de fluide en mouvement.
Pour un fluide visqueux en mouvement, on prend en compte les effets de
viscosité dans l’équation du mouvement. Comme on peut le pressentir, la
viscosité crée dans un écoulement des contraintes, dénommées contraintes
visqueuses, qu’il convient de prendre en compte si l’on veut établir l’équation
d’un fluide réel visqueux. On ajoute alors à l’équation d’Euler précédent, la
force de viscosité et on obtient ainsi l’équation de Navier-Stokes, qui s’écrit
pour le fluide visqueux incompressible comme :
+ + = +
où est la viscosité dynamique du fluide.
Etudier l’écoulement d’un fluide réel (ou fluide visqueux) revient à
résoudre l’équation de Navier-Stokes. En pratique, cette équation ne peut se
résoudre analytiquement qu’en posant des hypothèses simplificatrices.
Notamment, nous allons devoir distinguer deux grands types d’écoulement: le
régime laminaire et le régime turbulent.
On dit qu’un écoulement est laminaire lorsque le mouvement des
particules fluides se fait de façon régulière et ordonnée. L’écoulement est
turbulent lorsque le déplacement est irrégulier et que des fluctuations aléatoires
de vitesse se superposent au mouvement moyen du fluide.
L’une des premières analyses de la transition d’un régime laminaire vers
la turbulence est basée sur des observations d’écoulements en conduite
cylindrique effectuées par Reynolds en 1883.
2.2. Transition écoulement laminaire – écoulement turbulent
Une étude systématique du régime d’écoulement a été réalisée en fonction
des différents paramètres intervenant dans le problème: la masse volumique du
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 19
fluide, sa viscosité, la géométrie de la conduite, etc. Reynolds a montré que la
transition du régime laminaire au régime turbulent ne dépend pas séparément de
chacun des paramètres mais d’une seule grandeur les regroupant tous. Cette
grandeur est appelée nombre de Reynolds et elle est notée Re.
= =
: masse volumique ML3
: viscosité M L 1T 1
: vitesse cinématique L2T 1
1
v : vitesse du fluide v LT
D : diamètre de la conduite D L
Ainsi, le nombre de Reynolds est une grandeur sans dimension.
Pour l’écoulement dans une conduite, la transition d’un régime laminaire
à un régime turbulent s’observe pour Re Re c 2000 : nombre de Reynolds
critique.
Pour Re < 2000, l’écoulement reste laminaire et une perturbation
localisée introduite dans l’écoulement est progressivement dissipée. Dans un
intervalle de Re de 2000 à 3000, des « paquets » turbulents sont convectés dans
la conduite de façon intermittente. Aux nombres de Reynolds plus élevés,
l’écoulement devient turbulent dans son ensemble; c’est-à-dire que les forces
de viscosité ne sont plus suffisantes pour empêcher les inévitables perturbations
d’engendrer des tourbillons qui se superposent à l’écoulement global.
Régime laminaire Régime transitoire Régime turbulent
Les expériences réalisées par Reynolds lors de l’écoulement d’un fluide
dans une conduite cylindrique rectiligne, ont donc montré que :
Si Re < 2000, le régime est laminaire
Si 2000 < Re < 3000, le régime est transitoire
Si Re > 3000, le régime est tuburlent.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 20
Une étude plus fine montre qu’il existe une subdivision entre les régimes
turbulents :
Pour 3000 < Re < 105, le régime est turbulent lisse
Pour Re > 105, le régime est turbulent rugueux
2.3. Ecoulement laminaire et pertes de charge régulières
Partons de l’équation de Navier-Stokes obtenu pour un fluide newtonien
incompressible:
= +
avec
= + +
2
Pour un fluide incompressible (i.e = ) en écoulement stationnaire et en
posant : ( ) , l’équation précédente devient:
+ + = +
En multipliant scalairement cette relation par le déplacement élémentaire , on
obtient :
+ + . = .
En posant = + + , la charge totale du fluide, on obtient, en
projetant sur les axes Ox, Oy, et Oz du système de coordonnées cartésiennes :
Où , , et sont les composantes du vecteur vitesse dans le système de
coordonnées cartésiennes.
Examinons le cas d’un écoulement laminaire unidirectionnel de fluide
incompressible, suivant l’axe x. Dans ces conditions on a:
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 21
= = =
Le fluide étant incompressible, = = on en déduite que = ( , ).
Les équations précédentes deviennent :
Il vient également que = ( ), la charge totale du fluide ne varie que
suivant l’axe . Le système d’équations précédent devient alors :
= +
Le membre de gauche de l’égalité précédente est une fonction de x, et le
membre de droite est une fonction de y et/ou z. Les variables x, y, et z étant
indépendantes, l’égalité est possible si et seulement si chaque membre est une
constante. Il vient alors :
= + =
On peut en déduire que la pression totale (ou charge) varie
linéairement avec la distance parcourue par le fluide:
= +
<0 et = ( )>0
= ( )
Il reste alors à caractériser le gradient de pression totale .
Pour caractériser plus précisément le gradient de pression totale dPt/dx, il
faut connaître le profil de vitesse ( , ). Ce dernier est déterminé par les
conditions aux limites. Nous allons donc traiter le problème complet sur un
exemple typique.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 22
2.4. Ecoulement de Poiseuille
Considérons maintenant l’écoulement d’un fluide dans une conduite
cylindrique, de rayon R, posée à l’horizontale:
Il s’agit d’un écoulement
unidirectionnel : le champ de vitesse
est de la forme
= ( )
avec = +
Dans ces conditions, on peut écrire :
Par ailleurs, l’équation de continuité impose:
= ( )+ + = = =
La géométrie du système est telle qu’il y a symétrie de révolution : =
On a finalement ( , , ) = ( ). Par conséquent, le Laplacien s’exprime
comme:
1 1 1
= + + =
Il s’en suit:
= = =
Il est alors possible d’en déduire la profil de vitesse ( ) par simple
intégration de la relation précédente. Il vient:
( )= + ( )+
Où et sont des constantes d’intégration.
Au contact des parois de la conduite, en = , le fluide est immobile
(c’est la condition d’adhérence: le fluide étant visqueux, la particule fluide en
contact à la paroi adhère à cette dernière):
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 23
( = )=0 + + =0
4
Sur l’axe de la conduite, en = 0, la vitesse est nécessairement de valeur finie :
( = 0) =0
4
Le profil de vitesse est donc parabolique
( ) ( ) ( ) = <0
La pression totale (ou charge) diminue avec la progression du fluide. On dit
alors qu’il y a perte de charge du fluide visqueux pendant son écoulement.
Calculons le débit volumique à travers une section du tube:
= ( ) = ( ). 2
En posant = 2 , le diamètre de la conduite, on obtient :
128
On peut alors définir une vitesse moyenne de l’écoulement : = .
Par ailleurs, si on considère une conduite de longueur , la perte de charge
totale s’exprime :
( ) .
Remarque : on constate que la perte de charge est proportionnelle à la longueur
de la conduite On dit alors que la perte de charge est régulière. Or nous avons
trouvé l’expression du débit:
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 24
=
128 128
Il s’agit de la formule de Poiseuille.
On peut aussi exprimer la perte de charge totale en fonction du débit ou de
la vitesse moyenne de l’écoulement:
2.5. Coefficient de perte de charge régulière
Il est d’usage d’exprimer la perte de charge en fonction de la pression
cinétique de l’écoulement dans la conduite :
Donc, pour un écoulement laminaire dans une conduite, on a:
= = . .
avec
= é è
Cette dernière relation est appelée, la formule de Poiseuille, relative à
l’écoulement laminaire de fluide visqueux dans une conduite circulaire.
Remarque: Ceci n’est valide que pour un écoulement laminaire ( < 2000).
On peut alors généraliser l’équation de Bernoulli.
2.6. Notion de pertes de charge
Il existe deux grands types de pertes de charge:
2.6.1. Les pertes de charges linéaires ou régulières
Les pertes de charges linéaires (ou régulières) sont des pertes de charge
réparties régulièrement le long des conduites qui ne présentent aucune
singularité (obstacle). En chaque point d’un écoulement permanent, les
caractéristiques de l’écoulement sont bien définies et ne dépendent pas du
temps. Les pertes de charge linéaires sont proportionnelles à la longueur L de la
conduite, inversement proportionnelles à son diamètre , proportionnelle au
carré de la vitesse débitante du fluide. Il s’écrit :
= . . (en Pa ou en J/m3)
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 25
* : vitesse moyenne d’écoulement dans la conduite (m/s)
* : longueur de la conduite (m)
* : diamètre de la conduite (m)
* : coefficient de perte de charge linéaire. C’est un nombre sans
dimension (sans unité). Sa valeur dépend du régime d’écoulement et notamment
du nombre de Reynolds Re.
Dans un régime laminaire < 2000, la formule de Poiseuille
exprime :
=
Dans un régime turbulent lisse 2000 < < 10 , la formule de
Blasius exprime :
,
= , .
Dans un régime turbulent rugueux Re> 105, la formule de Blench
exprime :
= , .
avec :
* : rugosité de la surface interne de la conduite (mm)
* D : diamètre intérieur de la conduite (mm)
NB : Parfois, on lit la valeur de sur un abaque établie par Moody.
2.6.2. Les pertes de charges singulières ou locales
Quand la conduite subit de brusque variation de section ou de direction, il
se produit des pertes de charges. Ces brusques changements de directions ou
sections (Par exemple : élargissement brusque, rétrécissement brusque, coude, le
T, les vanne ou robinet, …) sont appelés obstacles (ou singularités). Les pertes
de charges associées sont dites singulières(ou locales). Elles sont généralement
mesurables et font partie des caractéristiques de l’installation.
On les exprime comme :
= . (en Pa ou en J/m3)
k : Coefficient (sans unité) de pertes de charge. Il dépend de la nature et de la
géométrie de la singularité de forme. Les valeurs de k sont données par les
constructeurs dans leurs catalogues.
2.6.3. Théorème de Bélanger - Les pertes de charges singulières
Le théorème d’Euler peut permettre d’étudier les pertes de charge
singulières dans les coudes, convergents, divergents,…
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 26
Exemple 1: Cas d’un élargissement brusque
Considérons l’écoulement d’un fluide incompressible dans une conduite
horizontale présentant un élargissement brusque, ce qui constitue une
singularité. A cause de son inertie, le fluide ne suit pas complètement les
changements brusques de direction : il se crée des zones de turbulence où il y a
dissipation d’énergie. Ces zones, où le fluide est globalement stagnant, sont
responsables de pertes de charge singulières.
Il s’agit du calcul des pertes de charge accompagnant les brusques
variations de section de canalisation. Ces pertes de charge se produisent pour
des fluides incompressibles réels mais leurs calculs constituent une très bonne
application du théorème des quantités de mouvement.
N.B : Il existe une zone de fluide stagnant qui s’accompagne d’un régime
tourbillonnaire, dans cette zone, on fait l’hypothèse que le fluide est à la
pression .
Nous appliquons le théorème d’Euler au fluide limité par les surfaces
S1 , S 2 , et les parois du tuyau. La projection sur l’axe horizontal donne:
qm v2 v1 P1 S1 P2 S 2 P1 S 2 S1
Où P1 S 2 S1 est la poussée que la paroi exerce sur le fluide stagnant
Comme = = , il vient : ( )= ( )
( )
Or = +
On a alors
( )
+ + = =
2 2 2 2
Ou encore
+ + =
2 2 2
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 27
qui s’écrit encore comme = perte de charge singulière exprimée en
(J/N) ou en (m).
Où = = est le coefficient de perte de charge singulière
dans un divergent (un élargissement brusque).
Remarque: le régime tourbillonnaire dans la zone de ‘’fluide mort’’
s’accompagne d’une transformation de l’énergie mécanique en chaleur.
Exemple 2: Cas d’un rétrécissement brusque
= <1
Dans le cas d’un rétrécissement brusque, l’expérience montre que la perte
de charge singulière ne se produit pas au niveau de la diminution de section de
la conduite mais lors de l’élargissement entre la section contractée S C du fluide
et la section S 2 en aval. En faisant le même calcul que précédemment, on
obtient
( )
=
2
Avec = et =
Soit = avec = le coefficient de perte de charge
singulière pour un rétrécissement brusque.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 28
Quelques singularités typiques sont reproduites ci-dessous.
Tableau : Expression des coefficients des pertes de charge singulières
2.7. Généralisation du théorème de Bernoulli
Considérons un écoulement entre deux points (1) et (2) d’un fluide
visqueux (ou fluide réel) dans une conduite. On suppose éventuellement, qu’il
existe entre (1) et (2) une machine hydraulique, des longueurs régulières et des
singularités.
Le Théorème de Bernoulli prend la forme générale suivante:
+ ( )+ = +
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 29
Ou encore
+ ( )+ = +
Ou enfin
+( )+ = +
est la puissance nette ou puissance hydraulique de la pompe
2.8. Les conditions aux limites
Les composantes de l’équation de Navier-Stokes fournissent un ensemble
l’équations différentielles auquel il convient d’adjoindre les conditions aux
limites adéquates. Nous présentons ici quelques exemples :
Pour une paroi : la condition d’adhérence impose : = 0.
Pour un axe de sysmétrie :
En coordonnées cartésiennes: Prenons l’exemple de l’écoulement entre deux
plaques fixes parallèles à Ox. Sur l’axe de symétrie on écrira:
=0 =0
En coordonnées cylindriques et pour un écoulement axisymétrique, on écrira,
sur l’axe de la conduite:
= 0, = 0, =0
Pour une surface libre : = 0, = =0
Figure 2.1: Différentes conditions de symétrie
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 30
2.9. Viscosité des fluides non-Newtoniens
Beaucoup de fluides s’apparentent à un fluide Newtonien. Toutefois, il
n’est pas toujours possible de les considérer comme tels. Nous avons vu qu’un
fluide Newtonien est tel que la contrainte de cisaillement qu’il exerce est
proportionnelle au taux de déformation.
En écoulement unidirectionnel, cela s’écrit:
où µ est une constante caractéristique du fluide, appelée coefficient de viscosité
dynamique.
Pour un fluide non-Newtonien, on pose quand même:
où est la viscosité apparente du fluide qui ne sera donc plus une constante.
On distingue plusieurs classes de fluides tels que:
Fluides de Bingham
La relation contrainte-taux de déformation s’écrit:
= +
On note dans ce cas l’existence d’un seuil de contrainte en dessous duquel
le fluide ne se met pas en mouvement (cf Figure ci-après, courbe 4).
Fluides d’Ostwald
Leur loi de comportement se met sous la forme:
= =
Par identification, on peut en déduire, pour le fluide non-newtonien = .
Si = 1, le fluide est newtonien (courbe 1).
Si > 1, le fluide est dit dilatant: sa viscosité augmente avec le taux de
déformation. On dit aussi qu’il est rhéo-épaississant. Exemples: amidon,
guimauve (courbe 5).
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 31
Si < 1, le fluide a un comportement pseudo-plastique, c’est-à-dire que sa
viscosité diminue avec le taux de déformation (margarine, huile végétale,
mayonnaise, ...). On dit que le fluide est rhéo-fluidisant (courbe 6)
Figure 2.2 : Exemples de lois de comportement d’après Comolet : 1. Fluide
newtonien, - 2. Fluide parfait, - 3. Solide parfait, - 4. Fluide de Bingham, - 5
Fluide dilatant, - 6. Fluide pseudo-plastique
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 32
Chapitre 3 : Ecoulements internes en conduites et canaux
3.1. Introduction
Les exemples d’écoulement de fluides visqueux incompressibles que nous
allons traiter dans ce chapitre illustrent des situations d’écoulements laminaires
simples en conduites pour lesquels une solution analytique peut facilement être
obtenue. Nous limitons notre étude aux écoulements unidirectionnels. Rappelons
que les équations générales du mouvement de tels fluides sont :
L’équation de Navier-Stokes
+ + = +
L’équation de continuité qui s’écrit : = pour les fluides
incompressibles.
En considérant le cas particulier d’un écoulement plan (dans le plan , par
exemple), la projection des équations du mouvement sur les axes et du
système de coordonnées cartésiennes donne les équations scalaires suivantes:
Equation de Navier-stokes suivant l’axe :
+ + + +
Equation de Navier-stokes suivant l’axe
+ + + +
Equation de continuité : En coordonnées cartésiennes, elle s’écrit :
+ =0
Dans ces équations la quantité = + est la pression motrice.
Nous nous proposons de résoudre les équations précédentes dans certains cas
particuliers d’écoulement permanent de fluides visqueux incompressibles.
3.2. Ecoulement d’un fluide visqueux incompressible entre deux plaques
parallèles
Considérons l’écoulement d’un fluide visqueux s’écoulant entre deux
plaques parallèles infinies sous l’effet d’un gradient de pression constant.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 33
Figure 3.1: Ecoulement de Couette entre plans parallèles
Hypothèses: Supposons l’écoulement permanent ( = 0), plan ( = 0) et
infini dans la direction . La gravité est dirigée suivant . La géométrie de
l’écoulement impose à chercher une solution de la vitesse du type ( ( , ), 0, 0).
Soit le champ de vitesse de la forme :
= ( , )
Le fluide étant incompressible, l’équation de continuité devient :
= =
On en déduit que
( , )= ( )
Le champ de vitesse ne peut être fonction que de la seule variable .
Les équations de Navier-Stokes deviennent donc :
0= +
0=
On en déduit que la pression ne dépend que de la variable x. Il vient alors :
1
=
Le terme de gauche de l’égalité précédente est une fonction de la variable et le
terme de droite est une fonction de la variable . Les variables et étant
indépendantes, cette égalité est possible si et si seulement si chaque terme est
une constante. Nous posons alors :
= =
En intégrant cette relation, il vient :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 34
1
( )= + +
2
Où et sont des constantes d’intégration. Les valeurs de ces constantes
dépendent dans conditions aux limites de l’écoulement.
En considérant le cas particulier où les deux plaques sont fixes (il s’agit de
l’écoulement de Poiseuille plan) les conditions aux limites sont les conditions
d’adhérence. Elles s’écrivent comme :
=0
2
=0 =+
2
Ces conditions permettent d’obtenir le champ de vitesse suivant :
( )=
Le profil de vitesse est donc parabolique. On notera que, pour que l’écoulement
soit dirigé vers les x croissants, il faut que le gradient de pression soit < 0
< 0 ( la pression décroit suivant x).
Figure 3.2: Profil de vitesse de l’écoulement de Poiseuille plan
On peut noter les points suivants:
La vitesse est maximale en = 0 et elle vaut :
= ( = 0)
8
Le débit volumique de l’écoulement par unité de largeur des plaques
vaut :
= ( )
12
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 35
La vitesse moyenne de l’écoulement s’exprime comme :
1
=
Où = × est la surface de l’écoulement. On alors :
12
Remarque: La vitesse moyenne de l’écoulement et la vitesse maximale
de l’écoulement sont reliées par :
La contrainte de cisaillement (ou contrainte tangentielle) que le fluide
exerce sur les parois de la plaque est
Soit
=±
Le signe dans l’expression de la contrainte de cisaillement vient du fait que la
contrainte sur la paroi est égale et opposée à celle subie par le fluide.
3.3. Écoulement de cisaillement de Couette-Poiseuille plan
Nous considérons maintenant le cas où la plaque supérieure est animée
d’une vitesse uniforme: dans ce cas, le glissement de la plaque (qu’on supposera
de vitesse V dirigée vers les > 0) peut être éventuellement conjugué avec un
gradient de pression externe. Appelons G ce gradient de pression = . Si
< 0, le gradient de pression est moteur et amplifie le phénomène créé par la
plaque. Si > 0 le gradient de pression est dit adverse et s’oppose à l’action de
la plaque.
Figure 3.3: Ecoulement mixte de Couette-Poiseuille
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 36
Les équations sont les mêmes que dans le cas du paragraphe précédent,
seules les conditions aux limites changent. Elles s’écrivent:
=0 2
= =+ 2
Par intégration des équations du mouvement (équations de Navier-Stokes), on
obtient :
( )= ( )+ +
Si = 0, ( )= + , le profil de vitesse devient linéaire : C’est
l’écoulement de Couette entre deux plaques.
=0 0 0 =0 0 >0
Figure 3.4 : Profils de vitesse de l’écoulement parallèle mixte
Le débit volumique de l’écoulement par unité
= ( ) +
12 2
La contrainte tangentielle sur les parois de la plaque supérieure est :
Soit
+
2
3.4. Écoulement en couche mince sur un plan incliné
Une couche mince de peinture, fluide newtonien incompressible, de
viscosité dynamique , de masse volumique , et d'épaisseur coule le long
d'un plan incliné, dont la ligne de plus grande pente fait un angle avec
l'horizontale sur une largeur . La pression au dessus de l écoulement est
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 37
uniforme égale à P0. Le champ de pesanteur terrestre est supposé uniforme
intensité g = 9,8 m.s-2. L écoulement est supposé laminaire et permanent. Le
champ de vitesse est de la forme: = ( ) .
Figure 3.5: Ecoulement sur un plan incliné
Pour cet écoulement, l’équation de Navier-Stokes stationnaire se réduit à :
1
0= +
1
0=
Sachant que la pression est égale à la pression atmosphérique à la surface libre et
donc constante, le terme de pression disparaît dans la première équation. La
deuxième équation donne un profil de pression hydrostatique. La seule véritable
nouveauté est la condition imposée à la surface libre: la viscosité de l’air étant
supposée très faible par rapport à celle du liquide, on a pas de flux de quantité de
mouvement à travers la surface libre de l’écoulement, en d’autres terme la
contrainte visqueuse y est nulle. On écrit alors :
=0
avec la condition de non-glissement (ou condition d’adhérence) habituelle :
| =0
On obtient un profil en demi-parabole:
( )= ( )
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 38
La vitesse moyenne de cet écoulement est alors :
3.5. Ecoulement d’un fluide visqueux dans une conduite cylindrique
Soit une conduite cylindrique de rayon R dans laquelle s’écoule un uide
visqueux sous l’action d’un gradient de pression = (on utilise maintenant
les coordonnées cylindriques , , ).
Figure 3.6: Ecoulement de Poiseuille en conduite cylindrique
En coordonnées cylindriques, les équations de Navier-Stokes s’écrivent,
en projection sur les différents axes, comme:
Sur l’axe :
+ + + + +
1 1 2
+ + +
Sur l’axe :
1
+ + + + + +
1 1 2
+ + + +
Sur l’axe z :
+ + + + +
1 1
+ + +
L’équation de continuité, en coordonnées cylindrique prend la forme :
1 ( ) 1
+ + =0
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 39
Dans ces équations les quantités ( , , ) sont les composantes de la force de
volume (ou force de gravité).
Hypothèses : On suppose l’écoulement axisymétrique = 0 et permanent
= 0 . L’écoulement est unidirectionnel et le champ de vitesse s’écrit alors
sous la forme :
= ( , , ) = =
Le fluide étant incompressible, on a :
1 ( ) 1
= + + = =0
On en déduit que : = ( )
Remarque : La force de gravité ne sera pas prise en compte dans les calculs. En
effet cette force étant perpendiculaire à l’écoulement, elle ne peut que modifier
le champ de pression. Nous posons alors : = = = 0.
Les équations du mouvement (équations e Navier-Stokes) deviennent :
: 0=
1
: 0=
1
: 0= +
On en déduit que :
La pression = ( )
L’équation différentielle
Le terme de gauche de la relation précédente est fonction de la variable et le
terme de droite est fonction de la variable . Les variables et étant
indépendantes, l’égalité est possible si et seulement si chaque terme est une
constante. Nous posons alors :
= =
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 40
En intégrant (deux fois) et en utilisant les conditions aux limites :
=0 =
=0 =0
Obtient le champ de vitesse suivant :
( )= ( )
Avec < 0.
De manière un peu surprenante on retrouve un profil parabolique comme
en géométrie plane. À gradient de pression imposé, le débit volumique de
l’écoulement dépend très fortement du diamètre R du conduit, comme le montre
la loi de Hagen-Poiseuille:
= ( ). 2 = ( ). 2
4
Soit
Cette dernière relation est la formule de Hagen-Poiseuille.
La vitesse est maximale en = 0 et vaut :
4
La vitesse moyenne (encore appelée vitesse débitante) est :
1
= =
8 2
La contrainte de cisaillement (ou contrainte tangentielle) est :
= = =
2
Application au viscosimètre: En faisant circuler dans une conduite circulaire
de petit diamètre un fluide visqueux on peut, à partir de la connaissance du
gradient de pression et du débit, en déduire la viscosité du fluide. Cela constitue
une application de la loi de Poiseuille.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 41
Chapitre 4: Ecoulements sur paroi et autour d’obstacles : Les
couches limites
4.1. Introduction
Par opposition aux écoulements à l’intérieur de conduites, encore appelés
écoulements internes, ce chapitre traite le cas d’écoulements dits ”externes ”,
s’écoulant autour d’obstacles. On considérera d’abord le cas de la plaque plane
qui permet de définir la notion de couche limite, puis on considérera le cas
d’écoulements autour de cylindres, sphères et autres géométries.
D’une manière générale, l’écoulement bidimensionnel autour d’un
obstacle placé dans un champ de vitesse uniforme développe une fine
couche tout le long de cet objet avec une grande variation de la vitesse
autour de cet obstacle. Cette couche est appelée couche limite et est due à la
viscosité du fluide.
4.2. Notion de couche limite
On considère un écoulement bidimensionnel, stationnaire, incompressible
d'un fluide non pesant. On suppose que l’écoulement du fluide s’effectue autour
d’un objet (Figure 4.1). Relativement loin de l’objet, on peut négliger les effets
de la viscosité si le nombre de Reynolds est suffisamment grand. Dans ces
conditions, le fluide peut être approximé à un fluide parfait et l’écoulement
peut être décrit par la cinématique (équation de Bernoulli). Mais cette hypothèse
n’a plus de sens lorsqu’on se rapproche de la paroi de l’objet, la vitesse du
fluide devient progressivement nulle. Proche de la paroi, la viscosité joue un
rôle important, on doit y décrire l’écoulement au moyen de l’équation de
Navier-Stokes. Le domaine de transition où la vitesse devient progressivement
nulle est appelée «couche limite».
Figure 4.1 : Ecoulement autour d’une plaque plane
L’épaisseur de la couche limite dépend du nombre de Reynolds . Au
sein de la couche limite, l’écoulement peut être, soit laminaire, soit turbulent
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 42
(cela dépend également de la valeur de ). Au contact de la paroi, quand le
profil de vitesse présente une pente infinie, on dit qu’il y a décollement de la
couche limite.
Figure 4.2 : Epaisseur de la couche limite sur une plaque plane
Figure 4.3: Décollement de la couche limite
Après le point de décollement D, la couche limite devient turbulente. Les
forces de viscosité ne sont plus assez importantes pour assurer le contournement
normal de l’objet, il se forme un «sillage». Le sillage est d’autant plus important
que l’objet est mal profilé: en pratique, on cherche à optimiser le profil de façon
à minimiser le sillage qui est en effet responsable d’une dissipation d’énergie
importante.
4.3. Grandeurs caractéristiques de la couche limite
a) Epaisseur de la couche limite
Elle est définie comme la distance à la paroi à partir de laquelle la vitesse
devient supérieure à 99% de la vitesse de l’écoulement uniforme (non perturbé
par l’objet) :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 43
( = )= ,
est épaisseur de la couche limite (Voir Figure 4.2).
b) Epaisseur de déplacement
Pour définir l’épaisseur de déplacement, on évalue le flux manquant par
rapport à celui qu’on aurait dans l’hypothèse d’un écoulement uniforme jusqu’à
la paroi. Ainsi, on a :
( ) = =
D’où
4.4. Etude dimensionnelle de la couche limite
Au sein de la couche limite, l’écoulement doit être décrit au moyen de
l’équation de Navier-Stokes. La résolution de cette équation s’avère difficile
sans poser un certain nombre d’approximations. Ces approximations doivent
être validées sur les bases d’une analyse dimensionnelle.
Considérons alors, au sein de la couche limite, un écoulement:
Bidimensionnel, dans le plan (x,y) ;
stationnaire ;
où les effets de la pesanteur sont négligeables.
Avec ces hypothèses, les équations de Navier-Stokes se résument à:
+ + +
+ + +
Où = est la viscosité cinématique du fluide.
A ces équations, on associe l’équation de continuité :
+ =
On peut ainsi faire les approximations suivantes :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 44
Ainsi la première équation de Navier-Stokes devient :
+ +
Et la deuxième équation de Navier-Stokes devient :
En effet, analysons les différents ordres de grandeurs caractéristiques :
: ordre de grandeur de la vitesse longitudinale (écoulement uniforme).
: Ordre de grandeur de la vitesse transversale.
: où peut représenter la distance au front de l’objet.
: où peut représenter l’épaisseur de la couche limite.
Ainsi d’après l’équation de continuité,
+ = signifie que et sont nécessairement du même ordre de
grandeur.
On peut alors en déduire que
= v =
On sait alors que les termes et v sont du même ordre de grandeur
+ + donc
Or nous savons que
On a alors
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 45
On en déduit l’ordre de grandeur de l’épaisseur de la couche limite :
( )
Où = est le nombre de Reynolds caractéristique de l’écoulement.
L’analyse dimensionnelle nous a permis de montrer que :
=0
On en déduit que dans la couche limite, le gradient vertical de la pression est
nul.
L’équation de la couche limite (ou équation de Prandtl) s’écrit alors
comme :
+ +
Pour résoudre cette équation, il faut associer les conditions aux limites
suivantes:
( , )= , ( , )= , ( )=
4.5. Equation de Blasius
L’équation à résoudre s’écrit :
+ +
On sait que sur une même ligne de courant, la vitesse reste à peu près
constante (dans le cas où l’obstacle est une plaque plane), par conséquent, la
pression reste aussi constante. En effet, dans l’approximation de fluide parfait
(hors de la couche limite), l’équation de Bernoulli s’écrit :
1
+ =
2
En différentiant cette relation, il vient :
1
+ =0
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 46
Donc, comme il y a continuité des pressions à la frontière de la couche
limite, on peut en déduire que dans la couche limite autour d’une plaque plane :
= =0
Par conséquent, il reste seulement à résoudre, l’équation suivante:
+ =
On peut alors raisonner en terme de lignes de courant au sein même de la
couche limite. On introduit alors la fonction de courant ( , ) telle que :
Nous recherchons les solutions auto-similaires de l’équation de la couche limite,
de la forme :
( , )= ( ) ( ) =
( )
Exprimons alors tous les termes de l’équation de la couche limite en fonction de
la fonction courant :
= = ( ) v= ( ) ( )
= ( ) = ( )= ( )
= ( )= ( )
En remplaçant ces expressions dans l’équation de la couche limite, on obtient :
× . + = .
Soit après simplification :
. + . . =0
Soit
. + . =
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 47
Cette dernière équation s’appelle équation de Blasius. C’est une équation
différentielle de troisième ordre non linéaire. On peut résoudre numériquement
cette équation en tenant compte des conditions aux limites suivantes :
= , ( )= ( )= , ( )=
La solution numérique de cette équation peut être approximer, proche de la
paroi, par :
1
( )= (0,332) + ( )
2
Soit
( ) ( ) 0,332. .
4.6. Couche limite turbulente
Ce que l’on vient d’établir concerne une couche limite laminaire. On a vu
que la nature d’un écoulement pouvait être décrit au moyen de nombre de
Reynolds local :
.
On constate alors que le nombre de Reynolds caractéristiques croit avec la
distance x. Lorsque > 5. 10 ( ), la couche limite devient turbulente.
Concrètement, la transition du laminaire au turbulent se manifeste par un
épaississement brutal de la couche limite.
Figure 4.4 : Couches limites laminaire et turbulente
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 48
Chapitre 5: Aérodynamique et Mécanique du vol
5.1. Introduction
L’aérodynamique est l'étude des phénomènes qui se créent autour d'un
mobiles (aéronef) en déplacement dans l'air. Cette étude examine en premier
lieu le milieu dans lequel les aéronefs évoluent puis détermine les critères pour
qu'ils aient la forme la plus appropriée au vol.
La Mécanique du vol est l’étude des forces s’appliquant à un aéronef en vol.
Ces forces peuvent être regroupées en fonction de leur origine:
* origine inertielle, fonction des accélérations subies par la masse de l'avion.
* origine propulsive, générée par les moteurs de l'avion.
* origine aérodynamique, induite par la vitesse de déplacement de l'aéronef.
Avant d'entreprendre l'étude des phénomènes qui permettent à un aéronef
de se maintenir dans l’atmosphère et d'y évoluer, il est utile de rappeler
brièvement les propriétés caractérisant ce milieu.
5.2. L’air
a) Existence
L'air est le mélange gazeux qui constitue l’atmosphère terrestre (voir
météo). Comme tous les gaz, il est composé de molécules extrêmement mobiles
les unes par rapport aux autres. Il est invisible, ce qui rend la compréhension des
phénomènes relatifs au vol de l'avion d'autant plus difficile.
b) Propriété physiques
- L'air est compressible : il est possible de réduire son volume en le comprimant
- L'air est expansible : il tend à occuper un volume toujours plus grand
- L'air est élastique : propriété résultante des 2 précédentes, c'est-à-dire que l'air
reprend exactement son volume initial lorsqu'on le replace dans les conditions
ayant précédé une compression ou une détente.
- L'air est pesant: par rapport aux autres corps, le poids de l'air reste faible (voir
météo), toutefois, il est déjà possible de donner trois paramètres principaux
définissant l'état de l'air ambiant :
* masse volumique , notée , et exprimée en . .
* la pression, force exercée par unité de surface, notée , et exprimée en
Pascal ( ). C'est l'effet porteur dû aux actions combinées des pressions et
dépressions : la pression est l'application d'une force sur une surface.
1/ Corps au repos : on appelle « pression statique », la pression exercée par
l'air immobile sur toute la surface d'un corps au repos.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 49
2/ Corps en mouvement: on appelle « pression dynamique », l'énergie
acquise par l'air grâce à sa vitesse , ou pression due à la vitesse du vent relatif
appliqué sur une surface perpendiculaire aux filets d'air. La valeur de cette
pression peut-être exprimée par la loi de Bernoulli:
=
La force résultant de la pression dynamique sur une surface perpendiculaire « S»
vaut:
é = × =
* la température, notée T, et exprimée en Kelvin ( K )
( ) = (° ) + 273
* la viscosité : la viscosité caractérise la cohésion interne d'un fluide.
Résistance au déplacement des molécules les unes sur les autres, varie avec les
fluides. Les forces de viscosité sont des forces tangentielles de contact entre
deux couches du fluide. Nombre de Reynolds, il chiffre l'influence de la
viscosité, sans unité.
Mise en évidence de la viscosité d’un fluide (air)
c) Ecoulement
Terme générique définissant le déplacement de l'air. On distingue en général
trois types d'écoulement classés selon le comportement des particules d'air :
L’écoulement laminaire: les particules d'air suivent des trajectoires
parallèles et l'air en mouvement se comporte comme s'il était constitué de lames
superposées glissant parfaitement les unes sur les autres.
Au voisinage d'une surface solide, la vitesse de l'écoulement ralentit au fur et à
mesure que l'on s'en approche pour finalement s'annuler au contact de celle-ci.
Cette couche d'air freinée s'appelle " la couche limite ". La couche limite est
cette couche d'air dans laquelle se produit l'effet de cisaillement, c'est la couche
entre la surface et la limite de l'écoulement non ralenti que l'on appelle aussi
l'écoulement potentiel (laminaire).
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 50
L’écoulement turbulent: les particules d'air suivent des trajectoires
quasiment parallèles entre elles, mais qui ne sont plus rectilignes, tout en se
déplaçant globalement dans le même sens avec une même vitesse d'ensemble.
Ecoulement laminaire Ecoulement turbulent
L'écoulement tourbillonnaire: l'ensemble de l'écoulement est très
désordonné et, bien que globalement tout l'écoulement d'air se déplace dans la
même direction, certaines particules peuvent remonter le courant et former ainsi
des tourbillons.
Ecoulement tourbillonnaire
d) La résistance de l’air
Chaque corps en mouvement dans l'air est soumis de la part de celui-ci à une
résistante qui tend à s'opposer à ce mouvement. Cette résistance a son origine
dans les propriétés de l'air, mais dépend aussi des caractéristiques du corps
concerné ( surface, forme.... ). Cette action de l'air se traduit en chaque point de
la surface du corps par :
- une force élémentaire de pression perpendiculaire à la surface
- une force élémentaire de frottement tangente à la surface
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 51
Paramètres influençant la résistance de l’air
Les forces de pression dépendent de la forme du corps et la disposition
que celui-ci occupe par rapport à la direction de la vitesse relative.
Les forces de frottement, dues à la viscosité de l'air, ont un effet
directement en rapport avec l'étendue de la surface du corps et aussi avec l'état
de cette surface.
Plaçons une plaque plane perpendiculairement au courant d'air (vent relatif ). A
l'avant de la plaque, l'air va exercer une forte pression, tandis qu'à l’arrière se
forme un " vide " qui tend à aspirer la plaque.
Pression Dépression
Dans ces conditions, la plaque est soumise à une force horizontale : la
résistance de l'air. En installant un appareil (dynamomètre) relié à la plaque, on
va pouvoir mesurer cette force exercée par l'air et quels sont les facteurs qui font
varier cette force.
Facteurs influençant la résistance de l'air
Aire : Si on double l'aire de la plaque plane, la force mesurée par le
dynamomètre double également : La résistance de l'air est proportionnelle à
l'aire.
Vitesse: En augmentant la vitesse de l’écoulement, la force exercée par l'air
augmente elle aussi : La résistance de l'air est proportionnelle au carré de la
vitesse.
Masse volumique: la densité de l'air diminue avec l'altitude, la résistance de l'air
va diminuer également. On en déduit donc : La résistance de l'air est
proportionnelle à la masse volumique de l'air.
Forme du corps : Un disque plat perpendiculaire au courant d'air d'une
soufflerie, les filets d'air s'entassent à l'avant du disque et le contournent
difficilement.
Expression de la résistance de l'air
Tenant compte des paramètres précédents, soit : proportionnelle à la surface,au
carré de la vitesse, à la masse volumique et à la forme du corps, nous pouvons
écrire la relation sous la forme :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 52
= . . .
avec :
- résistance de l'air exprimée en Newton
- coefficient qui tient compte de la forme du corps et de son état de
surface
- masse volumique de l'air exprimée en .
- vitesse exprimée en . .
- aire exprimée en
5.3. Surfaces portantes
Nous avons fait connaissance avec la force appelée RÉSISTANCE que
l'air exerce sur tout corps en mouvement, et nous avons appris comment il était
possible de la réduire au maximum, son action tendant à s'opposer au
déplacement du corps. Ayant considéré les corps présentant les meilleures
qualités de pénétration dans l'air, nous allons étudier à présent ceux dont le but
essentiel est d'utiliser cette résistance, considérée comme nuisible, pour
PORTER dans l'air : il s'agit des SURFACES PORTANTES.
5.3.1. Plaques planes inclinées
- une plaque plane placée perpendiculaire à la direction d'un courant d'air est le
siège d'une pression à l'avant et d'une dépression à l’arrière.
- une plaque plane disposée parallèlement aux filets d'air est le siège d'une
résistance minimale due simplement au frottement de l'air sur les deux parois de
la plaque.
Inclinons cette plaque dans une position intermédiaire, c'est-à-dire faisant
un angle avec la direction du courant d'air, appelé "vent relatif" et l'angle
formé "angle d'attaque". Cette fois la force qui s'exerce sur la plaque n'est plus
horizontale, mais est inclinée vers l’arrière: on l'appelle alors: résultante
aérodynamique.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 53
La résistance de l'air sur la plaque est une force unique (résultante
aérodynamique), mais elle peut se décomposer en deux forces composantes:
- une composante horizontale (// au sens de l'écoulement ) qui constitue la
traînée,
- une composante perpendiculaire à cette dernière, dirigée vers le haut, que
l'on appelle la portance.
Sur un avion en vol horizontal à vitesse constante, la portance équilibre le
poids et la traction de l'hélice (ou la poussée d'un réacteur) doit équilibrer la
trainée.
On s’aperçut très vite que les qualités d'une surface portante (maximum de
portance, minimum de traînée) dépendaient, dans une large mesure, de sa forme
et, en particulier de son PROFIL.
5.3.2. Profil d’aile
Les surfaces portantes planes employées au début de l'aviation pour la
réalisation des ailes d'avions sont apparues rapidement moins efficaces que les
surfaces courbes. Des expériences aérodynamiques effectuées en soufflerie ont
montré qu'une surface courbe est plus porteuse, à surface égale, qu'une surface
plane.
En effet, les filets d'air s'incurvent alors facilement et " collent " mieux à une
surface courbe.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 54
Comme vous pouvez le voir les deux faces sont différentes. Celle du dessus,
appelée extrados, est très "bombée", et celle du dessous, appelée intrados est
presque plate.
Le résultat de cette dissymétrie, c'est que l'air passant sur l'extrados doit
contourner l'obstacle constitué par l'aile (donc accélération pour éviter le
rapprochement) tandis que l'air passant sous l'intrados n'a pratiquement aucun
obstacle à contourner. Il y aura donc accélération de l'air sur l'extrados, et pas ou
presque pas sous l'intrados. L'air s'écoulera donc plus rapidement sur l'extrados
que sous l'intrados. Cette augmentation de la vitesse d'écoulement a pour effet
de provoquer une baisse de la pression sur l'extrados par rapport à l'intrados.
La différence de pression ainsi créée entre l'intrados et l'extrados produit
une force dirigée de bas en haut, c'est la PORTANCE. On appelle PROFIL la
coupe verticale de l'aile par un plan parallèle au plan de symétrie de l'avion.
5.3.3. Description d'un profil d'aile
- Bord d'attaque: point le plus en avant du profil
- Bord de fuite : point le plus en arrière du profil
- Corde: segment de droite joignant le bord d'attaque au bord de fuite.
Également appelée profondeur du profil
- Angle d'incidence (ou d'attaque) : angle formé entre la corde et la direction
des filets d'air, noté .
- Ligne moyenne : ligne formée par tous les points équidistants de l'extrados et
de l'intrados.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 55
- Épaisseur: distance maximale entre l'intrados et l'extrados, mesurée
perpendiculairement à la corde.
- Épaisseur relative : rapport de l’épaisseur à la profondeur du profil. Elle est
exprimée en pourcentage de la profondeur.
Pour les avions des années 1980, sont apparues des formes de profil
élaborées pour permettre à ces avions d'optimiser les domaines de vol à vitesse
élevée, proche de celle du son, facilité par l'intrusion des ordinateurs de bord.
Ces profils sont appelés SUPERCRITIQUES, caractérisés par un extrados
relativement plat et un intrados convexe.
5.4. Ecoulement de l’air autour d’une aile
5.4.1. Écoulement autour d'un profil
Des expériences faites en soufflerie ont permis de déterminer, de façon
précise, le phénomène de l'écoulement de l'air autour d'un profil, par la mesure
des pressions et des vitesses.
La couche limite joue un rôle important car elle conditionne directement la
résistance de frottement de l'aile. Cette couche limite peut-être laminaire ou
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 56
turbulente. Dans la plupart des cas, elle commence par être laminaire sur la
surface voisine du bord d'attaque puis devient turbulente à partir d'un point
appelé point de transition. Ce point de transition n'a pas une position fixe, aussi
existe-t-il, en réalité, une zone de transition dont les limites dépendent, en
grande partie, de la turbulence de l’atmosphère. Sous certaines conditions, les
filets fluides peuvent se séparer de la paroi et le phénomène du décollement
apparaît.
5.4.2. Répartition des pressions
A l'extrados : Tout l'extrados est le siège d'une dépression locale généralisée,
La couche limite, d'abord laminaire, devient peu à peu turbulente, voir
tourbillonnaire lorsqu'on approche du bord de fuite.
A l'intrados : Le profil constituant un obstacle à l'écoulement, l'air va se trouver
freiné: on voit donc apparaître une surpression localisée sur l'intrados.
5.4.3. La résultante aérodynamique :
C'est la force générée par l'ensemble des surpressions à l'intrados et
dépressions à l'extrados, elle augmente avec la finesse et se déplace suivant
l'angle d'incidence, le point d'application de la résultante aérodynamique
s’appelle le "CENTRE DE POUSSÉE".
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 57
La portance ( Fz ): est la composante aérodynamique perpendiculaire aux filets
d'air du vent relatif. Exprimée :
= . . .
Où est le coefficient de portance.
La trainée ( Fx ): est la composante aérodynamique parallèle aux filets d'air du
vent relatif. Exprimée :
= . . .
Où est le coefficient de trainée.
Résultante aérodynamique ( Ra ) :
= . . .
avec est le coefficient aérodynamique
Les coefficients et sont respectivement les coefficients de portance et de
traînée. Ils varient en fonction : a/ de la forme du profil et b/ de l'angle
d'incidence.
Le foyer est un point fixe où s'appliquent les variations de portance lorsque
l'incidence varie. On peut donc considérer de deux manières différentes les
effets d'augmentation de l'angle d'incidence sur le moment de tangage d'un profil
aérodynamique, (ou d'un avion). D'une part, on peut considérer que la portance
varie et que son point d'application (centre de poussée) se déplace. D'autre part,
on peut considérer que le point d'application (foyer) est fixe et que seule la
portance varie.
5.4.4. Influence de l’angle d’incidence
Rappelons que l'angle d'incidence est l'angle formé entre la corde et la
direction des filets d'air (vent relatif), noté . Lorsque l'angle d'incidence de
l'aile augmente, les conditions changent aussi bien sous l'intrados que sur
l'extrados.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 58
a) Sous l'intrados
Lorsque l'angle d'incidence est nul (aile parfaitement horizontale), on peut dire
que l'intrados n'est soumis qu'à la pression statique, la pression dynamique
n'agissant que dans la direction et le sens de l'écoulement qui est alors parallèle à
l'intrados.
Angle d’incidence Angle d'incidence Angle d'incidence angle d'incidence à
nul à faible valeur à valeur élevée une valeur critique
On peut donc dire qu'au niveau de l'intrados, l'augmentation d'angle
d'incidence entraine une augmentation de la pression dans son ensemble, donc
de la portance. Nous verrons plus tard que les choses sont un petit peu plus
compliquées, et que quelque chose se passe au niveau de l'extrados qui, à partir
d'un certain angle, fait plutôt chuter la portance: c'est le décrochage, on y
reviendra.
b) Sur l'extrados
Lorsqu'un objet est contourné par un écoulement, cet écoulement
"s'ouvre" devant l'objet pour le contourner de tous les côtés, et se "referme"
derrière pour continuer sa "route", comme ceci:
L'endroit où l'écoulement se sépare et "s'ouvre", et celui où l'écoulement
se « referme » s'appellent les points d'arrêt, ou plus exactement, la séparation se
fait juste devant le point d'arrêt. Au point d'arrêt lui-même, l'écoulement est
bloqué. Sur un profil elliptique, les points d'arrêts "amont" et "aval" se trouvent
respectivement au bord d'attaque et au bord de fuite. Si le profil fait un certain
angle avec l'écoulement, on retrouve les points d'arrêts de chaque côté, à ceci
près que le point d'arrêt amont se trouve désormais un peu en dessous du bord
d'attaque, et que le point d'arrêt aval se trouve un peu au dessus du bord de fuite,
comme ceci:
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 59
Si maintenant, on remplace ce profil elliptique par un vrai profil d'aile, c'est à
dire par un profil dont le bord de fuite est effilé, cela change tout. L'air passant
sous l'intrados ne peut contourner un bord de fuite très mince parce que cela
implique, pour l'air, de pouvoir effectuer un virage "en épingle à cheveux".
La conséquence de cela, c'est que le point d'arrêt aval d'une aile est toujours au
bord de fuite, même si l'angle d'incidence augmente.
5.4.5. Les ondes de choc
Quand la vitesse de l'écoulement autour d'un corps profilés augmente, le
premier phénomène qui révèle un changement dans la nature de l'écoulement est
la transformation, en un point donné, du régime laminaire en régime turbulent.
Modification d’un écoulement
Formation d’une onde de choc
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 60
A mesure que la vitesse augmente, le point de transition se déplace vers l'avant:
le sillage turbulent s'amplifie et s'avance graduellement sur la surface de l'aile en
partant du bord de fuite.
Sur une aile à profil symétrique et à angle d'attaque nul, deux ondes de
choc apparaissent au même moment sur l'intrados et l'extrados, leur base est très
proche du point de cambrure maximale, et elles sont presque perpendiculaires
aux surfaces de l'aile. Les ondes de choc tendent à se déplacer vers l’arrière,
mais, ce faisant, elles deviennent plus fortes et plus longues, et les turbulences
en arrière de ces ondes deviennent plus violentes. A une vitesse légèrement
supérieure à celle du son, une autre onde, appelée onde d'amont, apparaît en
avant du profil, tandis que les ondes initiales, qui se trouvent maintenant au
voisinage du bord de fuite, tendent à s'incurver pour former une onde d'aval. Si
la vitesse augmente encore, l'onde d'amont vient s'attacher au bord d'attaque, et
les deux ondes s'inclinent davantage vers l’arrière. Au niveau de chaque onde,
on rencontre une augmentation brutale de pression, de masse volumique et de
température, une diminution de vitesse ainsi qu'un léger changement de
direction de l'écoulement.
5.5. Mécanique du vol
Les paragraphes précédents ont montré les effets de l'air sur une aile. Les
connaissances acquises vont maintenant être appliquées à l'étude du vol de
l'avion.
5.5.1. Le vol en palier rectiligne uniforme
Quatre forces s'équilibrant deux à deux vont s'appliquer à l'avion:
- l'avion vole selon une trajectoire horizontale, donc la portance doit équilibrer le
poids :
* la portance des ailes, , qui agit verticalement vers le haut et dont le
point d'application est le centre de poussée.
* le poids de l'avion, , qui agit verticalement vers le bas et dont le point
d'application est le centre de gravité.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 61
On a alors :
= .
- pour voler à vitesse constante, la traction de l'hélice (ou la poussée du réacteur)
doit équilibrer la traînée :
* la force propulsive, , qui agit horizontalement vers l'avant.
* la traînée, , qui agit horizontalement vers l’arrière.
On a donc :
=
En développant ces deux dernières relations, on obtient :
- l'équation de sustentation :
. = . . .
- l'équation de propulsion :
= . . .
Avec :
- : masse de l'avion en
- : accélération de la pesanteur : = , .
- : traction de l'hélice (ou poussée du réacteur ) en .
- : masse volumique de l'air en .
- : vitesse avion en .
- S : surface de la voilure en ²
- : coefficient de portance (sans dimension)
- : coefficient de traînée (sans dimension)
En faisant le rapport de ces deux équations, on obtient une nouvelle relation:
. .
= = =
représente la finesse de l’avion.
a) La portance
Nous venons de voir qu'en vol horizontal la portance équilibre le poids.
Dans tous les cas où cette égalité n'est pas satisfaite, l'avion ne peut plus voler
horizontalement.
Suite aux égalités précédentes de sustentation, les variables restent le
coefficient de portance et la vitesse . Si l'un d'eux augmente, l'autre doit
diminuer et inversement pour que la portance reste constante. ne variant
qu'avec l'angle d'incidence, il s'ensuit qu'à chaque vitesse de vol correspond un
angle d'incidence bien déterminé. Le centre de poussée dépend également de
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 62
l'emplacement des ailes, le constructeur doit donc impérativement trouver
précisément l'endroit où il doit fixer les surfaces portantes sur le fuselage.
b) Le poids
La position du centre de gravité dépend de la répartition du poids de la
cellule et de la répartition du chargement. Mais il faut y ajouter également le
déplacement du centre de gravité en vol du à la consommation de carburant, du
déplacement de passagers et également pour un avion de combat du largage de
matériel ou de bombes.
c) La force propulsive (ou tractive)
La ligne d'action de la force propulsive est déterminée par la position de
l'axe de l'hélice ou du centre du réacteur, qui dépendent à leur tour de la position
du ou des moteurs.
d) La trainée
La traînée totale se compose des traînées des différentes parties de la
cellule, la traînée du fuselage, la traînée des empennages, la traînée du train
d'atterrissage. Au constructeur de prendre en charge ces contraintes et de les
réduire au maximum. Le constructeur doit estimée la traînée de chaque partie
pour trouver la traînée totale et sa ligne d'action. Même quand on a trouvé la
ligne d'action de la traînée, il faut garder à l'esprit qu'elle est susceptible de
varier en fonction de l'angle d'incidence.
De ce fait, la portance sera située en arrière du poids. De cette façon, ces
deux forces tendent à produire un piqué qui, en cas de panne moteur, donne
automatiquement une assiette de plané. Si la portance était en avant du poids,
l'avion aurait tendance à décrocher dans la même situation. Cependant si
l'emplacement des ailes est choisi de façon à ce que la portance soit en arrière du
poids, il faut aussi compenser cette tendance à piquer quand le moteur
fonctionne et que l'avion est en vol horizontal. Une façon évidente d'y parvenir
est de faire en sorte que la ligne de traînée soit au-dessus de la ligne de force
propulsive pour que le moment de ces deux forces fasse baisser la queue. Ce qui
entraîne que la force propulsive doit être basse, ce qui pose quelques problèmes
(diamètre de l'hélice, hauteur du train ...). Or, si l'on inverse la situation, on
obtient un moment à piquer qui doit être contrebalancé en vol normal. On peut
inverser la position du poids et de la portance, mais si le moteur s'arrête, la ligne
de force propulsive s'annule, le moment cabreur produit par la portance et le
poids engage l'avion vers le décrochage
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 63
Portance en arrière du poids : Trainée au dessus de la poussée :
moment piqueur moment cabreur
.
e) L'empennage horizontal
Connaissant maintenant le problème. Quand on ne peut pas compter sur la
disposition idéale de ces quatre forces, il faut chercher de l'aide. C'est
l'empennage horizontal. A une bonne distance en arrière de la voilure, on
installe un plan horizontal dont la fonction est de produire des forces
aérodynamique dirigées vers le haut ou vers le bas. L'empennage n'a pas à être
très grand puisque, avec un grand bras de levier, une petite force produit un
grand moment de rétablissement.
5.5.2. Equilibre de l’avion
a) Influence du centre de gravité
Tenant compte des éléments vus précédemment, que le centre de gravité
d'un avion n'est pas fixe, du carburant consommé durant le vol, il faut donc
équilibrer ce déplacement
La portance en avant du CG va créer un couple cabreur qui aura tendance à
augmenter l'incidence (et inversement un couple piqueur)
La gouverne de profondeur permet de contrer les déplacements du CG,
mais il existe une limite qui correspond aux butées de cette gouverne, et de ce
fait une limite aux déplacements de CG. Ces limites sont impératives, se
nomment: le centrage. Le centrage dépend du chargement de l'avion, il est
différent selon le type d'avion et nécessite de la part du pilote une action
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 64
préventive de vérification avant le vol en utilisant les informations du manuel
d'avion.
b) Le vol en montée rectiligne uniforme
Comme vu précédemment, lorsque l'avion vole en palier à vitesse
uniforme, les différents efforts qui lui sont appliqués s'équilibrent deux à deux :
la portance équilibre le poids, la traînée équilibre la traction. Si un de ces
efforts varie, la traction, par exemple, l'équilibre est rompu et l'avion va modifier
sa trajectoire ou sa vitesse jusqu'à la réalisation d'un nouvel état d'équilibre.
Il faut que la force de propulsion (traction de l'hélice ou poussée du réacteur)
augmente par rapport au vol en palier. En montée rectiligne uniforme, la vitesse
de l'avion sur sa trajectoire sera constante. L'angle formé par la trajectoire de
l'avion avec l'horizontal est l'angle de montée, (gamma). De ce fait, le poids et
la portance ne sont plus directement opposés puisque le poids reste vertical et la
portance, toujours perpendiculaire à la trajectoire, s'écarte de la verticale d'un
angle égal à l'angle de montée. On obtient alors :
= . . ( ) = + . . ( )
En général, la pente de montée d'un avion s'effectue sous une pente assez
faible pour que l'on puisse considérer par approximation que :
( ) , ( )= ( )
La pente de montée étant la tangente de l'angle de montée, on peut donc dire
qu'elle est égale à en radians. Les équations précédentes peuvent s'écrire :
= . = + . .
On en déduit que :
=
.
Comme une pente s'exprime en général en pourcentage, on aura alors :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 65
é %= .
.
Pour une masse avion donnée, la pente de montée est donc directement
proportionnelle à la différence entre la force de propulsion et la traînée de
l'avion. On appelle vitesse ascensionnelle ou taux de montée, la projection de la
vitesse de l'avion sur un axe vertical. On la note : Vz.
On a alors :
= .
avec en radians
La vitesse ascensionnelle est exprimée soit en / ou / .
Dans le cas limite ou un avion s’élève suivant une trajectoire verticale et à
vitesse uniforme, les directions du poids et de la trajectoire étant confondues, la
traction (ou propulsion) équilibre seule la somme du poids et de la traînée, et la
portance disparaît. Dans ce cas, la première équation deviendrait = + .
La masse de l'air décroissant avec l'altitude, il en résulte pour l'avion :
- une diminution de portance
- une diminution de traînée
- une diminution de la traction de l'hélice
- une diminution de la puissance du moteur
Tous ces effets sont étroitement liés. C'est ainsi qu'à poids égal, une diminution
de portance doit être compensée par une augmentation de l'angle d'incidence ou
une augmentation de vitesse, dans ces deux cas la traînée croît également et cette
augmentation compense la diminution entraînée par la décroissance de densité
de l'air. Plus l'avion vole haut, plus les effets de l'altitude se font sentir et
l'appareil atteint finalement une altitude où, à puissance maximum, il n existe
plus qu'une seule vitesse de vol en palier et où le taux de montée est nul. C'est ce
qu'on appelle le plafond absolu.
c) Le vol en descente rectiligne uniforme
Pour que le vol en descente se réalise, le pilote réduit les gaz, la force
d'attraction diminue. L'avion descend suivant une trajectoire faisant un angle
avec l'horizontale (angle de plané ou pente de descente) de telle sorte que sa
vitesse soit constante.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 66
Cette fois, la composante du poids parallèle à la trajectoire est orientée dans le
même sens que la traction. On obtient :
= . . ( ) = + . . ( )
De la même façon que pour la montée, on peut considérer que = et
que = = en rds. Les équations du vol en descente peuvent
donc s'écrire:
= . = + . .
Soit
=
.
La projection de la vitesse avion sur un axe vertical est la vitesse verticale
de descente ( ), ou taux de chute. On a :
= .
Soit
× %
=
En perdant la force propulsive, un avion en vol plané uniforme ne peut compter
que sur la portance, la traînée et le poids pour maintenir son état d'équilibre. Par
conséquent, l'angle compris entre la portance et la résultante est égal à l'angle ,
angle de descente. D'où :
= ( )
Cela implique que plus le rapport / est petit, c'est-à-dire plus la finesse
/ est grande, plus la pente de descente est faible.
En conclusions :
- la tangente de la pente dépend de la finesse. La mesure de la pente de descente
peut servir à évaluer la distance qu'il peut couvrir en vol plané.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 67
- si l'on veut qu'un avion en vol plané couvre la plus grande distance possible,
l'angle d'incidence au cours de la descente doit être tel que la finesse soit au
maximum.
- si un pilote effectue un vol plané à un angle d'incidence plus grand ou plus
petit que celui qui donne la meilleure finesse, la trajectoire de descente est plus
accentuée dans les deux cas.
- le poids n'a pas d'effet appréciable sur la pente de descente, ni en principe ni
dans les faits, mais il a un effet sur la vitesse maintenue pendant le vol plané.
Pour un planeur, la finesse est l'une des caractéristiques principales.
- finesse maximale en air calme : franchir la plus grande distance en perdant le
minimum d'altitude.
- taux de chute minimum en air calme : prolongement du vol le plus longtemps
possible (naturellement la distance doit être corrigée du vent : un vent de face la
diminuera, alors qu'un vent arrière l'allongera).
La finesse sera donc un nombre représentatif de l'angle de plané qui
s'exprime également par le rapport :
= =
d) Le vol en virage symétrique en palier
Le virage est symétrique lorsque le vecteur vitesse reste dans le plan de
symétrie de l'avion. La force déviatrice est obtenue en inclinant l'avion vers
l'intérieur du virage. La portance, perpendiculaire au plan des ailes, va s'incliner
vers l'intérieur du virage. On peut alors la décomposer en une composante
verticale Rz' opposée au poids et une composante horizontale Ry orientée vers
le centre du virage.
Le poids apparent (Pa) de l'avion est plus important que son poids réel (P), la
valeur de la vitesse de décrochage augmente en fonction du facteur de charge.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 68
On appelle facteur de charge, le rapport entre la portance et le poids, et
est noté . On écrit alors :
=
.
Or
.
= =
( )
= =
é ( )
Soit, vitesse de décrochage en virage :
= .
. ( )
= =
. ( )
Où est le rayon de virage et est la vitesse angulaire (ou taux de virage).
En virage correct, l'avion est en vol symétrique, ce qui signifie que la direction
du vent relatif est parallèle au plan de symétrie de l'avion. Il n'est pas toujours
ainsi et il arrive que le vent relatif ne soit plus parallèle au plan de symétrie de
l'avion, celui-ci est alors en attaque oblique.
Deux cas de virage incorrect peuvent se présenter :
- l'avion dérape et le vent relatif se fait sentir de l'extérieur du virage.
- l'avion glisse et le vent relatif se fait sentir de l'intérieur du virage.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 69
Travaux dirigés
Série 1 : Ecoulement des fluides parfaits incompressibles
Exercice 1:
A partir du dispositif ci-contre, exprimez
le gain ou la perte de masse du réservoir en
/ , en / et calculez la hausse
ou la baisse du niveau d’eau en / .
Exercice 2:
De l'eau s'écoule à une vitesse uniforme de 3 / dans une conduite AB
de 1,2 de diamètre reliée à une conduite BC de 1,5 de diamètre. Au point
C, la conduite se sépare en deux parties. La première, CD a un diamètre de
0,8 et transporte le tiers de l'écoulement total. La vitesse dans la seconde CE
est 2,5 / . Calculez:
a) le débit volumique dans AB
b) la vitesse dans BC
c) la vitesse dans CD
d) le diamètre CE
Exercice 3:
Un réservoir s'alimente en eau par deux entrées 1 et 2. Le diamètre et la vitesse
de l'écoulement de l'entrée 1 sont respectivement 10 et 5 / et le débit
volumique = 0,03 / .
A) Quelle est la vitesse V3 à la sortie si le diamètre = 15 et si la hauteur
d'eau h dans le réservoir reste constante?
B) Si à = 0 la vitesse de l'écoulement à la sortie est augmentée à 5 / ,
quelle est la vitesse de baisse du niveau d'eau dans le réservoir et quelle est la
masse d'eau perdue du réservoir à = 5 , si le diamètre du réservoir est de
60 .
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 70
Exercice 4:
Soit un siphon de diamètre ( = 10,0 ) alimenté par un récipient rempli
d'eau, de grande dimension par rapport à et ouvert à l'atmosphère ( =
1,0 .
4.1. Etablir l’équation de Bernoulli entre les points et
4.2. Calculer la vitesse moyenne du fluide en S puis le débit-volume du
siphon.
On donne: = 3,0 .
4.3.. Donner l'expression de la pression pM au point M en fonction de h .
4.4. peut-il prendre n'importe quelle valeur ?
M
Exercice 5:
Une conduite de section principale SA et de diamètre d subit un
étranglement en B où sa section est SB. On désigne par = le rapport des
sections. Deux tubes plongent dans la conduite ayant des extrémités
respectivement A et B. Par lecture directe de la dénivellation , les deux tubes
permettent de mesurer le débit volumique qui traverse la conduite.
5.1. Ecrire l’équation de continuité. En déduire l’expression de la vitesse en
fonction de et .
5.2. Ecrire la relation de Bernoulli entre et . En déduire l’expression de la
différence de pression ( ) en fonction de , et .
5.3. Déterminer l’expression de en
fonction de , et .
5.4. Déterminer l’expression du débit
volumique en fonction de , et
.
AN: = 50 , = 2, =
9,81 . , = 10 .
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 71
Exercice 6:
Une pompe hydraulique
(schéma ci-contre) débite
300 d'eau froide. Sa
conduite d'aspiration a un
diamètre = 200 . Sa
conduite de refoulement a un
diamètre = 100 . Dans
cette étude toutes les pertes de
charge sont négligées.
La masse volumique de l'eau est = 1000 . .
- l'accélération de pesanteur est = 9,81 .
- la pression atmosphérique est = 1,00 × 10 .
6.1. Calculer la vitesse d’écoulement dans la tuyauterie d’aspiration.
6.2. Calculer la vitesse d’écoulement dans la tuyauterie de refoulement.
6.3. La pompe aspire l’eau stagnante d’un bassin ouvert à l’air libre et situé à
2,25 en dessous du niveau (1), d’entrée de la pompe. Calculer la pression à
l’entrée de la pompe, en (1).
6.4. Calculer le débit massique de la pompe en . .
6.5. Sachant que la pression de l’eau à la sortie de la pompe, en (2), est =
1,60. 10 , calculer la puissance utile fournie par la pompe pour assurer
ce débit.
6.6. Cette pompe est actionnée par un moteur électrique. Le rendement global du
groupe est de 80 %. Calculer la puissance électrique consommée.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 72
Exercice 7:
Une pompe aspire l’eau d’une
rivière (1) située 8m en
contrebas et la refoule dans un
réservoir situé 10 au dessus
d’elle (4). Le débit de la
pompe est de 36 .
Les tuyaux utilisés ont un
diamètre de 8 . On donne
= 1000 . et
= pression atmosphérique =
1 .
7.1. Calculer la vitesse de l’eau dans les tuyaux.
7.2. Rappeler le théorème de Bernoulli dans le cas général. On expliquera les
différents termes et on donnera les unités.
7.3. En utilisant le théorème de Bernoulli entre 1 et 2, déterminer
permettant l’aspiration (on prendra = 0 et = ).
7.4. Déterminer assurant le refoulement de l’eau. (On prendra = ).
(Théorème de Bernoulli entre 3 et 4).
7.5. Pour chacune de ces pressions, préciser si elles correspondent à une
surpression ou à une dépression.
7.6. Déterminer l’énergie de pompage nécessaire (Bernoulli entre 2 et 3).
7.7. Déterminer la puissance utile de la pompe (puissance transmise au fluide).
Le rendement étant de 85%, en déduire la puissance mécanique de celle-
ci.
Exercice 8 :
Un jet d'eau horizontal est dévié d'un
angle = 60osur une surface courbe dont
il s'approche et s'éloigne
tangentiellement. Les vitesses d'approche
v1et de retrait v2sont respectivement 30
m/s et 25 m/s pour un débit massique de
0.8 kg/s.
Calculez la force du jet sur cette surface et son orientation pour un
système au repos.
Exercice 9:
L'eau circulant à l'intérieur de cette conduite en ''T'' possède les
caractéristiques suivantes :
Q1 = 0,25 m3/s Q2= 0,15 m3/s p1=100 kPa p2=70 kPa
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 73
p3=80 kPa D1=15 cm D2=10 cm D3=15 cm =1000kg/m3
En considérant ces conditions, quelle est la force externe (dans les boulons ou
autres dispositifs), dans le plan x-y, nécessaire pour maintenir le ''T'' en place?
Exercice 10
Considérons un jet de liquide 2D sur une plaque plane en forme de lame
d’épaisseur h et de largeur l dans la direction Oz perpendiculaire au plan de la
figure en dessous.
On fait les hypothèses suivantes :
- on néglige les forces de frottement
visqueux
- régime d’écoulement permanent
- on néglige les effets de la pesanteur
10.1. Quelles sont les pressions en sortie et en
entrée ?
10.2. En déduire les vitesses en sortie, ainsi
qu’une relation entre les épaisseurs de la lame
en entrée et en sortie.
10.3. Calculer la force exercée par l’atmosphère
Figure 3: Jet d’un liquide sur une
plus l’écoulement sur la plaque.
plaque
10.4. Projeter cette force sur la normale et la tangente à la plaque, et en utilisant
l’hypothèse de fluide parfait, en déduire les épaisseurs h1 et h2.
Exercice 11:
Un grand réservoir cylindrique de section S, est rempli d’un liquide de
masse volumique . Le liquide sera considéré parfait et incompressible. A la
hauteur = 0,80 en dessous de sa surface libre, un tuyau d’évacuation
horizontal de faible section et de longueur = 0,50 est fermé par une
vanne. A l’instant = 0, on ouvre la vanne ; le fluide s’écoule. On considèrera
que le niveau de la surface libre ne varie pas (car ) et que la vitesse
d’écoulement est nulle partout sauf dans la conduite. On modélise l’écoulement
dans la conduite par un écoulement laminaire unidimensionnel :
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 74
= ( , )
11.1. Qu’impose l’équation de continuité ?
11.2. En appliquant le théorème de
Bernoulli pour un écoulement non
permanent entre un point de la surface libre
et la sortie de la conduite, montrer que la
vitesse obéit à l’équation différentielle
suivante :
+ =
11.3. Quelle est la vitesse en régime permanent ? Quel résultat obtient-on ?
11.4. Quelle est la dimension de la quantité = 2 ? Quelle est sa
signification physique ?
11.5. Montrer que la solution de l’équation de la question (11.2) s’écrit :
( )= ( )=
+
Représenter la loi d’évolution de la vitesse ( ) et calculer numériquement la
durée au bout de laquelle la vitesse dans la conduite ne diffère plus que de 1%
de sa valeur dans le régime permanent de vidange.
Exercice 12:
Un bassin rectangulaire est alimenté en
permanence par de l’eau ( uide parfait,
incompressible de masse volumique ) avec
un débit volumique constant De. La surface
totale du bassin est S = 20 m2. un siphon BC
de diamètre d=10cm (section s) en assure la
vidange. Le haut du siphon est à la côte h2 =
3 m, la surface du bassin est à la côte z etle
fond du bassin est `a la côte h0=1m.
La pression atmosphérique est P0 = 105 Pa. Le siphon s’amorce lorsque z = h2
= 3m: l’écoulement se produit alors avec un débit volumique noté Ds. Le
siphon se désamorce lorsque z=h1=2m. De l’air pénètre alors dans le siphon.
On suppose le siphon initialement amorcé et z=h2.
12.1. Calculer le débit initial Ds en C pour z =h2. Discuter qualitativement de
l’évolution du système selon la valeur de De.
12.2. On prend De=30L/s avec z=h2 initialement. Déterminer z m pour laquelle
les deux débits De et Ds sont égaux. Conclure sur l’évolution de la surface libre
du bassin. Ecrire l’équation di érentielle vérifiée par z pendant que le siphon
fonctionne.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 75
Série 2 : Ecoulement des fluides visqueux incompressibles
Exercice 1:
On pompe de l’huile de densité 0,86 par un tuyau horizontal de diamètre
D=5,0 cm, de longueur L=300m, avec un débit volumique de 1,20 litre/s. La
différence de pression entre les extrémités du tuyau vaut 20,6. 10 . Calculer
la viscosité cinématique et dynamique de l’huile. On fera l’hypothèse d’un
écoulement laminaire que l’on justifiera à posteriori.
Exercice 2:
Pour du fuel lourd, on donne les valeurs numériques suivantes :
= 912 . ; = 2,05. 10 . ; = 20,0 . ; = 1,0
2.1. Pour une canalisation de longueur L, la perte de charge vaut 2,0 .
Exprimer la variation de pression en Pascal et mètre de colonne de fuel
( ).
2.2. En faisant l’hypothèse d’un écoulement laminaire, en déduire le diamètre D
de cette canalisation.
2.3. Calculer ensuite le nombre de Reynolds et vérifier que l’hypothèse de
l’écoulement laminaire est respectée.
Exercice 3:
3.1. Déterminer le régime de l’écoulement (laminaire ou turbulent) dans les
deux cas suivants:
1er cas: tube de verre, diamètre 2 , vitesse 2 . , rugosité uniforme
équivalente 0,20 .
2ème cas: tuyauterie de fonte, diamètre 60 , vitesse 3 . , rugosité uniforme
équivalente 0,30
Ce deux conduites véhiculent de l’eau dont la viscosité cinématique =
0,01 , les longueurs s’expriment en et les vitesse en . .
3.2. Une installation domestique d’eau présente un débit volumique de
20 / . Calculer le diamètre minimal de la conduite d’eau pour que
l’écoulement soit laminaire.
Exercice 4:
Une pompe débite 9000 litres d’eau par
minute. Sa conduite d’aspiration
horizontale a un diamètre de 0,30m. Sur
l’axe règne une pression de 0,20 m de
mercure en dessous de la pression
atmosphérique.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 76
Sa conduite de refoulement, horizontale a un diamètre de 0,20m. Sur l’axe, situé
1,22m plus haut que le précédent règne une pression de 0,70 bar au dessus
de la pression atmosphérique.
4.1. Exprimer les pressions et en Pascal par rapport à la pression
atmosphérique.
4.2. En déduire la différence de pression .
4.3. Calculer les vitesses de l’eau au niveau de la conduite d’aspiration et de la
conduite de refoulement.
4.4. On suppose que les pertes de charge sont nulles, calculer l’énergie
volumique développée par la pompe.
4.5. En déduire la puissance hydraulique correspondante.
4.6. En supposant que le rendement de la pompe soit égal à 80 %, calculer la
puissance électrique absorbée par la pompe.
Exercice 5:
Une pompe de puissance utile 36 remonte de l’eau entre un bassin et
un réservoir à travers une conduite de diamètre 135 selon le schéma ci-
après. La vitesse de l’écoulement de l’eau dans la conduite est de 6.0 . .
On donne :
= 0; = ; = 35
= = 1013
Viscosité dynamique de l’eau
1,0. 10 .
On négligera les pertes de charge
singulières dans les coudes et
dans la pompe.
Calculer :
5.1. le débit volumique de l’eau dans la conduite.
5.2. le nombre de Reynolds pour l’écoulement de l’eau dans la conduite.
L’écoulement est-il laminaire ou turbulent ?
5.3. la différence de pression entre la sortie et l’entrée de la pompe.
5.4. les pertes de charge systématiques dans la conduite entre les points 1 et 4.
5.5. le coefficient de perte de charge linéaire dans la conduite de longueur
= 65 .
5.6. la puissance absorbée par la pompe en supposant que le rendement de la
pompe est de 84%.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 77
Exercice 6 :
Un oléoduc est une conduite horizontale de diamètre intérieur = 105,6 et
de longueur = 4 . On souhaite que le fluide transporté : masse volumique
= 800 / et viscosité cinématique = 2. 10 / , ait un débit
volumique de 1200 / .
Quelle est la puissance nette de la pompe pouvant assurer cette fonction ?
Exercice 7:
La conduite de refoulement d’une pompe a un diamètre = 12,5 et
une longueur de 3 è . Le débit volumique assuré par cette pompe est de
60 / . Le fluide transporté est une huile de masse volumique =
900 / et de viscosité = 0,5. 10 / .
Quelle est la perte de charge linéaire, exprimée en bar, dans la conduite de
refoulement ?
Exercice 8:
Dans une laiterie, on utilise une pompe
centrifuge pour aspirer le lait considéré
comme un liquide incompressible dans une
citerne, pour le refouler sous la pression
atmosphérique dans un récipient où il sera
utilisé pour faire le fromage. Le niveau de la
surface libre du lait dans la citerne est situé à
4 du niveau du sol. La surface libre
du lait dans la citerne est = 10 . La
citerne communique avec l’atmosphère, la
pression à la surface libre du lait dans la
citerne est égale à la pression atmosphérique.
Le tuyau par lequel le lait s’écoule a un diamètre = 5 . L’écoulement dans
le récipient se fait à une hauteur = +80 au-dessus du sol. Le repère Oz
est ascendant et l’origine O est au niveau du sol ( ). On veut que le
temps de remplissage du récipient de volume = 100 soit de =
5 .
8.1. Calculer le débit volumique qv d’écoulement du lait à la sortie du tuyau.
8.2. Calculer la vitesse vB d’écoulement du lait à la sortie du tuyau.
8.3. Calculer la vitesse vA de déplacement du niveau du lait dans la citerne. Peut-
on négliger vA devant vB ?
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 78
8.4. La perte de charge dans le tuyau assurant le transport du lait de la citerne
vers le récipient est de 2,50 par mètre. Calculer la perte de charge dans le
tuyau qui a une longueur = 8 .
8.5. Calculer la puissance hydraulique de la pompe.
16.6. Sachant que le moteur qui entraîne la pompe fournit une puissance
= 20 , calculer le rendement de la pompe.
On donne: masse volumique du lait = 1032 . ; l’accélération de la
pesanteur = 9,81 . .
Exercice 9:
Une station d’alimentation d’un château d’eau utilise une pompe
immergée de puissance P à déterminer. Cette pompe refoule l’eau dans une
conduite verticale de hauteur h = Z2 -Z1 = 40 m et de diamètre d = 120 mm. Les
pressions mesurées avec un manomètre aux points 0, 1 et 2 sont:
P0 = 105 Pa, P1 = 5,4 105 Pa, P2 = 1,2 105 Pa
On donne la viscosité cinématique de l’eau : = 10-6 m2/s. On néglige
les pertes de charge singulières et on donne g = 10 m/s2. La vitesse
d’écoulement de l’eau dans la conduite est de 6.0 . .
9.1. Calculer le débit
volumique et le débit
massique de la pompe.
9.2. Calculer le nombre de
Reynolds dans la conduite
et en déduire la nature de
l’écoulement.
9.3. Calculer la perte de
charge linéaire entre les
sections extrêmes 1 et 2 de
la conduite.
9.4. Calculer le coefficient de perte de charge linéaire dans la conduite.
9.5. Calculer le travail W échangé entre la pompe et la masse de 1 kg d’eau qui
la traverse. On néglige les pertes de charge singulières au niveau de la pompe.
9.6. Calculer la puissance mécanique Pm fournie à la pompe sachant que le
rendement de celle-ci est égal à 85%.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 79
Série 3 : Ecoulements internes en conduites et canaux
Exercice 1:
On considère l’écoulement stationnaire, plan, d’un fluide incompressible,
non pesant, visqueux, de viscosité constante entre deux plans parallèles
d’équations y=±h (voir Figure)
Les deux plaques se déplacent dans leur plan avec la vitesse U0>0. On suppose
que l’écoulement se fait avec une vitesse parallèle à l’axe Ox.
d 2u dP
1.1. Montrer que l’équation du mouvement s’écrit : u et P étant
dy 2 dx
respectivement la vitesse et la pression du fluide.
1.2. Montrer que dP dx est une constante. On posera dP dx K .
1.3. Quelles sont pour ce problème, les conditions aux limites pour la vitesse ?
1.4. Exprimer le champ de vitesse et le champ de pression en fonction de la
constante K et des données. Quel est le sens physique de la constante K ?
1.5. Calculer le débit volumique Qv de fluide entre les deux plaques dans la
direction Ox. On calculera le débit au travers d’une surface perpendiculaire
au plan de la figure de hauteur 2h et de profondeur l=1. Exprimer K en
fonction de Qv.
1.6. Tracer le profil des vitesses.
Exercice 2:
Du miel, fluide incompressible de masse volumique µ, de viscosité
dynamique est étalé sur une surface plane, la tartine, en une épaisseur e à
l’aide d’un couteau assimilé à une plaque en mouvement de translation à la
vitesse = parallèle à la tartine.
L’écoulement est donc stationnaire (et incompressible). Par symétrie, on trouve
que = ( , ) où est parallèle au support, la tartine, et
perpendiculaire au support selon la verticale ascendante.
2.1. Montrer que la vitesse ne dépend pas de la composante .
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 80
2.2. Que dire alors de l’accélération du fluide ?
2.3. Calculer la pression dans le fluide.
2.4. Trouver l’´equation de la vitesse du fluide.
2.5. Trouver les deux conditions aux limites de la vitesse.
2.6. Calculer la vitesse du fluide. Représenter ces variations en fonction de .
Commenter.
2.7. Calculer le débit volumique. Commenter.
2.8. Calculer la force nécessaire pour faire avancer le couteau (pour étaler le
miel).
Exercices 3:
Une couche mince de peinture, fluide newtonien incompressible, de
viscosité , de masse volumique µ, et d'épaisseur e coule le long d'un plan
incliné, dont la ligne de plus grande pente fait un angle avec l'horizontale sur
une largeur L. La pression au dessus de l écoulement est uniforme égale à P0. Le
champ de pesanteur terrestre est supposé uniforme d intensité g = 9,8 m.s-2.
écoulement est supposé laminaire et permanent. Le champ de vitesse est de la
forme: = ( ) .
3.1°) A partir de l équation de Navier-Stokes, établir les équations vérifiées par
( ) et par la pression P.
3.2°) Montrer que P est une fonction affine de y. En déduire l expression de
( ).
3.3°) Exprimer le débit volumique QV et en déduire la vitesse moyenne de
écoulement.
Pour = 30 °, = 0,5 et un fluide de viscosité cinématique = 1,6 ×
10 . . Calculer et montrer que l écoulement est bien laminaire.
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 81
Exercice 4:
On étudie l’écoulement stationnaire d’un fluide incompressible de masse
volumique µ, de viscosité dynamique , dans une canalisation cylindrique de
rayon R faible et d’axe Oz horizontal, de longueur L. Un point dans la
canalisation est repéré par ses coordonnées cylindriques.
On suppose que le champ de vitesse est = ( , ) et que le champ de
pression est = ( , ). On rappelle que dans ce cas
( )= et =
L’influence de la pesanteur sur l’écoulement est négligée.
4.1. Montrer que la vitesse ne dépend pas de la composante z.
4.2. Montrer que l’accélération de la particule de fluide est nulle.
4.3. En déduire que la pression ne dépend pas de . Calculer la pression en
fonction des deux valeurs aux extrémités du tuyau ( = 0) et ( = ) <
(0).
4.4. Montrer que la vitesse du fluide est :
( (0) ( ))
( )= [ ]
4
Représenter ces variations en fonction de . Commenter.
4.5. Calculer le débit volumique. Commenter.
4.6. Calculer la chute de pression dans une artère de longueur = 1 , de rayon
= 0,5 et pour laquelle le débit volumique = 80 . sachant que
3
le sang a une viscosité dynamique moyenne = 4.10 . Comparer à la chute
de pression que génère le cœur: ”12-8” soit 12-8=4 de mercure ( Hg = 13500
3 2
kg.m et g = 9,81m.s ).
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 82
Série 4 : Aérodynamique et mécanique du vol
Exercice 1:
Un parachute est assimilé à un disque de surface 30 ², dont le
coefficient vaut 1,4. A proximité du sol, où la masse volumique de l'air est
égale à 1,225 / , la vitesse de chute est de 4 / .
Déterminer la résistance de l'air R de ce parachute.
Exercice 2 :
Un avion de tourisme de masse 1 150 effectue une montée à une vitesse de
145 / . Sachant que le coefficient de traînée est de 0,10, la force de traction
générée par l'hélice de 2 300 et la surface de voilure de 12 ², quelles sont
les valeurs de la pente de montée et de la vitesse ascensionnelle de cet avion?
On donne : masse volumique de l'air 1,225 / , température = 15° ;
pression = 1 013 ).
Exercice 3 :
Un planeur se trouve en plaine dans une masse d'air immobile, à la
hauteur de 800 . Sachant que sa finesse max est de 30, quelle distance pourra-
t-il parcourir?
Exercice 4:
Pendant sa course au décollage, un avion léger a une accélération de
1,5 / ². Si en partant du repos, il prend 20 pour décoller, quelle est sa
vitesse de décollage et quelle est la longueur de piste parcourue avant de
décoller ?
Exercice 5:
La vitesse d'atterrissage d'un avion donné est de 90 . Si la décélération
maximale en freinant à fond, est de 2 / ², quelle est la longueur de roulement
à l'atterrissage ?
Exercice 6:
Quelle est la poussée (ou traction) nécessaire pour accélérer un avion de
900 du repos jusqu'à une vitesse de 90 sur une distance de 750 ?
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 83
Exercice 7:
Un avion de 9 000 kg vole en palier rectiligne à 300 kt. Quelle est la force
propulsive nécessaire pour le faire accélérer jusqu'à 450 en 30 si la
résistance aérodynamique moyenne entre ces deux vitesses est de 15 ?
Exercice 8:
Une plaque plane de 0,25 ² est placée perpendiculairement à un courant
d'air de 60 . Calculez la résistance aérodynamique de la plaque dans ces
conditions?
Hydrodynamique et aérodynamique par Laurent Nana Page 84