Énoncés
Exercice 1
n n
1. Soit (xk )16k6n dans R+∗ , tels que
Y X
xk = 1. Montrer que xk > n (cas d’égalité ?).
k=1 k=1
Indication : par récurrence sur n. On pourra rapporcher le plus petit et le plus grand des xk .
2. Soit (xk )16k6n dans R+∗ . Soit y1 , y2 , · · · , yn un réarrangement quelconque de x1 , x2 , · · · , xn .
y1 y2 yn
Montrer que + + ··· + > n.
x1 x2 xn
Exercice 2
n n 1/n n −1
1X 1
Y X
+∗
Soit (ak )16k6n dans R . On note An = ak , Gn = ak et Hn = n
n k=1 k=1 k=1 ak
On dit que An (resp. Gn , Hn ) est la moyenne arithmétique (resp. géométrique, harmonique) des ak .
Prouver la double inégalité : An > Gn > Hn .
ak Gn
Indication : utiliser l’exercice précédent avec les xk = , ou avec les xk = .
Gn ak
Exercice 3
On utilisera ici les résultats de l’exercice 2.
1. Retrouver l’inégalité de Bernoulli (1 + x)n > 1 + nx pour tout x > 0.
2 2 2 9
2. Pour tous réels strictement positifs a, b, c, montrer que + + > .
b+c c+a a+b a+b+c
2n−1
X 1 2
3. Pour tout n > 2, prouver l’encadrement : 1 > > .
k=n k 3
n √
1
X
4. Pour tout n > 1, prouver que : >n nn+1−1
k=1 k
Exercice 4
On utilisera ici les résultats de l’exercice 2.
1. Montrer que pour a > 0 et b > 0, et tout n de N∗ , on a : a(a + nb)n−1 6 (a + (n−1)b)n .
2. Soit (xk )16k6n une suite arithmétique à termes strictement positifs.
n 1/n
√ x1 + xn
Y
Montrer la double inégalité : x1 xn 6 xk 6 .
k=1 2
(pour la première inégalité, on procédera par récurrence sur n et on se ramènera à la question 1).
√ √ n+1
3. En déduire, pour tout entier naturel n, l’encadrement : n 6 n n! 6 .
n 2 n
1
> n2 .
X X
4. Soit (xk )16k6n des réels strictement positifs tels que xk 6 1. Montrer que
k=1 x
k=1 k
n n
+∗
(1 + xk ) > 2n .
Y Y
5. Soit (xk )16k6n une suite de R tels que xk = 1. Montrer que
k=1 k=1
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Corrigé
Corrigé des exercices
Corrigé de l’exercice 1 :
1. La propriété est évidente si n = 1, et on suppose qu’elle est vraie pour un rang n > 1 fixée.
n+1
Y n+1
X
On se donne donc (xk )16k6n+1 tels que xk = 1, et on veut montrer que xk > n + 1.
k=1 k=1
Par symétrie du problème, on peut bien supposer que min xk = xn et que max xk = xn+1 .
16k6n+1 16k6n+1
n+1
Y
Avec ce choix, l’égalité xk = 1 nous assure alors que : 0 < xn 6 1 6 xn+1 .
k=1
Mais cette même égalité s’écrit aussi x1 x2 · · · xn−1 (xn xn+1 ) = 1.
En vertu de l’hypothèse de récurrence, il en résulte : x1 + x2 + · · · + xn−1 + xn xn+1 > n.
n+1
X n−1
X
Ainsi xk = xk + xn + xn+1 > n − xn xn+1 + xn + xn+1 = n + 1 + (xn+1 − 1)(1 − xn ) > n + 1
k=1 k=1
Ce qui prouve l’inégalité au range n + 1 et achève la récurrence.
Mais l’égalité au rang n + 1 implique xn = min xk = 1, ou xn+1 = max xk = 1.
16k6n+1 16k6n+1
n+1
Y
Sachant que xk = 1, ce c’est possible que si tous les xk sont égaux à 1.
k=1
n
Conclusion : pour tout n > 1, soit (xk )16k6n dans R+∗ tels que
Y
xk = 1.
n
X k=1
Alors xk > n, avec égalité ⇔ tous les xk sont égaux (à 1).
k=1
n
yk
sont dans R+∗ et
Y
2. C’est une conséquence immédiate de ce qui précède, car les zk = zk = 1.
xk k=1
y1 y2 yn
On peut ajouter que l’égalité + + ··· + = n n’est possible que si yk = xk pour tout k.
x1 x2 xn
Corrigé de l’exercice 2 :
n n
ak 1 Y
. Les xk sont dans R+∗ et
Y
1. On pose xk = xk = n ak = 1 (par définition de Gn ).
Gn k=1 G n k=1
n
X n
X
On en déduit xk > n, c’est-à-dire ak > nGn , c’est-à-dire An > Gn .
k=1 k=1
On peut ajouter que l’égalité An = Gn n’est possible que si les xk (et donc les ak ) sont tous égaux.
n n −1
Gn
Y
+∗ n
Y
2. On pose xk = . Les xk sont dans R et xk = Gn ak = 1 (par définition de Gn ).
ak k=1 k=1
n n
X X 1
On en déduit xk > n, c’est-à-dire Gn > n, c’est-à-dire Gn > Hn .
k=1 k=1 ak
Là encore, l’égalité Gn = Hn n’est possible que si les xk (et donc les ak ) sont tous égaux.
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Corrigé
Corrigé de l’exercice 3 :
1. On utilise l’inégalité An > Gn avec a1 = 1 + nx, et ak = 1 pour 2 6 k 6 n.
n n 1/n √
1X
Y
On a alors An = ak = 1 + x et Gn = ak = n 1 + nx.
n k=1 k=1
√
L’inégalité An > Gn s’écrit ici 1 + x > 1 + nx, c’est-à-dire (1 + x)n > 1 + nx.
n
b+c c+a a+b
2. Posons x1 = , x2 = et x3 = , donc x1 + x2 + x3 = a + b + c.
2 2 2
1 1 1 9 x1 + x2 + x3 1 1 1 −1
L’inégalité à prouver s’écrit + + > , donc >3 + +
x1 x2 x3 x1 + x2 + x3 3 x1 x2 x3
et le résultat en découle car on reconnaît l’inégalité An > Hn .
2n−1
X 1 2n−1
X 1 2n−1
X 1
3. Pour n > 2, il est clair que que < , c’est-à-dire < 1.
k=n k k=n n k=n k
2n−1
X −1
1 3n − 1 −1 2
La moyenne harmonique des est Hn = n k =n n = .
k k=n 2 3n − 1
1 2n−1
X 1 2 2 2n−1
X 1 2
L’inégalité An > Hn s’écrit : > > et on a obtenu 1 > > .
n k=n k 3n − 1 3 k=n k 3
n n n
1 X 1 k+1
X X
4. On commence par écrire : n + = 1+ =
k=1 k k=1 k k=1 k
n n 1/n √
1X k+1 k+1
Y
n
Enduite, l’inégalité An > Gn donne : > = n+1
n k=1 k k=1 k
n
X 1 √
On a donc bien obtenu l’inégalité : > n( n n + 1 − 1).
k=1 k
Corrigé de l’exercice 4 :
1. L’inégalité est évidente si n = 1 car elle se réduit à l’égalité a = a.
On suppose donc qu’elle est démontrée au rang n, et pour tous a > 0 et b > 0.
Il s’agit donc de prouver l’inégalité a(a + (n + 1)b)n 6 (a + nb)n+1 , avec a > 0 et b > 0.
On écrit : a(a + (n + 1)b)n = a(a + (n + 1)b)(a0 + nb)n−1 avec a0 = a + b > 0.
1
Mais on sait qu’alors (a0 + nb)n−1 6 0 (a0 + (n−1)b)n (hypothèse de récurrence).
a
a(a + (n + 1)b)
On obtient donc : a(a + (n + 1)b)n 6 (a + nb)n .
a+b
Pour conclure, on constate que : a(a + (n + 1)b) 6 (a + nb)(a + b) (évident par développement).
Conclusion : on a prouvé a(a + nb)n−1 6 (a + (n−1)b)n pour tout n de N∗ , et a > 0 et b > 0.
n
X x1 + x n x 1 + xn
2. Puisque la suite (xk )16k6n est arithmétique, on a : xk = n , c’est-à-dire An = .
1/n k=1 2 2
n
x1 + xn
Y
L’inégalité xk 6 est donc un cas particulier de Gn 6 An .
k=1 2
n 1/n n
√
Y
x2k .
Y
Il s’agit maintenant de prouver l’inégalité x1 xn 6 xk , ou encore (x1 xn )n 6
k=1 k=1
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Corrigé
Le résultat est évident si n = 1. On suppose donc qu’il est vrai au rang n > 1.
On se donne la suite (xk )16k6n+1 , arithmétique à valeurs dans R+∗ .
n+1 n
x2k , sachant que (x1 xn )n 6 x2k .
Y Y
Il faut montrer que (x1 xn+1 )n+1 6
k=1 k=1
n n+1 n n+1
xn+1 xn+1
Y
On écrit : (x1 xn+1 ) n+1
= x1 xn x1 xn 6 xx x2k
xn |{z} 1 n xn
HRn k=1
n n+1 n+1
xn+1
Y
x2k x2k , c’est-à-dire : (E) : x1 xn−1
Y
n
Il suffit donc de prouver x1 xn 6 n+1 6 xn .
k=1 xn k=1
Or avec x1 = a et si b est la raison de la suite (xk ) cette inégalité s’écrit a(a+nb)n−1 6 (a+(n−1)b)n ,
ce qui est précisément le résultat obtenu à la question précédente (ça doit être fait exprès).
Remarque : on a ici supposé b > 0 ce qui revient à dire que la suite arithmétique (xk ) est croissante,
mais la symétrie du problème posé fait qu’on peut effectivement se ramener à cette hypothèse.
3. Il suffit d’appliquer ce qui précède à la suite arithmétique de raison k 7→ xk = k.
n n n n
1 −1 1X 1 X
X
xk > n2
X
4. On sait que l’inégalité Hn 6 An s’écrit : n 6 xk ou encore :
n n k=1 xk n k=1 k=1 xk k=1
X X 1 2
De xk 6 1, il découle donc >n
k=1 k=1 xk
√
5. On sait que 1 + xk > 2 xk pour tout k (c’est un cas particulier d’inégalité An > Gn ).
n n n
(1 + xk ) > 2n (1 + xk ) > 2n .
Y Y Y
On en déduit : xk donc
k=1 k=1 k=1
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