0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
174 vues19 pages

Théorie des Ensembles et Applications

Transféré par

DOUIBI TAKI EDDINE
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
174 vues19 pages

Théorie des Ensembles et Applications

Transféré par

DOUIBI TAKI EDDINE
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

Programme
Alg1 1. Elments de Logique
Alg1 2. lments de la thorie des Ensembles
Alg1 3. Relations binaires
Alg1 4. Structures Algbriques
Alg1 5. Les ensembles de Nombres
Alg1 6. Polynmes et fractions rationnelles
Le Cours de Mathmatiques. -2- Par M. Mechab
Table des matières

1 ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES 5


1.1 Les Ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.1.1 Les quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.2 Parties d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.3 Opérations sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.4 Produit cartésien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2 Applications et Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.2.1 Composition d’applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.2 Restriction et prolongement d’une application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.2.3 Images et images réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2.4 Applications injectives, surjectives, bijectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.2.5 Fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Le Cours de Mathmatiques. -3- Par M. Mechab


TABLE DES MATIÈRES

Le Cours de Mathmatiques. -4- Par M. Mechab


Chapitre 1
ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES
ENSEMBLES

1.1 Les Ensembles


Définition 1.1 On appelle ensemble E toute collection d’objets uniques. Ces objets sont appelés élé-
ments de l’ensemble
( )E. Si un( objet x) est un élément de l’ensemble E, on dit que ”x appartient à E”
et on note ” x ∈ E ” sinon x ̸∈ E .

Il y a deux façons de définir un ensemble :

I. Si on connait la liste explicite de tous les éléments de l’ensemble, on dit que l’ensemble est
donné “par Extension” et on représente l’ensemble en mettant ; sans répétition ; entre deux accolades
les objets qui le forment. Le nombre de ces objets est appelé cardinal de E et on le note card(E).

Exemple 1.1 Soit E = {a, b, d, 1, 5, 8, α, γ, λ} et non E = {a, b, d, 1, 5, 8, α, γ, a, λ, 8, b} alors :


Card(E) = 9.

II. On peut définir un ensemble à partir d’une propriété P que ses éléments vérifient, on dit
que l’ensemble est donné par “Compréhension” et on le représente sous la forme : E = {x, P(x)}.
Si le nombre d’éléments de E est infini, on dit que l’ensemble E est cardinal infini et on note :
card(E) = +∞.

Exemple 1.2 L’ensemble A des pays africains est un ensemble donné par compréhension.

Il arrive de représenter un ensemble par un diagramme de Venn 1 . ????


L’ensemble E = {a, 2, γ, ∆, 3}.

Définition 1.2 On dit que deux ensembles E et F sont égaux s’ils ont les mmes éléments. On note
E = F.
1. Venn John : mathmaticien et logicien britannique, (Hull 1834 - Cambridge 1923). Clbre pour avoir conu ses
diagrammes qu’il présenta en 1881, lesquels sont employs dans beaucoup de domaines, en thorie des ensembles, en
probabilit, en logique, en statistique et en informatique. Elu membre de la Royal Society en 1883.

Le Cours de Mathmatiques. -5- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

Exemple 1.3 Soient E = {0, 1, a, y, γ, 2}, F = {0, 1, a, y, γ, 2, 1} et G = {0, 1, y, γ, 2} trois en-


sembles alors :
1. E = F , car ils ont les mmes éléments, malgré que l’élément 1 soit écrit deux fois dans la
représentation de F , donc : card ({0, 1, a, y, γ, 2, 1}) = 6.
2. E ̸= G car ils n’ont pas les mmes éléments, sachant que a soit un élément de E mais pas
de G.

L’un des axiomes de la téorie des ensembles est :


Il existe un ensemble, appelé l’ensemble vide et noté ∅, qui ne contient aucun élément.
On a alors Card(∅) = 0.

Un ensemble contenant un seul élément est appelé “Singleton”, donc un singleton est un ensemble
de cardinal n = 1.

1.1.1 Les quantificateurs


On utilise les symboles suivants :
1. ∃ le quantificateur existentiel. On écrit ∃ x pour lire “Il existe x”.
2. ∀ le quantificateur universel. On écrit ∀ x pour lire “Pour tout x”.
3. On écrit ∃! x pour lire “Il existe un unique x”.

En utilisant ces quantificateurs, pour A un ensemble on a :


• A = ∅ ⇐⇒ ∀x (x ̸∈ A)

• A est un singleton ⇐⇒ ∃! x ((x ∈ A) ( ))


⇐⇒ ∃ x (x ∈ A) ∧ ∀ y (y ∈ A =⇒ y = x)

1.1.2 Parties d’un ensemble


Définition 1.3 On dit qu’un ensemble A est inclus dans un ensemble B, ou que A est une partie de
l’ensemble B, ou que A est un sous ensemble de B si tout élément de A est un élément de B. On note
A ⊂ B et on a formellement :

A ⊂ B ⇐⇒ ∀ x(x ∈ A =⇒ x ∈ B)

Quand A n’est pas une partie de B, on note A ̸⊂ B et on a formellement :

A ̸⊂ B ⇐⇒ ∃ x ((x ∈ A) ∧ (x ̸∈ B))

L’ensemble de toutes les parties d’un ensemble A est noté P(A). 2

Exemple : Soit A = {a, α, 2}, alors


{ }
P(A) = ∅, {a}, {α}, {2}, {a, α}, {a, 2}, {α, 2}, A

Propriété 1.1 Soit A un ensemble, alors ∅ ∈ P(A) et A ∈ P(A).


2. L’ensemble de tous les ensembles n’existe pas. Voire l’exemple de l’encyclopédie de toutes les encyclopédies.

Le Cours de Mathmatiques. -6- Par M. Mechab


M. Mechab 1.1 Les Ensembles

Définition 1.4 Soient A et B deux ensembles, on dit que A est égal à B, on note A = B, s’ils ont
les mêmes éléments.

Formellement on a : ( )
A=B ⇐⇒ ∀ x (x ∈ A) ⇐⇒ (x ∈ B)
( )
⇐⇒ (A ⊂ B) ∧ (B ⊂ A)

1.1.3 Opérations sur les ensembles


Définition 1.5 Soient A et B deux ensembles.
— On appelle intersection de A et B, l’ensemble, noté A ∩ B, des éléments de A appartenant aussi
à B.
— On appelle réunion de A et B, l’ensemble, noté A ∪ B, des éléments de A et de ceux de B.
— On note : A\B l’ensemble des éléments de A qui n’appartiennent pas à B. On lit A moins B.

Formellement, on a :
A ∩ B = {x; (x ∈ A) ∧ (x ∈ B)}.
A ∪ B = {x; (x ∈ A) ∨ (x ∈ B)}.
A\B = {x; (x ∈ A) ∧ (x ̸∈ B)}.

Exemple 1.4 Soient A = {a, c, 1, 5, α, γ, 2} et B = {ζ, η, γ, a, x, z}, alors :

A ∩ B = {a, γ} , A ∪ B = {a, c, 1, 5, α, γ, 2, ζ, η, x, z} et A\B = {c, 1, 5, α, 2}.

Remarque 1.1 Si A ∩ B = ∅, on dit que A et B sont deux ensembles disjoints.

Propriété 1.2 Soient A et B deux ensembles, alors


— (A ∩ B ⊂ A) ∧ (A ∩ B ⊂ B)
— (A ⊂ A ∪ B) ∧ (B ⊂ A ∪ B)

∈ P(A), on note :
Si Z∩
— Y = {x; (∀ Y ∈ Z, x ∈ Y )}.
Y ∈Z

— Y = {x; (∃ Y ∈ Z, x ∈ Y )}.
Y ∈Z

Définition 1.6 Soit E un ensemble et A une partie de E. On appelle complémentaire de A dans E


l’ensemble {E A des éléments de E qui ne sont pas dans A ; c’est à dire :
{ }
{E A = x ∈ E; x ̸∈ A

Formellement : (( ) )
∀ x, x ∈ {E A ⇐⇒ (x ∈ E) ∧ (x ̸∈ A)
( ( ou bien) )
∀ x ∈ E, x ∈ {E A ⇐⇒ (x ̸∈ A)

Propriété 1.3 Soit E un


( ensemble et A et B deux parties
) de E, alors
( )
• B = {E A ⇐⇒ (A ∪ B = E) ∧ (A ∩ B = ∅)

Le Cours de Mathmatiques. -7- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

( ) ( )
• B = {E A ⇐⇒ B = E\A
{ } { }
Exemple 1.5 Soient E = 1, a, α, 3, l, γ, 2, ℓ, ♣, ♠ et A = 1, a, α, ♠ , alors :
{ }
{E A = 3, l, γ, 2, ℓ, ♣

Propriété 1.4 Soient E un ensemble et A et B deux parties de E, alors :


1. A ⊂ B ⇐⇒ {E B ⊂ {E A.
( )
2. {E {E A = A.

3. {E (A ∩ B) = {E A {E B

4. {E (A ∪ B) = {E A {E B

Preuve :

1. On a
( )
A⊂B ⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ∈ A) =⇒ (x ∈ B)
( )
⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ̸∈ B) =⇒ (x ̸∈ A) Contrapposée de l’implication
( )
⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ∈ {E B) =⇒ (x ∈ {E A)
⇐⇒ {E B ⊂ {E A
donc
A ⊂ B ⇐⇒ {E B ⊂ {E A .
2. Soit x ∈ E, alors ( )
x ∈ {E {E A ⇐⇒ x ̸∈ {E A
( )
⇐⇒ x ∈ {E A
⇐⇒ (x ̸∈ A)
⇐⇒ (x ∈ A)
donc ( )
{E {E A = A .
3. Soit x ∈ E, alors
x ∈ {E (A ∩ B) ⇐⇒ x ̸∈ A ∩ B
⇐⇒ (x ̸∈ A) ∨ (x ̸∈ B)
⇐⇒ (x ∈ {E A) ∨ (x ∈ {E B)
⇐⇒ x ∈ ({E A ∪ {E B)
donc
{E (A ∩ B) = ({E A ∪ {E B) .
4. Soit x ∈ E, alors
x ∈ {E (A ∪ B) ⇐⇒ x ̸∈ A ∪ B
⇐⇒ (x ̸∈ A) ∧ (x ̸∈ B)
⇐⇒ (x ∈ {E A) ∧ (x ∈ {E B)
⇐⇒ x ∈ ({E A ∩ {E B)
donc
{E (A ∪ B) = ({E A ∩ {E B) .
2

Le Cours de Mathmatiques. -8- Par M. Mechab


M. Mechab 1.1 Les Ensembles

Remarque 1.2 Si E est un ensemble alors :


• ∅ ⊂ E et (∀ x ∈ E, x ̸∈ ∅), donc : {E ∅ = E .
• De la première propriété on déduit que : {E E = ∅ .

Définition 1.7 On appelle partition d’un ensemble E, toute famille F ⊂ P(E) telle que :
1. Les éléments de la famille F sont disjoints deux à deux, c’est à dire

∀ A, B ∈ F , A∩B =∅

2. La famille F recouvre l’ensemble E ou que F est un recouvrement de E, c’est à dire



A=E
A∈F

{ }
Propriété 1.5 Soit E un ensemble, alors pour toute partie A de E, F = {E A, A est une partition
de E.

{ 1.6 Soit E = {1, a, ℓ, 3, b, c, d, α, β, }


Exemple γ}, alors :
F = {a, γ}, {d, α, β}, {c, 1}, {3, ℓ}, {b} est une partition de l’ensemble E. 2

1.1.4 Produit cartésien


Définition 1.8 Soient A et B deux ensembles non vides, on note A × B l’ensemble des couples
ordonnés (x, y) tels que x ∈ A et y ∈ B. Il est appelé produit cartésien 3 des ensembles A et B.
On convient que
( )
∀ (x, y), (x′ , y ′ ) ∈ A × B, (x, y) = (x′ , y ′ ) ⇐⇒ (x = x′ ) ∧ (y = y ′ ) .

{ } { }
Exemple 1.7 Soient A = 1, 5, 2 et B = a, α, ♣, ♡, ♠ , alors
{
A×B = (1, a), (5, a), (2, a), (1, α), (5, α), (2, α), (1, ♣), (5, ♣), (2, ♣),
}
(1, ♡), (5, ♡), (2, ♡), (1, ♠), (5, ♠), (2, ♠)
{
B×A = (a, 1), (a, 5), (a, 2), (α, 1), (α, 5), (α, 2), (♣, 1), (♣, 5), (♣, 2),
}
(♡, 1), (♡, 5), (♡, 2), (♠, 1), (♠, 5), (♠, 2)

Remarque 1.3 A × B = B × A si et seulement si A = B.

3. DESCARTES René : Philosophe, physicien et mathématicien français (La Haye 1596-Stockholm 1650). Il créa
l’algèbre des polynômes , avec Fermat il fonda la géométrie analytique. Ennonça les propriétés fondamentales des équa-
tions algébriques et simplifia les notations algébriques en adoptant les premières lettres de l’alphabet pour désigner les
constantes et les dernières lettres pour désigner les variables. Publia “Le Discours de la méthode”, qui est une référence
pour le raisonnement logique. Découvrit aussi les principes (régles) de l’optique géométrique.

Le Cours de Mathmatiques. -9- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

1.2 Applications et Fonctions


Définition 1.9 On appelle application d’un ensemble E dans un ensemble F , toute correspondance f
entre les éléments de E et ceux de F qui : à tout élément x ∈ E fait correspondre un unique élément
y ∈ F , noté f (x).
— y = f (x) est appelé image de x et x est un antécédant de y.
— On représente l’application f de E dans F par f : E −→ F . E est appelé ensemble de départ
et F l’ensemble d’arrivée de l’application f .

Une correspondance entre E et F est représentée par : f :E F

Une application f entre E et F est aussi représentée par :

f: E −→ F
x −→ f (x)

Formellement, une correspondance f entre deux ensembles non vides est une application si et
seulement si :
( )
∀x, x′ ∈ E (x = x′ ) =⇒ (f (x) = f (x′ ) ) .

Exemple 1.8 L’application IdE : E −→ E telle que

∀ x ∈ E, IdE (x) = x

est appelée application identité sur E.

Exemple 1.9 Soient E et F deux ensembles non vides et a un élément de F , alors la correspondance
f de E dans F définie par :
∀x ∈ E, x a

est une application dite application constante.

Exemple 1.10

b• •β
d• •δ
a• •α

•ℓ
c• •γ
e• •κ

E F

Cette correspondance n’est pas une application car il existe un élément d ∈ E qui n’a pas d’image dans F .

Exemple 1.11

Le Cours de Mathmatiques. -10- Par M. Mechab


M. Mechab 1.2 Applications et Fonctions

b• •β
•δ
d• a•
•α

•ℓ
c• •γ
e• •κ

E F

Cette correspondance n’est pas une application car il existe un élément a ∈ E qui a deux images α et δ dans
F.

Exemple 1.12

b• •β
d• •δ
a• •α

•ℓ
c• •γ
e• •κ

E F

Cette correspondance est une application malgré qu’il existe des éléments de F qui n’ont pas d’antécedents
dans E et plusieurs éléments de E qui ont une même image dans F .

Définition 1.10 On dit que deux applications f et g sont égales si :


1. Elles ont un même ensemble de départ E et un même ensemble d’arrivée F .
2. ∀x ∈ E, f (x) = g(x).

Exemple 1.13 On considère les applications suivantes 4 :


f: R −→ R g: R −→ R+ h: R+ −→ R k: R+ −→ R+
x −→ x2 x −→ x2 x −→ x2 x −→ x2
alors :

̸ g, car elles n’ont pas le même ensemble d’arrivée.


f=
f≠ h, car elles n’ont pas le même ensemble de départ.
f= ̸ k, car elles n’ont pas ni le même ensemble de départ ni le même ensemble d’arrivée.

Définition 1.11 On appelle graphe d’une application f : E −→ F , l’ensemble

Γf = {(x, f (x)), x ∈ E}
4. R est l’ensemble des nombres réels.

Le Cours de Mathmatiques. -11- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

En fait, la définition d’une application f revient à la donnée d’un sous ensemble Γf de E × F tel
que ( )
∀(x, y), (x′ , y ′ ) ∈ Γf , (x, y) = (x′ , y ′ ) ⇐⇒ x = x′

Donner des shémas de graphe et de non graphes


1.2.1 Composition d’applications
Définition 1.12 Soient f : E −→ F et g : F −→ G, on note g ◦ f l’application de E dans G définie
par :
∀x ∈ E, gof (x) = g(f (x))
Cette application 5 est appelée composée des applications f et g.

Exemple 1.14 Etant données les applications


f: R −→ R+ g: R+ −→ R+
et
x −→ x2 x −→ x3
alors
g◦f : R −→ R+ f ◦g : R+ −→ R+
et
x −→ (x2 )3= x6 x −→ (x3 )2 = x6
Il est claire que f ◦ g ̸= g ◦ f .

1.2.2 Restriction et prolongement d’une application


Définition 1.13 Etant donnée une application f : E −→ F .
1. On appelle restriction de f à un sous ensemble non vide X de E, l’application g : X −→ F
telle que
∀x ∈ X, g(x) = f (x)
On note g = f/X .
2. Etant donné un ensemble G tel que E ⊂ G, on appelle prolongement de l’application f à
l’ensemble G, toute application h de G dans F telle que f est la restriction de h à E.

D’après cette définition, f est un prolongement de f/X à E.

Remarque 1.4 Si F n’est pas un singleton, alors le prolongement de f n’est pas unique.

Exemple 1.15 Etant donnée l’application


f: R+ −→ R
x −→ log x
alors
g: R −→ R et h: R −→ R

x −→ log |x| x −→ log(2|x| − x)


sont deux prolongements différents de f à R.
5. g ◦ f est une application car pour x, x′ ∈ E, si x = x′ alors f (x) = f (x′ ) car f est une application et comme g
est une application alors g(f (x)) = g(f (x′ )), donc g ◦ f (x) = g ◦ f (x′ ).

Le Cours de Mathmatiques. -12- Par M. Mechab


M. Mechab 1.2 Applications et Fonctions

1.2.3 Images et images réciproques


Définition 1.14 Soient A ⊂ E et M ⊂ F .
1. On appelle image de A par f , l’ensemble des images des éléments de A noté :

f (A) = {f (x), x ∈ A} ⊂ F

2. On appelle image réciproque de M par f , l’ensemble des antécédents des éléments de M , noté

f −1 (M ) = {x ∈ E, f (x) ∈ M } ⊂ E

Formellement on a : ( )
∀ y ∈ F, y ∈ f (A) ⇐⇒ ∃x ∈ A, y = f (x)
( )
∀ x ∈ E, x ∈ f −1 (M ) ⇐⇒ f (x) ∈ M

Remarque 1.5 Etant données deux applications f : E −→ F et g : F ′ −→ G, alors on peut définir


l’application composée g ◦ f : E −→ G, si f (E) ⊂ F ′ .

Exemple 1.16 Soient

f: R −→ R h: R+ −→ R
et
x −→ x2 x −→ log x

alors h ◦ f est définie par :


h◦f : R −→ R
x −→ log x2

Proposition 1.1 Soient f : E −→ F , A, B ⊂ E et M, N ⊂ F , alors


1. f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B)
2. f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B)
3. f −1 (M ∪ N ) = f −1 (M ) ∪ f −1 (N )
4. f −1 (M ∩ N ) = f −1 (M ) ∩ f −1 (N )
( )
5. f −1 {F M = {E f −1 (M )

Preuve :
1. Soit y ∈ F , alors

y ∈ f (A ∪ B) ⇐⇒ ∃x [(
∈ A ∪ B; y = f (x) ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∨ (x ∈ B) ∧ y = f (x)
[( ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∨ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[ ( )] [ ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∨ ∃x (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
⇐⇒ (y ∈ f (A)) ∨ (y ∈ f (B))
⇐⇒ y ∈ f (A) ∪ f (B)

ce qui montre que f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B).

Le Cours de Mathmatiques. -13- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

2. Soit y ∈ F , alors

y ∈ f (A ∩ B) ⇐⇒ ∃x(∈ A ∩ B; y = f (x) )
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[( ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∧ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[ ( )] [ ( )]
=⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∧ ∃x (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
=⇒ (y ∈ f (A)) ∧ (y ∈ f (B)
=⇒ y ∈ f (A) ∩ f (B)

ce qui montre que f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B).

3. Soit x ∈ E, alors

x ∈ f −1 (M ∪ N ) ⇐⇒ f((x) ∈ M ∪)N ( )
⇐⇒ f (x) ∈ M ∨ f (x) ∈ N
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∨ x ∈ f −1 (N )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∪ f −1 (N )

ce qui montre que f −1 (M ∪ N ) = f −1 (M ) ∪ f −1 (N ).

4. Soit x ∈ E, alors

x ∈ f −1 (M ∩ N ) ⇐⇒ f((x) ∈ M ∩)N ( )
⇐⇒ f (x) ∈ M ∧ f (x) ∈ N
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∧ x ∈ f −1 (N )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∩ f −1 (N )

ce qui montre que f −1 (M ∩ N ) = f −1 (M ) ∩ f −1 (N ).

5. Soit x ∈ E, alors
( )
x ∈ f −1 {F M ⇐⇒ f((x) ∈ {F M) ( )
⇐⇒ f (x) ∈ F ∧ f (x) ̸∈ M
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ E ∧ x ̸∈ f −1 (M )
⇐⇒ x ∈ {E f −1 (M )
( )
ce qui montre que f −1 {F = {E f −1 (M ).

( )
Remarque 1.6 Les ensembles {F f (A) et f {E A ne sont pas toujours comparables.
{ } { }
Exemple 1.17 Soient E = a, β, γ, ♠ , F = ℓ, ζ, ♡, et l’application f : E −→ F définie par :

f (a) = f (β) = ℓ et f (γ) = f (♠) = ζ


{ }
On considère l’ensemble A = a, γ , alors

Le Cours de Mathmatiques. -14- Par M. Mechab


M. Mechab 1.2 Applications et Fonctions

{ }
— f (A) = ℓ, ζ et {F f (A) = {♡}
{ } { }
— {E A = β, ♠ et f ({E A) = ℓ, ζ
donc {F f (A) ̸⊂ f ({E A) et f ({E A) ̸⊂ {F f (A), c’est à dire que {F f (A) et f ({E A) ne sont pas
comparables dans cet exemple.
2

On peut prendre le deuxième exemple suivant.

Exemple 1.18 Etant donnés E = {−3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, 4}, F = {−1, 0, 1, 2, 4, 5, 9, 10, 16} et l’appli-
cation f : E −→ F définie par :
∀ x ∈ E, f (x) = x2
( )
On considère l’ensemble A = {0, 1, 2, 4}, alors {E A = {−3, −2, −1, 3}, f (A) = {0, 1, 4, 16}, f {E A =
{1, 4, 9} et {F f (A) = {−1, 2, 5, 9, 10}, donc

{F f (A) ̸⊂ f ({E A) et f ({E A) ̸⊂ {F f (A),

c’est à dire que {F f (A) et f ({E A) ne sont pas comparables.

Mais si on prend B = {−2, −1, 0, 1,(2}, alors


) :
{E B = {−3, 4}, f (B) = {0, 1, 4}, f {E B = {9, 16} et {F f (B) = {−1, 2, 5, 9, 10, 16}
donc ( )
f {E B ⊂ {F f (B) .
2

1.2.4 Applications injectives, surjectives, bijectives


Définition 1.15 On dit que :
1. f est injective si tout élément de F possède au plus un antécédant dans E.
2. f est surjective si tout élément de F possède au moins un antécédant dans E.
3. f est bijective si elle est injective et surjective

La première propriété est équivalente à dire que deux éléments distincts de E ne peuvent pas être des
antécédents d’un même élément de F , ce qui revient formellement a :

f injective ⇐⇒ ∀ x, x′ ∈ E, (x ̸= x′ =⇒ f (x) ̸= f (x′ ) )

En prenant la contrapposée de l’implication, dans la deuxième proposition de cette équivalence, on


obtient

f injective ⇐⇒ ∀ x, x′ ∈ E, (f (x) = f (x′ ) =⇒ x = x′ )

De même

f surjective ⇐⇒ ∀ y ∈ F, ∃x ∈ E, f (x) = y

d’où on déduit :

f bijective ⇐⇒ ∀ y ∈ F, ∃! x ∈ F ; f (x) = y.

Le Cours de Mathmatiques. -15- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

L’application réciproque
Proposition 1.2 Une application f : E −→ F est bijective si et seulement si il existe une unique
application g : F −→ E telle que
f og = IdF et gof = IdE .
On dit que f est inversible et g, notée f −1 , est appelée “l’application réciproque” ou “l’application
inverse” de f .
Preuve :
I.) Supposons qu’il existe une application g : F −→ E telle que
f og = IdF et gof = IdE .
Montrons que f est bijective.
1. Soit y ∈ F , comme f og = IdF alors f og(y) = y, par suite il existe x = g(y) ∈ E tel que
f (x) = y, ce qui montre que f est surjective.
2. Soient x, x′ ∈ E, comme gof = IdE alors gof (x) = x et gof (x′ ) = x′ , par suite :
f (x) = f (x′ ) =⇒ g(f (x)) = g(f (x′ )) car g application
=⇒ gof (x) = gof (x′ )
=⇒ x = x′
ce qui montre que f est injective.
De 1. et 2. on déduit que f est bijective.

II.) Supposons que f est bijective.


Construisons l’unique application g : F −→ E telle que
f og = IdF et gof = IdE .
f étant bijective, alors : ∀y ∈ F, ∃!x ∈ E; y = f (x).
Ainsi, à tout élément y ∈ F , on fait associer un unique élément x ∈ E, qu’on notera g(x), tel que
f (x) = y. On définit ainsi une application
g: F −→ E
y −→ g(y) = x /y = f (x)
Montrons que f og = IdF et gof = IdE ..

1. Soit y ∈ F , alors g(y) = x, avec f (x) = y, donc


f ◦ g(y) = f (g(y)) = f (x) = y,
ce qui montre que : f ◦ g = IdF .
2. Soit x ∈ E, alors pour y = f (x) on a g(y) = x, par suite
g ◦ f (x) = g(f (x)) = g(y) = x,
ce qui montre que : g ◦ f = IdE .
3. Montrons l’unicité de g. Soit g1 : F −→ E vérifiant les deux propriétés précédentes, alors pour
tout y ∈ F , il existe x ∈ E tel que y = f (x), donc
g1 (y) = g1 (f (x)) = g1 ◦ f (x) = IdE (x) = g ◦ f (x) = g(f (x)) = g(y)
ce qui montre que g1 = g.
2

Le Cours de Mathmatiques. -16- Par M. Mechab


M. Mechab 1.2 Applications et Fonctions

Exemple 1.19 On considère l’application

f: R\{2} −→ F
x+5
x −→
x−2
avec F un sous ensemble de R.
Déterminer F pour que l’application f soit bijective et donner l’application inverse de f .

Réponse :
Montrer que f est bijective revient à examiner l’existence de solutions de l’équation y = f (x),
pour tout y ∈ F .

Soit y ∈ F , alors
x+5
y = f (x) ⇐⇒ y =
x−2
⇐⇒ y(x − 2) = x + 5
⇐⇒ yx − x = 5 + 2y
⇐⇒ x(y − 1) = 5 + 2y
5 + 2y
⇐⇒ x= si y ̸= 1
y−1
ce qui montre que :
5 + 2y
∀ y ∈ R\{1}, ∃! x = ; y = f (x)
y−1
5 + 2y
Pour déduire que f est bijective, il reste à voir si x = ∈ R\{2} ?
y−1
On a :
5 + 2y
=2 ⇐⇒ 5 + 2y = 2(y − 1)
y−1
⇐⇒ 5 = −2 ce qui est impossible
5 + 2y
ce qui montre que ∈ R\{2}, par suite :
y−1
5 + 2y
∀ y ∈ R\{1}, ∃! x = ∈ R\{2}; y = f (x)
y−1

donc f est bijective si F = R\{1} et l’inverse de f est :

f −1 : R\{1} −→ R\{2}
5 + 2y
y −→
y−1
2

Remarque 1.7 Il est clair que si f est bijective, il en est de même de f −1 et on a (f −1 )−1 = f . On
dit que f est une bijection entre E et F et que E et F sont deux ensembles équipotents.

Proposition 1.3 Soient f : E −→ F et g : F −→ G, alors


1. (f injective ) ∧ (g injective ) =⇒ (g ◦ f injective ).
2. (f surjective ) ∧ (g surjective ) =⇒ (g ◦ f surjective ).
3. (f bijective ) ∧ (g bijective ) =⇒ (g ◦ f bijective et (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 ).

Le Cours de Mathmatiques. -17- Par M. Mechab


ELÉMENTS DE LA THÉORIE DES ENSEMBLES

Preuve : On a g ◦ f : E −→ G.

1. Supposons f et g injectives et montrons que g ◦ f est injective.


Soient x, x′ ∈ E, alors :
x ̸= x′ =⇒ f (x) ̸= f (x′ ) car f injective
=⇒ g (f (x)) ̸= g (f (x′ )) car g injective
=⇒ g ◦ f (x) ̸= g ◦ f (x′ )
ce qui montre que g ◦ f est injective.

2. Supposons f et g surjectives et montrons que g ◦ f est surjective.


Soit z ∈ G, g étant surjective, il existe y ∈ F tel que z = g(y), comme y ∈ F et f est surjective alors
il existe x ∈ E tel que y = f (x), donc z = g(f (x)) et on déduit que :

∀ z ∈ G, ∃x ∈ E; z = g ◦ f (x)

ce qui montre que g ◦ f est surjective.

3. De 1. et 2. on déduit que si f et g sont bijectives alors g ◦ f est bijective.


Montrons que (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .
Soit z ∈ G, comme g est bijective alors

∃! y ∈ F ; z = g(y)

donc y = g −1 (z) ; comme f est bijective alors pour ce y ∈ F il existe un unique x ∈ E tel que y = f (x),
donc x = f −1 (y) et
z = g(f (x)) = g ◦ f (x)
par suite :
( ) ( )
∀ z ∈ G, ∃!x ∈ E; (g ◦ f )−1 (z) = x ∧ x = f −1 (g −1 (z)) = f −1 ◦ g −1 (z)
ce qui montre que :
(g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1
2

Remarque 1.8 Les réciproques de ces implications ne sont pas vraies, pour s’en convaincre il suffit
de prendre l’exemple suivant.
Etant données les applications suivantes :
f: R −→ R g: R −→ R
et
x −→ exp x x −→ ln(|x|)
alors
g◦f : R −→ R
x −→ x
est injective malgré que g ne le soit pas et g ◦ f est surjective malgré que f ne le soit pas.

En remplacement des réciproques des implications antérieures, on a :


Proposition 1.4 Etant données deux applications f : E −→ F et g : F ′ −→ G, telles que F ⊂ F ′ ,
alors :

Le Cours de Mathmatiques. -18- Par M. Mechab


M. Mechab 1.2 Applications et Fonctions 19
( )
1. g ◦ f injective =⇒ f injective.
( )
2. g ◦ f surjective =⇒ g surjective.
( )
3. Si f (E) = F ′ , alors g ◦ f injective =⇒ g injective.

Preuve : Comme F ⊂ F ′ , alors g ◦ f : E −→ G est bien définie.

1. Supposons que g ◦ f est injective et montrons que f est injective. Soient x, x′ ∈ E, alors
( ) ( )
f (x) = f (x′ ) =⇒ g f (x) = g f (x′ ) car g est une application
=⇒ g ◦ f (x) = g ◦ f (x′ )
=⇒ x = x′ car g ◦ f est injective

donc : ( ) ( )
∀ x, x′ ∈ E, f (x) = f (x′ ) =⇒ x = x′

ce qui montre que f est injective.

2. Supposons que g ◦ f est surjective et montrons que g est surjective. Soit z ∈ G, alors

g ◦ f surjective =⇒ ∃x ∈ E; g (◦ f (x))= z
=⇒ ∃x ∈ E; g f (x) = z
=⇒ ∃y = f (x) ∈ F ; g(y) = z

donc
∀ z ∈ G, ∃y ∈ F ; g(y) = z
ce qui montre que g est surjective.

3. Soient f : E −→ F et g : F ′ −→ G, avec F ′ = f (E). Supposons que g ◦ f est injective et


montrons que g est injective. Soient y, y ′ ∈ F ′ = f (E), alors il existe x, x′ ∈ E tels que y = f (x) et
y ′ = f (x′ ), donc : ( ) ( )
g(y) = g(y ′ ) =⇒ g f (x) = g f (x′ )
=⇒ g ◦ f (x) = g ◦ f (x′ )
=⇒ x = x′ car g ◦ f est injective
=⇒ f (x) = f (x′ ) car f application
=⇒ y = y′
ce qui montre que g est injective.
2

1.2.5 Fonctions
Définition 1.16 On appelle fonction de E dans F , toute application f d’un sous ensemble Df ⊂ E
dans F . Df est appelé “Ensemble de définition de f ”.

Remarque 1.9 Toutes les notions données pour les applications peuvent être adaptées pour les fonc-
tions.

Vous aimerez peut-être aussi