Théorie des Ensembles et Applications
Théorie des Ensembles et Applications
Programme
Alg1 1. Elments de Logique
Alg1 2. lments de la thorie des Ensembles
Alg1 3. Relations binaires
Alg1 4. Structures Algbriques
Alg1 5. Les ensembles de Nombres
Alg1 6. Polynmes et fractions rationnelles
Le Cours de Mathmatiques. -2- Par M. Mechab
Table des matières
I. Si on connait la liste explicite de tous les éléments de l’ensemble, on dit que l’ensemble est
donné “par Extension” et on représente l’ensemble en mettant ; sans répétition ; entre deux accolades
les objets qui le forment. Le nombre de ces objets est appelé cardinal de E et on le note card(E).
II. On peut définir un ensemble à partir d’une propriété P que ses éléments vérifient, on dit
que l’ensemble est donné par “Compréhension” et on le représente sous la forme : E = {x, P(x)}.
Si le nombre d’éléments de E est infini, on dit que l’ensemble E est cardinal infini et on note :
card(E) = +∞.
Exemple 1.2 L’ensemble A des pays africains est un ensemble donné par compréhension.
Définition 1.2 On dit que deux ensembles E et F sont égaux s’ils ont les mmes éléments. On note
E = F.
1. Venn John : mathmaticien et logicien britannique, (Hull 1834 - Cambridge 1923). Clbre pour avoir conu ses
diagrammes qu’il présenta en 1881, lesquels sont employs dans beaucoup de domaines, en thorie des ensembles, en
probabilit, en logique, en statistique et en informatique. Elu membre de la Royal Society en 1883.
Un ensemble contenant un seul élément est appelé “Singleton”, donc un singleton est un ensemble
de cardinal n = 1.
A ⊂ B ⇐⇒ ∀ x(x ∈ A =⇒ x ∈ B)
A ̸⊂ B ⇐⇒ ∃ x ((x ∈ A) ∧ (x ̸∈ B))
Définition 1.4 Soient A et B deux ensembles, on dit que A est égal à B, on note A = B, s’ils ont
les mêmes éléments.
Formellement on a : ( )
A=B ⇐⇒ ∀ x (x ∈ A) ⇐⇒ (x ∈ B)
( )
⇐⇒ (A ⊂ B) ∧ (B ⊂ A)
Formellement, on a :
A ∩ B = {x; (x ∈ A) ∧ (x ∈ B)}.
A ∪ B = {x; (x ∈ A) ∨ (x ∈ B)}.
A\B = {x; (x ∈ A) ∧ (x ̸∈ B)}.
∈ P(A), on note :
Si Z∩
— Y = {x; (∀ Y ∈ Z, x ∈ Y )}.
Y ∈Z
∪
— Y = {x; (∃ Y ∈ Z, x ∈ Y )}.
Y ∈Z
Formellement : (( ) )
∀ x, x ∈ {E A ⇐⇒ (x ∈ E) ∧ (x ̸∈ A)
( ( ou bien) )
∀ x ∈ E, x ∈ {E A ⇐⇒ (x ̸∈ A)
( ) ( )
• B = {E A ⇐⇒ B = E\A
{ } { }
Exemple 1.5 Soient E = 1, a, α, 3, l, γ, 2, ℓ, ♣, ♠ et A = 1, a, α, ♠ , alors :
{ }
{E A = 3, l, γ, 2, ℓ, ♣
Preuve :
1. On a
( )
A⊂B ⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ∈ A) =⇒ (x ∈ B)
( )
⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ̸∈ B) =⇒ (x ̸∈ A) Contrapposée de l’implication
( )
⇐⇒ ∀ x ∈ E (x ∈ {E B) =⇒ (x ∈ {E A)
⇐⇒ {E B ⊂ {E A
donc
A ⊂ B ⇐⇒ {E B ⊂ {E A .
2. Soit x ∈ E, alors ( )
x ∈ {E {E A ⇐⇒ x ̸∈ {E A
( )
⇐⇒ x ∈ {E A
⇐⇒ (x ̸∈ A)
⇐⇒ (x ∈ A)
donc ( )
{E {E A = A .
3. Soit x ∈ E, alors
x ∈ {E (A ∩ B) ⇐⇒ x ̸∈ A ∩ B
⇐⇒ (x ̸∈ A) ∨ (x ̸∈ B)
⇐⇒ (x ∈ {E A) ∨ (x ∈ {E B)
⇐⇒ x ∈ ({E A ∪ {E B)
donc
{E (A ∩ B) = ({E A ∪ {E B) .
4. Soit x ∈ E, alors
x ∈ {E (A ∪ B) ⇐⇒ x ̸∈ A ∪ B
⇐⇒ (x ̸∈ A) ∧ (x ̸∈ B)
⇐⇒ (x ∈ {E A) ∧ (x ∈ {E B)
⇐⇒ x ∈ ({E A ∩ {E B)
donc
{E (A ∪ B) = ({E A ∩ {E B) .
2
Définition 1.7 On appelle partition d’un ensemble E, toute famille F ⊂ P(E) telle que :
1. Les éléments de la famille F sont disjoints deux à deux, c’est à dire
∀ A, B ∈ F , A∩B =∅
{ }
Propriété 1.5 Soit E un ensemble, alors pour toute partie A de E, F = {E A, A est une partition
de E.
{ } { }
Exemple 1.7 Soient A = 1, 5, 2 et B = a, α, ♣, ♡, ♠ , alors
{
A×B = (1, a), (5, a), (2, a), (1, α), (5, α), (2, α), (1, ♣), (5, ♣), (2, ♣),
}
(1, ♡), (5, ♡), (2, ♡), (1, ♠), (5, ♠), (2, ♠)
{
B×A = (a, 1), (a, 5), (a, 2), (α, 1), (α, 5), (α, 2), (♣, 1), (♣, 5), (♣, 2),
}
(♡, 1), (♡, 5), (♡, 2), (♠, 1), (♠, 5), (♠, 2)
3. DESCARTES René : Philosophe, physicien et mathématicien français (La Haye 1596-Stockholm 1650). Il créa
l’algèbre des polynômes , avec Fermat il fonda la géométrie analytique. Ennonça les propriétés fondamentales des équa-
tions algébriques et simplifia les notations algébriques en adoptant les premières lettres de l’alphabet pour désigner les
constantes et les dernières lettres pour désigner les variables. Publia “Le Discours de la méthode”, qui est une référence
pour le raisonnement logique. Découvrit aussi les principes (régles) de l’optique géométrique.
f: E −→ F
x −→ f (x)
Formellement, une correspondance f entre deux ensembles non vides est une application si et
seulement si :
( )
∀x, x′ ∈ E (x = x′ ) =⇒ (f (x) = f (x′ ) ) .
∀ x ∈ E, IdE (x) = x
Exemple 1.9 Soient E et F deux ensembles non vides et a un élément de F , alors la correspondance
f de E dans F définie par :
∀x ∈ E, x a
Exemple 1.10
b• •β
d• •δ
a• •α
•ℓ
c• •γ
e• •κ
E F
Cette correspondance n’est pas une application car il existe un élément d ∈ E qui n’a pas d’image dans F .
Exemple 1.11
b• •β
•δ
d• a•
•α
•ℓ
c• •γ
e• •κ
E F
Cette correspondance n’est pas une application car il existe un élément a ∈ E qui a deux images α et δ dans
F.
Exemple 1.12
b• •β
d• •δ
a• •α
•ℓ
c• •γ
e• •κ
E F
Cette correspondance est une application malgré qu’il existe des éléments de F qui n’ont pas d’antécedents
dans E et plusieurs éléments de E qui ont une même image dans F .
Γf = {(x, f (x)), x ∈ E}
4. R est l’ensemble des nombres réels.
En fait, la définition d’une application f revient à la donnée d’un sous ensemble Γf de E × F tel
que ( )
∀(x, y), (x′ , y ′ ) ∈ Γf , (x, y) = (x′ , y ′ ) ⇐⇒ x = x′
Remarque 1.4 Si F n’est pas un singleton, alors le prolongement de f n’est pas unique.
f (A) = {f (x), x ∈ A} ⊂ F
2. On appelle image réciproque de M par f , l’ensemble des antécédents des éléments de M , noté
f −1 (M ) = {x ∈ E, f (x) ∈ M } ⊂ E
Formellement on a : ( )
∀ y ∈ F, y ∈ f (A) ⇐⇒ ∃x ∈ A, y = f (x)
( )
∀ x ∈ E, x ∈ f −1 (M ) ⇐⇒ f (x) ∈ M
f: R −→ R h: R+ −→ R
et
x −→ x2 x −→ log x
Preuve :
1. Soit y ∈ F , alors
y ∈ f (A ∪ B) ⇐⇒ ∃x [(
∈ A ∪ B; y = f (x) ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∨ (x ∈ B) ∧ y = f (x)
[( ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∨ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[ ( )] [ ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∨ ∃x (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
⇐⇒ (y ∈ f (A)) ∨ (y ∈ f (B))
⇐⇒ y ∈ f (A) ∪ f (B)
2. Soit y ∈ F , alors
y ∈ f (A ∩ B) ⇐⇒ ∃x(∈ A ∩ B; y = f (x) )
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[( ) ( )]
⇐⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∧ (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
[ ( )] [ ( )]
=⇒ ∃x (x ∈ A) ∧ (y = f (x)) ∧ ∃x (x ∈ B) ∧ (y = f (x))
=⇒ (y ∈ f (A)) ∧ (y ∈ f (B)
=⇒ y ∈ f (A) ∩ f (B)
3. Soit x ∈ E, alors
x ∈ f −1 (M ∪ N ) ⇐⇒ f((x) ∈ M ∪)N ( )
⇐⇒ f (x) ∈ M ∨ f (x) ∈ N
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∨ x ∈ f −1 (N )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∪ f −1 (N )
4. Soit x ∈ E, alors
x ∈ f −1 (M ∩ N ) ⇐⇒ f((x) ∈ M ∩)N ( )
⇐⇒ f (x) ∈ M ∧ f (x) ∈ N
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∧ x ∈ f −1 (N )
⇐⇒ x ∈ f −1 (M ) ∩ f −1 (N )
5. Soit x ∈ E, alors
( )
x ∈ f −1 {F M ⇐⇒ f((x) ∈ {F M) ( )
⇐⇒ f (x) ∈ F ∧ f (x) ̸∈ M
( ) ( )
⇐⇒ x ∈ E ∧ x ̸∈ f −1 (M )
⇐⇒ x ∈ {E f −1 (M )
( )
ce qui montre que f −1 {F = {E f −1 (M ).
( )
Remarque 1.6 Les ensembles {F f (A) et f {E A ne sont pas toujours comparables.
{ } { }
Exemple 1.17 Soient E = a, β, γ, ♠ , F = ℓ, ζ, ♡, et l’application f : E −→ F définie par :
{ }
— f (A) = ℓ, ζ et {F f (A) = {♡}
{ } { }
— {E A = β, ♠ et f ({E A) = ℓ, ζ
donc {F f (A) ̸⊂ f ({E A) et f ({E A) ̸⊂ {F f (A), c’est à dire que {F f (A) et f ({E A) ne sont pas
comparables dans cet exemple.
2
Exemple 1.18 Etant donnés E = {−3, −2, −1, 0, 1, 2, 3, 4}, F = {−1, 0, 1, 2, 4, 5, 9, 10, 16} et l’appli-
cation f : E −→ F définie par :
∀ x ∈ E, f (x) = x2
( )
On considère l’ensemble A = {0, 1, 2, 4}, alors {E A = {−3, −2, −1, 3}, f (A) = {0, 1, 4, 16}, f {E A =
{1, 4, 9} et {F f (A) = {−1, 2, 5, 9, 10}, donc
La première propriété est équivalente à dire que deux éléments distincts de E ne peuvent pas être des
antécédents d’un même élément de F , ce qui revient formellement a :
De même
f surjective ⇐⇒ ∀ y ∈ F, ∃x ∈ E, f (x) = y
d’où on déduit :
f bijective ⇐⇒ ∀ y ∈ F, ∃! x ∈ F ; f (x) = y.
L’application réciproque
Proposition 1.2 Une application f : E −→ F est bijective si et seulement si il existe une unique
application g : F −→ E telle que
f og = IdF et gof = IdE .
On dit que f est inversible et g, notée f −1 , est appelée “l’application réciproque” ou “l’application
inverse” de f .
Preuve :
I.) Supposons qu’il existe une application g : F −→ E telle que
f og = IdF et gof = IdE .
Montrons que f est bijective.
1. Soit y ∈ F , comme f og = IdF alors f og(y) = y, par suite il existe x = g(y) ∈ E tel que
f (x) = y, ce qui montre que f est surjective.
2. Soient x, x′ ∈ E, comme gof = IdE alors gof (x) = x et gof (x′ ) = x′ , par suite :
f (x) = f (x′ ) =⇒ g(f (x)) = g(f (x′ )) car g application
=⇒ gof (x) = gof (x′ )
=⇒ x = x′
ce qui montre que f est injective.
De 1. et 2. on déduit que f est bijective.
f: R\{2} −→ F
x+5
x −→
x−2
avec F un sous ensemble de R.
Déterminer F pour que l’application f soit bijective et donner l’application inverse de f .
Réponse :
Montrer que f est bijective revient à examiner l’existence de solutions de l’équation y = f (x),
pour tout y ∈ F .
Soit y ∈ F , alors
x+5
y = f (x) ⇐⇒ y =
x−2
⇐⇒ y(x − 2) = x + 5
⇐⇒ yx − x = 5 + 2y
⇐⇒ x(y − 1) = 5 + 2y
5 + 2y
⇐⇒ x= si y ̸= 1
y−1
ce qui montre que :
5 + 2y
∀ y ∈ R\{1}, ∃! x = ; y = f (x)
y−1
5 + 2y
Pour déduire que f est bijective, il reste à voir si x = ∈ R\{2} ?
y−1
On a :
5 + 2y
=2 ⇐⇒ 5 + 2y = 2(y − 1)
y−1
⇐⇒ 5 = −2 ce qui est impossible
5 + 2y
ce qui montre que ∈ R\{2}, par suite :
y−1
5 + 2y
∀ y ∈ R\{1}, ∃! x = ∈ R\{2}; y = f (x)
y−1
f −1 : R\{1} −→ R\{2}
5 + 2y
y −→
y−1
2
Remarque 1.7 Il est clair que si f est bijective, il en est de même de f −1 et on a (f −1 )−1 = f . On
dit que f est une bijection entre E et F et que E et F sont deux ensembles équipotents.
Preuve : On a g ◦ f : E −→ G.
∀ z ∈ G, ∃x ∈ E; z = g ◦ f (x)
∃! y ∈ F ; z = g(y)
donc y = g −1 (z) ; comme f est bijective alors pour ce y ∈ F il existe un unique x ∈ E tel que y = f (x),
donc x = f −1 (y) et
z = g(f (x)) = g ◦ f (x)
par suite :
( ) ( )
∀ z ∈ G, ∃!x ∈ E; (g ◦ f )−1 (z) = x ∧ x = f −1 (g −1 (z)) = f −1 ◦ g −1 (z)
ce qui montre que :
(g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1
2
Remarque 1.8 Les réciproques de ces implications ne sont pas vraies, pour s’en convaincre il suffit
de prendre l’exemple suivant.
Etant données les applications suivantes :
f: R −→ R g: R −→ R
et
x −→ exp x x −→ ln(|x|)
alors
g◦f : R −→ R
x −→ x
est injective malgré que g ne le soit pas et g ◦ f est surjective malgré que f ne le soit pas.
1. Supposons que g ◦ f est injective et montrons que f est injective. Soient x, x′ ∈ E, alors
( ) ( )
f (x) = f (x′ ) =⇒ g f (x) = g f (x′ ) car g est une application
=⇒ g ◦ f (x) = g ◦ f (x′ )
=⇒ x = x′ car g ◦ f est injective
donc : ( ) ( )
∀ x, x′ ∈ E, f (x) = f (x′ ) =⇒ x = x′
2. Supposons que g ◦ f est surjective et montrons que g est surjective. Soit z ∈ G, alors
g ◦ f surjective =⇒ ∃x ∈ E; g (◦ f (x))= z
=⇒ ∃x ∈ E; g f (x) = z
=⇒ ∃y = f (x) ∈ F ; g(y) = z
donc
∀ z ∈ G, ∃y ∈ F ; g(y) = z
ce qui montre que g est surjective.
1.2.5 Fonctions
Définition 1.16 On appelle fonction de E dans F , toute application f d’un sous ensemble Df ⊂ E
dans F . Df est appelé “Ensemble de définition de f ”.
Remarque 1.9 Toutes les notions données pour les applications peuvent être adaptées pour les fonc-
tions.