Introduction : C’est en 1947 que Les termes de « Guerre froide » sont apparus sous la plume du journaliste
nord-américain Walter Lippmann. La Guerre froide désigne la période d’affrontement indirecte, entre les deux
superpuissances, les Etats-Unis et l’URSS de 1947 à 1991. Elle fractura le monde en 2 grands ensembles.
Ces 2 superpuissances possèdent des moyens militaires et stratégiques très puissants comme de nombreuses
bases, des équipements modernes et performants, ainsi que l’arme nucléaire.
Cette période a été jalonnée par plusieurs phases, différentes crises, mais aussi une situation d’équilibre de
la terreur.
Objectifs :
- En quoi la ville de Berlin symbolise-t-elle l’essentiel de la guerre froide ?
- Quelles ont été les principales crises de la Guerre Froide ?
I/ Berlin au cœur de la guerre froide (1945-1989)
1/ L’Allemagne et Berlin au lendemain du second conflit mondial
Le 2 Mai 1945, Berlin, capitale du IIIe Reich, est libérée par l’Armée Rouge. La ville est totalement ruinée, ce n’est plus
qu’un véritable champ de ruine. Elle est alors divisée en quatre zones d’occupation, comme les Alliés en ont décidé lors
des conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945). En juillet 1945, les forces anglaises et
américaines s’installent à Berlin. Le secteur français est créé en août. Berlin se situe au cœur de la zone soviétique en
Allemagne. Les secteurs américain, britannique et français de la ville sont reliés à l’Allemagne de l’Ouest par des
aéroports, des autoroutes et des voies fluviales.
Les premiers désaccords entre l’URSS et les puissances occidentales concernent l’Allemagne. Staline revendique
rapidement le contrôle total de Berlin. Cette exigence participe à sa volonté de mettre en place un " glacis " de protection
autour de l’URSS. D’autre part, les Soviétiques souhaitent une Allemagne totalement désarmée et désindustrialisée.
L’Allemagne, et la ville de Berlin en particulier, focalisent la tension croissante entre les Soviétiques et les Alliés
occidentaux. D’autre part, à Berlin-Est, l’administration militaire soviétique impose la création du SED (Parti socialiste
unifié d’Allemagne) : Berlin et l’Allemagne font donc partie de la politique de " satellisation " des pays d’Europe de l’Est
par l’URSS.
En 1948, les communistes prennent le pouvoir en Tchécoslovaquie : c’est le " Coup de Prague ".
Les Alliés, Américains, Britanniques et Français, renoncent alors à un accord sur l’Allemagne et annoncent leur décision
de former un État unique à partir de leurs trois zones d’occupation et mettent en place une réforme monétaire (le
Deutschemark est créé). Staline riposte en ordonnant un blocus de Berlin-Ouest (juin 1948).
Caricature de Shepard sur les enjeux du pont aérien « Comment fermer le vide ? », caricature de Daniel
vers Berlin-Ouest (14 juillet 1948) Fitzpatrick, parue dans le Saint Louis Post Dispatch, juin
1948
Or, l’année précédente (1947), Harry Truman a développé sa doctrine de l’endiguement et le plan Marshall représente
sa première application. La ville subsiste donc pendant un an grâce à un pont aérien mis en place par les Américains. Après
462 jours, Staline décide la levée du blocus (mai 1949). Les Alliés créent la République fédérale d’Allemagne (RFA), dont
Bonn devient la nouvelle capitale, et les Soviétiques fondent la République démocratique allemande (RDA), qui devient
une démocratie populaire. La même année, les États-Unis et leurs alliés signent le Traité de l’Atlantique Nord et fondent
l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) afin de prévenir toute agression communiste contre l’Europe de
l’Ouest.
2/ Berlin au cœur de la guerre froide
La mort de Staline (5 mars 1953) entraîne un assouplissement du régime soviétique. Peu de temps après, Walter Ulbricht,
Président du conseil d’Etat de la RDA, annonce un durcissement des normes de travail. Ces deux facteurs entraînent une
vague de grèves et un soulèvement populaire à Berlin-Est, qui s’étend à d’autres villes de RDA. En juin, les chars
soviétiques écrasent la rébellion dans la capitale est-allemande, des milliers de personnes sont arrêtées et le SED est
sévèrement épuré.
Les Occidentaux n’interviennent pas : l’ère de la " coexistence pacifique ", théorisée par Nikita Khrouchtchev en 1956, a
débuté. Alors que la course aux armements se poursuit, chacun des deux Grands développe son système sans intervenir
dans les affaires du camp adverse afin d’éviter tout affrontement militaire direct.
En 1961, la construction du mur de Berlin devient le symbole du " rideau de fer " (Churchill, 1946) qui divise l’Europe. La
crise débute en 1958, lorsque les Soviétiques exigent une démilitarisation de Berlin-Ouest. La fuite de centaines de milliers
d’Allemands de l’Est vers l’Occident, via Berlin-Ouest (en juillet, plus de 30 000 habitants de la RDA se réfugient à Berlin-
Ouest), conduit l’URSS et les autorités est-allemandes à décider la construction du mur : dans la nuit du 12 au 13 août
1961, toutes les communications sont coupées entre Berlin-Ouest et Berlin-Est. Le mur est construit dans les jours qui
suivent.
Le mur fait de Berlin le principal lieu d’affrontement idéologique entre les deux blocs.
Les autorités est-allemandes justifient sa construction par les " activités subversives " et les " menées agressives " des
puissances occidentales. Cette propagande participe aux efforts menés par l’URSS au cours de ces années pour se
présenter comme le " camp de la paix " face au militarisme américain. Dans le camp adverse, le " mur de la honte "
symbolise la faillite d’un système totalitaire, comme le souligne le président John F. Kennedy à Berlin-Ouest dans son
discours de 1963 (" Ich bin ein Berliner ")
15 Aout 1961 Conrad Schuman policier Est-allemand
s’enfuit de Berlin-Est alors que le mur commence à
être construit. La photographie a été prise par Peter
Leibing.
3/ De l’ouverture à l’Est à la chute du mur
En Europe, la détente se caractérise par une ouverture à l’Est (" Ostpolitik ") initiée par le chancelier allemand Willy
Brandt, ancien maire de Berlin-Ouest, à partir de 1969. Brandt prône cette politique depuis le début des années 1960.
Cette ouverture permet la signature d’accords tels que le traité germano-russe de 1970, le traité sur Berlin, par lequel
les Soviétiques s’engagent à laisser transiter les personnes et les marchandises entre Berlin Ouest et la RFA (1971), et
le " traité fondamental ", qui normalise les rapports entre les deux Allemagnes (1972) : la RFA reconnaît la RDA comme
Etat souverain et les deux Etats mettent en place des " missions permanentes ", à défaut d’ambassades. L’ambition
des partisans de l’Ostpolitik était de mettre en place les conditions d’une réunification ou, tout au moins, renforcer le
sentiment d’appartenance nationale au sein de la population allemande. Ce but n’est pas atteint, mais
l’assouplissement des communications entre Berlin-Ouest et Berlin-Est permet une plus grande circulation de
l’information.
Dans les années 1970-1980, on assiste à une contestation croissante des dictatures communistes dans le bloc
soviétique. Les Berlinois de l’Est y participent au premier chef, malgré l’hostilité du gouvernement est-allemand aux
réformes et à la libéralisation entreprise en URSS à partir de 1995. Lorsque le Secrétaire général du PCUS, Mikhaïl
Gorbatchev, déclare que les démocraties populaires sont libres de choisir leur voie politique, des milliers d’Allemands
de l’Est fuient le pays par la Hongrie qui a ouvert ses frontières. Le Premier secrétaire Erich Honecker n’est pas soutenu
par l’URSS et doit démissionner. Des manifestations éclatent à Berlin-Est et dans d’autres villes de RDA. Gorbatchev
exclut toute possibilité de répression.
Le 9 novembre 1989, les autorités est-allemandes sont contraintes d’autoriser les Berlinois de l’Est à voyager à
l’étranger. Des milliers d’habitants se massent aux postes frontières et en forcent le passage sans difficulté. Dans la
nuit du 9 au 10 novembre, le mur s’effondre. L’année suivante, l’Allemagne est réunifiée et le 20 juin 1991, les
parlementaires allemands redonnent à Berlin son statut de capitale.
Schabowski lit un projet de décision du conseil des ministres qu'on a placé devant lui : « Les voyages privés vers
l'étranger peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs — motif du voyage ou lien de famille. Les
autorisations seront délivrées sans retard. Une circulaire en ce sens va être bientôt diffusée. Les départements de la
police populaire responsables des visas et de l'enregistrement du domicile sont mandatés pour accorder sans délai
des autorisations permanentes de voyage, sans que les conditions actuellement en vigueur n'aient à être remplies.
Les voyages y compris à durée permanente peuvent se faire à tout poste frontière avec la RFA. »
Question d'un journaliste : « Quand ceci entre-t-il en vigueur ? »
Schabowski, feuilletant ses notes : « Autant que je sache — immédiatement. »
Extrait de la conférence de presse donnée par Günter Schabowski, secrétaire du Comité central chargé des médias
en RDA le 9 novembre 1989 à 18h57 Source : Wikipédia
II/ Les autres crise majeures de la guerre froide
1/ La guerre de Corée
Entre 1950 et 1953, Etats-Unis et URSS se combattent indirectement en Corée. Le 25 juin 1950, les troupes nord-
coréennes franchissent la ligne de démarcation fixée entre les troupes américaines et soviétiques au niveau du 38e
parallèle. Le 28 juin, Séoul tombe aux mains des communistes. Les États-Unis débarquent le 15 septembre à Inch’ôn
épaulés par une force militaire onusienne, la première de l’histoire de l’organisation. Fin octobre 1950, les troupes de
la coalition atteignent la frontière chinoise avant d’être repoussées par la contre-offensive sino-nord- coréenne.
Au printemps 1951, le front s’établit de nouveau aux alentours du 38e parallèle. Des négociations finissent par aboutir
le 27 juillet 1953 : les États-Unis et l’URSS reconnaissent l’existence des deux Corées, et une zone démilitarisée (DMZ)
est instaurée.
2/ La crise des missiles de Cuba :
En 1962, les Etats-Unis disposent d’un avantage stratégique important sur l’URSS : leurs missiles peuvent frapper
n’importe quelle partie de l’URSS alors que les missiles intercontinentaux soviétiques ne peuvent atteindre que
l’Europe de l’Ouest. Le contexte de coexistence pacifique n’exclut pas la poursuite de la course aux armements,
doublée pendant cette période d’une course à l’espace.
En 1959, la guérilla dirigée par Fidel Castro a reversé le régime proaméricain du dictateur Fulgencio Batista. Les
Etats-Unis mettent en place un embargo sur l’île et, en 1961, ils soutiennent un débarquement d’exilés cubains
dans la " baie des cochons ". Cette tentative échoue et persuade Castro de se rapprocher de l’URSS. Il accepte que
les Soviétiques installent des missiles nucléaires à Cuba. Khrouchtchev est persuadé que le président John F.
Kennedy ne réagira pas.
Le 14 octobre 1962, un avion espion U2 photographie les rampes de missiles en construction sur Cuba, alors que
d’autres avions repèrent des cargos soviétiques chargés de missiles faisant route vers l’île. Cuba est située à 150
km de la Floride, et la portée des missiles menace toutes les villes de la côte Ouest des Etats-Unis, y compris New-
York et Washington. La CIA présente les photographies à Kennedy et ses conseillers.
Le 22 octobre, Kennedy s’adresse aux Américains dans un discours radiotélévisé dans lequel il explique la
situation. Il ordonne la mise en quarantaine de l’île (blocus maritime) et annonce que " tout lancement de missile
nucléaire depuis Cuba contre toute nation de l’hémisphère occidental [sera considéré] comme une attaque de
l’Union soviétique contre les Etats-Unis, appelant en représailles une riposte complète contre l’Union soviétique.
La flotte de guerre américaine prend position autour de Cuba.
« L’équilibre de la terreur », c’est-à-dire la possibilité d’une guerre nucléaire entraînant une " destruction
mutuelle assurée " (MAD) atteint un sommet. A cette date, les Américains comme les Soviétiques disposent de
vecteurs multiples capables de lancer des centaines de charges nucléaires : rampes de missiles, bombardiers
stratégiques et sous-marins.
Fidel Castro est favorable à une attaque nucléaire contre les Etats-Unis, mais Khrouchtchev, conscient des
conséquences possibles d’une " guerre d’anéantissement ", choisit de retirer les missiles de Cuba à la fin du mois
d’octobre, en échange d’une promesse des Etats-Unis de ne pas envahir l’île. Il ordonne à la flotte soviétique de
faire demi-tour. Les Américains retirent également leurs missiles installés en Turquie.
3/ Les conséquences de la crise : la Détente
Si les deux camps médiatisent l’issue de la crise comme une défaite du camp adverse, la crise de Cuba est souvent
interprétée comme un échec de Khrouchtchev face à la fermeté du président Kennedy. Les Chinois accusent l’URSS
de " capitulationnistes " et la position de Khrouchtchev est fragilisée (il est évincé du pouvoir en 1964). Cependant,
cette interprétation est à relativiser : les Etats-Unis ne parviennent pas à empêcher le maintien d’un régime
communiste à Cuba, qui multipliera les guérillas castristes en Amérique latine et même en Afrique.
Sur le plan des relations entre les deux grands, la crise entraîne une reprise des négociations destinées à éviter
un conflit nucléaire dans le cadre de la dissuasion. Le " téléphone rouge ", une liaison directe entre la Maison
Blanche et le Kremlin, devient le symbole de cette nouvelle période et en 1963, le traité de Moscou interdit les
essais nucléaires dans l’atmosphère. La Détente se poursuit jusqu’au milieu des années 1970.
Toutefois, la crise de Cuba ne met pas fin à l’équilibre de la terreur : les deux Grands continuent de perfectionner
leur arsenal nucléaire, et " la grande peur atomique ", née dans les années 1950, continue de planer sur le monde,
comme en témoignent les nombreuses fictions basées sur ce thème : la plus connue est sans doute le film réalisé
en 1964 par Stanley Kubrick, Dr. Strangelove, ou Docteur Folamour
III/ La guerre du Vietnam (1964-1973)
1/ Aux origines du conflit : l’endiguement en Asie et l’enjeu du tiers monde
La guerre du Vietnam s’inscrit dans un contexte compliqué : dans le cadre de la Détente, les négociations entre les deux
Grands aboutissent à des accords dont l’objectif est d’éviter un conflit global. Dans le même temps, la décolonisation et
l’émergence du " tiers monde " ouvrent de nouvelles perspectives d’influence pour les Etats-Unis et l’URSS. Des " conflits
périphériques " éclatent, mais sans opposer directement les deux superpuissances.
Si les Etats-Unis ont soutenu Ho Chi Minh et le Vietminh pendant la guerre contre les Japonais, ils aident les Français
pendant la guerre d’Indochine sans s’engager militairement toutefois. Après la défaite française de Dien Bien Phû, les
accords de Genève entrainent l’indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge. Le Vietnam est séparé
provisoirement en deux Etats séparés par le 17e parallèle Nord. Au Nord, Hô Chi Minh est à la tête de la République
démocratique du Vietnam, soutenue par l’URSS. Le Sud Vietnam est dirigé par une dictature militaire contestée dans le
pays, mais soutenue par les Etats-Unis dans le cadre de l’endiguement en Asie.
Dès le début des années 1960, les Etats-Unis envoient des conseillers militaires pour contrer la guérilla communiste qui
se développe au Sud Vietnam. En 1964, le président Johnson, influencé par la " théorie des dominos ", décide de renforcer
l’engagement des Etats-Unis pour soutenir l’armée sud-vietnamienne contre les Vietcongs, armés par la Chine et l’URSS.
Il obtient du Congrès l’adoption de " la résolution du Golfe du Tonkin ". A la fin des années 1960, près de 600 000 soldats
américains combattent au Vietnam.
2/ L’enlisement et le retrait américains
L’armée américaine dispose d’une supériorité technologique et matérielle : aviation - bombardements, utilisation du
napalm et de produits chimiques comme " l’agent orange ", hélicoptères, appui naval, etc.
Mais elle se heurte à une guérilla très mobile, approvisionnée en armes par la " piste Hô Chi Minh " et les conditions de
combats sont très difficiles. En 1968, l’offensive communiste du Têt bouscule les positions américaines. Les stratèges
américains sont persuadés que la guerre ne peut être gagnée, alors que des mouvements de protestation contre la guerre
éclatent dans tous les Etats-Unis.
Richard Nixon, élu Président en 1968, poursuit la politique de désengagement américain ébauchée par Johnson à la fin
de son mandat. Avec son conseiller politique Henry Kissinger, il entame une politique d’ouverture diplomatique afin de
diviser le monde communiste et de faciliter les négociations. Progressivement, les troupes américaines sont retirées du
Vietnam (" vietnamisation " du conflit) et en 1973, les accords de Paris entérinent le retrait militaire américain.
Malgré les accords de paix, la guerre se poursuit entre nord et sud-vietnamiens. Les troupes sud-vietnamiennes, qui ne
bénéficient plus de l’aide des Etats-Unis, s’effondrent. En 1975, le Vietcong entre dans Saïgon, rapidement rebaptisée Hô-
Chi-Mihn-Ville et l’ensemble du Vietnam est unifié sous un régime communiste. La même année, le Laos et le Cambodge
voisins basculent également dans le camp communiste. La guerre a fait plus de deux millions de morts, dont 52 000 soldats
américains.
3/ Le Vietnam, un conflit de la guerre froide
Conflit asymétrique entre une superpuissance du Nord et un pays du sud, la guerre du Vietnam est un conflit meurtrier,
mais qui n’a jamais opposé directement des soldats américains et soviétiques. Cette guerre montre également les limites
de l’efficacité des superpuissances lorsqu’elles mènent des guerres conventionnelles dans des conditions qu’elles ne
maîtrisent pas, parce qu’elles se déroulent dans des pays qui échappent à leur zone de dissuasion les soviétiques en feront
l’expérience pendant la guerre d’Afghanistan, de 1979 à 1989.
Cet échec entraîne un certain retrait des Etats-Unis de la scène internationale jusqu’au début des années 1980. Il s’inscrit
dans la période qui marque la fin de la Détente et le début de la " guerre fraîche ", caractérisé par une poussée communiste
en Asie et en Afrique. L’Amérique doute de sa puissance : en cela, la guerre du Vietnam représente un tournant dans la
guerre froide.
Enfin, parce qu’elle est largement médiatisée, la guerre du Vietnam marque une nouvelle étape dans l’affrontement
idéologique qui caractérise la guerre froide. Les exactions de l’armée américaine nourrissent la contestation. Le massacre
de My Lai, perpétré en 1968, est connu du grand public américain l’année suivante. Enfin, les images du conflit, relayées
quotidiennement par la télévision et la presse, traumatisent les Américains.