Isolation thermique des maisons individuelles
Isolation thermique des maisons individuelles
ET ENSEIGNEMENTS TECHNIQUES
RENOSTANDARD
Isolation thermique
des maisons individuelles
Crédits photos :
Figures 46 et 47 : Groupement RENOSTANDARD « VETTER / OKTAVE »
Figures 48 et 49 : Groupement RENOSTANDARD « TYPO + »
Figures 50 et 51 : Groupement RENOSTANDARD « CD2E – HABITER 2030 »
Remerciements
Les auteurs souhaitent remercier tous les membres de PROFEEL pour leur impli-
cation dans le financement et le suivi des travaux réalisés, et plus particulière-
ment les membres du Groupe Projet RENOSTANDARD pour leurs remarques.
Nous remercions également l’ensemble des Groupements d’entreprises pour
leurs propositions de solutions innovantes et très riches pour massifier les réha-
bilitations des maisons individuelles standardisées.
Enfin, les auteurs souhaitent remercier chaleureusement tous les experts
d’URBANIS et du CSTB pour leurs analyses et remarques techniques détaillées
sans lesquelles cet ouvrage n’aurait pas pu paraître.
Décembre 2021 ISBN 978-2-86891-735-5
Avant-propos
Avec le programme PROFEEL, la filière Bâtiment s’est rassemblée pour répondre collectivement aux
défis de la rénovation énergétique. 16 organisations professionnelles ont été à l’initiative de cette
démarche et continuent aujourd’hui à la porter activement.
PROFEEL se compose concrètement de 9 projets, positionnés sur trois grands enjeux : favoriser le
déclenchement des travaux de rénovation, garantir la qualité des travaux réalisés et consolider la
relation de confiance entre les professionnels.
Ces projets s’appuient sur l’innovation, qu’elle soit technique ou numérique, afin de mieux outiller les
professionnels du bâtiment, d’améliorer les pratiques sur le marché de la rénovation énergétique et de
garantir la qualité des travaux réalisés.
Ces outils permettront d’accompagner les acteurs durant toutes les étapes d’un projet de rénovation :
en amont, pendant et après les travaux.
RENOSTANDARD, un des 9 projets PROFEEL, a fait émerger de nouvelles offres techniques de réhabi-
litation globale, adaptables et réplicables sur de grands nombres de maisons individuelles de construc-
tion standardisée. Des projets globaux de référence et des solutions techniques innovantes à l’échelle
des lots et interfaces ont été conçus par des groupements professionnels, en utilisant notamment la
préfabrication. RENOSTANDARD facilite ainsi la conception et la mise en œuvre de projets performants
pour la maison individuelle.
RENOSTANDARD a également développé une démarche d’accompagnement des particuliers en
phase avant-projet de rénovation, à partir d’un diagnostic transverse du logement. Elle a été testée
auprès d’une centaine de propriétaires de maisons.
Ce rapport présente les principales tendances en matière d’isolation thermique qui se dégagent des
solutions innovantes RENOSTANDARD, conçues par les groupements. Pour chaque tendance, les
enseignements et recommandations issus de l’accompagnement technique des groupements par le
CSTB sont rapportés.
Filière Bâtiments
3
SOMM AI R E
7 PARTIE 1 : Introduction
10 PARTIE 2 : Murs
10 2.1 Tendances
14 2.2 Points de vigilance isolation des murs
21 PARTIE 3 : Toitures
21 3.1 Préfabrication lourde
27 3.2 Préfabrication légère et montage manuel
32 PARTIE 4 : Points singuliers principaux
32 4.1 Jonction mur/plancher bas
36 4.2 Jonction mur/toiture
40 4.3 Jonction mur/baie
43 PARTIE 5 : Utilisation des isolants biosourcés
44 PARTIE 6 : Approche architecturale globale : augmentation de la surface,
réaménagement, approche bioclimatique
47 PARTIE 7 : Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité :
comment s’y retrouver ?
47 7.1 Les réglementations
48 7.2 Le marquage CE
48 7.3 L’évaluation technique
51 7.4 La certification
52 Liste des abréviations
5
PARTIE 1
Introduction
Le projet RENOSTANDARD a été engagé pour favoriser la massification de la réhabilitation énergé-
tique des bâtiments d’habitation et plus particulièrement du parc diffus de maisons individuelles dites
« standardisées »1 construites entre 1830 et les années 2000. Ce parc de maisons représente un vivier
très important pour la réduction du besoin énergétique et l’impact environnemental du secteur du
bâtiment. Il est cependant peu ou mal exploité en raison de la difficulté d’accompagnement à grande
échelle des propriétaires devenant, le temps d’un chantier, maîtres d’ouvrage.
Généralement « non-sachants », les propriétaires se retrouvent souvent seuls pour gérer l’établisse-
ment de devis, le suivi et la réception de chantier, la gestion des aléas et des retards, etc. De plus, ce
secteur requiert généralement une approche sur mesure. Les besoins et attentes sont souvent très
différents d’un maître d’ouvrage à un autre, d’une situation de vie à une autre (cycle de vie du ménage
et parcours résidentiel). La rénovation d’un logement ne correspond pas à une réalité sociale unifiée,
elle prend de multiples formes selon le chemin de vie des ménages et selon le segment de l’habitat
concerné. La réhabilitation est un processus social, c’est-à-dire une suite d’étapes qui ont chacune
leur importance et qui explique que les projets mettent en moyenne 3 à 5 ans à aboutir : de la prise
en compte des problématiques du logement jusqu’à la réception des travaux et à l’adaptation aux
nouveautés, le passage à l’action est motivé et déclenché par des facteurs très hétérogènes. Si l’amélio-
ration du confort (problème d’inconfort, manque de place, de lumière) représente de loin la première
motivation des ménages, la gestion de pannes et de sinistres est le facteur qui engendre le plus de
travaux. À cela s’ajoutent les potentialités offertes par chaque typologie de logement et l’offre locale
en termes de solutions souvent mal connues par les maîtres d’ouvrage.
Pour toucher de manière plus rationnelle et concrète cette cible, le projet a été engagé pour rendre
accessible aux maîtres d’ouvrage un ensemble d’outils d’accompagnement facilitant la prise de déci-
sion. Il s’appuie sur une offre de solutions globales et performantes adaptées à des modèles de maisons
courants rencontrés dans les différents territoires régionaux et représentatifs de périodes de construc-
tion et de courants architecturaux à moyenne et grande échelle. Il s’agit notamment de fournir des
outils d’aide à la décision permettant aux maîtres d’ouvrage de mieux connaître leur logement et
les pathologies associées générant l’inconfort des occupants (outil de diagnostic) mais également
des outils numériques de représentation leur permettant de se projeter après les travaux en visualisant
les impacts sur les volets économique, confort, revalorisation architecturale et performance d’usage
de leur logement.
La massification de la réhabilitation énergétique passe en premier lieu par le développement d’une
offre de solutions déjà éprouvées sur des modèles de maisons courantes afin de donner confiance
aux maîtres d’ouvrage. Les solutions devront être innovantes afin de concilier à la fois un haut niveau
de performance et de répondre à l’enjeu principal de la réhabilitation qui est la limitation du coût
des t ravaux (et/ou le phasage dans le temps des dépenses), mais aussi la limitation de la durée et de
l’impact du chantier sur le quotidien des ménages. Ceci passe en premier lieu par une approche de
1 Démarche qui vise à simplifier le déploiement de la réhabilitation énergétique sur une dizaine de modèles de maisons
standardisées à travers la construction d’une offre de solutions types de réhabilitation, réplicables et optimisées et avec une
perspective de pré-industrialisation. Celles-ci intègrent l’amélioration de la performance énergétique et environnementale
comme l’un des co-bénéfices de la rénovation.
Se référer au livrable n° 1 Retour d’Expériences des démarches existantes en faveur de la réhabilitation énergétique des
maisons individuelles, décembre 2019, CSTB.
PARTIE 1 7 Introduction
r éhabilitation globale permettant de mutualiser les coûts d’intervention et par un effort sur le traite-
ment des interfaces entre les différents lots.
L’identification de cette offre de solutions, constituant un des enjeux majeurs du projet RENOSTANDARD,
s’est opérée en plusieurs étapes par la réalisation de deux appels à manifestation d’intérêt (AMI) à des-
tination de groupements d’acteurs pluridisciplinaires (industriels, entreprises du bâtiment, architectes,
ingénieurs, etc.) pour la sélection de modèles de bâtiment puis la sélection d’une combinaison d’offres
adaptées à des modèles très courants de maisons individuelles. Les critères de choix des solutions ont
tenu compte, entre autres, du bâtiment visé, du caractère innovant des solutions pour répondre à la
massification, de la complétude des groupements qui conçoivent la solution, du potentiel de la solu-
tion à accéder rapidement au marché et bien sûr, de la performance globale de la solution (revalorisa-
tion architecturale, thermique, environnementale, confort et économique).
Ainsi, une dizaine de solutions de réhabilitation ont été proposées pour les typologies de maisons
individuelles standards identifiées lors d’un premier AMI et sont chacune décrites par une « Fiche
solution » spécifique. Si chaque solution possède ses points forts et ses particularités, des tendances
communes ont été identifiées.
En premier lieu, de manière à optimiser le délai d’intervention sur site (et donc les coûts) et à limiter
les risques liés à la mise en œuvre, la plupart des groupements proposent un degré plus ou moins
poussé de préfabrication des procédés d’isolation hors-site en atelier allant de la préfabrication lourde
nécessitant des moyens spécifiques de levage sur chantier à la réalisation de caissons légers manuten-
tionnables dans lesquels un isolant est insufflé sur site.
De plus, l’intervention sur site se veut généralement peu intrusive pour l’occupant, en privilégiant par
exemple l’isolation des murs existants par l’extérieur, ou l’isolation des combles perdus par soufflage
d’isolants en vrac.
Pour cibler les problématiques de contenu carbone notamment, les matériaux utilisés par la plupart
des groupements RENOSTANDARD sont de type biosourcés, pour les ossatures (bois) comme pour
les isolants.
De même, des solutions sont proposées pour traiter les interfaces entre parois, en limitant en parti-
culier la pénétration d’air en jonction murs/toitures, ou en engageant une réflexion pour limiter les
infiltrations d’eau liquide aux jonctions murs/planchers bas ou en proposant des solutions pour le trai-
tement des ponts thermiques.
Enfin, des réflexions plus globales ont été menées pour améliorer la qualité de vie des occupants sur
le confort thermique, notamment estival, augmenter la valorisation architecturale du bien réhabilité
ou encore repenser le réagencement des espaces de vie. La notion complexe de confort a été considé-
rée dans deux dimensions, sachant que ces dimensions entrent en forte interaction dès lors que l’on
recherche des degrés de performance élevés et qu’elles sont liées à l’environnement du bâti : dimen-
sion énergétique et atteinte d’un confort thermique, dimension architecturale et atteinte d’un confort
d’usage.
L’ensemble de ces innovations proposées peut parfois amener à sortir du champ d’application des
Règles de l’Art existantes (normes DTU, etc.), ce qui pourrait questionner quant à la maîtrise de la dura-
bilité de ces propositions, mais aussi de manière plus pragmatique sur la possibilité de limiter le risque
assurantiel en cas de sinistre ultérieur.
Les groupements sélectionnés ont ainsi bénéficié, dans le cadre du projet, d’un accompagnement
dans la conception de leur solution. Cet accompagnement a consisté en premier lieu à un cadrage
de la description des solutions : en particulier, la fourniture de carnets de détails précis et un référen-
cement des produits utilisés. Un travail de coordination a ensuite été réalisé afin d’organiser des réu-
nions d’échanges entre les groupements et une vingtaine d’experts du CSTB dans différents domaines
scientifiques ou techniques. Ces échanges ont permis une analyse des solutions et notamment leur
positionnement vis-à-vis des Règles de l’Art ainsi que l’identification de points d’attention.
PARTIE 1 8 Introduction
Au total une cinquantaine de réunions ont été organisées et ont fait l’objet d’un compte-rendu détaillé.
L’accompagnement seul n’a ainsi pas vocation à se substituer à une évaluation technique et ne garantit
donc pas l’assurabilité des solutions examinées. Cependant, en fonction du niveau de maturité des
solutions, certaines d’entre-elles ont pu s’inspirer des recommandations prodiguées pour la constitu-
tion des dossiers techniques nécessaires à l’évaluation technique. Dans ce cadre, plusieurs demandes
d’ATEX ont été déposées durant le projet.
Par ailleurs, quelques études spécifiques ont été conduites sur des problématiques bien ciblées afin
d’aider certains groupements à opérer des choix dans la conception de leur solution. Ainsi par exemple,
une étude d’impact des ponts thermiques intégrés a été réalisée pour le groupement BATICOK. Une
autre étude sur l’optimisation du traitement du pont thermique périphérique de plancher bas, et plus
particulièrement la profondeur d’encastrement de l’isolation périphérique extérieure, a été réalisée.
Cette étude conduite sur la solution TYPO+ concerne une grande partie des solutions d’isolation par
l’extérieur proposées par les groupements.
L’objectif de cet ouvrage est ainsi de synthétiser l’ensemble des recommandations et études d’aide
à la conception réalisées dans le cadre de cet accompagnement technique, pour chacune des grandes
tendances de rénovation des éléments d’enveloppe identifiées dans le projet RENOSTANDARD. Des
informations ciblant les interfaces entre lots et procédés, et un panorama pour se repérer plus faci-
lement entre les différents référentiels techniques (réglementation, marquage CE, Avis Techniques,
certifications) sont également présentées.
PARTIE 1 9 Introduction
PARTIE 2
Murs
2.1 Tendances
Le projet RENOSTANDARD a permis d’identifier trois tendances principales pour l’isolation des murs :
la préfabrication lourde, la préfabrication légère, le montage manuel sur site, dont la conception est
réalisée soit par des PME de manière « artisanale », soit par des industriels de la construction. On par-
lera dans ce dernier cas de « kitting ». Il s’agit principalement de solutions d’isolation par l’extérieur
des parois.
Système de levage
Panneau intérieur
rigide
Isolant principal
Finition de type
Panneau extérieur bardage ventilé
rigide
PARTIE 2 10 Murs
2.1.2 Caissons isolants légers manuportables
Les éléments sont constitués d’une structure en bois formant un caisson de petite dimension (par
exemple 16 x 40 x 120 cm) et pesant au maximum 15 kg pour pouvoir être manutentionné. Dans
le cas d’un caisson fermé (côté mur support), l’isolant de remplissage est un isolant semi-rigide ou
un isolant insufflé (généralement de la ouate de cellulose). Dans le cas d’un caisson ouvert, l’isola-
tion peut être réalisée par l’association d’un isolant semi-rigide et d’un isolant souple. L’isolant souple
dépasse de quelques centimètres afin d’épouser les irrégularités de la surface du mur support. L’usi-
nage des caissons permet de créer des systèmes de clips et de feuillure pour faciliter l’assemblage entre
les caissons et le mur support. Pour une finition par enduit sur isolant, le caisson est fermé du côté
extérieur par un panneau de fibres de bois. Pour une finition de type bardage ventilé, le caisson est
fermé du côté extérieur par un panneau de bois de même nature que le reste du caisson.
Coffrage en OSB
Caisson fermé
et finition de type
enduit sur isolant
Isolant souple
dépassant du caisson Clips pour l’assemblage
côté mur extérieur entre caissons
PARTIE 2 11 Murs
[Link] Solution de type bardage rapporté en bois
Il s’agit d’une solution de type bardage rapporté en bois s’appuyant largement sur les principes de
mise en œuvre du NF DTU 41.2. La solution proposée est innovante sur plusieurs aspects, notamment
par l’utilisation d’un isolant biosourcé, une mise en œuvre en deux couches d’isolation permettant
de limiter les ponts thermiques et la mise en œuvre à l’extérieur d’une membrane souple HPV placée
directement au contact de l’isolant pour le protéger des pénétrations d’eau et de la circulation de l’air.
La conception de la solution repose sur une mise en œuvre assez classique et fait appel à des compo-
sants et matériaux courants du marché. La solution s’adapte facilement à différents types de supports
(creux ou pleins).
Plot de colle
Cheville (rosace)
PARTIE 2 12 Murs
[Link] Solutions à base de béton de chanvre projeté
Des solutions à base de béton de chanvre projeté, généralement entre des ossatures en bois ou à base
de blocs maçonnés et rapportés en isolation par l’intérieur, sont proposées par plusieurs groupements.
Il s’agit de correcteurs thermiques dont l’épaisseur est limitée entre 8 et 10 cm pour ne pas trop empié-
ter sur la surface habitable. Sans être aussi performante que des solutions plus « classiques », ce type
de solution permet d’améliorer l’isolation des parois de bâtiments anciens sans modifier leur aspect
extérieur et sans altérer de manière trop importante le comportement hygrothermique des parois. Elle
permet également de limiter l’effet de paroi froide en hiver. La masse volumique relativement impor-
tante de ces isolants permet de conserver l’inertie des parois et de stocker plus facilement les apports
solaires diurnes.
Mur ancien
Machine de projection
PARTIE 2 13 Murs
2.2 Points de vigilance isolation des murs
Les points de vigilance détaillés ci-après concernent principalement les solutions d’isolation par l’exté-
rieur. La mise en œuvre de procédés d’isolation rapportée à l’extérieur de parois existantes implique
une attention particulière afin d’atteindre le niveau de performance requis et de garantir la pérennité
des bâtiments. Pour les différents systèmes constructifs identifiés dans le projet RENOSTANDARD, un
certain nombre de principes et de points de vigilance à respecter lors de la conception des solutions
ont été identifiés. Ces éléments sont repris ci-après.
Int. Ext.
2 3
Figure 6 : Point de vigilance « étanchéité à l’air »
RISQUES
−−Perte partielle ou totale de l’efficacité de l’isolation rapportée.
−−Apport d’air froid pouvant induire de la condensation sur la face arrière du
panneau et dans le panneau.
−−Sensation de paroi froide et d’inconfort dans le logement.
−−Perte d’isolement acoustique.
RECOMMANDATIONS
−−Calfeutrement continu entre le panneau et le mur (1), entre les éléments de
fixation et le mur (2) mais également entre les éléments de fixation et le pan-
neau (3). Ces principes s’appliquent également autour des encadrements de
baies.
−−Évaluation des concepts d’assemblage entre les panneaux par la réalisation de
tests AEV.
−−Utilisation de matériaux d’étanchéité dont la durabilité a été évaluée. Réalisation
de tests avant/après vieillissement.
−−La pose d’une couche d’isolation souple entre le panneau et le mur support per-
met de limiter la circulation d’air en plus d’améliorer la performance thermique
et acoustique.
PARTIE 2 14 Murs
2.2.2 Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
1
Int. Ext.
2
Figure 7 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux sen-
sibles ou une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux.
RECOMMANDATIONS
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (1) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur (un facteur 5 en termes de Sd entre la couche intérieure et la
couche extérieure est recommandé).
−−Empêcher les circulations d’air entre les panneaux par la mise en place de dispo-
sitifs d’étanchéité durables (2).
−−Faire réaliser une étude par simulation afin d’évaluer l’évolution de la teneur en
humidité dans les composants, en particulier au niveau des points froids et/ou
des revêtements extérieurs plus étanches (3).
ZOOM SUR
En cas d’isolation par l’intérieur
En isolation par l’intérieur, le mur existant se retrouve exposé à la température
extérieure plus froide. Ceci peut avoir plusieurs conséquences :
−−Accumulation d’humidité et condensation entre l’isolation rapportée et le mur
support, en particulier si le mur support est étanche à la diffusion de vapeur.
−−Apparition de condensation dans le mur si le mur est perméable à la vapeur
mais que le revêtement extérieur est étanche à la diffusion de vapeur.
Dans le cas d’une solution non couverte par les Règles de l’Art, la réalisation d’une
étude permettant de vérifier l’absence de risque lié à l’humidité est nécessaire.
Des dispositions particulières doivent être adoptées afin d’évacuer l’humidité ou
l’eau de condensation : mise en place de système de récupération et d’écoule-
ment d’eau par des ouvertures en pied de parois, élimination ou perforation des
revêtements extérieurs étanches à la diffusion de vapeur. Dans ce deuxième cas,
l’étanchéité à l’air de la paroi pourra ne plus être assurée convenablement et devra
être assurée par le système d’isolation rapportée à l’intérieur.
PARTIE 2 15 Murs
2.2.3 Point de vigilance « mécanique et structure »
6
2
4 2
RISQUES
−−Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.
−−Arrachement des chevilles entraînant la chute des panneaux.
−−Rupture des organes de fixation entraînant la chute du panneau.
−−Déformation ou arrachement des éléments sous l’effet du vent.
RECOMMANDATIONS
−−Procéder à un diagnostic préalable pour évaluer la capacité du bâtiment à
reprendre la charge des panneaux, voire la nécessité d’un renforcement de la
structure (1).
−−Vérifier le dimensionnement des chevilles pour reprendre l’ensemble des sollici-
tations reçues (poids propre, effet du vent, choc, accélération en cas de séisme) :
l’utilisation de chevilles couvertes par une ETE est recommandée (2).
−−Vérifier les largeurs de joints entre panneaux en particulier pour éviter les chocs
dans les zones sismiques et tenir compte de la dilatation thermique des
matériaux (3).
−−Fixer les ancrages dans les zones pleines (4).
−−Réaliser des tests d’arrachement selon le e-Cahiers du CSTB n° 1661 (5).
−−Réaliser une étude de descente de charge en cas de panneaux porteurs (6).
PARTIE 2 16 Murs
ZOOM SUR
Évaluation des dispositifs de levage
−−Choisir des chevilles sous ETE.
−−Définir les dispositions en termes de chevillage selon le poids du panneau, la
compatibilité avec la zone de fixation et la résistance à l’arrachement.
−−Réalisation d’essais d’arrachement.
ZOOM SUR
Évaluation des fixations en zones sismiques
La fixation dans un support en maçonnerie en zone sismique n’est aujourd’hui
couverte par aucun référentiel de dimensionnement. Sans une évaluation spéci-
fique (test sur des maquettes en taille réelle sur un banc d’essais dynamiques), il
sera donc nécessaire d’envisager une fixation dans un élément en béton (tête de
mur, pied de mur, refend, chaînage) ou de reconstituer les conditions d’un sup-
port plein.
ZOOM SUR
Membranes pare-pluie souples en bardage ventilé
−−L’utilisation d’une membrane pare-pluie souple implique un risque de déchire-
ment sous l’effet répété des rafales de vent (1) et d’obstruction de la lame d’air.
Il convient de choisir des membranes dont la résistance au déchirement et la
durabilité ont été évaluées favorablement.
−−L’utilisation d’un pare-pluie rigide est une alternative possible.
Membrane pare-pluie
souple
Bardage ventilé
PARTIE 2 17 Murs
2.2.4 Point de vigilance « préparation
du support existant »
4 max.
Ext. Int.
5
RISQUES
−−Non-respect des tolérances d’aplomb requises pour fixer les éléments rapportés
(1).
−−Mauvaise étanchéité à l’air de la paroi.
−−Difficulté de mise en œuvre nécessitant une reprise au niveau des revêtements
et des jonctions latérales ou hautes (2).
−−Risque pour la santé si le revêtement existant contient de l’amiante (3).
RECOMMANDATIONS
−−Réaliser un diagnostic précis du support existant (composition, état). Prévoir
des travaux de préparation ou de réparation si nécessaire sur les enduits exis-
tants.
−−Utilisation de système de réglage sur les éléments de fixation (équerres) du sys-
tème d’isolation rapporté (4).
−−Ménager un espace d’air non ventilé entre les éléments rapportés et le mur sup-
port permettant de rattraper les défauts de planéité. La mise en place d’une
couche d’isolation souple (5) pour combler cet espace permet de limiter le
risque lié aux circulations d’air et de traiter les ponts thermiques (cf point de
vigilance « étanchéité à l’air » et « pont thermique »).
ZOOM SUR
Rôle du revêtement sur l’étanchéité à l’air
En l’absence d’enduit ou en présence de dégradation importante de celui-ci,
l’étanchéité à l’air du mur n’est plus assurée. La plupart des systèmes d’isolation
rapportée par l’extérieur n’ont pas pour fonction principale d’assurer l’étanchéité
à l’air de l’ouvrage, même s’ils y contribuent.
ZOOM SUR
Percement des revêtements contenant de l’amiante
La présence d’amiante dans les revêtements existants peut avoir un impact sur le
mode de fixation des panneaux. Le percement des revêtements pour fixer les pan-
neaux pourra être contre-indiqué dans ce cas ou impliquer des surcoûts impor-
tants lors des travaux. Dès lors, les panneaux seront généralement en appui au sol
et fixés en « tête » de mur uniquement.
PARTIE 2 18 Murs
2.2.5 Point de vigilance « harpage des petits éléments
rapportés »
Harpage
Panneau
≥ 200 mm
isolant
≥ 200 mm
d
d
≥ 200 mm
Baie
≥ 200 mm
d ≥ 200 mm
Figure 12 : Point de vigilance « harpage des petits éléments rapportés »
RISQUES
Fissuration des enduits extérieurs liée à la création de chemins privilégiés de
propagation.
RECOMMANDATIONS
−−Respecter les préconisations du CPT 3035_V3 pour les systèmes d’enduits sur
isolant en particulier les règles de harpage (d ⩾ 200 mm).
−−Choisir des revêtements dont la durabilité a été évaluée par un DTA.
1 2
RISQUES
−−Perte de la performance d’isolation jusqu’à 30 % sur le coefficient Up de parois
induit par les éléments structuraux.
−−Apparition de condensation ou de fantômes à la surface intérieure.
RECOMMANDATIONS
−−Mettre en place une couche d’isolation continue entre le mur support et l’élé-
ment rapporté (1).
−−Utiliser des dispositifs de fixations spécifiques pour les éléments rapportés en
façade permettant de limiter les ponts thermiques (2).
−−Démonter les obstacles en façade avant la pose du nouveau système d’isolation
(descente d’eau pluviale, volet, robinet).
PARTIE 2 19 Murs
ZOOM SUR
Équerrage des éléments rapportés
Des défauts d’équerrage dans les éléments rapportés peuvent induire la création
d’espace d’air pouvant créer des ponts thermiques. Mettre en place des tolérances
en matière d’équerrage des panneaux ou des caissons et un contrôle qualité des
caractéristiques dimensionnelles lors de la fabrication permet de faciliter la mise
en œuvre.
INCORRECT
Espace
entre panneaux isolants
Figure 14 : Défaut d’équerrage des éléments rapportés
ZOOM SUR
Gain de 15 % sur le coefficient Up avec une épaisseur d’isolation
équivalente
Une étude comparative d’impact des ponts thermiques intégrés sur un système
constructif de type bardage rapporté ventilé a été réalisée par simulation numé-
rique. L’étude a consisté à comparer la valeur du coefficient Up obtenu avec une
isolation réalisée en une ou deux couches. Dans les deux cas, l’épaisseur de l’iso-
lation en partie courante est de 160 mm. Une réduction de l’ordre de 15 % a été
constatée dans la solution en deux couches qui permet d’éviter l’écrasement de la
couche extérieure par l’ossature et de recouvrir la patte équerre très conductrice
de chaleur.
Up Up
20 20
19 19
18 18
17 17
16 16
15 15
14 14
13 13
12 12
11 11
10 10
9 9
8 8
7 7
6 6
5 5
4 4
3 3
2 2
1 1
0 0
L’étude a également permis de montrer que la mise en place d’un patin isolant
entre le mur et l’équerre avait un impact pratiquement négligeable sur le coeffi-
cient de transmission surfacique Up.
PARTIE 2 20 Murs
PARTIE 3
Toitures
Variantes en toiture-terrasse
Membrane d’étanchéité
PARTIE 3 21 Toitures
Pour une mise en œuvre sur rampant de comble aménagé, la face extérieure du panneau est en
général constituée d’un écran de sous-toiture souple ou d’un complément d’isolation rigide support
de couverture. L’installation nécessite la dépose complète de la couverture existante et du liteaunage.
Des contre-lattes et de nouveaux liteaux sont ensuite montés. Selon la qualité des petits éléments
de couverture déposés, ils peuvent être reposés en partie ou changés complètement. La réutilisation
d’éléments de couverture existants est particulièrement intéressante pour les toitures à forte identité
architecturale (par exemple la longère rurale) et pour limiter l’empreinte carbone.
6 7 8 5
2 3
1
1 3
Figure 17 : Panneaux préfabriqués pour toiture mis en œuvre sur rampants de comble aménagé
Certaines solutions RENOSTANDARD proposent de plus des surélévations basées sur une dépose des
rampants de toitures d’origine, une élévation légère à ossature bois sur laquelle des panneaux préfabri-
qués de toiture-terrasse sont disposés. La face extérieure du panneau préfabriqué est alors constituée
d’une membrane d’étanchéité et dans certains cas d’une végétalisation.
PARTIE 3 22 Toitures
3.1.2 Mise en œuvre sur rampant de comble aménagé
[Link] Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »
RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.
RECOMMANDATIONS
−−Le dimensionnement des panneaux préfabriqués peut s’effectuer selon le
NF DTU 31.2. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour justifier l’aptitude à l’em-
ploi en système constructif rapporté par l’extérieur d’une charpente existante.
−−La charpente existante doit permettre de supporter la charge additionnelle due
aux panneaux préfabriqués et à la nouvelle couverture y compris en considérant
l’effet du vent (1).
RISQUES
−−Perte partielle ou totale de l’efficacité de l’isolation rapportée.
−−Apport d’air froid pouvant induire de la condensation sur la face arrière du
panneau et dans le panneau.
RECOMMANDATIONS
−−La mise en œuvre d’une membrane pare-vapeur (1), indépendante de l’isolant
utilisé et continue, sur le platelage avant mise en œuvre du panneau par l’exté-
rieur est recommandée. Cette membrane doit assurer la fonction d’étanchéité à
l’air. Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’eau, ni étanche à l’air.
−−Les interfaces entre panneaux préfabriqués d’une part (2) et avec les autres
lots d’autre part (murs, etc.) doivent être particulièrement soignées sur chan-
tier. Une attention particulière doit être portée à la continuité de la membrane
pare-vapeur.
PARTIE 3 23 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
4 3
1
RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux.
−−Affaiblissement mécanique de la charpente porteuse avec à terme un risque de
sinistre.
RECOMMANDATIONS
−−Réaliser une étude par simulation afin d’évaluer l’évolution de la teneur en
humidité dans les composants en particulier au niveau des points froids et/ou
des revêtements extérieures plus étanches (1).
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (2) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur. En particulier, si un écran de sous-toiture HPV est posé, une
membrane pare-vapeur indépendante et continue est nécessaire (Sd > 18 m
en plaine). Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’air, ni étanche à l’air.
−−Mettre en œuvre un écran de sous toiture HPV (3) qui limitera les risques d’infil-
tration de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture.
−−La présence d’une lame d’air ventilée en sous-face des éléments de couverture
est fondamentale (4), en particulier pour permettre l’évacuation de la vapeur
d’eau et assurer ainsi une bonne durabilité des éléments de couverture et des
liteaux. Son épaisseur minimale est définie dans les DTU couvertures (par
exemple : 2 cm pour les tuiles à emboîtement, les tuiles plates et les ardoises,
5 cm pour les couvertures en zinc).
−−Des sections de ventilation minimales sont définies dans les DTU couvertures :
soit au moyen de sections d’ouverture minimales à l’égoût et au faîtage ou par
la mise en place de tuiles chatières.
ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé. Il a
pour rôle principal d’empêcher la neige poudreuse, la poussière, les pollens, etc. de
s’infiltrer sous la couverture. Sa mise en œuvre nécessite la dépose de la couver-
ture. Les détails de mise en œuvre de l’écran de sous-toiture, à l’interface entre le
système de couverture et le système d’isolation, sont décrits dans le NF DTU 40.29,
en particulier :
−−L’écran souple standard (non HPV) doit être obligatoirement ventilé des deux
côtés, ce qui implique généralement la pose d’une contre-latte.
−−Si l’écran est HPV, la pose d’un pare-vapeur côté intérieur est nécessaire. Dans
ce cas, l’écran peut être posé en contact avec l’isolant. Une contre-latte est éga-
lement nécessaire pour assurer la ventilation entre la couverture et l’écran. La
mise en œuvre d’un écran HPV en contact direct avec l’isolant limite les infiltra-
tions d’air dans la paroi et contribue à conserver dans le temps la performance
de l’isolant installé.
PARTIE 3 24 Toitures
[Link] Point de vigilance « évaluation des dispositifs de levage »
1
RISQUES
Arrachement des organes de levage (1) et de guidage (2) lors du levage.
RECOMMANDATIONS
−−Choisir des chevilles sous ETE.
−−Définir les dispositions en termes de chevillage selon le poids du panneau, la
compatibilité avec la zone de fixation et la résistance à l’arrachement.
−−Réalisation d’essais d’arrachement.
RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.
RECOMMANDATIONS
−−Les conditions de reprise de charge des caissons préfabriqués doivent être
vérifiées (1).
−−En particulier, l’élément bois porteur doit répondre aux critères du NF DTU 43.4
(caractéristiques physiques des matériaux, durabilité aux agents biologiques
type termites et champignons, etc.) (2).
PARTIE 3 25 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
ZOOM SUR
Les risques de condensation en toiture-terrasse bois
Les membranes d’étanchéité sont très étanches à la vapeur d’eau et en dépit de la
présence d’un pare-vapeur face intérieure du panneau, la présence d’un conden-
sat dans l’ouvrage à ossature bois peut être préjudiciable pour la résistance méca-
nique des ossatures bois notamment.
2
3
RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.
RECOMMANDATIONS
−−Une étude de transfert de vapeur à travers l’ouvrage est fortement recomman-
dée, en partie courante, comme au niveau des jonctions entre panneaux et avec
d’autres ouvrages (1).
−−La conception ainsi que l’exécution du traitement de la continuité de l’étan-
chéité, d’une part, et du pare-vapeur, d’autre part, à l’interface avec la paroi
verticale et au droit des éléments traversant la toiture (conduits de ventilation,
évacuations d’eaux pluviales, conduits de fumée, etc.) sont fondamentales (2).
−−Si un système de végétalisation est prévu en toiture terrasse, il doit être conforme
aux Règles Professionnelles. En partie basse, dans la zone d’évacuation des eaux
pluviales, la mise en place d’une zone stérile est recommandée (3).
ZOOM SUR
Conservation de la membrane d’étanchéité existante
Bien que rares, certaines typologies de maisons individuelles disposent de
toitures-terrasses plates avant rénovation, par exemple la typologie « maison
des années 70 ». Dans ce cas, les conditions de conservation et les conditions de
mise en œuvre des nouveaux ouvrages d’étanchéité (pare-vapeur, isolant ther-
mique, revêtement d’étanchéité, protection, acrotères, etc.), sont définies dans le
NF DTU 43.5. La vérification du respect de ces exigences préalables est à effectuer
systématiquement lors d’un diagnostic.
PARTIE 3 26 Toitures
3.2 Préfabrication légère et montage manuel
3.2.1 Principe constructif
Pour l’isolation des combles aménagés, une grande partie des solutions RENOSTANDARD misent sur
une intervention par l’extérieur utilisant une ou plusieurs des possibilités suivantes :
■■ ajout de caissons légers manutentionables isolés sur site et supports de la nouvelle couverture ;
Pour l’isolation des combles perdus, la grande majorité des solutions RENOSTANDARD propose une
isolation par soufflage d’isolant en vrac, en particulier pour une isolation de type ouate de cellulose.
RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.
RECOMMANDATIONS
−−La charpente existante doit permettre de supporter la charge additionnelle due
aux ajouts (caisson isolé et/ou isolant rigide) et à la nouvelle couverture y com-
pris en considérant l’effet du vent (1).
−−Le cas d’isolants rigides supports de couverture s’apparente à la technique du
« Sarking » qui n’est pas couverte par les DTU de la série 40 : la capacité de
reprise de charge, en particulier des efforts de cisaillement (2), de la couverture
par l’isolant rigide doit être démontrée. Certains produits isolants bénéficient
d’Avis Technique ou d’ATEx en ce sens.
PARTIE 3 27 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
2
RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.
RECOMMANDATIONS
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (1) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur. En particulier, si un écran de sous-toiture HPV est posé, une
membrane pare-vapeur indépendante et continue est nécessaire (Sd > 18 m
en plaine). Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’air, ni étanche à l’air.
−−Mettre en œuvre un écran de sous-toiture HPV (2) qui limitera les risques d’in-
filtration de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture.
−−La présence d’une lame d’air ventilée en sous-face des éléments de couverture
est fondamentale (3), en particulier pour permettre l’évacuation de la vapeur
d’eau et assurer ainsi une bonne durabilité des éléments de couverture et des
liteaux. Son épaisseur minimale est définie dans les DTU couvertures (par
exemple : 2 cm pour les tuiles à emboîtement, les tuiles plates et les ardoises,
5 cm pour les couvertures en zinc).
−−Des sections de ventilation minimales sont définies dans les DTU couvertures :
soit au moyen de sections d’ouverture minimales à l’égoût et au faîtage, soit par
la mise en place de tuiles chatières.
ZOOM SUR
Garantir l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau par un système dédié
Certains systèmes d’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau sont sous Avis Tech-
nique : dans ce cas, l’ensemble des accessoires associés à la membrane pour assu-
rer la continuité du plan d’étanchéité à l’air y est décrit et a été évalué.
PARTIE 3 28 Toitures
ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé. Il a
pour rôle principal d’empêcher la neige poudreuse, la poussière, les pollens, etc.
de s’infiltrer sous la couverture. Sa mise en œuvre nécessite la dépose de la cou-
verture. Les détails de mise en œuvre de l’écran de sous-toiture, à l’interface entre
le système de couverture et le système d’isolation, sont décrits dans le DTU 40.29.
En particulier :
−−L’écran souple standard (non HPV) doit être obligatoirement ventilé des deux
côtés, ce qui implique généralement la pose d’une contre-latte
−−Si l’écran est HPV, la pose d’un pare-vapeur côté intérieur est nécessaire. Dans
ce cas, l’écran peut être posé en contact avec l’isolant. Une contre-latte est éga-
lement nécessaire pour assurer la ventilation entre la couverture et l’écran. La
mise en œuvre d’un écran HPV en contact direct avec l’isolant limite les infiltra-
tions d’air dans la paroi et contribue à conserver dans le temps la performance
de l’isolant installé.
RISQUES
−−Affaissement ou fragilisation du plancher de comble.
−−Fissuration du revêtement intérieur.
RECOMMANDATIONS
−−Le plancher du comble existant doit permettre de supporter la charge addition-
nelle due à l’isolant soufflé.
−−Pour des plafonds récents en plaques de plâtre sur ossatures, la masse rapportée
doit être inférieure à 10 kg/m².
PARTIE 3 29 Toitures
[Link] Point de vigilance « sécurité incendie »
Solive Spot Transformateur
électrique
Protection ou capot
Isolant en ouate
de cellulose
Parement intérieur
ou plaque de plâtre
Conduit de cheminée
Distance de sécurité
Isolant combustible
Matériau inerte
(béton, etc.)
RISQUES
Départ d’incendie.
RECOMMANDATIONS
−−L’isolant ne doit jamais être mis en contact direct avec des éléments pouvant
dégager de la chaleur.
−−Les dispositifs d’éclairage encastrés ainsi que les transformateurs doivent respec-
ter les dispositions prévues dans le NF DTU 45.11 ou dans le e-Cahiers du CSTB
n° 3693_V2 pour les produits sous Avis Technique.
−−La traversée par un conduit de cheminée doit respecter les dispositions prévues
dans le NF DTU 24.1, ou dans le e-Cahiers du CSTB n° 3816 pour les produits
sous Avis Technique.
PARTIE 3 30 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
2
RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.
RECOMMANDATIONS
−−La mise en œuvre d’un pare-vapeur indépendant et continu dépend de plu-
sieurs critères définis dans le e-Cahiers du CSTB n° 3815. S’il s’avère nécessaire, le
NF DTU 45.11 précise la mise en œuvre à adopter. L’ajout d’une plaque de plâtre
BA13 ne garantit pas l’étanchéité à l’air ni à la vapeur d’eau et ne peut donc
remplacer une membrane pare-vapeur indépendante (1).
−−Mettre en œuvre un écran de sous-toiture qui limitera les risques d’infiltration
de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture (2).
ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture en comble perdu
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé, en
particulier en comble perdu. Il a pour rôle principal d’empêcher la neige pou-
dreuse, la poussière, les pollens, etc. de s’infiltrer sous la couverture.
En comble perdu, les effets de pression due au vent au niveau des rampants
peuvent être importants et entraîner des infiltrations de neige conséquentes, mais
également une aspiration et un déplacement des isolants en vrac soufflés dans le
comble. L’ajout d’un écran HPV ou non HPV limite grandement ce phénomène.
Sa mise en œuvre nécessite cependant la dépose de la couverture. Les détails de
mise en œuvre de l’écran de sous-toiture sont décrits dans le NF DTU 40.29.
ZOOM SUR
Que faire de l’isolant existant avant soufflage ?
Il est recommandé de retirer l’isolant existant avant insufflation du nouvel isolant.
Dans le cas où il est décidé de conserver l’isolant existant, il faut s’assurer que son
état est irréprochable (sec, sans développement de moisissures à l’intérieur).
PARTIE 3 31 Toitures
PARTIE 4
La gestion des interfaces entre lots et entre corps d’état est une problématique majeure à prendre en
compte dans tout projet de réhabilitation. Ainsi, les groupements RENOSTANDARD ont proposé des
solutions pour traiter les interfaces entre parois, en limitant en particulier la pénétration d’air en jonc-
tion murs/toitures, ou en engageant une réflexion pour limiter les infiltrations d’eau liquide aux jonc-
tions murs/planchers bas ou en proposant des solutions pour le traitement des ponts thermiques.
plancher bas. En effet, la complexité technique de ce geste, et le coût qui en découle, semblent
rédhibitoires.
■■ Plancher bas sur locaux non chauffés ou vide-sanitaire : certaines solutions RENOSTANDARD pro-
posent une isolation en sous-face du plancher bas par fixation mécanique ou projection d’isolant,
d’autres groupements ayant fait le choix de ne pas isoler cette paroi.
Ainsi deux stratégies complémentaires de traitement de la jonction sont proposées : traitement par
descente d’isolation extérieure dans le sol et/ou descente d’isolation de la sous-face du plancher bas
sur local non chauffé.
1,6
Pont thermique de liaison Ψ [W/(m.K)]
1,4
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
– 0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6 1,8
Distance par rapport au sol (m)
Figure 31 : Effet de la descente d’isolation sur les déperditions par le pont thermique de liaison
(pour une fixation par équerre)
Le mode de fixation en partie basse des panneaux préfabriqués est également important quant à
l’impact sur les déperditions thermiques : si les contraintes mécaniques le permettent, on préfèrera
des équerres à des étriers beaucoup plus massifs et pour lesquels l’ajout d’isolant inséré dans le « U »
de l’étrier n’a que peu d’impact sur les déperditions par le pont thermique.
0,90 Fixation :
Pont thermique de liaison Ψ [W/(m.K)]
Figure 32 : Effet du mode de fixation du panneau en partie basse sur les déperditions par le pont thermique de liaison
De plus, dans le cas où le plancher bas donne sur un local non chauffé enterré (garage, etc.), l’ajout
de cet isolant enterré à l’extérieur sur une profondeur de 30 cm permet également de maintenir une
température de surface suffisamment haute pour limiter le risque de condensation dans le local non
chauffé. Dans le cas d’un sous-sol aménagé, l’effet de «paroi froide» conduisant à une surconsomma-
tion de chauffage sera également limité par cette descente d’isolant dans le sol.
18
17,5
17
Température de surface (°C)
16,5
Température de rosée (20°C /80% HR)
16
15,5
15
14,5
14 Profondeur
de l’isolant enterré
13,5
Distance par rapport
au plafond
13
12,5
12
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 160 170 180 190 200 210 220 230 240 250
Distance par rapport au plafond (cm)
2
3
Figure 34 : Point de vigilance « risques liés à la pénétration de pluie battante en pied de mur (rejaillissement) »
RISQUES
−−Accumulation d’eau liquide dans le panneau isolant extérieur en pied de mur.
−−Développement fongique dans les isolants et les éléments en bois du panneau.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.
RECOMMANDATIONS
−−Le panneau préfabriqué en support bois doit être fixé à une distance de 15 cm
du niveau du sol de telle sorte qu’il soit protégé des effets de la pluie battante
rejaillissante (« rebond » des gouttes sur le sol) (1).
−−L’isolation complémentaire enterrée doit être insensible à l’eau liquide et non
capillaire (exemple : polystyrène extrudé, verre cellulaire, etc.) (2).
−−La mise en œuvre d’un revêtement assurant l’étanchéité à l’eau de l’isolant
enterré est recommandée (3).
ZOOM SUR
Points singuliers en pied de mur pour la fixation du panneau
d’isolation par l’extérieur
Le dispositif de fixation mécanique du panneau préfabriqué au mur support
peut entraîner des déperditions thermiques supplémentaires. Il convient dans la
mesure du possible de privilégier des accroches ponctuelles ne traversant pas
intégralement l’épaisseur du panneau.
La mise en œuvre d’un dispositif de grille anti-rongeurs est nécessaire. Une grille
non traversante ou en matière plastique permet de limiter les déperditions ther-
miques supplémentaires engendrées par ce composant.
ZOOM SUR
Descendre l’isolation par l’extérieur jusqu’au niveau du sol pour éviter
la mise en œuvre de l’isolation enterrée : quelles conséquences ?
Pour réduire les coûts et éviter de décaisser, une possibilité pourrait être de s’af-
franchir des recommandations des Règles de l’Art en descendant l’isolant par
l’extérieur jusqu’au niveau du sol. Cette solution permet de diviser par deux les
déperditions par le pont thermique par rapport à une situation où l’isolation par
l’extérieur s’arrête à 15 cm du niveau du sol. Le traitement reste cependant beau-
coup moins efficace que la mise en place de l’isolant enterré qui réduit les déper-
ditions d’un facteur 8.
Surtout, le risque majeur à examiner concerne l’accumulation d’eau liquide en
pied de mur pouvant provoquer des remontées d’eau dans le procédé d’isolation
par l’extérieur utilisé, ce qui peut créer des pathologies dans les bois du panneau
et/ou les isolants utilisés.
RISQUES
−−Accumulation d’eau liquide dans les murs existants.
−−Développement fongique dans les enduits intérieurs.
−−Cloquage des peintures, voire de certains revêtements de sol.
−−Développement fongique dans les isolants et les éléments en bois du panneau.
RECOMMANDATIONS
−−Le risque est plus marqué dans le cas d’un plancher bas sur terre-plein en
contact direct avec le sol et/ou en présence de matériaux de soubassement
capillaires (1).
−−Un diagnostic est recommandé pour éviter de modifier significativement les
équilibres existants par l’ajout de l’isolation, en particulier s’il est envisagé de
remplacer le revêtement de sol existant par un autre plus étanche ou sensible à
l’humidité (revêtement PVC, linoléum, grands carreaux rectifiés, etc.) (2).
Isolant insufflé
Coffrage en bois
Planche de rive
ajourée
Cache-
moineaux
d’origine
La réalisation d’une continuité d’isolation thermique et de l’étanchéité à l’air est primordiale. Cette
continuité d’isolation peut se faire par la pose d’un isolant souple associé à une membrane d’étanchéité
ou un panneau de coffrage en panneau de bois. Si la conception de la solution de traitement a été bien
réalisée, il peut être suffisant de simplement traiter l’étanchéité à l’air par l’utilisation d’un joint Compri-
band. Dans tous les cas, la durabilité des matériaux utilisés pour réaliser les assemblages est primordiale.
Avant la pose des panneaux d’isolation en toiture, il est parfois nécessaire de rehausser la toiture notam-
ment pour permettre la création d’un débord de toiture parfois requis pour conserver l’aspect extérieur
du bâtiment. Dans ce cas, une pannelette est rajoutée transversalement aux chevrons existants.
Couche
d'isolation
existante
entre
chevrons
Isolant souple
Joint mis en œuvre sur site
d’étanchéité après le panneau de mur
Panneaux d’habillage
Figure 38 : Rénovation de la toiture seule sans toucher aux murs – découverture partielle.
Écran HPV
Chevron existant
Solives découpé
transversales Panne sablière
Enduit mural
Figure 39 : Rénovation de la toiture seule sans toucher aux murs – découverture totale.
Isolant de jonction
1
2
RISQUES
−−Dégradation de la charpente (cf. point de vigilance « tenue mécanique »).
−−Développement fongique dans les isolants induits par des revêtements ou des
éléments de coffrage trop étanches (2).
−−Accumulation d’humidité dans l’isolant pouvant induire une surcharge. La
conséquence pourra être un affaissement de l’élément porteur ou de l’isolant
(cf point de vigilance « tenue mécanique »).
−−Dégradation de la performance thermique de l’isolant (3).
RECOMMANDATIONS
−−S’assurer du maintien des ouvertures en pied de toiture permettant la ventila-
tion de la lame d’air sous la couverture (1).
−−Réaliser une étude hygrothermique pour vérifier l’absence de risques liés à
l’humidité dans l’ensemble des éléments sensibles (2).
−−Utiliser des écrans HPV dont les caractéristiques sont bien connues et sont
certifiées (4).
−−Limiter les apports d’humidité vers la jonction liés à une mauvaise étanchéité à
l’air ou à des éléments trop perméables côté intérieur (5).
−−Respecter les règles de décroissance en termes d’étanchéité à la diffusion de
vapeur de l’intérieur vers l’extérieur.
−−Éviter de créer des zones froides et mal ventilés au sein de la liaison.
RISQUES
−−Déchirement des membranes d’étanchéité ou des écrans dédiés à la projection
ou à l’insufflation d’isolant (1).
−−Tassement des produits isolants (2).
RECOMMANDATIONS
−−Utiliser des composants couverts par des normes produits.
−−Utiliser des composants dont les caractéristiques après vieillissement sont
connues. Par exemple, des produits testés en laboratoire après réalisation de
cycles de vieillissement ou en conditions réelles d’utilisation.
Pose Conservation
dans le plan de la menuiserie
de l’isolant dans sa position actuelle
Figure 43 : Jonction mur/baie dans le cadre de l’isolation du mur
5 5
3
RISQUES
−−Tenue mécanique de la fenêtre.
−−Infiltration d’air.
−−Infiltration d’eau.
−−Apparition de condensation.
−−Perte de performance thermique.
RECOMMANDATIONS
−−Privilégier la fixation de la fenêtre sur le gros œuvre (1).
−−Prévoir un support pour la pose de la bavette métallique (2).
−−Prévoir un dispositif de rejet d’eau pour protéger la zone de fixation de la bavette
d’écoulement d’eau (3).
−−Favoriser l’évacuation de l’humidité, en particulier dans le cas de menuiserie en
bois, par l’utilisation d’un pare-pluie HPV et par la préservation d’une lame d’air
ventilée à l’extérieur de la zone d’appui (4).
−−Assurer l’étanchéité par des mastics entre le gros œuvre et la fenêtre mais égale-
ment entre la fenêtre et le système d’isolation rapportée (5).
ZOOM SUR
Découpe de la pièce d’appui et habillage intérieur
La découpe de la pièce d’appui est nécessaire pour disposer d’un plan de pose
uniforme et faciliter ainsi la mise en œuvre de la nouvelle fenêtre. La suppres-
sion de la fenêtre existante implique généralement la mise en place d’un coffrage
du côté intérieur pour masquer la pièce d’appui et l’ancienne implantation de la
fenêtre.
RISQUES
−−Création d’un pont thermique très important.
−−Apparition de condensation superficielle et de trace sur la surface intérieure au
pourtour de la fenêtre.
−−Perte d’étanchéité en cas de découpe des appuis existants.
RECOMMANDATIONS
−−Réaliser un traitement du pont thermique en intercalant un isolant dans le
retour de la baie pour assurer une continuité de l’isolation entre la fenêtre et
l’isolation extérieure (1).
−−Prévoir dans la conception de la solution une couche d’isolation souple entre
le système d’isolation rapporté et le mur afin de pouvoir envelopper l’appui de
baie sans avoir à le découper (2).
Figures 46 et 47 : Exemples de solutions d’intervention par l’extérieur
Figures 50 et 51 : Exemple d’extension rapportée sur la façade arrière d’une maison
Thermiques applicables pour les bâtiments existants, qui dépendent de l’importance des travaux
entrepris (voir encadré) ;
■■ Réglementation relative à la qualité de l’air intérieur (étiquetage) ;
■■ Réglementation acoustique ;
■■ Réglementation incendie ;
■■ Réglementation sismique ;
■■ Réglementation accessibilité.
ZOOM SUR
À quelle Réglementation Thermique est soumis mon projet
de rénovation de maison individuelle ?
Pour un projet de rénovation portant sur une surface hors œuvre nette rénovée
supérieure à 1 000 m², et pour des maisons construites après 1948 et pour un coût
des travaux de rénovation « thermique » décidés par le maître d’ouvrage supérieur
à 25 % de la valeur hors foncier du bâtiment : la RT dite « Globale » s’applique. Elle
repose sur l’article R. 131-26 du Code de la construction et de l’habitation et son
arrêté d’application du 13 juin 2008. En pratique, cette situation se rencontre en
maison individuelle uniquement dans le cas d’une opération massive de rénova-
tion simultanée d’un parc complet, par un bailleur social par exemple.
Dans tous les autres cas, donc dans la grande majorité des cas de rénovation en
maison individuelle, la RT dite « élément par élément » s’applique. Elle repose
sur l’article R. 131-28 du Code de la construction et de l’habitation et son arrêté
d’application du 3 mai 2007 modifié, à partir du 1er janvier 2018, par l’arrêté du
22 mars 2017. Contrairement à la RT Globale, la RT Élément par élément n’impose
pas la réalisation d’une étude thermique complète, mais fournit en revanche des
valeurs de performance thermique seuils, par exemple pour les parois après isola-
tion (résistance thermique minimale).
7.2 Le marquage CE
Le marquage CE constitue une sorte de « carte d’identité » intrinsèque du produit mais ne fournit
aucune information relative à la satisfaction aux lois et réglementations en vigueur qui ne peuvent être
examinées qu’à l’échelle de chaque pays tant les réglementations nationales peuvent être différentes.
Son application peut être volontaire ou obligatoire en fonction des cas.
ZOOM SUR
Le marquage CE est-il obligatoire ?
Depuis juillet 2013, pour une mise sur le marché européen d’un produit de
construction, conformément au Règlement Produit de Construction n° 305/2011,
la déclaration de performance (DoP : Declaration of Performance) et le Marquage
CE associé des produits sont obligatoires lorsque :
−−Le produit est visé par une norme européenne harmonisée. Ce type de norme
comporte une Annexe ZA définissant les performances essentielles du produit
déclarables et les différentes procédures à appliquer pour réaliser le Marquage
CE (essais, calculs statistiques, etc.). Dans cette Annexe sont également précisés
les niveaux d’attestation de conformité (AoC) requis pour chaque caractéris-
tique, c’est-à-dire si les DoP et Marquage CE se font sur la base de la seule décla-
ration du fabricant (niveau 4 : aucune intervention d’un tiers) ou dans le cadre
d’un processus avec essais et audits par des organismes tiers reconnus par l’état
français et appelés organismes notifiés (niveau 1+).
−−Le produit/procédé constructif fait l’objet d’une Évaluation Technique Euro-
péenne (ETE ou ETA en anglais) [avant le 1er juillet 2013, ces documents s’appe-
laient Agréments Techniques Européens (ATE ou ETA en anglais)].
Ainsi, en l’absence de norme européenne harmonisée ou d’ETE/ETA visant le
produit/procédé constructif, le fabricant n’est pas obligé de marquer son pro-
duit CE. Cependant, s’il souhaite le marquer CE, la 1re étape est de demander
une Évaluation Technique Européenne (ETE). Pour délivrer cette ETE, il sera tout
d’abord nécessaire d’élaborer un Document d’Évaluation Européen (DEE ou EAD
en anglais).
L’appréciation de l’aptitude à l’emploi du produit pour les différents usages auquel il peut prétendre n’est
également pas visé par le Marquage CE. Ce dernier peut ainsi parfois s’avérer insuffisant sur le marché
français. Certains acteurs, notamment pour des questions assurantielles, sont demandeurs d’évaluation
(ATEx, Avis Technique/Document Technique d’Application). De même, en complément au Marquage
CE, l’attribution d’une marque de certification peut être de nature à rassurer le marché du fait de l’inter-
vention d’un tiers de confiance dans le contrôle des caractéristiques essentielles des produits.
L’innovation est-elle
destinée à un chantier
spécifique ?
oui non
ATec ou DTA*
Certification*
domaine d’emploi défini) et pour une durée limitée. Il s’agit typiquement de permettre une expéri-
mentation sous contrôle et limitée dans la durée pour capitaliser du retour terrain en vue d’obtenir
ensuite un Avis Technique (ou un DTA).
■■ ATEx de cas b : pour un produit ou procédé constructif intégré spécifiquement dans un projet de
réalisation identifié (une seule adresse de chantier). Il s’agit en général d’ouvrages à fort caractère
architectural : IGH tertiaire, musée, etc.
■■ ATEx de cas c : pour un produit ou procédé constructif intégré à un nouveau projet de réalisation
expérimentale identifié ayant précédemment fait l’objet d’une ATEx de cas b à caractère favorable.
L’ATEx est instruite par un rapporteur désigné par le CSTB. Le rapporteur est choisi selon des critères
de compétence et de proximité avec l’expérimentation envisagée : personne experte du domaine
concerné (cas a) ou chargée du contrôle technique du chantier concerné (cas b ou c).
Elle est délivrée par un groupe d’experts constitué spécifiquement par le CSTB selon leur expertise
pour valider l’aptitude à l’emploi sur les exigences essentielles de sécurité et les risques de pathologie.
Elle est généralement utilisée en préalable à la procédure d’Avis Technique pour permettre à une tech-
nique innovante de faire ses preuves sur des chantiers de référence en préalable à la démarche d’Avis
Technique.