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Isolation thermique des maisons individuelles

Ce document présente les principales tendances en matière d'isolation thermique des maisons individuelles issues du projet RENOSTANDARD. Il décrit les solutions innovantes de réhabilitation développées, notamment concernant l'isolation des murs et des toitures, et souligne les points de vigilance associés. Il aborde également les points singuliers comme les jonctions mur/plancher, mur/toiture et mur/baie, ainsi que l'utilisation des isolants biosourcés.

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Isolation thermique des maisons individuelles

Ce document présente les principales tendances en matière d'isolation thermique des maisons individuelles issues du projet RENOSTANDARD. Il décrit les solutions innovantes de réhabilitation développées, notamment concernant l'isolation des murs et des toitures, et souligne les points de vigilance associés. Il aborde également les points singuliers comme les jonctions mur/plancher, mur/toiture et mur/baie, ainsi que l'utilisation des isolants biosourcés.

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TENDANCES

ET ENSEIGNEMENTS TECHNIQUES
RENOSTANDARD

Isolation thermique
des maisons individuelles

PROFEEL, un programme financé


par le dispositif des certificats
d’économie d’énergie (CEE)
CEE
Couverture : Laurent STEFANO

Illustrations : Laurent STEFANO

Crédits photos :
Figures 46 et 47 : Groupement RENOSTANDARD « VETTER / OKTAVE »
Figures 48 et 49 : Groupement RENOSTANDARD « TYPO + »
Figures 50 et 51 : Groupement RENOSTANDARD « CD2E – HABITER 2030 »

Le présent document ne se substitue en aucun cas aux textes de référence,


qu’ils soient réglementaires (lois, décrets, arrêtés, etc.), normatifs (normes, DTU
ou règles de calcul) ou codificatifs (Avis Techniques, CPT, etc.) qui doivent être
consultés.
Le CSTB décline toute responsabilité quant aux conséquences directes ou indi-
rectes de toute nature qui pourraient résulter de toute interprétation erronée
du contenu du présent document.

Remerciements
Les auteurs souhaitent remercier tous les membres de PROFEEL pour leur impli-
cation dans le financement et le suivi des travaux réalisés, et plus particulière-
ment les membres du Groupe Projet RENOSTANDARD pour leurs remarques.
Nous remercions également l’ensemble des Groupements d’entreprises pour
leurs propositions de solutions innovantes et très riches pour massifier les réha-
bilitations des maisons individuelles standardisées.
Enfin, les auteurs souhaitent remercier chaleureusement tous les experts
­d’URBANIS et du CSTB pour leurs analyses et remarques techniques détaillées
sans lesquelles cet ouvrage n’aurait pas pu paraître.
Décembre 2021 ISBN 978-2-86891-735-5
Avant-propos

Avec le programme PROFEEL, la filière Bâtiment s’est rassemblée pour répondre collectivement aux
défis de la rénovation énergétique. 16 organisations professionnelles ont été à l’initiative de cette
démarche et continuent aujourd’hui à la porter activement.
PROFEEL se compose concrètement de 9 projets, positionnés sur trois grands enjeux : favoriser le
déclenchement des travaux de rénovation, garantir la qualité des travaux réalisés et consolider la
­relation de confiance entre les professionnels.
Ces projets s’appuient sur l’innovation, qu’elle soit technique ou numérique, afin de mieux outiller les
professionnels du bâtiment, d’améliorer les pratiques sur le marché de la rénovation énergétique et de
garantir la qualité des travaux réalisés.
Ces outils permettront d’accompagner les acteurs durant toutes les étapes d’un projet de rénovation :
en amont, pendant et après les travaux.
RENOSTANDARD, un des 9 projets PROFEEL, a fait émerger de nouvelles offres techniques de réhabi-
litation globale, adaptables et réplicables sur de grands nombres de maisons individuelles de construc-
tion standardisée. Des projets globaux de référence et des solutions techniques innovantes à l’échelle
des lots et interfaces ont été conçus par des groupements professionnels, en utilisant notamment la
préfabrication. RENOSTANDARD facilite ainsi la conception et la mise en œuvre de projets ­performants
pour la maison individuelle.
RENOSTANDARD a également développé une démarche d’accompagnement des particuliers en
phase avant-projet de rénovation, à partir d’un diagnostic transverse du logement. Elle a été testée
auprès d’une centaine de propriétaires de maisons.
Ce rapport présente les principales tendances en matière d’isolation thermique qui se dégagent des
solutions innovantes RENOSTANDARD, conçues par les groupements. Pour chaque tendance, les
enseignements et recommandations issus de l’accompagnement technique des groupements par le
CSTB sont rapportés.

Pouvoirs publics Porteurs Financeurs

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JFB version CS6.

30-34 Rue du Chemin Vert 75011 Paris Date : 26/05/2021


+33 (0)1 85 56 97 00 [Link]

TONS RECOMMANDÉS TECHNIQUE

CYAN MAGENTA YELLOW

Filière Bâtiments

  3 

SOMM AI R E
7 PARTIE 1 : Introduction
10 PARTIE 2 : Murs
10 2.1 Tendances
14 2.2 Points de vigilance isolation des murs
21 PARTIE 3 : Toitures
21 3.1 Préfabrication lourde
27 3.2 Préfabrication légère et montage manuel
32 PARTIE 4 : Points singuliers principaux
32 4.1 Jonction mur/plancher bas
36 4.2 Jonction mur/toiture
40 4.3 Jonction mur/baie
43 PARTIE 5 : Utilisation des isolants biosourcés
44 PARTIE 6 : Approche architecturale globale : augmentation de la surface,
réaménagement, approche bioclimatique
47 PARTIE 7 : Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité :
comment s’y retrouver ?
47 7.1 Les réglementations
48 7.2 Le marquage CE
48 7.3 L’évaluation technique
51 7.4 La certification
52 Liste des abréviations

  5 
PARTIE 1

Introduction

Le projet RENOSTANDARD a été engagé pour favoriser la massification de la réhabilitation énergé-
tique des bâtiments d’habitation et plus particulièrement du parc diffus de maisons individuelles dites
« standardisées »1 construites entre 1830 et les années 2000. Ce parc de maisons représente un vivier
très important pour la réduction du besoin énergétique et l’impact environnemental du secteur du
bâtiment. Il est cependant peu ou mal exploité en raison de la difficulté d’accompagnement à grande
échelle des propriétaires devenant, le temps d’un chantier, maîtres d’ouvrage.
Généralement « non-sachants », les propriétaires se retrouvent souvent seuls pour gérer l’établisse-
ment de devis, le suivi et la réception de chantier, la gestion des aléas et des retards, etc. De plus, ce
secteur requiert généralement une approche sur mesure. Les besoins et attentes sont souvent très
différents d’un maître d’ouvrage à un autre, d’une situation de vie à une autre (cycle de vie du ménage
et parcours résidentiel). La rénovation d’un logement ne correspond pas à une réalité sociale unifiée,
elle prend de multiples formes selon le chemin de vie des ménages et selon le segment de l’habitat
concerné. La réhabilitation est un processus social, c’est-à-dire une suite d’étapes qui ont chacune
leur importance et qui explique que les projets mettent en moyenne 3 à 5 ans à aboutir : de la prise
en compte des problématiques du logement jusqu’à la réception des travaux et à l’adaptation aux
nouveautés, le passage à l’action est motivé et déclenché par des facteurs très hétérogènes. Si l’amélio-
ration du confort (problème d’inconfort, manque de place, de lumière) représente de loin la première
motivation des ménages, la gestion de pannes et de sinistres est le facteur qui engendre le plus de
travaux. À cela s’ajoutent les potentialités offertes par chaque typologie de logement et l’offre locale
en termes de solutions souvent mal connues par les maîtres d’ouvrage.
Pour toucher de manière plus rationnelle et concrète cette cible, le projet a été engagé pour rendre
accessible aux maîtres d’ouvrage un ensemble d’outils d’accompagnement facilitant la prise de déci-
sion. Il s’appuie sur une offre de solutions globales et performantes adaptées à des modèles de maisons
courants rencontrés dans les différents territoires régionaux et représentatifs de périodes de construc-
tion et de courants architecturaux à moyenne et grande échelle. Il s’agit notamment de fournir des
outils d’aide à la décision permettant aux maîtres d’ouvrage de mieux connaître leur logement et
les pathologies associées générant l’inconfort des occupants (outil de diagnostic) mais également
des outils numériques de représentation leur permettant de se projeter après les travaux en visualisant
les impacts sur les volets économique, confort, revalorisation architecturale et performance d’usage
de leur logement.
La massification de la réhabilitation énergétique passe en premier lieu par le développement d’une
offre de solutions déjà éprouvées sur des modèles de maisons courantes afin de donner confiance
aux maîtres d’ouvrage. Les solutions devront être innovantes afin de concilier à la fois un haut niveau
de performance et de répondre à l’enjeu principal de la réhabilitation qui est la limitation du coût
des t­ ravaux (et/ou le phasage dans le temps des dépenses), mais aussi la limitation de la durée et de
l’impact du chantier sur le quotidien des ménages. Ceci passe en premier lieu par une approche de

1  Démarche qui vise à simplifier le déploiement de la réhabilitation énergétique sur une dizaine de modèles de maisons
standardisées à travers la construction d’une offre de solutions types de réhabilitation, réplicables et optimisées et avec une
perspective de pré-industrialisation. Celles-ci intègrent l’amélioration de la performance énergétique et environnementale
comme l’un des co-bénéfices de la rénovation.
Se référer au livrable n° 1 Retour d’Expériences des démarches existantes en faveur de la réhabilitation énergétique des
maisons individuelles, décembre 2019, CSTB.

PARTIE 1 7 Introduction
r­ éhabilitation globale permettant de mutualiser les coûts d’intervention et par un effort sur le traite-
ment des interfaces entre les différents lots.
L’identification de cette offre de solutions, constituant un des enjeux majeurs du  projet ­RENOSTANDARD,
s’est opérée en plusieurs étapes par la réalisation de deux appels à manifestation d’intérêt (AMI) à des-
tination de groupements d’acteurs pluridisciplinaires (industriels, entreprises du bâtiment, architectes,
ingénieurs, etc.) pour la sélection de modèles de bâtiment puis la sélection d’une combinaison d’offres
adaptées à des modèles très courants de maisons individuelles. Les critères de choix des solutions ont
tenu compte, entre autres, du bâtiment visé, du caractère innovant des solutions pour répondre à la
massification, de la complétude des groupements qui conçoivent la solution, du potentiel de la solu-
tion à accéder rapidement au marché et bien sûr, de la performance globale de la solution (revalorisa-
tion architecturale, thermique, environnementale, confort et économique).
Ainsi, une dizaine de solutions de réhabilitation ont été proposées pour les typologies de maisons
individuelles standards identifiées lors d’un premier AMI et sont chacune décrites par une « Fiche
solution » spécifique. Si chaque solution possède ses points forts et ses particularités, des tendances
communes ont été identifiées.
En premier lieu, de manière à optimiser le délai d’intervention sur site (et donc les coûts) et à limiter
les risques liés à la mise en œuvre, la plupart des groupements proposent un degré plus ou moins
poussé de préfabrication des procédés d’isolation hors-site en atelier allant de la préfabrication lourde
nécessitant des moyens spécifiques de levage sur chantier à la réalisation de caissons légers manuten-
tionnables dans lesquels un isolant est insufflé sur site.
De plus, l’intervention sur site se veut généralement peu intrusive pour l’occupant, en privilégiant par
exemple l’isolation des murs existants par l’extérieur, ou l’isolation des combles perdus par soufflage
d’isolants en vrac.
Pour cibler les problématiques de contenu carbone notamment, les matériaux utilisés par la plupart
des groupements RENOSTANDARD sont de type biosourcés, pour les ossatures (bois) comme pour
les isolants.
De même, des solutions sont proposées pour traiter les interfaces entre parois, en limitant en parti-
culier la pénétration d’air en jonction murs/toitures, ou en engageant une réflexion pour limiter les
infiltrations d’eau liquide aux jonctions murs/planchers bas ou en proposant des solutions pour le trai-
tement des ponts thermiques.
Enfin, des réflexions plus globales ont été menées pour améliorer la qualité de vie des occupants sur
le confort thermique, notamment estival, augmenter la valorisation architecturale du bien réhabilité
ou encore repenser le réagencement des espaces de vie. La notion complexe de confort a été considé-
rée dans deux dimensions, sachant que ces dimensions entrent en forte interaction dès lors que l’on
recherche des degrés de performance élevés et qu’elles sont liées à l’environnement du bâti : dimen-
sion énergétique et atteinte d’un confort thermique, dimension architecturale et atteinte d’un confort
d’usage.
L’ensemble de ces innovations proposées peut parfois amener à sortir du champ d’application des
Règles de l’Art existantes (normes DTU, etc.), ce qui pourrait questionner quant à la maîtrise de la dura-
bilité de ces propositions, mais aussi de manière plus pragmatique sur la possibilité de limiter le risque
assurantiel en cas de sinistre ultérieur.
Les groupements sélectionnés ont ainsi bénéficié, dans le cadre du projet, d’un accompagnement
dans la conception de leur solution. Cet accompagnement a consisté en premier lieu à un cadrage
de la description des solutions : en particulier, la fourniture de carnets de détails précis et un référen-
cement des produits utilisés. Un travail de coordination a ensuite été réalisé afin d’organiser des réu-
nions d’échanges entre les groupements et une vingtaine d’experts du CSTB dans différents domaines
scientifiques ou techniques. Ces échanges ont permis une analyse des solutions et notamment leur
positionnement vis-à-vis des Règles de l’Art ainsi que l’identification de points d’attention.

PARTIE 1 8 Introduction
Au total une cinquantaine de réunions ont été organisées et ont fait l’objet d’un compte-rendu détaillé.
L’accompagnement seul n’a ainsi pas vocation à se substituer à une évaluation technique et ne garantit
donc pas l’assurabilité des solutions examinées. Cependant, en fonction du niveau de maturité des
solutions, certaines d’entre-elles ont pu s’inspirer des recommandations prodiguées pour la constitu-
tion des dossiers techniques nécessaires à l’évaluation technique. Dans ce cadre, plusieurs demandes
d’ATEX ont été déposées durant le projet.
Par ailleurs, quelques études spécifiques ont été conduites sur des problématiques bien ciblées afin
d’aider certains groupements à opérer des choix dans la conception de leur solution. Ainsi par exemple,
une étude d’impact des ponts thermiques intégrés a été réalisée pour le groupement BATICOK. Une
autre étude sur l’optimisation du traitement du pont thermique périphérique de plancher bas, et plus
particulièrement la profondeur d’encastrement de l’isolation périphérique extérieure, a été réalisée.
Cette étude conduite sur la solution TYPO+ concerne une grande partie des solutions d’isolation par
l’extérieur proposées par les groupements.
L’objectif de cet ouvrage est ainsi de synthétiser l’ensemble des recommandations et études d’aide
à la conception réalisées dans le cadre de cet accompagnement technique, pour chacune des grandes
tendances de rénovation des éléments d’enveloppe identifiées dans le projet RENOSTANDARD. Des
informations ciblant les interfaces entre lots et procédés, et un panorama pour se repérer plus faci-
lement entre les différents référentiels techniques (réglementation, marquage CE, Avis Techniques,
certifications) sont également présentées.

PARTIE 1 9 Introduction
PARTIE 2

Murs

2.1 Tendances
Le projet RENOSTANDARD a permis d’identifier trois tendances principales pour l’isolation des murs :
la préfabrication lourde, la préfabrication légère, le montage manuel sur site, dont la conception est
réalisée soit par des PME de manière « artisanale », soit par des industriels de la construction. On par-
lera dans ce dernier cas de « kitting ». Il s’agit principalement de solutions d’isolation par l’extérieur
des parois.

2.1.1 Préfabrication lourde de panneaux isolants


Les panneaux sont généralement non porteurs et sont fixés sur la façade existante lorsque celle-ci
le permet ou en appui au sol. Dans certains cas, les panneaux préfabriqués peuvent avoir un rôle
structurel, notamment en cas de surélévation du bâtiment. La structure principale est généralement
une ossature en bois, particulièrement adaptée à la préfabrication et s’inscrivant dans la démarche
de réduction de l’impact carbone des constructions. Pour assurer la rigidité de l’ensemble, en parti-
culier lors de la pose, un panneau pouvant servir de contreventement est ajouté côté intérieur. Il est
constitué d’un panneau OSB ou d’un panneau en fibre de bois rigide. Cet élément peut également
avoir une fonction de coffrage pour la projection, l’insufflation ou le calage d’un isolant. Un panneau
extérieur rigide pouvant servir de pare-pluie associé ou non à une membrane souple vient compléter
l’ensemble du système. En cas d’insufflation, le panneau extérieur est perforé localement. La finition
extérieure peut être de type enduit sur isolant ou de type bardage ventilé en fonction des choix archi-
tecturaux. Elle est généralement mise en œuvre sur site après la pose des panneaux préfabriqués.

Système de levage

Ossature bois Finition de type


enduit sur isolant

Panneau intérieur
rigide

Isolant principal

Finition de type
Panneau extérieur bardage ventilé
rigide

Figure 1 : Préfabrication lourde de panneaux isolants

PARTIE 2 10 Murs
2.1.2 Caissons isolants légers manuportables
Les éléments sont constitués d’une structure en bois formant un caisson de petite dimension (par
exemple 16 x 40 x 120 cm) et pesant au maximum 15 kg pour pouvoir être manutentionné. Dans
le cas d’un caisson fermé (côté mur support), l’isolant de remplissage est un isolant semi-rigide ou
un isolant insufflé (généralement de la ouate de cellulose). Dans le cas d’un caisson ouvert, l’isola-
tion peut être réalisée par l’association d’un isolant semi-rigide et d’un isolant souple. L’isolant souple
dépasse de quelques centimètres afin d’épouser les irrégularités de la surface du mur support. L’usi-
nage des caissons permet de créer des systèmes de clips et de feuillure pour faciliter l’assemblage entre
les ­caissons et le mur support. Pour une finition par enduit sur isolant, le caisson est fermé du côté
extérieur par un panneau de fibres de bois. Pour une finition de type bardage ventilé, le caisson est
fermé du côté extérieur par un panneau de bois de même nature que le reste du caisson.

Coffrage en OSB
Caisson fermé
et finition de type
enduit sur isolant

Isolant souple
dépassant du caisson Clips pour l’assemblage
côté mur extérieur entre caissons

Encoche biseautée Panneau en fibre


pour la fixation au mur de bois rigide

Caisson ouvert Débord pour l’assemblage


et finition de type entre caissons
bardage ventilé

Figure 2 : Caissons isolants légers manuportables

2.1.3 Système d’isolation mise en œuvre sur site


Il s’agit de solutions dont l’assemblage et la mise en œuvre sont intégralement réalisés sur site. Pour
ce type de solutions, la tendance observée dans le projet RENOTANDARD, de la même manière que
pour les panneaux préfabriqués ou les caissons manuportables, est une mise en œuvre par l’exté-
rieur. Quelques solutions d’isolation par l’intérieur ont toutefois été proposées par certains groupe-
ments dans le cas où l’isolation par l’extérieur n’est pas possible (contraintes architecturales fortes).
Plusieurs groupements ont proposé des solutions à base de béton de chanvre pour l’isolation par
l’intérieur des murs. Les solutions proposées s’appuient sur des systèmes constructifs non traditionnels
mais qui reprennent néanmoins très largement dans leur conception les principes de mise en œuvre
prévus dans les DTU ou dans certaines Règles Professionnelles. Une solution proposée est couverte
par un DTA. Les différentes solutions étudiées dans le projet RENOSTANDARD sont décrites ci-après.

PARTIE 2 11 Murs
[Link] Solution de type bardage rapporté en bois
Il s’agit d’une solution de type bardage rapporté en bois s’appuyant largement sur les principes de
mise en œuvre du NF DTU 41.2. La solution proposée est innovante sur plusieurs aspects, notamment
par l’utilisation d’un isolant biosourcé, une mise en œuvre en deux couches d’isolation permettant
de limiter les ponts thermiques et la mise en œuvre à l’extérieur d’une membrane souple HPV placée
directement au contact de l’isolant pour le protéger des pénétrations d’eau et de la circulation de l’air.
La conception de la solution repose sur une mise en œuvre assez classique et fait appel à des compo-
sants et matériaux courants du marché. La solution s’adapte facilement à différents types de supports
(creux ou pleins).

Mur existant Montant en bois


(plein ou creux) (60 x 80 mm)

Première couche d’isolation


Deuxième couche d’isolation Membrane HPV
entre montants en bois Lame d’air ventilée
Équerre métallique Bardage en bois
(ici horizontal)
Coupe horizontale
Figure 3 : Solution de type bardage rapporté en bois

[Link] Solution de type « enduit sur isolant »


Le principe proposé est un système d’isolant à base de laine de roche calée chevillée et sous-enduit à
la chaux aérienne. Le système proposé comprend la pose d’un isolant, calé par plots de colle et chevillé
à l’aide de rosaces, puis d’un enduit intégrant une armature marouflée et enfin d’un enduit de finition
à base de chaux aérienne sur couche d’impression. La solution est couverte par un DTA (Document
Technique d’Application). Dans ce cadre, la compatibilité entre les composants a été évaluée dans
un domaine d’emploi bien défini.

Plot de colle

Isolant en laine de roche

Cheville (rosace)

Enduit à la chaux aérienne


renforcé par un treillis armé
Figure 4 : Solution de type « enduit sur isolant »

PARTIE 2 12 Murs
[Link] Solutions à base de béton de chanvre projeté
Des solutions à base de béton de chanvre projeté, généralement entre des ossatures en bois ou à base
de blocs maçonnés et rapportés en isolation par l’intérieur, sont proposées par plusieurs groupements.
Il s’agit de correcteurs thermiques dont l’épaisseur est limitée entre 8 et 10 cm pour ne pas trop empié-
ter sur la surface habitable. Sans être aussi performante que des solutions plus « classiques », ce type
de solution permet d’améliorer l’isolation des parois de bâtiments anciens sans modifier leur aspect
extérieur et sans altérer de manière trop importante le comportement hygrothermique des parois. Elle
permet également de limiter l’effet de paroi froide en hiver. La masse volumique relativement impor-
tante de ces isolants permet de conserver l’inertie des parois et de stocker plus facilement les apports
solaires diurnes.

Mur ancien

Ossature ou coffrage en bois

Béton de chanvre projeté

Machine de projection

Figure 5 : Solutions à base de béton de chanvre projeté

PARTIE 2 13 Murs
2.2 Points de vigilance isolation des murs
Les points de vigilance détaillés ci-après concernent principalement les solutions d’isolation par l’exté-
rieur. La mise en œuvre de procédés d’isolation rapportée à l’extérieur de parois existantes implique
une attention particulière afin d’atteindre le niveau de performance requis et de garantir la pérennité
des bâtiments. Pour les différents systèmes constructifs identifiés dans le projet RENOSTANDARD, un
certain nombre de principes et de points de vigilance à respecter lors de la conception des solutions
ont été identifiés. Ces éléments sont repris ci-après.

2.2.1 Point de vigilance « étanchéité à l’air »


1

Int. Ext.

2 3
Figure 6 : Point de vigilance « étanchéité à l’air »

RISQUES
−−Perte partielle ou totale de l’efficacité de l’isolation rapportée.
−−Apport d’air froid pouvant induire de la condensation sur la face arrière du
panneau et dans le panneau.
−−Sensation de paroi froide et d’inconfort dans le logement.
−−Perte d’isolement acoustique.

RECOMMANDATIONS
−−Calfeutrement continu entre le panneau et le mur (1), entre les éléments de
fixation et le mur (2) mais également entre les éléments de fixation et le pan-
neau (3). Ces principes s’appliquent également autour des encadrements de
baies.
−−Évaluation des concepts d’assemblage entre les panneaux par la réalisation de
tests AEV.
−−Utilisation de matériaux d’étanchéité dont la durabilité a été évaluée. Réalisation
de tests avant/après vieillissement.
−−La pose d’une couche d’isolation souple entre le panneau et le mur support per-
met de limiter la circulation d’air en plus d’améliorer la performance thermique
et acoustique.

PARTIE 2 14 Murs
2.2.2 Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

1
Int. Ext.

2
Figure 7 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux sen-
sibles ou une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux.

RECOMMANDATIONS
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (1) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur (un facteur 5 en termes de Sd entre la couche intérieure et la
couche extérieure est recommandé).
−−Empêcher les circulations d’air entre les panneaux par la mise en place de dispo-
sitifs d’étanchéité durables (2).
−−Faire réaliser une étude par simulation afin d’évaluer l’évolution de la teneur en
humidité dans les composants, en particulier au niveau des points froids et/ou
des revêtements extérieurs plus étanches (3).

ZOOM SUR
En cas d’isolation par l’intérieur
En isolation par l’intérieur, le mur existant se retrouve exposé à la température
extérieure plus froide. Ceci peut avoir plusieurs conséquences :
−−Accumulation d’humidité et condensation entre l’isolation rapportée et le mur
support, en particulier si le mur support est étanche à la diffusion de vapeur.
−−Apparition de condensation dans le mur si le mur est perméable à la vapeur
mais que le revêtement extérieur est étanche à la diffusion de vapeur.
Dans le cas d’une solution non couverte par les Règles de l’Art, la réalisation d’une
étude permettant de vérifier l’absence de risque lié à l’humidité est nécessaire.
Des dispositions particulières doivent être adoptées afin d’évacuer l’humidité ou
l’eau de condensation : mise en place de système de récupération et d’écoule-
ment d’eau par des ouvertures en pied de parois, élimination ou perforation des
revêtements extérieurs étanches à la diffusion de vapeur. Dans ce deuxième cas,
l’étanchéité à l’air de la paroi pourra ne plus être assurée convenablement et devra
être assurée par le système d’isolation rapportée à l’intérieur.

PARTIE 2 15 Murs
2.2.3 Point de vigilance « mécanique et structure »
6

2
4 2

Figure 8 : Point de vigilance « mécanique et structure »

RISQUES
−−Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.
−−Arrachement des chevilles entraînant la chute des panneaux.
−−Rupture des organes de fixation entraînant la chute du panneau.
−−Déformation ou arrachement des éléments sous l’effet du vent.

RECOMMANDATIONS
−−Procéder à un diagnostic préalable pour évaluer la capacité du bâtiment à
reprendre la charge des panneaux, voire la nécessité d’un renforcement de la
­structure (1).
−−Vérifier le dimensionnement des chevilles pour reprendre l’ensemble des sollici-
tations reçues (poids propre, effet du vent, choc, accélération en cas de séisme) :
­l’utilisation de chevilles couvertes par une ETE est recommandée (2).
−−Vérifier les largeurs de joints entre panneaux en particulier pour éviter les chocs
dans les zones sismiques et tenir compte de la dilatation thermique des
­matériaux (3).
−−Fixer les ancrages dans les zones pleines (4).
−−Réaliser des tests d’arrachement selon le e-Cahiers du CSTB n° 1661 (5).
−−Réaliser une étude de descente de charge en cas de panneaux porteurs (6).

PARTIE 2 16 Murs
ZOOM SUR
Évaluation des dispositifs de levage
−−Choisir des chevilles sous ETE.
−−Définir les dispositions en termes de chevillage selon le poids du panneau, la
compatibilité avec la zone de fixation et la résistance à l’arrachement.
−−Réalisation d’essais d’arrachement.

Figure 9 : Dispositif de levage

ZOOM SUR
Évaluation des fixations en zones sismiques
La fixation dans un support en maçonnerie en zone sismique n’est aujourd’hui
couverte par aucun référentiel de dimensionnement. Sans une évaluation spéci-
fique (test sur des maquettes en taille réelle sur un banc d’essais dynamiques), il
sera donc nécessaire d’envisager une fixation dans un élément en béton (tête de
mur, pied de mur, refend, chaînage) ou de reconstituer les conditions d’un sup-
port plein.

ZOOM SUR
Membranes pare-pluie souples en bardage ventilé
−−L’utilisation d’une membrane pare-pluie souple implique un risque de déchire-
ment sous l’effet répété des rafales de vent (1) et d’obstruction de la lame d’air.
Il convient de choisir des membranes dont la résistance au déchirement et la
durabilité ont été évaluées favorablement.
−−L’utilisation d’un pare-pluie rigide est une alternative possible.

Membrane pare-pluie
souple

Bardage ventilé

Figure 10 : Membrane pare-pluie souple en bardage ventilé

PARTIE 2 17 Murs
2.2.4 Point de vigilance « préparation
du support existant »

4 max.

Ext. Int.
5

Figure 11 : Point de vigilance « préparation du support existant »

RISQUES
−−Non-respect des tolérances d’aplomb requises pour fixer les éléments rapportés
(1).
−−Mauvaise étanchéité à l’air de la paroi.
−−Difficulté de mise en œuvre nécessitant une reprise au niveau des revêtements
et des jonctions latérales ou hautes (2).
−−Risque pour la santé si le revêtement existant contient de l’amiante (3).

RECOMMANDATIONS
−−Réaliser un diagnostic précis du support existant (composition, état). Prévoir
des travaux de préparation ou de réparation si nécessaire sur les enduits exis-
tants.
−−Utilisation de système de réglage sur les éléments de fixation (équerres) du sys-
tème d’isolation rapporté (4).
−−Ménager un espace d’air non ventilé entre les éléments rapportés et le mur sup-
port permettant de rattraper les défauts de planéité. La mise en place d’une
couche d’isolation souple (5) pour combler cet espace permet de limiter le
risque lié aux circulations d’air et de traiter les ponts thermiques (cf point de
vigilance « étanchéité à l’air » et « pont thermique »).

ZOOM SUR
Rôle du revêtement sur l’étanchéité à l’air
En l’absence d’enduit ou en présence de dégradation importante de celui-ci,
l’étanchéité à l’air du mur n’est plus assurée. La plupart des systèmes d’isolation
rapportée par l’extérieur n’ont pas pour fonction principale d’assurer l’étanchéité
à l’air de l’ouvrage, même s’ils y contribuent.

ZOOM SUR
Percement des revêtements contenant de l’amiante
La présence d’amiante dans les revêtements existants peut avoir un impact sur le
mode de fixation des panneaux. Le percement des revêtements pour fixer les pan-
neaux pourra être contre-indiqué dans ce cas ou impliquer des surcoûts impor-
tants lors des travaux. Dès lors, les panneaux seront généralement en appui au sol
et fixés en « tête » de mur uniquement.

PARTIE 2 18 Murs
2.2.5 Point de vigilance « harpage des petits éléments
rapportés »
Harpage
Panneau
≥ 200 mm
isolant

≥ 200 mm
d
d
≥ 200 mm

Baie
≥ 200 mm

d ≥ 200 mm
Figure 12 : Point de vigilance « harpage des petits éléments rapportés »

RISQUES
Fissuration des enduits extérieurs liée à la création de chemins privilégiés de
­propagation.

RECOMMANDATIONS
−−Respecter les préconisations du CPT 3035_V3 pour les systèmes d’enduits sur
isolant en particulier les règles de harpage (d ⩾ 200 mm).
−−Choisir des revêtements dont la durabilité a été évaluée par un DTA.

2.2.6 Point de vigilance « ponts thermiques »

1 2

Figure 13 : Point de vigilance « ponts thermiques »

RISQUES
−−Perte de la performance d’isolation jusqu’à 30 % sur le coefficient Up de parois
induit par les éléments structuraux.
−−Apparition de condensation ou de fantômes à la surface intérieure.

RECOMMANDATIONS
−−Mettre en place une couche d’isolation continue entre le mur support et l’élé-
ment rapporté (1).
−−Utiliser des dispositifs de fixations spécifiques pour les éléments rapportés en
façade permettant de limiter les ponts thermiques (2).
−−Démonter les obstacles en façade avant la pose du nouveau système d’isolation
(descente d’eau pluviale, volet, robinet).

PARTIE 2 19 Murs
ZOOM SUR
Équerrage des éléments rapportés
Des défauts d’équerrage dans les éléments rapportés peuvent induire la création
d’espace d’air pouvant créer des ponts thermiques. Mettre en place des tolérances
en matière d’équerrage des panneaux ou des caissons et un contrôle qualité des
caractéristiques dimensionnelles lors de la fabrication permet de faciliter la mise
en œuvre.
INCORRECT

Espace
entre panneaux isolants
Figure 14 : Défaut d’équerrage des éléments rapportés

ZOOM SUR
Gain de 15 % sur le coefficient Up avec une épaisseur d’isolation
équivalente
Une étude comparative d’impact des ponts thermiques intégrés sur un système
constructif de type bardage rapporté ventilé a été réalisée par simulation numé-
rique. L’étude a consisté à comparer la valeur du coefficient Up obtenu avec une
isolation réalisée en une ou deux couches. Dans les deux cas, l’épaisseur de l’iso-
lation en partie courante est de 160 mm. Une réduction de l’ordre de 15 % a été
constatée dans la solution en deux couches qui permet d’éviter l’écrasement de la
couche extérieure par l’ossature et de recouvrir la patte équerre très conductrice
de chaleur.
Up Up

20 20

19 19

18 18

17 17

16 16

15 15

14 14

13 13

12 12

11 11

10 10

9 9

8 8

7 7

6 6

5 5

4 4

3 3

2 2

1 1

0 0

Une couche de 160 mm Deux couches de 80 mm


Figure 15 : Comparaison du coefficient Up en fonction du nombre de couches d’isolant.

L’étude a également permis de montrer que la mise en place d’un patin isolant
entre le mur et l’équerre avait un impact pratiquement négligeable sur le coeffi-
cient de transmission surfacique Up.

PARTIE 2 20 Murs
PARTIE 3

Toitures

Le projet RENOSTANDARD a permis de mettre en avant plusieurs tendances principales en matière de


techniques constructives adaptées à la rénovation des toitures. Les tendances principales ayant émergé
pour les différents types de toitures sont : la préfabrication lourde pour une application en combles
aménagés ou en toiture-terrasse, avec la possibilité dans ce dernier cas de réaliser une surélévation,
la préfabrication légère de caissons manutentionnables avec isolation mise en œuvre sur chantier en
comble aménagé et le montage manuel par insufflation en comble perdu. Pour ces différents systèmes
constructifs, un certain nombre de recommandations et de points de vigilance ont été identifiés. Ces
éléments sont repris ci-après.

3.1 Préfabrication lourde


3.1.1 Principe constructif
La mise en œuvre par l’extérieur de panneaux préfabriqués est proposée dans certaines solutions
RENOSTANDARD. Cette disposition permet de maîtriser en usine ou en atelier la qualité de la fabrica-
tion et peut représenter un gain de temps important lors des phases de montage. Les panneaux préfa-
briqués pour la toiture sont généralement proches des solutions préfabriquées pour les murs : ils sont
constitués d’une ossature bois contreventée face intérieure au sein de laquelle est inséré un isolant.
Seule la finition extérieure varie : pour les toitures, l’isolant est généralement inséré en usine entre les
montants bois et la face extérieure est fermée par un panneau à base de bois. La finition extérieure est
alors réalisée sur chantier (pose d’un écran de sous-toiture, d’une isolation complémentaire support
de couverture ou d’étanchéité, etc.).

Panneau préfabriqué Variantes en rampant


sorti d’atelier de combles aménagés

Panneau extérieur Écran de sous-toiture HPV


à base de bois
Montant
en bois

Isolant complémentaire (option)

Variantes en toiture-terrasse

Membrane d’étanchéité

Isolant entre Contreventement


montants intérieur (OSB)
Isolant complémentaire (option)
Figure 16 : Panneaux préfabriqués pour toiture

PARTIE 3 21 Toitures
Pour une mise en œuvre sur rampant de comble aménagé, la face extérieure du panneau est en
général constituée d’un écran de sous-toiture souple ou d’un complément d’isolation rigide support
de couverture. L’installation nécessite la dépose complète de la couverture existante et du liteaunage.
Des contre-lattes et de nouveaux liteaux sont ensuite montés. Selon la qualité des petits éléments
de couverture déposés, ils peuvent être reposés en partie ou changés complètement. La réutilisation
d’éléments de couverture existants est particulièrement intéressante pour les toitures à forte identité
architecturale (par exemple la longère rurale) et pour limiter l’empreinte carbone.
6 7 8 5

2 3
1
1 3

1 Charpente existante (pannes, chevrons et platelage)


2 Couverture existante déposée (liteaux et tuiles)
3 Panneau préfabriqué en atelier mis en œuvre sur charpente
existante (sur chevrons) après interposition d’une membrane
pare-vapeur sur platelage
4 Isolant support de couverture installé sur place (option)
5 Écran de sous-toiture HPV installé sur place
6 Contre-latte
7 Nouveaux liteaux
8 Nouvelles tuiles et/ou réutilisation des tuiles existantes déposées

Figure 17 : Panneaux préfabriqués pour toiture mis en œuvre sur rampants de comble aménagé

Certaines solutions RENOSTANDARD proposent de plus des surélévations basées sur une dépose des
rampants de toitures d’origine, une élévation légère à ossature bois sur laquelle des panneaux préfabri-
qués de toiture-terrasse sont disposés. La face extérieure du panneau préfabriqué est alors constituée
d’une membrane d’étanchéité et dans certains cas d’une végétalisation.

Membrane d’étanchéité Végétalisation


installée sur place (option)

Isolant support d’étanchéité Panneau préfabriqué


installé sur place (option) en atelier
Figure 18 : Panneaux préfabriqués de toiture-terrasse végétalisée

PARTIE 3 22 Toitures
3.1.2 Mise en œuvre sur rampant de comble aménagé
[Link] Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

Figure 19 : Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.

RECOMMANDATIONS
−−Le dimensionnement des panneaux préfabriqués peut s’effectuer selon le
NF DTU 31.2. Néanmoins, ce n’est pas suffisant pour justifier l’aptitude à l’em-
ploi en système constructif rapporté par l’extérieur d’une charpente existante.
−−La charpente existante doit permettre de supporter la charge additionnelle due
aux panneaux préfabriqués et à la nouvelle couverture y compris en considérant
l’effet du vent (1).

[Link] Point de vigilance « étanchéité à l’air entre panneaux »

Figure 20 : Point de vigilance « étanchéité à l’air entre panneaux »

RISQUES
−−Perte partielle ou totale de l’efficacité de l’isolation rapportée.
−−Apport d’air froid pouvant induire de la condensation sur la face arrière du
panneau et dans le panneau.

RECOMMANDATIONS
−−La mise en œuvre d’une membrane pare-vapeur (1), indépendante de l’isolant
utilisé et continue, sur le platelage avant mise en œuvre du panneau par l’exté-
rieur est recommandée. Cette membrane doit assurer la fonction d’étanchéité à
l’air. Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’eau, ni étanche à l’air.
−−Les interfaces entre panneaux préfabriqués d’une part (2) et avec les autres
lots d’autre part (murs, etc.) doivent être particulièrement soignées sur chan-
tier. Une attention particulière doit être portée à la continuité de la membrane
pare-vapeur.

PARTIE 3 23 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

4 3
1

Figure 21 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux.
−−Affaiblissement mécanique de la charpente porteuse avec à terme un risque de
sinistre.

RECOMMANDATIONS
−−Réaliser une étude par simulation afin d’évaluer l’évolution de la teneur en
humidité dans les composants en particulier au niveau des points froids et/ou
des revêtements extérieures plus étanches (1).
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (2) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur. En particulier, si un écran de sous-toiture HPV est posé, une
membrane pare-vapeur indépendante et continue est nécessaire (Sd > 18 m
en plaine). Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’air, ni étanche à l’air.
−−Mettre en œuvre un écran de sous toiture HPV (3) qui limitera les risques d’infil-
tration de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture.
−−La présence d’une lame d’air ventilée en sous-face des éléments de couverture
est fondamentale (4), en particulier pour permettre l’évacuation de la vapeur
d’eau et assurer ainsi une bonne durabilité des éléments de couverture et des
liteaux. Son épaisseur minimale est définie dans les DTU couvertures (par
exemple : 2 cm pour les tuiles à emboîtement, les tuiles plates et les ardoises,
5 cm pour les couvertures en zinc).
−−Des sections de ventilation minimales sont définies dans les DTU couvertures :
soit au moyen de sections d’ouverture minimales à l’égoût et au faîtage ou par
la mise en place de tuiles chatières.

ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé. Il a
pour rôle principal d’empêcher la neige poudreuse, la poussière, les pollens, etc. de
s’infiltrer sous la couverture. Sa mise en œuvre nécessite la dépose de la couver-
ture. Les détails de mise en œuvre de l’écran de sous-toiture, à l’interface entre le
système de couverture et le système d’isolation, sont décrits dans le NF DTU 40.29,
en particulier :
−−L’écran souple standard (non HPV) doit être obligatoirement ventilé des deux
côtés, ce qui implique généralement la pose d’une contre-latte.
−−Si l’écran est HPV, la pose d’un pare-vapeur côté intérieur est nécessaire. Dans
ce cas, l’écran peut être posé en contact avec l’isolant. Une contre-latte est éga-
lement nécessaire pour assurer la ventilation entre la couverture et l’écran. La
mise en œuvre d’un écran HPV en contact direct avec l’isolant limite les infiltra-
tions d’air dans la paroi et contribue à conserver dans le temps la performance
de l’isolant installé.

PARTIE 3 24 Toitures
[Link] Point de vigilance « évaluation des dispositifs de levage »
1

Figure 22 : Point de vigilance « évaluation des dispositifs de levage »

RISQUES
Arrachement des organes de levage (1) et de guidage (2) lors du levage.

RECOMMANDATIONS
−−Choisir des chevilles sous ETE.
−−Définir les dispositions en termes de chevillage selon le poids du panneau, la
compatibilité avec la zone de fixation et la résistance à l’arrachement.
−−Réalisation d’essais d’arrachement.

3.1.3 Mise en œuvre sur toiture-terrasse


[Link] Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

Figure 23 : Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.

RECOMMANDATIONS
−−Les conditions de reprise de charge des caissons préfabriqués doivent être
­vérifiées (1).
−−En particulier, l’élément bois porteur doit répondre aux critères du NF DTU 43.4
(caractéristiques physiques des matériaux, durabilité aux agents biologiques
type termites et champignons, etc.) (2).

PARTIE 3 25 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

ZOOM SUR
Les risques de condensation en toiture-terrasse bois
Les membranes d’étanchéité sont très étanches à la vapeur d’eau et en dépit de la
présence d’un pare-vapeur face intérieure du panneau, la présence d’un conden-
sat dans l’ouvrage à ossature bois peut être préjudiciable pour la résistance méca-
nique des ossatures bois notamment.

2
3

Figure 24 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.

RECOMMANDATIONS
−−Une étude de transfert de vapeur à travers l’ouvrage est fortement recomman-
dée, en partie courante, comme au niveau des jonctions entre panneaux et avec
d’autres ouvrages (1).
−−La conception ainsi que l’exécution du traitement de la continuité de l’étan-
chéité, d’une part, et du pare-vapeur, d’autre part, à l’interface avec la paroi
verticale et au droit des éléments traversant la toiture (conduits de ventilation,
évacuations d’eaux pluviales, conduits de fumée, etc.) sont fondamentales (2).
−−Si un système de végétalisation est prévu en toiture terrasse, il doit être conforme
aux Règles Professionnelles. En partie basse, dans la zone d’évacuation des eaux
pluviales, la mise en place d’une zone stérile est recommandée (3).

ZOOM SUR
Conservation de la membrane d’étanchéité existante
Bien que rares, certaines typologies de maisons individuelles disposent de
­toitures-terrasses plates avant rénovation, par exemple la typologie « maison
des années 70 ». Dans ce cas, les conditions de conservation et les conditions de
mise en œuvre des nouveaux ouvrages d’étanchéité (pare-vapeur, isolant ther-
mique, revêtement d’étanchéité, protection, acrotères, etc.), sont définies dans le
NF DTU 43.5. La vérification du respect de ces exigences préalables est à effectuer
systématiquement lors d’un diagnostic.

PARTIE 3 26 Toitures
3.2 Préfabrication légère et montage manuel
3.2.1 Principe constructif
Pour l’isolation des combles aménagés, une grande partie des solutions RENOSTANDARD misent sur
une intervention par l’extérieur utilisant une ou plusieurs des possibilités suivantes :
■■ ajout de caissons légers manutentionables isolés sur site et supports de la nouvelle couverture ;

■■ ajout d’isolants rigides supports de la nouvelle couverture.

Pour l’isolation des combles perdus, la grande majorité des solutions RENOSTANDARD propose une
isolation par soufflage d’isolant en vrac, en particulier pour une isolation de type ouate de cellulose.

3.2.2 Mise en œuvre sur rampant de comble aménagé


[Link] Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

Figure 25 : Point de vigilance « résistance mécanique de la charpente »

RISQUES
Affaissement ou fragilisation du bâtiment existant.

RECOMMANDATIONS
−−La charpente existante doit permettre de supporter la charge additionnelle due
aux ajouts (caisson isolé et/ou isolant rigide) et à la nouvelle couverture y com-
pris en considérant l’effet du vent (1).
−−Le cas d’isolants rigides supports de couverture s’apparente à la technique du
« Sarking » qui n’est pas couverte par les DTU de la série 40 : la capacité de
reprise de charge, en particulier des efforts de cisaillement (2), de la couverture
par l’isolant rigide doit être démontrée. Certains produits isolants bénéficient
d’Avis Technique ou d’ATEx en ce sens.

PARTIE 3 27 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
2

Figure 26 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.

RECOMMANDATIONS
−−Respecter le principe de perméabilité croissante (1) des matériaux de l’intérieur
vers l’extérieur. En particulier, si un écran de sous-toiture HPV est posé, une
membrane pare-vapeur indépendante et continue est nécessaire (Sd > 18 m
en plaine). Le platelage seul n’est ni étanche à la vapeur d’air, ni étanche à l’air.
−−Mettre en œuvre un écran de sous-toiture HPV (2) qui limitera les risques d’in-
filtration de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture.
−−La présence d’une lame d’air ventilée en sous-face des éléments de couverture
est fondamentale (3), en particulier pour permettre l’évacuation de la vapeur
d’eau et assurer ainsi une bonne durabilité des éléments de couverture et des
liteaux. Son épaisseur minimale est définie dans les DTU couvertures (par
exemple : 2 cm pour les tuiles à emboîtement, les tuiles plates et les ardoises,
5 cm pour les couvertures en zinc).
−−Des sections de ventilation minimales sont définies dans les DTU couvertures :
soit au moyen de sections d’ouverture minimales à l’égoût et au faîtage, soit par
la mise en place de tuiles chatières.

ZOOM SUR
Garantir l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau par un système dédié
Certains systèmes d’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau sont sous Avis Tech-
nique : dans ce cas, l’ensemble des accessoires associés à la membrane pour assu-
rer la continuité du plan d’étanchéité à l’air y est décrit et a été évalué.

PARTIE 3 28 Toitures
ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé. Il a
pour rôle principal d’empêcher la neige poudreuse, la poussière, les pollens, etc.
de s’infiltrer sous la couverture. Sa mise en œuvre nécessite la dépose de la cou-
verture. Les détails de mise en œuvre de l’écran de sous-toiture, à l’interface entre
le système de couverture et le système d’isolation, sont décrits dans le DTU 40.29.
En particulier :
−−L’écran souple standard (non HPV) doit être obligatoirement ventilé des deux
côtés, ce qui implique généralement la pose d’une contre-latte
−−Si l’écran est HPV, la pose d’un pare-vapeur côté intérieur est nécessaire. Dans
ce cas, l’écran peut être posé en contact avec l’isolant. Une contre-latte est éga-
lement nécessaire pour assurer la ventilation entre la couverture et l’écran. La
mise en œuvre d’un écran HPV en contact direct avec l’isolant limite les infiltra-
tions d’air dans la paroi et contribue à conserver dans le temps la performance
de l’isolant installé.

3.2.3 Mise en œuvre sur plancher de comble perdu


[Link] Point de vigilance « résistance mécanique du plancher de comble perdu »

Figure 27 : Point de vigilance « résistance mécanique du plancher de comble perdu »

RISQUES
−−Affaissement ou fragilisation du plancher de comble.
−−Fissuration du revêtement intérieur.

RECOMMANDATIONS
−−Le plancher du comble existant doit permettre de supporter la charge addition-
nelle due à l’isolant soufflé.
−−Pour des plafonds récents en plaques de plâtre sur ossatures, la masse rapportée
doit être inférieure à 10 kg/m².

PARTIE 3 29 Toitures
[Link] Point de vigilance « sécurité incendie »
Solive Spot Transformateur
électrique

Protection ou capot

Isolant en ouate
de cellulose
Parement intérieur
ou plaque de plâtre

Figure 28 : Mise en œuvre des spots encastrés

Conduit de cheminée

Distance de sécurité

Isolant combustible

Matériau inerte
(béton, etc.)

Figure 29 : Traversée par un conduit de cheminée

RISQUES
Départ d’incendie.

RECOMMANDATIONS
−−L’isolant ne doit jamais être mis en contact direct avec des éléments pouvant
dégager de la chaleur.
−−Les dispositifs d’éclairage encastrés ainsi que les transformateurs doivent respec-
ter les dispositions prévues dans le NF DTU 45.11 ou dans le e-Cahiers du CSTB
n° 3693_V2 pour les produits sous Avis Technique.
−−La traversée par un conduit de cheminée doit respecter les dispositions prévues
dans le NF DTU 24.1, ou dans le e-Cahiers du CSTB n° 3816 pour les produits
sous Avis Technique.

PARTIE 3 30 Toitures
[Link] Point de vigilance « risques liés à l’humidité »
2

Figure 30 : Point de vigilance « risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Accumulation d’humidité pouvant induire une dégradation des matériaux ou
une perte de performance.
−−Développement fongique dans les matériaux et en surface intérieure au niveau
du plafond.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.

RECOMMANDATIONS
−−La mise en œuvre d’un pare-vapeur indépendant et continu dépend de plu-
sieurs critères définis dans le e-Cahiers du CSTB n° 3815. S’il s’avère nécessaire, le
NF DTU 45.11 précise la mise en œuvre à adopter. L’ajout d’une plaque de plâtre
BA13 ne garantit pas l’étanchéité à l’air ni à la vapeur d’eau et ne peut donc
remplacer une membrane pare-vapeur indépendante (1).
−−Mettre en œuvre un écran de sous-toiture qui limitera les risques d’infiltration
de neige poudreuse ou de pluie sous la couverture (2).

ZOOM SUR
Écrans de sous-toiture en comble perdu
L’écran de sous-toiture n’est pas obligatoire mais est fortement recommandé, en
particulier en comble perdu. Il a pour rôle principal d’empêcher la neige pou-
dreuse, la poussière, les pollens, etc. de s’infiltrer sous la couverture.
En comble perdu, les effets de pression due au vent au niveau des rampants
peuvent être importants et entraîner des infiltrations de neige conséquentes, mais
également une aspiration et un déplacement des isolants en vrac soufflés dans le
comble. L’ajout d’un écran HPV ou non HPV limite grandement ce phénomène.
Sa mise en œuvre nécessite cependant la dépose de la couverture. Les détails de
mise en œuvre de l’écran de sous-toiture sont décrits dans le NF DTU 40.29.

ZOOM SUR
Que faire de l’isolant existant avant soufflage ?
Il est recommandé de retirer l’isolant existant avant insufflation du nouvel isolant.
Dans le cas où il est décidé de conserver l’isolant existant, il faut s’assurer que son
état est irréprochable (sec, sans développement de moisissures à l’intérieur).

PARTIE 3 31 Toitures
PARTIE 4

Points singuliers principaux

La gestion des interfaces entre lots et entre corps d’état est une problématique majeure à prendre en
compte dans tout projet de réhabilitation. Ainsi, les groupements RENOSTANDARD ont proposé des
solutions pour traiter les interfaces entre parois, en limitant en particulier la pénétration d’air en jonc-
tion murs/toitures, ou en engageant une réflexion pour limiter les infiltrations d’eau liquide aux jonc-
tions murs/planchers bas ou en proposant des solutions pour le traitement des ponts thermiques.

4.1 Jonction mur/plancher bas


4.1.1 Principe constructif
Le traitement de la jonction mur/plancher bas est relatif aux stratégies d’isolation des murs d’une
part et du plancher bas d’autre part. Concernant les murs, la plupart des solutions RENOSTANDARD
misent sur une intervention par l’extérieur. Les planchers bas sont isolés différemment en fonction des
typologies constructives :
■■ Plancher bas sur terre-plein : aucune solution RENOSTANDARD ne propose d’isoler ce type de

plancher bas. En effet, la complexité technique de ce geste, et le coût qui en découle, semblent
rédhibitoires.
■■ Plancher bas sur locaux non chauffés ou vide-sanitaire : certaines solutions RENOSTANDARD pro-

posent une isolation en sous-face du plancher bas par fixation mécanique ou projection d’isolant,
d’autres groupements ayant fait le choix de ne pas isoler cette paroi.
Ainsi deux stratégies complémentaires de traitement de la jonction sont proposées : traitement par
descente d’isolation extérieure dans le sol et/ou descente d’isolation de la sous-face du plancher bas
sur local non chauffé.

PARTIE 4 32 Points singuliers principaux


4.1.2 Traitement de la jonction mur/plancher bas
par descente de l’isolation par l’extérieur du mur
La prolongation de l’isolation par l’extérieur du mur par ajout d’un isolant enterré permet de limiter
considérablement les déperditions par le pont thermique. Le procédé d’isolation par l’extérieur en lui-
même doit s’arrêter à environ 15 cm du sol pour limiter l’intrusion de nuisibles mais aussi les effets de
la pluie battante. En l’absence d’isolation complémentaire enterrée, les déperditions thermiques par
la jonction mur/plancher bas sont considérables : pour un plancher bas non isolé sur terre-plein, elles
représentent à elles-seules en ordre de grandeur l’équivalent d’un petit convecteur de 600 W !
L’ajout d’un isolant enterré adapté permet ainsi de réduire ces déperditions de moitié si l’on ajoute un
isolant jusqu’au niveau du sol, d’un facteur 8 si l’isolant est enterré sur une profondeur de 30 cm.

1,6
Pont thermique de liaison Ψ [W/(m.K)]

1,4
1,2
1
0,8
0,6
0,4
0,2
0
– 0,2 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 1,2 1,4 1,6 1,8
Distance par rapport au sol (m)

Figure 31 : Effet de la descente d’isolation sur les déperditions par le pont thermique de liaison
(pour une fixation par équerre)

Le mode de fixation en partie basse des panneaux préfabriqués est également important quant à
l’impact sur les déperditions thermiques : si les contraintes mécaniques le permettent, on préfèrera
des équerres à des étriers beaucoup plus massifs et pour lesquels l’ajout d’isolant inséré dans le « U »
de l’étrier n’a que peu d’impact sur les déperditions par le pont thermique.

0,90 Fixation :
Pont thermique de liaison Ψ [W/(m.K)]

0,80 par étrier non isolé


par étrier isolé
0,70
par équerre
0,60
0,50
0,40
0,30
0,20
0,10
0,00

Figure 32 : Effet du mode de fixation du panneau en partie basse sur les déperditions par le pont thermique de liaison

De plus, dans le cas où le plancher bas donne sur un local non chauffé enterré (garage, etc.), l’ajout
de cet isolant enterré à l’extérieur sur une profondeur de 30 cm permet également de maintenir une
température de surface suffisamment haute pour limiter le risque de condensation dans le local non
chauffé. Dans le cas d’un sous-sol aménagé, l’effet de «paroi froide» conduisant à une surconsomma-
tion de chauffage sera également limité par cette descente d’isolant dans le sol.

PARTIE 4 33 Points singuliers principaux


19,5
Profondeur de l’isolant enterré : de 0 cm
19 de 30 cm
de 50 cm
18,5 de 100 cm

18

17,5

17
Température de surface (°C)

16,5
Température de rosée (20°C /80% HR)

16

15,5

15

14,5

14 Profondeur
de l’isolant enterré
13,5
Distance par rapport
au plafond
13

12,5

12
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 110 120 130 140 150 160 170 180 190 200 210 220 230 240 250
Distance par rapport au plafond (cm)

Figure 33 : Température de la face intérieure du mur en fonction de la distance au plafond


dans le cas d’un sous-sol aménagé

PARTIE 4 34 Points singuliers principaux


[Link] Point de vigilance « risques liés à la pénétration de pluie battante en pied de mur
(rejaillissement) »

2
3

Figure 34 : Point de vigilance « risques liés à la pénétration de pluie battante en pied de mur (rejaillissement) »

RISQUES
−−Accumulation d’eau liquide dans le panneau isolant extérieur en pied de mur.
−−Développement fongique dans les isolants et les éléments en bois du panneau.
−−Affaiblissement mécanique des éléments porteurs bois avec à terme un risque
de sinistre.

RECOMMANDATIONS
−−Le panneau préfabriqué en support bois doit être fixé à une distance de 15 cm
du niveau du sol de telle sorte qu’il soit protégé des effets de la pluie battante
rejaillissante (« rebond » des gouttes sur le sol) (1).
−−L’isolation complémentaire enterrée doit être insensible à l’eau liquide et non
capillaire (exemple : polystyrène extrudé, verre cellulaire, etc.) (2).
−−La mise en œuvre d’un revêtement assurant l’étanchéité à l’eau de l’isolant
enterré est recommandée (3).

ZOOM SUR
Points singuliers en pied de mur pour la fixation du panneau
d’isolation par l’extérieur
Le dispositif de fixation mécanique du panneau préfabriqué au mur support
peut entraîner des déperditions thermiques supplémentaires. Il convient dans la
mesure du possible de privilégier des accroches ponctuelles ne traversant pas
intégralement l’épaisseur du panneau.
La mise en œuvre d’un dispositif de grille anti-rongeurs est nécessaire. Une grille
non traversante ou en matière plastique permet de limiter les déperditions ther-
miques supplémentaires engendrées par ce composant.

ZOOM SUR
Descendre l’isolation par l’extérieur jusqu’au niveau du sol pour éviter
la mise en œuvre de l’isolation enterrée : quelles conséquences ?
Pour réduire les coûts et éviter de décaisser, une possibilité pourrait être de s’af-
franchir des recommandations des Règles de l’Art en descendant l’isolant par
l’extérieur jusqu’au niveau du sol. Cette solution permet de diviser par deux les
déperditions par le pont thermique par rapport à une situation où l’isolation par
l’extérieur s’arrête à 15 cm du niveau du sol. Le traitement reste cependant beau-
coup moins efficace que la mise en place de l’isolant enterré qui réduit les déper-
ditions d’un facteur 8.
Surtout, le risque majeur à examiner concerne l’accumulation d’eau liquide en
pied de mur pouvant provoquer des remontées d’eau dans le procédé d’isolation
par l’extérieur utilisé, ce qui peut créer des pathologies dans les bois du panneau
et/ou les isolants utilisés.

PARTIE 4 35 Points singuliers principaux


[Link] Point de vigilance « risques liés aux remontées capillaires »

Figure 35 : Point de vigilance « risques liés aux remontées capillaires »

RISQUES
−−Accumulation d’eau liquide dans les murs existants.
−−Développement fongique dans les enduits intérieurs.
−−Cloquage des peintures, voire de certains revêtements de sol.
−−Développement fongique dans les isolants et les éléments en bois du panneau.

RECOMMANDATIONS
−−Le risque est plus marqué dans le cas d’un plancher bas sur terre-plein en
contact direct avec le sol et/ou en présence de matériaux de soubassement
capillaires (1).
−−Un diagnostic est recommandé pour éviter de modifier significativement les
équilibres existants par l’ajout de l’isolation, en particulier s’il est envisagé de
remplacer le revêtement de sol existant par un autre plus étanche ou sensible à
l’humidité (revêtement PVC, linoléum, grands carreaux rectifiés, etc.) (2).

4.1.3 Traitement de la jonction mur/plancher bas


par descente de l’isolation par l’extérieur du mur
et retour de l’isolant en sous-face du plancher bas
Dans le cas d’un plancher bas sur local non chauffé isolé en sous-face, la prolongation de l’isolant en
sous-face au niveau des murs de soubassement (1) combinée à la présence d’un isolant enterré côté
extérieur (2) permet de diviser encore par deux les déperditions dues au pont thermique.
La mise en œuvre de cette solution en l’absence d’isolant enterré à l’extérieur du soubassement n’a
cependant aucun intérêt thermique, et peut même s’avérer contre-productive avec l’augmentation du
pont thermique et du risque de condensation dans l’isolant en sous-face.

4.2 Jonction mur/toiture


4.2.1 Principe constructif
Le traitement de la jonction mur/plancher haut est relatif aux stratégies d’isolation des murs d’une
part et du plancher haut d’autre part. Concernant les murs, la plupart des solutions RENOSTANDARD
misent sur une intervention par l’extérieur. Les planchers hauts sont isolés différemment en fonction
des typologies constructives et des choix en termes d’utilisation des combles. Les traitements des
jonctions proposés par les groupements ont pour objectif un traitement optimal du pont thermique
(quasiment négligeable pour l’ensemble des dispositions proposées) et une amélioration de l’étan-
chéité à l’air des jonctions.

PARTIE 4 36 Points singuliers principaux


[Link] Rénovation des murs sans toucher à la toiture
Cette situation se présente dans le cas où les combles ne sont pas aménagés, lorsque la toiture est déjà
isolée ou, tout simplement, dans le cas où le maître d’ouvrage n’a pas prévu d’isoler sa toiture. Dans ce
cas, il est important de concevoir une solution de traitement du pont thermique au moment d’enga-
ger les travaux d’isolation des murs. La pose d’un système d’isolation au niveau des murs implique
généralement de déposer les éléments situés en pied de toiture (cache-moineaux, planche de rive,
gouttière, etc.), ce qui permet d’envisager l’isolation complète de la zone située sous les chevrons. Une
solution proposée par l’un des groupements consiste à venir insuffler un isolant dans la zone située
au-dessus du mur après la mise en place de celui-ci. L’insufflation s’effectue par l’ajout d’un coffrage en
bois en dessous des chevrons et en périphérie. La perforation du cache-moineaux permet l’insufflation
d’un isolant. L’utilisation d’une planche de rive ajourée permet de maintenir la ventilation dans la lame
d’air située sous la couverture.

Isolant insufflé
Coffrage en bois
Planche de rive
ajourée
Cache-
moineaux
d’origine

Situation initiale Après isolation des murs


Figure 36 : Isolation des murs sans toucher à la toiture

[Link] Rénovation simultanée des murs et des toitures


Quand le budget le permet, cette situation est idéale car elle permet une amélioration thermique
optimale, à condition que la conception et la coordination entre les deux interventions aient été cor-
rectement réalisées. Plusieurs situations rencontrées dans le projet RENOSTANDARD permettent un
traitement efficace de l’interface entre le mur et la toiture. Bien souvent, dans ce cas, la découpe des
chevrons existants est nécessaire. Deux cas peuvent être distingués :
■■ l’utilisation d’un joint Compriband ;

■■ l’ajout d’une pannelette.

La réalisation d’une continuité d’isolation thermique et de l’étanchéité à l’air est primordiale. Cette
continuité d’isolation peut se faire par la pose d’un isolant souple associé à une membrane d’étanchéité
ou un panneau de coffrage en panneau de bois. Si la conception de la solution de traitement a été bien
réalisée, il peut être suffisant de simplement traiter l’étanchéité à l’air par l’utilisation d’un joint Compri-
band. Dans tous les cas, la durabilité des matériaux utilisés pour réaliser les assemblages est primordiale.
Avant la pose des panneaux d’isolation en toiture, il est parfois nécessaire de rehausser la toiture notam-
ment pour permettre la création d’un débord de toiture parfois requis pour conserver l’aspect extérieur
du bâtiment. Dans ce cas, une pannelette est rajoutée transversalement aux chevrons existants.
Couche
d'isolation
existante
entre
chevrons

Isolant souple
Joint mis en œuvre sur site
d’étanchéité après le panneau de mur
Panneaux d’habillage

Utilisation d’un joint Compriband Ajout d’une pannelette


Figure 37 : Rénovation simultanée des murs et des toitures.

PARTIE 4 37 Points singuliers principaux


[Link] Rénovation de la toiture seule sans toucher aux murs
Ce cas se présente lorsque des travaux d’aménagement des combles sont réalisés sans volonté du
maître d’ouvrage d’isoler les murs. Les travaux d’isolation des toitures sont généralement engagés
lorsque le maître d’ouvrage souhaite engager des travaux d’aménagement des combles (cas de la
transformation d’un comble perdu en comble aménagé) ou pour renforcer les niveaux d’isolation au
niveau de la toiture ou de la jonction.
■■ Cas d’une découverture partielle
La rénovation complète de la toiture n’est pas forcément nécessaire en particulier lorsque la toiture est
déjà isolée. Néanmoins, il peut s’avérer nécessaire d’améliorer l’isolation thermique et l’étanchéité à l’air
dans la zone située en bas de pente de toiture derrière un pied droit isolé de comble aménagé. Dans
l’exemple ci-dessous, un coffrage a été créé entre les fermettes industrielles et une membrane souple a
été intercalée entre le coffrage et la partie supérieure de la toiture afin de créer un espace dans lequel
un isolant peut être insufflé.

Coffrage en bois extérieur Couverture existante


Coffrage en bois supérieur
Écran HPV se prolongeant
jusqu’au mur
Membrane d’étanchéité à l’air
Trou pour l’insufflation
Isolant
Coffrage en bois inférieur
Planche de rive
Cache-moineaux
Mur existant Fermette
Enduit extérieur

Figure 38 : Rénovation de la toiture seule sans toucher aux murs – découverture partielle.

■■ Cas d’une découverture totale


Dans ce cas, l’étanchéité à l’air est réalisée par l’extérieur grâce au prolongement de l’écran de sous-
toiture HPV jusqu’au mur. La reprise de l’enduit extérieur en partie supérieure du mur sera alors néces-
saire. Cette disposition implique généralement de devoir couper l’extrémité des chevrons existants ou
des fermettes. L’illustration montre le cas d’une découverture totale de la toiture avec la mise en place
d’un solivage transversal autour duquel l’écran HPV est fixé.

Écran HPV

Chevron existant
Solives découpé
transversales Panne sablière

Enduit mural

Figure 39 : Rénovation de la toiture seule sans toucher aux murs – découverture totale.

PARTIE 4 38 Points singuliers principaux


[Link] Traitement de l’interface avec le mur de pignon
Le principe de traitement est comparable au principe détaillé pour la jonction entre le mur de façade
et la toiture. L’illustration ci-dessous montre un exemple de traitement proposé dans RENOSTANDARD
entre un panneau préfabriqué de mur et un panneau préfabriqué de toiture. Le panneau de toiture pré-
voit une réservation pour la mise en œuvre du dispositif d’étanchéité et de l’isolant de jonction.
Panneau préfabriqué de toiture
avec réservation

Dispositif d’étanchéité souple

Isolant de jonction

Panneau préfabriqué de mur Chevrons


existants

Figure 40 : Traitement de l’interface avec le mur de pignon

4.2.2 Points de vigilance


Dans le cadre du projet RENOSTANDARD un certain nombre de points de vigilance relatifs à la jonc-
tion mur/toiture ont été soulevés.

[Link] Risques liés à l’humidité

1
2

Figure 41 : Point de vigilance « Risques liés à l’humidité »

RISQUES
−−Dégradation de la charpente (cf. point de vigilance « tenue mécanique »).
−−Développement fongique dans les isolants induits par des revêtements ou des
éléments de coffrage trop étanches (2).
−−Accumulation d’humidité dans l’isolant pouvant induire une surcharge. La
conséquence pourra être un affaissement de l’élément porteur ou de l’isolant
(cf point de vigilance « tenue mécanique »).
−−Dégradation de la performance thermique de l’isolant (3).

RECOMMANDATIONS
−−S’assurer du maintien des ouvertures en pied de toiture permettant la ventila-
tion de la lame d’air sous la couverture (1).
−−Réaliser une étude hygrothermique pour vérifier l’absence de risques liés à
­l’humidité dans l’ensemble des éléments sensibles (2).
−−Utiliser des écrans HPV dont les caractéristiques sont bien connues et sont
ce­rtifiées (4).
−−Limiter les apports d’humidité vers la jonction liés à une mauvaise étanchéité à
l’air ou à des éléments trop perméables côté intérieur (5).
−−Respecter les règles de décroissance en termes d’étanchéité à la diffusion de
vapeur de l’intérieur vers l’extérieur.
−−Éviter de créer des zones froides et mal ventilés au sein de la liaison.

PARTIE 4 39 Points singuliers principaux


[Link] Tenue mécanique des composants

Figure 42 : Point de vigilance « Tenue mécanique des composants »

RISQUES
−−Déchirement des membranes d’étanchéité ou des écrans dédiés à la projection
ou à l’insufflation d’isolant (1).
−−Tassement des produits isolants (2).

RECOMMANDATIONS
−−Utiliser des composants couverts par des normes produits.
−−Utiliser des composants dont les caractéristiques après vieillissement sont
connues. Par exemple, des produits testés en laboratoire après réalisation de
cycles de vieillissement ou en conditions réelles d’utilisation.

4.3 Jonction mur/baie


4.3.1 Principe constructif
Le traitement de la jonction mur/baie est relatif aux stratégies d’isolation des murs. Dans le cas de la
pose d’une isolation par l’extérieur des murs, deux options sont possibles.
■■ Remplacement de la menuiserie et pose au droit de l’ITE
Ce cas de figure est généralement retenu lorsque la menuiserie existante est ancienne et doit être rem-
placée. Dans ce cas, même si l’intervention peut se faire essentiellement par l’extérieur, il est nécessaire
d’intervenir ponctuellement à l’intérieur du logement pour enlever la fenêtre existante.
■■ Conservation de la menuiserie existante dans sa position actuelle dans le mur existant
Il s’agit d’un cas de figure très courant qui se rencontre lorsque la fenêtre a déjà été remplacée récem-
ment. Dans ce cas, l’intervention est réalisée à 100 % par l’extérieur sans avoir à intervenir dans le
logement.

ITI ITE ITI ITE

Pose Conservation
dans le plan de la menuiserie
de l’isolant dans sa position actuelle
Figure 43 : Jonction mur/baie dans le cadre de l’isolation du mur

PARTIE 4 40 Points singuliers principaux


4.3.2 Points de vigilances
[Link] Remplacement de la fenêtre et pose au droit de l’ITE

5 5
3

Figure 44 : Remplacement de la fenêtre et pose au droit de l’ITE

RISQUES
−−Tenue mécanique de la fenêtre.
−−Infiltration d’air.
−−Infiltration d’eau.
−−Apparition de condensation.
−−Perte de performance thermique.

RECOMMANDATIONS
−−Privilégier la fixation de la fenêtre sur le gros œuvre (1).
−−Prévoir un support pour la pose de la bavette métallique (2).
−−Prévoir un dispositif de rejet d’eau pour protéger la zone de fixation de la bavette
d’écoulement d’eau (3).
−−Favoriser l’évacuation de l’humidité, en particulier dans le cas de menuiserie en
bois, par l’utilisation d’un pare-pluie HPV et par la préservation d’une lame d’air
ventilée à l’extérieur de la zone d’appui (4).
−−Assurer l’étanchéité par des mastics entre le gros œuvre et la fenêtre mais égale-
ment entre la fenêtre et le système d’isolation rapportée (5).

ZOOM SUR
Découpe de la pièce d’appui et habillage intérieur
La découpe de la pièce d’appui est nécessaire pour disposer d’un plan de pose
uniforme et faciliter ainsi la mise en œuvre de la nouvelle fenêtre. La suppres-
sion de la fenêtre existante implique généralement la mise en place d’un coffrage
du côté intérieur pour masquer la pièce d’appui et l’ancienne implantation de la
fenêtre.

PARTIE 4 41 Points singuliers principaux


[Link] Conservation de la fenêtre dans sa position actuelle

Figure 45 : Conservation de la fenêtre dans sa position actuelle

RISQUES
−−Création d’un pont thermique très important.
−−Apparition de condensation superficielle et de trace sur la surface intérieure au
pourtour de la fenêtre.
−−Perte d’étanchéité en cas de découpe des appuis existants.

RECOMMANDATIONS
−−Réaliser un traitement du pont thermique en intercalant un isolant dans le
retour de la baie pour assurer une continuité de l’isolation entre la fenêtre et
l’isolation extérieure (1).
−−Prévoir dans la conception de la solution une couche d’isolation souple entre
le système d’isolation rapporté et le mur afin de pouvoir envelopper l’appui de
baie sans avoir à le découper (2).

PARTIE 4 42 Points singuliers principaux


PARTIE 5

Utilisation des isolants


biosourcés
Les solutions RENOSTANDARD ont pour la plupart intégré dans leur conception l’utilisation d’iso-
lants biosourcés avec pour principal objectif de développer des filières locales et de limiter l’empreinte
carbone. On cite principalement l’utilisation de la ouate de cellulose soufflée ou insufflée, la pose de
panneaux en fibres de bois en revêtement extérieur, l’insertion de rouleaux ou blocs de fibres végétales
(chanvre, lin, coton, paille) entre des ossatures en bois, des cloisons maçonnées en bloc de chanvre ou
le collage de panneaux de liège.
Ces matériaux biosourcés présentent un avantage indéniable du point de vue environnemental et ont
généralement des caractéristiques comparables aux isolants plus traditionnels. En revanche, du fait de
leur développement récent, leur mise en œuvre est encore peu couverte par les Règles de l’Art. Mise
à part le soufflage de la ouate de cellulose en plancher de comble perdu qui est couverte depuis 2020
par le NF DTU 45.10, la mise en œuvre des techniques d’isolation utilisant les matériaux biosourcés est
décrite dans des Avis Techniques (principalement en isolation par l’intérieur) ou dans certaines Règles
Professionnelles (notamment pour le chanvre ou la paille).
Les filières développant ce type de matériaux sont encore peu structurées et la matière première
biosourcée est généralement très hétérogène, ce qui explique en partie les difficultés pour garantir la
constance des propriétés physiques des produits en production, condition préalable aux processus de
marquage produit (certification ou marquage CE).
L’analyse des projets et l’accompagnement technique mené dans RENOSTANDARD ont permis de
confirmer le dynamisme dans le domaine des isolants biosourcés. Beaucoup d’initiatives locales sont
engagées pour promouvoir et développer l’utilisation de ces matériaux. Par ailleurs, un nombre crois-
sant de demandes d’évaluations techniques pour des solutions intégrant des matériaux biosourcés
est observé. Ce dynamisme répond à une attente croissante du marché et plus particulièrement des
maîtres d’ouvrage. Ainsi, un certain nombre d’Appréciations Techniques d’Expérimentation (ATEx)
ont été délivrées pour des solutions constructives intégrant des isolants biosourcés et ce, même pour
des usages en isolation par l’extérieur pour lesquels l’emploi des isolants requiert des niveaux de per-
formances plus élevés.
Outre le sujet de la maîtrise de la constance des propriétés en production, les enjeux techniques
pour l’utilisation sécurisée de ces matériaux concernent principalement la justification de leur dura-
bilité (sensibilité vis-à-vis des rongeurs, sensibilité aux développements fongiques), de leur sensibilité
à l’humidité (absorption d’eau, capillarité), de leur niveau de cohésion pour résister aux sollicitations
mécaniques et de leur réaction au feu.

PARTIE 5 43 Utilisation des isolants biosourcés


PARTIE 6

Approche architecturale globale :


augmentation de la surface,
réaménagement, approche
bioclimatique
Les motivations des particuliers propriétaires de maisons individuelles quant au lancement de coûteux
travaux de réhabilitation globale sont rarement liées à la seule volonté de limiter les consommations
d’énergie et d’améliorer la performance énergétique du logement. Les préoccupations relatives au
confort de vie (au sens large), au bien-être, à la santé et à la sécurité (accessibilité et mise aux normes)
dans les espaces intérieurs tout comme leur rapport à l’extérieur (ajout de terrasse, d’accès direct au
jardin, de véranda), à la valorisation immobilière du bien, voire aux changements d’usage d’une partie
ou de la totalité du bien.
L’importance de l’approche architecturale globale est de permettre au bâti de répondre aux modes de
vie, besoins et enjeux environnementaux actuels. Il s’agit donc d’identifier les besoins des occupants et
les capacités du bâti à partir du type de maison, du climat et de leur profil socio-économique.
La question du confort intérieur multicritère est ainsi centrale dans certaines solutions RENOSTAN-
DARD : l’une d’entre elles se développe par exemple autour d’un retour d’expérience d’inconfort
thermique systématique d’occupant dû à un problème d’étanchéité à l’air récurrent sur une certaine
typologie constructive.
De même, la plupart des groupements proposent des solutions d’intervention par l’extérieur pour
limiter les nuisances du chantier pour les occupants d’une part, mais également, dans une certaine
mesure, pour redéfinir l’identité architecturale des maisons rénovées, avec différentes options pos-
sibles de rendu esthétique extérieur (possibilité de choisir un ensemble de nuanciers pour les finitions
et matériaux sur la base d’un éclairage d’experts). Cette esthétique plus contemporaine constitue une
valorisation patrimoniale potentielle lors de la revente.


Figures 46 et 47 : Exemples de solutions d’intervention par l’extérieur

PARTIE 6 44 Approche architecturale globale


Pour les typologies de maisons individuelles à forte identité patrimoniale, comme, par exemple, la lon-
gère rurale, la solution RENOSTANDARD proposée est au contraire un compromis entre performance
technique, aspect contemporain au style architectural de notre époque et conservation du patri-
moine ancien. L’une des deux façades, la plus au nord est ainsi isolée par l’extérieur alors que l’autre
exposée sud est laissée apparente avec l’ajout d’une serre bioclimatique. Un correcteur thermique sur
cette façade sud permet de limiter l’inconfort thermique intérieur. La toiture est quant à elle isolée par
l’extérieur en réinstallant les tuiles d’origine.

Figure 48 : Exemple de longère

Plusieurs groupements RENOSTANDARD proposent des gradations de travaux en fonction du revenu


des ménages : a minima rénovation globale pour des ménages modestes jusqu’à des opérations avec
réagencement des espaces intérieurs, voire des extensions/surélévations pour transformer une maison
en différents lots indépendants.
Ces opérations de séparation en plusieurs lots privatifs peuvent s’avérer particulièrement intéressantes
pour certaines typologies constructives du fait des tendances lourdes, en termes de démographie
notamment. Par exemple, la maison périurbaine peut s’avérer trop spacieuse pour les occupants
actuels (couples vieillissants dont les enfants sont établis ailleurs), voire pour certaines typologies de
futurs acquéreurs qui sortent des centres urbains (étudiants, jeunes couples, par exemple). La parti-
tion de l’espace en plusieurs lots privatifs peut ainsi s’avérer d’autant plus pertinente qu’elle assure une
valorisation immobilière plus intéressante. Par ailleurs, elle permet, au même titre que l’augmentation
de la surface habitable, de financer une partie des travaux.

Figure 49 : Exemple de séparation en plusieurs lots privatifs

PARTIE 6 45 Approche architecturale globale


La partition de maisons familiales patrimoniales comme les longères rurales permet là aussi de faciliter
leur valorisation, notamment pour des profils d’acquéreurs de type « néo-ruraux » en intégrant des
espaces adaptés au télétravail, voire des activités d’hébergements touristiques (gîtes, par exemple).
Outre la capacité financière de l’acquéreur à faire réaliser ce type de travaux relativement lourds, un
point clef de succès est également le confort de vie obtenu à l’issue des travaux de rénovation.
Certaines solutions RENOSTANDARD permettent grâce à la dépose puis à la repose d’extensions au
bâti existant de redistribuer les espaces de vie pour allier le confort d’utilisation au confort ­thermique
et visuel. L’exemple de la maison ouvrière en briques du Nord de la France permet de questionner les
extensions aménagées à l’arrière du logement pour y amener les pièces d’eau : sanitaires, salle de bains
ou cuisine. Ces extensions sont en effet souvent sources de déperditions énergétiques importantes et
dégradent la qualité fonctionnelle des logements par l’encombrement des espaces privatifs à l’arrière
des parcelles, le peu de qualité lumineuse des rez-de-chaussée et l’obstacle à la ventilation. La solution
de réhabilitation demande la déconstruction et la reconstruction d’une extension en ossature bois
rapportée sur la façade arrière de la maison sur deux niveaux favorisant une redistribution globale des
espaces de vie. La réhabilitation par le prisme du bioclimatisme est ici respectée : apport solaire gratuit,
effet Venturi, etc.


Figures 50 et 51 : Exemple d’extension rapportée sur la façade arrière d’une maison

PARTIE 6 46 Approche architecturale globale


PARTIE 7

Techniques non traditionnelles,


assurabilité, marques de qualité :
comment s’y retrouver ?
On entend ici par « marque de qualité » toute information technique obligatoire ou volontaire quali-
fiant un produit ou un procédé constructif sur le marché.
Il est important de distinguer les informations à caractère obligatoire pour la mise sur le marché (régle-
mentations et marquage CE dans certains cas) de celles qui relèvent d’une démarche volontaire per-
mettant d’ouvrir certains marchés en rassurant la maîtrise d’ouvrage (évaluation) et en apportant une
plus-value concurrentielle quant au suivi indépendant de la qualité de la production (certification).

7.1 Les réglementations


Les produits et procédés constructifs mis sur le marché doivent respecter les exigences règlementaires
en vigueur. Une liste non exhaustive de ces réglementations est fournie ci-dessous :
■■ Réglementation Thermique : les solutions RENOSTANDARD sont soumises aux Réglementations

Thermiques applicables pour les bâtiments existants, qui dépendent de l’importance des travaux
entrepris (voir encadré) ;
■■ Réglementation relative à la qualité de l’air intérieur (étiquetage) ;

■■ Réglementation relative aux substances dangereuses (REACH) ;

■■ Réglementation relative aux biocides ;

■■ Réglementation relative à la qualité environnementale et sanitaire des produits de construction ;

■■ Réglementation acoustique ;

■■ Réglementation incendie ;

■■ Réglementation sismique ;

■■ Réglementation accessibilité.

ZOOM SUR
À quelle Réglementation Thermique est soumis mon projet
de rénovation de maison individuelle ?
Pour un projet de rénovation portant sur une surface hors œuvre nette rénovée
supérieure à 1 000 m², et pour des maisons construites après 1948 et pour un coût
des travaux de rénovation « thermique » décidés par le maître d’ouvrage supérieur
à 25 % de la valeur hors foncier du bâtiment : la RT dite « Globale » s’applique. Elle
repose sur l’article R. 131-26 du Code de la construction et de l’habitation et son
arrêté d’application du 13 juin 2008. En pratique, cette situation se rencontre en
maison individuelle uniquement dans le cas d’une opération massive de rénova-
tion simultanée d’un parc complet, par un bailleur social par exemple.
Dans tous les autres cas, donc dans la grande majorité des cas de rénovation en
maison individuelle, la RT dite « élément par élément » s’applique. Elle repose
sur l’article R. 131-28 du Code de la construction et de l’habitation et son arrêté
d’application du 3 mai 2007 modifié, à partir du 1er janvier 2018, par l’arrêté du
22 mars 2017. Contrairement à la RT Globale, la RT Élément par élément n’impose
pas la réalisation d’une étude thermique complète, mais fournit en revanche des
valeurs de performance thermique seuils, par exemple pour les parois après isola-
tion (résistance thermique minimale).

PARTIE 7 47 Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité


Les décrets et arrêtés en vigueur sont accessibles sur [Link]
Il est à noter que l’ensemble de ces réglementations ne visent pas forcément des caractéristiques
propres aux produits ou procédés constructifs mais elles peuvent, par exemple, viser le bâtiment dans
son ensemble. Toutes les réglementations citées ne s’appliquent pas forcément à tous les produits et
procédés constructifs : il est de la responsabilité du fabricant de connaître et d’appliquer les exigences
règlementaires auxquelles son produit est soumis.

7.2 Le marquage CE
Le marquage CE constitue une sorte de « carte d’identité » intrinsèque du produit mais ne fournit
aucune information relative à la satisfaction aux lois et réglementations en vigueur qui ne peuvent être
examinées qu’à l’échelle de chaque pays tant les réglementations nationales peuvent être différentes.
Son application peut être volontaire ou obligatoire en fonction des cas.
ZOOM SUR
Le marquage CE est-il obligatoire ?
Depuis juillet 2013, pour une mise sur le marché européen d’un produit de
construction, conformément au Règlement Produit de Construction n° 305/2011,
la déclaration de performance (DoP : Declaration of Performance) et le Marquage
CE associé des produits sont obligatoires lorsque :
−−Le produit est visé par une norme européenne harmonisée. Ce type de norme
comporte une Annexe ZA définissant les performances essentielles du produit
déclarables et les différentes procédures à appliquer pour réaliser le Marquage
CE (essais, calculs statistiques, etc.). Dans cette Annexe sont également précisés
les niveaux d’attestation de conformité (AoC) requis pour chaque caractéris-
tique, c’est-à-dire si les DoP et Marquage CE se font sur la base de la seule décla-
ration du fabricant (niveau 4 : aucune intervention d’un tiers) ou dans le cadre
d’un processus avec essais et audits par des organismes tiers reconnus par l’état
français et appelés organismes notifiés (niveau 1+).
−−Le produit/procédé constructif fait l’objet d’une Évaluation Technique Euro-
péenne (ETE ou ETA en anglais) [avant le 1er juillet 2013, ces documents s’appe-
laient Agréments Techniques Européens (ATE ou ETA en anglais)].
Ainsi, en l’absence de norme européenne harmonisée ou d’ETE/ETA visant le
produit/procédé constructif, le fabricant n’est pas obligé de marquer son pro-
duit CE. Cependant, s’il souhaite le marquer CE, la 1re étape est de demander
une Évaluation Technique Européenne (ETE). Pour délivrer cette ETE, il sera tout
d’abord nécessaire d’élaborer un Document d’Évaluation Européen (DEE ou EAD
en anglais).

L’appréciation de l’aptitude à l’emploi du produit pour les différents usages auquel il peut prétendre n’est
également pas visé par le Marquage CE. Ce dernier peut ainsi parfois s’avérer insuffisant sur le marché
français. Certains acteurs, notamment pour des questions assurantielles, sont demandeurs d’évaluation
(ATEx, Avis Technique/Document Technique d’Application). De même, en complément au Marquage
CE, l’attribution d’une marque de certification peut être de nature à rassurer le marché du fait de l’inter-
vention d’un tiers de confiance dans le contrôle des caractéristiques essentielles des produits.

7.3 L’évaluation technique


7.3.1 L’évaluation technique en quelques mots
L’évaluation technique est une démarche volontaire. Elle consiste en une vérification de la satisfaction
aux réglementations en vigueur (obligatoires même si une démarche d’évaluation n’est pas faite), et en
une évaluation de l’aptitude à l’emploi et de la durabilité en œuvre. Elles portent par conséquent sur
un couple « produit/emploi ». Ainsi, si un produit est destiné à différents usages, plusieurs évaluations
peuvent être nécessaires.

PARTIE 7 48 Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité


Elle est potentiellement applicable à tout procédé constructif sortant du domaine traditionnel, c’est-à-
dire ne rentrant pas dans le domaine d’application d’un Document Technique Unifié (DTU) de Règles
Professionnelles acceptées par la Commission Prévention Produit (C2P) ou de Recommandations
Professionnelles. L’évaluation technique permet de rassurer l’ensemble des acteurs de la filière sur la
limitation des risques engendrés lors de la diffusion d’une innovation sur le terrain (architectes, assu-
reurs, contrôleurs techniques, etc.)
En l’absence de Contrôleur Technique sur les projets de rénovation, l’évaluation technique pour l’utili-
sation d’un procédé innovant n’est pas fréquemment demandée par la maîtrise d’ouvrage. Cependant,
elle permet de sécuriser le risque de sinistralité et peut donc présenter un intérêt, en particulier si
l’innovation est amenée à se massifier.

7.3.2 Process d’évaluation


Le schéma suivant positionne les différents jalons d’évaluation dans le processus d’innovation.
Mise sur le marché

L’innovation est-elle
destinée à un chantier
spécifique ?

oui non

ATEx Cas B* ATEx Cas A*

Assurabilité sur durée validité ATEx


(non renouvelable)
Retour d’expériences chantiers

ATec ou DTA*

Assurabilité sur durée validité ATec/DTA


(renouvelable)

Certification*

Garanties de qualité pour le Maître d’Ouvrage

* Démarches volontaires (donc facultatives)


Figure 52 : Processus d’évaluation de l’innovation

PARTIE 7 49 Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité


7.3.3 Les différentes procédures
Selon la maturité de l’innovation technique, plusieurs procédures d’évaluation sont possibles. Les
procédures principales sont décrites ci-dessous. D’autres procédures plus ciblées « caractérisation
matière » comme l’ETPM (Évaluation technique de produits et matériaux) existent (voir [Link]
[Link]/).

[Link] L’Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx)


L’Appréciation Technique d’Expérimentation (ATEx) concerne des procédés constructifs innovants ne
disposant pas encore d’un retour d’expérience terrain significatif.
Trois cas sont possibles :
■■ ATEx de cas a : pour un produit ou procédé constructif applicable sur différents chantiers (pour un

domaine d’emploi défini) et pour une durée limitée. Il s’agit typiquement de permettre une expéri-
mentation sous contrôle et limitée dans la durée pour capitaliser du retour terrain en vue d’obtenir
ensuite un Avis Technique (ou un DTA).
■■ ATEx de cas b : pour un produit ou procédé constructif intégré spécifiquement dans un projet de

réalisation identifié (une seule adresse de chantier). Il s’agit en général d’ouvrages à fort caractère
architectural : IGH tertiaire, musée, etc.
■■ ATEx de cas c : pour un produit ou procédé constructif intégré à un nouveau projet de réalisation

expérimentale identifié ayant précédemment fait l’objet d’une ATEx de cas b à caractère favorable.
L’ATEx est instruite par un rapporteur désigné par le CSTB. Le rapporteur est choisi selon des critères
de compétence et de proximité avec l’expérimentation envisagée : personne experte du domaine
concerné (cas a) ou chargée du contrôle technique du chantier concerné (cas b ou c).
Elle est délivrée par un groupe d’experts constitué spécifiquement par le CSTB selon leur expertise
pour valider l’aptitude à l’emploi sur les exigences essentielles de sécurité et les risques de pathologie.
Elle est généralement utilisée en préalable à la procédure d’Avis Technique pour permettre à une tech-
nique innovante de faire ses preuves sur des chantiers de référence en préalable à la démarche d’Avis
Technique.

[Link] L’Avis Technique (ATec)


L’Avis Technique (ATec) est un avis formulé par un groupe d’experts, appelé Groupe Spécialisé (GS),
sur l’aptitude à l’emploi d’un procédé constructif lorsque ce dernier, dans sa composition et dans sa
mise en œuvre, sort du champ d’application des « Règles de l’Art ». Il est délivré pour une durée de
validité à l’appréciation du groupe d’experts, variant de 2 à 7 ans. Si le procédé constructif visé est déjà
soumis à un marquage CE, les groupes d’experts délivrent un Document Technique d’Application
(DTA) dont le principe est similaire à l’Avis Technique à ceci près que les performances intrinsèques du
procédé constructif sont issues du marquage CE associé.
La délivrance d’un Avis Technique (ou d’un DTA) est encadrée par une procédure réglementaire régie
par l’arrêté du 21 mars 2012. Il est délivré par la CCFAT (Commission chargée de formuler des Avis
Techniques) qui constitue des groupes d’experts par domaine d’application (plancher, étanchéité, iso-
lation, assainissement, etc.) chargés de formuler un avis.

PARTIE 7 50 Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité


7.4 La certification
7.4.1 La certification en quelques mots
Il s’agit d’une démarche volontaire. Une marque de qualité assurant la conformité de certaines caracté-
ristiques essentielles du produit au référentiel de certification propre à chaque marque est délivrée par
un organisme certificateur indépendant du fabricant. La certification implique un contrôle en usine
par l’organisme certificateur du processus de fabrication ainsi que des procédures d’autocontrôle.
Un suivi des caractéristiques essentielles est également réalisé grâce à des prélèvements par l’orga-
nisme certificateur et grâce à des tests de conformité suite à des essais de suivi dans le laboratoire
de la marque, indépendant du fabricant. Ainsi, la certification rassure le consommateur quant à la
constance de la production.

7.4.2 Les différentes marques de certification


pour les produits isolants
Différentes marques de certifications existent pour les procédés de construction : par exemple Marque
NF (NF 547 pour les entrevous en polystyrène, par exemple), CTB (pour les composants à base de
bois), etc.
Concernant les produits isolants, citons les marques suivantes :
■■ ACERMI
L’Association pour la CERtification des Matériaux Isolants est une association loi 1901, créée en 1983
par le CSTB et le LNE qui ont conçu la marque de certification ACERMI. L’Association a pour objet de
délivrer des certificats de qualification dans le domaine des matériaux et produits isolants manufac-
turés, au sens de la loi n° 78-23 du 10 janvier 1978. Depuis sa création, le nombre de produits certifiés
ACERMI a constamment augmenté jusqu’à atteindre 935 certificats en 2020. 148 usines fabriquent des
produits certifiés en 2020 (dont 71 à l’étranger).
L’ACERMI a ajouté pour les fabricants qui le souhaitent une annexe sur l’usage. Une matrice croisant
les familles de produits isolants avec des usages différents (domaine d’emploi visé) a été réalisée. Pour
chaque couple famille de produit/usage, une description des caractéristiques minimales attendues
a été rédigée en lien avec les Règles de l’Art. Avec cette notion d’usage intégrée à la certification,
l’ACERMI va au-delà des normes européennes qui concernent uniquement les caractéristiques intrin-
sèques de chaque isolant en sortie d’usine. En effet, la certification ACERMI précise, sur la base des
référentiels de mise en œuvre, l’aptitude de l’isolant à l’usage revendiqué par l’industriel. Par exemple,
pour qu’un isolant soit apte à être appliqué au sol, il doit avoir une certaine résistance mécanique à la
compression et au fluage : il s’agit donc bien d’une performance liée à sa pose, à son usage.
■■ Marques QB
Pour certains produits isolants n’entrant pas dans le cadre de l’ACERMI, des marques de certification
QB sont proposées par le CSTB. Citons par exemple la QB23 visant les polyuréthannes projetés in
situ, qui intègre des produits destinés à être expansés sur chantier directement. Cette marque vise les
applications en sols (PUP à cellules fermées), murs (cellules ouvertes ou fermées) et toitures (cellules
ouvertes ou fermées). Du fait du caractère innovant de ce type de produit, une évaluation technique
favorable (ATec ou ATEx) est un préalable nécessaire à toute demande de certification.
Au-delà des seuls produits d’isolation, d’autres marques de certification existent sur des procédés
constructifs contribuant à la performance thermique : par exemple sur les blocs maçonnés (QB07).

PARTIE 7 51 Techniques non traditionnelles, assurabilité, marques de qualité


Liste des abréviations

AoC Attestation of Conformity


AMI Appel à manifestation d’intérêt
ACERMI Association pour la certification des matériaux isolant
AT Appréciation Technique d’expérimentation
ATec Avis Technique
CSTB Centre scientifique et Technique du Bâtiment
DEE Document d’évaluation européen
DoP Declaration of Performance
DTA Document Technique d’Application
DTU Document Technique Unifié
ETE Évaluation Technique Européenne
ETPM Évaluation technique de produits et matériaux
HPV Haute Perméabilité à la Vapeur d’eau
IGH Immeuble de grande hauteur
ITE Isolation thermique par l’Extérieur
ITI Isolation Thermique par l’Intérieur
PUP Polyuréthanne projeté
QB Qualité Bâtiment (marque de certification)

PARTIE 7 52 Liste des abréviations

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