Insertion des Jeunes Diplômés au Sénégal
Insertion des Jeunes Diplômés au Sénégal
MINISTERE DE L'EDUCATION
~ro
Présentée par :
Monsieur Abdoulaye 5ECK
MINISTERE DE L'EDUCATION
Présentée par :
Monsieur Abdoulaye SeCK
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à toutes les personnes qui à des degrés divers, à
toues les évolutions de ce travail m'ont accordé de leur temps et fait bénéficier de leurs
conseils, leurs avis.
Il s'agit de Monsieur Abdoutaye Mar, inspecteur régional des sports de Diourbel pour son
appui, ses conseils, sa disponibilité, ses suggestions.
C'est aussi Monsieur Pape Sarr à la Direction de l'emploi pour son soutien et sa disponibilité.
Je lui exprime toute ma reconnaissance.
A Monsieur Dieng et Monsieur Faye de l'ANEJ pour l'intérêt qu'ils ont porté à ce travaiL
A tout le personnel enseignant et administratif de l'INSEPS, les intervenants extérieurs qui
ont contribué pour une grande place à notre formation, à notre façonnement. Je leur exprime
toute ma reconnaissance.
A tous mes amis de ({ Diwane~) pour leur complicité, leurs suggestions, leur appui, leur
compréhension. Hs ont été d'un grand apport dans la réalisation de ce travail. Je leur exprime
toute ma reconnaissance.
TABLEAUX
Tableau DO 12: Appréciation de l'adéquation formation emploi par les chefs d'entreprise
FIGURES
er
Figure n 0 1 : Résultats du Forum du 1 emploi, 1ère édition
PRÉSENTATION DE L'ÉTUDE 2
PROBLÉMATIQUE 3
APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE 6
CHAPITRE II : PERSPECTIVES 62
CONCLUSION 69
INTRODUCTION
Présentation de l'étude
L'insertion des jeunes diplômés au Sénégal est un des thèmes majeurs de la politique déclinée
par l'Etat en matière d'emploi. Elle constitue aussi une très grande préoccupation pour les
pouvoirs publics et la société de façon globale. Cette frange de la jeunesse devient de plus en
plus nombreuse et est souvent confrontée aux dures réalités du marché du travail.
Dans un contexte sans cesse marqué par des difficultés économiques, le chômage des jeunes
diplômés est devenu aujourd'hui plus qu'un phénomène, une réalité qui commence à atteindre
des proportions assez inquiétantes.
Même si plusieurs stratégies et programmes ont été mises en place par les pouvoirs publics et
développées par des acteurs privés autour de la question de l'insertion, les résultats restent
encore très mitigés. Les difficultés persistent encore alors que les besoins des jeunes de
trouver un emploi se font de plus en plus pressants.
La présente étude se propose de faire une analyse de la situation de l'insertion des jeunes
diplômés, de recenser et de ressortir les contraintes qu'elle recèle et d'indiquer un certain
nombre de stratégies et autres pistes à adopter.
En d'autres termes il s'agit à travers cette étude de préciser d'abord la situation qui prévaut,
d'en dégager les différents contours ensuite de montrer les contraintes qui pèsent, de les
analyser et enfm de dégager les stratégies qui ont été mises en place en formulant d'autres
pistes ou orientations qui nous semblent importantes.
Ainsi l'ét~de se présente ainsi qu'il suit :
2
l-Analyse de la situation
2-Etude des contraintes
3-S tra tégies
Problématique
Les questions de jeunesse occupent une place de plus en plus grande dans les débats qui
animent la marche des sociétés. La composante jeunesse constitue aujourd'hui encore pour
tous les pays du monde et en particulier les pays en voie de développement, une
préoccupation majeure, un enjeu certain dans le combat pour le développement.
Le Sénégal composé majoritairement par les jeun~~ (57,7 % de ·la population) a longtemps
pris conscience de l'importance du facteur jeunesse. C'est ainsi que depuis 1966 le Conseil
économique et social affirmait: «il n'est aucune question politique, économique et sociale
qui ne doive tenir compte du phénomène jeunesse. Le développement du pays passe par
l'intégration harmonieuse de cette jeunesse à la communauté nationale. Si cette intégration est
manquée, il n'y aura pas de développement et donc pas d'avenir pour le Sénégal en tant que
Nation». C'est dire donc que lajeunesse est au cœur du développement.
Mais cette jeunesse rencontre de sérieuses difficultés qui ont pour nom chômage, sous emploi,
déperdition scolaire, formation, drogue, délinquance, santé de la reproduction, etc.
Le dénominateur commun à tous ces problèmes est à inscrire dans la problématique générale
de l'insertion des jeunes et donc de la lutte contre le chômage et la pauvreté.
Ainsi l'emploi surtout des jeunes est devenu une question centrale dans l'option politique des
Etats. Le sommet mondial de Copenhague pour le développement social a sonné la
mobilisation· - internationale et consacré le plein emploi comme un des dix objectifs
fondamentaux et prioritaires.
3
socioéconomiques, la Jeunesse est plus que JamaIs confrontée à de réelles difficultés
d'insertion.
"
,
On assiste dés lors à un accroissement brutal du taux de chômage qui est estimé:
1
à 38 % chéz
les jeunes de toute catégorie, ruraux ou citadins, instruits ou nOD, qualifiés ou p~_
Les jeunes diplômés semblent cependant souffrir le plus d'une telle situation. En effet notons
dans Bilan et perspectives de la politique de jeUJlesse: 1960-2003 « le chômage des jeunes a
pris de l'ampleur ces vingt dernières années. Il ne touche plus non seulement les jeunes sans
qualification mais on constate qu'il concerne de plus en plus les jeunes diplômés quelque soit
le milieu d'origine et la qualification professionnelle ».
Le chômage des jeunes diplômés gagne de plus en plus du terrain et est devenu un phénomène
récurent. Ce phénomène est d'autant plus accru que les jeunes diplômés, après leur formation,
sont laissés à eux mêmes dans un désarroi total et une inquiétude profonde. Le diplôme
n'étant plus un visa pour l'emploi.
Chaque année arrive dans le marché de l'emploi un grand nombre de jeunes diplômés qui
aspirent à un emploi (les diplômés de l'enseignement supérieur représentent un effectif de
1000 sortants par an). Le plus souvent ces jeunes sortants des universités et des écoles de
formation sont confrontés aux dures réalités du marché du travail et constituent aujourd'hui
une cible en situation difficile.
L'Etat qui, au lendemain des indépendances, était le principal employeur a cessé de jouer ce
rôle. Dans la fonction publique conune dans les secteurs privé et parapublic les recrutements
se font rares et les licenciements se multiplient sous l'effet conjugué des programmes
d'ajustement structurel et des problèmes économiques.
En effet si entre 1970 et 1980 on a noté une progression constante des effectifs de la fonction
publique (5,9 %), la décennie suivante a vu le rythme de création d'emplois baisser
sensiblement (entre 1985 et 1987 on remarque une baisse de 3,8 % des effectifs).
Pour la plupart des jeunes diplômés les perspectives d'emploi sont devenues quasi
inexistantes.
4
Malgré l'opération maîtrisards qui a été initiée en 1982 pour prendre en charge l'insertion des
jeunes diplômés de l'enseignement supérieur, la convention Etat/Employeurs privés pour
la promotion de l'emploi des jeunes, les actions de promotion de l'emploi du MEDS (forum
pour l'emploi des jeunes), les programmes initiés par le ministère de la jeunesse (FNPJ,
ANEJ) les résultats restent encore mitigés.
L'insertion des jeunes diplômés de façon spécifique est devenue un thème d'une actualité
brûlante. L'intérêt d'une telle étude se mesure à deux niveaux:
• D'abord du point de vue scientifique, cette étude pourrait servir d'éclairage sur la
situation de l'insertion des jeunes diplômés au Sénégal. Elle peut donner une situation
de référence dans l'optique d'études plus approfondies.
• Ensuite sur le plan social elle dOIUle une idée précise sur un certain nombre de
stratégies déjà mises en place en matière d'insertion des jeunes mais aussi pennet
d'indiquer et d'envisager de nouvelles pistes à explorer dans la perspective d'une lutte
contre le des jeunes diplômés et une réduction de la pauvreté dans la société.
Cette étude se veut donc un cadre d'analyse et de réflexion sur la situation des jeunes
diplômés par rapport au marché du travail afm de formuler un certain nombre de propositions
qui vont dans le sens d'une prise en charge des préoccupations de ce groupe de citoyens.
Ainsi cette étude suscite des interrogations multiples.
l-La situation actuelle des jeunes diplômés par rapport au marché de l'emploi permet-
il véritabrement d'attester d'insertion réelle de cette frange de la jeunesse? Ne pourrait-
on pas identifier de nouvelles formes d'insertion des jeunes diplômés? Quel contenu
faudrait~il donner à cette nouvelle tendance? Quels en sont les contours?
2- N'existe t-il pas des facteurs limitant l'insertion des jeunes diplômés? Autrement dit
ne pourrait on pas recenser un certain nombre de contraintes qui pèsent lourdem~nt sur
.'i
Objectifs
Les objectifs que se fixe cette étude sont:
../ Faire une analyse sur la situation actuelle des jeunes diplômés par rapport au marché
de J'emploi .
./ Contribuer à l'élaboration et à la défmition de stratégies d'insertion professionnelle
des jeunes diplômés.
Pour atteindre ces objectifs nous avons adopté une méthodologie.
Approche méthodologique
Notre approche méthodologique tourne essentiellement autour:
./ D'une revue documentaire: il s'agit de collecter toutes les infonnations et
documents ayant trait à la question de l'insertion. Ainsi notre répertoire est constitué
d'articles, de rapports, de dossiers, de résultats d'enquêtes mais aussi d'ouvrages
généraux sur le thème de l'insertion professionnelle des jeunes.
Cette revue docwnentaire nous a pennis de disposer d'un bon socle théorique afin de
mieux cerner tous les aspects liés à la question .
../ D'entretiens exploratoires: compte tenu des délais très courts pou le traitement
d'une monographie et surtout du caractère vaste du thème choisi, des enquêtes auprès
des jeunes diplômés n'ont pu entre réalisées. Il se poserait réellement un problème
d'échantillonnage et surtout de choix des individus (jeunes diplômés) à interroger.
C'est pourquoi nous avons opté pour la formule des entretiens exploratoires avec les
acteurs qui s'occupent aujourd'hui sur le terrain des questions d'emploi et donc
d'insertion des jeunes diplômés. Des guides d'entretien ont été élaborés à cet effet et ont
servi de supports.
Notre souci était de disposer de données fiables (informations et statistiques) pour mieux
appréhender et apprécier l'insertion des jeunes diplômés c'est à dire faire une analyse de
6
ta situation, cerner les contraintes qui surgissent dans le cadre de l'insertion et évaluer les
différentes stratégies mises en place afin de fonnuler d'autres propositions.
TI faudrait dire toute suite que grandes ont été nos difficultés. Les sources statistiques sont
souvent rares dans ce secteur mais aussi peu d'études ont été faites sur le thème ne serait
ce que pour suivre de façon périodique la situation de l'insertion.
C'est pourquoi notre option a été d'aborder Je thème suivant des analyses qualitatives et à
partir de quelques bilans chiffrés.
Nous indiquerons une situation de référence et préciserons les contours qui rendent
compte des caractères de l'insertion professionnelle.
7
aujourd'hui l'insertion professionnelle des jeunes diplômés se fait de deux manières:
soit le jeune occupe un emploi répondant à sa formation ct à sa qualification, soit il
évolue dans un secteur qui n'a rien à voir avec sa qualification et œuvre le plus
souvent pour son propre compte.
• Jeune .. selon la définition du Conseil Interministériel du Haut Comité National de la
Jeunesse (CœCNJ) de 1983, est jeune tout individu âgé de 15 à 35 ans.
• Jeunes diplômés.. ils renvoient à l'ensemble des jeunes sortants des écoles
d'enseignement général ou de formation professionnelle ou d'universités; sortie ayant
été sanctionnée par un niveau de diplôme. On distingue trois catégories de jeunes
diplômés:
~ les jeunes diplômés de l'enseignement général
- les jeunes diplômés de l'enseignement technique et professiormel
- les jeunes diplômés de l'enseignement supérieur.
Toutefois il convient de préciser que nous emploierons indifféremment le terme jeune
diplômé pour aborder le problème de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés même si
par ailleurs il faudrait reconnaître que chaque catégorie vit des réalités qui lui sont
spéci fiques.
8
9
JO
l-CONSIDERATIONS GENERALES
S'il est bîen un concept clé qui mérite d'amples réflexions et dont l'actualité .est avérée c'est
bien celui de l'emploi.
La situation de l'emploi au Sénégal est aujourd'hui caractérisée par une augmentation rapide
de la demande d'emploi. En effet nous assistons à une expansion grandissante de la
population active au rythme de 3 % par an passant de 3000000 d'actifs en 1991 à près de
4000000 en 2001 soit 100000 nouveaux demandeurs d'emploi par an.
Cette expansion rapide de la population active est doublée d'une importance de la population
--
des jew;es 'au sein de cette population active (la tranche d'age de 15 à 34 ans représente
.
enviro.6 50 %).
Ensuite la situation est marquée par une insuffisance de l'offre d'emploi. Le secteur moderne
qui, après avoir enregistré une forte augmentation de ses effectifs au cours des années 70,
connaît depuis lors une stagnation autour de 200000 personnes occupées dont 65700 pour la
fonction publique.
Il est donc clair au regard de la situation décrite ci~dessus que dans le marché de l'emploi au
Sénégal la demande est de loin supérieure à l'offre.
Cette situation a pour effet notable une hausse plus accrue du chômage chez les jeunes
notamment chez les jeunes diplômés. Le chômage des jeunes diplômés est devenu donc un
phénomène très récurrent, une réalité sociale. Chaque année arrive sur le marché de l'emploi
un grand nombre de jeunes diplômés qui malheureusement rencontre de sérieuses difficultés
quant à leur possibilité d'emploi et leur insertion dans le circuit économique de production
mais aussi et surtout dans l'environnement professionnel.
Titulaire de son parchemin, le jeune ne pense qu'à se valoriser, se rendre utile, participer à la
marche de la société, assurer Son insertion professionnelle.
Face à la réalité d'un environnement économique peu propice à la promotion de l'emploi, les
perspectives d'emploi des jeunes diplômés se trouvent souvent plus ou moins bloquées.
Il
Précisons que nous entendons par jeunes diplômés tous les jeunes titulaires de diplôme de
l'enseignement tecJmique et professionnel, de l'enseignement général et de l'enseignement
supérieur.
Dans le cadre de l'analyse de la situation de l'insertion nous avons choisi de les traiter de
façon non différenciée suivant le tenne générique jeune diplômé pour plus de commodité. Il
faut souligner par ailleurs que chaque catégorie de jeunes diplômés renvoie à des réalités qui
lui sont propres et spécifiques.
Les diplômés de l'enseignement technique et professionnel sont également très rares dans le
fichier et constituent 5,7 %.
Toutefois il convient de préciser que ces chiffres ne traduisent pas exactement la situation des
jeunes diplômés demandeurs d'emploi. En effet beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui en
chômage et font des démarches pour leur insertion et pourtant ne sont pas inscrits au fichier.
En revanche ce qui est réel c'est qu'aujourd'hui il existe un grand nombre de jeunes qui sont
de potentiels diplômés et qui sont susceptibles de grossir l'effectif des jeunes diplômés déjà
sur le marché de l'emploi.
Ainsi pour l'enseignement secondaire général les dOMées sont les suivantes:
Tableau nO 1 : Effectifs dans l'enseignement secondaire général
12
Tableau nO 1 : Effectifs dans l'enseignement secondaire général
Années 2000
Effectifs 23198 (UCAD)
2100 (UGB)
Au delà des considérations générales l'analyse descriptive de la situation devra ressortir une
esquisse de bilan fondé sur quelques données, informations concernant des programmes
réalisés dans le cadre de j'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
13
2- BILAN
Il serait difficile de dresser lU1 bilan exhaustif de l'insertion des jeunes diplômés compte tenu
de la faiblesse des données statistiques.
Nous entendons par bilan la présentation et l'examen de certaines expériences, programmes
réalisés dans le cadre de l'insertion des jClU1es diplômés dans le circuit économique et dans
l'environnement professionnel.
A cet effet nous disposons de données de la fonction publique notanunent les derniers
recrutements opérés ces dernières années à l'endroit des jeunes diplômés, du Service civique
national dans le cadre de différents progranunes (corps de volontaires), du Ministère de
l'Education, de la Convention Etat! Employeurs privés, du Mouvement des Entreprises
du Sénégal (l\1EDS) à travers le forum de l'emploi des jeunes, de l'Agence Nationale pour
l'Emploi des Jeunes (ANEJ) et du Fonds national de Promotion des Jeunes (FNPJ).
Ces informations nous permettent de faire une appréciation générale de l'insertion des jeunes
diplômés, de voir les tendances qui se dessinent, les caractéristiques fortes gu' il faudrait noter
mais aussi signaler les contours qui sont susceptibles d'être ressortis.
Toutefois nous tenons à préciser que nous avons privilégié les structures relevant du ministère
de la jeunesse tout en ne négligeant pas bien entendu les autres secteurs intervenant dans le
cadre de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
Mais depuis les programmes d'ajustement structurel, le secteur public ne joue plus
véritablement ce rôle. En effet ces politiques exigent un rétablissement des grands agrégats
macroéconomiques avec notamment la mise en place d'un ratio masse salariale/recettes
budgétaires.
14
C'est d'ailleurs ce qUÎ a motivé la création de la Cellule de Contrôle des Effectifs et de la
Masse Salariale (CCEMS) qui a pour mission fondamentale de réduire les effectifs et la
masse salariale.
Le recrutement dans la Fonction Publique obéit à une certaine logique et à des procédures. A
la suite d'une expression des besoins avérés de la part des départements ministériels qui
précisent donc les différents postes susceptibles de faire l'objet d'un emploi (ouverture de
poste budgétaire) les besoins exprimés par les ministères sont centralisés par la CCEMS. .
Au Sénégal c'est le ministère de la Fonction publique qui recrute au nom de l'Etat, mais
c'est le ministère de l'économie et des finances qui crée les conditions ou les possibilités de
ce recrutement. Ce qui fait qu'il se pose un réel problème dans la gestion de la question de
l'emploi dans le secteur public.
Si au début le recrutement dans la Fonction publique se faisait via les sortants des écoles
nationales de formation, aujourd'hui la donne est tout autre. On assiste à une rupture survenue
depuis la réforme des écoles de formation de 1992. Actuellement dans la plupart des écoles de
formation l'emploi n'est plus garanti à l'issue de la formation.
L'administration a trouvé d'autres fonnules pour opérer des recrutements en dehors donc de
ce circuit traditionnel des écoles de formation (nous évoquerons quelques cas notamment le
volontariat, la vacation, les contractuels).
Depuis 1996 l'insertÎon professionnelle des Jeunes diplômés s'est comportée de façon
suivante:
15
Tableau nO 5 : Recrutements dans la fonction publique de 1996 à 2001
Ces chiffres montrent que dans le secteur public l'insertion des jeunes diplômés se réalise à
travers l'éducation et la Santé. Autrement dit l'Education et la Santé constituent les créneaux
porteurs pour l'insertion des jeunes diplômés. Cela traduit l'option politique du Sénégal de
faire de l'éducation et de la Santé les secteurs prioritaires.
La tendance positive du recrutement dans la fonction publique doit être appréciée de façon
relative et à sa juste valeur compte tenu de l'importance de la demande chez les jeunes
diplômés d'une part et au niveau de l'administration d'autre part. En effet autant les jeunes
diplômés ont besoin de trouver un emploi autant l'administration a besoin de personnel pour
fonctionner normalement.
Mais sous le poids des contraintes budgétaires, la Fonction publique 'recrute de moins en
moins. Selon le Ministère de la Fonction Publique: « il convient de DOJ..ér que la structure
des âges dans la fonction publique connote un vieillissement qui augure des
recrutements prochains pour pourvoir aux postes ainsi libérés. Cette structure des ages
se présent comme suit:
• 36 % des effectifs ont entre 45 et 55ans
16
Conscientes d'une telle réalité les autorités ont lancé récemment un vaste programme de
recrutement de 15000 agents dans les trois (03) années à venir en raison de 5000 / an pour
combler le déficit criard en personnel mais aussi rajeunir les effectifs. Les jeunes diplômés
pourraient dans cette nouvelle tendance trouver un début de solution à leurs problèmes
d'insertion même s'il faut préciser que ce recrutement concerne tous les segments de la
population jeunes et mOlllS jeunes, diplômés ou non.
Par ailleurs la fonction publique s'implique aujourd'hui dans ce qu'il convient d'appeler
partenariat pour l'emploi notamment la Convention Etat / Employeurs privés pour la
promotion de l'emploi des jeunes. C'est ainsi que depuis avril 2000 les chiffres font état de
602 jeu ncs ayant bénéficié de stages au (itre de la convention. Le dernier salon de ['emploi de
Mai 2003 nous précise que 722 jeuues ont décroché des stages en entreprise. Aujourd'hui 75
entreprises ont adhéré à la convention et participent auprès de l'Etat à la promotion de
l'emploi en milieu jeune
Durant ces cinq (05) années d'existence le SeN a recruté, formé et affecté plus de 1000
jeunes suivant des programmes précis (voir tableau).
Le recrutement s'effectue sur la base de diplômes. Les volontaires recrutés sont ensuite
formés sur le plan l'éducation civique et morale mais aussi sur un certain nombre de taches
professionnelles précises qu'ils auront à accomplir. Ces taches entrent dans le cadre des
activités d'utilité publique (développement local, gestion urbaine, activité socia-éducative,
santé commlUlautaire, alphabétisation hygiène publique, etc.).
A l'issue de leur formation qui dure 02 mois, ces volontaires bénéficient d'un contrat à durée
déterminée (02 ans) et sont affectés dans des secteurs de la vie suivant des missions qui leur
sont assignées.
17
Le contrat à durée déterminée qui leur est proposé rentre dans la perspective de teur insertion
future dans le tissu socio~économique mais aussi et surtout professionnel. En effet à travers ce
contrat le jeune diplômé bénéficie d'une qualification professionnelle qu'il pourra faire valoir
lors de sa quête pour l'obtention d'un emploi synonyme de son insertion dans la société.
En plus pendant deux ans Je jeune diplômé bénéficie d'une rémunération sous la forme de ce
qu'on appelle une indemnité de subsistance volontaire ([SV).
Le constat est que la plupart de ces jeunes à la fin de leur contrat se retrouve dans une
situation de chômage même s'il faut reconnaître que certains à travers ce canal décrochent un
emploi. li se pose donc aujourd'hui toute la problématique de l'insertion des jeunes
volontaires. Des études doivent être faites dans ce sens pour plus d'informations (que
deviennent les jeunes volontaires après leur contrat 1). Certaines sources nous indiquent qu'ils
se rendent très souvent à l'ANEJ et au FNPJ pour essayer de se lancer une fois dans la
recherche d'un emploi.
Avec une telle situation nous estimons que Je volontariat ne constitue pas une insertion au
sens strict du terme mais constitue un moyen, une formule pour prétendre obtenir un emploi
(nous en dirons plus dans notre lecture critique de la situation).
li convient de signaler cependant que des types d'emplois sont créés à travers cette fonnule
dans la société. Ce sont des emplois qui apparaissent aujourd'hui comme une nécessité et
doivent être consolidés en de véritables corps de métiers.
Des évaluations doivent être faites, Je bilan tiré, les acquis consolidés et lever toutes les
contraintes pour valoriser le volontariat. Si l'insertion des jeunes diplômés constitue une
préoccupation majeure pour le Sénégal, le volontariat participe à la création de nouveaux
types d'emplois. Plus l'emploi est diversifié, plus l'insertion devient facile.
18
Tableau nO 6 : Situation de l'insertion des jeunes volontaires
2-3 La vacation
La vacation constitue aujourd'hui une voie de recours dans le processus d'insertion des jeWles
diplômés. En effet les titulaires du diplôme de l'enseignement supérieur (baccalauréat, licence
et maîtrise) et ceux de l'enseignement teclmique et professionnel sont désonnaîs recrutés par
l'Etat pour combler notamment le déficit en enseignants.
Cela consiste à faire occuper au jeune diplômé un poste d'enseignant sans occasionner de
grandes incidences financières. Autrement dit le vacataire n'est pas titulaire dans la fonction
publique et est payé suivant un système de rémunération forfaitaire et surtout à la tache (selon
le volume horaire).
Mais quelles sont les raisons fondamentales qui ont présidé à la naissance d'un tel système?
Quelle est la philosophie qui sous tend la vacation? Quel est son impact sur l'insertion des
19
jeunes diplômés? Comment faudrait lire une telle fonnule dans le processus d'insertion des
jeunes diplômés? Voilà autant de questions qui méritent des réponses.
Les besoins en enseignant sont très importants et varient d'une année à une autre. Chaque
année ces besoins sont recensés et c'est à partir des postes autorisés (recrutements directs
d'enseignants dans la Fonction Publique) que l'on détermine les vacataires. Cela veut dire
qu'on défalque les possibilités offertes des besoins réels pour obtenir un reste qui va
constituer le quota des vacataires.
Dans un contexte marqué par des di fficultés économiques persistantes, l'adoption des PAS,
l'Etat a depuis les années 1990 initié ce système de vacation pour faire face donc à ses besoins
en enseignants. La vacation est un modèle de prise en charge de la question de l'enseignement
en tenne surtout de recrutement en personnel.
Ce qu'il convient de remarquer c'est que chaque année la demande est très forte (5066 en
2003). C'est dire donc que les jeunes diplômés recourent aujourd'hui à la vacation comme
moyen de leur insertion dans la fonction publique et de façon générale dans la société.
Une fois sélectionnés les jeunes diplômés, sans disposer d'une qualification professionnelle
encore moins d'une fonnation pédagogique, sont affectés dans les établissements scolaires
pour dispenser des enseignements.
Leur prestation de services entraîne un payement d'une indemnité mensuelle (85000 francs) et
d'un reliquat déduit du volume horaire annuel du vacataire.
Dans le souci de valoriser le « statut)} des vacataires l'Etat propose un plan de carrière ou un
processus d'intégration dans la Fonction publique. Cette dernière consiste pour le jeune
diplômé, après avoir fait deux (02) années de vacation de passer professeur contractuel et
ensuite de bénéficier d'une formation professîonnalisant dans le métier d'enseignant (passer le
diplôme professionnel) et prétendre enfin assurer son insertion dans la Fonction publique.
Pour certains jeunes diplômés, la vacation est considérée comme un moyen de subsistance,
une forme d'insertion provisoire, une réponse à une situation de chômage en attendant de
trouver un léger mieux. Pour d'autres c'est une voie réeHe d'insertion qu'ils ont choisie. Le
20
statut n'est pas trop important, ce qui compte c'est de trouver Wle occupation quelque soit par
ailleurs le contenu qu'il faut dormer à cet emploi.
Les recrutements opérés ces dernières années dans le cadre de la vacation se présentent ainsi
qu'il suit:
Il s'agit de discuter avec les jeunes diplômés, de leur fournir des informations, conseils, de les
préparer à la recherche d'emploi mais aussi et de les accompagner dans la création
ct' entreprises.
C'est dans cette perspective que le forum de l'emploi des jeunes se tient chaque année.
C'est une rencontre qui regroupe les chefs d'ent.reprises et les jeunes diplômés afin de
pennettre à ces derniers de décrocher un emploi, un st.age et proposer leurs offres de services
à l'entreprise. Chaque année c'est une centaine d'entreprises qui participent (98 en 2001, 98
en 2002, 102 en 2003). Les secteurs les plus représentatifs sont: le Tourisme, les Banques, la
Restauration, le Marketing, la Consultance, les NTIC, les Bâtiments Travaux Publics.
Après trois (03) années d'expériences les résultats se présentent comme suit :
Figure n02: FORUM DU 1er EMPLOI, EDITION 2002
300
EFFECTIFS
TOTAL 1235
..
Nombre de partlclpants : 1235
Source: Fondation emploi jeunes, 2003
23
Figure n02: FORUM DU 1er EMPLOI, EDITION 2002
300
EFFECTIFS
TOTAL 1235
..
Nombre de partlclpants : 1235
Source: Fondation emploi jeunes, 2003
23
Figure n03: FORUM DU 1 ER EMPLOI, EDITION 2003
895
EFFECTIFS
Comme on peut le remarquer à travers les tableaux chaque arU1ée ce sont plus de 1000 jeunes
diplômés qui participent à ce forum (1243 en 2001, 1153 en 2002et 1235 en 2003). Mais les
chiffres montrent des disparités en matière d'insertion. En effet les stages constituent la forme
d'insertion la plus présente (40 %, 26 %, 73 %).
Les contrats à durée déterminée sont relativement importants (31 %. 17 % et18 %) tandis que
les contrats à durée indéterminée restent globalement faibles (17 %, 06 % et 06 %).
L'insertion obéit donc à ces trois fonnes.
Au regard des statistiques nous pouvons clairement a ffmn er que l'insertion reste
essentiellement dominée par les stages. La notion de stage telle que perçue par la plupart des
acteurs renvoie à un contrat d'engagement à l'essai défini par les articles 36 et suivants du
code du travail. Les stages ne sont pas dés fois renouvelés et souvent ne débouchent pas sur
un contrat de travail à durée déterminée ou indétenninée. Ce qui fait que l'insertion est de
courte durée et que le jeune diplômé se retrouve dans une situation de chômage.
24
Cela augure donc une nette précarité de cette fonne d'insertion. Mais la seule satisfaction
qu'il faut noter est que le jeune diplômé, placé dans cette situation de contrat à l'essai,
travaille ses aptitudes, développe un certain nombre de compétences, bénéficie d'une
expérience et se familiarise avec l'environnement professionnel.
Le contrat à durée détenninée est un contrat dont la durée est précisée à l'avance suivant la
volonté des deux parties (article 1 41 du code travail). Cette durée est de deux (02) ans
maximum renouvelable une seule fois.
Dans le forum de l'emploi cette forme bénéficie de pourcentages relativement importants
mais comme son nom l'indique la durée du contrat est limitée dans le temps. Qu'est ce qui se
passe à la fin du contrat? Le plus souvent ces enD ne débouchent pas sur une embauche.
Ainsi le jeune diplômé redevient un demandeur d'emploi. La stabilité de l'emploi est à ce
niveau très fragile.
Les contrats à durée indéterminée restent globalement faibles comparés à l'importance de la
demande.
Grosso modo le forum pour l'emploi des jeunes constitue un programme d'insertion d'une
certaine importance. il participe à l'insertion progressive des jeunes diplômés dans le marché
du travail même si par ailleurs on peut dire que cette insertion reste encore faible et timide.
Mais nous ne saunons tenniner ce point sur le forum de l'emploi sans faire une brève
présentation de la Fondation emploi jeune. Cette dernière dans la lutte pour l'insertion et la
promotion des jeunes diplômés est maîtresse d'œuvre du forum.
La Fondation emploi jeune est née d'une recommandation du forum du 1er emploi initié et
organisé par le MEDS le 22 Décembre 2000 à la porte du ID e Millénaire. Elle se fixe les
objectifs suivants:
• lutter contre le chômage endémique des jeunes
• développer la capacité des jeunes à affronter le marché du travail par le renforcement
de leurs aptitudes (employabilité).
• Assurer une insertion sociale et professionnelle harmonieuse à des groupes cibles par
l'accueil, l'orientation, l'information et le placement par le biais de la Convention
Etat / employeurs.
25
des activités de promotion et d'insertion des jeunes diplômés à travers l'emploi salarié et
l'auto emploi.
Ainsi 544 diplômés dont 30\ titulaires d'une maîtrise en Droit et en Economie ont pu
bénéficier de cette opération. Cette dernière s'est déroulée en trois phases.
1ère phase: 48 PME ont été créées et concernent les sectems Boulangerie (23), transport (13)
et Commerce (12). Cette phase a intéressé 109 maîtrisards pour un montant global de
1.022.036.258 francs.
e
2 phase: 50 PME créées dans les domaines boulangerie (10), Sociétés de pêche 05),
Transport (26), Maraîchage (06), Bijouterie (01), Mareyage (01), Confection (01) pom un
coût global de 1.767.222.456 francs.
e
3 phase: 50 PME dans les secteurs de la Pêche, du Transport et de l'Imprimerie.
Au total prés de 200 sociétés ont été mises en place dans vingt (20) sectems différents et plus
de 500 emplois de diplômés de l'enseignement supériem furent créés.
Mais malgré cette volonté de l'Etat les résultats escomptés n'ont pas été atteints et l'opération
s'est donc soldée par des échecs. Beaucoup de paramètres tels que la méconnaissance du
monde des affaires par les jeunes diplômés, leur préparation et formation en gestion, etc. n'ont
pas été pris en compte dans la mise en œuvre pratique de l'opération.
En outre dans cette promotion de l'auto emploi chez les jeunes le FNPJ (Fonds National de
Promotion des Jeunes) a initié le volet Cabinets de Consultants Juniors (dans un premier
temps on en compte 20 selon les chiffres du FNPJ). TI s'agit d'un programme d'insertion des
26
jeunes diplômés des Facultés de Médecine, Phannacie et d'Odontostomatologie de
l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Toujours dans le registre de l'auto emploi donc de l'emploi non salarié, l'Agence Nationale
pour l'Emploi des Jeunes a développé un vaste programme de fonnation en entreprenariat
ponctué par l'élaboration et le financement de projets. A travers son dispositif d'intervention
et plus particulièrement le cabinet mobile, l'ANE] œuvre pour une promotion de J'auto
emploi dans le secteur jeunesse. A défaut de statistiques concernant les jeunes diplômés qui
ont bénéficié de ce programme nous n'avons pu dresser un bilan chiffré pour mieux ressortir
le poids de l'insertion des jeunes diplômés à travers l'emploi non salarié. Mais ce qui est
constant c'est une voie qui est de plus en plus exploitée par les jeunes diplômés même si elle
reste encore timide.
3-CARATERISTIQUES ESSENTIELLES \
Globalement J'insertion professionnelle des jeunes diplômés se caractérise d'abord par une )
faiblesse comparativement au niveau de la demande mais aussi par une certaine précarité
témoignée par la progression et le développement de nouvelles formes telles que le
volontariat, la vacation, les contrats à durée déterminée (eDD), les stages, l'intérim, etc.
Ces deux caractéristiques fondamentales constituent essentiellement les véritables visages que
prend l'insertion professiOlUlelle des jeunes dip lômés au Sénégal.
Au regard des différents programmes initiés et développés nous nous rendons compte en
observant Ja réalité que même si des efforts ont été consentis ça et là, la situation reste
difficile pour un grand nombre de jeunes diplômés.
Le phénomène des diplômés chômeurs a fini donc de devenir une réalité sociale, un problème
majeur qui ménte d'amples réflexions. Les difficultés d'insertion contraignent les jeunes
diplômés à trouver d'autres fonnules dans le secteur informel notamment comme le signifie
Danielle Anne Cécile Corréa dans son mémoire de maîtrise, 1996 « Insertion des jeunes
diplômés dans les marchés de Dakar» ou bien de se lancer dans des stages à l'infiru.
27
La faiblesse des offres ct' emploi dans le marché du travail les poussent également dans ce qui
est communément appelé volontariat et vacation. Ainsi comme le souligne le rapport mondial
sur la jeunesse, 2003 du Conseil Economique et Social des Nations Unies: ({ les jeunes
diplômés ont de plus en plus tendance à se tourner non pas par choix mais par nécessité
vers le secteur parallèle pour assurer leur subsistance. Cette « zone grise)) du monde du
travail se caractérise par des emplois informels, il des temps partiels ou irréguliers, qui
n'offrent pas les avantages et la sécurité des emplois ordinaires.))
Face aux difficultés économiques et en raison des programmes d'ajustement structurel (PAS)
l'Etat qui était le principal employeur des diplômés dû système de fOffilation recrute de moins
en moins. L'étude d'impact des politiques d'investissement sur l'emploi et la pauvreté au
Sénégal nous signale: «Dans la Fonction publique avec la mise cn place du programme des
départs volontaires initiés dans le cadre du PAMLT (1985~ 1995) les effectifs ont baissé au
cours de cette période de + 400 agents soit 0,6 % par an ).
Les entreprises qm constituent une voie de recours pour l'insertion des jeunes diplômés
n'arrivent plus à absorber les flux des diplômés sortants parce qu'étant également confrontées
aux dures réalités économiques mais aussi parce que ne trouvant pas toujours les compétences
recherchées (la formation est inadaptée à leurs besoins).
Malgré la multiplicité des programmes initiés par l'Etat à travers par exemple l'opération
«maîtrisards chômeurs» et les différentes actions opérées par l'entreprise dans la politique
d'insertion des jeunes diplômés notamment le forum de l'emploi du MEDS, le salon de
l'emploi, les résultats restent encore mitigés et très en deçà du seuil escompté.
Cette situation ne fait que se compliquer davantage d'autant plus que chaque année un grand
nombre de jeunes diplômés issus des établissements de formation vient s'ajouter à celui déjà
en chômage. C'est dire donc si tenté soit-il que chaque jeune diplômé est potentiellement
chômeur du moins pendant un certain temps (qui peut être parfois très long). Le chômage
serait-il un passage obligé pour le jeune diplômé avant de trouver un emploi?
28
La difficulté chez le jeune dip\ômé de trouver un emploi synonyme d'espoir, entraîne chez ce
dernier un certain nombre d'attitudes et de comportements. Vu l'espoir grand placé en lui, le
jeune diplômé se trouve dans] 'obligation de trouver un emploi pour faire face aux difficultés
de sa famille et «rembourser» une dette pour ainsi dire jouer son véritable rôle social.
Au Sénégal le fait d'inscrire son enfant à l'école est un investissement à long tenne. Ce
dernier ne sera amorti que quand l'enfant aura son diplôme mais S1lI1out valorisera son titre
c'est à dire occupera un emploi. Compte tenu de cette situation les jeunes diplômés sont plus
ou moins contraints et prêts à accepter toutes les propositions POUIV'U qu ça leur permette de
s'occuper, de vaincre l'oisiveté, de valoriser leurs diplômes quelque soit par ailleurs le statut
ou les conditions de leur emploi. Cela a été montré par le Conseil Economique et Social qui
indique que cette attitude des jeunes diplômés ne découle pas d'un choix mais plutôt d'une
nécessité.
Ainsi le marché de l'emploi se caractérise par la forte présence des systèmes de volontariat
(Education nationale, Service Civique National), de la vacation, des stages qui ne répondent
pas à une situation d'emploi fixe, stable et sécurisé. Ces occupations ne renvoient à aucune
garantie et c'est à se demander si ces fonnes constituent véritablement une insertion (nous y
reviendrons dans notre lecture critique).
Ce qui est constant et réel c'est que aussi bien l'Etat que les entreprises y trouvent des
avantages certains parce que permettant d'occuper un poste régulier sans occasionner des
incidences budgétaires énonnes. Olivier Galland dans Sociologie de la jeunesse, p 151 décrit
parfaitement ce fait: « les entreprises ont déjà adapté leurs stratégies d'embauche à ces
nouvelles conditions. Ces stratégies n'ont plus grand chose à voir avec les fonnes
traditionnelles d'un processus discontinu (embauché ou refusé). On passe de plus en plus à
des processus discontinus et réversibles: si l'on est embauché c'est pour une période
détenninée qui a le sens d'une période d'essai plus longue et plus souple que les périodes
d'essais tradi tionnel1es .... »
La précarité de l'insertion a entraîné des situations professionnelles qui jusque là n'ont pas été
prévues par la législation. L'étude des caractéristiques essentielles de l'insertion au delà de la
faiblesse et de la précarité qu'elle pennet de ressortir, révèle une certaine diversification des
formes d'accès à l'emploi.
29
L'analyse descriptive de L'insertion professioJlnelle des jeunes diplômés Laisse apparaître un
certain nombre d'aspects qu'il convient aujourd'hui intégrer dans les problématiques de
recherche. En effet le bilan de cette illsenion présente des résultats faibles et timides au
regard de l'ampleur de la demande mais aussi comme cela a été indiqué dans l'étude des
caractéristiques essentielles, de nouvelles formes d'insertion sont apparues et sont entrain
progressivement de prendre place et de s'imposer dans le marché du travaiL.
Mais ces situations demandent de notre part une analyse critique et quelques
commentaires. Autrement dit quelle lecture devons 1I0US faire de cette nouvelle tendance
dans la question de l'insertion des jeunes diplômés? Ne faudrait il pas aller au delà de ce
bilan et de ces caractéristiques essentielles pour ressortir et déterminer la réalité que cache
aujourd'hui l'insertion professionnelle des jeunes diplômés?
30
31
Tout d'abord précisons que «le diplôme donnait une image sociale claire et apparemment
intangible du métier ou de l'occupation professiOIUlelie » Sociologie de la jeunesse. Mais au
Sénégal si le diplôme était perçu comme un facteur de réussite sociale, d'accomplissement et
d'insertion de l'individu, d'intégration certaine dans le monde professionnel, force est de
reconnaître aujourd'hui que la donne est autre. L'obtention du diplôme n'est plus synonyme
d'insertion et d'emploi de l'individu encore moins un bon indicateur de position sociale.
Par conséquent il n'est plus évident de trouver un emploi avec un diplôme qui pourtant était
sensé assurer une position professionnelle et sociale. Le diplôme perd de plus en plus de sa
valeur et il convient de constater avec Galland Olivier dans «Sociologie de la jeunesse»
qu'il se dresse aujourd'hui dans la vie du jeune diplômé une nouvelle période moratoire
longue de plusieurs années.
Cette période correspond à une sorte de traversée du désert. Les jeunes diplômés mettent du
temps durant cette période avant de définir la relation satisfaisante entre leurs ambitions et un
objectif professionnel crédible et de se résoudre souvent à accepter une position inférieure à
celle que leur diplôme leur pennettait d'espérer.
Aujourd'hui il n'est pas rare de voir un jeune polU1ant très diplômé occuper un emploi très
éloigné de ses attentes premières mais aussi souvent mal rémunéré comme par exemple le
volontariat, la vacation, les stages, etc. Cette situation est par ailleurs bien décrite par Pierre
Bourdieu dans son article « Classement, déclassement el reclassement» (1978). Pour
Bourdieu, il y'a un glissement de la valeur du diplôme conséquence de l'évolution croissante
du nombre de diplômés.
La relation entre titres scolaires et emplois occupés ne répond plus à une logique de niveau de
diplôme mais plutôt à un compromis entre le souhaitable et le possible. Cette situation place
le plus souvent le jeune diplômé dans une situation de non choix car comme le souligne
Olivier Galland « la définition de ce niveau d'élaboration du compromis entre le souhaitable
et le possible s'effectuera par tâtonnements itératifs, expériences répétées jusqu'à parvenir à
un niveau à la fois réaliste et satisfaisant d'ambition qui puisse s'actualiser dans des stratégies
32
effectives }>. Le diplômé n'a en fait plus le choix, tout se qui compte pour lui c'est d'occuper
un emploi quelque soit par ailleurs Je contenu et le statut de ce dernier.
Il est également net de constater compte tenu de la situation décrite tantôt le développement
important de l'auto emploi qui est aujourd'hui une voie de recours pour l'insertion des jeunes
diplômés. Le tableau ci dessous en est une parfaite illustration. En effet l'emploi non salarié
occupe 86,92 % de la population active alors que l'emploi salarié ne représente que 13,08 %
de la population.
33
positionner et s'affmner dans le circuit de production à travers l'auto emploi sans même faire
prévaloir leur diplôme. Cela suscite en nous un autre axe de réflexion concernant cette
question de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés.
En effet on ne peut pas parler d'insertion professionnelle au sens strict du terme. En effet
l'insertion professionnelle suppose que le jeune diplômé exerce une fonction en rapport avec
sa fonnation ou qui répond à son profil de diplôme. Tel n'est pas le cas aujourd'hui sur le
marché du travail.
Cela est d'autant plus réel que les structures chargées de l'insertion des jeunes s'orientent plus
vers le tenne insertion socioéconomique qui prend mieux en charge l'ensemble des jeunes,
diplômés ou pas, instruits ou non, qualifiés ou pas.
En outre au regard du développement des nouveHes formes d'insertion des jeunes diplômés
qui ont pour nom volontariat, vacation, intérim, stages, CDD, il nous paraît plus pertinent
de parler plus de pré insertion plutôt que d'insertion. En effet si l'insertion professionnelle est
considérée comme une occupation professionnelle valorisante dans le cadre de la fonnation
reçue permettant de s'accomplir socialement dans l'environnement professionnel fonnel ou
informel, la pré insertion constitue la préparation polyvalente à la vie active par le biais d'une
formation complémentaire. Cette dernière devra permettre au diplômé d'être apte à occuper
un poste de travail ou de créer son propre emploi en fondant une entreprise.
La pré insertion est donc l'antichambre de l'insertion professionnelle des jeunes
diplômés.
34
Cela veut dire que l'insertion professionnelle des jeunes diplômés s'inscrit actuellement dans
un processus qui peut être parfois long pour faire acquérir d'abord un capital expérience
solide avant de l'embaucher. Aujourd 'hui le critère expérience est très présent dans les offres
d'emploi.
35
IEI~U'X'~rI"~ ,.. ~M~,,·E1.
]) ID _l . :. ".....:. . . _ .. ~~ID
__ . __ . ' =' __.,
1
p~~ \' l!fJI14·
T ..~"' lIE .~~. ._ ... Jt.!
E·.-lI;"
.
. l
l '
J;
- .. ~i
",,~.
.~~. ': ID'"1·
~.
~.~"S',
J
~;._.. . _~ .' . _~4':
C'OiNT' . J~lN1ES
36
Dans cette étude des contraintes il est surtout question pour nous:
d'abord de recenser tous les facteurs iimitants que rencontrent les jeunes diplômés
ensuite de faire une analyse de ces contraintes suivant une typologie.
Ainsi nous élaborerons une pyramide des contraintes et étudierons ces dernières dans le cadre
d'une typologie pour mieux ressortir tous les aspects.
L'objectif est de pouvoir à la suite de l'analyse non seulement fournir tous les éclairages
possibles relatifs aux facteurs limitants mais aussi trouver les réponses appropriées pour
assurer une insertion réelle des jeunes.
37
38
Figu re u 0 4 : Pyramide des con train tes
Timidité des
jeunes diplômés
(ace à l'entreprenari
et à l'auto emploi
Méconnaissance
du monde du travail
La pyramide des contraintes donne une idée précise sur l'ensemble des contrainces qui pèsent
sur l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. C'est un outil d'indication et de
présentation de tous les facteurs limitant la promOlion de l'insertion des jeunes diplômés.
39
Le problème le plus aigu c'est il. dire qui pèse le plus lourdement sur l'emploi des jeunes
diplômés est présenté à la base de la pyramide (sur notre figure li s'agit bien de la crise
économique).
Plus on progresse vers le sommet de la pyramide plus l'effet ou l'impact du problème sur
l'emploi s'amoindrit et ceci par rapport au problème signalé précédemment. TI y'a donc une
certaine gradation du sommet à la base ou bien une augmentation de l'effet induit du
problème de la base au sommet.
U faudrait cependant dire que tous les problèmes identifiés et indiqués constituent des
blocages et difficultés sérieuses pour la promotion et le développement de l'insertion
professionnelle des jeunes diplômes.
40
reconnu que les jeunes diplômés ne savent pas toujours bien répondre à W1e offre
d'emploi, faire un cuniculum vitae (C~ et vendre leurs compétences. Le projet
professionnel n'est pas clairement construit par les jeunes diplômés, l'essentiel c'est
de faire la formation et l'emploi viendra après.
En outre beaucoup de jeunes diplômés pensent qu'à l'issue de leur fomlation la voie de
recours pour leur insertion est J'emploi fonnel c'est à dire l'emploi salarié. A cet effet ils
n'accordent pas un grand intérêt à des démarches vers le secteur de l'auto emploi pour
assurer leur propre insertion.
Pour une analyse plus profonde de tous ces points soulevés comme éléments de
contraintes nous avons jugé nécessaire de dresser une certaine typologie. En réalité
certains facteurs présentent des effets similaires et par conséquent peuvent être regroupés
dans un même ordre.
La typologie des contraintes nous permet de mener une réflexion et une analyse plus
poussée et synthétique, de mieux cerner tous les facteurs limitants qui gravitent autour de
la question de l'insertion des jeunes diplômés.
41
42
l-Les contraintes d'ordre économique
Aujourd'hui il est admis à l'échelle mondiale que l'emploi repose entre autres sur le bien être
de la croissance économique comme du reste l'a affmné Michel Camdessus « une croissance
de qualité)} L'une des causes essentielles du chômage des diplômés reste donc dans la
faiblesse ou la stagnation de la croissance économique.
Au Sénégal de 1994 à 1998 la croissance annuelle de l'économie a atteint 5%. Mais ces
dernières années elle est descendue jusqu'à 2% accroissant par la même occasion le déficit
budgétaire et réduisant sérieusement les capacités financières de l'Etat même si par ailleurs il
faut signaler un certain redressement depuis 2003. Cette fluctuation et surtout cette stagnation
du taux de croîssance autour de 5% ne favorise pas la création d'emplois.
En plus le Sénégal comme la plupart des pays de l'Afrique subsaharienne depuis les années
70 traverse ~es difficultés économiques accrues. Les effets conjugués de la croissance
démographique (30/01311), des aléas climatiques et de l'environnement économique mondial
ont conduit à la déflation du personnel au niveau des entreprises publiques et privées et
surtout à la baisse des recrutements au niveau de la fonction publique. Cela implique un
chômage des jeunes en général et des jeunes diplômés en particulier.
La grave accentuation des problèmes économiques et leurs conséquences sur le plan social
notamment (crise de l'emploi) est à mettre à l'actif des Programmes d'ajustement structurel
(PAS) imposés par le FMI et la Banque Mondiale. Malgré l'adoption du PREF (plan de
redressement économique et financier) entre 1979-1984 et puis du PAMLT (Plan
d'Ajustement à Moyen et Long Terme) entre 1985-1992, les résultats escomptés n'ont pas été
atteints.
La dévaluation du Franc CFA conséquence des PAS en 1994 n'a fait qu'aggraver et relever
l'impact négatif de ces choix politiques par rapport à la promotion de l'emploi.
43
En effet depuÎs une quinzaine d'années, l'emploi dans ce secteur a tourné autour de 200 000
occupés avec une expansion modérée d'une quinzaine de milliers d'emplois par le secteur
privé, une régression notable du secteur parapublic et un relatif maintien de la fonction
publique en dessous de 65000 employés ». Cette stagnation des offres dans le secteur
moderne ne répond pas à l'augmentation toujours grandissante des flux de sortie des diplômés
et par conséquent des demandes. Il y'a donc un déséquilibre entre J'offre et la demande à ce
ruveau.
Partant de ce pnnClpe phare l'éducation doit doter le citoyen ct 'un certain nombre de
compétences gu 'il mettra en œuvre de façon opérationnelle pour jouer le rôle qui lui est
assigné (être capable de travailler efficacement).
Au regard du marché de l'emploi beaucoup de jeunes diplômés pourtant ayant bénéficié d'une
instruction poussée et d'un certain niveau se retrouvent dans une situation de non utilisation et
donc de chômage. [J se pose alors un problème de corrélation entre leur fonnation et l'emploi
proposé.
44
L'adéquation fonnation-emploi est depuis W1e décennie un des soucis principaux des autorités
publiques, des institu60ns de fonnatioll que de leur public en particulier les entreprises et les
travailleurs.
Aujourd'hui employeurs, fonnateùrs et autres acteurs soulignent le fait que les diplômés de
l'Enseignement technique et de la formation professioill1elle (ETFP) ne répondent pas
toujours aux besoins des entreprises.
Une enquête réalisée auprès des chefs d'entreprise indique de manière plus ou moins claire les
niveaux de satisfaction sur la valeur de la formation (voir tableau il 0 12).
:s:
Formation
Initiale
Secondaire et
Bonne
17%
Passable
13 %
Mauvaise
04%
Sans opinion
66%
TOTAL
100%
Cette inadéquation fonnation-ernploi est de plus en plus évoquée par les actems chargés de la
promotion de l'emploi, Les jeunes sont de plus en plus diplômés mais ne sont pas directement
opératiorme1s et très souvent ont besoin d'W1e formation supplémentaire et d'un encadrement
pour être apte à asswner certaines fonctions et réaliser certaines tâches. Cela conduit très
souvent à une attitude de méfiance, de manque d'attrait de la part des employeurs à l'égard
des jeunes diplômés (voir tableau).
Ce phénomène trouve sa justification dans le reproche qui est aujourd'hui fait aux diplômés
de ne pas maîtriser les réalités et compétences exigées par l'entreprise. Cette dernière
45
d'aillellrs n'est ni associée à la définition des programmes ni à leU! mise_çn œuvre encore
moins à leur évaluation. Il n'y a donc pas de dialogue entre l'entreprise et le système éducatif
poU~et un curriculum en parfaite adéquation avec les besoins du monde du
travail. Il se pose alors non seulement un problème de pertinence des programmes définis
dans le cadre de l'enseignement et de la fonnation mas aussi un manque réel d'efficacité
interne et externe.
En outre le droit à la formation précédant le droit à l'emploi, l'Etat s'est tourné vers la
promotion de la fonnation du plus grand nombre au niveau des établissements de formation.
Autrement dit il s'agit d'une formation diplômante qui ne tient pas compte ct 'une garantie
d'insertion à l'issue de la formation. Ainsi le maître mot dans les établissements de fonnation
est « l'emploi If 'est pas garallti ».
Signalons que cette réforme a pennis à l'administration aujourd'hui d'éJargir son assiette de
recrutement car s'aménageant la possibilité de recruter en dehors des fonnations classiques
des Ecoles Nationales de Fonnation. C'est pourquoi d'ailleurs force est de constater le
développement du volontariat, des eDD (contrats à durée détenninée), du bénévolat et
d'autres fonnes d'insertion au sein de l'administration qui sont des fonnes atypiques d'emploi
et qui traduisent une précarité de l'emploi.
46
En outre les structures chargées de la promotion de l'emploi sont aujourd'hui faiblement
outillées pour mener à bien leur mission. (Exemple: la direction de l'emploi).
Certaines dispositions prises par l'Etat notamment la Convention Etat/Employeurs pour
l'emploi des jeunes n'impliquent pas toutes les contraintes pour faire respecter les
engagements pris. En effet, tous les résultats escomptés à travers ces accords et Înstruments de
promotion de l'emploi des jeunes diplômés ne sont pas atteints.
La dispersion des interventions est parfois un handicap parce que ne permettant pas toujours
une efficacité des actions. Beaucoup d'acteurs, même si cela peut constituer une force
certaine, intervierment dans la promotion de l'insertion des jeunes diplômés maIS
n'harmonisent pas leurs stratégies pour leur donner plus d'impact et plus d'élan. Il y a donc
W1 défaut de concertation entre les différents acteurs qui se doivent de consolider ensemble
leurs acquis et réfléchir en commun sur les différentes approches et la stratégie d'ensemble à
mettre en place pour résoudre la question de J'insertion des jeunes diplômés.
La société sénégalaise comme la plupart des sociétés africaines du reste est caractérisée par
l' existence de tissus rel ati 0 nne 15, réseaux et d'autres liens basés sur des rapports affecti fs ID ais
Cette caractéristique essentielle de la société se déteint dans le cadre de l'insertion des jeunes
diplômés dans le m.arc~é du travail. En effet s'insère le plus rapidement le jeune diplômé
ayant bénencl€du réseau de relations le plus dense. En d'autres termes le capital social pour
paraphraser Bourdieu est détenninant dans l'obtention d'un poste de travail pour le jeune
diplômé. De manière moqueuse et consensuelle l'expression consacrée à cet état de fait est
tout simplement « bras longs ».
47
Cette pratique qui a la particularité de se fonder sur la subjectivité (le critère compétence n'est
pas du tout pris en compte ni mis en avant et on se soucie guère du profil en face) met par la
même occasion SUI la touche tous les jeunes diplômés qui ne bénéficient pas de capital social.
Ce fait a tendance à s'élargir sur le champ politique avec l'appartenance politique. L'on est
même tenté de parler de capital politique qui aujourd'hui dans la société actuelle joue un rôle
détenninant dans le processus d'insertion. Ce sont des situations aujourd'hui fréquentes dans
notre société et qui portent un coup dur à la transparence du marché de l'emploi.
La difficulté à avoir un projet professionnel précis reste une contrainte de taille dans la
perspective d'insertion des jeunes diplômés. En effet la société aujourd'hui ne prédestine pas
le jeune diplômé à une carrière professionnelle claire et l'encadre dans ce sens. C'est
tardivement que le jeune diplômé commence à réfléchir sur son avenir professionnel et cela
ne table plus souvent avec son véritable profil. L'envirOlmement familial et social du jeune
diplômé ne joue pas véritablement son rôle d'encadrement., d'orientation et de gestion du
jelille diplômé. Il n'y a donc pas d'harmonie entre le système de formation et le système
social.
En outre dans un angle tout à fait singulier, le jeune diplômé est subjectivement attaché à son
diplôme, il ne renonce pas facilement à cette forme d'identité sociale et pour parler comme
Bourdieu il souffre de « ['hystérésis des habitus ». Cette situation le place dans une timidité
face à l'entreprenariat et à l'auto emploi ou bien même il développe une sorte de complexe vis
à vis d'une autre voie d'insertion qui à la limite pourrait être l'issue heureuse de sa vie. PoUt
le jeune diplômé donc après un certain nombre d'années d'études, ne pas travailler dans le
cadre d'un emploi salarié ou [annel signifie un déshonneur, une déception, un échec.
Cela correspond à une représentation que la société s'est forgée déjà du jeune diplômé. Pour
elle le jeune diplômé doit travailler dans le cadre d'un emploi salarié et de préférence dans un
bureau. Cette réalité sociale est un handicap pour l'insertion des jeunes diplômés qui pourtant
peuvent s'engager et réussir aisément dans une entreprise qu'ils ont conçue montée eux
mêmes. Cette timidité face à J'entreprenariat est donc un sérieux problème.
L'analyse opérée à travers cette typologie révèle un poids important des contraintes sur
l'insertion des jeunes diplômés. Ces contraintes SOllt signalées aussi bien du côté de l'of/1"e
48
que de celui de la demande. En d'autres termes certaines difficultés sont propres aux
jeunes diplômés tandis que d'autres leur sont extérieures.
Face à une telle situation il convient d'indiquer uu certain nombre de mesures capables
d'apporter des réponses appropriées et d'insuffler une tendance nouvelle.
49
TRO~SIEME. PA . 'J]6 :
S( \'lrrrE"
:,1"
J,
0..'
.'
J! '~IG"---;'T-IE)S~
R,
_
J \ "
\. 1 ~
__~ _ ~ _
1
~_I' . . :,~. ] 1"
r
J'
~-
50
Aujourd 'hui plusieurs stratégies ont été envisagées el mlses en place dans le cadre de
l'insertion des jeunes diplômés. Les acteurs sont nombreux et chacun essaye en ce qui le
concerne et suivant une certaine démarche d'apporter des réponses appropriées.
Nous n'avons pas la prétention à travers cette étude des stratégies d'apporter la panacée à la
question de l'insertion encore moins de détenir la solution définitive au problème mais nous
tenterons de fonnuler une série de mesures qui nous semblent importantes à prendre pour
contribuer de façon efficace à une insertion réelle des jelUles diplômés.
Ainsi allons nous visiter d'abord les stratégies déjà mises en place au plan institutionnel,
ensuite nous formulerons quelques pistes de solutions qu'il convient d'explorer pour prendre
en charge ]a question de l'insertion des jeunes diplômés.
51
52
L'insertion des jeunes diplômés a toujours constitué une préoccupation majeure pour les
pouvoirs publics. Très vite l'Etat a cherché à mettre en place des mécanismes et instruments
qui permettent d'apporter des réponses. Parmi ceux là on peut noter la Convention Etat /
employeurs privés pour la promotion de l'emploi des jeunes, l'Agence Nationale pOlir
l'Emploi des Jeunes (ANEJ) , le Plan d'Action pour l'Emploi, la réfonne du système
éducati f etc.
Depuis cette date le marché du travail a connu des évolutions c'est dans ce sens que la
politique nationale de l'emploi ainsi que le plan d'action pour l'emploi avaient suggéré dans
leur mise en œuvre une renégociation de la convention.
Ainsi la CNEE a été renégociée avec les partenaires et signée le 25 Avril 2000. Composante
essenbelle de la politique nationale de l'emploi, la convention se propose d'organiser
l'ensemble des rapports entre les parties intéressées dans la mise en œuvre des actions de
promotion de l'emploi en direction des jeunes.
La convention Etat! employeurs constitue donc le cadre juridique dans lequel toutes les
actions de promotion de l' emp loi sont modulées et exécutées. Elle vise surtout à assurer
1'lnsertion des jeunes diplômés à travers un système de placement en stage dans les
entreprises. Toutes les actions ciblées ont été traduites en prograrrunes et concernent les volets
suivants:
S3
3. Programme ({ contrat d'essaimage»
4. Programme de « financement des ressources humaines des PME»
Rappelons tout de même que ces programmes intéressent les titulaires des diplômes de
l'enseignement général ou secondaire (BFEM, Baccalauréat ou autres diplômes
équivalents), les titulaires de diplômes de l'enseignement technique et professionnel
(CAP, BEP, BT ou autres diplômes équivalents) et les jeunes diplômés de l'enseignement
supérieur (Licence, Maîtrise, BTS, DUT, Diplôme d'ingénieur etc.).
Il a ète constaté et reconnu qu'il existait un grand décalage entre la formation reçue par le
jeune diplômé et les tâches qu'il a à exécuter dans l'entreprise ou le milieu professionnel. En
effet les liens entre la formation et l'emploi se sont distendus du fait de l'évolution du système
d'emploi et de la réaction lente de l'appareil de formation peu orienté jusqu'ici vers la
nouvelle réalité des exigences du marché. Cela rend difficile donc l'insertion professionnelle
des jeunes diplômés dans le circuit de production.
A travers ce stage le jeune diplômé bénéficie non seulement d'une formation professionnelle
méthodique, complète et appropriée dans l'entreprise, mais trouve aussi l'occasion de
s'adapter à l'entreprise d'acquérir une expérience pratiq ue et surtout d'augmenter ses chances
pour J'obtention d'un emploi salarié.
Les formules retenues dans ce type de programme sont: les stages d'apprentissage, les
stages d'incubation et les stages d'adaptation et de requalification.
54
Le stage d'apprentissage offre donc aux jeunes diplômés le cadre pour se familiariser avec
l'envirormement professionnel de l'entreprise et ses différentes réalités.
La durée de ce contrat est de 1 an renouvelable une seule fois. Le plus souvent c'est un type
de contrat utilisé par les établissements privés d'enseignement technique et professionnel dans
le cadre de la formation pour placer leurs « produits }) (jeunes diplômés) dans les entreprises.
A l'issue d'un stage de deux (02) ans un contrat à durée déterminée peut être proposé aux
jeunes diplômés,
Considérant les sérieuses difficultés que rencontrent les entreprises et le secteur public quant à
la promotion de l'emploi salarié, ce type de contrat a été proposé pour favoriser Je
développement de l'auto emploi ou de l'emploi indépendant.
Par un système de parrainage ouvert, le jeune diplômé candidat est appuyé et accompagné par
les entreprises qui lui fonl bénéficier notamment des actions de parrainage et lui offrent des
marchés pour qu'il puisse développer sa micro- entreprise.
55
Ce type de contrat vise donc à promouvoir le secteur de l'auto emploi et suscite donc l'esprit
d'entreprenariat et d'initiatives chez les jeunes diplômés.
Cette mesure concerne les micro, petites et moyennes entreprises ainsi que les entreprises
d'essaimage ci dessus évoquées.
Au regard des différentes composantes de la convention, nous pouvons dire sans risque de
nous tromper que cette convention traduit une volonté manifeste de l'Etal de prendre en
charge la question de l'insertion des jeunes diplômés. Des efforts importants sont en effet
consentis par l'Etat.
Mai de façon pratique on constate que la CNEE souffre d'un manque d'efficacité. Si des
stages sont en effet décrochés par les jeunes diplômés la plupart reste en l'état et ne trouvent
pas de sllite. Les chefs d'entreprises restent libres dans leur décision d'opérer des embauches
ou non. Autrement dit il n'existe aucun pouvoir de contrainte de la part de l'Etat. Ainsi on
constate un développement et une multiplication des stages ou bien ce qui est communément
désigné sous le vocable intérim.
Néanmoins l'auto emploi commence à prendre de l'élan mais reste encore timide.
56
Tableau n 0 13 : Grille de répartition des contributions financières
Contributions financières
Groupes Durée du Durée des
Programmes Tranches d'âge Montant Modalités
concernés programme vacances Part Etat Part Entreprise
allocation
BFEM, CAP 17·25 ans SMIG x 0,75 A=Année
40%
Apprentissage 60% (AI)
1-4 ans 1 mois/an 50%
Bac, BEP 17-35 ans SMIG 50% (A 2)
60%
40% (A)
Adaptation Licence, DUT,
1/12 de la durée 50% (AI) 50%
Diplômes 18-35 ans 6 mois-2 ans SMIG x 1,5
du stage 40% (A 2) 60% Prise en charge
Techniques
Requa lificatia fi de la
1/12 de la durée
BTS, DUT 25-45 ans 6 mois-! an SMIG x 1,5 30% 70% contribution de
du stage
e j'Etat par le
Maîtrise, 3
Incubation Fonds National
cycle, 1/12 de la durée
25-45 ans 6 ITIDis·2 ans SMIG x 3,5 40% 60% d'Actions pour
Diplômes du stage
l'Emploi
Techniques
Contrat de solidarité Idem que pour le Programme de stage
Contrat d'essaimage
- 5 salariés Tnlvailleurs 30%
1-2 ans ~
57
2- L'Agence National pour l'Emploi des Jeunes (ANEJ)
L'ANEJ est un service public de l'emploi créé par le décret 0° 2001-109 du 7 Février 2001.
C'est une structure délégataire de mission qui comme son nom l'indique s'occupe
exclusivement de l'insertion des jeunes de façon globale (diplômés et non diplômés). Ces
missions sont donc:
• D'assister les jeunes diplômés à la recherche d'un emploi, d'une formation
professiormelle ou d'un conseil professiormel
• D'accueillir les jeunes demandeurs d'empJoi, les fonner
• D'assister les employeurs dans leurs démarches pour l'embauche des jeunes
• D'assister les jeunes pour la création d'activités productives génératrices de revenus
ou la création d'entreprises.
• Pour mener à bien ses missions l'ANEJ s'est dotée d'un dispositif d'intervention ou
arbre d'actions qui tourne autour de la mobilisatioD, de l'orientation, de la formation et
de J'insertion (voir schéma).
Par la mobilisation les jeunes sont sensibilisés, informés sur les opportunités qui existent dans
le secteur de l'emploi (salarié et auto emploi) mais aussi sur la formation. Cette phase est
réalisée par le cabinet mobile «les routes de l'emploi}) qui permet de contribuer à la
concrétisation de toutes les idées de projet des jeunes. Ainsi entre 2000 el 2003 plus de 1000
projets ont été montés et financés grâce au soutien du FNP J à travers les localités de Kolda,
Kaffrine, Médina, Sangalkam, Fatick et Matam. Ces opérations entrent dans le cadre de
l'emploi non salarié.
Tenant compte des difficultés de contact du jeune diplômé avec le milieu professionnel,
1'ANE] a initié les volets Orientation et Formation pour faciliter l'accès à l'emploi à ces
jeunes. A travers l'orientation l'ANEJ accompagne le jeune diplôme, l'oriente, lui fournit les
conseils dans les initiatives qu'il prend et l'aide à avoir une meilleure lisibilité dans le marché
de l'emploi (quels sont les meiUeurs choix à faire, les secteurs porteurs à investir etc.)
La formation est également un aspect important dans le dispositif de l'ANEJ. Ainsi l'ANEJ
effectue des séances et prograrr:mes de formation aux jeunes. En effet ces programmes
concernent entre autres les techniques de recherches d'emploi (rédaction d'une lettre de
motivation, d'un curriculum vitae) pour le secteur de l'emploi salarié mais aussi
58
l'entreprenariat jeunesse qui constitue le nœud de la promotion de l'auto emploi (moutage de
dossiers de projets, recherche de financement, aide technique au démarrage d'entreprises,
appui conseil, formation en création d'entreprise, octroi de subvention etc.).
L'ANEJ dans sa mission de service public développe un partenariat avec des organismes de
financement (FNPJ, AFDS, mutuelles de crédit, banques, FfI de la CONFEJES, FNfJ) et
les entreprises.
Une base de données a été constituée pour recenser les jeunes à la recherche d'un emploi mais
aussi pour consigner toutes les idées de projets développés.
En ce qui concerne l'objet de notre étude c'est à dire les jeunes diplômés, ils ont été
considérés comme un groupe cible donc en situation difficile. Ainsi le plan d'action pour
l'emploi signale à ce niveau un objectif de développement de l'employabilité des jeunes et de
leur esprit d'entreprise pour augmenter leurs opportlll1ités d'accès à l'emploi. Les résultats
attendus sont:
.:. La maîtrise des flux de sortie et possibilités offertes aux sortants du système de
l'éducation et de la formation.
•:. Une meilleure insertion des jeunes dans le marché de l'emploi
.:. Un développement de l'emploi indépendant en faveur des Jeunes diplômés de
l'éducation et de la formation.
59
Ces résultats ne peuvent être atteints que si des unités d'actions sont réalisées. Il s'agit donc
pour rendre opérationnelle plan d'action de :
• Mettre en place un système de gestion des flux de sortie pour aider au pilotage
des actions de promoÜon de l'emploi des jeunes diplômés.
• Mettre en place un mécanisme de suivi et d'orientation professionnelle pour
améliorer l'employabilité des jeunes diplômés et faciliter leur orientation et
leur insertion.
• Développer l'employabilité des jeunes diplômés des jeunes diplômés à travers
des stages, des fonnations d'adaptation et de quali.fication.
• Renforcer les moyens et les capaci tés des structures d'appui aux demandeurs
d'emploi.
• Aider les jeunes diplômés à créer leurs propres entreprises ou à consolider des
initiatives entreprenaria1es.
Le plan d'action indique les principes directeurs sur lesquels repose une bonne politique en
matière d'insertÎon des jeunes. Elle est assez indicative et constitue le référentiel des
différentes actions à envisager et à mener concrètement.
Ce plan d'action sert de boussole à beaucoup d'acteurs qui interviennent dans le secteur de
l'insertion des jeunes. Ces derniers se chargent de le traduire en actes et programmes.
Cependant la maîtrise des flux de sortie et des possibilités offertes aux sortants des
établissements scolaires reste un problème dont la solution permettrait de faire réellement des
avancées significatives. Aujourd'hui les stratégies mises en place souffrent de cette faiblesse
de données de base.
60
Le PAES VIse notamment le développement de la recherche support nécessaire aux
fonnations dispensées, l'amélioration de la qualité des études universitaires dans le sens d'une
meilleure adaptation de l'enseignement supérieur aux besoins de développement et au marché
du travail, le développement d'un encadrement général et technologique de qualité,
l'amélioration de J'enseignement supérieur et de la recherche universitaire.
L'adoption du PAES s'inscrit dans le cadre d'une meilleure gestion des flux au sem de
l'espace universitaire et entre actuellement dans le mouvement de réforme initié à l'université.
La réforme envisagée dans t'espace universitaire constitue une voie réelle de prise en charge
des déficits d'efficacité du système de formation universitaire.
En outre les CUR constituent également un pan important des réfonnes envisagées par l'Etat
pour articuler les contenus de fonnation aux véritables réalités du marché du travail. En effet
il s'agit de développer, dans le cadre d'études universitaires, des filières professionnalisantes
destinées à rendre directement opérationnels les jeunes sortants de ces eUR. Dans t'esprit il
s'agit de rompre avec J'enseignement universitaire général pour s'orienter vers des
compétences qui sont aujourd'hui demandées dans le marché de l'emploi. La définition des
programmes se fait en rapport avec les nécessités de la vie active.
61
62
l~ Rôle des associations étudiantes
Dans la gestion de la question de l'insertion, les associations étudiantes ont un rôle très
important à jouer. En effet ces associations se penchent le plus souvent sur des activités
lucratives ou bien sur de simples revendications sur des problèmes ponctuels.
Aujourd 'hui la question centrale de leur implication dans la marche des établissements
scolaires et universitaires doit être leur participation à l'insertion des jeunes diplômés. En
d'autres tennes quel rôle les associations étudiantes doivent jouer dans le ['insertion des
jeunes diplômés?
Leur orientation doit changer du moins s'enrichir de ce volet pour répondre aux exigences du
moment. Certaines démarches te.IJes que les services de stages, les forums des métiers, les
guides des débouchés professionnels, accès à Internet, les fonnations en infonnatique sont à
promouvoir et à encourager dans l'espace universitaire par les associations étudiantes, les
amicales. Elles visent la participation à la vie sociale et facilitent un meilleur accès des
diplômés à l'emploi.
En France cette expérience a été concluante avec notamment avec l'AFIJ (Association pour
Faciliter J'Insertion professionnelle des Jeunes diplômés). Cette association, née de la
volonté des organisations étudiantes représentatives et des mutuelles étudiantes, propose sur
le campus un service de stages tout au long de l'année. En nouant des contacts réguliers avec
les entreprises, l' AFIJ recueille et sélectionne les offres de stages, facilite le contact et
conseille les étudiants.
De nombreuses associations éditent des guides des débouchés, confectionnent j'annuaire des
anciens et des entreprises qui recrutent. Ce sont des outils pratiques car la plupart des
étudiants ne disposent pas d'informations et manquent de repères. Le mérite de ces fonnules
réside dans leur capacité à baliser les pistes, à souligner les perspectives professionnelles
possibles, à décrypter les modalités de tel ou tel métier et à donner des contacts.
Au Sénégal les associations étudiantes à travers les amicales (Faculté des Lettres, faculté des
Sciences, faculté de Médecine, faculté de Droit, des écoles de fonnation, etc.) peuvent agir de
63
manière particulièrement efficace pour promouvoir l'insertion professiormelle et favoriser
l'embauche des jeunes diplômés.
S'il se pose un sérieux problème d'infonnation chez les jeunes diplômés les amicales et autres
associations doivent servir de relais, de cadres de partage et de diffusion de l'infomlation.
A cet effet l'Amicale des étudiants de l'ENSUT fait ses preuves dans cette lutte pour la
promotion de l'insertion professionnelle des jeunes diplômés. En effet cette amicale via son
administration dispose des adresses de tous les sortants, leur fonction, leur position etc. Elle
utilise ce carnet d'adresses pour insérer progressivement les jeunes déjà en fonnation à travers
des stages et au bout du compte cela découle sur des embauches. Les anciens ont donc un
devoir de reconnaissance vis à vis de l'école pour assurer un encadrement et une insertion de
leurs cadets sur le marché de l'emploi. Il faudrait également dire que l'administration
s'implique également dans ce combat pour suivre de près ses «produits» c'est à dire les
diplômés sortants.
Cette expérience de l'amicale de l'ENSUT doit être généralisée et inspirer les autres
associations étudiantes présentes au sein de 1'espace ou du cocon universitaire. C'est dire
donc que les associations étudiantes doivent se positionner véritablement dans cette lutte pour
la promotion de l'insertion des jeunes diplômés.
A cet effet les établissements de formation et l'université doivent s'ouvrir directement aller à
la rencontre de ,l'entreprise et vis versa. Une cooperation devra donc s'instaurer davantage
pour une gestion efficiente de la question de l'insertion.
Les moments de contact entre l'entreprise et le jeune diplômé sont matérialisés par les stages.
Ces derniers doivent constituer des prolongements de la fonnation scolaire qui pennettent de
64
mieux connaître l'entreprise, apprendre le métier aux jeunes et surtout articuler une formation
théorique aux réalités pratiques de l'entreprise.
Mais ce dialogue est faussé au départ pour ne pas dire n'existe pas. En effet l'école dispense
ses enseignements suivant W1 projet pédagogique bien défini. L'entreprise de son côté
fonctionne selon des règles et une certaine logique qui n'est pas toujours prise en compte dans
le cursus de formation.
Les jeunes diplômés se trouvent dés lors confrontés à de sérieuses difficultés quant à leur
intégration dans le milieu de l'entreprise. Ainsi les stages qui devaient servir de prolongement
d'une foonation servent aujourd'hui à un nouvel apprentissage. Autrement dit le jeune
diplômé se livre à une nouvelle fonnation et est souvent passif pour ne pas dire inutile. Or
l'entreprise ne fonctionne pas suivant cette logique. Elle cherche des profits et tous les agents
qui sont en son sein doivent être opérationnels en temps réel et justifier leur présence.
Ce dialogue n'est pas donc dynamique entre l'école et l'entreprise faute donc d'Une prise en
charge des réalités des deux parties.
Auj ourd'hui récole doÏ t s'ouvrir à l'entreprise et cette demière doit être présente dans la
définition des programmes de foonation, s'impliquer dans l'encadrement des jeunes depuis la
formation jusqu> à l'obtention de leur diplôme.
Un partenariat en tenne de sujets, travaux doit s'établir entre l'université et les entreprises.
Cela entraînerait la définition d'un projet professionnel chez le jeune diplômé qui fera sien
certaines préoccupations de l'entreprise.
65
Une enquête relative aux entreprises laisse entrevoir les tendances à un nouveau dynamisme
avec des recrutements massifs. Sur 97 entreprises (55,1 % du total) qui prévoient un
changement de leurs effectifs 88 d'entre elles soit 94,9 % envisagent une augmentation à
raison de 60 employés en moyenne par entreprise. Les secteurs cibles pour ces recrutements
sont: l'industrie phamlaceu tiq ue et para chimique, la métallurgie, le texti le et 1'habi llement, la
production alimentaire, les bâtiments et les TP (travaux publics), le transport et la
communication, les services professionnels, la pêche etc.
Dans ce cadre l'entreprise dans un souci d'efficacité souhaite des changements appropriés au
nouveau contexte. Le tableau ci après montre les catégories et tes fréquences des changements
souhaités.
L'école dans son rendez-vous avec l'entreprise doit intégrer ces besoins, les adapter afin de
définir le profil type du jeune diplômé apte à opérer dans le domaine de J'entreprise.
Cette logique s' inscri t tout fait en matière de politique d'emploi dans ce gu'on appelle le
« courant adéquatioDniste ~). Pour ce dernier une adéquation entre la fonnation et l'emploi
contribue de manière conséq uente à la lutte contre le chômage. C'est pourquoi d'ai lieurs dans
le cadre de la réforme de l'éducation et de la fomlation il est prévu la définition de nouveaux
cunicula de fonnation en rapport avec les professionnels du secteur pour coller davantage aux
besoins des utilisateurs (administration, entreprises, etc.).
66
Tableau n 0 14 : Changements souhaités par l'Entreprise
Mais aujourd'hui la réalité montre que beaucoup de jeunes diplômés ont pu s'insérer en
dehors des circuits traditionnels en empruntant le secteur de l'emploi non salarié.
67
Dans le contexte socioéconomique actuel il s'agit de promouvoir l'auto emploi chez les
jeunes diplômés. L'entreprenariat sous sa fOffile individuelle ou collective est un moteur de la
croissance économique.
Auj ourd' hui si t' insertion revêt des romles atypiques, l'auto emploi prend de plus en plus des
proportions grandissantes el devient un mode d'accès privilégié à l'emploi. Ainsi les jeunes
diplômés se lancent dans le secteur de l'auto emploi à travers le montage de leur propre
entreprise en exploitant ou en profitant de certaines opportunités offertes par les structures de
financement telles que le FNPJ mais aussi l'encadrement de certains services comme
}'ANEJ.
L'auto emploi est donc devenu une voie de recours qui semble être la ligne d'action ]a plus
pertinente dans la gestion de la question de l'insertion. L'auto emploi représente rappelons le
86,92 % de la part de la population active au Sénégal.
Cependant cet auto emploi doit être sous tendu d'abord par une nécessaire formation des
jeunes diplômés en entreprenariat et en gestion ensuite par une souplesse des structures de
financement et enfin par un large suivi et des évaluations périodiques des activités.
TI faut toutefois considérer que l' entreprenariat n'est pas à la portée de tous. Il convient de
s'assurer que les jeunes diplômés ont le désir et les aptitudes pour ce faire avant d'être
orientés sur cette voie. Les leçons de «l'opération maîtrisard )}, ({ des magasins
références» doivent être bien entendu tirées pour que l'initiative émane d'abord des jeunes
diplômés.
68
CONCLUSION
L'étude a essayé de mettre en évidence la situation de l'insertion professionnelle des jeunes
diplômés.
L'analyse situationnelle révèle que l'insertion des jeunes diplômés au Sénégal reste faible et
est encore très timide ceci malgré la volonté des autorités publiques et l'engagement de
certains acteurs privés.
Notre étude s'est enfin employée à visiter un certain nombre de stratégies qui ont été adoptées
mais aussi a indiqué des orientations nouvelles qu'il convient d'explorer, d'envisager et
surtout d'enrichir.
L'insertion professionnelle des jeunes diplômés est une équation assez complexe à résoudre.
Elle appelle une forte mobilisation et une implication sérieuse de tous les acteurs. Ces derniers
doivent davantage développer la concertation et la coordination de leurs actions.
69
Toutes les contraintes identifiées doivent faire j'objet d'une attention particulière, d'un
examen munîtieux.
L'insertion ne saurait être la seule affaire des pouvoirs publics encore moins se focaliser sur
l'emploi salarié seulement. L'emploi non salarié ou l'auto emploi doit être cultivé et promu au
sein des jeunes diplômés pour les inciter davantage à plus d'initiatives individuelles, à être
leur propre employeur. Les opportunités existent, la question de l'insertion doit être envisagée
désormais sur toutes ses fonnes.
70
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
OUVRAGES GENERAUX
1. Analyse de l'insertion professionnelle des sortants des centres de formation
professionnelle et des établissements d'enseignement teclmique. Juin 1986- juin 1987,
avril 1990.
2. APEC: L'insertion professionnelle des jeunes dipiômés, 2002
3. Badara Gueye « Convention Etat' Employeurs pour la promotion de l'emploi:
difficultés de mise en œuvre et nécessité d'une réactualisation opératiOIUlelle»
mémoire de fin d'études (section sociale) ENAM 1994-1995
4. Bilan et perspectives de la politique de jeunesse: 1960- 2003, Ministère la jeunesse
document de base de l'atelier de lancement du processus d'élaboration de la Lettre de
Politique de Développement du secteur Jeunesse, 2003.
5. CESAG« appréciation du système de formation- emploi par les entreprises >}, rapport
de synthèse Mai 199 t .
6. Conunission Nationale d'Etudes de Concertation et de suivi des Etats généraux de
l'Education et de la Formation: «Atelier National sur l'intégration université -
Entreprise ».
7. Conférence internationale du travail: «La jeunesse») Rapport V, 72 e session, BIT
1996, 174 pages.
8. Conseil National du Patronat Français (CNPF) : «Réussir la formation professionneI1e
des jeunes» les éditions d'organisation, 163 pages.
9. Convention Nationale Etat 1 Employeurs pour la promotion de l'emploi des jeunes.
10. Danielle Anne Cécile Corréa : « L'insertion des jeunes diplômés dans les marchés de
Dakar »).
Il. Document de poli tique sectorielle de l'enseignement teclmique et de la formation
professiOIUlel1e. Ministère de l'enseignement technique et de la formation
professiolU1elle, Février 2002.
12. Fall M, 1992: Jeunesse et Entreprise au Sénégal: De la mystique de l'alternance au
credo «managérial » in D'Almeido- Topor, H , Coquery Vidrovitch les jeunes eo
Afrique, Tome 1, édition l'harmattan Paris pp 235~257.
13. Fonds d'Insertion des Jeunes: Les outils de Gestion, Tome l, CONFEJES, 40 pages.
71
14. Fourcade B, Paul 1-1, Vemière M, 1994 : Insertion professionnelle dans les pays en
développement: concepts- résultats, problèmes méthodologiques, revue tiers monde,
Tome XXXV, Octobre - Décembre pp 724- 759.
15. Initiation Economique et sociale, édition Nathan, 272 pages.
16. Olivier Galland: «Sociologie de la jeunesse. L'entrée de la vie» édition Annand
Colin, 231 pages.
17. Pierre Marie Coly; «Le code du travail»
18. Plan d'action pour l'emploi
19. Politique Nationale de l'Emploi, Ministère de l'emploi et du travail- Direction de
l'emploi, 43 pages.
20. Programme Décennal de l'Education et de \a Ft>rrnation (PDEF), ministère Qe
l'Education Nationale de l'Enseignement teclmique et de la Formation
professionnelle, Résumé exécutif, septembre 2000
21. Recensement général des demandeurs d'emploi, 1999
22. Sophia Gaitanidou : « Les acteurs et stratégies mises en œuvre en matière d'insertion
des jeunes sénégalais sur le marché du travail » Fondation Fréderich Ebert, Mai 2002,
72
TABLE DES MATIE.RES Pages
Sonlmaire 1
Introduction : 2
Présentation de l'étude 2
Problématique ; 3
Objectifs 5
Approche métbodologique ~ 6
Définition opérationnelle des termes du sujet 7
73
TROISIÈME PARTIE : STRATÉGIES 50
Chapi tre 1 : Les stratégies institutionnelles , 52
1. La Convention Nationale Etat / Employeurs pour la promotion de l'emploi 53
1.1 Le programme de stage et d'apprentissage 54
1.2 Le progranune« contrat de solidarité » 55
l .3 Le programme « contrat ct' essaimage » 55
lA Le progranune de « financement des ressources humaines des PME }) .. 56
2. L'Agence Nationale pour l'Emploi des Jeunes (ANEJ) 58
3. Le Plan d'Action pour]' emploi 59
4. Les réfomles du système éducatif. , 60
Chapitre II : Perspectives 62
1. Rôle des associations étudiantes ,., , , 63
2. Dialogue système éducatif- entreprise 64
3. Promotion de l'emploi salarié , 67
74
.
'
ANN
- " EX
,
'ES'"
.,
.
-
. .
.,
"'
'
.
1
,
,
", .
75
GUIDES D'ENTRETIEN
diplômés
I1·Contraintes
1- Quelles sont les plus grandes difficultés d'insertion professionnelle des Jeunes
diplômés?
2- Quel est le problème qui se signale le mieux?
3- Existe-t-il des liens entre ces contraintes?
4- Quelles sont les difficultés majeures auxquelles la direction de l'emploi est confrontée
dans l'exercice de ses missions de promotion de J'emploi?
III- Contraintes
J- Quelles sont les difficultés que rencontrent actuellement les jeunes diplômés dans le
marché de l'emploi?
2- Quels sont les problèmes auxquels est confrontée la Fondation emploi jeune?
IV- Appréciation
1- Quelle lecture faites vous de la situation de J'insertion des jeunes diplômés au
Sénégal ?
2- Après trois (03) années d'expérience, quel bilan pouvez YOUS dresser?
3- Quelles sont les pistes ou voies que vous envisagez d'explorer?
4- Quelles innovations majeures doit on apporter au combat pour l'insertion des jeunes
diplômés?
Répubiique du Sénégal
VII Peuple-Un Bllt-Une Foi
MINISTERE DE LA .JEUNESSE
Jeunes?
L'Abence est un service pub~k ( j ' l'emploI, créé par décret nO 2001-109 du '7
lévrier 2001. Son administra1"ion est gérée par un Directeur Général nommé par
dccret du Président de la République,
! L'Agence est une structure inl nsversa!e: des représenl<lnts de l' Gli:1l, du
f~C eu privé, d'ONG et d'Organisation de jeunesse composent sOn C()!1st:il
d' rientation et de coordination.
EUe est placée sous la tutelle du Ministre chargé de la Jeunesse.
LI Agence bénéficie d'une ::mtonomie administrative, fina cièrc et
technique. Ses ressources provienl1elll de contributions de l'Etat, des partellaires
3U développement et de ses prest:Hions de service.
2
Quels sont les services offerts par l'Agence?
UnI>, assistance aux jeunes à la recherche d'un emploi, d'une formation ou d'un
\~
conSeil
pro~essionnel (offre de fonnations aux techniques de recherche d'emnloi, de
négociation de poste de travail, de rédaction de curriculum, de construdion de
projets professionnels, de fonnations professiOlmelles, placement sur Je marché
de l'emploi).
Des services d'informations pour les jeunes demandeur~ d'emplois sur leurs
droits' et obligations (salaires et accessoires, plans de carrières etc.).
Une assistance aux employeurs dans leurs démarches pour j'embauche des
jeunes (organisation de rencontres d'embauche et de recrutement, mise à
disposition de la base de données pour des recrutements, préparation des jeunes
demandeurs d'emplois à intégrer le monde du travail, planification des
ressources humaines).
Phase 1 : La Mobilisation:
Il s'agit d'une 'phase importante qui constitue la porte d'entrée à l'Agence.
Durantladite phase, les jeunes sont informés des opportunités dans le secteur de
l'emploi: emploi salarié, non salaIié et la formation.
Cette phase, d'animation économique de la jeunesse est exécutée par Je Bus à
projets, «Les Routes de l'Emploi» et la coalition nationale pour l'Emploi des
JeUD.es gérée par l' ANEJ.
Le 'jnaître d'œuvre de la mobilisation est la Direction de l'Orientation et du
Placement (DOP).
3
,
1
1
1
.,
Phase 2 : L'Orientation:
En consiste en un entretien avec les jeunes demandeurs ou créateurs d'emplois,
ou tout jeunes recherchant une fOlmation professionnelle ou académique.
L'orientation conduit vers deux secteurs principalement: l'emploi salarié et
l'auto-emploi.
Dans les deux cas, le jeune, ou l'usager remplit une fiche de renseignement
intégrée dans la base de données de l'agence.
La Direction de la Promotion de l'Esprit d'Entreprise et la Direction de
l'Orientation et du Placement preTUlent en charge les candidats.
Phase 3 : La Formation:
Elle consiste à répondre, dans la mesure du possible, aux besoins de formation
exprimés par l'usager ou identifiés pendant Pentretien.
Les réponses en fonnation professionnelle et en création d'entreprises sont
fournies par la DPEE.
Les réponses en formation aux techniques de recherche d'emploi, sont fOllmies
par la DOP.
L'agence, dans la plupart des cas, construit ses propres modules et outils de
formation en recherchant à les adapter aux besoins des usagers.
Phase 3 : L'Insertion:
C'est la démière phase du dispositif d'intervention. Elle consiste à faire entrer le
jeune dans le monde du travail par l'emploi salatié ou l'auto-emploi.
Durant cette phase, sont concrétisées les relations avec les organismes de
Jinancement,(ENP-Jr-AEDS, Mutuelles de crédit, BaJlques, Fonds d'Insettion des
JeJnes de la CONFEJES, FNIJ et les partenaires) et avec l'entreprise.
4
DISPOSITIF D'INTERVENTION DE L'ANEJ
i i i
. lobihsatiofi
Accueil et
Information
---+ O' .
nentatwn IFormatio~ Insertion dans le
monde du travail
DOP
-Bus à projets, Salons emplois
Marché de l'emploi Techniques de Placement en
recherche d'emplois entreprises
(emploi salarié)
DOP DOP DOP
-Collecte d'info. Sur le candidat -Outils de formation -Base de données sur demandeurs
(Fiche de recensement) -Partenaires privés ct publics -Partenaires pubtlCS ct privés
5
Quels sont les services offerts par l'Agence?
Une assistance·aux jeunes à la recherche ct 'un emploi, d'une fonnation ou d'un conseil
professionnel.(offre de formations aux techniques de recherche d'emploi, de négociation de
poste de travail, de rédaction de curriculum, de construction de projets professionnels, de
formations professionnelles, placement sur le marché de l'emploi).
Des services· d'informations pou r les jeu nes demandeurs d'emplois sur leurs droi ts et
obligations (salaires et accessoires, plans de canières etc.).
Une assistance aux employeurs dans leurs démarches pour l'embauche des
.:eunes (organisation de rencontres d'embauche et de recrutement, mise à disposition de la
oase de données pour des recrutements, préparation des jeunes demandeurs d'emplois à
intégrer le monde du travail, planification des ressources humaines).
Une assistance aux jeunes cherchant à créer des activités productives génératrices de
revenus (montage dossiers de projets, recherche de financements, aide technique au
démarra Fe d'entreprises, appui conseil, fonnation en création d'entreprise, octroi de petites
subventlbns, formation en entrepreneuriat).
';-.' '" '-.. 1 '~'. ~'_"" • • • • , . : ; -.•1 · . , . ':",",'. . " . . ' , .,.:-.~ -':i':.::~~.~,.-.. -.
Qu'est"ce' gue là·Ccahtlb·n~:falt;·exa'ctément?·
.. ~\.···· : .... -.'j?;.~> "'.'. . ' . ,: '·'~·'·.':·'··~'''!S~,,!\·:·:'-:<L·;~~·l~{{;.·''
. _.", ',', ~.~ ~ ." '.:,. "-':'.lo'.I~ .•.. "'H""'~'''\''.(.b.r <•... <,':,' . ;.l.. ~ ..:,:." '.',', ~",,!;':'~'::' ;'".'.:"', ~ ,' \.,~,,::'t~. ,~.:-<'.~--~~,.·"'};i"';.~~l,{t~.l'F,-' \(·.:·
La cà'~Îjti'6~h'; ·\':~r~déri1â'i~èP~~è·~~'·1~ë{iYlféi<~\/~'é'·~ ne '·déh'.irchi:"p to g'r~ssiv"e' dé' "r~'Ù)·ë'.fI1·~'~:::·':~t;0~~ -:: ;~;:
action: 'L' Âgenc'e nationalë··~6~( l'emploi des jeunes (ANfJ) offre un bureall éq(iipé: .?, .
0' ~,1e machiné et assurera le secrétariat.
Q'.":è~re commissions ont été constituées'
Production et facilitation de l'accès à l'informJtion ;
Renforcement des capacités;
Plaidoyer, lobbying et mobilisation des ressources
Facilitation du partenariat.
C ~.êo.ue cornmi-:sofl' est sous la responsabilité d'un membrE' de 'a coalition dOlîl
l'i'"-smution abritEra par ailleurs les travaux de \0 commiSSion Les responsati:e':> de
(C'",:,mlssion et l'Ar·!EJ constituent ensemble la structure de coordlnalic,..·.
)
'.\
COALITION POUR L'EMPLOI DES JEUr\IES
DECLARATION D'INTENTION
L'insertion des jeunes dans le monde du travail est une préoccupation majeure des
décideurs politiques et des acteurs du développement. L'emploi des jeunes occupe une
place de plus en plus importante dans les programmes de lutte contre la pauvreté et
dans les revendications des organisa ions de la société civile.
Cependant, face à la diversité des acteurs, des domaines et stratégies d'Intervention, il
est apparu nécessaire de rechercher plus de lisibilité et de créer les conditions favorabl s
à plus de synergie et de complémentarité entre acteurs et a une optimisation des
ressources disponibles.
La Fondation Friedrich Ebert, en étrOite collaboration avec les acteurs clés, pui cet e
dynamique de concertation. Elle a ainsi abrité deux rencontres qUI om permis aux
acteurs présents de s'accorder sur la création d'une coalition pour l'emploi des jeunes
dont les éléments de justification sont les suivants:
La nécessité de partager l'information;
La nécessité de capitaliser et d'échanger des expériences;
La recherche de synergie et de complémentarité entre acteurs;
l'optimisation des ressources.
i..es .activités de· la coalition s'inscrivent dans une démarche progressive de recherche
action .et s'appuie sur un secrétariat et quatre commissions dont les tâch _s sont fixées
·par les termes de référence qui sont arties intégrantes de cette déclara 'ion d'lntentio
Les acteurs signataires de la présente déclaratiort d'intention sont membres à
part entière de la coalition et s'engagent à participer à l'.atteinte d~s objectifs
fixés à la coalition pour l'emploi des jeunes
NOM DE LA STRUCTURE:
ADRESSE:
TELEPHONE:
EMAIL:
NOM DE L:'''. PERSONNE RESPONSABLE:
DATE SIGNATURE
A envoyer à: M. Mohamed Dieng: Agence Nationale pour l'Emploi des Jeunes (ANE));
Immeuble Pasteur, 2,·m< Et<Jge, Tél.: 842 23 43; E·mail: [email protected]
-.
,'Cimetière St
lazard
1'" •
I~I-
/\ VERS MERMOZ:
_---'Vt-...L,}ID ~.
VDN VERS FOIRE
ADRESSE:
1 VDN immeuble 12~ liberté ,![ extension
en face cimetière catholique Saint-Lazard
7'ef: +221 867-14-91 H i
~
Pa~': +221 864-27-02 jS-]g 4 J ~~ /
fi
BP : 16993
Œ,mazI: jej@sunum,azLsn « Vne jeunesse responsa6Ee, pour un avenir mei[unir »
'1
POVCJZQ.VOI VWlE POg{());4cnOW ?
(Pourquoi une Pondation CEmpfoiJeunes? ",rt, Le chômage des jeu.nes n'est pas unefataGté; ,,">
.. fe ~onde cMuge, if est temps alors cie cfianBer nos .JJf,fI#11'1r.rttirtlè
~anagériaCes ,. ~..-' ,
·~mpfoi rf'~ne.
... Ce conte:{Je économique JVationaJ et In ternationa[ estfavora 6re
(dicentra[zsation, déconcentration et monaUllisation)
L a 'Fonaation JeunarésuCte aes
Les résuCtats atterufus:
recommanâations âu Porum au ter P.mpCoi initié et
~CJ?jaGsation aactions d'insertion et rfe réfia6iCitation SOciilre;
organisé par fe :M.PlDS [e 22 âécem6re 2000 à [a rt- Idéntification aes opportunités et faire revi'ure res 6assins
â empfois pour ra jeunesse entnprenante.
Porte du III éme <M i[(énaire. :" Rt-sp(lnsa6i[isaüolT cfe ra jeul/esse qUI' est ra p[us précieuse des richesses,
La Porufation se ji:{e {es o6jectifs suivants:
Comment?
e Lutter contre [e cfiômage endémique des Jeunes
~ Orgawsation cfe séminaires et {[atdier.'- de fonnations ;
Q 0évelopper ra capacité des jeunes à affronter re marché azl .... (Promotion et Inse1tion des jeunes par: