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Chapitre VI

Ce document décrit la modulation analogique et plus particulièrement la modulation d'amplitude. Il présente les notions de signal primaire, porteuse et signal modulé, ainsi que les formules mathématiques décrivant ces signaux. Le document contient également des figures illustrant les différents types de modulation.

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Chapitre VI

Ce document décrit la modulation analogique et plus particulièrement la modulation d'amplitude. Il présente les notions de signal primaire, porteuse et signal modulé, ainsi que les formules mathématiques décrivant ces signaux. Le document contient également des figures illustrant les différents types de modulation.

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CHAPITRE VI

MODULATION ANALOGIQUE

Pour transmettre un signal, il faut une antenne dont la dimension dépend de la longueur d’onde
λ C
du signal, en général de l’ordre de 4. λ = f où f est la fréquence du signal et C la vitesse de
propagation.
Si on transmet un signal haute fréquence (HF) f = 440.105 Hz, soit une longueur d’onde λ =
C 300000 λ
= = 6.81 m , la dimension de l’antenne est = 1.7 m. La taille de l’antenne est
f 44000 4
raisonnable. Le signal HF est facilement transmissible. En revanche, si on transmet un signal
C 300000
basse fréquence (BF) f = 440 Hz, la longueur d'onde est λ = f = 44 = 681 km, est
λ
beaucoup plus grande et cela nécessiterait une antenne de l’ordre 4 = 170.5 km, une antenne
de taille considérable et de plus le signal serait rapidement atténué. La transmission d’un signal
BF à grande distance est impossible.
Le but de la modulation est donc de translater le spectre d'un signal basse fréquence (sons,
musique, parole) vers les hautes fréquences pour pouvoir le transmettre facilement.

VI-1 NOTATIONS
Le symbole conventionnel d’un modulateur analogique est :

Signal primaire × Signal secondaire


u(t) s(t)
modulant modulé

porteuse
up(t)

Fig VI.1. Modulateur analogique


Signaux à temps discret

Le signal primaire ou modulant u(t), est le signal utile, portant l’information et généralement
de basse fréquence.
La porteuse, généralement de haute fréquence, est un signal sinusoïdal de fréquence fp et
d’amplitude Ap :

up (t) = Ap cos(2πfp t) = Ap cos(ωp t)

Le signal secondaire ou modulé s(t) résultant de la modulation de la porteuse par le signal


primaire ou modulant u(t) a la forme :

s(t) = S(t) cos(φ(t))

dφ(t)
φ(t) : phase instantanée de s(t) et ω = 2πf(t) = .
dt

Les différents types de modulation consistent à faire varier un des paramètres du signal modulé
s(t) proportionnellement au signal modulant u(t) :
➢ Amplitude : S(t) = Ap + ΔU(t), c’est la modulation d’amplitude.
➢ Fréquece : f(t) = fp + Δf(t), c’est la modulation de fréquence.
➢ Phase : φ(t) = ωp t + Δφ(t), c’est la modulation de phase.

ΔU(t), Δf(t) et Δφ(t) sont appelés déviations instantanées d’amplitude, de fréquence ou de


phase respectivement.
La figure (VI.2) représente les trois types de modulation où on remarque la variation
d’amplitude pour la modulation d’amplitude, une variation de fréquence pour la modulation de
fréquence et un saut de phase pour la modulation de phase.

VI-2 MODULATION D’AMPLITUDE


AM

La modulation d’amplitude est le plus simple et le plus ancien procédé de modulation. Elle a
été utilisée le premier en 1920.

VI-2-1 Signal AM dans le domaine temporel


La porteuse est modulée par le signal u(t) où la fréquence reste constante et l’amplitude varie.
L’expression du signal modulé est :

s(t) = S(t) cos(φ(t)) = [Ap + ΔU(t)] cos(ωp t) (VI.1)

La déviation instantanée d’amplitude est proportionnelle au signal modulant u(t) :

ΔU(t) = k u(t) (VI.2)

K est un facteur constant qui dépend du modulateur.

Traitement du signal 324 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Variation d’amplitude

modulation d'amplitude

modulation de fréquence

Saut de fréquence
modulation de phase

Saut de phase

Fig VI.2. Types de modulations

L’amplitude du signal modulé est donc une fonction linéaire du signal modulant :

S(t) = Ap + ΔU(t) = Ap + k u(t) (VI.3)

Si le signal modulant u(t) est sinusoïdal d’amplitude Am et de pulsation ωm :

u(t) = Am cos(ωm t) (VI.4)

alors le signal modulé de la relation (VI.1) devient :

Am
s(t) = [Ap + k Am cos(ωm t)] cos(ωp t) = Ap [1 + k cos(ωm t)] cos(ωp t)
Ap

Traitement du signal 325 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

soit

s(t) = Ap[1 + m cos(ωm t)] cos(ωp t) (VI.5)

en posant
Am
m=k (VI.6)
Ap

m est le taux de modulation qui est le rapport entre l’amplitude du signal modulant et
l’amplitude de la porteuse. Il caractérise l’influence du modulant sur l’amplitude de la porteuse.
Il est exprimé en pour-cent (%).
La figure (VI.3) représente le signal modulé en amplitude avec le signal modulant et la porteuse.
Signal modulant
6

4
u(t) + U0

(a)
2

0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
t
Porteuse

1
up(t)

0 (b)
-1

0 0.002 0.004 0.006 0.008 0.01


t
Signal modulé
5=S_max

1=S_min
s(t)

0 (c)

-5
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
t

Fig VI.3. (a) signal modulant, (b) porteuse, (c) signal modulé en amplitude

La figure (VI.3c) montre que le signal modulé présente une enveloppe (en rouge sur la figure)
qui ne s’annule jamais et a la forme du signal modulant. S(t) = Ap + Δu(t) = Ap + k u(t)
constitue cette enveloppe.
L’amplitude du signal modulé oscille entre deux valeurs extrêmes : Smax et Smin (Fig.VI.1c).
D’après la relation (VI.5) :
Smax = Ap (1 + m) pour cos(ωmt) = 1 ① et Smin = Ap (1 - m) pour cos(ωmt) = -1 ②

Traitement du signal 326 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Divisons ① sur ② :

Smax Ap (1 + m)
=
Smin Ap (1 − m)

On en déduit le taux de modulation :

Smax − Smin
m= (VI.7)
Smax + Smin

La figure (VI.4) présente le signal modulé pour différentes valeurs du taux de modulation m.
Pour m < 1, (Fig.VI.4a), l’amplitude de signal modulé varie entre Ap(1 + m) et Ap(1 – m). Pour
m = 1, (Fig.VI.4b), on note le passage des enveloppes par zéro. Dans le cas de m > 1,
(Fig.VI.4c), il est difficile de détecter l’enveloppe du signal modulé car il existe des zones où
les deux enveloppes sont inversées. On dit qu’il y a surmodulation
La modulation est de bonne qualité si le taux de modulation m < 1.
m<1
Ap(1 + m)

Ap(1 - m)
0 (a)
-Ap(1 - m)

-Ap(1 + m)

m=1

(b)

m>1

(c)

Fig VI.4. Signaux modulés pour 3 valeurs de m

VI-2-2 Signal AM dans le domaine fréquentiel


En utilisant la formule trigonométrique :
1
cos(a) cos (b) = [cos(a + b) + cos(a + b)]
2
le signal modulé s(t) prend la forme :

Traitement du signal 327 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

s(t) = Ap [1 + m cos(ωm t)] cos(ωp t) = Ap cos(ωp t) + m Ap cos(ωm t) cos(ωp t)

m Ap m Ap
= Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2

Cherchons la transformée de Fourier de s(t) :

m Ap m Ap
𝒯ℱ[s(t)] = S(f) = 𝒯ℱ [Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t ]
2 2

Ap mAp
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + [δ(f + (fp + fm )) + δ(f − (fp + fm )]
2 4
mAp
+ [δ(f + (fp − fm )) + δ(f − (fp − fm )] (VI.8)
4

La relation (VI.8) est le spectre bilatéral du signal modulé AM, représenté sur la figure (VI.5).

S(f)
Ap Ap
2 2
mAp mAp mAp mAp
4 4 4 4

f
−fp −fm −fp −fp +fm fp −fm fp fp +fm

Fig VI.5. Spectre bilatéral du signal modulé AM

Le spectre bilatéral du signal s(t) est donc composé de six raies :


Ap
➢ Le premier terme est la porteuse non modulé, d’amplitude aux fréquences fp et - fp.
2

mAp
➢ Le deuxième terme est d’amplitude 4 aux fréquence fp + fm et -(fp + fm) appelé bande
latérale supérieure ou USB (Uper Side Band).

mAp
➢ Le troisième terme est d’amplitude 4 aux fréquence fp – fm et -fp + fm appelé bande latérale
inférieure ou LSB (Lower Side Band).

Cependant, le spectre unilatéral est :

mAp mAp
S(f) = Ap [δ(f − fp )] + [δ(f + (fm + fp ))] + [δ(f + (fp − fm ))] (VI.9)
2 2

Traitement du signal 328 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

S(f)
Porteuse
Ap

mAp mAp
Bande latérale 2 2 Bande latérale
inférieure supérieure
f
fp −fm fp fp +fm
B = 2fm

Fig VI.6. Spectre unilatéral du signal modulé AM

Le spectre unilatéral est formé de trois raies : la porteuse de fréquence fp, la raie latérale
supérieure à la fréquence fp + fm et la raie latérale inférieure à la fréquence fp - fm (Fig.VI.6).
La largeur spectrale occupée par le spectre est :

B = Δf = (fp + fm) – (fp - fm) = 2fm (VI.10)

Il faut disposer donc d’un canal d’une largeur B = 2fm pour transmettre un signal modulé.
Dans le cas général, le signal modulant u(t) est quelconque, et constitué d’une infinité de
fréquences mais il a un spectre borné, représenté sur la figure (VI.7a).
L’expression du signal modulé est d’après les relations (VI.1) et (VI.2) :

s(t) = [Ap + ΔU(t)]cos(ωp t) = [Ap + k u(t)]cos(ωp t)

sa transformée de Fourier est :

𝒯ℱ[s(t)] = S(f) = 𝒯ℱ[Ap + k u(t)]cos(ωp t) = 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] + 𝒯ℱ [k u(t)cos(ωp t)]

= 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] + k 𝒯ℱ [u(t)] ∗ 𝒯ℱ [cos(ωp t)]

Ap k
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp )]
2 2

avec :

𝒯ℱ[u(t)] = U(f)

finalement

Ap k
S(f) = [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + [U(f + fp ) + U(f − fp )] (VI.11)
2 2

Traitement du signal 329 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Le spectre bilatéral S(f) du signal modulé est formé de deux pics de Dirac en fp et -fp et de
spectre du signal modulant translaté autour de −fp et de +fp (Fig.VI.7b).

|U(f)|

f
-fmax +fma
(a)

|S(f)|

f
−fp −fmax −fp −fp +fmax fp −fmax fp fp +fmax

(b)

Fig VI.7. (a) Spectre du signal modulant, (b) Spectre bilatéral du signal modulé AM

Le spectre unilatéral est alors :

|S(f)|

BLI BLS
f
fp −fmax fp fp +fmax
B = 2fmax

Fig VI.8. Spectre unilatéral du signal modulé AM par un signal quelconque

La figure (VI.8) montre que le spectre unilatéral présente une bande latérale inférieure et une
bande latérale supérieure, symétriques par rapport à la porteuse. Les deux bandes contiennent
la même information u(t). Il y a donc un gaspillage de la bande passante du canal de
transmission. La largeur de la bande du signal modulé est le double de celle du signal modulant.

Traitement du signal 330 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

En radio AM, le canal est fixé à 9 kHz, ce qui implique une fréquence maximale transmissible
du signal modulant de 4.5 kHz.

Exercice 1 :
Les grandes ondes GO sont situées entre 150 kHz et 285 kHz. Quel est le nombre maximum
d’émetteurs autorisés sur cette bande de fréquence ?
Réponse :
La largeur de bande est Δf = 285 – 150 = 135 kHz. Chaque canal a une largeur spectrale de 9
kHz, par suite le nombre d’émetteurs est : 135/9 = 15.

VI-2-3 Puissance transportée par un signal AM


1- Puissance moyenne de la porteuse

En absence de modulation, m = 0, le signal est une tension sinusoïdale d’amplitude Ap. Sa


puissance moyenne est :

T T T
1 2 A2p 2 A2p 1 + cos(2ωp t)
Pp = ∫(up (t)) dt = ∫(cos(ωp t)) dt = ∫ dt
T T T 2
0 0 0

T T
A2p 1 A2p cos(2ωp t) A2p
= ∫ dt + ∫ dt =
T 2 T 2 2
0 0
Sachant que la valeur moyenne d’un cosinus est nulle, on aura à la fin :

A2p
Pp = (VI.12)
2

La puissance Pp est la puissance de la porteuse non modulée nécessaire pour transmettre au


moins la porteuse.

2- Puissance moyenne du signal modulé en amplitude

L’expression du signal modulé en amplitude est :

m Ap m Ap
s(t) = Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2

En appliquant la relation de Parseval, la relation (II.26) :


T
2 +∞ +∞
1 1
P = ∫|s(t)|2 dt = ∑ |Cn∗ |2 = A20 + ∑ A2n
T 2
T n=−∞ n=1

2

Traitement du signal 331 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

la puissance du signal modulé est donc :

Ap 2 (m Ap )2 (m Ap )2 Ap 2 m2
Ps = + + = [1 + ]
2 8 8 2 2

Ps = la puissance de la porteuse + la puissance de la BLS + la puissance de la BLI

En utilisant la relation (VI.12), on a finalement :

m2
Ps = Pp [1 + ] (VI.13)
2

La puissance Ps dépend du taux de modulation m et elle est constituée de deux termes :


A2p
➢ Pp = : la puissance de la porteuse.
2
2
➢ Pu = Pp m2 : la puissance utile contenue dans les bandes latérales pour transmettre le signal.

On définit le rendement η de la modulation par le rapport de la puissance utile sur la puissance


totale :

m2
Pu 2 m2
η= = = (VI.14)
Ps m2 2 + m2
1+ 2

Si l’indice de modulation augmente, le rendement augmente. Le rendement d’une modulation


est donc maximal pour m = 1, puisque pour m > 1 c’est la surmodulation.

Si m = 1, alors :
m2 1 3
Ps = Pp [1 + ] = Pp [1 + ] = Pp
2 2 2
et
2
Pp = Ps
3
2
Au moins les 3 de la puissance émise sont transportées par la porteuse qui ne contient aucune
information. La transmission par modulation AM entraine un gaspillage d’énergie. A l’aide de
la relation (VI.14), on trouve le rendement :

m2 1
η= =
2+ m2 3

Exemple 1 : Calculer le rendement dans le cas : Ap = 50V ; m = 0.5.

La puissance de la porteuse est :

Traitement du signal 332 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

A2p
Pp = = 25 W
2

La puissance totale est :

m2 0.25
Ps = Pp [1 + ] = 25 [1 + ] = 28.125 W
2 2

Pour une bande latérale, la puissance est :

(m Ap )2
Pbande latérale = = 1.56 W
8

On a deux bandes latérales, la puissance utile est donc : 2 × 1.56 = 3.12 W.

Ainsi, pour une puissance émise de 28.125 W, seuls 3.12 W correspondent au signal utile, les
25 W restante sont utilisées pour transmettre la porteuse.

Par conséquent le rendement est :

2 × Pbande latérale 2 ∗ 1.56


η= = = 11%
Ps 28.125

Dans les applications pratiques, ce rendement est de l’ordre de 30%.

VI-2-4 Démodulation
La démodulation consiste à retrouver le signal modulant u(t) à partir du signal modulé s(t).
Deux techniques peuvent être utilisées :
➢ Démodulation par détection d’enveloppe ou le détecteur crête.
➢ Démodulation synchrone.

1- Démodulation par détection d’enveloppe

En modulation d’amplitude, l’information se trouve dans l’enveloppe. Le moyen le plus simple


consiste à extraire l’enveloppe du signal modulé s(t). Pour ce faire, on va utiliser un détecteur
de la figure (VI.9). C’est la méthode la moins onéreuse, la plus courante et la plus simple, mais
à condition que le signal AM ne soit pas surmodulé (m > 1) pour que l’enveloppe soit
proportionnelle au signal modulant.
Le signal modulé s(t) est redressé par la diode pour garder seulement l’alternance positive et
retrouver le signal r(t) de la figure (VI.10).
L’introduction du filtre passe-bas (Rd , Cd) permet de supprimer le signal de haute fréquence
fP de la porteuse et de garder le signal de basse fréquence fm du signal modulant. Ainsi, lorsque
la diode est passante, le condensateur est chargé à la tension du signal modulé s(t), c’est la partie AB de
la figure (VI.11a).

Traitement du signal 333 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

s(t) r(t) ud(t)

Fig VI.9. Détecteur crête

r(t)

Fig VI.10. Signal redressé par la diode

Dès que le signal d’entrée décroit, la diode se bloque, car la tension aux bornes du condensateur devient
supérieure à la tension du signal d’entrée et le condensateur se décharge lentement dans la résistance
avec la constante de temps τ = RC jusqu’à ce que la tension aux bornes du condensateur ud(t) redevienne
égale à celle de la tension modulée s(t), c’est la partie BC de la figure (VI.11a).
Les charges et les décharges du condensateur donnent la tension aux bornes du condensateur
qui reproduit approximativement la forme de l’enveloppe du signal AM représentée sur la
figure (VI.11b).

Décharge du condensateur ud(t)

ud(t) B

A
s(t) C

Diode passante Diode bloquée


(a) (b)

Fig VI.11. (a) Charge et décharge du condensateur


(b) tension aux bornes du condensateur

Traitement du signal 334 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Le filtre supplémentaire (Rr , Cr), élimine les ondulations comme le montre la figure (VI.12)

Rr
ur(t)

ur(t) Cr

Fig VI.12. Elimination des ondulations à l’aide du filtre supplémentaire (Rr,Cr)

La figure (VI.13) montre que le condensateur Ce permet d’éliminer la composante continue du


signal ur(t) pour restituer le signal u(t).
Ce
u(t)

u(t) t

Fig VI.13. Elimination de la composante continue

Pour que la détection d’enveloppe soit de bonne qualité, il faut que le filtre passe-bas élimine
la porteuse fp mais n’atténue pas trop le signal basse fréquence fm que l’on veut récupérer.
1
Si la constante de temps τ est de l’ordre de la période Tm = du signal modulant, le
fm
condensateur se décharge trop lentement, la tension ud(t) décroit trop lentement et le signal
démodulé ne peut pas suivre les variations du signal modulant, par conséquent la démodulation est de
mauvaise qualité comme le montre la figure (VI.14).
1
Si la constante de temps τ est de l’ordre de la période Tp = de la porteuse, le condensateur se
fp
décharge trop rapidement, la tension ud(t) décroit trop rapidement et le signal démodulé présente une
forte ondulation, la démodulation est encore une fois de mauvaise qualité comme le montre la
figure (VI.15).
Pour une démodulation correcte, il faut que la constante de temps vérifie la relation :

Tp ≪ τ ≪ Tm (VI.15)
Ou bien

Traitement du signal 335 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

1
fp ≪ ≪ fm (VI.16)
τ
avec τ = R·C

Tm Tension après filtre passe-bas

r(t)

Fig VI.14. Décharge trop lente. τ ~ Tm

Tp Tension après filtre passe-bas

r(t)

Fig VI.15. Décharge trop rapide. τ ~ Tp

Exemple 2 : fp = 205 kHz et fm = 20 kHz


Les périodes correspondantes : Tp = 4.9 μs et Tm = 50 μs
Tp ≪ τ ≪ Tm , 4.9 μs ≪ τ ≪ 50 μs
On peut prendre par exemple : τ = 25 μs, ce qui donne : R = 1 kΩ et C = 25 nF.

2- Démodulation synchrone

Dans une démodulation synchrone, on multiplie le signal modulé s(t) par une autre porteuse
u′p (t) = Ap cos(ωp t) qui est un signal sinusoïdal en phase (synchrone) avec la porteuse up (t).
Le signal résultant x(t) est :

Traitement du signal 336 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

x(t) = s(t) × u′p (t) = s(t) × Ap cos(ωp t)

1 + cos(2ωp t)
= Ap [1 + m u(t)] cos(ωp t) × Ap cos(ωp t) = A2p [1 + m u(t)]
2

A2p A2p
= [1 + m u(t )] + [1 + m u(t)] cos(2ωp t)
2 2

Le signal démodulé est donc :

A2p A2p m u(t) A2p [1 + m u(t)] cos(2ωp t)


x(t) = + + (VI.17)
2 2 2

Dans l'expression de la relation (VI.17), nous avons les deux premiers termes qui contiennent
le signal modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse avec une composante continue
indésirable, tandis que le deuxième terme correspond à la haute fréquence 2fp.
Le spectre du signal x(t) est donné par le calcul de sa transformée de Fourier qui est :

A2p A2p m u(t) A2p [1 + m u(t)] cos(2ωp t)


𝒯ℱ[x(t)] = X(f) = 𝒯ℱ [ + + ]
2 2 2

A2p A2p m u(t) A2p cos(2ωp t) A2p m u(t) cos(2ωp t)


= 𝒯ℱ [ + + + ]
2 2 2 2

A2p A2p m A2p A2p m


X(f) = δ(f) + U(f) + [δ(f + 2fp ) + δ(f − 2fp )] + [U(f + 2fp ) + U(f − 2fp ]
2 2 4 4

Le spectre du signal x(t) représenté sur la figure (VI.16) montre bien le signal modulant u(t) en basse
fréquence et le spectre de u(t) décalé de ±2fp d’amplitude deux fois moindre. Il suffit donc de filtrer
avec un filtre passe-bas pour éliminer les hautes fréquences et on obtient :

A2p A2p m
y(t) = + u(t)
2 2

Le signal y(t) ainsi obtenu contient une composante continue qu’on éliminera et on a à la fin :

A2p m
v(t) = u(t)
2

La détection synchrone nécessite la présence d’un signal synchrone avec la porteuse. Que se
passe-t-il si le signal n’est pas synchronisé en phase et en fréquence avec la porteuse ?
Considérons deux porteuses, l’une pour la modulation l’autre pour la démodulation, de phase
et de fréquence différentes comme sur la figure (VI.18) :
up1 (t) = Ap1 cos(ωp1 t + φ1 ) est la porteuse pour la modulation

up2 (t) = Ap2 cos(ωp2 t + φ2 ) est la porteuse pour la démodulation.

Traitement du signal 337 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

|U(f)|

f
-fmax +fm
(a)

|X(f)|

Filtre PB

f
-2fp- fmax -2f -2f + f -fp -fmax fmax fp 2fp- fmax 2fp 2f + f
p p max p max

(b)

Fig VI.16. (a) Spectre du signal modulant. (b) Spectre du signal démodulé

Le système final pour la démodulation synchrone est représenté sur la figure (VI.17).

Signal modulé × x(t) y(t) v(t)


s(t)
Passe-bas Elimination
de la composante
Signal synchrone continue
Ap cos(ωp t)

Fig VI.17. Démodulation synchrone


.

Signal modulant Signal démodulé


× Signal modulé × x(t)
u(t)
s(t)

Porteuse Porteuse asynchrone


up1 (t) = Ap1 cos(ωp1 t + φ1 ) up2 (t) = Ap2 cos(ωp2 t + φ2 )

Fig VI.18. Modulation et démodulation avec deux porteuses asynchrones

Traitement du signal 338 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

L’expression du signal modulé est donnée par la relation (VI.5) :


s(t) = Ap1 [1 + m u(t)] cos(ωp1 t + φ1 )
L’erreur de phase est : Δφ = φ2 - φ1
L’erreur de fréquence est : Δωp = ωp2 - ωp1

D’après la figure (VI.18), le signal démodulé est :

x(t) = s(t) × Ap2 cos(ωp2 t + φ2 )

= Ap1 [1 + m u(t)] cos(ωp1 t + φ1 ) × Ap2 cos(ωp2 t + φ2 )

En utilisant la formule trigonométrique :


1
cos(a) × cos(b) = [cos(a − b) + cos(a + b)]
2
on trouve alors :

Ap1 Ap2
x(t) = [1 + m u(t)] cos(ωp2 t + φ2 − ωp1 t − φ1 ) + cos(ωp2 t + φ2 + ωp1 t + φ1 )
2
Ap1 Ap2
= [1 + m u(t)] cos(∆ωp t + ∆φ) + cos[(2ωp2 − ∆ωp )t + 2φ2 − ∆φ)]
2

A la sortie du filtre passe-bas, on a :

Ap1 Ap2 Ap1 Ap2


y(t) = [1 + m u(t)] cos(∆ωp t + ∆φ) = [1 + m u(t)] cos(2π∆fp t + ∆φ)
2 2

Les erreurs de phase et de fréquence affectent la détection du signal modulant.


➢ Si Δφ = 0 et Δfp = 0, il n’y a aucune erreur, les deux porteuses sont synchrones, le signal
y(t) devient :
Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)]
2
Le signal est reçu correctement. Après élimination de la composante continue on trouve :
Ap1 Ap2
v(t) = m u(t)
2

➢ Si Δφ ≠ 0 et Δfp = 0, il y a seulement une erreur de phase et le signal y(t) devient :

Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)] cos(∆φ) (VI.18)
2

Après élimination de la composante continue, on aura :

Traitement du signal 339 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Ap1 Ap2
v(t) = cos(∆φ) m u(t) (VI.19)
2

Le signal démodulé v(t) est proportionnel au signal modulant u(t) lorsque l’erreur de phase
Δφ est constante.
L’erreur de phase entraine une atténuation sans distorsion du signal : lorsque Δφ = 0,
π
l’amplitude du signal démodulé est maximale et lorsque ∆φ = ± 2 il ya élimination totale du
signal.

➢ Si Δφ = 0 et Δfp ≠ 0, il y a seulement une erreur de fréquence et le signal y(t) devient :

Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)] cos(2π∆fp t) (VI.20)
2

Le signal démodulé est multiplié par une sinusoïde de basse fréquence. Il va subir une variation
continue en amplitude et par conséquent, on aura un effet de battement indésirable.

➢ Si Δφ ≠ 0 et Δfp ≠ 0, on a à la fois une erreur de phase et une erreur de fréquence, le signal


y(t) est :
Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)] cos(2𝜋∆fp t + ∆φ) (VI.21)
2

On aura également dans ce cas l’effet de battement.

VI-3 MODULATION D’AMPLITUDE SANS PORTEUSE


AM-P
DSB-SC : Double Side Band Suppressed Carrier

On a vu que le principal inconvénient de la modulation d'amplitude AM est l’emploi de grandes


puissances, pour transmettre la porteuse qui ne contient aucune information utile. On peut
envisager de la supprimer pour obtenir plus de puissance donc un meilleur rendement. C’est la
modulation d’amplitude sans porteuse AM-P.

VI-3-1 Signal AM-P dans le domaine temporel


La modulation est obtenue en multipliant le signal modulant par la porteuse :
s(t) = u(t) × up (t) = Ap cos(ωp t) u(t) (VI.22)
u(t) : signal modulant
Ap : amplitude de la porteuse
Dans la relation (VI.22) ne figure plus l’indice de modulation. La figure (VI.19) représente le
signal modulé AM-P où les deux enveloppes de la porteuse se croisent.

Traitement du signal 340 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

1.5

0.5

-0.5

-1

-1.5
0 0.001 0.002 0.003 0.004 0.005 0.006 0.007 0.008 0.009 0.01

Fig VI.19. Signal modulé en AM-P

VI-3-2 Signal AM-P dans le domaine fréquentiel


La transformée de Fourier de la relation (VI.22) nous donne :
𝒯ℱ[s(t)] = S(f) = 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t) u(t)] = 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] ∗ 𝒯ℱ [u(t)]

Ap Ap
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] ∗ U(f) = [U(f + fp ) + U(f − fp )] (VI.23)
2 2

Le spectre du signal (Fig. VI.20) est donc composé de deux bandes latérales autour de fp alors
que la porteuse, qui correspond à une raie à la fréquence fp, n’apparait plus dans le spectre.
Pour transmettre le signal modulé, il faut aussi disposer d’une largeur de canal B = 2fm.

|U(f)|

f
-fmax +fmax

(a)

|S(f)|

f
-f - f -f + f f-f f+f
p max -fp p max p max fp p max

(b) B = 2fmax

Fig VI.20. (a) Spectre du signal modulant (b) Spectre du signal modulé AM-P

Traitement du signal 341 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

VI-3-3 Puissance transportée par un signal AM-P


La relation (VI.22) devient dans le cas d’un signal modulant sinusoïdal de fréquence fm :

s(t) = Ap cos(ωp t) u(t) = Ap cos(ωp t) Am cos(ωm) )t

Am Ap Am Ap
s(t) = cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2

La puissance du signal modulé est d’après la relation de Parseval :

(Am Ap )2 (Am Ap )2 (Am Ap )2 (VI.24)


Ps = + =
8 8 4

La puissance de chacune des bandes latérales est :

(Am Ap )2 Ps
PBLS = PBLI = = (VI.25)
8 2

La puissance utile Pu contenue dans les bandes latérales pour transmettre le signal est :

(Am Ap )2
Pu = PBLS + PBLI = (VI.26)
4

On déduit alors le rendement η de la modulation :

(Am Ap )2
Pu 4
η= = 2 =1
(VI.27)
Ps (A m Ap )
4

Le rendement est de 100%, car aucune puissance n’est perdue dans la porteuse.

VI-3-4 Démodulation des signaux AM-P


La démodulation des signaux AM-P est réalisée par la démodulation synchrone représentée sur
la figure VI.21. On multiplie le signal modulé par un signal sinusoïdal de même fréquence et
de même phase que la porteuse up(t).
A la sortie du multiplieur, le signal x(t) est :

x(t) = s(t) × Ap cos(ωp t)

On remplace le signal modulé s(t) par la relation (VI.22), le signal x(t) devient :

1 + cos(2ωp t)
x(t) = Ap u(t) cos(ωp t) × Ap cos(ωp t) = A2p u(t)
2

Traitement du signal 342 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Signal modulé × x(t) y(t)


AM-P
s(t) Passe-bas

Signal synchrone
Ap cos(ωp t)

Fig VI.21. Démodulation synchrone

Le signal démodulé est donc :

A2p A2p
x(t) = u(t) + u(t) cos(2ωp t) (VI.28)
2 2

Dans l'expression de la relation (VI.28), nous avons le premier terme qui contient le signal
modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse, tandis que le deuxième terme correspond à la
haute fréquence 2fp qui va être éliminé par le filtre passe-bas.
Le spectre du signal x(t) est donné par le calcul de sa transformée de Fourier qui est :

A2p A2p
𝒯ℱ[x(t)] = X(f) = 𝒯ℱ [ u(t) + u(t) cos(2ωp t)]
2 2

A2p A2p
= 𝒯ℱ [ u(t)] + 𝒯ℱ [ u(t) cos(2ωp t)]
2 2

A2p A2p
= 𝒯ℱ [ u(t)] + 𝒯ℱ [ u(t)] ∗ 𝒯ℱ[𝑐𝑜𝑠(2ωp t)]
2 2

A2p A2p 1
= U(f) + U(f) ∗ [δ(f + 2fp ) + δ(f − 2fp ]
2 2 2

D’où

A2p A2p
X(f) = U(f) + [U(f + 2fp ) + U(f − 2fp ] (VI.29)
2 4

Le spectre du signal x(t) représenté sur la figure (VI.22b) montre bien le signal modulant u(t)
en basse fréquence et le spectre de u(t) décalé de ±2fp d’amplitude deux fois moindre. Il suffit
donc de filtrer avec un filtre passe-bas pour éliminer les hautes fréquences et on obtient :

A2p
y(t) = u(t) (VI.30)
2

Traitement du signal 343 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

|U(f)|

f
-fmax +fm
(a)

|X(f)|

Filtre PB

f
-2fp-fmax -2fp -2fp+fmax -fp -fmax fmax fp 2fp-fmax 2fp 2fp+fmax

(b)

Fig VI.22. (a) Spectre du signal modulant. (b) Spectre du signal démodulé

VI-4 MODULATION A BANDE LATERALE UNIQUE


BLU
SSB : Single Side Band

VI-4-1 Spectre d’un signal BLU


On a vu que pour les modulations AM et AM-P, les deux bandes latérales portent la même
information u(t). On peut donc supprimer une des deux bandes latérales pour obtenir plus de
puissance et diminuer la largeur de bande, c’est la modulation à bande latérale unique ou BLU.

Le signal BLU est obtenu à partir du signal AM-P, par un filtrage passe-bande autour d’une des
bandes latérales. Suivant la position du filtre, on peut conserver soit la bande latérale supérieure
soit la bande latérale inférieure.

Signal modulant × i(t) s(t)


u(t)
Passe-bande

Porteuse
Ap cos(ωp t)

Fig V.23. Modulation BLU

Traitement du signal 344 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Choisissons un signal modulant sinusoïdal : u(t) = Am cos(ωmt)


Le signal intermédiaire i(t) de la figure (VI.23) est le signal modulé AM-P dont l’expression
est :

i(t) = u(t) × up (t) = Am cos(ωm t) × Ap cos(ωp t)

En utilisant la formule trigonométrique :


1
cos(a) × cos(b) = [cos(a − b) + cos(a + b)]
2
on a :

Am Ap
i(t) = [cos (ωp − ωm )t + cos (ωp + ωm )] (VI.31)
2

Pour obtenir un signal BLU, on introduit un filtre passe-bande pour laisser passer soit la bande
latérale inférieur :
Am Ap
sBLI (t) = cos (ωp − ωm )t (VI.32)
2
soit la bande latérale supérieure :
Am Ap
sBLS (t) = cos (ωp + ωm )t (VI.33)
2
Pour retrouver le spectre du signal BLU, cherchons la transformée de Fourier du signal i(t) :

i(t) = u(t) × up (t) = u(t) × Ap cos(ωp t)

𝒯ℱ[i(t)] = I(f) = 𝒯ℱ[u(t) × Ap cos(ωp t)] = 𝒯ℱ[u(t)] ∗ 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)]

D’où

Ap Ap
I(f) = U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ] = [U(f + fp ) + U(f − fp ] (VI.34)
2 2

La figure (VI.24) montre le spectre du signal intermédiaire I(f). Après filtrage par un filtre
passe-bande, on a soit la bande latérale supérieure (Fig.VI.24c)
Ap
S(f) = [U(f + fp )]
2
soit la bande latérale inférieure (Fig.(VI.24e)
Ap
S(f) = [U(f − fp )]
2
On remarque que dans le cas de la bande latérale supérieure, le spectre du signal BLU est
simplement formé du spectre du signal modulant u(t) décalé de fp (Fig.VI.24c). En revanche,
pour la bande inférieure, on obtient un spectre inversé par rapport à celui de u(t), c'est-à-dire
les composantes hautes fréquences de u(t) deviennent les composantes basses fréquences pour
s(t) (Fig.VI.24e).

Traitement du signal 345 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

|U(f)|

f
-fmax +fmax

(a)

|I(f)|
Filtre

f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax

(b)

|S(f)|

f
-fp-fmax -fp fp fp+fmax

(c) B=f
m

|I(f)|
Filtre

f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax

(d)

|S(f)|

f
-fp -fp+fmax fp-fmax fp
B=f
(e) m

Fig VI.24. Spectre du signal BLU

La bande passante est B = fm. La largeur du canal est maintenant divisée par deux par rapport
aux modulations AM et AM-P. On peut donc transmettre deux fois plus d’information.

VI-4-2 Puissance transportée par un signal BLU


Les relations (VI.32) et (VI.33) donnent les expressions du signal BLU :

Traitement du signal 346 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

la bande latérale inférieure


Am Ap
sBLI (t) = cos (ωp − ωm )t
2
la bande latérale supérieure :
Am Ap
sBLS (t) = cos (ωp + ωm )t
2

La puissance du signal modulé est :

(Am Ap )2 (VI.35)
Ps =
8

La puissance de chacune des bandes latérales est :

(Am Ap )2
PBLS = PBLI = = Ps (VI.36)
8

La puissance utile Pu contenue dans les bandes latérales est la même que la puissance du signal
modulé, donc 100% de la puissance émise est utile.

VI-4-3 Démodulation des signaux BLU


La démodulation d’un signal BLU ne peut se faire que par la démodulation synchrone. Le
système est représenté sur la figure (VI.25).

Signal modulé × x(t) y(t)


BLU
sBLU(t) Passe-bas

Signal synchrone
Ap cos(ωp t)

Fig VI.25. Démodulation des signaux BLU

On va écrire le signal BLU sous la forme suivante :

Am Ap
sBLU (t) = cos(ωp ∓ ωm ) t
2

- pour la bande latérale inférieure


+ pour la bande latérale supérieure
En utilisant la formule trigonométrique :

cos(a ∓ b) = cos(a) cos (b) ± sin(a) sin (b)

Traitement du signal 347 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

sBLU(t) devient

Am Ap
sBLU (t) = [cos(ωp t) cos(ωm t) ± sin(ωp t) sin(ωm t)]
2
Posons u(t) = Am cos(ωmt) et u1(t) = Am sin(ωmt) est la version déphasée de u(t)

Ap Ap
sBLU (t) = u(t) cos(ωp t) ± u (t) sin(ωp t) (VI.37)
2 2 1

A la sortie du multiplieur on a :

Ap Ap
x(t) = sBLU (t) × Ap cos(ωp t) = [ u(t) cos(ωp t) ± u (t) sin(ωp t)] × Ap cos(ωp t)
2 2 1

A2p 2
A2p
= u(t) cos (ωp t) ± u (t) sin(ωp t) cos(ωp t)
2 2 1

A2p A2p
= u(t)[1 + cos (2ωp t)] ± u (t) sin(2ωp t)
4 4 1

finalement

A2p A2p A2p


x(t) = u(t) + u(t)cos (2ωp t) ± u (t) sin(2ωp t) (VI.38)
4 4 4 1

Dans l'expression de la relation (VI.38), nous avons le premier terme qui contient le signal
modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse, tandis que les autres termes correspondent à
la haute fréquence 2fp.
On a la bande latérale supérieure :

A2p A2p A2p


x(t) = u(t) + u(t) cos(2ωp t) − u (t) sin(2ωp t) (VI.39)
4 4 4 1

et la bande latérale inférieure :

A2p A2p A2p


x(t) = u(t) + u(t) cos(2ωp t) + u (t) sin(2ωp t) (VI.40)
4 4 4 1

Après filtrage passe-bas, on trouve le signal démodulé :

A2p
y(t) = u(t) (VI.41)
4

Traitement du signal 348 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

VI-5 MODULATION A BANDE LATERALE RESIDUELLE


BLR
VSB : Vestigial Side Band

VI-5-1 Spectre d’un signal BLR


Le signal BLR est obtenu à partir du signal AM-P, par un filtrage passe-bande qui garde une
bande latérale dans sa totalité et une fraction de l’autre bande.

Signal modulant × i(t) s(t)


u(t)
Passe-bande
H(f)
Porteuse
Ap cos(ωp t)

Fig VI.26. Modulation BLR

Le signal s(t) BLR est :

s(t) = [u(t) × up (t)] ∗ h(t) = [u(t) × Ap cos(ωp t)] ∗ h(t) (VI.42)

Son spectre est :

𝒯ℱ[s(t)] = S(f) = 𝒯ℱ{[u(t) × Ap cos(ωp t)] ∗ h(t)}

= 𝒯ℱ[u(t)] ∗ 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] × H(f)

1
= {U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]} × H(f)
2

D’où

1
S(f) = { [U(f + fp ) + U(f − fp ]} × H(f) (VI.43)
2

La figure VI.27 représente le spectre du signal modulé BLR. La bande passante du signal BLR
est B = fm(1 + α), avec 0 < α < 1.

Traitement du signal 349 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

|U(f)|

f
-fmax +fmax

(a)

|I(f)|
Filtre H(f)

f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax

(b)

|S(f)|

f
-fp-fmax -fp -fp+αfmax fp-αfmax fp fp+fmax

(c)
B = fm(1+α)

Fig VI.27. Spectre du signal BLR

VI-5-2 Démodulation d’un signal BLR


La démodulation d’un signal BLR peut se faire par la démodulation synchrone. Le système
est représenté sur la figure (VI.28).

Signal modulé × x(t) y(t)


BLR
sBLR(t) Passe-bas

Signal synchrone
Ap cos(ωp t)

Fig VI.28. Démodulation des signaux BLR

A la sortie du multiplieur on a :

x(t) = sBLR (t) × Ap cos(ωp t)

Son spectre est :

Traitement du signal 350 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

𝒯ℱ[x(t)] = X(f) = 𝒯ℱ[sBLR (t) × Ap cos(ωp t)]

1
= 𝒯ℱ[sBLR (t)] ∗ 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] = SBLR (f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]
2

On remplace SBLR(f) par son expression donnée par la relation (VI.43) et on obtient :

1 1
X(f) = {{ [U(f + fp ) + U(f − fp ]} × H(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]}
2 2

Par suite
1 1
X(f) = [U(f + 2fp ) + U(f)] × H(f + fp ) + 4 [U(f) + U(f − 2fp )] × H(f − fp ) (VI.44)
4

A la sortie du filtre passe-bas, on a :

1 (VI.45)
Y(f) = U(f) [H(f + fp ) + H(f − fp )]
4

Afin de pouvoir récupérer le signal modulant sans distorsion, la réponse du filtre doit satisfaire
la condition :

H(f + fp ) + H(f − fp ) = k et k est une constante.

finalement, le spectre du signal démodulé est :

k
Y(f) = U(f) (VI.46)
4

Dans le domaine temporel on a alors :

k (VI.47)
y(t) = u(t)
4

VI-6 MODULATION DE FREQUENCE


FM
La modulation d’amplitude fait varier l’amplitude de la porteuse tout en gardant sa fréquence.
Un deuxième type de modulation garde l’amplitude de la porteuse et modifie sa fréquence, c’est
la modulation de fréquence qui a été mise en évidence par Armstrong en 1936.

VI-6-1 Notion de fréquence et de phase instantanée


Soit un signal sinusoïdal : s(t) = A cos [φ(t)]
A est une constante, φ(t) est la phase instantanée du signal.

Traitement du signal 351 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

On définit la pulsation instantanée comme la dérivée de la phase φ(t ) par rapport au temps :

dφ(t) (VI.48)
ωi (t) =
dt

soit la fréquence instantanée :

1 dφ(t) (VI.49)
fi (t) =
2π dt

Si on change la phase, on change également la fréquence du signal s(t).


Si le signal s(t) a une fréquence fixe f0 = constante, alors la pulsation est :

dφ(t)
ω0 = 2πf0 =
dt
soit
φ(t) = ω0 t + φ0 (VI.50)

C’est la représentation classique du signal sinusoïdal avec φ0 la phase à l’origine.

Exemple 3 : Déterminer la fréquence instantanée du signal suivant :

u(t) = 10 cos(20πt + πt2)

L’argument φ(t) = 20πt + πt2

dφ(t)
ωi (t) = = 20π + 2πt
dt

Soit

1 dφ(t)
fi (t) = = 10 + t
2π dt

La fréquence instantanée vaut 10 Hz à l’instant t = 0, puis elle croit linéairement avec le temps
à raison de 1 Hz par seconde.

VI-6-2 Signal FM dans le domaine temporel


La modulation de fréquence consiste à utiliser une porteuse dont la fréquence varie
proportionnellement au signal modulant. On a donc :
f(t) = fp + Δf(t) (VI.51)
Δf(t) est la déviation instantanée de fréquence qui varie linéairement avec le signal modulant
u(t) :
Δf(t) = ν u(t) (VI.52)
ν est le coefficient de proportionnalité du modulateur exprimé en Hz/V.
L’expression du signal modulé FM est :

Traitement du signal 352 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

s(t) = S(t) cos[φ(t)]

La pulsation instantanée est :

dφ(t)
ω(t) = 2πf(t) = dt

On déduit sa phase instantanée :

φ(t) = 2π ∫ f(t)dt = 2π ∫[fp + Δf(t)]dt = 2π ∫[fp + ν u(t)]dt = ∫[ωp + 2π ν u(t)]dt

par suite

φ(t) = ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt (VI.53)

L’expression du signal s(t) modulé FM est alors :

s(t) = S(t) cos[φ(t)] = Ap cos [ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt] (VI.54)

S(t) = Ap car en modulation FM, on garde l’amplitude de la porteuse et on fait varier la


fréquence.
Contrairement à la modulation AM, la relation qui lie le signal modulé FM au signal modulant
u(t) n’est plus linéaire.
Si le signal modulant u(t) est un signal sinusoïdal de pulsation ωm :

u(t) = Am cos(ωm t) avec ωm ≪ ωp


alors
2π ν Am
s(t) = Ap cos [ωp t + 2π ν ∫ Am cos(ωm t) dt] = Ap cos [ωp t + sin(ωm t)] (VI.55)
ωm
La fréquence instantanée du signal modulé devient :

f(t) = fp + Δf(t) = fp + ν u(t) = fp + ν Am cos(ωm t) = fp + ∆fs cos(ωm t) (VI.56)

Δfs = ν Am (VI.57)

Δfs est l’excursion en fréquence ou la déviation de fréquence, elle est proportionnelle à


l’amplitude du signal modulant et indépendante de la fréquence de ce signal modulant. Elle
représente l’écart maximal que la fréquence instantanée du signal modulé peut avoir par rapport
à la fréquence de la porteuse. La fréquence instantanée varie donc entre les limites :
fmin = fp – Δfs et fmax = fp + Δfs
En radiodiffusion, la règlementation impose de ne pas utiliser une excursion supérieure à 75
Hz.

Traitement du signal 353 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Exemple 4 : La radio Tanger émet à la fréquence f = 88.7 MHz, elle varie donc entre :
fmin = fp – Δfs = 88.7 106 - 75 103 = 88.625 MHz
et
fmax = fp + Δfs = 88.7 106 - 75 103 = 88.775 MHz

De la relation (VI.55), on déduit la phase instantanée

2π ν Am
φ(t) = ωp t + sin(ωm t)
ωm

En tenant compte de la relation (VI.57), la phase instantanée devient :

∆fs
φ(t) = ωp t + sin(ωm t) = ωp t + ∆φ sin(ωm t) (VI.58)
fm

Δφ est la déviation de phase, c’est l’écart maximal que peut avoir la phase instantanée par
rapport à la phase de la porteuse. Δφ est aussi appelé l’indice de modulation ẟ et exprimé en
radian :
∆fs ν Am
∆φ = δ = = (VI.59)
fm fm
Pour une fréquence fm donnée, l’indice de modulation augmente avec l’excursion.
L’indice de modulation ẟ, contrairement au taux de modulation m, dépend à la fois de la
fréquence et de l’amplitude du signal modulant, mais il est indépendant de la porteuse.
Le signal modulé FM peut donc s’écrire :

s(t) = Ap cos[ωp t + δ sin(ωm t)] (VI.60)

si ẟ << 1 radian, on parle de modulation FM à bande étroite.


si ẟ >> 1 radian, on parle de modulation FM à large bande.

La figure (VI.29) représente le signal modulé en fréquence avec le signal modulant et la


porteuse.

Traitement du signal 354 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

signal modulant u(t)

0.5

0
(a)
-0.5

-1

0 5 10 15

la porteuse up (t)

0.5

0 (b)
-0.5

-1

0 5 10 15

signal modulé s(t)

0.5

0
(c)
-0.5

-1

0 5 10 15

Fig VI.29. (a) signal modulant, (b) porteuse, (c) signal modulé en fréquence

VI-6-3 Signal FM dans le domaine fréquentiel


La relation (VI.60) peut être exprimée sous forme exponentielle :
ωp t
s(t) = Ap ℛℯ {ej[e +δ sin(ωm t)]
} = Ap ℛℯ{ejωpt ejδ sin(ωm t) }


La fonction ejδ sin(ωm t) est périodique de période ω . Elle a donc un développement en série de
m
Fourier :
+∞
jδ sin(ωm t)
e = ∑ Cn ejnωm t
n=−∞

Avec
T
+
2
1
Cn = ∫ s(t)e−jnωt dt
T
T

2
Les coefficients Cn deviennent :

Traitement du signal 355 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

π
+
ωm
ωm
Cn = ∫ ejδ sin(ωm t) e−jnωm t dt

π

ωm

posons x = ωm t → dx = ωm dt

+π +π
1 1
Cn = ∫ ejδ sin(x) e−jnx dx = ∫ ej[δ sin(x)−nx] dx = Jn (x)
2π 2π
−π −π

Jn(x) est la fonction de Bessel d’ordre n et de variable x.


Ainsi :
+∞ +∞
jδ sin(ωm t) jnωm t
e = ∑ Cn e = ∑ Jn (x) ejnωm t
n=−∞ n=−∞

+∞ +∞
jωp t
s(t) = Ap ℛℯ {e ∑ Jn (δ) e jnωm t
} = Ap ℛℯ { ∑ Jn (δ) ej[ωp+nωm ]t }
n=−∞ n=−∞

finalement
+∞

s(t) = Ap ∑ Jn (δ) cos (ωp + nωm )t


n=−∞

s(t) = ⋯ Ap J−1 (δ) cos(ωp − ωm ) t + Ap J0 (δ) cos(ωp ) t + Ap J1 (δ) cos(ωp + ωm ) t + ⋯


Le spectre du signal FM modulé par un signal sinusoïdal de fréquence fm est constitué d’une
infinité de raies distantes de fm situées aux fréquences fp + nfm d’amplitudes ApJn(ẟ) centrée sur
la fréquence de la porteuse fp (Fig. VI.30).

Ap J0(ẟ)

Ap J-1(ẟ) Ap J1(ẟ)
Ap J-2(ẟ) Ap J2(ẟ)
… …

f
fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm

Fig VI.30. Spectre du signal modulé FM

Traitement du signal 356 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Rappel : Fonctions de Bessel


Les fonctions de Bessel sont les solutions particulières de l’équation différentielle :

x2y’’ + xy’ + (x2 – n2)y = 0


les solutions sont de la forme :

+∞ x
(−1)k ( )2k+n
Jn (x) = ∑ 2
k! (k + n)!
k=0

C’est la fonction de Bessel de première espèce d’ordre n.


x 2 1 x 4 1 x 6
J0 (x) = 1 − ( ) + 2 ( ) − 2 ( ) + ⋯
2 2! 2 3! 2
x 1 x 3 1 x 5
J1 (x) = − ( ) + ( ) +⋯
2 2! 2 2! 3! 2
La figure (VI.31) donne le tracé des trois premières fonctions de Bessel de première espèce.
Remarquons que toutes les fonctions passent par le point (0,0) sauf le J0(x) qui passe par le
point (0,1). On peut donc écrire :
J0 (0) = 1
Jn (0) = 0 ∀ n ≠ 0

1 J0(x)

0.75
J1(x)
J2(x)
0.5 J3(x)
Jn(x)

0.25

0
x = 2.4

-0.25

-0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16
x

Fig VI.31. Trois premières fonctions de Bessel de première espèce

Traitement du signal 357 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Propriétés de la fonction de Bessel


J−n (δ) = (−1)n Jn (δ) (VI.61)

Les deux raies latérales à fp ± nfm ont la même amplitude. Le spectre est alors symétrique par
rapport à fp, cependant pour n impair, les deux raies sont en opposition de phase.
lim Jn (δ) = 0 (VI.62)
n→∞

L’amplitude des raies latérales éloignées de fp est faible.

+∞

∑ Jn2 (δ) = 1 (VI.63)


n=−∞

Le tableau (VI.1) donne les fonctions de Bessel.

δ/J J0 J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10 J11 J12 J13 J14


0.00 1.00 - - - - - - - - - - - - - -
0.25 0.98 0.12 - - - - - - - - - - - - -
0.50 0.94 0.24 0.03 - - - - - - - - - - - -
1.00 0.77 0.44 0.11 0.02 - - - - - - - - - - -
1.50 0.51 0.56 0.23 0.06 0.01 - - - - - - - - - -
2.00 0.22 0.58 0.35 0.13 0.03 - - - - - - - - - -
2.50 -0.05 0.5 0.45 0.22 0.07 0.02 - - - - - - - - -
3.00 -0.26 0.34 0.49 0.31 0.13 0.04 0.01 - - - - - - -
4.00 -0.40 -0.07 0.36 0.43 0.28 0.13 0.05 0.02 - - - - - -
5.00 -0.18 -0.33 0.05 0.36 0.39 0.26 0.13 0.05 0.02 - - - - - -
6.00 0.15 -0.28 -0.24 0.11 0.36 0.36 0.25 0.13 0.06 0.02 - - - - -
7.00 0.30 0.00 -0.30 -0.17 0.16 0.35 0.34 0.23 0.13 0.06 0.02 - - - -
8.00 0.17 0.23 -0.11 -0.29 -0.10 0.19 0.34 0.32 0.22 0.13 0.06 0.03 - - -
9.00 -0.09 0.24 0.14 -0.18 -0.27 -0.06 0.20 0.33 0.30 0.21 0.12 0.06 0.03 0.01
10.0 -0.25 0.04 0.25 0.06 -0.22 -0.23 -0.01 0.22 0.31 0.29 0.20 0.12 0.06 0.03 0.01

Tableau VI.1 Fonction de Bessel en fonction de l’indice de modulation

VI-6-4 Puissance
L’expression du signal modulé FM est :
+∞

s(t) = Ap ∑ Jn (δ) cos (ωp + nωm )t


n=−∞

En appliquant la relation de Parseval, la relation (II.26) :


+∞
A2p
P= ∑ Jn2 (δ) (VI.64)
2
n=−∞

La puissance du signal modulé FM est la somme des puissances des raies de son spectre.
En utilisant la propriété de la fonction de Bessel, la relation (VI.63), la puissance s’écrit :

(VI.65)
Traitement du signal 358 S. HAMDOUNE
Signaux à temps discret

A2p
P= ∀δ
2

Le signal modulé s(t) est un signal d’amplitude constante Ap, sa puissance est aussi constante
et égale à celle de la porteuse non modulée. La puissance ne dépend ni de l’excursion en
fréquence Δfs ni de l’indice de modulation ẟ.

VI-6-5 Largeur de bande


On a vu que le spectre d’un signal modulant sinusoïdal est un spectre infini, par conséquent il
faut disposer d’un canal d’une largeur infini pour transmettre un signal FM. A première vue,
on pourrait dire que la modulation FM est inutilisable. Néanmoins, elle fonctionne très bien et
utilise une largeur de bande limitée, ceci grâce à la propriété de la fonction de Bessel, relation
(VI.62), qui dit que l’amplitude des raies éloignées de la porteuse fp tend vers zéro lorsque n
tend vers l’infini.
On ne peut pas déterminer directement la largeur de bande pour la modulation FM comme dans
le cas de la modulation AM, c’est pourquoi, on établira des règles qui permettront de donner un
ordre de grandeur de la largeur de bande.

1- FM à bande étroite
NFM : Narrow FM
Si l’indice de modulation ẟ << 1, on dit que le signal modulé en fréquence est à bande étroite.
En pratique dès que ẟ ≤ 0.5.

δ/J J0 J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10 J11 J12 J13 J14


0.00 1.00 - - - - - - - - - - - - - -
0.25 0.98 0.12 - - - - - - - - - - - - -
0.50 0.94 0.24 0.03 - - - - - - - - - - - -

Tableau VI.2 Fonction de Bessel pour ẟ << 1

D’après le tableau (VI.2), on a :

δ
J0 (δ) ≅ 1 , J1 (δ) ≅ et Jn (δ) = 0 pour n > 1
2

Dans le cas de la bande étroite, on ne prend que les n = ± 1 et n = 0.

Le signal modulé en fréquence par un signal modulant sinusoïdal :


+∞

s(t) = Ap ∑ Jn (δ) cos (ωp + nωm )t


n=−∞

devient alors

Traitement du signal 359 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

+1

s(t) = Ap ∑ Jn (δ) cos (ωp + nωm )t


n=−1

= Ap J−1 (δ) cos(ωp t − nωm ) + Ap J0 (δ) cos(ωp t) + Ap J1 (δ) cos(ωp t + nωm )


δ
Comme J-1(ẟ) = -J1(ẟ) = 2, le signal s(t) est :
δ δ
s(t) = −Ap cos(ωp t − nωm ) + Ap cos(ωp t) + Ap cos(ωp t + nωm ) (VI.66)
2 2

Le spectre est alors constitué d’une raie à la fréquence de la porteuse fp et deux raies latérales
aux fréquences fp ± fm. Il ressemble à un signal AM seulement les raies sont en opposition de
phase car J-1(ẟ) = -J1(ẟ) selon la propriété des fonctions de Bessel.

La figure (VI.32) donne l’exemple d’un spectre FM à bande étroite pour ẟ = 0.25.

0.98

0.12 0.12

f
fp - fm fp fp + fm

Fig VI.32. Spectre FM pour ẟ = 0.25

Dans le cas ẟ = 0, d’après le tableau (VI.2), J0 (ẟ) = 1 et Jn(ẟ) = 0 pour tout n ≥ 1. Quand il n’y
a pas de signal modulant (ẟ = 0), le spectre ne contient que la porteuse.

2- FM à large étroite
WFM : wide FM
Si l’indice de modulation ẟ > 1, on dit que le signal modulé en fréquence est à large bande.
Lorsque les indices de modulation augmentent, les raies apparaissent progressivement. Prenons
le cas de ẟ = 2, d’après le tableau (VI.3), on a quatre raies de part et d’autre de la porteuse
représentées sur la figure (VI.33).

δ/J J0 J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10 J11 J12 J13 J14


2.00 0.22 0.58 0.35 0.13 0.03 - - - - - - - - - -

Tableau VI.3 Fonction de Bessel pour ẟ = 2

Traitement du signal 360 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

0.58 0.58

0.35 0.35
0.22
0.13 0.13
0.03 0.03
f
fp - 4fm fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm fp + 4fm

Fig VI.33. Spectre FM pour ẟ = 2

L’amplitude des raies spectrales devient de plus en plus faible lorsque l’on s’éloigne de la
fréquence de la porteuse. On peut donc négliger les raies dont le rang est supérieur à une certaine
valeur qui reste à déterminer en fonction de ẟ.
Soit N(ẟ) le nombre de raies significatives de part et d’autre de la porteuse. La largeur de
bande est alors :
B = 2N(ẟ)fm (VI.67)

La largeur de bande B est déterminée si on arrive à trouver N(ẟ). Pour cela, on va utiliser la
règle de Carson.
Règle de Carson :
On ne garde pour déterminer N(ẟ), que les raies qui contiennent au moins 98% de la puissance
totale du signal modulé FM.
La puissance totale du signal modulé FM est donnée par la relation (VI.65) :
+∞
A2p A2p
P= ∑ Jn2 (δ) = ∀δ
2 2
n=−∞

Selon Carson, la puissance des raies significatives est supérieure ou égale à 98% de la puissance
totale, c’est-à-dire :

+N(δ)
A2p A2p
∑ Jn2 (δ) ≥ 0.98 (VI.68)
2 2
n=−N(δ)

La relation (VI.61) nous permet d’écrire :

J−n (δ) = (−1)n Jn (δ)

par conséquent
2 (δ)
J−n = Jn2 (δ) pour n > 1
par suite

(VI.69)

Traitement du signal 361 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

+N(δ)

J02 (δ) + 2 ∑ Jn2 (δ) ≥ 0.98


n=1

Remplaçons les Jn(ẟ) par leur valeur, en utilisant le tableau des fonctions de Bessel, pour
vérifier l’inégalité de la relation (VI.69) pour ẟ = 2:

+N(δ)
2
J02 (δ) + 2 ∑ Jn2 (δ) = J02 (δ) + 2[J12 (δ) + J22 (δ) + ⋯ + JN(δ) (δ)]
n=1

= 0.222 + 2[0.582 + 0. 352 + 0.132 = 1 = J02 (δ) + 2[J12 (δ) + J22 (δ) + J32 (δ)]

La relation (VI.69) est vérifiée pour le nombre de paires de raies N(ẟ) = 3 et l’indice de
modulation ẟ = 2, on déduit alors que N(ẟ) = ẟ + 1 et par suite que la largeur de bande d’un
signal modulé FM par une sinusoïde de fréquence fm avec un indice de modulation ẟ est :

B = 2N(ẟ)fm = 2(ẟ + 1)fm (VI.70)


C’est la formule empirique de Carson.

La figure (VI.33) représente le spectre normal, théoriquement infini, ainsi que le spectre de
Carson dans le cas d’un indice de modulation ẟ = 2.

0.58 0.58

0.35 0.35
0.22
0.13 0.13
0.03 0.03
f
fp - 4fm fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm fp + 4fm

(a)
0.58 0.58

0.35 0.35
0.22
0.13 0.13

f
fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm

Bande de Carson

(b)
Fig VI.33. (a) Spectre normal. (b) spectre de Carson pour ẟ = 2

Traitement du signal 362 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

On sait, d’après la relation (VI.59) que :

∆fs ν Am
δ= =
fm fm
d’où
∆fs
B = 2(δ + 1)fm = 2 [ + 1] fm = 2[∆fs + fm ] = 2[ν Am + fm ] (VI.71)
fm

La largeur de bande dépend de deux facteurs :


➢ L’excursion en fréquence Δfs proportionnelle à l’amplitude Am du signal modulant.
➢ La fréquence fm du signal modulant.

Exemple 5 : En radiodiffusion FM dans la bande 88 – 108 MHz, l’excursion en fréquence est


75 kHz, la fréquence maximale du signal modulant est 15 kHz, la bande de Carson d’après la
relation (VI.71) est de :
B = 2[∆fs + fm ] = 2[75 + 15] = 180kHz

VI-6-6 Démodulation des signaux FM


Démodulation par dérivation et détection d’enveloppe
La démodulation FM se fait à l’aide du système de la figure (VI.34).

s’(t) Détecteur
s(t) d/dt u’(t)
d’enveloppe
Ecrêteur
Fig VI.34. Système de démodulation FM

L’écrêteur permet d’avoir des signaux d’amplitude constante. Ceci peut être réalisé à l’aide de
deux diodes comme sur la figure (VI.35).

Fig VI.35. Ecrêteur

Dans le cas général, le signal modulé FM est donné par la relation (VI.54) :

s(t) = S(t) cos[φ(t)] = Ap cos [ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt]

Traitement du signal 363 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

On va tout d’abord dériver le signal s(t) :

d[s(t)]
s ′ (t) = = −Ap [ωp + 2π ν u(t)] × sin [ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt] (VI.72)
dt

Modulation d′amplitude ⏞
Modulation de fréquence
Le signal s’(t) est à la fois modulé en fréquence et en amplitude car son amplitude varie
linéairement avec le signal modulant u(t). Ainsi, le détecteur d’enveloppe permet de récupérer
le signal modulé en amplitude.

VI-7 MODULATION DE PHASE


PM

VI-7-1 Principe
Dans le cas de la modulation de phase, c’est la phase instantanée qui varie linéairement en
fonction du signal modulant.

φ(t) = ωp t + Δφ(t)

Δφ(t) est la déviation instantanée de phase qui varie linéairement avec le signal modulant u(t) :

Δφ(t) = β u(t) (VI.73)


β est le coefficient de proportionnalité du modulateur exprimé en radian/V.
L’expression du signal modulé PM est :

s(t) = S(t) cos[φ(t)] = Ap cos [ωp t + β u(t)]

La fréquence instantanée est :


1 dφ(t) 1 dΔφ(t) 1 du(t) β du(t)
f(t) = = [ωp + ]= [ωp + β ] = fp + = fp + Δf(t)
2π dt 2π dt 2π dt 2π dt

Il s'ensuit que la modulation de phase modifie la fréquence de la porteuse. La déviation de


fréquence instantanée vaut :

β du(t)
Δf(t) = (VI.74)
2π dt

La déviation de fréquence instantanée est donc proportionnelle à la dérivée du signal modulant


u(t).
Dans le cas d’un signal modulant sinusoïdal de fréquence fm et d’amplitude Am, la déviation
instantanée de phase devient :

Δφ(t) = β Am cos (ωm t) (VI.75)


On déduit l’excursion en phase :

(VI.76)

Traitement du signal 364 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

Δφ𝑠 = β Am

Par analogie avec la modulation de fréquence, l’indice de modulation est :

Δfs
δ= = β Am (VI.77)
fm
L’indice de modulation PM est indépendant de la fréquence du signal modulant u(t).
L’excursion en fréquence est :

Δf𝑠 = β Am fm (VI.78)
On déduit sa phase instantanée :

φ(t) = ωp t + Δφ(t) = ωp t + Δφ(t) = ωp t + β u(t) = ωp t + β Am cos (ωm t)

par suite, l’expression du signal s(t) modulé PM est alors :

s(t) = S(t) cos[φ(t)] = Ap cos[ωp t + β Am cos (ωm t)]

s(t) = Ap cos[ωp t + δ cos (ωm t)] (VI.79)

VI-7-2 Relation entre FM et PM


La fréquence instantanée dans le cas de la modulation PM s’écrit comme :

β du(t)
f(t) = fp +
2π dt

ce qui veut dire que la modulation de phase entraîne une modulation de fréquence.
La phase instantanée dans le cas de la modulation FM est donnée par la relation (VI.53) :

φ(t) = ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt

ce qui veut dire que la modulation de fréquence entraîne une modulation de phase.

Une modulation de fréquence est une modulation de phase par l'intégrale du signal modulant et
une modulation de phase est une modulation de fréquence par la dérivée du signal modulant

Traitement du signal 365 S. HAMDOUNE


Signaux à temps discret

u(t) ∫⬚ PM sFM(t)

Intégrateur

u(t) d/dt FM SPM(t)

Dérivateur

Fig VI.36. Comparaison entre modulation FM et modulation PM

Le tableau (VI.4) résume la comparaison entre la modulation de fréquence et la modulation de


phase.

Indice de Excursion en
Phase instantanée Fréquence instantanée
modulation fréquence
Δfs
FM ωp t + δ sin(ωm t) fp + ν Am cos(ωm t) ν Am
fm
β du(t)
PM β Am ωp t + δcos (ωm t) fp + β Am fm
2π dt

Tableau VI.4 Comparaison entre modulation FM et modulation PM

La démodulation d’un signal PM revient à démoduler un signal FM puis à faire suivie le


démodulateur par un intégrateur. De même, on peut démoduler un signal FM avec un
démodulateur PM puis à faire suivre le démodulateur par un dérivateur, comme illustré sur la
figure (VI.37).

sFM(t) Démodulateur d/dt u(t)


PM
Dérivateur

sPM(t) Démodulateur
∫⬚ u(t)
FM
Intégrateur

Traitement du signal 366 S. HAMDOUNE

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