Chapitre VI
Chapitre VI
MODULATION ANALOGIQUE
Pour transmettre un signal, il faut une antenne dont la dimension dépend de la longueur d’onde
λ C
du signal, en général de l’ordre de 4. λ = f où f est la fréquence du signal et C la vitesse de
propagation.
Si on transmet un signal haute fréquence (HF) f = 440.105 Hz, soit une longueur d’onde λ =
C 300000 λ
= = 6.81 m , la dimension de l’antenne est = 1.7 m. La taille de l’antenne est
f 44000 4
raisonnable. Le signal HF est facilement transmissible. En revanche, si on transmet un signal
C 300000
basse fréquence (BF) f = 440 Hz, la longueur d'onde est λ = f = 44 = 681 km, est
λ
beaucoup plus grande et cela nécessiterait une antenne de l’ordre 4 = 170.5 km, une antenne
de taille considérable et de plus le signal serait rapidement atténué. La transmission d’un signal
BF à grande distance est impossible.
Le but de la modulation est donc de translater le spectre d'un signal basse fréquence (sons,
musique, parole) vers les hautes fréquences pour pouvoir le transmettre facilement.
VI-1 NOTATIONS
Le symbole conventionnel d’un modulateur analogique est :
porteuse
up(t)
Le signal primaire ou modulant u(t), est le signal utile, portant l’information et généralement
de basse fréquence.
La porteuse, généralement de haute fréquence, est un signal sinusoïdal de fréquence fp et
d’amplitude Ap :
dφ(t)
φ(t) : phase instantanée de s(t) et ω = 2πf(t) = .
dt
Les différents types de modulation consistent à faire varier un des paramètres du signal modulé
s(t) proportionnellement au signal modulant u(t) :
➢ Amplitude : S(t) = Ap + ΔU(t), c’est la modulation d’amplitude.
➢ Fréquece : f(t) = fp + Δf(t), c’est la modulation de fréquence.
➢ Phase : φ(t) = ωp t + Δφ(t), c’est la modulation de phase.
La modulation d’amplitude est le plus simple et le plus ancien procédé de modulation. Elle a
été utilisée le premier en 1920.
Variation d’amplitude
modulation d'amplitude
modulation de fréquence
Saut de fréquence
modulation de phase
Saut de phase
L’amplitude du signal modulé est donc une fonction linéaire du signal modulant :
Am
s(t) = [Ap + k Am cos(ωm t)] cos(ωp t) = Ap [1 + k cos(ωm t)] cos(ωp t)
Ap
soit
en posant
Am
m=k (VI.6)
Ap
m est le taux de modulation qui est le rapport entre l’amplitude du signal modulant et
l’amplitude de la porteuse. Il caractérise l’influence du modulant sur l’amplitude de la porteuse.
Il est exprimé en pour-cent (%).
La figure (VI.3) représente le signal modulé en amplitude avec le signal modulant et la porteuse.
Signal modulant
6
4
u(t) + U0
(a)
2
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
t
Porteuse
1
up(t)
0 (b)
-1
1=S_min
s(t)
0 (c)
-5
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
t
Fig VI.3. (a) signal modulant, (b) porteuse, (c) signal modulé en amplitude
La figure (VI.3c) montre que le signal modulé présente une enveloppe (en rouge sur la figure)
qui ne s’annule jamais et a la forme du signal modulant. S(t) = Ap + Δu(t) = Ap + k u(t)
constitue cette enveloppe.
L’amplitude du signal modulé oscille entre deux valeurs extrêmes : Smax et Smin (Fig.VI.1c).
D’après la relation (VI.5) :
Smax = Ap (1 + m) pour cos(ωmt) = 1 ① et Smin = Ap (1 - m) pour cos(ωmt) = -1 ②
Divisons ① sur ② :
Smax Ap (1 + m)
=
Smin Ap (1 − m)
Smax − Smin
m= (VI.7)
Smax + Smin
La figure (VI.4) présente le signal modulé pour différentes valeurs du taux de modulation m.
Pour m < 1, (Fig.VI.4a), l’amplitude de signal modulé varie entre Ap(1 + m) et Ap(1 – m). Pour
m = 1, (Fig.VI.4b), on note le passage des enveloppes par zéro. Dans le cas de m > 1,
(Fig.VI.4c), il est difficile de détecter l’enveloppe du signal modulé car il existe des zones où
les deux enveloppes sont inversées. On dit qu’il y a surmodulation
La modulation est de bonne qualité si le taux de modulation m < 1.
m<1
Ap(1 + m)
Ap(1 - m)
0 (a)
-Ap(1 - m)
-Ap(1 + m)
m=1
(b)
m>1
(c)
m Ap m Ap
= Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2
m Ap m Ap
𝒯ℱ[s(t)] = S(f) = 𝒯ℱ [Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t ]
2 2
Ap mAp
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + [δ(f + (fp + fm )) + δ(f − (fp + fm )]
2 4
mAp
+ [δ(f + (fp − fm )) + δ(f − (fp − fm )] (VI.8)
4
La relation (VI.8) est le spectre bilatéral du signal modulé AM, représenté sur la figure (VI.5).
S(f)
Ap Ap
2 2
mAp mAp mAp mAp
4 4 4 4
f
−fp −fm −fp −fp +fm fp −fm fp fp +fm
mAp
➢ Le deuxième terme est d’amplitude 4 aux fréquence fp + fm et -(fp + fm) appelé bande
latérale supérieure ou USB (Uper Side Band).
mAp
➢ Le troisième terme est d’amplitude 4 aux fréquence fp – fm et -fp + fm appelé bande latérale
inférieure ou LSB (Lower Side Band).
mAp mAp
S(f) = Ap [δ(f − fp )] + [δ(f + (fm + fp ))] + [δ(f + (fp − fm ))] (VI.9)
2 2
S(f)
Porteuse
Ap
mAp mAp
Bande latérale 2 2 Bande latérale
inférieure supérieure
f
fp −fm fp fp +fm
B = 2fm
Le spectre unilatéral est formé de trois raies : la porteuse de fréquence fp, la raie latérale
supérieure à la fréquence fp + fm et la raie latérale inférieure à la fréquence fp - fm (Fig.VI.6).
La largeur spectrale occupée par le spectre est :
Il faut disposer donc d’un canal d’une largeur B = 2fm pour transmettre un signal modulé.
Dans le cas général, le signal modulant u(t) est quelconque, et constitué d’une infinité de
fréquences mais il a un spectre borné, représenté sur la figure (VI.7a).
L’expression du signal modulé est d’après les relations (VI.1) et (VI.2) :
Ap k
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp )]
2 2
avec :
𝒯ℱ[u(t)] = U(f)
finalement
Ap k
S(f) = [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] + [U(f + fp ) + U(f − fp )] (VI.11)
2 2
Le spectre bilatéral S(f) du signal modulé est formé de deux pics de Dirac en fp et -fp et de
spectre du signal modulant translaté autour de −fp et de +fp (Fig.VI.7b).
|U(f)|
f
-fmax +fma
(a)
|S(f)|
f
−fp −fmax −fp −fp +fmax fp −fmax fp fp +fmax
(b)
Fig VI.7. (a) Spectre du signal modulant, (b) Spectre bilatéral du signal modulé AM
|S(f)|
BLI BLS
f
fp −fmax fp fp +fmax
B = 2fmax
La figure (VI.8) montre que le spectre unilatéral présente une bande latérale inférieure et une
bande latérale supérieure, symétriques par rapport à la porteuse. Les deux bandes contiennent
la même information u(t). Il y a donc un gaspillage de la bande passante du canal de
transmission. La largeur de la bande du signal modulé est le double de celle du signal modulant.
En radio AM, le canal est fixé à 9 kHz, ce qui implique une fréquence maximale transmissible
du signal modulant de 4.5 kHz.
Exercice 1 :
Les grandes ondes GO sont situées entre 150 kHz et 285 kHz. Quel est le nombre maximum
d’émetteurs autorisés sur cette bande de fréquence ?
Réponse :
La largeur de bande est Δf = 285 – 150 = 135 kHz. Chaque canal a une largeur spectrale de 9
kHz, par suite le nombre d’émetteurs est : 135/9 = 15.
T T T
1 2 A2p 2 A2p 1 + cos(2ωp t)
Pp = ∫(up (t)) dt = ∫(cos(ωp t)) dt = ∫ dt
T T T 2
0 0 0
T T
A2p 1 A2p cos(2ωp t) A2p
= ∫ dt + ∫ dt =
T 2 T 2 2
0 0
Sachant que la valeur moyenne d’un cosinus est nulle, on aura à la fin :
A2p
Pp = (VI.12)
2
m Ap m Ap
s(t) = Ap cos(ωp t) + cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2
Ap 2 (m Ap )2 (m Ap )2 Ap 2 m2
Ps = + + = [1 + ]
2 8 8 2 2
m2
Ps = Pp [1 + ] (VI.13)
2
m2
Pu 2 m2
η= = = (VI.14)
Ps m2 2 + m2
1+ 2
Si m = 1, alors :
m2 1 3
Ps = Pp [1 + ] = Pp [1 + ] = Pp
2 2 2
et
2
Pp = Ps
3
2
Au moins les 3 de la puissance émise sont transportées par la porteuse qui ne contient aucune
information. La transmission par modulation AM entraine un gaspillage d’énergie. A l’aide de
la relation (VI.14), on trouve le rendement :
m2 1
η= =
2+ m2 3
A2p
Pp = = 25 W
2
m2 0.25
Ps = Pp [1 + ] = 25 [1 + ] = 28.125 W
2 2
(m Ap )2
Pbande latérale = = 1.56 W
8
Ainsi, pour une puissance émise de 28.125 W, seuls 3.12 W correspondent au signal utile, les
25 W restante sont utilisées pour transmettre la porteuse.
VI-2-4 Démodulation
La démodulation consiste à retrouver le signal modulant u(t) à partir du signal modulé s(t).
Deux techniques peuvent être utilisées :
➢ Démodulation par détection d’enveloppe ou le détecteur crête.
➢ Démodulation synchrone.
r(t)
Dès que le signal d’entrée décroit, la diode se bloque, car la tension aux bornes du condensateur devient
supérieure à la tension du signal d’entrée et le condensateur se décharge lentement dans la résistance
avec la constante de temps τ = RC jusqu’à ce que la tension aux bornes du condensateur ud(t) redevienne
égale à celle de la tension modulée s(t), c’est la partie BC de la figure (VI.11a).
Les charges et les décharges du condensateur donnent la tension aux bornes du condensateur
qui reproduit approximativement la forme de l’enveloppe du signal AM représentée sur la
figure (VI.11b).
ud(t) B
A
s(t) C
Le filtre supplémentaire (Rr , Cr), élimine les ondulations comme le montre la figure (VI.12)
Rr
ur(t)
ur(t) Cr
u(t) t
Pour que la détection d’enveloppe soit de bonne qualité, il faut que le filtre passe-bas élimine
la porteuse fp mais n’atténue pas trop le signal basse fréquence fm que l’on veut récupérer.
1
Si la constante de temps τ est de l’ordre de la période Tm = du signal modulant, le
fm
condensateur se décharge trop lentement, la tension ud(t) décroit trop lentement et le signal
démodulé ne peut pas suivre les variations du signal modulant, par conséquent la démodulation est de
mauvaise qualité comme le montre la figure (VI.14).
1
Si la constante de temps τ est de l’ordre de la période Tp = de la porteuse, le condensateur se
fp
décharge trop rapidement, la tension ud(t) décroit trop rapidement et le signal démodulé présente une
forte ondulation, la démodulation est encore une fois de mauvaise qualité comme le montre la
figure (VI.15).
Pour une démodulation correcte, il faut que la constante de temps vérifie la relation :
Tp ≪ τ ≪ Tm (VI.15)
Ou bien
1
fp ≪ ≪ fm (VI.16)
τ
avec τ = R·C
r(t)
r(t)
2- Démodulation synchrone
Dans une démodulation synchrone, on multiplie le signal modulé s(t) par une autre porteuse
u′p (t) = Ap cos(ωp t) qui est un signal sinusoïdal en phase (synchrone) avec la porteuse up (t).
Le signal résultant x(t) est :
1 + cos(2ωp t)
= Ap [1 + m u(t)] cos(ωp t) × Ap cos(ωp t) = A2p [1 + m u(t)]
2
A2p A2p
= [1 + m u(t )] + [1 + m u(t)] cos(2ωp t)
2 2
Dans l'expression de la relation (VI.17), nous avons les deux premiers termes qui contiennent
le signal modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse avec une composante continue
indésirable, tandis que le deuxième terme correspond à la haute fréquence 2fp.
Le spectre du signal x(t) est donné par le calcul de sa transformée de Fourier qui est :
Le spectre du signal x(t) représenté sur la figure (VI.16) montre bien le signal modulant u(t) en basse
fréquence et le spectre de u(t) décalé de ±2fp d’amplitude deux fois moindre. Il suffit donc de filtrer
avec un filtre passe-bas pour éliminer les hautes fréquences et on obtient :
A2p A2p m
y(t) = + u(t)
2 2
Le signal y(t) ainsi obtenu contient une composante continue qu’on éliminera et on a à la fin :
A2p m
v(t) = u(t)
2
La détection synchrone nécessite la présence d’un signal synchrone avec la porteuse. Que se
passe-t-il si le signal n’est pas synchronisé en phase et en fréquence avec la porteuse ?
Considérons deux porteuses, l’une pour la modulation l’autre pour la démodulation, de phase
et de fréquence différentes comme sur la figure (VI.18) :
up1 (t) = Ap1 cos(ωp1 t + φ1 ) est la porteuse pour la modulation
|U(f)|
f
-fmax +fm
(a)
|X(f)|
Filtre PB
f
-2fp- fmax -2f -2f + f -fp -fmax fmax fp 2fp- fmax 2fp 2f + f
p p max p max
(b)
Fig VI.16. (a) Spectre du signal modulant. (b) Spectre du signal démodulé
Le système final pour la démodulation synchrone est représenté sur la figure (VI.17).
Ap1 Ap2
x(t) = [1 + m u(t)] cos(ωp2 t + φ2 − ωp1 t − φ1 ) + cos(ωp2 t + φ2 + ωp1 t + φ1 )
2
Ap1 Ap2
= [1 + m u(t)] cos(∆ωp t + ∆φ) + cos[(2ωp2 − ∆ωp )t + 2φ2 − ∆φ)]
2
Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)] cos(∆φ) (VI.18)
2
Ap1 Ap2
v(t) = cos(∆φ) m u(t) (VI.19)
2
Le signal démodulé v(t) est proportionnel au signal modulant u(t) lorsque l’erreur de phase
Δφ est constante.
L’erreur de phase entraine une atténuation sans distorsion du signal : lorsque Δφ = 0,
π
l’amplitude du signal démodulé est maximale et lorsque ∆φ = ± 2 il ya élimination totale du
signal.
Ap1 Ap2
y(t) = [1 + m u(t)] cos(2π∆fp t) (VI.20)
2
Le signal démodulé est multiplié par une sinusoïde de basse fréquence. Il va subir une variation
continue en amplitude et par conséquent, on aura un effet de battement indésirable.
1.5
0.5
-0.5
-1
-1.5
0 0.001 0.002 0.003 0.004 0.005 0.006 0.007 0.008 0.009 0.01
Ap Ap
= [δ(f + fp ) + δ(f − fp )] ∗ U(f) = [U(f + fp ) + U(f − fp )] (VI.23)
2 2
Le spectre du signal (Fig. VI.20) est donc composé de deux bandes latérales autour de fp alors
que la porteuse, qui correspond à une raie à la fréquence fp, n’apparait plus dans le spectre.
Pour transmettre le signal modulé, il faut aussi disposer d’une largeur de canal B = 2fm.
|U(f)|
f
-fmax +fmax
(a)
|S(f)|
f
-f - f -f + f f-f f+f
p max -fp p max p max fp p max
(b) B = 2fmax
Fig VI.20. (a) Spectre du signal modulant (b) Spectre du signal modulé AM-P
Am Ap Am Ap
s(t) = cos(ωp + ωm) )t + cos(ωp − ωm) )t
2 2
(Am Ap )2 Ps
PBLS = PBLI = = (VI.25)
8 2
La puissance utile Pu contenue dans les bandes latérales pour transmettre le signal est :
(Am Ap )2
Pu = PBLS + PBLI = (VI.26)
4
(Am Ap )2
Pu 4
η= = 2 =1
(VI.27)
Ps (A m Ap )
4
Le rendement est de 100%, car aucune puissance n’est perdue dans la porteuse.
On remplace le signal modulé s(t) par la relation (VI.22), le signal x(t) devient :
1 + cos(2ωp t)
x(t) = Ap u(t) cos(ωp t) × Ap cos(ωp t) = A2p u(t)
2
Signal synchrone
Ap cos(ωp t)
A2p A2p
x(t) = u(t) + u(t) cos(2ωp t) (VI.28)
2 2
Dans l'expression de la relation (VI.28), nous avons le premier terme qui contient le signal
modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse, tandis que le deuxième terme correspond à la
haute fréquence 2fp qui va être éliminé par le filtre passe-bas.
Le spectre du signal x(t) est donné par le calcul de sa transformée de Fourier qui est :
A2p A2p
𝒯ℱ[x(t)] = X(f) = 𝒯ℱ [ u(t) + u(t) cos(2ωp t)]
2 2
A2p A2p
= 𝒯ℱ [ u(t)] + 𝒯ℱ [ u(t) cos(2ωp t)]
2 2
A2p A2p
= 𝒯ℱ [ u(t)] + 𝒯ℱ [ u(t)] ∗ 𝒯ℱ[𝑐𝑜𝑠(2ωp t)]
2 2
A2p A2p 1
= U(f) + U(f) ∗ [δ(f + 2fp ) + δ(f − 2fp ]
2 2 2
D’où
A2p A2p
X(f) = U(f) + [U(f + 2fp ) + U(f − 2fp ] (VI.29)
2 4
Le spectre du signal x(t) représenté sur la figure (VI.22b) montre bien le signal modulant u(t)
en basse fréquence et le spectre de u(t) décalé de ±2fp d’amplitude deux fois moindre. Il suffit
donc de filtrer avec un filtre passe-bas pour éliminer les hautes fréquences et on obtient :
A2p
y(t) = u(t) (VI.30)
2
|U(f)|
f
-fmax +fm
(a)
|X(f)|
Filtre PB
f
-2fp-fmax -2fp -2fp+fmax -fp -fmax fmax fp 2fp-fmax 2fp 2fp+fmax
(b)
Fig VI.22. (a) Spectre du signal modulant. (b) Spectre du signal démodulé
Le signal BLU est obtenu à partir du signal AM-P, par un filtrage passe-bande autour d’une des
bandes latérales. Suivant la position du filtre, on peut conserver soit la bande latérale supérieure
soit la bande latérale inférieure.
Porteuse
Ap cos(ωp t)
Am Ap
i(t) = [cos (ωp − ωm )t + cos (ωp + ωm )] (VI.31)
2
Pour obtenir un signal BLU, on introduit un filtre passe-bande pour laisser passer soit la bande
latérale inférieur :
Am Ap
sBLI (t) = cos (ωp − ωm )t (VI.32)
2
soit la bande latérale supérieure :
Am Ap
sBLS (t) = cos (ωp + ωm )t (VI.33)
2
Pour retrouver le spectre du signal BLU, cherchons la transformée de Fourier du signal i(t) :
D’où
Ap Ap
I(f) = U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ] = [U(f + fp ) + U(f − fp ] (VI.34)
2 2
La figure (VI.24) montre le spectre du signal intermédiaire I(f). Après filtrage par un filtre
passe-bande, on a soit la bande latérale supérieure (Fig.VI.24c)
Ap
S(f) = [U(f + fp )]
2
soit la bande latérale inférieure (Fig.(VI.24e)
Ap
S(f) = [U(f − fp )]
2
On remarque que dans le cas de la bande latérale supérieure, le spectre du signal BLU est
simplement formé du spectre du signal modulant u(t) décalé de fp (Fig.VI.24c). En revanche,
pour la bande inférieure, on obtient un spectre inversé par rapport à celui de u(t), c'est-à-dire
les composantes hautes fréquences de u(t) deviennent les composantes basses fréquences pour
s(t) (Fig.VI.24e).
|U(f)|
f
-fmax +fmax
(a)
|I(f)|
Filtre
f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax
(b)
|S(f)|
f
-fp-fmax -fp fp fp+fmax
(c) B=f
m
|I(f)|
Filtre
f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax
(d)
|S(f)|
f
-fp -fp+fmax fp-fmax fp
B=f
(e) m
La bande passante est B = fm. La largeur du canal est maintenant divisée par deux par rapport
aux modulations AM et AM-P. On peut donc transmettre deux fois plus d’information.
(Am Ap )2 (VI.35)
Ps =
8
(Am Ap )2
PBLS = PBLI = = Ps (VI.36)
8
La puissance utile Pu contenue dans les bandes latérales est la même que la puissance du signal
modulé, donc 100% de la puissance émise est utile.
Signal synchrone
Ap cos(ωp t)
Am Ap
sBLU (t) = cos(ωp ∓ ωm ) t
2
sBLU(t) devient
Am Ap
sBLU (t) = [cos(ωp t) cos(ωm t) ± sin(ωp t) sin(ωm t)]
2
Posons u(t) = Am cos(ωmt) et u1(t) = Am sin(ωmt) est la version déphasée de u(t)
Ap Ap
sBLU (t) = u(t) cos(ωp t) ± u (t) sin(ωp t) (VI.37)
2 2 1
A la sortie du multiplieur on a :
Ap Ap
x(t) = sBLU (t) × Ap cos(ωp t) = [ u(t) cos(ωp t) ± u (t) sin(ωp t)] × Ap cos(ωp t)
2 2 1
A2p 2
A2p
= u(t) cos (ωp t) ± u (t) sin(ωp t) cos(ωp t)
2 2 1
A2p A2p
= u(t)[1 + cos (2ωp t)] ± u (t) sin(2ωp t)
4 4 1
finalement
Dans l'expression de la relation (VI.38), nous avons le premier terme qui contient le signal
modulant basse fréquence u(t) qui nous intéresse, tandis que les autres termes correspondent à
la haute fréquence 2fp.
On a la bande latérale supérieure :
A2p
y(t) = u(t) (VI.41)
4
1
= {U(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]} × H(f)
2
D’où
1
S(f) = { [U(f + fp ) + U(f − fp ]} × H(f) (VI.43)
2
La figure VI.27 représente le spectre du signal modulé BLR. La bande passante du signal BLR
est B = fm(1 + α), avec 0 < α < 1.
|U(f)|
f
-fmax +fmax
(a)
|I(f)|
Filtre H(f)
f
-fp-fmax -fp -fp+fmax fp-fmax fp fp+fmax
(b)
|S(f)|
f
-fp-fmax -fp -fp+αfmax fp-αfmax fp fp+fmax
(c)
B = fm(1+α)
Signal synchrone
Ap cos(ωp t)
A la sortie du multiplieur on a :
1
= 𝒯ℱ[sBLR (t)] ∗ 𝒯ℱ[Ap cos(ωp t)] = SBLR (f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]
2
On remplace SBLR(f) par son expression donnée par la relation (VI.43) et on obtient :
1 1
X(f) = {{ [U(f + fp ) + U(f − fp ]} × H(f) ∗ [δ(f + fp ) + δ(f − fp ]}
2 2
Par suite
1 1
X(f) = [U(f + 2fp ) + U(f)] × H(f + fp ) + 4 [U(f) + U(f − 2fp )] × H(f − fp ) (VI.44)
4
1 (VI.45)
Y(f) = U(f) [H(f + fp ) + H(f − fp )]
4
Afin de pouvoir récupérer le signal modulant sans distorsion, la réponse du filtre doit satisfaire
la condition :
k
Y(f) = U(f) (VI.46)
4
k (VI.47)
y(t) = u(t)
4
On définit la pulsation instantanée comme la dérivée de la phase φ(t ) par rapport au temps :
dφ(t) (VI.48)
ωi (t) =
dt
1 dφ(t) (VI.49)
fi (t) =
2π dt
dφ(t)
ω0 = 2πf0 =
dt
soit
φ(t) = ω0 t + φ0 (VI.50)
dφ(t)
ωi (t) = = 20π + 2πt
dt
Soit
1 dφ(t)
fi (t) = = 10 + t
2π dt
La fréquence instantanée vaut 10 Hz à l’instant t = 0, puis elle croit linéairement avec le temps
à raison de 1 Hz par seconde.
dφ(t)
ω(t) = 2πf(t) = dt
par suite
Δfs = ν Am (VI.57)
Exemple 4 : La radio Tanger émet à la fréquence f = 88.7 MHz, elle varie donc entre :
fmin = fp – Δfs = 88.7 106 - 75 103 = 88.625 MHz
et
fmax = fp + Δfs = 88.7 106 - 75 103 = 88.775 MHz
2π ν Am
φ(t) = ωp t + sin(ωm t)
ωm
∆fs
φ(t) = ωp t + sin(ωm t) = ωp t + ∆φ sin(ωm t) (VI.58)
fm
Δφ est la déviation de phase, c’est l’écart maximal que peut avoir la phase instantanée par
rapport à la phase de la porteuse. Δφ est aussi appelé l’indice de modulation ẟ et exprimé en
radian :
∆fs ν Am
∆φ = δ = = (VI.59)
fm fm
Pour une fréquence fm donnée, l’indice de modulation augmente avec l’excursion.
L’indice de modulation ẟ, contrairement au taux de modulation m, dépend à la fois de la
fréquence et de l’amplitude du signal modulant, mais il est indépendant de la porteuse.
Le signal modulé FM peut donc s’écrire :
0.5
0
(a)
-0.5
-1
0 5 10 15
la porteuse up (t)
0.5
0 (b)
-0.5
-1
0 5 10 15
0.5
0
(c)
-0.5
-1
0 5 10 15
Fig VI.29. (a) signal modulant, (b) porteuse, (c) signal modulé en fréquence
2π
La fonction ejδ sin(ωm t) est périodique de période ω . Elle a donc un développement en série de
m
Fourier :
+∞
jδ sin(ωm t)
e = ∑ Cn ejnωm t
n=−∞
Avec
T
+
2
1
Cn = ∫ s(t)e−jnωt dt
T
T
−
2
Les coefficients Cn deviennent :
π
+
ωm
ωm
Cn = ∫ ejδ sin(ωm t) e−jnωm t dt
2π
π
−
ωm
posons x = ωm t → dx = ωm dt
+π +π
1 1
Cn = ∫ ejδ sin(x) e−jnx dx = ∫ ej[δ sin(x)−nx] dx = Jn (x)
2π 2π
−π −π
+∞ +∞
jωp t
s(t) = Ap ℛℯ {e ∑ Jn (δ) e jnωm t
} = Ap ℛℯ { ∑ Jn (δ) ej[ωp+nωm ]t }
n=−∞ n=−∞
finalement
+∞
Ap J0(ẟ)
Ap J-1(ẟ) Ap J1(ẟ)
Ap J-2(ẟ) Ap J2(ẟ)
… …
f
fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm
+∞ x
(−1)k ( )2k+n
Jn (x) = ∑ 2
k! (k + n)!
k=0
1 J0(x)
0.75
J1(x)
J2(x)
0.5 J3(x)
Jn(x)
0.25
0
x = 2.4
-0.25
-0.5
0 2 4 6 8 10 12 14 16
x
Les deux raies latérales à fp ± nfm ont la même amplitude. Le spectre est alors symétrique par
rapport à fp, cependant pour n impair, les deux raies sont en opposition de phase.
lim Jn (δ) = 0 (VI.62)
n→∞
+∞
VI-6-4 Puissance
L’expression du signal modulé FM est :
+∞
La puissance du signal modulé FM est la somme des puissances des raies de son spectre.
En utilisant la propriété de la fonction de Bessel, la relation (VI.63), la puissance s’écrit :
(VI.65)
Traitement du signal 358 S. HAMDOUNE
Signaux à temps discret
A2p
P= ∀δ
2
Le signal modulé s(t) est un signal d’amplitude constante Ap, sa puissance est aussi constante
et égale à celle de la porteuse non modulée. La puissance ne dépend ni de l’excursion en
fréquence Δfs ni de l’indice de modulation ẟ.
1- FM à bande étroite
NFM : Narrow FM
Si l’indice de modulation ẟ << 1, on dit que le signal modulé en fréquence est à bande étroite.
En pratique dès que ẟ ≤ 0.5.
δ
J0 (δ) ≅ 1 , J1 (δ) ≅ et Jn (δ) = 0 pour n > 1
2
devient alors
+1
Le spectre est alors constitué d’une raie à la fréquence de la porteuse fp et deux raies latérales
aux fréquences fp ± fm. Il ressemble à un signal AM seulement les raies sont en opposition de
phase car J-1(ẟ) = -J1(ẟ) selon la propriété des fonctions de Bessel.
La figure (VI.32) donne l’exemple d’un spectre FM à bande étroite pour ẟ = 0.25.
0.98
0.12 0.12
f
fp - fm fp fp + fm
Dans le cas ẟ = 0, d’après le tableau (VI.2), J0 (ẟ) = 1 et Jn(ẟ) = 0 pour tout n ≥ 1. Quand il n’y
a pas de signal modulant (ẟ = 0), le spectre ne contient que la porteuse.
2- FM à large étroite
WFM : wide FM
Si l’indice de modulation ẟ > 1, on dit que le signal modulé en fréquence est à large bande.
Lorsque les indices de modulation augmentent, les raies apparaissent progressivement. Prenons
le cas de ẟ = 2, d’après le tableau (VI.3), on a quatre raies de part et d’autre de la porteuse
représentées sur la figure (VI.33).
0.58 0.58
0.35 0.35
0.22
0.13 0.13
0.03 0.03
f
fp - 4fm fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm fp + 4fm
L’amplitude des raies spectrales devient de plus en plus faible lorsque l’on s’éloigne de la
fréquence de la porteuse. On peut donc négliger les raies dont le rang est supérieur à une certaine
valeur qui reste à déterminer en fonction de ẟ.
Soit N(ẟ) le nombre de raies significatives de part et d’autre de la porteuse. La largeur de
bande est alors :
B = 2N(ẟ)fm (VI.67)
La largeur de bande B est déterminée si on arrive à trouver N(ẟ). Pour cela, on va utiliser la
règle de Carson.
Règle de Carson :
On ne garde pour déterminer N(ẟ), que les raies qui contiennent au moins 98% de la puissance
totale du signal modulé FM.
La puissance totale du signal modulé FM est donnée par la relation (VI.65) :
+∞
A2p A2p
P= ∑ Jn2 (δ) = ∀δ
2 2
n=−∞
Selon Carson, la puissance des raies significatives est supérieure ou égale à 98% de la puissance
totale, c’est-à-dire :
+N(δ)
A2p A2p
∑ Jn2 (δ) ≥ 0.98 (VI.68)
2 2
n=−N(δ)
par conséquent
2 (δ)
J−n = Jn2 (δ) pour n > 1
par suite
(VI.69)
+N(δ)
Remplaçons les Jn(ẟ) par leur valeur, en utilisant le tableau des fonctions de Bessel, pour
vérifier l’inégalité de la relation (VI.69) pour ẟ = 2:
+N(δ)
2
J02 (δ) + 2 ∑ Jn2 (δ) = J02 (δ) + 2[J12 (δ) + J22 (δ) + ⋯ + JN(δ) (δ)]
n=1
= 0.222 + 2[0.582 + 0. 352 + 0.132 = 1 = J02 (δ) + 2[J12 (δ) + J22 (δ) + J32 (δ)]
La relation (VI.69) est vérifiée pour le nombre de paires de raies N(ẟ) = 3 et l’indice de
modulation ẟ = 2, on déduit alors que N(ẟ) = ẟ + 1 et par suite que la largeur de bande d’un
signal modulé FM par une sinusoïde de fréquence fm avec un indice de modulation ẟ est :
La figure (VI.33) représente le spectre normal, théoriquement infini, ainsi que le spectre de
Carson dans le cas d’un indice de modulation ẟ = 2.
0.58 0.58
0.35 0.35
0.22
0.13 0.13
0.03 0.03
f
fp - 4fm fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm fp + 4fm
(a)
0.58 0.58
0.35 0.35
0.22
0.13 0.13
f
fp - 3fm fp - 2fm fp - fm fp fp + fm fp + 2fm fp + 3fm
Bande de Carson
(b)
Fig VI.33. (a) Spectre normal. (b) spectre de Carson pour ẟ = 2
∆fs ν Am
δ= =
fm fm
d’où
∆fs
B = 2(δ + 1)fm = 2 [ + 1] fm = 2[∆fs + fm ] = 2[ν Am + fm ] (VI.71)
fm
s’(t) Détecteur
s(t) d/dt u’(t)
d’enveloppe
Ecrêteur
Fig VI.34. Système de démodulation FM
L’écrêteur permet d’avoir des signaux d’amplitude constante. Ceci peut être réalisé à l’aide de
deux diodes comme sur la figure (VI.35).
Dans le cas général, le signal modulé FM est donné par la relation (VI.54) :
d[s(t)]
s ′ (t) = = −Ap [ωp + 2π ν u(t)] × sin [ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt] (VI.72)
dt
⏞
Modulation d′amplitude ⏞
Modulation de fréquence
Le signal s’(t) est à la fois modulé en fréquence et en amplitude car son amplitude varie
linéairement avec le signal modulant u(t). Ainsi, le détecteur d’enveloppe permet de récupérer
le signal modulé en amplitude.
VI-7-1 Principe
Dans le cas de la modulation de phase, c’est la phase instantanée qui varie linéairement en
fonction du signal modulant.
φ(t) = ωp t + Δφ(t)
Δφ(t) est la déviation instantanée de phase qui varie linéairement avec le signal modulant u(t) :
β du(t)
Δf(t) = (VI.74)
2π dt
(VI.76)
Δφ𝑠 = β Am
Δfs
δ= = β Am (VI.77)
fm
L’indice de modulation PM est indépendant de la fréquence du signal modulant u(t).
L’excursion en fréquence est :
Δf𝑠 = β Am fm (VI.78)
On déduit sa phase instantanée :
β du(t)
f(t) = fp +
2π dt
ce qui veut dire que la modulation de phase entraîne une modulation de fréquence.
La phase instantanée dans le cas de la modulation FM est donnée par la relation (VI.53) :
φ(t) = ωp t + 2π ν ∫ u(t)dt
ce qui veut dire que la modulation de fréquence entraîne une modulation de phase.
Une modulation de fréquence est une modulation de phase par l'intégrale du signal modulant et
une modulation de phase est une modulation de fréquence par la dérivée du signal modulant
u(t) ∫⬚ PM sFM(t)
Intégrateur
Dérivateur
Indice de Excursion en
Phase instantanée Fréquence instantanée
modulation fréquence
Δfs
FM ωp t + δ sin(ωm t) fp + ν Am cos(ωm t) ν Am
fm
β du(t)
PM β Am ωp t + δcos (ωm t) fp + β Am fm
2π dt
sPM(t) Démodulateur
∫⬚ u(t)
FM
Intégrateur