100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
673 vues21 pages

Techniques de drainage agricole efficaces

Le drainage agricole est une technique visant à éliminer l'excès d'eau des terres pour favoriser la croissance des cultures, en maintenant la zone de saturation du sol en dessous de la couche racinaire. Des équations spécifiques, tant pour les régimes stationnaires que non stationnaires, sont utilisées pour calculer l'écartement des drains en fonction des caractéristiques hydrologiques et pédologiques du sol. L'organisation d'un réseau de drainage comprend des drains, des collecteurs et des canaux, et nécessite des levés topographiques et des études pédologiques pour une mise en œuvre efficace.

Transféré par

Mamadou lamine Camara
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
673 vues21 pages

Techniques de drainage agricole efficaces

Le drainage agricole est une technique visant à éliminer l'excès d'eau des terres pour favoriser la croissance des cultures, en maintenant la zone de saturation du sol en dessous de la couche racinaire. Des équations spécifiques, tant pour les régimes stationnaires que non stationnaires, sont utilisées pour calculer l'écartement des drains en fonction des caractéristiques hydrologiques et pédologiques du sol. L'organisation d'un réseau de drainage comprend des drains, des collecteurs et des canaux, et nécessite des levés topographiques et des études pédologiques pour une mise en œuvre efficace.

Transféré par

Mamadou lamine Camara
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

DRAINAGE AGRICOLE 

1. Généralités :

Le drainage agricole fait partie des techniques d’assainissement hydro-


agricole ; ces techniques visent à débarrasser les terres agricoles de
l’excès d’eau qui nuit au développement harmonieux des cultures. En
effet les macropores qui ont pour rôle de contenir dans la couche active
du sol de l’air pour la respiration des plantes ne doivent en aucun cas
être occupés par l’eau qui les asphyxient ;

D’après les explications ci- dessus données, il est évident qu’une


connaissance des caractéristiques de désorption (sorption) du sol. Nous
n’allons pas nous permettre de revenir sur ces théories car elles ont été
suffisamment étudiées dans la partie irrigation.

2. Théorie du drainage :

Tout d’abord, il est nécessaire de faire quelque rappel sur les notions
d’hydrologie du bassin versant. Si l’on se réfère sur la dynamique de
l’eau dans le bassin versant, l’on se rend compte qu’il y a une similarité
quasi-totale entre ce dernier et le périmètre de drainage. Le cours d’eau
principal est en fait un canal de drainage qui évacue dans le temps la
presque totalité de l’eau du bassin ; les affluents sont des drains
secondaires ou collecteurs et les petits ruisseaux sont des drains.

Il s’agira donc de concevoir un réseau qui respecte ce schéma décrit ci-


dessus.

Pour réunir toutes les conditions, il y a donc lieu de considérer


l’hydrologie du site, à savoir, déterminer la position de la zone de
saturation du sol afin de faire une bonne estimation de l’épaisseur de sol
à assainir.

Le drainage classique consiste à maintenir le niveau de la zone de


saturation du sol en dehors de la couche de sol contenant au moins les
70% de la masse des racines. La somme des hauteurs de débordement
au-delà de la ligne de saturation prévue ne doit pas dépasser 30
centimètres. La durée de la stagnation des eaux ne doit pas excéder un
jour pour les spéculations sensibles, et plus de trois jours pour les
spéculations moins sensibles ; autrement, une baisse de récolte allant
jusqu’à 30% et plus est possible.

Des équations ont été élaborées pour résoudre ce problème de


drainage ; certaines équations sont élaborées par rapport à un régime
d’écoulement stationnaire et d’autres au régime non stationnaire.

2.1. Equations du régime stationnaire :

Nous nous limiterons à l’équation la plus utilisée en drainage agricole ; il


s’agit de l’équation de Hooghoudt- Donnan, elle est la suivante :

2
2 4 K 1 h 8 K 2 Dh
L= +
q q
………………………………..(1)

où :

L : est l’écartement entre les drains (en mètres)

H : est le niveau maximum de l’eau au dessus du plan des drains (en
mètres)

K1 et K2 sont respectivement les coefficients de filtration moyens des


couches en dessus et en dessous du plan des drains (en mètres par
jour)

q : est le débit unitaire constant des drains (en millimètres par jour,
mètres par jour)

D : l’épaisseur de la couche de sol en dessous du plan des drains (en


mètres) D’après le schéma ci- dessus, nous avons des courant d’eau
verticaux qui domine dans la zone d’en dessus des drains, des courants
d’eau horizontaux et radiaux dans la couche d’en dessous du plan des
drains ; ce sont la confrontation des courants d’eau radiaux qui ralentit la
vitesse d’écoulement vers les drains. A cause de la réduction de vitesse,
nous assistons à la réduction de l’apport de la couche d’en dessous des
drains ou de la réduction de son épaisseur effective « D » en « d ».
L’expression suivante nous donne la relation entre les deux :
Coupe de réseau de drainage

(Régime stationnaire)

D
d=
8D
ln u+1
πL où : u : est le périmètre mouillé du drain

Il existe un abaque qui permet de corriger D en d. L’équation (1) peut


être décomposée en deux parties ; le premier membre se rapporterait à
l’écoulement vertical dans la couche au dessus du plan d’eau, et le
deuxième à celui se rapportant à l’écoulement essentiellement horizontal
de la seconde couche (voir schéma ci- dessus).
2.2 Equation du régime non- stationnaire :

Le régime non- stationnaire est caractérisé par la fluctuation du niveau


de la zone de saturation ; à la différence du régime stationnaire où le
niveau de la zone de saturation aussi bien que le débit de drainage sont
considérés constants, le facteur temps est très important. L’équation du
régime non stationnaire pour l’écartement « L » des drains est la
suivante :

2 π 2 K 2 D2
L= .t
h0
p ln 1 ,16
ht ………….où :

h0 : est le niveau initial de la zone de saturation au dessus du plan des


drains (en mètres)

ht : est le niveau final de la zone de saturation au dessus du plan des


drains (en mètres)
h0 + ht
D+
D2= 4 (en mètres)

D : voir régime stationnaire

p : porosité effective de drainage ou porosité d’aération (en pourcentage

volumique)
3. Détermination des paramètres pour le calcul de l’écartement des
drains :

Le calcul de l’écartement des drains demande la détermination du


niveau de la zone de saturation du site à assainir par rapport à la
profondeur effective d’enracinement de la culture envisagée (les levés
limnométriques), les paramètres pédologiques (les informations sur le
profil du sol et la typologie de celui- ci) , les paramètres
hydrodynamiques du sol (la détermination des coefficients de filtration
verticaux et horizontaux des différentes couches de sol ainsi que leurs
épaisseurs.

3.1 Détermination de l’épaisseur de la couche de sol à drainer :

Après les opérations limnométriques qui consiste à mesurer le niveau de


la zone de saturation par rapport à la surface du sol ( il faut ajouter à
cela les lévés piézométriques concernant les différentes profondeurs), il
y a lieu de connaître l’épaisseur de la couche active de sol « hut » qui est
pratiquement la moitié de la profondeur maximale « h » ; c'est-à-dire
l’espace qui contiendrait au moins les 70% de la masse racinaire de la
culture envisagée (voir ci-dessous configuration des racines.

Donc par rapport à la montée de la zone de saturation vers la surface


du sol, l’eau ne doit pas dépasser la seconde moitié de profondeur.

Pour respecter cette profondeur active les drains doivent être disposés
plus profondément dans le sol de manière à respecter la ligne de
dépression provoquée par l’écoulement de l’eau vers les drains ; cette
ligne décrit un paraboloïde au dessus du plan des drains avec une
hauteur « h » (voir figure 1). La profondeur d’emplacement des drains
peut être obtenue à l’aide d’une formule empirique que voici :
 
5,32
b= …………………….( en mètres)
√ cap . ch
Cap.ch : la capacité aux champs (prise en pourcentages)

D’après les équations ci- dessus, nous avons :

h = b - hut

3.2 Détermination du profil et des caractéristiques physiques du


sol :

Des sondages sommaires de sol à l’aide d’une tarière suffiraient


largement à établir la pédo- séquence du sol ; l’opération consiste à
prélever des échantillons de sol à différentes profondeurs avec
beaucoup de répétitions sur tout l’étendu des terres, afin d’avoir la
configuration générale des différentes couches de sol ; cela permet de
séparer les types de sol pour avoir des blocs homogènes. Chaque bloc
sera traité séparément.

Par rapport aux coefficients de filtration, il s’agit d’avoir le maximum


d’informations possibles sur les caractéristiques hydrodynamiques des
différentes couches de sol ; cette opération nous aide aussi dans la
formation d’entités homogènes de terres à drainer. Les méthodes
utilisées sont nombreuses ; les méthodes de laboratoire associées à
celles de terrain comme la méthode de la tarière et celle de l’infiltration
(voir les méthodes de détermination du coefficient de filtration). Les
différentes valeurs du coefficient de filtration permettent s’il y a lieu de
déterminer la position de la couche relativement imperméable (une
couche de sol est dite relativement imperméable si son coefficient de
filtration est au moins 10 fois inférieur à celui de la couche
immédiatement supérieure.

Dans l’expression de la détermination de la profondeur d’emplacement


des drains, nous avons l’humidité à la capacité aux champs ; au moins
trois profondeurs ou épaisseurs de sol doivent être envisagées pour le
calcul de cette profondeur.
4. ORGANISATION GENERALE D’UN RESEAU DE DRAINAGE :

Un réseau classique de drainage comprend :

- Des drains
- Des collecteurs
- Et le canal de drainage

Le rôle des drains est de récupérer l’excédent d’eau de surface ou


souterraine ; les collecteurs comme leur nom l’indique, collecte les eaux
des drains ; les eaux du ou des collecteurs se jettent dans le canal de
drainage.

Nous avons en drainage deux types de réseau ; il s’agit des réseaux à


ciel ouvert constitués exclusivement de canaux à ciel ouvert, et les
réseaux souterrains dont les canalisations sont exclusivement ou
partiellement sous terre ; mais cependant reconnaître que ce sont les
réseaux mixtes qui sont les plus courants dans les périmètres de
drainage. Dans les périmètres d’irrigation par submersion, ce sont les
réseau à ciel ouvert qui sont les plus courants.

Réseau mixte (tuyau et canaux à ciel ouvert)


Schéma d’un réseau classique

Vue en perspective d’un réseau d’irrigation et de drainage

Exercice d’application :
Calculer l’écartement des drains pour un périmètre de drainage couvrant
une superficie de10 ha ; les caractéristiques physiques du sol sont les
suivantes :

De 0 à 10 cm, Kv= 1,5 m/jour et Kh= 2,5 m/jour ; l’humidité à la capacité


au champs (ωccH) = 40% vol.,à la saturation (ωsat)= 46% vol.

De 10 à 40 cm ; Kv= 1,0m/jour et Kh= 3,0 m/jour ; ωccH=45% vol. ; ωsat=


50% vol.

De 40 à 120 cm, Kv= 0,3 m/jour et Kh= 2,0 m/jour ; ωccH= 48% vol. ; ωsat=
55% vol.

De 120 cm au-delà, Kv= 0,02m/jour et Kh= 0,5 m/jour ; ωccH= 50% vol. ;
ωsat= 60% vol.

La profondeur de la zone de saturation est de 0,2 m ; la pente du sol est


estimée à 1,5%0.

La culture envisagée a une profondeur maximale d’enracinement de 80


centimètres.

Le débit unitaire des drains était estimé à 12 mm/jour.

5. EXECUTION DES TRAVAUX DE DRAINAGE:

Tous les travaux de drainage commencent par la reconnaissance et les


levés topographiques ; ensuite suivent les autres opérations. Nous
avons tout d’abord le regroupement des terres ; du fait que les travaux
de drainage sont très onéreux car ils demandent beaucoup de moyens
financiers très largement au dessus de la capacité financière des
exploitants, il est nécessaire d’unir ces derniers afin de constituer un
front commun crédible devant le bailleur de fond. Cette opération doit
être exécutée en conformité avec les lois du pays régissant la propriété
des terres ; le service des cadastres est donc sollicité dans cette
opération afin de prévenir tout conflit ultérieur. Tous les acteurs doivent
convenir d’un accord légalisé par les autorités. L’opération en question
est appelée la comassation.

Une fois l’opération de comassation terminée, nous avons l’opération


d’arrondissement qui est plutôt technique ; il consiste à donner une
forme plus complète et pratique à la surface de sol à aménager.
5.1. Les levés topographiques :

Les levés topographiques concernent tout le bassin versant ou toute la


région, car ils permettent d’identifier l’exutoire (qui peut être un cours
d’eau, un point d’eau ou tout simplement une dépression) et de
connaître le tracé du canal de drainage. C’est avec les levés
topographiques (planimétriques et altimétriques) que les différents plans
d’aménagement sont élaborés ; il s’agit du plan du site avant
aménagement ou de l’utilisation de cartes existantes, des plans de
planage et d’aménagement après les calculs de réseau. Du début
jusqu’à la fin des travaux, afin que les différentes opérations soient
exécuter dans les règles de l’art, des levés topographiques de contrôle
de parcours sont nécessaires.

5.2. Elaboration du plan du réseau :

A partir de levés topographiques, les travaux de comassation,


d’arrondissement et d’identification du tracé du canal de drainage sont
effectués ; les études pédologiques et hydrologiques sont parallèlement
menées.

5.2.1. Etudes pédologiques et hydrologiques:

Les études pédologiques consistent à identifier la pédoséquence du sol (


il s’agit de connaître les épaisseurs et la disposition des différentes
couches) et de déterminer la classe texturale des différentes couches.
Par ailleurs, les données pédologiques permettent de faire une meilleure
séparation des types de sol. Quant à la détermination des
caractéristiques hydrodynamiques du sol, il s’agira de déterminer les
coefficients de filtration des différentes couches de sol pour juger de leur
perméabilité comme mentionné ci- haut. Cependant il est à signaler que
les mesures ne concernent pas seulement le périmètre, mais aussi les
zones environnantes ; cela est d’autant important qu’il y a lieu de
s’assurer de l’existence d’eaux étrangères qui pourrait être la cause de la
saturation des terres ou qui pourrait compromettre les calculs et les
estimations.

Les études hydrologiques consistent à déterminer le niveau de la zone


de saturation pendant la période critique pour les années les plus
pluvieuses.
Ce sont ces différents paramètres qui nous permettent de calculer
l’écartement théorique des drains.

5.2.2. Tracés des canaux :

Dans le périmètre, le tracé des collecteurs est propre à chaque unité de


sol ; le collecteur doit être tel qu’il divise l’unité en deux parties et le tracé
de la partie de canal de drainage au sein du périmètre doit aussi être tel
que la jonction avec les différents collecteurs présente une bonne
hydraulicité ; autrement dit que le principe du minimum de dénivelé de
20 centimètres soit observé d’une part entre le fond de l’exutoire de la
canalisation d’amont et le plan de celle d’aval. Le principe de
l’orthogonalité des tracés des canalisations qui émettent peut ne pas
être très respecté à cause de contraintes dues à la forme des unités et
de la position de celles- ci par rapport au tracé de la canalisation qui
reçoit.

Dans le dimensionnement des collecteurs et du drain principal, chaque


tronçon doit faire l’objet d’une attention particulière, parce que les
différents drains ou collecteurs peuvent avoir des débits différents.

Dans le schéma ci- dessous, nous avons trois unités de sol avec
chacune son collecteur et ses drains (il est à noter que la dernière unité
a deux collecteurs à cause de sa forme allongée perpendiculaire au
tracé du cana de drainage); le canal de drainage longe les deux
premières unités de sol avant de traverser la troisième.
5.2. 3. Choix du type de drainage :

Le choix du type de drains dépend du type d’activité (agriculture,


assainissement urbain, loisir comme le golf et le football) de la
disponibilité en moyens techniques et financiers ; c’est ainsi que nous
avons des drains en béton, en plastique, et en matériaux rustiques. En
se référant à l’histoire du drainage, les premiers drains étaient des
canaux simples qui servaient parfois à la petite navigation ; ensuite s’en
est suivi le drainage tubulaire avec des tuyaux en poterie ; ces tuyaux
étaient emboités les uns aux autres dans une tranchée faite
manuellement. Avec le développement de la science et de la technologie
d’autres matériaux ont vu le jour ; étant donnée la spécificité de
l’agriculture (de grandes superficie à assainir à moindre coût), c’est le
plastique qui s’est naturellement imposé.

Les drains en plastique sont cannelés afin de supporter le poids du sol ;


des trous de forme rectangulaire à ovale qui y sont appliqués dans les
parties creuses.
Drain à ciel ouvert

Nous avons des canaux – drain ou drains à ciel ouvert ; ce sont des
petits canaux jouant office de drain. Leur particularité réside dans le fait
qu’ils reçoivent de l’eau de ruissèlement à la différence des tuyaux qui
sont enfouis dans le sol ; avec l’utilisation des filtres hauts, l’on essaie de
recouvrer une partie de cette performance qui est de récupérer les eaux
de surface. L’inconvénient de ce type de drain est qu’il occupe trop de
surface comparé au tuyau.

5.2.4. Utilisation des filtres, le drainage rustique:

Pour amoindrir le coût d’investissement en cas de drainage tubulaire,


nous pouvons diminuer la densité des drains en augmentant
l’écartement et en utilisant du filtre autour des drains. Avec le filtre ainsi
installé, et selon son importance volumique, l’hydraulicité du système se
trouvera considérablement améliorée ; le filtre joue soit un rôle de
protection du tuyau (filtre bas), soit un moyen d’écoulement des eaux de
surface vers les tuyaux enterrés (Filtre haut).

Le filtre doit être un matériau peu ou non dégradable, c’est pourquoi on


utilise le sable, le gravier, les matières ligneuses et des matières
synthétiques (polyesters, des fibres de verre, etc) ; les fibres de verre et
matières similaires sont utilisés pour envelopper les drains en plastique.

Le drainage rustique utilise les matériaux naturels utilisés souvent


comme filtres ; il s’agit du sable grossier, du gravier, des fascines de
bois, des fagots, des dalots de pierre, et la combinaison de ces différents
matériaux. En drainage rustique, il s’agit d’assainir temporairement une
partie plus ou moins importante d’une parcelle ou d’un périmètre où
l’excès d’eau ralentit ou empêche la croissance des cultures ; pour cela,
il y a lieu d’identifier les zones atteintes, de creuser une rigole dans la
quelle le drain sera placé.

Pour les matériaux meubles, les fagots et les fascines, il s’agit tout
simplement de remplir la rigole ; par contre pour les dalots de pierre, des
galeries de pierres seront aménagées (voir images ci- dessous).

Ce type de drainage serait sollicité dans les champs de particuliers où


par endroits, la stagnation d’eau sub- superficielle cause d’énormes
problèmes de croissance. L’exécution du drainage rustique à l’instar de
tout drainage, nécessite l’existence d’un exutoire sûre.

5.2.5. Raccordement des drains :

En drainage à ciel ouvert, les raccordements sont naturels ; nous avons


un canal qui se jette dans un autre. Mais quand il s’agit de réseau
exclusivement tubulaire, les raccordements pour les tuyaux d’irrigation
ont un usage limité, car il s’agit d’assurer un écoulement gravitaire de
l’eau dans un tuyau enterré tout en pensant à l’aspect colmatage ; de tel
écoulement demande un réseau aéré (bouches d’aération), c’est la
raison pour laquelle nous utilisons des galeries souterraines. Il existe des
galeries de jonction, des galeries de visite et des bouches d’aération.

Les galeries de jonction sont des plus simples ; le tuyau de premier ordre
se jette dans cette galerie, et celui de second ordre prend le relais à un
niveau plus bas dans la même galerie.

Les galeries de visite ont un rôle d’accumulation des sédiments ; elles


sont plus grandes, car il est possible d’y accéder.

Les bouches d’aération sont plus petites ; elles sont placées sur le
même ordre de canalisation ; elles rendent l’écoulement de l’eau plus
fluide.

5.3. Pose des drains :

La pose des drains peut être selon les circonstances, manuelle ou


mécanisée à l’aide d’engins spécialisés.

5.3.1 Pose manuelle des drains :

Il y a quelques décennies de cela, les drains étaient tous en poterie ; la


pose de tel drain demandant beaucoup de précautions, les drains étaient
trop fragiles ; l’utilisation des machines ou engins était très limitée ; les
engins jouaient plutôt un rôle de transport.

Les tranchées présentaient deux niveaux, un premier servant de


manœuvre et un second plus profond au fond duquel, le drain était
placé ; les drains étaient emboités les uns autres. Comme matériel de
travail, il fallait des pioches et des pelles spéciales appelées pelle sabre ;
des tenailles et d’autres outils tels que les crochets sont aussi utilisés
pour un bon emboitement et un meilleur alignement des éléments.

5.3.2 Pose mécanisée des drains :

Actuellement en drainage, seuls des tuyaux en plastique sont utilisés ;à


cause de la robustesse du plastique par rapport au choc et à la
maniabilité, l’utilisation des engins devenait du coup plus facile et la pose
plus rapide ; ces engins creuse dans le sol des tranchées plus étroites,
transportent le rouleau de drain et place ce dernier en le déroulant. Il
existe plusieurs types d’engins ; nous avons ainsi ceux qui déchirent le
sol à l’aide d’un soc géant ; ces engins sont appelés des « trenchless ».
Il en existe d’autres qui sont munis de roues sans fin placées devant, et
certains des chaînes sans fin placées dans la partie arrière ; ces engins
sont des draineuses.

Les opérations manuelles aussi bien mécanisées demandent une


attention très particulière par rapport à la pente du fond de la tranchée ;
cela nécessite l’utilisation d’instrument de contrôle très perfectionnés
ainsi qu’une certaine dextérité de la part du conducteur. Des jalons sont
placés sur tout le tracé des drains. Pour les canaux à ciel ouvert de
forme en général trapézoïdale, d’autre types d’engins sont utilisés (des
pelles automatiques, des excavateurs avec des godets en profilés).
QUELQUES PHOTOGRAPHIES DE DRAINEUSES

Une draineuse avec chaînes sans fin

Draineuse à godets complet en action


L’engin creuse la tranchée tout en y plaçant le tuyau de drainage

Draineuse au
repos

Ces engins
appelés
draineuses
sont tous
munis de roues
à chenille suffisamment larges pour réduire la pression au sol n’oublions
pas qu’en milieu de drainage, il y a forte chance de tomber sur un sol
mouillé. La vitesse de service de ces engins varie entre 1,0 et 6,0
kilomètres à l’heure. La manipulation des organes vers le haut ou vers le
bas est entièrement hydraulique. De nos jours, les systèmes sont
entièrement automatisés ; néanmoins, ce sont des engins qui
demandent une certaine formation quant à leur conduite et leur
utilisation.

Vous aimerez peut-être aussi