TD1 Cor
TD1 Cor
Travaux dirigés N◦ 1
La méthode des éléments finis non conforme
ce qui revient à Y
Pp (Th ) = Pp (K). (2)
K∈Th
2) P0 (K) est tout simplement l’espace des fonctions constantes sur le simplexe K, sa
dimension est donc égale à 1. Du coup, d’après (2), la dimension de Pp (Th ) est égale au
le nombre de simplexes dans le maillage Th : |Pp (Th )| = |Th | avec notre notation.
3) P1 (K) est l’espace des fonctions affines sur le simplexe K, donc de dimension d +
1. Caractérisation (2) donc implique |Pp (Th )| = 3|Th | en dimension d’espace d = 2 et
|Pp (Th )| = 4|Th | en dimension d’espace d = 3.
4) Une base Lagrangienne sur un simplexe K prescrit des valeurs de polynômes dans
des points xj de sorte que
ψhi (xj ) = δij .
Souvent, les points xj sont choisis comme les sommets du simplexe. Pour un triangle K
en dimension d’espace d = 2 avec les sommets (0, 0), (0, 1) et (1, 0), ce choix est visualisé
dans la Figure 1. Noter néanmoins que tout (d + 1)-tuple de points est admissible à partir
du moment que ces points ne sont pas alignés sur un hyperplan (ligne pour d = 2, plan
pour d = 3). Nous allons profiter de ce choix ci-dessous dans l’Exercice 3.
Pour l’espace Pp (Th ) avec p = 1 et d = 2, il a donc ces 3 fonctions de base pour
chaque triangle K.
1
1 1 1
z
1 1 1
0 0.2 0 0.2 0 0.2
0 0 0
0.2 0.5 0.2 0.5 0.2 0.5
0.4 0.4 0.4
0.6 y 0 0.6 y 0 0.6 y 0
0.8 1 0 0.8 1 0 0.8 1 0
x x x
Figure 1 – Base Lagrangienne de l’espace P1 (K) (utilisée plus tard pour l’espace Vhp )
Corrigé 2. (Vhp )
1) La contrainte d’appartenir à H01 (Ω) dans la définition (3) implique selon le cours que les
sauts des traces sur les faces de toute fonction vh dans Vhp sont nuls. Pour des polynômes
par morceaux, où trace égale valeur, ceci implique que la fonction vh est continue. Le
même raisonnement implique que toute fonction vh dans Vhp est zéro au bord ∂Ω.
La trace de vh ∈ Vhp sur chaque face F est une fonction affine. Pour que le saut
soit nul sur toute F , il suffit qu’il soit nul dans d points qui ne sont pas alignés sur un
hyperplan de F . Un bon choix sont les sommets de F , comme pour la base Lagrangienne
de l’Exercice 1. Donc on peux choisir seulement les valeurs dans des sommets de maillage
qui se trouvent à l’intérieur de Ω, Vhint ; la dimension de Vhp pour p = 1 est donc |Vhint |.
2) Par le même raisonnement que pour la question précédente, on voit que la base La-
grangienne ψhi de Vhp est donnée par
En mots, ψhi est une fonction affine par morceaux sur le maillage Th qui prend la valeur 1
dans un sommet en dehors du bord ∂Ω et la valeur 0 dans tous les autres sommets. Une
illustration dans la dimension d = 2 est donnée dans la Figure 2.
1
0.8
0.6
1
0.5 1
0.4
z
0
−1 0.5
−0.5 0 0.2
0
−0.5 y
x 0.5 0
1 −1
2
nc
Exercice 3. (Espace de polynômes faiblement continus Vhp )
1) Rappeler la définition de l’espace de polynômes faiblement continus de degré p ≥ 1,
nc
Vhp .
nc
2) Calculer la dimension de Vhp pour p = 1 en dimension d’espace d = 2 et d = 3.
3) Donner la base Lagrangienne
nc
ψhi , 1 ≤ i ≤ |Vhp nc
|, de Vhp pour p = 1 en dimension
d’espace d = 2 et d = 3.
nc
Corrigé 3. (Vhp )
1) Selon le cours, c’est
nc
Vhp = {vh ∈ Pp (Th ); h[[vh ]], qh iF = 0 ∀qh ∈ Pp−1 (F ), ∀F ∈ Fh }. (4)
nc
2) La trace de vh ∈ Vhp sur chaque face F est toujours une fonction affine pour p = 1. Pour
que le saut soit de la valeur moyenne nulle sur toute la face F (on a p − 1 = 0 dans (4)),
il suffit qu’il soit nul dans le barycentre de F . Par conséquence, on choisit seulement les
valeurs dans les barycentres des faces de maillage qui se trouvent à l’intérieur de Ω pour
nc nc
générer tout l’espace Vhp ; la dimension de Vhp pour p = 1 est donc |Fhint |.
3) Soit xj le barycentre de la face Fj . La base Lagrangienne ψhi de Vhp
nc
est donné par
En mots, ψhi est une fonction affine par morceaux sur le maillage Th qui prend la valeur 1
dans un barycentre de face en dehors du bord ∂Ω et la valeur 0 dans tous les autres bary-
centres des faces. Une illustration dans la dimension d = 2 est donnée dans la Figure 4 ;
elle repose sur le choix de la base P1 (K) de la Figure 3.
1 1 1
0 0 0 0 0 0
z
nc
Figure 3 – Base Lagrangienne de l’espace P1 (K) (utilisée pour l’espace Vhp )
0.5
1
0
0
z
1
−1 −0.5
−1
−0.5 0
0
y
0.5 −1
x 1 −1
nc
Figure 4 – Une fonction de base Lagrangienne de l’espace Vh1
3
nc
Exercice 4. (Comparaison des espaces Pp (Th ), Vhp , Vhp ; matrices de masse et de rigidité)
nc
1) Comparer les espaces Pp (Th ), Vhp et Vhp pour un même degré de polynômes p ≥ 1. Y
a-t-il des inclusions ?
2) Donner (schématiquement) l’emplacement des entrées non nulles dans les matrices de
masse
et de rigidité
pour p = 1 en dimension d’espace d = 2. Combien y a-t-il d’entrées non nulles par ligne ?
Y a-t-il de blocs indépendants ?
3) Pour les matrices ci-dessus, sont-elles : symétriques, définie positives, inversibles ?
nc
4) Les espaces Pp (Th ), Vhp et Vhp , sont-ils des espaces normés ? Pour quelle norme – norme
2 2
L (Ω) et/ou la norme L (Ω) pour le gradient faible brisé ? Sont-ils les espaces de Hilbert ?
Pour quel produit scalaire ?
nc
Corrigé 4. (Espaces Pp (Th ), Vhp , Vhp )
1) Les espaces sont imbriqués comme
nc
Vhp ⊂ Vhp ⊂ Pp (Th ). (5)
2) Les entrées principalement non nulles sont placées de la même manière dans les ma-
trices de masse et de rigidité. Soit le degré de polynôme p = 1 et dimension d’espace
d = 2.
Pour Pp (Th ), il faut que ψhi et ψhj soient non nulles sur le même triangle. Le nombre
d’entrées principalement non nulles par ligne est ici égal à 3. Le bloc correspondant à
chaque triangle est de taille 3 × 3 et il est indépendant des autres.
Pour Vhp , sur la ligne i associée avec un sommet ai , c’est sur des colonnes j associées
avec un sommet aj tel que soit 1) i = j, soit 2) il y a une arête entre ai et aj , où on peut
trouver une valeur non nulle. Le nombre d’entrées principalement non nulles par ligne
varie avec le maillage – c’est souvent entre 5 et 9. Il n’y a pas de blocs indépendants.
nc
Pour Vhp , une valeur non nulle peut se trouver sur la ligne i associée avec un bary-
centre de face xi si la colonne j associée avec un barycentre xj est telle que soit 1) i = j,
soit 2) xi et xj appartiennent au même triangle. Le nombre d’entrées principalement non
nulles par ligne est égal à 5. Il n’y a pas de blocs indépendants.
3) Toutes ces matrices sont symétriques.
Les matrices M• = Md , M et Mnc sont définie positives, car elles correspondent au
produit scalaire L2 (Ω) sur les espaces Pp (Th ), Vhp et Vhp
nc
, qui sont tous des sous-espaces
2
de L (Ω). En fait, soit X
vh = Xi ψhi .
i
4
Alors
X X
2
0 ≤ kvh k = (vh , vh ) = Xj ψhj , Xi ψhi
j i
X X X X (6)
= Xj Xi (ψhj , ψhi ) = Xj Xi M•ij = Xt M• X,
j i j i
nc
Enfin, nous avons vu dans le cours que l’espace Vhp est Hilbert pour le produit scalaire
nc
(∇vh , ∇wh ). Par conséquence, K , la matrice correspondante à ce produit scalaire, est
définie positive. Pour voir ceci avec une preuve directe, on procède comme dans (7) avec
l’inégalité de Poincaré–Friedrichs brisée.
4) Ce sont essentiellement les réponses du point précédent : tous les espaces Pp (Th ), Vhp
nc
et Vhp sont des espaces de Hilbert pour le produit scalaire L2 (Ω), c’est-à-dire (vh , wh ).
Donc aussi normés. Attention, ceci vient essentiellement de la dimension finie : par exemple
H01 (Ω) (tout comme H[[1]] (Th )) n’est pas un espace de Hilbert pour le produit scalaire L2 (Ω),
nc
c’est-à-dire (v, w). Seulement Vhp et Vhp sont des espaces de Hilbert (donc normés) pour
2
le produit scalaire L (Ω) du gradient faible brisé, (∇vh , ∇wh ), mais pas Pp (Th ).
Exercice 5. (Les espaces H 1 (Th ), H01 (Ω) et H[[1]] (Th ), inclusions et approximation)
1) Rappeler la définition des espaces H 1 (Th ), H01 (Ω) et H[[1]] (Th ). Y a-t-il des inclusions ?
2) Sont H 1 (Th ), H01 (Ω) et H[[1]] (Th ) des espaces de Hilbert ? Pour quel produit scalaire ?
nc
3) Donner les inclusions entre Pp (Th ), Vhp , Vhp et H 1 (Th ), H01 (Ω), H[[1]] (Th ).
4) Essayer de donner, à titre d’illustration et sans preuve, l’ordre maximal d’approxima-
nc
tion par des fonctions dans des espaces Pp (Th ), Vhp , Vhp dans H 1 (Th ), H01 (Ω), H[[1]] (Th ), en
norme L2 (Ω) et en norme L2 (Ω) pour le gradient faible brisé.
H[[1]] (Th ) 1
= {v ∈ H (Th ); h[[v]], qh iF = 0 ∀qh ∈ P0 (F ), ∀F ∈ Fh }.
5
Ces espaces sont inclus comme
2) Ces trois espaces sont les espaces de Hilbert pour le produit scalaire
X
v, w ∈ H 1 (Th ).
(v, w)H 1 (Th ) = (v, w)+(∇v, ∇w) = (v, w)K +(∇(v|K ), ∇(w|K ))K
K∈Th
En plus, Théorème 1.4.6 du polycopié du cours montre que H[[1]] (Th ) est un espace de
Hilbert pour le produit scalaire
X
(∇v, ∇w) = (∇(v|K ), ∇(w|K ))K v, w ∈ H[[1]] (Th ), (9)
K∈Th
1) Définir une solution faible “faiblement continue” unc dans l’espace H[[1]] (Th ). Y a-t-il
existence et unicité ?
Comme H[[1]] (Th ) est un espace de Hilbert pour le produit scalaire (9) et comme, par
l’inégalité de Poincaré–Friedrichs brisée,
v → (f, v) est une forme linéaire continue, il existe une et une seule unc ∈ H[[1]] (Th ) par le
théorème de représentation de Riesz.
6
2) Donner les projections orthogonales pour le produit scalaire (∇·, ∇·) (où, rappelons,
∇ est le gradient faible brisé) entre u, unc , uh et unc
h .
k∇(unc
h − uh )k = min k∇(unc
h − vh )k,
vh ∈Vhp
k∇(unc − unc nc
h )k = minnc k∇(u − vh )k.
vh ∈Vhp