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ECOLE INTER - ETATS DES SCIENCES ET MEDECI~~~'ES


DE DAKAR

Année 1979

L'ÉLEVAGE OVIN AU SÉNÉGAL



Situation actuelle et perspectIves d'avenir

THE5E
Présentée et soutenue publiquement le ao Avril 1979
devant la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l'Université
de Dakar, pour obtenir le grade de DOCTEUR VETERINAIRE

(Diplôme d'Etat)

par
Papa Ibrahima DIA
Né le 24 Décembre 1941 à Dakar (Sénégal)

- Président du Jury :
Monsieur François DIENG
Professeur à la Facuté de Médecine
et de Pharmacie

- Rapporteur
Monsieur Ahmadou Lamrne NDIAYE
Profes'seur à l'EISMV
ECalE INTER-ETATS
DES SCIENCES ET MEDECINE
VETERINAIRES DE DAKAR

MS/BD

-r.- LISTE OU PERSONNEL ENSEIGNANT POUR L'ANNEE _a_


.=-~-=-=-=-c-~_=_c_=_a_=_=_~_D_._._=_._D_a

-:- UNIVERSITAIRE 1978-1979 -a-


_ C _ O _ = _ = _ ~ _ ~ _ = _ = _ D _ . _ . _

1.- PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Louis PINAULT Professeur

2.- PHYSIQUEMEOICALE-CHIMIE BIOLOGIQUE


N Il Il

3.- ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE
N .. Professeur
Charles Kandi AGBA Maltre-~ssistent

Pascal LENORMAND V.S.N.


Soumana Abdoulaye GOURD Moniteur
Germain SAWAOOGO Moniteur

4.- PHYSIOLOGIE-PHARMACODYNAMIE-THERAPEUTIQUE
Alassane SERE MaItre de Conférences

5.- PARASITOLOGIE-MALADIES PARASITAIRES-ZOOLOGIE


N. Il . Professeur
Pierre Maurice TRONCY Assistant
Joseph VERCRUYSSE Assistant
Armand François SENOU Moniteur

6.- HYGIENE ET INDUSTRIE OES OENREES D'ORIGINE ANIMALE


N ~ ••••••••• Professeur
('1elleng SEYOI Assistant
Jean Oswald Antoine Damien de BORGHRAVE Assistant
~ Amen Yawo HADZI Moniteur

. • •1 !
..- J
2 -

7.- MEDECINE ET ANATOMIE PATHOLOGIQUE


N••• .,. ••••••

B.- REPRODUCTION ET CHIRURGIE

N •••••••••• Professeur
Papa El Hassan DIOP Assistant
Yves LOf3JOY V.S.N.
Oumt)rou DAWA Moniteur

9. - MICROBISlLOGI§..:PATH,PLOGIE GENERALE-MALADIES CONTAGIEUSES ET LEGISLATION


SANITAIRE

Jean CHANTAl. Professeur


Justin Ayayi AKAKPO MaItre-Assistant
Pierre BDRNAREl Assistant de Recijerches
Adébayo François ABIDLA Moniteur

10.- ZOOTECHNIE-AlIMENTATIDN-DRDIT-ECONDMIE

Ahmadou Lamine NnIAYE Professeur


Salaam Ff\CHD Maitre-Assistant
Régis COUSINARD Assistant

II.- PERSONNEL VACATAIRE


=~==========Q=O~~=~

PHARMACIE-TOXICOLOGIE
Noya Philibert SDME Assistant

PHYSIOLOGIE-THERAPEUTIQUE
Alassane M.W. ZDUMAROU Assistant - Fee. ps Médecine

PHYSIQUE-CHIMIE
Raymond PA,llLIN Biophysique - Maitre de Conférences. Faculté de Médecine
et de Pharmacie.

René NDQYE Chargé dtEnseignement - Fec. de Médecine et de Pharmacie.

• Moussa FADJARA Biophysique - ~aitre-Assistant - Facultê de M4dscine et


de Pharmaci,e.
~.
1

,
••• 1 / 1
3

Mme Elisaboth OUTRUGE B1.ochimie - Maitre-Ass:i.stant ." Faculté de M6dec1na


et de Pharmacie.

r1rne Genevi ève Bi\RON BiochimiE, - Chef de Travaux - Faculté de Médecine


et de Pharmacie.

AGRONDMIE

Simon B/\RRETO Maitre de Recherches - O.R.S.T.D.M.

BIOCLIMATOLOGIE

Cheikh BA : Maitre-Assistant _. Faculté des Lettres

BOTANIQ~~

Guy MAYNART Maitre-Assistant - faculté de Médecine et de Pharmacia.

DROIT ET ECONOMIE RURALE

Mamadou NIANG : Chercheur è l'IFAN

ECONOMIE RURALE

Durnal' BERTE : Assistant - Faculté des Sciences Juridiques et Econom~ues.

111.- PERSONNEL EN MISSION


.~ •••• 2====:====~=:=
(Prévu pour 1978-1979)

ANATOMIE-HISTOLOGIE-EMBRYOLOGIE

Cl. PAVAUX Professeur ENV TOULOUSE·

ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Mlle Monique WYERS Maitre de Conférences
E.N.V. ALFORT

PHYSIQUE ET CHIMIE BIOLOGIQ~ES ET _~FDIC0L~S


François ANDRE Professeur ENV ALfORT

CHIRURGIE
André CAZIEUX Professeur ENV TOULOUSE
~,

MEDECINE

J .L. F'OUCHELON Ma1trs-Ass1stant Agrégé


E.N.V. ALFORT

PhTHCiLOGIE DE LI\ HEPRODUCnON - OBSTETRIQUE

J. FEf~NEY Professeur ENV TOULOUSE.

,f
~ ~ Ln MEMOIRE DE :
· Khaly DIA, Moussa FALL, Etienne Samuel SAGNA, Souleymane FALL,
Coumba Seun DIOP, trop tôt ~rrachés a notre affection,
/
- A MA FEMME
La patience et la confiance que tu as placées en rroi mlont
beaucoup aidé dans la difficile voie que nous avons choisie,
- A MA MERE
· Ton soutien affectueux et ta grande générosité de coeur mlont
été d'un secours inestimable,
- II r130ye Et NDEYE R;.~IA
· Pour que notre entente et notre affection se perpétuent,
~ A EL HADJSIDY FALL, EL HADJ MBAYE MBODJ, MBAYE DIAGNE, MACODOU DIA, BEN
MADY CISSE, ~~]lDO SOW, MBAYE NDO YE, gage de mon affection,
- A TOUS MES PARENTS ET BEAUX-PARENTS DE LA CASAMRNCE AU WALO
- ~ MES ENFANTS, NIECES ET NEVEUX,
• Que ce travail puisse vous encourager dans la voie de 11 effort
persévérant et vous détourner des solutions faciles,
- A THIERNO FALL, PAPA SEMOU NIANG ET MAURICE MAKEK
- ATOUS MES AMIS
- A MES CAMARADES DE L'ENCR
- A la PROMOTION "6-10 11 DE L'EISMV ; que 11 esprit d'équipe qui a contribué
a rendre la vie estudiantine agréable puisse nous aider à sur-
monter les écueils de la vie,
- A MES JEUNES "ANCIENS" DE LI EISMV, "E MOSCOU ET DE BRUXELLES
- AU Dr. RAYMOND BLAND ;
· Vous mlavez donné goQt pour la profession vétérinaire et vous
avez toujours eu à coeur de me voir exploiter mes possibilités,
toute ma gratitude~
- AU Dr. SAMBA COR SARR ;
• pour le goQt du travail et 11 esprit de méthode que j'ai acquis
auprès de vous; mes remerciements,
- AU Dr. MOUSTAPHA BA et MADAME ;
· vous m'avez fait 1'honneur de mlaccorder votre amitié et votre
soutien ne mla jamais fait défaut tout au long de ces années
difficiles; ma gratitude,
- AU Dr. PAPA IBRAHI~~ THIONGANE,
· vous mlavez proposé le thème de ce travail et mien avez fourni
une bonne partie de sa matière; mes remerciements amicaux,

... / ...
- AU Dr. IBRAHIMA SORY GUEYE»
· pour la cordi al i té et 11 attenti on permanentes que vous me
manifestez, pour votre participation substantiel'e à l'éla-
boration technique de ce travail, soyez remercié,
- AU Dr. MAMADOU SOULEYM!\NE DIALLO ;
· vous vous êtes intéressé à cc travail et mlavez indiqué des voies
de réflexion féconde; ma gratitude,
.. AU Dr. THEOPHILE DIERNEVILLE et A TOUT LE PERSONNEL DE LA DSPA,
- AU Dr. IBRAHIMA DIEME et à tou~ le personnel du PDESO,
- AU Dr. IBRAHIMA DIABATE et à tout le personnel du Ranch de DOLI,
- AU Dr. ~~MP,DOU TOURE et à tout le personnel de la SOPELA,
.. AU DIRECTEUR GENERAL ET AUX CHEFS DES DEPARTEMENTS "VIANDES" et "CUIRS
ET PEAUX" DE LPl SERAS,
- A DOUCOURE du CRZ DE DAHRA,
· Vous ne mlavez ménagé ni vos encouragements ni votre soutien
moral et matériel, tout au lon§1es études comme pour l'ê1aboration dp ce
travail ; mes sincères remercl~ments et toute ma gratitude»
- ATHIERNO NDIAYE, Mme COUILLAUD KINE SAKHO, SIFAYE DIENG, DOUBACAR
SANGHARE, CHEIKHOU MBOUP, FAfOUr"ATA DIATTA , Mrre DIAGNE ET MLLE KEBE ,
• votre contribution a été déterminante pour la mi~e en forme
de ce travail, soyez-en cordiale~~nt remerciés.

... / ...
- A NOS JUGES,
. A Monsieur le Professeur François DIENG ; vous nous avez fait
l'insigne honneur, avec votre amabilité coutumière, d'accepter
de présider notre jury de soutenance de thèse; veuillez
accepter notre profonde gratitude,
A Monsieur le Professeur Ahmadou Lamine NDIAYE ; vous avez très
tôt encouragé nos désirs de promotion et vous nous :vez aidé,
avec votre famille, à préparer puis à réussir ce rei:our difficile
â la vie estudiantine ; vous avez accepté ce nous prodiguer des
conseils pour l'élaboration de ce travail et de venir nous
assister dans cette ultime épreuve d'étudiant; veuillez recevoir
nos respectueux remerciements,
. A Monsieur le Professeur Alassane SERE, vous siègez pour la
première fois dans un jury de thèse pour nous juger; c'est pour
nous un çrand honneur et peut-être l'assurance que votre indul-
gence nous est acquise; veuillez croire en notre gratitude,
.. f, TOUT LE PERSONNEL DE L' EISMV
- AU CONTRIBUABLE SENEGALAIS.

000
- SIGNIFICATION DES ABREVI~TIONS ET SIGLES UTILISES -

A. 1. R. Association d'intêrêt rural


A.N.P. Azote non pr0têlque
B.N.D.S. Banque nationale pour le développement du Sénégal
Ca Calcium
C.D.E.A.O. Communauté de développement êconomique des états d'Afrique
de l'Ouest
C.LA.O. ; COImIunauté"'"1· . - . êconomique d'Afrique de
l'Ouest
C.M.V. Complément minéral et vitamin1sé
COOPAVIS Coopérative des aviculteurs du Sénégal
C.P.P. Cuirs, peaux et phanères
C.R.Z. Centre de recherches zootechniques
D. L I.A. Diréction de l'élevage et des industries animales
D.S.P.A. Direction de la Santé et des productions animales
D.X.M. Dexamethasone
LI.S.M.V. Ecole inter-états des sciences et médecine vét@rinaires
LN.V. Ecole nationale vétérinaire
F.N.D.R. Fonds national de développement rural
F.A.O. Food and agricultural organisation (ONU)
I.A. Insémination artificielle
I.E.M.V.T. Institut d'élevage et de médecine vétérinaire des pays
tropicaux
LM. Intra musculaire
I.S.R.A. Institut sénégalais de la recherche agronomique
L.N.LR.V. Laboratoire national d'élevage et de recherches vété-
rinaires (ISRP.)
M.A.B. Matière azotée brute
M.A.D. . : Matière azotée digestible
M.D.R. Ministère do développement P.ural
M.D.R.H. Minbtère du développement rural et de 1 hydmll,q~e
M.G. Matière grasse
M.M. Matière minérale
. ./ ..
M.P.B. Mati~ protéique brute
M.P.D. Matière "protéique digestible
M.S. t1atière sèche
O.I.E. Office international des êp"ilooti,es
O.M.V.G. Organisation de mise en valeur du fleuve Gambie
O.M.V.S. Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal
ONCAD Office national de coopération et d'assistance ~au
développement
O.N.M. Office national du mouton
P. Phosphore
P.M.S.G. Pregnant mare serum gonadotropin
P.P.R. Peste des petits ruminants
P.R. Petit ruminant
S.A.LD. Société d'aménagement et d'exploitation des terres du
Delta
S.A.P. Société africaine des peaux
S.C. Sous-cutané
S.E.D.E.S. Sociétê d'études pour le développement économique et
social'
S.LR.A.S. Société d'exploitation des ressources animales du Sénégal
S.E.R.E.S.A. Société d'études et de recherches économiques et sociales
en Afrique
S.M.I.G. Salaire minimum interprofessionnel garanti
SODEFITEX Société de développement des fibres textiles
SODESP Société de développement de l'élevage en zone sylvo-
pastorale
SODEVA Société de développement et de vulgarisation agricoles
S.O.M.H. Subdivision d'Outillage mécanique et hydraulique
SOMIVAC Société de mise e.rf'V~leurde";"'tJi~"-t'a:.g.:;amance
S.T.N. :. SlIIctét@,.E1es ter.res·. neuves
U.F. Unité fourragère
U.G.B. Unité gros!·bêU1l
U.G.B.T. Unité gros bétail tropical
Par délibération, la Faculté et l'Ecole ont décidé
que les opinions, émises dans les dissertations
qui leur seront présentêes, doivent être considérées
comme popres â leur auteur et qu'elles n'entendent
leur donner aucune approbation, ni improbation.
ERR A T A
-=-=-=-=-=-=-=-=-

Page 3 noter 4 astéristiques pour "tour"


Page t. § 5, 2e ligne, lire hal ieutiques et non halientiques
Page 5 3e ligne, lire actuelle et non actuelles
Page 8 § 2, Se ligne, lire. assimiler à
Page 10 4e ligne : li re pourcentage et non porcentage
Page 16 § 3, 2e ligne, lire i l existe et non il existent
Page 20 § 2, 7e ligne, lire moutons et non autans
Page. 42 § 4, 2e ligne, lire ces et non ce
Page 44 Titre tableau : lire genre et non creux
lire Acacia raddiane et non raddone
lire Dabbergia melanoxylon et non n.lbergia
lire Aristida funiculata et non fu~culota

Page 45 lire limeum pterocarpum et non Limeun


Page 56 § 4, 8e ligne exclu
Page 59 lire Ammotraguslervia et "Arui"
Page 60 § 2, le ligne Doutressoule au lieu de Doutresoule
§ 2, 3e ligne mètre et non mètres
Page 64 § 5, le ligne, lire Doutressoule et non Doutresoule
Page 66 photo du haut, lire Waralé et non warabé
photo du bas, lire Makek et non Malala
Page 72 Se ligne, lire déchaussement
page 74 § 4, 11 ligne, lire germes
Page 75 § 3, le ligne, lire due et non dûe
fage 76 § l, 2e ligne, lire congolensis et non congoleusis.
Page 83 § 2, 3e ligne, lire Taenia multiceps
Page 84 § l,le ligne, lire distomatose et non istomatose
Page 93 § 1, 2e ligne, lire ~ et non pou
Page 100 § 2, 4e ligne, lire les plus faibles
Page 105 § 3, 2e ligne, lire avec au lieu de et
§ 4, Be ligne, lire 1 mouton sur 5 au lieu de 21
Page 107 § 3, 2e ligne, lire nationaux et non a-nationaux
Page 141 6e ligne, lire de au lieu de d
Page 144 le ligne, lire la sélection à l'achat
Page 148 § 3, Se ligne, lire gémellité et non gemellité
Page 149 § 4, le ligne, lire agneaux et non a neaux
Page 152 § 2, le ligne, lire et une étude au lieu de à
PAge 169 § 5, 8e ligne, lire auprès des ruraux
Page 185 § 7, 4e ligne, lire malheureusement
Page 188 § 6, 2e ligne, lire passé au lieu de passée
- 1 N T R 0 DUC T ION
-----._---------------------------
"IMPOSER SA VOLONTE AUX AUTRES EST UNE FORCE,
"SE L'IMPOSER A SOI-MEME, C'EST FORCE SUPERIEURE"
(Dicton chinois)
- 2 -

- 1 NT R 0 DUC T ION -
,---------------_ _'----
....

L'élevage des ~ettss ruminants (P.R.) a de tout


temps très peu préoccupé les puuvoirs publics et même les techni;
ciens de l'élevage.
En dehors de quelques tentatives de multiplication,
de sélection et de croisement au Soudan français (49), imposêes
par une métropole en guerre qui cherchait à diversifier ses appro-
visionnements, rien n'a été fait pour 1 'élevage des petits rumi-
nants en Afrique noire francop~one.
Ce désintéressement est surtout net au Sénégal 00
en dehors de la chèvre de MARADI, encore appelée ~hèvre de SO~JTO,
aucune étude sérieuse n'a été entreprise sur les petits ruminants,
jusqu'A une époque très récente.
On ne perçoit l'imr.ortance économique et sociale des :.~
petits ruminants que lors de l~ fête de"Tabaski"ou "Atd el Kéb~r«
00 11 faut immoler le mouton r1tuel.
Il est de coutume ~e dire qu'a quelque chose malheur
est bon. La triste décennie de sècheresse infernale qu'a subi le
Sahel a servif A révéler l'ada;/tation des petits ruminants a un
environnement hostile. Leur cf)acité a résist~r sur des terrains
pauvres, en des climats aride: et a se contenter d'une alimenta-
tion grossière a permis de n'c!nregistrer qu'une perte d'environ
20 pou~ 100 du cheptel des pe~its ruminants au Sénégal. Ce taux
est relativement faible en c0mparaison des hécatombes du troupeau
bovin, 50 a 100 pour 100 de flortalité selon les zone:;.
Nous av~ns ~~:~~:r~~:~~ ~~~rté de notre êtude l'êle-
vage de la chèvre. Ce n'est ?oint pour êl~~~r un débat na~~onQl,
quasi clos, mais parce que rous pensons que pour un réel dévelop-
pement des productions animales, il faut aborder distinctement
chaque espèce. Il nous parait en effet nécessaire de distinguer
les ovins des caprins qui ~ux plans anatomique, physiologiGue,
zootechnique, économique et même social sont nettement dfff5rents •

. ./ ..
- 3 -

L'élevage ovin a retenu notre attention pour les


raisons objectives suivantes

Le Sénégal est un pays a 80 pour 100 musulman et la Tabaski


voit dispara'tre, en un seul jour, près de 500.000 moutons .,
auxquels il faut ajouter le mouton rituel des baptêmes musul-
mans (100.000 naissances par an) ••. On peut y ajouter les
demandes moins énormes des mariages, retours de Mecque, décès,
e t~: ....

- Le Sénégal a une tradition du mouton. L'élevage de cette espèce


est pratiquêe aussi bien en zone rurale que dans les cités urba-
nisées. Il n'est pas rare de rencontrer dans les , cités "moder-
nes", â architecture européenne, des élevages prospères de
moutons, pour l'autoconsommation, pour honorer un hôte, pour
assurer la Tabaski prochaine, pour constituer le "méchoui" .~X
d'un tour •• x. Plus fréquemment, c'est pour respecter une pres-
cription du marabout, qui recommande la présence permanente
d'un mouton, a robe uniformé~ent blanche, dans la maison, pour
eo~j~'.~ le mauvais sort.

Le Sénégalais est friand de la viande ovine mais, en dehors


des professionnels du "dara1"1-.,se soucie très peu de l'ali-
mentation correcte des moutons. Le~ ovins en zone rurale, sont
tributaires seulement de la clémence de la nature, et en ville,
sont considérés comme des omnivores qui se nourrissent des res-
tes de repas de la famille. Puis ils vont chercher leur com-
plément cellulosique sur les tas d'immondices, les pelouses
publiques et dans les poubelles. Il y a un énorme travail J'ë
~----------------------w------------------------------
------------
• - 5.100.000 habitants x 80 pour 100 = 4.080.000 et a raison
de 8 personnes par famille, cela fait 510.000 familles
musulmanes.
~ •• - 4.080.000 a raison de 2,5 pour 100 de natalttê' par an,
donnent 102.000 naissances musulmanes par an .

•• • -Mouton cuit a la braise (appellation maure)


W"I -Invitation a tour de rôle au niveau d'un cercle d'amis
••••• - 'F\rlr'Iari 1 ~ p:ti'Ki~' rumi nants

.. I .. r
- 4 -
d'~ucation â faire pour l'alimentation correcte des ovins et
contre leur divagation. Le Sénégal connaTt une industrialisa-
tion assez importante du secteur primaire qui autorise de pou-
voir compter sur des quantités appréciables de sous - produits!
1

agro - industriels que les moutons peuvent très avantageuse- 1

ment valoriser, même dans les villes.

Donc les petits ruminants constituent le matériel,


le plus apte â fournir de la viande bon marché et de manière
rapide. En effet si les bovins utilisent aussi des sous- pro-
duits végétaux, on a constaté que les ovins sont plus intéressants
â cet usage.

Selon Ladrat (71) la brebis a, proportionnellement


a son format, une production supérieure à celle de la vache.
En 5 mois de gestation, la brebis élabore une masse de tissus
foetaux égale â 1/13 de son poids .a10rs que le poids du veau ne
représente que 1/17 de celui de la vache, après une gestation
de 9 mois. De plus, la lactation de la brebis, assure une
croissance de 300 grs par jour â son agneau, ce qui correspond
au poids' impressionnant de 3 kgs pour un veau.

la viande ovine demeure au Sénégal, une denrée de luxe qui


a vu son prix passer, de 1968 à 1977, de 150 à 550 Frs CFA,
au niveau des Abattoirs de Dakar. Cela correspond â une hausse
de plus de 350 pour 100 alors que le SMIG. n'a augmenté pour
la même période que de près de 200 pour 100. Cette dispropor-
tion explique la prolifération des "dfbiteries •• oG les per-
sonnes a revenu faible ou à famille nombreuse, souvent les
deux a la fois, vont se refaire un peu de force aprêsune dure
journée de travail.

Il nous semble judicieux d'envisager une production


ovine, alliée aux productions ha1ie~tiques, qui assurerait ~.
brève échéance la couverture des besoins en protéïi,es animales,
du pays. la production bovine serait surtout destinée à "expor-
f~tion vers les pays déficitaires en viande .
.
• - SMIG: Salaire minimum interprofessionnel garanti passé
de 50 â 106 Frans cfa de l'heure
•• - "dibiterie": lieu de consommation de viande généralement
de mouton, grillée au feu de bois.
. ., ..
- 5 -

Pour tenter de cerner ces différents prob1êmes, nous


envisageons

- ~~~~_~~~_E!~'E!~!~_e~!!!~ :
la situation actuelles:<~~.
de l'élevage ovin, considérée aux niveaux mondial,
continental, régional, sous régional et nationa1.i

- ~~~~_~~~_~~~2~~~_e~r!!~ :
les prob1êmes liés au
développement de l'élevage ovin avec l~s solutions
proposées par l'Etat Sénégalais et les perspectives
d'avenir

- g~~~_1§~_~2~~1~~!2n~ la synthèse de nos critiques


et suggestions pour un développement vigoureux de
la production ovine.

. ./ .. /

- 6 -

-) .}
~EMIERE ARTlE
..... - ... ----------------- -
SI TUATlON ACTUELLE DE L'ELEVAGE OVIN
••• u. = ....
..

-7-

1.- ---"'--ITUATION ACTUELLE GENERALE DE L'ELEVAGE OVIN


- •• 1:1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . =---=-=__-=--=....-=-=__.....-=-=--_____
- 8 -
L'activité pastorale constitue de l'écologie appli-
quée, donc fruit de l'intéraction du climat, du sol (support de
la plante), des animaux et de l'homme (centre nerveux), selon
le tétraèdre de THERET 1 • Cet écosystème peut être étudié selon
des cercles concentriques et chaque action importante sur un cer-
cle déterminé peut réagir dans un sens favorable ou non sur une
autre sphère.

Aussi l'élevage sénégalais ne saurait être envisagé


dans les limites strictes du territoire national ; il faut néces-
sairement étudier, même brièvement, la situation de la production
ovine, successivement, dans le monde, en Afrique, dans la région
constituée par l'Afrique de l'Ouest(que l'on peut assimiler
l'entité économique qu'est la C.D.E.A.O. Il)et enfin dans la sous-
région que l'on peut recouvrir avec les deux organisations sous·
régionales que sont l 'O.M.V.S. III (Mali, Mauritanie, Sénégal) et
l'O;.:M.V.G. 1111 (Gambie, Sénégal) en y incluant, sans être
propfttte,la Guinée Conakry et l'Etat de Guinée Bissau

-~-------------------------------------------------~--------------
1 - Professeur a l'E.N.V. D'ALFORT
•• - C.D.E.A.O. Communauté Economique des Etats d~Afrique
de l'Ouest (Bénin, COte d'I.'oire, G. Bissau,
G. Conakry, Haute-Volta, Libéria, Mali,
Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal,
Sierra-Léone, Togo)
•• 1 - O.M.V.S. Organisation de Mise en Valeur du Fleuve
Sénégal
1... - O.M.V.G. : Organisation de Mise en Valeur du Fleuve
Gambie

.. / ..
- 9 -

1.1 - L'élevage ovin dans le monde

1.1.1. - Les effectifs:

On note dans l'ensemble. une diminution numérique de


l'effectif mondial ovin, de près de 6 pour 100 (71). Cependant,
il existe de grandes variations suivant l~s régions ~ainsi
il est A remarquer:

- une diminution en Amérique du Nord, en Amérique du Sud et


en Europe;

- une augmentation en Asie, en Océanie et en U.R.S.S.;


- une très grande perturbation, en Afrique,due à la sêcheresse·

Si pour l'ensemble du monde, pour la décennie 1963 -


1973, les cheptels ovins ont augmenté plus rapidement, eu
présenté une décroissance plus faible,que les effectifs ca-
prins, clest en Extrême Orient et en Afrique que les rapports
effectifs ovins sur effect~~ caprins sont les plus petits :
0,65 et 0,90 respectivement.

Par contre, le rapport des effectifs depetttsromi-


nants sur les effectifs bovins est passé, pour la décennie
1963 - 1973 et pour l'ensemble du monde, de 1,37 à 1,24.
Mais cette diminution a êpargné l'Afrique qui a gardé un rap-
port quasi stable (l,69 à 1,68) et l'P.sie qui a accusé une
augmentation (1,32 à 1,44).

En comparant le nombre des ovins par habitant, on


note que ce rapport, pour 1 ensemb1e du globe, diminue plus
1

vite (0,31 a 0,27) que celui des caprins (D,Il A 0,10) et


que celui des bovins (0,31 à 0,30), pour la période 1963 -
1973. On constate pour le continent africain et pour la même
période, une diminution généralisée et inquiétante pour toute!
les espèces :
0,45 à 0,39 pour les bovins, 0,41 à 0,36 pour les
ovins et 0,35 a 0,30 pour les caprins. Cela amenuise)
sérieusement les possibilités de couverture des
besoins en protéines animales, a moins d'intensifier
la production.
. .1.. / '
--------------------------
- 10 -

En posant que 8 petits ruminants égalent 1 bovin


adulte ou U.G.B. t, on peut avancer que les petits ruminants, pour l'en-
semble du monde, représentent 13 pour 100 de la charge totale en bétail)
des surfaces agricoles~ Le p~rcenta~e le plus élevé est en Océanie (46
pour 100) et le plus bas en Amériqué (2,3 pour 100). L'Afrique a une posi-
tion supérieure à la moyenne mondiale avec 17 pour 100.

Nous avons tenté de regt~ouper toute:; -les données


précédentes dans le tableau n° 1.

- Tableau n° 1 - Les effectifs ovins dans le monde -

1 Effectifs !Rapport des effectifs ovins sut Rapport des effectifs de pa-.
l'ovins 'les effectifs côprins tits ruminants en 1973
1 CONTINENT ,-----------------!------------------------------ ----------------------------
! ! 1969 ! 1974' 1961/1965 ! 1 9 7 3 s~r ~ffect. Bov!sur surt.Agri
! !-------------~~-- --------------!--------------- ---------------~-------------
1JAFRIQUE 1J 135.204!1 1 , 1 !! 1,1 1,68 1!17 p.100 _
1AMERIQUES !
149.205,137.431
1
· Nord et Centré
Sud
1
1
.
________________1 1
2,3
_ 4,5
2,0
4,1
0,30
0,74
,
1
'2 ,3p. 100

! ,
1 1 1
----- ----- --------------------------------
1
'ASIE . 182.588' 1;1 1,3 1,{4 '15 p. 1CO
, ! ! , ! !
--------------~------------- -----------------------------------------------------------------_.
1
'EUROPE
· . Sans URSS
,
307.781'300.169!
, 9,2 10,7
1
'lI p. 100

_ , , -----
1 1
·, . U.R.S.S. 1 1 20 1 24 _ '20 p. 100

1 1 1
------- ---
1
---
1
----_. -'~
!
---------------
1
'OCEANIE ' 234.608'205.690'+ de 1000 ' + de 1000 5~4 '46 p. 100
! , !
, ---------------------------------------------------------------------------------------
' " --~----

!MONDE '1.009.386' 2,6 2~6 1,24 113 p. 100


1 1 1 1 1 1 1
~=======~========~=========~=======~==============~===============~==========:- -===~==========~==:
Source!- : OIE (effectifs ovins), FAO (rapports).
... / ...
UNITE: 1000 t~tes.

t U.G.B. = Unité Gros Bêta;l


'" ....
- 11 -

1.1.2 - Les productions

1.1.2.1. - Production de viande

La production de viande de moutons et chèvres


a atteint en 1973 la quantité de 7.000.000 tonnes soit
8 pour 100 de plus que la moyenne des productions annuel-
les 1961 /1965 et l'on peut estimer que la viande d'o-
vins représente 5.600.000 tonnes (soit 80 pour 100 de
l'ensemble des viandes de petits ruminants).

Le Tableau n· 2 montre en pourcentage les produc-


tions de viandes de petits ruminants et de bovins, s~lon
les zones, pour l'année 1971 :

- Tableau n· 2 - Production mondiale de ~iande de


ruminants
--------------------~---------------------------------
--!--
Parts des . Viandes de Viandes de 1

__ !
_~~~~~:::~:~ ~~::~J ~:~ ~~~ _:~:~ :~:~~ -i__ ---~~: ~:~ - --- -r .
1

Ensemble des zones


asiatiques
l, 30 p. 100 10 p. 100
,
Europe + U.R.S.S. 29 35
Océanie 18 5
, Afrique 14 6
1 Amérique Latine 5 14
---------------------'-------------------------------- ---'.'-
Source LE JAOUEN (J.C.) et GARRIGUES (8)

Le rapport de la viande des petits ruminants


et de l'ensemble des viandes (bovine, ovine, caprine,
porcine) est passé de 9,2 pour 100 en 1963 à 7,9 pour
100 en 1973. Ce rapport est demeuré cependant stationnai-
re en Afrique.
- 12 -

En conséquence, les disponibilités de viandes de


mouton et de chèvre sont passées, pour l'ensemble du mon-
de, de 2 â 1,8 Kg par habitant entre 1963 et 1973. Elles
n'ont augmenté qu'en Océanie (78,7 à 79,5 Kg par habitant)
mais demeurent supérieures à la moyenne mondiale, en
Afrique, en Europe et en U.R.S.S.

Les conditions d 1 exp10itation des moutons pour la


production de viande sont variables suivant les régions.
Elles peuvent être ramenées à deux types três largement
répandus :

- L'élevage pastoral, a caractère plus ou moins extensif,


faisant appel essentiellement â la végétation spontanée,
comme dans les pays dits "neufs", en régions méditerrané-
ennes, au voisinage des tropiques. Suivant les conditions
météorologiques, les troupeaux sont sédentaires ou bien
effectuent des migrations, programmées et saisonnières
(transhumances) ou intempestives et permanentes (noma-
disme), sous la conduite et la surveillance de bergers.

Le chargement, en têtes de bétail par unité de


surface, des territoires exploités, est toujours faible,
mais cette technique permet l'utilisation et la valorisa-
tion d'unités fourragères bon marché, dont seul le pâtura-
ge naturel permet la récolte. Lorsque le sol et le climat
permettent une production abondante et régulière d'herbe,
l'élevage pastoral s'intensifie. On peut alors mettre jus-
quia 14 à 18 brebis a llhectare (Nouvelle Zélande), mais
cela s'accompagne généralement d'un morcellement des pa-
turages, par des clôtures naturelles (haies vives) ou arti-
ficielles, ce qui en facilite l'exploitation rationnelle
et supprime le gardiennage. C'est ce qui se rencontre en
Angleterre et en France (moutons de "prés salés") et cela
peut s'accompagner de la distribution d'une alimentation
complémentaire.

. .1. .
- 13 -

- L'élevage en stabulation classique limite l'utilisation


du paturage â certaines périodes de l'année. Les ani-
maux hivernent en bergerie et plturent sous la conduite
de bergers a la belle saison.· Ce mode d'exploitation se
rencontre dans les régions céréalières oj les sous -
produits des récoltes sont disponibles p'our les moutons.
De plus, le parcage du troupeau, a certaines heures,
sur des surfaces restreintes en assurait la fertilisation
Mais le développement des moissonneuses - batteuses et
l'emploi d'herbicides chimiques, le brOlage ou l'enfou-
issement, l'ensilage, la généralisation des engrais
chimiques ont entra'né progressivement l'abandon du par-
cage et, dans une large mesure, la disparition des trou~'
peaux Dv'ns,des régions cetéaliêres. Cette technique
conduisait a la production d'agneaux :"gris" avec lutte
d'automne, agnelage de printemps et utilisation des
prairies en belle saison. On pouvait adjoindre des con-
centrés a la ration, à base de fourrage ; on obtenait
des "gris lêgers" ou des "gris lourds" selon que les
sujets avaient + 20 Kgs.

Une variante de la stabilisation vise â la pro-


duction d'agneaux -blancs", ou "laitons", abattus au prin-
temps, a l'age de 100-120 jours; après fécondation des
brebis a contre-saiso~ (facile selon les races et favori-
sée par des traitements hormonaux), on obtient un agnelage
d'automne, les agneaux sont élevés en bergerie, nourtis
en hiver avec des aliments fermiers et des concentrés
en plus du lait maternel ; les brebis sont mises au pâtu-
rage après vente des agneaux au poids de 10 à 20 Kg maxi-
mum.

A cOté de ces deux types principaux d'élevage,


il est a noter le mode dit "industriel". On utilise des
agneaux de brelis laitières soumises à la traite intégra-
le, notamment en pays de fromages. On leur fournit des
aliments complets, appropriés, permettant d'obtenir des
carcasses d'agneaux comparables aux agneaux "blancs" dan.
un délai de 5 a 6 semaines.

. .1 · .
- 14 -
1.1.2.2. - Production de lait et dérivés
-----------------------------
La participation des brebis (et des chèvres)
à la production de lait destiné à la consommation
humaine, en nature ou sous forme de dérivés, est faible
à l'échelle mondiale.

En 1973, la production de lait de brebis était


de 7.321.000 tonnes, en augmentation de 21 pour 100 par
rapport a la pêriode 1961/1965 grAce a un accroissement
de 13 pour 100 en Europe, 26 pour 100 en Amérique
du Sud, 29 pour 100 en Asie, 35 pour 100 en Afrique et
malgré une diminution de 20 pour 100 en U.R.S.S. Dans
le même temps, la production de lait de chêvre marquait
une diminution sensible.

Dans leur ensemble, les petits ruminants ont


_, fourni en 1973 une quantité égale à 3,7 pour 100 de la
production de lait de vache. La partie de ce lait trans-
formée en fromage a donné pour le lait de chèvre
161.925 tonnes, pour le lait de brebis 444.129 tonnes
(contre: 9.546.066 tonnes pour le lait de vache et de
bufflesse. ).

Par rapport au lait de vache, la production de


lait des petits ruminants varie de 0,3 pour 100 en Amé-
~1que du Nord, à 19 pour 100 en Afrique. Selon les pays
on note u,n rapport de 528 pour 100 en Jor~f.an1~,t.
335 pour 100 en Arabie Saoudite, 200 pour 100 en Libye,
162 pour 100 en Syrie, 146 pour 100 en Grèce et 138 pour
100 en Irak.

On a une moyenne de production de lait par brebis


et par an de 4,4 Kg en Afrique à 25,6 Kg en Europe avec J
une moyenne mondiale de 7 kg contre 17,4 kg pour la chè-
vre. A noter que les performances individuelles entre
1963 et 1973 ont augmenté chez les brebis de 16 pour 100
pour l'ensemble du monde avec 22 pour 100 pour l'Afrique,
20 pour 100 pour l'Europe et 6 pour 100 pour l'Asie .

. ./ ..
- 15 -

En certains pays, les petits ruminants, par leur


lait, contribuent, pour une part très apprêciable, à l'ali-
mentation des hommes.

Aussi en 1972, on notait en kg de lait par habitant


et par an

- Plus de 8C Kg Chypre (93Kg)


Mauritanie (91 Kg)
Grèce (89 Kg)

- Plus de 60 Kg Mongolie (63 Kg)

- Plus de 40 Kg Albanie (45 Kg)


Bulgarie (43 Kg)
République Démocratique du Yémen
(40 Kg)

- Plus de 30 Kg Turquie (38 Kg)


Syrie (37 Kg)
Maroc (36 Kg)
Soudan (35 Kg)
Irak (34 Kg)
Niger (32 Kg)

- Plus de 20 Kg Iran (25 Kg)


Mal te (24 Kg)
France (23 Kg)

- Moins de 20 Kg : Afghanistan, Mali, Roumanie(19Kg)

Dans la production de lait des pet~ts ruminants,


on peut distinguer trois types d1exploitation

a)- Troupeaux importants en migration dans le Bassin Méditer-


ranéen et le Proche - Orient; les troupeaux hivernent à
basse altitude, sur ou au voisinage des terrains agri-
coles ; ils montent vers les collines et les montagnes
au printemps (Alpages). Malheureusement, la plus grande
partie du lait est produite à une période 00 les laitiè-
res
- 16 -

res se trouvent loin des centres de consommation. Pour


les populations .nomades, ce systême a l'avantage de tenir
à la p~rtée des populations, en permanence, du lait frais,
bien que le surplus ne puisse pas être commercialisé avan-
tageusement.

b) - De grands troupeaux peuvent être entretenus en système


s êden ta ire 10 r sque ex i ste nt des pft tu ra 9es perm ane nt s
t

inutilisables par les bovinsi c'est le cas de l'Amérique


Latine.

c) - La production intensive de lait de petits ruminants est


pratiquée dans la plupart des pays européens. 'li.' existe~jt
des possibilités de réserves fourragères pour 1 'hiver,
un volume de production suffisant et des prix rémunéra-
teurs pour justifier un traitement spécialisé du lait et
la mise en marché des produits et enfin la possib~lité
de pallier les baisses saisonnières de production, par
la pratique des chaleurs de contre - saison (synchronisa-
tion de l'oestrus).

Le lait des petits ruminants, plus souvent que le


lait de vache, est destiné â être consommé sous forme de
fromage, de beurre et yaourts. La fabrication de fromages
de chèvres et de brebis est quasi exclusive en Iran et
Turquie (fromageries artisanales), au Niger, a Haiti,
en Afghanistan et demeure três répandue A Chypre (93 pour
100), au Mal"o-e (86 pour 100), en Irak (82 pour 100),
en Syrie (70 pour 100), en Grèce (45 pour 100) et en
Espagne (44 pour 100). Ces fromages a partir de laits de
petits ruminants, ont un goût marqué, recherchê par.
certains gourmets.

Certains fromages de laits de petits ruminants ont


dépassé le stade artisanal et relèvent d'une technique
industrielle de fabrication: le Roquefort français, le
Fêta grec, le Manchego espagnol ou le Pêcorino romano-
italien.

. ./ ..
- 17 -

Le beurre de laits de petits ruminants est peu


fabriqué, â llexception du babeurre iranien ~Kash" tandis
que les yaourts conna'ssent une plus grande fortune.
En Turquie, plus de 442.000 tonnes de lait sont utilisées
pour la fabrication de yaourts.

Enfin, il faut noter les laits fermentés très


appréciés en Grèce, en Turquie, en Iran et qui parfois
sont préparés industriellement.

1.1.2.3.1. - Laine

On note pour la décennie 1963/1973, une régression


de la production mondiale de laine (1,4 pour 100),
malgré l'augmentation des effectifs ovins, du fait de ~
la réorientation des objectifs dans les pays développés
et des conditions météorologiques en Afrique.

La production moyenne par tête de cheptel ovin


a,pour l'ensemble du monde,diminuê de 2 pour 100 pen-
dant la période 1963/1973 et la production globa1e,en
1973,a été inférieure de 18 pour 100 a celle de la
moyenne 1961/1965.

La diminution des disponibilités par habitant


est moins dramatique que pour la viande car il existe
de nombreuses possibilités de substitution de la laine
par des textiles végétaux et par des fibres synthéti-
ques.

. ./ ..
/'
- 18 -

1.1.2.3.2. - Poils

La chèvre se révèle, du point de vue rendem2nt


physiologique, un producteur de fibres plus efficace
que le mouton. L'efficience de la conversion de l'ali-
mentation en fibres est 3,2 fois plus élevée chez la
chèvre Angora adulte que chez les moutons Mérinos de
Rambouillet, au même stade de développement (GALLAGHER
et SHELTON 1972).

C'est pourquoi d'ailleurs, les poils ordinaires,


utilisés dans la fabrication de feutres, de velours, de
tapis, de cordes, de brosses, de leurres pour la pêche
sont .tirés de la chèvre. Les poil!s fins et sou!'r poils
(Angora, Mohair, Cachemire) représentent des spéciali-
tés a prix très élevés et 85 pour 100 de la production
commercialisée de Mohair ~stt le fait des U.S.A. et de
la Turquie.

1.1.2.3.3. - Peaux:

Selon la F.A.O. l, la production mondiale de peaux


frafches de petits ruminants a atteint, en 1973,
1.240.185 tonnes~ soit 9~6 pour 100 de plus que la
moyenne de la période 1961/1965.

Les peaux de moutons interviennent dans ce total


pour plus des 3/4 soit 952.780 tonnes avec les producteurf
suivants: Asie (25 pour 100), Océanie (22,7 pour 100),
Europe (15,3 pour 100), U.R.S.S. (14 pour 100), Afrique
(11,4 pour 100) et les Amériques (11,2 pour 100).

Ces Amériques ont accusé une diminution très sen-


sible 34 pour 100 pour l'Amérique Nord et Centrale,
16 pour 100 pour l'Amérique du Sud.
. .1 ..
--------------------------------------~---------------
----

li F.A.O. : Food and Agricu1tura-l Organisation


.. 19 ..

L'Afrique a prêsenté la plus forte augmentation


(36 pour 100) suivie de l'Océanie (30 pour 100) et
de l'Asie (24 pour 100).

1.1.3 .. Les perspectives mondiales d'évolution:

En ce qui concerne la viande des petits ruminants, bien


que les tendances de production, fortement influencées par
les prix de 1a laine, soient difficiles à cerner, des projec-
tions ont été effectuées par la F.A.O. pour la période
1970/1980, en tonnes

.. Tableau n· 3 Bilan production viande


petits ruminants et besoins ..
---~.--._-.-.------------------------------~---------- -------
Zones ou pays Situation Projection 1
.... ~ _ _.. _.. _ _ _.. l~~Q_ _ _l~~~ __ _.. 1

Amérique du Nord 80.000 - 171.000


Europe Occidentale .. 436.000 .. 648.000
Océanie .,. 580.000 ~ 882. 000
Autres pays développés .. 135.000 .. 209.000
Afrique + 20.000 + 2
Amérique Latine + 56.000 6
Proche Orient 40.000 318
Extr§me Orient 14.000 73
Pays d'Asie a
planification centrale + 39.000 39
Pays d'Europe à
planification centrale 12.000 27
Monde 2.000 607
-----.---.--------.------------------------
Source F.A.O. 1971 + : surplus
.. : déficit
unité: tonne

.. / ..
- 20 -

Il a~parait donc pour 1980, une prévision cie déficit


en viande de petits ruminants de près de 607.000 tonn~s,
soit 6,4 pour 100 du total de la production mondiale, malgré
une prévision d'augmentation de 30 pour 100 en décennie.
Oans cette vague déficitaire seule l'Océanie est a même de
j

dégager un solde excédentaire et doit fairesfaêQç~-isosbl1t~


a la très forte demande mondiale.

La pé nuri e, env i and e de pet i t s ru min an t s de vrai t ê t r e


relativement très élevée dans les pays en voie de développe-
ment, notamment en Afrique qui a subi les rigueurs de la sè-
cheresse sur plus des 2/3 de la décennie couverte par les pré-
visions de la F.A.O. Celà devrait être de nature à stimuler
le développement de l'élevage des petits rumin~nts dans
beaucoup de pays et particulièrement ceux où moutons et
chèvres sont déjà présents en nombre important. C'est le cas
des pays africains où ces espèces assurent une bonne part
des apports en protéines animales des hommes ~t où leur
élevage est beaucoup plus facile que la plupart des autres
espèces.

1.2 - L'élevage ovin en Afrique

1•2. 1. - Gé 0 gra phi e de l' é leva 9e 0 vin e n {\ f r i que

Cette reglon regroupe des pays de grande tradition


ovine avec l'Algérie, l'Egypte, la Libye, le Maroc,
la Tunisie. Ces pays, situés de pa~t et d'autre du
35ème parallèle, sont caractérisés par un climat chaud,
fortement influencé par le relief. L'été sec et chaud,
dure plus de Ssix mois et les hivers sont généralement
doux, sauf en haute montagne. On y trouve près de
30 pour 100 du cheptel ovin africain, élevé sur un mo-
dèle méditerranéen. C'e~t un élevage extensif dans la
vallée et sur les hauteurs de l'Atlas mais également dans

.. / ..
- 21 -

les régions côtières~ sur les exploitations agricoles


des anciens colons. le problème ovin en Afrique du Nord
est qu'il y a trop de moutons pour les pât'lrages ex"istants
et trop peu de moutons par les besoins croissants des
populations.

Cela traduit un type d'élevage archalque qui néces-


site une restructuration plus adéquate face surtout à
l'extension des périmètres irrigués~ des surfaces en re-
boisement, des cultures ~ .. céréalières et vivrières.

Elle ne comprend que la République d'Afrique du


Sud,~possède un élevage ovin très important qui ressemble
point par point à l'élevage européen quant 2JX races,
aux modes d'exploitation et aux performances. Ce pays
compte à lui seul autant que le cheptel ovin des 5 pays
d'Afrique du Nord ct que tout le reste d~ l'Afrique
(hormis l'Afrique du Nord) donc près de 30 pour 100 du
cheptel ovin africain.

Nous groupons dans cette reglon une trentaine


d'états essentiellement agricoles, à très forte pluvio-
métrie (proximité de l'équateur) et côtiers. les ovins y
sont rares et les caprins un peu plus nombreux m~is le
déficit en protéines animales conventionnelles y est
grave car ces 30 pays disposent à peine de 15 pour 100 du
cheptel ovin africain.

Nous utilisons le terme de "viande conventionnelle


car fort heureusement il 'existe de nombreuses autres
sources de protélnes animales. En dehors d'une pêche
importante, il est consommé couramment toute la faune
depuis les rongeurs jusqu'aux insectes; on ne rencontre
pas dans ces pays des interdits nombreux (et pas toujours
.. / ..
- 22 -

justifiés) concernant la chair des animaux sauvoges et


la répugnance, parfois ridicule, des sahêlie~~ pour la
consommation de criquets, de vers, de singes Cl'l de rats.

Le domaine sahélien est une étro~te bande d'Ouest


en Est, au Nord de l '~quateur, comprise entre les isohyètes
200 â 250 mm au Nord et 500 mm au Su d. Sahe l ~.~tJ.tj.:r~~t
rivage en arabe, donc celà veut dire rivage du désert avec
lequel il a beaucoup de traits communs, notamment la sèche-
resse et la chaleur, durant presque toute l'année. le Sahel
s'étend sur le Sud de la Mauritanie, le Nord du Sénégal,
le Nord Ouest du Mali, le Nord de la Haute Volta, le boucle
du Niger, le Centre du Tchad, le Soudan, le Nord de
l'Empire Centrafricain; il est interrompu p3r le massif
éthiopien mais reprend son emprise dans la corne de
l'Afrique, en Somalie et au Kénya.

le Sahel est compris dans unq sens très large car


nous groupons ici des pays subdésertiques et soudano-gui-
néens mais qui, a un degré plus ou moins imp"rtant, ont subi
les affres de la sècheresse.

Ces pays groupent une douzaine d'états et plus de


25 pour 100 du cheptel ovin. Ils ont de grandes traditions
d'élevage avec une végétation de steppe clairsemée, de
grands espaces â pluviométrie faible, une faune et une flore
très variées et riches. Le Sahel a été très fortement
éprouvé par la sècheresse et les pertes en animaux ont ét~
dans l'ensemble estimées à près de 40 pour 100 pour les
bovins et 20 pour 100 pour les petits ruminants.

Le tableau n G 4 permet,pour certains pays sahéliens,


d'apprécier l'effet de la sècheresse ,par comp"1raison de la
moyenne 1961/1965 et des effectifs 1973 et 1°74. En valeur
absolue, l'/\frique sahélienne francophone a p(:rdu près de
4 millions d'ovins en 1973.

Po • / , •
• Il
,.. " •
- l,', -

1.2.2. - Les effectifs ovins

Tableau nO 4 Effectifs ovins en Afrique -


--------------------------
unité: 1.000 têtes -

i::;;::---::::] -::::
-----------~--------

i----;:~:: --:;--;;:: -- -:1-:9-:3~~~ ~ -~1~~;;]~~~


1- Af;l~~~-d~ -N~;d- ----- --." -- -- -;~-.-3-;0-T ------:--3-;.-240 .°

{Algérie 7.1~O 1 ~.OOO 12.10r 11


MaghreblMaroc 116.300 13.230 ,16.500 17.500 il
\T uni sie 3 . 125 4 . 300 1 3 . 200 3 . 100
Egypte 1. 697 1. 950 1 1 2.140 2.066 1

Libye 1.700 1.700 1· 2.100 1


Afrique du Sud 37.514 39.773 29.607 34.870
I\fri que de l'Es t, du
Centre et Madagascar 21.067 1
Angola 145 135 1 187 507
..Béni n 31'.6 546 1 r;70
, Botswane 119 272 410 ,102
Burundi 1~6 1~5 296 2,~ 5
Cameroun 1.053 3.500+ 1.480 1.470 ,
~Centrafrique (E) 50
/Congo
/C6te d'Ivoire 5.l1 54 920
/Gabon 1.594+
49
"Ghana 279 66 0 1.400 1. 500
Lesotho 1.365 1.720
Libéria 169
Madagascar 266 600 500 F25
r1a l awi 83 190
Mozambique 640+ l :)0
Ouganda 825 900
Rhodésie 427 711
Rwanda 134 232
ISierra Léone 30 50 .J
Swaziland 38 1
l" 2
Tanzanie 3.1?0 2.P20 1
Togo 5?1 640 710 595
IZaTre 508 565 720 700
Zambie 50 29
Afrique "Sahélienne" 1
46.099
Ethiopie 111.480 800 1 12.950
Gambie 205+.
Guinée Bissau !
Guinée Conakry 1 374 1 1 500
I~:~~: Volte l!1.1'10 1.500 1 1.525: 1.050 1.550
M li 4.026 5.375 3.515 3.172 ~"~OO i
//M:uritanie 1 4 . 337 11.200+Î 5.600 3.900
13.234 5.000 l' 3.700! 3.000 3.880
~~~::~ia
.Séàégal .
I
1
l . 980
7 . 207 !
2.070
7.830+ 1
2. 500 1
8.150
2.000
7.550
2.800
2.730+
'Somalie ! 9~8 : 2.:20 1 ~.400 _ 980.2.:33\
Soudan \ 8.255 i 10.300 - ,15.400 1 -- l
, Tchad -1-~~~~~--J--~:~~~~~--!:~~~~--!:~~~-11-~:~~~t _
fOTAl AFR10UE.:121.866 1135.249 :140.5391136.550 ,
TOTAL ~ONOE .. ~992.533 t 1 Il.039.26 l__
-----------------------------------------------~--------~-------
1 Source F.A.O. Il Source O~I.E. - + Ovins + caprins

.. '.
'
- 24 -

Il est assez remarquable qulen dehors du Mozambique


et de la Gambie (pour 1 année 1969 seulement), seuls des états
1

francopho..r1B'Si·s africains dans le monde entier, continuent â grouper


les ovins et les caprins dans leurs statistiques officielles.

L'évolution des effectifs a donc été perturbée en


Afrique, particulièrement dans les pays sahéliens, par la dra-
matique sêcheresse prolongée qui a couvert sept ans de la
décennie 1968/1977. Ainsi, alors qu'en 1971, les troupeaux
ovins étaient en augmentation de 15 pour 100 par rapport à la
moyenne de la période 1961/1965, en 1973 on ne notait plus ., .
qu'un accroissement de 12 pour 100 par rapport â la même
période 1961/1965, cela correspond à un passage de 0,41 à
0,36 ovin par tête d'habitant (de 0,31 â 0,27 pour le monde).

1.23. - Les productions:

"Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage"


chantait OU BELLAY (Regrets) mais la toison a beaucoup perdu
de son attrait, particulièrement en Afrique. Le souci majeur
pour le continent est de parvenir t avec les différents ani-
maux domestiques, et ";âEH:; avec la faune sauvage qui révèle
de réelles possibilités dlapport protéique (biomasse importan-
te), à une production suffisante de viande et de lait, pour
combler le cruel déficit en protéines animales.

Cependant, nous envisagerons toutes les productions


car des possibilités réelles existent pour certaines d'entre
elles.

1.2.3.1. - Production de viande

Malgré les coupes -sombres imposées par la sècheresse,


l'africain est resté grand consommateur de viande de
petits ruminants. En 1973, la moyenne mondiale était de
1,8 Kg de viande par habitant alors que la moyenne pour
l'Afrique était de 2,5 Kg. Celà est surtout le fait des
pays du Nord et de l'Afrique du Sud mais l'autoconsomma-
tion est aussi très importante dans les pays sahéliens .
. . / ..
• 25 -

Une constatation désagréable est le poids·carcasse


qui plafonne autour de 14 Kg et même au Maroc: ce poids
est passé de 14,5 â 10,5 Kg~entre 1936 et 1973. Au Sénégal,
la moyenne se sit~e à 13 Kg pour les races du Nord et
12 Kg pour le mouton Dja11onké{Graphique n° 1).

Par rapport â la moyenne de la période 1961/19650

la production de lait de brebis s'est accrue de 35 pour


100 en Afrique, en 1973, avec une product0on de 603.000
tonnes soit une moyenne de 4,4 Kg par an et par brebis,
alors que la moyenne mondiale se situait autour de 7 Kg/
an (notons au passage que la chèvre en Afrique produisait
en moyenne 10,6 Kg/an contre 18,9 pour la moyenne mondia·
1 e) .

En 1972, la production annue11~ de lait de petits


ruminants par habitan~ est très remarquable en Mauritanie
(91 Kg), Maroc (36 Kg) Soudan (35 Kg) Niger (32 Kg) et
Mali (19 Kg).

Pour l'ensemble de l'Afrique, on peut noter que les


petits ruminants apportent 13 pour 100 du lait consommé
(laits de vache, buff1esse~ brebis etchêvrc~ dromadaire)
avec notamment le Niger (70 pour 100 de la production
nationale), le ~'aroc (41 pour 100), l'Algérie (40 pour
100) et le Soudan (30 pour 100) mais en volume absolu
nous avons dans l'ordre le Soudan (609 ton;1es), le Maroc
(219 tonnes) et l'Algérie (227 tonnes).

Une part importante de ce lait est transformée en


fromages particulièrement en ~frique méditerranéenne
(86 pour 100 du lait de petits ruminants au Maroc). Malgré
l'importance de son cheptel ovin et caprin, l'Afrique
fournit â peine 1 pour 100 des fromages mondiaux. Et
pourtant existent des débouchés importants, a commencer
par l'autoconsommation familiale, notamment pour amélio-
rer l'équilibre de la ration des enfants dans nos zones
rurales.
- 26 -

1.2.3.3. - Production de ceaux


--------------~----

Les peaux représentent une valeur commerciale trÈs


importante. En Afrique, on a commercialisé Jn 1973 :
109.250 tonnes de peaux fraîches soit 11,4 pour 100 du
volume mondial et une augmentation de36 pour 100 par
rapport à la moyenne de 1961/1965.

Les peaux de moutons apportent une plus-value non né-


gligeable a une spéculation viand~;encore qu'il faille
vigoureusement améliorer les techniques de dépouille, éOmme
de conservation et assainir le marché.

1.3.1. - Région Ouest - Africaine:

Nous avons assimilé la région à l'Afrique de l'Ouest


couverte par la C.D.E.A.O.. qui constitue une entité assez
homogène. La C.D.E.A.O. offre de réelles perspectives d'échan-
ges équilibrés entre pays sahéliens et pays côtiers. Les pre-
miers étant pays d'élevage par leur climat et leur superficie,
les autres pays agricoles à forte densité humaine et zones d
d'installation des industries et des grandes cités urbaines.

On peut ainsi, au tableau n° 5, distinguer au plan de


l'effectif ovin, trois pays excédentaires (plus de 0,5 ovin
par habitant) quatre pays déficitaires (0,5 à 0,25 ovin par
habitant) et huit pays fortement déficitaires (taux inférieur
a 0,2 ovin par habitant). A noter qu'en 1973, la moyenne
mondiale était de 0,27 ovin par habitant contre 0,36 pour
l'ensemble de l'Afrique. .. / ..
----------------------------------------------------------------
• C.D.E.A.O. : Communauté Economique des Etats d'Afri~uc
de l'Ouest: Bênin, Côte d'Ivoire, Garn ie.Ghana,
Guinêe Bissau, Guinée Conakry, Haute Volta.
Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal,
Sierra Léone, Togo.
- 27 -

1.3.2. - Sous -région Ouest-Africaine:

La sous-région ouest-africaine peut être assimilée â


l'O.M.V.S . •: ·et à l'O.M.V.G. ~uc t on peut prévl,;r cette
O.M.V.G. s'élargir avec la participation de la Guinée Conakry
et de Ta'Guï,"êe Bltsall..l-J. La sous-région a un rôle important à
jouer dans son approvisionnement interne et dans l'approvi-
sionnement de bien d'autres pays de la région, notamment les
états anglophones particulièrement déficitaires en viande.

Nous pensons quetsi l'effort nécessaire est fait pour le


développement de l'élevage ovin t la Gambie et le Sénégal
rejoindronttà échéance raisonnablc t le groupe des pays excé-
dentaires.

:. - O. M• V• S • Organisation de mise en valeur du Fleuve


Sénégal: Mali t ~,1auritanie, Sénégal

lJl" - O. M• V• G• Organisation de mise en valeur du Fleuve


Gambie: Gambie, Sénégal
- Tab1E';:lu n° 5 - ~~~~~!!~_Q~!~~_~~_0~~!9Y~_~~_~:Q~~~!_{~:Q:~:0:2:) -

1--- ----~- ----------- i~~;;~~~;;~-H~~~~~k-e~~~-8- -_-~~~~~ ~I~-.V~~; -~~~_~~o-o~~~~~~~ __~- - ~_~. -_~_~_- -ï~~~in-sl
! Nombre ~M"n ~
• A Y SIen
t
1- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - J .. QQQKmZ - - ;en...laaD..
l
D€'isité 1961/1965 .
- - - "ï-aU.km2. - - - - - - - - -
; ...... ;1973 et lp/habi

I~X~~dëntaire~
Ma l' ..
. 3.538·
1.240
10.265
5.088
i 2,90
4,2:
: 9.551
4.337 1
i 12.670
5.600
1 11.800
i 5.600
ti 8.900
3.900
1.23
1;10
1

{4auritanie 1 1.031 1.177 1,1 1 3.234 1 5.000 1 3.700 Il 3.000 4~25


NjQer . t . t 1.267 4.000 3,1 1 1.980 j 2.070 2.500 2.000 0 52
Deflcl a l r e s · 1 1 '

Gambie 1 10,5 374 35~6 \ ! 105 0,28


Haute Vol ta Il 274 5.376 19~6 1 1.140 ! 1.500 1.525 1.050 0,28
Sénégal 197 5.100 25,8 1 968 ; 1.260 1.400 S80 0,25
Togo 1 56 1.950 34,8 1 521 ! 640 710 0,36
Très déficitaires
Bêni n
Côte d'Ivoire
1
(322
113 1
1
2.718
5.100
124,0
115 ,[\
l'
.
346
511
1 546
850
670
920
a 20
1 0:17
Ghana Il 237 1 8.000 33,7 1 279 1 660 1.400 0,08 N
co
Gui nÉe Bis s au 36 0 . 800 22 ,2
Gui née KCon a kr y 246 1 3. 921 15 ,9 i 374 1 r 500 lOs 10
libéria i 131 1 1.523 11,6 ! 100 1 160 0,07
. Nigéria 1 924 180.000 86,5 7.207 1 7.830 ! 8.150 17.550 /0,09
1_~~~~~~_~~~~~ 1 !: ~ __ :~5:~
3:::__ ---------l-----~~--c---------~---~~----r~:~~-
i Total Région 9.694,5 : 137.942 ~4,23 ! 39.235 131.800;0 23 .
------------------------------------------------------ ---------------------------~------~---
- Source F.f..O. - Statistiques 1961/1965 (Moyenne) 1971 et 1973
- Source O.I.E. - Statistiques 1969 et 1974
- Source S.E.O.E.S. (Approvisionnement en viande de l'Afrique de l 10u~st 1974)
t

-29-

~ ~:.:~ ~~~~~~::EVA~E•
..
. : ) VIN AU --..r-ENEGAL

"30-

........_ _
a ....~....
_ ...
_-_
. .'IOlII - _ · _ - - - - - . - . - . - . . , - - -.......... _--= •••••---------..
............
- 31 -

2_1.1 - Le milieu phyqique

2.1.1.1. - 8ê!!~f

Le Sénégal, sur ses 197.000 km2, est caractérisé


par une platitude monotone où les plus petites ondula-
tions paraissent gigantesques bien que ne dépassant pas
400 m : modelés dunaires de la zone litorale (Niayes),
volcans éteints de la Presqu'île du Cap-Vert (Mamelles),
contrefortsdu Fouta-Djallon (Sénégal Oriental).

2.1.1.2. - §~Q!Qg!~

On peut succintement reconnaître les formations


pédologiques suivantes ~u Sén?gal

2.1.1.2.1. - Des sols minéraux bruts dits squeletti-


ques ou encore sols lithiques parce que leur profil
présente un début de différenciation d'un horizon A
~ constitué presqu'entièrement de débris de roches

faiblement décomposées. Ces sols sont parfois riches


en matières organiques non décomposées. Ils sc ren-
contrent sur les affleurements de cuirasses ferru-
gineuses plus communément appelés "latérite"
(sesquioxyde de fer et d'alumine, plus parfois du
manganèse).

2.1.1.2.2. - Des sols isohumiques, caractéristiques


de la zone sahélienne, sensu stric~. Ils se dévelop-
pent dans des conditions de semi aridité prononcée /
c'est à dire avec un climat chaud et une pluviosité
faible, 200 à 500 mm d'eau ~ur une très courte période.
Ce sont des sols peu profonds et peu différenciés.

2.1.1.2.3. - Des sols à sesquioxydes, caractéristiques


de la zone soudanienne, à pluviométrie plus favorable
que la zone sahélienne. Leur matière organique est
vite décomposée et on les distingue en :
- 32 -

- Sols ferrugineux tropicaux non lessivés,répartis


entre les latitudes 16 0 30' et 14 0 30', soit entre
les :.s~yètes 450 et 750 mm, limités au Nord par les
sols subarides et au Sud par les sols ferrugineux
lessivés. Ils sont caractérisés par une épaisseur
de profil de 200 cm et par la présence de trois
horizonsA, B et C bien distincts.

- Sols ferrugineux tropicaux lessivés sols très


sableux, lessivés de tout leur fer.

2.1.1.2.4. - Des sols hydromorphes qui subissent un


excès d'eau pendant au moins une période de l'année.
Ce qui crée un défaut d'oxygénation induisant des con-
ditions réductrices plus ou moins asphyxiantes pour la
végétation.

2.1.1.3. - Climat
------
Le Sénégal a un climat général du type tropical
sec avec deux saisons bien tranchées, rythmées par l'al-
ternance saison sèche, 8aison des pluies. La saison sèche
domine du Nord vers le Sud: 8 A 9 mois vers Linguère,
7 A 8 mois en Casamance ';Mars et Avril sont les mois
les plus secs. La saison des pluies, évolue en sens iver-
se et augmente du Nord au Sud: 3 à 4 mois au Nord,
4 A 5 mois au Sud; Août et Septembre sont les mois les
plus pluvieux.

2.1.1.3.1. - Température:

L'espace sénégalais étant situé à de basses alti-


tudes, la distribution des températures au cours de
l'année, comme d'ailleurs celles des pluies, est régie
par le balancement annuel des masses d'air, en liaison
avec les différentes phases du mouvement apparent du
soleil. Celui ci atteint le tropique du Cancer en Juin
et dans sa marche passe au zénith de chaque point du
Sénégal; de même lorsqu'il descend vers le tropique du
. .1. .
- 33 -

Capricorne qu'il atteint en Oêcembre. En effet, ce


double passage zénithal, relativement rapproché,
est cause de chaleur et de pluie tandis que l'é1olgne-
ment du soleil vers le Sud cause de fraTcheur et de
sècheresse. la nébulosité et la durée de l'insolation
sont également des facteurs importants dans la dis-
tribution des températures.

2.1.1.3.2. - Vents

On distingue :

- Les alizés continentaux d'origine boréale, secs


et frais, d'orientation N - N.E. (Novembre a Mars)

- l'harmathan, sec et chaud, d'origine boréale, d'o-


rientation NE - SE (Mars a Juin)

- la mousson, humide, d'origine australe, source de


pluies abondantes (Juin â Octobre)

2.1.1.3.3. - Pluies:

Le régime des pluies est sous la dominance des


pluies de mousson ayant lieu de Juin a Octobre. Il y a
diminution de la pluviométrie totale en fonction de la
latitude, en rapport avec un raccourcissement de la
durée des pluies.

Les pluies présentent une variation importante


dans l'espace et dans le temps. En effet, même dans un
secteur restreint, il y a des plages bien plus arro-
sées que d'autres, sans que celA sott lié a un quel-
conque microclimàt. Les variations dans le temps
donnent des sècheresses intercalaires au cours d'une
m~me saison avec un intervalle trop long entre deux
pluies successives entra'nant la mort des jeunes
pousses. Le phénomène le plus grave est la sècheresse
"cyclique" comme celle qu'a connue le pays 00 entre
- 34 -

1967 et 1978 il Y a eu cinq annêes rêe11ement sèches


et deux années a peine moyennes avec beaucoup de zones
! sècheresse intercalaire-.

Il semble intéressant de noter que malgré 1 l a1ter-


nance marquée saison sèche - saison des p1uies t qui
fait dire qu'il n'y a que deux saisons au Sénégal les t

paysans trouvent de nombreuses nuances et marquent


des étapes assez significatives dans le calendrier
saisonnier. Ainsi on a au tableau n~ 6 un calendrier
détaillé qui peut être d'un grand secours lors dlen-
quêtes en milieu paysan.

- Tableau n 6 lt
- Calendrier saisonnier

OUolof - P~u1

t-~_··~-----------~~~~~~~~~~~ï---~~~~~~~~;~~--i-------------- -
i PERIODE Ouolof 1 Peul 1 Observations
-------------- -------------1----------------1--------------
Saison des
pluies 1 Navet 1 Ndugu 1
(sensu1ato) 1
- Tiêbo - Set selle Juin
- Anata - Set selle Juillet
-
-
Waxset
Satunbar
-
-
Ndungu Avril
Dioku diaulé Se p temb./Oct0

Début saison 1 1
'.

sêCbe-(o,,:sa'i
so.~frafehe) 1:- Lo11y 1 Dabunde Nov./Décemb.
Saison sèche 1 1 Nor 1 Tchedu Janv.! Avril
Fin saison 1 Tiorone 1 Demmu nare Mai
sèehe . .
.. -_-.. ~- __ ._.~ __. J----------------J----- J_.
N.B. f - Cette correspondance des mois du calendrier chrétien
est très approximative.

-. ,-
-
- 35 -

a)- Permanent~s: d~l ,ü)('d au Sud du pays ~ on peu t tiC' t·,:

Le F 1 eu ve S,é n é .9~.l : l 7 90 j( rn. ~ pre nd sas 0 ure e den s


le Fouta Djallon ',chât(;ou d'eau de 1 lJ'lfriqua Ge·:;!·
den t ale }. Ce f 1 eu" e ~: {) nn e i 2t l"Î mit e il a t 1J rel L~ ':>}
territoire sênéga'a~s d~ Sucl - Est au Nord (fr0;t~!·
r e s a ve c l e r~ à 1 ~ f; t 'j a ~i! t: ~I rit ct ri 'i :::: ). Sor d é bit \:, ~
variable de 3000:1 b:i']''1 ;~3/sc:c,,-::le à Bèkel selc (.
l 1 i mp 0 r tan ce des r.l rée .~ fJ 'i t~: t '1 :J ~p :; SU}"' i e ;:: 0 Û .~ a O.j:. '. : . '(: ~

Sa crue se propage 12i!t0.:,n.::nt tout au lons de s(;('


co urs , s 1 é t ale SUi' t 0 '.1:: "e i~ s 'J è, b (î r; .L: V a li é e : ; " ~ ..
três faible et att2'J1Ü Sêlint·'Lou.~ ;~:, Sf;lé~:J.'~ CI'
Novembre. L'ét~ûge èu fleuve se situe:::1 Av\"Ï',: ~
entrafnallt une r0i,'J!1tée des elUX salée~ :Je 1,i
jusqu'â Richard - foll.

D'importantes d~êlisation5 sont p,"\fues le l(1ll~


du f 1eu ve S é né gal r.J a.~ 1 0 , r1 • \f • S . avec des bar;' a r:.:: s
1

a Man a nta lie t Di: ma â II t 0 d $ a n t l' i r r i g a t ion de p( .


de 400.000 hectarr~s et un8 source énergétique ;.:0
800 millions de ~~/h.

Ce fleu'/0 rec(le de mo~ns en mo-lr.s de poiss;,n:~


et les pêcheurs Ijthioube~oli ~ ont émigré vers l,:
f 1e uve Cas aman c( pOli r E: ;{ 0. ~. C .~. y 12 \n' :;::: -:. : : r .. f f'" '. c " '

Le fleuve Saloum: Se réduit a u~ bras de mer


trant très rroi"':''::'':'Ii''';;.' '~-,:.: '~(':: ~'~rre::; ; son
est inutilisab'!e pO:JY"i~:.; cui"~:":' C') peur;~
bétail.

Le fleuve Gambie: Le p1us long de son (:O'_::"S~,"': ',r-


se le territoire g.:.mbiE':l mais pai~ sa SOl~i'CC (l"" ( . : -
partie de sor COUI~5 primaire, ce fl·:.,v;:: :i-.. ~, __ .
les Républiqt,.;es de GlIinfe (Conakry) e . . du Séi,:;,j,
----------------------~~-~_.---~-------------~--=~.~~-
1
• - Pêcheurs toucouleurs • Il J ..
- 36 -

L'O.M.V.G. se propose d'édifier des barrages sur ce


fleuve pour la mise en valeur de prês de 160.000
hectares de terres rizicu1tivab1es et une production
électrique de 800 millions de kw/ho

Le fleuve Casamance: Le fleuve n'est permanent


quIa 300 Km de son embouchure a Fagakourou ; aux
basses eaux (minimum en Avril) les eaux salées re-
montent jusqu'â Sédhiou. les hautes eaux (maximum
en AoOt) permettent une crue toujours douce, irri-
guant des milliers d'hectares de rizières. Ses eaux
sont três poissonneuses et permettent le développe-
ment d'une activité de pêche (poisson, crevettes
et autres crustacés) très importante et qui alimente
la population locale et les pays de Guinée Bissau
et Guinée Conakry. Oe nombreux petits barrages sont
prévus sur les affluents du fleuve Casamance pour un
potentiel irriguab1e de 100.000 he~tares.

b)- Temporaires: Pendant la saison des pluies, le


bétail (comme les hommes) s'abreuve au niveau d'in-
nombrables mares temporaires surtout dans les zones
Nord et Est du pays. Ce1â permet surtout 1· l uti1isa-
tion des pâturages situés dans des zones non couver-
tes par les forages profonds.

2.1.1.4.2. - Eaux sous terraines :

Le long du littoral Nord (Niayes) l'eau affleure


presque et les "séyanes" ••: ne dépassent g"êre 2 a
3 mètres de profondeur et permettent dlobtenir une
eau facile, surtout destinée au mara7chage.
. .1. .
---------------------------------------------------._.
; ,..,

• - "Sêyanes" non ouolof pour désigner ces puits


peu profonds
- 37 -

L~ nappe phréatique, à une profondeur de 100 m.


maximum, est atteinte par des puits conventionnels
en maçonnerie, à exhaure manuelle ou plus rarement
par traction animale ou par mato-pompes.

La nappe maestrichienne, nappe cartive à 200 -


300 m. de profondeur,est évaluée a 5.000 milliards
de mètres cubes, s'étendant sur près de 100.000 ~_
C'est llune des plus puissantes nappes souterraines
connues en Afrique Occidentale, quasiM~nt inépuisa-
ble. Malheureusement, cette nappe n'est accessible
que par forages profonds nêcessitant des investisse-
ments importants. Ell e assure 11 al imentati on en eau
des popu lat i ons et du bêta il. On comr te près de
100 forages et puits forages sous le contrôle de la
Subdivision d'Outillage Mécanique et Hydraulique
de Louga (S.O.M.H.) et la plus forte densité de fo-
rages se situe dans le Ferlo avec les départements de
Linguêre et Louga.

Pour une meilleure approche, des problèmes d'éle-


vage , il nous apparaît préférable d'utiliser un
découpage que 1 Ion pourrait qualifier d'écologique.
En effet, selon le climat, les vocations naturelles.
on peut distinguer, comme l'indique la :arte n° 1 :

2.1.1.5 .• 1. - La zone du fleuve Sénégal: S'étend


du Delta du Fleuve à Bake1 et eng10bR toutes les
terres couvertes par la crue du cours d'eau et dites
"wa10" (terres limoneuses ou argileuses) comme cer-
taines eaux non inondables (ou rarement) dénommées
"fondé" et qui constituent la vallée.

On pourrait y englober la partie Nord du "diéri"


ou terres riveraines hors de la vallée, sableuses
et souvent dunaires, parfois constituant des plaines
de sables fins ou limoneux.
. .1 ..
- 38 -

Cette zone correspondrait a la partie Nord de la


région administrative du Fleuve et à la partie Nord-
Est de la région administrative du Sên~~al Oriental
(Boundou Nord).

Cette zone est promue à l'agriculture intensive


irriguée et l'élevage ne pourra s'y insérer que dans
le cadre d'une association agriculture - élevage
avec utilisation du travail animal mais surtout par
l'embouche du bétail pour la production de viande
et de lait avec des animaux à très bonnes perfor-
mances. En effet, cette zone pourra donner de gran-
des quantités de sous - produits de récolte et de
sous - produits d'usinage des cultures industrielles
(riz, canne à sucre, tomate, blé).

2.1.1.5.2. - La zone du Ferlo ou zone sylvo -pasto-


rale: groupe les zones tradi-
tionnelles du Koya, du Diéri et du Bounéou ; cette
zone s'inscrit dans un polygone ayant pour côt~ le
Lac de Guiers (à l'Ouest), l a zone du Fleuve décrite
plus haut .de Richard-Toll a BakeV, une ligne
Linguêre - Tambacounda et la route Ttmbacounda -
Bakel. Cela correspond aux régions administratives
du Fleuve (partie Sud ou Diéri), de Louga (sauf une
partie des départements de Louga et de Kébémer) et
du Sénégal Oriental (Boundou ou partie moyenne).

Cette zone, comprise entre les isohyètes 400 à


800 mm, couvre près du tiers de la superficie natio-
nale. C'est la zone d'élevage par excellence avec les
meilleurs pâturages naturels du Sénégal et on n'y
trouve, au moins pendant la saison des pluies, plus
de la moitié du cheptel national.

. ./ ..
- 39 -

2.1.1.5.3. - La zone du Bassin arachidier


Située entre les isohyètes 800 et 1000 mm, elle
groupe les régions administratives de Thiês, Louga
(partie des départements de Louga et Kébémer),
Diourbe1, Sine - Saloum et Sénégal Oriental (partie
occidentale). L'arachide y règne en ma1tre et sa
culture s'étend inéxorab1ement sur la zone dite
sy1vo - pastorale. Le coton commence à apparaître
et à se développer dans le Sud de cette zone.

Ces cultures industrielles qui n'~ccurent les


paysans que 4 mois dans l'année, produisent des
quantités importantes de sous-produits de récolte
et de sous-produits industriels. L'embouche de
moutons serait un moyen très rêmunéra~eur pour meu-
bler la morte saison.

2.1.1.5.4. - La zone des Niayes :

Elle correspond au littoral Nord, de Dakar â


Saint-Louis. Elle est caractérisée par l'existence
d'une eau douce à faible profondeur qui donne au
paysage le faciès d'une végétation guinéenne. C'est.
une zone de mara1chage par excellence, qui ~dessert
surtout la grande métropole dakaroise. Depuis la
campagne d'éradiration desg10ssinesmenée avec succès
par le L.N.E.R.V. 1, cette zone reçoit et entr~t:~~t
de nombreux troupeaux àLltoChttlnéS' ainsi que les
animaux destinés aux Abattoirs de Dakar. Les sous-
produits des cultures mara1chères qui s'industriali-
sent pourraient servir â 1 'a1imenta~ion, en stabula-
tion de grandes quantités d'animaux.
. ./ ..
---------------------------------------------~-------

1 - L.N.E.R.V. : Laboratoire Nitiona1 d'Elevage


et de Recherches Vétérinaires

/
- 40 -

2.1.1.5.5. - La zone de la Casamance:

Nous y regroupons toutes les autres régions


recevant plus de 1000 mm d'eau par an. Cel! corres-
pond aux limites administratives de la Casamance
ainsi que le Département de Kêdougou (Région du
Sénégal - Oriental). Cette zone constitue le grenier
naturel du Sénégal et malgré la présence de glossines
l'élevage peut y être ptospère. Er effet, les races
autochtones possèdent une certaine trypanotolérance
et leurs qualités bouchères sont remarquables.

- .1. .
LEGENOË
Carte n° l du Sénégal ~ Zone du Fleuve
MAURITANIE
jOro ~ Zone du Ferla
E~~~;I Bassin arachidier
~ Zone des Niayes

Saint-Louis
0 Cap Vert
fIIII1l]
u..J
=::J
o
.....
~
z
- Zone Sud
Frontières d'Etat
Limites de région
Cl:
.-1
~
i> Capitale nationalE
<
• Capitale régionalE
... Infrastructure
d'élevage
D,!XAR ~ Isohyètes ( en mm
d'eau)
7 - Réseau hydrauliqud
1/2.500.000

-t:>
~

MALI

z
Cl:
u..J
U
o

1200

400 .,

1600
GUINEE BISSJ'.U GUINEE CONAKRY

.. ' .' .' .. -' ' .' -~ '


- 42 -

2.1.2. - Le Milieu végétal

Les plantes et l'eau sont les éléments fondamen-


taux de l'élevage. La flore naturelle joue encore un rôle
prépondérant puisque l'élevage extensif est largement
pratiqué.

La vie pastorale est intimement liée au rythme


des saisons. La saison des pluies, règle l'état d'embonpoint
et de santé du cheptel, comme des hommes, alors qu'a la sai-
son sèche correspondent la disette et les' :migrations du
bétail.

La connaissance des plantes naturelles garde


une importance et l'agrosto1ogie est toujours d'actualité
car la ma1trise de l'eau et la généralisation des cultures
irriguées ne sont a envisager que dans le long terme. De plus,
chaque fois qu'il est possible d'exploiter rationnellement
un p!turage naturel, les coOts de production sont nettement
amoindris et le produit meilleur marché.

Les pays tropicaux sont réputés être des paradis


botaniques et le Sénégal par la densité de ces zones écolo-
giques offre un résumé intéressant de cette flore tropicale
exubérante.

Si les strates arborée~, arbustive et 1ianeuse


sont relativement aisées a recenser, il n'en va pas de même
de la strate herhacée. Cette dernière est constituée essen-
tiellement par un tapis graminéen d'aspect homogène et ~~~~­
tone mais qui cache une très grande richesse f10ristique.

En nous appuyant sur les travaux de J.G. ADAM


(2) de A.F. NAEGELE (88 a 90) et sur nos propres enquêtes,
nous avons tenté de désigner les espèces les plus appêt~&S
par les petits ruminants selon les zones. Ce choix est
quelque peu arbitraire puisque l'appétence d'une plante est
fonction du sol, de la pluviosité, de l'époque de l'année et
de l'existence ou non d'autres espèces mieux appréciées .

. . 1..
- 43 -

. ;
. . ',.

Nous indiquons-au tableau n° 7 les plantes les plusi


recherchées ou les mieux apréciées par les ovins. La cotation utilisée
désigne :

1 = plante moyennement apnêtée


2 = plante bien appêtée
3 = plante très appêtée
-------------------~--~-------------------------------
• f -----------------
!

Lanf
l
1 Femill::
!

Creux ct espèce
'1
Nom Nom

;..---~---
1
1flEUVE
1 et

FERLO

\
Papillonac~es Dalbergra melanoxylon
1 Pterocarpus erinaceus Venë i + +
1 ucens Beihei ·Tchagi + +
Il

Feretia apodanthera
'"
Rubiacées Santier ,ITchumbi + +
Sterculiacées Sterculia setigera Mbel) Robor; + +
Tiliacées Grewia bicolor Xorom radj Kell; + +
Zygophyllacées Balanites tegyptiaca Sump ! !~uteld + + + 3
t~nacardi acées Sclerocarya birrea Ber l Eri + 1
t
Burséracées Crmmiphora africana Ngotout Badadi + 1
Capparidacées Cédaba farinosa iDebarka Sengseiri ( + + + 8,
Mëerun angolensis Totch D
.,'19 •
+ : + +
1
31
Il crr.ssifolia Debarka Degeti ' + + 3i,
1 1
Combretacées Ccmbretum aculeatum Sawat Laornandi: + : + +
,.1
c:. •
1 i !
Il
glutinosur.1
Gui~ra sene~alensis
Ratt Dook; +
:

1
+ + 1: ..,.
~1011er Gel(\ki + . + + ')'

Graminées Aristida funiculota Selbere ...


,~ ~ -1 - - .' - - - - - - ~ - ., - - - - - - - - - - - - - - - - - - - .. - - - - - - . -
l , ;
.. <, -

.
- - - - - - -; -

1
- - - - - - - - - - - - - - _. - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
;
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i
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- - - - ~
1
__ - •• <0 0', " ~ 'M ., ,', ,', _' .. ~ __ • ~ __ ~ ..
...... _ a ....... cc·, ...... ~c>. _.:...

1 FLEUVE IFn:minées fric;tida lonçiflor3 Ngueret' Sirigko 2


i et Aristida mutabilis 'Selbare 2
1 Arlstlda stlpoides ~pal , Hudel 1;
djinax
l1 FERLO Brachiaria haqerupii
'. , f)u~ubu Pagiri 3
oitch :seno i ;
1 1 î
1 Cenchrus biflorus Xaxam ~ I<ebbe worde; 2!
1 1
1 Ctenium elegans r.ueni ·Latchel 2:
i
\
xatch :dawadi 1· r
i
!

1 Digitaria gayana . Rarsabedje { i


i
3
i +
1 Echinochloa colona 1 !Abaket Baro + f + 3
i Eragrostis tremula 1 Salguf Solboko 2 it.n
+:0

IDicotyledones Blepharis lineariifolia ! f-uiri f-iriggal 3


ngol
Bcrreria radiata Nakurar Gurdugal 2,
1 1
!

1 CEratotheca sesamoides 1 Yoroxlan Lalo danaye) 3 1


1
Cleome tenella ! ;Tiar.1ulel 3~
1 E~phorbia convolQuloides 11 ;Enende 21\
Gisekia pharnacicides 1 Takel poli 3)
Hibiscus asper i RissanFollere diéri
,diéri
3;
1

l i
Sag~ri ~Tirdé 2~1
Ipomea coptica !
SU,':'''
1
Ipomea pestigridis f Laxal lurTirdé 2'

~2!l ".
1

Kchautia grandiflora Ndoxum :Roduwoduga l


Lirneum diffusum ISon!ac
,
Limeun pterocaroum !
Merremia Dinnata Saqari ILebel + + + 3;
j
~~--------~-------~-------~---~------------------~-------------~-----~--------~---------~---~---~---~-_ ..
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t<- ...-., ..... L-' <-'" ,'~ ~ "'~"" <= "'" """" . . . . . . . . . . - - .... - - - - - .... - -. ,-~ "'""' ".' ... ~ -- '"'" _.,J - - ~ -= - - co· ... - - ~C . . . . . . ",......,.,.. ..... ~ -.1 ~ - .,.. _ _ _ _ _ _ _ ""'"" ~~ .. 1 ," ...... ",., ........ , "'0; <>. __ ..."';,.... _ .., r..' '.1 ,- "'- ,_ ..,.
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ii
! 1
FLEUVE' Di cotyl édones ~ rerremia tridentata Tchalaw , Mad ~ il 1 i 3 1
., ,
~ lit ,, 1

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1 3 !•
r
1
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1
Molluao nudicaulus ~

.
ITal<el poli;
.
,

~!
1 1 ~orsonia senegalens :Ndusurno
.
1
1 1
1 i
11 1 Ph~'ll antus oentandrus Carab i 1
1 i
i
i si taw ! !, ! ;
i
Polygala eriootera Rustit 1.
i
!
1
1
1
!. 2 1
~altheria indica ~·a tum 1Rafa.ki 1
,
1 1 11
kewel ~ i 1 1
i
1
, i
Vereyan ! \,I~ h.lë\ l nde :
1 1 3 !
MonocotylEdones 1 Crmmelina forskalaei ·,
Fimbristylis exilis N, d ~ peu n ~G ~ \II ri
te.n :
i
i
1 1 !2 1
~
!tcholel
1 ,: !
1
f
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Légumineuses 1 P,lysicarpus ovalifolius


1
8aarnat i ~~bamote i
1
1

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\
:
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1
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!
!
Cass;a italica
Cèssia ~imosoïdes
Laydur ,l
Ngen iLeqleoirde
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1
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1
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• 1 ,
!Crotalaria oeirottetii Yonb 1\'; a"",re
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11 Inèigofera asper~ ,Nvavnande !
j 1 , 2
i 1 1
1
Ojegi '(:uri l
2
1 Indigofera diphylla
1 \ i

tengar bllmd i ! j
1 Indigofera pilosa 1 1 1 Î 2
1 l
\ i
! i ;

1 Tephrosia bracteolata 1
1 ! 1 2 1
1 1

~
i Tephrosia purpurea Te!ccr ITchampi 1 1
E
1 1
Oangarme!Deggo 1
l
1 Zornia glochidiata
, 1
1 rndropogon pseudapricus ! Lehudjere + 1 ,,
CASA- I
GraminéGs
1
! 8rachi8ri3 lata 1
1 1 1 + 1 + 2 !
MANCE 1
1
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1 1
Erachiaria stigmatisata Î Kenlre sama ! 1 1 + 1

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• nr.cs 1
Digitaria longiflora D,jadje '+ + 1 2,

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\,Ct.St;·JI,~CE
\
Ele"sine indica + \
li1
Eraçrostis tremula + ! 1
1;
Panicum gracilicaule + .
i j li
i
j
1
Penrisetum hordeoides + + j Il
Penrisetum subangustum + 1, 211
Graminées Androoogon gayanus ! 2J
+ ,
~

vivaces Andropoqon tectorum + 1 11


1
Berkeropsis uniseta + 21
î
, Brachiaria Mutice + i 2 i, 1
1
l Diheteropogon amvlEctens + 1
,
:~
1 ! ......
i 1 r1
Echinochloa pyramidalis + ,11
1

11
Hyprrrhenia dissoluta + i 3 i,
1 1
1
.
Pasralum auriculatum +
f
2 i
Herbacées Alysicarous ovalifolius + ;

1j diverses Sorreria stachydea +


1
2 1'
3,1
1 Desl'odium setigerurn
S

+
!, 2 ~i
1 Tephrosia linearis 1 21
t leSPèCeS Acacia albida + l + ! + 1
1
31
ligneuses Vitex madiensis + 1 1 31
{ !
!
Daniellia oliveri + ,
i
1
1
+ 1 1
3
Gardenia erubescens + ' + + i 2
1 1
Hymenocardia acida +
\
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1
Khaya senegalensis + 1 1
2t
11
1
1
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1
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~_~---~~~~~~~~--~~~~-.--~-~---------J
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1
..1 .. _.~'"

CI\SP.~ [ Espèct::s j Mangifera ind1ca + 2


MANCE ; 1i gneuses l Oxytenanthera abyss i ni ca , + 2:
Piliostigma thonni~~ii + 3·
PterocarDus erinaceus + +; 3
""~' _ . _ _ .,.• • _~~ __ ._~ ••. " • • • • _ _ ........ - . . . . . . -. •. _ " . _ . • 4 ..... . _ , _ . -, . . . _._~., •• _.~_._~ _""._ • _ _ .. , __ _~ '_'_...-." ,. '"" ... _ _ 4 ' . . . . ~_,. _ _ <, •• _ ',_. _ _ -_. ". ,_ ..._.• _ _ ~ _ ... ~ ._._'..-- • ......
.) - 1

.;..
co
- 49 -

2.1.3. - Le ~i1ieu humain

"Lorsqu 0n a mangé le pain des bergers et Gu avec


1
L!

eux, qu'on a essuyé les mêmes orages mais ri haut et clair


aux mêmes soleils, on a beau quitter le bâton: on est avec
eux pour toujours" (MARIE MAURON).

Dans nos sociétés encore fortement traditionnelles


et que le modernisme envahissant n'a pas encore réussi à
démanteler, existent des spécialisations selon les ethnies,
vis a vis des activités rurales: cultivateurs, éleveurs,
pêcheursl ce qui n'empêche qu'au sein de chaque ethnie se
différencient des catégories professionnelles assimilées à
des castes: tisserands, forgerons, bijoutiers, artisans du
bois et artisans du cuir.

Nous envisagerons les problèmes démographiques


a la lumière du dernier recensement national de 1976 puis nous
tenterons d'étudier l'attitude des principales ethnies vis
à vis de l'élevage ovin, en terminant par l'évocation de quel-
ques aspects de l'élevage ovin dans les cités urbanisées.

Le recensement exhaustif de 1976 a révélé une


population de près de 5.100.000 personnes, avec un taux
de croissance proche de 2,7 pour 100 l'an.

La densité de peuplement est/pour l'ensemble du


pays,de 26 habitants au km2. Ce1à recouvre une grande
inégalité de répartition puisque on a 5 habitants au
km2 dans le Fer10, au Sénégal Oriental et en Haute
Casamance alors que le Cap-Vert regroupe 20 pour 100 de
la population nationale, sur moins d'l pour 100 du terri-
toire/atteignant une densité voisine de 2.000 habitants
au km2.

. ./ ..
- 50 -
Le tableau n° 8 essaœe de regrouper les données
démographiques et sociales du pays. On peut y ajouter
que la population peut se distinguer en :

- Population infantile, 0 à 4 ans~ représentée par


835.000 enfants ou 16 pour 100 de la population

- Population scolarisable et professionnelle, 5 a 19 ans,


soit près de 1.846.000 personnes ou 36 pour 100
de la population totale;

- Population productive, 20 à 59 ans, groupant


2.208.000 personnes soit près de 43 pour 100 de
la population totale ;

Population sous active, âgée de plus de 60 ans qui est


constituée de 235.000 âmes soit près de
5 pour 100 de la population totale,

., / ..
- Tableau ne. 8 : - Donnêes dêmographiques
------------- ----------------------
------- J _
- -- - - -- - - - - J - - - -- - - - - - - - - - -,., - - - - - - - - - - - - - - -. r-
I
REGION ADMINISTRATIVE -~~ER~f; POPULI\.TION
DENSITE
---------- J
------- ---I~I:;.-t.:.i-;" __ ./ -"""'DE .. - - .., --
.... ",._ DROIT
" ..
CP.P VERT 550 984.660 1.790
CASAMANCE 28.050 736.527 26
DIOURBEl
LOUGA ~3!I.400 425.113
~17.737
( 25
)
FLEUVE .1l1.650 528.473 12 (J'1
.....
SENEGAL ORIENTAL 58.650 286.1t.8 5
SINE SALOUM 2~.200 1.007.736 42
THIES 6.600 698.994 106
---------------~-~------------~---~-----------

TOT P.L 197.100 5.085.388 26

Dont populttion rurale 3.566.948


Population urbaine 1.518.4,~0

Population de sexe féminin 2.583.886


population de ~exe mâle 2.501.502
Salariés 177.000
Scolarisés ; 1
l
__ ________________________________ L 37.000 ~1 _

Source : Direction statistiques


~
- 52 -
2.1.3.2. - les êleveurs
------------
2.1.3.2.1. - les "Xal pularen" lt 21 pour 100
de la population totale.

Ce sont :
- les loucouleurs le long de la va 11 ée du fleuve
·Sênégal, de Podor à Matam et jusqu'à Bakel
- les pt:ul de la zone du Ferlo (Région de louga)
- les P.:eul du Fouladou (Région de Casamance)

Cette ethnie, installée dans toute l'Afrique au


Sud du Sahara depuis l'Ethiopie jusqu'au Sénégal,
s'occupe essentiellement voire,exclusivement,du bé-
tail, source de sa subsistance et de son prestige
dans la société.

Au Sénégal, si les ~oucouleurs sont devenus d'a-


vantage agriculteurs et pêcheurs et si les ~eul
du Fouladou sont essentiellement agriculteurs, les
peul du Ferla demeurent des pasteurs encore que la
tentation de l'arachide ait pris certains.

Tous assurent leur consommation cêréaliêre par 1.


champ de mil ("Gawri") à proximité de la concession

les "Xal pularen" possèdent plus des deux tiers


du cheptel sénégalais (bovins, ovins, caprins,
asins) et même dans le pays de Basse et Moyenne
Casamance, â majorité 4iola, ils assurent la con-
duite des troupeaux de ruminants, étant rétribués
par la production de lait et par partie des jeunes
animaux.

GAllAIS (63) notait que la "nonchalance pasto-


rale devient absolue chez les Peul du Ferla au
Sénégal. Une famille Peul installe ses pail10ttes
à proximité du point d'eau. Son troupeau est dans
la brousse et s'y déplace comme une horde libre,
le plus souvent sans berger.
---------------------------------------------------
li - "Xal pularen" : Ceux qui parlent pular .. f ..
- 53 -

Depuis l'installation des forages, )es animaux


se passent de tout soin de l'homme ll •

Nous pensons que ce jugement est pour le moins


superficiel car ces pasteurs ont prom~nê leurs trou-
peaux de long en large sur tout le continent, â
travers les razzias, les maladies, les zones infes-
tées, les sècheresses, la disette et ont su, contre
vents et marées, conserver leur patrimoine animal
impressionnant. Cette ethnie qui pratique la cure
salée, a su très tôt appliquer le principe de la
vaccination contre les grandes épizooties et connait
admirablement la flore et ses vertus diététiques
et thérapeutiques pour les hommes et pour les ani-
maux. En matière d'extérieur, notamment pour ce qui
est du signalement des ruminants, ils possèdent un
répertoire riche que les chercheurs gagneraient à
exploiter.

2.1.3.2.2. - Les Maures

En dehors des maures qui convoient de très grands


troupeaux de moutons,de la Mauritanie au Sénégal pour
le commerce à l'occasion de la Tabaski, il réside,en
permanence au Sénégal, une forte colonie maure, esti-
mée â plus de 100.000 personnes.

On les rencontre dans toutes les zones rurales


mais en plus forte proportion dans le Ferla 00 ils
s'occupent essentiellement de l'élevage des petits
ruminants avec un petit commerce (thé, sucre), l'arti
sanat du cuir et du métal ; quelques uns sont IIUiou1i
(commerçants de bestiaux).

On les rencontre également dans les cités urbaine!


00 ils remplissent les fonctions de commerçants1en
gros de viande (chevillards), de tueurs ci l'abattoir,
de bouchers détaillants sur les march~s et surtout
de gérants de "dibiteries". Par ces différentes acti-

.. 1..
- 54 -

vitês, cette ethnie est celle qui entretient le


plus la pratique des abattages clandestins de pe-
tits ruminants qui sont d'une très ·grande impor-
tance quantitative et faussent largement les sta-
tistiques de la consommation mais également les
recettes de municipalités.

2.1.3.2.3. - Les Ouolof 40 pour 100 de la


population totale.

C'est ltethnie la plus importante en nombre du


Sénégal, Elle occupe tout l'espace national avec
une densité plus forte dans les zones traditionnel-
les du Cap - Vert, du Cayor, du Diambour, du Oua10,
du Baol, du Djo1off et du Saloum, c'est a dire
le Bassin arachidier et le Delta du Fleuve Sénégal.
Ils sont en majorité paysans et commerçants.

Alors que les membres de cette ethnie qui


s'occupent du commerce de gros du bétail et de la
viande sont de la caste des griots, le commerce
des moutons peut être, sans déchéance aucune, pra-
tiqué.: par tous.

D'ailleurs les plus beaux moutons de Tabaski


sont le fruit d1une technique d'élevage très affinée
par les ouolof qui utilisent les produits et sous-
produits de l'élevage moderne. C'est l'embouche de
case qui fournit des moutons de très belle morpho-
logie mais hors de portée des bourses moyennes.

Une bonne partie de "dibiteries modernes" sont


également détenues par des ouolof.

. .1 ..
- 55 -

2 • 1. 3 . 2 . 4. - Les Sêrets' 19 pour 100 de la


population totale

Leur répartition se confond avec celle des ouolof


mais une plus forte densi~é se trouve au niveau de
la Petite Côte et du Sine.

Surtout agriculteurs, ils sont à l 'occasion


éleveurs de petits ruminants et de bovins avec une
technique d'alimentation plus améliorée que chez
les ;;ou l ..

2.1.3.2.5. - Les ethnies de Casamance

Très nombreuses et variées. avec une bonne ,'e-


présentation des Xal pularen qui peuplent la Haute
Casamance{avec les départements de VélingaraetKJlda )
dénommée Fouladou. Les mandingues, 8 pour 100 de la
population nationale, se retrouvent un peut partout
dans la région mais surtout en moyenne Casamanc€~ans
le département de Sédhiou. Les Oiola, troisiène groupe
important, occupent la Basse Casamance avec les dé-
partements de Ziguinchor, Oussouye et Bignana ; ils
forment près de 8 pour 100 de la population sénéga-
laise. A côté de ces trois etbnies, on note dans
les zones limitrophes â la Guinée Bissaa, les balante
les ;,o1andj aque , les :;ancagne qui représentent moi ns
de 2 pour 100 des sénégalais.

En dehors du porc, chez les animistes et les chris


tianisés, ces populations sont très peu au fait de
l'élevage.

Ce sont des Peul, venus généralement du Ferla,


qui "gèrent" le cheptel des ethnies de Basse Casaman-
ce et de Gambie.

. ~. . i...!=. ,-.~. \. :" .:

~ .1 ..
- 56 -

Les ethnies du Sud ,en dehors des Peul du FOLlladou,


ne s'adonnent en réalité qU'à la culture des cfréa-
les (riz, mil, mais),de l'arachide et du coton.
La pêch~ fluviale y est également pra~iquée mais
d'une manière très archaïque.

Les petits ruminants sont alimentés à l'attache


(au piquet) en saison des pluies et vaquent librement
en saison sèche; mais en taus temps, ils ont à
manger à suffisance et le soir rejoignent leur parc
ou leur abri.

2.1.3.2.6. - Les autres éleveurs

Dan s cet ter ubr i que, no us gr 0 uT: 0 ns t ~ ~; s les


"éleveurs - amateurs" au niveau des cités urbanisées
depuis les grandes métropoles comme DakJr, Thiès,
Kaolack, Saint-Louis jusque dans les villes ré~iona­
les et départementales à caractère nettement rural.

Dans ces agglomérations, des salariés (des hauts


1· donctionnaires aux petits salariés) affectionnent
~~'entretenir un petit élevage de moutons. Parfnis
c'est une dizaine de têtes au niveau d'une ferme de
la banlieue voisine, parfois c'est une demi douz!fne
de moutons que l'on garde dans la maison et que l'on
nourrit des restes de repas de la famille (de pius
en plus rares). Enfin, il n'est paSe~~~2 que dens
une villa cossue des quartiers résidentiels, on trou·
ve un mouton uniformément blanc, dodu, entretenu 'à
grands frais; c'est le mouton de "sarax" indiqué
>

par le marabout pour conjurer le mauvais sort et que


le ~hef de maison doit caresser chaque matin avant
de commencer sa journée.

. ./ ..
/

- 57 -

2.1.4. - Le Milieu animal


-------------
2.1.4.1. - Evolution des effectifs:

L'objet de notre étude se rapporte a 1 é1evagG 1

des ovins, donc nous nous intéressons surtout a eux:

Cependant, l'élevage est une activité importante


au Sénégal et les poutons ne sont pas a 1 'heure actuelle
l'espèce dominante; il est donc nécessaire de les repla-
cer dans leur contexte réel, comme l'illustre le tableau
n· 9
- Tableau n 9
lt
- Effectifs du cheptel sénégalais
-------------------------------
pour la période 1968 - 1976 -
---------------------------
______________________________________________________ -----T--------
. nnées ; J 1 l '

~~~~ I_~~~~ _~~~~ .~~~~,~~~~j-~~~~ ~~~~_ ~~~~_ ~~~~_ 1~~~ _


BOVINS !2527 2550 2615 2594 2508 2250 2318 2380 2440
OVINS M 1681 1733 /1800
1
1867 1812 1608 1689 1749 1774
CAPRINS 840 867 900 933 906 804 844 870 887
EQUINS 191 197 199 205 207 200 204 210 216
ASINS 179 178 185 190 186 186 190 196 200
CAMEL 1 NS 8 7 7 7 5 6 6 6 6
PORCINS MM 90 159 167 175 182 189 196 160 166
VOLAILLES 4400 4700 5000 5300 5500 5800 6200 6572 6800
OVINS/BOVIN 66,52 67,96 68,83 71,9 72,24 71,46 72,86 73,48 72~66
EN P. 160
PETITS
RUMINANTSI
92,44 101,9
i
103'2~10731108'3 107,21109,2 110,01 109 ,OJ
1 t
BOVINS
/ If'· 100 1 1
len . 1
______________________________ !
L [
~ ~
.
~
i
~ : i
- __ L.

Unité: 1000 têtes


Source O.S.P.A.

- Il est a noter que les statistiques donnent globalement


les ovins et les caprins. On admet au niveau de la O.S.P.A.
qu'il y a 2 ovins pour 1 caprin.
•• • Il Y a eu des réajustements en 1969 et 1975 pour exprimer les
changements d'effectifs en Casamance du fait de la guerre de
libération de la Guinée Bissau .
••• - Le fléchissement noté en 1973 est le fait de la sêcheresse
J
'~
- 58 - 1

Pour l'année 1977, la répartition des effectifs


par région administrative est indiquée au tableau n° 10 .

-----------------------1---------------------
i 1
- ------------- 1 \ , '

__~~~~~~
1 ' ; •

~~~~-!-~~~_'î_~~~ r~~J~~~~S ~~~~l~~~C_~~~ ~~~~


Cap Vert 13 i 12 1 6 1 1 0,20 - 1 20 1.000 1
Cas. aman ce 500 1 292 146 1 , 301 6 130 1. 600 Il

Diourbel 116 68 33 33 17 0,26 O} 300 1

1
Fleuve 515 514 258 21 42 0,50 5 1.000 1

Louga 390 346 174 65 ! 66 5,00 7001


Sénégal 340 1111 56 5 7 0,90 152 1.000!
Oriental
1
Sine 509 1328 164 73 53 10 1.500!
Saloum ij
15 LIDO!,,
_____ .1

! TOTAUX ~514 1873 1938 1229,3~210,20: 6,9~ 332,7 ,8.200


---- -- - - - - - -"- -- -------- ---- -- - - - - - - - - - - - - - - - - - ~ ---- .. - - -----
...

Unité: 1000 têtes


Source: D.S.P.A .
• Ovins et caprins sont groupés dans le document d'origine
on conserve toujours la donnée qu'il y a 2 ovins pour
1 caprin (norme D.S.P.A.).

. ./ ..
- 59 -

2.14.2 - Les races de moutons (Planches 1 et 2)

2.1.4.2.1. - ~!b~Q!Qgi~ :
Trois types dt~vins sauvages: les moutons sans
larmier d'Asie ou IlSha" (Ovis vignei), les moutons
"Avgali des steppes â queue longue et cornes pâles
ll

(Ovis arkal) et eles moutons d'Europe et d'Asie


(Ovis musimon) ,semblent être â l'origine des moutons
domestiques actuels. On ne retrouve a l'heure actuelle
aucun représentant sauvage, a moins qu'on y rattache
les mouflons â manchettes (Ammotragus lervia) ou Arui
des arabes, qui ressemblent idavantage à des chèvres
et habitent les plus hautes c'mes de l'Atlas marocain,
jusqu'au littoral de la mer rouge ( Il).

Selon RYDER, cité par LADRAT ( 71 ), le premier


mouton dont on ait retrouvé la trace, en Mésopotamie,
puis dans l'ancienne Egypte, appartenait â une famille
dans laquelle le bêlier portait des cornes spiralées.
La variété égyptienne est représentée noire, blanche
ou pie; elle s test étendu a tout le reste de l'Afrique
et la race "0 uda de l'Afrique Occidentale présente
ll

des caractères identiques.

Introduits de la Mauritanie par le commerce sécu-


laire institué de part et d'autre du fleuve Sénégal
et par les mouvements de populations, ces moutons
se sont adaptés au Sénégal. On les rencontre surtout
dans les zones du Fleuve et du Ferlo mais ils sont
très nombreux dans le bassin arachidier et commencent
a peupler la Casamance et le Sénégal Oriental.

La principale race élevée au Sénégal, l'animal


de choix pour le sacrifice rituel de l'Afd el Kébir
(Tabaski) est le mouton Touabire ; on rencontre par-
fois dans les troupeaux maures de Tabaski des moutons
â poils longs généralement abattus, après la Tabaski,
- 60 -

pour l'approvisionnement des villes en viande ovine.

- Le mouton maure à poils ras (Touabire) :

Son berceau est en Mauritanie (Néma~ Kaédi, Kiffa).


Il en existe de grandes populations au Mali mais ja-
mais des troupeaux importants ne sont élevés au Séné-
gal. On ne 1 'y trouve qu'en petites unités (5 à 10
moutons) et généralement à proximité de sous- produits
agro-industrie1s importants permetta~t son bon entre-
tien (mouton de case).

DOUTRESOULE (48) le dêcrit comme "un mouton hyper-


métrique' convexi1igne, longiligne. La taille varie de
0,75 à 0,90 mètres chez le mâle, 0~65 à 0,80 m. chez
la brebis et le poids varie de 30 à 45 Kg."

Donc clest un animal haut sur pattes, à poils ras et


raides, à peau fine, mauvais marcheur. Il se prête par
contre facilement à l'embouche mais fournit une viande'
trop grasse, encore que la graisse soit encore prisée
par beaucoup de familles sénégalaises.

Nous avons observé sur le troupeau de constitution


Touabire du C.R.Z~ de Dahra, composé de 27 femelles
et 5 mâles que :

.. / ..
-61-
PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE
nO 1 p. 61

P. 1. Dia)
- 62 -

- les cornes sont souvent absentes chez les feme1-


,les Touabire (3 sur 27 sont armées) et Qù8si cons-
tantes chez les béliers (mâles entiers);

- les pendeloques sont rares chez les femelles


(7 sur 27) comme chez les mâles (1 sur 5) ;

- les queues sont très souvent coupéG~ chez les


les femelles (2 sur 27 l'ont entière) ccmme c~1ez
les mâles (1 sur 5 à queue entière) ; on peut panser
que les maures ont compris que la croissance était
meilleure lorsque la caudectomie est :,ratiquée ; chez
les brebis, ce1à doit éviter de souiller le lait.
les animaux de Tabaski (béliers et castrats) gardent
l'intégralité de leur queue, car c'est un critère
de mouton de Tabaski.

- Le mouton maure à poils longs:

Rare dans les élevages sénégalais, il se rencontre


surtout au niveau du foirail de Dakar. Les éleveurs
maures les amènent avec leurs moutons de Tabaski
et les cèdent aux bouchers et aux Ildibiteriesll

C'est un mouton convexi1igne, longiligne, légèrement


plus petit de format que le Touabire, a robe noire
uniforme ou noir - brun à poils revèches, inégaux,
superposés, plus ou moins longs (4 à 7 cm). Mouton
très peu apprécié car la robe noire lui donne un
préjugé très défavorable et dans la savane, les
cram-cram (cenchrus bif1orus) s'incrustent dans ·ses
j8rres~ .

Race la plus commune a la zone sahélienne, elle se


retrouve au Sénégal dans toute l'aire de distribu-
tion du zébu et tout le long de la boucle du Niger
(Mali, Niger, Haute-Volta et N1gér1a) avec des
- ....
~
- 63 -

appellations très nombreuses Peul-Peul, Toronké,


Bali-Bali, Warbé, etc ...

De taille moyenne, la robe est généralement brun-clair


uniforme, parfois tachetée de noir ou de roux. DENIS
( 35 ) distingue le Peul-Peul du Ferlo qui est bico-
lore noir et blanc et le Peul-Peul du Fouta a robe
uniformément acajou. La description de ces robes domi-
nantes n'indique pas toutes les variations de la robe c
des moutons Peul-Peul.[Les éleveurs poular du Ferlo
décrivent ainsi des "Mbalu" ou mouton:

- Danedjo = blanc uniforme ou albinos,


- Bodedjo = rouge uniforme~

- Baledjo = noir uniforme~

- Tchadj~ = ceinture blanche sur robe noire,


- Niawa = petites taches noires ou rouges sur fond
blanc comme une pintade,
- Toddu = pie noire ou pie rouge,
- Mbulu = robe uniformément·noire sauf tête blanche,
- Tchatgu= robe uniformément noire ou rouge mais ventre
blanc,
- Ndobaawu = robe uniformément noire ou rouge mais
face iv-.rerV\L des membres postérieurs
blanche,
- Olu = robe jaune couleur du singe,
- Tchina = robe pré-noire avec lunettes noires,
- Ndaku = avant main noire et arrière train blanc,
- Burli = queue herminée

les poils sont ras, les cornes en spirale lâche,


horizontales et développées.

Ce sont des moutons convexilignes, longilignes,


eumétriques A bonnes aptitudes bouchères.

Sur le troupeau de constitution du C.R.Z. de Dahra


(52 femelles et 5 mâles), nous constatons que beaucoup
de femelles (38 sur 52) sont armées tandis que tous
les mâles entiers portent des cornes.

. ./ ..
·,
.. ,,' t -

- 64 -

- Les pendeloques sont inconstantes ~hez les


femelles (25 en portent sur 52) comme chez les mâles
(3 sur 5 en sont pourvus).

- Les queues sont moins fréquemment coupées chez


les femelles Peul - Peul que chez les femelles
Touabire (20 femelles à queue coupée sur 52) tandis
que cette caudectomie n'est pas pratiquée chez les
mêles.

Cette race trypanotolérante conna't la même distri-


bution géographique que le bovin Ndama, clest à dire
au Sud de la ligne de chemin de fer Kaolack - Tambacoun-
da.

Elle se retrouve dans les deux Guinées et dans tout


le golfe du Bénin.

Selon DOUTRESOULLE ( 48 ) c'est le mouton des sé-


dentaires dont l'élevage familial s'étend au delà de
l'Ouest africain et dont les origines, les caractères
ethniques, le mode d'élevage diffèrent nettement des
moutons du Sahel.

C'est un mouton hypométrique, rectiligne, médioligne


à tête forte, à front plat, au chanfrein légérement
busqué, le crâne est large, la face de longueur moyen-
ne et le museau épais.

Le bêlier,armé,porte une crinière et un camail; la


femelle est généralement sans cornes, o~ les a fines
et courtes.

La robe est souvent pie (pie-noir ou pie-roux) mais


la prêférence mystique pour la robe blanche a fait que
les Djallonké à robe uniformément blanche sont de plus
en plus sélectionnés. Ces moutons semblent dominer dans
.. / ..
- 65 -

cette race a l'heure actuelle et constituent le lot des


moutons de "sarax" ou "ben melo" M.

Cependant malgré sa petite taille (0,40 m a 0,60 m)


son poids faible (20 a 30 Kg) c'est un mouton très
recherché pour la raison ci-dessus mais également pour
sa prolificité car les gestations gemellaires sont la
règle générale et pour sa "facilité d'engraissement
déconcertante" selon M.S. DIALLO (41 ). D'ailleurs
de nombreux croisements sont opérés entre Peul - Peul
et Djallonké mais surtout entre Touabire et Djallonké,
au niveau des villes.

2.1.4.2.5. - Le Waralé :

C'est1t produit obtenu )a partir d'un croisement en-


tre Touabire/Peul - Peul. Selon les éleveurs du Ferlo,
quand le male est Peul - Peul, les descendants des
deux sexes portent des cornes et lorsque le mâle est
Touabire (croisement le plus fréquent) seuls les des-
cendants males sont armés.

Ce, crotsement est très répandu dans le Ferlo surtout


que l'arrivée des Touabire est de plus en plus rare
avec les restrictions opérées a la frontière maurita-
nienne. Les éleveurs cherchent a allier les qualités
de rusticité et de bon rendement boucher du Peul-Peul
aux qualités de grande charpente et à la valeur mar-
chande du Touabire. Dans le croisement, les produits
préférés par les éleveurs sont ceux qui ont une robe
blanche et des tâches noires autour des yeux (lunettes).
Il existe également. plus rarement. des croisements
Peul - Peul x Djallonké.

. ./ ..
--------------------------------------------------------
M = "Ben melo" = Robe unie en ouolof; terme qui sous
entend communément que la robe est
uniformément blanche.
-66- PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE
nO 2 p. 66

Moulon Warabé (Photo P. 1. Dia)

Mouton Croisé PelJl"~A.~d :< DJallonké (Photo M. Malala)


- 67 -

2.a., " E S ODES ~'ELEVAGE


eu -.= • 11:1 •••••


- 68 -

2.2.1. - La conduite du troupeau:

Les petits ruminants sont généralement gérés,


en élevage traditionne1 par les femmes qui en assurent
3

les soins et la traite~ et par les enfants qui les condui-


sent au pâturage.

Le troupeau nlest mené au pâturage le matin


qu'après que le soleil soit assez haut et que l'herbe
soit moins humide de rosée. Cette pause matinale est mise
a profit pour faire téter les agneaux qui ne quittent a
aucun moment le campement ou le village.

La râture dure toute la journée avec un arrêt


pour 1 'abreuvement et le repos en mi-journée; les moutons
sont rentrés tous les soirs au campement. Aussi leur dé-
placement ne dépasse quère une dizaine de kilomètres de
rayon. Selon les possibilités de la famille, un enfant
est mis en permanence avec le troupeau, sinon les moutons
sont conduits sur le parcours choisi et récupérés le soir,
sans risque qu ' i1s se dispersent, l'instinct grlgaire étant
très accusé.

En hivernage, lorsque les éleveurs sont éga1e~


ment agriculteurs ou qu'ils cohabitent avec des cultiva-
teurs, 1es moutons paissent. attach~s par une corde de
15 a 20 mètres a un piquet que l'on déplace deux ou trois
fois dans la journée.

Dans les villes, les moutons sont en divagation


dans les rues a la recherche de leur pitance dans les
terrains vagues, de plus en plus rares, dans les poubelles,
de moins en moins garnies. Ils s'accomodent de tout ce
qui leur tombe sous la dent, jusqu'aux journaux et chif-
fons qui jonchent les rues. Quand ils sont fatigués de
leur exercice, ils s ' affa1ent sur la chaussée, imperturba-
bles aux admonestations et récriminations des automobilis-
tes. Quand ils trouvent une pelouse publique ou privée,
clest l'aubaine; alors dès qu'on les libère le matin,
ils sly rendent pour nlen être délogés que par la hargne
du gardien ou du propriétaire ~ quand ce nlest pas, ce qui
est rare, par le camion qui les mène en fourrière.
. ., ..
- 69 -

Cependant, certains "éleveurs" citadins très


attentionnés réservent a leur mouton tous les restes
i

des repas ainsi que le riz trop cuit que l'on humecte;
malheureusement, la cuisine traditionnelle est très grasse
et le mouton ::s'accomode mal du "tiêbu dieun". riz au
poisson. qui lui vaut des indigestions graves.

2.2.2. - L'habitat

En zone sahélienne vraie, les moutons sont


parqués le soir dans les enclos d'épineux (acacia) unique-
ment pour les abriter des pr~dateurs (hyènes, chacals) et
i1 a~rive que l~on fasse un enclos commun pour les petits
ruminants adultes et un enclos plus élaboré, plus étanche,
pour les agneaux et les chevreaux.

En Casamance J on construit parfois de véritables


abris avec toit de chaume et murette en banco qui protê-
gent des grosses pluies.

Dans les villes, les moutons sont rentrés dans


des hangars pour la nuit pour les abriter d'un autre genre
de prédateurs, les voleurs.

2.2.3. - Les parcours

Il artive que les ovins suivent les bovins


au p3turage, mais plus souvent, ils ont des parcours pro-
pres, pe~ distants du campement. En saison des pluies,
1e tapis graminéen est dense et assure largement la couver-
ture de leurs besoins. En saison sèche, l'apport essentiel
est fourni par des arbustes et les feuilles et fleurs de
quelques arbres. C'est alors que 1 'agi1etê des chèvres est
si décr1~e.

Dans les zones de cultures. les sous-produits


agricoles sont largement utilisés dans la ration des mou-
tons.

. ./ ..
- 70 -

Mais en aucun moment, il n'est assuré une


supplémentation,en élevage traditionne~ en dehors d'une
cure salée qui profite d'avantage aux bovins. Cependant,
il faut noter Qu'en zone ~rachidière, on donne de la fane
d'arachide et du tourteau lorsque les effectifs sont très
réduits, notamment aux femelles gestantes. Nous verrons
avec la production du mouton de Tabaski, les méthodes
d'engraissement utilisées par les emboucheurs.

2.2.4. - L'abreuvement :

Il est assuré en hivernage par les multiples


points d'eau temporaires {marigots, mares} qui jalonnent
les parcours mais recèlent malheureusement de nombreux
parasites internes.

En saison sèche, les éleveurs se retrouvent


autour des points d'eau permanents et les animaux vont
boire aux abreuvoirs collectifs des forages profonds, des
puits - forages ou des puits. On retrouve autour de ces
points d'eau des milliers d'animaux de toutes les espèces
et il n'est pas toujours aisé de trouver place pour s'abreu-
ver. Surtout que les gros bovins creusent les alentours
des abreuvoirs qui se trouvent â une hauteur peu accessi~le
aux petits ruminants. Alors généralement! les éleveurs
disposent d'abreuvoirs de 10 à 20 litres ,criusés dans
g

des troncs d'arbres où ils versent l'eau pour les l"letits


ruminants.

Plus rarement, les petits ruminants {notamment


les femelles suitées}sont abreuvés au campement, lorsque
les éleveurs disposent de moyens de transport comme les
charrettes. Dans tous les cas les agneaux chevreaux et
g g

veaux sont abreuvés au campement â partir ce l'eau amenée


au campement par les femmes et les enfants, à dos d'âne.
- 71 -

2.2.S. - La reproduction:

La puberté survient chez les males vers 4-S mois,


chez les femelles â 6 mois. Les saillies se font sans aucu ..
ne rêg1e,au hasard des rencontres, dans le troupeau ou entre
les troupeaux au niveau des points d'eau. Les chaleurs
durent 2 â 3 jours chez nos brebis. Le premier agne1a~e
survient vers l'age de 12 mois et le nombre de petits par
brebis varie entre 1 à 3 par an, selon que l'alimentation
est plus ou moins bonne et que la race est plus ou moins
prolifique (gestation geme11aire quasi de règle chez les
Dja11onké) . La durée du retour des chaleurs aprês le part
varie de 8 â 9 jours avec des extrêmes de 2~ h. a 1 mois.

les brebis ont un cycle sexuel de type continu


mais l'irrégularité de l'alimentation, marquée par une
disette cyclique retentit sur les périodes de fécondité
9

qui se sttuent â l'entrée de l'hivernage (Juin - Juil1et)~


les naissances sont surtout importantes en Octobre -
Novembre. Le sevrage des jeunes se fait vers l'age de 3 â
S mois, selon leur état; la lactation des brebis dure en
moyenne 4 mois.

2.2.6. - la sélection

Généralement, elle ne se r~alise que naturelle-


ment parce que les plus vigoureux survivent aux conditions
difficiles de vie et se multiplient. La main de l'éleveur
intervient très peu car il n'y a pas choix sévère des re-
producteurs â part quelques castrations. En 1976, pour un
cheptel de petits ruminants estimé a 2.661.000 têtes, les
services vétérinaires ont pratiqué 39S0 castrations soit
0,15 pour 100 de l'effectif total. Il n'est jamais pratiqué
de castration chez les femelles. Les stérilisations des
males sont opérées par martelage, ligature ou pincement
des cordons testiculaires (pinces "burdizzo") sur des ani-
maux de 1 a 2 ans qui ont donc pu largement féconder des
brebis.

. ./ ..
- 72 -

Cependant l'engouement des sên~ga1ais pour le


Touabire a fait que les éleveurs cherchent a introduire
des bê1iers de cette race dans les ~levages Peul-Peul et
même dans des élevages de Ojal1onkê. La faveur des musul-
mans a la Tabaski, étant pour les males entiers, les béliers
écartés de la reproduction ont le pénis dovié vers l'arriè-
re,attaché avec les bourses. Les éleveurs ont noté qu'un
bon critère d'une castration réussie est le ~haussement
concommitent d1une incisive.

. .1. .
- 73-

-)
2.3~ __ES ~)OMINAN'l'ES -:.r-ATHOLOGIQUES
...... -..............--.----------------.-...............
....... ...o ...........--.....
~ =_
- 74 -

Il est un adage qui dit "~outon de bon berger ne


saurait mourir" et CRftPLET ( 28) assure que "un ovin
bien nourri s'occupe lui-même de ses parasites et les
exp u1s e ave c 1e min i mu m de c(\ ns éque nces pat h0log i que s".

Or nous constatons que nos moutons vivent pra-


tiquement sans bergers et sont mal nourris 9 mois sur 12.
Malgré celas ce sont les animaux domestiques les moins
couverts par les services publics sur le plan sanitaire'
té~~aRtir chaque année les agents des services vétérinai-
j

res battent la brousse pour une campagne de rrophy1axie


collective contre les principales maladies des bovins
(peste, péripneumonie,contagieuse, pasteure110se, charbon,
botulisme, trypanosomiase) sans jamais demander aux
éleveurs de présenter les petits ruminants.

Ce1~provient de ce que les petits ruminants


sont particulièrement résistants aux maladies. Il est
rare de les voir périr en nombre impressionnant et souvent
1 anima1 moribond est subrepticement abattu et consommé
1

par 1 l é1eveur.

Il ne faut cependant pas perdre de vue que les


ovins sont sujets a de nombreuses maladies bactériennes,
virales et parasitaires Qui sans être soectacu1aires
dans leurs manifestations pathologiques et notamment dans
leur morta1ité n'en constituent pas moins des fléaux
j

~ar <leur répercussion économique: baisse de fécondité,


retard de croissance, perte de ooids. En effet les ovins
j

sont surtout sujets â des maladies chroniques, débilitan-


tes. On peut noter celles qui ont les conséquences noso10-
giques les plus sérieuses, en étudiant dlahord les maladies
bactériennes dues a des ~ Gram +, celles dues a des
germes Gram -, les maladies virales et enfin les maladies
parasitaires.
- 75 -
2.3.1. - Les maladies bactériennes

2.3.1.1. - Les affections germes aér,bies :


-------------_ .. â _-~--------~ -~--

2.3.1.1.1. - Les affections à germes aérobies Gram +


-----------------~--------------------

2.3.1.1.1.1. - Le charbon bactéridien

Maladie tellurique due à Bacillus anthracis


déterminant une maladie à évolution rapide. Le
plus souvent mortr.ile~ cette maladie est carac-
térisée par une septicémie d'allure asphyxiante.

Quelques cas sont signalés Mais de bien


moindre importance que ceux de la fièvre char~
bonneu se bov i ne. Cependant ~ 1es m;'.:~es pô turages
sont fr~quentés par les deux espc~~s et les mou-
tons broutent bien plus au t'as du sol. Des
enquêtes épidémiologiques plus systêmatiq:.!es
révêleraient vraisemblablement (~avantage ce~tc
maladie chez les ovins.

2.3.1.1.1.2. - La lymphadénie caséeuse du mouton

Maladie dae ~ Corynebacterium pseudotubercu-


losis, caractérisée p2l.r l 'hypertr'ophie d'un ou
de plusieurs ganglions superficiels qui peuvent
s'ahcéder puis laisser c0uler un pus crémeux~
verdâtre. L'affection peut s'étendre à la mamel-
le avec mammite et tarissement de la secrétion
lactée. Donc mort possible des agneaux oar septi-
cémie lorsque le lait est trop riche en germes
ou par inanition. Mais g~nêralemen~) 1es symp-
tômes sont discrets et même si 1; orbi·lité peut
atteindre 70 pour 100 du troupeau; la maladie
s e ré vè 1e sur t 0 ut à lia bat toi r . Cel â nlm d i min ue
pas les conséquences économiques puisque 10rs
de processus suppuratifs) les c& casses sont
saisies.

, ./ ..
- 76 -

2.3.1.1.1.3. - La dcrmatophilose ovine:

Provoquée par le même germe, Dermatophilus


congoleusis, que celui de la dermatophilose
bovine. Si cette affectfon est surtout redouta-
ble dans les troupeaux lainiers d'Afrique du
Sud et d'Afrique de l'Est, "lumpywool" des
anglo-saxons , elle a néanmoins êtê rencontrêe
au Sénégal et en Gambie.

La maladie se manifeste par une dermite


~~iû'dàt'f'hr croOteuse qui débute sur l a partie
supérieure du corps; elle s'étale ensuite
latéralement et ventralement pour gagner, vers
l'avant, les oreilles, la face et le museau.

Si la guérison spontanée est frêquente


et la mortalité rare, la maladie est cachec-
tisante et endommage la toison.

2.3.1.1.2.1. - Les pasteurelloses :

Maladies da es a des Pasteurella pouvant


être a l'origine chez les ovins de

- la rneumonfe des nouveaux nés avec un


tropisme pulmonaire,
- la mammite pasteurellique contagieuse
de la brebis, généralement sporadique,
- la meningo-encéphalite des petits et
grands ruminants,
- la pasteurellose ovine et caprine, au
sens strict, désignant l'infection majeu-
re pasteurellique ~B~x1r$ plans médical
et ~conomique. Elle est dûe a
Pasteurella hemolytica qui détermine
gêneralement une infection pulmonaire
chez les adultes mais peut provoquer une
septicémie rapidement mortelle ch~z les
jeunes ; cette dernière forme est plus
fréquente chez les ovins.

. ./ ..
- 77-

Les Pasteure11es sont surtout des germes de


sortie. Elles révèlent leur pouv~ir pathogène
après l'action affaiblissante d'un virus pneu-
motrope ou d'un parasitisme massif et chronique.

2.3.1.1.2.2. - La Brucellose

L'infection bruce11ique ne détermine ~énê­


ra1ement pas,chez les animaux atteints, de
symptômes alarmants; elle revêt souvent l'as-
pect d'une infection inapparente avec des por-
teurs latents. Cependant, on note des avorte-
ments fréquents dans l'élevage au 3ême ou
4ème mois de gestation des brebis; il existe
des avortements nrêcoces, méconnus et fort dan-
gereux Dour la nropagation de la maladie.
Les foetus~ 1ps enveloppes et les eaux foetales,
les secrétinns utéro-vagina1es le lait sont
5

les véhicules du bacille.

La brucellose des petits ruminants est


surtout le fait de Rruce11a me1itensis et se
transmet asspz facilement a l'homme; c'est la
zoonose professionnp11e par excellence comme
1e démontre l'étude de DIOP (45 bi s).

Les rapports des services vétérinaires n'en


font pas mention mais les recherches entrerri-
ses au Laboratoire de recherches vétêrin~ires
de Dakar,comme au service de bactériologie de
l'Ecole Inter-Etats des Sciences et ~êdecine
Vétérinaires de Dakar,montrent que cette mala-
die devra être surveillée de près, surtout
avec l'intensification des nrnductions .

. . / ..
- 78 -

2.3.1.1.2.3. - La Cowdriose :

Maladie dOe a Cowdria ruminantium, bactfrie,


parasite obligatoire intracellu1a:re, de la
famille des rickettsiacées généralement trans-
mise par les arthropodes. La maladie est carac-
térisée par une péricardite exsudative d'cù
l'appellation anglo-saxonne de "Heart water".
Cette ma 1ad i e endêmi que en J\.fri que e'st su rtou t
rencontrée chez les animaux importés avec atteinte
de l' êta t gé nP. r a1 sui vie de t r 0 ub1esne r ve u:~ ,
conduisant a la mort. D'évolution lente, sporadi-
que, dans le troupeau, la maladie peut â la lon-
gue, entra1ner une mortalité de 70 â 90 pour 100
des sujets, avec transmission d'un sujet à l :au-
tre par intermédiaire exclusif des tiques notam-
ment Amb1yoma variegatum.

2.3.1.2.1. - Le Tétanos:

Maladie t0xi-infectieuse, tellurique,


zoonose caractérisée par des contrJctures muscul~1­
res violentes entrecoupées de crises paroxystiques
dues a la fixation sur les centres nerveux de la
toxine de Plectridium tetani. La maladie a une évo-
lution foudroyante chez les pEtits ruminants et
revêt une allure anadémique lors de castrat1on~,
caudectomies malpropres. Le c~rdon ombilical est une
porte d'entrée privilégiée.

2.3.1.2.2. - Le Botulisme:

Maladie évoluant le plus souvent sous forme


d'intoxinat'on d'origine alimentaire, parfois sous
forme de toxi-infection. Elle est cnmmune a l'homme
et aux animaux. L'agent responsable en est C1ostri-
dium botu1inum, germe tellurique. . •1 .•
- 19 -

Cette maladie est surtout signalée au


Sénêga1 chez les bovins mais les ovins qui souf-
frent également daro1a disette de la saison sèche
avec une déficience minpra1o-vitaminique sont su-
jets au rica. Er. ingérant toutes sortes de matiè-
res, a même le sol, ils ingêrent les spores qui
vont se déve10rper dans leur organisme et 1ib~rer
leurs toiines. C'est une maladie très fr~quentp.
dans les élevages ovins d'Australie et bien connue
en ~frique du Sud. Elle se caractêris2 par un
syndrôme neuropara1ytique évoluant raoidemert
vers la mort, donnant tous les aspects d'un
empoisonnement. la souche C bêta a ~té iso1é~ sur
les ovins du Nord Sénégal, de maniè:"e non rare.

2.3.2. ~ Maladies virales

Maladie qui a son berceau en Afrique de


l'Ouest et qui se révèle être plus meurtrière pour les
caprins que rour les ovins, daavantage nour les
Oja11onkê que pour les moutons du Sahel.

Elle est due a un paramyxovirus à grandes


analogies avec le virus de la peste bovinp. la maladie
se caractérise par une atteinte respiratoire évoluant
de manière sporadique ou enzootique. On a cependant
no té des f 0 rm es épi zoo t i que s au Sé né gal, en 1962 Cl t
1964, avec des flambées entre les mois de Janvier
et Mai 00 les températures fraiches~ nocturnes. sensibi-
lisent l'apparéil pulmonaire. Tous les facteurs de
stress ( 1es grands attroupements, 1a transhumance)
1est r ans po r t s .) f av(:1 ris e rai e nt 1 P C los ion de 1a mal a cl i e .
1

Si la mortalité est faible, surtout notée chez


les jeunes de P à 15 mois, la morbidité est très
élevée et cette maladie cause un réel nréjudice économi-
que â l'élevage ovin. Elle aonarait selon BOURDIN
.. / ..
- 80 -

comme le processus naturel le plus ef~icace pour


limiter la prolifération des petits ruminants. En
effet, la peste des petits ruminants décime des
troupeaux ovins régulièrement tous les 4 a 5 ans.

2.3.2.2. - la clavelée ou Variole ovine

Cette maladie fait partie du grand groupe


de p~xYiroses ou maladies contagieuses, frappant
l 'homme et les animaux domestique~ dues a des Poxvirus.
Elles sont caractérisées par l'apparition de pustu-
les ou de formations d'allure tumorale, sur la peau
et les muqueuses.

la clavelée est spéciale au mJuton mais


serait rencontrée chez la gazelle et chez certaines
antilopes. la chèvre fait une variole différente.
la clavelée se manifeste surtout en déûut de saison
sèche, pendant les mois frais de Décembre a Février.
Une fois qu'elle s'installe, tout le troupeau est
atteint en quelques mois et les jeunes payent le plus
lourd tribut. En effet chez les jeunes, la maladie
est souvent mortelle, tandis que chez les adultes,·
ce sont les conséquences économiques d'une longue
maladie qui sont à craindre: amaigrissement persis-
tant, animaux difficiles à engraisser, complications
possibles d'avortements, infections secondaires et
sortie d'infections ou d'infestations latentes.

2.3.2.3. - la dermite pustuleuse des p2tits ruminants


ou echtyma contagieux :

Poxvirose apparentée a la clavelée mais


caractérisée )ar des lésions pustuleuses et croQ-
teuses localisées au mufle et aux lèvres.
la maladie présente une prédilection pour
les agneaux où le processus peut s'étendre au tube
digestif et engendrer des infections secondaires gra-
ves.
. .1. .
- 81 -

>5. Chez les adultes, la maladie est hénigne et


rétrocède ispontanément en 2 A 4 semaines sauf
envahissement des lésions par Sphaerophorus necropho-
rus, bacille de la nécrose.

Dans tous les cas, les préjudices économi-


ques, par amaigrissement ,sont importants. CelA peut
être catastrophique dans une embouche intensive de
jeunes.

2.3.2.4. - La fièvre catarrhale ovine

Maladie très sévère des ovins due à un


réovirus , analogue A celui de la peste équine.
Maladie caractérisée par une inf1ammaticn catarrhale
exsudative de toutes les muqueuses, particulièrement
de celle du tube digestif. On note également une vio-
lente congestion de la couronne et de~ lames podophy~­
1euses des onglons ainsi qu'une myosit~ dégénérative.

Maladie peu décrite au Sénégal mais qui


ne saurait tarder A arriver. Partie de l'Afrique du
Sud qui semble en être 1c:berceau, elle gagne rapi-
dement du terrain et a été signalée en Afrique cen-
trale, en Afrique du Nord, dans la Péninsule Ibérique,
au Moyen Orient.

Le virus posêède 16 types antigéniques,


ce qui rend la généralisation de la vaccination dif-
ficile. Il est transmis par des insectes hématophages
c'est un arbovirus. La maladie se développera donc
très vite en saison des pluies et autour des sites
humides.

../ ..
- 82 -

2.3.3. - Maladies parasitaires

2.3.3.1. - Helminthoses

2.3.3.1.1.1. - L'Ascaridose. causée par des


nématodes des genres Ascaris. Parascaris ou
Toxocora. est très fréquente. Elle ne révèle
ses effets pathogènes que chez les jeunes. notam-
ment mal entretenus. Les ascaris peuvent encore
déterminer des syndrômes "larva migrans" vis-
cérales.

2.3.3.1.1.2. - Les Strongyloidoses ou angu1llu-


loses sont provoquées par des nématodes de la
famille des Rhabditidé~~, du genre strongyloides,
dont seules les femelles sont parasites et par-
thénogénétiques.

2.3.3.1.1.3. - Les Stron9yloses dues â des né-


matodes .de l 'ordre d~ Strongyla Aui se locali-
sent dans la lumière ou les parois du tube diges-
tif des ruminants. Elles déterminent une enté-
rite grave et une anémie. Ces troubles se mani-
festent en saison sèche, en période de disette.
Ces vers peuvent également se localiser dans
l'appareil respiratoire provoquant la broncho~
pneumonie vermineuse des ovins avec toux, jetage.
Dans certaines formes aigues. on peut noter
une tachypnée violente suivie d'une mort rapide
du malade.

../ . .
• R3 -

., '

2.3.3.1.2. - Cestodoses

2.3.3.1.2.1. - Le Teniasis, dO a des cestodes


de la famille des anoplocéphalidés , est
transmis par des acariens oribates. C'est une
maladie économiquement importante, mortelle
parfois chez l'agneau. Les ovins sont les
plus souvent atteints de téniasis parmi les
herbivores.

2.3.3.1.2.2. - La Coenurose cérébro-spinale,


cestodose des ovins due a la larve de
Coenurus cenibralis-dont l'adulte, Taeia
multiceps, est hébergé par un chien. Clest la
maladie dulltournis de pronostic três grave
ll
,

mais heureusement rare dans nos élevages. Elle


est a différencier du faux tournis da a
Oestrus ovis, larve d'insecte.

2.3.3.1.2.3. - La Stilésiose due â Stilesia


hepatica, cestode anop1océpha1e, transmis
par des acariens oribates. Maladie spécifique
a l'Afrique, le réservoir des ~arasites serait
constitué par des antilopes. La répercussion
économique de la maladie se trouve dans la
saisie systématique des foies a l'abattoir.

2.3.3.1.3.1. - Les paramphistomoses sont des


parasitosespro90quées par les genres
Paramphistomum, Cotylophoron, Calicophoron
ou Carmyerius,dênO'mmésr; paramphistomes au sen!
large. Hébergés dans le rumen et dans l'~ntes·
tin grêle, ils dlterminent une entérite diar-
rhéique, mortelle en quelques jours chez les
ovins massivement infestés.

. ./ ..
- 84 -

2.3.3.1.3.2. - La fasciolose ou distomatose


provoquée par Fasciola gigantica le plus sou-
vent, parfois Fasciola hepatica qui marque
une préférence pour les moutons. Les hôtes in-
termédiaires de ces parasit.es sont des limnées,
aquatiques ou amphib1es.

La maladie se traduit, dans sa forme chro-


nique, l, plus fréquente, par de l'anémie,
de la diarrhée, des oedèmes qui conduisent
a une hydrohémie ou cachexie aqueuse. La mort
est possible par épuisement si cela se passe
en pleine saison sèche. Il nlest pas rare
qu'après une infestation massive par 5000 à
10.000 métacercair~$ en une seule fois, la mi-
gration des Jeunes douves dans le parenchyme
hépatique n'engendre des désordres propices
à la sortie brutale de clostridies. On assiste
alors à la mort~ en un a deux jours, des ani-
maux, comme dans le cas d'une véritable peste.

2.3.3.1.3.3. - La Bilharziose est due à la


présence dans les vaisseaux méscltériques et
dans le système porte de trématodes du genTe·
schistosoma. Les manifestations cliniques
sont généralement discrètes mais le foie est
• souvent saisi a l'~battoir car hypertrophié,
piqueté de gris, fibreux.

2.3.3.2. - Protozooses :

2.3.3.2.1. - Les piroplasmoses dues à des Babesia


(B.Motasi et B. Ovis l,parasites endoglobula1res
qui se multipliant dans les hématies et les dé-
truisent. Cela a pour effet d'entraîner une hypo-
globulie donc une anêmie et une hémoglobinémie.
Lorsque l'affection est discrète, elle ne se ma-
nifeste que par une Bugmentatiofi des pigments ~~

.. 1..
- 85 -

biliaires. Lorsqu'elle est intense, elle conduit


à un ictère hémolytique~ processus toxique. Si le
phénomène est brutal ~ on assiste à l',hémoglobinu-
rie~exceptionnellement àdè llhêmatdrfe,~~ \Celà
s'accompagne du cortège fébrile et peut aboutir
à la mort dans 30 à 60 pour 100 des cas ; on note
une forme chronique anémiante, débilitante~ subic-
térique.

La maladie est transmise par les tiques


',' Rhipicephalus bursa et Haemaphysalis.

2.3.3.2.2. - Les Theilérioses ou g,ondérioses dues


à des Theileira notamment Theileria hirci respon-
sable de la gondériose maligne et T. Ovis cause
de la gondériose bénigne. Les theiléridés se
caractérisent par la présence de schizontes de
petite taille dans le système réticulo - histiocy-
taire: rate, foie, ga~glions lymphatiques, pla-
ques de Payers et ne sont pas endoglobulaires
comme les piroplasmidés.

La transmission est également assurée rar


Rhipécephalus burza et la maladie est très meur-
trière.

2.3.3.2.3. - Les Coccidioses ovines sont le fait


essentiellement de Eimeria arloingi et Eimeria
Ninakohlyakimovae. Elles se caractérisent par une
diarrhêe surtout nette dans la phase asexuée de
multiplication des schizontes, localisés dans la
muqueuse intestinale 10 à 15 jours après l'infes-
tation. La di~rrhêe peut être sévère et sanguino-
lente. !t~~; la. maladie gastro-intestinale lil plus
répandue dans le cheptel ovin ~atteint 50 à 100 POU!
pour 100 des troupeaux avec un degré de parasitisme
très élevé.

. .1 ..
- 86 -

2.3.3.2.4. - Les Trypanosomoses sont surtout


provoquées chez les ovins, par Trypanosoma viv'')L2..'
et Trypanosoma congolense. Caractérisées p~r des
altérations septicémiques, de la polyadénite, de
la splénomégalie, de 1 'hépatomégali( de l'anémie,
de la cachexie, elles se traduisent :lar de la
filvre et des oedèmes. Parfois des lésions ner-
veuses et oculaires leur sont associées.
~
Les trypanossomoses sont cependant assez
rares dans l'espèce ovine !1~~e les races que l'on
rencontre dans les zones à trypanosoma possèdent
une immunité naturelle, relative.

2.3.3.3. - Ectoparasitoses :

Ce sont les maladies parasitaires dues à1es


acariens ou à des insectes envisagés dans leur action
sur les téguments.

2.3.3.3.1- La gale du mouton: est 'a mallldie


cutanée par excellence du mouton. Un mouton séné-
galais sur deux est galeux. La prosmiscuit0 dans
les élevages citadins et les grands mouvements
d'ovins à l'approche de la Tabask'.; favorisent
1 1a dis s ém i na t ion de l' af f ec t ion.

Cette gale est due à Sarcoptes scabi~i.


&ccess01rementa~efait de Psoroptes ovis et
Demodex· ov i s .

L'incidence économique de cette parasitose


est considérable; la maladie entraîne un
amaigrissement marqué des moutons, une altération
de la peau et parfois peut entraîner la mort .

. . 1 ..
- 87 -

2.3.3.3.2. - L'oestrose : n'est pas à proprement


parler une ectoparasitose. C'est une myiase in-
terne provoquée par la localisation, dans les
premières voies nasales et les sinus, de larves
d'Oestrus ovis. La localisation sinusa1e entraî-
ne 1e "faux tournis "évoqué avec 1a coenurcse ;
ce symptôme est rarement constaté sous nos cli-
mats 00 on note surtout un jetage ruco purulent
persistant. Le mouton s'ébroue et éternue conti-
nuellement pour expulser les larves. Son impor-
tance économique est nettement moindre que celle
de la gale.

2.3.4. - Action sanitaire:

Cette action peut être considérée comme


insignifiante au regard de l'effectif ovin du pays et des
efforts entrepris par les ~Services Vétérinaires en faveur
des gros ruminants. Nous nous bornerons à indiquer aux
tableaux nU Il, 12 et 13, les différentes interven-
tions sanitaires effectuées par le Service de l'Elevage
pour les cinq dernières années (1973-1977). Nous exprime-
rons, dans la deuxième partie, notre point da vue sur ce
qui devrait être fait pour une action sanitaire efficiente.
Il faut noter cependant, au vu de ces tableaux, que des
efforts sont faits pour les déparasitages externes et pour
l'immunisation contre les pasteure110ses et la peste des
petits ruminants.
- Tableau n° 11 - PATHOLOGIE OVINE - MORBIDITE

-------------------------~-------------------------------------------~~~-
i MA.LP.DIES : 1973 . 1974 i 1975 i 1976 ; 1977
{
~.
i
1

,
~.
.
l

'l' ,
~

~---------~---------I.--------J---------t---
~
---
1

1
.

---
i Br 0 nchi teve rm i ne use ( 1884 i 29 3 4 1 1848 / 374 ! 106 2
1 Charbon bactéridien 1 ; 160 !
Botu li sme 1 i 7
1Clavelée , 498 ! 122 497 5 75
1Coccidiose l 10 J! 143 J 388 J: 137 J 27~ J
1 Distornatose 261 i 829 1301 931 998 •
'IGaleS 1281 J 1 2098 J 662 J 486 J 425 J
Pasteurellos€ 1 325 /. 641 2770 462 1685 J
(Xl
P.P.R. 1 7 J 1 220 J 157 J 1 1351 J (Xl

Piroplasrnoses 1 10 J ; 10 JI 1 398 J

.
Trypanosomi ases i
l ,
769 J 1 56 JI 37 J
1
1 801 J
ITétanos
·
' !
l . ~
1
1
135 1
.
165 J !
i
179.
1
1
t----------------------L-------------------~------------------~---------~

J - Ovins et Caprins
SQ.lI r:.ç.~ : Rappo r t san nue l s D. S• P. A•
Tableau nO 12 PATHOLOGIE :- MORTf,LITES
------------- --------------------------

----------------------------------------------_ .. _-------------------------
MALADIES 1 1973 1 1974 1 H5 . 1976 1977
+' -----~--------~-------------------~---------
----------------------1-----; ' i
1 •
Br 0 D chi te ve rm i neu se. : 50! 16
. 1
1 Charbon bactéridien 1 1 160
!I Botulisme 1

Clavelée ! 54 58 171 5
Cocci di ose ' 1 38 Il
10 x
1 Gales 6 • 3 C} Il
1 Pasteurellose 182 191 fi74 258 260 •
. P.P.R. 7 Il
92 Il 106 1 3~· Il
(Xl
\0
Piroplasmose
Tétanos I I I ~ 9 1 1 Il 1
1 Distomatose 1 t 73 1

: t i i ~
~----------------------~----------~----------------------------~---------~
1

1 - Ovins et Caprins

~OUfC~ : Rapports annuels D.S.P.A.


- Tableau nO 13 - PATHOLOGIE OVINE - PROPHYLAXIE ET AUTRES INTERVEr~TIONS -

r- - - - - - - - - - - - -;;L-"~;I-E-S- - - - - - - - - - -- - - - - r--1-9-7-3- - - - - - -1-9-7-4- - - - - - -1-9-7-;- - ~ - - -1-?-7-6- - - ï- --1-9-7-7- - - ï'


,'----------------------------------------------,------
' " ,
---~----~----r---------~---------
1
i
!

Castrations
i
1 3.139
1
1 3.039
j
: ,1.074 ! 3.950
1 i
; 3.113
:
1
Traitement de la bronchite : 2'074 !, 2.934 ) 1.950! 422 l, 1.105 1
vermi neuse ! ! , ,
1 Déparasitages externes 1 2.095 lf \36.344 lf i 5.173 lf 15.511 lf i 9.890 lf 1

t Dép a ras i t are sin ter ne s. l 1. 5 1 9 lf 1 9 . 10 6 lf ! 10 • 49 1 lf i 1 49 7 lf 1 4 . 37 0 lf .

1 Trait~men~ des gales Il 4.142 lflfl 6.012 lftl 4.527 lf1' - i 9.340 lflf
. Immunlsatlon contre le charbon ! 222 ! 404 1 212 1 87 1 343
bactéridien . 1 1 1
1mm uni sa t ion con t rel a c 1 avel é e 3 . 736 1 2. 158 1 1 2 . 557 l' 2 1 3 . 729
' 1 j
. Traitement de clavelée 1.327 1 1 136 5 1 115 !

l Vaccination contre la pasteurellose 28.264 ! 39.152


1J. 1
1105.248
1
161.778 lf !
r.
59.317 lf 1
!
ID
o
Vaccination contre le P.P.R. 1.744 _ 1 502 lf ~ 47.436
1
lf 1 20.565 lf ! 10.925 '
- !
Traitement de P.P.R. I l ! 1.027 _1 1 105 lf 1
Immunisation contre le Tétanos 7 140 41
lf! lf 1 lf 2.400 lf 1 226 _ '
Traitement de Tétanos t ! ! 152. 183 lf 1 197_
Traitllment de la coccidiose 25 1 105 j38.. 493
lf lf 58 lf 261 lf l
Traitement de Piroplasmose 10 i 177 ! 23 _
1 lf lf 398 lf 1
1 Traitement de Distomatose 1 832 lf 1 1.095 _.; 8.039 lf' 1 614 lflfl 1.663 lflf!

i
1Tra i tement de Trypanosomi as es
l 1
l,' li 1
!
8/fl} lf
769 lf i 487 lf ! 554 _ 1 2.196 !
1 , ;',
~----------------------------------------------'-------------------~-------------------- ...
lf - Ovins
lflf - Toutes espèces f:'...1
:-.""l
~~~LC~ : Rapport:annuel,O.S.P.A.
- 91-
- 92 -

Les productions ovines sont caractérisées au


Sénégal par une très forte autoconsommation. C€la s'explique par
le pouvoir d'achat faible des populations rurales, 1~ grand
éparpillement des villages très peu peuplés, l'absence de possi-
bilités de conservation par le froid des denrées périssables. Ainsi
le pettt ruminant satisfait assez bien aux besoins des populations
rurales et les abattages portent sur les ovins et caprins pour
la consommation du village, pour 1 'hôte de passage, pour la céré-
monie familiale.

Cette forte autoconsommation est impossible à


chiffrer et même une estimation de son importance serait hasar-
deuse. Malheureusement, le secteur du commerce dit organisé est
loin d'être contrôlable et malgré les abattages officiels au ni-
veau des abattoirs municipaux et des aires d'abattages encadrés
par les Services Vétérinaires, il est quasi impossible de détermi-
ner le volume des transactions en matière de productions ovines.
On peut dire, sans se tromper, que les abattages dits clandestins,
qui s'opèrent au niveau des ~ibiteries"~ont supérieurs aux abat-
tages effectué~edans les ibattoirs agréés. Il nlest pas rare, qu'à
côté d'une ou/deux carcasses estampillées et bien visibles aux
vitrines des"dibiteries"$oient débitées près d'une dizaine de
carcasses abattues dans la cour arrière de la boutique.

A cela s'ajoutent les abattages rit~e1s de la


Tabaski que nous estimons a 500.000 ovins au moins, les abattages
lors des baptêmes a l'occasion de retour des pé1erins de la Mec-
que et de toutes les cérémonies regroupant de nombreuses person~
nes et dans lesquelles le méchoui est presque de rigueur.

Lorsque les statistiques officielles sont dispo-


nibles, il est très souvent fait cas des petits ruminants et non d e~
ovins et caprins pris isolément. Cependant, nous allons essayer
de nous faire une idée de l'importance économique du secteur ovin
dans les circuits commerciaux modernes en faisant un recoupement
des abattages contrôlés et du commerce des peaux.

. ./. .
- 93 -

2.4.1. - Production de viande

C'est la destination prem1ere du mouton sênéga-


lais qui est élevé pour la Tabaski pou pour la bouch€rie.

2.4.1.1. - Mouton de Tabaski :

Le mouton de Tabaski subit un régime particulier


dembouche qui peut être scindé en

- embouche longue lorsque l'animal est pris três jeune


parfois â la naissance. L'éleveur lui donne pendant
12 à 18 mois une alimentation très riche composée de
fane d'arachide, de tourteaux d'arachide, de "beref"
de son, de mil, de semoule de mil cuite. et les
restes de repas familial, essentiellement du couscous
de mil, du riz cuit â l'étuvée. En zone mlJra'èhêre,il
profite des déchets culturaux tel que les feuilles
de choux, de salade, des résidus de pomme de terre,
des citrouilles ... Depuis quelques ?nnées, avec le
développement de la culture industrielle de la to-
mate dans le Delta du Fleuve Sénégal, se développe une
embouche très avantageuse des ovins avec les déchets
de l'industrie de la tomate\

- embouche courte qui dure moins de 6 mois en général


1 an au plus et qui est le fait d'éleveurs - commer-
çants qui généralement aprês les récoltes, achêtent
quelques moutons aux éleveurs du Ferlo ou aux Maures
qui ont eu des méventes à Dakar, aprês la Tabaski.
Cette embouche assure au rééleveur une certaine épar-
gne et parfois une nette plus value~

- embouche ultra courte, souvent le fait de spéculateurs


qui achètent leurs moutons sur le foirail, les soumet-
tent à un gavage ("sol" en ouolof) ~ base de remoulagc
(gros son de meunerie) et de tourteau d'arachide déla-
yés dans beaucoup d'eau. Il en résulte parfois des
accidents d'enterotoxémie mais le pius souvent, l'ani-
mal présente un état attrayant notamment aprês un co-
pieux lavage et un bon brossage. Lorsque le cou est
E-=-~ang11f-ou-~~ax~~-ën-o-üoTo~------------------:~-r~:--------
- 94 -

agrémenté d'un cGllier de gris-gris aux couleurs


rutilantes et que le ventre est gonflê comme une outre,
bien des citadins peu avertis se laissent prendre
au mirage. L'opération dure deux à trois semaines,
au plus un mois.

1
-95- PLANCHE PHOTOGRAPHIQUE
nD 3 - p. 95

Mouton de Case type Tabaski (Photo P. 1. Dia)

,
\\ -: ~
,
\
1

4A\,,<-~
Carcasses d'ovins aux abattoirs de Dakar
(Photo SERAS)

Séchage sous abri de peaux d'ovins


(Photo SERAS)
- 96 -

2.4.1.2. - Mouton de boucherie

Le commerce de viande ovine pour 13 consommation


courante est alimenté par les troupeaux des éleveurs,
surtout Ceux du Ferlo. Il existe également une bonne pro-
portion d'animaux provenant de la Mauritanie car le choix
du mouton de Tabaski étant soumis a des critères bien
définis et relativement sévères, il reste beaucoup de
moutons de Tabaski qui finissent a l'abattoir.

Il faut répéter que l'autoconsommation de viande


ovine est nettement supérieure a la partie commercialisée.

Nous indiquons au tableau n° 14 la physionomie


des abattages contrêlés de petits ruminants pour les
années 1973 a 1977 .

On y constate que les moutons représentent


52,60 pour 100 et 76, 55 pour 100 du mombre de petits
ruminants abattus respectivement dans l'ensemble du pays
et aux abattoirs de Dakar. Ce qui explique également le
poids moyen de carcasse supérieur a Dakar.

On y relève que les âbattoirs de Dakar enregis-


trent près du 1/3 des 3battages de petits ruminants
du pays.

On notera au passage l'effet de la sècheresse


qui a entratnê un abattage massif d'animaux pour le bou-
cherie en 1973 et 1974.

Au graphique ne 1, nous figurons les résultats


statistiques des abattages contrôlés de petits rumi-
nants a Dakar, pour la période 1968 a 1977. Nous indi-
quons les mois en abcisse et les moyennes en kg des car-
casses en ordonnée.

On peut constater que le poids des animaux


est au plus bas en saison sèche et au meilleur état au
sortir de l 'hivernage, pendant la période fraiche de
Novembre a Mars.
.. ..
/
- Tableau nCl 14 - ABATIAGES CONTROLES D'OVINS ET DE CAPRmS -
------------- ------------------------------------------
--------r----------------------------------------------------~------------------------------~----~--------------- •.-
i l ,__E~~~~~~~~. DU SENEGAL ,--l__-.~.BAl!Q~~S DE DAKAR ----.---------1
1 ANI~EE 1Nombre de i Nombre de i Poids total jMOy.carc.jNombre de ; Nombre de iPoids total fljoy. car
i têtes d'OV.' têtes de cap·i carco ov~ns Ipet.rum. 'têtes d'ovins l têtes de cap.lcarc. ovil"!s r.' et. rum

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. annue 11 J • j 1 1 l , : 1

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i s/Sans i " i j

--------~-------------~--------------------------------------------------------------------------------~---------~
j •

Sources O.S.P.A. pour l'ensemble du Sénégal

S.E.R.A.S. pour les Abattoirs de Dakar

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98
Ab~h".cQ~ti-al'r. d'(JV~h6: ""Oi~hU poi.Ja
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0 N 0
- 99 ..

2.4.2. - Production de lait:

Cette production peut être, à 1 'heure actuelle,


citée pour mémoire. $i le lait de brebis 8st utilisé par
les familles d'éleveurs, surtout en saison sèche, le lait
des chèvres est largement dominant dans l'autocrnsommation.
Dans tous les cas, les laits de r~tits ruminants ne sont
presque pas du tout commercialisés, ni en nature, ni aprèS
transformation. Le commerce du lait porte presque exclusive-
ment sur le lait de vaches. Des enquêtes effectuées au
sortir de l'hivernage indiquent que l'on retire 1/2 litre
de lait par brebis pour la consommation familiale, le reste
est têté par l'agneau.

2.4.3. - Production de Phanères:

Nos races de moutons sont toutes a poils; les


cornes et onglons sont inexploités ; la production de phanè-
res se ramène donc a celle des peaux.

Une partie des peaux est destinée ~ l'usage


domestique, peaux de rrière, généra1~ment co~~tituées par
les dépouilles de moutons sacrifiés pour la TaL,~ski.

Une autre partie est travaillée par les arti-


sans locaux pour la cconfection de tapis, de sacs, de nattp.s,
de sandales, dE::; fourreaux,pour les couteaux, ·:d~ gris-gris.
Dans le Cap-Vert, les cordonniers utilisent les peaux pour
la confection ou la réparation de chaussures.

La plus grande partie des peaux est récupéréE par


les sociétés de la place spécialiSées dans le commerce des
cuirs et peaux: BATA, LATTES';, S./LP., l , S.E.R.A.S. I~.

En effet, depuis très longtemps les compagnies


coloniales françaises se sont intéressées au négoce des
cuirs et peaux et à côté de l'arachidE et de la gomme arabi-
que collectaient beaucoup de cuirs et peaux qui étaient inté-
gralement exportp.s en Europe pour transformation. .
. / ..
------------------------------------------------------
--------,~

1 - S.A.P. = Société Africaine des Peaux


11- Société d'Exploitation des Ressources Animales du S2néQa1
- 100 -

Depuis quelques années, le département "Cuirs,


Peaux et Phanères" de la S.E.R.A.S. a obtenu le monopole
du commerce des cuirs et peaux pour tout le pays. Son action
se situe dans un enwironnement difficile mais c'est l'une
des structures d'ltat les plus rentables.

Nous dressons au tableau nO 15 les activités


de la SERAS pour ce qui concerne la commercialisation des
différentes catégories de peaux de moutons. Ces statistiques
sont 10~ fiables pour essayer de cerner le volume des abat-
tages d'ovins au Sénégal. En effet, les peaux de moutons
abattus officiellement, comme celles des abattages clandes-
tins et rituels sont dans leur grande majorité, achetées
par la SERAS.

Au tableau n° 16 nous indiquons la production


controlée de cuirs et peaux pour l'année 1977 et au tableau
n° 17 la physionomie de l'exportation de ces mêmes élêments.

On estime que l'exportation touche 95 pour 100


des cuirs, 85 pour 100 des peaux de caprins et 5 pour 100
seulement des peaux de moutons surtout destinées a la consom-
mation locale: peaux de prière et artisanat.

Les prix d'achat de la SERAS sont les suivants


- Peaux ordinaires d'ovin
c{
- 1er choix 230 Francs
- 2èm choix 184 Francs
-
3èm choix
- 4èm choix
138 Francs
46 Francs
- Peaux vertes d'ovins .. 85 francs (uniquement le 1er choix
est acheté)
- Peaux d'ovins de boucherie:
- 1er choix 270 Francs
- 2èm choix 216 Francs
- 3èm choix 162 Francs
- 4êm choix 54 Francs ~

Ces prix étaient pratiqués au prem~ tri~estre de


l'année 1978.

. . 1 ..
- 101 -

- !~21g~~_D~_!§ - 8Ç~~!~_Q~_~~~~~_Q~_MQ~!Q~~_e~8_b8_~~B~~
_________________ J _
DEPARTEMENT CUIRS PEAUX ET PHANERES

-----.--------------------------------------------------------_.
,
1 1
1 PEAUX DE PEAUX PEAUX
1 TOTAL
J\.NNEE 1
BOUCHERIE VERTES ORDINAIRES
-------.------- ----------- ----------- --.--------- -----------
1972 . 1973 55.989 _58.• 359 822.392 936.740
1973 - 1974 45.113 369.412 179.638 594.163
1974 . 1975 27.729 139.849 56.671 224.249
1975 - 1976 514.845 190.160 133.767 838.772
1976 - 1977 1 13.363 127.359 91.049 231. 771

_~~::_~_~~:~ ~::~~~~
Moyenne!
_1 :~~~:~ _i 1 :~~:~~ ~~:~:~7 .-1
annuelle 1137.053 157.668 1 223.693 1 518.413 J
j
1
sur 6 ans :
~
! .
: ~
il
----.~---------------------------------------------'------------"-

• - So.~r._c~ SERAS (C.P.P.)

La moyenne de 520.000 peaux, par an est plus proche de la réalité


des abattages, en dehors de la Tabaski opérés chaque année au
j

Sénégal. En effet une très infime proportion des peaux de moutons de


j

Tabask1 est récupérée du fait de la mauvaise dépouille, de la néglig~n­


ce ou de l'opposition â la commercialisation des propriétaires.
Ce chiffre est plus significatif que celui de 95.000 que donne le
tableau n)n° 16 pour l'ensemble du Sénégal.
- Tableau n° 16 - PRODUCTION CONTROLEE DE CUIRS ET PEAUX EN 1977 AU SENEGAL ~
------------------------------------------------------ ----

..--. -~~:~~:- -.---r-+~~~:~.~~.~~L~.~~-~~~~~~~~r~~:~~~~~y~}~~~~~~~~~ r'. ~~~~~~~~~.~-.!~~~~~~~~r -" -".," -"., ,


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1.
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·-------~----------~------------1-----------1-----------,----------
! 6.884: 4.818
------·-----------~------------ -----------~-----------1----------~-----------1.-----------~!

!
-----------i-----------~
11.214 1
.
5.507 ,
1
.----
'

; TOT~ùX . 124.803 1 748.818


r

' 95.502 ~ 66.851 i\ .

109.739 : 54.899
.
.------------------------------------------------------------------------------------------- .

Source: D.S.P.A. - Unités : 1 cuir ou 1 peau pour les nombres


Kg pour les poids
~
C)
:--J
- 103 -

- Tableau nO 17 - EXPORTATION DE PEAUX ARSENIQUEES SECHEES


------------- ----------------------------------------

Unité: Kg

!D----ti----t--~~~~~~~~~~~-1~~~~~~~~~~~J~~~~~~~~~~~Ë~~~~~~~~~~~~
j es na. \ 1

-;;~~;;--i--~~~~::~--i-~~~~~:~;~-1-~r~~~::~-- __ :~~~;:r!~
ESPAGNE 1 32.544 31.178 1 66.321 -

FRI\NCE 433 14.195 1 - 887

:---------------------1-----------1-----------i-----------
r TOTAL : 37.736 ' 73.342 ; 81.321 1 25.665
'----------------------------------------------------------

Source SERAS
- 104-

2.5.-.a. ORGANISA'l!ION du ~ARCHE


- 105 -

2.5.1. - Commerce des Ovins

Du f~it de la fcrte autoconsommation et du


phénomène particulier de la Tabaski, on p~ut distinguer
deux circuits du bétail ovin.

2.5.1.1. - Moutons de boucherie

En dehors de Dakar qui dispose d'un foirail


à petits ruminants alimenté convenablement tout au
long de l'année, le'marché des petits ruminants est
très peu organisé pour la boucherie courante.
Lee ire ui t des 0 vin s se'.: s upe r po s e dan s lie n-
semble à celui des bovins ct les grands marchés
de bétail comme Dahra, MBack~, Diourbel, Bambey,
Touba-Toul, Thiès, Saint-Louis, Louga, Thiamêncl pour
l a zone Nord,} Kaol ack, Tambacounda, Z~.· ui nC~:ür (pour
la zone Sud~ Ces localités disposent ct un foirail
à petits ruminants, distinct du foirail à bov~ns. Il
s'y trouve toujours six à dix dioulas _ et quelques
rares téfen~'$ __ pour assurer le commerce entre
les éleveurs qui y amènent leurs moutons et les ache-
teurs qui n'y sont généralement conduits que pour un
sacrifice rituel, ou pour une cérémonie familiale.
Les bouchers abattants comme les restaurateurs y
viennent rarement et préfèrent généralement se pour-
voir directement au niveau des éleveurs à la pêr~phê­
rie ou à l'intérieur même des villes.

Dakar, très grande m~tropole, nécessite des


abattages plus importants pour sa consommation quoti-
dienne et pour les baptêmes. Ainsi s'est organisé
un foirail c~ntigu aux Abattoirs Municipaux avec
près d'une centaine de dioulas permaner~s et d~avan­
tage de têfenkés. Compte tenu de 1 'imr .rtanc2 des
abattages, non contrôlés, on peut esti~er qultl
passe à l'abattoir de Dakar ~l mouton sur 5 vendus u
au foirail. ..1 ..

_ - Dioula : commerçant en bétail


- 106 -

2.5.1.2. - Mouton de Tabaski

Les moutons destinés à la vente pour la Tabaski


suivent un mouvement général du Nord au ~ud et d'Est
en Ouest.

En effet les troupeaux pour la Tabaski se cons-


tituent en Mauritanie et franchissent la frontière
sénégalaise en face de Matam ou Bakel, descendent a
travers le Ferlo se retrouventt à M'Backé. Selon la pro-
ximité de la Tabaski, les moutons c6ntinuent a pied
ou empruntent le chemin de fer mais le plus souvent des
camions les mènent a Dakar. Le terminal est Thiaroye
pour les moutons transportés par le chemin de fer et
Pikine et les abattoirs pour les animaux transportés
par les automobiles.

Une partie des troupeaux mauritaniens descend


sur Kayes 00 passent également les moutons provenant
du Mali. Le moyen de transport est la presque exclusi-
vement le chemin de fer qui dessert les villes de
Tambacounda, Kaolack, Diourbel et Thiès.

La Casamance est surtout ravitaillée a partir


des moutons autochtones mais depuis quelques années,
arrive un contingent de moutons maures à partir de
Dakar.

Le marché du mouton de Tabaski conna1t une gamme


infinie de pratiquants, depuis les individuels dilétantes
qui veulent se faire un peu d'argent a l'occasion d'une
spéculation hasardeuse, jusqu'aux professionnels spécia-
lisés dans le mouton. Depuis quelques années, des socié-
tés et entreprises font sporadiquement une "op ération
Tabaski". Cela a commencé pour les pouvoirs publics dès
l'Indépendance pour faciliter l'approvisionnement des
fonctionnaires en moutons de Tabaski. On a alors vu
l'Etat acheter des moutons et les vendre aux fonctionnai-
res et récupérer l'argent par les billetr.urs ou le
Ministrèe des Finances. Les collectivités importantes
. .1. .
- 107 -

comme l'Armée, la Gendarmerie ou d'autres services


ont organisé des achats groupés et ont cherché à
aller acheter leurs moutons en zone de production.

Depuis 1970, la SERAS par son département


"Animaux vivants monte une opération Tabaski pour un
ll

volume variable de 3000 â 6000 moutons achetés en


Mauritanie, au Mali ou aux frontièr'p.s a"JC ces deux
états. Cette opération, très ponctuelle) a Cü inu des
sorts très divers et a été rarement rentable . Cepen-
dant on peut lui reconnaître l'avantage de moraliser
un peu les prix. En effet l'éventail de prix fixé par
1a SERAS, dé ter min e cel uide s di 0 u1as : ua ntau i- ri x
du mouton moyen. Car pour les moutons ex tra
lI
ll
les
,

cours atteignent des hauteurs hystériques et il arri-


ve que l'on vende un mouton de Tabaski 150.000 F. CFA;
ce qui correspond â près de 10.000 Frs le kilogram~e
de viande.

Imitant la SERAS, des sociétés et des entrqn1-


ses gérées par des a-nationaux ou par des libanais
proposent des moutons de Tabaski aux sénégalais et
permettent même un payement â tempérament.

l'approche de la TabaskL il n'existe plus de


f1,
foirail à proprement parler puisque 1er dioulas propo-
sent leurs marchandise â travers toute "a ville. C'est
toute l'agglomération qui est transformée en un gigan-
tesque foirail. Pour Dakar, depuis Thiaroye jusqu'à
la limite du centre de la ville, chaque quartier
installe son petit lIdaral""tet des petits groupes de
moutons sillonnent toutes les rues.

. ./ ..
• - Daral : marché à bestiaux
- 108 -

Le marché est caractérisé par son inorganisa-


tion tant au niveau des commerçants comme nOLS l'avons
év0 qué plu s haut, qu' auni ve au des pro duc te u ~ .~~. Ces der nie r s
ont entamé des processus de regroupement au début de l'in-
dépendance lorsque le Gouvernement favorisait la création
de coopératives. A l'instar des coopératives agr1coles~
surtout arachidières, s'étaient constituées des coopérati-
ves de pêcheurs, d'éleveurs. Si certaines coopératives de pêf
pOche ont pu s'affirmer un temps, les regroupements d'éle-
veurs n'ont jamais en fait dépassé le stade d'A.I.R. f ou
forme précoopérative.

Le tableau n° 18 nous donne l'importance des re-


groupements qui se sont opérés et les parts sociales dépo-
sées à la B.N.O.S. I l depuis plus d'une décennie.

Avec la création du Ranch de Doli qui achetait


des bovins au niveau de ces coopératives, s'était amorcé
un début de fonctioneement. Bien vite, les groupements
ont été confisqués par les dioulas tous pluSJU moins éle-
veurs qui ont accaparé les directions et faisaient des
transactions à la place des éleveurs producteurs.

A l'heure actuelle, aucune coopérative d'éleveur


digne de ce nom n'existe réellement hormis la COOPAVIS II~
à caractère bt~m particulier et constituée de citadins bien
au fait du marché moderne. Cette coopérative est d'ailleurs
en butte à d'autres genres de problèmes.

Sur le plan organisation des éleveurs, rien


n'est fonct1onnellement au point, en particulier pour la
promotion de l'élevage des ovins.

. "/ ..
------------------------------------------------------------
1 A.I.R. : Association d'Intérêt Rural
-
•• - B.N.D.S. : Banque Nationale de Développement du Sénégal
••• - COOPAVIS : Coopérative des Aviculteurs du Sênégal
"

- Tableau n° 18 - SITU~TION DES COOPERATIVES D'ELEVEURS AU 31 DECEMBRE 1977 -


.,

r---------------- -Il-~~~~;S- ~~~;a-l~~--N-~:~~~~::::r~~:: ~~::~S-ê~--- - ---O-b~:~:a-t~:~: - ------ - -----,


~

I----~:~~~~--------~~J!~~~~~~~~~~i1~~------------------------------------------------------t
t
",l .
"(i
" ., 1 1 1 #.
CAP VÈRJ' 4 1.966.485! 90 pour 1 coppérative Dont 1 coopérative avicole e
l~
CASAMANCE 14 1. 759.500
1
1174 pour 10 Il
et 1 coopérative de bouchsrs
Dont 2 coop. de Cuirs et Psaux
..
'
:(:
":f

DIOURBEL 493.000 1253 pour 3 Dont 1 coop. de bouchers \.


5 Il
·t:
FLEUVE 10 1.869.815 918 pour 8 Il
Dont 2 cocp. de bouchers 1
fi:
:1
LOUGA 41 3.685.900 .~
"1
SENEGAL ORIENTAL 143 pour 2 Dont 1 coop. de bouchers
~
Il
23 2.324.000 ....
SINE SALOUM 20 4.095.300 Dent 2 coop. de bouchers 0
\0
i ~
THIES 7 2.928.000 1 Dont 1 coep. de bouchers

1- ~:~ ::----- -- -- --r :~: ---Îl~~:~;.~~: --1~:~; -P~::-2-4- :~:P-ê~::;V~~------ -r-------------------------- -1..
.~

1, l"--1- • JJDe..JUO.Yenl'le..ue_Wl..
..,'- sa'Lt. '" t:. t:. - - -- - - - ---
; -- -- -- -- -- - - --- --- -- ---- .~

Sources D.S.P.A. et B.N.O.S. .-


~
;'pr"

•" 0.

i\.
,~
~.

1
- 110 -

La viande est dans la conjoncture mondiale un


excellent barème du coût de la vie car comme aime a le répéter
le Professeur Ahmadou Lamine NDIAYE IIdans la ~ociêté moèerne
le beefteak quotidien s'est substitué au pain quotidien~
ll

/ Dans les pays industrialisés, le prix de la viande


a atteint une cote telle que seuls les revenus élevés en font
une consommation courante.

On peut constater que malgré une augmentation


de près de 150 pour 100 en dix ans, la viande a accusé un
accroissement plus modéré que les autres denrées. Cela tient
bien sOr au fait que la plupart des autres deny'ées sont impor-
tées et subissent les influences des cours mondiaux et les
taxes de l'Etat. Par contre si l Ion se réfère aux prix de
commercialisation des ~Bflim du cru (mil, arachide, mais)
on s'aperçoit que la viande a fait un bond prndigieux.

On peut regretter que la tarification de la viande


ne réponde pas souvent a des critères objectifs. Les prix
p~atiqués sont souvent la résultante de 1 'humeur des profes-

sionnels de la viande et des pressions exercées sur les com-


missions administratives, au grand dam des producteurs comme
des consommateurs moyens.

Nous donnons au tableau n° 19 1 lévo1ution des prix


de la viande ovine aux abattoirs de Dakar. Les min~ma sont les
prix courants et les maxima représentent les prix de fourni-
ture aux boucheries lIeuropéennes", ce qui explique leur
remarquable ~stabi1ité.

. ./ ..
- 111 -

- Tableau n° 19 - PRIX A LA'. CHEVILLE DE LA VIANDE OVINE

AUX ABATTOIRS DE DAKAR -

---------- --------1- --------------,- ---------..,----- .' _..'


.~. ~

AN NEE 1/ MOI S · MIN 1MU M 1 MAX1MU M 1


,
________ J __ ~ - - - - - - - -
--------------- ---------------- - . -
,~ ." ....... --
1975 MAI 400 500
JUIN 375 500
DECEMBRE 550 800

1976 FEVRIER 500 700


AVRIL 550 700
MAI 475 700
AOUT 500 700

1977 FEVRIER 400 700


MARS 350 700
AVRIL 450 700
JUIN 500 700
AOUT 450 700

1978 AOUT 550 700


OCTOBRE 450 700
DECEMBRE 600 700
____________________________________ i 1 r· __ ~

Source: SERAS (Abattoi rs de Dakar)


- 112 -

o 0
TT) Tr'nl- ~7J' 17'/7YJ7rz;-' 7TJi77/Tr 7 1 ~7/L
.LLI!.i..f:JLU..Al..L LeU ULC,.,. ..LLU-fUC Li LILL..
-=-=... =-=... =-=-=

PROBLEMES LIES l..U DEVELOPPEMENT DE L' ELEVA OVIN

SOLUTIONS PROPOSEES

-=.. =-==-=-
- 113 -
Comme l'écrit CRAPLET (28) le mouton est un animal
très plastique, pouvant s'adapter à des situations a~ricoles et
économiques très différentes : la charge peut varier entre 0,5 et
10 brebis à l'hectare; l'agneau produit peut ~tre vendu après
1 à 14 mois de vie ; la troupe peut Atre conduite suivant le mode
le plus extensif des productions animales ou au contraire aussi
intensif que l'élevage du poulet.

Au Sénégal, l'existence de vastes zones à vocation


pastorale incline à penser que le système d'élevage extensif
aetuel va se poursuivre t il se justifie économiquement. Cepen-
dant il gagnerait à @tre amélioré par la fourniture d'une alimen-
tation plus équilibrée et par une couverture sanitaire plus effi-
eiente.

Le développement important des industries a~ieoles

au Sénégal et les perspectives de réalisation des barrages hydro-


agrieole~ sur les fleuves Sénégal et Gambi~ font escompter la
pessibilité d'utilisation de quantités appréciables de sous-
produits agro-industriels. Il faudra nécessairement les transformer
sur place notamment en viande, lait, oeuf et travail animal.

Pour une bonne harmoùie entre les modes extensif et


intensif d'élevage, il faut que soit élaborée avec netteté et
elarté une politique générale de l'éleva~e ovin. Cette politique
devra définir l'orientation des productions, le schéma d'aménage-
ment du territoire en fonction des orientations, l'organisation .
des animateurs du secteur : éleveurs, commerçants, investisseurs,
encadreurs. C'est pourquoi nous envisa~erons, tour à tour, dans
eette deuxième partie :
l'amélioration des conditions sanitaires,
- l'amélioration des conditions d'alimentation,
l'amélioration des conditions de reproduction,
l'amélioration de l'environnement socio-économique.

En préambule nous allons dégager un modèle de schéma


d'aménagement du territoire. A l'instar de l'élevage bovin, on peut
distinguer au Sénégat t
• une zone de naissage dans les régions à vocation pastorale do-
minante comme la région de Louga (partie Ferle), la ré~ion du
Fleuve (partie Diéril et les régions de Casamance et Sénégal-
Oriental ;

•. 1••
- 114 -

- une zone de réélevage dans les régions à vocation aericolè plus
marquée, notamment les zones du fleuve Sénéga~ en Casamance et
dans le triangle arachidier constitué par les régions de Thiès,
Diourbel et Sine-Saloum ;
- une zone de finition constituée par les périphéries des grandes
métropoles que sont les capitales régionales mais surtout par
la région du Cap-Vert à forte industrialination et à ~rande

demande en produits animaux. Le delta du fleuve Sénégal où


existent de nombreux sous-produits agro-industriels peut être
également une zone de finition.

Ce schéma logique et dynamique, suppose que les


préalables, énumérés comme éléments d'une politique de promotion
de l'élevage ovin, soient définis et appliqués. Si non, on ris-
que d'assister à un transfert pur et simple de l'élevage des'
mains des éleveurs traditionnels vers les agriculteurs puis vers
les spéculateurs-éleveurs des grandes villes. On aboutirait cer-
tainement à un grand développement de l'élevage ovin mais on
n'aura pas réussi à améliorer le sort des populations rurales
dont l'élevage constitue la principale activité et surtout un
mode de vie.

De plus, en matière d'élevage ovin, la vie écono-


mique du mouton est relativement brève et on peut réaliser dans 0)

une même zone le naissage et le réélevage ou le réélevage et la


finition.

Dans la logique des propositions que nous énoncerons


plus loin, nous pensons qu'il est préférable de réaliser le nais-
sage et le réélevage en zone de production et seulement la fini-
tion dans les zones propices du bassin arachidier ou à proximité
des complexes agro-industriels.

En Casamance, où existent des conditions climatiques


éminemment favorables, l'élevage ovin peut se réaliser intégra-
lement sur place, du naissage à la finition. Cela suppose que soit
implantée une infrastructure fonctionnelle de traitement de la
production: abattoir moderne, frigorifique, moyens de transport •••

..1..
- 115 -

1.-JJllTlTŒ/l1JllJœDlllTO!.ll!7i
/DlEff

CC r:oor/DU 7FOrr::u;rf f .IT..f):.)QrCl 'lT'{A[J.17D. fED...iT


-=~=-=-=-~=-=-=-=-=-
- 116 -
Les problèmes s~nitaires sont abordés, en premier lieu,
parcequ'ils constituent un préalable aux actions à mener pour
l'alimentation et la re~roduction des ovins.

Les moutons sont réputés résistants, sobres et lES


adages tel. que "mouton: de bon ber~er ne meurt jamais" ou "mouton
bien nourri s'occupe de ses vers" sont fondés. Ainsi les ovins sont
rarement sujets à des affections suraie;ues ou aigues à manifesta-
tions spectaculaires et dramatiques. Cependant ils sont l'objet
de nombreuses maladies chroniques, microbiennes ou parasitaires,
à repercussion fâcheuse sur leurs performances bouchères et sur
leur fertilité. Cela entrafne un préjudice économique difficile à
évaluer mais ~un~ importance considérable.

Dans notre pays,où la mattrise de l'alimentation comme


le contrôle de la reproduction seront très progressifs, en rapport
avec le degré d'équipement de nos services d'intervention et. la
réceptivité des populations encadrées, le domaine d'action le plus
aisé demeure la santé animale.

Le maître-mot des problèmes sanitaires demeure la


ppohylaxie de masse qui est relativement facile avec les moutons
et qui s'avère payante. Leur docilité, leur instinct grégaire per-
mettent de traiter de ~randes unités en très pe~ de temps.

Cette prohylaKie de masse consi.t.~a- en :


des déparasitagcs externes,
des déparasitages internes,
des vaccinations.

, 1.1• • Déparasitages externes:

La lutte contre les ectoparasites devra être systéma.


tique et collective. Elle s'adresseraàdes groupements de plusieurs
villa~es d'éleveurs ou à des formations coopératives.

Il nous paraît plus judicieux de faire des unités de


tr~itement mobiles avec un réservoir tracté et un asperseur.

Au niveau de chaque centre de traitement, on amé~agera

une aire cimentéé pour le doucha~e et le ressuyage des animaux.


Cette formule paratt plus simple et moins dangeaease que le. pis-
cines (lldeeping t~nk").

../ ..
- 117 -
Les produits utilisés sont variés et ~énéralement

d'une grande efficacité. Leur rémanence n'est pas toujours satis-


faisante et ils pr0sentent p~rfois des dangers pour l'environnement.

Cependant les ectoparasites causent d'énormes préju-


dices à l'élevage ovin,soit directemcnt,par leur action mécanique,
soit indirectement,par les maladies qu'ils transmettent.

Les recherches devraient être orientées vers la réa-


lisation de produits in~érables par les ovins et qui par action
systémique tueraient les ectoparaSites. Cela s'est réalisé pour
les carnivores et des espoirs sont permis pour les ovins.

La périodicité des déparasitages externes sera fonc-


tion des saisonset de la zone écologique. Les Services Vétérinaires
pourraient établir deux à trois campa~nes par an de déparasita~es

externes dans le cadre d'un plan rationnel de prophylaxie de masse.


La particip~tion financière des éleveurs à ces campagnes peut êt~e

envisagée.

1.2. Déparasitages internes:

Ils intéressent tous les moutons, à tous les S~es et


visent à l'élimination ou à la diminution importante des vers in-
testinaux et respiratoires. Les maladies parasitaires les plus
fréquen~ssont l'ascaridiose des jeunes, la fasciolose provoquée
par la douve du foie et les strongyloses gastro-in~estinales et

pulmonaires. Les coccidioses occupent aussi une place très impor-


tante dans la patholor,ie parasitaire.

Il est recommandé de vermifuger au moins deux fois par


an, notamment au début et à la fin de l'hivernage.

Depuis les opérations de sauvegarde du bétail, au


cours des sécheresses, les éleveurs apprécient beaucoup l'effica-
cité et la commodité d'emploi des anthelmintiques.

1.3. - Les vaccinations :


Elles ;ont toujours été négligées chez les petits
ruminants, sinon inexistantes, en dehors des foyers déclarés.
L'importance numérique et économique du cheptel ovin, la fabrica-
tion sur place des principaux vaccins, permettent d'obtenir la

••J ••
- 118 -
couverture sanitaire des moutons en m8me temps que les campagnes
annuelles de prohylaxie des maladies bovines.

Les principales interventions devraient concerner

1.3.1. - La clavelée ou variole ovine:


Le laboratoire de :1ann produit le "Clavesec" ou virus
elaveleux adapté sur cellules rénales de mouton et atténué par
passages sur cellulee.

Le vaccin est présenté lyophilisé en flacons de 50


doses à conserver de préférence au réfrigérateur. On dilue au mo-
ment de l'utilisation dans 50 ml d'eau distillée et on injecte 1 ml
par mouton en SC *.

On recommande de vacciner les moutons de plus de 3 mois


«f.Age ; les réactions post vaccinales sont anodines m3me pour les
brebis gestantes. L'immunité apparaît au bout de e j, elle est com-
plète le 15ème j et dure 2 ans.

La Pasteurellose :

Le vaccin du LNERV dénomé "Pasteurellad" est une cul-


ture, des types A et D de Carter, de Pasteurella multocida, en
bouillon enrichi, inactivée par le formol à 4 p.100. Le vaccin est
présenté en ampoule de 10 ml, seconservant 1 an au frais, à l'abri
de la lumière. On injecte en SC 2 ml par mouton adulte, au niveau
de l'eneolure ou en arrière de l'épaule. L'immunité conférée est
de. 6 à 8 mois.

Le charbon baetéridien

On le prévient avec le vaccin "carbovin" commun aux bo-


vins et aux ovins et fabriqué par le LNERV, à partir de suspension
en eau glycérinée de spores de Bacillus anthraeiB. Le vaccin est
présenté en ••poules de 5 ml et 10 ml, se conservant au frais, è
l'abri de la lumière, pendant 6 mois. Une ampoule de 5 ml vaccine
40 moutons. Des réactions post vaccinales peuvent survenir mais
sans gravité. Il est recommandé de ne vacciner ni les agneaux ni
les brebis gestantes. L'immunité dure 1 an.

..1..
...
'SC:
------------------------------~----.--~-----------.
Sous cutané
---.----------
- 119 -
1.3.4. - La Beste des petits ruminants:
Le vaccin fabriqué par le LNERV pour prévenir la Peste
bovine, le "Tissupest'~ est efficace chez les petits ruminants. On
utilise le virus "KabeteO", atténué par passages sur cultures
cellulaires. Le vaccin est présenté en flacons de 5 ml pour 50 doses,
à conserver de préférence en congélateur et à utiliser sous froid.
On reconstitue le vaccin au moment de l'utilisation dans 50 ml de
sérum physiologique normal ou de solution molaiee de sulfate rle ma-
gnésium et on injecte 1 ml en SC aux moutons fteés de plus de 6 mois.
L'immunité apparatt au 8ème jour et dure 2 ans au minimum.

1.3.5. - Le Botulisme :

Le vaccin du LNE~V est l'anotoxine botulique, de type C,


provenant de Clostridium botulinum type C béta, atténuée par action
combinée du formol et de la chaleur, adjuvée au phosphate d'alumi-
nium. Le vaccin est présenté en flacon de 250 ml soit 25 doses dou-
bles. En effet la primovaccination de 5 ml, de préférence peu après
la fin de la saison des pluies, doit être suivie d'un rappel, à la
même dose, au bout d'un mois.

Le vaccin se conserve au refrigérateur et s'injecte en


SC. Les réactions post-vaccinales sont anodines et l'immunité dure
1 an.

1.3.6. - Le Tétanos

Malgré son évolution foudroyante, le tétanos relève


d'avantage d'une maladie anadémique que d'une épidémie. On l'ob-
serve à l'occasion de séances générales de vaccinations, de C8~t~a­

tions, de caudectomie~ lors d'agnelages s'effectuant dans des


conditions malpropres.
La grande mortalité constatée dans les élevages ovins peut
justifier, pour des reproductp.~rs de grande valeur, la pratique de
la vaccination qui est d'une efficacité certaine. Mais dans la
plupart des cas, il est plus économique d'observer une hygiène
rigoureuse au sein de l'élevage, notamment l'asepsie de Itagnelage
et un bon pansement du cordon ombilical de l'agneau •

..1..
- 120 -

1.3.7. - La Cowdriose :

Il n'existe pas à l'heure actuelle de vaccin efficace con-


tre cette rickettsiose. Cette maladie, qui peut entrainer 70 à
90 p.l00 de mortalité dans la troupe, serait trop onéreuse à jugu~

1er par les antibiotiques, efficaces à haute dose prolongée. Le


seul recours est la lutte contre les ixodes, ce qui montre l'im-
portance des déparasitages externe

Il existe donc une gamme très variée de vaccins efficaces,


produits localement par le laboratoire National d'Elevage et de
Recherehes Vétérinaires, ce qui permet là aussi d'organiser des
eampagnes de prophylaxie en faveur du troupeau ovin.

- 121 -
- 122 -

On pourrait sans exagérer dire que l'a~imentation

est le problème unique en élevage ovin. Les moutons bien nourris


sont capables de résoudre,tout seuls,presque tous les autres
problèmes. Aussi nous attacherons-nous à faire une étude aussi
exhaustive que possible des possibilités et potentialités du
Sénégal en matière d'alimentetion des ovins.

2.1. - Parcours naturels:


En excluant les 25.0COkm2 de surfaces cultivées et les
cités urbaines, on peut considérer que le Séné~al est un immense
pâturage naturel. Les rares for~ts du Sud ont un sous-bois utili-
sable par les animaux.
Si la charge en bétail a été jugée critique avant le cycle
des sécheresses, c'est parce que ces pâturages, excellents pendant
la saison des pluies, sont très vite transformés en paille sur
pied par la sécheresse, réduisant énormément leur valeur alimen-
taire. A ce phénomène, dép~Orable mais naturel, s/ajoute trop fré-
quemment un fléau, da à la main de l'ho~me, le feu de brousse. On
peut dire, sans trop se trompeG que près de la moitié des pâturages
sénégalais sont très régulièrement la proie des flammes. Une bonne
partie de ce qui reste n'est pas toujours accessible au bétail par
défaut de points d'eau ou parce que enclavée en zone de cultures.

L'action d'améliorati0n des parcours naturels découle des


obstacles évoqués ci-dessus. La première urgence est une lutte
permanente contre les feux et leur prévention par une éducation
continue des ruraux. Il faut quadriller les zones sensibles par
de véritables coupe-feux ou pare-feux. Il faut une largeur suffi-
sante, au moins é~ale à 50 mètres. L'idéal serait de réaliser des
feux contr81és sur une bande de 50C mètres de large de part et
d'autre des bandes passées au ~rader. Cela contribuerait à rendre
les déplacement 'des équipes des Eaux et Forêts plus facile et les
feux seraient d'avantage circonscrits. Certains auteurs préco-
nisent de réaliser des cultures vivaces, toujours vertes sur les
bandes brûlées; cela nécessite malheureuSement beaucoup de
moyens; cependant c'est une éventualité intéressan~e en zone très
pluvieuse.

. ..1...
- 123 -

La flore est très riche, comme nouF. l'avions vu


dans la première partie,mais elle est essentiellement constituée
d'espèces annuelles qui sèchent et se lignifient très tôt, perdant
ainsi la majeure partie de leur valeur alimentaire. D'où l'inté-
r~\ toujours actue~ de la fenaison dont la vulgErisation avait
commencé sous l'égide de la D.S.P.A~ et de la F.A.O. à Labgar,
dans le département de Linguère. Cette technique consiste à couper,
ramasser et stocker l'herbe au stade de maturation, avec toutes
ses qualités organoleptiqueso L'entreprise a étéruiné.e par l'inter-
minabla.-sécheresse mars également par le défaut de suivi de l'action.
de vulgarisation.
La troisième direction d'action est l'hydraulique
rurale pour désenclaver les zones inutilisables en saison sèche.
Le Ferlo est en voie de posséder une bonne couverture en points
d'eau j il reste à étendre l'action vers le Sénégal-Oriental ~

le Diéri. Cependant l'implantation d'un point d'eau suppose


l'organisation rationnelle du terroir. Il faut en effet déterminer
la charge optimale autour du point d'eau, délimiter les aires de
pâturage, de culture, de forêts et surtout veiller au fonctionne-
ment permanent <'.J.( pannes frécuentes> des forap;es. A cet égard, i l
faut espérer que l'énergie snlaire pourra être bientôt économi-
quement utilisable, ce qui va réduire sensiblement les contraintes
techniques. En effet les forages-puits ou les puits profonds
entratnent une exhaure pénible, surtout pour les femmes, et cette
pratique distrait les éleveurs d'un suivi plus poussé pour les
animaux.

2.2 - Cultures fourragères :


Alors que la productivité d'un pâturage naturel sahélien, en
année moyenne, est de l'ordre de 2 tonnes de Y.S~*à l'hectare, en
culture irriguée on oscille entre 20 et 40 tonnes de ~.Sl*à l'ha.
lJar an.
La pratique des cultures fourragères est une nécessité pour
une embouche à grande échelle. Elle suppose une maîtrise complète
de l'eau et doit s'insérer dans un schéma cohérent. En effet l'éle-
veur doit pouvoir s'occuper de parcelles de culture de consomma;ion,
de culture de rente en m~me temps que d'une sole fnurragère.
---~----------------------------------------------_.~-
--------------
*D.S.P.A. : Direftion de la santé et flP.R nroc'tuctions anim,.les
·*1"1.S. : t'~atière sèche ••••••
- 12~ -

Cela nécessite une formation de base, par une


alphabétisation fonctionnell~ permettant aux éleveurs une maîtrise
des techniques a~ronomiques nouvelles : façons culturales, fCl,t i·-
lisation, irrigation.

Compter sur les pluies com~e on l'a fait jusqu'à


présent pour faire des cultures fourragères n'amènera qu'un progrès
très lent. En effet l'éleveur ne peut accepter de consacrer vn
grand temps à dessoucher une parcelle, à y semer, puis fau~her pour
récolter de l'herbe. Ce même temps consacré à Gcn c~amp de milou
d'arachide lui paratt hautement plus profitable. S~ l'on c.:mpte
que l'hivernage s'étale sur une très courte période ,)t cornrorte
beaucoup d'aléas, on est tenté de lui donner raison.

Par contre si le rn3 d'eau tiré des forages revient


bon marché, il est possible de réaliser des culturGs fourragères
en saison sèche et cela aurait pour avantage de passer du stade
cl~ensif au semi-intensif et Dour l'élevage ovin, on réaliserait
aisément le naissage et le réélevar,e en zones de production:'o Il
faut près de ~O.CCÛ m3/~a en culture irrir,uée, donc beaucoup d'êau.

On peut utilisp.r le fourra~e sur pied mais cela


entraine beaucoup de ~aspilla~e par piétinement même si cela s'a-
vère moins onéreux en nain-dToeuvre et matériel. On peut également
faucher, trois à quatre fois voire six fois par an, et stocker à
l'air libre ou en han~ar après séchafe ; c'est le procédé le plus
indiqué compte· tenu du niveau technologique de nos populations.

La dernière variante, l'ensilarre, est en effet trop


difficile i réussir i l'heure actuelle dans n08 pa~~ et m~me en
station les résultats ne sont pas toujours probants.

Selon les conditions locales et en fonction surtout


de la saison des pluies, on peut associer la p§ture et la f€~aison
ou même les trois techniques.

Dans la rér,ion du Fleuve Se développe la culture


du melon d'eau <Citrillus vulgaris ou "Xaal") dont la graine est
appelée "beref".
Cn assiste actuellement à une surproduction de ces
melons qui sont débités puis distribués aux moutons à l'engrais •

• • • / •• ID
- 125 -

Parfois, ce sont les graines sèchées, très riches en protéines et


matières grasses,qui sont utilisées pour l'embouche, en ~uise de
tourteau.

Nous faisons nBtres les conclusions de BOUDET


(15) lorsqu'il estime que l'évolution rationnelle de l'exploita-
tion des p&turages nécessite un encadrement rapproché des éleveurs
afin qu'une amélioration de la spéculation élevage entratne un
mieux-être des éleveurs, tout en maintenant l'équilibre de l'envi-
ronnement et la préservation du potentiel de productivité des
régions à vocation pastorale.

L'espace pâturable doit ~tre attribué à des


exploitants responsables, les éleveurs, à charge pour eux d'observer
les rè~les d'utilisation qui leur seront précisées par les enca-
dreurs.

Nous reviendrons sur les problèmes de gestion des


terres et des activités pastorales en étudiant l'organisation des
éleveurs.

2.3. - Seus-produits de récolte:


Ce sont toutes les parties consommables par: l'ani-
mal et laissées en place après la récolte des organes destinés à
la consommation humaine. Ces sous-produits sont pre~que exclusi-
vement transfomables par les ruminants et constitue~t des aliments
énergétiques bon marché. Ils sèchent le plus souvent sur pied ou
sont brûlés à l'approche de l'hiverna~e, ce qui constitue un
énorme ~aspillage.

Il faut noter que parmi ces sous-produits, les


fanes d'arachide et de niébé sont très appréciées des éleveurs et
rééleveurs. L'usage en est si Fénéralisé qu'on arrive parfois à
des prix . exorbitants pour ce qui ne demeure qu'un sous-produit.

L'utilisation de ces sous-produits n'est réelle-


ment rentable que si la transformation est opérée sur place. Ils
doivent être consommés en l'état sur les terrains de culture ou
ne subir qu'un transport très limité, avec les moyens peu onéreux.
Les sous-produits les plus intéressants sont
constitués par

..1..
- 126 -

2.3.1. - Les fanes d'arachide (Arachis hypogea)

Elles sont repr~sentées par les tiges séchées, les feuil-


les et une bonne partie du système radiculaire de l'arachide auquel
adhèrent parfois quelques eousses.

On produit au Sénégal, en année moyenne (hors sécheresse),


près d'un million de tonnes d'arachide en coques, ce qui corrr-spond
à près de deux millions et demi de tonnes de fanes, soit près d'un
milliard d'UF·. Lorsque la récolte de graines est satisfaisante,
le prix ne dépasse guère 5 F du kg ; mais en année de sécheresse
ou à l'approche de la Tabaski, il n'est pas rare de voir le prix
atteindre 50 Frs le k~, ce qui est exorbitant pour de la paille.

CALVET (18) pour une fane titrant 10 p.100 de MAB·· et


32 p.100 de cellulose, a obtenu 0,4 UF et 56 g MAD*·* par kg de
matière séche. Le mouton en consomme 3t,3g par kg de poids vif soit
un indice de consommation de 106,9 et un indice rle valeur ~lirnen­

taire de 59,5.

Le rapport MAD/UF est très élevé, proche de 140, ce qui


nécessite un complément énergétique qui peut être constitué par de
la farine de sor~ho.

2.3.2. - Les fanes de Nié~é (Vigna unguiculata = V. sinensis)

Le niébé constitue une des principales denrées conscmmées


au Sénégal. Cette culture est très sensible aux insectes mais avec
des méthodes culturales améliorées, on peut atteindre 1,5 à ~

tonnes de graines à l'ha, ce qui correspond à 3 à 4,5 tonnes de


fanes. C'est donc quelque~80C à 2000 UF à l'ha, que l'on peut récu-
pérer avec un fourraee de bonne valeur azoté"c. La production na-
tionale est actuellement autour de 20.000 tonnes de graines par
an.

Des essais effectués par la SCDECr-·"i<* St''' le ni"~bé, en


culture fourracère, ont donnÉ: un rendement de 8 te nes de F.S. à
l'ha, pour un prix de revient inférieur à 4 francs ~FA, soit l'UF
à moins de 10 francs CFA.

. .1..

• UF unité fourra~ère
.* ~J.B matière azotée brute
*•• MAD matière azotée di~estible
.* •• SOryFBP: Société de Développeffient rle l'Elevage en zone
Sylvo-Pastorale

- 127 -

2.3.3. - Les pailles de gros mil (Sorghum sp.) et de petit mil


(Fennisetum typhoides).

Ces mils ont un rendement en paille de l'ordre de 10 à


15 tonnes/h~ soit 2500 à 3000 UF l'ha. P~ur l'ensemble du pays, qui
produit en moyenne 550.000 tonnes de graines, cela correspond à
plus de 600.000.000 tonnes de paille par an.

Il est recommandé de hacher les feuilles avant de les


distribuer aux moutons. Le trempage dans de l'eau salée bouillante
améliore beaucoup l'appétabilité.

2.3.4. - La paille de mats (Zea mays)

La production nationale se situe actuellement autour de


56.COO tonnes/an, ce qui correspond à près de 70.000 tonnes de
paille, soit 21 millions d'UF. Cette culture est appelée à un grand
développement dans ce pays.

Pour &tre interessante, la paille de mats doit être com-


plétée par du tourteau d'arac~ide.

2.3.5. - La paille de riz (.Q!~rza sativa)

Elle se revèle être ~n aliment de bonne valeur éner8étique.


On la trouve en abondance dans le delta du fleuve Sénégal et en
Casamance, qui fournissent 1::. presque totalité de la production
nationale, estimée à 150.00C tonnes de paddy/an. Cela représente
près de 150.000 tonnes de peIlle et 60 millions d'UF.

La paille n'est intéressante que si elle est utilisée sur


place, son prix de revient étant alors estimée à 2 F CFA le kg.

Selon CALVET (18) sa forte teneur en oxalate et sa faible


teneur en protéines nécessitent l'adjonction de tourteaux, de mé-
lasse et d'urée. Cependant la paille peut être broutée en chaumes
verta , juste après la récolte, ou alors hachée et trempée dans de
l'eau salée pour en augmenter l'appétabilité.

..1. '"
1

• 128 •

2.3.6. - Les bouts blancs de canne à sucre (Saccharum officin~)

Les bouts blancs ou "têtes" de canne sont les extrémités


feuillues et vertes que l'on coupe à la récolte. Ces tronçons
apicaux sont laissés sur place. La récolte de 100 tonnes de cannes
usinables laisse sur le terrain 20 tonnes de bouts blancs et quel-
que 40 tonnes de feuilles plus ou moins sèches. Cela représente plus
"e 5.000 UF.

Là également, l'adjonction de mélasse, de farine de cé-


réales et de tourteau ou d'urée peut équilibrer très avantageusement
le fourrage.

La culture de la canne est localisée actuellement à la


région du Fleuve. Son développement, compte-tenu des résultats
aequis,va s'intensifier avec la mise en place des barrages sur le
fleuve Sénégal.

2.4. - Les sous-produits agro-industriels :


Les tonnages importants traités par le secteur agro-
industriel sénégalais laissent un ~isponible important de sous-
produits. Ces denrées simples sont très largement utilisées par les
éleveurs notamment dans l'aviculture et la "suiculture". Ces sous-
pro~uits sont cependant les compléments indispensables d'un rationne-
ment correct des petits ruminants.

On peut schématiquement classer les sous-produits agro-


industriels disponibles au Sénégal en :

sous-produits d'huilerie = tourteaux, sons et eoques d'arachide


et de coton ;

sous-pro~uits de meunerie : sons, remoulages, recoupes et farines


basses de mais, de mils, de blé ;

- sous-produits de rizerie: brisures, sons, farine;

- sous-produits de sucrerie : ba~asses, mélasses ;

- sous-pro~uits de brasserie: drèehes, touraillons, levures;

- sous-produits de tomate industrielle: enveloppes et grains de


tomate ;

- sous pro1uits animaux farines àe poisson et de sang, pouère de


sang et d'os.

..1..
- 129 -
L'utilisation de ces gous-produits a été large~ent étudiée
par MONGONDIN et VAN DEN BE~G (86).

Au Sénégal, a été créé un Comité National ~~ la P~oduction

Animale qui s'est surtout attaché" avec pl us ou .rnoii~' de bunheur,


à faire utiliser au maximum les sous-produits agro-industriels de
la place.

La nouveauté chez les ovins serait l' u'tU, "Jation très


généralisée, au delta du fleuve Sénégal, par les éleveurs, des
sous-produits de l'industrie de la conservation de la tomate.

En effet, au début, les industriels avaient des problèmes


pour se débarasser des résidus de presse, (enveloppes et grains)~
comme des résidus de raffinage. tctuellement, ce pous-produit
est cédé i 20 F CFt le kg et la demande est loin d'~tre satisfaite.
Certains emboucheurs d'ovins donnent exclusivement ce sous-produit
à leurs moutons et les résultats sont tr~s satisf~isants.

Ce réDic.~u de l'industrie de la tomat~ anEllysé par le


LNER~ donne par kg de produit sec :

58,4 g de matières min.érales dont 6,8 g de ph0sp"Jre et 3,4 g


de calcium,

- 183,6 g de matière grasses,

- 318,8 g de matières cellulosiques (~~Teende) ,

247,1 g de matières protéiques,

192,1 g d'extractif non azoté.

2.5. L'azote non protéique dans l'alimentation ovine:

Le Sénégal occupe une place de premier plan dans la pro-


duction mondiale de tourteaux et l'élevage sénégalais ne suffirait
pas pour absorber toute la production. ~ais les tourteaux étaht très
recherché D sur le lTIarché international, il semble plus avantarçeux
encore de les exportar..On utiliserait comme succ€danés, bien moins
onéreux, les sources d'azote mon protéique~

Leg ruminants présentent la faculté de transformer l'azote


non protéiq~ef -ANF, en pr,otéines nobles grâce aux m~cro-or'sanismes
du rumen. Quelques soient. les types de protéines qu on leu&' pré-
sente, les ovins les recyclent et les transforment en protéines
propres. Il est donc inutile, voire anti-économique, de leur fournir
toute leur ration azotée sous forme de protéines végétales nobles •
../ ..
'"

- 130 -

Il est possible de donner v~lablement de l'J.NP sous plu-


sieurs formes (Bi) :

2.5.1~ - L'Ur~e :

Elle contient 47 p.l00 d'azotè et peut se substituer à


30 à 40 p.l00 des pr0téines de la ration des ovins. L'urée accroît
la dieestibilité de la cellulose et des fibres brutes des rati~ns
pauvres en protéines. Ainsi la valeur'biologique arrive à 74 s~ en
plus rle l'urée, on incorpore de la méthionine dans la ration. donc
valeur pr0che de la protéine d'oeuf séché qui est de BO.

L'adjonction à l'urée de glucides, sous forme de mélasse


ou mieux sous forme d'amidon, accroît la quantité de paille in~érée
et la vitesse de digestion, bien que la di~estibilité intrinsèque
de la cellulose ne soit pas modifiée.

VE:ŒEEK et Van La C~mVILERIE (81) ont remarqué que l'urée


est aussi efficace que le tourtèau d'arachide pour une ration com-
prenant des aliments grossiers et de la mélasse.

Les brebis gestantes ou en lactation util~sent mieux


l'urée que les autres animaux et donnent naissance à des agneaux
normaux et bien conformés.

Par contre les agneaux en croissance ou en phase finale


d'engraissement, comme les ovins âgés, utilisent moins bien l'urée.

L'urée peut être donnée sous forme liquide par incorpora-


tion dans de la mélasse mais le meilleur procédé semble être la
présentation sous forme de blocs à lécher.

De PURY (36) si~nale la consommation par des moutons Djal-


lonké au Cameroun de 10 à 200 g d'un mélan~e composé de :

V.rée. 0 ••••••••••••••••••••••••• 0 • _ •••••••• 5,5 p.l00


Phosphate bicalcique •••••••••••••••••••••• 6,5 I).loo
Cel de cuisine ••••••••••••••••••••• ~._ •••• 18,0 p.l00
Mais moulu , ...••••......• 00 •••••••••••••• 70,0 p.100

Donc les moutons in~èrent au maximum 11 ~rammes è'Urée.

Beames (81) propose un bloc contenant :

4C. p.l00 d'Urée


10 p.10e de ~~lasse

- 47,5 p.l00 de Chlorure ~e Sodium


2,5 p.l00 de phosphate trisodique + traces rle Cobalt. . .1..
- 131 - •
Les blocs doivent ~tre proté~e~ de lieau.

Malheureusement l' ut:l1. isatiou d.e l' urée présente des con~·

tr-intes.

Il faut de préférenc~ que les ovins soient nourris en en-


elos, que la quantité d'urée (onsommée ne dépasse pas 0,4 g par kg
vif. La quantité consommée dOlt &tre étalée sur toute la journée i
et tout défic i t nutritif pouv'tnt diminuer l' activi té des micro-
organismes du rumen doit etre comblé. Sinon on risque d'avoir des
aeeidents d'intoxication aiglk caractérisée par l'atonie du rumeç.,
des spasmes musculaires, du ptyalisme et une mort subite par arr~t

eardil!CJ'Ie. Ces aceiderittl sont !~onsécutifs à une éHlvntion excessive


du pH et on y remédie en faiEKnt in~érer du vL"l::üfÇre auy. animaux"

2.5.2. - Autres sourees d'ANP ~

2.5.2.1. - ~~~ : p'0duit de condensation de l'urée? il


se révèle atoxique pour les 0'" ins même à dose très .. mportante,
250 g par jour, si une adaptB1ion de neuf semaines est rialisée.
Mais le biuret est d'acquisition moins facile que l'urée et réa-
lise des performances moins p~obanteGo L'association urée-biu~et

aurai t un effet s':tergique, t,' ut en évitant la toxicité de l' uréeo

2.5.2.2. - ~am~oniac : T,mt se r~véler interessant par son


ineorporation facile aux fou~ 'ElfeS verts seCb, à l'ensilage et à
la mélasse. Les aliments amm·.loiaquée, sont intéressants dt util i13a-
tion mais ne sont pas sup2ri~urs à ce~x renfermant de l'uréeo

2.5.2.3. - Les sels d'~~''I!mon~u'!!. (bicarbonp+r.' "arbVn:1.tL,:,':'~.. :.~e"


ehlorure, sulfate,' lllctate), ont été ~:'PP'"r':lUp étudiés dans les pays
de l'Est mais surtout chez les vaches laitières.

Ces sels pourraie~t constituer jusqu'à 40 p.l00 des besoins


azot's, sans effet nocif sur la sant~ et on note même une augmen-
tation du taux de MG· du lait, surtout en dibut d lactation. Ce-
pendant des btliers castrés recevant 26 à 38 p.10C de l'azote sous
forme de lactate, prisentent des bilans azotés positifs et sans
effet noeif, pour des ccr'sommations de 200 g de lactate d' a~monium
par jour.
_____________________ • ".. _ _ ._, ._,. .... _~. . . .1. ~
e<:;.l .... , , .• - " "... _

• MG : Matière grasse
,
- 132 -
2.5.3. - La litière de poulailler 1

Elle se compose de la paille, des coques d'arachide. ou


des copeaux de bois qui recouvrent le parquet. Il faut y ajouter
les déjections des volailles et dans les élevages mal tenus, une
bonne partie de la ration distribuée.

Cette litière est un aliment prometteur. Des brebis la


recevant comme complément azoté ont réalisé des performances égales
à celles obtenues avec du tourteau de soja et supérieures aux ré-
sultats faits avec de la mélasse ammoni~qùée.

Une litière de coques d'arachide fournit pour 100 p.100


d'azote total:

• 46,2 p.100 de protéine vraie


..30,5 p.100 d'acide urique,
..1'3,2 p.100 d'ammoniaque
2,7 p.100 d'urée
4,5 p.100 de créatine

Pour une utilisation efficace, on recommande de ne pas


dépasser chez les ovins 50 p.tOO de l'azote de l'alimentation. De
plus, il faut 8tre sOr que la litière ne recèle ni clous, ni fils
de fer et autres éléments vulnérants. Enfin, il faut ajouter du
phosphore et de la vitamine A.

LOOSLI conclut (81) que les grandes quantités de litière


de poulailler que produit l'aviculture moderne et le coOt élevé de
son évacuation, m~me sous forme d'engrais, offrent la perspective
de la transforme~ avantageusement, en aliment du bétail.

Le Professeur NDIAYE et coll. qui ont effectué des recher-


ches dans cette voie,au Laboratoire de Nutrition de ~aisons-Alfort,

confirment cette conclusion.

Pour notre part, nous croyons que c'est un domaine de


...
recherches et d'application à ne pas néf:liger, meme si cela choque
les habitudes du consommateur sénégalais.

La revue des problèmes d'approvisionnement en aliments du


bétail montre que les possibilités du Sénégal sont importantes dans
ce domaine. Le facteur défavorable principal de l'utilisation des
sous-produits réside dans le coOt prohibitif du transport. Pour
pallier cela, il semble judicieux de prévoir de petites unités
ré~ion.les de fabrication d'aliments pour le bétail. Cela parait
..1..
- 133 -
urgent pour les rigions du Fleuve, du S&n&~el Crien~al et de la
Casamance où existpnt des Gous-nr0duits en quantité~ appr€ciables.
Ainsi, le transport ne concernerait Que la partie no11e de la na-
tion : les tourteaux et les minéraux quand ils n'existent p~s sur
place, mais surtout les vitamines, les oligo-~léments et les acides
aminés essentiels. Les coo.nérative~d'éleveurs ou gO'oupes de coopé-
r~tives pourraient, ~ér€r ces f~briques.

2.6. - Rationnement pratique des Ovins

Le rationnement, comme le dit ~~LTEn (113), consiste à


satisfaire les besoins nutritifs de l'animal par l'ajustement d'ap-
ports alimentaires suffisants, équilibrés, adaptés à ses facultés
dieestives et les plus économiques possibles.

Il faut toujours avoir présent à l'esprit que les calculs


théoriques permettent de cerner rapidement l'ampleur des problèmes
alimentaires et constituent un gain de temps appréciable. Mais
seule l'expérimentation sur l'animal vivant, dans ~~S conèitions
de milieu déterminées, en fonction des disponibilit&3 locales,
permet de faire un élevage qui rapporte et qui ne soit pas un in-
vestissement de prestige ou une prouesse intellectuelle.

, Nos populations ont acquis une grande expérience dans


l'art de nourrir les moutons. r~al~eureuGement, les unités d'éle-
ver.e sont trop petites et orientées exclusivement vers la spécu-
lation Tabaski ou pour des r"cisoll3 d'esthétique ou pour des consi-
dérations mystico-relirieuseso r~al~ré les multiples enquêtes
effectùées au Ferlo, à Touba-Toul, au niveau du foirail de Dakar,
il est quasi impossible de déterminer les quantités journalières
servies aux moutons par les éleveurs.

La littérature scientifique et technique est assez pauvre


dans le domaine du rationnement pratique des ovins dans nos pays.

Le LNERV à entrepris d'intêressantes exp~riences de


"dieestibilit& in vivo" sur moutons, des principau~ sous-pro~uits

utilisables dans notre pays (43) mais les premièreE ratiens com-
plètes proposées l'ont été en 1974 (1g) et 1975 (20) •

..1..
- 134 -
Nous présentons ci-dessous trois expériences de ration-
nement d'embouche ovine, réalisées 3U Sénégal.

2.6.1. - Embouche intensive de moutons Touahire :

Dans cette expérience menée par DENIS et Collaborateurs


(35), le matériel est constitué par des moutons Touahire de 18 à
30 mois d'â~e. Les animaux scnt en stabulation permanente, dans
des loges, au Laboratoire de Hann à Dakar.

La ration présente les caractéristiques, décrites au


tableau nO 20.

Il est à noter que 28 moutons ont subi un traitement


interne, antiparasitaire, à base de tartrate de morantel et de
cozurone, comme indiqué dans la rubrique "pathologie". De plus
12 moutons ont reçu du Ralabol* anabolisant protidique naturel.
Enfin cette expérimentation a permis de comparer les réactions de
b~liers Touabire et de btliers Peul-Peul face à la m~me ration.

Les résultats obtenus montrent que:

Il n'existe pas de différence si~nificative de croissance entre


les moutons déparasités et ceux qui ne l'ont pas été. Les auteurs
attribuent ce paradoxe à un déparasitage incomplet. Le coeurone
s'est révélé inefficace sur les coccidies. Ces contre-performances
seraient dues surtout à un effet de "stress". Les moutons dépa-
rasités ont accusé une croissance inférieure jusqu'à 8 semaines
après le traitement. Cependant le ph~nomène s'inversait à partir
de la lüè semaine et les auteurs pensent que le déparasitage
révélerait davanta~e ses effets si l'expérience s'était pour-
suivie plus longtemps •
.
L'aliment A s'est révélé supérieur à l'aliment B et ce dernier
meilleur que l'aliment U. Il semblerait que les moutons, compte-
tenu de leur passé physio-pathologique, aient très mal toléré
l'adjonction d'urée dans la ration. Nais il est plus vraisembla-
ble d'incriminer le taux trop élevé de matières protéiques, comme
le prouve le rapport ~"AD/UF de la r,,-tion U. Par contre l'aliment
B s'est révélé le plus efficace, avec l'indice de consommation le
plus bas. Cela confirme que, chez le mouton, une forte proportion
de le.t, ici la coque d'arachide, est favorable à une bonne uti-
lisation de la ration.
* Ralabol (ND SCVBTAL) : ~u lactane de l'acide 6 (6-10 dihydroxy
undécyle) bêta résorcylique.
- 135 -

~~~che intensive de moutons-!o~ab;+y

J Composition en po100 3 Aliment A : Aliment B ~ Aliment U :


1,.........-----------.. .---------: ---.------.. ---: -----------: --.....-.. . -_·~·---~--I

1 - Son de mals •••••••••••• : 36,60 ·· 30,50 : 27,5Q


1 - Tourteau
Farine de Sorgho ••• o ••• : 12,00 · 10,00 : 19,00 ·•
1

1
de coton....... :
Carbonate de chaux ........ :
9,00
O~ 60 :
: 7,50
0,50 : 0,80
·•••
1 Phosphate bicalcique .... : 1,20 : 1,00 · :
: Sel •••••••••••••••••••• : 0,60 · 0,50 1
..
1,60 :
1. ~ . . -Urit: ••••••••••••••••••• : ·• 1,10 1

·• - Coque d'arachide .... ~ .... : 40,00 50,00


·• 50,00
·.
: ... ---- ----------------------------------------------------------------:
...
; Valeurs
, thécilriqucs · ·.
:--~--------~------------: · 0
0

· V.F. po 100 kg d'alim ... : 56,47 47,06 :


.
42,60 ·•
: M A D " " •
• • • 0 . 0 0 • • • • • • • • • • • 8- 60461,00 · 5.fm4,OO
· 6.316,00 :
1 Ca••••••• " ........ ...
Il
.,. 622,70 · 543,90
· 329,00 ·
· ..
: P•••••••• ~o • • • • • • • ~ • • •
·0
598,30 507,10 234,50
·
1 - MAD/U Fo •••••••••••••• · 114,00 : 119,70 · 148,00 0
0

: Ca/P •••••••• et a _ ••••• a _


·0 1,04 1,07 · 1~40
I ..__.. ________... ~_--------------------- ....- - - - - - - - - - - - - - - ______ ._4.....~. _______ ~
·
1 Résultats pratiques : · · :
1-------------------------- :~ : ·
0
·.•
: Consommation moyenne · :
·•
: par animal et par jour/g 1.668,00 · 1.612,00 · 1.562,00
·•
1 Valeur énerglétique de : : ·• ·:
1 la ratinn en UF •••••••• , 0,93 ·0 0,75 : 0,66
1 - Gain moyen quotidienn/g: 99,00 : 96,00 · 75,00 1
: Indice de consommation.: 9,40
·0
7,80 ·• 8.80 :
1---------------------------------------------:--------------------.;
: Dnnnées économiqugs :
:----------~--------------:
: - Prix au kg d'aliment
·.
1

: Prix de l'UF en F. CFA.:


13,00
23,20
·•
: - CoQt kg de viande pro- :
: duite en F. CFA o 436


1 • :
Source: LS.RoA. ~'DENIS et coll.)
1
·
'~
- i36 -
- L'utilisation des anabolisants a sensiblement augmenti la
croissance, avec un binpfice de l'ordre de 28 p.100 par
rapport aux moutons non implantis~

Les mâles entiers ao~usent un gain de poids quotidien de


128 g contre 99 g pour les castrats, avec des indices de
consommation respectifs d~ 7;7 et 9 1 4 - Il semble donc
bien plus int~ressant dlFmboucher des biliers que des mou,-
tons.

- La comparaison, entre len comportements des béliers Toua-


bire embouchés en 1975 et les béliex·s Peul-Peul embouchés
en 1974 ayant tous reçu la ration A, pendant 15 semaines,
donne un léger avantage aux béliers Touabire; comme le mon-
tre le tableau ne 21.

Mais cet avantage du îouabire ~iest qu~apparent car


c'est un animal très délicat dans les ilevages ;~~€nsifs,

surtout Ibrsqu'il sort de son écosystème.

Ainsi la mortalité dans les expériences dicrites


ci-dessus a ité très importante dans le troup ~u Touabire
et nulle chez les Peul-Peul. Cette sensibilité des Toua-
bire s'est vérifiée au CRZ~de Dahra lors de la constitu-
tion des troupeaux de cr~ation. On a encore en mémoire
l'hécatombe survenue dans les troupeaux achetés par la
SERAS lors de son opération Tabaski 1970-1971.

2.6.2. - Expériences d'extérior~sa~io~~~ potentialités


génétiques bouchères des ovins.

Ces expériences menées au CRZ de Dahra depuis le


26 juin 1978, se poursuivent encore. Nous avons le privilège
de publier les premiers résultats, provisoires j arrêtés à la
date du 1e octobre 1978, soit après 16 semaines.

Ce travail présente l'avantar,e de se rapprocher en-


core mieux des conditions d'élevage sahélien et permet de
comparer l'influence de l'alimentation et de l'âge sur la
croissance pondirale. En effet le troupeau A eE constitu'
d'animaux de 10 à 12 mois tandis que le troupeau B comprend
des moutons de 6 à 7 Mois d'âge.

---~--------------------------------------------------
~./ ..
-------
·CRZ : Centre de rechErches zootechniques

- 137 -

Comportement comparé de bêliers Touabine et P€U~~

:Bêlierg·Touabi.:B~iiers Peul- :
1

1
E 1 é men t s
: re 1975 :peul 1974 ,
1----------------------------------------:---------------T--------------I
1 - Valeur énergétique de la ration en · :
t UF/kg d'aliment ••••••••••••••••••••• : 0,99
·• 0,88 :
t Consommation moyenne en grammes par ·
· animal et par jour •••••••••••••••••• 1.779 .
" 1.574
Consommation dB g/kg de poids ·
: métabollque •••••••••• o • • • • • • • • • • • • • • : 108~90 120,00
·•
1 Cons~mmation en g/kg vif •••••••••••• 43,10 ·•
~ 50,90
1 - Gain total en grammes après 15 se- · ·
: maines d'embouche •••••••••••••••••••. : 13.530 11.850 ·
1 - Bain moyen quotidien en grammes •••••• : 128 112 ·
: Indice de consommation •••••••••••••• : 7,70 7,80 :
1 - C,nt ~e l'UF.eg.li' •• Cli'.i •••••••••••• " •• :: 23,20 : 23,20 : .
1 CoOt de revient du kg de viande :
·••
: produite en F. CFA •••••••••••••••••• ~ 357
· 361
·:
1 ·
•• t! :

Source 1.S.R.A. (DENIS et coll.)


- 138 -

De plus ces moutons i toU& n~s au centre, ont subi les


m@mes influences du milieu depuis leur naissance. Les lots
d'expérience comme les lots térnoin3, ont été constitués au
hasard.

Les moutons ont tOJS ~té vaccin~s contre la clavelée,


la pasteurellose ovine ct la peste des petits ruminants. Ils
ont tous subi un déparasit~~e interne au Vadephen* et un
déparasitage externe au Négnvon**.

Après une trip!e pesée le 26.6.78 et une acclimation


d'une semaine au nouveau r~~imel les moutons sont pesés régu-
lièrement chaque semaine.

Le protocole d'al imentat iorl cst le suivant :

Les lots d'eapérience reçoivent un aliment de base consti-


tué par de la fane d'ara~~ide distribuée i raison de près
de 1,5 kg par mouton. Cet aliment de base est complété par
le pAtura~e qui est fréq~enté six heures par jour.

A l'étable, les moutons reçoivent un concentré,


"aliment bovin" de SEN'LI~N:\C~. à base de mais, mil, tourteaux
d'arachide, issues de c~r~ales et C.~.V.***, dont le fabri-
quant . garant i t :

- 13 % maximum d;hm~irlité
9 % de matière min6rales
- 11 % de matières cellulosiques
3 % ~inimum de matière grasses
500.000 U.I/l0C kg de Vit. A
400.000 U.I/tOC kg de Vit. D
3
150 mg /100 kg dè Vit. E

Ce concentré est distribué à raison de 300 g par


mouton les trois premi~res semaines puis 500 g par animal
jusqu'à la fin de l'exp~rience.

Les lots témoins ont le pp.tur~ge com~e unique source ali~

mentaire.
. .1..

* Vadephen (ND SPECIAl : Chlorhydrate de Dl tétrahydro


2,3,5~6 phényl - 6 imidazo
(2~1 b) thiazole.
** Néguvon (ND BAYE~) Ester dirnéthylique de l'acide
(2~2~2 -trichloro - 1 hydroxyethyl)
phosphonique.
*** C.M,V. Compl~ment min6~aJ vitBmi~laé.
f--- ' -.., ~-_ ..
i
oids vlif ........ te -
1

n kg 1

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40

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Q 15 16· semaines
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<.4raph',\ue ~•.5. Co 1-JY b.t.'i de. 0{oi.s~qnC&.


__:-. loi'" el' t te ~t~v.c.4. Le)
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Poids vif
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1 •
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;._._~

--';---j-
I.L

o 5 10 15 16 semaines
- 141 -

Les résultats sont figurés dans les graphiques nO 2 et


nO 3 pour respectivement les troupeaux A et B.

Ces résultats ~rovisoires appellent les remarques suivantes:

- les lots supplémentés font des performances largement supérieures


aux lots témoins ;

les animaux d~10 i 12 mois, troupeau A,ont des croissances plus


intéressantes que les animaux plus jeunes du troupeau B. Cela est
surtout marqué pour les lots non supplémentés ;

• on peut déplorer que la représentation des Touabire soit trop fai-


ble pour ~tre significative, 5 moutons Touabire sur 46 soit
10,41 p.100. Ils ont réalisé cependant des performances supérieures
i la moyenne des lots où ils se trouvaient

• l'expérience a été perturbée par la période de fin de saison sèche


où elle s'est déroulée et par l'irrégularité marquée des pluies
dans la station.

Le concentré et la fane d'arachide, ont connu des ruptures


dans leur distribution. Dë plus, il y a eu des arrêts dans la dis-
gribution de l'eau qui ont duré parfois une journée entière. Enfin
il faut regretter que les ani~aux n'aient pu bénéficier davantage
du patura~e, déjà rare, du fait que les bergers mènent les animaux
sur les parcours de 8 heures à 11 heures le matin et de 16 heures
i 17 heures l'après-midi.

Le terme de l'expérjence, avec l'abattage des moutons et


la vente des carcasses, permettra de déterminer les rendements en
viande des lots respectifs et la rentabilité économique de la sup-
plémentation.

2.6.3. - Embouche ovine semi-intensive :

Pour tenter de cerner davantage les coOts de production


en élevage, des expéri~nces d'embouche ovin~ 1ans le cadre d'opé-
ration Tabaski, ont été menées en 1977 et 1978.

En 1977, l'opér~tion a porté sur 28 moutons Touabire pris


i l'Age moyen de 12 mois~

.. / ..
- 142 -

En dehors du paturage fréquenté de 8 heures à 18 heures,


les moutons recèvaient à l'auge du foin et un concentré. Ce dernier
était constitué par l'aliment "Vache laitière" fabriqué par StNDERS
Avec la composition suivante:

Mais.................... C,O p.100


Sons fins ••••••••••••••• 65,30 p.100
Son fins d'arachide.oo •• 20,0 p.100
Ur6e.................... 6,0 p.100
Ce concentré était présenté BOUS forme de granulés de 15 mm

En 74 jours d'embouche, du 3 septembre au 15 novembre 1977,


les 28 moutons ont consommé 1536,4 kilogrammes de concentré soit
0,741 kg par animal et par jour.

Le tableau nO 22 fournit les données relat:ves à la crois-


sance pondérale. L'expérience étant surtout axée sur l'aspect éco-
nomique, nous examinerons plus loin les résultats financiersft

Il a été effectué une pesée le 17.11.77 avant de livrer


le troupeau à la commercialisation. Cette dernière pesée a donné
1239 kg pour les 28 moutons soit un gain total de 532 kg corres-
pondant à une moyenne de 19 kg par mouton et à un gain moyen quo-
tidien de 256 grammes. Ainsi les moutons sont passés de la moyenne
pondérale de 25,25 kg à l'entrée à un poids moyen de 44,25 kg à la
sortie. ,
C'est une performance vraiment remarquable qui place les
moutons embouchés au niveau des moutons les plus performants
d'Afrique du Nord, voir d'Europe.

Il est à noter également que les animaux n'ont subi aucun


traitement vétérinaire. Le choix rir,oureux effectué à l'achat, les
soins constants pendant l'embouche et l'aliment~~ convenable,
voire m~me pléthorique à certains égards, ont permis de mener ~~tte

opération sans aucune perte.

En 1978 l'opération a porté sur 56 moutons Peul-Peul tout-


venant, pour une durée dembouche moyenne de 117 jours. Pendant ce
laps de temps, les moutons ont gagné en moyenne 17,35 kg soit un
gain moyen quotidien de près de 150 grammes. Les performances ont
été moins brillantes que pour les moutons Touabire. Il faut noter

..1..
- 143 - •

Croissance pon.!!2rale du !!:.?upeau dZembouche 1977

1 N°d'ordre Pesée du : Pesée éu : Pesée. du :Gain de poids ••


1 moutons
·• 3/9/77 : 3/10/77 :
·
3/11/77 ·
• à la 3e pesée

I--·----------:-------------:---·-------~--I-------------:------------~--:
1 1 : 23 •• 33 : 43 · 2014 1

1 2 : 26 33 : 40
·
• 0
0

•• 3
·
• 27
·
• 33 41 : 14 :

·• 4 •• 21 : 30
· 40 0
· 19 1

· 5 •• 24 : 32 39 •• 15 1

1 6 1 29 34 40
·
• 11 :
: 7
·
• 26 : 32 40
· 14 ~

·
·• 8
· • 25 33 : 43 · 18 .>
~

·: 9 1 21 · 24 · 31 ·· 10
10 : 25 · 31 39 14 :
1 11 · 28 ·· 37
27
46
35 :
18
'16 :
1 12 19
13 27 33 : 40 13
,
1 .~

14 35 · 41 48 13
•• 15 · 25 32 · 41 16
•• 16 : 30 37 · 41 11
1 17
·:• 28
·• 37 43 15
1 18 24 · 27 · 30 : 6 ·
: 19 1 25 : 33 · 43 ."• 18
1 20
·:• 22 1 31 : 36 : 14 ·
·• 21
22
27 33 · 41
·• 14
1 1 30 36 : 42 12

·:• 23 · 26
·• 37 : 41 1 15
24
·•• 23 1 30 : 37 · 14
1 25
·: 22 1 ~1
·• 39 1 17 1

1 26 28
·:• 35 43 · 15 :

·:
c 27 : 21 31 37
· 16

----_
28
_------
: 20
-------------
30
------------_.
·-------------
40 20 ~
• ....
TOTAL....
· 707
·:-------------:-------------+ · 913 · 1119 412 ·
... 0
-------------_.-~

-------------:-------------:._------------~-:
J Ji/OYENNE •• : •
25,25
: 32,60 · 39,96 14,71 ··•
1
·
• ·
NB . Poids en kg •
l'
1

- 144 - ... )

que la sélection 1E l'achat a été moins sévère et les animaux ont


séjourné trop longtemps d~ns l'atelier d'embouche. Les résultats
financiers provisoires de l'opération seront également exposés plus
loin. Four les gains pondéraux, nous présentons les résul tate rll'.
tableau nO 23.
C>!

Ta.bleau n O 23

'~bouche Tabaski 1\978


.. · · '·. Gain moyen .:

: : : '~ '

Nombre de mou- : Durée dlem-: N:)l':ll:Jre total: L.lds total:P::-ids t'.Jtal : Ga::Ï'n totq1 Gain moyen
':
'·. tons par l o t : bouche du ~ de jours : à J. ~ entrée.;:à la sortie par lot par mouton: q1:!.otidien en ':
'.
~

.: :
lot : d. t embouche ~
~
en k g :
'!------- :
en kg
··: en kg'
:----------
en kg gramme 8
"~------:

'·. ,
· '·. · '. '·. '.
· 1,98
'·•. ''·..
e
1;0 148 10 480 245 443 19,80 133,78
·· '···.
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·· 4 145 '·. 580 106 181 '·. 75 ·: 1i8~ 75 '.


• 129,31
··•
o

'·.: 2
· 143 · 286 j
:
52 ··· 98
·
· 46 23,00
'··. 160,83
'.
'··.
'··:.
7 139 97~ 183 31:9 1136 119,42 139,78
· 3 · 125 ·: 375 · 82 ·· 150 · 68
''·.. 22,67 1.81i,33 '.
o

··· '·. · ··
· ·: '··. ':·
6 109 : 654 170 286 116 19,33 177,37
'·. ·•
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10 101 1.010 272 161 16,1;0
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159,40
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1 97 97 30 48 18 1;8,00 185,57 ~

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4 228 127 165 38 9,50 166,67
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-------.....--_ ...........-....-..-.._----- ...__.......-_._---... ...-
- 147 -
En assurant une alimentation abondante, équilibrée et éco-
nomique à nos moutons, nous assurons la condition première indis-
pensable au passa~e à l'amélioration des facteurs de reproduction,
pour augmenter la fertilité du cheptel ovin, donc sa productivité.

, En effet, comme le dit lfOLTER (113),la conduite du ration-


nement pendant les périodes d~ lutte, de gestation et de lactation
peut retentir de façon sensible sur les performances de reproduction
des brebis ainsi que sur la vitesse de croissance des agneaux.

Les techniques modernes d'exploitation intensive visent à


obtenir un taux de gémellité élevée et des agnelag€~ fréquents. Ces
derniers sont d'ailleurs rendus possibles grace à la mise au point
des méthodes de sevrage précoce. Par les traitements hormonaux, on
espère également synchroniser les chaleurs et même les provoquer à
l'époque voulue pour mettre les agneaux sur le marché au moment le
plus opportun.

Nous aborderons donc les problèmes liés à la reproduction


en examinant tour à tour les actions à mener lors de la préparation
à la lutte et lors de la gestation.

Nous terminerons par l'étude de la synchronisation de


l'oestrus avec les perspectives qu'elle offre pour un accroissement
rapide de la productivité du cheptel ovin, en liaison avec l'insé-
mination artificielle.

3.1. Préparation à la lutte:

La lutte est le terme consacré, chez les ovins, pour dési-


gner l'accouplement ou copulation. Elle requiert des animaux en
bonne santé anatomique avec l'intégrité de l'appareil génitai, en
bonne santé physiologique et surtout un excellent fonctionnew.ent
endocrinien. Elle demande pour donner le maximum de chances de fé-
rbndation, une alimentation spécial ... dénommée "flushing".

Deux mois avant la lutte pour les béliers, un mois avant


les saillies pour les brebis et durant toute la période de monte,
on distribue en plus de la ration d'entretien,

fi .1...
Il

- 148 -
aux,b~liers : 0,3 i 0,4 UF/animal/jour avec sup~l~ment de phos-
phore et de Vitamine A, soit 300 i 400 gramm€~ de c~r~ales et
20 grammes de complément miJéral vitaminisé ;

- aux brebis jusqu'à 0,2 UF/animal/jour avec un sup~lément de


phosphore et de Vitamine A~ soit 200 g de c~r~ales et 10 g de
C~W.

Ce surcrott alimentaire transitoire, sorte de forçage ou


"coup de fouet", n;avance pas le période de lutte ni ne modifie
la proportion de brebis gravirles. Le flushing a par contre une
action certaine' sur la prolificit~ par une augmentation du taux de
gemellit~, dans l'ordre de 16 à 20 pft100a Cette influ~nce su~ la
prolificit~ s'expliquerait par le fait que la brebis acquiert un
poids optimum au moment de la fécond~tion après une période ùe
disette relative. Le flusnine aurait égalern~nt une influence sur
l' ovulat ion ; il a un effet ü-ès net sm.- nos meutons au sortir de
la saison sèche.

Il est imp~ratif cep~ndant de retrouv~r une ration dlen~re­


tien .ormale après la période de lutte au risque cllun surmenage
pour les mâles et d'une augmentation de la mortalit~ foetale chez
les brebis.

Nous empruntons à BOCCAPD et DAUZIER, ci t~s par C~AFLEJl.'


(28) le tableau nO 24 qui ine~que pour une m~me p~ tode :

Tableau nO 24

Action du flushing


:Augmenta- Ncmbre de"
.
" : Nombre de: Nombre :Nombre
:tion de b re b IS "
" breb~s d'a~neaux:d'a~nela-

· Groupe :poids en
• kg
mlses en
lutte : gestante.s:
l:>,"
nes

:ges dO~!ole~
----------- • ----------- •
• ,
e o · . ----------
-~-----~-- ---~~.-~-~--
" 0
----------
~
· Flushing 7,5 150 133

&-----------:----------_!_---------:----------~----_.-----:~---~._----:
172 39

T~moins 1.50 139 153 11

Source BCCCARD et DAUZIEn.

../ ..
,
- 149 -
3.2. Lors de la gestation :

Il est recommandé de ramener l'alimentation à son niveau


d'entretien, aussit8t après la période de lutte, pour éviter une
résorption foetale du fait d'une ration hyperazoté:. D'autant que
l'anabolisme gravidique améliore l'état de la gestante.

Par contre durant le3 deux derniers mois de gestation,


surtout au cours du dernier mois, il est fortement recommandé de
fournir une suralimentation temporaire dite "steaming up". Cette
pratique vise à

- compenser les besoins accrus de fin de gestation du fait de la


taille du foetus, surtout lors de r,estation gemellaire. La moin-
dre sous alimentation à cette phase expose à une "toxémie de
gestation" ;

obtenir des a~neaux vieoureux plus aptes à A? ~;fendre contre le


"stress" d~ milieu extérieur

- préparer la future lactation,surtout si la mise bas survient hors


saison des pluies ou si les ~rebis sont bessonières

- permettre enfin. une transition progreBsive avec le haut niveau


alimentaire qui doit ~tre assuré pendant les premiers mois de
lactation.

On estime que les besoins du 5ème mois de gestation sont


supérieurs aux besoins d'entretien

- de 50 % pour les besoins énergétiques,


- de 10 à 50 % pour les besoins azotés,
- de 20 % pour les besoins en minéraux.

En pratique, le "steaming up" consistera à fournir, pendant


le dernier mois de gestation, 200 à 30C g de concentré titrant au
plus 10 à 12 p.l00 de matières protéiques di~estlLles ; on peut
prendre la précaution d'adjoindre au Cr.~V de la vitamine h et du
sél~nium pour assurer une meilleure parturition et p 6venir les ris-
ques de dystrophie musculaire chez les agneaux.

..1..

- 150 -
3.3. La synchronisation de l'oestrus

L'oestrus, ou chaleur, est la manifestation extérieure des


p~énomènes d'ovulation, nériode la plus propice à la fécondation.
Dans les pays tempérés, le cycle sexuel~ou succession d'oestrus, est
saisonnier et à une période d'activité sexuelle succède un anoestrus
ou repos sexuel.
Au Sénégal, la saison de reproduction dure toute l'année,
seulement modulée par l'alternance saison sèche - saison des pluies.

En effet plus de la moitié des mises bas s'effectue en


décembre-janvier, ce qui situe les chaleurs aux mois de juillet et
aoOt.

Il n'en demeure pas moins que chaque fois que lialimenta-


tion est convenable, on assiste à des agnelages toute l'année. Donc
la synchronisation de l'oestrus peut se pratiquer tout au long de
l'année.

La base physiologique de la synchronisation de l'oestrus


repose sur le fait que chez les mammifères à cycle oestrien t la
phase lutéale occupe la plus erande partie du cycle et tant que
la sécrétion de progestérone par le corps jaune se maintient~ le
développement folliculaire du cycle suivant est inhibé. La proges-
térone, exerce une rétroaction négative sur l'hypothalanus ("Feed-
back" négatif), à la fois sur le centre de la tonicité, en dimi-
nuant le niveau de base des hormones gonadotropes, et Sur le centre
de la cyclicité, en prévenant l'action des oestragènes et en ern-
péchant ainsi la décharge ovulante de gonadotropine LH (Hormone
luteinisante).

Cette action inhibitrice de la progestérone levée, par


l'énucléation du corps jaune par exemple, provoque l'apparition de
chaleurs en quelques jours.

Dans la pratique, on bloque pendant un ten.ps déterminé


l'ovulation, puis on éli~ine l'action de la progestérone ou du
progestagène pour déclencher l'ovul~tion et procéder à la fûcon-
dation avec les meilleuros chances de succès et cela à l'éch9lle
d'un troupeau. Les progestagènes les plus remarquables figurent au
tableau n G 25.

..1..
Tableau nO 25

Principaux pr~estaRènes utilisés dans la synchronisation de l'oestrus des brebis

.. · : ..•
· PRODUITS
Administra- Dase en Durée du traite-: Oestrus induit: Taux de fécon- ·•
.• tion mgJj ment en jours ; en P.100 dation en p.100
· '----------------------: : : ! ! ---------------

·
Acétate de medro:xy- · ·
· progest~one ~ MAP
Orale 50 - 70
·• 14 77 - 85
·•
: -----------_.
·: ---- · ·
-----: --------------:-------------: -------------
·
g
·
· Acétate de chlormadi- Orale 1 - 2 ·• 18 77 - 85
· done CAP c

·
· ·• · ·•
·
:---------------: ----:------
..·• ..··• ·· •• ·
: - Acétate de fluoroges-
·••
·•
·•
·•• ..·•
.• 'Z
Vaginale 1
··•• 30 17 96

·:•
tone c: X 9880 ••
·•• ··• :
S
·:
·• ·• ·
·• •• ·• · · ·•
152 -
La synchronisation de l'oestrus se complè~, après levé8
de l'action des progestagènes~ par l'injection de PMSG (Pregnant"
mare serum gonadotropin) ou hormone gonadotrope de sérum de jument
gravide. Cette hormone a une action stimulante sur l'ovulation et
permet régulièrement d'obtènir la libération de 2 à 3 ovules, plus
rarement 4 ovules. Cela a per.mis dans les troupeaux drexpérience~

d'obtenir 120 à 160 ap;neaux nés pour 100 brebi s fécondées', doc."; lm
taux elevé de naissances gémellaires.

L'action du PMSG cc-r-" surtout efficace lors du deuxième


oestrus, qui suit la synchronisation, avec un taux de prolificité
de 2,50 au lieu 1,94 pour l'oestrus induit.

On a enfin noté que les agne2.ux nés r~'2 brebis aYéL!t reçu le
PMSG étaient beaucoup plus lourds que ceux issus d,: mères ,lon trai-
tées.

La synchronisation se complète encore par la pratic;:;'e de


l'insémination artificielle. En effet il est difficile de p~0~~am­

mer judicieusement l'utilisation èes bêliers quan toutes les


femelles arrivent en chaleur ensemble ou presque.

Le surmenage des mâles eGt quasi inévitable et la fécon-


dité des femelles. s'en ressent. Si l'on veut utiliser des mâles
sélectionnés, le problème du nombre de reproducteursse pose.

La technique de 1'1. l. * est très développée en U.R.S.S~

dans l'espèce ovine. Il n' y é\ pas d'obstacles majeurs à l' expér:1-


menter au Sénégal où s'est établie une forte tradition de la tech-
nique d'I.A. chez les équins et depuis quelques années dans
l'espèce bovine.

La p~rfaite maîtrise de la synchronisation de l'oestrus


permettrait une planification des saillies au nive~u des ~levages

naisseurs. Trois à quatre centres d'I.A. judicieuB.~ent rtpartiE sur


le territoire national pourraient satisfaire les be~oins de l'en-
semble du pays.

Le contôle de la gestation peut se faire dès le 40ème


jour par la méthode nouvelle des ultra-sons~ Des manipulateurs peu-
vent alors examiner 60 brebis à l'heure pour un coQt de 90 Ii' .. CFA
par brebis, au stade expérimental. De plus cette méthode permet de
détecter les foestus multiples. On s'éloigne de la technique des

.. / ..
• I.A. : insémination artificielle.
- 153 -

maures qui consiste à tremper la queue de la brebis dans de 11 eau


et selon l'8tat de flaccidité ou de rigidité de la queue, on a un
diagnostic négatif ou positif.

Le dernier aspect qui complète la synchronisation de


l'oestrus est la maîtrise de la parturition. La dexamethasone (DX~;)~

corticoide de synthèselest la substance la mieu~ connue pour ce


type d'effet. IJ'injection de 16 mg de DXM les 142è t 144è jours
de gestation, provoque l'aenelage 40 heures plus tarJ. L'injection
en début de soirée entraîne l'agnelage le surlendemain entre 6 heu-
res et 18 heures pour 74 p.i00 des brebis. On ne note pas d'effet
sur la dalivrance, la lactation, la fécondité ult{-ieure ou la
croissance ultérieure des agneaux. L.l' heure actuelle, l'injection
de 16 mg de DXM en I~ autorise d'escompter les a~nelages 2 jours
plus tard, en 24 à 36 heures d'étalement.

La synchronisation de l'oestrus a été pratiquée au C.R.Z.


de Dahra avec la protocole suivant :

J1 Pose de l'éponge vaginale à l'acétate de fluorogestone selon


la méthode "cnrono-gest". LI .éT;lonr;e en mousse de polyuréthane
est imprégnée de 30 mg de SC 0880 qui libère 80 p.l00 du
produit chaque jour. On retire l'éponge le 16è jour.

Ji7 : On injecte 400 u.i de PMSG soit 2 ml de Ëolution en I~ par


brebis.

J 18 : Repos.

J19 On place un bélier pour l~ femelles. Le bélier est éçui~~

d'une ceinture colorante "Ram-Harness" pour repérer les


femelles saillies.

J40 : On retire les mâle&Les femelles gestantes reçoivent 350 à


400 g/j de concentré dont la composition a déjà été dô~rite.

Les résultats partiels de l'expérience de synchroni~at~on

figurent au tableau nO 26.

En écartant 8 cas aberrants pour gestation anormalement


longue, conséquence d'une saillie aux deuxièmes chaleurs, nous
obtenon~;pour les lotol, II et III, une durée totale de 50C8 jours
pour 33 brebis, soit 151,74 jours de dur~e moyenne de gestation •

.J.I••
Résultats de la aynchronisation de l.'oestrus au caz de Dahra.

: : : : : : --------=- : :
: : Nombre : Date de : Date des : Nombre : Durée : Produits nés : Mortalité
Naissances:
.• Lot
• brebis
:• sa~ll~es
0 0
:
:
ihise en
lutte:
: 011'
sa~ ~es
: brebis :
: f'econd'ees: moyenne
t t·
:
-:
---
.
:
; - - - - .---------.-

:
• - - - - - .• ·
i : : : :: ges a ~on : Mme: Femelle : Mâle :• Femelle :• gémellaires.:
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IIIP ···· 16 27/06/1977 27 - 28/06/77~ 15 157,20 12 '4
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IV P 10/10/1977 10 - 11/10/77: 17. 11 -==
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.. .:....._----------
- La lettre qui suit le nO du lot indique la race ~ P = Peul, T = Touabire
-- Pour les naissances gémellaires, le premier chiffre indique le nombre de brebis ayant donné des jumeaux et entre
parenthèses, dans l'ordre, le nombre de mâles et le nombEe de femelles.
- 5* : une brebis a donné naissance à des quadruplés (2 mâles et 2 femelles) tous morts à la naissance.
- 6** : une brebis a donné naissance à des quadruplés (3 femelles dont 1 morte à la naissance et 1 mâle).

Source : l S R A (THIONGANE et Coll.)

/

- 155 -

Les résultats des lots IV et V n'ont pu ~tre totalement


exploités ; cependant ils ont ~crmic de déterminer pour 7 bre~is

Touabire et 9 brebis ~eul-Peul les poids i la naissance ~elon les


sexes. Cela donne p0ur ~

Naissances simples :

• mS-les Touabir 15 360 = ~ 840 gr arnme s


4:

• mS-les Peul-peul 18 762 = 3 127 grammes


6

• femelles Touabire 11 420 = 3 806,6 gramm~s


-y-

• femelles Peul peul 7 950 2 Ct'? grammes


"3--

Naissances doubles ~

femelles Touebire 4 560 = 2 280 gramm,,?,s


2
mâles Peul-peul 3 712 = 1 856 grammel:.:,
....
r~

Ces indications'sur ~e3 poids i .la naissance ne consti-


tuent qu'une approximation grcssière du fait de la petite t~ille

de l'échantillonnage.

Cet exposi sur la synchronisation de l'oestrus montre i


quel point la technique domine les phônomènes de rc)ro1uction ~ans
l'espèce ovine et tous les avantages que l'on peut 8n tirer pour
une véritable révolution des productions ovines, particulièrement
la production de viande.

En effet cette technique et ses corollaires, permettent


une mise à la reproduction précoce des brebis, une production
continue d'agneaux et l'utilisation maximum des matrices. Elle
permet une planification rigoureuse ~e la production écartant
toute poésie et CHAPLET (28) dit qu'on peut le premier janvier?
sur son calendrier neuf, inscrire les dates de ces différûpt~s

étapes. L'élevar;e se soustrait au hasard qui lui a trop SOt:"Tcnt


imposé sa tutelle.

Cependant, il ne faut pas se laisser aller i l'euphorie


facile.

. ./ ..

- 156 -

Il faut tempérer nos espoirs par les limites de la techni-


que comme le disent bien F~?NEY et SERE (60), on ne fait pas de
l'~levape avec un mêdicament et une serin~ue. La synchronisation
de l'oestrus ne saurait 3tre un palliatif des imperfectioOBoU des
insuffisances d'un élevage.

C'est pourquoi nous avons parlé en priorité des problèmes


alimentaires qui sont le véritable moteur de la production ovine
et qui constituent la condition première, sine qua non, de toute
amélioration de la reproduction et du substrat génétique.

Nous proposons au craphique nO 4 ce qui pourrait préfi-


gurer un élevage intensif de production d'agneaux de boucherie en
superposant les données de la reproduction et de l'alimentation.
- 158 -
,

commercialisacio.::l-,

domaine de 11élüva~c

coopératif pastoral~

du circuit 0,)mme:0~L

r.· ";; ..: 1·

nal de développe~J1'8Et é:)()~c;::r' que

du 2è pl~D~ soit prèc Qe 25


3è plan avec ;i - 56 millia;rcl.s
cul ture~ soit -~reize fois plu.s l,' inv eGti . ':':;C'T';é)nt po'ar c,_~te dernH:l',

Tl6 Minist::,e du Plan e d8 la CS=':tJ0r2ticn (108) nott:'? pOUl'


quatrième plan 7 'Ille "Lè ;:lci tic:, 1 cos :i.l!i.'c:rJ:",( :11(']: s <le s'tinés aU sec'
primaire (75 milliards) ct pr~i·;ipa2.o:-:lcnt L '~.' a:; ,;1' !},L ssement et é\ ] : VL>

sification de lu production ai~:', icole (,'~,8 r;liLLiarrhi ; les pT.,'S' S ',. .tifs
c

à la !p~che représentent ,iJ-rès r~,' 1;7 1<.l1.ia;c·.;:~ Cf"J~~: de l ~ Clm '" 7,,-.
liards, alor s que LI. milliards "-:lnt (.:G';in,:~ 'lU c' Lo] .ent c: à J,t .lro··
tection des for~tu::.,

Do:r:tc l'élevage l'eçoi-, é.:oinc' (~.3 te ~<~ de ::'~C:lVf·':'." ;:Je>' 'ec-':;'


primaire et l' agr5,c 'ü turG 64 ~', Sur ":.3 7 é::: .. 1L,T'i" pr 5'."',3 ' . ,~.,' i.2X ,

6 furent acquis et seul8:;1Gnt .;:: utL", :3és coit F'è;' de 20 %.


Les invef::~.~ssem~'r.ts u. 5è J'i_' ',',1 pc,:.' l'é·. "age l':;ycL,,:,au'; :.'T~e

pastorale Sr) monte.l:'; à ~rès d,' . 8 m: ·.i.iarè. ::;> non () mprj.s les g:':1je-' '; ie
quais de débarCi..: 3men.J: du b~ .~',il. ~;.." par~ -iévoht8 à :!. ~ élevage ovin re-
présente moias de , %; (;a qu:'ara~ qier.'aibl':3Il é!jard à la pL~ce
réell~~L.!'élevagr:_~vi!.... l~ __~.'~ p~.;. ._'. _ _ ...._ • • /".~", _
- 160 -

Si l'on considère que la valeur de la production annuelle végétale


est de quatre à six fois seulement la valeur de la production animale annuelle,
il appara.!t un net déséquilibre dans la. répartition de l'investissement,au
préjudice du développement de l'élevage.

Dans le domaine de l'élevage ovin, la DSPA a. établi un programme


d.e développement assorti d'un projet dont les grandes lignes sont les sui-
vantes:

4.2.1'. - Objet du Projet


Il s'agit, dans un premier temps, de rendre le Sénégal autosuffisant
P()ur ses approvisionnements en viande de mouton. Ultérieurement le projet
visera une production excédentaire pouvant permettre une exportati~n vers les
pays africains et ceux du Proche-Orient.

4.2.2. - Programme technique:


Le projet comporte 3 volets
• un élevage intégré naissag~l'éélevage-embouchedans la zone sylvo-pastorale
et le bassin arachidier ;
• un élevage sédentaire amélioré dans la zone sud à tsé-t~é ;
• deux centres de multiplication et de diffusion du mouton Touabir à Gandiaye
et à Colf"\bane dans le Sine-Saloum.

4,2.2.1. - EleVage ovin intégré:


La zone sylvo-pastorale qui abrite à l 'heure actuelle les plus imp«:lr-
tants effectifs de moutons sera transformée progressivement en une Mne de
na1ssage.
Les éleveurs encadrés par le projet verront la struc;ure de leurs
trtupeaux modifiée par l'élimination de l'excédent de béliers et moutons
castrés et le déBtockage précoce des jeunes mâles.
Les jeunes mâles seront achetés par le projet à des prix suffisamment
incitatifs à l'âge de 8 mois à un an pour @tre transférés plus au Sud, dans le
bassin arachidier. Ils seront placés à crédit chez des paysans qui en assu-
rer,..nt le réélevage en vue de la production de moutons de boucherie ou de
Tabaeki (AId El Kébir).
L'encadrement du projet conseillera les éleveurs dans la conduite des
élevages et l'hygiène générale.
.../ ...
- 161 -

Des campagnes s:rstématiques de déparasitage et de


vaccination contre les principales maladies infectieuses seront entre-
prises afin de réduire la mortl'üité notamment chez les jeunes. Seules
les interventions antiparasitaires seront à la charge des éleveurSG
L'alimentation des animaux sera améliorée gr~e à la
mise à disposition de pierres à lécher et de tourteau d'arachide que les
éleveurs pourront acheter.
Dans la zone de réélevage, les paysans disposent déjà
de fanes d'arachide, soue-produit de leur exploitation. Il faudra
simplement leur apporter en plus des pierres à lécher~ des tourtea~uc:

d'arachide et des issues de meuneurie.


L'encadrement du projet assiste les éleveurs et les
p~sans pour la conunercialisation des produits. Les jeunt's mâles à
déstocker sont p~és comptant, placés à crédit chez lec paysans auxquels
ils Sl"lnt rachetés à terme. La vente des animaux "finis" par l'inter--
médiaire du projet n'est pas obligatoire ; l'essentiel est que le paysan
rembourse ses dettes.

4.2.2.2. - Elevage sédentaire


Il concerne le mouton Djallonké en Casamance et dans le
Sénégal-Oriental.
Une meilleure protection sanitaire des animaux sera aS8ut'ée
gr~e à des campagnes de déparasitage et de vacc:1.nation contre les
maladies infectieuses ce qui ne manquera pas de salNer pas mal de jeunes.
Le problème alimentaire est beaucoup moins aigu. que danf.1 le
Nfllrd du fait des énormes disponibilités fourragères. Seule la qualité de
la rati~n sera améliorée par l'utilisation de pierres à lécher dans les
parcs de nuit qui seront construits pour les animaux auprès des conces-
8 ions.
L'éleveur sera conseillé dans la conduite de son troupeau
qui sera mieux restructuré. Les luttes trop précoces compr.-m9ttant la
carrière des jeunes reproductrices seront évitées et l 'olge optim·um pour
la réforme des adultes sera observé.
Une assistance conunerciale sera également assurée aU produc-
teur par l'enoadrement.

. ---'-'-~---_.- .

.../ ...
- 162 -

4.2.2.3. Centres de multiplication et de diffusion


du moutons Touabire

Ces centres seront créés à Gandiaye (dtSpartement de


Kaolack) et Colobane (département de Gossas), dans le bassin arachidier,
afin de pouvoir disposer faciloment de fanes d 7 arachides achetées dans
la région et de tourteaux d'arachide et de coton fournis par la roDEC de
Lyndiane et la. SEIB de DiourbeJ..
Chaque centre abritera au départ un millier de brebis
et une trentaine de béliers pour passer en phase de croisière (c'est-à-
dire à partir de la fin de la 5ème année) à 2 000 brebis et 40 béliers.
Donc en première année, 2 000 brebis et 60 béliers seront
achetés. En jouant sur les naissances et en conservant _'_':8 femelles nées
les premières années, on pourra facilement disposer de 2 000 reproduc-
trices et de 48 béliers en fin d'année V pour chaque centre.
Dès l'année III chaque centre pourra placer comme
béliers reproducteurs auprès des éleveurs et paysans, ..:OO.,.jeunes m~es.

Cet effectif passera et se maintiendra à 800 à partir de l'année VII soit


au total 1 600 reproducteurs. En comptant avec les réformes inévitables (
(quelques sujets écartés de la reproduction et orientés direotement vers
la boucherie) et en ne retenElXlt de ce fait que 11 000 sujets, c'est
50 000 brebis qui pourront être suivies chaque année.
A partir de l' é,nnée VIII, les 2 centres pourrnnt commer-
cialiser tous les ans ~

1 600 jeunes mâles dont un millier aU moins à placer


comme géniteurs dans les troupeaux à améliorer dans les zones sylvo-pas-
. torales (croisement avec la brebis peulh) et le bassin ara.chidier
( él evage de Touabir pU!' sElXlg) ;
800 brebis de réforme âgées de 5 à 6 ans à préparer
pour la boucherie par les paysans embaucheurs.
- 24 béliers de réforme pour la boucheris.
Chaque centre, d'une cinquantaiIio:.d'heotares de superfioie
est entièrement c18turé. Il comparbe 10 bergeries pouvant abriter en
tout 5 000 moutons. Chaque bergerie est un bâtiment è. 3 600 m2 (50 x 1.2)
su1:xiivisé en 10 oompartiments et recouvert sur une moitié par un toit
en fibro-ciment à une pente. La façade donnant sur le couloir de service
ainsi que les cloisons sont constituées d'une murette de 1i,50 m de
hauteur.

.../ ...
- 163 -

Le lazaret, implanté à bonne distance des bergeries, est un


bâtiment de 90 m2 (15 x 6) divisé en 5 compartiments et potr'Jant recevoir
en tout 50 moutons.
Une aire de stockage de foin de 900 m2 (30 x 30) cimentée et
cleturée ainsi qu'un hangar à foin de 250 m2 (25 x 20) jumelé à un magasin
de 50 m2 (10 x 5) seront construits à proximité des bergeries.
Il est prévu deux logements pour le Chef de centre et son
assistant, une dizaine de Cases de bergers, des bureaux et sanitaires.
L'équipement comprend entre autres: un véhicule de liaison
pour le Chef de centre, un camion de 15 tonnes (transport aliments et
moutons), deux. charrettes fourragères, du matériel agricole à traction
bovine et deux. paires de boeufs. Le Centre pourra en effet mettre en cul-
ture, tous les ans quelque 42 ha (arachide de bouche, mil, niébé en
rotation) •

4.2.2.4. - Calendrier d'exécution du projet:


En première année les centres de multiplication et de diffu-
sion du mouton Touabir seront construits et l'encadrement des producteurs
intéressera 200 familles dans le Nord, 100 dans le bassin arachidier et
100 dans le Sud à moutons Djallonké.
En 2ème année un total do 400 familles seront intéressées
dans le Nord, 200 dans le Bassin arachidier et 200 dans J. Sud.
En 3ème année le projet passera respectivement à 600, 1 000 et
500.
En 4ème année sera att":dnte la vitesse de croisière pour une
première phase avec un total encadré de 1. 000 familles dans le Nord,
1 500 dans la Bassin arachidier et 1 000 dans le Sud.
Chaque famille encadrée dans le Bassin arachidier comme dans
le Sud mettra en moyenne une dizaine de moutons à l'embouche par campa8!'le
annuelle, sans préjudice pour son élevage ovin normal.
Après une période de r8dage de 2 à 3 ans, la projet passera
à la phase d'extension qui ne sera limitée que par la réceptivité des
populations pastorales et paysannes encadrées.

4.2.3. - COUT DU PROJET


La durée du projet individualisé en tant que tel est prévu
pour 5 ans au terme desquels le relais sera totalement passé aux. Sociétés
Régionales d'intervention.
A ce moment-là, la rémunération des prestations de service
consenties aux producteurs suffira à supporter les charges d' enoadrement •

••• j •••
- 164'-

Q;nant aux centres d-3 multiplication et de diffusion du
.. • j~

mouton Touabir, ils seront érigés en établissements spéciaux d'élevage,


jouissant de l'autonomie financière et placés sous la tutelle de la
Direction du Service.
Le coUt est évalué à près de 670.000.000 de fr lnCS ainsi
répartis :
Centres de multiplic1.tion :
o Invel':lti ssemen-j s ••••••••••••••• 180.000.000
• Fonctionnement •••••••••••••••• 202.000.000
Encadrement :
• Investissements •• 0 • • • • • • • • • • 0-. 23.000.000
• Fonctionnement et
fonds de roulement ••••••••• 0.'- 265.000.000

670.000.000
Les auteurs du projet concluent qu'il "se justifie par son
impact économique bt social. En effet i l permettra au Sénégal de se
libérer d'une importation annuelle de quelque 250.000 ovins et de
s'orienter ultérieurement vers 1~8xportation de viande de moutono
Il résoudra en particul Ler le problème aujourd 1 hui extr~­

mement aigu de l'approvisionnemenb en moutons destinés au sacrifice de


la ftt e musulmane de la Tabn.ski 0
L'intégration du proje-l aU développement agricole permettra.
au paysan du bassin arachidier e+ Je la moitié Sud. du Pays de
travailler tout aU long de Il ann'G."
Si nous sommes d\aG~o~~ avec l'objet et la finalité de ce
projet nous nous permettons (le p'ésenter quelques réserves quant à
l'efficacité des moyens préconiG5so
En effet i l nous paraît dommageable pour l'éleveur de suppor-
ter tous les aléas du naissage. ,\1ême s'il vend à un prix très
rémunérateur, le bénéfice net sera difficile à dégager eu égard à
tous les soins que nécessite l'~levago de brebis et ccmpte tenu des
m~rtalités fréquentes dans le bas âge.
De plus si on applique les techniques modernes de l'élevage
ovin, il y aurait très peu de temps entre le destockage et la commer-
cialisation puisque le produit peut ~tre "fini" dès l'âge de 112 à 14
mois. Il nous paratt plus équitable que les éleveurs confient aux
paysans de la zone arachidière leurs élèves et rétribuent les pres-
tations de service et les fournitures d' aliments de ces derniers •

..·1· ..
-, 165 -

La chaîne doit ~tre contr81ée de la naissance à la commerciali-


sation par les éleveurs-producteurso C:e; qui n'exclue pas que les paysans
de la zone arachidière entretiennent un élevage famili'-'l, pratique déjà
bien ancrée et dont ils tirent le plus grand profit. Le schéma ~rgani­

sationnel de la production ovine sera détaillé avec le m~uvement coopé-


ratif.

Pour ce qui concerne les centres de multiplication, ~ih neus


par~t plus rationnel de les implanter en zones de productions. B~en S":lr,
cela va' enira!ner le transport de grandes quantités d'aliments maiE; i l
est préférable d'avoir à déplacer des céréales et du foin que du bétail
vivant, d'un milieu à un autrea

No~s verrions bien l' implaJ!ltation de trois centres de multipli-


cation à Labgar (ou à Dahra) où existe une bonne infrastructure d'accueil,
en Casamance et dans le bassin arachidier pour les élevage des paysansa

Enfin, nous pensons que l'encadrement éclaté er ';re les sociétés


d'intervention, la direction du projet et les services T gionau:: et
locaux de la DSPA, n'est pas de nature à favoriser l'efficacité de l'ac-
tion. Des conflits de compétence ~eront inévitables et le dépérissement
progressif et souhaité des structures d'intervention ne sera pas chose
aisée.

4.3. Les structures d'intervention:

4.3.1. Les structures actuelles

A c8té des services administratifs traditionnels que s~nt les


directions de l'Agriculture, de l'Elevage, des Eaux et For~ts et Chasse
et celle de l'Equipement rural, l !Etat sénégalais a mis en place des
structures d'intervention, avec des moyens renforcés, pour agir directe-
ment dans les secteurs les plus productifs du secteur primaire.

Ainsi ont vu le jour *l'ONCAD, la SAED, la SODEVA, la SODEFITEX,


la SOMIVAC, la STN, la SERAS, la SODESP••• Les deux dernières ont une
action exclusivement dirigée vers les productions animal'3s. Mai'l depuis
peu, les sociétés sont devenues polyvalentes et couvren+, une région admi-
nistrative ou une zone homogène de développement en coiffant toutes les
activités éc~nomiques agricoles.
0·1·0
* ONCAn · Office
pement
national de coopération et d'assibtance au dévelop-

SAED
OODEVA
'·. Société
Société d'aménagement ,t d'exploitation des terres du Delta
de développement et de vulgarisation agricoles
SODEFITEX Société de dévelcppement des fibres textiles

OOMIVAC Société de mise en valeur de la Casamance


STN · Société des terres neuves
- .100 -

Ainsi la OODEVA, la SAED, la SODEFITEX endadrent des projets


<ft élevage..
Cette formule a l'avantage d'éviter la dispers:,0n des efforts
de l'encadrement technique et permet au. paysan de poser ~lobalement ses
problèmes à un m~me organisme responsable. M~me si l'interlocuteur change,
il fait partie d'une équipe pluridisciplinaire, censée homogène.

Malheureusement les actions d'élevage sont S0 :~rent marginales


par rapport à l'action agricole dominante. Le 'thème lourd" est 1:ai la
culture de l'arachide, là celle du coton, ailleurs la riziculture. Pour
les sociétés de développement de l'élevqge, elles ne s'occupent que de
l'élevage bovin. Il est vrai que depuis 1970 la SERAS monte, avec plus
ou moins de bonheur, une opération "mouton de Tabaski" qui demeure con-
joncturelle et s'assimile davantage à un service public qu'à un projet
de déveloPPement de la production.

C'est pourquoi nous pensons que dans le cas d'espèce, que cons-
titue la nécessité urgente d'une impulsion vigoureuse à donner à l'élevage
ovin, i l est souhaitable d'envisager la création d'une structure nationale.

Pour la commodité de l'exposé, nous la baptisons O.N.~J ou


Office National du Mouton.

Cet office aurait un r81e de conception, de coordination et de


dynamisation de l'élevage ovin. Cet organisme aurait la gestion directe
des centres de multiplication, de certaines bergeries-pilotes en milieu
rural avec pratique de l'embouche de case pour la consommation courante
comme pour la Tabaski.

L'O.N.M. s'appuiera sur les acquis de l'encadrement actueJ


réalisés par les services de la D.S.P.A., de l'ONCAD, de la Promotion
Humaine, de l'IffiA*, de la SODEVA. Il exploitera également les résultats
de certaines initiatives privées comme les maisons familiales, la gergerie
de Keur Momar Sar. Mais il reprendra toutes ces actif)ns sous sa seule hJtt

autorité, avec le personnel idoine et la souplesse nécessaire à lime action


efficace.

L'O.N .M. devra mettre sur pied des cnopératives spécialisées de


moutonniers à deux niveaux.

~ I5RA : Institut Sénégalai:::: de la Recherche oIîgronomique


, f.' ) .
- 167 -
En amont des coopératives d'éleveur s en zones de production qui
auront en mains toutes les opérations de l'élevage, naissage, réélevage,
finition, conunercialisation de moutons vivants pour la boucherie cou-·
rante, pour la Tabaski et pour les cérémonies familiales.

Il est iemps que l' onI"S3ponsabilise pleinement les éleveurs et


qu'ils cessent d'~tre agis pour agir par eu.x-m~mes.. L'ONM n'aura qu'un
rale de conseiller et d'assistance gratuite pendant lesl,")remièrerannées
de démarrage. Lorsque la vitesse de croisière sera atteinte, ce qui peut
se faire en cinq ans, les éleveurs recruteront, pour leur propre compte,
et rémunéreront tous les agents nécessaires au bon fonctionnement de leurs
associations coopératives. C'est le lieu d'encourager la. formation des
ruraux afin que leurs enfants puissent ~tre utilisés suc place pour des
tâches agricoles, administratives et techniques, au sein de ces coopéra-
tives.

ln aval, devront ~tre organisées des coopérat::'ves de chevillards


et de bouchers grossistes spécialisées dqns la viande.ovine. Ces coopé-
ratives passeront des contrats annuels, d'achat de moutons aUX coopérati-
ves d'éleveurs et seront seuls habilitéecà soumissionner pour les
collectivités publiques et pour l'approvisionnement des bouchers détail-
lants et des "dibiteries" agréés et effectivement contr81ées.

Les coopératives d'élevage ovin de la ~ie, socialiste, (56)


se sont assigné les objectifs suivants

- améliorer l'élevage des ovins,


- rendre plus profitable l'engraissement des moutons,

protéger et améliorer les pâturages,

permettre aux petits éleveurs d'~tre moins tributaires des marchands


et des banquier s,

stabiliser les prix de la viande de mouton,

- résorber les effectifs excédentaires par rapport à la capacité de


chargement des terrains de PaI'"cours et des pâturages,

accro!tre la rentabilité des ~eaux en les plaçant dans des parcs


d'engraissement au lieu de les abattre très jeunes,

stabiliser les prix des aliments du bétail.

.·1..
- 168 -

Pour atteindre ces objectifs, l'organisation s'appuie sur


des coopératives spécialisées dans l'engraissement, dans l'élevage ou
dans l'amélioration des parcoursB Ainsi exist~~t plus de 160 coopéra-
tives, groupant près de 5 000 adhérents, exploitant plus de 500.000
ovins par an. Ces chiffres seront rapidement doublés pour que le m"uve-
ment coopératif contr81e 75 %de l'élevage ovin syrien.
Ce développement est encouragé par la politique de pr~ts

sans intér~t, à long terme pour la construction d'entrep8ts, à court


terme pour l'acllat d'aliments du bétail, pour l'achat de moutons. Cette
p",litique se complète par la création d'écoles avec internats gratuits
pour l'alphabétisation des fils de bédouins.
L'Algérie, sous la tutelle de l'Association pour le dévelop-
pement du pastoralismej a mis sur pied. 40 coopératives d'élevage ovin,
dans la steppe algérienne (65) regroupant 1 300 coopérateurs pour
150.000 brebis sur 400.000 ha. Les buts sont les m~mes que ceux visés
en Syrie, il s' y ajoute un aspect intéressant qui est l'obligation
faite aux éleveurs de planter 1/10 de la superficie allouae en arbres
pour adoucir le climat et lutter contre la remontée du désert saharien.
De plus la coopérative équipe chaque coopérateur d'un réchaud pour ré-
duire le chauffage au bois.
Les coopérateurs reçoivent au début une avance de 300 DA*
par mois et bénéficient des allocations familiales, de la sécurité
sociale et de l'instruction publique gratuit ••
Les algériens pensent ainsi, par les coopératives, arriver
à df'\miner complètement et de manière cohérente les trois composantes
de la steppe que sont le pâturage, le troupeau et l'homme, en leur
appliquant les techniques modernes des sciences de la terre. Cela per-
mettra un développement socio-économique 4e la steppe et son intégra-
ticm dans un système planifié.
Sans prétendre posséder les m~mes ressources naturelles
que ces pays, ni vouloir appliquer les m~mes recettes sur des hommes
et une civilisation différentes, nous croyons que la formule coopéra-
tive peut garantir le succès de l'élevage ovin au Sénégal.
Le Sénégal possède un encadrement humain de haute techni-
cité et de grande compétence. Si les sénégalais, d'esprit ~ommunautaire,

ne sont cependant pas toujours facilement portés à s'associer, en peut


leur démontrer par la pratique, l' intér~t de la coopérative et les
amener à y adhérer efficacement. Il reste que l' organisatifm, le
déoollage et le maintien de l'opération "mouton" requiert un finanoe-
ment important.
1 DA* • Dinar alg~rien ,t:55·i~ancs~SF.A. • "ti,... t/••.
lt . . "u ".1 fa.
- 169 -

Nous préconisons la mise sur pied de l'OoN o M. qui assu-


rerait l'encadrement des coopé~atives et subventionnerait leurs
activités, par le biais des organismes de crédit? jusqu'à leur matu-
rité et leur possibilité d'autofi}l8.!1oement, prévisibles dans un délai
maximum de cinq ans~ Les charges financièr'è.3 représenteraient près
de 5 milliards CFA qui financeraient largement la mise sur pied- et
le fonctiunnement pendant 5 ans da l'ONM et de ses structures d'inter-
venti~n ainsi que les centres de multiplication? les bergeries régio-
nales et l'encadrement des coop3ratives.
L' D.N oMo aurait une Direction générale qui coordrmnerait
le travail de trois directions comme~ce1a ast indiqué au schéma nO 1i o
a) - 1, Direction admj.&,strative et commerciale: animée
par des cadres compétents de l'administration générale, nu commerce,
des finances et surtout par les cadres de la formation coopérative,
elle aura pour tâche essentielle de mettre sur pied et de dynamiser
les coopératives.
L'assistance de cette direction sera gratuite pendant les
5 années de lancement du mouvement. Puis les agents de cette direc-
tion seront reconvertis à d'autres tâches par leur administratinn
d'origine ou a10r St plus naturellement, au service direct et rétribués
par les cC'opératives ou les grouP')S de coopératives dont ils seront
les emp1l"lyés ;
b) - 11 Direction ~c:ll:~Lqy..-::: chargée de résoudre les pro-
blèmes agI'C'nomiques, forestiers, vétérina:'res 7 hydrauliques. Elle
devra veiller, dans le cadre pl ivl1égié des communautés rurales à
fIlrganiser la vie pastorale avec ~le bonne gestion des parcours, une
utilisation judicieuse des reSfJO',u'ces hydrauliques et agricoleso Elle
aura vocation de bien délimiter, tans les zones à vocation pastorale,
les aires de pacâge et les terralns de cultures. Cette directil"ln
technique aura une action perma~0nte d'encadrement, gracieux, auprès
ruraux i mais son action va de plus en plus être en direc+'ion des
centres de multiplication des r\3producteurs et en direction des ber-
geries-pilotes qui constitueront des lieux de recherches par exce11en-
ce ;
c) - l Direction socia1~ : composée de médecins, pédag.-
giques, sociologues, animateurs ruraux, avec le support des médiats.
Elle aura, par des contacts directs et permanents, une pénétration
réelle du milieu et de ses problèmes. Cette équipe ~oit appréhender et
résoudre, en communion avec les intéressés, les problèmes sociaux
d'éducation, d'alphabétisation fonctionne}le, de scolarisation, de
santé.
... / ...
-170-
Cette direction aura pour tâche d'améliorer sensiblement
la qualité de la vie des populations encadrées en leur conservant
les valeurs auxquelles elles croient.
Elle aura surtout la tâche essentielle de former les
hommes qui assureront la relève. Elle devra former des éleveurs de
type nouveau, aptil n àassimiler les techniques nouvelles et à s'in-
t égrer dans les circuits économiques modernes. .3on enseignement
devra réhabiliter le travail rural et constituer une solution réelle
à l'exode rural.
Au fil du temps cette direction doit se remodeler, s'adap-
ter et constituer une cellule permanente de recherches sociologiques.
Donc 1 'ONM se composera de trois Directions qui travail-
leront dans des cadres déterminés mais interdépendants. ,es
approches des problèmes seront pluridisciplinaires et leD informa-
tions d'une Direction à l'autre permanentes et critiques.
Une fois le rythme de croisière atteint, 1 'ONM se ramènera.
davantage à une structure de recherches et les coopérdives qui
solliciteraient des interventions ponctuelles seraient à même de les
rétribuer. D'ailleurs, ces coopératives auront déjà absorbé la
direction administrative et commerciale.
Ces trois directions de 110NN[ vont travailler
- en amont: d'une part avec lee coopérc;cives d'élevage constituées
par les éleveurs des zones de productions et d'autre part avec les
coopératives d' engraissement situées dans le bassin arachidier et
au Cap-Vert. Ces coopératives b{~éficieront de crédits de l'Etat,
sans intérêt, payables à moyen terme avec un différé d'au moins 2
ans. Cela leur permettra l'installation d'une infrastructure consé-
quente, (bergeries, matériel de fauche, magasins de stockage) et
l'achat de matériel d'élevage, d'aliments du bétail et de mout'ms
pour les paysans. Une subvention de fonctionnement pour la première
année pourrait leur fltre attribuée •
.. eD aval : avec les coopératives de chevillards et bouchers grossis-
tes. L'organisation de ce seoteur sera plus aisé que pour le commer-
Ce des bovins. En effet les bouchers spécialisés dans la viande
ovine sont assez rares et il n'exist~ pratiquement pas l'inter-
médiaires comme les dioulas et téfenkés au rôle si contreversé
dans le commerce bovin.

.e·I·.·
- 171 -

Ainsi on pourrait rapidement envisager, au bout d'une


déJennie, d'avoir au Sénégal·:
- pour les zonee de production constituées par les régions du Fleuve,
de Louga, du Sénégal-Oriental et de la Casamance, près de 400 coopé-
ratives dt élevage ovin, gérant une moyenne de 5.000 brebis par
coopérative pour 100 adhérents. Cela correspond à près de
2 millions de matrices qui produiraient, par une application judi-
oieuse des progrès scientifiques, 3 millions de jeunes par an.
- pour le bassin arachidier avec les régions, du Sine-Sa.loUln, de
Diourbel et de Thiès et la région du Cap-Vert, 100 copCratives
d' engraissement. Chaque coopérative, groupant en moyenne tOO adhé-
l'ente, pourrait traiter pendant les 6 mois de saison morte, )00
moutons en trois rotations de 2 mois. Mais il faut noter que oes
,eopératives emboucheront pour leur propre compte 20 p.100 de l t effec-
tif, le reste leur étant confié par les éleveurs des zones de produo-
t~en avec lesquels ils auront passé un contrat annuel de pensi~nnat.

Ainsi les coopératives contr81eraient au moins 2 Millions


~e reproductrices. Avec le renouvellement et les sujets réformés·
elles offriraient un disponible viande de 45.000 tonnes.
En admettant un taux dt accroissement constant de 2,5 p.100
1'~, vers l'an 1990, nous serons quelque 1 millions de sénégalais.
Cela représente une production de près de 6,5 kg de viande ovine
par sénégalaiSe Ce qui nous placerait loin au-dessus de la n.oyenne
mondiale de 1913 qui était-ie t,8 kg/habitant et de la moyenne
a,fricaine pour la m~me année qui était de 2,5 kgjhabitant.
Il faut noter que cela ne concerne que la seule production
des coopératives. De plus, la suprématie du bovin risque de durer
"enoore longtemps et m~me avec beaucoup dt optimisme, ,la viande ovine,
au oours du vingtième siècle, ne saurait dépasser la proportion de
jO %dans la consommation carnée sénégalaise.
Cela a.utorise d'espérer un disponible appréoiable de vian-
de ovine pour l'exportation. Cette activité, très bénéfique pour
nos finances publiques, ne devrait pas se heurter aux problèmes
eanitaires rencontrés avec la viande bovine. De plus la viande ovine
est très recherchée aussi bien par les pays européens que par les
pa,ys arabes, détenteurs de monnaies fortes ou de pétro-dollars•

..../ ...
- 172 -

Il est toujours hasardeux, surtout par ces temps d'érosion


monétaire chronique, de vouloir t'hiffrer un projet. Notre souci üst
simplement de corrol:' orer notre assertion que la mi se SUl' pied. de
oe plan de développement est moins onéreux que le don de moutons
aux éleveurs qui accepteraient d'abattre et d' autoc on sommer leurs
chèvres.
Les directions de l'ONM se composent de fonctivnnaires de
l'Etat qui existent déjà dans les structures d'administration et de
necherches de l'Etat ou dans les structures de formation. Les loca.ux
et le matériel d'installation de l'ONM ne posent pas de problèmes
particulièrement onéreux. Ces directions seront à la charge du
budget national.
Un centre de multiplication est évalué, dans le projet
DSPA, à près de 700 Millions de francs CFA, en y incluant les frais
de fonctionnement pendant 5 ans. Nous en prévoyons trois, ce qui
ferait près de 2 milliards de nos francs actuels.
Les bergeries -pilotes qui grouperaient une centaine de
reproduatices co1'1teraient. en infrastructure, personnel et bétail
près de. 1î2 millions par unité pour les 5 ans. Avec une unité test par
région administrative, cela revient à près d'un Milliard ;,;e fuancs.
Les 500 coopératives avec leurs 50.000 adhérents bénéfi-
oieront d'une subvention de démarrage, pour la première année, de
30.000 francs par coopérateur, soit près da 1,,5 milliards. Les autras
investissements et le fonctionnement des coopératives s~ront assurés
par un crédit sans intérêt au niveau de la END8*" ou par le FNDR**

du MDR***.
Cela fait une somme globale de 4,5 milliards à étaler sur
cinq ans. Ce financement permettra un réel et profond développement
de l'élevage ovin et une dynamisation du milieu éleveur.
En effet tout en étant un moyen de promotion réelle des
éleveurs et des agriculteurs, le projet permet une lutte efficace.
contre la désertification pan une gestion rationnelle des p~urages.

Il contribuera, par les moyens incitatifs utilisés, à fixer les


ruraux sur place et à ramener à des proportions insignifiantes les
méfaits sur la nature, attribués à la chèvre. Enfin et c'est le plus
important, le projet l'ésoud, dans une l~ge mesure, le déficit en pro-
téines animales de nos populations et permet de compter cur un
excédent exportable aveG le plus grand profit. • •• 1•••
• • • • • • • • • • • • • • • • • •· . a • • • • • • "' • • • • • • • • I1 ••••••••••• 4 ••••••••• 11 • • • • • • • • • • •

* BNDS Banque nationalede développement du Sénégal


** FNDR Fonds national de développement rural
***MDR : Ministère du développement rural.
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173
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- 174 -
4.4. LapoIitigue des prix ~

Avec le schél'Ja crp;anisationnel proposé plus haut qni


he se complite par la politique de l'Etat qui tend i crée: des
abattoirs régionaux modernes et fontionnels et des entrepôts
frigorifiques, nous devons bien sûr arriver à des coûts èc
production en rapport avec le pouvoir d'achat du sénégalais
moyen.

Il faut envisa[er les prix dans trois domaines bien


distincts, celui de la Tabaski, celui de la boucherie C0l1ra:1t',::
et enfin celui de la "dibiteric".

4.4~1. Les prix de Tabaski :

La f~te réligieuse r,JUsulman;) de l'P.rd al Kébi", CCr.s, ,

titue la grande aubaine des éleveurs et deG emboucheurs _:~

dehors de l'autoconsommation, la préparation ~ ~r la Taèaski


est la principale destin~e de nos moutons. C'est un pau la
"trai te" des éleveurs· mour-,onniers.

Malheureusement, il est difficile de faire le ~c~pte

d'exploitation d'un moutonnier. Si les coûts de production pCûr


l'éleveur du Ferlo se ramènent au eardiennage, ils sont::-l'>~

élevés et difficiles à ckiffrlT pour l' emboucheur de la ;L;::lé:·;:

arachidiire. En effet, le mouton de case de ce dernier est


l'objet de soins constan1c,s pendant tou'~e ".me année avec 1'0,)
alimentation riche, onéreuse et l'emboucheur lui consacre d\jn-

calculables heures de travail. Ainsi si l'animal acheté !O.OCJ F


est revendu en moyenne à 40ù 50~COO F, il ne faut pas se lais-
ser abuser par le prix. Entre la fane d'ara~hid-': les sonD,
les cériales, les restes de repas, la ration q... ridip~ne lui
revient i plus de 100 F par animal, surtout dans les l.:t'ard:en
villes.

En fait, l'opération n'esi i'1~::!"e-zs!'U~te que par:e


qu'elle constitue une épargne; en effet? il est plus al&~ de
mettre 100 F dans l'alimentation quotidienne d'un mouton que
de les glIsser dans une "boîte condamnée" ou t ire-l ire.
9
a il
n'est pas exclu que lors de la vente on ne tombe sur ua ~lient,
nanti ou en qu~te de prestise~ qui accepte de délier 100~JCO ;.,
150.000 F pour' acheter une bé~e exceptionnelle.

../ ..
- 175 -
La SERAS a effectué des opérations similaires depuis 1970
mais elle y jouait le raIe d'intermédiaire, régulateur du marché, et
non celui d' emboucheur. Les moutons "SERIS" sont achetés en r:auri-
tanie, au Mali ou lors du passage des frontières par les troupeaux
ovins. Après achat, les moutons sont acheminés par la route, la voie
ferrée ou à pieds sur Dakar et quelques capitales rf~ionales? 15 à
30 jours avant la Tabaski. Les animaux recoivent de la fane d 1 ara-
chide comme aliment d'entretien et ils épnt proposés à des prix qui
dégagent rarement des bénéfices importants quand ils n'entreiner.t
pas un manque à gagner réel.

Les seuls éléments chiffrés que nous possédions viennent


des opérations Tabaski expérimentées en 1977 et 1978 dans le Ferlo
et dont nous avons déjà indiqué les résultats techniques.

Les résultats économiques de ces opérations sont à consi-


dérer avec prudence. Ils ne portent en effet que sur 28 moutons en
1977 et 56 moutons en 1978. Nous étudierons séparément les résul-
tats de chaque année aux tableaux nos27 et 28, avant de tirer des
conclusions générales sur ces expériences.

.. .. / ..
- 176 -

Tableau nO 27

Bilan opération Tabaski 1977

---------------------------"' . --"'-,--,---
IoJontant
LIBELLE en FCFA
pQ 100

-------------------:._-------:--~----:

- Charges
• Matériel mangeoires, abreu-
75.262 17~21
voirs
a • Transport matériel et tournées:
1
d'achat : 15.710 3 v60

· • Frais de personnel: achat, 31.600 7. ~i3
convoyage, gardiennage



• Achat 28 moutons Touabire 243 .. 300 55· {'.:
: • Achat d'aliment du bétail 71~233 16~30

· •
437,105 100, (rOO

·• - Produits 612.800
·•: • Vente 28 moutons :

Résultats :
••
• Bénéfice brut 175.695 40,20

... _-------------------------- ,'-


:
.,..........
.•
On tire de ces données les enseignements suivants
- Prix d'achat d'un mouton 243.300
28
= 8.689 FCFA

- Prix d'achat du kg vif 8.689 = 344 FCFA


25,25
- Prix de revient du mouton après 437.105 = 15.610 FCFA
embouche 28

Prix de revient du kg vif après 15.610 = 353 FCFA


embouche 44,25

- Prix de vente du m9uton après 61~L800 = 21.885 Fel;'A


embouche 28

Prix de vente du kg vif après


embouche
21.885
14,25
= 495 FCFA

Bénéfice net réalisé par mouton 21 .. 885 - 15.610 ..,. S.. Z7~CFA

CoQtdu kg vif ajouté 15.610 - 8.689 = 364 FCF1

CoQt du jour d'embouche ... 364 X 256 = 93 F CFA


1.000

. .1.•
- 177 -

Tableau n· 28

Bilan opération Tabaski 1978

·•• LIBELLE
1l':ontant
P. 100
·• en FCFA

Chare;es
· · Personnel 24.000 3,94
Assistance vétérinaire 5.505 · 0,90 :

·· · Achat de 56 moutons Peulpeul: 410.000 67,22


Achat d'aliment du bétail
· 170.396 27,94

609.901 100,00

Produits
·
• Vente 32 moutons 718.122
·
·- Résultats
·
• Bénéfice brut sur 56 moutons: 108.221 17,74
: Bénéfice net sur 32 moutons · 369.608 106,05
·
En explo~tant ces résultats, on constate :

- Prix d'achat d'un mouton 410.000 = 7.321 FCF~


56
- Prix d'achat du kg vif 7.321 = 270 FCFA
27,07
- Prix de revient du mouton 609.901 = 10.891 FCFA.
après embouche 56
- Prix de revient du kg vif 10.891 = 245 FCFA
après embouche 44,42
Prix de vente du mouton après 718.122 = 2:2..441 FCFA
32
embouche
Prix de vente du kg vif après 22.441 = 505 FCFL
44,42
embouche
- Bénéfice net réalisé par mou-
ton vendu
2~.441 - 10.891 = 11.550 FCFA

- Coat du kg vif ajouté 10.891 - 7.321 = 205 FCFA


17,35
- Coût du jour d'embouche 205 X 148,2 = 30 FC7:ï't\
1.000
- Charges réelles pour 32 ~.venduec : 609.901 X 32 = 348.514 FCFA
52
Bénéfice net rénlisés 718.122 - 348.514 369.60~ =
ou 369.608 X 100 = 106,05 p.l00
348.514
..1..
- 178 -

Il faut note~de prime abor~ que ces deux expériences ne


sont pas totalement similaires tant en ce qui concerne le matériel
animal et la durée d'embouche qu'en ce qui a trait à l'affectation
des charges.

En effet dans la première expérience, il s'agissait de


28 moutons Touabire qui ont été mis en atelier d'embouche penèant
74 jours. Ces moutons, très appréciés des sénégalais pour la Tabas-
ki, ont été intégralement vendus.

Dans la seconde expérience, on a engraissé 56 moutons


Peul-peul pendant une' durée moyenne de 116 jours. A la vente, il y
a eu 24 refus du fait de la race mais également de ce que en 1978,
il Y a eu une grande affluence de moutons sur le marcijé, affluence
.oneécutive~ à un bon hivernage et à une plus grande tolérance à
la frontière mauritanienne.

On a par commodité imputé toutes les charges en matériel


à la première expérience alors que ce matériel peut servir au moins
5 ans. On note également une réduction sensible du poste "personne]11
et l'inexistence de frais de transport dans la deuxième expérience
,Ù en contre-partie apparaissent des frais vétérinaires.

Ces réserves posées, on peut conclure que

• le prix d'achat du kg vif est très raisonnable en zone de produc-


tion et surtout à l'approche de la Tabaski ;

• malgré les charges nouvelles d'une exploitation améliorée, le prix


du kg vif ajouté e~t voisin de celui auquel il est acheté au pro-
ducteur

• le prix du kg vif après embouche est voisin de 500 Francs et l'on


eomprend les bénéfices énormes réalisés par certains sp~culateurs

• bien que gagnant moins de poids à l'embouche, le mouton Peul-peul


est à tous égards, plus rentable- à exploiter que le mouton Touabire
Si le goat du consommateur de Tabaski fait que le mouton Touabire
est de loin préféré, il demeure que, pour la boucherie courante,
le Peul-peul est beaucoup plus intéressant. Avec un coat du kg vif
ajouté de près de 200 Francs ou 30 Francs le jour d'embouche, c'est
un matériel eminemment économique ;
- 179 -

- le poste alimentation, dans un syst~me serni extensif! comme


celui pratiqué dans les expériences, représente ;",-,ins Je
30 p.l00, norme tr~s satisfaisante;

il n'y a pas eu de mortalité dans les deux expérienc~-. Cela


peut être attribué au bon encadrement des mout· '~ mais i l
est tr~s probable qu'une concentration plus poussée ou une
stabulation plus marquée entraineraient des pertes non né-
gligeables. Il serait raisonnable de les situer entre 3 ~t

5 p.l00 dans un projet pl11S ambitieux1

enfin, il faut tempérer ces résultats optimistes car il


existe des charges qui n'apparaissent pas du fait de la
taille des troupe~ux d'expérien~c ~t du fait que bien des
prestations n'ont pas éti ajout~es, frais d'étude, parcs de
stabulètion, intérlts bancaires, cssistance ~~térinaire réel-
le ....

Mais en définitive "11 opération Ta'hasld li est une


spéculation hautement rentable et ses pratiquants r~grettent
qu'il n'y ait pas Tabaski 3 fois par an pour réaliser 150 à
300 p.l00 de bénéfice 1

On peut apparenter aux prix réalisés lors de la


Tabaski, ceux que procure, le commerce du mouton à robe uni-
formément blanche dit "bene melo" ou mouton "sarax" ~

Son prix ne r~pond à aucun critire objectif, il est


seulement fonction des recommandations du marabout qui l'aura
conseillé et du pouvoir diachat du solliciteur ..

Il existe beaucoup de sujets blancs danB la race


Djallonké et il serait très lucratif de créer des élevages
spécialisés dans la production de moutons de "sarax". On pour-
rait croiser des moutons Touabire blancs à dee ~jallonké de
la mIme robe pour éviter une cons~nguinité trop marqtiie.

C'est une activité marsinale mais qui consomme beau-


coup de moutons et n'est pas en passe d'être anéantie par le
modernisme. Même si l'on ne crQÜt pas aux vertus magiques du
mouton de "sarax", c'est un animal de compagni€ fort plaisant
et qui aide beaucoup les enfants à connaître et aimer les
animaux.
..1..
- 180 -
4.4.2. Les prix de boucherie courante :

Au niveau des abattoirs de Dakar, qui drainent pris de


40 p.100 de la cOnsommation nationale contrôlée de viande
ovine, les pri~ de cette denrée à la cheville sont passés de
150 à 550 Francs le kg, entre 1968 et 1978. Pendant la même
période, à l'étil des bouchers détaillants de Dakar, les prix
passaient de 200 à 650 Francs le kg.

Or les prix en zône de production, en dehors des pério-


des de soudure et de Tabaski où ils sont anormalement bas ou
anormalement élevés, se situent à un prix moyen pondéré de
6.000 Francs, pour un mouton adulte, tout venant de 25 kg
vif. Cela correspond, avec un rendement de 55 p.100, à près
de 14 kg de carcasse, donc à un prix brut du kg de viande de
430 Francs. Ce prix est rarement atteint en zone de produc-
tion où la viande ovine est vendue entre 300 et 400 Francs
le kg.

Les intermédiaires étant relativement peu nombreux


dans le circuit ovin, il semble au'actuellement les chevil-
lards et bouchers grossistes de Dakar réalisent des bénéfices
substant iels.

En effet les frais dl approche et d'abattage· n'excédent


guère 50 Francs par kg de carcasse. Ces frais sont par ailleurs
réduits dê moitié par la vente du 5i quartier··. I l en résulte
un bénéfice brut d'au moins 250 Francs par kg de carcasse,
soit pris de 75 p.100. Si l'on enlève les frais inhérents à
la profession (patentes, personnel ••• ) il demeure un profit
non négligeable.
",.1.•
------------------------------------------------------
-------~

• Frais d'approche:
• Transport de la zone de production à Dakar." • 20 F/:{g
• Taxe de st8b~.lation.ooD.o•• o.Do • • • • • • • • • • o • • • 1 F/kg
• Taxe d'abatta~e••• D ••••••• o •••••••••••••••••• 22 F/kg
• Taxe de réfrigératiôn (fac_ltativa) •••••••••• 2 F/~~~
45 F/kg

** Vente du 5i quartier
• Abats blancs............. 150 F/mouton
• Pieds.................... 25 F/mouton
• Peau..................... 150 F/mouton
325 F/mouton soit 25 F/kg
de carcasse"
- 181 -
4.4.3. Les prix "dibiteries":

Des achats ont été effectués auprès d'une dizaine de


"dibiteries". Les morceaux achetés étaient déjà débités pour
la vente aux clients et prêts à être grillés. Nous avons pro-
cédé à une pesée de tous les morceaux achetés.

Les résultats obtenus ont été que :

- le morceau débité, vendu à 100 Francs, pèse en moyenne


80 grammes,

le prix du kg de viande ovine vendue en "dibiterie" est de


l'ordre de 1.150 Francs;

Il faut cependant noter que les pesées n'ont porté que


sur 30 morceaux, soit un poids de 2,6 kg de viande avec os,
achetés à une dizaine de dibiteries installées au niveau du
quartier Médina, à Dakar.
Les prix et poids des morceaux varient en fonction de
la localité, de la clientèle et de la période de l'année.

Dans tous les cas, le bénéfice brut réalisé est de près


de 100 p.100 si la carcasse est achetée au niveau des abat-
toirs de Dakar. Ce bénéfice est souvent bien plus confortable
quand on connait l'amplaur des abattages clandestins opérés
par ces restaurateurs.

4,5. Réorganisation du circuit commercial :


On peutœnclure de cette étude, certes succinte, des prix,
que le secteur ovin est très rentable, m@me si les prix de
revient sont très approximatifs. Il l'est pour tous les pro-
fessionnels de la viande à l'exception des éleveurs qui sont
le moteur de la production. Il est donc urgent que s'organise
le marché aveC la création des coopératives pastorales spé-
cialisées dans l'élevage du mouton.

Cela peut se réaliser rapidement si telle est la volonté


de l'Etat et si les banques de la place, en l'occurence la
BNDS, acceptaient de faire crédit aux coopératives d'éle-
veurs. Des perspectives s'ouvrent dans ce domaine puisque
la BNDS accepterait de pr@ter aux coopératives d'éleveurs •

. . 1 ..
'",
,
- 182 -
Il ét~it grand temps car le Sénégal reMplit depuis longtemps
la plupart des conditions préalable~ édictées par le rapport
du groupe d'experts de la FAO (55), nécess~ires à l'institu-
tion du crédit agricole. Ces conditions sont les suivantes:

- l'existence d'une planification économico-sociale appropriée


et efficace et le désir, de la part de toutes les parties et
groupes intéressés, de l'appliquer:;

une infrastructure rurale adéquate : routes, voies ferrées,


entreposage etc ••• ,

~ un système efficace permettant de stabiliser les prix des


produits agricoles.

_ une organisation appropriée et efficace en ce qui concerne


la commercialisation et l'approvisionnement;

- un service de vulgarisation agricole très organisé et fonc-


tionnant de manière satisfaisante~

• la continuité dans la politique gouvernementale pour renfor-


cer les structuees du crédit et de la coopération agricole$.

En fait le ~roblème du crédit pour les organisations


d'éleveurs est consécutif au fait que les banquiers ont tou-
jours considéré que les biens immobiliers, notamment la terre,
étaient seuls valables pour garantir un prêt.

Or ce qui prime, c'est la capacité ~es contractants à


rembourser. Les éleveurs dans ce domaine, sont réputés pour
leur sens de l'épargne et pour leur crainte des dettes. Ils
ne posent jamais de problèmes au percepteur.

Le crédit ar.ricole devra permettre, dans une limite


raisonnable, le financement de la consommation et de l'équi-
pement ménager de l'éleveur. Sa fonction essentielle sera
cependant de stimuler la production.

D'ailleurs cette assistance financière devrait être


passagère. Dès que les coopkratives d'éleveurs auront atteint
la maturité, il pourrait être envisagé la mise sur p.ed d'un
organisme coopératif de crédit ou une mutuelle.
-"'
- 183 -

Seule cette forme sera capable d'entretenir une polItique de


crédit souple, adapté, r~pide, à très bas taux d'intérêts et
sans possibilité de politisation.

Un crédit a~icole efficace est la m~flleure garantie


d'un circuit commercial sain. Si les besoins de trésorerie de
di vers .:ordres sont assurés, la sécurité 8' insta~_'_e chez le
producteur qui peut alors mieux conduire son éle-rage, en dé-
terminer plus rigoureusement les coGts de productions et dis-
cuter avec plus d'objectivité les prix de cession de sa
production. Des coopératives de producteurs discut'ant avec des
coopératives de commercialisation, l'Etat jouant le r~le de
simple arbitre ou de conseiller, cela aboutirait progressi-
vement à des prix réels. C'est~aiD8i que le travail accompli
à tous les niveaux de la chaine serait correctement retribué.
Le producteur ne sera plus la victime passive du compromis
entre la voracité des bouchers et les préoccupations des mem-
bres des commissions administratives de fixation des prix
davantage préoccupés par le pouvoir d'achat des masses.
... 184 ...

..6-...---.....----....------...---........ ~--.-... ....---..- ......----..- ...........--


- 185 -

Le monde connacît une pém~,.ie grave de protêl:"es


animales. indispensables à:n~tre surV1e et à notre épanouis-
sement physique et inte1lectucl. L'Afrique, les pays sous-
dêveloppês en gênêral, accusent les cohsommations de viande
les plus faibles.

La zone sahélienne,a laquelle nous appartenons.


a subi une implacable vague de sècheresse, une décennie
durant.

Cette calamitê e permis ~ nos gouvernements


de hiêrarchiser les priorités. Il est apparu qu'~: fallait
une politique urgente et concertée de maitrise de 1 ·e~u.
De même on s'est rendu compte que les grands animaux, en
particulier les bovins, ont payé le plus lourd ':--"ibut, a la
sècheresse, avec une mortalité variant entre 50 et 100 POUt
100 selon les localitês.

Ainsi se sont reJynamisees les organisations


rêgionales et sous-rêgionales à vocation surtout économique
CDEAO. OMVS, OMVG.

C'est dans ce cEdre inter-africain et dans le


cadre mondial que nous avons 10ulu situer notre étude sur le
dêveloppement de l'élevage ovin.

Le mouton a un ~ôle important a Jouer dans 1 '1n-


têgration économique africaine et dans nos i'elations avec les
pays dêveloppês.

Les volail1es ~t les porcs sont les meilleurs


transformateurs de denrêes ~êgêta1es en vinnde et peuvent
être exploités a un taux vO'is~n d·; 10P [~OUt~ 100. -,'aviculture
malh~8~ents avec une alimentaticn â 70 pour 100 cêréa~
lière, concurrence 1 'homme et se présente davantage comme une
transformatrice de surplus agricoles.
.
. / ..
- 186 -

Au Sénégal, à plus de 80 pour 100 islamisé,


l'êlevage du porc se cantonnera toujours dans les grandes
villes et en Casamance. La viande porcine sera de~tinée
a une minorité nationale et se heurtera à des problèmes de
dêbouchés car la production mondiale est très importante.

Les bovins, qui cnt été l lobjet de soins parti-


culiers et d'investissements 1mportants,depu;s la colonisation
jusqu'a nos jours, n'ont pas été a la hauteur des espoirs
et effort placés en eux. Slils ont sensiblement augmenté en
nombre, grâce a une couverture sanitaire satisfaisante, le
taux dlexploitation des troupeaux reste faible entra'nant une
surcharge des pâturages. Les bovins se sont révélés très
vulnérables aux rigueurs clim~tiques des dernières années
et le renouvellement du stock d'avant 1968 sera une
oeuvre de longue haleine.

Une carte que nous avons maintenant a ~ouer est


celle des petits ruminants: les moutons et les chèvres. Ces
dernières sont frappées, injustement, d'ostracisme. Ce nlest
pas ce quii les a écartées de notre étude, mais û~s raisons
objectives énoncées en introduction.

Le mouton, animal rustique, endurant, rarement


malade, donnant viande, lait et agneaux dans les conditions
les plus éprouvantes, est si bien adapté a son environne-
ment qu'il a été oublié des techniciens et d~s pouvoirs
publics. Une fois llan, a l'occasion de la Tabaski, il montre
son importance économique et sociale et retourne a sa vie
modeste.

Les affres de la sècheresse nous l'ont fait


~edOêoQij~~~~ résistant a la disette, capable de transformer
avantageusement en viande, latt et phanères les pâturages les
plus pauvres et les sous-produits agricoles inutilisables di-
rectement par l'homme.

. ./ ..
,
- 187 -
" l'; ~


Mais le mouton n'est pas seulement un transfor-
mateur de produits grossiers. Avec quelques précautions,
il se prête admirablement à un élevage intensif de type indus-
triel.

En effet, une alimentation convenable, appliquée


sur une troupe saine, est la garantie de naissances réguliê-
res d'agneaux vigoureux. La pratique de la synchronisation
de l'oestrus, complétée par l'insémination artificielle, les
traitements hormonaux judicieux, permettent des naissances,
a des dates connues, avec de fortes pourcentages d'agneaux
jumeaux, viables, précoce~~onc rapidement exploit~bles.

Le facteur limitant de base est l'alimentation


mais les disponibilités actuelles et les projets hydro-agrico-
les nous autorisent de grands espoirs. Les facteurs sanitaires
peuvent être facilement dominés.

, L'homme constitue donc le vrai problême du déve-


loppement de l'élevage. Au Sénégal, si les Peul sont le plus
au Î fait de la pratique de l'élevage ovin, toutes les ethnies
du pays et toutes les couches sociales de la nation s'intéres-
sent, à des degrés divers et pour des motivations différentes,
a l'élevage des moutons.

Il revient aux pouvoirs publics ~'organjser


cette activité, d'amont en aval, en créant des structures
d'encadrement efficaces et souples, travaillant avec des orga-'
ni~ations coopératives responsables, le tout soutenu par un
'inancement a la mesute des objectifs visés. La structure idéale
de coordination et de dynamisation nous semble être un office
national du mouton,D.N.M. Il aurait une vocation de mise en
place et d'encadrement des coopératives, de formation et d'édu-
cation des élevèurs et contribuerait à moraliser le circuit
commerCial en élaborant une p&11tique plus objective des prix.

../ ..
- 188 -

L'initiative pr1vee nationale a également son


rOle a jouer dans un élevage d~ moutons de type moderne.

Avec un financement vigoureux et une gestion ri-


goureuse, on peut rapidement porter, en une décennie, notre
production nationale ovine â un taux de croissance voisin de
la pour 100 et à un taux d'exrloitation supérieur a 50 pour
100.

En attendant l'aboutissement des recherches


génétiques sur nos races, déjà entreprises dans nos stations
zootechniques, l'utilisation appropriée et intelligente
des nombreuses découvertes scientifiques et des techniques
de pointe de l'élevage ovin est possible par des pop~lations
Iduquées, animées et responsabilisées.

Les moyens humains aptes à entrepren~-e cette


action de production, d'éducation et de vulgarisation sont
disponibles.

Il suffit que les pouvoirs publics, sensibilisés,


acceptent de consentir les efforts moraux, législatifs et fi-
nanciers nécessaires pour que le développement de l'élevage
ovin soit assuré. Celâ nécessitera certainement le concours
des sociétés de financement d0 la place, dans le cadre d'un
crédit agricole plus adapté aux besoins des ~uraux ; elles
seront efficacement secondées par les investisseurs étrangers.

Le Sénégal serait alors, avant la fin du siècle,


passée du stade de pays déficitaire en viande à ce~ui de pays
excédentaire.

Ainsi l'ouvrier ne sera plus contraint de goOter,


chichement et a l'insu de sa famille, la viande ~e "dibiterie"
et le père de famille ne vivra plus la hantise du mouton de
Tabaski.
. .1. .
,
- 189 -

Le Sénégal pourra alors satisfaire les besoins ~lun
d'une société de plus en plus industrialisée et dégager un fxci~en
excédent qui pourrait être une source de revenus importants
en devises fortes pour stimuler d'autres secteurs de la vie
économique et sociale.

Cette modeste contribution, a l'étude de l'éle-


vage du mouton et des multiples prob1êmes que pose son déve-
loppement , aura atteint ~son but s'il conforte les cher-
cheurs dans leur travail obscur et amêne les autorités a l' 't$',t,1
rétablir, a sa véritable place, dans 1'êconomie et dans la
culture nationales, le mouton, un des atouts majeurs du
rlê"elopp.ement du secteur élevage.
- 190 -

... -= __ •__ bU . . . . . t ....... J . . . . . . _ _. . . . . d _ ._ _. - . . . . . . _ _ __


"
, ,l' ,

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92 - NDIAVE (Ah.L.), Bâ (C) : Elevage et coopération en Afrique tropicale -
L'exemple du Sénégal - IEMVT 1972 n° 25 (3) p. 433 - 443
93 - NDIAVE (Ah.L.) : Contribution à l'étude de l'élevage en Afrique
tropicale Nord - CEBEV (6) - Oct. Oêc. 1973 p. 16-38.
94 - NEGRERIE (M) : Grâce à l'insémination artificielle ovine, la planifi-
cation de la reproduction est pour dema'; , -
ilL 'élevage 1973 (22) p. 117 - 123.
Il

95 - NEWTON TURNER (H) : L'élevage ovin sous les tropiques - Rev. Mon. Zoot.
1974 - n° la p. 31
96 - NIANG (M) : Cours sur les problèmes du monde rural -IFAN. Sept. 1977
104 pp.
97 - PENSUET (P) : Brebis et Vache - Pâtre Juin - Juillet 1975 - n° 225
p. 8.
98 - RECEVEUR (P) : Définition d'un programne d'aménagements hydropasto-
raux dans la zone sylvo-pastorale du Sénégal - COOP/MER
- 1965.
99 - REVUE DE L'ELEVAGE : Une nouvelle méthode pour le diagnostic de la
gestation des brebis - 26ème année n° 3 - Mars 1971 -
page 141.
100 - ROZIER (J) : Les sociétés d'intérêt collectif agr'icole - Ed.
Libr~iries techniques 19€5 -

101 - ROZIER (J) : L'embouche intensive des bovins en pays tropicaux


- Actes du colloque de Dakar = 4 - 8 Dêc. 1973 -
p. 29 - 38.
102 - ROZIERO (J),lepissier (H) : La production de viande en Afrique
noire francophone - Recueil de médecine vétérinaire
1974
103 - RYDER (M.L.) : L'évolution du mouton domestique - Span 1963"
~ (3) : p. 105
104 - RVDER (M.L.) : Les ovins en Scandinavie - Span, 1970, ~(1) p. 51
...
\

- 197 -
105 - SARNIGUET (J) : Approvisionnement en viande de l'Afrique occiden-
tale - Etude régionale: production, cOITmlercialisation,
consommation - SAE/SEDES - Paris 1973 - Tome 1.
106 - SEDES : Recueil statistique de la production animâle Coop. Paris
1975.
107 - SERESA : Commercialisation du che;:>tel bovin sénégal:J.is - Tome 2 -
Rapport de mission Janvier 1960 -
108 - SOCIETE D'EDITION AFRICAINE : Le Sénégal en chiffres .. Statistiques
1976 et 1978 - 2 vol~nes -
109 - "SOLEIL I' : Conseil interministériel sur l'élevage du 23 Février
1976 "Soleil" n("l 1954 du 24 Février 1976.
110 - TROQUEREAU (P.J.A.) : Les ressources animales du Sf ~gàl -
Leur exploitation - Perspectives d'avenir' COOP/MER .
Paris Nov. 1960.
" '-.
111 - VIEILLARD (G) : Notes sur les coutumes des Peuls du Fouta Djallon
Ed. Larousse 1959 - Paris.
112 - VILCOQ (L) : Le mouton, richesse marocaine - IEMVT - Oct. Déc. 1950 -
T. IV (4).
113 - WOLTER (R) : Rationnement pratique de la vache latttêr~,de la chèvre
et des ovins - Vigot Frères 1971 - pp. 112 et suivantcs5.
\
- TABLE DES PLANCHES, TABLEAUX ET GRAPHIQUES -

Pages
- Planche photographique n° 1 Les races de moutons Touabir~,Peul-peul,
Djal10rlké 0 ••••••••• 61
- Placnhe photographique n° 2 Les races de moutons croisés ....•......... 66
- Planche photographique n° 3 Les productions ovines .•.................. 95
- Carte n° 1 République du Sênêgal ..............•.............. 41
- Tableau n° 1 Les effectifs ovins dans le monde . 10
- Tableau n° 2 Production mondiale de viande ruminants ........•. 11
- Tableau n° 3 Bilan, production viande de petits ruminants
et besoi ns . 19
- Tableau n 4
G
Effectifs ovins en Afrique . 23
- Tableau n° 5 Effettifs ovins en Afrique de l 'Ouest (CDEAO) ....•. 28
- Tableau n° 6 Calendrier saisonnier ouolof-peul ...............•. 34
- Tableau 11° 7 Pl antes appétées rar les ovi ns . 44 à 48
- Tableau nC 8 Données démographiques ....................•....... 51
- Tableau n° 9 Effectifs du cheptel sénégalais pour la période
de 1968 - 1976 . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . .. . 57
- Tableau n° 10 Effectifs du cheptel sénégalais pour l'année 1977.. 58
- Tableau n° 11 Pathologie ovine morbidité 88
- Tableau n° 12 Pathologie ovine mortalités .............•....... 89
- Tableau n° 12- P~thologie ovine Pro~hylaxie et autres intervent. 90
- Tableau n('l 14 Abattages contrôlés d'ovins et de caprins .......•. 97
- Tableau nO 15 Achats de peaux de mouton par la SERAS (CPP) ....•. 101
- Tableau n° 16 Production contrôlée de cuirs et peaux en 1977
au Sénégal 102
- Tableau n° 17 Exportation de peaux arseniquées séchées par la
la SERI'\S en 1977 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . •. 103
- Tableau n° 18 Situation des ccopératives d'éleveurs au 31/12/77 •.. 109
- Tableau nn 19 Prix à la cheville de la viande ovine aux âbattoirs
de Dakar . . 111
- Tableau n° 20 Embouche intensive de moutons Touabire 135
- Tableau n° 21 Comportement comparé de bêliers Touabi re et ;:!:l-"'\~ul
Peul-peul 137
- Tableau n° 22 Croissance rondérale du troupeau d'embouche 1977 •.. 143
- Tableau n° 23 Embouche Tabaski 1978 ..........................•.. 145
- Tableau n° 24 Acti on du fl ush i ng ... . . . . . . . . . •. . . . . . . . . . . . . . . . •.. 148
\
, 0

• Tableau n° 25 Principaux progestagênes utilisés dans la


synchronisation de l'oestrus des brebis 151
- Tableau n- 26 Résultats synchronisation de l'oestrus auC.R.Z.
de Dahra 154
- Tableau n° 27 Bilan opération Tabaski 1977.... 176
· Tableau nO 18 Bilan opération Tabaski 1978 ...•................••. 177

- Graphique n° 1 Abattages contrôlés d'ovins: abattoirs de


Dakar 1968 - 1977 98
• Graphique n° 2 Courbes de croissance troupeau "A" ...........•.•. 139
- Graphique n° 3 : Courbes de croissance troupeau "B"................ 140
• Graphique n~ 4 Calendrier reproduction - alimentation ....•..•. 157
- Schêma n° 1 Organisation de l'O.N.M........................... 173
·\

TABLE.: DES

Introduction 1
Praïfêre partie: situation actue11~ ce 1 1 é1evage ovin 6
1. Stuation actuelle 98nrra1e de 1 1 é1evage ovin 7
1.1. L' ê1evage ovin dans le mcnde 9
- Les effectifs ~ __ ~9

- Les producticns Il
- Les per~ectives ~0ndia1es d' évo1ution
-------- 19
1.2. L'~levage ovin e~ AfriQue ~ 20
---------------
- réogra~hie de 1 f1cvage ovin en Afriqùe
1
20
- Les effectifs 23
- Les productions ?4
1.3.. L'~levarreorvin en Afrique de 1 ouest I
25
- ~(~ior ouest africaine
- Sous r{;gion ouest africeine -------------- 2527
1,2. Situation actuelle de 11~lev('ge cvin au Sên8':a1__~ _ _-·_-- 29
2.1. Le milieu 30
- Le milieu rhysi~ue
-------------------,-- 31
Il Il vÉ:gat('.l /),2

Il Il hurr:ai n 49
li Il animal 57
2.2. Les medes è. 1 (:1 eva0e (;7
- La conduite cu trou~eau ~ -------------- 68
--<fi!.,~ - - - - - - - - - - -
- L ' habitat 6q
'>\. - Le ~arcours 69
.y-... L 1 abreuvement 70
'\ - La reproduction 71
-
~x: La sê1ectirn 71
2.3. Les dr.e1nantcs r :'lttw1ogiques et 11action sanitaire
' 73
- Les maladies bactfcicnnes 75
Il virales
Il 79
Il
Il parasitaires 82
- L 'action sanitaire 87

.... / ...
--
2.4. Les productions de l'élevage ov;n 91
- Production de viande 93
" de lait 99
" phanêres 99
2.5. L'organisation du marché 104
- Connerce des ovf ns 105
- Organisation du marché 108
- Des· pM x 110


PAGf:
Deuxiême partie: Problêmes du développement de l'élevage ovin-;-'-
solutions proposées ~-~

1. Amélioration des conditions sanitaires 115


1.1. Dêparasftages externes
-------115
1.2. Il ,'nternes 117
1.3. Les vaccinatio~s 117
2. Amélioration des conditions d'alimentation
2.1. Parcours natu"els
- - - - -121
122
2.2. Cultures fouragêres 123
2.3. Sous-produits de rêcolte 125
- les fanes d'al~achide 126-
- Les fanes de niébê 126
- Les pailles (gros mil, maïs, riz) 127
- Les bouts blarcs de canne iii-
2.4. Sous-produits 19ro-1ndJstriels_ 128
2.5. L'azote non proteique 129
- L1 ~:.,~.~
- - - - - - - - - - - - - - - -130
- Aut" .. s sources d'ANP J.~1
- La litière de ;Joulaillcr
----- 132
2.6. Rationnement rratique des OV1ns 133
- Embouche intersive des mootons Touabire 124
- Expériences d ' extêriorisation 136
- Embouche ovin~ semi intensive 141
--- ----
3. Amélioration des conditions de reproduction 146
3.1. Préparation r la lutte 147
3.2. Lors de la ~JiQn~(Dt"- 149
3.3. La synchronis.ltionTl'oestrus 150
\~ 4.Amêlioration de l'envirû'nement socio-économique- - - -158
4.1. Le plan de ('~veloppement économique et social 159
4.2. Le projet !J.S.P.A. 160
- Objet 160
- Programme technique 160
- Coat du projet 163
4.3. Les structl/res d' i nterventi 0,\ 165
- Les structures actuelles 165
- L'O ..1":._------------------
N U Jr.S

... / ...
4.4. La politique des prix~ 174
- Prix Tabaski 174
- Prix boucherie courante 180
- p*tx "dibiteries" 181
4.5. Rêorganisation du circuit commercial 181

Conclusions
~-----------------_ .. _----184
81bl1ographie 189
\ 1

','

Le Ci'lnd 1dat·

'.
"

Vu LE PROFESSEUR RESPONSABLE
LE D~m:'CTEUR
de liEcole Inter-Etats des Sciences et
. de l "f col e 1nt e r ,.. E't 0 t s des Médecine VétérInaires
:~ciences et M4declne Vétérln~lres

"

Vu
l r: DO y r:: rJ LE PRFSIOENT DU JU~Y

do la Facult~ de ~6declne
et de Pha'rm1"lc i e

Vu et Dermis d; imorimer

" Dakar 1e

LE RE CT Ë UR PRr 5 IDE HT D/J CCV,] SEI L PRCl VIS 0 1RED EL' lJ N 1VER S 1T E
"

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