INTRODUCTION
L’économie consiste à répartir avec justice un bien rare selon un certain nombre de critères
choisis pour le valoriser. L’économie est donc politique dans la mesure où elle traduit des
choix de préférences. Elle est également sociale par les conséquences qu’elle entraîne pour
ceux à qui elle s’applique. L’eau, indispensable à la vie, n’est pas un bien comme les autres.
L’économie qui la concerne est souvent une aide à la réflexion, pas toujours une aide à la
décision, tant une approche éthique doit savoir prendre le relais du calcul économique et
garder l’avantage sur lui. Le raisonnement et la quantification économique sont des outils
indispensables pour conduire et améliorer la gestion de l’eau. En leur absence, l’à-peu-près et
l’arbitraire s’installent aux dépens de tous et de l’existence même de la ressource hydraulique.
Des chiffres approximatifs se corrigent plus aisément qu’un chiffrage jusqu’alors lacunaire ne
se crée. Là où l’eau est abondante, la richesse finit par apparaître grâce au travail des hommes.
Là où l’eau n’est pas présente ou presque, demeure le plus souvent la pauvreté. Gérer
économiquement l’eau est quasiment synonyme de lutter contre la pauvreté. L’économie de
l’eau est un vecteur essentiel de l’amélioration des conditions de vie et de la cohésion de la
société tout entière.
I. GENERALITE
La Cote d'Ivoire est un pays de l'Afrique de l'ouest et possède un climat tropicale favorable à
son économie. Son hydrographie, aussi diversifié, propulse cette dernière dans son essor
économique grâce à la pêche, le tourisme, le transport. La Côte d’Ivoire est irriguée par quatre
grands fleuves : le Bandama : long de 950 km, il est entièrement ivoirien et traverse le pays en
son milieu ; il se jette dans l’Océan Atlantique, à Grand-Lahou. Le barrage hydro-électrique
de Kossou se trouve sur le Bandama. La Marahoué et le N’Zi sont ses principaux affluents. La
Comoé : Elle est longue de 900 km et prend sa source au Burkina ; elle se jette dans l’Océan
Atlantique au niveau de Grand-Bassam. Le Sassandra : Long de 650 km, il prend sa source en
Guinée et rejoint l’Océan Atlantique à Sassandra. Ses principaux affluents sont le Temba, le
Bafing, le N’Zo, le Lobo et le David. Le Cavally : Il vient aussi de Guinée et mesure 600 km.
Sur la plus grande partie de son cours, il sert de frontière naturelle avec le Libéria.
Le territoire de la Côte d'Ivoire présente l'aspect d'un quadrilatère, dont le sud offre une
façade de 520 km sur l'océan Atlantique, dans la partie occidentale du golfe de Guinée. Le
pays est caractérisé par un relief peu élevé. Les terres sont constituées en majeure partie de
plateaux et plaines. L'ouest du pays, région montagneuse, présente toutefois quelques reliefs
au-delà de mille mètres (le mont Nimba culmine à 1752 m. Hormis cette région, les altitudes
varient généralement entre 100 et 500 mètres, la plupart des plateaux se situant autour de 200
à 350 mètres. Les réserves d'eau souterraines sont importantes (87,6 milliards de m3 dont 37,7
milliards sont renouvelables).
Topographie de la Côte d'Ivoire
1. L’utilisation de l’eau en agriculture
a. L’eau de la production alimentaire
Pour permettre leur croissance végétative et leur développement, les plantes ont besoin d’eau
appropriée en qualité et en quantité, à portée de leurs racines et au bon moment. La plus
grande partie de l’eau absorbée par une plante sert à transporter les nutriments dissous du sol
jusqu’aux organes aériens des plantes, d’où elle est libérée dans l’atmosphère par transpiration
: l’utilisation de l’eau en agriculture est intrinsèquement consommatrice. Chaque culture a des
besoins en eau particuliers, qui varient selon les conditions climatiques locales. A titre
indicatif, la production d’un kilogramme de blé nécessite environ 1 000 litres d’eau qui
retournent dans l’atmosphère, alors que le riz peut en exiger deux fois plus. La production de
viande requiert entre six et vingt fois plus d’eau que celle des céréales, selon le facteur de
conversion aliments/viande applicable. Il est possible, à partir de ces valeurs, de déduire très
approximativement le volume d’eau nécessaire à la ration alimentaire humaine, en fonction de
la taille et de la composition des repas.
b. Climats et Sols
Une variété de sols et de climats permettant une production agricole diversifiée et abondante.
La Côte d'Ivoire grâce à sa situation en latitude, connaît un climat chaud et humide. Le pays
est bien arrosé. Les nuances climatiques favorisent trois grandes zones climatiques :
Le climat subéquatorial qui couvre la partie sud et l'ouest montagneux de la Côte d'Ivoire est
caractérisé par des températures relativement élevées (25°C et 27°C) et des précipitations
abondantes de 1500 à 2300mm/an. Au sud, on dénombre 04 saisons dont 2 saisons des pluies
et 2 saisons sèches. A l'ouest, il y a 02 saisons dont une longue saison des pluies. A ce climat
correspond des sols ferralitiques et hydromorphes fertiles, comportant une végétation de forêt
dense riche en essences (acajou, iroko, bété, makoré, sipo, etc.). La zone forestière présente le
plus de potentialités économiques aussi bien agricoles que industrielles. Elle est favorable à
l'exploitation forestière et au développement de cultures d'exportation comme le cacao, le
café, l'hévéa, l'ananas, la banane douce, le palmier à huile, le coco, les agrumes à essences,
etc., dont une partie des productions alimente les agro-industries, les agro-alimentaires, les
scieries, les industries cosmétiques, etc.
Cette zone est favorable aux cultures vivrières (le taro, la banane plantain, le maïs, le riz, le
manioc, les cultures maraîchères, etc.) qui permettent de nourrir une population de plus en
plus nombreuse.
Le climat tropical humide qui couvre le centre du pays est caractérisé par des températures
moyennes (30°C). Les précipitations varient de 1100mm à 1500mm/an. On distingue deux
saisons (une longue saison des pluies et une courte saison sèche de novembre à mars).
A ce climat correspond des sols ferralitiques, ferrugineux avec des cuirasses. Ils sont peu
fertiles dans l'ensemble. On y trouve une diversité de végétation (la forêt ombrophile, les
savanes arborées, les savanes arbustives et des forêts claires). Ce climat est propice aux
cultures commerciales (café, hévéa, bois de teck, etc.) et aux cultures vivrières (tubercules,
céréales, cultures maraîchères, etc.).
Ce climat est favorable à l'élevage de bovins, de caprins, de porcins et d'ovins.
Le climat soudanais dans la partie septentrionale du pays. Il se caractérise par des
températures élevées (27°C à 34°C). La pluviométrie est inférieure ou égale à 1000mm. Ce
climat a deux saisons dont une longue saison sèche provoquée par un vent sec (harmattan) de
septembre à mars. C'est le domaine des sols ferrugineux avec un cuirassement important par
endroits. On y trouve des sols ferralitiques très peu fertiles. La végétation est dominée par la
savane arbustive et des forêts galeries. Malgré la fertilité médiocre des sols, ce milieu est
favorable aux cultures commerciales (l'anacarde, le coton, la canne à sucre, les mangues, le
tabac, la noix de karité.). Elles servent de matières premières aux industries textiles et
agroalimentaires. Nous avons le développement des cultures céréalières (le maïs, le riz, le
sorgho, le mil) et des tubercules (l'igname).
C'est une zone propice à l'élevage (caprin, ovin et bovin). L'aménagement des espaces
naturels (parcs et réserves nationaux) permet de développer l'écotourisme.
2. L’eau dans la pêche
La côte d’ivoire regorge un important Système lagunaire, un vaste système hydrographique.
Ces cours d’eau favorisent la pratique de la pêche et sont utilisés pour la production de
l’électricité par le biais des barrages. Le pays s’ouvre sur l’océan atlantique sur près de 560km
d’où le développement de l’activité maritime. Elles sont soutenues par la pêche artisanale
avec 64,8 % de la production, se pratique en mer, en lagune et en eaux continentales.
L'aquaculture en eau douce et en lagune pénètre progressivement le monde agricole avec 1,7
%. Depuis 1977, plusieurs projets de développement aquacole ont été mis en œuvre.
La pêche ivoirienne comprend les trois composantes classiques : la pêche industrielle, la
pêche artisanale et l'aquaculture.
a) La pêche industrielle
Elle se pratique en haute mer avec une flottille composée sardiniers, thoniers et crevettiers.
Les activités de débarquements et de traitement de produits halieutiques sont concentrées au
Port Autonome d'Abidjan (PAA) qui est le premier port thonier et le premier producteur de
conserves de thon d'Afrique. La pêche industrielle représente aujourd'hui environ 33% de la
production nationale des ressources halieutiques. Le port de San-Pedro, qui désenclave toute
la partie nord-ouest du pays quant aux exportations des produits commerciaux.
b) La pêche artisanale
Elle se pratique en mer, sur les lagunes et dans les eaux continentales avec des matériels
rudimentaires (pirogues, filets, nasses, lignes...). Elle est dominée à plus de 90% par les
pêcheurs étrangers en provenance de la sous-région ouest africaine. La pêche artisanale
représente plus de 62% de la production nationale halieutique.
c) L'aquaculture
Elle se pratique en eau douce, dans les lagunes et dans les bas-fonds. Diverses initiatives ont
été prises au niveau de la recherche scientifique pour promouvoir l'aquaculture. Ainsi, les
espèces « piscicoles » comme le tilapia et le machoiront connaissent un développement
remarquable. L'aquaculture constitue plus de 5% de la production halieutique nationale.
3. Eau dans la production d’Energie
L'eau est indispensable à la production d'énergie, que ce soit pour l'extraction, le transport et
la transformation des carburants fossiles mais aussi pour l'irrigation des cultures destinées à la
production de biocarburants. La Côte d'Ivoire compte aussi de nombreux barrages
hydroélectriques (Kossou, Taabo, Buyo, Ayamé I & II, Fayé et celui de Soubré). On
dénombre sur l'ensemble du territoire, plus de 50 barrages hydro-agricoles et agro-pastoraux.
En tant que source d'énergie, l'eau contribue considérablement à assurer la croissance verte, ce
qui présuppose que l'économie refusera progressivement d'utiliser des sources d'énergie non
renouvelables. Aujourd'hui, l'hydroélectricité représente environ 20 % de la production
électrique mondiale.
4. Le tourisme balnéaire et sportif
Ce littoral ivoirien s'étirant sur 520 km est aussi propice au tourisme balnéaire surtout dans le
sud-est (Île Bouley – Assinie – Grand-Bassam – Assouindé - Baie des sirènes - Monogaga), le
pays compte des chutes d'eau et des cascades.
Le plan d'eau lagunaire et maritime permet la pratique de presque tous les sports nautiques :
natation, plongée, surf, voile ou pêche sportive. Deux parcours de golf à Abidjan et
Yamoussoukro, un marathon de plus en plus populaire et le rallye du Bandama sont entre
autres, des opportunités en matière de tourisme sportif et de loisir.
Outre l'appui qu'elle apporte à la navigation maritime en matière de sécurité et d'efficacité ,
l'hydrographie soutient presque toutes les activités liées à la mer, parmi lesquelles:
- l'exploitation des ressources - pêche, minéraux, ..
- la protection et la gestion de l'environnement
- la détermination des frontières maritimes
- l'infrastructure des données spatiales maritimes nationales
- la navigation de plaisance
- la défense et la sécurité maritime
- la modélisation des tsunami, crues et inondations
- la gestion de la zone côtière
- les sciences maritimes
II. PROBLEMES
L’eau, un problème pour les Ivoiriens En progression de 2013 à 2017 (4% à 11%), les
Ivoiriens jugent la question de l’eau comme l’un des premiers problèmes auquel le
gouvernement devrait s’attaquer. Comme on peut l’observer (Figure 1), le problème de l’eau
constitue la troisième préoccupation de la population après le chômage (22%) et à peu près au
même niveau que la pauvreté (12%). Si 11% citent l’eau comme leur première réponse à la
question des problèmes prioritaires, c’est le quart (26%) de la population qui le citent parmi
leurs trois priorités. Dans les rangs des problèmes prioritaires, l’eau est montée de la 10è place
en 2013 à la troisième position.
CONCLUSION
Tout cet ensemble hydrographique présente des potentialités économiques énormes. Il offre
des possibilités d'irrigation pour l'agriculture et permet également le développement de la
pêche, la construction des barrages hydro-électriques. Les ports maritimes permettent à la
Côte d'Ivoire d'échanger avec le monde extérieur. Le littoral permet le développement du
tourisme balnéaire, du ski nautique, d'exploitation d'hydrocarbures etc.
En définitive, on retient que les conditions naturelles en Côte d'Ivoire dans leur ensemble sont
propices au développement des activités économiques. Mais sur tout l’eau occupe une place
importante dans le développement économique de la cote d’ivoire vu qu’elle touche tous les
grands domaines d’activités économiques du pays.