PRÉSENTATION DU SECTEUR
DE L’ÉNERGIE ET DES MINES
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PRÉSENTATION
INTRODUCTION
L es profondes mutations qui s’opèrent tant sur le plan national qu’au niveau
international ont conduit l’Algérie à entreprendre les réformes structurelles
nécessaires dans le sens d’une adaptation progressive, notamment du secteur
de l’énergie, aux conditions de fonctionnement d’une économie libre, ouverte
et compétitive, avec pour corollaire le recouvrement par l’Etat de son triple rôle
de propriétaire du domaine minier, de promoteur des investissements et de
protecteur de l’intérêt public.
Dans cette perspective, l’Etat algérien entend, en même temps, promouvoir et
accélérer une participation plus grande et plus diversifiée du secteur privé dans
le secteur de l’énergie pour le développement des investissements, l’acquisition
de technologies, le savoir-faire et l’accès aux marchés extérieurs. Cette nouvel-
le politique énergétique a nécessité des changements des cadres légaux et
institutionnels, que le gouvernement a déjà engagés, tant au niveau global de
l’économie qu’au niveau sectoriel.
CADRE LEGAL ET LEGISLATIF
Trois lois ont été élaborées par le ministère de l'Energie et des Mines (MEM)
pour encadrer les trois branches d’activité que sont les hydrocarbures, l’électri-
cité et les mines, dont deux (mines et électricité) ont été promulguées :
la loi minière n° 01-10 du 3 juillet 2001 a pour objectif d’opérer une
véritable rupture au niveau des politiques adoptées jusque-là. C’est
une refonte en profondeur de la législation minière algérienne, avec une
adaptation à la nouvelle forme d’organisation de l’économie nationale.
A ce titre, l’instauration d’un régime fiscal minier spécifique
concurrentiel, conjuguée à la formulation de conditions à l’investissement
plus incitatives, permettra de dynamiser le développement des activités
minières,
la loi sur l’électricité n° 02-01 du 5 février 2002 consacre la libéralisation
du secteur de l’électricité et de la distribution publique du gaz par
canalisations avec l’ouverture de la production et de la distribution
d’électricité à la concurrence et l’accès non discriminatoire du tiers au
réseau, tout en réaffirmant le maintien du service public.
Le projet de loi sur les hydrocarbures a pour but final le développement
des sources de revenus, en améliorant la quantité et la qualité des
produits et services fournis aux consommateurs et en développant
la concurrence loyale dans un cadre transparent et non discriminatoire.
Le secteur des hydrocarbures est régi actuellement par la loi n° 91-21 du
4 décembre 1991 complétant et modifiant la loi n° 86-14 du 19 août 1986.
10 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
EFFORTS DANS LE DOMAINE DE L’EXPLORATION
Les succès enregistrés en matière d’investissements, tout en restant modestes
par rapport à notre potentiel en hydrocarbures, ne doivent pas être considérés
comme des avantages acquis définitivement. Il nous faudra désormais faire
preuve d’imagination, sur un marché des capitaux limité, pour attirer des inves-
tissements étrangers de plus en plus exigeants. Le nombre de contrats signés,
une cinquantaine depuis 1987, est appréciable ; il n’est cependant pas élevé
lorsqu’il est comparé aux réalisations de certains pays concurrents du nôtre.
Aujourd’hui, une cinquantaine de compagnies pétrolières opère en Algérie.
L’apport de ce partenariat a été significatif :
plus de 2,5 milliards de dollars d’investissement de recherche et
56 découvertes, dont plusieurs gisements de taille importante, totalisant
un volume d’hydrocarbures d’environ dix milliards de barils équivalents
pétrole.
Ces résultats ont largement contribué au renouvellement des réserves de
l’Algérie, qui ont atteint un niveau équivalent à celui du début des années
soixante-dix, compensant ainsi plus de trente années de consommation et
d’exportation.
INFRASTRUCTURES ET CAPACITES DE TRANSFORMATION
ET DE TRANSPORT
L’infrastructure de traitement des hydrocarbures comprend :
quatre raffineries d’une capacité globale de 22 millions de tonnes sont
localisées à Skikda, Alger, Arzew, Hassi Messaoud, dont l’activité est
assurée par Naftec, filiale à 100 % de Sonatrach, ainsi que deux autres en
projet, l'une à Skikda d'une capacité de 5 millions de tonnes et l'autre à
Adrar d'une capacité de 600 000 tonnes. Cette dernière est en partenariat
avec les Chinois,
deux unités de séparation de GPL d’une capacité globale de 10 millions
de tonnes,
quatre unités de liquéfaction de gaz naturel d’une capacité globale de
51 millions de mètres cubes.
L’industrie pétrochimique algérienne repose sur deux complexes :
le premier est situé dans la zone industrielle de Skikda (CP1.K). Il
englobe des unités de production d'éthylène d’une capacité de
120 000 t/an, de PEBD (polyéthylène basse densité) d’une capacité de
48 000 t/an et de PVC (poly-venyl chlore) d’une capacité de 35 000 t/an.
12 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
le deuxième est situé dans la zone industrielle d’Arzew. Sa capacité
de production est évaluée à 113 000 t/an de méthanol et 23 000 t/an
de résines synthétiques.
Deux autres projets sont en cours, l’un porte sur la réalisation, en partenariat
avec la société allemande Linde, d’une unité de production de 600 millions
SCF/an (en tonnes) d’hélium et 50 000 t/an d’azote. L’autre projet a pour
objectif de réaliser une unité de production de PEHD (polyéthylène hausse
densité) d’une capacité de 130 000 t/an. Cette usine est achevée et en cours de
démarrage.
LE TRANSPORT PAR CANALISATIONS
L'activité transport des hydrocarbures liquides et gazeux par canalisations a en
charge le développement, la gestion et l'exploitation du réseau de transport, de
stockage, de livraison et de chargement des hydrocarbures. Sonatrach dispose
d'un réseau de canalisations d'une longueur globale de 14 500 km, dont deux
gazoducs transcontinentaux, l'un vers l'Espagne via le Maroc (Pedro Duran
Farel) et l'autre vers l'Italie via la Sicile (Enrico Mattei).
En fin d'année 2003, le volume d'hydrocarbures transportés a été de près de
200 millions de TEP. Des moyens de modernisation et de gestion du réseau ont
été mis en place afin d'assurer l'acheminement des hydrocarbures dans les
conditions de l'économie, de la qualité, de la sécurité et de l'environnement
qu'exigent les normes internationales. Avec la contribution de la filiale ENAC
(Entreprise Nationale de Canalisations), rattachée à cette activité, Sonatrach
dispose aujourd'hui des moyens technologiques indispensables pour les
opérations d'entretien et de maintenance des infrastructures de transport des
hydrocarbures.
Sonatrach prévoit de porter les exportations de gaz à 85 milliards de mètres
cubes en 2010. Medgaz, une filiale conjointe de Sonatrach et de plusieurs
compagnies européennes (Cepsa, GDF, BP, Endesa, ENI et TotalFinaElf), sera
chargée de la construction d'un gazoduc de 747 km de long reliant directement
l'Algérie à l’Espagne.
Un deuxième gazoduc de 1460 km de long, reliant directement l'Algérie à
l'Italie via la Sardaigne, est en projet. Il est confié à Galsi, une filiale conjointe
avec Sonatrach, Enelpower, Edison, EOS et Wintershall.
Un accord entre l'Algérie et le Nigeria a été signé en mars 2003 pour lancer
l'étude de faisabilité du gazoduc Nigal, reliant le Nigeria à l'Algérie avec une
longueur de 4500 km.
14 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
PRODUCTION ET EXPORTATION D’ENERGIE
1. Production
La production d’énergie primaire passera de 212 millions de TEP en 2003 à
260 millions de TEP en 2005.
La structure de la production d’énergie primaire en 1980, constituée de 87 %
de pétrole et de condensat, a considérablement évolué au profit du gaz
naturel, qui représente actuellement presque 52 %. Cette évolution reflète la
mise en adéquation progressive de la structure de l’offre à celle de nos réserves
actuelles, plus riches en gaz naturel.
2. Exportation
Compte tenu de la vulnérabilité du pays aux fluctuations d’un marché pétrolier
incertain, une stratégie de valorisation des exportations, par un accroissement
des volumes et une plus grande diversification des produits et des marchés, a
été mise en œuvre.
Malgré une nette progression de la consommation nationale, la part des
exportations dans la production commerciale d’énergie reste prépondérante
(80 %). Elle est passée de 56 MTEP en 1980 à 133 MTEP en 2003. La valeur des
exportations a atteint 24 milliards de dollars en 2003.
3. Perspectives
Les perspectives à moyen et à long terme (2003-2020) du secteur prévoient,
globalement, une relance de l’appareil de production et un allégement
substantiel du poids du service de la dette, pour atteindre rapidement des taux
de croissance du BIP de 4 à 5 % par an, une augmentation importante de nos
exportations d’hydrocarbures, notamment de pétrole brut, de gaz naturel et
de GNL et une relance de l’industrie pétrochimique. Le pétrole brut devra
croître pour atteindre 90 MTEP en 2010, contre 55 MTEP en 2003, soit un
accroissement annuel moyen de 7 %. L’Algérie, ayant anticipé une croissance
rapide de la demande, prévoit de développer les capacités d’exportations pour
les porter à 172 MTEP en 2010. Les exportations de gaz naturel atteindront
85 milliards de mètres cubes en 2010 contre 61 milliards de mètres cubes
en 2003.
Dans le cadre de la politique de valorisation du gaz naturel, un projet
d’exportation d’électricité vers l’Europe, à partir d’une centrale électrique de
2000 MW, est en train d’être mis en œuvre dans le cadre d’un partenariat
international.
MODELE DE CONSOMMATION ENERGETIQUE NATIONALE
La consommation nationale d’énergie commerciale est passée de 6 MTEP en
1970 à plus de 32 MTEP en 2003. En termes unitaires, la consommation
nationale est passée de 0,3 TEP/habitant en 1970 à 1 TEP/habitant en 2003, soit
un triplement de la consommation unitaire en l’espace de 30 années.
16 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
L’importante croissance de ces besoins, satisfaits essentiellement par les
hydrocarbures, constitue une préoccupation majeure de la politique
énergétique, qui s’est traduite par la définition et l’adoption du modèle de
consommation énergétique nationale au début des années 1980. Principal volet
de la politique énergétique, le modèle de consommation énergétique a pour
objectif d’assurer, de façon durable, l’adéquation entre la demande et les
ressources énergétiques nationales par :
la promotion et l’utilisation des formes d’énergie les plus disponibles,
conformément à la loi n° 99-09 relative à la maîtrise de l’énergie,
les économies d’énergie et la lutte contre le gaspillage,
la définition d’une politique de tarification des produits énergétiques.
L’option fondamentale retenue dans le modèle, compte tenu de la structure de
nos réserves, est de privilégier l’utilisation du gaz naturel – énergie la plus
abondante et la moins entamée – pour la couverture de la demande nationale.
Pour la mise en œuvre du modèle de consommation énergétique nationale,
d’importants programmes de développement ont été lancés s’appuyant sur des
mesures d’ordre institutionnel, réglementaire, financier et commercial.
1- Electrification rurale et distribution publique de gaz
En matière d'électrification rurale et de distribution publique de gaz, le
gouvernement algérien a déployé des mesures importantes pour faire face aux
besoins nationaux dans ce domaine. A cet effet, un programme triennal
(2002-2004) a été lancé pour le raccordement de 110 000 foyers et la réalisa-
tion de 12 210 km de réseaux électrifiés, ainsi que la mise en service en gaz
naturel de près de 400 000 foyers et la pose de 8000 km de canalisations. Les
réalisations ont atteint 70 % du programme concernant l'électrification rurale au
cours de l'année 2003.
En outre, il faut noter l'apport du secteur privé qui intervient amplement dans
l'électrification rurale, la distribution publique du gaz ainsi que la réalisation
des infrastructures électriques et participe dans les travaux de raccordement de
la clientèle nouvelle (RCN) et au renouvellement des ouvrages existants. Ce
secteur regroupe plus de 1500 artisans et entreprises sous-traitant avec
Sonelgaz. L'ensemble de ces entreprises emploie 8170 agents et a réalisé un
chiffre d'affaires de 8,2 milliards de dinars en 2003.
2- Dessalement d'eau de mer et génération électrique
Grâce à la convergence gaz-électricité, le secteur de l'énergie s'est fortement
impliqué dans le dessalement d'eau de mer pour faire face au problème de
pénurie d'eau, notamment sur la région oranaise. Cette dernière verra la
réalisation de la première usine de dessalement dans notre pays d'une capaci-
té de 88 000 m3/jour. Cette unité sera couplée à une centrale électrique d'une
capacité de 321 MW, en cours de réalisation à Arzew. Cette usine, dont le mon-
tant d'investissement est de 468 millions de dollars US, sera réalisée et exploi-
tée sous la responsabilité du partenaire étranger, selon une nouvelle formule,
avec la société Black and Veatch qui participe à 80 % du capital.
18 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
Ainsi, d'autres usines de dessalement sont prévues, dont la première à Alger,
d'une capacité de 200 000 m3/jour, sera adossée à la centrale du Hamma, et la
deuxième à Skikda, d'une capacité de 100 000 m3/jour et adossée à une
centrale de 825 MW en partenariat avec la société canadienne SNC Lavalin pour
un montant de 459 millions de dollars US, dont 20 % détenus par cette
dernière, et une troisième unité de dessalement qui sera implantée dans la
région d’Oran, d’une capacité de 150 000 m3/j. Ces projets sont menés par
l'Algerian Energy Company.
L’objectif assigné par le gouvernement en matière de dessalement d’eau de mer
est de 1 million de mètres cubes par jour.
D'importants projets de génération électrique ont également été initiés par
Sonelgaz à Fkirina (Aïn El Beïda) d'une capacité de 294 MW ; deux autres
centrales, la première d’une capacité de 1200 MW à Hadjret-Enous (Tipaza) et
la deuxième à Berrouaghia d’une capacité de 400/500 MW, seront lancées en
2004.
Par ailleurs, l'exportation de l'électricité vers l'Union européenne est prévue à
travers un projet de 2000 MW (dont 1200 MW destinés à l'exportation). Cette
opération sera assurée en réalisant un câble sous-marin qui accompagnera le
gazoduc sous-marin reliant l'Algérie à l'Espagne.
3 - Développement des énergies renouvelables
Le développement des énergies renouvelables en Algérie vise à apporter les
services énergétiques aux régions isolées, éloignées des réseaux de distribution
de l’énergie (électricité et produits pétroliers).
Un autre objectif est de contribuer à la conservation des réserves en
hydrocarbures par l’exploitation des gisements des ressources d’énergies
renouvelables, le solaire en particulier.
Une exploitation massive du gisement solaire en vue de la production
d’électricité connectée au réseau contribuera à la satisfaction des besoins
nationaux et pourra, à terme, trouver un débouché à l’exportation vers les pays
d’Europe.
Cette perspective s’inscrit dans le processus de développement durable par une
contribution à la préservation de l’environnement.
Les programmes mis en œuvre à ce jour ont regroupé diverses applications
solaires : l’électrification rurale, le pompage photovoltaïque, le chauffage de
l’eau et d’autres applications industrielles.
LE SECTEUR DES MINES ET CARRIERES
L'Algérie recèle des potentialités minières importantes mais qui ne sont pas
complètement exploitées. Ces potentialités doivent être développées afin de
dynamiser l'activité industrielle et assurer une augmentation de l'emploi ainsi
qu'une diversification de nos exportations. A cet effet, une nouvelle loi a été
promulguée en juillet 2001 pour promouvoir les investissements dans ce
secteur et réaliser de meilleures performances.
20 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
En termes de chiffres, le recensement du patrimoine minier a pu identifier
1300 exploitations, dont 963 ont été régularisées et assimilées.
Au cours de l'année 2003, une huitième action de promotion de la petite et
moyenne mine a été lancée au mois d'octobre. Cette opération a permis
d'octroyer 21 titres miniers pour l'exploitation et 2 titres miniers pour
l'exploration dans plusieurs substances (notamment le marbre, le calcaire, le
gypse et le sel). A ce jour, 378 titres miniers d'exploitation et 165 titres de
recherche minière ont été attribués permettant la création d'un nombre
important d'emplois directs (3500 emplois directs dans l'exploitation minière)
ainsi que le versement de plus de 528 millions de dinars au Trésor public.
Actuellement, la croissance du secteur des mines et carrières est en pleine
évolution. A titre d'exemple, on enregistre une augmentation de 18 % de la
production d'agrégats, de 14,8 % du minerai de fer et de 22 % du phosphate.
En plus du rôle joué par les entreprises publiques opérant dans les activités
minières, on note l'importance du secteur privé qui intervient dans la branche
mines et carrières. Ce secteur regroupe 1000 entreprises et emploie 12 850
agents. Le chiffre d'affaires réalisé est de 14 milliards de dinars, soit 55 % du
chiffre d'affaires total de cette branche.
Pour répondre aux besoins nationaux en matière de formation minière, le
secteur de l'énergie et des mines a lancé le projet de création d'une école des
mines à El Abed, en utilisant les infrastructures de la mine d'El Abed. Cet
établissement participera aussi à l'animation de l'activité économique et
culturelle de la région.
COOPERATION REGIONALE ET INTERNATIONALE
La stratégie du secteur en matière de coopération internationale se fonde sur
deux considérations fondamentales : l’importance du secteur pour l’économie
et les contraintes financières et technologiques liées à son développement
et les changements intervenus ces dernières années au plan international
avec la formation d’ensembles régionaux intégrés, les préoccupations
environnementales et la mondialisation de l’économie qui confèrent à l’énergie
un rôle moteur dans les relations internationales pour la coopération et la
stabilité. Le pétrole et le gaz naturel sont aujourd’hui des atouts majeurs dans
la formation des relations basées sur l’interdépendance et la convergence
d’intérêts entre les producteurs et les consommateurs.
Au niveau régional, le gaz naturel et l’électricité constituent des vecteurs impor-
tants de développement de la coopération pour la réalisation d’un ensemble
maghrébin intégré et, au-delà, la mise en place progressive d’une zone euro-
méditerranéenne de libre-échange, notamment par :
le développement des échanges d’énergie (interconnexions gazières et
électriques notamment) vers la mise en place d’un marché énergétique
maghrébin à terme,
22 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
l’industrialisation, grâce à l’implantation de projets d’envergure régionale
dans la pétrochimie, les engrais énergétiques et para-énergétiques,
la mise en œuvre de programmes communs d’efficacité énergétique et de
protection de l’environnement.
Au plan international, l’Algérie met à profit sa présence au sein des
organisations et institutions internationales et régionales pour proposer des
axes de coopération avec les partenaires internationaux et répondre à leurs
préoccupations dans le sens de la sécurité de leurs approvisionnements et la
garantie de leurs intérêts financiers et industriels.
Au sein de l’OPEP, l’Algérie continue d’œuvrer pour :
la poursuite et l’approfondissement du dialogue entre les producteurs
et les consommateurs pour parvenir à un consensus sur la nécessaire
stabilité du marché pétrolier et un niveau d’équilibre des prix,
une prise en charge équitable des préoccupations environnementales
au niveau international, garantissant aux pays producteurs de pétrole
et de gaz naturel la stabilité de leurs revenus pour soutenir leurs efforts
de développement.
Dans ce même cadre, l’Algérie œuvre dans le sens du renforcement de la
coopération inter-arabe et le développement concerté de son industrie
pétrolière, partant des potentialités propres à chaque pays et visant la
consolidation de leurs économies. L’Algérie est également un membre
fondateur de l’Association des pays producteurs de pétrole africains (APPA),
qui a pour objectif de promouvoir la coopération et les échanges en relation
avec d’autres organisations internationales et régionales.
L’Algérie abrite le siège de la commission de l’énergie (AFREC) créée et dont la
mission principale est de promouvoir l’assistance et la coopération énergétique
africaine et le développement de marchés intégrés africains.
Nos relations avec l’Organisation des pays latino-américains de l’énergie
(OLADE) sont également appelées à connaître de nouveaux développements
avec la récente adhésion de l’Algérie à cette organisation. Cette adhésion nous
permettra à l’avenir de développer une coopération énergétique soutenue, aux
plans bilatéral et régional, avec les pays d’Amérique Latine.
A ce titre, l’Algérie a organisé la première conférence de l’AFROLAC au mois
de février de l’année 2004 en vue d’étudier les possibilités de coopération
entre l’Afrique et l’Amérique Latine et les Caraïbes qui s’inscrit dans le
processus du développement durable économique et social et de la réduction
de la pauvreté.
Annuaire de l’Energie et des Mines 23
PRÉSENTATION
La loi minière n° 01-10
Promulguée le 3 juillet 2001, cette loi consacre :
la séparation des propriétés du sol et du sous-sol,
la non-différenciation des substances minérales,
l'accessibilité de l'activité à tout opérateur,
l'égalité de traitement des investisseurs,
la valeur juridique :
titre minier de recherche : bien immeuble, transmissible, cessible,
amodiable et susceptible d'hypothèque,
le droit de l'inventeur pour le titulaire de titre minier d'exploration
ayant mis en évidence un gîte de substances,
la stabilité des conditions fiscale, juridique et sociale durant la
période de la validité de la concession minière,
la prise en charge de l'environnement,
l'arbitrage international,
l'attribution du titre minier par adjudication pour les gisements mis en
évidence sur fonds publics,
l'institution de la banque de données géologiques et son libre accès,
l'instauration d'une autorité unique d'attribution des titres miniers.
Qui peut investir ?
Les activités minières sont des actes de commerce exercés exclusivement par
des personnes physiques ou morales de droit privé.
Recherche minière
Prospection
Toute personne morale de droit privé qui en exprime la demande
Exploration
Toute personne morale justifiant de capacités techniques et financières
appropriées :
titulaire d'une autorisation de prospection valide, sinon à
l'adjudicataire retenu,
le premier demandeur est le premier servi si le périmètre n'a pas fait
l'objet d'une prospection.
Exploitation minière
Concession : Personne morale
Détentrice d'un permis d'exploration
Adjudicataire retenu
Petite ou moyenne exploitation : Personne morale
Détentrice d'un permis d'exploration
Adjudicataire retenu
24 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
Exploitation artisanale
Personne morale ou physique, selon la priorité ci-dessous :
1er au titulaire d'un permis d'exploration
2e au titulaire d'une autorisation de prospection
3e à l'adjudicataire
Dossier à fournir (en 4 exemplaires)
Décret n° 02-65 du 06 février 2002
Recherche minière
Prospection
Statuts de la société
Carte au 1/50 000e ou 1/200 000e, précisant la situation et la superficie
sollicitées
Programme général des travaux projetés
Exploration
Statuts de la société
Documents justifiant les capacités techniques et financières
Carte au 1/25 000e ou au 1/50 000e, précisant les limites du périmètre
sollicité
Copie de l'autorisation de prospection éventuellement
Mémoire sur l'impact sur l'environnement
Exploitation minière
Concession/petite ou moyenne exploitation minière :
Référence du permis d'exploration ou acte de l'adjudication
Documents justifiant les capacités techniques et financières
Rapport sur le programme général, le planning des travaux envisagés et
le montant financier à investir
Carte au 1/25 000e ou au 1/50 000e, précisant les limites du périmètre, les
coordonnées des sommets avec leurs points remarquables
Mémoire sur les résultats des travaux de prospection et d'exploration
Mémoire sur l'étude de faisabilité
Plan de développement de l'exploitation (1/1000e ou 1/5000e)
Etude d'impact sur l'environnement
Exploitation artisanale
Référence sur l'autorisation de prospection ou du titre d'exploration
Résultats des travaux d'exploration ou de prospection
Informations sur les capacités financières
Délimitation du site sur carte 1/25 000e ou 1/50 000e
Description de la méthode d'exploitation sur carte (1/5000e ou 1/10 000e)
Production envisagée et prix de revient prévisionnel
Mémoire sur l'impact sur l'environnement et les mesures prises pour
son atténuation
Annuaire de l’Energie et des Mines 25
PRÉSENTATION
Deux voies possibles
Site nouveau non étudié Site obtenu par adjudication
sur fonds publics (étudié sur fonds publics
(premier venu = premier servi) ou site libéré)
Soit Soit Soit Soit
Prospection
Exploration Exploration Exploration
Exploitation Exploitation Exploitation Exploitation
ANPM = Guichet unique
- Déclare la recevabilité du dossier et l’enregistre
- Achemine le dossier pour enquête
- Elabore la réponse
- Assiste l’investisseur
Octroi de titres ou autorisations minières
Prospection (autorisation)
Exploration (permis)
- Concession
- Petite ou moyenne exploitation
- Exploitation artisanale
Ramassage
Les dossiers sont déposés à :
L’Agence Nationale du Patrimoine Minier (ANPM)
La Direction Générale des Mines (période transitoire)
26 Annuaire de l’Energie et des Mines
PRÉSENTATION
PROCÉDURES
I/ - Cas d’un site nouveau non étudié sur fonds publics (premier venu =
premier servi, dans le respect de l’ordre chronologique d’enregistrement des
demandes)
Soit :
demander une autorisation de prospection pour réduire le périmètre à
explorer,
demander un permis d’exploration pour délimiter le gisement et obtenir
le droit de l’inventeur,
demander un titre minier d’exploitation.
Soit :
demander un permis d’exploration pour délimiter le gisement et obtenir
le droit de l’inventeur,
demander un titre minier d’exploitation.
II/ - Cas d’un site déjà étudié sur fonds publics ou périmètre placé
en surface ouverte
Attribution par adjudication conformément au décret n° 02-66 :
d’un permis d’exploration pour confirmer l’existence du gisement et
obtenir le droit de l’inventeur en vertu duquel sont acquises l’exclusivité
et l’obtention du titre minier d’exploitation,
d’un titre minier d’exploitation dans le cas d’un gisement connu et étudié
ou d’une exploitation en situation de surface ouverte.
TITRES MINIERS
Types et attribution
Recherche minière
1 – Autorisation de prospection
Durée initiale : 1 an + 2 prorogations de six (6) mois
2 – Permis d’exploration
Durée initiale : 3 ans + 2 prorogations de deux (2) ans avec,
éventuellement, une période de grâce de 2 ans en cas de conjoncture
défavorable.
Exploitation minière
3 – Concession minière
Durée : 30 ans + prorogation selon gisement
Annuaire de l’Energie et des Mines 27
PRÉSENTATION
4 – Permis d’exploitation d’une petite ou moyenne exploitation minière
Durée : 10 ans + prorogation selon gisement
5 – Autorisation d’exploitation minière artisanale
Durée : 5 ans + prorogation selon gisement
Les titres miniers sont octroyés après enquête administrative préalable
Soit au premier demandeur (date et heure d’enregistrement de la
demande faisant foi), si la mise en évidence de l’indice ou du gisement
n’a pas été financée sur fonds publics
Soit par adjudication dans le cas de gisements étudiés sur fonds publics
ou d’exploitation replacée en surface ouverte
Les délais de traitement des demandes sont de :
Un (1) mois au maximum pour la prospection
Trois (3) mois au maximum pour l’exploration
Cinq (5) mois au maximum pour l’exploitation
AVANTAGES FISCAUX ACCORDÉS
La loi minière n° 01-10 du 3 juillet 2001 offre :
l’exonération de la taxe sur l’activité professionnelle (TAP),
l’exonération de la TVA sur les biens spécifiques acquis ou importés
pour l’exercice de l’activité minière,
l’exonération des droits, taxes et redevances de douane pour les
équipements, matériels et produits utilisés dans la recherche minière,
l’exemption de tous impôts frappant les résultats de l’exploitation
minière, hormis l’Impôt sur le bénéfice minier (IBM),
l’amortissement des frais de prospection et d’exploration en cas
d’exploitation,
des abattements sur la redevance minière en fonction du type
d’exploitation, des efforts de recherche et de la situation de
l’exploitation,
la garantie de transfert du capital investi et des revenus qui en
découlent,
le report des pertes sur dix (10) ans,
la possibilité de constituer une provision de 1 % du CA-HT déductible du
résultat brut pour la reconstitution du gisement.
28 Annuaire de l’Energie et des Mines