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Produit scalaire, puissance d’un point par rapport à un cercle

et géométrie du triangle
Igor Kortchemski

Si ABC est un triangle, on note a = BC, b = AC, c = AB, A b = BAC,


d B b = ABC,
d C b = ACB.
d
On note S l’aire de ABC, H son orthocentre, G son centre de gravité, I le centre de son cercle
inscrit, O le centre de son cercle circonscrit et R le rayon de son dernier.

1 Mini-cours sur le produit scalaire


1.1 Rappels sur les vecteurs
Un vecteur du plan R2 est la donnée d’une direction, d’un sens et d’une longueur. On note


0 le vecteur nul. La norme d’un vecteur → −u , notée kuk, est la longueur de → −
u . Deux points A
−→
et B du plan définissent un vecteur AB. Si O est un point fixé du plan, à un vecteur → −
u on peut
−−−→ → −
associer de manière unique un point, noté P− →u , tel que OP− u = u.


− → −
x
 Si (O, i , j ) est un repère (pas forcément orthogonal ni orthonormal)

− x
 du plan, on dit que
y
(ou indifféremment (x, y)) sont les coordonnées du vecteur u si y sont les coordonnées

− → − →
− x
dans (O, i , j ) du point P− u . On note alors u y .

Si →

u yx et →
 − x0
v y 0 sont deux vecteurs, on note → −
u +→ − x+x 0

v le vecteur de coordonnées y+y 0 , et

pour tout réel λ on note λ · → −


u (ou indifféremment λ→ − λx

u ) le vecteur de coordonnées λy .
−→ −→
Pour tous points A, B du plan, on a AB = −BA et pour tous points A, B, C du plan on a
−→ −→ −→
AB = AC + CB (relation de Chasles).

1.2 Définition du produit scalaire et premières propriétés



− →

À partir de maintenant, on travaille dans un repère orthonormal (O, i , j ).

Définition 1. Le produit scalaire de deux vecteurs →



u yx et →
 − x0
v y 0 est le nombre réel noté →

u ·→

v
défini par


u ·→−
v = xx 0 + yy 0 .

Voici quelques conséquences immédiaites de cette définition :

Proposition 2. (i) Pour tout nombre réel λ, (λ→ −


u) · →−v =→ −u · (λ→

v ) = λ(→
−u ·→−
v ). Pour cette

− →

raison, on note ce nombre λ u · v .
(ii) Pour tous vecteurs →−
u,→−v et →

w, on a →

u ·→−
v =→ −v ·→ −
u et (→

u +→ −
v)·→ −
w =→ −u ·→

w +→ −v ·→

w.
(iii) Pour tout vecteur →−
u yx , →

u ·→
−u = x2 + y2 = →−
u . On écrit souvent →−
 2
u 2 pour désigner ce
nombre.
(iv) Si →

u ou →−v sont nuls, →

u ·→

v = 0. Par contre, la réciproque est fausse (par exemple si →

u 10


et →

u 01 ).


(v) Si →

u = λ→ −
v avec λ ∈ R, on a →

u ·→
−v = λ kvk2 .
−→ −→
On utilisera très souvent la propriété (iii) pour écrire AB2 = AB · AB et utiliser ensuite le
calcul vectoriel. Donnons maintenant différentes expressions du produit scalaire.
Théorème 3. Soient → −
u et →
−v deux vecteurs. On a :

− →
− 1 →
 − →
− 2 → − 2 → − 2 
(i) u · v = u + v − u − v .

2
(ii) Lorsque →−
u et →−v son non nuls, → −
u ·→ −
v = →
− →
u · −
v · cos(→

u,→

v ), où (→

u,→


v ) est l’angle
orienté entre les vecteurs →

u et →−v.
Une conséquence importante de l’assertion (i) est que le produit scalaire ne dépend pas de
la base orthonormée choisie.
Démonstration. Pour (i), écrivons

−u +→−v = (→−
u +→ −v ) · (→

u +→
− v)=→

u ·→

u +→

v ·→

v + 2→

u ·→

v = →
− 2 →
u + −
v + 2→

u ·→

2 2
v.

Le résultat en découle.

− → − →
− −

u
Pour (ii), plaçons-nous dans le repère orthonormé direct (O, i , j ) où i = −
→ (on a vu
k k
u
que (i) implique que le produit scalaire ne dépend pas de la base orthonormée choisie). Alors,

→ k−
→v k cos(α)
en notant α = (→
−u,→
−v ), on a →

u k 0 k et →
− . Ainsi, →

u ·→

v = →
− →
u · −
u 

v − → v · cos(α), d’où
k v k sin(α)
le résultat.
On prouve de même que

(→

u −→

v )2 = →

u 2 − 2→

u ·→

v +→

v 2, (→

u +→

v )(→

u −→

v)=→

u2 −→

v 2.

L’intérêt du Théorème 3 est d’exprimer la produit scalaire de manière “géométrique”,


c’est-à-dire sans faire intervenir les coordonnées. Un corollaire crucial est le suivant.
Théorème 4. Deux vecteurs → −
u et →−v sont orthogonaux si, et seulement si, →
−u ·→−
v = 0.
Démonstration. D’après le théorème de Pythagore, →−
u et →−v sont orthogonaux si, et seulement
si, u + v = u + v . D’après le Théorème 3, ceci est équivalent au fait que →

− →
− →
− →
− −
u ·→

2 2 2
v =
0.
Ainsi, l’utilisation du produit scalaire est particulièrement adapté lorsque nous sommes
en présence de droites orthogonales (mais pas que !), comme l’illusterons les applications qui
suivent.
−→ −→
Exemple 5. Soit ABCD un rectangle tel que AB = 4 et BC = 3. Calculons AC · DB.
A B

D C

2
On a
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→
AC · DB = (AB + BC) · DB = AB · DB + BC · DB = AB2 − BC2 = 7.
On aurait également pu passer en coordonnées.
Exemple 6. Montrons que les trois hauteurs d’un triangle ABC sont concourantes en utilisant
le produit scalaire. Soit H l’intersection des hauteurs issues de B et de C.
A

H C
B

−→ −→
Nous allons montrer que AH · BC = 0. Pour cela, on écrit :
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→
0 = BH · AC = (BA + AH) · AC = BA · AC + AH · AC.
De même,
−→ −→ −→ −→ −→ −→
0 = CH · AB = CA · AB + AH · AB.
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→ −→
Or BA · AC = AC · BA = CA · AB. D’où AH · AC = AH · AB, et donc
−→ −→ −→ −→ −→ → −
AH · (AC − AB) = AH · BC = 0 ,
ce qui conclut.
Comme dans les exemples précédents, il est parfois utile de décomposer des vecteurs sui-
vant des directions orthogonales pour calculer des produits scalaires.
Exercice 1 Soient n > 3 un entier et A1 A2 · · · An un polygône régulier inscrit dans un cercle Γ
de centre O et de rayon R. Soit M un point de Γ . Prouver que
X
n
Ai M2 = 2nR2 .
i=1

Concluons par une propriété très utile :


Proposition 7. Soient A, B, C, D des points du plan avec A 6= B et C 6= D. Les droites (AB) et
(CD) sont perpendiculaires si, et seulement si, AC2 + BD2 = AD2 + BC2 .
Démonstration. Il suffit d’écrire :
−→ −→ −−→ −→ −−→ −→
AC2 + BD2 − AD2 − BC2 = (AB + BC)2 + (AD − AB)2 − AD2 − BC2
−→ −→ −−→
= 2AB2 + 2AB · (BC − AD)
−→ −→ −→ −→ −→
= 2AB · (BC − BD) = 2AB · DC,
ce qui conclut.
On trouvera une jolie utilisation de ce résultat à l’Exemple 21.

3
1.3 Applications du produit scalaire
Nous donnons ici quelques applications. On rappelle sans preuve la loi des sinus :

a b c abc
= = = 2R = .
sin A
b sin B
b sin C
b 2S

1.3.1 Formule d’Al-Kashi


Proposition 8 (Formule d’Al-Kashi). Soit ABC un triangle. On a

a2 = b2 + c2 − 2bc cos A.
b

Démonstration. On écrit :
−→ −→ −→ −→ −→ −→ −→
a2 = BC2 = BC2 = (BA + AC)2 = AB2 + AC2 + 2BA · AC = AB2 + AC2 − 2AB · AC
= b2 + c2 − 2bc cos A.
b

1.3.2 Identité du parallélogramme


Proposition 9 (Identité du parallélogramme). Soit ABCD un parallélogramme. Alors AC2 +
BD2 = 2(AB2 + AD2 ).
−→ − −−→
Démonstration. En prenant →

u = AB et →
v = AD, ceci provient du fait que

(→

u +→

v ) 2 + (→

u −→

v )2 = 2(→

u2 +→

v 2 ).

1.3.3 Formule de la médiane


Proposition 10 (Formules de la médiane). Soit ABC un triangle et I le milieu de [AB]. Alors :

1 −
→ −→ −→ −→ 1
(i) AC2 + BC2 = 2IC2 + AB2 , (ii) AC2 − BC2 = 2CI · BA, (iii) CA · CB = CI2 − AB2 .
2 4
Démonstration. Pour (i), on écrit
−→ −→ −
→ − → −
→ − → −
→ − → − →
AC2 + BC2 = AC2 + BC2 = (AI + IC)2 + (BI + IC)2 = 2IC2 + 2(AI + BI) · IC + AI2 + BI2 .

→ − → → −
Comme AI + BI = 0 et AI2 + BI2 = AB2 /2, le résultat en découle.
Les preuves des autres assertions sont similaires et sont laissées en exercice.

4
1.3.4 Géométrie analytique
Le produit scalaire est également utile en géométrie analytique pour calculer les coordon-
nées de divers points lorsque de l’orthogonalité est mise en jeu :
(i) Soient A, B, C trois points différents du plan. Comment trouver l’équation de la droite
perpendiculaire à (AB) passant par (C) ? Un point M appartient à cette droite si, et
−−→ −→
seulement si, CM · AB = 0. Ainsi, si A yxAA , B yxBB et C yxCC , l’équation de la droite per-
  

pendiculaire à (AB) passant par C est caractérisée par l’équation


(x − xC )(xB − xA ) + (y − yC )(yB − yA ) = 0.

(ii) Deux droites de coefficients directeurs respectifs k et k 0 sont perpendiculaires si, et seule-
ment si, kk 0 = −1. On rappelle que le coefficient directeur d’une droite d’équation
ax + by + c = 0 est (−b, a). Ainsi, un vecteur orthogonal à cette droite (on dit aussi
vecteur normal) est (a, b).

1.3.5 Relations trigonométriques


Rappelons sans preuve les relations suivantes (qu’on vérifie aisément grâce à un cercle
trigonométrique). On a cos(−x) = cos(x), sin(−x) = − sin(x),
cos(π − x) = − cos(x), sin(π − x) = sin(x), cos(π + x) = − cos(x), sin(π + x) = − sin(x),
ainsi que
π  π  π  π 
cos + x = − sin(x), cos − x = sin(x), sin + x = cos(x), sin − x = cos(x).
2 2 2 2
On rappelle également que cos2 (x) + sin2 (x) = 1.
Les relations suivantes sont cruciales et absolument à connaître.
Théorème 11 (Formules d’addition trigonométriques). (i) On a
cos(a − b) = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b), cos(a + b) = cos(a) cos(b) − sin(a) sin(b).

(ii) On a
sin(a − b) = sin(a) cos(b) − cos(a) sin(b), sin(a + b) = sin(a) cos(b) + cos(a) sin(b).

(iii) On a
tan(a) − tan(b)
tan(a − b) = .
1 + tan(a) tan(b)
Démonstration. Pour (i), introduisons les points U et V de coordonnées U cos(a) cos b
 
sin(a)
et V sin(b) .
−−→ −→
Ainsi, b − a est l’angle (modulo 2π) orienté (OU, OV). Comme OU = OV = 1, en calculant de
−−→ −→
deux manières différentes le produit scalaire OU · OV, on obtient :
−−→ −→
cos(a − b) = OU · OV = cos(a) cos(b) + sin(a) sin(b).
La seconde relation s’en déduit en prenant −b à la place de b.
Pour (ii), il suffit d’écrire que sin(a + b) = cos(π/2 − a − b) et d’utiliser (i).
Finalement, (iii) est une conséquence de (i) et (ii), laissée en exercice.

5
En particulier, noter que
cos(2a) = cos2 (a) − sin2 (a) = 2 cos2 (a) − 1 = 1 − 2 sin2 (a), sin(2a) = 2 sin(a) cos(a)
et que
2 tan(a)
tan(2a) = .
1 − tan2 (a)
Ces dernières formules s’appellent les formules de duplication. Noter aussi que le théorème 11
implique que
       
a+b a−b a+b a−b
cos(a)+cos(b) = 2 cos cos , cos(a)−cos(b) = −2 sin cos
2 2 2 2
et que
       
a+b a−b a−b a+b
sin(a) + sin(b) = 2 sin cos , sin(a) − sin(b) = 2 sin cos
2 2 2 2
Exercice 2 Soit ABC un triangle.
−−→ −→
(i) Prouver que OA · OB = R2 − c2 /2.
−−→ −−→ −→ −→
(ii) Prouver que OH = OA + OB + OC.
(iii) Prouver que OH2 = 9R2 − a2 − b2 − c2 .

2 Puissance d’un point par rapport à un cercle


Si A, B, C sont trois points alignés, on rappelle que AB·AC, produit algébrique des longeurs
−→ −→
AB et AC, est égal par définition à AB · AC.

2.1 Définition et premières propriétés


Définition 12 (et propriété). Soit Γ un cercle de centre O de rayon R. Soit M un point quel-
conque du plan. Si deux droites passant par M coupent Γ respectivement en A, B et C, D alors
MA · MB = MC · MD.
Ce réel est aussi égal à OM2 − R2 et est appelé puissance du point M par rapport au cercle Γ
et est noté PΓ (M).
M
A

C
B

T
O
Γ

6
Démonstration. Soit A 0 le point diametralement opposé à A sur Γ , de sorte que MBA
d 0 = π/2
−−→0 −−→
et OA = AO. Alors
−−→ −−→ −−→ −−−→ −−→ −−→ −−→ −−→
MA · MB = MA · MB = MA · MA 0 = (MO + OA) · (MO − OA) = OM2 − R2 .

On montre exactement de la même manière que MC · MD = OM2 − R2 .

Remarque 13. PΓ (M) = 0 si, et seulement si, M ∈ Γ et PΓ (M) > 0 si, et seulement si, M est à
l’exterieur de Γ . Par ailleurs, si M est à l’extérieur de Γ et T est le point de contact avec Γ d’une
tangente à Γ issue de M, alors PΓ (M) = MT 2 .

Exemple 14 (Olympiade de Saint-Pétersbourg 1996). À titre d’exemple, résolvons le problème


suivant. Soit ABC un triangle et D le pied de la bissectrice issue de B.
b On note E le second
point d’intersection du cercle circonscrit du triangle de BDC avec (AB) et F le second point
d’intersection du cercle circonscrit du triangle ABD avec (BC). Montrons que AE = CF.

E D

F C
B

En calculant de deux manières possibles les puissances, on a

AE · AB = AD · AC, CB · CF = CD · CA.

On en déduit que
AE AD · CB
= .
CF AB · CD
Or AD/CD = AB/CB car (BD) est la bissectrice de B.
b

Réciproquement, les assertions suivantes sont vérifiées (leur preuve est laissée en exercice).

Proposition 15. (i) Soient A, B, C, D des points distincts non alignés. Si (AB) et (CD) sont
sécantes en un point M tel que MA · MB = MC · MD alors les points A, B, C, D sont
cocycliques.
(ii) Soit ABT un triangle. Si un point M de la droite (AB) vérifie MA · MB = MT 2 , alors
(MT ) est tangente au cercle Γ circonscrit au triangle ABT .

2.2 Axe radical


Définition 16 (et propriété). Soient Γ et Γ 0 deux cercles de centres respectifs O et O 0 distincts,
de rayons respectifs R et R 0 . Alor l’ensemble des points M qui ont même puissance par rapport

7
à ces deux cercles est une droite ∆ perpendiculaire à (OO 0 ). Par ailleurs, le point d’intersection
P des droites ∆ et (OO 0 ) vérifie

R2 − R 02
2OO 0 · ωP =
.
La droite ∆ est appelée axe radical des deux cercles Γ et Γ 0 .

O O0

Démonstration. L’égalité PΓ (M) = PΓ 0 (M) est équivalente à MO2 − R2 = MO 02 − R 02 . Or


−−→ −−−→ −−→ −−−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→ −−→
MO2 − MO 02 = (MO − MO 0 )(MO + MO 0 ) = O 0 O · (2Mω + ωO 0 + ωO) = 2O 0 O · Mω.

Ainsi, l’ensemble des points M tels que PΓ (M) = PΓ 0 (M) est l’ensemble des points M tels que
−−→ −−→
2O 0 O · Mω = R2 − R 02 .

Le résultat en découle.
Remarque 17. Si Γ et Γ 0 sont sécants, leur axe radical est la droite passant par leurs points
d’intersection.
Exemple 18. Soient Γ1 , Γ2 deux cercles qui se coupent en A et en B. Soit ∆ une droite tangente
aux deux cercles en M et en N. Montrons que (AB) coupe le segment [MN] en son milieu.

M
A

8
La puissance de I par rapport au premier cercle vaut IM2 = IA · IB. La puissance de I par
rapport au deuxième cercle vaut IA · IB = IN2 . On en déduit que IM2 = IN2 , d’où IM = IN.

Exemple 19. Soit ABC un triangle acutangle. La perpendiculaire à (AC) passant par B coupe
le cercle de diamètre [AC] en P et Q, et la droite perpendiculaire à (AB) passant par C coupe
le cercle de diamètre [AB] en R et S. Montrons que P, Q, R, S sont cocycliques.

H Q
P S

B D C

Soit D le pied de la hauteur issue de A dans le triangle ABC et soit H son orthocentre.
Le point D appartient au cercle de diamètre [AB], donc HS · HR = HA · HD. De même, D
appartient au cercle de diamètre [AC], donc HP · HQ = HA · HD. Donc HP · HQ = HR · HS, ce
qui implique que P, Q, R, S sont cocycliques.

Théorème 20. Soient ABCD et CDEF deux quadrilatères inscrits dans deux cercles Γ1 , Γ2 . On
suppose que parmi les droites (AB), (CD) et (EF) il n’y en a pas deux qui soient parallèles.
Alors les droites (AB), (CD) et (EF) sont concourantes si, et seulement si, les points A, B, E et
F sont cocycliques.

Ce résultat dit que les axes radicaux de trois cercles sont soit concourants, soit parallèles.
Démonstration.

A
D

B F
C

9
Supposons d’abord que les trois droites soient concourantes. Alors la puissance de I par rap-
port au cercle de gauche vaut IA · IB = ID · IC. La puissance de I par rapport au cercle de
droite vaut ID · IC = IE · IF. On en déduit que IA · IB = IE · IF, et donc que A, B, F, E sont
cocycliques.
Réciproquement, si A, B, F, E sont cocycliques, notons I le point d’intersection des droites
(AB) et (EF). La puissance de I par rapport au cercle circonscrit à ABFE vaut IA · IB = IE · IF.
Donc I a même puissance par rapport aux deux cercles de la figure. I est donc sur leur axe
radical, qui est (DC). Les trois droites (AB), (CD) et (EF) sont donc concourantes en I.

Exemple 21. (IMO 1985/5) Un cercle de centre O passe par les points A et C d’un triangle
ABC et recoupe les segments [AB] et [BC] en respectivement K et N (K 6= N). On suppose que
les cercles circonscrits aux triangles ABC et KBN se recoupent en un point M différent de B.
Prouvons que l’angle OMB d est un angle droit.

M
N

O
P
C
A

Soit P l’intersection des trois axes radicaux (AC), (KN) et BM. D’après la Proposition 7,
pour prouver que (OM) et (BP) sont perpendiculaires, il suffit de vérifier que OB2 − OP2 =
MB2 − MP2 .
Comme PCN d = AKN d = BMN,d les points P, C, N, M sont cocycliques. En notant r le rayon
du cercle circonscrit de AKC, il vient :

PM · PN = PC · PA = OP2 − r2 .

De même,
BM · BP = BN · BC = OB2 − r2 .
Ainsi,

OB2 − OP2 = BM · BP − PM · PB = BP(BM − PM) = (BM + PM)(BM − PM) = BM2 − PM2 ,

d’où le résultat.

10
2.3 Exercices d’application
Exercice 3 Soit ABC un triangle isocèle en B. Les tangentes en A et B au cercle circonscrit Γ de
ABC se coupent en D. Soit E le second point d’intersection de (DC) avec Γ . Prouver que (AE)
coupe [DB] en son milieu.
Exercice 4 Soit ABC un triangle, H son orthocentre. Soient M un point de [AB] et N un point
de [AC]. Les cercles de diamètre BN et CM se coupent en P et Q. Montrer que P, Q et H sont
alignés.
Exercice 5 (IMO 2000/1) Soient Ω1 et Ω2 deux cercles qui se coupent en M et en N. Soit ∆
la tangente commune aux deux cercles, qui est plus proche de M que de N. ∆ est tangente à
Ω1 en A et à Ω2 en B. La droite passant par M et parallèle à ∆ rencontre Ω1 en C et Ω2 en D.
Soient E l’intersection des droites (CA) et (BD), P le point d’intersection de droites (AN) et
(CD) et Q le point d’intersection des droites (BN) et (CD). Montrer que EP = EQ.
Exercice 6 (USAMO 1998) Soient Γ1 et Γ2 deux cercles concentriques, avec Γ2 à l’intérieur de Γ1 .
Soient A, B deux points appartenant à respectivement Γ1 et Γ2 tels que (AB) est tangente à Γ2 .
Soit C le deuxième point d’intersection de (AB) avec Γ1 et soit D le milieu de [AB]. Une droite
passant par A coupe Γ2 en E et F de sorte que les médiatrices de [DE] et [CF] se coupent en un
point M de la droite (AB). Calculer le rapport AM/MC.
Exercice 7 Soient ABC un triangle et D, E deux points appartenant respectivement à [AB] et
[AC] tels que (DE) et (BC) soient parallèles. Soit P un point à l’intérieur du triangle ADE.
Soient F et G les points d’intersection de (DE) avec respectivement les droites (BP) et (CP).
Soit Q le deuxième point d’intersection des cercles circonscrits des triangles PDG et PFE. Prou-
ver que les points A, P, Q sont alignés.
Exercice 8 (IMO 1995) Soient A, B, C, D quatre points distincts d’une droite (dans cet ordre).
Les cercles de diamètre [AC] et [BD] se coupent en X et Y. La droite (XY) coupe (BC) en Z.
Soit P un point de la droite (XY) autre que Z. La droite (CP) recoupe le cercle de diamètre
[AC] en M, et la droite (BP) recoupe le cercle de diamètre [BD] en N. Prouver que les droites
(AM), (DN) et (XY) sont concourantes.
Exercice 9 (Chine 1997) Soient A, B, C, D quatre points sur un cercle Γ . On suppose que les
droites (AB) et (DC) se coupent en P et que les droites (AD) et (BC) se coupent en Q. Soient E
et F les deux points de tangence des tangentes à Γ issues de Q. Prouver que P, E, F sont alignés.

3 Quelques configurations à connaître en géométrie du tri-


angle
3.1 Rappels
On rappelle sans démonstration les résultats suivants :
- les symétriques de l’orthocentre d’un triangle par rapport à ses côtés appartiennent à
son cercle circonscrit (on peut le retrouver en faisant une chasse aux angles).

11
- Si P est le pied de la bissectrice intérieure issue de A dans un triangle ABC, alors PB/PC =
AB/AC (on peut le retrouver en utilisant la loi des sinus).
On rappelle qu’il est parfois utile de faire une esquisse de figure rapidement à main levée
pour choisir la configuration initiale donnant la meilleure figure possible. Par meilleure, on
entend une figure sans symétries ajoutées (comme des triangles isocèles qui n’en sont pas
forcément), sans alignements supplémentaires, etc. Ensuite il est utile de travailler sur une
grande figure tracée avec les instruments. Si des propriétés remarquables semblent apparaître
(égalité de longueurs, alignements), il est utile de faire une figure dans une autre configuration
pour voir s’il s’agit une coincidence ou non.

3.2 Cercle d’Euler


−−→ −−→
Théorème 22. (i) On a OH = 3OG.
(ii) Les points suivants sont tous cocyliques : les milieux des côtés du triangle ABC, les pieds
des hauteurs de ABC, les milieux des segments [AH], [BH], [CH]. Le cercle passant par
tous ces points est appelé cercle d’Euler de ABC. Par ailleurs, le rayon du cercle d’Euler
vaut R/2.
(iii) Les triangles ABC, ABH, BCH et CAH ont même cercle d’Euler, et leurs cercles circons-
crits ont tous même rayon.

A
Γ

B1
A2 Γ0

C1

H
C0 B0

O0
G
C2
O
B2

B C
A1 A0

Ce résultat, ainsi que sa preuve sont à retenir.


−−→ −−→ −→ −→
Démonstration. (i) On a déjà vu que OH = OA+ OB+ OC. Comme G est le centre de gravité
−→ −→ −→ → −
de ABC, on a GA + GB + GC = 0 . Donc
−−→ −−→ −−→ −−→ −→ −−→ −→ −−→
OH = (OG + GO) + (OG + GB) + (OG + GC) = 3OG.

12
(ii) Soit Γ le cercle circonscrit de ABC, notons A 0 , B 0 , C 0 les milieux respectifs de [BC], [AC], [AB]
et A1 , B1 , C1 les pieds respectifs des hauteurs issues de A, B, C.
É TAPE 1 : Soit H l’homothétie de centre G et de rapport −1/2. Étudions l’image de Γ par
H. Le centre de gravité étant situé au tiers de chaque médiane, H transforme A en A 0 ,
B en B 0 et C en C 0 . Ainsi, l’image de Γ par H est le cercle circonscrit de A 0 B 0 C 0 qu’on
−−→ −−→
note Γ 0 . Ainsi, le rayon de Γ 0 est R/2. Soit O 0 son centre. On a donc GO 0 = − 12 GO. Or
−−→ −−→
OH = 3OG. On en déduit que O 0 est le milieu de [OH].
É TAPE 2 : Soit h l’homothétie de centre H et de rapport 2. D’après ce qui précède, h
transforme un cercle de centre O 0 et de rayon r en un cercle de centre O et de rayon
2r. On en déduit que h transforme Γ 0 en Γ . En particulier Γ 0 contient h(A), h(B), h(C) et
donc les milieux des segments [AH], [BH], [CH] appartiennent à Γ 0 .
É TAPE 3 : Pour montrer que A1 ∈ Γ 0 , montrons que O 0 A1 = O 0 A.Soit O10 le projeté
orthogonal de O 0 sur (BC). Comme (HA1 ) k (OA 0 ) et comme O 0 est le mileu de [OH], le
théorème de Thalès assure que O10 est le milieu de [A1 A 0 ]. Il s’ensuit que O10 appartient
à la médiatrice de ce dernier segment et donc O 0 A1 = O 0 A. On montre de même que
B1 , C1 ∈ Γ 0 .
(iii) Le cercle Γ 0 passe par les milieux de tous ces triangles. Ils ont donc même cercle d’Euler
et donc même rayon, car d’après (ii) ce rayon vaut R/2.

3.3 Triangle orthique et théorème de Nagel


Soit ABC un triangle non rectangle. Soient I, J, K les pieds respectifs des hauteurs issues de
A, B, C. Le triangle IJK est appelé triangle orthique de ABC

Théorème 23. (i) On a les égalités d’angles suivantes :


A

J
β

γ β
K O

H
γ

βα α γ C
B I

(ii) Théorème de Nagel : les bissectrices des angles BAC


d et IAO
d sont confondues.
(iii) Les droites (OA), (OB), (OC) sont perpendiculaires aux côtés de IJK.

13
(iv) Les droites (IJ) et (IK) sont symétriques par rapport à la hauteur (AI).

Démonstration. La première assertion provient d’une simple chasse aux angles. Les autres as-
sertions sont alors des conséquences faciles (pour (ii), on utilise par exemple que OAC
d =

90 − β/2 = BAI).
d

3.4 Droites de Simson et de Steiner


On définit ici la notion importante de droite de Simson et étudions quelques unes de es
propriétés. Dans cette partie, on garde les notations introduites dans les différents énoncés.

Théorème 24. Soit Γ un cercle et A, B, C trois points de Γ . Soit P un point du plan, P1 , P2 , P3 ses
projections respectives sur les droites (BC), (CA), (AB). Montrer que les points P1 , P2 , P3 sont
alignés si et seulement si P appartient à Γ .

Lorsque A, B, C, D sont cocycliques, la droite passant pas P1 , P2 , P3 est appelée droite de


Simson, et on la notera ∆P .
Démonstration. On traitera le cas où les points sont dans la confiuration de la figure, les autres
se traitent de façon similaire.
A

P2
P1
B
C

P3
P

Les points P, P1 , B, P3 d’une part, P, A, P2 , P3 d’autre part sont cocycliques, d’où PP


d3 P1 = PBP1 =
d
d et PP
PBC d3 P2 = PAP2 = PAC. Or les points P, Q, R sont alignés si et seulement si P1 P3 P2 = 0,
d d d
soit PP
d 3 P1 = PP3 P2 , donc si et seulement si PBC = PAC, donc si et seulement si les points
d d d
A, B, C, P sont cocycliques.

Proposition 25. On reprend les notations du Théorème 24. On suppose que P ∈ Γ . Notons Q
le point où (PP1 ) recoupe Γ (si (PP1 ) est tangente à Γ on pose Q = P).
Alors (AQ) et ∆P sont parallèles.

Démonstration. On traitera le cas où les points sont dans la confiuration de la figure, les autres
se traitent de façon similaire.

14
Q

P2
P1 C
B

P3

Les points Q, A, C, P étant cocycliques, on a AQP


d = ACP. d Par ailleurs, les points P1 , P2 , C, P
étant cocycliques (sur le cercle de diamètre [CP]), on a Pd
3 P1 P = ACP. On en déduit que AQP =
d d
3 P1 P, et donc que ∆P et (AQ) sont parallèles.
Pd
Théorème 26. On suppose que P ∈ Γ . Notons respectivement Q1 , Q2 , Q3 les symétriques de P
par rapport aux droites (BC), (AC), (AB).
(i) Les points Q1 , Q2 , Q3 sont alignés sur une droite notée DP et appelée droite de Steiner. De
plus ∆P et DP sont parallèles.
(ii) L’orthocentre H du triangle ABC appartient à la droite de Steiner DP .
Démonstration.
Q

A
D

Q1

H
C

B
P1
E

H1

Comme la droite de Simson est parallèle à (AQ), il suffit de prouver que (HQ1 ) est parallèle à
(AQ) (on montrerait de même que (HQ2 ) et (HQ3 ) sont parallèles à (AQ)).
Notons H1 le symétrique de H par rapport à (BC). On sait que H1 appartient à Γ . Par

symétrie, HQ
d1 P = Qd 1 PH1 . Comme H1 , A, P, Q sont cocycliques, on Q1 PH1 = 180 − HAQ.
d d
Comme (AH) et (QP1 ) sont parallèles (car perpendiculaires à (BC)), il vient 180◦ − HAQd =
d 1 . On en déduit que (AQ) et (HQ1 ) sont parallèles, ce qui clôt la preuve.
AQP

15
Théorème 27. On suppose que P ∈ Γ . Le milieu de [PH] appartient à la droite de Simson

Démonstration. Comme P1 , P2 , P3 sont les milieux respectifs de [PQ1 ], [PQ2 ], [PQ3 ], la droite de
Steiner est l’image de la droite de Simson par une homothétie de centre P et de rapport 2.
Comme H appartient à la droite de Steiner, on en déduit que le milieu de [HP] appartient à la
droite de Simson.

Q Q2

A Q1

P2

Q3 P1 C
B

P3

Proposition 28. Soient P, P 0 ∈ Γ . Montrer que les droites de Simson de P et P 0 sont perpendi-
culaires si, et seulement si, P et P 0 sont diamétralement opposés sur Γ .

Démonstration. Notons Q 0 le point où (P 0 P10 ) recoupe Γ . D’après la Proposition 25, il suffit de


prouver que (AQ) et (AQ 0 ) sont perpendiculaires si, et seulement si, P et P 0 sont diamétrale-
ment opposés sur Γ . Or (AQ) et (AQ 0 ) sont perpendiculaires si, et seulement si, [QQ 0 ] est un
diamètre de Γ . On voit aisément que c’est le cas si, et suelement si, P et P 0 sont diamétralement
opposés.
Exercice 10 Soient P, P 0 ∈ Γ deux points diamétralement opposés. Prouver que les droites de
Simson de P et P 0 se coupent en un point du cercle d’Euler de ABC.

3.5 Quadrilatères complets


On explore ici quelques propriétés des quadrilatères complets, qui sont des figures detér-
minées par quatre droites distinctes, sécantes deux à deux, l’intersection de trois quelconques
d’entre elles étant vides. Plus précisément, soit ABC un triangle. On suppose qu’une droite ∆
coupe (BC), (CA), (AB) en respectivement D, E, F. On parle de quadrilatère complet BCEF.

Théorème 29 (Droite de Newton d’un quadrilatère complet). Soient M1 , M2 , M3 les milieux


respectifs de [AD], [BE], [CF]. Les points M1 , M2 , M3 sont alignés sur une droite appelée droite
de Newton du quadrilatère complet.

Démonstration.

16
A

F0
E
E0
A0
M1 F

M3
M2

D
B

Soient A 0 , E 0 , F 0 les milieux respectifs de [EF], [FA], [AE]. Alors M1 , E 0 , F 0 sont alignés, ainsi
que M2 , F 0 , A 0 et ainsi que M3 , A 0 , E 0 . D’après le théorème de Thalès, les triplets M1 , E 0 , F 0 et
M2 , F 0 , A 0 et M3 , A 0 , E 0 sont constitués de points alignés.
Appliquons le théorème de Ménélaüs au triangle AEF et la droite passant par D, B, C

DE BF CA
· · = 1.
DF BA CE
D’après le théorème de Thalès, on a DE = 2M1 F 0 , DF = 2M1 E 0 , BF = 2M2 A 0 , BA = 2M2 F 0 ,
CA = 2M3 E 0 , CE = 2M3 A 0 . On en déduit que

M1 F 0 M3 E 0 M2 A 0
· · = 1.
M1 E 0 M3 A 0 M2 F 0

Théorème 30 (Point de Miquel d’un quadrilatère complet).


(i) Les quatres cercles Γ1 , Γ2 , Γ3 , Γ4 circonscrits respectivement aux triangles ABC, DBF, AEF, DCE
sont concourants en un point appelé point de Miquel du quadrilatère complet.
(ii) Les centres de Γ1 , Γ2 , Γ3 , Γ4 appartiennent un même cercle M, appelé cercle de Miquel du
quadrilatère complet.
(iii) Le point de Miquel appartient au cercle de Miquel.

Démonstration. On fait les démonstrations dans les configurations des figures (sinon il fau-
drait utiliser des angles orientés).
(i)

17
A

M
E

C
D

Soit M le point d’intersection des cercles circonscrits à ABC et DBF. Montrons que M
appartient au cercle circonscrit de DEC (la preuve est similaire pour AEF). Par cocyclicité
on a
DMB
d = DFB,d BMC
d = BAC.d
Donc DMC d On en déduit que D, M, E, C sont cocycliques.
d = FEC.
(ii)

Ω3 E
Ω1

M
F

Ω2
B
D

Ω4

Comme (MF) ⊥ (Ω2 Ω3 ) et (Ω3 Ω4 ) ⊥ (EM), on a FME d = Ω2 Ω3 Ω4 . De même, BMC d =


Ω1 Ω4 .
Ω2d
Or par cocyclicité de A, E, F, M, on a FME d et par cocyclicité de A, M, B, C on a
d = FAE
FAE
d = BACd = BMC. d Ainsi, Ω2 Ω3 Ω4 = Ω2d Ω1 Ω4 , ce qui prouve que les quatre centres
sont cocycliques.

18
(iii)
A

Ω1
M
F

Ω2
C
Ω4
B

M2

M4

Montrons que Ω1 , Ω2 , Ω4 , M sont cocycliques. Pour cela, soient M2 et M4 les points dia-
métralement opposés de M sur respectivement Ω2 et Ω4 .Alors MDM d 2 et MDM d 4 sont
des angles droits, et donc D, M2 , M4 sont alignés. On en déduit que

Ωd
2 MB = M2 MB = M2 DB = M4 DC = Ω4 MC.
d d d d

Il s’ensuit que Ω2 MΩ4 = BMC.


d Or on a vu dans la preuve de (ii) que BMC Ω1 Ω4 .
d = Ω2d
Ceci conclut.

Finalement, le fait suivant, utile et à retenir, est laissé en exercice.


Exercice 11 En gardant les notations précédentes, montrer que le point M appartient à la
droite (AD) si, et seulement si, les points B, F, E, C sont cocycliques.
Exercice 12 Soit ABC un triangle non isocèle en A, et soient B 0 , C 0 les pieds respectifs des
hauteurs issues de B et C. Soient M le milieu de [BC], H l’orthocentre de ABC, O1 le milieu de

19
[AH] et O2 le centre du cercle circonscrit de BHC. Proucer que O1 AMO2 est un parallélograme.

Exercice 13 (MOP 1995) Soit ABC un triangle non isocèle en A, et soient B 0 , C 0 les pieds res-
pectifs des hauteurs issues de B et C. Soient M le milieu de [BC], H l’orthocentre de ABC, et
D l’intersection de (BC) avec (B 0 C 0 ). Prouver que (DH) et (AM) sont perpendiculaires.
Nous concluons cette section par une autre propriété utile du point de Miquel, qui per-
met de retrouver le centre d’une similitude connaissant un segmet et son image. On rappelle
qu’une similitude directe de centre O est la composée d’une rotation et d’une homothétie (les
deux de centre O) et que si ABCD n’est pas un parallélogramme, il existe une unique simili-
tude directe envoyant A sur B et C sur D.

Théorème 31. Soient A, B, C, D quatre points du plan tels que (AC) et (BD) ne soient pas pa-
rallèles. Soit X le point d’intersection des droites (AC) et (BD). Soit O le second point d’inter-
section des cercles circonscrits des triangles ABX et CDX. Alors O est le centre de la similitude
directe envoyant A sur C et B sur D, ainsi que le centre de la similitude direction envoyant A
sur B et C sur D.

Démonstration.
B

C
B
X

D
D C
A

Ceci provient d’une simple chasse aux angles, qui montre que les triangles AOC et BOD sont
semblables, ainsi que les triangles AOB et CPD.
En particulier, si O est le centre d’une similitude directe qui envoie A sur C et B sur D (ou
A sur B et C sur D), alors si M est le point de Miquel du quadrilatère ABDC et X est le point
d’intersection de (AC) et (BD), alors A, B, M, X sont cocycliques ainsi que C, D, O, M.
Une conséquence immédiate du théorème précédent est que le point de Miquel M d’un
quadrilatère ABCD est le centre de la similitude directe qui envoie A sur D et B sur C, ainsi
que le centre de la similitude directe qui envoie A sur B et D sur C.

À titre d’illustration, démontrons l’affirmation de l’Exemple 21 en utilisant ce résultat.


Rappelons son contenu : un cercle de centre O passe par les points A et C d’un triangle ABC
et recoupe les segments [AB] et [BC] en respectivement K et N (K 6= N). On suppose que les
cercles circonscrits aux triangles ABC et KBN se recoupent en un point M différent de B. Il
s’agissait de prouver que l’angle OMB
d est un angle droit.

20
B

M N

K
V

P U O
A C

Comme dans l’Exemple 21 (ou en utilisant l’exercice 11), les droites (MB), (KN) et (AC)
sont concourantes en un point P. Notons U et V les milieux respectifs de [AK] et [CN]. M
est le centre de la similitude directe envoyant [AK] sur [NC]. M est donc aussi le centre de
la similitude directe envoyant [KU] sur [NV], Dce qui implique que les points M, B, U, V sont
cocycliques. Or, puisque OUBd = OVBd = 90◦ , les points U, B, V, O appartiennent au cercle de
diamètre [BO]. Donc M appartient également à ce dernier cercle, ce qui implique que OMBd =
90◦ .

Pour approfondir cette partie, nous conseillons vivement la lecture de http://yufeizhao.


com/olympiad/cyclic_quad.pdf

3.6 Bissectrices, cercles inscrit et exinscrits


Théorème 32. Soit I le centre du cercle inscrit d’un triangle ABC et Ia le centre de son cercle
b Soit A 0 le milieu de [BC] et soient D et D1 les points de contacts
exinscrit Γa “de l’angle A”.
respectifs du cercle inscrit de Γa avec (BC).
(i) D et D1 sont symétriques par rapport à A 0 .
(ii) Notons E, F les points de contacts respectifs du cercle inscrit avec [AB] et [AC]. En notant
p = (a + b + c)/2, on a

CD1 = BD = p − b, BD1 = CD = p − c, CE1 = p − b.

On calcule similairement les autres longueurs faisant intervenir les points de contacts
du cercle inscrit et des autres cercles circonscrits.

Démonstration.

21
A
E
F
I

B A0 D C
D1

Ia

(i) Soit P le milieu de [IIa ]. Prouvons que P appartient au cercle circonscrit de ABC. Comme

a BI = IA CI = 90 , P est le centre cercle passant par B, I, C, Ia . En particulier, P appar-
Id d
tient à la médiatrice de [BC]. Or il est bien connu que la médiatrice de [BC] coupe (IA)
en un point appartenant au cercle circonscrit de ABC.
point d’intresection de la droite (AI) avec le cercle circonscrit de ABC. Il est bien connu

que P appartient à la médiatrice de [BC]. Par ailleurs, comme Id a BI = IA CI = 90 , [IIa ]
d
est le diamètre du cercle passant par B, I, C, Ia . En particulier, le projeté orthogonal de P
sur (BC) est A 0 . Puisque les projetés orthogonaux sur (BC) de Ia et I sont respectivement
D1 et D, A 0 est bien le milieu de D1 D, d’où le résultat.
(ii) Posons x = AE = AF, y = BF = BD, z = CD = CE. Comme BD + DC = BC, on a
y + z = a. De même, z + x = b et x + y = c. On en déduit que x + y + z = p, puis
x = p − a, y = p − b et z = p − c. Comme D1 et D sont symétriques par rapport à A 0 , on
a aussi CD1 = BD = p − b et PD1 = CD = p − c.

4 Solution des exercices


−−→ −−→ −−−→ →−
Solution de l’exercice 1 En remarquant que OA1 + OA2 + · · · + OAn = 0 , écrivons

X
n X
n
−−→ −−→ −−→ −−→
2
Ai M = (OM − OAi ) · (OM − OAi )
i=1 i=1
Xn 
−−→ −−→
2
= 2R − 2OM · OAi
i=1
X
n
!
−−→
2 −−→
= 2nR − 2OM · OAi = 2nR2 ,
i=1

ce qui conclut.
Solution de l’exercice 2

22
A

H
B C

(i) On écrit :
−−→ −→ b = R2 (1 − 2 sin2 (C))
OA · OB = R2 cos AOB
d = R2 cos(2C) b = R2 − c2 /2,

où pour la dernière égalité on a utilisé le fait que 2R = c/ sin C b d’après la loi des sinus.
−−→ −−→ −→ −→
(ii) Il suffit de vérifier que si le point H 0 est défini par la relation OH 0 = OA + OB + OC,
−−→ −→ −−→ −→
alors AH 0 · BC et BH 0 · AC, ce qui se fait exactement comme dans l’Exemple 6.
(iii) On écrit :
−−→ −−→ −→ −→ −−→ −→ −→
OH2 = OH2 = (OA+OB+OC)·(OA+OB+OC) = 3R2 +2(R2 −a2 /2)+2(R2 −b2 /2)+2(R2 −c2 /2),

d’où le résultat.

Solution de l’exercice 3

D B

A C

D’après l’Exemple 18, il suffit de vérifier que le cercle circonscrit de ADE est tangent à (DB).
Ceci provient d’une petite chasse aux angles : ADBd = 180◦ − 2ABD d = ABC d = AEC.d
Solution de l’exercice 4

23
A

P
HC

HB
H
N

B C

Nous allons montrer que H a la même puissance par rapport aux deux cercles de la figure, ce
qui impliquera que H est sur leur axe radical, qui est (PQ).
Pour cela, comme (BHB ) ⊥ (AC), HB est sur le cercle de diamètre [BN]. La puissance de
H par rapport au cercle de diamètre [BN] vaut donc −HB · HHB . De même, la puissance de H
par rapport au cercle de diamètre [CM] vaut −HC · HHC .
Or les points B, HC , HB , C sont cocycliques : ces points sont situés sur le cercle de diamètre
[BC]. On en déduit que −HB · HHB = −HHC · HC, ce qui conclut.
Solution de l’exercice 5
Ω2

Ω1

C
P
M
Q

∆ D
T
A B

24
Il suffit d’être logique, qualité qui permet de résoudre nombre d’exercices de géométrie : une
chasse aux angles s’impose, et montre que ABE d = CDE d = MBA,d la dernière égalité étant
d’une importance capitale. De même, BAE d = MAB.d Ces égalités impliquent que M et E sont
images l’un de l’autre par la symétrie par rapport à la droite (AB). Les droites (ME) et (AB)
sont orthogonales, puis les droites (ME) et (PQ) sont orthogonales.
Il faut également savoir reconnaître les situations classiques : ici, en notant T l’intersection
des droites (MN) et (AB), il faut savoir que T A = T B (voir Exemple 18). Le théorème de
Thalès montre alors que M est le milieu de [PQ]. En somme, (ME) est la médiatrice de [PQ].
E est donc bien équidistant de P et de Q.
Solution de l’exercice 6

Γ1
A
Γ2

E
D

F
M

En calculant la puissance de A par rapport à Γ1 , on obtient AE · AF = AB2 = AD · AC. Donc


D, C, F, E appartiennent à un même cercle Ω, de sorte que M est le centre de Ω. On en déduit
que [DC] est un diamètre de Ω puis que M est le milieu de [DC]. D’où :

MC DC 3 3
= = = .
AC 2AC 2·4 8
Donc AM/MC = 3/5.
Solution de l’exercice 7

25
A

P N

E
D G
F
Q

Soient M le second point d’intersection du cercle circonscrit de PDG avec (AB), et N le


second point d’intersection du cercle circonscrit de EPF avec (AC). Sans perte de généralité,
supposons que M et N appartiennent respectivement à [AB] et [AC] (les autres cases sont
similaires). Alors
ABC
d = ADG d = 180◦ − BDG d = 180◦ − MPC,d
ce qui implique que B, M, P, C sont cocycliques. De même, B, P, N, C sont cocycliques. Ainsi,
B, C, N, P, M sont cocycliques. Donc ANM
d = ABC d = ADE,d donc M, N, D, E sont également
cocycliques. Donc AD · AM = AE · AD. Ainsi A a même puissance par rapport aux cercles
circonscrits de PDG et EPF, et appartient donc à (PQ) qui est leur axe radical.
Solution de l’exercice 8
Solution de l’exercice 9

P Γ0

R
Γ 00

E
B
Q
C
Γ
O
A D

Soit O le centre de Γ et soit R le second point d’intersection du cercle circonscrit Γ 0 à QCD


avec (PQ) (R est le point de Miquel du quadrilatère complet). Comme PRC d = QDC d = ABC, d
on rappelle que les points P, R, C, B sont cocycliques. D’après l’Exemple 21, (OR) et (PQ) sont

26
perpendiculaires, ce qui implique que Q, F, O, E, R sont cocycliques sur un cercle Γ 00 . L’axe
radical de Γ et Γ 0 est (CD), l’axe radical de Γ 0 et Γ 00 est (QR). Comme ils s’intersectent en P, il
en découle que P appartient à l’axe radical de Γ et Γ 00 , qui n’est autre que (EF).
Solution de l’exercice 10

M
N
X

P
B Z C D
A

Le point P appartenant à l’intersection des trois axes radicaux, les ponts M, N, C, B sont
cocycliques. Par ailleurs, comme

d = 90◦ + MNB
MND d = 90◦ + MCA
d = 180◦ − MAD,
d

les points A, M, N, D sont cocycliques. Les droites (AM), (DN) et (XY) sont ainsi les axes
radicaux de trois cercles et sont donc concourantes (elles ne peuvent pas être parallèles).
Solution de l’exercice 11

∆P 0

A
P0

I0

O
H O0
∆P I C

B
P

Soit O le centre de Γ . Soit Γ 0 le cercle d’Euler de ABC et notons O 0 son centre. Notons I et I 0 les
milieux respectifs de [PH] et [P 0 H]. On a déjà vu que Γ 0 est l’image de Γ par une homothétie de
centre H et de rapport 1/2. On en déduit que I et I 0 appartiennent au cercle d’Euler. Comme
[PP 0 ] est un diamètre de Γ , [II 0 ] est un diamètre de Γ 0 . Si R est le point d’intersection des deux

27
droites de Simson, les droites (RI) et (RI 0 ) sont perpendiculaires. Ainsi, R appartient au cercle
de diamètre [II 0 ], qui n’est autre que le cercle d’Euler.
Solution de l’exercice 12

M E

B
D

Faisons la preuve dans la configuration de la figure. Par cocyclicité de D, M, F, B on a DMF


d =
d et par cocyclicité de M, A, E, F on a FMA
FBC d = DEC. d Ainsi, D, M, A sont alignés, si et seule-
ment si, FBC
d + FECd = 180◦ , autrement dit si, et seulement si, F, E, C, B sont cocycliques.

28

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