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Hap

Le document décrit les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs), leurs sources, leurs propriétés physico-chimiques et leurs impacts sur la santé. Les HAPs sont générés lors de la combustion incomplète de matières organiques et se présentent souvent sous forme de mélanges complexes dans l'environnement. Certains HAPs peuvent avoir des effets cancérogènes, génotoxiques et systémiques.

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Le document décrit les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs), leurs sources, leurs propriétés physico-chimiques et leurs impacts sur la santé. Les HAPs sont générés lors de la combustion incomplète de matières organiques et se présentent souvent sous forme de mélanges complexes dans l'environnement. Certains HAPs peuvent avoir des effets cancérogènes, génotoxiques et systémiques.

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INTRODUCTION

Les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAPs) sont générés pendant la pyrolyse ou la


combustion incomplète de matières organiques. Ces procédés comprennent l’incinération des
déchets agricoles, la combustion du bois, du charbon ou des ordures ménagères mais
également le fonctionnement des moteurs à essence ou des moteurs diesels. Les HAPs sont
rarement présents à très fortes concentrations dans l’environnement et leur particularité est
surtout d’être présents sous forme de mélanges plus ou moins complexes. En effet, compte
tenu de la diversité des sources de production des HAPs, un mélange complexe de centaines
de composés chimiques incluant des HAPs, des dérivés de HAPs tels que les nitro HAPs, les
composés oxygénés et les composés hétérocycliques est retrouvé dans l’environnement. Les
HAPs sont biodégradés dans les couches superficielles du sol et la majorité des HAPs
présents dans les eaux de surface sont issus des dépôts atmosphériques. Dans les eaux, la
plupart des HAPs sont adsorbés sur les sédiments (OMS, 1996). Enfin, il est important de
noter que d’autres apports tels que la combustion de cigarette contribuent à l’augmentation
des HAPs présents dans le milieu intérieur.
La population est donc généralement exposée à un mélange de HAPs et ceci quelle que soit la
voie d’exposition (orale, pulmonaire et puis cutanée). Pour la population générale, la
principale source d’exposition aux HAPs est l’alimentation. En effet, des HAPs sont formés
lors de la cuisson des aliments et pendant des périodes de pollution atmosphérique, des HAPs
se déposent sur les graines, les fruits ou les légumes qui sont ensuite consommés (OMS,
2000). La population générale est également exposés par voie pulmonaire, le plus souvent, à
un mélange de HAPs contenant ou non d’autres substances chimiques et diverses particules.
Actuellement, les effets toxicologiques de tous les HAPs sont imparfaitement connus.
Toutefois, les données expérimentales disponibles chez l’animal ont montré que certains
HAPs pouvaient induire spécifiquement de nombreux effets sur la santé tels que des effets
systémiques (effets hépatiques, hématologiques, immunologiques et développement
d'athérosclérose), des effets sur la reproduction ainsi que des effets génotoxiques et
cancérigènes. Nous aborderons les caractéristiques physico-chimiques des HAPs ainsi que
leur Impact sur la santé dans les lignes à suivre.

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I. GENERALITES 
Les HAP (Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques) sont quotidiennement présents dans
notre proche environnement. En raison de leur pression de vapeur saturante comprise entre 10
et 10-10 pascals, de nombreux HAP présents dans l’atmosphère existent simultanément sous
forme gazeuse et particulaire (HAP adsorbés et/ou absorbés aux particules). Leur impact
sanitaire et leur comportement dans l’environnement, diffèrent selon la forme considérée.
Ce sont des composés organiques dont la structure cyclique comprend au moins deux cycles
aromatiques. Le nombre théorique de HAP susceptibles d’exister s’élève à plus de 1000.
Seulement plus d’une centaine de HAP différents y ont été identifiés. Parmi ces HAP, 16
d’entre-eux sont couramment analysés dans les différentes composantes de l’environnement,
selon les recommandations de l’Agence Américaine de l’Environnement.
Les HAP proviennent essentiellement de phénomènes de pyrolyse-pyrosynthèse de la matière
organique (combustibles fossiles, bois …), ainsi que d’imbrûlés. Le phénomène d’émissions
de HAP provenant d’imbrulés de la matière organique est prévisible, étant données les
quantités de HAP déjà présentes dans les différents combustibles. Les mécanismes conduisant
à la formation de HAP par pyrolyse-pyrosynthèse ne sont pas encore totalement connus. Ils
semblent toutefois impliquer la fragmentation des substances organiques en composés
instables, sous l’effet de la température. Ces fragments, principalement des radicaux libres
très réactifs, ont des temps de vie très courts. Une partie d'entre eux vont réagir avec
l’oxygène présent pour former du CO2 et de l’eau. Mais l'oxygène étant généralement
insuffisant pour accomplir une oxydation totale, une partie de ces fragments vont réagir entre
eux. La recombinaison de ces fragments va conduire lors du refroidissement à des composés
organiques de plus en plus complexes.
Ces mécanismes autorisent la formation d’une grande variété de HAP de masse molaire
comprise entre 78 (C6H6) et 1792 g.mol-1 (C144H64). Généralement, la nature et
L'abondance des HAP formés va dépendre de paramètres tels que la composition du
combustible de base (le rendement de formation des HAP augmente avec la concentration
d’aromatiques, d’alcènes cycliques, d’alcènes, et d’alcanes), de la proportion d’oxygène, et de
la température de combustion (plus la température est élevée, moins des HAP alkylés seront
formés).
Un autre mode de formation des HAP provient de la formation géologique des combustibles
fossiles tels que le pétrole ou le charbon lors de la dégradation des substances organiques, à
pression élevée et à température réduite (inférieure à 200 °C). En raison de la température
relativement basse, les HAP sont formés plus lentement et la proportion de HAP alkylés
augmente.

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II. DIFFERENTS TYPES DE HAPS

Deux types de HAP sont distingués :


1. Les pétrogéniques : se dit des hydrocarbures présents dans les bruts pétroliers,
d'origine naturelle qui se caractérisent par une forte proportion d’hydrocarbures
ramifiés.
2. Les pyrogéniques : se dit des hydrocarbures produits par combustion de matière
organique (riche en carbone, combustibles fossiles ou bois).Ces hydrocarbures dont
l’origine est liée à l’activité humaine, sont considérés comme des polluants primaires.
Ce sont les HAP qui prédominent dans l’environnement. Ce sont principalement les
composés non-ramifiés.
Seize HAPs sont classés prioritaire par l’USEPA. Il s’agit de

4
III. Classification des HAPs

Les HAP ont été classés pour leur cancérogénicité par le Centre International de Recherche
sur le Cancer (CIRC) ainsi que par l’Union Européenne (UE) (voir Tableau 1), cette dernière
vlassification étant la seule à avoir une valeur réglementaire en milieu du travail en France.
Des préparations contenant des HAP et des secteurs d’activité sont également classés par l’UE
et le CIRC. Ces classifications sont établies sur la base de données épidémiologiques et le cas
échéant d’études in vivo sur l’animal ou in vitro.

1. Classification du CIRC 
Groupe 1 : l'agent ou le mélange est cancérogène pour l’homme.
Groupe 2 :
2A : L’agent ou le mélange est probablement cancérogène pour l’homme.
2B : L’agent ou le mélange est un cancérogène possible pour l’homme. Groupe 3 : l'agent (le
mélange ou le mode d’exposition) est inclassable quant à sa cancérogénicité pour l’homme.
Groupe 4 : l’agent (le mélange ou le mode d’exposition) n’est probablement pas cancérogène
pour l’homme.

2. Classification de l’UE

Catégorie 1 : Substances et préparations que l’on sait être cancérogènes pour l’homme.
Catégorie 2 : Substances et préparations pour lesquelles il existe une forte présomption que
l’exposition de l’homme à de telles substances et préparations peut provoquer un cancer ou en
augmenter la fréquence.
Catégorie 3 : Substances et préparations préoccupantes pour l’homme en raison d’effets
cancérogènes possibles mais pour lesquelles les informations disponibles sont insuffisantes
pour classer ces substances et préparations dans la catégorie 2

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6
IV. CARACTERISTIQUES DES HAPS

Les HAP font partie des Polluants Organiques Persistants (POP) car ils se caractérisent par les
quatre propriétés suivantes :
 Toxicité : elles présentent un ou plusieurs impacts prouvés sur la santé humaine
 Persistance dans l’environnement : ils sont généralement peu dégradés dans
l’environnement naturel ou par les organismes vivant
 Bioaccumulation : ces molécules s’accumulent dans les tissus vivants du fait de leur
faible solubilité aqueuse et leur forte solubilité dans les lipides. De façon générale,
lorsque la masse moléculaire de ces composés augmente, leur solubilité dans l’eau
diminue alors que leur caractère lipophile augmente.
 Transport longue distance : du fait de leurs propriétés de persistance et de
bioaccumulation, ces composés semi-volatils peuvent se déplacer sur de longues
distances et se déplacer loin des lieux d’émission, typiquement des milieux chauds (à
forte activité humaine) vers les milieux froids.

V. PROPRIÉTÉS PHYSICO-CHIMIQUES DES HAPs

1. Propriétés physiques

 Caractère hydrophobe
Le transport et la répartition des HAP dans l’environnement dépendent notamment de leurs
propriétés physico-chimiques. Les propriétés physico-chimiques se révèlent très utiles pour
évaluer l’impact potentiel des HAP dans l’environnement. Elles vont notamment permettre de
mieux prévoir leur répartition, ainsi que leur comportement dans les différents compartiments
de l'environnement (eau, sol, sédiments, atmosphère, végétaux, êtres vivants). Les HAP sont
des composés non polaire, stables et ayant une faible volatilité. Il en résulte que les HAP sont
hydrophobes, et persistants. Généralement, ces tendances s’accentuent lorsque la masse
molaire augmente.
 Caractère liposoluble
D’après les paramètres caractéristiques des HAP, une fois émis dans l’atmosphère, ces
composés vont avoir tendance à s’accumuler dans les différents compartiments solides de
l'environnement (sol, sédiment, matières en suspension). De plus, leur caractère lipophile leur
permet d’être facilement transférés dans les différents compartiments de la chaîne
alimentaire..

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 Caractère volatil
La plupart des HAP sont peu volatils, très peu solubles dans l’eau, peu mobiles dans le sol car
facilement adsorbés. Ces substances sont stables (hydrolyse négligeable) mais leur
biodégradabilité varie fortement selon les conditions du milieu.
Etant hydrophobes, liposolubles et généralement volatils, les HAP ont tendance à s’adsorber
sur les matrices solides et notamment les matières organiques.
 Tension de vapeur saturante :
Elle reflète la volatilité et donc la capacité d’un composé à rester en phase gazeuse ou à se
volatiliser.
 Solubilité :
Elle donne une idée de la capacité d’une molécule organique à se dissoudre dans l’eau.
(Caractère Polaire)
 De l’ordre du μg/l : solubilité faible
 De l’ordre du mg/l : solubilité moyenne
 De l’ordre du g/l : solubilité importante
En général, les HAP ont une faible solubilité, comprise entre 30 mg/l pour les composés
légers et 10-4 mg/l pour les plus lourds.
 Constante de Henry(Cair(eq)/Ceau(eq) :
Elle caractéristique de l’équilibre entre les phases gazeuse et aqueuse
 Coefficient de partage du carbone organique (Koc) :
Il indique la propension des HAP à se lier à la matière organique du sol ou du sédiment
 Le coefficient de partage Octanol-eau (KOW) Kow = Coctanol / Ceau 
C’est l'affinité d’un composé pour la matière organique. Il permet de
 Prévoir leur bioaccumulation
 Estimer la migration des HAP vers des lipides.
 Permet d’évaluer le caractère polaire des molécules
Selon la valeur de logkow on distingue
 logKow< 1,5 : substances non bioaccumulables
 logKow > 3 substances bioaccumulables

 Facteur de Bioconcentration BCF BCF = Cmat.vivante / Ceau 


Il donne la tendance qu’a une molécule à se bioaccumuler dans un organisme vivant donnés.

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2. Propriétés chimiques

Les HAP peuvent être classés en trois groupes basés sur le nombre de cycles aromatiques
qu’ils contiennent et leurs masses molaires moléculaires HAP de faibles masses molaires
moléculaires : de l’ordre de 152-178 g/mol, soit 2 à 3 cycles) : naphtalène, acénaphtylène,
acénaphtène, fluorène, anthracène et phénanthrène.
Ils ont la solubilité et volatilité la plus élevée, HAP de masses molaires moléculaires inter-
médiaires de l’ordre de 202 g/mol, 4 cycles) : fluoranthène, pyrène HAP à masses molaires
moléculaires élevées de l’ordre de 228-278 g/mol, soit 4 à 6 cycles : benzo(a)anthracène,
chrysène, benzo(a)pyrène, benzo(b)fluoranthène, dibenzo(ah)anthracène, benzo(k) fluoran-
thène, benzo(ghi)pérylène, indéno(1,2,3, cd)pyrène.
Ils présentent la sorption la plus forte.

VI. SOURCES ET VOIES D’EXPOSITION AUX HAPs

1. Population générale

Les sources nombreuses et variées des HAP sont à l’origine d’une présence assez importante
dans l’environnement, à la fois dans les eaux (surtout dans les sédiments et les matières en
suspension), dans les sols et dans l’air ambiant.
D’après une étude canadienne, les incendies de forêt et les volcans émettent une grande
quantité de HAP dans l’air ambiant (47%), puis viennent certains procédés industriels (30%),
le chauffage urbain (11%) les brûlages agricoles (8%), les transports (gaz d’échappement
automobiles) (4%), les feux domestiques et la fumée de cigarette (HAP, rapport d’évaluation
du gouvernement canadien, 1994). Les rejets d’hydrocarbures pétroliers dans les eaux sont
également une source de pollution importante, et sont responsables de la contamination des
organismes marins ou d’eau douce (Afssa, 2003).
Pour un non fumeur, l’alimentation est la principale voie d’exposition aux HAP. La
contamination des aliments peut se faire par le dépôt de particules aériennes sur les végétaux,
accumulation dans les espèces animales (viandes, poissons), ou lors de la préparation des
aliments au charbon de bois. Les HAP présents dans l’eau de boisson représenteraient 1% de
l’apport alimentaire total en HAP (Afssa, 2000). La deuxième voie d’exposition de l’homme
aux HAP est l’inhalation dans l’air ambiant (intérieur ou extérieur).

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a. Par ingestion

L’Autorité européenne de sécurité des aliments considère huit HAP cancérogènes lorsqu’ils
sont présents dans les denrées alimentaires (EFSA, 2008). C’est le cas du B[a]P et du
dibenzo[a,h]anthracène.
Concernant le B[a]P, des études conduites dans différents pays européens ont estimé que
l’ingestion quotidienne moyenne de variait de 50 à 290 ng/adulte (Scientific committee on
food, 2002).
Les catégories d’aliments dans lesquelles on retrouve le plus de HAP sont les céréales et
produits à base de céréales, ainsi que les produits de la mer et dérivés. De même, l’utilisation
d’huiles et de graisses végétales et la consommation de café expose la population aux HAP.
Enfin, les modes de cuisson tels que les grillades, le rôtissage, le fumage et notamment la
préparation d’aliments grillés ou rôtis au charbon de bois, peuvent augmenter la concentration
de HAP dans les aliments préparés (EFSA, 2008). Pour les fumeurs, la consommation de
tabac peut également être significative.
Dans le domaine de l’eau, on répertorie cinq substances : le benzo[a]pyrène, le
benzo[b]fluoranthène, le benzo[ghi]pérylène, le benzo[k]fluoranthène et l’indéno[1,2,3-
cd]pyrène. S’y ajoutent trois autres considérées séparément : l’anthracène (dangereuse
prioritaire), le naphtalène et le fluoranthène.

b. Par inhalation

La majorité des HAP respirés provient de la fumée du tabac. Un fumeur consommant 20


cigarettes par jour absorbe quotidiennement en moyenne 105 ng de B[a]P et une personne
exposée au tabagisme passif 40 ng (EFSA, 2008).
A l’extérieur, les concentrations de HAP sont très variables : les gaz d’échappement émis par
les voitures, majoritairement les diesels représentent la source principale d’exposition aux
HAP. A plus petite échelle, les gaines de câblages ainsi que l’abrasion des pneus peuvent
dégager de faibles quantités de HAP. Ainsi, les émissions de B[a]P sont en moyenne de 0.2
ng/m3 en milieu rural. Dans les villes, elles varient de 1 à 10 ng/m3, les valeurs les plus
élevées se situant au voisinage des voies à fort trafic et d’émissions industrielles.
Dans l’air intérieur, les composés les plus fréquemment détectés sont le phénanthrène, le
fluoranthène, le pyrène et le chrysène. Les poêles qui fonctionnent mal ont tendance à
augmenter le taux de HAP d’une pièce.

c. Produits contenant des HAPs

On trouve beaucoup de HAP dans les goudrons issus de la houille et les produits qu’ils
traitent (asphalte, plaques bitumées, colorants organiques…). Les HAP d’origine fossile

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rentrent également dans la composition des huiles de dilution, qui sont mélangées aux
caoutchoucs utilisés dans la fabrication des pneus, par exemple.
Ci-dessous sont présentées les concentrations en benzo[a]pyrène de divers produits, en
milligramme par kilogramme (mg/kg) (ordre de grandeur) (INRS, 2009) :
 Brai de houille : 10 000 mg/kg
 Goudron de houille : 7 500 mg/kg
 Huille de houille : 300 mg/kg
 Créosote : 100 mg/kg
 Huile de vidange usée : 5 mg/kg
 Goudron de bois : 4 mg/kg
 Bitume de pétrole : 1 mg/kg
 Fuel domestique : 0,5 mg/kg
 Graisse : 0,5 mg/kg
La peau peut absorber des HAP lorsqu’elle se trouve en contact direct avec des
produits contenant des poussières de HAP, ou au contact de matériaux en contenant
tels que le bois créosoté, des chaussures en caoutchouc ou des outils ayant un manche
gainé (OFSP, 20piècel
L’ensemble de ces produits sont le plus souvent présents dans les lieux professionnels.

2. Exposition professionnelle aux HAPd

L’exposition professionnelle aux HAP concernerait près de 1,6 millions de salariés en France
(Ministère de l’emploi, 2005) plaçant les HAP en tête des composés responsables de cancers
professionnels.
Les principales industries émettrices de quantités importantes d’HAP sont caractérisées par
des procédés utilisant des produits dérivés de la houille : goudron et brai de houille. Ces
industries sont les suivantes :
 Cokeries produisant du coke à partir de distillation de la houille
 Sidérurgie par l’utilisation du coke
 Production d’électrodes en carbone à partir du brai
 Electrolyse de l’aluminium et production de silicium principalement par l’utilisation
d’électrodes composées de brai de houille, mais également de pâte de brai nécessaire à
la réfection des fours.
 Imprégnation du bois avec l’utilisation de créosote
 Aciérie
Les niveaux d’HAP sont beaucoup plus faibles dans les secteurs utilisant des produits dérivés
du pétrole tels que la fabrication de pneus à travers l’utilisation de noir de carbone entrant
dans la fabrication du caoutchouc, les industries pétrochimiques et industries du bitume et
goudron, et la mécanique avec l’utilisation d’huiles et de graisses.

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Plusieurs cancers potentiellement liés aux HAP sont listés dans des tableaux de maladies
professionnelles. Seuls certains secteurs d’activités ou modalités d’exposition correspondent à
ces tableaux (utilisation de dérivés de la houille, suie de combustion du charbon, certains
dérivés pétroliers et leurs produits de combustion).

VII. Voie d’absorption et d’élimination des HAP

1. Voies d’exposition

Pour la population générale, les voies d’exposition aux HAP sont digestive par l’ingestion
d'aliments contaminés et pulmonaire liée au tabagisme et à la pollution atmosphérique,
notamment en zone urbaine et péri-industrielle.
En milieu professionnel, la voie d’exposition est essentiellement pulmonaire par l’inhalation
d’air contenant de très fortes concentrations en HAP pouvant atteindre le mg/m3 et des
concentrations en B[a]P pouvant être parfois 5000 fois plus élevées que dans
l’environnement.
Il existe également une absorption cutanée des HAP lors du contact direct avec des produits
ou indirects avec des éléments souillés et aussi par retombées atmosphériques de poussières
en suspension.

L’exposition est caractérisée par plusieurs paramètres, à savoir : les concentrations


atmosphériques des différents HAP, le coefficient de partition entre la phase particulaire et la
phase gazeuse ainsi que la taille des particules. Seules les particules de diamètre inférieur à
10µm (PM10) peuvent atteindre l’appareil pulmonaire et sont dites particules inhalables.

2. Voies d’absorption, distribuation et élimination des HAP

Les HAP, très liposolubles, sont absorbés par le poumon, l’intestin et la peau.
Absorption respiratoire : en fonction de la granulométrie et la composition des particules, il
exiiste une clairance muco-ciliaire qui fait remonter les particules dans l’arbre respiratoire.
Elles sont alors avalées et entrent dans l’organisme par voie digestive. Les particules les plus
petites se déposent directement dans le parenchyme pulmonaire profond où une
métabolisation a lieu.
Absorption digestive : rapide, facilité par les aliments riches en graisse.

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Absorption cutanée : chez l’homme, in vitro, la dose absorbée est de 1 à 3 % de la dose
appliquée (Moody 1995). Elle constitue une voie d’entrée importante pour les HAP dans le
cas d’expositions professionnelles. Il a été estimé chez des salariés des fours à coke que
l’absorption du pyrène par la peau contribuait pour 50 % à la dose interne (VanRooij 1993)
voire même 90 % chez les salariés utilisant de la créosote pour l’imprégnation du bois (Van
Rooij 1993).
Les études chez l’animal montrent que les HAP sont rapidement transportés de la voie
d’entrée vers d’autres organes via le sang et les vaisseaux lymphatiques. La distribution est
rapide, quelle que soit la voie d’entrée et les HAP sont détectés dans pratiquement tous les
organes. Un stockage se fait dans le foie, les reins et le tissu adipeux.
Les HAP, très lipophiles peuvent entrer dans les cellules en franchissant la membrane
plasmique. Une fois dans la cellule, ils s’associent généralement avec des molécules
hydrophobes qui participent à sa distribution à travers les compartiments intracellulaires. La
plupart des HAP s’accumule préférentiellement dans la mitochondrie et le noyau.
L’élimination des métabolites des HAP se fait majoritairement par les fèces et les urines. En
ce qui concerne le B[a]P et ses métabolites, l’élimination se fait majoritairement par le biais
du système hépato-biliare et par le tractus intestinal. L’excrétion urinaire est une voie mineure
(Moir 1998).

VIII. Impact des HAPs sur la santé

1. Toxicité des HAP

Les HAP peuvent être à l’origine d’une toxicité aigue et surtout d’une toxicité chronique.
Toxicité aigue : les HAP contribuent fortement à la réduction du développement de tous les
organes et de plus à une pigmentation locale de la peau. L’exposition simultanée aux HAP et
aux UV peut provoquer une dermite phototoxique accompagnée de conjonctivite. Cette
toxicité est très modérée et aucun cas de décès n’a été rapporté.
Les HAP peuvent être à l’origine d’irritations pulmonaires et d’eczéma et de troubles de
l’immunité avec en particulier une diminution des immunoglobulines G et A sériques qui a
eté rapportée chez des salariés travaillant dans une fonderie (Szczeklik 1994).
Toxicité chronique : des études épidémiologiques ont montré une association entre des
niveaux d’expositions professionnelles élevés aux HAP chez les salariés de certains secteurs
industriels (cokerie, fonderie, utilisation de dérivés de houille…) et une augmentation des
risques de cancer du poumon, de la vessie et de la peau.
Des effets tératogènes et toxiques pour le fœtus ont été mis en évidence chez l’animal. Chez
l'homme, des études sont actuellement en cours.

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2. Propriétés cancérigènes et mutagènes

La toxicité des HAP peut être aiguë, faible ou modérée selon le composé considéré. Aux vues
des concentrations auxquelles sont exposées les populations, les risques toxiques associés aux
HAP sont généralement liés à une exposition chronique. Les risques les plus importants liés
aux HAP sont leur effet mutagène et cancérigène. En effet, certains d’entre eux ont été classés
comme cancérogènes probables ou possibles chez l’humain par le Centre international de
recherche sur le cancer (CIRC), l’US EPA, et l’Union européenne.
Plusieurs mélanges de HAP en atmosphère de travail ont été également classés comme
cancérogènes pour l’homme. Parmi les HAP, la toxicité du benzo(a)pyrène est la mieux
documentée et la plus mesurée. Celui-ci a été classé comme cancérogène probable pour
l’homme par le CIRC (groupe 2A), sa capacité à induire un cancer du poumon étant reconnue.
A ce jour, 8 composés de la famille des HAP sont classés cancérogènes de catégorie 2 par
l’Union européenne : le benzo[a]pyrène, le benzo[k]fluoranthène, le benzo[j]fluoranthène, le
benzo[a]anthracène, le benzo[b]fluoranthène (ou benzo[e]acéphenanthrylène), le
benzo[e]pyrène, le chrysène et le dibenzo[a,h]anthracène. Ces HAP sont majoritairement
retrouvés sous forme particulaire. A noter que le naphtalène, HAP majoritairement retrouvé
sous forme gazeuse, est classé cancérogène de catégorie 3.

3. Métabolisme
Les HAP présentent un caractère lipophile qui leur permet d’être transférés au catégorie
réserves lipidiques des organismes et dans les membranes cellulaires (essentiellement
constituées de phospholipides).
La présence de telles molécules entraîne rapidement la réaction des systèmes biochimiques de
détoxication dont le rôle est de rendre hydrosolubles ces composés dangereux, afin de faciliter
leur excrétion par voie rénale, biliaire ou branchiale. Dans l’organisme, certains tissus
cellulaires, en particulier les tissus pulmonaires, hépatiques et cutanés, contiennent donc des
enzymes chargées de catalyser une série de réactions permettant de détoxiquer les composés
nocifs présents.
En ce qui concerne les HAP cancérigènes, les réactions de détoxication est catalysée par le
CYP1A1, qui appartient à une famille d’enzymes appelées cytochromes P450.

IX. Les effets sur l’environnement

Les HAP font partie des polluants organiques persistants (POP) qui recouvrent un ensemble
de substances chimiques qui possèdent quatre propriétés principales. Ils sont persistants,
bioaccumulables, mobiles et toxiques.

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Persistants, les HAP sont des composés résistants, ils se dégradent lentement et leur durée de
vie dans l’environnement varie fortement d’un composé à l’autre. Les HAP vont donc
s’accumuler dans les sédiments de par leur caractère hydrophobe ( ) mais aussi dans les
organismes (graisses) et tout au long des chaînes alimentaires.
Leur mobilité et la variété des sources de HAP sont à l’origine d’une présence assez
importante de ces composés dans l’environnement. On en trouve ainsi, loin des points de
rejet, dans les sols, les lits des rivières ou les lacs mais aussi, là où on n’en a jamais utilisé,
dans les mers ou en Arctique, par exemple.
Cette pollution des écosystèmes, des organismes vivants et de nombreuses denrées
alimentaires entraîne une exposition à long terme d’une multitude d’espèces et des êtres
humains.
Dans l’atmosphère, les concentrations de HAP particulaires sont très variables ; elles peuvent
être faibles dans les lieux reculés, comme l’Antarctique, et élevées en ville, notamment à
proximité des axes routiers ou de sites industriels.

Conclusion

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques sont des composés

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