Cours Ef B Zouari
Cours Ef B Zouari
GC2
ZOUARI Bassem
2022/2023
1
Sommaire
Chapitre 1 : Introduction
Chapitre 2 : Formulation d’un problème physique et Principe de la
méthode des éléments finis
Chapitre 3 : Les formulations variationnelles
Chapitre 4 : Les éléments et leurs espaces d’interpolation
Chapitre 5 : La discrétisation
Chapitre 6 : Les éléments 2D : déformations planes et contraintes planes et
Les éléments 2D structuraux : plaques
2
CHAPITRE 1 : INTRODUCTION
L‘activité de conception est un processus complexe de création. Elle consiste à élaborer un produit
ou un système conformément aux exigences d’un client, et dans le respect de certaines règles ou
normes, ce qui revient à borner le domaine de création du produit. Elle se doit en outre de garantir
la rentabilité financière de l’entreprise.
L’élaboration d’un cahier des charges fonctionnel (CdCF) permet d’appréhender la complexité du
projet par une structuration en fonctions et contraintes auxquelles sont associés des critères
d’appréciation, en précisant leur niveau et leur flexibilité. Les contraintes physiques comme le
comportement mécanique, thermique, électrique ou électromagnétique du produit sont l’objet
d’attention particulière de la part de l’ingénieur. Celui-ci doit disposer d’outils et de méthodes pour
concevoir un produit capable de satisfaire aux contraintes physiques.
Si la formulation théorique de la majorité des problèmes physiques a été réalisée dans les
siècles précédents, la résolution de ses problèmes reste toujours d’actualité. Avec le
développement des outils informatiques et des mathématiques appliquées, on trouve aujourd’hui
une large gamme de logiciels capables de fournir des solutions approchées à la majorité des
problèmes physiques. Reste à connaître le degré de précision des solutions fournis. Cette tâche
n’est pas une mince affaire. En effet elle nécessite une connaissance approfondie de la physique
du problème ainsi que les méthodes de résolutions adoptées.
On s’intéresse dans ce cours à une méthode de résolution numérique très utilisée dans le
domaine de la mécanique et du génie civil à savoir la méthode des éléments finis. Le but de ce
cours n’est pas de former des développeurs de la méthode des éléments finis mais plutôt
d’exposer le principe de la méthode en général et d’avoir des utilisateurs avertis. En effet, une
mauvaise utilisation d’un outil de calcul par éléments finis peut aboutir à des résultats erronés.
L’origine de l’erreur sont multiples :
Une mauvaise modélisation du problème réel : mauvaises conditions aux limites,
mauvaises estimation du chargement, négligence d’un phénomène physique comme la
variation de la température qui induit des contraintes supplémentaires, problème en
grandes transformations,
Une mauvaise utilisation des options de calcul : intégration réduite, éléments linéaires,
maillage grossier, ….
https://www.youtube.com/watch?v=fmKKFkREu8Q
3
La poutre a pour longueur 1000 mm et largeur 100mm et hauteur 100mm. Le matériau constitutif
présente un module de Young de 30 000 MPa, un coefficient de poisson de 0.3 et une masse
volumique de 3e-6 kg/mm3.
L’accélération de la pesanteur est prise égale à 10 m/s2. La force surfacique présente une valeur
de 0.01 MPa.
PL4
La solution RDM fournie une valeur de la flèche maximale f max
8EI
La flèche maximale dans ce cas est f max 0.65mm
On a modélisé ce problème très simple en utilisant le logiciel de calcul par éléments finis Abaqus.
Les résultats suivants représentent la déformée de la poutre pour différents maillages, différents
types d’éléments (à interpolation linéaire et à interpolation quadratique) et différents modes
d’intégration (intégration complète et intégration réduite.
4
On remarque que la valeur de la flèche maximale est 100 fois plus grandes que la flèche donnée par
la solution RDM par contre les contraintes longitudinales sont proches de zéro de l’ordre de 10-12.
On ne voit pas l’évolution linéaire de la contrainte avec la hauteur comme dans le cas de la flexion.
Ce résultat est complètement faux.
On remarque que la déformée de la poutre n’est pas réaliste. On observe des modes parasites de
déformations qui sont les modes à énergie nulle dus à l’intégration réduite. La valeur de la flèche
maximale est de l’ordre de 5 fois plus que la flèche donnée par la solution RDM par contre les
5
contraintes longitudinales présentent une évolution linéaire avec la hauteur mais uniquement proche
de l’encastrement. Ce résultat est complètement faux.
Taille de maille 100 mm intégration complète interpolation linéaire :
On remarque que la valeur de la flèche maximale est égale à 0.787 mm qui est proche de la solution
donnée par la théorie de la RDM. Les contraintes longitudinales présentent une évolution linéaire
en fonction de la hauteur
Ce résultat présente une très bonne amélioration par rapport au cas où on a une intégration réduite.
Taille de maille 100 mm intégration complète interpolation quadratique :
6
On remarque que la valeur de la flèche maximale est égale à 0.641 mm qui est très proche de la
solution donnée par la théorie de la RDM. Les contraintes longitudinales présentent une évolution
linéaire en fonction de la hauteur.
Ce résultat présente une très bonne amélioration par rapport au cas où on a une intégration réduite et
par rapport à une interpolation linéaire.
7
On remarque que la valeur de la flèche maximale est égale à 0.69 mm qui est très proche de la
solution donnée par la théorie de la RDM. Les contraintes longitudinales présentent une évolution
linéaire en fonction de la hauteur.
Ce résultat présente une très bonne amélioration par rapport aux maillages grossiers. On remarque
que la structure devient plus flexible.
Taille de maille 25 mm intégration complète interpolation linéaire :
Remarques :
CPU : en anglais Central Processing Unit (en français unité centrale de traitement, UCT)
Attention : le temps de calcul évolue d’une façon exponentielle avec le nombre de nœuds.
Parfois on est obligé de réduire le nombre d’éléments pour obtenir une solution approchée avec un
temps de calcul raisonnable.
On peut contourner la finesse du maillage par faire un maillage fin uniquement aux endroits où il y
a une forte variation de la contrainte.
8
Maillage grossier : mauvaise solution Maillage fin : demande beaucoup de CPU
Maillage à taille variable : bon rapport entre qualité de la solution et temps CPU
Un maillage trop fin peut avoir un coût de calcul trop important. Un maillage grossier peut donner
de mauvais résultats. Il peut sous-estimer les contraintes dans certains points de la structure. Une
solution est de faire un maillage avec une taille variable et n’affiner que dans les endroits à fort
gradient de contraintes.
9
CHAPITRE 2 : PRINCIPE DE LA METHODE DES ELEMENTS
FINIS
2.1 Formulation d’un problème physique
n
Tf
f(M) 1
Ω
Φf
2
10
Remarques :
1)- Pour que la solution soit entièrement déterminée, il faut que 1 2 et
1 2 , c'est à dire qu'il faut imposer des conditions aux limites sur toute la frontière.
2)- Dans un logiciel de calcul par éléments finis spécialisé dans la mécanique, ne pas mettre
de conditions aux limites sur une partie de la frontière est interprété comme une partie sur
laquelle l’effort exercé par le milieu extérieur est nulle. En thermique, la condition similaire
correspond à une paroi adiabatique.
l’opérateur de transposition.
n
uf
1
Ω
f(M)
qf
2
11
Remarque :
Compte tenu de la loi de comportement et de la définition de , la dernière condition aux limites se
ramène à des conditions sur les dérivées normales de uM , t sur la frontière.
p(x) F
A B
Le champ inconnu est un champ scalaire qui est le déplacement u(x) en chaque point suivant l’axe
de la barre.
dN ( x)
L’équation d’équilibre local est : p ( x) 0 x 0, L
dx
Où N(x) est l’effort normal dans la section située à x.
u (0) 0 conditions aux lim ites type déplacement
Les conditions aux limites sont : du
N ( L) ES dx ( L) F conditions aux lim ites type effort
du
La loi de comportement est : N ( x) ES
dx
12
Sous domaines
Figure 2.4 : Exemple d’une subdivision en sous domaines d’une pièce (maillage)
~
où i désigne l'intérieur de i . Autrement dit, les i sont une partition de.
~
Les champs fi M, t , définis sur chaque sous domaines sont des champs choisis parmi une
famille arbitraire de champs (généralement polynomiaux).
La famille de champs locaux est appelée espace des fonctions d'interpolation de l'élément.
~
La famille de champs globaux FM, t , obtenus par juxtaposition des champs locaux est appelée
espace des fonctions d'interpolation du domaine .
Le champ dans chaque sous domaine i est déterminé par un nombre fini de valeurs du
champ (ou de valeurs de ses dérivées) en des points choisis arbitrairement dans le sous
domaine, et appelés noeuds. Le champ local est une interpolation entre les valeurs aux noeuds.
Le sous domaine muni de son interpolation est appelé élément.
Chercher une solution par éléments finis consiste donc à déterminer quel champ local on
~
attribue à chaque sous domaine pour que le champ global FM, t obtenu par juxtaposition de
ces champs locaux soit proche de la solution du problème.
Parmi les contraintes qu'on impose à la solution approchée cherchée, il y a souvent au moins
une continuité simple (C0 ) à la frontière entre les sous domaines.
La figure 2.5 montre une solution approchée discontinue d'un champ scalaire sur un domaine
de dimension 1. La famille de champs locaux est la famille des champs constants par
morceaux.
La figure 2.6 montre une solution approchée continue C0 d'un champ scalaire sur un domaine
de dimension 1. La famille de champs locaux est la famille des champs polynomiaux de
degré 1.
13
La figure 2.7 montre une solution approchée continue Cl d'un champ scalaire sur un
domaine de dimension 1. La famille de champs locaux est la famille des champs
polynomiaux de degré 3.
14
Pour résoudre un problème par la méthode des éléments finis, on procède donc par étapes
successives :
1. On se pose un problème physique sous la forme d'une équation différentielle ou aux
dérivées partielles à satisfaire en tout point d'un domaine, avec des conditions aux
limites sur le bord .
2. On construit une formulation intégrale du système différentiel à résoudre et de ses
conditions aux limites : C'est la formulation variationnelle du problème.
3. On divise en sous domaines :C'est le maillage. Les sous domaines sont appelés
mailles.
4. On choisit la famille de champs locaux, c'est à dire à la fois la position des noeuds
dans les sous domaines et les polynômes (ou autres fonctions) qui définissent le
champ local en fonction des valeurs aux noeuds (et éventuellement des dérivées),
appelé fonction d’interpolation. La maille complétée par ces informations est alors
appelée élément.
5. On ramène le problème à un problème discret : C'est la discrétisation. En effet, toute
solution approchée est complètement déterminée par les valeurs aux noeuds des
éléments. Il suffit donc de trouver les valeurs à attribuer aux noeuds pour décrire
une solution approchée. Le problème fondamental de la méthode des éléments finis
peut se résumer en deux questions :
(a) Comment choisir le problème discret dont la solution est «proche» de la
solution exacte?
(b) Quelle signification donner au mot «proche»?
6. On résout le problème discret : C'est la résolution.
7. On peut alors construire la solution approchée à partir des valeurs trouvées aux
noeuds et en déduire d'autres grandeurs : C'est le post-traitement (Par exemple, en
élasticité, quand on a obtenu une solution approchée du champ des déplacements, on en
déduis le champ des tenseurs de déformation, puis le champ du tenseur des
contraintes).
8. On visualise et on exploite la solution pour juger de sa qualité numérique et juger
si elle satisfait les critères du cahier des charges : C'est l'exploitation des résultats.
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CHAPITRE 3 : LES FORMULATIONS VARIATIONNELLES
Pour résoudre un système différentiel (aux dérivées partielles si est une surface ou un volume),
modélisant un système physique, il faut le mettre sous une forme intégrale, appelée aussi forme
variationnelle ou encore forme faible. Ces formulations peuvent être déduites du système
différentiel par des raisonnements mathématiques ou par des raisonnements physiques. On traitera à
titre d'illustration des exemples en fin de chapitre.
Pour être suffisamment général, on utilise les notations suivantes :
- On note u(M) le champ inconnu (u est noté en caractères gras par souci de généralité, le
champ inconnu pouvant être scalaire vectoriel ou tensoriel).
- On symbolise le système différentiel par un opérateur différentiel D devant être nul en tout
point d'un domaine .
- On symbolise les conditions aux limites sur le bord par un opérateur C devant être nul sur la
frontière (l'opérateur C peut être différentiel ou non, selon que les conditions aux limites portent
sur les dérivées de u ou non).
Par exemple, on a :
d 2 f x df
D: f(x) 2
2 3x
dx dx
f 0
C : f(x) df
x 1
d x
On verra d'autres exemples en fin de chapitre.
Tout problème peut donc s'énoncer ainsi :
Trouver le champ u(M) défini sur tel que
D(u(M)) = 0 M
C(u(N)) = 0 N
Dans des espaces fonctionnels de fonctions définies sur un domaine , avec des conditions sur les
fonctions de cet espace et des conditions sur qu'on supposera satisfaites, on peut définir un
produit scalaire entre deux fonctions f et g :
f, g f M g M dM
où
f(M) • g(M) = f(M) g(M) : si f et g sont à valeurs scalaires
f(M) • g(M) = f(M) g(M) : si f et g sont à valeurs vectorielles
f1 g1
f f2 et g g2 f, g
f1 g1 f 2 g 2 f 3 g3dM
f3 g3
f(M) • g(M) = f(M) g(M) : si f et g sont à valeurs tensorielles du second ordre
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D'autre part, un produit scalaire a la propriété suivante :
f , g 0 g M f =0
En utilisant cette propriété, il vient :
f M gM d
0 gM f M 0 (3.1)
M
D(u(M)) dM= 0 M
- avec :
C(u(N)) = 0 N
M est appelée fonction test.
Cette formulation est une formulation variationnelle «équivalente» au système différentiel initial.
On obtient d'autres formulations variationnelles en transformant les intégrales. En effet, l'opérateur
D fait intervenir des opérateurs tels que gradient, divergence, rotationnel, laplacien, et on donne
dans la section suivante des formules pour transformer les intégrales.
Ces transformations d'intégrales font apparaître des intégrales sur les frontières de , qu'on appelle
intégrales de bord, dans lesquelles on peut tenir compte de tout ou partie des conditions aux
limites : le nombre de conditions aux limites diminue.
D'autre part, après chaque transformation d'intégrale, l'inconnue u apparaît avec un ordre de
dérivation diminué de 1. L'intérêt de cette particularité apparaîtra plus loin.
du dg
C g d l d l C u d l d l u g A
B
AMuMB(M M (3.2)
- avec C '(u(N)) = 0 N
ou A et B sont des opérateurs produisant des intégrales sur et sur portant sur M et u(M)
et leurs dérivées, et où C ' est un opérateur produisant les conditions aux limites restantes.
La validité des formules qui suivent est soumise à des conditions de régularité des champs
(scalaires, vectoriels ou tensoriels) définis sur que nous supposerons satisfaites.
17
- g est un champ scalaire quelconque défini sur V,
- V est un champ vectoriel quelconque défini sur V,
- T est un champ tensoriel du second ordre quelconque défini sur V,
- S est un champ tensoriel du troisième ordre quelconque défini sur V.
V
g u dv grad g grad u dv
V g grad u n ds
S
(3.4)
si u est un champ vectoriel : grad u est un tenseur du second ordre, div u est un scalaire, rot u est
un vecteur, u est un vecteur.
V
T grad u dv u div T dv
V u T n ds
S
(3.5)
V
g div u dv u grad g dv
V g u n ds S
(3.6)
V rot u dv u rot V dv V u n ds
(3.7)
V V S
si u est un champ tensoriel du second ordre : grad u est un tenseur du troisième ordre, div u est un
vecteur, u est un tenseur du second ordre.
V
S grad u dv u div S dv
V u S n ds S
(3.9)
V div u dv
V
u grad V dv V u n ds
V S
(3.10)
T u dv
V
grad T grad u dv T grad u n ds
V S
(3.11)
du dg
dl u d l u g A
B
g
C dl C dl
(3.12)
18
3.4 Exemple 1 : Le problème thermique stationnaire
V
grad grad T d v grad T n d s
S
V
f dv 0
S
grad T n d s ST
grad T n d s Sf
grad T n d s
S
grad T n d s ST
grad T n d s
Sf
f d s
A(, T) B(
- avec la seule condition aux limites
19
T (N) = Tf(N) N ST
V
T d v S
T grad n d s ST
grad T n d s
Sf
f d s V
f dv 0
T (N) = Tf (N) N ST
Sf
T grad n d s ST
Tf grad n d s
La troisième formulation variationnelle s'écrit donc encore
- Trouver le champ de températures T tel que:
V
T d v Sf
T grad n d s ST
grad T n d s
A(, T)
ST
T f grad n d s
Sf
f d s V
f dv 0
B(
- sans conditions supplémentaires.
Bien que pouvant sembler plaisante (il n'y a plus de conditions à respecter sur les frontières), cette
dernière formulation présente des inconvénients.
Le problème est :
- Trouver le champ de déplacements en tout point d’un domaine tel que :
div + f = 0
D(
- avec les conditions aux limites C() :
- des déplacements imposés (éventuellement nuls) 0 N sur la partie de frontière Sd :
(N) - (N) = 0 N Sd
20
où et sont respectivement les tenseurs de contraintes et de déformations en tout point
du domaine vérifiant : = 2 + Tr G, grad grad T si le solide déformable est
1
2
élastique isotope linéaire en petites déformations, G est le tenseur identité, Tr est l’opérateur
"Trace" et sont les coefficients de Lamé.
Cette équation (div + f = 0) est une équation vectorielle, elle traduit l’équilibre local en tout point
de .
div f d v 0 (3.21)
V
où = 2 + Tr G et
1
2
grad grad T .
Cette équation est une équation scalaire.
- avec les conditions aux limites :
(N) - (N) = 0 N Sd
(N) n(N) – q0(N) = 0 N Sf
σ grad ψ d v ψ σ n ds ψ f dv 0 ψ M
V S V
(N) - (N) = 0 N Sd
(N) n(N) – q0(N) = 0 N Sf
L'intégrale de bord peut être décomposée en deux intégrales :
S
ψ σ n ds Sd
ψ σ n ds Sf
ψ σ n ds
On peut alors éliminer la condition aux limites de contrainte imposée en la reportant dans l'intégrale
sur Sf :
Sf
ψ σ n ds Sf
ψ q0 d s
Le problème devient :
- Trouver le champ de déplacements tel que
21
σ grad ψ d v ψ f d v ψ q0 d s ψ σ n ds 0 ψ M
V V Sf Sd
(N) - (N) = 0 N Sd
Le tenseur des contraintes étant symétrique, on peut écrire
σ Sym grad ψ d v ψ f d v ψ q0 d s ψ σ n ds 0 ψ M
V V Sf Sd
(3.22)
- avec la condition aux limites
(N) - (N) = 0 N Sd
3.5.3 Interprétation mécanique :
Théorème des puissances virtuelles
Appelons «champ de vitesses virtuelles» le champ vectoriel arbitraire .
Remarque : On peut aussi bien l'appeler déplacement virtuel. Dans ce cas, les puissances virtuelles
s'appellent travaux virtuels.
Si est une vitesse virtuelle, Sym(grad) s'interprète comme un tenseur des vitesses de
déformations virtuel.
L'intégrale σ Sym grad ψ d v s'interprète alors comme une puissance virtuelle des efforts
V
σ grad ψ d v ψ σ n ds ψ f dv ψ q0 d s ψ M
V Sd V Sf
A(, ) B(
22
où = 2 + Tr G et
1
2
grad grad T .
avec la condition aux limites :
(N) - (N) = 0 N Sd
Le problème du solide élastique se met bien sous la forme donnée en (3.2).
Si on prend le champ comme étant une variation du champ de déplacement réel det on remplace
le tenseur de contrainte par son expression en fonction de la loi de comportement et du tenseur de
déformation, on obtient :
C d v σ n d s f d v q 0 d s U 0
V Sd V Sf
L’équation d’équilibre : kx F 0 x
1
xkx F 0 intégration => E p x kx 2 Fx
2 x’
Solution qui minimise l’énergie potentielle
E p x kx F 0
x
3.6 Exemple 3 : Barre en traction-compression
Une barre AB de longueur L est soumise à un chargement linéique de traction-compression p(x)
suivant toute sa longueur et une force concentrée F à son extrémité (B). L’autre extrémité (A) est
supposée fixe (figure 1.3). La barre a pour section S. Le module de Young du matériau constituant
la barre est E.
p(x) F
B
A
Le champ inconnu est un champ scalaire qui est le déplacement u(x) en chaque point suivant l’axe
de la barre.
dN ( x)
L’équation d’équilibre local est : p ( x) 0 x 0, L
dx
Où N(x) est l’effort normal dans la section située à x.
23
u (0) 0 conditions aux lim ites type déplacement
Les conditions aux limites sont : du
N ( L) ES dx ( L) F conditions aux lim ites type effort
du
La loi de comportement est : N ( x) ES
dx
d
L
d
L
Avec u (0) 0
d
L L
du du
ES ( x) dl ES (0) (0) p( x)dx ( L) F x 0, L
0
dx dx dx 0
A(, ) B(
Avec u (0) 0
3/ Ecrire l’expression de l’énergie potentielle de cette structure
24
CHAPITRE 4 : LES ÉLÉMENTS ET LEUR ESPACE DE
FONCTIONS D’INTERPOLATION
~
Les solutions approchées trouvées par la méthode des éléments finis sont une juxtaposition F
~
de champs locaux fi définis dans chaque maille (figure 4.1 : la composante U1 du champ de
déplacement est définie par morceau sur chaque sous domaine).
Dans un maillage, toutes les mailles ont des formes et des dimensions différentes. On trouve des
mailles linéiques, des mailles surfaciques et des mailles volumiques de toutes formes et de toutes
tailles (figure 4.2). Dans le but d'uniformiser et d'automatiser les calculs, on introduit la notion de
maille de référence. On ne donne ici que les mailles les plus classiques. Par convention
généralement admise (voir figure 4.3) :
25
Figure 4.2 : maillages : volumique, surfacique et linéique
La maille de référence linéique est le segment x 1 1, 1 .
La maille de référence surfacique triangulaire est le triangle :
x1 0 ; x 2 0 ; x1 x 2 1
La maille de référence surfacique quadrangulaire est le carré :
x 1 1, 1 ; x 2 1, 1 .
La maille de référence volumique tétraédrique est le tétraèdre :
x1 0 ; x 2 0 ; x 3 0 ; x1 x 2 x 3 1 .
La maille de référence volumique pentaédrique est le pentaèdre
(prisme à base triangulaire) : x 1 0 ; x 2 0 ; x 1 x 2 1 ; x 3 1, 1 .
La maille de référence volumique hexaédrique est le cube :
x 1 1, 1 ; x 2 1, 1 ; x 3 1, 1 .
où xl, x2 et x3 sont les coordonnées d'un point courant m de la maille de référence.
Les fonctions d'interpolations utilisées dans les logiciels sont pratiquement toujours des
polynômes. Si la fonction à interpoler est vectorielle ou tensorielle, on interpole de la même
manière chacune des composantes. On est donc ramené à des interpolations de champs scalaires.
~
Dans la suite, f r représente donc soit l'interpolation d'un champ scalaire soit l'interpolation d'une
composante de champ vectoriel ou tensoriel.
~
- Pour les mailles linéiques f r est un polynôme de x1,
~
- Pour les mailles surfaciques f r est un polynôme de x1 et x2,
26
~
- Pour les mailles volumiques f r est un polynôme de x1, x2 et x3.
27
n
~
f r m u i P i m (4.1)
i 1
telle que :
n
~ j
fr m u i P i m j u j j 1, ..., n (4.2)
i 1
où les P(i)(m) sont des polynôme de dr variables, et où les u(j) sont n valeurs données aux nœuds m(j).
~ ~
Autrement dit, une interpolation f r attribue une valeur f r (m) à tout point m, et sa valeur aux n
noeuds m(j) est u(j).
.
Dans une interpolation polynomiale à n noeuds, les P(i) doivent être une n-base de polynôme.
Soit B k m une n-base de polynômes connue. On peut donc écrire :
n
P i m a B m
k
i
k (4.3)
k 1
a B m
n
i j
k k ij (4.5)
k 1
PC G (4.5)
où encore sous forme matricielle
a 11 a k1 a n1 B1 m
1
B1 m j B1 m n 1 0 0
a 1i a ki a ni B k
m 1 Bk m j Bk m n
0
1 0
a n a n a n B
1 k n n
m 1 Bn m j Bn m n
0
0 1
Ce qui montre que la matrice [P] des coefficients des polynômes P(i) sur la base {Bk} est l'inverse de
la matrice [C] des valeurs des polynômes de la base Bk aux noeuds. La matrice [C] doit donc être
régulière (c.à.d. géométriquement, les k points doivent être distincts, non alignés dans une maille
surfacique et non coplanaires dans une maille volumique) et les coefficients des polynômes de base
de l'interpolation sont donnés par :
P C 1
Ainsi, les coefficients des polynômes de base de l'interpolation dans l'espace de référence sont
déterminés par les coordonnées des noeuds dans la maille de référence et par le choix de la base
{Bk(m)}. Le calcul de [P] est très simple : il suffit de construire [C] de terme général Ckj = Bk(m(j))
et de l'inverser.
~
En résumé, une interpolation f r sur une maille de référence est caractérisée par :
la dimension de l’espace de référence (linéique, surfacique, volumique), c'est-à-dire le
nombre de coordonnées dans l'espace de référence,
le choix de n noeuds par leurs coordonnées dans l'espace de référence,
le choix de la base {Bk(m)}.
On en déduit la matrice [P] des coefficients des polynômes de base de l'interpolation.
Les polynômes P(i) (polynôme de base de l'interpolation) sont appelés fonctions de forme.
28
Remarque
Dans les logiciels de calcul par éléments finis, on distingue généralement, pour une maille de
référence donnée, deux types d’interpolation. Une interpolation linéaire (ou bilinéaire) et une
interpolation quadratique qui fait intervenir des polynômes de degré 2 en chaque variable.
Les fonctions de forme P(i) sont une base de polynômes à deux variables de dimension 4. Le tableau
page 29 montre qu'on peut travailler dans un sous espace des polynômes de degré 2 (en effet si on
prend des polynômes de degré 1 alors on engendre un espace de dimension 3 <4 ce n’est pas
suffisant. Si on choisit des polynômes de degré 2 alors on obtient un espace de dimension 6>4 on ne
prendra pas les 6 monômes mais on va en extraire 4) . On peut choisir comme sous base canonique
{Bk} les quatre polynômes (B1 = 1, B2 = x1, B3 = x2, B4 = xlx2) de la base canonique.
Remarque : Il s’agit bien d’un choix : quatre polynômes de degré 2 quelconques mais
indépendants peuvent convenir. On s’arrange généralement pour garder des monômes de la base
canonique tels que les rôles des variables aient une certaine «symétrie». L'interpolation obtenue
présente alors une certaine «isotropie». On pouvait prendre aussi une sous base de l'espace des
polynômes de degré 3).
Les conditions (4.2) s'écrivent :
P 1 x , x 1
1
1
2
1
P 1 x 12 , x 22 0
P 1 x 13 , x 23 0
P 1 x 14 , x 24 0
P 2 x , x 0
1
1
2
1
1
P 2 x 12 , x 22
P 2 x 13 , x 23 0 0
P 2 x 14 , x 24
P 3 x , x 0
1
1 1
2 0
P 3 x 12 , x 22
P 3 x 13 , x 23 1 0
P 3 x 14 , x 24
P 4 x , x 0
1
1
2
1
0
P 4 x 12 , x 22
P 4 x 13 , x 23 0 1
P 4 x 14 , x 24
En posant : P i a 1i a 2i x 1 a 3i x 2 a 4i x 1 x 2 , on construit une 4-base de polynômes P(i) si la
matrice des a ji est régulière. Les conditions (4.2) s'écrivent alors :
29
a 11 a 21 a 31 a 41 1 1 1 1 1 0 0 0
2 x 1
a 1 a 22 a 32 a 42 1 x 12 x 13 x 1 4 0 1 0 0
a 13 a 23 a 33 a 43 x 21 x 22 x 23 x 24 0 0 1 0
4 1 1
a 1 a 24 a 34 a 44 x 1 x 2 x 1 2 x 22 x 13 x 23 x 14 x 24 0 0 0 1
On déduit les coefficients des fonctions de forme par inversion :
1
a 11 a 21 a 31 a 41 1 1 1 1
2
a 1 a 22 a 32 a 42 x 1
1
x 1 2 x 13 x 14
a 13 a 23 a 33 a 43 x 21 x 22 x 23 x 24
4 1 1 2 2
a 1 a 24 a 34 a 44 x 1 x 2 x 1 x 2 x 13 x 23 x 14 x 24
Par exemple, les noeuds sont les points (-1, -1), (1, -1), (1, 1), (-1, 1) dans l'espace de référence :
1
a 11 a 21 a 31 a 41 1 1 1 1 1 1 1 1
2
a 1 a22
a3 2
a 42 1 1 1 1
1 1 1 1 1
a 13 a2 3
a 33 a 43 1 1 1 1 4 1 1 1 1
4
a 1 a 24 a 34 a 44 1 1 1 1 1 1 1 1
1
1
1 x1 x2 x1 x2 1 1 x1 1 x2
P 1 x1 , x2
P 1 1 1 1 1 4 4
2 x 1 1
P 1 1 1 1 1 P x1 , x2 1 x1 x2 x1 x2 1 x1 1 x2
2
1 4 4
P 3 4 1 1 1 1 x2 1 1
4 P x1 , x2 1 x1 x2 x1 x2 1 x1 1 x2
3
P 1 1 1 1 x1 x 2 4 4
1 1
P x1 , x2 1 x1 x2 x1 x2 1 x1 1 x2
4
4 4
30
B 1 1, B 2 x 1 , B 3 x 2 , B 4 x 12 , B5 x 22 , B 6 x 12 x 2 , B 7 x 1 x 22
La matrice [C] de terme général Ckj = Bk(m(j)) est :
1 1 1 1 1 1 1 5 3 45 27 45 81 27
4
1 2 2 1 1 8 8 8 8 8 8
3 0 0 1 27
3 3 3 3
3 9 27
9
81
1 2 2 1 1 4 8 8 8 8 8 8
0 0 dont l'inverse est
3 3 3 3 3 1
9
9 9 9 81
27
1 4 4 1 1 4 8 8 8 8 8 8
0 0 81
9
9 9 9 9 P 1
9
9 9 9
27
1 1 1 1 1 4 8 8 8 8 8 8
0 0
9 9 9 9 9 1 9
3
9 27 27 81
0 4 2 1 4 8 8 8 8 8 8
0 0 0 5 45 3 45 27 27 81
27 27 27
2 4 1 4 8 8 8 8 8 8
0 0 0 0 3 27 27 27 27 27 27
27 27 27
2 4 4 4 4 4 4
Ce qui donne les coefficients des fonctions de forme.
31
Si on choisit les fonctions d'interpolation telles que : la valeur de l'interpolation sur une frontière
ne dépend que des noeuds de la frontière, on garantit que la solution approchée est continue C0 à
la traversée de la frontière.1
discontinuité
continuité
El1 El2
Autrement dit, sur une arête d'élément conforme surfacique, l'interpolation doit se réduire à une
interpolation de maille linéique sur les noeuds de l'arête ; et sur une face d'élément conforme
volumique, l'interpolation doit se réduire à une interpolation de maille surfacique sur les noeuds de
la face.
P3 P1
P2
1 1
1
1
La juxtaposition des interpolations des éléments conformes est alors une fonction C0 définie sur , et qui appartient
donc à l'espace de Sobolev H1(). C'est pour des solutions approchées appartenant à cet espace que les théorèmes de
convergence de la méthode sont établis.
32
- les pentaèdres à 6 noeuds (sommets),
- les pentaèdres à 15 noeuds (sommets + milieux des arêtes),
- les pentaèdres à 24 noeuds (sommets + noeuds au tiers des arêtes),
- les hexaèdres à 8 noeuds (sommets),
- les hexaèdres à 20 noeuds (sommets + milieux des arêtes),
- les hexaèdres à 27 noeuds (sommets + milieux des arêtes + milieux des faces + noeud
central),
- des hexaèdres à 32 noeuds (sommets + noeuds au tiers des arêtes).
Il convient donc de construire des fonctions d'interpolation sur l'élément réel en utilisant les
~
interpolations f r construites sur les éléments de référence.
X3
m M
Elément de référence x1
Elément réel
X1 X2
n
~ ~ ~
f M u i
P i 1 M et f M i f r m i u i
i 1
~ ~
On doit noter que si f r est une interpolation polynomiale, f n'en est pas une en général, car
P i 1 M n'est pas un polynôme en M en général.
M
m Approximation de
X3
l’élément réel
M’
Elément de référence x1
Elément réel
X1 X2
Cela signifie que :
- Pour les éléments linéiques, la courbe des points M' = (m) est différente de la courbe réelle de
l'élément.
- Pour les éléments surfaciques, la surface des points M' = (m) est différente de la surface réelle
de l'élément, ainsi que la courbe des arêtes.
- Pour les éléments volumiques, les arêtes et les faces transformées sont différentes des arêtes et
des faces réelles.
34
La transformation transforme l'élément de référence en une approximation géométrique de
l'élément réel. Les noeuds de l'approximation géométrique et de l'élément réel sont confondus, mais
les autres points sont distincts.
~ ~
L'interpolation f = f r o -1 est une interpolation sur une approximation géométrique de la maille
réelle. Autrement dit, dans un calcul par éléments finis, les mailles réelles sont remplacées par leur
approximation géométrique, et cette approximation géométrique est déterminée par le choix de .
On cherche donc une fonction inversible qui fasse correspondre les noeuds, c'est à dire telle que:
M(i) = (m(i)) le noeud i
Ce problème est un problème d'interpolation sur l'élément de référence : Choisir , c'est choisir
l'interpolation des points M' entre les points M(i). Le problème est donc :
~ ~ ~
pour les mailles linéiques , trouver trois fonctions d'interpolation X1 , X 2 et X 3 telles que :
X 1i X1 x 1i
~ ~
X 2i X 2 x 1i
~ ~ ~ ~
X 3i X 3 x 1i
~ ~ ~
pour les mailles surfaciques , trouver trois fonctions d'interpolation X1 , X 2 et X 3 telles que :
X 1i X1 x 1i , x 2i
~ ~
X 2i X 2 x 1i , x 2i
~ ~ ~ ~
X 3i X 3 x 1i , x 2i
~ ~ ~
pour les mailles volumiques , trouver trois fonctions d'interpolation X1 , X 2 et X 3 telles que :
~ ~
X 1i X1 x 1i , x 2i , x 3i ~ ~
X 2i X 2 x 1i , x 2i , x 3i ~ ~
X 3i X 3 x 1i , x 2i , x 3i
~
où X ji est la jeme coordonnée dans l'espace physique du nœud réel i , et où x ji est la jeme
coordonnée dans l'espace de référence du noeud de référence i.
Si on prend des interpolations polynomiales, les fonctions d'interpolation des coordonnées sont de
la forme (On les donne ici pour les éléments volumiques, et sont aisément simplifiées pour les
éléments surfaciques ou linéiques) :
n
~
X 1 X1 x 1 , x 2 , x 3 X 1i Q i x 1 , x 2 , x 3 (4.6)
i 1
n
~
X 2 X 2 x 1 , x 2 , x 3 X Q x , x
2
i i
1 2 , x3 (4.7)
i 1
n
~
X 3 X 3 x 1 , x 2 , x 3 X Q x , x
3
i i
1 2 , x3 (4.8)
i 1
où les Q(i) sont les polynôme de base de l'interpolation géométrique, i [1, ..., n], et où n est la
dimension de l'espace des fonctions d'interpolation (c'est à dire le nombre de noeuds). Cette
interpolation doit être conforme, pour que les frontières de deux éléments voisins soient les mêmes.
Pour trouver ces interpolations, on emploie les mêmes techniques que précédemment, puisque ce ne
sont que des interpolations sur l'élément de référence.
Quelques définitions :
- Si la méthode d'interpolation des coordonnées est la même que celle des valeurs aux noeuds on dit
que l'élément est isoparamétrique. On a alors [P] = [Q]
- Si l'interpolation des coordonnées est de degré supérieur au degré d'interpolation des valeurs aux
noeuds on dit que l'élément est superparamétrique.
- Si l'interpolation des coordonnées est de degré inférieur au degré d'interpolation des valeurs aux
noeuds on dit que l'élément est subparamétrique.
35
Il reste un dernier problème : la transformation M = (m) doit être inversible. Il faut donc s'assurer
que le déterminant de la matrice jacobienne de la transformation soit non nul en tout point de la
maille de référence :
~ ~ ~
d X1 d X1 d X1
d~ x1 d x2
~
d x3
~
d X2 d X2 d X2
det J det 0
d x1 d x2 d x3
~ ~ ~
d X3 d X3 d X3
dx d x2 d x3
1
Remarque :
Les mécaniciens feront aisément le parallèle avec la transformation d'un milieu continu, d'un
domaine r de référence à un domaine t actuel. Dans ce cas, la matrice jacobienne n'est autre que
la matrice des composantes du gradient de la transformation F dans un système de coordonnées
cartésiennes, et on doit avoir det F 0.
Les équations (4.6 à 4.8) montrent que son calcul se ramène à des dérivées des polynômes de base
Q(i).
Le déterminant est donc une fonction des coordonnées réelles des noeuds X ji et des variables xi. Il
peut arriver qu'il s'annule pour un certain ensemble de coordonnées nodales ou en certains points
non nodaux (par exemple, si deux noeuds d'un élément réel sont confondus ou trop proches, ou
encore si les trois noeuds d'un triangle réel sont alignés, etc. Il se peut aussi que le jacobien soit nul
en certains points (xr,yr,zr) non nodaux, par exemple si l'approximation géométrique de la maille
linéique, surfacique ou volumique a des points doubles). Tout bon logiciel se doit de faire cette
vérification avant de lancer un calcul.
Lorsque le jacobien est non nul partout, on peut alors trouver -1 en inversant le système (4.4).
On trouve trois fonctions ~x1 , ~
x 2 et ~
x3
x 1 X 1 , X 2 , X 3
x1 ~ x 2 X 1 , X 2 , X 3 x 3 ~
x2 ~ x 3 X1 , X 2 , X 3 (4.9)
Le calcul de la transformation inverse -1 est difficile, sauf quand l'interpolation des coordonnées est
strictement linéaire (càd. uniquement dans les éléments linéiques à 2 noeuds, les éléments
triangulaires à 3 noeuds et les tétraèdres à 4 noeuds. Dans les autres, l'interpolation ne peut pas être
strictement linéaire. Ce sont les seuls cas ou l'interpolation sur l'élément réel reste polynomiale), car
dans ce dernier cas, l'inversion de se ramène à des calculs algébriques matriciels. On verra plus
loin que ce calcul n'est pas nécessaire et qu'il suffit de s'assurer que la transformation est inversible.
Un grand nombre des éléments proposés dans les logiciels ont une interpolation linéaire des
coordonnées, mais on trouve aussi des interpolations de coordonnées de degré supérieur, qu'on
appelle souvent éléments courbes. Dans le cas d'interpolation linéaire des coordonnées:
- Les mailles linéiques et les arêtes sont approximées par des segments de droite joignant les
noeuds. S'il y a des noeuds intérieurs, c'est une ligne brisée.
- Les mailles triangulaires et les faces triangulaires à trois noeuds sont approximées par des
triangles plans
- Les mailles triangulaires et les faces triangulaires à plus de trois noeuds sont approximées par des
surfaces polynomiales compliquées à contour polygonal gauche.
- les mailles quadrangulaires et les faces quadrangulaires à quatre noeuds sont approximées par des
paraboloïdes hyperboliques.
- les mailles quadrangulaires et les faces quadrangulaires à plus de quatre noeuds sont approximées
par des surfaces polynomiales compliquées à contour polygonal gauche.
36
On peut remarquer que dans le cas des éléments linéiques à 2 noeuds, des éléments triangulaires à 3
noeuds et des éléments tétraédriques à 4 noeuds, les approximations géométriques des lignes et des
surfaces n'ont jamais de points doubles. Le jacobien ne peut s'annuler que pour des dégénérescences
géométriques (longueurs nulles, surfaces nulles ou volumes nuls). Pour les autres, il convient de
vérifier que le jacobien de n'est jamais nul non seulement aux noeuds, mais aussi entre les noeuds,
c'est à dire que l'approximation géométrique ne contient pas de point double.
Finalement, l'interpolation sur l'approximation géométrique de l'élément réel est :
n
~
f X1 , X 2 , X 3 u P ~x X , X
i 1
i i
1 1 2 , X 3 , ~ x 3 X 1 , X 2 , X 3
x 2 X1 , X 2 , X 3 , ~ (4.10)
Elle est déterminée quand on connaît les coordonnées des noeuds X ji et les valeurs aux nœuds u(i).
Quand on a choisi l'interpolation géométrique , on peut calculer à l'avance la matrice [Q] des
~
coefficients des polynômes de base des interpolations des coordonnées X i pour chaque élément de
référence. Par contre, le jacobien dépend des coordonnées réelles, et sa non nullité ne peut être
vérifiée que quand on connaît les coordonnées réelles des noeuds.
On peut toutefois préparer à l'avance la matrice [Q] des coefficients des dérivées des polynômes de
base.
4.4.3 Résumé
Un élément est caractérisé par :
- la forme de sa maille de référence
- la position des noeuds dans la maille de référence (sommets obligatoires pour la conformité)
~
- l'interpolation de référence f r (c'est à dire la matrice [P] des coefficients des polynômes de base
de l'interpolation)
- l'interpolation des coordonnées des points non nodaux M' (c'est à dire la matrice [Q] des
coefficients des polynôme de base de l'interpolation, et la matrice [Q’] des coefficients des
dérivées de polynôme de base pour le calcul de [J]. L'interpolation des coordonnées détermine
l'approximation géométrique de l'élément.
~
- On en déduit une interpolation (en général non polynomiale) f sur l'élément réel.
4.4.4 Exercices
1/ Trouver l’expression de la transformation pour un élément linéique à deux nœuds placés à ses
extrémités.
2/ Soit un élément linéique à trois nœuds. Deux sont placés à ses extrémités et un nœud en son
centre.
a) Trouver les fonctions de forme de cet élément
b) Trouver l’expression de la transformation dans le cas où l’élément est isoparamètrique.
37
4.5.1 Mailles volumiques
Gradient
~ ~ ~
Puisque f = f r o -1 le gradient de l'interpolation f est :
~ ~
grad f = grad f r (grad -1
~ ~
où grad f et grad f r sont des tenseurs du premier ordre et grad un tenseur du second ordre (il faut
noter que grad (-1) = (grad )-1 et on verra qu’il n'est donc pas nécessaire de calculer explicitement
les fonctions ~
x i M j pour calculer la matrice jacobienne de la transformation inverse).
En termes de composantes dans un système de coordonnées cartésiennes :
~ ~
(grad f )i = (grad f r )k (grad -1)ki
~ ~
f
Xi x k
fr
J1 k i
avec sommation sur l’indice k, et où on a posé :
~ ~ ~
d X1 d X1 d X1
d~ x1 d x2
~
d x3
~
d X2 d X2 d X2
J
dx d x2 d x3
~1 ~ ~
d X3 d X3 d X3
dx d x2 d x3
1
ou sous forme matricielle
~ ~ ~ 1
d X1 d X1 d X1
d x1 d x2 d x3
~ ~ ~ ~ ~ ~
f f f f r f r f r d X~ 2 d X~ 2 d X~ 2
X 1 X 2 X 3 x1 x2 x3 d ~ x1 d x2 d x3
~ ~
d X3 d X3 d X3
dx d x2 d x3
1
~
Le calcul des dérivées de f nécessite donc l'inversion de [J] pour chaque point de l’élément réel.
Ecriture matricielle
En utilisant la notion d’interpolation sur l’élément de référence, l’expression du gradient sur
l’élément de référence est :
P 1 P 1 P 1
x
12 x22 x32
~ ~ ~ P P P
f r f r f r 1 2 n x x2 x3 u 1u 2 .......u n B
u u .......u 1
x1 x2 x3
P n P n P n
x1 x2 x3
~ ~ ~
f f f
u u .......u B J
1 2 n 1
X1 X 2 X 3
[B] est la matrice d’interpolation des dérivées.
38
Second gradient
~
Le second gradient de l'interpolation f est
~ ~
grad grad f = grad (grad f r (grad -1)
T ~ ~
grad grad grad f r grad f r grad grad
1
En termes de composantes dans un système de coordonnées cartésiennes
~
2 f
~
2 fr
~ 1
fr J k i
J 1 ki
Xi X j xk x j xk Xj
Intégrales
Si on note V' l'approximation géométrique de l'élément réel et si on note Vr l'élément de référence,
l'élément de volume de l'approximation géométrique de l'élément réel est :
Une intégrale sur l'élément réel se ramène à une intégrale sur l'élément de référence par changement
de variables :
v
~
vr
~ ~
GX1 , X 2 , X 3 d v G X1 x 1 , x 2 , x 3 , X 2 x 1 , x 2 , x 3 , X 3 x 1 , x 2 , x 3 det Jdx 1dx 2 dx 3
où det [J] est une fonction (en général non polynomiale) de x1, x2, x3.
39
e 1
u 1 e1
e1 ~ 2 ~ 2 ~ 2
dX 1 dX 2 dX 3
d x1 d x1 d x1
La dérivée le long de l'approximation géométrique de la courbe (c'est à dire la dérivée par rapport à
l'abscisse curviligne) est donc :
~
d fr
~
d f ~ ~ d x1
Du f grad f u
dl ~ 2 ~ 2 ~ 2
dX 1 dX 2 dX 3
d x1 d x1 d x1
Ecriture matricielle
En utilisant la notion d’interpolation sur l’élément de référence, l’expression du gradient sur
l’élément de référence est :
P 1
x12
~ P
f r
u 1u 2 .......u n x1 u 1u 2 .......u n B
x1
P n
x1
[B] est la matrice d’interpolation des dérivées.
Second gradient
Exercices :
40
1/ Soit un élément tétraédrique à 4 nœuds placés à ses sommets.
a) Trouver les termes de la matrice d’interpolation [N].
b) Trouver les termes de la matrice d’interpolation du gradient [B].
2/ Soit un élément linéique à 2 nœuds placés à ses sommets.
a) Trouver les termes de la matrice d’interpolation [N].
b) Trouver les termes de la matrice d’interpolation du gradient [B].
3/ Soit un élément triangulaire à 3 nœuds placés à ses sommets.
a) Trouver les termes de la matrice d’interpolation [N].
b) Trouver les termes de la matrice d’interpolation du gradient [B].
Exercice 4 : Dérivée dans l’élément réel
Soit un élément linéique a 2 nœuds (aux sommets). Les coordonnées des nœuds de l’élément réel
sont M i X 1i , X 2i , X 3i (i=1,2).
1) Trouver l’expression de la transformation .
2) Trouver le vecteur de la base naturelle e1
3) Les nœuds de l’élément réel sont M 1 0,0,0 et M 2 1,1,1
Calculer la dérivée par rapport à l'abscisse curviligne en fonction des valeurs u i (i=1, 2) du champ
inconnu aux nœuds M i .
1 1 x1
i! j!
x x dx dx i j 2!
i j
Pour l’élément de référence triangulaire 1 2 1 2
0 0
Cas de trois dimensions :
1 1 1 0 si i ou j ou k impairs
Pour l’élément de référence cubique x x x dx1dx2 dx3
i j k
1 2 3 8
11 1 i 1 j 1k 1 si i , j et k pairs
41
1 1 x1 1 x1 x 2
i! j! k!
x x x dx dx dx i j k 3!
i j k
Pour l’élément de référence tétraédrique 1 2 3 1 2 3
0 0 0
1 1 1 x1 0 si k impair
0 x x x dx1dx2dx3 2 i! j!
i j k
Pour l’élément de référence prismatique 1 2 3
1 0 k 1i j 2 ! si k pair
4.6.2 Intégration numérique
Les formules d’intégration numérique permettent d’évaluer les intégrales sous la forme générale
suivante :
iGr x1i , x2i , x3i
NPI
~ ~ ~
vr
r 1 2 3 r
G x , x , x d v G X
1 1x ,
vr
x 2 , x3 , X
2 1x , x 2 , x3 , X
3 1x , x 2 , x3 det J dx1 dx 2 dx3
i 1
NPI : nombre total de points dits d’intégration numérique sur l’élément de référence
x1i , x2i , x3i : coordonnées paramétriques du point i
i : coefficient (ou poids) pour le point i
Gr x1i , x2i , x3i : valeur numérique de la fonction à intégrer au point i
Choisir un schéma d’intégration consiste à définir les valeurs de i et x1i , x2i , x3i . Les formules les
plus utilisées dans la méthode des éléments finis sont celles de Gauss pour les problèmes à une
dimension, deux dimensions (élément de référence carré), trois dimensions (élément de référence
cubique) et celles de Hammer pour les triangles et les tétraèdres.
Le nombre de points NPI dépond des fonctions à intégrer. Ces formules permettent d’intégrer
exactement des monômes en xi mais fournissent des intégrations approximatives de fonctions
rationnelles.
Par exemple, un schéma de Gauss à n points intègre exactement un monôme en x1 d’ordre 2n-1.
Les tableaux 1 et 2 donnent les poids i et les coordonnées x1i , x2i pour les schémas d’intégration
de Gauss pour les éléments à une dimension et de Gauss-Hammer pour les triangles.
Pour les éléments de référence linéique, carré et cubique le schéma de Gauss s’écrit :
m
Une dimension : Gr x1 d vr i Gr x1i où m représente le nombre de points dans la direction
vr
i 1
x1. (NPI=m)
Deux dimensions : Gr x1 , x2 d vr i j Gr x1i , x2j où m représente le nombre de points dans
m m
vr
j 1 i 1
42
25
1 3 7 9
1 2 3 4 1 81
40 64
2 4 6 8 et 5
81 81
Trois dimensions : Gr x1 , x2 , x3 d vr i jk Gr x1i , x2j , x3k où m représente le nombre de
m m m
vr
k 1 j 1 i 1
44
Tableau 4.3 : Formules d’intégration numériques sur un triangle (Hammer)
4.7 Conclusion
Dans les logiciels, on dispose d'une bibliothèque d'éléments prédéterminés (et on a parfois la
possibilité d'en définir soi-même). Les polynômes de base des interpolations de référence sont
calculés à l'avance et préprogrammés. L'utilisateur ordinaire n'a donc plus à s'en préoccuper.
L'objectif de ce chapitre n'était que de faire comprendre comment on les construit, et surtout de
permettre à l'utilisateur d'un logiciel de les choisir en connaissance de cause.
Il suffit de retenir que choisir un élément dans une bibliothèque c'est à la fois :
- Choisir une forme de maille
- Choisir la place des noeuds dans la maille
- Choisir une interpolation sur l'élément de référence
45
- Choisir une approximation géométrique de la forme de l'élément réel
Les fonctions d'interpolation sur l'approximation géométrique, leurs dérivées, et leurs
intégrales sur l'approximation géométrique sont alors déterminées par les valeurs aux noeuds.
Le choix des éléments est délicat : c'est un compromis entre la qualité de la solution approchée et le
coût du calcul.
Le nombre de noeuds (et donc le nombre d'inconnues égal au nombre de noeuds multiplié par le
nombre d'inconnues par noeud) augmente avec le degré d'interpolation et le nombre de mailles. La
taille du système d'équations à résoudre (et donc le temps de résolution) peut devenir très grande (le
temps de résolution est proportionnel au cube du nombre d'inconnues).
On peut dire que les éléments de faible degré d'interpolation demandent un maillage plus fin que les
éléments de degré plus élevé pour obtenir une «précision équivalente». Il faut donc se préoccuper
de cette question dans la phase de maillage, et l'examen d'une solution approchée peut parfois
amener à recommencer un calcul avec un maillage et/ou des interpolations différents.
46
CHAPITRE 5 : LA DISCRETISATION
Que le problème à résoudre soit formulé sous forme différentielle ou sous forme intégrale, sa
solution exacte est toujours inaccessible. L'objet de ce chapitre est de montrer comment choisir
une solution approchée ; dans la famille F H1()nddl de fonctions ; construite par les opérations
de maillage et de choix d'éléments. On rappelle que chaque fonction F(M) de F peut s'écrire sous
forme d’une interpolation:
N ddl
FM u F M
j j
j 1
et que les fonctions de base F j M de l'espace F sont des fonctions nulles partout, sauf dans les
éléments qui contiennent le noeud j (On rappelle que ces fonctions de forme ne sont pas
polynomiales en général, sauf si l'interpolation géométrique est strictement linéaire).
Figure 5.1 : Exemple de fonction de base globale F j M sur un maillage avec des éléments triangulaires.
On a vu dans le chapitre précédent que la formulation variationnelle exacte d'un problème peut se
mettre sous la forme :
- Trouver u(M) tel que
C ’ (u) = 0
Si on cherche une solution appartenant à l'espace F, on obtient le problème approché suivant
- Trouver F(M) tel que
C ’(F) = 0
Ce problème n'a pas en général de solution (sauf si par chance la solution exacte appartenait à F).
On va donc remplacer la condition « (M)» par une condition moins contraignante :
47
On ne cherche à satisfaire l'équation (5.1) que pour certains (M).
D'autre part, il faut respecter les conditions aux limites C ’(F) = 0 si elles existent
On restreint donc l'espace F aux seules fonctions qui respectent ces conditions. On appelle Fad
l'espace des fonctions admissibles, c'est à dire l'espace des fonctions qui satisfont aux conditions
aux limites C ’(F ) = 0.
Fad est un sous espace de F. En effet, imposer les conditions C ’(F) = 0 revient à imposer NC
relations sur les valeurs des u(i). La dimension de l'espace des fonctions admissibles est donc :
Ninc = Nddl - NC.
Pour déterminer une fonction F(M) Fad, il faut déterminer un Ninc -uplet de valeurs :
Si on a choisi correctement Ninc fonctions (i)(M), pour chacune d'elles, l'équation (5.1) va fournir
une équation scalaire :
N inc
A(i, F) - B(i) = 0 où F u j F j (5.2)
j 1
et 1≤ i ≤ Ninc
La construction de ce système d'équations s'appelle l'assemblage.
Les fonctions i choisies sont souvent appelées fonctions test.
Pour trouver une solution approchée, on a donc un système de Ninc équations à Ninc inconnues {u(1),
u(2), ..., u(i), ..., u(Ninc) } à résoudre.
Remarques :
1°- Si A (, u) est une application linéaire en u, les termes A (i), F) conduisent à un système
linéaire en u(i). Cette classe de problèmes est appelée problèmes linéaires.
2°- Si A (, u) n'est pas linéaire en u, la solution du système (5.2) est plus complexe. Il existe
cependant des méthodes numériques pour le résoudre qui se ramènent à une succession de
problèmes linéaires.
3°- On peut noter que l'unicité et la convergence de la solution par éléments finis n'est
classiquement établie que pour les problèmes linéaires. Dans presque tous les autres cas, la méthode
des éléments finis reste heuristique.
Tout le problème réside donc dans le choix judicieux des fonctions i(M)
- Une condition impérative est que le choix des i(M) doit être tel que le système
d'équations (5.2) soit régulier.
En particulier, le choix des i(M) et le choix de l'espace des fonctions d'interpolation F(M)
ne sont pas indépendants du choix de la formulation variationnelle : En effet, à chaque
transformation d'intégrale sur , on diminue l'ordre de dérivation de u et on augmente l'ordre de
dérivation de . Il faut donc que les fonctions F et aient des dérivées d'un ordre suffisant non
nulles partout pour que le système soit régulier (Par exemple, dans la formulation (3.20), la fonction
apparaît sous la forme de son laplacien. Il faut choisir des fonctions à laplacien non nul partout.
Une interpolation linéaire ne conviendrait pas).
- On dispose d'algorithmes efficaces pour la résolution de systèmes linéaires symétriques.
On préfèrera donc un choix de i(M) qui conduit à un système symétrique.
48
Il existe plusieurs méthodes pour choisir les fonctions i(M). Elles peuvent conduire à des
systèmes symétriques ou non, et la précision de la solution est plus ou moins sensible au choix des
. On ne développe ici que la méthode la plus utilisée dans les logiciels d'éléments finis : la
méthode de Galerkin.
On choisit comme fonctions i(M) les fonctions de base de l'espace Fad. Ce choix a les
conséquences suivantes :
- Le nombre de fonctions i (et donc le nombre d'équations scalaires) est automatiquement
égal au nombre d'inconnues Ninc.
- On montre en analyse numérique que le système d'équations (5.2) obtenu pour ce choix de i
est nécessairement régulier pour une classe de problèmes appelés problèmes elliptiques : dans ce
cas, A(, u) et B() doivent être linéaires en u et en ,
N inc
A(i, F) = A F i , u j F j
j 1
N ddl
et A (F(i), u F ) doit être une forme quadratique définie positive en F(j).
j 1
j j
Pour les autres problèmes, soit le système d'équations n'est pas linéaire en u(j), soit il est
linéaire mais non garanti régulier, et la méthode de Galerkin peut se révéler inadéquate.
- Le fait de choisir des fonctions ) appartenant à Fad peut simplifier certaines intégrales de
bord.
- La méthode de Galerkin impose une contrainte sur le choix de la forme variationnelle : les
fonctions )(M) et les fonctions d'interpolation F(M) appartenant au même espace de fonctions, il
faut choisir une forme variationnelle dans laquelle les dérivées des fonctions et u soient d'un
ordre tel qu'elles ne s'annulent pas partout.
La recherche de la solution approchée se ramène donc à la résolution du système d'équations
N inc
A F i , u j F j - B(F(i)) = 0
j 1
(j)
Les u trouvés déterminent la solution approchée F . Ce système est linéaire et régulier pour les
problèmes elliptiques.
Cette écriture peut être écrite sur chaque sous domaine (élément fini) :
l’élément e
i N e j j ) Nel
Nel
A Pe , u Pe B Pei 0
e 1
j 1 e 1
Si A est un opérateur linéaire alors :
Ne
Nel Nel
On note keij A Pei , Pe( j ) les termes de la matrice de rigidité élémentaire
49
qe(i ) B Pei la composante du vecteur des forces nodales du nœud (i) associé à l’élément (e)
(un nœud peut appartenir à plusieurs éléments).
Ecriture matricielle
La formulation variationnelle d’un problème physique après transformation des intégrales et
l’utilisation d’une partie des conditions aux limites s’écrit sous la forme :
D D dv E F d f dv T d
T
En tenant compte de l’interpolation éléments finis du champ inconnu et de la fonction test (qui sont
de même nature), on peut écrire les quantités suivantes :
D A p et D A p
Avec [A] la matrice d’interpolation associée à l’opérateur D
p 1 .. .. .. p
T
vecteur des degrés de liberté de l’élément associé au champ inconnu
p 1 .. .. .. p
T
vecteur des degrés de liberté de l’élément associé à la fonction test
L’intégration sur l’élément devient :
D D dv A A dv A Adv k
T T T T T
p p p p p e p
e e e
Avec ke A Adv matrice de rigidité élémentaire (d’un élément).
T
e
e e e
Avec Fe N fdv vecteur élémentaire des forces nodales (d’un élément).
T
e
5.3.1 Forme l
- Trouver le champ de températures T tel que :
T f d v
V
0 M défini sur V
50
grad T(N) n(N) = f(N) N Sf
La fonction inconnue T(M) apparaît par son Laplacien. Il faut donc choisir un espace d'interpolation
F tel que le laplacien de ses fonctions de base soit non nul, ce qui interdit les interpolations
linéaires. D'autre part, la construction de l'espace Fad respectant la condition de flux est difficile : Il
faut choisir des éléments qui contrôlent la dérivée normale au bord, ce qui est difficile
Par contre, l'espace des fonctions test (qui est aussi Fad) paraît "trop luxueux", car n'est pas dérivé
dans cette formulation.
La forme A (, T ) est bien linéaire en et T . Le système en T(i) est donc linéaire et régulier. Bien
que la méthode de Galerkin appliquée à cette formulation paraisse «déséquilibrée» du point de vue
des dérivées de et T , elle est praticable si on dispose d'éléments adéquats.
5.3.2 Forme 2
- Trouver le champ de températures T tel que
grad grad T d v grad T n d s f d s f dv
V ST Sf V
A(, T) B(
- avec la seule condition aux limites
T (N) = Tf (N) N ST
Les fonctions et T n'apparaissent que sous la forme de leur gradient. On peut donc choisir un
espace d'interpolation F plus simple : il suffit que les fonctions de base de F aient un gradient non
nul. On peut donc prendre des éléments plus simples : des interpolations linéaires sont suffisantes
(on peu prendre des interpolations de degré supérieur pour améliorer la qualité de la solution
approchée).
L'espace Fad est plus facile à construire : il suffit d'imposer des valeurs aux T(j) sur la frontière ST.
D'autre part, puisque Fad, on a
ST
grad T n d s ST
Tf grad T n d s
N inc N inc
grad Fi
V
T jgrad F j d v
j1
ST
Tf T grad F n d s
j1
j j
F i f d s F i f d v (5.3)
Sf V
est linéaire en T(i). Cette formulation variationnelle est bien adaptée à la méthode de Galerkin. Les
intégrales sur V se ramènent à une somme d'intégrales sur les mailles. Par exemple :
Nm
V
F i f d v
m 1
m
F i f d v
où Nm est le nombre de mailles. Il est à noter que les intégrales de volume et de surface de
l'équation i ne portent finalement que sur les fonctions de base de l'espace d'interpolation (On
rappelle aussi que, si on utilise des éléments de référence, les intégrales sur un élément réel se
51
ramènent à une intégrale sur l’élément de référence, et qu’elles peuvent être partiellement préparée
à l’avance, voir section 4.5).
Ces intégrales sur les mailles ne sont non nulles que sur les mailles qui contiennent le noeud i. On
ne les calcule donc que sur les mailles qui contiennent ce noeud. Les inconnues qui interviennent
dans l'équation i sont donc uniquement les T(k) tels que le noeud k appartient à une maille contenant
le noeud i. Il en est de même pour les intégrales de surface. Il reste donc :
V
F i f d v
mI
m
F i f d v
Pour les mêmes raisons que dans l'exemple précèdent, on choisit la formulation variationnelle :
- Trouver le champ de déplacements tel que
grad d v n d s f d v q 0 d s M
V Sd V Sf
A(,) B(
= 2 + Tr G et grad grad T .
1
où
2
- avec la condition aux limites :
(N) - (N) = 0 N Sd
C ’()
Dans cette formulation, l’inconnue et les fonctions apparaissent tous les deux sous la forme de
leur gradient.
D’autre part, appartenant à Fad, on a :
Sd
n ds Sd
0 n d s
Là encore, les intégrales de volume et de surface de l’équation i se réduisent à des intégrales sur les
seules mailles qui contiennent le nœud i.
52
fonction de base F(i) ne fait intervenir en fait que les intégrales sur les mailles qui contiennent le
nœud i. On en déduit une méthode pour construire la matrice [K] du système à résoudre :
u 1 b 1
K
u Ninc b Ninc
Pour chaque maille, on calcule les intégrales de la formulation. Pour chaque F(i) dans la maille, on
porte le coefficient de u(j) en ligne i colonne j de [K] en l’ajoutant à ce qui s’y trouve déjà, et on
porte en ligne i de [b] le résultat des intégrales du second membre toujours en l’ajoutant à ce qui s’y
trouve déjà.
L’exemple suivant illustre l’opération d’assemblage pour des matrices élémentaires 6x6
N
Wi q em K em q em t
t t
m 1
k111 1
k12 k131 k141 1
k15 k161 u1 k112 k122 k132 k142 k152 k162 u 2
1 1 1 1 1
k 22 k 23 k 24 k 25 k 26 v1 k 222 k 232 k 242 2
k 25 k 262 v 2
1
k 33 1
k 34 1
k 35 1
k 36 k 332 k 342 k 352 2
k 36 2
u1 v1 1 u 2 v 2 2 1 1 1
1
u 2 v 2 2 u 3 v3 3 ..
k 44 k 45 k 46 2 u k 442 2
k 45 k 462 u 3
1
k 55 1
k 56 v 2 k 552 2
k 56 v3
1
k 66 2 k 662 3
k11i k12i k13i k14ik16i u i
k15i k11N k12N k13N k14N k16N u n 1
k15N
i
i
k 22 i
k 23 i
k 24k 26 vi
i
k 25 k 22N k 23N k 24N k 25N
k 26N vn 1
k 33 k 34 k 35 k 36 i
i i i i k 33N N N N
k 34 k 35 k 36 n 1
u i vi i u j v j j i i i
u
... u n 1 vn 1 n 1 u n vn n
k 44 k 45 k 46 j k 44N k 45N k 46N u n
k 55i k 56i v j k 55N k 56N v n
j k 66N n
i
k 66
u 1 v1 1 u 2 v2 2 u 3 v3 3 u i vi i . u j v j j .u n 1 vn 1 n 1 u n vn n
k 1
11 k 1
12 k 1
13 k 1
14
1
k
15 k 1
16
1 1 1 1 1
k 22 k 23 k 24 k 25 k 26
k 1
33 k 1
34 k 1
35 k 1
36
1
k 44 k112 1
k 45 k122 1
k 46 k132 k142 k152 k162
k k1 2
k k
1 2
k 2
k 2
k 262
55 22 56 23 24 25
k k
1
66
2
33 k 2
34 k 2
35 k 362
k 2
k 2
k 462
44 45
k 2
55 k 562
k 662
k11i k12i k13i k14i k15i k16i
i
k 22 i
k 23 i
k 24 i
k 25 i
k 26
i i
k 33 k 34 k 35i i
k 36
i
k 44 i
k 45 i
k 46
k 55i i
k 56
i
k 66
k11N k12N k13N k14N k15N k16N
k 22N k 23N k 24N k 25N k 26N
k 33N k 34N k 35N k 36N
k 44N k 45N N
k 46
k 55N k 56N
N
k 66
u1 v1 1 u2 v2 2 u3 v3 3 .... u i vi i .... ... u j vj j u n 1 vn 1 n 1 un vn n
53
5.6 Résolution
Après assemblage de la matrice de rigidité et du vecteur des forces nodales on trouve un système à
résoudre sous la forme : K q F avec q le vecteur des ddl de la structure entière
D’une façon générale, on décompose d’une part le vecteur déplacements en deux vecteurs
qI connu ( qI q0 ) et q II inconnu et d’autre part le vecteur forces en deux vecteurs
F I inconnu (les réactions) et F II connu :
q F K K 12 qI F I
q I et F I . Le système à résoudre devient : 11
q II F II K 21 K 22 q II F II
K q K 12 q II F I
Equivalent à 11 I (S)
K
21 I q K 22 q II F II
Puisque le vecteur q I q0 connu alors le deuxième système devient : K 22 q II F II K 21 q0
(le second membre est connu)
Pour retrouver les réactions, on utilise la première équation de (S)
F I K 11 q0 K 12 q II
Remarque :
Les conditions aux limites sont souvent plus complexes que celles qui ont été données dans les
exemples proposés précédemment. On peut par exemple imposer des relations entre certains degrés
de libertés (par exemple pour simuler des nœuds liés à un solide indéformables). Le sous espace Fad
est alors plus difficile à construire. En fait on ne le construit pas et on rajoute des équations pour
forcer les conditions aux limites. Le nombre d’inconnus est donc Nddl et non Ninc. Il existe en
analyse numérique des méthodes pour résoudre un système algébrique avec des contraintes sur la
solution : on peut en citer (entre autres) la méthode des multiplicateurs de Lagrange et la méthode
de pénalisation. Certains logiciels offrent ces choix en option.
54
CHAPITRE 6 : Eléments 2D : Elasticité plane
L’objectif de ce chapitre est la mise en œuvre des étapes de la M.E.F pour la résolution des
problèmes d’élasticité plane (2D) en mécanique des solides déformables en utilisant les éléments
surfaciques de Lagrange de continuité C0.
Figure 6.1 : Exemples de problèmes plans : (a) contraintes planes ; (b) déformations planes
Soit un solide occupant un domaine D soumis à des forces de volume {B} en tout point et des
forces surfaciques {F} sur une partie de la frontière SF . L’autre partie de la frontière SU est soumise
à un déplacement imposé (figure 6.2).
55
Figure 6.2 : description du problème plan
L’équation d’équilibre du milieu continu : div B 0 sur V ij , j Bi 0 sur V
Les conditions aux limites :
Type efforts n F sur SF ij n j Fi sur SF
Type déplacement u d sur SU ui di sur SU
Lois de comportement sous forme matricielle:
xx
Les composantes du tenseur contrainte écrites sous forme vectorielle σ yy
xy
Relation déformation-déplacement :
Le vecteur déplacement présente deux composantes : u ui vj
1
Le tenseur des déformations est u T u . Il s’écrit sous forme vectorielle
2
xx u x
ε yy v y
2 u y v x
xy xy
Pour un problème en contraintes planes E* E et *
Pour un problème en déformations planes E* E 1 2 et * 1 2
Formulation variationnelle :
Le champ virtuel pris dans ce cas un champ de déplacement u pour retrouver le principe
des travaux virtuels :
La première forme variationnelle est : ij , j Bi .ui dV 0
V
Cette équation représente l’équation intégrale forme faible où l’équation Principe des Travaux Virtuels
(PTV).
56
Puisque la loi de comportement n’est pas encore prise en considération, cette équation est valable pour
de nombreux problèmes 2D.
Introduisons la loi de comportement, on obtient l’équation suivante :
T
E dV u F dS u BdV 0
th T T
V SF V
Figure 6.4 : maillages de la plaque : (a) maillage grossier ; (b) maillage fin
L’élément triangulaire à 3 nœuds présente six degrés de liberté qui sont les deux translations
suivant les direction x et y en chaque nœuds (figure 6.5).
57
L’interpolation est linéaire (polynôme de degré 1)
Les deux composantes du vecteur déplacement sont interpolées sur l’élément de référence
comme suit :
3
u x1 , x2 ui N i x1 , x2 u1 N1 x1 , x2 u 2 N 2 x1 , x2 u3 N 3 x1 , x2
i 1
3
v x1 , x2 vi N i x1 , x2 v1 N1 x1 , x2 v2 N 2 x1 , x2 v3 N 3 x1 , x2
i 1
Si on met le vecteur des déplacements nodaux sous la forme suivante (appelé aussi vecteur des ddl):
u1 u1
v v
1 1
u u x1 , x2 N1 0 N2 0 N3 0 u2
u 2 alors le vecteur déplacement s’écrit :
v2 v x1 , x2 0 N1 0 N2 0 N 3 v2
u3 u3
v3 v3
u x1 , x2
N u N : matrice d’interpolation des déplacements sur l’élément de référence
v x1 , x2
Pour construire l’interpolation sur l’élément réel, on doit définir une transformation entre
l’élément de référence et l’élément réel. L’élément T3 est un élément isoparamètrique, on
choisit la transformation géométrique qui utilise les mêmes fonctions d’interpolation pour
approcher la géométrie et le champ de déplacement :
3
x x x1 , x2 x i N i x1 , x2 x1 1 x1 x2 x 2 x1 x 3 x2
i 1
: mx1 , x2 M x, y x x1 x x1 x2 x 3 x1 x1 x1 x 21 x2 x 31
1 2
3
y y x1 , x2 y i N i x1 , x2 y1 x1 y 2 y 1 x2 y 3 y 1 y 1 x1 y 21 x2 y 31
i 1
58
Avec B matrice d’interpolation des dérivées sur l’élément de référence.
Les dérivées sur l’élément réel sont, d’après le chapitre 4:
1
dx dx
~ ~ ~ ~ ~ ~ 1
f f f r f r d x1 d x2 f r f r x 21 x 31
21
x y x1 x2 d y d y x1 x2 y y 31
d x1 d x2
~ ~ ~ ~
f r f r 1 y 31 x 31 f r f r T
21 j
x1 x2 2 A y x 21 x1 x2
1
Avec A x 21 y 31 x31 y 21 est l’aire de l’élément réel (obtenu par produit vectoriel)
2
u
u , x x u ,1 1 y
23
0 y 31 0 y12 0
u ,
u
j
u ,
j B
u B u
2 A
32 13 21 u
y 2 x 0 x 0 x 0
y
v
v, x x v,1 1 0 y
23
0 y 31 0 y 12
v ,
v
j
v ,
j B ' u B 'u
2 A
32 13 21
u
y 2 0 x 0 x 0 x
y
La matrice d’interpolation des déformations [D] est définie par:
xx u , x y 23 0 y 31 0 y12 0
ε yy v, y Du 1 0 x32 0 x13 0 x 21 u
2 u , v, 2 A 32
x y 23 x13 y 31 x 21 y12
xy y x
y 23 0 y 31 0 y12 0
D 1 0 x 32 0 x13 0 x 21
2 A 32
x y 23 x13 y 31 x 21 y12
6.2.3. Matrice de rigidité élémentaire
Introduisons les expressions des déformations et des déplacements issus de l’interpolation éléments
finis dans la formulation faible, on trouve :
T
th T
E dV u F dS u BdV 0
T
V SF V
E dV u BdV u F dS 0
T th T T
e Ve Ve Se SF
u x1 , x2
On choisit, d’après la méthode de Galerkin, ε Du et N u
vx1 , x2
u D EDudV u N BdV u D σ dV uNl FdS
e Ve
T T
e Ve
T T
e Ve
T T th
ef S e S F
T
59
f N BdV vecteur élémentaire des forces volumiques
e
0 T
Ve
température.
f e Nl F dS vecteur des forces nodales surfaciques.
T
Se S F
Ve Vr
s13 s 23 s33
1 * * 1 *
b
i jb a a
i j
b a
i j ai b j
*
Et 2 2
sij
4 A 1 *
*2
1 *
1 *
b j ai a j bi ai a j bi b j
2 2
Avec :
ai x j xk et bi y j yk (a1=x3-x2=x32 b1=y2-y3=y23=-y32)
Pour trouver L’équation de rigidité globale pour tout le domaine on peut utiliser la méthode
d’assemblage qui sera illustrée à travers l’exemple suivant :
60
Connectivité des éléments :
Elément 1 : nœud 1, nœud 2, nœud 3 (il faut parcourir l’élément dans le sens trigonométrique)
Elément 2 : nœud 1, nœud 3, nœud 4
Elément1 Elément 2
Matrice globale :
61
q F K K 12 q I F I
q I et F I . Le système à résoudre devient : 11
q II F II K 21 K 22 q II F II
K q K 12 q II F I
Equivalent à 11 I (S)
K 21 q I K 22 q II F II
Puisque le vecteur q I q0 connu alors le deuxième système devient : K 22 q II F II K 21 q0
(le second membre est connu)
qII K 221 F II K 21q0
Pour retrouver les réactions, on utilise la première équation de (S)
F I K 11q0 K 12 q II K 11q0 K 12 K 221 F II K 21q0
Résolution :
Ecrire le système à résoudre en éliminant les lignes et les colonnes 1, 2 et 7. Résoudre et obtenir les
déplacements u2, v2, u3, v3 et v4.
Elément 2 :
Application :
On considère une plaque chargée dans son plan par 2 forces ponctuelles comme montrée sur la figure ci-
dessous :
62
on remarque une forte discontinuité de la
composante yy du tenseur des contraintes
63
CHAPITRE 7 : Eléments finis plaques
Une plaque est un solide défini par une surface de référence, ou surface moyenne, plane (plan x y
par exemple) et une épaisseur h(x,y) . Cette épaisseur doit être petite par rapport aux autres
dimensions (extensions, rayons de courbure) de la structure à modéliser. La figure 7.1 illustre ces
propos. Cette plaque peut être constituée d’un matériau homogène ou être obtenue par l’empilement
de différentes couches de matériaux orthotropes.
La théorie des plaques adoptée dans la suite est une théorie dite de premier ordre basée sur les
hypothèses suivantes:
Les sections droites ou planes : les points situés sur une normale à la surface moyenne
restent sur une droite dans la configuration déformée.
La déformation transversale zz nulle (pas de variation d’épaisseur).
64
Figure 7.2 : Cinématique de la déformation d’un élément plaque.
Soit un point P de la surface moyenne. Ce point va se transformer au point P’ tel que :
u x, y
PP' u x, y v x, y
w x, y
Un point M de la plaque défini par PM zk va se transformer après déformation au point M’
x 0 z y
tel que P' M ' zk y 0 z x
0 z z
Le vecteur déplacement est alors :
z y u x , y z y
MM ' MP PP' P' M ' zk u x, y z x v x, y z x
z w
u x , y z y
On note U v x, y z x le vecteur déplacement d’un point quelconque de la plaque.
w
Le champ de contrainte est déterminé à partir de la loi de comportement qui peut être isotrope
ou orthotrope.
65
xx xy xz
xy yy yz
xz yz 0
Sous forme vectorielle : xx yy xy et xz yz respectivement les contraintes
dans le plan et les contraintes de cisaillement transverse.
moyenne.
h Fsx
f s Fsy dz sont les forces surfaciques ramenées au contour de la surface moyenne où les
2
h
2 F
sz
efforts surfaciques sont appliqués.
Le travail des efforts intérieurs s’écrit en tenant compte de la forme particulière du champ de
déplacement virtuel qui a la même forme que la cinématique des plaques, on obtient :
h2 h 2
e N z M T dV
A
N x h2 x M x h 2 xx h
2
Avec : N N y y dz , M M y yy zdz et T xz dz
Tx
Ty h 2 yz
N h 2 M h 2
xy xy xy xy
Nx, Ny, Nxy : efforts résultants de membrane (en N/m)
Mx, My, Mxy : efforts ou moments résultants de flexion (en mN/m)
Tx, Ty : efforts résultants de cisaillement ou efforts tranchants (en N/m)
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Les relations entre efforts et déformations sont données par (en négligeant les contraintes
d’origine thermique) :
N x h2 x h
2
N N y y dz H e H zdz H m e H mf
N h 2 h
xy xy 2
M x h 2 x h
2
M M y y zdz H ez H z 2 dz H mf e H f
M h 2 h
xy xy 2
h h
T 2
2
T x xz dz H dz H c
Ty h 2 yz h
2
Les éléments DKT (Discrete Kirchhoff Triangle) et DKQ (Discrete Kirchhoff quadrilateral) ont 3
ou 4 nœuds et 3 degrés de liberté par nœud :
u n wi xi yi i 1, n n=3 pour DKT et n=4 pour DKQ qui sont le déplacement hors plan w et
Les deux rotations suivant la normale à l’arrête et à l’élément s et dans la direction de l’arrête n
(figure 7.3-a).
Le déplacement hors plan est interpolé par rapport aux nœuds situés aux sommets de l’élément.
Les rotations sont interpolées par rapport à des nœuds situés aux milieux des arrêtes.
Le tableau de la figure 7.3-b montre les fonctions de forme.
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Figure 7.3 : (a) ddl de rotation des éléments DKT et DKQ ; (b) fonctions de forme
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Références Bibliographiques
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