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Introduction à l'épidémiologie au Maroc

Le document décrit les notions fondamentales en épidémiologie, y compris l'historique, les définitions clés et les principales méthodes. Il aborde également les enquêtes épidémiologiques, la transmission des maladies infectieuses et la surveillance épidémiologique.

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YACINE EL YASSAMI
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Introduction à l'épidémiologie au Maroc

Le document décrit les notions fondamentales en épidémiologie, y compris l'historique, les définitions clés et les principales méthodes. Il aborde également les enquêtes épidémiologiques, la transmission des maladies infectieuses et la surveillance épidémiologique.

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ROYAUME DU MAROC

MINISTERE DE LA SANTE
DIRECTION REGIONALE TADLA-AZILAL
IFCS BENI MELLAL

Unité de cours

EPIDEMIOLOGIE

Elabore par :

Dr. mustapha OUZOUHOU

1
PLAN

Chapitre Pages
PLAN DU COURS
OBJECTIFS DE L’UNITE 3
INTRODUCTION 4
CHAPITRE I : EPIDEMIOLOGIE 5-9
1. historique
2. Définitions
3. Le champ d’application de l’épidémiologie
4. La démarche épidémiologique
5. Principales méthodes en épidémiologie
6. Principales mesures en épidémiologie
CHAPITRE II : LES ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES 10-12
1. Types d’enquêtes épidémiologiques
2. Notion de biais
3. Notion de causalité
CHAPITRE III : TRANSMISSION DES MALADIES INFECTIEUSES 13-19
1. Définitions :
Agent causal,
Réservoir du germe,
hôtes.
porteur du germe,
le vecteur,
2. Modes de transmission des maladies contagieuses
3. Facteurs favorisant la progression des maladies contagieuses
4. Typologie des infections
5. Etapes d’évolution d'une maladie infectieuse
CHAPITRE IV : LA SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE 20-21

1. Définition
2. Buts de la surveillance épidémiologique
3. Eléments de la surveillance épidémiologique
4. Types de surveillance épidémiologique
CHAPITREV : LES MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE 22-28
1. Cadre règlementaire
2. Procédure de déclaration des maladies à déclaration obligatoire
3. Code CM10 OMS des maladies transmissibles
4. Règlement sanitaire international (RSI)
CHAPITRE VI : LA PREVENTION 29-31
1. Définitions
2. Exemples des domaines de la prévention
ANNEXES 32-35

2
OBJECTIFS DE L’UNITE

Les objectifs pédagogiques du module sont:

Objectifs théoriques : à la fin du module l’étudiant doit être en mesure de :


1. Définir les termes suivants :
• Epidémiologie, Epidémie, Endémie, Pandémie
• Prophylaxie
• Chaîne de transmission,
• Réservoir de germe,
• Porteur de germes,
• Véhicule de germes : Hôte intermédiaire, Vecteur …
• Prévention primaire, secondaire, tertiaire,
• Dépistage, déclaration des maladies,
• Eviction scolaire, isolement,
• Enquête épidémiologique,
2. Définir l'objet et le domaine de l'épidémiologie,
3. Etablir un schéma illustrant la chaîne de transmission des maladies contagieuses,
4. Citer les principaux agents de transmission des germes et expliquer les modes de
transmission des maladies contagieuses,
5. Etablir une liste des principaux facteurs favorisant la propagation des maladies
contagieuses,
6. Citer les maladies contagieuses et infectieuses à déclaration obligatoire et expliquer la
procédure de déclaration des maladies contagieuses au Maroc,
7. Décrire les buts de l'enquête épidémiologique et décrire les différents types d'enquêtes
épidémiologiques,
8. Décrire la procédure du déroulement de l'enquête épidémiologique en cas d'épidémie et
sur un cas individuel,
9. Attribuer le code OMS à chacune des maladies à déclaration obligatoire.

Objectifs pratiques et de communication : à la fin du module l’étudiant doit être en mesure :


1. D’établir et transmettre les formulaires de déclaration des maladies transmissibles,
2. De mener une enquête épidémiologique sur une maladie transmissible,
3. D’effectuer la désinfection au lit, de la chambre et des objets ayant servi au malade
contagieux,
4. D’informer la population sur les moyens de transmission et de prévention des maladies
contagieuses,
5. D’expliquer à l'entourage du malade contagieux les mesures à prendre en cas d'isolement
à domicile,
6. De surveiller les malades contagieux isolés à l'hôpital ou à domicile,
7. De participer à la surveillance épidémiologique des maladies à programmes.

3
INTRODUCTION

La santé publique est l’art et la science d’améliorer la santé de la population, de prévenir la


maladie et de promouvoir la santé et l’efficacité des services de santé par la coordination des
efforts de la société. De ce fait elle revêt une dimension collective et met en avant la prévention
et la promotion de la santé.

D’après l’OMS, les 9 grandes fonctions de la santé publique sont :

1. Le contrôle de la situation sanitaire de la population par :


• l’évaluation permanente de son état de santé pour suivre l’évolution de la
morbidité et de la mortalité ;
• l’identification des menaces existantes et potentielles pour la santé;
• l’évaluation périodique des besoins des services de Santé.
2. La surveillance épidémiologique pour pouvoir réagir rapidement et maîtriser les
menaces, les flambées de maladies transmissibles, maladies non transmissibles et
l’exposition aux agents environnementaux susceptibles de nuire à la santé.
3. L’élaboration des politiques et la planification en matière de Santé Publique pour:
• Améliorer l’état de Santé et la qualité de vie de la population ;
• Réduire les inégalités en santé ;
• Sauvegarder la santé de la population ;
• Alléger la charge des maladies ;
4. La gestion des systèmes et services de santé pour améliorer l’accès aux soins et chercher
les moyens de réduire les inégalités d’utilisation des services de santé.
5. La règlementation et mise en place de mesures coercitives pour protéger la santé
publique ;
6. développement et planification des ressources humaines dans le domaine de la santé ;
7. promotion de la santé et la participation des citoyens pour contribuer à améliorer les
capacités et les aptitudes de la population en santé, pour créer des environnements
propices aux comportements favorables à la santé, donner aux citoyens les moyens de
changer les modes de vie et de participer dans le changement de normes sociales pour
certains comportements nocifs pour la santé.
8. La Promotion de l’assurance qualité des services de santé
9. La recherche, le développement et la mise en œuvre de solutions en matière de santé
publique

Par conséquent, l’épidémiologie est au cœur de toute politique de santé et constitue un


moyen de prise de décision incontournable dans toute action visant l’amélioration de la santé
d’une population donnée.

4
CHAPITRE I : NOTIONS EN EPIDEMIOLOGIE

1.1. Quelques repères historiques :


- Hippocrate et Ibn Sina ont contribué à la réflexion épidémiologique : dans leurs traités ils
envisagent l’importance de l’environnement (air, eau, lieux) comme des déterminants
importants de la maladie voir même inducteurs de la maladie.
- En 1592 à Londres : 1er recueil systématique de données de mortalité, en 1693, la première
table de mortalité (Halley) a été élaborée.
- Au 18ième siècle : Pierre Charles Alexandre Louis fait intervenir le concept de
comparaison des individus exposés et non exposés.
- En 1854, SNOW endigue une épidémie du choléra, il identifia une pompe à eau comme
étant la cause de l’épidémie ce qui a permis de stopper l’épidémie en enlevant le manche
de la pompe.
- En 1855 apparition du terme « épidémiologie » ne s’intéressant au début qu’aux maladies
infectieuses et épidémiques.
- Avec l’apparition d’études sur les maladies non transmissibles, l’épidémiologie est
considérée comme une discipline à part entière de la médecine. La méthodologie
épidémiologique s’est même élargie à d’autres domaines même en dehors de la
médecine.
- En 1922 : introduction du tirage au sort pour assurer la comparabilité de deux groupes
(Fisher)
- En 1928 : théorie des tests statistiques (Neyman et Pearson)
- En 1931 (Amberson) et 1948 (Bradford Hill) : premiers essais thérapeutiques (tuberculose)

1.2. Définitions :
Epidémiologie

Contrairement à la médecine clinique qui s’intéresse à l’individu et son état de santé,


l’épidémiologie s’intéresse à des populations.

La première définition de l'épidémiologie donnée au milieu du 19ième siècle est: « Recherche sur les
causes et les natures des épidémies », l'épidémie étant elle-même définie comme une atteinte
simultanée d'un grand nombre d'individus d'un pays ou d'une région par une maladie
transmissible.

Aujourd'hui, le champ de l'épidémiologie s'est beaucoup élargi et les nombreuses définitions


proposées sont toutes plus conformes à l'étymologie (epi-dêmos : « sur le peuple », « frappant
tout le peuple »).

Selon l’OMS l’Epidémiologie est : «l’étude de la distribution et des facteurs étiologiques des états
ou phénomènes liés à la santé dans une population déterminée, ainsi que l’application de cette
étude à la maîtrise des problèmes de santé ». (Last , 1988)

Epidémie

Une épidémie (du grec epi = au dessus et demos = peuple) est la propagation rapide d'une
maladie infectieuse à un grand nombre de personnes, le plus souvent par contagion.

5
L'épidémie est une augmentation d'une maladie endémique ou l'apparition d'un grand nombre
de malades là où la maladie était absente.

Pour parler des maladies touchant des groupes d'animaux, le terme exact est épizootie.

Endémie

Une endémie désigne la présence habituelle d'une maladie dans une région déterminée.

Dans l'ordre d'importance du nombre de personnes infectées il y a l'endémie, l'épidémie et la


pandémie.

Pandémie

Une pandémie est une épidémie qui s'étend à la quasi-totalité d'une population d'un ou de
plusieurs continents, voire dans certains cas de la planète, soit à l’occasion de l’apparition (ou
réapparition) d’un « nouveau » microbe ou virus contagieux, pathogène et non reconnu par le
système immunitaire humain, soit à l'occasion de l'émergence d'un sous-type résultant d’une
modification génétique majeure.

L'OMS établit une distinction entre les six phases d'une pandémie :

• Phase 1 : Un nouveau sous-type de virus est détecté chez les animaux, sans danger pour
les êtres humains.
• Phase 2 : Un nouveau sous-type de virus est détecté chez les animaux, potentiellement
dangereux pour l'homme.
• Phase 3 : Le début de la phase d'alarme, quelques personnes sont infectées, mais il n'y a
pas de transmission de personne à personne ou que très rarement et seulement lors de
contacts très étroits avec des personnes infectées.
• Phase 4 : Petites et rares accumulations locales d'infections d'homme à homme, ce qui
suggère que le virus n'est pas bien adapté à l'homme.
• Phase 5 : Risque important de pandémie : grandes infections, mais toujours de plus en
plus isolées et accumulations locales des transferts d'homme à homme, ce qui suggère
que le virus de plus en plus adaptés à l'homme, mais n'est pas encore totalement
transférable de l'homme à l'homme.
• Phase 6 : début de la pandémie, hausse durable des transferts d'homme à homme dans
l'ensemble de la population.

1.3. Le champ d’application de l’épidémiologie est donc :

D’évaluer l’état sanitaire ou mesure d’un problème de santé d’une population donnée.

Identification des déterminants à l’origine de l’état sanitaire ou des facteurs de risque d’un
problème de santé

Proposition et élaboration de programmes ou de stratégies destinés à améliorer l’état


sanitaire ou lutter contre un problème de santé.

6
1. Décrire l’état de santé
d’une population

4. Evaluer 2. Analyser les


l’impact des CYCLE DE déterminants
intervention L’EPIDEMIOLOGIE des problèmes
de santé

3. Proposer les interventions les plus


efficaces

1.4. La démarche épidémiologique

Le raisonnement épidémiologique consiste à mesurer la fréquence d’un problème de


santé : C'est l'étape de la quantification de la survenue ou de l'existence du phénomène de
santé (maladie) dans la population.
La mesure de la distribution de ce phénomène permet de répondre à trois questions
capitales au cours du raisonnement épidémiologique :

• QUI fait la maladie ? (PERSONNE)


• OÙ survient la maladie ? (LIEU)
• QUAND survient la maladie ? (TEMPS)
Identifier les déterminants du problème : En comparant les fréquences selon les
caractéristiques de distribution de la maladie on est amené à répondre à une quatrième
question : Pourquoi il y a cette distribution de la maladie ?
Pour cela, et sur la base des différences de fréquences constatées, on émet des
Hypothèses sur les facteurs possibles qui déterminent la répartition de la maladie
(Facteurs de risque ou de protection). Une fois l'hypothèse formulée on doit la tester.
Ainsi le processus du raisonnement épidémiologique commence par la suspicion du rôle
possible joué par un facteur particulier dans la survenue ou l'existence de la maladie, ce
qui conduit à la formulation d'une hypothèse. Cette hypothèse est testée par des études
épidémiologiques.
La collecte et l’analyse des données au cours d'une étude épidémiologique conduit à
déterminer s'il existe une association statistique entre la maladie et le facteur en question.
Une fois l'association déterminée, il faut évaluer sa validité en éliminant certaines
éventualités :

L'association pourrait être simplement due au fait du hasard (chance), d'où


l'intérêt des tests statistique pour exclure cette éventualité.

7
L'existence d'erreurs systématiques au cours de la collecte ou de l'interprétation
des données : BIAIS. On doit les prévenir au cours de la phase de préparation du
protocole et pendant la réalisation de l'étude.
L'effet d'autres variables (liées au facteur analysé) qui seraient à l'origine de
l'association observée : VARIABLES CONFONDANTES. On doit les rechercher et les
neutraliser au cours de l'analyse des données.
Une fois l'association statistique établie il faut s'assurer qu'il y a une relation de cause à
effet entre le facteur étudié (exposition) et la maladie (issue). Ainsi, pour retenir toute
association observée, elle doit répondre à certaines lois : les critères de causalité.

1.5. Principales méthodes en épidémiologie

Selon l’objectif :
Épidémiologie descriptive : Décri l’état de santé d’une population par l’étude de la
fréquence et de la distribution des problèmes de santé dans la population.
Épidémiologie étiologique (analytique) : Rechercher les déterminants des problèmes
de santé et les effets de l’exposition à des facteurs de risque et la survenue d’une
maladie
Épidémiologie évaluative : Évaluer l’impact des interventions préventives, curatives,
sociales, éducatives..
Selon le temps :
Études longitudinales (= de cohorte) : Notion de suivi dans le temps
Études transversales : Vision instantanée d’une situation à un moment donné
Selon les modalités de choix des individus inclus dans l’étude :
Étude exhaustive : concerne l’ensemble de la population
Étude sur échantillon : Échantillon aléatoire ou Échantillon non aléatoire

1.6. Principales mesures en épidémiologie

RATIO

C'est le rapport des fréquences de deux classes d'une même variable, où le numérateur n'est pas
compris dans le dénominateur (ex : sexe ratio). Il s'exprime sous la forme :

X
RATIO = ------
Y

PROPORTION
C'est un rapport où le numérateur est compris dans le dénominateur. Il est exprimé
généralement en pourcentage.

A
PROPORTION = ----------- x 100
A+B
TAUX
C'est une forme particulière de proportion qui renferme la notion de TEMPS. Il exprime la
VITESSE de changement d'un phénomène dans le temps (généralement un an ).

Nombre de cas survenus au cours d'une période donnée


TAUX = ------------------------------------------------------------------- x 10a
Population à risque au cours de la même période

8
a
Le taux s'exprime sous la forme de 10 , de façon à avoir au moins un à deux chiffres avant la
virgule.

INDICE
C'est un type de ratio où non seulement le numérateur n'est pas compris dans le
dénominateur, mais les deux réfèrent à des événements différents. Il est utilisé quand le
dénominateur nécessaire pour une proportion ou un taux ne peut pas être correctement
mesuré.

L'exemple type est ce qui est improprement appelé "Taux de Mortalité Maternelle" (TMM),
mais qui est en réalité un indice :

Nombre de décès maternels au cours d'une période


-------------------------------------------------------------------------------------
Nombre de naissances vivantes déclarées au cours de la même période

Le vrai TMM devrait être calculé en comptant le nombre de décès maternels en suivant
pendant une période chaque femme qui tombe enceinte jusqu’à la fin de ses suites de couche
:
Nombre de décès maternels au cours d'une période
TMM = ----------------------------------------------------------------------------------
Nombre total de grossesses survenues au cours de la même période

La PREVALENCE (P) :
C’est la fréquence des cas existants (anciens et nouveaux) d'une maladie dans une population
donnée à un moment donné.

Nombre de cas existant dans une population à un moment donné


P = ----------------------------------------------------------------------------------- x 10a
Population totale à risque au même moment

La prévalence n'est pas un taux, c'est une proportion. Elle n'exprime pas la vitesse de
changement de la fréquence de la maladie dans le temps. Ainsi, l'expression "TAUX DE
PREVALENCE" est un abus d'usage qu’il faut éviter.

L'INCIDENCE : c'est le nombre de nouveaux cas dans une population à risque durant un
intervalle de temps donné.

9
CHAPITRE II : LES ENQUETES EPIDEMIOLOGIQUES

2.1. Types d’enquêtes épidémiologiques

a) Les enquêtes descriptives

Les enquêtes descriptives décrivent la distribution des états de santé et des facteurs de risque
dans les populations (par exemple : prévalence du SIDA, incidence de l’infarctus du myocarde en
population générale, mortalité par cancer du sein en Isère, prévalence du tabagisme chez les 15-24
ans…). Elles se répartissent en :

Enquêtes de prévalence

Ce sont des enquêtes transversales qui estiment le nombre de cas présents dans une Population à
un instant donné. (Exemple : enquête de prévalence « un jour donné » des infections
nosocomiales en établissements de santé).
Le taux de prévalence est le rapport du nombre de cas recensés sur l’effectif de la population à un
instant donné :

Enquêtes d’incidence

Ce sont des enquêtes longitudinales qui estiment le nombre de nouveaux cas de maladie dans
une population, pendant une période donnée. (Exemple : registres des cancers présents dans
certains départements).
Le taux d’incidence est le rapport du nombre de nouveaux cas de maladie recensés au nombre de
personnes susceptibles d’être atteintes dans la population, pendant une période donnée.

b) Les enquêtes étiologiques (ou analytiques)

Les enquêtes étiologiques analysent les relations entre l’exposition à un facteur de risque et un
état de santé. Les enquêtes étiologiques sont toujours comparatives (elles comparent deux
groupes différant soit sur la présence de la maladie, soit sur la présence du facteur de risque). Un
facteur de risque est une caractéristique associée à une probabilité plus élevée de maladie.

Enquêtes exposé / non-exposé

Les enquêtes exposé / non-exposé consistent à comparer la proportion de malades (ou de décès)
observée entre un groupe de sujets exposés à un facteur de risque et un groupe de sujets non
exposés à ce facteur de risque, initialement indemnes de la maladie. L’enquête exposé / non-
exposé peut être prospective (les groupes sont constitués au début de l’étude et on organise le
suivi des sujets au cours des années qui suivent leur inclusion) ou rétrospective (l’inclusion des
sujets se fait à partir d’une date du passé suffisamment lointaine pour que la maladie ait eu le
temps de se développer et que la période de suivi soit écourtée (date d’embauche des employés
d’une usine par exemple)). L’enquête exposé / non-exposé s’adresse de préférence aux facteurs
d’exposition rares.

L’enquête exposé / non-exposé permet d’estimer le risque relatif de la maladie (RR).

L’interprétation du risque relatif se fait de la façon suivante :


- RR = 1 : absence de relation entre le facteur de risque et la maladie
- RR > 1 : risque accru de maladie (facteur de risque)
- RR < 1 : risque réduit de maladie (facteur protecteur)

10
La p-value du test du chi² effectué sur le tableau de contingence ou l’intervalle de confiance à 95%
[IC95%] du risque relatif (qui donne la précision de l’estimation du risque relatif) permettent de
porter un jugement de signification statistique :

- RR > 1, px² < 0.05 ou [IC95%] excluant la valeur 1 : risque significativement accru
- RR < 1, px² < 0.05 ou [IC95%] excluant la valeur 1 : risque significativement réduit
- px² > 0.05 ou [IC95%] incluant la valeur 1 : on ne met pas en évidence de relation
statistiquement significative entre le facteur étudié et la maladie.

Enquêtes cas / témoins

Les enquêtes cas-témoins consistent à comparer la fréquence d’exposition antérieure à un (ou


plusieurs) facteur(s) de risque dans un groupe de « cas » atteints de la maladie étudiée, et dans un
groupe de « témoins » indemnes de celle-ci. La mesure du facteur de risque est effectuée
rétrospectivement. L’enquête cas / témoin s’adresse de préférence aux maladies rares.

2.2. Notion de biais

Le biais désigne une erreur systématique dans l’estimation d’un paramètre (prévalence, odds
ratio, risque relatif…). Il doit être distingué des fluctuations aléatoires d’échantillonnage qui
représentent seulement un défaut de précision de l’estimation.
Il existe trois types de biais :

a) Biais de sélection

Les biais de sélection affectent la constitution de l’échantillon d’enquête, c’est à dire le processus
par lequel les sujets sont choisis au sein de la population. Ils sont à craindre chaque fois que
l’échantillon d’enquête n’est qu’une sélection de la population d’étude.
Les principales sources de biais de sélection sont :
la constitution d’un échantillon par un autre moyen que le tirage au sort (sujets
volontaires) ;
les non-réponses à une enquête ;
le recrutement de témoins en milieu hospitalier qui ne sont pas représentatifs de la
population générale (biais de Berkson) ;
les sujets perdus de vue dans les enquêtes exposé / non-exposé.

b) Biais de classement

Le biais de classement désigne une erreur systématique de mesure de l’exposition ou de la


maladie. Ils conduisent à mal classer les sujets en « malades / non malades » ou en « exposés / non
exposés ».

c) Biais de confusion

Un biais de confusion désigne une erreur systématique dans l’estimation d’une mesure
d’association (odds ratio ou risque relatif) entre le facteur étudié et la maladie, du fait d’un défaut
de prise en compte d’un facteur de confusion. Un facteur de confusion est un facteur lié à la fois à
l’exposition et à la maladie étudiée.

11
2.3. Notion de causalité

La question de la causalité d’une relation entre un facteur et une pathologie intervient après
l’objectivation d’une association statistiquement significative. Il s’agit de savoir si l’association
mise en évidence correspond à une relation de cause à effet. Une enquête d’observation ne
permet pas de conclure à une relation causale (contrairement à un essai randomisé bien conduit).
Il faut donc examiner les arguments qui plaident en faveur de la causalité de la relation :

Critères internes à l’étude

Séquence temporelle : l’exposition doit précéder l’apparition de la pathologie ;


force de l’association : risque relatif élevé ;
relation de type « dose-effet » entre l’exposition et la fréquence de la pathologie ;
spécificité de la cause et de l’effet : la relation est spécifique si le facteur de risque est
présent chez presque tous les malades et seulement chez eux, et ce pour cette seule
maladie ;
cohérence interne de l’étude : prise en compte la plus complète possible des facteurs de
confusion et minimisation des biais de sélection ou de classification.

Critères externes à l’étude

Constance de l’association et reproductibilité dans diverses situations (différentes


périodes, régions ou populations) ;
cohérence des résultats avec les résultats d’études publiées ;
plausibilité biologique : modèles expérimentaux chez l’animal ;
cohérence avec les connaissances générales et les hypothèses qui ont conduit à la
réalisation de l’enquête ;
parallélisme de la distribution (dans l’espace et dans le temps) du facteur de risque et de
la pathologie.

SYNTHESE
Santé Exposition Stade Phase clinique Conséquences à
préclinique long terme
Etude normative
Identification de la population à risque
Recherche des méthodes de dépistage
et de diagnostic précoce
Etude étiologique
Epidémiologie clinique (aide au
diagnostic, évaluation de la qualité de la
pratique et du succès thérapeutique)
études descriptives et surveillance épidémiologique
CHAMPS D'ACTIVITÉ DE L'ÉPIDÉMIOLOGIE EN FONCTION DU COURS NATUREL DE LA MALADIE

12
CHAPITRE III : TRANSMISSION DES MALADIES INFECTIEUESES

3.1. Définitions

La chaîne épidémiologique comprend 5 maillons; indispensables à l'éclosion d'une maladie


dans une collectivité: l'agent pathogène, le réservoir de germe, le vecteur, l’hôte, et les
circonstances favorisantes (environnement).

Figure 1: Modèle de maladie transmissible de May

Agent causal (agent pathogène):


Est un micro-organisme vivant capable de produire une infection ou une maladie infectieuse
chez l'homme. Les agents infectieux peuvent être des parasites (unicellulaires ou
pluricellulaires), des champignons, des bactéries, des virus, des agents transmissibles non
conventionnels (prions).

Ils Sont caractérisés par:

- Leur pathogénicité : définie comme la capacité d’un micro-organisme à engendrer une


maladie :

Nombre de sujets infectés et malades


Pathogénicité = ------------------------------------------------------------------------------
Nombre de sujets infectés asymptomatiques

- leur virulence, (plus ou moins synonyme de pathogénicité), correspondant à l’aptitude


de l’agent à occasionner des troubles morbides, (jusqu’au décès). La virulence est plus
spécifiquement évaluée par le taux de létalité, indice de gravité de l’infection ;

nombre de sujets infectés décédés


Létalité = ------------------------------------------------
nombre total des sujets infectés

- leur pouvoir envahissant, qui exprime la capacité de multiplication et de diffusion d’un


agent infectieux chez un sujet (le bacille de la tuberculose a ainsi un fort pouvoir
envahissant) ;

13
- leur contagiosité, ou “ aptitude à la transmission ” d’un agent pathogène, estimée par le
taux d’incidence.

Nombre de nouveaux cas pendant une période donnée


Incidence cumulée =-----------------------------------------------------------------
Population à risque au cours de la même période

Nombre de nouveaux cas dans une population durant une période donnée
Taux d’attaque = --------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Nombre de sujets susceptibles de la population durant la même période

Le réservoir :

C'est toute personne, animal, arthropode, plante, sol ou substance (ou leur combinaison) dans
lequel un agent infectieux vit et se multiplie normalement, dont il dépend essentiellement pour
survivre et où il se reproduit de façon qu'il puisse être transmis à un hôte susceptible.

o Réservoir humain : Flores commensales des patients, personnels, visiteurs…


o Réservoir environnemental
- Naturel
- Ou lié à une contamination à partir d’un réservoir humain
- Air, eau, surfaces, textiles…

Le porteur :

C’est la personne ou l’animal qui porte un agent pathogène sans signes cliniques décelables et qui
sert comme potentiel source d'infection.

Il peut s’agir de :
Formes latentes non immunisantes (herpès)
Formes inapparentes (polio, hépatites, rubéole, VIH) importance +++pour
expliquer diffusion et immunisation occulte
Porteurs asymptomatiques avec germe partiellement contrôlé par l’hôte,
absence d’expression clinique, les lésions s’expriment plus tard (VHC)
Porteurs dits « sains » avec pathogénie inhibée par l’hôte et un risque de
transmission (salmonelles, méningites)
L’Hôte :

C’est un être vivant qui permet la survie ou le développement d'une agent infectieux dans les
conditions naturelles.

Le Susceptible :

C’est une personne ou animal ne possédant pas de résistance suffisante contre un agent
pathogène spécifique pour prévenir de contracter l'infection ou la maladie une fois exposé à cet
agent.

Les circonstances favorisantes ou Facteurs de risque de transmission :

Ce sont les conditions en rapport avec le milieu professionnel, rassemblement humain, conditions
climatiques conditions géographiques, conditions socio-économiques : mauvais état de
l'assainissement (évacuation des eaux usées, eau potable), pauvreté, faible niveau de ressources,

14
faible niveau d'instruction. Ces circonstances assurent les conditions favorables pour le
déclenchement d’une maladie transmissible ou aggraver son évolution dans la communauté.

Sources d’infection

La personne ou l'objet chez qui sont présents les microbes nocifs qui provoquent l'infection. Il
existe de nombreuses sources d'infection, parmi lesquelles :

- Les personnes déjà infectées


- Les animaux domestiques
- Les surfaces sales (poignées de porte, claviers, toilettes, etc)

Portes de sortie des microbes

Les microbes ont besoin de quitter la personne infectée ou la source d'infection pour pouvoir se
propager à quelqu'un d'autre. Les voies de sortie comprennent:

- Les éternuements et la toux,


- Les sécrétions corporelles : salive, sperme, selles…

Les microbes nécessitent un moyen pour passer d'une personne à une autre (contagion). Ceci
peut se produire par :

- le toucher,
- les aérosols,
- le contact sexuel.

Porte d’entrée des microbes

- Les microbes nocifs doivent trouver un moyen de pénétrer dans le corps avant de
provoquer une infection.
- Ceci peut se produire par:
- voie digestive (des aliments que nous mangeons ou des objets que nous mettons dans la
bouche),
- voie respiratoire (par inhalation d’aérosols),
- effraction cutanée (des coupures ou des blessures),
- voie sexuelle (rapports sexuels non protégés),
- voie oculaire (en se frottant les yeux).

3.2. modes de transmission des maladies contagieuses

Les modes de transmission des germes sont multiples :

Par contact direct : C'est le cas des maladies vénériennes (contact sexuel) telles la syphilis,
la blennorragie, le SIDA ; de diverses zoonoses dont la maladie charbonneuse (contact
manuel) ; des maladies consécutives à la souillure d'une plaie (tétanos, gangrène) ; des
maladies contractées au contact des eaux polluées ou contaminées (diverses parasitoses
dont les bilharzioses).

Par les voies respiratoires : Un grand nombre de maladies se transmettent d'individus à


individus par le biais des microgouttes muco-protéiques (gouttelettes de Pflügge)
provenant des sécrétions buccales et émises en permanence en toussant, en éternuant ou

15
simplement en parlant. Ces microgouttes abritent un très grand nombre de bactéries ou
de virus. En outre la taille, extrêmement faible, de ces gouttelettes favorise leur
pénétration jusque dans les voies respiratoires profondes de ceux qui les inspirent. La
tuberculose, la diphtérie, la coqueluche, la peste, la méningite, la grippe, les oreillons ou la
rougeole sont fréquemment transmises par cette voie. Il en va de même pour la
transmission de certaines affections par l'intermédiaire de micropoussières contaminées
ou de spores de champignons (diverses zoonoses comme la fièvre Q, les candidoses, les
aspergilloses, etc.).

Par les voies digestives : De très nombreuses affections se déclarent à la suite de


l'ingestion de microorganismes infectieux contenus dans les aliments ou l'eau souillés
(fièvre typhoïde, dysenterie, choléra, diverses intoxications alimentaires, amibiases,
téniasis et ascaridioses, hydatidoses, échinococcoses, etc.) Parfois l'affection est
déterminée simplement par l'ingestion des toxines produites par les germes (botulisme).

Par morsures ou piqûres animales : Certaines maladies sont transmises par la morsure ou
la piqûre d'un animal (hôte vecteur), lequel souvent ne joue qu'un rôle intermédiaire
entre une espèce (réservoir) et l'homme ou l'animal infecté. C'est le cas pour la peste ou
la rage, la fièvre jaune, le typhus épidémique, les fièvres pourprées, le paludisme, les
trypanosomiases, les leishmanioses, etc. Les puces, poux, tiques et moustiques divers
sont les principaux vecteurs de toutes ces maladies.

La transmission peut se faire par le biais des mains sales (manipulation d'aliment ou d'instruments
médico-chirurgicaux); des objets : jouets, mouchoirs, vêtements souillés (mycose), de la literie
(gale), des instruments ou pansement chirurgicaux (infections nosocomiales); du contact avec
certains milieux particuliers : eau (v. polio, choléra) aliments (F. typhoïde, amibiase), sérum et
plasma (VIH, hépatite B..) et enfin par certains vecteurs de germe .

Tableau: Modes de transmission des infections et mesures de lutte contre leur propagation.
N.B. : les précautions à prendre varient selon le microorganisme et le contexte de la maladie.

Contact Direct Contact physique direct (d'une surface corporelle à une autre) entre la
personne infectée et l'hôte susceptible
Exemples : virus de la grippe ; mononucléose infectieuse ; chlamydia
Précautions : lavage des mains ; masques ; condoms
Indirect Agent infectieux déposé sur un objet ou une surface (matière contaminée) et
qui survit assez longtemps pour être transféré à une autre personne qui touche
l'objet par la suite
Exemples : virus respiratoire syncytial (VRS) ;
Précautions : stérilisation des instruments ; désinfection des surfaces et des
jouets dans une école
Par Toux, éternuements ou (dans un milieu de soins de santé) durant la succion. La
gouttelett taille des gouttelettes est relativement grande (>5 µm), et elles peuvent être
es projetées sur une distance d'environ un mètre.
Exemples : méningocoque ; grippe (son inclusion est controversée) ; virus
respiratoires
Précautions : masques ; couvrir la bouche ; demeurer à l'écart
Non Aéroporté Transmission par aérosols (particules aéroportées de <5µm) qui contiennent
contact des organismes dans le noyau de gouttelettes ou dans des poussières.

16
Transmission possible par les systèmes de ventilation.
Exemples : tuberculose ; rougeole ; varicelle ; variole (peut-être aussi la grippe
mais son inclusion est controversée, car elle est plus probablement transmise
par gouttelettes)
Précautions : masques ; ventilation par aspiration dans les chambres d'hôpital
Véhicule Une seule source contaminée transmet l'infection (ou le poison). Il peut s’agir
d’une source commune ou ponctuelle.
Exemples :
a) Source ponctuelle : éclosion d'origine alimentaire provenant d’un lot
d'aliments contaminés ; les cas se présentent habituellement en grappe autour
du site (comme un restaurant)
b) Source commune : l'éclosion de listériose au Canada en 2008 était liée à une
usine de transformation de la viande en Ontario. Cette éclosion a été
responsable de 20 cas dans cinq provinces.
Précautions : normes habituelles de sécurité et de désinfection
Transmissi Transmission par un vecteur (insecte ou animal)
on Exemple : moustiques – vecteurs du paludisme, tiques – vecteurs de la maladie
vectorielle de Lyme
Précautions : barrières protectrices (moustiquaires dans les fenêtres et sur les
lits) ; insecticides en pulvérisation ; abattage d'animaux

17
Toute maladie infectieuse se propage en passant par la chaîne de transmission. Le but de la préve
ntion et du contrôle des infections est de rompre un maillon de la chaîne.

3.3. Facteurs favorisant la progression des maladies contagieuses

Le développement d'une maladie infectieuse en épidémie ou son maintien dépend à la fois du


germe infectieux, de la population en contact et de leur environnement.
Pour qu'une maladie se développe au sein d'une population, il est nécessaire qu'une partie des
individus la composant soient sensibles aux germes infectieux. L'état d'immunité dans lequel se
trouve une population est important. C'est le cas pour la poliomyélite qui est de nature
endémique dans les pays où l'hygiène est peu développée, car toute la population, dès son plus
jeune âge se trouve au contact du virus et développe la maladie. Les individus qui survivent sont
immunisés. Dans les pays où l'hygiène est développée, l'auto vaccination naturelle ne se faisant
pas, le seul moyen d'éviter une épidémie de poliomyélite est la vaccination obligatoire.

3.4. Typologie des infections

On classe les infections en fonction de la nature des germes impliqués :

L'infection virulente : elle est provoquée par des germes qui agissent par leur seul pouvoir
virulent (Yersinia pestis, Streptococcus pneumoniae) ;

L'infection spécifique : elle est caractérisée par les effets de la toxine libérée dans l'organisme
(tétanos).

L'infection mixte : elle est à la fois virulente et toxigène. C'est le cas de la gangrène gazeuse
(Clostridium perfringens).

La toxi-infection : elle est le plus souvent d'origine alimentaire. les bactéries ingérées libèrent
dans la lumière intestinale des toxines. La dysenterie bacillaire, provoquée par Shigella
dysenteriae commence toujours par des diarrhées, puis se poursuit par les signes généraux
d'une intoxication (asthénie, anorexie, tuphos, etc.) Les germes restent localisés dans le gros
intestin. il n'y a jamais de septicémie.

L'intoxication : elle se définit comme l'ingestion de la seule toxine bactérienne. La maladie


peur se développer ultérieurement, même sans la présence du germe responsable. Les
intoxications alimentaires avec les entérostomies des staphylocoques entérotoxiques en sont
un bon exemple.

3.5. Etapes d’évolution d'une maladie infectieuse

Le développement d'une maladie infectieuse se déroule en plusieurs étapes.

Une période d'incubation :

Généralement silencieuse, elle correspond à la période qui sépare le moment où le germe se fixe
sur l'hôte et le moment où celui-ci manifeste les premiers signes cliniques de l'infection.

Cette période est plus ou moins longue : quelques heures (grippe, Ebola), quelques jours
(scarlatine), deux à trois semaines (oreillons, varicelle), jusqu'à douze semaines pour la rage.

18
Une période d'invasion :

Presque toujours de courte durée, elle est marquée surtout


surtout par des signes généraux aux
infections (fièvre, courbatures, etc.).

Une période d'état :

Caractéristique de la maladie, le plus souvent elle fait apparaître des signes cliniques spécifiques
qui conduisent au diagnostic.

L'infection peut rester locale,


e, par exemple limitée au revêtement cutanéo-muqueux.
cutanéo muqueux. Elle se
caractérise par une réaction inflammatoire, tuméfiée, chaude, plus ou moins douloureuse
(impétigo, furoncles, anthrax, orgelet, érysipèle, etc.).

Une phase de convalescence

L'infection est dite locorégionale lorsque les germes atteignent les relais lymphatiques lesquels
constituent la deuxième ligne de défense après que celles des barrières cutanéo-muqueuses
cutanéo aient
été franchies. Ainsi un furoncle peut conduire à des complications régionales telles
t adénopathies,
abcès, lymphangites. Un panaris peut se compliquer en phlegmon, tuméfaction extrêmement
douloureuse.

L'infection peut se généraliser et conduire à une septicémie, c'est-à-dire


c'est dire à un envahissement, par
voie veineuse, des germes dans tout l'organisme. Généralement, les septicémies s'accompagnent
de signes généraux graves.

Certains germes, souvent peu virulents, peuvent à partir d'un foyer


foyer d'infection primaire (carie,
angine, etc.) migrer et coloniser les végétations endocardiaques.

19
CHAPITRE IV. LA SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE

4.1. Définition

En 1963, Alexander Langmuir a défini la surveillance des maladies comme étant «l’observation
attentive et continue de leurs distributions et de leurs tendances à travers la collecte
systématique, la compilation et l’analyse des données de morbidité, de mortalité et d’autres
données pertinentes, ainsi que la dissémination régulière et à temps à ceux qui ont besoin de
savoir».

En 1968, la 21ème Assemblée Mondiale de la Santé a décrit la surveillance épidémiologique comme


étant la collecte systématique et l’utilisation des informations épidémiologiques pour la
planification, l’implantation et l’évaluation du contrôle des maladies ; en résumé, «la surveillance,
c’est de l’information pour l’action».

En pratique, la surveillance épidémiologique est un processus systématique et continu, composé


de quatre activités principales :

Collecte de données pertinentes sur une population et une région spécifiques ;


Regroupement et tabulation de ces données sous une forme significative et exploitable ;
Analyse et interprétation des données ;
Diffusion des données et des résultats aux personnes et services intéressés.

La finalité de la surveillance étant la prise de décision et l’action, les données de la surveillance et


leurs résultats sont d’abord destinés pour être utilisés au niveau local.

4.2. Buts de la surveillance épidémiologique :

Le principal objectif de la surveillance est la détection de changements de distribution ou de


tendance des maladies, afin d’entreprendre les investigations et les mesures de contrôle
nécessaires.

La surveillance a pour but de :

Apprécier l’ampleur d’un phénomène de santé et de suivre ses tendances selon les
caractéristiques de temps, de personne et de lieu = décrire,
Détecter les épidémies = alerter,
Evaluer l’impact des mesures de prévention et de contrôle = évaluer,
Emettre des hypothèses,
Identifier des phénomènes pour la recherche épidémiologique,
Faire les projections des besoins en soins de santé.

4.3. Eléments de la surveillance épidémiologique

Les données épidémiologiques les plus importantes sont celles issues des activités de routine.
Ces données fournissent des indications grossières sur l’existence ou la survenue des maladies,
dans le temps et dans l’espace, dans une communauté donnée. En réalité, il existe un large
éventail de sources de données épidémiologiques mais qui sont en pratique peu ou pas du tout
exploitées, telles que :

• Déclarations des décès,


• Déclarations des maladies,
• Déclarations des épidémies,
• Rapports des investigations des épisodes épidémiques,
• Rapport des enquêtes autour des cas,

20
• Déclarations et rapports des laboratoires,
• Etudes épidémiologiques,
• Informations sur la distribution des réservoirs et des vecteurs,
• Informations sur la distribution des médicaments,
• Données démographiques,
• Données environnementales,
• Informations publiques et médiatiques.

Surveillance épidémiologique Veille sanitaire

se caractérise, comparativement à ensemble des actions visant à


la veille, par : reconnaître la survenue d'un
une organisation plus événement sanitaire ou d’une
continue, un souci d’exhaustivité épidémie.
marqué par rapport à des
événements ou des menaces
connus, qu‘il s‘agisse de
s‘intéresser à un large spectre de
maladies ou de couvrir les
populations. Elle a besoin
d’expertise.

4.4. Types de surveillance épidémiologique


Surveillance passive

Les informations sont acheminées sans sollicitation ou intervention de la part des services
responsables de la surveillance. Le système attend les notifications.

Surveillance active

C’est la collecte de données de façon périodique par un contact régulier avec les services
concernés pour s’enquérir de la présence ou de l’absence de nouveaux cas d’une maladie
particulière. Le système cherche l’information.

Surveillance sentinelle
Surveillance sentinelle par réseau : c’est généralement un groupe de services, de cliniques,
de cabinets médicaux ou de laboratoires qui déclarent, à des intervalles de temps
réguliers, le nombre de cas enregistré d’une maladie particulière, et ce, en général, dans le
cadre d’un engagement volontaire.

Surveillance sentinelle par site : c’est une surveillance spéciale qui s’effectue d’une façon
limitée dans le temps et dans l’espace et qui est répétée régulièrement à la même période
de l’année. Elle permet de suivre la tendance d’une maladie spécifique, dans un site précis
et chez des groupes particuliers de la population.

4.5. Eléments de la qualité d’un système de surveillance


épidémiologique

Un système de surveillance épidémiologique de qualité doit satisfaire un certain nombre de


critères :

Simplicité
21
L’acceptabilité :
Sensible : le système doit être en mesure d’identifier tous les cas ou épisodes épidémiques
La valeur prédictive positive : c’est la capacité du système à identifier les vrais cas
La représentativité : dans le temps,
temps dans l'espace , en termes de personnes couvertes par le
système
La réactivité : délai entre l’apparition du phénomène surveillé et l’intervention lié à :
- l’identification du phénomène
- la transmission au sein du système
- l’intégration pour l’action
la flexibilité : la capacité à prendre en compte les changements dans la surveillance : nouvel
événement à surveiller, élément d’information nouveau,
nouveau nouvelle source…

Synthèse

CHAPITRE V. LES MALADIES A DECLARATION OBLIGATOIRE

5.1. Cadre réglementaire

Le décret royal n°554-65


65 du 17 rebia I 1387 (26 juin 1967) portant loi rendant obligatoire la
déclaration de certaines maladies et prescrivant les mesures prophylactiques pour enrayer ces
maladies (voir annexes).

Dans son article


rticle premier, le décret stipule que « les
es cas de maladies quarantenaires, de maladies
à caractère social, de maladies contagieuses ou épidémiques dont la liste est établie par arrêté du
ministre de la santé publique sont obligatoirement et immédiatement déclarés par les membres
des professions médicales qui en ont constaté l'existence, simultanément à l'autorité
administrative locale et à l'autorité médicale préfectorale ou provinciale.

Les membres des professions paramédicales légalement autorisés à exercer


exer sont également
tenus, chaque fois qu'ils soupçonnent l'existence d'un cas desdites maladies, d'en faire la
22
déclaration immédiate à l'autorité médicale préfectorale ou provinciale, laquelle doit faire
confirmer ce cas de maladie par un médecin ».

Maladies à déclaration Obligatoire sont:

- 3 Maladies soumises au RSI


- 17 Maladies à potentiel épidémique
- 15 Autres maladies :
- Grippe saisonnière
- Gastroentérite à Rotavirus et pneumocoque
Dans l’article 6 on stipule que « les infractions aux dispositions du présent décret royal et aux
textes pris pour son application sont punies de l'emprisonnement de six jours à deux mois et
d'une amende de 40 à 2400 dirhams ou de l'une de ces peines .

L’arrêté du ministère de la santé publique N° 683-95 du 30 Chaoual 1415 (31 mars 1995) a arrêté la
liste de maladies à déclaration obligatoire comme suit :

La circulaire ministérielle N°29972 du 02 novembre 2009 a ajouté « la grippe due à un nouveau


sous type de virus » dans la liste des maladies dont la déclaration est obligatoire.

5.2. Procédure de déclaration des maladies à déclaration obligatoire


Contexte :

Le Maroc s’est engagé à l’échelle internationale dans des projets où la surveillance


épidémiologique est primordiale, on cite :

- L’éradication de la poliomyélite
- L’élimination du tétanos néonatal, de la rougeole, de la bilharziose, de la lèpre, de la
cécité du au trachome …
- Le contrôle des IST, diabète, RAA …
- Surveillance des maladies émergentes et réémergences (Règlement Sanitaire
International)
- Environnement et santé
- Surveillance euro-méditerranéenne

Les acteurs de la surveillance épidémiologique :


• Médecins des services hospitaliers : notification des cas
• Services des soins infirmiers
• Coordination du recueil au niveau de l’établissement hospitalier : Service de
l’épidémiologie hospitalière et des maladies à déclaration obligatoire au niveau du CHIS
Types de la déclaration
• Déclaration immédiate,
• Déclaration mensuelle,
• Déclaration trimestrielle .
Déclaration immédiate par fax sur fiche de déclaration obligatoire de maladie à
déclaration obligatoire standard ou spécifique.
• La peste

23
• La rougeole
• La fièvre jaune
• La coqueluche
• Le choléra
• Le tétanos
• Les méningites aigues
• Les leishmanioses
• La poliomyélite et les paralysies flasque aigues
• La bilharziose
• La diphtérie
• La maladie de Creutzfeldt -Jakob
• La rage humaine
• Le Syndrome respiratoire aigu sévère
• Le syndrome d'immunodéficience acquise
• La fièvre hémorragique Crimée Congo
• Le paludisme
• La fièvre de la vallée du Rift
• Les toxi – infections alimentaires collectives
• La fièvre du Nil Occidental
• Maladies de causes connues ou inconnues se présentant sous une sous une forme
épidémique

Déclaration mensuelle sous forme de récapitulatif mensuel des cas :


• La tuberculose
• La leptospirose
• Les hépatites virales
• La brucellose
• Les fièvres typhoïde et paratyphoïde
• Le trachome
• La syphilis
• La conjonctivite gonococcique
• Les urétrites masculines
• Le typhus exanthématique
• La lèpre
• La fièvre récurrente
• Le charbon humain
• Le rhumatisme articulaire aigu aigu

Déclaration trimestrielle sous forme de rapport trimestriel de notification de rapport


trimestriel : notification des cas de kyste hydatique.

Supports de déclaration
• Fiche de d Fiche de déclaration standard
• Fiches spécifiques
• Récapitulatif mensuel
• Rapport trimestriel de notification des cas de kyste hydatique

Circuit de l’information

24
5.3. Codes CM10 OMS des maladies transmissibles
Maladies infectieuses intestinales 001-009)
001 Choléra
002 Fièvres typhoïde et paratyphoïde
003 Autres salmonelloses
004 Shigellose
005 Autres toxi-infections
ions alimentaires (bactériennes)
006 Amibiase
007 Autres maladies intestinales à protozoaires
008 Infections intestinales dues à d'autres micro-organismes
micro
009 Infections intestinales mal définies

Tuberculose (010-018)
010 Primo-infection
infection tuberculeuse
011 Tuberculose pulmonaire
012 Autres tuberculoses de l'appareil respiratoire
013 Tuberculose du système nerveux central
014 Tuberculose de l'intestin, du péritoine et des ganglions mésentériques
015 Tuberculose des os et des articulations
016 Tuberculose de l'appareil génito-urinaire
génito
017 Tuberculose d'autres organes
018 Tuberculose miliaire

Anthropozoonoses bactériennes (020-027)


(020
020 Peste
021 Tularémie
022 Charbon
023 Brucellose
024 Morve

25
025 Mélioïdose
026 Fièvre par morsure de rat
027 Autres anthropozoonoses bactériennes

Autres maladies bactériennes (030-041)


030 Lèpre
031 Maladies attribuables à d'autres mycobactéries
032 Diphtérie
033 Coqueluche
034 Angine à streptocoques et scarlatine
035 Erysipèle
036 Infections à méningocoques
037 Tétanos
038 Septicémie
039 Infections actinomycosiques
040 Autres maladies bactériennes
041 Infections bactériennes avec maladies classées ailleurs et de siège non précisé

Infections par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) (042-044)


042 Infections par le VIH avec infections opportunistes ou tumeurs malignes ou troubles
neurologiques ou généraux spécifiques
042.0 - SIDA avéré avec infections opportunistes
042.2 - SIDA avéré avec tumeurs malignes précisées
042.3 - SIDA avéré avec troubles neurologiques
042.4 - SIDA avéré avec troubles généraux
042.7 - SIDA avéré avec affections associées multiples
042.8 - SIDA avéré avec autres affections
042.9 - SIDA avéré sans autre indication
043 - Infections par le VIH responsables d’un syndrome lymphadénopathique chronique ou
d’autres affections précisées
043.0 - infections par le VIH responsables d’un syndrome lymphadénopathique chronique (785.6)
043.3 - infections par le VIH responsables d’autres affections précisées
044 - Infections par le VIH aiguës ou asymptomatiques ou autres
044.0 infections aiguës précisées dues au VIH (séroconversion)
044.8 portage asymptomatique du VIH
044.9 infections par le VIH sans autre indication

Poliomyélite et autres maladies à virus du système nerveux central non transmises par
les arthropodes (045-049)
045 Poliomyélite aiguë
046 Infections à virus lents du système nerveux central
047 Méningite à entérovirus
048 Autres maladies à entérovirus du système nerveux central
049 Autres maladies à virus du système nerveux central non transmises par les arthropodes

Maladies à virus avec exanthème (050-057)


050 Variole
051 Vaccine naturelle et paravaccine
052 Varicelle
053 Zona
054 Herpès
055 Rougeole
26
056 Rubéole
057 Autres exanthèmes à virus

Maladies à virus transmises par les arthropodes (060-066)


060 Fièvre jaune
061 Dengue
062 Encéphalites à virus transmises par des moustiques
063 Encéphalites à virus transmises par des tiques
064 Encéphalites à virus transmises par des arthropodes autres ou non précisés
065 Fièvres hémorragiques à virus transmises par des arthropodes
066 Autres maladies à virus transmises par les arthropodes

Autres maladies à virus et à Chlamydia (070-079)


070 Hépatite virale
071 Rage
072 Oreillons
073 Psittacose
074 Maladies spécifiques attribuables aux virus Coxsackie
075 Mononucléose infectieuse
076 Trachome
077 Autres conjonctivites à virus et à Chlamydia
078 Autres maladies à virus et à Chlamydia
079 Infections à virus, au cours de maladies classées ailleurs et de sièges non précisés
Rickettsioses et autres maladies infectieuses transmises par les arthropodes (080-088)
080 Typhus exanthématique
081 Autres typhus
082 Rickettsioses à tiques
083 Autres rickettsioses
084 Paludisme
085 Leishmaniose
086 Trypanosomiase
087 Fièvre récurrente
088 Autres maladies transmises par les arthropodes
Syphilis et autres maladies vénériennes (090-099)
090 Syphilis congénitale
091 Syphilis symptomatique, récente
092 Syphilis latente, récente
093 Syphilis cardio-vasculaire
094 Syphilis nerveuse
095 Autres formes de syphilis tardive, symptomatique
096 Syphilis tardive, latente
097 Syphilis, autres et sans précision
098 Infections gonococciques
099 Autres maladies vénériennes
Autres infections à spirochètes (100-104)

100 Leptospirose
101 Angine de Vincent
102 Pian
103 Pinta
104 Autres infections à spirochètes

27
Mycoses (110-118)
110 Dermatophytoses
111 Dermatomycoses autres et sans précision
112 Candidoses
114 Coccidioidomycose
115 Histoplasmose
116 Blastomycose
117 Autres mycoses
118 Mycoses dues à des parasites facultativement pathogènes
Helminthiases (120-129)
120 Bilharzioses [schistosomiases]
121 Autres infections à trématodes
122 Echinococcose
123 Autres infections à cestodes
124 Trichinose
125 Filariose et dracunculose
126 Ankylostomiase et nécatoriase
127 Autres helminthiases intestinales
128 Helminthiases, autres et sans précision
129 Parasitose intestinale, sans précision
Autres maladies infectieuses et parasitaires (130-136)
130 Toxoplasmose
131 Trichomonase
132 Pédiculose
133 Acariase
134 Autres infestations
135 Sarcoïdose
136 Maladies infectieuses et parasitaires, autres et sans précision
Séquelles des maladies infectieuses et parasitaires (137-139)
137 Séquelles de la tuberculose
138 Séquelles de la poliomyélite aigue
139 Séquelles d'autres maladies infectieuses et parasitaires

5.4. Investigation d’un épisode épidémique (voir guide des normes de la


surveillance épidémiologique MS) :

La méthode d’investigation d’un épisode épidémique peut être résumée en 10 étapes groupées en 2
phases successives :
La 1ère phase est descriptive et comporte :
l’affirmation de l’épisode épidémique ;
la confirmation du diagnostic ;
la définition et le décompte des cas ;
l’organisation des données en termes de temps, de lieu et de caractéristiques
individuelles.
A l’aide de ces informations descriptives, on doit émettre des hypothèses sur la source
et le mode de contamination.
La 2ème phase fait appel aux méthodes de l’épidémiologie analytique et repose sur :
la confirmation d’hypothèses pouvant expliquer l’exposition spécifique impliquée
dans la survenue de la maladie,
la confrontation de l’hypothèse retenue avec les faits observés,
le développement d’une étude épidémiologique analytique complémentaire,

28
la rédaction d’un rapport scientifique et la mise en place de mesures de lutte et de
prévention.
5.5. Règlement sanitaire international (RSI)

C’est un texte de valeur légale (Droits, obligations et procédures) qui définit le cadre juridique
pour étayer la stratégie mondiale de l’OMS sur la sécurité sanitaire : alerte et coordination de
l’action en cas d’épidémies à portée internationale. Son application est basée sur la capacité des
pays à «détecter, vérifier, évaluer et notifier» à l’OMS toute «Urgence de Santé Publique de Portée
Internationale».

Le premier RSI a été élaboré en 1951. Il a été révisé en 2005. Le RSI, qui est entré en vigueur le 15
juin 2007, prévoit que les pays doivent notifier à l'OMS certaines flambées de maladies et certains
événements de santé publique. Fort de l'expérience unique de l'OMS en matière de surveillance,
d'alerte et d'action, le RSI définit les droits et obligations des pays concernant la notification
d'événements intéressant la santé publique et met en place différentes procédures à suivre par
l'Organisation dans la défense de la sécurité sanitaire mondiale.

Les pays sont également tenus de renforcer leurs capacités actuelles de surveillance et d'action
en faveur de la santé publique. L'OMS collabore étroitement avec les pays et ses partenaires afin
de fournir des recommandations et un appui techniques pour mobiliser les ressources nécessaires
à l'application du RSI.

VI. LA PREVENTION
6.1. Définitions

La prévention :

La prévention est l'ensemble des mesures visant à éviter ou à réduire le nombre et la gravité des
maladies ou des accidents. Les buts de la prévention sont :

• D’entretenir et développer son capital santé,


• De faire prendre conscience aux gens l’importance de son capital santé

La prévention prend en considération :

• La population concernée : nombre, sa distribution son âge …


• Les facteurs de risques concernés: tabac, obésité,
• Le programme adéquat : sida, tuberculose, tabac,…
• La méthode de prévention : vaccination, dépistage, prophylaxie…
• Le coût de l’intervention

L'Organisme Mondiale de la Santé (O.M.S.) a proposé la distinction, aujourd'hui classique, en


prévention primaire, secondaire et tertiaire.

La prévention primaire

La prévention primaire comprend tous les actes destinés à diminuer l'incidence d'une maladie
dans une population, donc à réduire le risque d'apparition de cas nouveaux. Elle fait appel à des
mesures de prévention individuelles (hygiène corporelle, alimentation, activité physique et

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sportive, vaccinations, éducation sanitaire, nettoyage, désinfection, stérilisation, Chimio
prophylaxie, Mesures législatives et réglementaires…) et collectives (approvisionnement en eau
potable, élimination des déchets, salubrité de l'alimentation, vaccinations, hygiène de l'habitat et
du milieu de travail).

La prévention secondaire

La prévention secondaire comprend «tous les actes destinés à diminuer la prévalence d'une
maladie dans une population, donc à réduire la durée d'évolution de la maladie». Elle comprend le
dépistage précoce et le traitement des premières atteintes.

La prévention tertiaire

La prévention tertiaire comprend tous les actes destinés à diminuer la prévalence des incapacités
chroniques ou des récidives dans une population, donc à réduire au maximum les invalidités
fonctionnelles consécutives à la maladie. Cette conception étend la prévention au domaine de la
réadaptation, elle cherche à favoriser la réinsertion professionnelle et sociale.

Figure: Évolution d'une maladie et les quatre étapes de la prévention

Le dépistage

C’est la détection des infections à leur début assurant une meilleure efficacité et permet de
limiter la diffusion de la maladie à d'autres personnes à partir des sujets contacts. Les mesures
prises envers l'entourage sont : la Chimioprophylaxie, la séroprévention, la Vaccination,
l’éviction…

« la Quarantaine »

C’est la restriction des activités des personnes (ou animaux) qui ont été exposés à un cas de
maladie transmissible (ex: sujets contacts) pour prévenir la transmission de la maladie durant la
période d'incubation. La quarantaine absolue est une sorte d'isolement strict, la quarantaine
mitigée est une limitation sélective ou partielle

La prophylaxie

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« La prophylaxie » est l’ensemble des méthodes qui permettent de protéger un individu
ou une population contre la diffusion de certains maux épidémiques. Dans le cas des
maladies infectieuses, la méthode prophylactique par excellence est l'immunisation soit
par vaccination, soit par sérovaccination (dans la diphtérie, par exemple). Faute de
pouvoir immuniser les sujets sensibles, on peut soit s'attaquer aux vecteurs qui
transmettent le germe, soit faire absorber des drogues germicides aux personnes qui
doivent être protégées (par exemple, dans le paludisme).

La Désinfection :

Elle est réalisée en cours de maladie et/ou après la sortie du malade, la désinfection peut se faire
soit à l'hôpital soit à domicile.

6.2. Exemples de domaines de la prévention

Tableau: Exemples de mesures préventives primaires, secondaires et tertiaires ciblant des


personnes et des populations

Maladie Niveau Primaire Secondaire Tertiaire


d'intervention
Personne Promotion des modes de vie sains : Analyse des selles (Hemoccult) Examens de suivi pour déceler la
conseils diététiques aux personnes qui pour le dépistage précoce du récurrence ou la métastase d'une
présentent un risque de cancer cancer colorectal maladie : examen médical, test de
colorectal, etc. mesure des enzymes hépatiques,
radiographie thoracique, etc.
Cancer colorectal Population Campagnes de publicité pour informer le Programmes structurés de Mise en œuvre de modèles
public des habitudes de vie qui dépistage par coloscopie organisationnels de soins de santé
préviennent le cancer colorectal; améliorant l'accès aux soins de haute
promotion d'une alimentation à haute qualité
teneur en fibres; subventions des
programmes d'activité physique;
campagnes de lutte contre le tabagisme
Personne Conseils de réduction des risques de la Dépistage de l'infection à VHC Traitement du VHC pour guérir
consommation de drogue pour prévenir chez les patients ayant des l'infection et prévenir la transmission
la transmission du virus de l'hépatite C antécédents d'usage de drogues
Maladies infectieuses : (VHC); conseils sur les pratiques par injection
hépatite C sexuelles à risques réduits
Population Prévention du VHC : pratiques sexuelles Établissement d’un système (Semblable à la prévention primaire) :
à risques réduits, programmes de lutte universel d'analyse du VHC dans contrôle serré des sites à risques élevés
contre le partage d'aiguilles chez les les groupes à risque élevé associés aux éclosions, comme les
utilisateurs de drogues par injection, etc. salons de tatouage
Personne Conseils sur la nutrition et l'activité Dépistage du diabète Orientation vers des cliniques de
Syndrome métabolique physique réadaptation cardiaque
Population Milieux bâtis favorables aux transports Programmes communautaires de Mise sur pied de cliniques
actifs (marche ou vélo), plutôt qu’à la perte de poids et d'activité multidisciplinaires
voiture physique

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Bulletin officiel n° 2853 du 5/07/1967 (5 juillet 1967)

Décret royal n° 554-65 du 17 rebia I 1387 (26 juin 1967) portant loi rendant obligatoire la déclaration de certaines
maladies et prescrivant des mesures prophylactiques propres à enrayer ces maladies.

LOUANGE A DIEU SEUL !

Nous, Amir Al Mouminine, Roi du Maroc

(Sceau de Sa Majesté Hassan II)

Vu le décret royal n° 136-65 du 7 safar 1385 (7 juin 1965) proclamant l'état d'exception,

Décrétons :

ART. 1er . - Les cas de maladies quarantenaires, de maladies à caractère social, de maladies contagieuses ou
épidémiques dont la liste est établie par arrêté du ministre de la santé publique sont obligatoirement et immédiatement
déclarés par les membres des professions médicales qui en ont constaté l'existence, simultanément à l'autorité
administrative locale et à l'autorité médicale préfectorale ou provinciale.

Les membres des professions paramédicales légalement autorisés à exercer sont également tenus, chaque fois qu'ils
soupçonnent l'existence d'un cas desdites maladies, d'en faire la déclaration immédiate à l'autorité médicale
préfectorale ou provinciale, laquelle doit faire confirmer ce cas de maladie par un médecin.

ART. 2. - Les formes, les conditions et les délais dans lesquels doivent être faites ces déclarations sont fixés par arrêté
du ministre de la santé publique.

ART. 3. - L'autorité médicale préfectorale ou provinciale doit faire procéder à la désinfection ou à la désinsectisation des
locaux habités et du mobilier utilisé par toute personne atteinte de certaines des maladies visées à l'article premier dont
la liste est établie par arrêté du ministre de la santé publique.

ART. 4. - En cas de danger grave pour la santé publique, nécessitant des mesures d'urgence, le médecin chef de la
province ou de la préfecture, auquel est laissé le soin d'apprécier le degré de gravité et d'urgence du cas, est habilité à
ordonner d'office l'hospitalisation de toute personne atteinte d'une des maladies prévues à l'article premier ou de
toute personne susceptible de propager cette maladie.

ART. 5. - Pour l'exécution du présent décret royal, les autorités locales sont tenues de prêter leur concours aux
autorités médicales.

ART. 6. - Les infractions aux dispositions du présent décret royal et aux textes pris pour son application sont punies de
l'emprisonnement de six jours à deux mois et d'une amende de 40 à 2400 dirhams ou de l'une de ces peines seulement.

ART. 7. - Sont abrogés les dahirs du 1er rebia I 1332 (28 janvier 1914) rendant obligatoire la déclaration des maladies
contagieuses ou épidémiques, tel qu'il a été modifié ou complété, et du 3 hija 1356 (4 février 1938) établissant la feuille
de situation et le bulletin mensuel d'information statistique, démographique et sanitaire de l'ancienne zone du
protectorat espagnol.

ART. 8. - Le ministre de la santé publique et le ministre de l'intérieur sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de
l'exécution du présent décret royal portant loi qui sera publié au Bul1etin officiel.

Fait à Rabat, le 17 rebia I 1387 (26 juin. 1967)

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Référence: B.O n°4344 - 27 Chaabane 1416 (18-1-96).

Arrêté du ministre de la santé publique n° 683-95 du 30 chaoual 1415 (31 mars 1995) fixant les modalités d'application
du décret royal n° 554-65 du 17 rabii I 1387 (26 juin 1967) portant loi rendant obligatoire la déclaration de certaines
maladies et prescrivant des mesures prophylactiques propres à enrayer
les maladies.
LE MINISTRE DE LA SANTÉ PUBLIQUE,

Vu le décret royal n° 554-65 du 17 rabii I 1387 (26 juin 1967) portant loi rendant obligatoire la déclaration de certaines
maladies et prescrivant des mesures prophylactiques propres à enrayer les maladies et notamment ses articles 1, 2 et 3,

ARRETE :

ARTICLE PREMIER. - ( Complété par l’arrêté du ministre des affaires sociales n° 2822-97 du 6 rejeb 1418 - 7 novembre
1997, art. 1er , par l’arrêté du ministre de la santé n° 1715-00 du 3 ramadan 1421 - 30 novembre 2000, art. 1er et l’arrêté du
ministre de la santé n° 1020-03 du 21 rabii I 1424 - 23 mai 2003 , art. 1er ). et l’arrêté du ministre de la santé n°2380-09 du
7/9/2009 B.O n° 5774 du 1/10/2009 - Les maladies dont la déclaration est obligatoire en vertu de l'article premier du
décret royal n° 554-65 du 17 rabii I 1387 (26 juin 1967) portant loi précité, sont :

1) Maladies soumises au règlement sanitaire international :

- La peste ;
- La fièvre jaune ;
- Le choléra.
2) Maladies pouvant donner lieu à des poussées épidémiques
- La diphtérie;
- Le tétanos;
- La poliomyélite et les paralysies flasques aiguës;
- La rougeole ;
- La coqueluche ;
- La tuberculose;
- Le paludisme;
- La bilharziose;
- La lèpre ;
- Le syndrome d'immunodéficience acquise;
- Les urétrites masculines gonococciques et non gonoc;
- La syphilis primo-secondaire ;
- Les fièvres méningococciques (méningites à méningocoque et méningococcémie) ;
- Les fièvres typhoïde et paratyphoïde;
- Les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC);
- La rage humaine;
- Le trachôme.
- La Grippe due à un nouveau sous type de virus.
3) Autres maladies à déclaration obligatoire

- Le rhumatisme articulaire aigu (RAA);


- Les leishmanioses;
- Le charbon humain;
- La brucellose ;
- Les hépatites virales ;
- La leptospirose ;
- Le typhus exanthématique ;
- La fièvre récurrente ;
- La conjonctivite gonococcique du nouveau-né ;
- La maladie de Creutzfeldt-Jakob et les maladies apparentées ;
- Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ;
- La fièvre hémorragique de Crimée – Congo ;
- La fièvre de la Vallée du Rift ;
- La fièvre du Nil occidental ;
- L’hydatidose.
ART. 2. - Outre les maladies visées à l'article premier ci-dessus, les maladies de causes connues ou inconnues qui se
présentent sous une allure épidémique sont également à déclaration obligatoire.

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ART. 3. - Les déclarations prévues par le décret royal n° 554-65 susvisé sont faites sur fiche de déclaration
conformément au modèle fixé en annexe du présent arrêté. Ces fiches de déclaration sont transmises par voie postale
au ministère de la santé publique.

ART. 4. – (complété par l’arrêté du ministre de la santé n° 1020-03 du 21 rabii I 1424 - 23 mai 2003 , art 1er ). - Les maladies
donnant lieu à désinfection obligatoire sont :

- La peste ;
- Le choléra ;
- Les fièvres typhoïde et paratyphoïde;
- La tuberculose;
- La poliomyélite;
- La leptospirose ;

- Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).


ART. 5. (complété par l’arrêté du ministre de la santé n° 1020-03 du 21 rabii I 1424 - 23 mai 2003 , art 1er ). - Les maladies
donnant lieu à désinsectisation obligatoire sont :

- La peste;
- La fièvre jaune;
- Le choléra ;
- Le paludisme;
- Les leishmanioses;
- Les Fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
- Le typhus exanthématique ;
- La fièvre hémorragique de Crimée-Congo ;
- La fièvre de la Vallée du Rift ;
- La fièvre du Nil occidental.
ART. 6. - Les maladies donnant lieu à une dératisation sont :

- La peste ;
- La leptospirose ;
- Les rickettsioses.
ART. 7. - Le présent arrêté, qui sera publié au Bulletin officiel, abroge l'arrêté du ministre de la santé publique no 511-
65 du '27 juin 1967 fixant les modalités d'application du décret royal n° 554-65 du 17 rabii I 1387 (26 juin 1967) portant loi
rendant obligatoire la déclaration de certaines maladies et prescrivant des mesures prophylactiques propres à enrayer
ces maladies.

Rabat, le 30 chaoual 14,15 (31 mars 1995).

Dr AHMED ALAMI.

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