Évaluation des risques liés aux polluants
Évaluation des risques liés aux polluants
- synthèse -
Sylvie Tarantino
Ecotoxicologue – Biologiste
1
Sommaire
Sommaire.....................................................................................................................................................................1
Abbreviations ..............................................................................................................................................................2
Glossaire ......................................................................................................................................................................3
1. Introduction .........................................................................................................................................................4
4. Conclusion..........................................................................................................................................................19
Bibliographie.............................................................................................................................................................20
Annexe .......................................................................................................................................................................21
Figures
Diagramme 1 : Démarche scientifique regroupant les étapes dans l’étude de l’évaluation du risque pour la santé humaine et la
santé environnementale. .................................................................................................................................................................5
Figure 1 : Représentation des doses d’exposition, à une pollution chimique, en fonction des voies et du niveau de pénétration
dans l’organisme. ...........................................................................................................................................................................9
Figure 2 : Relations entre les marqueurs d’exposition analysables et le devenir dans l’organisme du contaminant, lors d’une
intoxication à un polluant chimique. ............................................................................................................................................15
Figure 3 : Schéma de modèle d’exposition multimédia. Concordance entre les niveaux de l’évaluation d’exposition aux
polluants et la modélisation..........................................................................................................................................................18
1
Abbreviations
2
Glossaire
Dose biologiquement efficace : Quantité de substance chimique ayant une action sur la cible cellulaire et
ayant un effet sur l’individu exposé à un polluant chimique.
Dose équivalente : C’est le produit de la quantité d’énergie déposée dans un tissu exposé à une
rayonnement par un facteur de pondération qui dépend de la nature du rayonnement (la somme de cette
dose pour tous les tissus et organes constitue la dose efficace pour un individu).
Electrophilie : Elle provient d’une orbitale vacante capable d’accueillir une paire électronique, de la
polarisation d’une liaison, ou d’autre facteur diminuant localement la densité électronique d’un atome,
d’une molécule.
ELISA (principe) : Un antigène (ag) comportant deux épitopes différents connus (ag1 et ag2) est présenté
à un excès d’anticorps anti-ag1 fixé sur un support solide. Une deuxième catégorie d’anticorps anti-ag2
libre lié à une enzyme est administrée à la préparation. L’ag est donc lié aux anticorps par ses épitopes 1
et 2. En présence du substrat de l’enzyme, il y a révélation et donc confirmation de la présence de
l’antigène. L’intensité de la révélation décrit une concentration d’antigène plus ou moins importante.
Endotoxines : Ceux sont des lipopolysacharides présent dans la paroi des bactéries gram -. Ils sont libérés
en cas de lyse ou de croissance bactérienne.
Haptène : Composé exogène à bas poids moléculaire (ex : métaux lourd) qui est incapable d’induire par
lui-même une réponse immunitaire, mais lorsqu’il est couplé à une molécule de plus grande taille
(protéine, polysaccharide).
Kaw : Coefficient de partage air-eau. Il quantifie le degré de partition d’une substance à l’équilibre entre
sa solution de dissolution et l’air.
Kow : Coefficient octanol-eau. Rapport des concentrations d’une substance dans chaque phase d’un
mélange d’octanol et d’eau à l’équilibre, il permet d’estimer la bioaccumulation d’une substance dans les
graisses d’un être vivant par son caractère lipophile.
Kd : Coefficient de partition particule-eau, répartition de la masse d’une substance entre la phase solide et
la phase liquide.
LAL (principe) : Le Lysat d’Ameocyrte de Limule est un extrait aqueux de cellules sanguines (ameocyte)
de crabe Limulus Polyphemus. Les endotoxines activent un composé du LAL en une cascade de réaction
enzymatique (protéolyse). En présence d’un substrat peptidique incolore artificiel, l’action du LAL
engendre une dissociation du substrat qui libère une coloration. L’intensité dépend de la concentration
d’endotoxine.
Mycotoxines : Toxines sécrétées par des champignons, essentiellement composées d’aminoacide et de
terpènes.
Microscopie à épifluorescence : Un rayonnement ultraviolet excite des composés fluorescents contenus
dans le matériel biologique à étudier qui a été préalablement traité par un fluorochrome (molécule
fluorescente). Ce fluorochrome se fixe soit directement sur la cible, l’acridine orange se fixe sur les acides
nucléiques et émet une fluorescence rouge; soit par un fluorochrome fixé sur un anticorps (cas des
techniques directs et indirects d’immunocytochimie).
RIA (principe) : Un antigène (ag) et une molécule traceur, lié à un marqueur tel un atome radioactif, sont
présentés à un nombre d’anticorps anti-ag limité et fixé sur un support solide. Les deux molécules
spécifiques au site de l’anticorps entrent en compétition. Le dosage du traceur permet de représenter la
quantité d’antigène.
Xénobiotiques : Substances étrangères à l’organisme et reconnues comme telles. Cela peut être une
molécule chimique toxique naturelle, de synthèse ou un de ses métabolites, un composé organique ou
minérale, un agent infectieux (bactéries, virus, parasites), des radiations ionisantes et ou non ionisantes.
Valeur toxicologique de référence : Lien entre une exposition à une substance toxicologique et une
pathologie parmi la population. Elle est établit à partir d’une relation dose-réponse pour un effet, une voie
et une durée d’exposition spécifique.
3
1. Introduction
A travers divers épisodes de pollutions accidentelles durant la deuxième moitié du XXème siècle et
l’analyse des impacts environnementaux et sanitaires des produits et des rejets de l’activité humaine, une
prise de conscience citoyenne s’amorce au profit du développement de législations françaises,
européennes et internationales (Salomon, 2003). La notion d’évaluation du risque toxicologique1 fût
développée par le NRC et l’US-EPA, dès les années quatre-vingt. Elle est intimement liée à la gestion du
risque2. Aussi, pour une cohérence et une rigueur dans la démarche d’évaluation, une transparence
procédurale et substantive3, une équité décisionnelle institutionnelle et gouvernementale, son fondement
se base sur les travaux et l’actualisation scientifiques (NRC, 1983 & US-EPA, 1989).
1
Probabilité que des effets néfastes sur la santé humaine se produisent à la suite d’une exposition à des agresseurs
environnementaux d’origine chimique, physique ou biologique (MSSS, 2002)
2
Processus d’identification, de sélection, de mise en oeuvre et d’évaluation des actions de réduction du risque toxicologique
pour la santé humaine; le but est d’intégrer de manière scientifiquement valable et économiquement efficace les actions de
réduction ou de prévention du risque toxicologique en considérant les aspects sociaux, culturels, éthiques, politiques et légaux
(MSSS, 2002).
3
Assure à chaque citoyen le respect des conditions essentielles de son bien-être et de sa santé.
4
ECOSAR est un programme d’estimation de la toxicité d’organismes aquatiques en présence de substance chimique (EPA,
2001).
4
Diagramme 1 : Démarche scientifique regroupant les étapes dans l’étude de l’évaluation du risque pour
la santé humaine et la santé environnementale.
Evaluation de situations
Communication
Estimation du risque du risque
• Insertitudes scientifiques • Échanges d’informations, d’opinions
entre le public et les institutions
• Perception et acceptabilité du risque
Gestion du risque
Evaluation du risque
Inter-relation avec l'évaluation du risque
5
mammifères, des cultures d’organes, etc.
o Les polluants biologiques ont de nombreuses spécificités ce qui ne permet pas de transposer
unilatéralement le modèle d’étude des composés chimiques ou modèle biologique. L’aspect toxique
similaire aux études des substances chimiques est à considérer lors de l’excrétion ou de libération lytique
de toxine par le microorganisme. En revanche, les endotoxines produisent une réponse en relation avec la
dose d’exposition de l’allergène spécifique. Le pouvoir pathogène du contaminant biologique dépend du
caractère infectieux du germe, de sa virulence et de la réceptivité de son hôte. Les effets relevés sont
basés sur l’étude des cas cliniques, l’épidémiologie et l’écologie microbienne. Cependant, il semble
difficile d’associer une maladie et l’étiologie. En effet l’isolement d’un germe, les effets symptomatiques
et le relevé d’une pathologie peuvent ne pas être répertorié simultanément car les individus ne consultent
pas obligatoirement un médecin. Ainsi, les taux de toxi-infection, de mortalité, de morbidité sont souvent
sous estimés et les effets à long terme sont mal connus (Bonnard, 2001).
o La dangerosité des rayonnements physiques dépend de leur nature, de leur degré de pénétration et
d’interaction avec la matière. Les rayonnements à haute énergie, dit ionisants, concernent les nucléides
instables; ils ont tendance à revenir à leur stabilité par un mode radioactif. Celui-ci dépend de la
proportion entre le nombre de neutrons (N) et de protons (Z), ainsi que de sa masse atomique (A=Z+N).
La transmutation du nucléide engendre l’émission d’une particule chargée (alpha, bêta) et de libération
d’énergie qui peuvent ioniser5 la matière biologique qu‘ils traversent (formation de radicaux libres6). Les
rayonnements à basse énergie7, non ionisant, ou rayonnements électromagnétiques (REM) se
caractérisent par leur fréquence ondulatoire, leur énergie ou leur longueur d’onde. Il existe une grande
diversité de REM selon ces paramètres. Lors de la traversée d’un milieu biologique, la baisse de la
fréquence et de l’énergie du rayonnement est liée à une réflexion et/ou une perte d’énergie dans la
matière. L’absorption énergétique peut exciter des composés endogènes très réactif comme l’oxygène;
produire des effets thermiques8 ou des effets spécifiques non thermiques9 (Duchêne et Joussot-Dubien,
2001). Les essais expérimentaux s’axent sur les mêmes principes que les études des substances
chimiques.
Les populations exposées n’ont pas le même degré de sensibilité aux polluants et au mode
d’exposition. Il dépend de l’âge, du sexe, des caractères individuels physiologiques, immunologiques,
pathologiques. Et la sensibilité allergène peut dépendre de l’histoire phénotypique ou génotypique de
l’individu. De plus, l’exposition peut être multifactorielle. Il faut considérer les diverses sources
5
Un atome ou une molécule neutre acquiert une charge positive ou négative.
6
Molécule contenant un ou plusieurs électrons célibataires, facteur d’instabilité et de réactivité. Pour revenir à un état stable la
molécule cédera ou captera un électron.
7
Rayonnement ayant une énergie inférieure à 12eV (1eV = 1,602 × 10-19 J), soit une longueur d’onde supérieure à 100nm.
8
En présence de REM à faible énergie, il résulte de l’effet joule dû à l’agitation des charges ; pour les REM à haute énergie
l’absorption d’un photon peut être convertie en chaleur ce qui augmente la température du milieu ciblé.
9
Interférence avec les phénomènes bioélectriques, avec les fonctions de la membrane cellulaire, etc.
10
La particule alpha (He2+) est arrêtée par la peau, mais elle ionise localement le milieu biologique traversé.
6
d’émission et leur nature, la dispersion, la dissémination différentielles des polluants dans les différents
compartiments environnementaux et leur changement d’état dans le cas de polluants chimiques.
L’évaluation d’exposition globale aux contaminants semble judicieuse car elle peut être la sommation
d’expositions importantes à ces substances dans différents milieux ou voies d’expositions (air, eau, sol,
voir alimentaire), et il peut produire un effet pathologique notable sur le risque toxicologique individuel.
En outre, la somme des expositions de plusieurs contaminants de différentes ou de même natures peut
provoquer des effets additifs voir synergiques. En présence de radon dans l’air la fumée de tabac
potentialiserait le risque de cancer du poumon (Baysson et al, 2004).
D’autres facteurs physiques liés aux installations de l’habitation peuvent modifier les paramètres
d’exposition en propageant le polluant par la ventilation. L’humidité, la température, le rayonnement
solaire, les milieux aérobies ou anaérobies peuvent favoriser la survie et la prolifération des contaminants
biologiques.
L’exposition à un polluant est définie par la quantités de polluants en contact avec l’individu ou la
population en fonction du temps ; ainsi peut être distingué les effets aiguës lors d’une exposition à court
terme, les effets chroniques lors d’une exposition à long terme. L’intensité, la durée, la fréquence
d’exposition et la nature du polluant sont liées aux effets biologiques et aux effets sanitaires encourus.
Majoritairement, les effets toxiques des composants chimiques ou physiques dépendent de la dose
biologique efficace ou dose équivalente. Il existe un seuil où l’exposition à ces composants entraîne des
effets irréversibles lorsque les mécanismes de détoxification, de réparation et de compensation de
l’organisme sont dépassés (effets toxique à seuil ou déterministe). Ainsi, l’expertise toxicologique
détermine la toxicité aiguë par la DL50 voir la DSET, et la toxicité chronique par l’étude du
développement de pathologies, des effets sur la reproduction et sur la descendance. L’ACGIH publie
annuellement le fascicule « Threshold limit values for chemical substances and physical agents and
biological exposure indices » et la DFG le « Maximumn concentrations at the workplace and biological
tolérance values for working matérials », ou d’autres instituts comme le ICNIRP, UNSCEAR et les
organismes spécifiques nationaux (INRS). Ces valeurs limites d’expositions professionnelles peuvent être
des valeurs indicatives dans le cadre non professionnel. Mais il faut rester prudent car ces données sont
calculées selon des conditions précises d’exposition, et ces valeurs sont fondées sur un risque calculé à
développer des maladies.
Il n’en est pas de même pour les substances chimiques cancérogènes et les rayonnements ionisants
dont les effets toxiques sont sans seuil ou stochastique. En effet, on considéré que la probabilité qu’une
seule molécule ou particule pénétrant dans les tissus biologiques est à l’origine d’une lignée cellulaire
cancéreuse. Les études de radioprotection sont basées sur l’hypothèse d’absence de valeur limites
d’exposition. Le seuil d’exposition préventif est établi suivant les critères d’absence d’apparition des
effets à court terme et d’une réduction de l’apparition des effets à long terme.
7
2.3. La caractérisation de l’exposition
L’estimation de l’exposition calcule les doses de contaminants auxquelles les individus sont
exposés dans les divers compartiments et en fonction des voies de pénétration. Il peut être appréhendé
selon la quantification des composés libérés présents dans le milieu ambiant et l’environnement (dose
externe ou dose potentielle), et selon la quantité de ses polluants présents dans les milieux biologiques
(dose interne ou dose absorbée). Cette dernière reflète la quantité de produits disponibles dans le corps
vis-à-vis des sites biologiquement efficaces, les récepteurs cibles. Elle dépend de la consommation
(inhalation, ingestion) et de l’absorption cutanée de ses polluants par l’individu exposé en fonction du
temps. La figure 1 schématise cette relation « exposition - dose » par un exemple d’exposition à un
contaminant chimique.
Depuis les années soixante-dix des recherches sur l’estimation de la concentration à un polluant et
de sa source d’émission se sont développées.
o La « fraction exposante » semble une mesure relativement complète du rapport entre l’émission
d’un contaminant chimique et l’exposition humaine. Elle dépend des propriétés du polluants, de la
source d’émission et de l’état du composé, des conditions environnementales, des voies de transfert
d’expositions, des récepteurs cibles et des caractéristiques démographiques (US-EPA, 1992; Bennett et al,
2002). Ainsi par une formule simplifiée nous pouvons écrire que :
La diversité des polluants chimiques et biologiques accroît la complexité des inventaires, d’où
l’utilisation des polluants traceurs. Ces traceurs représentent soit directement la ou les substances
chimiques incriminées et pouvant présenter un risque pour la santé des personnes, soit un contaminant
représentatif des autres substances dangereuses. Les critères de choix peuvent être liés à la toxicité, la
valeur de la dose/réponse, la quantité émise, le comportement du polluant dans l’environnement
(persistance, etc.), la qualité des analyses, la perception du public. De même, dans l’analyse de routine
des contaminants biologiques, la recherche de germes indicateurs est plus adaptée et mieux maîtrisée.
Dans l’estimation de l’exposition aux rayonnement ionisants, c’est l’exposition totale de toutes les
sources d’émission qui est pris en compte et non l’exposition à partir de radionucléides individuels. En
effet, à la différence des polluants chimiques, quelque soit l’origine du rayonnement les effets biologiques
sont les mêmes, ils sont la conséquence d’une ionisation de la matière biologique qu’ils ont traversé. On
préfèrera ainsi calculer la dose d’exposition annuelle, au lieu de la dose d’exposition journalière dans le
cas de polluants chimiques. Elle comprend la dose externe issue de l’irradiation, la dose interne par
contamination et la dose de rayonnement des radionucléides conservés dans le corps (Santé canada,
1995).
3. L’estimation de l’exposition :
Trois approches indépendantes fondées sur des données différentes estiment quantitativement
l’exposition. Cette diversification de démarches peut être utile lors de la vérification ou de la validation
des résultats. Chacune d’entre elles ont leurs atouts et leurs faiblesses. Ainsi,
o la mesure de la concentration du polluant aux points de contact entre la personne et l’environnement
en fonction du temps, permet d‘obtenir les valeurs d‘exposition les plus exactes durant la période de
mesure. Mais cette méthode directe ne quantifie pas spécifiquement les polluants de la source d‘émission,
c‘est un échantillonnage à court terme, et les capteurs doivent être spécialisés à chaque contaminant
8
Voie cutanée : Dose biologiquement
Exposition Dose Dose Dose efficace
chimique externe appliquée interne
Effet
Métabolisme
Récepteurs
Peau cibles
Absorption
Voie respiratoire : Dose biologiquement
Exposition Dose Dose Dose efficace
chimique externe appliquée interne
Effet
Métabolisme
Récepteurs
Bouche / Nez Poumon cibles
Consommation Absorption
Voie orale :
Dose biologiquement
Exposition Dose Dose Dose efficace
chimique externe appliquée interne
Effet
Métabolisme
Récepteurs
Bouche Tractus gastro-intestinal cibles
Consommation Absorption
Figure 1 : Représentation des doses d’exposition, à une pollution chimique, en fonction des voies et du
niveau de pénétration dans l’organisme.
9
recherché ce qui peut représenter un coût. De plus, cette technique peut être personnalisée nécessitant
ainsi une participation active des sujets sollicités pour l’étude.
o les mesures de la teneur en polluants sont analysées dans les divers milieux environnementaux et/ou
les voies d’expositions, séparément de la constante temps. Ces deux composantes, quantité et durée,
pourront ainsi être intégrées dans des scénarii d’exposition. Cette méthode dite indirecte exploite des
valeurs de diverses natures (expérimentales, questionnaires, etc.) à l’échelle collective, et elle peut se
développer en des études prédictives lors de simulations de situations futures en y ajoutant des facteurs
d’incertitude (Santé Canada, 1995; US-EPA, 1992).
o les doses d’indicateurs internes (biomarqueurs, niveau de contaminants excrétés).
Cette deuxième méthode dite directe caractérise la quantité de substances ayant traversées les barrières
biologiques, mais certaines de ces techniques sont réalisées par des prélèvements invasifs (biopsies) ce
qui peut causer certaines problématiques éthiques.
Les paragraphes de la partie 3.1.1 présentent les principes méthodologiques utilisés dans
l’évaluation d’exposition externe. Les techniques spécifiquement employées pour chaque type de polluant
sont détaillées dans leur chapitre respectif.
11
Phénomène de fixation des substances polluantes dissoutes par des interactions chimiques avec des particules solides.
10
imprégné pour les gaz réactifs particuliers. Cette méthode n’est pas adaptée à une atmosphère à basse
vitesse d’air, ou pour un dosage sur une personne statique. Elle est privilégiée lors de mesure d’exposition
de longue durée. Le second consiste à collecter le gaz grâce à une pompe durant le temps d’exposition. Il
est prélevé dans un sac en matériaux inertes (cas de la technique sans concentration) ou sur un support
solide par adsorption ou chimisorption (technique avec concentration). Elle s’utilise dans le cas de
mesures individuelles ou d’ambiance. Quelque soit le principe, les supports subissent ensuite une
désorption des polluants pour être analysé selon les méthodes de chimie analytique précédemment
abordées. On trouve également des supports contenant un réactif à coloration positive en présence d’un
gaz spécifique permettant une détection et une concentration immédiate du polluant. Dans le cadre de
mesure individuelle, il existe deux types de capteur positionnés au voisinage des voies de pénétration, les
badges et les tubes qui diffèrent par leur sensibilité et leur durée d’exposition (Person et al, 1998).
v. Les bioindicateurs
Les études d’évaluation de l’impact de polluants sur l’environnement ne se résument pas essentiellement
à des analyses physico-chimiques car elles ne peuvent être exhaustives. Aussi, pour représenter la qualité
du milieu et de l’écosystème, l’étude de bioindicateurs animal ou végétal apporte une réponse sur l’état de
la biodiversité, sur le niveau de pollution et permet de caractériser précocement les modifications
provoquées.
La biosurveillance peut être passive soit par dosage de contaminants bioaccumulés, tels que les
composés organiques et/ou métalliques atmosphériques concentrés dans les mousses, les lichens; soit par
constatation d’une baisse du peuplement autochtone lors de prospection sur le terrain (organismes
sentinelles, polluosencibles) et/ou la croissance d‘espèces polluotolérantes. Il est possible lors de la
détermination et de la numération des taxons de les comparer à une classification de référence pour
évaluer la qualité du milieu12. Les études de phytosociologie renseignent également sur ce point. Ces
méthodes in situ évaluent une exposition au polluant à long terme contrairement à la méthode des
transplants (voir ci-après) qui est une analyse à court terme.
La biosurveillance active ou méthode par transplant, utilise des organismes sensibles
principalement d’élevages pour les exposer à un échantillon ou au site présumé pollué, et en évaluer
ensuite les effets. Ces bioessais sont en général standardisés et font l’objet de normes. Pour exemples
(liste non exhaustive) :
les tests bactériens, sur des bactéries entières ou sur une activité enzymatique. Le principe se base
sur l’action inhibitrice du polluant sur le métabolisme (ex: NF EN ISO 11348-1 à 3), la croissance
cellulaire, sur la biosynthèse ou l’activité d’une enzyme (Durand-Thouand, 2003).
les tests sur la faune en évaluant la mobilité, la reproduction des individus, la viabilité embryonnaire,
13
d’activités enzymatiques comme l’activité EROD , etc. :
o les microcrustacés planctoniques tel que les cériodaphnies ou les daphnies (ISO 6341).
o les microarthropodes des litières du sol, les collemboles (ISO 11267)
12
Pour exemple, en rivière, on distingue l’Indice Biologique Global Normalisé (NF T90-350), l’Indice Biologique Diatomées
(NF T90-354), les indices de diversité spécifique, etc. dans le domaine de la pollution atmosphérique, l’Indice de Pureté
Atmosphérique utilisant les lichens, le Pollution Sensitivity Index, etc.
13
Le cytochrome P450 est un biomarqueur (voir paragraphe 3.1.2). On mesure son induction au niveau du tissu hépatique, elle
est quantifiée par la mesure de l’activité monooxygénase EROD. C’est une enzyme de la phase I du mécanisme de
détoxification qui est sensible à divers polluants HAPs, PCBs, etc.
11
o les poissons
Les biotests sur d’autres invertébrés, ou vertébrés sont plutôt utilisés dans l’évaluation de substances
chimiques pures ou en mélanges, notamment dans le cadre d’homologation de produits dangereux.
les tests sur la flore
o les microalgues, elles se fondent sur les variations du métabolisme, de croissance (ISO
8692), de photosynthèse, de bioluminaissance, etc. (Blaise, 2003).
o les sphaignes, par la technique du sac de mousse « moss-bag ». La mousse sert de matrice
de dosage de polluants atmosphériques bioaccumulés.
D’autres biocapteurs peuvent être plus représentatif de l’incidence de la pollution atmosphérique sur
l’organisme humain, comme les macrophages alvéolaires. Leur analyse cinétique en présence de
contaminants, tel que l’ozone, permet d’évaluer l’impact sur des cellules humaines (Laval-Gilly et al,
2000).
Les techniques de gènes rapporteurs en biologie moléculaire sur des modèles de vertébrés, tel que les
larves de grenouilles, permettent également de déceler la présence et de quantifier certains polluants
chimiques par induction de protéines fluorescentes chez l’animal. Les modèles in vivo permettent
d’intégrer l’aspect physiologique.
i. Le biomarqueur d’exposition
Il représente la quantité de substances exogènes ou la quantité de ses métabolites présents dans un
compartiment de l’organisme tels que les cellules, les tissus, les liquides corporels. Ce sont des marqueurs
de la dose interne. Les méthodes analytiques dont l’HPLC mesurent cette dose grâce à des échantillons
de sang, d’urine, de fèces, de tissus.
Le biomarqueur d’exposition peut être également le produit d’interactions entre le xénobiotique et les
macromolécules cellulaires ADN, ARN, protéines, etc., au niveau d’un site donné cible ou non cible
(marqueur de la dose biologiquement efficace). Lorsque c’est un site cible et qu’il a un rôle connu dans la
genèse des cancers, il est appelé marqueur de la réponse biologique précoce. Cette dose se détecte par
mesure des adduits aux protéines hémoglobine et albumine; des adduits à l’ADN par prélèvement sanguin
et tissulaire (Cuzick et al, 1990; Savela et Hemminki, 1991). Le niveau des composés parents, des
métabolites mesurés dans le sang et les urines reflète l’exposition des derniers jours alors que les adduits
de l’hémoglobine reflètent une exposition issue de plusieurs mois (Schnell, 1994). La figure 2 illustre les
relations entre les marqueurs d’exposition analysable en fonction du devenir du composé dans
l’organisme.
La mutagènicité d’une substance ou l’imprégnation mutagène d’un individu exposé à une substance
cancérogène peut être mis en évidence par simple prélèvement urinaire via le test d’Ames18. En revanche,
l’échange de chromatides sœurs et les cassures de l’ADN se révèlent par prélèvement sanguin, tissulaire,
ou de cellules exfoliées. Il existe divers essais de génotoxicité pour l’homme et l’environnement (Le
Curieux, 2003) classé par l’OCDE.
L’indice biologique d‘exposition en situation professionnelle est une valeur de référence de la dose
interne. Elle peut être indicative dans le cadre d’exposition non professionnelle. Ces valeurs actualisées
sont consultables auprès de l’ACGIH et du DFG (Schneider et Brondeau, 2001).
ACTIVATION DETOXIFICATION
Figure 2 : Relations entre les marqueurs d’exposition analysables et le devenir dans l’organisme du contaminant,
lors d’une intoxication à un polluant chimique.
15
prolongée contre des antigènes solubles, et ils sont les principales immunoglobulines de la réponse
secondaire du système immunitaire, après une première exposition.
Les IgE sont des marqueurs d’hypersensibilités, ils participent aux réactions d’hypersensibilité
immédiate, et sont responsables des mécanismes de physiopathologie de l’allergie. Ils sont présents
également lors d’infections parasitaires.
On peut souligner que les IgM sont caractéristiques de la réponse primaire du système immunitaire.
Ces approches sont applicables, soit en utilisant une série de modèles spécifiques mais la conservation de
la masse ne semble pas être assurée et les transferts secondaires ne sont pas considérés de manière
complète; soit en intégrant le transfert des contaminants dans l’ensemble des milieux, et des voies de
pénétrations en un modèle intégrateur. Ce dernier, évalue l’exposition directe et indirecte des différents
milieux touchés.
La modélisation étant en évolution rapide, ce paragraphe 3.2. illustre son principe mais n’a pas
vocation d’établir une liste exhaustive et comparative des modèles et des logiciels des différentes classes
de polluants.
Plusieurs niveaux sont à considérer dans le choix, et la construction d’un modèle, l’aspect
mathématique, la description du milieu et la description du polluant. Chaque niveau comprend des
approches indépendantes décrivant une même réalité physique selon un point de vue différent, et les
choix dépendront des objectifs à représenter. Si l’on prend pour exemple une substance chimique, la
description de ce polluant comprendra deux principales approches, le concept de fugacité20 décrivant le
devenir du toxique, et celui des concentrations s’orientant sur la représentation de leurs effets.
21
o Les modèles de fugacité de Mac Kayraf permettent de simuler l’évolution de toute substance dans
un compartiment (eau, air, sol). Le calcul de la capacité fugace est plus ou moins complexe suivant les
milieux considérés. Ces modèles permettent de comprendre la dispersion et la proportion de
contaminants dans les media22. Outre l’application locale, l’utilisation de données locales au sein d’un
Système d’Information Géographique (SIG) permet une application de ces modèles au niveau régional.
o Plusieurs modèles en écotoxicologie tentent de décrire les effets toxiques, du modèle
compartimental simple de Chew et Hamilton 1985, en intégrant la constante temps ils proposent
l’hypothèse que le seuil toxique interne correspond à une probabilité de survie; à la théorie du budget
énergétique23. Cette dernière, modélise les phénomènes physiologiques liés à la pénétration d’un toxique
dans le milieu intérieur des organismes vivants. Cette modélisation, répertoriée dans le guide de l’OCDE,
nécessite la connaissance de divers paramètres tel que la croissance, la reproduction de l’espèce, etc.
(Koojman, 2003).
Certains modèles sont développés essentiellement pour la toxicologie humaine, tel que les modèles
de pharmacocinétique24 (PBPK/PD). Ils prennent compte des mesures d’exposition pour calculer
significativement les doses biologiques recevables. Ils peuvent reconstituer la dose de xénobiotiques
reçue par l’organisme grâce à l’analyse des biomarqueurs, de la concentration du composé parent ou de
ses métabolites dans les tissus (Blancato et al, 1994).
Parallèlement à ces deux approches, la substance peut être décrite suivant ses paramètres physico-
chimiques (volatilité, solubilité, coefficients de diffusion, Kaw, Kow, Kd, etc.), ses réactions chimiques,
sa biodégradation, sa dégradation abiotique, etc.
La figure 3 schématise la correspondance entre les différents niveaux de l’évaluation d’exposition
20
Il permet de calculer la répartition d’un produit dont on connaît le taux de rejet dans l’environnement. Il s’intéresse aux
différents compartiments (air, eau, sol).
21
Ses modèles environnementaux servent à l'évaluation réglementaire des produits chimiques dans le monde, notamment
parmi les pays de l’UE et l’US-EPA. Ils sont disponibles sur le site Web du Canadian Environmental Modelling Centre,
www.trentu.ca/envmodel
22
Compartiments.
23
Logiciels DEBtox, DEBtool disponibles sur le site web du département « Theoretical Biology » de l’Université
d’Amsterdam, http://www.bio.vu.nl/thb/deb/.
24
Le site web http://pbpk.org regroupe la documentation du domaine et certains logiciels sont disponibles depuis ce site, ainsi
que sur le site de l’US-EPA http://www.epa.gov/heasd/erdem/erdem.htm.
17
Source de contamination
Modèles
chimique
microbiologique décrivant le transport, le devenir
Transport /
Transformation Modèles
dispersion calcul d’exposition
cinétique
thermodynamique
variabilité spatiale
distribution
météorologie
Caractéristique
Modèles
environnementale
PBPK,
air effets toxiques
eau, eau usée
sol, poussière Exposition
alimentation
voie de individuelle
pénétration communauté Dose Effet
durée
Voies d’exposition,
fréquence
population absorbée aiguë
sénarii d’activité intensité Profil statistique appliquée chronique
Sensibilité individuelle, du
groupe
Distribution de la population
Figure 3 : Schéma de modèle d’exposition multimédia. Concordance entre les niveaux de l’évaluation
d’exposition aux polluants et la modélisation.
18
et les modèles mathématiques nécessaire à la construction d’un modèle d’exposition multimédia.
Les données réelles disponibles sont utilisées en priorité dans les scénarii, car elles sont plus
représentatives de la réalité. Mais, les données mesurées lors de l’évaluation de l’exposition humaine ne
sont pas toujours accessibles pour des raisons techniques et financières. Dans le cas de doute sur la
validité de celles-ci, il est préférable de confronter ces valeurs avec des données calculées sur la base de
scénario approprié. En l’absence de valeurs, il est nécessaire de se procurer des données complémentaires
sur la nature et les propriétés du contaminant pour en évaluer les concentrations et le devenir; sur les
émissions lorsque l’on souhaite établir des estimations de production et d’usage. En revanche,
l’intégration des données mesurées ou des données transposées25 introduisent des incertitudes dans
l‘évaluation, celles-ci sont quantifiables par les méthodes d’analyses et de sensibilités des incertitudes (Le
Gall, 2004).
Pour éviter l’utilisation de modèles inadaptés et obtenir des résultats erronés ne correspondant pas à la
réalité, il faut avoir connaissance de l’existence de plusieurs types d’incertitudes.
L’incertitude structurelle du modèle, en cas de méconnaissance du milieu, de la simplification de
l’environnement par découpage en compartiments homogènes, et de l’inadéquation des équations
du modèle. Cette dernière peut être éliminée ou amoindrit par l’étude détaillée du modèle et des
concepts.
Les incertitudes naturelles, elles décrivent les paramètres du milieu. Elles ne sont pas prises en
compte dans des modèles simplifiés ou des modèles regroupant des données géographiques
vastes.
L’incertitudes des données précédemment abordées et regroupant les erreurs aléatoires (mauvaise
méthodologie des mesures), l’erreur systématique (méthodes de mesures inadéquates), la
variabilité biologique, etc.
De plus, l’extrapolation des effets toxiques aiguës à des effets toxiques chroniques ne procède pas
aux mêmes mécanismes biologiques, ce qui peut intégrer de nouvelles incertitudes dans l‘évaluation.
4. Conclusion
De multiples facteurs sont à considérer en amont de toutes évaluations, de l’aspect physico-
chimique / biologique à l’impact physiologique et cancérigène; une connaissance approfondie du devenir,
des interactions et de la toxicité des polluants est primordiale. Pour englober la problématique, elle fait
appel à différents outils de diverses disciplines qui ont été abordées succinctement dans cette synthèse.
Ainsi la spécificité, la sensibilité, le développement et l’innovation des techniques en recherche
scientifique permettent d’optimiser graduellement les connaissances à prendre en compte dans l’expertise
et l’évaluation d’exposition aux polluants.
Plusieurs bases de données informatiques sur les études et les effets de polluants chimiques voir
physiques sont disponibles, mais il semble moins évident de trouver une base de donnée regroupant les
informations spécifiquement aux contaminants biologiques.
25
Données relevées ailleurs dont les paramètres environnementaux ou le mode de vie sont similaires.
19
Bibliographie
• Abdel khalek H El-Sebae, Zaher A M, Fawzia A R, and Alaa K. "Possible biomarkers for assessing health risks in
susceptible individuals exposed to agrochemicals with emphasis on developing countries. In : Blancato JN, Brown
RN, Dary CC, and Saleh MA - Biomarkers for Agrochemicals and Toxic Substances" Ed. American chemical
society Washington, DC, 1996. 49-67.
• Baysson H, Billon S, Catelinois O, Gambard JP, Laurier D, Rogel A, Timarche M. "Radon et cancer du poumon."
Environnement Risque Santé 2004: 368-374.
• Baysson H, Tirmarche M, Tymen G, Gouva S, Caillaud D, Artus JC, Vergnenegre A, Ducloy F, Laurier D. "Indoor
Radon and Lung Cancer in France." Epidemiology 2004: 709-716.
• Bennett Deborah H, McKone Thomas E, Evans John S, Nazaroff William W, Margni Manuele D, Jolliet Olivier, a
Smith Kirk R. "Defining Intake fraction. Environmental Science and Technology." 2002: 18 p.
• Blaise C. "Application pratique des microalgues pour l'évaluation écotoxicologique des contaminants Dans : Les
essais d'écotoxicité et de cancérogéncité des produits chimiques." Ed. ESE Université Metz, 2003.
• Bonnard R. "Le risque biologique et la méthode d'évaluation du risque. Rapport final." INERIS Direction des
risques chroniques, 2001. 70 p.
• Chew RD et Hamilton MA. "Toxicity curve estimation:fitness acompartment model to median survival times."
Transactions of the American Fisheries Society 1985: 403-412.
• Cuzick J, Routledge MN, Jenkins D, Garner C. "DNA adducts in different tissues of smokers and non smockers."
International Journal Cancer 1990: 673-678.
• Douwes J, Thorne P, Pearce N, Heederik D. "Bioaerosol Health Effects and Exposure Assessment: Progress and
Prospects ." The Annales of occupationnal Hygiène 2003: 187-200.
• Duchêne A, Joussot-Dubien J. "Les effets biologiques des rayonnements non ionisants." Medecin-science
Flammarion, 2001. 85 p.
• Durand-Thouand MJ. "Les tests bactériens d'écotoxicité. Une revue bibliographique. Dans : Les essais d'écotoxicité
et de cancérogéncité des produits chimiques." Ed. ESE Université Metz, 2003.
• EMF RAPID. "Assessment of Health Effects from Exposure to Power-Line Frequency Electric and Magnetic
Fields. Working Group report." Ed. N° 98-3981 National Institute of Environmental Health Sciences, 1998.
• ESE. "Les essais d'écotoxicité et de cancérogénicité des produits chimiques." Ed. Ecotoxicité Santé
Environnementale Université Metz, 2003.
• Ehrich M. "Neurotoxic Esterase Inhibition: Predictor of Potential for Organophosphorus-Induced Delayed
Neuropathy. In : Blancato JN, Brown RN, Dary CC, and Saleh MA - Biomarkers for Agrochemicals and Toxic
Substances" American chemical society. Washington, DC, 1996. 79-93.
• FAO. "Evaluation de la contamination des sols. Manuel de référence." Ed. Collection FAO : élimination des
pesticides. 2000. 215 p
• Greff-Mirguet G. "Echantillonnage et analyse des endotoxines dans l'air: Etudes bibliographiques." INRS Hygiène
et sécurité du travail, 2002.
• IAEA. "Évaluation de l'exposition professionnelle due à l'incorporation de radionucléides. Guide de sureté."
Collection normes de sûreté de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, 2004. 107 p.
• IAEA. "Évaluation de l'exposition professionnelle due aux sources externes de rayonnements. Guide de sureté."
Collection normes de sûreté de l’Agence Internationale de l'Energie Atomique, 2004. 106 p.
• INRS. "Indices biologiques d'exposition." Cahiers de notes documentaires - Hygiène et sécurité du travail INRS,
2001. 39-54.
• Kooijman SALM, Bedaux JJM, Péry ARR, Jager T. "Biology-based methods. In : Magaud H, Water quality -
Guidance document on the statistical analysis of ecotoxicity data. ." ISO TC 147/ SC 5/ WG 10/ N 0390, 2003.
• Lagadic L, Caquet T, Amiard JC . "Biomarqueurs en écotoxicologie: principes et définitions. In: L Lagadic, T
Caquet, JC Amiard et F Ramade. Biomarqueurs en écotoxicologie, aspects fondamentaux."Masson, Paris, 1997.1-9.
• Laval-Gilly P, Jaïro Falla, Klestadt D, Michel Henry . "A new approach to evaluate toxicity of gases on mobile
celles in culture." Journal of Pharmacological Methods 2000: 483-488.
• Le Curieux F. "Cancérogénicité et génotoxicité de substances chimiques. Dans : Les essais d'écotoxicité et de
cancérogéncité des produits chimiques." Ed. Ecotoxicité Santé Environnementale Université de Metz, 2003.
• Le Gall AC. "Utilisation des modèles multimédias pour l'évaluation du comportement de substances organiques
dans l'environnement." Ed. INERIS Unité Modélisation et Analyse Économique pour la Gestion des Risques,
Direction des Risques Chroniques, 2004. 91 p.
• MSSS. "Principes directeurs d'évaluation du risque toxicologique pour la santé humaine de nature
environnementale." Ed. Bibliothèque nationale du Québec, 2002. 87 p.
20
• Mathé F, Houdret JL, Galloo JC, Guillermo R. "La mesure des particules en suspension dans l'air ambiant :
Application dans les réseaux français de surveillance de qualité de l'air." Analusis Magazine 1998: 27-33.
• NRC. "Commitee on the Institutional Means for Assessment of Risks to Public Health. Risk Assessment in the
Federal Government: Managing the process." Ed National Academy Press Washington DC (USA), 1983. 191 p.
• Nature. "The International HapMap Project." Nature 2003: 789-796.
• Padilla S, Lassiter L., Crofton K, and Moser VC. "Blood Cholinesterase Activity: Inhibition as a Indicator of
Adverse Effect. In : Blancato JN, Brown RN, Dary CC, and Saleh MA - Biomarkers for Agrochemicals and Toxic
Substances" American chemical society. Washington, DC, 1996. 70-78.
• Person A, Laurent AM, Le moullec Y. "La mesure individuelles de l'exposition humaine aux polluants
atmosphériques." Analusis Magazine 1998: 48-54.
• Pélissier AL, Duffaut F, De Méo MP, Botta A. "Le test d'Ames : Application aux urines de fumeurs." Revue de
Médecine Interne 1996: 635-639.
• Rigas ML. "Issues in Exposure Assessment." Ed. National Exposure Research Laboratory US-EPA, 2002.
• Rojas M, Cascorbi I, Alexandrov K, Kriek E, Auburtin G, Mayer L, Kopp-Schneider A, Roots I, Bartsch E.
"Modulation of benzo[a]pyrene diolepoxide DNA adduct levels in human white blood cells by CYP1A1, GSTM1
and GSTT1 polymorphism." Carcinogenesis 2000: 35-41.
• SFT. "Marqueurs de toxicité. Congrès annuel." Sosiété Française de Toxicologie, 2004.
• Salomon JN. "Danger pollutions! ." Presses universitaires de Bordeaux, 2003. 169 p.
• Santé canada. "Enquête sur l'exposition des êtres humains aux contaminants dans le milieu : un guide pour les
calculs de l'exposition." 1995.
• Savela K and Hemminki K. "DNA adductif in lymphocytes and granulocytes of smokers and non smockers détecte
by the 32-Ppostlabelling assay." Carcinogenesis 1991: 503-508.
• Schnell FC. "Hemoglobin adducts of pesticides. In: Saleh MA, Blancato JN, Nauman CH (eds) Biomarkers of
human exposure to pesticides." American Chemical Society. Washington DC 1994: 133-157.
• Seifert J. "Increased Urinary Excretion of Xanthurenic Acid as a Biomarker of Exposure to Organophosphorus
Insecticides. In : Blancato JN, Brown RN, Dary CC, and Saleh MA - Biomarkers for Agrochemicals and Toxic
Substances" American chemical society. Washington, DC, 1996. 94-107.
• US-EPA. "ECOSAR : Ecological Structure Activity Relationships." Office of Pollution Prevention and Toxics, Risk
Assessment Division US-EPA, 2001.
• US-EPA. "Risk assessment guidance for Superfund. Volume 1: Human health evaluation manuel (Part A)." Ed.
Washington DC (USA), 1989. 248 p.
• US-EPA . "Guidelines for exposure assessment." Washington DC (USA), 1992. 126 p.
• Vautrin JP. "Mesurage des rayonnements électromagnétiques (RNI) présent dans l'environnement de l'homme." Ed.
Les notes scientifiques et techniques de l'INRS, 2001.
• WHO. "Human exposure assessment." Ed. United Nations Environment Programme International Labour
Organisation, World Health Organization international programme on chemical safety Programme. Environmental
health Criteria 214, 2000.
• WHO. "Guidelines for drinking water quality, third édition.", 2004.
• WHO, OECD. "Assessing Microbial Safety of Drinking Water. Improving approaches and methods." Ed. IWA
Publishing, Alliance House, 2003. 291 p.
Annexe
• Barbault . "Écologie des peuplements. Structure, dynamique et évolution." Paris: Masson, 1992. 273 p.
• Garrec JP and Van Haluwyn C. "Biosurveillance végétales de la qualité de l'air." Paris: Editions Tec&Doc, 2002.
• Calow P. "Handbook of Ecotoxicology. Volume 1 & 2." Blackwell Science Inc, 1998. 920 p.
• Santiago S,Becker van Slooten K, Chèvre N, Pardos M, Benninghoff C, Dumas M, Thybaud E, Garrivier F. "Guide
pour l'utilisation des tests écotoxicologiques avec daphnies, les bactéries luminescentes et les algues vertes,
appliqués aux échantillons de l'environnement." Soluval Santiago, 2002. 55 p.
• Ramade F. "Précis d'écotoxicologie." Paris, Masson, 1992. 300 p.
21