Centrale-supélec 2014 Corrigé
Un corrigé du concours Centrale-supélec Math-I- 2014 Filière MP
Proposé par Mr : HAMANI Ahmed
I- Une norme utile sur Md (R)
I-A– L’application fP est continue
-Les applications A 7−→ Id et A 7−→ A sont continues, la première est constante, la deuxième est linéaire
avec dimMd (R) est finie.
- Supposons que A 7−→ An est continue, alors A 7−→ An+1 est la composée de (A, B) 7−→ AB qui est
continue comme application bilinéaire avec dimMd (R) × Md (R) est finie, et de l’application A 7−→ (A, An )
qui est continue comme application à composantes continues.
- L’application fP est combinaison linéaire d’applications continues, donc continue.
Remarque : on peut tout simplement dire que fP est à composantes polynômiales en les coéfficients de A.
I-B– L’application (., .) est un produit scalaire
−∀A, B, C ∈ Md (R), ∀α ∈ R, (A, B + αC) = Tr(t A(B + αC)) = Tr(t AB + αt AC) =
= Tr(t AB) + αTr(t AC) = (A, B) + α(A, C).
−∀A, B ∈ Md (R), (A, B) = Tr(t AB) = ∑ Tr(t (t AB)) = Tr(t BA) = (B, A).
−∀A ∈ Md (R), (A, A) = Tr( AA) =
t
A2i,j ≥ 0.
∑1≤i,j≤d
−∀A ∈ Md (R), (A, A) = 0 =⇒ A2i,j = 0 =⇒ ∀i, j ∈ [[1, d]], Ai,j = 0 =⇒ A = Od .
1≤i,j≤d
En conclusion (., .) est une forme bilinéaire symétrique définie positive, donc (., .) est un produit scalaire.
I-C– Comparaison
∑ entre |Ai,j | et ∥A∥
∥A∥2 = A2i,j , donc ∀i, j ∈ [[1, n]], A2i,j ≤ ∥A∥2 , donc |Ai,j | ≤ ∥A∥.
1≤i,j≤n
I-D– La norme ∥.∥ est sous multiplicative
Soit A, B ∈ Md (R), alors par l’inégalité de Cauchy-Schwarz, on a
( )2 ( )( )
∑
d ∑
d ∑
d
(AB)2i,j = Ai,k Bk,j ≤ A2i,k B2k,j , donc
k=1 k=1 k=1
( )( )
∑ ∑ ∑ d ∑
d ∑ ∑
∥AB∥ =2
(AB)2i,j ≤ A2i,k B2k,j = A2i,k B2k,j = ∥A∥2 ∥B∥2 , ca qui
1≤i,j≤d 1≤i,j≤d k=1 k=1 1≤i,k≤d 1≤j,k≤d
entraine que ∥AB∥ ≤ ∥A∥∥B∥.
I-E– Comparaison entre ∥An ∥ et ∥A∥n
On va montrer par récurrence que ∀n ∈ N∗ , ∀A ∈ Md (R), ∥An ∥ ≤ ∥A∥n .
- Pour n = 1, on a égalité.
- Supposons que pour un certain n ≥ 2, ∥An ∥ ≤ ∥A∥n , alors en utilisant l’hypothèse de récurrence et la sous
multiplicativité de (I − D), on obtient
∥An+1 ∥ = ∥An A∥ ≤ ∥An ∥∥A∥ ≤ ∥A∥n ∥A∥ = ∥A∥n+1 .
II- Séries entières de matrices
II-A Définition et continuité de φ ∑
Définition : Soit A ∈ B, alors ∀n ∈ N∗ ,∥An ∥ ≤ ∥A∥n et ∥A∥ < R, donc an ∥A∥n converge et par com-
∑ n
paraison, la série an An converge absolument, et puisque Md (R) est complet, on obtient la convergence
∑ n
de la série an An sur B.
n
Continuité
∑ : Soit ≤ r, ∀n ∈ N∗ ∥an An ∥ ≤ |an |∥A∥n ≤ |an |rn , or
r ∈]0, R[, alors ∀A ∈ Md (R) tel que ∥A∥ ∑
n
la série an r est absolument convergente, donc la série an An converge normalement sur le compact
n n
{A ∈ Md (R) / ∥A∥ ≤ r} pour tout r ∈]0, R[, donc φ est continue sur B.
II-B .
II.B.1 Existence de l’entier r ∈ N∗
On considère l’ensemble de N défini par I = {p ∈ N∗ / (Ai )0≤i≤p−1 est libre}.
2
1 ∈ I, donc I est non vide, et (I, A, A2 , ..., Ad ) est liée ,donc I est majoré par d2 , donc admet un
maximum qu’on notera r, alors r ∈ I et r + 1 ∈ / I, donc (Ai )0≤i≤r−1 est libre et (Ai )0≤i≤r est liée.
II.B.2 Existence et unicité de l’r-uplet
D’après la question précédente, (Ai )0≤i≤r−1 est une famille libre maximale du sous-espace F = Vect((Ai )i∈N ),
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donc c’est une base de F, ce qui entraine l’existence et l’unicité des (λi,n )0≤i≤r−1 qui représentent les
coordonnées de An dans cette base.
II.B.3 Existence de la constante C > 0
On considère la norme N sur R[A] = Vect(I, A, ..., Ar−1 ) l’espace des polynômes en A, définie par
∑
r−1 ∑
r−1
∀B = αi Ai , N(B) = |αi |, alors pour raison de finitude de dimension, cette norme est équivalente
i=0 i=0
∑
r−1
à la norme ∥.∥, d’où l’existence de C > 0 tel que N ≤ C∥.∥, ce qui entraine que ∀n ∈ N, |λk,n | =
k=0
N(An ) ≤ C∥An ∥.
∑
II.B.4 L’absolue convergence des série an λk,n
n ∑
∀n ∈ N, ∀k ∈ [[0, r − 1]], |an λk,n | ≤ C|an |∥An ∥, or la série an An est absolument convergente, donc
∑ n
par comparaison, la série an λk,n converge absolument dans C.
n
II.B.5 φ(A) est un polynôme en A
∑
+∞ ∑
+∞ ∑
r−1
De l’égalité de II − B − 2, on obtient φ(A) = an An = an λk,n Ak , or d’après la question
∑ n=0 n=0 k=0
précédente, les séries ( an λk,n Ak )0≤k≤r−1 sont convergentes donc :
n
∑
r−1 ∑+∞ ∑
r−1 ∑
+∞
φ(A) = ( an λk,n )Ak , d’où l’existence de P = bk Xk avec bk = an λk,n .
k=0 n=0 k=0 n=0
Les bk sont les coordonnées de φ(A) dans la base (I, A, ..., Ar−1 ), ce qui assure l’unicité.
II.B.6 Détermination de P dans un cas particulier
∑
+∞
A
Un calcul simple mène à A2 = A, donc ∀n ∈ N∗ An = A , ce qui entraine que φ(A) = I + =
n!
n=1
I + (e − 1)A et donc P = 1 + (e − 1)X.
II-C Condition nécessaire et suffisante
- S’il existe P ∈ R[X] tel que ∀A ∈ Md (R) φ(A) = P(A), alors ∀λ ∈ R, avec A = λId , on obtient φ(λ) = P(λ),
donc (an )n est une suite réelle qui s’annule à partir d’un certain rang.
- La réciproque est immédiate.
III-Deux applications
III-A .
III-A-1 Énoncé du théorème
Si deux séries complexes sont absolument convergente, alors la série produit est absolument convergente
( égale )
et on a : La somme de la série produit est au(produit )
des sommes des deux séries.
+∞ ∑
∑ n ∑
+∞ ∑
+∞
Plus précisement : ( ak bn−k ) = an bn .
n=0 k=0 n=0 n=0
III-A-2 L’égalité exp(iA)exp(iB) = exp(i(A + B))
∑ zn ∑ An
La série converge absolument sur C, donc d’après (II − A),∀A ∈ Md (C), converge
n! n!
n n
absolument, ce qui ( )(
permet le produit. ) ( )
∑
+∞
(iA)n ∑
+∞
(iB)n
+∞ ∑
∑ n
(iA)k (iB)n−k ∑
+∞ n
i ∑n
k k n−k
exp(iA)exp(iB) = = = Cn A B .
n! n! k! (n − k)! n!
n=0 n=0 n=0 k=0 n=0 k=0
∑
n
Or AB = BA, donc Ckn Ak Bn−k n
= (A + B) , ce qui entraine que
k=0
∑
+∞
(i(A + B))n
exp(iA)exp(iB) = = exp(i(A + B)).
n!
n=0
III-A-3 L’égalité cos (A) + sin2 (A) = Id
2
Soit A ∈ Md (R).
∑
+∞
(iA)n ∑
+∞
A2n ∑
+∞
A2n+1
exp(iA) = = (−1)n +i (−1)n = cos(A) + isin(A).
n! (2n)! (2n + 1)!
n=0 n=0 n=0
De même exp(−iA) = cos(A) − isin(A), donc
Id = exp(Od ) = exp(iA − iA) = exp(iA)exp(−iA) = (cos(A) + isin(A)) (cos(A) − isin(A)) =
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= cos2 (A) − icos(A)sin(A) + isin(A)cos(A) − i2 sin2 (A)
Or d’après la question II − B − 5, cos(A) et sin(A) sont des polynômes en A, donc commutent, et par
suite Id = cos2 (A) + sin2 (A).
III-B .
III-B-1 L’inverse de la matrice (Reiθ Id − A)
Soit ρ(A) = max{|λ| / λ ∈ Sp(A) ∩ C}, alors ∀R > ρ(A), Reiθ ∈ / Sp(A) pour tout θ ∈ [0, 2π], donc
Reiθ Id − A est inversible dans Md (C).
∥A∥
De plus ∥(Reiθ )−1 A∥ = , donc si R > ∥A∥, alors ∥(Reiθ )−1 A∥ < 1 et par suite
R
∑
+∞
( iθ −1 −1 )n
(Id − (Reiθ )−1 A)−1 = (Re ) A) , ce qui donne l’égalité
n=0
( )−1 ∑
+∞
∀R > max(∥A∥, ρ(A)) = ∥A∥, Reiθ Id − A = (Reiθ )−1 (Reiθ )−n An .
n=0
III-B-2 Une expression intégrale de An−1
∫ ∫ +∞
1 2π 1 2π ∑ iθ n−1−k k
Soit R > ∥A∥, alors ∀n ∈ N∗ , (Reiθ )n (Reiθ Id − A)−1 dθ = (Re ) A dθ.
2π 0 2π 0
k=0
- ∀k ∈ N, θ 7−→ (Reiθ )n−1−k Ak est continue sur le segment [0, 2π].
( )k
∥A∥ ∥A∥
- ∀k ≥ n, ∥(Reiθ )n−1−k Ak ∥ = Rn−1−k ∥A∥k ∼ , or < 1, donc
k−→+∞ R R
( )k
∑ ∥A∥ ∑ iθ n−1−k k
est convergente, ce qui entraine que la série de fonctions (Re ) A converge
R
k k
normalement, donc uniformément sur [0, 2π].
Ces hypothèses nous permettent de permuter intégrale et somme, donc si δk,l est le symbole de Kröne-
∫ +∞ (
∑ ∫ )
1 2π iθ n iθ −1 1 2π iθ n−1−k
cker, alors (Re ) (Re Id − A) dθ = (Re ) dθ Ak =
2π 0 2π 0
k=0
∑
+∞
k n−1
= δk,n−1 A = A .
k=0
III-B-3 Une expression intégrale de χA (A)
∫ 2π
1
D’après la question précédente, ∀k ∈ N, ∀R > ∥A∥, Ak = (Reiθ )k+1 (Reiθ Id − A)−1 dθ, donc
( ) 2π 0
∑
d ∫ 2π ∑
d
1
χA (A) = k
ak A = iθ k+1
ak (Re ) (Reiθ Id − A)−1 dθ =
2π 0
k=0 k=0
∫
1 2π iθ
= Re χA (Reiθ )(Reiθ Id − A)−1 dθ.
2π 0
III-B-4 La matrice χA (A) est nulle ( )
Soit R > ∥A∥. On a : χA (Reiθ )(Reiθ Id − A)−1 = (−1)d . t Com(Reiθ Id − A) = Pk,l (Reiθ ) 1≤k,l≤d
où Pk,l est un polynôme de degré ≤ d −∫ 1, ce qui entraine que
1 2π iθ
χA (A) = (ck,l )1≤k,l≤d avec ck,l = Re Pk,l (Reiθ )dθ.
2π 0
Les polynômes XPk,l (X) sont sans coéfficient constant, donc ck,l = 0.
∑m
En effet si Q = aj Xj est un polynôme sans coéfficient constant, alors
j=1
∫ 2π ∑m ∫ 2π ∑
m
iθ
Q(Re )dθ = aj (Reiθ )j dθ = aj δ0,j = 0.
0 j=1 0 j=1
En conclut qur χA (A) est la matrice nulle.
IV-Étude d’une équation fonctionnelle
IV-A Relation entre f et sa primitive ( )
M 1 1
On considère la fonction définie sur ]−∞, [, par φ : −→
2 F(x + t) − F(x + α) − F(2t) + F(2α)
t ,
2 4 4
M
alors, φ(α) = 0 et la continuité de f assure que φ est de classe C sur ] − ∞, [, avec
1
( ) 2
′ 1
φ (t) = 2 f(x + t) − f(2t) = f(2x) (d’après IV − 1). En intégrant entre α et y, on aura
2
M
∀y ∈] − ∞, [, φ(y) = (y − α)f(2α), ce qui donne l’égalité pour y ̸= α.
2
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IV-B La fonction f est de classe C∞
On montrera par récurrence que f est de classe Cn pour tout n ∈ N.
- f est déjà continue sur ] − ∞, M[.
- On suppose que f est classe Cn pour un certain n ∈ N∗ , alors La fonction F est de classe Cn+1 sur ]−∞, M[,
M
donc par l’égalité précédente, la fonction g : x −→ f(2x) l’est aussi sur ] − ∞, [, et par suite la
( ) 2
x
fonction f : x −→ g est de classe Cn+1 sur ] − ∞, M[.
2
En définitive f est de classe C∞ sur ] − ∞, M[.
IV-C Solution de l’équation fonctionnelle
En considérant la fonction φ de la question IV − A, l’égalité établie dans cette question s’écrit
M φ(y) − φ(α)
∀x, y, α ∈] − ∞, [ tel que y ̸= α, f(2x) = , ce qui donne en tendant y vers α,
2 y−α
′
f(2x) = φ (α) = 2f(x + α) − f(2α).
M M
Avec α = 0 < , on obtient ∀x < , f(2x) = 2f(x) − f(0), ce qui donne en dérivant deux fois que
2 2 ( )
1 1 x
f ′′ (2x) = f ′′ (x), c’est à dire ∀x ∈] − ∞, M[, f ′′ (x) = f ′′ et par récurrence on obtient ∀x ∈] − ∞, M[,
2 ( ) 2 2
1 1
∀n ∈ N∗ , f ′′ (x) = n f ′′ .
2 2n
Le passage à la limite dans cette égalité et la continuité de f en 0, entraine que ∀x ∈] − ∞, M[, f ′′ (x) = 0.
- Si f est une solution, alors f ′′ = 0, donc f(x) = f(0) + f ′ (0)x.
- Réciproquement, une fonction définie sur ] − ∞, M[ par f(x) = ax + b est continue et vérifie l’équation
fonctionnelle, donc l’ensemble de solutions d’une telle équation est Vect(1, x).
V-Étude d’une autre fonction matricielle
V-A Les fonctions ζ dans le cas d = 1
Dans le cas d = 1, on cherche les fonctions continues ζ vérifiants ∀x ∈ R, x ̸= 0 =⇒ ζ(x) ̸= 0, ce sont les
fonctions continues qui s’annulent au plus en 0.
V-B L’implication demandée
Avec la matrice donnée par l’énoncé qu’on notera A, la condition (V − 1) s’écrit
det(A) ̸= 0 =⇒ det(fζ ) ̸= 0, c’est à dire (ζ(a)ζ(d) − ζ(b)ζ(c)).ζ(1)d−2 ̸= 0, ce qui entraine que ad ̸=
bc =⇒ ζ(a)ζ(d) ̸= ζ(b)ζ(c).
V-C Injectivité et stricte monotonie de ζ
- Soit a, b ∈ R tel que ζ(a) = ζ(b), alors par contraposée de l’implication précédente avec d = c = 1, on
obtient ζ(a) = ζ(b) =⇒ ζ(a)ζ(1) = ζ(b)ζ(1) =⇒ a × 1 = b × 1 =⇒ a = b.
- On considère l’ensemble C = {(x, y) ∈ R2 / x < y}, et la fonction F : R2 −→ R .
(x, y) 7−→ ζ(x) − ζ(y)
- C est convexe, donc connexe par arcs, et F = ζop1 − ζop2 est continue du fait que ζ est continue et
p1 : (x, y) 7−→ x et p2 : (x, y) 7−→ y sont linéaires et dim(R2 ) < +∞, donc continues.
- F(C) est image continue d’un connexe par arcs, donc connexe par arcs de R, c’est donc un intervalle. De
plus 0 ∈/ F(C), en effet si 0 ∈ F(C), alors ∃(x, y) ∈ C tel que ζ(x) = ζ(y) ce qui entraine par injectivité de ζ
que x = y, ce qui contredit x < y.
- En conclut que F(C) ⊂ R∗+ ou F(C) ⊂ R∗− , c’est à dire ζ est strictement monotone.
V-D La fonction ζ ne s’annule pas sur R∗
Soit a ∈ R et A = diag(a, 1, ..., 1) ∈ Md (R), alors l’implication (V − 1) entraine que det(A) ̸= 0 =⇒
det(fζ (A)) ̸= 0, c’est à dire a ̸= 0 =⇒ ζ(a)ζ(1)d−1 ̸= 0 =⇒ ζ(a) ̸= 0.
V-E .
V-E-1 Existence de α
Soit la fonction g : t −→ ζ(0)ζ(2) − ζ(1)ζ(t) .
- ζ ne s’annule pas sur R∗ , donc par continuité de ζ et théorème des valeurs intermédiaires , ζ(0)ζ(2) > 0.
- g(0)g(2) = ζ(0)ζ(2)(ζ(2) − ζ(1))(ζ(0) − ζ(1)), or ζ est strictement monotone, donc
(ζ(2) − ζ(1))(ζ(0) − ζ(1)) < 0, donc g(0)g(2) < 0 de plus g est continue, donc d’après le théorème des
valeurs intermédiaires, il existe α ∈]0, 2[ tel que g(α) = 0, c’est à dire ζ(0)ζ(2) = ζ(1)ζ(α).
V-E-2 Conclusion
Par contraposée de l’implication de (V − B), l’égalité précédente entraine que 0 × 2 = 1 × α, ce qui
contredit que α > 0, et par suite ζ(0) = 0.
V-F Une égalité vérifiée par η
∀x, y ∈ I tel que x2 , y2 , xy ∈ I, alors ζoη(x2 )ζoη(y2 ) = x2 y2 = (xy)2 = [ζoη(xy)]2 , donc d’après (V − B),
on obtient η(x2 )η(y2 ) = [η(xy)]2 .
V-G Dans cette question η prend des valeurs strictement positives sur I∩]0, +∞[=]0, M1 [ où M1 = lim(ζ), donc
+∞
η est continue strictement croissante sur I =]m, M1 [ (m = lim(ζ)).
−∞
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V-G-1 f vérifie l’équation (IV − 1)
- La définition de f exige que ∀x ∈ Df , ex ∈]0, M1 [, ce qui est équivalent à x ∈] − ∞, ln(M1 )[, on prend
M = M1 .
M
- ∀x, y ∈] − ∞, [, en prennant en considération l’égalité de (V − F), on obtient
2
f(2x) + f(2y) = ln(η(e2x )) + ln(η(e2y )) = ln(η(e2x )η(e2y )) = ln(η(ex ey ))2 = 2lnoη(ex+y ) = 2f(x +
y).
V-G-2 Expression de η sur I∩]0, +∞[
D’après la question (IV − C), ∀x ∈] − ∞, M[, f(x) = ax + b où a, b ∈ R, donc
η(ex ) = eax+b = (ex )a .eb , ce qui entraine que ∀x ∈]0, M1 [, η(x) = K1 xα1 avec K1 = eb > 0 et
α1 = a > 0 (car η(0+ ) = 0).
V-G-3 Expression de η sur I∩] − ∞, 0[ ( )
−x2 −xy
Soit x ∈] − ∞, 0[∩I =]m, 0[, la matrice A = n’est pas inversible, donc
−xy −y2
η(−x2 )η(−y2 ) = (η(−xy))2 . On considère la fonction g = lno(−η)o(−exp).
- La définition de g exige que ∀x ∈ Dg , −ex ∈]m, 0[, c’est à dire x ∈] − ∞, ln(−m)[, on obtient
ln(−m)
∀x, y ∈] − ∞, [, g(2x) + g(2y) = ln(−η(−e2x )) + ln(−η(−e2y )) = ln(η(−(ex )2 ).η(−(ey )2 )) =
2
ln((−η(−ex ey ))2 ) = 2ln(−η(−ex+y )) = 2g(x + y), donc d’après la question (IV − C),
∀x ∈] − ∞, ln(−m)[, g(x) = ax + b, ce qui donne −η(−ex ) = (ex )a .eb , donc
∀x ∈]m, 0[, η(x) = −eb (−x)a = K2 (−x)α2 avec K2 = −eb < 0 et α2 = a > 0 (car lim η(x) = −∞).
x−→m+
V-G-4 η est une fonction impaire définie sur R
α
- Si M1 < +∞, alors lim η(x) = K1 M1 1 < +∞, ce qui contredit que cette limite vaut +∞.
x−→M−
- Si m > −∞, alors lim η(x) = K2 (−m)α2 > −∞, ce qui contredit que cette limite vaut −∞.
x−→m+
- En prennant y = ±1 dans l’égalité de (V − F), on aura
∀x ∈ I = R, (η(x.1))2 = η(x2 )η(12 ) = η(x2 )η((−1)2 ) = (η(x.(−1)))2 , donc (η(x))2 = (η(−x))2 , et par
suite η(−x) = ±η(x), or η(0) = 0 et η est strictement monotone, donc η(−x) = −η(x).
V-H L’expression de ζ sur R∗+
Soit ζ : R −→ R une fonction continue vérifiant la condition (V − 1), alors (−ζ) : R −→ R est aussi continue
et vérifie cette condition, quitte à remplacer ζ par −ζ, on peut supposer que ζ est strictement
{ croissante, et
∗ K > 0, si ζ est ↗
on serait dans les conditions de la question (V − G), donc ∀x ∈ R+ , η(x) = Kx où
α
K < 0, si ζ est ↘
et α > 0.
- Calculons ζ(x) lorsque x ∈ R∗+ .
- Si ζ est croissante, alors elle prend ses valeurs positives et
( )1/α
x
∀x, y > 0, ζ(x) = y ⇐⇒ x = η(y) = Kyα ⇐⇒ y = , donc
( )1/α K
1 1
∀x > 0, ζ(x) = Cxβ avec C = > 0 et β = > 0.
K α
- Si ζ est décroissante, alors −ζ est coissante, donc ∀x > 0, ζ(x) = −Kxβ avec K > 0 et β > 0.
En conclusion ∀x > 0, ζ(x) = Cxβ avec C ̸= 0 et β > 0.
- La fonction η est impaire sur R, donc sa réciproque ζ est aussi impaire.
V-I Déterminant de la matrice Aλ
rang(Aλ − (λ − 1)Id ) = 1, donc λ − 1 est une valeur propre de multiplicité ≥ d − 1, et Tr(Aλ ) = dλ, donc
l’autre valeur propre est (λ + d − 1) ̸= (λ − 1), donc det(Aλ ) = (λ − 1)d−1 (λ + d − 1).
V-J Les fonctions ζ vérifiant (V − 1)
D’après ce qui précède, si ζ vérifie la condition (V − 1), alors elle est impaire de restriction sur R∗+ est de la
forme Cxβ où β > 0 et C ̸= 0.
- Réciproquement soit une fonction ζ : R −→ R impaire de restriction sur R∗+ , ζ(x) = Cxβ où β > 0.
- On remarque que si ζ : R −→ R vérifie la condition (V − 1), alors Cζ tel que C ̸= 0 vérifie aussi cette
condition, donc on peut prendre C = 1.
- On considère la matrice Aλ où λ = −(d − 1)1/β , alors det(fζ (Aλ )) = det(A1−d ) = 0, donc det(Aλ ) = 0 =
(λ − 1)d−1 (λ + d − 1) = 0, ce qui exige λ = 1 − d, c’est à dire d − 1 = (d − 1)1/β , et par suite si d ̸= 2, β = 1
ce qui entraine que ζ(x) = Cx(où C ̸= 0. )
a b
- Reste le cas d = 2. ∀A = ∈ M2 (R), si ζ(a)ζ(d) = ζ(b)ζ(c), alors ζ(ad) = ζ(bc), or ζ est
c d
injective, donc ad = bc, ce qui entraine que si d = 2, les fonctions cherchées sont les fonctions continues
impaires de restriction ζ(x) = Cxβ sur R∗+ .
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