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Guide sur l'AVC et l'AIT : Diagnostic et Soins

Transféré par

Max Viji
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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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L’ A C C I D E N T

VA S C U L A I R E C É R É B R A L
Des réponses à vos questions
Sommaire Introduction

La maladie et votre hospitalisation Vous avez présenté un accident vasculaire cérébral (AVC) ou
un accident ischémique transitoire (AIT), cette brochure vous
Introduction................................................................................................. 3 concerne. Elle retrace les différentes étapes de votre prise en
charge dès votre arrivée aux urgences.
Qu’est-ce qu’un AVC et un AIT ?............................................................ 4 Ce livret aborde à la fois l’AVC et l’AIT car ils ont en commun les
mêmes signes d’alerte, ainsi qu’un mécanisme de survenue et des
Le diagnostic et le traitement................................................................. 6
facteurs de risque identiques.
Une équipe de spécialistes..................................................................... 8 Toutefois, la rééducation en phase aiguë à l’hôpital vous concerne
uniquement si vous avez des séquelles suite à votre AVC.
Votre quotidien à l’hôpital........................................................................ 9
Des fiches conseils sur les facteurs de risque cardiovasculaire vous
Retour à domicile..................................................................................... 14 seront remises si nécessaire lors d’entretiens avec les soignants
afin de compléter les informations contenues dans cette brochure.
N’hésitez pas à partager ce livret avec vos proches et, si vous avez
des questions, à les poser à l’équipe soignante.
Ce que vous devez aussi savoir Vous êtes invité-e à tester vos connaissances sur la maladie en
complétant le questionnaire annexé. Une infirmière reprendra
Les facteurs de risque............................................................................ 15 avec vous les réponses afin de clarifier les points vous paraissant
encore imprécis.
Les différentes causes de l’AVC........................................................... 20

Lexique....................................................................................................... 22

Informations pratiques........................................................................... 24

2 3
AT T E N T I O N
Les signes d’alerte expliqués ci-dessous évoquent une attaque
cérébrale même s’ils disparaissent en quelques minutes. Ils sont à
Q u ’e s t q u ’u n AV C prendre au sérieux et nécessitent une hospitalisation en urgence.
Appelez sans tarder le 144 : une ambulance effectue en sécurité un
e t u n A I T  ? transfert rapide à l’hôpital permettant d’initier un traitement précoce.

Qu’est-ce qu’un AVC ? Quels sont les signes d’alerte ?


Il s’agit d’une perturbation subite de la circulation sanguine au Le début d’un AVC ou d’un AIT est brutal : les signes apparaissent
niveau du cerveau, c’est-à-dire de l’acheminement du sang qui lui le plus souvent en quelques secondes ou quelques minutes, plus
fournit l’oxygène. Dans 80% des cas, l’accident vasculaire cérébral rarement sur quelques heures. L’AVC provoque des troubles qui
(AVC) est le résultat de l’obstruction d’un vaisseau sanguin par un diffèrent selon la région du cerveau touchée :
caillot (AVC ischémique). Moins fréquemment (20% des cas), il est
provoqué par la rupture d’un vaisseau, on parle alors d’hémorragie
cérébrale (AVC hémorragique).
L’AVC est également appelé « attaque cérébrale » ou bien encore Troubles moteurs (hémiplégie) et sensitifs :
« infarctus cérébral ». Dans le cas d’un AVC, les symptômes per- faiblesse musculaire d’une moitié du
sistent et une lésion cérébrale est visible le plus souvent aux exa- corps (visage, bras, jambe), sensation
mens radiologiques (scanner, imagerie par résonance magnétique). d’engourdissement

Qu’est-ce qu’un AIT ?


L’accident ischémique transitoire (AIT) est dû, comme l’AVC Troubles de la parole et du langage : difficultés à
ischémique, à la présence d’un caillot qui obstrue, de manière articuler, incapacité à trouver les mots. Production
transitoire, la circulation sanguine cérébrale. Dans le cas d’un AIT, de phrases incompréhensibles. Altération de la
les symptômes durent en général moins d’une heure et aucune compréhension même pour des questions simples.
lésion cérébrale n’est visible aux examens radiologiques.

Troubles de la vision : brève perte de la vue


d’un œil, image double.

Troubles de l’équilibre et vertige :


INFO impression d’être comme sur un bateau.
Lors d’une attaque cérébrale, chaque minute
compte car plus vite est instauré un traitement,
meilleures sont les chances de récupération.

Maux de tête inhabituels, persistants et ne


répondant pas au traitement antidouleur.

4 5
Le diagnostic
et le traitement

Comment diagnostiquer un AVC ou un AIT ? Comment traiter ?


Aux urgences, le/la médecin neurologue, spécialiste du cerveau, Une surveillance des fonctions vitales (oxygène, tension artérielle,
prescrit plusieurs examens afin de déterminer la cause de l’attaque température corporelle) et des fonctions neurologiques (examen du
cérébrale et de localiser la région atteinte. langage, de la force, de la sensibilité) est immédiatement mise en
Le scanner : cet examen, sorte de radiographie du cerveau, place. Des soins adaptés à votre cas sont ensuite initiés en fonction
confirme si vous avez été victime d’un accident vasculaire cérébral. de l’origine de l’accident vasculaire cérébral et de ses causes.
Il précise le type d’AVC dont vous êtes atteint : un AVC ischémique La thrombolyse consiste à injecter dans une veine ou une artère
dû à un caillot ou un AVC hémorragique (hémorragie cérébrale) dû un médicament puissant afin de dissoudre le caillot obstruant l’un
à un saignement. de vos vaisseaux. Ce traitement est possible uniquement dans
L’IRM (imagerie par résonance magnétique) : elle utilise un les quatre heures et demi après le début des symptômes et selon
système de champ magnétique pour donner des images sous votre état.
forme de coupes, dans tous les plans de l’espace. Cela permet de La thrombectomie est l’extraction du caillot obstruant un vaisseau
différencier les tissus« anormaux ». L’IRM détecte également les à l’intérieur du cerveau. Cette procédure nécessite l’introduction
petites lésions et contribue à affiner le diagnostic. d’un cathéter au niveau du pli de l’aine qui est guidé jusqu’au niveau
de l’artère obstruée. Le caillot est ensuite extrait à l’aide d’un stent
(petit cyclindre souvent utilisé pour dilater les artères coronaires) qui
Examens complémentaires l’agrippe entre ses mailles. Le stent est finalement retiré.
L’écho-doppler : lors de cet examen, les ultrasons sont utilisés Des médicaments comme des anti-agrégants plaquettaires qui
pour mesurer la vitesse à laquelle le sang circule, ce qui permet empêchent la formation de caillots (aspirine par exemple) ou des
de voir si une artère est rétrécie. Les artères du cou et celles qui anticoagulants sont aussi administrés selon les cas.
se trouvent à l’intérieur du cerveau sont visualisées.
Des conseils, en fonction de vos besoins et de vos facteurs de
L’échographie cardiaque : cet examen pratiqué à l’aide d’ultra- risque, vous sont donnés par l’équipe soignante en fin de séjour
sons met en évidence les contours et l’intérieur du cœur. Une ou lors de votre rééducation. Le traitement instauré durant votre
sonde (capteur) est déplacée sur la poitrine et l’image est visuali- hospitalisation doit être poursuivi au long cours afin d’optimiser vos
sée sur l’ordinateur. chances de récupération et ne doit en aucun cas être arrêté sans
Le holter ou R-Test : cet examen consiste à enregistrer l’activité l’avis de votre médecin traitant.
de votre cœur pendant 24 heures (ou 7 jours pour le R-Test), afin de
dépister des troubles du rythme cardiaque. Un petit boîtier relié à
des électrodes est posé sur votre thorax pendant 24 heures et vous
notez sur une feuille vos activités (marche, repas, sommeil, etc.).
L’examen neuropsychologique : un neuropsychologue ou un logo-
pédiste évalue notamment votre langage, votre mémoire et votre
compréhension au moyen de tests afin de préciser la nature de vos
difficultés cognitives. Ces tests durent deux heures en moyenne et
sont répétés afin de contrôler l’évolution de la situation.

6 7
Une équipe Vo t r e q u o t i d i e n
de spécialistes à l’hôpital

L’unité neurovasculaire Rééducation et récupération


Après votre prise en charge aux urgences, vous êtes transféré-e La rééducation commence le plus rapidement possible, dès que
dans l’unité neurovasculaire où plusieurs spécialistes travaillent votre état de santé le permet. Elle dépend de l’importance de vos
en étroite collaboration pour organiser de manière optimale votre atteintes (hémiplégie, hémiparésie, troubles de mémoire, difficul-
réadaptation. Votre traitement est déterminé par des neurologues. tés à déglutir, etc.) et augmente en intensité au fur et à mesure
Ils sont disponibles pour rencontrer votre famille sur rendez-vous. que votre état s’améliore.
Une aide pour vos soins d’hygiène et de confort est réalisée par Elle débute dans le Service de neurologie et peut se poursuivre, si
les infirmières et les aides-soignantes qui se relaient 24h/24. besoin, dans un centre de rééducation. Elle vise le rétablissement
Ce sont elles qui vous accueillent dans le service et vous assistent et/ou le maintien de votre autonomie, c’est-à-dire votre capacité à
en fonction de vos possibilités et de vos habitudes de vie. Elles gérer tous les gestes de la vie quotidienne.
assurent l’application des traitements médicamenteux et contrôlent Votre participation et votre motivation sont très importantes pour
l’évolution de l’état de santé et des paramètres physiologiques. atteindre les objectifs fixés pour votre rééducation. Ceux-ci sont
Une infirmière spécialisée en soins de réadaptation peut discutés et élaborés en partenariat avec vous. N’hésitez pas à
également intervenir, si vous ou vous proches ressentez le besoin poser des questions et à solliciter l’aide de l’équipe dans les étapes
d’être davantage soutenu ou si vous éprouvez des difficultés au successives que vous traversez.
niveau de l’image que vous avez de v­ ous-même (hémiplégie, Selon l’atteinte cérébrale, les séquelles sont plus ou moins impor-
déficit, handicap). tantes. Elles peuvent être motrices, sensitives, mais aussi affecter
L’assistante sociale vous aide pour choisir un centre de réédu- l’équilibre, la coordination, la vision, la mémoire. Un problème de
cation ou mettre en place la suite de votre traitement (aide-ména- langage, de compréhension et des difficultés à articuler est éga-
gère, soins à domicile, etc.). lement possible. Ces déficits sont parfois temporaires ou alors
Le/la physiothérapeute se concentre à votre mobilisation et à régressent lentement. Cette période peut durer plusieurs mois.
votre confort : positionnement, thérapie respiratoire, apprentissage Tous les moyens disponibles sont mis en œuvre pour favoriser
des déplacements, rééducation à la marche. votre récupération.

L’ergothérapeute effectue des bilans (de motricité, de sensibilité


et d’autonomie dans votre quotidien). Il fournit et adapte le matériel Alimentation
auxiliaire (fauteuil roulant, attelle, etc.). Il estime si des aménage- Si vous pouvez manger et boire sans peine, il suffit d’adapter vos
ments de votre lieu de vie sont nécessaires. repas à vos goûts (signalez à l’infirmière les aliments que vous
Le/la neuropsychologue/logopédiste, après avoir évalué votre n’aimez pas).
fonctionnement cognitif, vous propose une rééducation adaptée à Il se peut que vous éprouviez des difficultés à vous nourrir (pro-
vos déficits et contrôle votre évolution. blèmes pour mastiquer ou avaler). Dans ce cas, un repas d’une
Si besoin, le/la logopédiste spécialisé-e dans la déglutition texture différente (aliments hachés, mixés) vous est proposé. La
prend en charge cette problématique. récupération de la déglutition évolue différemment en fonction
Si besoin le/la diététicien-ne intervient pour effectuer une éva- de la lésion. Un-e diététicien-ne est à disposition pour déterminer
luation nutritionnelle complète et adapter les repas. avec vous l’alimentation la plus adaptée.

8 9
Si vous faites des fausses-routes (les aliments descendent vers Mobilisation
les poumons au lieu de l’estomac), vous risquez de développer
La mobilisation consiste à faire bouger un membre, une articula-
des problèmes respiratoires ou une infection bronchique. Des
mesures s’imposent : tion. Elle s’effectue dès l’arrivée dans le service avec des chan-
gements de positions fréquents, une installation adaptée dans le
pour les fausses-routes aux liquides (eau, café, etc.), il convient
lit. De façon générale, vous pourrez vous lever progressivement
d’ajouter une poudre épaississante afin de modifier la texture.
après 48 heures.
pour les fausses-routes aux aliments solides, l’infirmier-ère
vous pose provisoirement une sonde allant du nez à l’estomac Avec l’aide des physiothérapeutes, des ergothérapeutes et des
par laquelle est introduite une alimentation liquide équilibrée autres soignants, commence alors un apprentissage dont l’objectif
correspondant à vos besoins en calories. Dès que possible, principal est une récupération maximale des fonctions perdues ou
vous reviendrez à une alimentation par la bouche. détériorées. Cette rééducation va s’étendre sur plusieurs semaines
selon le degré de déficit.
La récupération de la force musculaire et de l’équilibre varie d’une
Conseils pour mieux manger personne à l’autre. La sensibilité peut être diminuée et des dou-
Installez-vous confortablement, en position assise, le dos leurs sont parfois présentes. La majeure partie de la récupération
bien droit, la tête droite ou légèrement penchée en avant. se fait le plus souvent dans les mois suivant l’AVC.
Prenez peu d’aliments à la fois, en mettant la nourriture Avant la fin de votre séjour, si nécessaire, un-une ergothérapeute
du meilleur côté de la bouche et de la langue. effectuera, après en avoir discuté avec vous, une visite à votre
Mangez lentement et ne parlez pas en même temps. domicile afin d’évaluer les aménagements à prévoir. C’est l’occa-
Restez un moment assis après le repas. sion pour vous et vos proches de vous renseigner sur les aides
dont vous pouvez bénéficier.

Elimination
Conseils pour mieux bouger
L’AVC, suite à l’atteinte cérébrale, peut entraîner une difficulté à
uriner. En règle générale, la rééducation permet une bonne récu- Suivez les consignes données par l’équipe soignante
pération. Si on vous a posé une sonde urinaire, elle sera enlevée (repos au lit, ne pas se lever seul, etc.).
le plus rapidement possible. Veillez à avoir une bonne position dans votre lit et dans
Une constipation, due à l’alitement, peut apparaître durant l’hospi- votre fauteuil. Si vous ne vous sentez pas à l’aise,
talisation. demandez de l’aide à l’équipe. Utilisez le matériel mis à
votre disposition (coussin, fauteuil).
Touchez et massez le membre supérieur atteint pour le
Conseils pour mieux éliminer stimuler.
Buvez selon la prescription médicale, de préférence tout Vérifiez la température de l’eau ou de la nourriture avec la
au long de la journée. main non atteinte.
Surveillez vos selles. Demandez un laxatif à l’infirmière si
vous en ressentez le besoin.
Gardez un urinal ou un vase à proximité.

10 11
L E S AV I E Z -V O U S
Dans le cerveau, les deux hémisphères sont impliqués dans
différentes fonctions mentales. De plus, chaque hémisphère
est relié à la partie opposée du corps : si quelque chose
touche la partie gauche de votre corps, l’information ira au
cerveau droit et si vous attrapez une chose avec votre main
droite, l’ordre vient du cerveau gauche.

Emotions
Vous traversez une épreuve difficile et vos réactions émotionnelles
sont aussi modifiées par l’atteinte cérébrale. Cela peut se traduire
par une agressivité et/ou une irritabilité accrue(s), des épisodes de
pleurs, des sautes d’humeur sans raison apparente.
Communication A ces répercussions normales peuvent s’ajouter des craintes
concernant votre apparence physique ou vos futures capacités à
Si les lésions dues à l’AVC se situent du côté gauche du cerveau,
retrouver une vie normale et une vie sexuelle épanouie. Rassurez-
vous pouvez souffrir de troubles du langage se manifestant par des
vous, une période d’adaptation est nécessaire et vos perceptions
difficultés d’expression - telles une peine à articuler (dysarthrie) ou
vont changer au fur et à mesure de votre rééducation.
à parler (aphasie) - de compréhension, d’écriture, de lecture.
Un-e logopédiste évalue vos capacités de communication et vous
aide si nécessaire à récupérer les fonctions altérées. Il contribue à
maintenir et à stimuler les fonctions existantes et à instaurer une Conseils pour mieux gérer vos émotions
autre façon de communiquer. Partagez vos émotions. Toutes sont acceptables et les
Vos proches sont invités à vous laisser le temps de dire quelques verbaliser peut vous aider.
mots, à vous exprimer. Ils veillent à vous parler avec des phrases Ouvrez-vous aux autres, demandez de l’aide.
simples, en utilisant un langage normal et adapté, et à ne pas
répondre à votre place.

Famille
Conseils pour mieux communiquer La survenue d’un AVC, l’hospitalisation et la rééducation sont des
Prenez votre temps pour parler. périodes difficiles pour vous et vos proches. La récupération exige
Faites des phrases courtes. beaucoup d’efforts physiques et de courage. La plupart des per-
sonnes trouvent en elles et en leur entourage la force nécessaire
Aidez-vous de gestes pour vous faire comprendre.
pour s’adapter à tous ces changements. Les équipes soignantes
Parlez à une seule personne à la fois afin de faciliter la sont aussi là pour vos proches s’ils en expriment le besoin.
conversation.

12 13
L E S AV I E Z -V O U S
L’athérosclérose se caractérise
par l’accumulation de substances
Retour Les facteurs (principalement des graisses) sur la
paroi des artères qui forment des
à domicile de risque plaques réduisant le diamètre des
vaisseaux et donc le débit sanguin.

Le retour à la maison peut vous paraître compliqué. Le repos, la Le vieillissement des vaisseaux et l’hérédité jouent un rôle dans la
poursuite de la physiothérapie et de l’ergothérapie (quelquefois de survenue d’un AVC. Cependant, plus de la moitié des cas sont dus
la logopédie) vont vous aider à progresser, tout comme la patience à l’athérosclérose (appelée aussi artériosclérose). Cette maladie,
et la présence de vos proches. qui touche les grandes et petites artères, progresse lentement.
N’hésitez pas à solliciter l’Institution genevoise de maintien à L’âge et la prédisposition héréditaire sont deux facteurs de risque
domicile (imad) ou des associations (lire en page 24) qui mettent qu’on ne peut pas modifier. Toutefois, vous pouvez agir sur les
en contact des personnes ayant eu un accident vasculaire cérébral facteurs suivants.
ou ayant connu les mêmes difficultés dans leur parcours.
L’hypertension artérielle
L’hypertension artérielle est le principal facteur de risque de
l’attaque cérébrale. Lorsque les parois artérielles sont constam-
ment soumises à une pression élevée par le débit sanguin, elles
durcissent et s’épaississent. Par ailleurs, sous l’effet de la pression
Appelez le 144 artérielle, la paroi des vaisseaux se fragilise pouvant entraîner une
hémorragie (AVC hémorragique).
Si vous ressentez à nouveau des symptômes tels que :
troubles moteurs et sensitifs On parle d’hypertension artérielle lorsque la valeur supérieure
troubles du langage et de la parole (systolique) de la tension est égale ou supérieure à 140 mm Hg
(millimètres de mercure) et/ou que la valeur inférieure (diastolique)
troubles de la vision est égale ou supérieure à 90 mm Hg lors de mesures répétées.
troubles de l’équilibre et vertige
maux de têtes inhabituels,
vous devez prendre ces signes d’alerte au sérieux.
Ce que vous pouvez faire
Appelez sans tarder le 144 : une ambulance vous conduira
rapidement à l’hôpital, car plus tôt le traitement est Contrôlez régulièrement votre tension afin de dépister
instauré, plus grandes sont vos chances de récupérer. une éventuelle hypertension artérielle (en particulier les
femmes enceintes et celles prenant un contraceptif oral).
Perdez quelques kilos si vous avez un excès de poids.
Mangez moins de sel, remplacez-le par des épices.
Limitez au maximum votre consommation d’alcool.
Pratiquez une activité physique de façon régulière.
Intégrez des moments de repos et de détente dans
votre vie.
Si votre médecin vous a prescrit un médicament anti-
hypertenseur (abaissant la tension artérielle), prenez-le
régulièrement et ne l’arrêtez jamais sans son avis.

14 15
Le tabagisme La surconsommation d’alcool
Parce que le tabac altère l’apport en oxygène des organes et L’excès d’alcool augmente la tension artérielle et accentue le risque
des parois vasculaires, il favorise l’artériosclérose et donc l’AVC. de faire un AVC. Par ailleurs, l’alcool perturbe la production de
Trois à cinq ans après avoir arrêté de fumer (selon le nombre de facteurs de coagulation par le foie et augmente le risque de faire
cigarettes fumées), le risque d’attaque cérébrale rejoint celui d’un un AVC hémorragique.
non-fumeur.
Vous n’y arrivez pas seul ? Faites-vous aider par l’équipe pendant
votre hospitalisation ou demandez à un soignant de contacter Ce que vous pouvez faire
notre consultation spécialisée en tabacologie. Après votre hospi-
Si vous êtes une femme, limitez votre consommation
talisation, vous pouvez prendre rendez-vous à la consultation de
journalière à un verre (vin, bière, etc.).
tabacologie au 022 372 95 37.
Si vous êtes un homme, limitez votre consommation
journalière à deux verres (vin, bière, etc.).
Le cholestérol Vous n’y arrivez pas seul ? Parlez-en aux infirmières ou
au médecin. Faites-vous aider par des spécialistes : Unité
Composant naturel et essentiel de notre organisme, le bon choles-
des dépendances des HUG, 022 372 95 37.
térol (ou cholestérol HDL) a un effet protecteur sur les vaisseaux
sanguins. Le mauvais cholestérol (ou cholestérol LDL) se dépose
progressivement sur les parois des vaisseaux et favorise le pro-
cessus d’artériosclérose.
Le stress
Afin d’adapter vos habitudes alimentaires, les diététicien-nes
des HUG vous donnent des conseils. Si cela ne suffit pas, votre Le stress accélère le rythme cardiaque et donc la tension artérielle.
médecin vous prescrira un médicament abaissant le taux de lipides Par ailleurs, il favorise le tabagisme, la consommation d’alcool et
dans le sang. la prise de poids. Il représente donc, lui aussi, un facteur de risque
pour les maladies vasculaires.

Le diabète
La sédentarité
Le diabète est dû au déficit d’une hormone, l’insuline, qui est
nécessaire pour que le sucre contenu dans le sang nourrisse les L’absence d’exercice physique augmente le risque de maladie
cellules. Quand il y a peu d’insuline, le taux de sucre (glycémie) coronarienne, de diabète, de cancer du côlon. Elle diminue aussi
dans le sang augmente, entraînant à la longue des troubles du le taux de bon cholestérol qui a un effet protecteur. Au contraire,
métabolisme des graisses et des lésions vasculaires. l’exercice maintient le cœur et la circulation sanguine en forme et
active l’ensemble du métabolisme.

S AV O I R
Des fiches sur les facteurs de risque
sont disponibles auprès des infirmières.

16 17
La surcharge pondérale Le syndrome d’apnée du sommeil
L’excès de poids augmente la tension artérielle. De plus, il favorise Plus de 50% des personnes ayant présenté un AVC présentent
un excès de cholestérol, de diabète. également un syndrome d’apnée du sommeil. Celui-ci se mani-
feste par un ronflement permanent et s’accompagne de pauses
respiratoires et de mouvements du corps, le plus souvent décrits
La pilule contraceptive par le conjoint. La reprise de la respiration est bruyante. Ce syn-
La prise d’un contraceptif œstro-progestatif peut augmenter le drome est favorisé par la fatigue, la prise de poids, l’âge et des
risque d’accident vasculaire cérébral, surtout si elle est associée amygdales volumineuses.
au tabac, à l’hypertension ou aux migraines, et à une surcharge Des apnées à répétition provoquent une diminution de l’oxygéna-
pondérale. Il s’agit le plus souvent d’une thrombose au niveau des tion sanguine. Cette baisse entraîne de sévères répercussions sur
veines du cerveau. la santé en favorisant l’apparition d’hypertension artérielle, aug-
mentant ainsi le risque d’accident vasculaire cérébral. Le diagnos-
tic de syndrome d’apnée est posé en enregistrant les fonctions
Ce que vous pouvez faire respiratoires durant le sommeil.

Arrêtez de fumer.
Perdez du poids.
Envisagez une autre méthode de contraception. Ce que vous pouvez faire
Contrôlez les autres facteurs de risques. Consultez votre médecin afin d’effectuer un bilan pour
déterminer s’il existe effectivement un syndrome
d’apnée du sommeil.
Adoptez un traitement conservateur : maigrir si vous êtes
Les problèmes cardiaques en surpoids, dormir sur le côté, éviter la prise d’alcool ou
Certaines maladies du cœur comme les troubles du rythme, les de tranquillisants le soir.
infarctus ou les lésions valvulaires peuvent être à l’origine d’un Essayez un traitement mécanique : appareil de pression
accident vasculaire cérébral. En effet, elles favorisent la formation positive continue par voie nasale (CPAP), orthèse
de caillots de sang. d’avancée mandibulaire.
Optez pour une chirurgie maxillo-faciale.

Ce que vous pouvez faire


Agissez sur l’un ou l’autre de vos facteurs de risque.
Suivez le traitement recommandé par le médecin.
Consultez au moindre problème : lors de palpitations,
douleurs dans la poitrine (surtout à l’effort), difficultés
à respirer.

18 19
Les différentes causes
d e l ’A V C

L’AVC peut avoir différentes causes et nécessite des traitements Les dissections de la carotide ou de l’artère
appropriés : vertébrale
Elles sont aussi une des cause d’AVC, notamment chez le patient
La maladie des gros vaisseaux jeune. Ce sont des déchirures de la paroi : un hématome se forme
Elle entraîne des rétrécissements des principales artères alimentant dans le vaisseau qui s’obstrue et provoque un AVC. Très souvent,
le cerveau. Ils sont dus à des plaques de cholestérol pouvant se ces dissections se manifestent par des douleurs au niveau de la
rompre, former des caillots et migrer vers le cerveau. Les artères nuque et précèdent en règle générale la survenue de l’AVC de
le plus souvent touchées sont les carotides ou les vertébrales (au quelques jours.
niveau du cou). Plus rarement, les rétrécissements se situent au
niveau des vaisseaux qui se trouvent à l’intérieur du cerveau.
Le foramen ovale perméable
Dans la majorité des cas, le traitement repose sur la prise de médi-
caments qui fluidifient le sang (comme l’aspirine) et agissent contre Ce petit orifice, qui se situe au niveau de la paroi séparant les deux
le cholestérol (les statines). Un suivi par ultrasons vous est proposé. oreillettes (cavités du cœur), se ferme normalement à la naissance.
En cas de risque de récidive ou de rétrécissement majeur, une Toutefois, chez 25% des gens, la fermeture ne se fait pas et est
chirurgie ou éventuellement la pose d’un stent (petit cylindre aussi parfois responsable de la survenue d’un AVC chez les patients
utilisé pour les artères du cœur) peuvent être envisagés. jeunes. Il apparaît lorsqu’un caillot se forme dans une veine (par
exemple thrombose d’une jambe), puis migre vers le cerveau en
passant par le foramen ovale. Les facteurs favorisants sont les
La maladie des petits vaisseaux mêmes que pour les thromboses veineuses (voyage en avion, ali-
Elle induit des obstructions au niveau des tout petits vaisseaux du tement prolongé, contraception orale, antécédents de thromboses
cerveau. Elles sont responsables de l’AVC, parfois sans que vous dans la famille).
vous en rendiez compte, et mises en évidence par l’IRM. Dans
Dans ce cas, il vous est proposé, après discussion au sein d’une
tous les cas, le traitement consiste en la prise de médicaments
réunion pluridisciplinaire, de fermer ce passage par voie percuta-
qui fluidifient le sang (comme l’aspirine) et agissent contre le cho-
née (cathétérisme cardiaque).
lestérol (les statines).
Comme l’hypertension artérielle est souvent en cause dans cette
maladie, un traitement anti-hypertenseur vous est parfois égale- Une origine indéterminée
ment proposé.
Il arrive qu’aucune cause n’ait pu être identifiée et cela malgré
La maladie des petits vaisseaux se complique dans certains cas toutes les investigations réalisées. D’autres examens complémen-
d’une rupture artérielle donnant lieu à une hémorragie cérébrale. taires sont alors nécessaires.

L’embolie cardiaque
Une consultation ambulatoire à trois mois pour un suivi vous
Elle est souvent responsable d’un AVC et résulte fréquemment
d’une fibrillation auriculaire. Cette forme de trouble du rythme est proposée dans tous les cas.
cardiaque peut passer inaperçue (pas de symptômes). Un trai-
tement préventif comprenant un médicament anti­coagulant est
alors prescrit.

20 21
Lexique

AIT Autonomie Hémiplégie Réadaptation


Accident ischémique transitoire, Capacité à effectuer vos activités Paralysie d’un côté du corps. Toutes les activités qui favorisent la
déficit neurologique durant en quotidiennes. récupération des fonctions touchées
général moins d’une heure et avec par l’AVC afin de retrouver la
Héminégligence
absence de lésion visible à l’examen meilleure autonomie possible.
AVQ Perte de conscience d’une moitié
radiologique (IRM cérébrale).
Activités de la Vie Quotidienne du corps ou d’une partie de l’espace
comme s’alimenter, éliminer, se (comme s’ils n’existaient pas). Rééducation
AVC déplacer, marcher, se laver, prendre Programme d’activités destiné
Accident vasculaire cérébral soin de soi, etc. à rétablir l’usage normal d’une
Ischémie cérébrale
(aussi appelé attaque cérébrale fonction ou d’un membre.
Lésion du tissu cérébral due à une
ou infarctus cérébral), interruption
Déglutition mauvaise irrigation sanguine.
de l’apport sanguin au niveau du
Action d’avaler. Spasticité
cerveau. Les cellules nerveuses
Augmentation involontaire du tonus
de la région atteinte reçoivent trop Incontinence urinaire
des muscles. Cette contraction crée
peu ou pas du tout d’oxygène. Elles Diplopie Incapacité à contrôler sa vessie
une résistance au mouvement.
sont endommagées et meurent Vision double. provoquant des fuites urinaires.
si l’irrigation sanguine n’est pas
rétablie en l’espace de quelques
Dysarthrie Neurologue
minutes.
Difficultés à articuler des mots. Médecin spécialiste des maladies
du cerveau et du système nerveux.
Aphasie
Dysphagie
Difficulté à parler, à s’exprimer, à
Difficultés à avaler. Neuropsychologue
lire, à écrire ou à comprendre ce que
Psychologue spécialisé dans l’étude
les autres disent.
des fonctions cognitives (mémoire,
Hémianopsie
langage, attention,etc.) et de leur
Perte de la moitié du champ visuel,
Apraxie possible atteinte après un AVC.
c’est-à-dire que la personne voit la
Difficulté à exécuter volontairement Il pratique une évaluation et une
moitié de l’image.
des mouvements déjà appris. rééducation si nécessaire.

Hémiparésie
Ataxie
Faiblesse d’un côté du corps.
Difficulté à coordonner les
mouvements.

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Informations pratiques

Centre neurovasculaire Communauté suisse

Article 443391 • DNeucli • Brochure «AVC» en FRANÇAIS • Septembre 2018


Dr Emmanuel Carrera de travail pour l’aphasie
Hôpitaux universitaires de Genève Habsburgerstrasse 20, 6003 Lucerne
Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4 041 240 05 83
1211 Genève 14 [Link]
022 372 83 10 info@[Link]
[Link]
Institution genevoise
Fondation suisse de cardiologie de maintien à domicile (imad)
Schwarztorstrasse 18, 3000 Berne 14 Av. du Cardinal-Mermillod 36
031 388 80 80 Case postale 1731, 1227 Carouge
[Link] 022 420 20 20
FRAGILE Suisse Infirmière spécialiste clinique
Association pour les traumatisés en soins de réadaptation
cranio-cérébraux Sandrine Jonniaux
Rue du Bugnon 18, 1005 Lausanne Hôpitaux universitaires de Genève
021 329 02 30 Rue Gabrielle-Perret-Gentil 4
[Link] 1211 Genève 14
079 553 32 99
Association France AVC
Allée la Grosse Pierre 34 Centre de ressources pour
F-74940 Annecy-le-Vieux personnes cérébrolésées
+33 450 23 37 57 Rue du Val Vert 18, F-74600 Seynod
[Link] +33 450 33 08 90
Franceavc74@[Link] centreressources.74@[Link]
Association genevoise
des aphasiques (AGEVA) Vidéos d’information
Dany Hersperger
L’AVC
Case postale 143, 1258 Perly
[Link]
022 759 19 36
AccidentVasculaireCerebral
edecuyper@[Link]
La rééducation après un AVC
Association « Un Brin Créatif »
[Link]
Bd St-Georges 34, 1205 Genève
076 548 61 81 Symptômes et signes d’alerte
[Link] de l’AVC
[Link]

Cette brochure, testée auprès des patient- e -s,


a été réalisé par le centre neurovasculaire et la
Direction des soins avec la collaboration des équipes
pluridisciplinaires et du Groupe d ’information pour
patie nt- e - s et p roc he s (G I PP) d e s HUG.

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