A.
INTRODUCTION
En exécution de l’ordre de mission N0 DPS/NZI/SAD/GP/2020/0233 du
24/05/2020 nous, NGOY MUTEBA matricule H1098, Chef de dispensaire et
maternité SNEL/DPS/NZILO, avons participé à la session de formation des
prestataires de la zone de santé de Kanzenze du 25/05/2020 au 29/05/2020 sur la
prise en charge intégrée des maladies de l’enfant, organisée par le bureau central de
la zone de santé appuyé par le partenaire du programme de santé intégré en sigle
PROSANI.
B. OBJECTIF DE LA FORMATION
Il était question de renforcer la capacité des prestataires de la zone de santé de
Kanzenze dans la prise en charge intégrée des maladies tueuses des enfants nous
citons : la pneumonie, la diarrhée, la rougeole, la malnutrition, le paludisme et le
VIH/SIDA qui sont la cause de plus de 70% des décès chez les enfants de moins de
cinq ans en République Démocratique du Congo. La formation visait également la
réduction de ce taux de mortalité.
C. LIEU DE FORMATION
Le petit séminaire SAINTPAUL de Kanzenze a servi de cadre à ces assises.
D. PARTICIPANTS
- Les partenaires du programme de santé intégré (PROSANI)
- Le médecin chef de la zone de santé de Kanzenze à la tête de certains
membres du bureau central.
- Les infirmiers titulaires de dix-sept aires de santé qui composent la zone de
santé de Kanzenze.
- La révérende sœur responsable de l’hôpital général de référence de
Kanzenze.
- Le médecin chef de l’hôpital général de référence de Kanzenze.
E. DEROULEMENT DE LA MISSION
1. VOYAGE : Nous avons quitté Nzilo le lundi 25/05/2020 à 07h00’ à bord
d’un véhicule de transport en commun pour arriver à Kanzenze à 09h00’.
Nous avons regagné Nzilo le vendredi 29/05/2020 autour de 19h00’.
2. MISSION PROPREMENT DITE : A ce chapitre nous aimerions faire un
rapport des activités journalières enfin de permettre aux lecteurs du dit
rapport d’appréhender l’opportunité de la mission.
I. PREMIER JOURNEE, LUNDI LE 25 05 2020
Les travaux de la première journée de formation ont commencé à 09h30’ avec le
mot du médecin chef de zone de santé de Kanzenze qui donne l’objet de la
formation qui n’est autre que de réduire le taux de mortalité chez les enfants de 0 à
59 mois en RDC par la prise en charge correcte des maladies tueuses de l’enfant
suivi de la distribution de l’outil de travail, la présentation des participants, le choix
de chef du village et son adjoint, la désignation des rapporteurs des activités
journalières, le code de bonne conduite, les attentes des participants et le prétest.
Dans son introduction, le premier facilitateur déclare que la prise en charge des
maladies de l’enfant est une faculté difficile et compliqué parce que pour découvrir
ce qui est en lui, c’est tout un problème.
Il ouvre le premier module intitulé : « Processus de prise en charge intégré ».
L’orateur énumère six étapes de prise en charge qui sont : évaluer l’enfant, classer
la maladie, identifier le traitement, traiter, conseiller la mère et assurer le suivi. Il
précise comment choisir le tableau de prise en charge intégré approprié qui consiste
à grouper les enfants en deux catégories :
- Le nourrisson, enfant âgé de 0 à 2 mois, il faut utiliser le tableau évaluer,
classer et traiter.
- L’enfant de 2 mois a 5 ans, il faut utiliser le tableau évaluer et classer.
Le deuxième facilitateur introduit le module : « Evaluer et Classer l’enfant malade
âgé de 2 mois a 5 ans ».
Il énumère :
1) Les maladies qui tuent l’enfant nous citons la pneumonie, la diarrhée, la
rougeole, le paludisme, la malnutrition et le VIH/SIDA ;
2) Les signes généraux de danger qui sont : incapacité de manger ou allaiter,
vomis tous ce qu’il consomme, convulsion pendant l’épisode de la maladie,
léthargie ou inconscience et convulsion actuellement. Il ajoute qu’en
présence d’un signe général de danger il faut référer l’enfant.
3) Les quatre principaux signes dont : la toux avec difficulté respiratoire, la
diarrhée, la fièvre, le problème de l’oreille.
Puis passe à l’évolution et classement de l’enfant malade selon les signes :
a) Evaluer et Classer la toux ou difficulté respiratoire
Pour tout enfant, il faut prélever la fréquence respiratoire qui est de 50 mouvements
par minute ou plus chez l’enfant de 2 à 12 mois et 40 mouvements ou plus par
minute chez l’enfant de 12 mois a 5 ans, connaitre la durée de la toux, rechercher
les difficultés respiratoire, le tirage sous sternal, le stridor, le sifflement. Enfin
ranger selon les couleurs dans un tableau de classification.
La couleur rose représente un danger c’est une pneumonie ou maladie très grave, la
conduite à tenir est la référence.
La couleur jaune indique une pneumonie, il faut un antibiotique approprié.
La couleur verte indique qu’il n’y a pas de signe de gravité, c’est une toux et rhume
pas d’antibiotique :
b) Evaluer et classer la diarrhée
On évalue la diarrhée en fonction des signes de déshydratation, de la durée et des
antécédents s’il y a du sang dans les selles par exemple.
Quand a la classification, elle se fait ainsi :
- Diarrhée aigue : 14 jours, elle cause la déshydratation et contribue à la
malnutrition.
- Diarrhée persistante elle va au-delà de 14 Jours
- Dysenterie : il y’a présence du sang ou des mucosités dans les selles.
En outre il faut rechercher les signes de la déshydratation : yeux enfoncés, le pli
cutané qui disparait après deux secondes.
c) Evaluer et classer la fièvre
On évalue la fièvre en cherchant les antécédent de fièvre, si il est chaud au toucher,
s’il a une température axillaire de 37,5% 0C ou plus, notons que la température
rectale est de 0,5 Celsius plus élevé que la température axillaire. Evaluer la fièvre
c’est aussi avoir le résultat du test de diagnostic rapide de la malaria, rechercher les
signes de la rougeole
d) Evaluer et classer le problème d’oreille
L’évaluation se fait en fonction des douleurs, écoulement, gonflement douloureux
derrière l’oreille et leur durée.
e) Rechercher des signes d’anémie
On regarde les paumes des mains, on classe l’anémie en trois catégories :
- Anémie grave pâleur palmaire sévère classer l’enfant anémie grave, il faut
référer.
- Anémie pâleur palmaire légère classer l’enfant anémie, traiter
- Pas d’anémie si pas de pâleur palmaire.
f) Recherche d’infection à VIH
Rechercher l’infection à VIH symptomatique, si possibilité de faire le test. Au cas
contraire chercher les signes suivants : la pneumonie, la toux persistante 30 jours, la
diarrhée persistante, la fièvre au long 7 jours ne répondant pas au traitement
antipaludique ni antibiotique, l’écoulement du pus de l’oreille, le problème de
croissance.
Apres la pause repas, les participants ont été soumis aux travaux en groupe dont les
exercices ont portés sur l’évaluation et classement de l’enfant malade.
Ces exercices nous ont conduit jusqu’à l’évaluation de la journée qui a pris fin à
17h54’.
II. DEUXIEME JOURNEE, MARDI LE 26 05 2020
Les travaux commencent à 08h30’ avec la récapitulation de la matière du jour
précédant. Puis la lecture du rapport de la première journée qui est adopté après son
amendement.
Notons que la deuxième journée était consacrée essentiellement aux travaux
pratiques. Les exercices étaient tirés du module de formation de la page 15 à la
page 52.
Ces travaux consistaient à évaluer l’enfant malade en se référant aux différents
tableaux de classification, le classer enfin identifier le traitement. Les facilitateurs
ont insisté sur le fait que ces notions sont importantes et qu’il faut mieux maitriser
leurs démarches pour mieux assurer la prise en charge de l’enfant malade.
C’est à 15h22’ que le premier module de la journée est introduit : « TRAITER
L’ENFANT MALADE ».
Le facilitateur rappelle les notions élémentaires sur les étapes à suivre lorsque vous
recevez l’enfant malade. Commencez par l’évaluation, le classement,
l’identification du traitement en tenant compte de trois couleurs d’orientation dont :
- La couleur rose pour le cas qui nécessite un traitement préférentiel puis la
référence ;
- La couleur jeune nécessite la prise en charge au centre de santé ;
- La couleur verte indique qu’il n y a plus de danger. Conseiller la mère de
l’enfant la continuité du traitement à domicile. Au chapitre de traiter l’enfant
malade, l’orateur a insisté sur les éléments suivants : suivre les étapes de
traitement, la posologie qui dépend de l’âge et du poids de l’enfant,
l’apprentissage de la mère à administrer les médicaments à domicile par voie
orale. Il faut toujours expliquer à la mère pourquoi l’enfant a besoin du
médicament, lui demander de donner le traitement jusqu’à la fin de la cure
même si l’enfant se porte bien, s’assurer que la mère a bien compris avant
qu’elle ne quitte le centre de santé.
Commencée à 08h30’, la journée a pris fin à 18h00’ après son évaluation.
III. TROISIEME JOURNEE, MERCREDI LE 27/05/2020
Elle commence à 08h30’ avec la révision de la matière vue le 26/05/2020, vient
ensuite la lecture du rapport de la deuxième journée adopté moyennant les
amendements.
Les facilitateurs forment six groupes encore pour les exercices pratiques sur la prise
en charge intégrée des maladies de l’enfant tirés du module de formation.
C’est à 12h15’ que les participants ont regagné la salle pour la résolution des
exercices en plénier. Le facilitateur a utilisé la méthode interro-expositive. A tour
de rôle chaque participant répondait à la question posée. L’objectif était d’identifier
le traitement pour chaque cas en vue de traiter avec les molécules orales tout en se
référant au livret des tableaux de traitement.
Apres la pause repas, les participants ont suivi les principes directeurs de
remplissage de la fiche de prise en charge intégrée des maladies de l’enfant qui se
fait de gauche à droite et de haut en bas.
Notons que la démarche pour le remplissage de la fiche est la même tant pour les
enfants de 0 à 2 mois que pour ceux de 2 mois a 5 ans c’est-à-dire qu’il faut :
évaluer l’enfant malade, le classer, identifier le traitement, conseiller la mère enfin
faire un suivi.
Le facilitateur a terminé son intervention par la distribution des fiches de prise en
charge aux participants pour le travail individuel à domicile. Apres évaluation de la
journée, la salle est vidée à 17h51’.
IV. QUATRIEME JOURNEE, JEUDI LE 28 05 2020
Début des travaux à 08h30’ par les actualités internationales, nationales et locales,
vient ensuite la récapitulation de toute la matière vue dès le premier jour, suivi de la
lecture du rapport de la troisième journée adoptée a l’unanimité.
Un outil de travail est distribué aux participants, c’est la documentation sur les
ordinogrammes des soins au centre de santé Edition 2020 qui permet au facilitateur
d’aborder la matière sous le thème « LES ORDINOGRAMMES » huit points ont
été développés à savoir :
1) Définition :
Le concept ordinogramme est un outil de travail qui permet à un agent de santé face
à une situation donnée de prendre une décision de diagnostique thérapeutique ou de
référence de façon adéquate. En d’autres termes, un ordinogramme est un
algorithme graphique, arbre de décision qui présente l’enchainement logique des
étapes de la prise en charge d’un problème de santé.
2) Objectif général de l’ordinogramme
Contribuer à l’amélioration de la qualité des soins au sein de la structure médicale
3) Objectif spécifique
Harmoniser des prestations (standardisation) qui garantit les pertinences
des actes (rationalisation), démarche cohérente pour la prise en charge
des cas.
Assurance de la bonne gestion des médicaments essentiels en
administration de traitement approprié
Le gain de temps
La satisfaction des bénéficiaires (malades)…
4) Les quatre parties de l’ordinogramme
- Les plaintes de l’enfant
- Les plaintes de la femme
- Les plaintes générales
- Les plaintes spécifiques
5) L’approche syndromique
Le facilitateur a d’abord définit un syndrome comme étant un ensemble de
symptôme qui se manifestent chez un patient et ou des signes rencontrés au
moment de l’examen médical. Il a ensuite parlé de l’approche syndromique qui est
basé sur deux composantes à savoir l’identification du syndrome (diagnostic
syndromique) et le traitement de tous les germes pouvant causer la maladie
(traitement étiologique).
6) Les ordinogrammes proprement dite
Chaque ordinogramme correspond à une plainte dite « plainte dominante ou
principale » exemple : Fièvre, diarrhée, prurit génital…
Il contient une porte d’entrée à gauche et des branches successives pour aboutir à
une décision finale (porte de sortie) et porte un numéro. Pour un ordinogramme,
chaque porte d’entrée porte aussi un numéro qui est précédé du numéro de
l’ordinogramme concerné. Pour une porte d’entrée qui a plusieurs branches, chaque
branche porte également un numéro qui est précédé par le numéro de la porte
d’entrée.
7) Etapes à parcourir lors de l’utilisation des ordinogrammes
- Accueil du malade ;
- L’interrogation du malade ;
- Evaluer ou rechercher ;
- Classer ou diagnostiquer le problème de santé ;
- Traiter ou appliquer la conduite à tenir indiqué ;
Il est à noter que l’agent de santé ne manquera pas de vérifier chaque fois la
présence des problèmes prioritaires de santé qui sont responsables des fortes
morbidités et mortalités actuelles en République Démocratique du Congo dont le
paludisme, la tuberculose, l’hypertension artérielle, le VIH/SIDA, la malnutrition,
la diarrhée…
8) Les symboles utilisés
1. Evaluer, rechercher
2. Classer
3. Traiter
4. Evolution après traitement
5. Branche à suivre selon le oui (la droite) ou le non
(à l’étage inferieur)
6. Référer
7. Double flèche pour attirer l’attention à l’agent de
santé que ce cas doit être référé sans faute
8. Trait gras c’est-à-dire cette branche doit être suivie
et vérifiée obligatoirement sans tenir compte de oui ou non.
Apres la pause repas, il fait 15h10’ les participants ont été soumis aux exercices
pratiques sur les ordinogrammes sous forme de partage en plénière qui ont conduit
les travaux jusqu’à la fin de la quatrième journée de formation à 17h35.
V. CINQUIEME JOURNEE, VENDREDI LE 29 05 2020
La journée commence à 08h30’ avec les questions de savoir où en sommes-nous ?
Le facilitateur aborde la question de l’évaluation de la journée en mettant l’accent
sur la rubrique « participation ». À ce niveau, l’orateur éclaire l’opinion que c’est le
participant qui s’évalue lui-même. Il doit voir son résultat, sa collaboration, sa
contribution, vient ensuite la lecture du rapport de la quatrième journée qui a été
adopté à l’unanimité.
Le post test est intervenu à 09h41’, suivi des exercices pratiques sur les
ordinogrammes ou on demande aux participants de trouver :
- L’ordinogramme ;
- La porte d’entrée ;
- Le traitement ;
- Le classement ;
- La conduite à tenir.
Apres ces exercices il y a eu une tribune libre, un échange entre les formateurs et
les participants sur l’ensemble de la matière, suivie de la proclamation des résultats
du post test qui a mis fin à la session de formation sur la prise en charge intégrée
des maladies de l’enfant. Il est 15h10’, nous assistons au mot de la fin prononcé par
le médecin chef de zone de santé de Kanzenze.
CONCLUSION
Nous avons effectué une mission du 25 Mai au 29 Mai 2020 au petit séminaire
Saint-Paul de Kanzenze pour participer à la formation des prestataires de la zone de
santé de Kanzenze. Une formation organisée par le bureau centrale, appuyé par le
partenaire du projet de santé intégré en sigle PROSANI, sur la prise en charge
intégrée des maladies de l’enfant en sigle PCIME. Nous affirmons que la formation
était bénéfique d’abord pour moi, parce que nous avons acquis des connaissances
nécessaires à l’amélioration de la prise en charge des enfants malades.
Les innovations vécues ont renforcé notre capacité dans l’exercice de nos
fonctions. Ensuite pour les malades parce qu’ils bénéficieront les soins de qualité
conformément aux enseignements reçus. Signalons que les enseignements étaient
projetés.
Pour terminer complètement notre rapport, nous remercions les organisateurs de ce
forum. Nous avons une pensée très poussée au Chef de Division Centrale de Nzilo,
le Directeur Désiré MAMBWE MANGI pour son soutien aux actions du
dispensaire et maternité SNEL/DPS/NZILO que nous avons l’honneur de
superviser.
Fait à Nzilo, le 30 Mai 2020
NGOY MUTEBA
CHEF DE DISPENSAIRE ET MATERNITE
ANNEXES
1. Copie ordre de mission N0 DPS/NZI/SAD/GP/2020/0233
2. Copie Invitation N0 01
3. Copie fiche de point de post-test
4. Fiche vierge de prise en charge de l’enfant malade de 2 mois à 5 ans