Introduction au Droit au Maroc
Introduction au Droit au Maroc
Plan
Pour l’étudiant qui commence des études juridiques, il est nécessaire de définir le sens
du mot (DROIT)
-droit civil, commercial, pénal, administratif,….ont –elles les mêmes sens, recouvrent-elles la
même notion ?
• Le droit objectif, ou règle de droit, est constitué par l’ensemble des règles juridique, qui
• Les droit subjectifs, sont les préroatifs dont peuvent se prévaloir les personnes prises
individuellement. Ces personnes sont appelées des « sujets de droit » (chapitre 3).
Le droit est constitué d’un ensemble de règles qui s’appliquent en un temps et en un lieu
donné. C’est le droit positif : ensemble de règles juridiques en vigueur dans un Etat (chapitre
1). Il prend ses sources dans différentes règles écrites et non écrites (chapitre 2). Ces règles
sont interprétées par les tribunaux (chapitre 5), qui ont pour fonction, entre autres, de vérifier,
en cas de litige, si les obligations prises par les citoyens (chapitre 4) sont conforment à la loi.
Le droit est l’ensemble des règles qui s’appliquent aux individus depuis le jour de
leur naissance jusqu’au jour de leur décès, il concerne tous les domaines de l’activité
humaine qu’il s’agisse du milieu familial, social ou professionnel.
La règle de droit tantôt impose ou interdit des comportements, tantôt elle permet d'autres.
- Elle peut nous imposer certains comportements, par exemple payer son loyer, sinon le
locataire peut être poursuivi en justice et ses biens seront vendus par voie de justice pour
payer sa dette.
- Elle peut nous interdire de commettre certains faits, par exemple de voler des biens
appartenant à autrui, l'auteur d'un tel acte, peut être arrêté et condamné en vertu de la loi
pénale.
- Enfin, une règle de droit peut nous permettre d'accomplir certains actes, par exemple
s'approprier des biens, se marier, adopter des enfants…
Comme Définition on peut retenir que la règle de droit est une règle de conduite dans les
rapports sociaux. Elle est générale, obligatoire et sa sanction est assurée par la puissance
publique (contraignante).
1/ Une règle de droit est Générale : car une règle juridique est impersonnelle, elle n’est pas
destinée à régler une situation particulière et ne vise pas une personne de manière
singulière. Elle s’applique de manière générale à tous les individus qui composent la société
et qui se trouvent dans la situation qui nécessite la solution édictée par la règle de droit.
Par exemple, l’article 19 du nouveau code de la famille prévoit que le garçon et la fille ne
peuvent contracter mariage qu’à l’âge de 18 ans révolus 1 ; cette règle est générale et
impersonnelle puisqu'elle s'applique, en principe, à tous les Marocains et à toutes les
Marocaines2.
2/ La règle de droit est obligatoire : c’est-à-dire qu’une règle de droit est une règle
impérative qui s’impose à tous les constituants de la société : on dit qu’elle est coercitive.
D'abord, la règle de droit émane de l'autorité publique, c'est l'Etat qui élabore les règles de
droit3.
Les règles de droit ne sont pas seulement des recommandations, ce sont des
commandements. Toutefois, il existe des lois qui s'imposent plus que d'autres. C'est
pourquoi on distingue les lois impératives et les lois supplétives.
- Les lois impératives sont appelées les règles d'ordre public : elles ont pour but d'assurer la
sécurité publique et de sauvegarder les valeurs fondamentales de la société. Ce sont donc
des règles qui s'imposent à tous et nul ne peut écarter leur application. Par exemple:
* En matière pénale : toute personne qui tuerait une autre personne serait
poursuivie et condamnée même si la victime était consentante (notamment en cas
d'euthanasie () قتل الرأفة, ou de complicité au suicide qui est punie par l'article 407 du
code pénal d'un emprisonnement d'un an à cinq ans).
1
L'article 8 de l’ancien code de statut personnel prévoyait que l'aptitude au mariage s'acquiert :
pour l'homme à 18 ans révolus et pour la femme à 15 ans révolus.
2
Le mariage de mineures : 21.660 autorisations de mariage de filles n’ayant pas atteint l’âge
légal ont été enregistrées en 2005.
3 A l’exception des coutumes et des usages ; v. infra.
* En matière civile : il est impossible d'écarter l'application par exemple de la règle
qui interdit le mariage avec les ascendants et les descendants…
- Les lois supplétives se rencontrent surtout en matière de contrats, par exemple en matière
de vente, l'article 510 du D.O.C. prévoit que les frais du courtage sont à la charge du
vendeur, sauf les usages locaux et les stipulations des parties. Ce qui veut dire que les
contractants peuvent déroger à cette règle et appliquer soit les usages soit des clauses
prévues dans le contrat.
3/ Une règle de droit doit être contraignante pour pouvoir être respectée: L’irrespect de la
règle implique des sanctions.
La sanction permet le respect de la règle de droit et donc de faire régner l’ordre dans la
société.
- une contrainte : par exemple l’exécution d’une obligation contractuelle non effectuée,
notamment un locataire qui refuse de payer son loyer peut être condamné par le
tribunal soit à la saisie de ses biens, soit à l'expulsion ;
- une réparation : qui peut consister notamment à payer des dommages intérêts pour le
préjudice subi soit par une personne victime d'un comportement dommageable (par
exemple suite à un accident de la circulation), soit pour le préjudice subi par un
cocontractant en raison de l’inexécution ou du retard dans l’exécution d’une obligation
contractuelle.
3-2/ Les sanctions pénales répriment quant à elles des comportements appelés des
infractions, celles – ci sont incriminées par les règles pénales suivant la gravité de ces actes.
Les infractions sont classées en trois catégories auxquelles correspondent des sanctions du
même degré :
# Les crimes : Ce sont les infractions les plus graves comme les homicides volontaires
(assassinat, parricide, infanticide), l'incendie d'une maison habitée, les vols aggravés, etc.
# Les délits : exemple le vol, l'escroquerie, l'abus de confiance. Les peines correctionnelles
(ou délictuelles) sont :
# Les contraventions : par exemple les violences légères, le dépôt des ordures sur la voie
publique, etc.
A - LE DROIT PUBLIC
C’est l’ensemble des règles qui organisent l’Etat et ses démembrements 5 et ses rapports
avec les particuliers. Les principales matières du droit public sont :
1 - Le droit constitutionnel : c’est l’ensemble des règles juridiques relatives aux institutions
grâce auxquelles l’autorité publique s’établit, il organise les structures et le fonctionnement
des trois pouvoirs qui constituent l’Etat : le législatif, l'exécutif et le judiciaire. L’ensemble de
ces règles est contenu dans la constitution.
3 - Les finances publiques : ce sont les règles relatives à la gestion des finances de l’Etat ; ses
recettes (notamment les impôts et taxes) et ses dépenses (le budget). Chaque année, une loi
de finances est votée par le parlement pour déterminer la politique financière de l’Etat.
B - LE DROIT PRIVE
C’est l’ensemble des règles qui régissent les rapports entre les particuliers. Il comprend un
grand nombre de matières telles que :
4
Loi n° 25/93 promulguée par dahir n° 1/94/284 du 25/1/1994 modifiant les articles 17, 18 et 111
du code pénal ; B.O. n° 4266 du 3/8/1994, p. 371.
5 Notamment les collectivités publiques (les communes, les provinces et les préfectures).
1 - Le droit civil : c’est l’ensemble des règles de droit privé normalement applicables ; il
constitue le droit commun qui s’applique chaque fois qu’aucune autre règle spéciale n’est
prévue pour un cas donné (par exemple en matière commerciale).
Il régit une grande partie des rapports qui concernent les particuliers; il régemente :
- les contrats et les obligations et détermine le régime des biens; ces règles sont contenues
dans le dahir formant code des obligations et contrats (D.O.C.),
3 - Le droit du travail : c’est le droit qui réglmente les rapports entre les employeurs et les
employés et qui comporte le régime de la sécurité sociale. Ses règles sont contenues dans le
nouveau code du travail6.
4 - Le droit pénal : détermine les infractions et les sanctions qui leur sont applicables. La
principale source de droit pénal est le code pénal.
5 - Le droit commercial : c’est le droit qui régit les activités commerciales exercées par les
commerçants (individus ou sociétés), les relations de ces derniers entre eux ainsi que leurs
rapports avec leurs clients.
Il réglemente un grand nombre de matières telles que les sociétés commerciales, les
effets de commerce (la lettre de change, le billet à ordre et le chèque), les contrats
commerciaux, etc.
Ses règles sont contenues dans le code de commerce en plus d'un grand nombres de
lois sur les sociétés commerciales, la propriété commerciale, la propriété industrielle, etc.
6 - Les droits procéduraux : ils sont réglementés, en matière pénale, par le code de
procédure pénale et, en matière civile, par le code de procédure civile.
Ce sont des règles qui déterminent l’organisation juidiciaire et les procédures à suivre devant
les juridictions.
Notons enfin que si le droit marocain est imprégné du droit musulman, il est aussi
considérablement dominé par le droit occidental (la législation du protectorat).
6 Loi n° 65/99 promulguée par dahir du 11 septembre 2003, B.O. n° 5167 du 8/12/2003.
A - LES SOURCES ECRITES
Ces sources se caractérisent, sans aucun doute, par leur hiérarchie. En ce qui
concerne la loi, se pose le problème de son application.
C'est la raison pour laquelle elle acquière une force juridique qui la situe au premier
rang des règles de droit.
3. Le règlement
Contrairement au domaine de la loi, les domaines du règlement ne sont pas énumérés par la
constitution ; son article 47 se contente de disposer que "les matières autres que celles qui
sont du domaine de la loi appartiennent au domaine réglementaire".
- Le contrôle de la constitutionnalité des lois : avant leur promulgation par le Roi, les lois
peuvent être soumises au conseil constitutionnel pour se prononcer sur leur conformité à la
Constitution8.
Le Roi promulgue les lois par dahir. D'ailleurs, c'est par dahir que le Roi exerce les pouvoirs
qui lui sont expressément réservés par la constitution.
- La publication : une fois la loi promulguée, elle est publiée au bulletin officiel (B.O.). Notons
au passage que même les règlements sont soumis à la publication. Cette publication a pour
but de faire connaître aux citoyens l’existence de la loi et de son contenu.
Généralement la loi devient applicable dès sa publication au B.O., mais elle peut
prévoir un certain délai pour son entrée en vigueur.
Dès lors, elle devient applicable à tous ; l’article 4 de la constitution prévoit dans ce
sens que «la loi est l’expression suprême de la volonté de la nation. Tous sont tenus de s’y
soumettre » ; c’est que la loi est censée, après sa publication, être connue de tous en vertu
de la règle «nul n’est censé ignorer la loi».
La modification de la loi, de même que pour son abrogation ()اإللغاء, doit respecter la même
procédure. C'est-à-dire qu'une loi ne peut être modifiée ou abrogée que par une autre loi,
donc une règle juridique au moins équivalente dans la hiérarchie, par exemple un décret ne
peut modifier ou abroger une loi.
8 Elles peuvent être déférées au Conseil constitutionnel par le Roi, le Premier ministre, les
présidents des deux chambres du parlement ou le quart des membres de l'une ou l'autre chambre.
2 - Le principe de la non rétroactivité de la loi ()عدم ة رجعية القوانين
Ce principe est expressément consacré par l’article 4 de la constitution qui stipule que «la loi
ne peut avoir d’effet rétroactif».
En effet, une loi nouvelle ne peut être appliquée aux situations juridiques antérieures à sa
publication. Elle est immédiatement applicable aux situations nées après sa publication. La
loi nouvelle n’a donc d’effet que pour l’avenir.
Cependant, ce principe n’est pas absolu, il connaît certaines exceptions comme celle de la loi
pénale la plus douce. En principe, une loi pénale est non rétroactive ; toutefois, lorsque la loi
nouvelle décriminalise ou atténue les sanctions d’une infraction, elle s’applique même aux
infractions commises avant son entrée en vigueur.
À côté de ces sources écrites, le droit a aussi des sources non écrites.
b - La jurisprudence
Les tribunaux ont pour fonction de rendre la justice, pour cela ils doivent faire application
des règles de droit et veiller à leur respect par les justiciables.
Mais, parfois les juges se trouvent devant des difficultés d’interprétation. Il en est ainsi
lorsqu’une loi est obscure, ambiguë ou même muette sur certaines questions. Il revient alors
aux tribunaux d’interpréter cette loi suivant le sens le plus proche visé par le législateur.
C'est ainsi qu'il peut arriver que les magistrats adoptent une même solution qui, à force
d'être appliquée, devient jurisprudence.
Il faut dire que l’unification de la jurisprudence se réalise par le biais des voies de recours en
appel puis, et surtout, en pourvoi par la plus haute juridiction, la Cour suprême. Ce sont donc
les précédents judiciaires qui servent de guide aux décisions des juridictions à travers la
pyramide judiciaire.
c – La doctrine
C'est l'ensemble des écrits portant les interprétations et les opinions des juristes (les
universitaires, les avocats, les magistrats, etc.). Ces écrits sont publiés sous forme d'ouvrages
ou d'articles dans différentes revues juridiques.
La doctrine, par son analyse juridique et ses recherches scientifiques, a pour rôle d'éclairer le
législateur (à l'occasion de l'élaboration des textes) et les tribunaux (lors de l'application de
la loi).
Ces prérogatives et avantages peuvent porter soit sur des droits patrimoniaux soit sur des
droits extrapatrimoniaux.
Une personne peut avoir des droits sur une chose, par exemple un droit de propriété, on
appelle alors ce droit un droit réel car il porte sur une chose.
Une personne peut également avoir une créance sur une autre personne, par exemple une
somme d'argent. La première, appelée créancier, est en droit d'exiger le règlement de sa
dette de la deuxième personne appelée, le débiteur.
Les droits patrimoniaux sont donc dominés par les relations entre les personnes et les
choses, c’est ce qu’on appelle les droits réels (A) ; et par les relations des personnes entre
elles, c’est ce qu’on appelle les droits personnels ou droits de créance (B).
Le droit de propriété est le droit de jouir, à l’exclusion de toute autre personne des
avantages que procure la chose : s’en servir, en tirer profit et en disposer.
# Le droit d’usage : c’est-à-dire le droit d’utiliser la chose dont on est propriétaire ; par
exemple habiter sa maison, cultiver ses terres, etc.
- la disposition matérielle : par exemple : laisser dépérir sa chose faute d’entretien ou même
la détruire ;
2- L’objet de la propriété
La question qui se pose ici est de savoir quels sont les objets qu'une personne peut
s'approprier ?
Ces objets sont tellement nombreux qu'il est impossible de les énumérer.
Aussi, pour tenir compte de la diversité des choses et des biens sur lesquels peut porter le
droit de propriété, on a établi en droit certaines distinctions, notamment entre :
- La chose incorporelle est celle qui est abstraite et qui n’a pas de consistance matérielle ;
exp. le fonds de commerce, les marques de fabrique, les brevets d’invention, les actions, etc.
Ces droits donnent à leur titulaire sur la chose remise en garantie certaines prérogatives
dont un créancier chirographaire 9 est dépourvu, tel que le droit de suite et le droit de
préférence.
Ces droits sont appelés des sûretés réelles par opposition aux sûretés personnelles (qui sont
des droits de créance et non des droits réels) qui consistent pour une personne de se porter
garante pour une autre personne ; exp. le cautionnement10 et l’aval11.
2 - L’hypothèque
C’est un droit réel sur un immeuble affecté à la garantie d’une créance mais qui, à la
différence de l’antichrèse qui est un nantissement, ne comporte pas dépossession du
débiteur.
Le droit a pour sujet l’homme, ce dernier a vocation à être titulaire de droits ; à ce titre
l’homme est doté d’une personnalité juridique qu’on appelle la personne.
- La capacité de jouissance : c'est l'aptitude d'être titulaire de droits et, le cas échéant, d'être
débiteur d'obligations12. La capacité de jouissance commence, en principe, dès la naissance,
mais l'enfant est doté de ses droits dès qu'il est conçu, car il peut être héritier ( )وارثou
légataire ()موصى له
12
Article 207 CF La capacité de jouissance est la faculté qu’a la personne d’acquérir des droits et
d’assumer des devoirs tels que fixés par la loi. Cette capacité est attachée à la personne durant
toute sa vie et ne peut lui être enlevée.
− La capacité d'exercice : c'est l'aptitude d'exercer soi – même ses droits et d'exécuter ses
obligations. 13
Donc, pour pouvoir exercer ses droits, une personne physique doit être
juridiquement capable, c’est-à-dire apte à exercer ses droits. Or, dans ces cas prévus par le
Code de la famille les personnes physiques se trouvent être légalement interdites, et
partant, mises sous tutelle.
13 Article 208 CF La capacité d’exercice est la faculté qu’a une personne d’exercer ses droits
personnels et patrimoniaux et qui rend ses actes valides. La loi fixe les conditions d’acquisition de
la capacité d’exercice et les motifs déterminant la limitation de cette capacité ou sa perte.
14 La capacité de jouissance est la faculté qu’a la personne d’acquérir des droits et d’assumer des
devoirs (art. 207).
15 La capacité d’exercice est la faculté qu’a une personne d’exercer ses droits personnels et
patrimoniaux et qui rend ses actes valides. La loi fixe les conditions d’acquisition de la capacité
d’exercice et les motifs déterminant la limitation de cette capacité ou sa perte (art. 208).
16 Loi formant code de la famille n° 70-03 promulguée par dahir du 3 février 2004, Bulletin Officiel n°
5358 du 6 octobre 2005, p. 667. (Version arabe : Bulletin Officiel n°5184 du 5 février 2004).
a - Le mineur dépourvu de discernement الصغير غير المميز
Le mineur est celui qui n’a pas atteint l’âge de la majorité.
La majorité légale est désormais fixée dans notre pays à 18 années grégoriennes révolues
depuis la modification de l’ancien code de statut personnel par le dahir du 24 mars 200317,
prévu actuellement par l’article 209 du nouveau Code de la famille.
Jusqu'à l'âge de 12 ans révolus, le mineur est considéré dépourvu de discernement (art.
214).
On peut finalement déduire du nouvel article 217 du CF, que le dément est celui dont la
démence est continue (c'est à dire une perte de la raison sans interruption), et que celui qui a
perdu la raison est celui dont la démence est intermittente. Le même article précise que la
personne qui perd la raison de manière discontinue a pleine capacité durant ses moments
de lucidité.
Pour prononcer l'interdiction ou la levée de l’interdiction, le tribunal doit s'appuyer sur une
expertise médicale et sur tous les moyens de preuves légaux.
17
B.O. n° 5096 du Jeudi 3 Avril 2003.
B – LES PERSONNES NON PLEINEMENT CAPABLES
▪ Tout d'abord, il ne peut prendre possession de ses biens avant d'être majeur.
▪ Mais, l'article 225 décide que ses actes :
1) sont valables, s’ils lui sont pleinement profitables ;
2) sont nuls, s’ils lui sont préjudiciables ;
3) s’ils revêtent un caractère à la fois profitable et préjudiciable, leur validité est
subordonnée à l’approbation de son représentant légal.
Ce sont là les règles générales relatives au mineur pourvu de discernement jusqu'à sa
majorité, néanmoins, le Code de la famille prévoit deux atténuations à ces règles, qui
permettent au mineur d’accéder à la capacité civile.
Actuellement, l’autorisation peut lui être attribuée dès l’âge de 12 ans révolus puisque le
mineur est alors pourvu de discernement.
- soit par le tuteur légal, qui peut par la suite la retirer de lui – même le cas échéant
(art. 227) ;
- soit par le juge, à la demande du tuteur testamentaire ou datif.
Le mineur habilité ainsi à gérer une partie de ses biens, reste en principe
incapable ; mais pendant la période d’expérience, qui est généralement d'une année
renouvelable, il est considéré, à l'égard des biens qui lui sont remis et qui sont
mentionnés dans son autorisation, comme ayant pleine capacité. Il peut même ester
en justice à propos des actes de sa gestion (art. 226 in fine).
2 - L’émancipation par déclaration de majorité ()الترشيد
Cette émancipation est réglementée par l’article 218 du CF qui prévoit
actuellement que le mineur qui a atteint l’âge de 16 ans, est admis à requérir son
émancipation du tribunal.
De même son représentant légal, s’il le juge apte à être émancipé, il peut en faire la
demande au tribunal.
1°. L'émancipation ne peut être accordée au mineur qu’à partir de l'âge de 16 ans
révolus18.
2°. Il résulte de l’émancipation que le mineur :
- prend possession de tous ses biens ;
- qu’il est entièrement relevé de son incapacité, ce qui revient à dire qu’il acquière
la pleine capacité pour la gestion et la disposition de son patrimoine ;
- quant aux droits extra patrimoniaux, notamment le droit au mariage et au vote, ils
restent soumis aux textes qui les régissent.
Il convient d'ajouter que l’émancipation du mineur de 16 ans ne lui permet pas d'exercer le
commerce, pour cela le code de commerce exige, en plus, une autorisation spéciale pour
pouvoir exercer le commerce.
- Le faible d’esprit ( )المعتوه: est celui qui est atteint d’un handicap mental l’empêchant de
maîtriser sa pensée et ses actes
La procédure de l’interdiction et la levée de l’interdiction est la même que celle des majeurs
incapables.
Quant à leurs actes, ils sont soumis au même régime de ceux effectués par le mineur pourvu
de discernement.
18
Avant d’être arrêté à 16 ans par le Code de la famille, l’âge de l’émancipation était de 18
ans sous la Moudawana. Avec la loi 63-02 promulguée par dahir du 24/3/03 qui avait fixé l’âge
de la majorité à 18 ans, l’âge de l’émancipation avait été ramené à 17 ans.
§ 2 - LA TUTELLE الوصاية
Le Code de la famille dispose en effet que les personnes interdites sont soumises au régime
de la tutelle.
Le wali n’est pas soumis aux autorisations préalables du juge pour l’accomplissement
de certains actes de gestion pour le compte de l’incapable auxquels sont assujettis les
tuteurs testamentaire et datif en vertu du CF.
En cas de coexistence de la mère et d’un tuteur testamentaire désigné par le père, le rôle du
tuteur se limitera à suivre la gestion par la mère des affaires du testataire et à saisir la justice
le cas échéant.
- et une pleine capacité juridique pour exercer les actes nécessaires à la vie du
groupement.
2. Les personnes morales mixtes : ce sont des personnes qui ont un statut de droit
public mais dont l’activité est régie par le droit privé, exemples : les sociétés nationales19, les
sociétés d’économie mixte20, etc.
3. Les personnes morales de droit privé : ce sont les sociétés et les associations
privées.
Les syndicats professionnels sont également des associations, mais régies par des
textes particuliers. Ils ont pour objet de défendre les intérêts de leurs adhérents.
- et la Cour suprême.
Ils sont compétents en matière civile pour statuer dans les affaires ne dépassant pas la
valeur de 1 000 dh. Et en matière pénale, ils connaissent de certaines contraventions de
faible degré qui sont passibles d'une peine d'amende ne dépassant pas 800 dh. Fort
heureusement ils ne peuvent jamais condamner à une peine privative de liberté.
TABLEAU : COMPOSITION DES JURIDICTIONS
L’organisat Les juridictions de Les juridictions Les
ion de la
justice au pleine compétence administratives juridictions de
Maroc commerce
TPI CA CS TPI adm CA adm TPI com CA com
Les Pdt + 1er Pdt + 1er Pdt + Pdt + 1er Pdt + Pdt + 1er Pdt +
magistrats des des des Pdts de des juges des Pdts de des juges des Pdts
du siè
siège juges Conseillers chambres + chambres + de
des des chambr
conseillers conseillers + des
conseil.
A - COMPOSITION
(V. tableau)
B - PROCÉDURE
Les tribunaux de première instance peuvent comprendre plusieurs sections ) (أقسامsuivant la
nature des affaires : des sections du droit de la famille, des sections civiles ou commerciales,
immobilières, sociales, pénales…
Le tribunal siège à trois juges : un président et deux assesseurs avec l’assistance d’un
greffier.
Dans les audiences pénales, la présence du parquet est obligatoire. Dans les audiences des
autres sections, le plus souvent cette présence est facultative.
Les décisions rendues par les tribunaux de première instance sont appelées des jugements.
C - COMPÉTENCE
Les tribunaux de première instance sont compétents :
- En matière civile : ils peuvent connaître de toutes les affaires civiles, immobilières, de statut
personnel et successoral.
Dans toutes ces matières, ils statuent en premier et dernier ressort dans les affaires
n’excédant pas 3 000 dh, et en appel lorsque le litige est relatif à une affaire supérieure à
cette somme. Cependant les décisions rendues en premier et dernier ressort restent
susceptibles de pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
- En matière pénale : les tribunaux de première instance connaissent de tous les délits et les
contraventions (d’un degré plus grave que celles dont connaît le tribunal communal ou
d’arrondissement). Toutefois, toutes les décisions en matière pénale sont susceptibles
d’appel.
A – COMPOSITION
(V. tableau)
B – COMPÉTENCE ET PROCÉDURE
Les chambres qui composent les cours d’appel correspondent pratiquement, suivant leur
nature, aux sections des tribunaux de première instance.
En outre, une chambre criminelle ( )غرفة الجناياتest compétente pour connaître en premier et
dernier ressort des crimes ; la chambre correctionnelle ( )الغرفة الجنحيةétant chargée de
connaître de l’appel en matière délictuelle.
La Cour d’appel siège à trois conseillers (un président et deux conseillers), à l'exception de la
chambre criminelle qui siège à cinq magistrats (un président et quatre conseillers).
Les décisions rendues par la cour d’appel sont appelées des arrêts.
Également, la présence du ministère public aux audiences pénales est obligatoire, elle est
facultative dans les autres matières.
A – COMPOSITION
(V. tableau)
B – COMPÉTENCE ET PROCÉDURE
La Cour Suprême n'est pas une juridiction de troisième degré, c'est-à-dire qu'elle n'examine
pas les affaires jugées une troisième fois ; autrement dit, c'est une juridiction de droit et non
de faits, elle ne peut être saisie que pour les questions de droit et non pour les questions de
fait, elle a pour rôle uniquement de contrôler la bonne application des règles de droit par les
juridictions de fond (les tribunaux de première instance et les cours d'appel qu'on appelle
aussi les juridictions de fait). Ces dernières sont donc souveraines quant à l'appréciation des
questions de fait.
Les audiences de la cour suprême sont tenues et leurs arrêts sont rendus par cinq magistrats
assistés d’un greffier.
Après l’examen des affaires qui lui sont soumises en cassation, la cour suprême peut
décider :
(V. tableau)
Ces juridictions n’ont été instituées que récemment par le dahir du 12 février 1997 ; il s’agit
des tribunaux de commerce et des cours d’appel de commerce. (V. tableau)
Au sens étroit du terme une obligation est un lien de droit de nature patrimoniale (par opposition
à personnel) entre un débiteur et un créancier. Le débiteur s’engage à exécuter certaines
prestations à l’égard du créancier. L’obligation a d’autres sens : titre financier ou au sens
général ce à quoi tout citoyen est tenu de faire ou de ne pas faire.
-1ére est l’acte juridique : l’acte juridique est une manifestation de volonté destinée à
produire des effets de droit.
L’acte juridique donne naissance à une obligation contractuelle alors que le fait juridique lui
donne naissance à une obligation délictuelle.
«Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s'obligent
envers une ou plusieurs autres à donner, à faire ou ne pas faire quelque chose».
Le droit des contrats est principalement régi par un certain nombre de règles communes
à tous types de contrats. Ces règles forment ce qu’on appelle le droit commun des contrats.
Mais aussi, par des règles spéciales c.à.d. propres à tel ou tel contrat c’est le droit spécial des
contrats (exemple : le contrat de vente, le contrat d’assurance, le contrat de dépôt …).
Le contrat nommé c’est un contrat dont les règles sont préétablies par la loi, des règles spéciales
qui lui sont propres. C’est l’exemple du contrat de bail, du contrat de vente, des contrats
d’assurance, du bail commercial.
Le contrat innommé n’est pas régi par des règles préétablies mais plutôt par les règles générales
du droit commun du contrat.
Le contrat unilatéral ne produit d’obligation qu’ à la charge de l’une des partie c’est
l’exemple de la donation du prêt à usage (car seul l’emprunteur a une obligation principale
celle de restituer le bien).
Le contrat synallagmatique c’est un contrat qui fait naitre des obligations réciproques à la
charge des contractants exemples : la vente, le bail, le contrat de travail.
Le contrat à titre onéreux est celui où chaque cocontractant attend une contrepartie à sa
prestation.
Le contrat à titre gratuit est celui où l’une des parties procure un avantage sans contrepartie
(la donation, le prêt sans intérêt).
Dans le contrat consensuel, le seul échange de consentement des parties suffit pour réaliser le
contrat (pas nécessité d’écrit). Alors, Contrat solennel exige pour sa validité un certain nombre
de conditions notamment l’écrit.
7- Contrat réel: contrat, qui pour sa formation, nécessite non seulement l’accord des parties
mais également la remise d’une chose au débiteur.
L’ article 2 du dahir des obligations et des contrat prévoit : Les éléments nécessaires
pour la validité des obligations qui dérivent d'une déclaration de volonté sont:
1°La capacité de s'obliger ;
2° Une déclaration valable de volonté portant sur les éléments essentiels de l'obligation ;
3° Un objet certain pouvant former objet d'obligation ;
4° Une cause licite de s'obliger.
1- La capacité juridique :
La capacité juridique intéresse les mineurs et les incapables majeurs.
Les mineurs : Selon l’article 209 du code de la famille, tant qu’il n’a pas atteint l’âge de 18 ans
grégoriens accomplis, le mineur est en principe frappé d’une incapacité générale d’exercer les
droits dont il est titulaire mais ce principe connait deux atténuations : l’expérience de majorité
et la déclaration de majorité anticipée.
Au dessous de 12 ans révolus, l’enfant est réputé dépourvu de discernement. Au-delà de 15 ans,
le mineur peut recevoir sur demande de son tuteur légal, testamentaire ou datif, autorisation de
la part du juge pour gérer une partie de son patrimoine (art 142 du code de la famille).
Enfin à 16 ans, le mineur peut être totalement relevé de son incapacité, c’est le tarchide ou la
déclaration de la majorité anticipée (art 218 du code de la famille).
Pour le mineur marocain juif, l’âge de la majorité est de 20 révolus. L’aptitude d’exercer
une activité commerciale s’acquiert en règle générale à la puberté naturelle. Il suffit que les
parents tolèrent l’activité commerciale de l’enfant pubère pour que celui-ci soit tenu de tous ses
engagements.
Il s’agit des malades mentaux, des faibles d’esprit et des prodigues. D’après l’article 217
du code de la famille, le dément est « celui qui a perdu la raison, que sa folie soit continue ou
entrecoupée d’intervalles lucides ». Quant au prodigue c’est « l’individu qui dissipe ses biens
en dépenses inutiles ou que les gens sensées jugent futiles » (art 215). Selon l’article 220 du
code de la famille, le juge prononce leur interdiction à partir du jour où commence leur
condition mentale.
2- Le consentement : l’article 19 et s du dahir des obligations et contrats( DOC).
- d’erreur
- de dol
- de violence
Selon l’art 39 du DOC « est annulable le consentement donné par erreur, surpris par dol
ou qui a été extorqué par la violence ».
L’erreur
L’erreur obstacle
La violence
Lorsque l’une des parties a été contrainte par des menaces physiques ou morales
(chantage) à donner son consentement, le contrat selon les termes de l’article 47 DOC peut être
alors annulé. La violence peut être exercée par une partie au contrat ou par un tiers (article 49)
soit sur l’un des cocontractants soit sur les membres de sa famille (article 50).
Le dol
Le dol suppose une mise en scène, une manœuvre déloyale, parfois il ne peut entrainer que des
dommages-intérêts (article 53).
Selon l’article 54 : Les motifs de rescision fondés sur l'état de maladie, et autres cas
analogues, sont abandonnés à l'appréciation des juges.
La lésion
En droit privé la lésion est un important défaut d'équivalence entre les prestations des parties
au moment de la conclusion du contrat. C'est un déséquilibre financier entre les prestations.
Article 55 : « La lésion ne donne pas lieu à la rescision, à moins qu'elle ne soit causée par le
dol de l'autre partie ». Article 56 : « …. Est réputée lésion toute différence au-delà du tiers entre
le prix porté au contrat et la valeur effective de la chose ».
3- Objet
C’est la chose que l’une des parties est obligée de remettre, livrer, de faire ou de ne pas faire.
Exemple :
- licite (ex. illicéité d’un contrat de vente de drogues) et être dans le commerce (ex. interdiction
de vente d’organes humains).
- Possible
- Déterminé et déterminable.
4- la Cause :
Exemple :
- la cause pour moi est la possession de la voiture et pour Peugeot la cause est la récupération
du prix de vente.
La cause est constituée par les mobiles qu’ont poussés les parties à passer le contrat.
Article 62 : « L'obligation sans cause ou fondée sur une cause illicite est non avenue.
La cause est illicite, quand elle est contraire aux bonnes mœurs, à l'ordre public ou à la loi ».
(ex. contrat de franchise mettant en œuvre des pratiques constitutives d’exercice illégal de la
médecine). La cause doit être d’une part, morale et d’autre part licite.
Tout contrat ne respectant pas l’une des conditions de formation est nul. La nullité est
la sanction du contrat dont la formation n’a pas été valable. Cette nullité peut être soit relative
soit absolue.
1- La nullité absolue
Cas d’application:
La restitution : Chaque chose ou chaque prestation est un indue, et doit être restituée. Elles se
font en nature ou équivalent.
La restitution des fruits de la chose : Restitution des fruits perçus à la date à laquelle il a eu
connaissance de l’existence du vice.
Contrats successifs : Une indemnité peut être versée. Restitution par équivalence
Force obligatoire du contrat. Selon l’article 230 du DOC : « Les conventions légalement
Principe: les contrats ne produisent des effets qu’à l’égard des parties ; Pas d’obligation
à l’égard d’un tiers (sauf acceptation par ce dernier). Il ne profite aux tiers que dans les cas
prévus par la loi telle en cas de la stipulation pour autrui.
La stipulation pour autrui: contrat par lequel une partie (le stipulant) obtient d’une autre
(promettant) l’engagement que cette dernière donnera, fera ou ne fera pas quelque chose
au profit d’un tiers (ex. contrat d’assurance vie).