«
J’aimerais que ces voix se taisent
Et que tout aille un peu moins vite,
N’ayant ni force ni délais. »
Quand la soirée arrive à sa fin, tout le monde rentre chez soi. Je me retrouve recroquevillée
dans un coin de mon lit en espérant que je puisse t’appeler, en espérant que je trouve
finalement le courage de t’écrire et que tu puisses me répondre. Je te demanderai de venir
me chercher pour que je ne me sente plus si seule. Pour que je puisse t’écouter parler, rire
ou même juste pour qu’on reste assis en silence. Juste pour que mon corps se souvienne à
quel point c’était facile d’être avec le tien. Soyons honnête, on n’avait jamais vraiment eu
besoin de se comprendre. C’était simple.
Je ne veux pas les entendre dire que tu es bête, stupide, que je mérite mieux, que je suis
plus sexy, que je peux avoir toutes les personnes que je veux, que je trouverai mieux, que je
dois passer à autre, que je dois me souler, que tu n’étais pas assez bien. Mes amies pensent
que tu sors, que tu vois d’autres personnes. Alors pourquoi je ne peux pas passer à autre
chose ? Elles n’étaient jamais là pour les « tu me manques t’as mangé ? », les « est-ce que ça
va ? », les baisers et la façon dont tu m’as fait me sentir en sécurité. Et pour les « Comment
était ta journée ? », « écrit moi quand t’es arrivée », « fait attention à toi », nos discussions
toutes les nuits, partager nos insécurités, la façon dont tu me regardais et que tu m’as
promis que tu resterais pourtant, elles sont là. Tu m’as poussé loin de toi.
« Avec le temps les choses s’améliorons. » Enfin, c’est ce qu’elles disent mais ce qu’elles ne
me disent pas c’est que certain jour, les pensées de tout laisser tomber sont si fortes que
mon corps ressent l’air autour de moi et me retient. Ça n’a aucune importance si le matin
d’avant, il y avait des vignes grandissant de mon torse, s’épanouissant avec la même
résilience qui coule dans tes veines. Il y aura toujours des jours ou ces mêmes vignes, celle
qui m’avais effleuré seront agrippées à ma gorge et tout ce que je pourrai faire c’est entailler
les chevilles de ceux qui mon laissé tomber. Elles m’avaient dit de prendre de grandes
respirations pour tout ralentir mais le temps passe si vite dans ses moments que si
seulement j’avais eu la capacité de contrôler la vitesse, tu aurais compris que ralentir, ce
n’était même pas proche d’une option de nos jours. C’était tout ou rien. Dans mes yeux,
défilent les souvenirs de nos soirées passées, les souvenirs de toi me chantant cette stupide
chanson. Toi qui me la chantais semblait être la seule chose importante. Car cette chanson
va me hanter silencieusement de l’intérieur. Elle va me ramener à cette histoire, à ton cœur
que j’appelais maison. Mais soudainement tout ce que je sens c’est l’odeur de la lavande
mélangée avec la lessive qui émane de tes draps à peine lavés.
Elles m’avaient dit d’arrêter de chercher les red flags, de profiter, de vivre chaque instant
comme si c’était le dernier. Alors pourquoi est-ce que je me retrouve à faire le deuil de notre
relation ?
Mais en regardant ou tu en es maintenant, je ne peux pas m’empêcher de rire. Tu es tombé
dans ses promesses vides plus rapidement qu’un oiseau qui rentre dans une vitre en
chassant un rayon de soleil. L’amour que tu m’avais promis celui qui semblait si pure de loin
alors que c’était juste de la tequila bon marché. Mais ce léger gout amer ne semble jamais
quitter l’intérieur de mes joux.
Quand la soirée arrive à sa fin, et que tout le monde rentre chez soi, je repense à tous les
« encore une fois » qu’on aurait pu avoir.