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Utilisation des eaux pluviales et grises

Ce document traite de l'utilisation des eaux pluviales et de la réutilisation des eaux grises en habitat résidentiel. Il présente le contexte actuel, les techniques et exemples d'installations existantes, et analyse les enjeux sanitaires, économiques et réglementaires de ces pratiques. Le document évalue également les perspectives d'évolution futures concernant ces systèmes de récupération d'eau non potable.

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Utilisation des eaux pluviales et grises

Ce document traite de l'utilisation des eaux pluviales et de la réutilisation des eaux grises en habitat résidentiel. Il présente le contexte actuel, les techniques et exemples d'installations existantes, et analyse les enjeux sanitaires, économiques et réglementaires de ces pratiques. Le document évalue également les perspectives d'évolution futures concernant ces systèmes de récupération d'eau non potable.

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ECOLE NATIONALE DU GENIE RURAL DES EAUX ET DES FORETS

ENGREF

SYNTHESE TECHNIQUE

UTILISATION DES EAUX PLUVIALES


ET REUTILISATION DES EAUX GRISES
EN HABITAT RESIDENTIEL

JANNY Pauline

Courriel : pincon@[Link]

Janvier 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office international de l’eau


B.P.44494 - 34093 MONTPELLIER CEDEX 5 15 rue Edouard Chamberland -
Tél. (33) 4 67 04 71 00 87065 LIMOGES CEDEX
Fax (33) 4 67 04 71 01 Tel : (33)5 55 11 47 47
Fax : (33)5 55 11 47 48
SOMMAIRE

LISTE DES FIGURES .............................................................................................................................................1

GLOSSAIRE............................................................................................................................................................1

MOTS CLES ............................................................................................................................................................2

RESUME .................................................................................................................................................................2

ABSTRACT .............................................................................................................................................................2

INTRODUCTION .....................................................................................................................................................3

CONTEXTE ACTUEL ET DEFINITIONS ................................................................................................................3

O QUE SONT LES EAUX PLUVIALES ET LES EAUX GRISES ? ..............................................................3


Les eaux pluviales sont des eaux de ruissellement, peu chargées ...........................................................3
Les eaux grises proviennent des usages domestiques, à charges variables ............................................3
O QUELS SONT LES USAGES DE L’EAU EN HABITAT RESIDENTIEL? ................................................4
L'habitat résidentiel peut être individuel ou collectif....................................................................................4
Les différents usages de l'eau permettent une récupération - réutilisation ................................................4
Quelles demandes et quelles attentes ?.....................................................................................................5
O ASPECTS REGLEMENTAIRES ET NORMATIFS : POSITION DES POUVOIRS PUBLICS ..................5
Des positions diverses au niveau mondial..................................................................................................5
En France, une grande prudence ...............................................................................................................6
SOLUTIONS TECHNIQUES ET EXEMPLES.........................................................................................................7

O LES TECHNIQUES SONT DIVERSES POUR REALISER UNE INSTALLATION ...................................7


Techniques d’utilisation des eaux pluviales................................................................................................7
Techniques de réutilisation des eaux grises...............................................................................................8
O LES EXEMPLES D’INSTALLATIONS AUGMENTENT ..........................................................................10
Utilisation des eaux pluviales en Europe ..................................................................................................10
Réutilisation des eaux grises dans le monde ...........................................................................................11
QUEL AVENIR POUR L'UTILISATION DES EAUX PLUVIALES ET LE RECYCLAGE DES EAUX GRISES?11

O UN THEME D’ACTUALITE ......................................................................................................................11

O LES ECONOMIES FINANCIERES NE SONT PAS TOUJOURS AVEREES .........................................12

O DES RISQUES SANITAIRES NON NEGLIGEABLES............................................................................13

O DISCUSSION SUR LES INTERETS ........................................................................................................14

O EVOLUTION REGLEMENTAIRE ET ENCADREMENT : QUELLES PERSPECTIVES? ......................15

CONCLUSION.......................................................................................................................................................16

BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................................................................17

ANNEXES .............................................................................................................................................................19

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 - version provisoire


LISTE DES FIGURES

figure 1 : Répartition des usages de l’eau en habitat résidentiel..................................................................................4


figure 2 : Schéma des usages de l'eau, en pourcentage, inspiré de Lücke, 2005 .......................................................5
figure 3 : Système hybride : flux horizontaux et verticaux (Masi, 2005) .......................................................................9
figure 4 : Schéma de fonctionnement de différents réacteurs à membrane ..............................................................10
figure 5 : Exemples d'utilisations des eaux pluviales, Europe ....................................................................................11
figure 6 : Récapitulatif des projets de réutilisation des eaux grises............................................................................11
figure 7 : Profils des consommateurs dans le Jura.....................................................................................................12

GLOSSAIRE

ADOPTA : Association DOuaisienne Pour Techniques Alternatives


AREHN : Association de l’Environnement de Haute Normandie
BSRIA : Building Service Research and Information Association
CSHPF : Conseil Supérieur d'Hygiène Publique Français
CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
DBO5 : demande biochimique en oxygène à 5 jours
DCO : demande chimique en oxygène
DDASS : Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales
DGS : Direction Générale de la Santé
FBR : Fachvereinigung Betriebs und Regenwassernutzung (Association des récupérateurs d'eau de
pluie, Allemagne)
GRAIE : Groupement de Recherche Rhône Alpes
HQE : Haute Qualité Environnementale
MEDD : Ministère de l'Environnement et du Développement Durable
MES : matières en suspension OMS : Organisation Mondiale pour la Santé
MSS : Ministère de la Santé et des Solidarités
SIADO : Syndicat Intercommunal d'Assainissement de la région de Douai

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 1


MOTS CLES
Eaux pluviales, eaux grises, récupération, stockage, épuration, réutilisation, usage domestique

RESUME

Les systèmes de récupération - gestion - (ré)utilisation des eaux de pluie et eaux grises se développent
dans différentes régions du monde. Les unes sont récupérées depuis les toitures, et les autres sont
issues des eaux domestiques (douches, bains, lavabos, voire lave linge, lave vaisselle et éviers de
cuisine). En zone résidentielle, les usages de ces eaux recyclées, non potables, concernent
principalement l'arrosage du jardin et l'alimentation des chasses des toilettes.
Le plus souvent attirés par des économies monétaires sur la facture d'eau, il s'agit aussi pour les
particuliers de prévenir les périodes de sécheresse. Les nouvelles préoccupations sur la protection de la
ressource en eau et la volonté de ne pas "gâcher" une eau potable pour des usages non alimentaires
motivent également ces pratiques.
Cependant, les réglementations concernant ces usages varient selon les pays, allant de l'incitation à
l'interdiction. En effet, à des degrés différents, eaux de pluie et eaux grises sont chargées et non
indemnes de pollution bactériologique ce qui pose des risques sanitaires évidents : ces eaux tendent à
être utilisées pour des usages traditionnellement fournis par l'eau potable du réseau. Des techniques
d’épurations diverses existent pour diminuer la charge de ces eaux mais la rentabilité économique de
telles installations dépend de la taille, l'usage, la durabilité, l'entretien…
Suite à un bilan de la situation actuelle, les perspectives d'avenir sont évaluées : évolutions
réglementaires, sanitaires, techniques et économiques, acceptation sociale, intégration dans le système
d'alimentation en eau potable et d'assainissement sont autant de paramètres à prendre en compte.

ABSTRACT

All over the world, systems that use rainwater and that recycle grey water are increasing. Rain water is
collected from roofs, whereas grey water comes from domestic effluents (showers, baths, washbasins,
and even washing machines, dish washers and kitchen sinks). In residential areas, the main uses of
treated water, but without “drinking water” quality are for the watering of gardens and the flushing of
toilets.
There are many reasons for this increase, two of which are frequently to save money and storage for dry
seasons. But there are new stakes like the saving of water resources and the desire to reduce “drinking
water” consumption for domestic use in households which is leading people to use recycling systems.
However, regulations concerning these techniques are different from one country to another. Some
countries encourage them while some forbid them. Rain water and grey water are actually both polluted,
but are polluted at different stages and are not free of bacterial pollution. Treatment systems are diverse,
which has led to the distribution of non drinking water systems into households, causing some sanitary
risks. Value for money depends on size, use, durability, and maintenance requirements.
Constraints like regulations, sanitation norms, different techniques and economy are factors that have
been evaluated in order to indicate future trends. This also involves public acceptance and the
integration into the existing drinking water and sanitation supply system.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 2


INTRODUCTION

Le 19e siècle a vu la suppression des citernes d'eaux pluviales, alors courantes et remplacées peu à peu
par le réseau d'alimentation en eau, et la naissance du tout à l'égout à Paris. Le réseau d'alimentation en
eau potable en France a été achevé dans les années 80, même si le traitement des eaux usées n'est
pas encore généralisé. Par ailleurs, des phénomènes climatiques marqués entraînent de nouvelles
problématiques : les forts orages provoquent des crues et posent le problème de la gestion des eaux
pluviales, tandis que les sécheresses de plus en plus fréquentes sont inquiétantes en terme de gestion
de la ressource en eau.
Dans ce contexte, les techniques alternatives de gestion de l'eau prennent de l'importance, et
notamment l'utilisation de l'eau de pluie et la réutilisation des eaux grises.
Cette synthèse s'intéresse au cas de l'habitat résidentiel, et donc de la gestion de ces eaux à l'échelle de
l'habitat. Dans un premier temps, elle aura pour but de définir les eaux pluviales, les eaux grises et le
contexte actuel en terme de réglementation. Puis les techniques utilisées pour la récupération -
(ré)utilisation de ces eaux seront exposées, illustrées par des exemples. Enfin, avantages et
inconvénients sociaux, économiques et sanitaires de ces utilisations seront abordés, dans le but de
discuter de l'avenir de ces systèmes.
Afin de cadrer l'étude, le cas de l'utilisation des eaux pluviales se limitera à l'Europe, tandis que la
réutilisation des eaux grises sera évaluée au niveau mondial.

CONTEXTE ACTUEL ET DEFINITIONS

O QUE SONT LES EAUX PLUVIALES ET LES EAUX GRISES ?

Les eaux pluviales sont des eaux de ruissellement, peu chargées

La norme européenne EN 12056-1 sur les « Réseaux d'évacuation gravitaire à l'intérieur des bâtiments
»1 définit les eaux pluviales comme étant les eaux issues des précipitations naturelles et n'ayant pas pu
être intentionnellement souillées.
L'eau pluviale utilisable provient de l'eau tombée sur les toitures et récupérée par le biais des gouttières.
Il ne s'agit pas d'eau potable : l'eau est souillée par le contact avec la toiture, et est chargée de
particules atmosphériques. La pollution de l'eau de pluie provient pour 15 à 25% de la pollution
atmosphérique, et pour 75 à 85% du ruissellement sur les toits. En milieu urbain, les surfaces se
chargent en dépôts (industries, automobiles: matières en suspension, matières organiques, métaux tels
que plomb, zinc). L'eau contient donc des débris végétaux et animaux, des métaux, des aérosols, des
particules atmosphériques (acides nitrique et sulfurique). Pour les pesticides, dans 10% des cas, les
taux de 1. 10-3 à 5.10-3 mg/L sont atteints (Baumont & al., 2004).
L’eau est acide, douce, peu minéralisée et donc corrosive et agressive. Elle contient sulfates, sodium,
calcium, ammonium et même des nitrates. L’annexe 1 décrit sa composition.
Ces paramètres varient en fonction de la période de l’année et de la région. Les valeurs de potabilité
sont notamment souvent dépassées pour le pH et les particules (Miquel, in Baumont & al., 2004).
A l'échelle du globe, la pluviométrie est estimée à 711 mm, et l'évaporation à 463 mm sur les terres
émergées (Cosandey & Robinson, 2000). Cependant, l'étude du bassin versant d'un ruisseau du sud est
de la France montre que pour des pluies de 895 mm par an, l'évapotranspiration est de 1155 mm. Ces
équilibres varient entre région : la récupération d'eau de pluie pourra être plus ou moins justifiée.

Les eaux grises proviennent des usages domestiques, à charges variables

Définitions
La norme européenne EN 12056-1 donne les définitions suivantes :
Eaux usées : eaux souillées par une quelconque utilisation et toute eau circulant dans le réseau
d'évacuation. Elles peuvent être de types domestiques, commerciales, industrielles, pluviales, ...
Eaux noires : eaux usées renfermant des matières fécales (=eaux vannes)
Eaux grises : eaux usées ne renfermant pas de matières fécales.
D'après cette terminologie, généralement retenue en France, les eaux grises sont donc les eaux
domestiques provenant des éviers, lavabos, douches, bains, lave-vaisselle, lave-linge. Elles ne tiennent

1
Elle décrit entre autres les règles générales à suivre pour les dimensionnements hydrauliques (eaux usées ou pluviales).
P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 3
pas compte des eaux des toilettes, dites "eaux noires", qui représentent un tiers de la DBO5 évacuée par
un habitat résidentiel.
Cependant, en fonction des pays, les eaux grises peuvent se limiter aux eaux provenant des bains,
douches et machines à laver, en excluant l'évier de la cuisine et le lave-vaisselle qui contiennent des
graisses et des contaminants microbiologiques. Cette définition est trouvée au Royaume Uni, en
Australie, et quelquefois en Allemagne et aux Etats-Unis (Environment Agency, 2006, Lücke, 2005). Les
eaux provenant de l'évier de la cuisine et du lave-vaisselle sont alors appelées "eaux grises foncées"
(issu de l'anglais "dark grey water", Gildemeister & Kraume, 2005), et sont traitées avec les eaux noires.

Composition
Plus chargées que les eaux pluviales, les eaux grises sont de composition variable et hétérogène. Leur
composition dépend de celle de l’eau potable utilisée, et de son utilisation (produits d’entretien, lessives,
savons, solvants, graisses, peintures, colles, voire mercure de thermomètre) (Baumont & al., 2004).
Leurs températures sont variables, pouvant être élevées. Différentes valeurs sont disponibles dans la
bibliographie net sont synthétisées en annexe 1. Les eaux de cuisine sont donc généralement plus
chargées, suivies des eaux de lessive, et enfin des eaux des bains, lavabos et douches.

O QUELS SONT LES USAGES DE L’EAU EN HABITAT RESIDENTIEL?

L'habitat résidentiel peut être individuel ou collectif

L'habitat résidentiel est défini comme tout local pouvant servir de jour ou de nuit au logement. Il s’agit
donc d’un lieu où l'on peut dormir, muni de sanitaires (douches, bains, toilettes) : maisons individuelles,
résidences collectives, immeubles résidentiels, hôtels.

Les différents usages de l'eau permettent une récupération - réutilisation

En Europe, un habitant consomme en moyenne entre 95 et 150 L/jour par habitant (125 en habitat
individuel, 95 en habitat collectif, en France ; soit 30 à 55 m3/an). La figure 1 synthétise les données
traitement de 6 sources bibliographiques sur les usages en habitat résidentiel :

Usages de l'eau domestique

+/- 6% toilettes
28%
lave linge +/- 3%
12%

+/- 11% extérieur


lave vaisselle
17%
cuisine
11% +/- 5%

+/- 5% bain douche


lavabos
32%
D'après Paris, 2002 - Pagel, 1999 - Environment Agency, 2006 - Leroy Merlin, 2006- Rathjen & Cullen, 2003 -Lücke, 2005, +/-
x % représente l'écart type sur les valeurs des différentes études

figure 1 : Répartition des usages de l’eau en habitat résidentiel


Cette figure montre que 45 % (extérieur 17% + toilettes 28%, voire 57% avec le lave linge) des usages
domestiques pourraient être alimentés par les eaux grises ou pluviales traitées. Les usages extérieurs
(arrosage, nettoyage…) varient énormément d'une source à l'autre (+/- 11%).
Le schéma ci-dessous résume le cycle de l'eau au sein d'un habitat utilisant les eaux de pluie et
recyclant les eaux grises (valeurs issues du traitement bibliographique ci dessus).

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 4


ORIGINE UTILISATION CATEGORIE DESTINATION

Douche, 40
43 Système de
bains, 32
Eau potable lavabos recyclage des
Eaux grises eaux grises

Cuisine 11 54
Lave linge 12 14 Evacuation
57
Eau (ré)utilisée WC 28 Eaux noires Evacuation
28 28
Eau de pluie
Extérieur 17

Recyclage d'eaux grises

figure 2 : Schéma des usages de l'eau, en pourcentage, inspiré de Lücke, 2005


D'après Grottker, Albold et al. (2004), les eaux grises représentent de 25 à 100 m3/pers/an soit 70% du
flux d’eau en sortie d'habitat (Gildemeister & Kraume, 2005).
D'après les estimations issues du traitement bibliographique ci-dessus, elles représentent 16 à
30 m3/pers/an. Selon l'Environment Agency (2006), l'utilisation d'eau grise permettrait d'économiser
18 m3/ pers/an, ce qui représente 33% de l'utilisation journalière d'un ménage.

Quelles demandes et quelles attentes ?

Les principaux usages attendus sont l’arrosage des espaces verts et l’alimentation des chasses des
toilettes. Dans un second temps, le nettoyage des locaux ou voiries est également escompté.
Les motivations pour utiliser les eaux pluviales et les eaux grises sont diverses :
1
• réaliser des économies sur la facture d'eau en utilisant moins d'eau potable et plus d'eau recyclée
1
• ne pas laisser une ressource en eau exploitable terminer dans le réseau d'assainissement
4
• nouvelle ressource en eau, en plus

• prévenir les interdictions d'usage de l'eau afin de pouvoir arroser potagers et pelouses lors de

sécheresses, lié au changement climatique 4


• solidarité envers les régions défavorisées en terme de richesse en eau (approche éco-citoyenne) 3

• préserver les ressources en eau : la consommation domestique en France est plus importante que la

consommation industrielle ou la production d'énergie 1,2, inégalité et fragilité des ressources 3


2
• limiter les besoins de la société en eau potable

• retenir l'eau à la parcelle : cela rend inutile le coûteux surdimensionnement du réseau de collecte, et

cela limite le flot d'eaux pluviales lors d'orages 2


4
• protéger certaines zones face à l'augmentation des pollutions à long terme

(Sources : AREHN, 2000 , Baumont & al., 2004 , Chéron & Puzenat, 2004 3, Angelakis & al., 20034)
1 2

O ASPECTS REGLEMENTAIRES ET NORMATIFS : POSITION DES POUVOIRS PUBLICS

Des positions diverses au niveau mondial

Position européenne sur les eaux de consommation humaine


La directive 98/83/CE du 3 novembre 1998 définit les eaux de consommation humaine, comme étant les
eaux destinées à la boisson, la cuisson, la préparation d’aliments ou autres usages domestiques. Par
ailleurs, toute eau de consommation humaine doit répondre à la qualité « eau potable ». Les Etats
membres peuvent décider de s'affranchir de cette disposition dans certains cas :
. les eaux destinées à des usages pour lesquels les autorités compétentes ont établi que la qualité des
eaux n’a pas d’influence directe ou indirecte sur la santé des consommateurs concernés (art 2).
. les eaux destinées à la consommation humaine provenant d’une source individuelle fournissant moins
de 10 m3 /jour en moyenne ou approvisionnant moins de 50 personnes, sauf si elles sont fournies dans
le cadre d’activités commerciale ou publique (art 3).
L’article 6 de cette directive définit la qualité des eaux devant être respectée à la sortie d’un robinet.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 5


Eaux pluviales :
Obligation d'utilisation : Iles Vierges (Caraïbes), réservoirs obligatoires pour les immeubles
Existence d'un cadre législatif : Danemark (utilisation légale de l’eau de pluie pour les chasses des
toilettes et les machines à laver, étude de cadres techniques pour minimiser les risques sanitaires),
Royaume Uni (lignes directrices du BSRIA)
Encouragement : Belgique (le MATUE 2 veut favoriser la mise en place de citernes en évaluant l’impact
sur la distribution d’eau en réseau, Chéron & Puzenat, 2004), Luxembourg (subventions)3
Pays moteurs pour l'utilisation des eaux pluviales : Allemagne4, Pays-Bas5. En Allemagne, une position
neutre mais favorable, a permis un développement des systèmes de récupération réutilisation. Les Pays
Bas également ont été favorables à ces techniques. Cependant, ces deux pays reviennent sur leurs
positions depuis 2005 (voir partie évolution réglementaire et encadrement).
Eaux grises :
La directive européenne concernant les eaux usées (91/271/EC) stipule qu’elles doivent être réutilisées
dans tous les cas où c'est estimé nécessaire/approprié. Cette définition reste assez vague quant au
terme "nécessaire/approprié". Ainsi, une grande liberté est laissée aux Etats membres.
Au Royaume Uni, le texte concernant l'usage de l'eau en habitat est le "water supply regulation, 1999".
Il impose des prescriptions quant aux retours de flux éventuels dans le réseau public d'alimentation en
eau, interdit les connections entre eau usée traitée et eau potable, oblige à marquer clairement les
canalisations d'eau recyclée. L'Environment Agency publie des lignes directrices pour les eaux grises :
elle considère que les eaux issues des bains, douches, et lavabos sont assez propres pour être utilisées
pour la chasse des toilettes après traitement, les autres étant trop contaminées. Par ailleurs, le BSRIA a
publié des lignes directrices pour l'utilisation des eaux grises.
Aux Etats Unis, chaque Etat détermine sa politique concernant les eaux grises (State regulations,
1999) : certains n'ont aucune réglementation, d'autres autorisent l'utilisation dans les chasses de
toilettes (annexe 2). La Californie a adopté une loi en 1992 sur les réutilisations d'eaux usées et grises
(Lazorova & al., 2003).
L'OMS a publié des lignes directrices pour l'utilisation des eaux usées, des excréta et de l'eau grise.
Elles restent assez souples, et décrivent les différents systèmes mais ne fixent pas de limites.
Quelques valeurs concernant la qualité des eaux utilisées dans les toilettes exigées selon les pays sont
reportées en annexe 3.

En France, une grande prudence

Eaux pluviales :
Droit d’usage de l’eau pluviale
Le Code Civil indique que « tout propriétaire a le droit d’user et de disposer des eaux pluviales qui
tombent sur son fonds » (art 641). Il est tenu de ne pas pénaliser les zones situées en aval de sa
parcelle (art 640).
Contraintes de sécurité
Le Code de la Santé Publique impose que « les réseaux intérieurs ne doivent pas pouvoir perturber le
fonctionnement du réseau auquel ils sont raccordés, ni engendrer une contamination de l’eau des
installations privées ». Dans les règlements sanitaires départementaux, il est nécessaire de disposer de
deux réseaux d’eau indépendants en cas d’utilisation d’eau pluviale à l’intérieur d’un habitat, afin d’éviter
une éventuelle contamination des usagers et du réseau d’eau potable par une eau pluviale polluée. En
découle une nécessité de signalisation de l’eau pluviale. Cependant, les autorités compétentes (DDASS,
CSHPF) restent les décisionnaires (Chéron & Puzenat, 2004).
Il n’existe pas d’obstacle à l’utilisation d’eau de pluie pour l’arrosage d’espaces verts.

2
Le Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme et de l’Environnement (parlement wallon, 15 janvier 2003)
3
Ministère de l’Environnement : 25% du prix, maximum 743,68 €, sous certaines conditions (Chéron & Puzenat, 2004)
4
1980: loi permettant l’utilisation domestique. 1988 - 1995: subventions de la ville de Hambourg pour. Les subventions dans le
domaine des eaux pluviales sont du domaine des länder, et donc varient de l'un à l'autre. 1993: les länder de Hesse, Brême,
Sarre et Bade-Würtenberg sont autorisés à rendre obligatoire la collecte des eaux de pluie pour les maisons nouvellement
construites. Pas de réelle législation sur le sujet (Chéron & Puzenat, 2004).
5
interdiction de l’utilisation des eaux pluviales pour usages domestiques dans l’habitat résidentiel début 2005 en raison de
nombreux cas de contamination du réseau d’eau potable par interconnexion celui d’eaux pluviales (étude nationale)
P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 6
Types d’usages de l’eau pluviale
Les définitions d’eau de consommation humaine de la directive 98/83/CE sont reprises en droit français
dans le décret 2001-1220 relatif aux eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux
minérales naturelles. L’utilisation de l’eau prélevée en milieu naturel en vue de consommation humaine
est autorisée par arrêté du préfet. Mais l’eau prélevée dans le milieu naturel à l’usage d’une famille
n’est pas soumise à la procédure d’autorisation (art 5).
Par ailleurs, la transposition en droit français de cette directive dans le code de la santé publique (art
1321-1 et suivants) indique que l’utilisation d’eau de qualité dite potable est requise pour tous les usages
domestiques. L'eau de pluie ne pouvant être considérée comme potable, la DGS précise que les usages
domestiques couvrent :
1. usages alimentaires : boisson, préparation d’aliments, lavage de vaisselleeau potable nécessaire
2. usages liés à l’hygiène corporelle : lavabo, douche, bain, lave-linge eau potable nécessaire
3. autres usages dans l’habitat : évacuation des excréta, lavage des sols et véhicules, arrosage, piscine.
Pour ces usages, l’utilisation d’eau de pluie est possible dans les conditions suivantes :
- en dehors du bâtiment si collecte et utilisation sont disjointes de l’alimentation en eau potable, si
l’eau n’est pas utilisée à l’intérieur, s’il n’y a pas de risque de noyade ou d’ingestion ;
- à l’intérieur du bâtiment si un double réseau est installé, et dans les cas justifiés par une difficulté
d’alimentation en eau potable, si aucune autre possibilité d’économie d’eau n’est possible, si la
séparation, la distinction et la disconnexion des deux réseaux sont assurées (MSS, 2006).
Cependant, la DGS (MSS, 2006) rappelle que les eaux de pluie constituent un risque sanitaire pour les
usagers domestiques. En cas de plan de la gestion de la rareté de l’eau, les préfets sont donc invités à
privilégier leurs usages les moins risqués (arrosage ou nettoyage de la voirie).
Point de vue du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable
Dans le plan de gestion de la rareté de l’eau du MEDD, le 3e axe définit un cadre d’action pour
l’émergence de nouvelles techniques. La volonté du MEDD de créer une dynamique notamment via
l’utilisation des eaux de pluie et eaux usées est affirmée (Ministère de l'Ecologie et du Développement
Durable, 2006).
Taxe d’assainissement
D’après le Code Général des Collectivités Territoriales, « toute personne tenue de se raccorder au
réseau d’assainissement et qui s’alimente, totalement ou partiellement, à une source qui ne relève pas
d’un service public, doit en faire la déclaration à la mairie » (art R 2333 – 123). Ainsi, l’utilisation d’eau
pluviale pour des usages domestiques peut ensuite être assujetti à la taxe d’assainissement. La taxe est
évaluée par compteur, ou évaluée par rapport à la surface d’habitation, du terrain, du nombre
d’habitants, la durée du séjour (art R 2333 – 125), sans lien avec la consommation réelle (Chéron &
Puzenat, 2004). La loi relie donc très clairement rejet et redevance, service rendu et service rémunéré
(Hérin, 2002).
Ainsi, les pouvoirs publics français restent prudents et découragent plus qu'ils n'incitent les projets
d'utilisation d'eau de pluie à l'intérieur des habitats. En habitat collectif, les règles sont strictes, et toute
utilisation doit être soumise à l'autorisation des DDASS. En habitat individuel, chacun est libre d'installer
le système qu'il souhaite, n'étant pas soumis à autorisation.
Eaux grises
Concernant les eaux grises, la DGS a la même position que pour les eaux de pluie, considérant que les
unes et les autres sont des sources d’eau non potable. Les enjeux sont donc les mêmes. Leur utilisation
est déconseillée (Ministère de la Santé et des Solidarités, 2006).

SOLUTIONS TECHNIQUES ET EXEMPLES

O LES TECHNIQUES SONT DIVERSES POUR REALISER UNE INSTALLATION

Techniques d’utilisation des eaux pluviales

Pour les eaux pluviales, une diversité existe à la fois dans les projets, dans les usages visés et dans les
techniques à mettre en œuvre (de Gouvello, 2006). L'ADOPTA, le GRAIE et de nombreux sites internet
(chaîne "Leroy Merlin") notamment, et de nombreux autres, fournissent des informations sur la
réalisation d'une installation au niveau de l'habitat individuel.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 7


Une installation utilisant des eaux pluviales doit satisfaire plusieurs fonctions (Chéron & Puzenat, 2004,
de Gouvello, 2006) :
- collecte de l’eau : captage sur les toitures et acheminement via les gouttières, descentes de
gouttières, canalisations ;
- épuration : dégrillage grossier (grilles), traitement en amont du stockage (bac de décantation, tamis,
filtres, bac de filtration fine), filtration en aval (crépine de prise d’eau, filtration plus ou moins fine),
désinfection (chlore, ozone, UV) en cas d’utilisation en eau potable (non autorisée en France) ;
- stockage, dont la localisation dépend du choix du matériau :
.extérieur : en béton, acier ou plastique ; majorité de cuves enterrées, quelques bassins (arrosage)
.intérieur : majorité de cuves en PEHD6 ; en sous sol, avec ou sans stockage tampon (combles)
Le stockage est muni d’un flotteur, d’un système d’indication du niveau, d’un dispositif de trop plein
dirigé vers une zone d’infiltration ou relié au réseau d’évacuation des eaux.
- redistribution : mise en pression, approvisionnement, signalisation (coloration des tuyaux, de l’eau,
étiquetage des prises d’eau), (de Gouvello, 2004).

Un disconnecteur (eau pluviale - eau potable) et un double réseau de couleur différente du réseau d'eau
potable respectant la norme NF EN 1717 sont indispensables en cas d'utilisation d'eau pluviale à
l'intérieur de l'habitat. Un disconnecteur doit être vérifié chaque année par un organisme agréé. Par
ailleurs, une séparation physique avec rupture de charge entre les deux réseaux est préférable.
Le cuivre et le plomb sont proscrits concernant les gouttières et canalisations en raison de la nature
agressive des eaux ; l'aluminium est à éviter. Faïence, zinc ou plastique du type PVC conviennent mieux
(ADOPTA, 2006). Il est conseillé de jeter le premier flot des eaux de pluie, plus pollué.

Avant de réaliser un ouvrage d’utilisation des eaux pluviales ou de réutilisation des eaux grises, la
définition de l’usage des eaux et le dimensionnement de l’installation sont indispensables. La quantité
récupérée doit être supérieure ou égale aux besoins (Pagel, 1999).
En général, le stockage est dimensionné pour être capable de stocker l'équivalent de 3 semaines
d'utilisation d'eau pour les usages concernés. Son volume est calculé comme suit (Pagel, 1999) :

Volume d’eau pluviale récupérable = surface de captage x précipitations x facteur de perte


Calcul du volume de cuve nécessaire = besoins x constante de sécheresse x constante volume
Avec : surface de captage : la surface au sol de la toiture
facteur de perte (lié à l'évaporation) : 0,75 (ardoises, tuiles, tôles), ou 0,6 (graviers), ou 0,3 (herbe)
constante de sécheresse : semaines de sécheresse / an  généralement 3/52 en France
volume utile : prévoir 1,1 car fond de cuve (environ 30cm, soit souvent 10%) inutilisable

Une simulation d’utilisation / recharge du stockage dans le temps permet de vérifier le dimensionnement
(Chéron & Puzenat, 2004).
Ainsi, en fonction du type d'habitat (individuel ou collectif), et du type d'usage (extérieur et/ou intérieur),
une telle installation peut être réalisée soit de façon autonome, soit avec l'aide d'un professionnel, de
même pour l'entretien des gouttières, des filtres…

Techniques de réutilisation des eaux grises

Les techniques mises en œuvre pour le traitement des eaux grises dépendent de l'usage final de
l'effluent et de la place disponible. Les informations disponibles proviennent majoritairement de pays
autres que la France, où peu de documentation est disponible.

Irrigation
Le prétraitement le plus répandu est la fosse septique (OMS, 2006). L'abattement de pathogènes y est
faible et dépend de la sédimentation. Pour éviter le colmatage, une inspection annuelle est
recommandée ; des sacs filtrants peuvent être installés pour de petits systèmes.

L'infiltration sur la parcelle ne permet pas à proprement parler de réutilisation des eaux grises, elle ne
doit être réalisée que si la qualité des eaux souterraines n'est pas mise en danger. L'irrigation locale,

6
Polyéthylène Haute Densité
P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 8
via un réseau enterré à quelques centimètres de la surface du sol, alimentant directement des
plantations est une technique d'utilisation quasi directe des eaux grises traitées.
Des bassins en série permettent un abattement de coliformes fécaux de 108/100mL à moins de
103/100mL (OMS, 2006).
Les filtres à sables conviennent au traitement des eaux grises : ils réduisent de 80% la DBO5 et de 3
log les bactéries indicatrices ; les matières en suspension sont inférieures à 5 mg/L (OMS, 2006).
Lle lit filtrant planté de macrophytes réduit également les bactéries indicatrices de 3 log environ.
Plusieurs systèmes existent : à surface libre, à flux horizontal, à flux vertical, et les systèmes hybrides.
Ces derniers sont souvent utilisés pour la réutilisation domestique :

figure 3 : Système hybride : flux horizontaux et verticaux (Masi, 2005)


Le système hybride permet de diminuer la surface nécessaire et le colmatage des filtres, d'augmenter la
dégradation de la matière organique et des nutriments, et de traiter les organismes pathogènes. Dans
ces systèmes, la végétation a peu d’impact en terme de traitement (éventuellement 10 à 20% pendant la
phase végétative) mais offre des supports pour la croissance des bactéries aérobies et permet d’aérer le
milieu (Masi, 2005).
Ces techniques ne demandent pas d’énergie (gravitaire), ne posent pas de problème d’accumulation ni
d'évacuation de boues (à part la première étape). L’apparence est correcte grâce à la végétation plantée
en surface, et la construction est assez simple. Le système est peu coûteux en maintenance, supporte
les variations en volume et en charge. L'inconvénient principal est la surface nécessaire.

Usages domestiques
Ces usages impliquent un traitement plus poussé des eaux grises ainsi que leur désinfection.
Le procédé par boues activées est rarement utilisé pour les eaux grises (investissement et besoin en
énergie importants), mais permet un abattement de 3 log en indicateurs fécaux (OMS, 2006).
Un réacteur biologique à disques tournants est développé en Allemagne. Compact, il abat les
indicateurs fécaux de 3 log également (OMS, 2006).
Les "réacteurs de batch séquencé" (Sequenced Batch Reactor) permettent de traiter les eaux grises
(Nolde, 2005). L'effluent passe dans plusieurs bacs : pré-filtration, traitement biologique, désinfection par
UV. Le principe est de séquencer le passage d'un bassin à l'autre par des pompages réguliers. Cette
solution, pour 2 à 3 familles, nécessite un volume de 900 L.. Etant modulaire, elle peut être ajustable en
fonction de la quantité d’eau à traiter (Nolde, 2005). Elle permet d’obtenir une eau stockable, sans
odeur, conforme à la qualité eau de baignade de la directive européenne.
Les réacteurs à membranes ont un traitement des eaux grises de qualité. L'abattement des
microorganismes atteint les 6 log, permettant une utilisation de l'effluent traité pour des usages
domestiques. Les membranes peuvent être en polymère organique, céramique ou métallique, et
produire une microfiltration, ultrafiltration, nanofiltration ou osmose inverse (OMS, 2006). Les réacteurs à
membrane peuvent être utilisés de différentes manières (Gildemeister & Kraume, 2005) :
- filtration physique seule avec une membrane ;
- filtration physique couplée à un traitement biologique (bioréacteur à membrane), qui permet de
réduire matière organique et organismes pathogènes. Depuis 20 ans, cette technique se développe.
- membrane couplée à un réacteur batch, réduisant le temps d'un cycle de traitement (dégradation
biologique, décantation et prélèvements simultanés)

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 9


flux
flux entrant niveau au début du cycle SBR
flux entrant perméat
entrant niveau en fin de cycle SBR
perméat
perméat

boue en excès
concentrat
bioréacteur à membrane membrane immergée - réacteur batch
séparation physique

figure 4 : Schéma de fonctionnement de différents réacteurs à membrane


Les bioréacteurs à membranes proposent ainsi un traitement plus efficace, afin d’utiliser l'effluent traité
au sein d'hôtels pour les douches par exemple. Par exemple, pour un immeuble, un bioréacteur à
membrane couplé à une membrane d’ultrafiltration, l'adjonction de javel pour la désinfection, et de
charbon actif pour supprimer la coloration, permet une réutilisation dans les chasses d’eau.

A noter tout de même : toute épuration à la parcelle poussée est techniquement complexe et donc
difficilement imaginable au niveau individuel (Savary, 2006).

O LES EXEMPLES D’INSTALLATIONS AUGMENTENT

Utilisation des eaux pluviales en Europe

France
Maisons individuelles
La récupération de l'eau de pluie est une pratique courante. D'après une étude menée dans le Jura
(pluviométrie annuelle de 800 mm), de nombreuses personnes récupèrent l'eau de pluie (50 % sur 51
foyers interrogés). Parmi celles récupérant l'eau de pluie, 72% l'utilisent principalement pour le jardin,
16% pour le lavage de la voiture et 12% pour d'autres usages. Le volume moyen récupéré est de l’ordre
de 5 m3 aux dires des personnes interrogées (Boucherot & al., 2005).
Les particuliers font également de plus en plus installer un système alimentant les chasses d'eau, voire
les douches, bains, lave linge et lave vaisselle chez eux. Ainsi, une famille, dans le Pas de Calais,
alimente toute sa maison et arrose son jardin avec de l'eau de pluie. L'alimentation en eau potable a été
conservée en cas de manque d'eau prolongé.
Logement collectif
Le CSTB a réalisé en 2003 un état des lieux des installations d'utilisation des eaux de pluie en France
pour des usages collectifs. Sept projets de logements étaient réalisés dont quatre correspondent à des
bâtiments HQE. Ils ont été réalisés entre 1996 et 1999. Un tableau les résume en annexe 4.
A Meillonas et Petit Quevilly, une étude du CSTB montre que la capacité de stockage par habitant est un
bon indicateur pour estimer si les besoins seront couverts. Par exemple, 0,5 m3/hab permettent de
couvrir correctement l'usage des toilettes (de Gouvello, 2004).

Des villes et régions engagent des opérations d'incitation à la récupération des eaux de pluie. Ainsi,
Silfiac, Langouët, La Gacilly (56), et Loos en Gohelle (62) construisent des logements avec récupération
d’eau de pluie. Des villes (Lorient, Rennes, Vannes, Aix les Bains) ou régions (Poitou Charente) incitent
financièrement à utiliser des eaux de pluie (détails en annexe 4 , Luneau, S., 2006, Carron, 2005,
Conseil Régional de Poitou Charente, 2006, Habitat Naturel, 2006).

A Douai, le SIADO a décidé en Janvier 1998 d’intégrer les volumes d’eau de pluie réutilisée dans
l’assiette d’application de sa redevance d’assainissement. S'il n'y a pas de compteur, le volume d’eau
pris en compte est apprécié à partir d’une pluviométrie moyenne annuelle de 650 mm, et la surface
imperméabilisée de l’immeuble, selon les surfaces des toitures (ADOPTA, 2006).

Europe
Le tableau ci-après résume quelques exemples d'utilisation des eaux pluviales en Europe :

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 10


Pays Exemples
1,2
Allemagne . depuis 1995 : association professionnelle FBR (300 membres)
. 20% des grandes villes subventionnent à 50% le recyclage des eaux pluviales
Lüdeckestrasse . eau de pluie collectée et utilisée par environ 200 personnes
. investissement de 2000 €/maison de 4 personnes : couverture de 40-50% des besoins
3
Pays Bas
Deventer . 200 maisons utilisant l’eau pluviale
Waterwijk . 240 maisons avec installation utilisant l’eau de pluie pour les toilettes (1998)
1 2 3
Chéron & Puzenat, 2004, Nolde, 2006, Ashley & al., 2004 , voir annexe 4 pour plus de détails
figure 5 : Exemples d'utilisations des eaux pluviales, Europe

Réutilisation des eaux grises dans le monde

France et monde
Le tableau ci-après détaille les exemples de réutilisation des eaux grises dans le monde :
Lieu Détails
Australie Nombreux projets en évaluation
1
Sydney, Rouse Hill , Phase 1 : 17 000 maisons
1994 Phase 2 : 35 000 maisons
Canada Schémas à petite échelle en essai
1
Vancouver, Quayside Village , 1999 20 appartements, projet pilote
France Echelle de démonstration
1
Annecy , 1999 40 appartements, 120 habitants, pendant deux ans en pilote
4
Allemagne 650 systèmes en fonctionnement.
2
Freiburg, Quartier Vauban , 1999 Quartier complet : eaux grises (cuisines, salles de bain)
3
Offenbach, hôtel Arrabella-Sheraton , 1996 Hôtel 4 étoiles, 400 lits
Luebeck Flintenbreite 100 habitations
Japon 33% des foyers recyclent EG pour alimenter toilettes, 400
2
immeubles équipés à Tokyo : immeubles > 30 000 m au sol ou
Tokyo 3 5
réutilisant plus de 100m : double réseau de distribution et mini
7
stations d’épuration pour réutilisation dans les toilettes
1 3
Tokyo, hôtel Miyako , 1982 Hôtel de luxe de 500 chambres, recyclant 160m /jour
6
Mauritanie , (2008 ?) projet d’hôtel O’NOMMO, Accor
1 2 3 4 5 6
Lazorova & al., 2003, Panesar & Lange, 2003, Nolde, 2006 , Nolde, 2005, Baumont & al., 2004, Puil, 1998 Accor, 2005,
7
Thépot, 1999, voir annexe 4 pour plus de détails
figure 6 : Récapitulatif des projets de réutilisation des eaux grises
Une seule expérience est relevée en France, dans un immeuble à Annecy.
Le groupe Accor cherche à prévenir les risques liés à la pénurie d’eau, réduire la consommation et
mettre en place des systèmes de récupération (eaux grises, eaux de pluie). Des sites pilotes de
récupération des eaux sont réalisés en Angleterre (rapport annuel, Accor, 2005)
Au Royaume Uni, l'Environment Agency propose un système incluant filtre, traitement microbiologique
ou une désinfection basique, un disconnecteur évitant l'intrusion de l'eau dans le circuit d'eau potable.
Pour un usage à plus grande échelle, un traitement similaire aux eaux usées est conseillé (biologique ou
membrane). L'eau grise non traitée peut même être utilisée pour l'arrosage du jardin immédiatement
après sa production.

QUEL AVENIR POUR L'UTILISATION DES EAUX PLUVIALES ET LE RECYCLAGE DES EAUX
GRISES?

O UN THEME D’ACTUALITE

Dans la vague du développement durable et du changement climatique, l'utilisation des eaux de pluie et
la réutilisation des eaux grises est un thème d'actualité, relayé par diverses associations.
L’association HQE a défini 14 cibles pour réaliser des économies d’énergie et suivre un développement
durable. Il s’agit notamment d’utiliser les eaux de pluie pour les toilettes, l’entretien et l’arrosage. Afin
d’améliorer la gestion de l’eau et de l’énergie, le recyclage des eaux grises pour les toilettes et l’arrosage
sont envisageables également (Chéron & Puzenat, 2004). De plus en plus, les bâtiments HQE sont
plébiscités par les collectivités qui financent établissements scolaires et logements.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 11


D'après l'étude menée dans le Jura, quatre profils se dégagent au sein des particuliers :
Profil des consommateurs

peu intéressés par l'environnement et la récupération d'eau pluviale


. 50% trouvent l'eau chère
. aucun ne récupère
passif
11%
environnement
confort 45%
22%
grande sensibilité à l'environnement,
peu sensible à l'environnement, économies d'eau
peu économe en eau, voyant le . 40% trouvent l'eau chère
côté pratique . 80% récupèrent déjà
. 50% trouvent l'eau chère
économie
. 60% récupèrent déjà
financière
. 50% trouvent l'eau chère
22% . 60% récupèrent déjà
figure 7 : Profils des consommateurs dans le Jura
Boucherot & al., 2005
Un tiers des interrogés se rend compte qu’une grande partie du prix de l’eau est liée au service rendu,
tel que l’assainissement. Les raisons des personnes qui ne récupèrent pas l'eau de pluie sont le manque
de temps, l'absence d’utilité, le manque d'idée ou le coût financier d'une installation (Boucherot & al.,
2005).
Des études scientifiques à Hanovre et Berlin montrent que le recyclage des eaux actuellement ne pose
actuellement pas de problème d'acceptation si l'utilisateur ne fait pas de sacrifice dans son confort
habituel (Nolde, 2005). Le public est globalement très demandeur de tels systèmes.

O LES ECONOMIES FINANCIERES NE SONT PAS TOUJOURS AVEREES

Eaux de pluie

Chéron et de Gouvello rappellent respectivement que les analyses et les systèmes de traitement des
eaux pluviales devront dépendre de leurs usages prédéfinis. En fonction de la qualité requise,
récupération et traitement des eaux pluviales ou grises seront plus ou moins économiques. Au niveau
économies monétaires, les avis divergent.

D'après Lakel (2006), les avantages économiques seraient les suivants:


. eaux pluviales : bons pour les habitats individuels, pas pour les collectifs
. eaux grises : bons pour les habitats collectifs, pas pour les individuels (coût du traitement).

Par ailleurs, d'après une étude de 1994 du Comité scientifique et technique pour les industries
climatiques, la récupération de l'eau de pluie était rentable pour les bâtiments ayant besoin de 500 m3/j
d'eau non potable compte tenu du prix de l'eau de l'époque : soit 500 logements de 4 personnes ou un
hôtel 3 étoiles de 500 chambres, situé en station balnéaire (AREHN, 2000).

Afin d'évaluer ces coûts, l'exemple d'une maison est pris avec les caractéristiques suivantes : 100 m2 au
sol et 100 m2 de jardin ; famille de 4 personnes ; pluviométrie de 750 mm/an, prix de l'eau potable de 3 €
/ m3 dans le cas idéal où la cuve est suffisamment grande pour recueillir la totalité de l'eau pluviale
(56 m3/an), et où il pleut assez régulièrement pour l'alimenter toute l'année (voir annexe 5).
Alors, pour les systèmes permettant d’arroser les jardins, le retour sur investissement est de quelques
années. Pour les systèmes à usages domestiques, les données varient, et la simulation peut atteindre
23 ans pour rentabiliser l’installation.

Un exemple d'étude coûts-bénéfices est répertorié (Koenig, 2006) : une famille de 4 personnes (toiture
40 m2 /personne, cuve 8 m3/personne) investit dans un système d'utilisation des eaux de pluie pour tous
les usages domestiques, l'amortissement est atteint en 5,8 ans. La comparaison est faite par rapport aux
cycles de vie (cuve = 70 ans, système de disconnection = 25 ans, tuyaux = 35 ans).

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 12


La quantité de pluie récupérée par an est le facteur limitant à une optimisation des coûts. Pour
améliorer le temps d’amortissement, une surface de récupération plus grande doit être mise en place. Le
prix de l'eau élevé peut être également incitatif à la récupération : on remarque qu'en Allemagne, le prix
de l’eau est estimé à 4 €/m3 et atteint dans certaines régions 10 €/m3 (Pagel, 1999).
Ainsi, récupérer les eaux de pluie n'est pas toujours une option économique : le dimensionnement des
cuves et des surfaces de récupération est important.

Eaux grises

Pour les eaux grises, peu de données sont disponibles.


Pour les bioréacteurs à membranes, le coût du traitement est dégressif en fonction du volume à traiter
(Lazorova & al., 2003) :
3 €/m3 pour 75 m3/jour  1,7 €/m3 pour plus de 300 m3/jour, soit 500 équivalents habitants
Ainsi, pour un flux supérieur à 5000 m3/jour, les bioréacteurs à membranes nécessitent moins
d'investissements qu'un traitement conventionnel à boues activées (Gildemeister & Kraume, 2005).
Par ailleurs, le coût d’un cycle de vie de bioréacteur à membrane est de l’ordre de 0,15 €/m3 à 0,34 €/m3.
Avec l’arrivée des membranes organiques, ces coûts est amené à baisser.

Pour des biodisques, la dépense totale d'énergie est de 1,5 kWh/m³ pour le traitement des eaux de
l'hôtel Arrabella (Allemagne, Offenbach): il économise tous les jours les frais de 15 000 litres d'eau
potable : l'installation s'amortit en quelques d'années (Nolde, 2006).
Les réacteurs batch nécessitent 0,6 kWh/jour, d'où un coût d'environ 30 €/an (équivalent à un
réfrigérateur). Un tube UV est changé tous les 6000h, soit 1 400 000 L d'eaux traitées (Nolde, 2005).

Les coûts évoqués ci-dessus sont directement liés à l'installation de systèmes d'utilisation des eaux
pluviales ou eaux grises. Or, ils entraînent des coûts dans les filières amont et aval (réseaux d'eau
potable et d'eaux usées, environnement) qu'il serait intéressant de chiffrer (Savary, 2006). A ce jour, il
semble qu'aucune étude approfondie sur le sujet n'ait été réalisée.

O DES RISQUES SANITAIRES NON NEGLIGEABLES

Eaux pluviales

Pour le MSS, les freins sanitaires à l’utilisation d’eau pluviale se situent à différents : la variabilité de la
qualité microbiologique, le problème du premier flot plus chargé en polluants, le développement possible
d’algues et la croissance bactérienne, ainsi que le re-largage de matériaux issus de la cuve. Plusieurs
facteurs, peu maîtrisables, interviennent dans les risques : la qualité des eaux utilisées, l’exposition des
usagers, le piquage et l’interconnexion sur le réseau d’eau potable.
Il est recommandé de stocker les eaux de pluie à l’obscurité et à une température inférieure à 18°C af in
de limiter le développement de microorganismes et flore (Pagel, 1999). Il est contre-indiqué de récupérer
les eaux pluviales lorsque les toits sont en amiante - ciment (particules), ou en feutre bitumineux
(coloration jaunâtre).
Les expériences menées à Meillonas et au Petit Quevilly sur des installations d'eau pluviale donnent
plusieurs résultats. Les matières en suspension, la turbidité, le fer et le pH ne satisfont pas toujours aux
normes de potabilité, mais n'induisent pas de risques sanitaires. Au niveau bactériologique, un cas de
dépassement de la qualité eau de baignade est identifié, ainsi que plusieurs cas où les salmonelles, les
bactéries aérobies revivifiables et les Pseudomonas aeruginosa sont dépassées. Cela peut induire un
risque en cas d'ingestion accidentel. Cependant, il n'est pas mis en évidence de risques dans l'utilisation
des eaux de pluie, sauf en cas de piquage sur le réseau (de Gouvello, 2004).
Au Danemark, une étude a été menée concernant 599 composés en vue de déterminer les risques pour
la santé humaine. Cette étude a été réalisée dans le cadre d’une utilisation des eaux pluviales pour la
chasse de toilettes et les machines à laver. L’étude montre que de 155 polluants peuvent représenter un
risque pour la santé humaine : 79 peuvent provoquer des allergies, 72 des cancers, 10 sont mutagènes,
et 29 affectent la reproduction. De nombreux autres, non étudiés, pourraient également présenter des
risques (Erikkson & al., 2004).

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 13


Eaux grises
Les dangers de la réutilisation d’eau grise sont à différents niveaux : micro-organismes, matières en
suspension, éléments traces minéraux et organiques, et substances nutritives. Trois voies de
contamination sont identifiées : l’ingestion (consommation d’eau, volontaire ou accidentelle ; via
l’irrigation ou l’arrosage des produits de consommation), l’inhalation (via l’irrigation par aspersion ou
l’utilisation de jets haute pression), et la voie cutanée (via des micro coupures) (Baumont & al., 2004).

O DISCUSSION SUR LES INTERETS

Le tableau reporté en annexe 6 résume la situation de chaque pays européen en terme de ressource en
eau. Il permet ainsi d'évaluer les raisons pour lesquelles l'utilisation des eaux pluviales et la réutilisation
des eaux grises seraient justifiées. A.N. Angelakis estime que, lorsque le taux d'exploitation des
réserves en eaux existantes est supérieur à 20%, une gestion des ressources en eau est nécessaire
(Angelakis & al., 2003). Les pays qui sont engagés dans des processus de développement de
l'utilisation des eaux pluviales et de la réutilisation des eaux grises sont principalement ceux qui ont des
problèmes quantitatifs d'eau, ou qui prévoient en avoir au vu du développement de certaines activités.
D’après Chéron, c’est au cas par cas que l’on peut mesurer si le bilan est positif ou non. Quelques
intérêts évoqués par certains sont contredits par d’autres sources, comme cité ci dessous :
réaliser des économies sur la facture d'eau (moins d'eau potable et plus d'eau recyclée)
Intérêt : la diminution des apports d’eau pluviale aux réseaux d’assainissement est synonyme de
meilleure maîtrise financière des coûts d’investissement et de fonctionnement du service
d’assainissement (Hérin, 2002). Il en serait de même pour l'eau potable.
Frein : la multiplication des systèmes de récupération des eaux implique une diminution de la
consommation en eau potable. Or le prix de l'eau est calculé à partir des frais variables (produits de
traitement, quantité d'eau traitée…) et des frais fixes (entretien du réseau, qualité du service…). Ces
frais fixes, répartis sur un volume d'eau moindre, entraîneront une hausse des prix de l'eau, pénalisant
notamment les usagers ne pouvant pas installer de tels systèmes, et incitant d'autant à la réutilisation
(Serrano, 2006, Kammerer, 2006, Savary, 2006).
De plus, sans les considérations ci-dessus, l'étude économique montre qu'utiliser les eaux pluviales
n'est pas toujours intéressant. Les coûts d'investissements en logements collectifs sont souvent
importants, sans réel retour sur investissement (très variable suivant la région) (Lapray, 2003).
 solidarité envers les régions défavorisées en terme de richesse en eau (éco-citoyenneté)
« Recycler les eaux en France ne donne pas de l’eau aux pays du Sud » (anonyme, Pollutec)
 limiter les besoins de potabilisation d'eau et de dimensionnement du réseau d'eau potable
Frein : l’utilisation d’eaux pluviales diminue la consommation en eau potable, mais le dimensionnement
du réseau d’alimentation en eau potable ne diminue pas. En effet, en cas de sécheresse, l’alimentation
en eau potable des habitats concernés par l’utilisation de l’eau pluviale (et donc à sec après une
sécheresse) doit être assurée quand même. Les réseaux doivent donc être dimensionnés en tenant
compte de tous (Savary, 2006).
De plus, un réseau surdimensionné nuit à la qualité de l'eau, comme en témoigne l'exemple allemand :
en diminuant la consommation d'eau du réseau (beaucoup de réutilisation des eaux de pluie), les temps
de séjour étaient devenus trop longs, notamment dans les châteaux d'eau, provoquant des risques
sanitaires (Chapgier, 2006). Si le phénomène est généralisé, la gestion de l’eau devra être repensée.
 lutter contre les inondations
Intérêt : Un calcul simple peut être effectué sur le cas d'un bassin versant moyennement
urbanisé (20 ha) où toutes les eaux de pluies sont réutilisées. Alors la diminution du débit de pointe est
de l'ordre de 50%. Des mesures de débit réalisées en 1980 à Aix en Provence ont montré qu'il y avait
une diminution du débit de pointe de 30% (Deutsch, 2003).
Frein : L’impact escompté sur la diminution du ruissellement des eaux pluviales en cas d’orage
exceptionnel ne sont pas si élevés (risque de débordement des stockages, Savary, 2006). En effet, le
but d'un utilisateur d'eau de pluie est d'avoir le plus d'eau possible dans sa cuve ; or lutter contre les
inondations implique de retenir l'eau, et donc d'avoir des cuves pouvant accueillir cette eau. Les objectifs
semblent difficilement conciliables, à moins de surdimensionner les cuves, entraînant des frais
supplémentaires aux particulier. De plus, ces bassins sont nécessaires particulièrement aux points
critiques : il est difficile de faire supporter, par solidarité, leur construction aux maisons en bas de pente,
et de maîtriser l'emplacement des cuves par rapport à la topographie du terrain (Kammerer, 2006).

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 14


Par ailleurs, une éventuelle diminution significative des volumes dans les réseaux d'assainissement
(surtout unitaires) entraîne des augmentations de dépôts, et donc des problèmes qualitatifs et
quantitatifs (Deutsch, 2003). Retenir l'eau à la parcelle pose les problèmes de la surveillance des
systèmes de rétention (passage d'une réalisation publique au domaine privé).
De plus, le calcul de la taxe d'assainissement est complexifié : la collectivité restant en charge de
l'épuration des eaux pluviales devenues eaux usées, ces eaux doivent faire l’objet d’une prise en compte
dans l’assiette de paiement du service rendu : les volumes d’eaux pluviales récupérées et réutilisées
doivent venir s’ajouter aux volumes d’eau potable, base de l’application de la redevance
d’assainissement par la Collectivité, par le biais de la facture d’eau (Hérin, 2002).
 préserver les ressources en eau
Intérêt : En habitat individuel ou collectif, les économies d'eau sont de 10 à 30% en récupérant l'eau de
pluie. Il est souvent dit que cela permet d'économiser sur le volume d'eau à traiter en "eau potable" et à
prélever dans le milieu (Deutsch, 2003).
Frein : En France, le problème ne réside pas dans la quantité d’eau disponible, mais dans la qualité de
l’eau (Baumont & al., 2004, Savary, 2006).
De plus, l’emploi des eaux de pluie pour des usages domestiques afin de gérer la rareté de l’eau est à
évaluer par rapport aux actions de recherche de fuites et d’autres moyens d’économiser l’eau (tels que
la réduction de pression, les appareils hydro-économes, le réglage du jet) (Ministère de la Santé).
 protéger l'environnement, face à l'augmentation des pollutions à long terme
Intérêt : la pollution des eaux pluviales sans réutilisation est :
. soit relarguée directement dans le milieu naturel  la réutilisation permet de l'éviter
. soit collectée par le système d'assainissement, surchargé en temps de pluie ; la réutilisation permet de
diminuer les débits de pointe, et donc d'assurer un meilleur traitement (Deutsch, 2003).
Frein : Si on récupère les eaux de pluie, moins d'eau s'infiltre dans les nappes, et donc polluants tels
que les pesticides seront moins dilués. Il y aura donc peut être un problème de concentration des
polluants à cause de la récupération (Chapgier, 2006, de Jacquelot, 2006)

Des freins à la mise en place de réutilisation des eaux pluviales sont identifiées dans les opérations
Haute Qualité Environnementale : le flou réglementaire, pas de position claire du Conseil Supérieur de
l'Hygiène, avis différents suivants les DDASS (Lapray, 2003).

O EVOLUTION REGLEMENTAIRE ET ENCADREMENT : QUELLES PERSPECTIVES?

Le conseil supérieur pour la conservation de la nature, des ressources naturelles et de l’agriculture du


Luxembourg propose de rajouter l’intensification de la mise en place des systèmes de récupération des
eaux de pluie au plan national pour un développement durable de 2001.
Au Royaume Uni, une campagne "Save the rain" (économisez la pluie) sponsorisée par Hydro
international a été lancée pour encourager la collecte de l'eau pluviale venant des habitations. La
campagne est lancée en association avec Waterwise et British Water, et appuiera les évolutions
législatives pour faire en sorte que les systèmes de récupération des eaux pluviales soient obligatoires
dans tous les nouveaux bâtiments d'ici 3 ans. Des prêts sont également souhaités pour faciliter l'accès
au matériel de collecte et stockage dans le maisons. En effet, cela coûte 4500€ mais permettrait
d'économiser 50% sur les factures d'eau (water 21).
Les pays du Nord de l'Europe, où l'eau de pluie est utilisée depuis 10 à 15 ans encadrent ces pratiques.
L'Allemagne et les Pays Bas reviennent sur leur position depuis 2005, suite à des problèmes techniques
ou sanitaires. L'Allemagne incite désormais à utiliser l'eau du robinet (Umweltbundesamt, 2005). Aux
Pays Bas, des dérogations sont envisageables mais les mesures à respecter sont très strictes (Siret,
2005, Kammerer, 2006).
En France, le CSTB construit à Nantes le centre expérimental Aquasim, sur 8000 m2 pour étudier entre
autres la consommation en eau, l'utilisation des eaux de pluie, les impacts sanitaires. A terme, les
résultats de ce centre pourront éventuellement être utilisés pour faire avancer la législation et initier des
changements. D'ici 2009 à 2010, une réponse sur l'impact sanitaire est espérée (construction mi 2007,
mise en service mi 2008) (Lakel, 2006). Le député Patrick Beaudoin a présenté une proposition de loi le
8 décembre 2005, visant à encourager l'installation de citernes de récupération des eaux pluviales, via
un crédit d'impôt. La loi sur l'eau a défini le cadre de ce crédit d'impôt : 25 % avec un plafond de 6000 €..
Le CSHPF a rendu fin 2006 un avis à la DGS concernant les usages domestiques de l'eau pluviale.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 15


CONCLUSION

Les systèmes utilisant les eaux de pluie et réutilisant les eaux grises sont divers et plus ou moins
encadrés suivant les régions. Malgré des problèmes sanitaires potentiels et une rentabilité économique
variable, de plus en plus de systèmes utilisant les eaux de pluie sont installés au niveau particulier ou
collectif. Le recyclage des eaux grises est moins répandu car faisant appel à des techniques plus
complexes. Les usages de ces eaux épurées non potables, concernent principalement l'arrosage du
jardin et l'alimentation des chasses des toilettes.

A l’étranger, de plus en plus de pays autorisent voire encouragent les (ré)utilisations des eaux. En
France, les intérêts sont discutés. Les particuliers sont très demandeurs. Pour les autorités et les
professionnels de la distribution et de l'assainissement, les impacts du développement de ces
démarches au niveau de la santé publique, sur les réseaux, et sur la gestion des eaux pluviales, doivent
être évalués. Leur développement reste donc timide et dépendra sans doute de la mise en place d’une
législation spécifique encadrant les pratiques.

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 16


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Kammerer, B., 2006, Véolia Water, salon Pollutec, Lyon, 28 et 29 Novembre 2006

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bâtiment, salon Pollutec, Lyon, 28 et 29 Novembre 2006

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Serrano, 2006, Lyonnaise des Eaux, salon Pollutec, Lyon, 28 et 29 Novembre 2006

ANNEXES

annexe 1 : Caractéristiques de l'eau de pluie et des eaux grises .........................................................................20


annexe 2 : Récapitulatif des réglementations sur la réutilisation des eaux grises aux Etats-Unis .......................21
annexe 3 : Critères de qualité requis pour les eaux de chasses des toilettes ......................................................23
annexe 4 : Exemples d’installations utilisant eaux pluviales ou eaux grises.........................................................24
annexe 5 : Evaluation coûts bénéfices d’une installation de récupération – réutilisation d’eau de pluie ..............26
annexe 6 : Récapitulatif des prix de l’eau et des préoccupations liées à la ressource en fonction du pays.........27

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 19


annexe 1 : Caractéristiques de l'eau de pluie et des eaux grises

Paramètres Concentration moyenne (mg/L) Limite de qualité eau potable (mg/L)


pH 5 6,5 -8,5
Plomb 0,1 0,05
Zinc 0,1 0,004 - 0,2
Nitrates 0,3 10 - 400
Ammonium 0,3 - 0,6 100 - 1400

Acidité notamment dans le nord et l'est. Plus de chlorures, potassium, calcium, magnésium dans les régions océaniques,
(Miquel, 2003, in Baumont & al., 2004).
Caractéristiques de l'eau de pluie en France (moyennes annuelles) - Deutsch, 2003

MES DCO DBO5 P N Coliformes fécaux


pH
(mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L) 1/mL
1 5
Douche, bain, lavabo 52 +/-18 189 +/-78 94 +/- 42 - - - 10 à 10
Evier de cuisine 105 +/-78 339 +/-173 252 +/- 146 - - -
Lave linge 89 +/-56 193 +/-115 140 +/- 60 - - -
Total eaux ménagères 247 721 487 5 13 8 102 à 106
P : phosphore, N : azote; +/- représente l'écart type calculé à partir des valeurs des différentes études
Sources : Butler et al (1995, quatre études menées aux USA entre 1974 et 1986), Durand et Golicheff (1978, étude sur deux pavillons et un
immeuble en France) , Gildemeister & Kraume, 2005
Charges de pollution d’une eau grise

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annexe 2 : Récapitulatif des réglementations sur la réutilisation des eaux grises aux Etats-Unis

(State regulations, 1999)

sans eaux noires


évier de cuisine
douche, bains

eaux diverses
lave vaisselle
lave linge
lavabos
Etat Usage

Alabama X X X X X Fosse septique puis champ d'épandage, 50 pieds par dwelling


Alaska X X X X X X Pas de règlement existant
irrigation de surface (autorisation du département pour l'irrigation),
doit pouvoir contenir un évènement pluvieux de retour 10 ans, eau
Arizona X X X X grise : max 25 CFU / 100mL pour coliformes fécaux, et moins de
2mg/L de chlorine
Possibilité de traiter avec lit filtrant
Pas de définition. Les eaux grises doivent être traitées comme les
Arkansas eaux usées, avec fosse septique et champ d'épandage. Autre
méthodes au cas par cas
Les eaux venant de vêtements souillés sont interdites. Autorisation
de l'autorité administrative, nécessaire, en fonction du niveau des
Californie X X X eaux souterraines, de la localisation, du type de sol, de la surface
disponible. Solution autorisée : champs d'irrigation de subsurface.
Pas d'arrosage de légumes.
Colorado X X X X X X collecte, traitement, et épandage, ave fosse septique
En accord avec les "Tecnical Standards". Fosse septique, leaching
Connecticut X X X X X X system d'au moins la moitié de la taille du système
d'assainissement classique
Delaware Pas de définition. Pas de règlement existant
cuve d'au moins 250 gallons, recevant moins de 75 gallons/j
Floride X X X X Surface d'épandage pour un habitat de 1 à 2 chambres, 75 square
feet minimum, plus 25 sq feet/chambre
cuve d'au moins 500 gallons, recevant moins de 75 gallons/j
Georgia X X X X
Surface d'épandage doit être basé sur le nombre de chambres
possibilité duand plus de 10000sq feet; possibilité de filtre à sable,
lits et tranchées d'absorption, tertres, ou irrigation;
Hawaii X X X X
dimensionnement basé sur 150 gallons /[Link], cuves de 600
gallons minimum
Guidelines dans le Tecnical Guidance Manual; autorisation
uniquement à titre expérimental; cuve, filtre, pompe, système
Idaho X X d'irrigation; interdiction en cas de légumes: interdiction d'arrosage
en surface, ou d'atteinte du niveau de la surface par l'eau
recyclée.
Aucune définition, aucune réglementation. Eventuellement
Kansas
possible lorsque les systèmes traditionnels sont impossibles.
uniquement les eaux des machines à laver sont autorisées à être
Kentucky X X X X X
traitées, via une tranchée d'infiltration
uniquement les eaux des machines à laver sont autorisées à être
Maine utilisées, via une fosse septique et un champ d'épandage;
Approbation par l'inspecteur plombier
Maryland Aucune définition; autorisation au cas par cas
Aucune définition; Fosse septique, filtre; lit filtrants ou
Massachussets
évapotranspiration approuvés au cas par cas.
Aucune définition; une des plus anciennes réglementation quant
aux eaux grises. Chaque comté est libre de faire ses choix; le
département de la santé a publié le Guidelines for Acceptable
Michigan
Innovative or Alternative Waste Treatment Systems and
Acceptable Alternative Graywater Sysems; système testé par le
National Sanitation Protocol ou une agence de test indépendante

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 21


sans eaux noires
évier de cuisine
douche, bains

eaux diverses
lave vaisselle
lave linge
lavabos
Etat Usage

Aucune définition, autorisation uniquement si un système standard


est impossible ou n'est pas la solution la plus efficace; fosse
septique, drain de 2 inches de diamètre maximum; 2 chambres:
Minnesota
300 gallon; 3-4 chambres: 500 gallons; 5-6 chambres: 750 gallons;
7-8-9 chambres: 1000 gallons; pour plus, chaque chambre
implique 300 gallons
Missouri X X X aucune réglementation
Montana Aucune définition, fosse septique et champ d'épandage
Autorisation de l'autorité locale habitat par habitat; utilisation pour
irrigation souterraine; interdiction pour les sols dont perméabilité <
Nevada
120min/inch; cuve d'au moins 50 gallons, avec surverse + divers
conseils
Aucune définition, aucune réglementation, mais ouvert à tout
New Hampshire
système alternatif au cas par cas.
Autorisation de l'autorité locale, fosse septique et champs
New Jersey X X X X X X
d'épandage
New Mexico X X X X X Fosse septique. Possibilité en irrigation sub surface
Approbation par le departement de la santé; dimensionnement
New York
basé sur 75 gallons/[Link]; fosse septique ou fosse aérobie.
North Carolina Aucune définition, aucune réglementation
fosse septique, ou cuve de sédimentation, puis infiltration dans le
North Dakota X X X X X
sol ou autre sysètme alternatif
Approbation par Environmental Quality Commission; fosse
Oregon
septique, champs drainant
Pennsylvanie X X X X X cuve de traitement
Rhodes Island X X X X Fosse septique
dimensionnement basé sur minimum 25gallons /[Link] Temps de
rétention de 3 jours dans fosse septique; recyclage pour les
Dakota du Sud X X X X X
chasses de toilettes, l'irrigation de produits non alimentaires,
l'infiltration ou tertre
Autorisation de l'autorité locale et du State Board of Plumbing
Texas X X X
Examiners. Traitement par fosse septique et épandage
Aucune définition; approbation du bureau local de la santé. Fosse
Washington septique et drains d'épandage sub surface + nombreuses
recommandations
Aucune définition, approbation du directeur nécessaire. les tuyaux
d'épandage doivent mesurer moins de 2inches; taille de la fosse
West Virginia
septique: 2 chambres = 500 gallons; 3-4 chambres = 750 gallons;
210 gallons par chambre supplémentaire
Aucune définition, aucune réglementation. A priori, traité comme
Caroline du Sud
eau usée
Canada voir les agences locales du ministère de la santé
Illinois, Indiana, Iowa, Mississipi,
Louisianne, Nebraska, Ohio, Oklahoma,
Aucune définition, aucune réglementation
Tennessee, Utah, Vermont, Virginia,
Wisconsin, Wyoming

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 22


annexe 3 : Critères de qualité requis pour les eaux de chasses des toilettes

Coliformes Fécaux Coliformes Totaux [Link] DBO5 Turbidité MES Oxygène Cl2 résiduel
pH
(CFU/100mL) (CFU/100mL) (CFU/100mL) (mg/L) (NTU) (mg/L) dissous (mg/L)
14 pour tout échantillon
US EPA (LD) 1 10 2 6-9 1 CT = 30
0 pour 90% des échantillons
25 pour tout échantillon
Floride (O) 20 5 1
0 pour 75% des échantillons
Texas (O) 75 (O) 5 3
moyenne 2,2
Canada, BC (O) 10 5 10
14 pour tout échantillon
Allemagne (LD) 100 (LD) 500 (LD) 20 (LD) 1-2 (O) 30 80-120 6-9

Japon (O) 10 pour tout échantillon 10 10 5 6-9

South Australia <10 <20 <2


200 (LD)
arrosage pelouse OMS
1000 (O)
200 (LD) 500 (LD) 2 (LD)
eau de baignade UE 80-120 (LD) 6-9
1000 (O) 10 000 (O) 1 (O)
14 pour tout échantillon
R.U BSRIA
0 pour 90% des échantillons
O : obligatoire ; LD : ligne directrice
Source : Lazorova & al., 2003, Water Science and techology

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 23


annexe 4 : Exemples d’installations utilisant eaux pluviales ou eaux grises

Lieu, année Surf. toiture hab. Usage Stockage Réserve/hab Réserve/surf


1 3
1) Saint Ouen .gravillonnaire toilettes, 150 m
180 0,83 -
LQCM*, (93) ,1999 .zinc nettoyage béton
2 3
2) Meillonas 15 m (15 cuves
2 toilettes,
(01), 1996-97 458 m 36 modulaires) PEHD 0,42 32 mm
nettoyage
+ stockage tampon
3
2 20,5 m ,
3) Petit Quevilly 2
1260 m 117 toilettes 2 cuves béton 0,17 16 mm
(76)
+ stockage tampon
toilettes,
4) Balme de Sillingy 2 arrosage, 3
3 2000 m 105 60 m 0,57 30 mm
(74) nettoyage,
incendie
3
5) Mordelles (35) - - toilettes - - -
3
6) Saint Max (54) - - arrosage - - -
4 2
7) Courbevoie (92) 200 m 3
~ 300 toilettes 70 m , 5 filtres 0,23 350 mm
par Nexity, 2005 gravillonnaire
1 2 3 4
de Gouvello, 2006, de Gouvello, 2004, de Gouvello & Bazar, 2003, Siret, 2005. *LQCR : Logements Qualité à Coûts
Réduits ; Notes : En 1) ,3) et 7) les eaux sont colorées en jaune ou bleu.
Exemples d’installations de récupération-utilisation des eaux pluviales en France

Ville ou région Opération


3
1 lotissements HQE (citernes de 7m en béton pour jardins et toilettes)
Silfiac (56)
création d' un éco-village par l'association loisirs–vacances–tourisme
1
Langouët, La Gacilly (56) lotissements
2
Loos en Gohelle (62) logements sociaux (usages non alimentaires)
2000 : vente de cuves de récupération d'eau de pluie pour l'arrosage
Lorient (56) 2002 : Cap l'Orient* finance l'achat de cuves (500L ou 1300L) à hauteur de 40%.
buts : écologique, économique et solidaire
Rennes (35)
Vannes (56) opérations d'incitation à la récupération des eaux de pluie
Aix les Bains (73)
2006 : opération "200 premiers kits eaux pluviales" (aides à hauteur de 700 €
pour cuve de 2500 L , pour toilettes). Succès surtout à La Rochelle et Poitiers
3
Poitou Charente 2006 : opération "10 000 tonneaux récupérateurs d'eau de pluie" (aides à hauteur
de 30% pour l'achat de tonneaux, usages extérieurs). Succès surtout à Poitiers et
Niort
Liste non exhaustive
*Communauté d'agglomération du Pays de Lorient, 19 communes
1 2 3
Luneau, S., 2006, Carron, 2005, Conseil Régional de Poitou Charente, 2006, Habitat Naturel, 2006.
Les incitations à l'utilisation des eaux de pluie, France

Pays Exemples
Allemagne . depuis 1995 : association professionnelle FBR (300 membres), ambition de créer un réseau
1,2
européen
. 20% des grandes villes subventionnent à 50% le recyclage des eaux pluviales :
perspective d’atteindre 15% des bâtiments utilisant l’eau de pluie
. depuis mars 2000 : Lüdeckestrasse, près de Berlin, eau de pluie collectée et utilisée par
environ 200 personnes pour les chasses de toilettes et l'arrosage d'espace verts, qualité de
l'eau après traitement "eaux de baignade".
. investissement de 2000 €/maison de 4 personnes : couverture de 40-50% des besoins
3
Pays Bas
Deventer . 200 maisons utilisant l’eau pluviale pour l’alimentation des toilettes, l’arrosage et les lave-
linge (réduction de 80% de la consommation d’eau potable ; un cas de problème sanitaire :
eaux noires connectées à la citerne des eaux de pluie).
Waterwijk . 240 maisons avec installation utilisant l’eau de pluie pour les toilettes (1998)
(Amsterdam)
1 2 3
Chéron & Puzenat, 2004, Nolde, 2006, Ashley & al., 2004
Exemples d'utilisation des eaux pluviales, Europe
P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 24
Lieu Détails
France Echelle de démonstration
1
Annecy , 1999 40 appartements, 120 habitants, eaux grises (eaux des bains, douches, lavabos,
lave-linge, lave-vaisselle, évier de cuisine) traitées par décantation, bio-réacteur à
membranes, et désinfection par des UV, utilisation pour alimenter les chasses des
toilettes. Couverture de 50 à 70% des besoins totaux des appartements, soit plus
que nécessaire pour les toilettes. Le système a fonctionné plus de deux ans en
pilote, puis a été stoppé faute de financement
4
Allemagne 650 systèmes en fonctionnement avec des "réacteurs batch" multi étages. Ils
permettent tous l'utilisation de l'eau pour la chasse des toilettes, et la moitié d'entre
eux ont la possibilité d'utiliser l'eau pour les lave-linge*
2
Freiburg, Quartier Vauban , Quartier complet : eaux grises (cuisines, salles de bain), initialement traitées par
1999 un filtre à sable aéré. Suite à des problèmes, installation d'un filtre à membrane.
Utilisation des eaux traitées pour l'alimentation des toilettes et l'arrosage des
espaces verts
Offenbach, hôtel Arrabella- hôtel 4 étoiles, 400 lits, utilisation de l'eau des bains et des douches pour les
3 e
Sheraton , 1996 chasses de toilettes, bac de décantation, disques biologiques, 2 bac de
décantation, désinfection par des UV
Luebeck Flintenbreite 100 habitations, les eaux grises vont, par gravité, dans une zone humide
aménagée (type lit filtrant) : un traitement biologique, rejet dans une crique
Japon Japon: 33% des foyers recyclent EG pour alimenter toilettes, 400 immeubles
équipés à Tokyo
2
Tokyo Pour les immeubles de plus de 30 000 m au sol ou susceptible de réutiliser plus
3
de 100m d'effluent traité par jour doit être équipé d'un double réseau de
5 7
distribution et de mini stations d’épuration pour réutilisation dans les toilettes
1 3
Tokyo, hôtel Miyako , 1982 Hôtel de luxe de 500 chambres, recyclant 160m /jour, membranes d'ultrafiltration
6 projet d’hôtel O’NOMMO du groupe Accor devant aboutir en 2008, "laboratoire
Mauritanie
d’idées pour la construction des hôtels en Afrique"
1 2 3 4 5 6
Lazorova & al., 2003, Panesar & Lange, 2003, Nolde, 2006 , Nolde, 2005, Baumont & al., 2004, Puil, 1998 Accor,
7
2005, Thépot, 1999
* Le système réacteur batch est également utilisé en Espagne, Arabie Saoudite, Australie, Afrique du Sud, et aux
Maldives
Récapitulatif des projets de réutilisation des eaux grises

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 25


annexe 5 : Evaluation coûts bénéfices d’une installation de récupération – réutilisation d’eau
de pluie

fin d'évaluer les coûts, l'exemple d'une maison est pris :

 100 m2 au sol et 100 m2 de jardin ; famille de 4 personnes ; pluviométrie est de 750 mm/an.
D'après la méthode indiquée plus haut, le volume potentiellement récupérable est au maximum
56 m3/an, soit 4,7 m3/mois si la pluie est répartie également sur l'année. Il s'agit du cas idéal où la
cuve est suffisamment grande pour recueillir la totalité de l'eau pluviale, et où il pleut assez
régulièrement pour l'alimenter toute l'année. Le volume nécessaire pour arroser 100 m2 de jardin sur
les mois de juin, juillet, août est 28 m3 (arrosage basé sur 3L/m2/j en été, AREHN) .

Les coûts de différents types de systèmes de récupération d'eaux pluviales ont été répertoriés ci-
dessous, et le volume d'eau de pluie collectée nécessaire au retour sur investissement a été calculé à
partir du prix de l'eau potable du réseau, estimé ici à 3 € / m3.

sourc Coût retour sur investissement,


e
Installation Commentaires
estimé dans le cas idéal
Usages extérieurs
3 autonomie limitée,
Cuve (dès 225 L) + robinet + 15 m
1 45 € arrosage du jardin à
couvercle et réceptacle à gouttière  rentabilisable la première année
l'arrosoir
3
cuve polyéthylène 300L + filtre + 67 m
2 200€
pompe à main  rentabilisé en au moins 2 ans
Système de récupération + cuve 3
60 m
1 extérieure (400 à 800 L) + robinet + 180 €
 rentabilisé en au moins 2 ans
socle et couvercle
arrosage au jet
3
Système de récupération + citerne 110 m possible, peu
1 330 €
extérieure (400 à 800 L) + pompe  rentabilisé en au moins 3 ans esthétique et sensible
au gel
3
cuve 3000L + panier filtrant + 475 m
3 1425€
regard + pompe + aspiration 2mm  rentabilisé en au moins 9 ans
Usages intérieurs
cuve 4000L (terrassier) + 3
1400- 475 m , soit ~ 9 ans pour une famille pour toilettes et lave-
4 installation plomberie soit même +
1500€ de 4 personnes * linge
pompe + filtre
3 toilettes, lave linge,
cuve 7500L système complet 1 167 m , soit ~21 ans pour une
2 3500€ douches, lave
d'alimentation domestique famille de 4 personnes *
vaisselle…
3
filtre + réservoir (~ 10 000 L) + 1 267 m , soit ~23 ans pour une toilettes, lave linge,
1 3 800 €
pompe + canalisations famille de 4 personnes * arrosage
3
* car le maximum récupérable par an est 56 m ; 1 : AREHN, 2000, (données initiales en francs, avec 1 € = 6,56 Francs), 2 :
60 millions de consommateurs, 2006; 3 : Boucherot & al., 2005 ; 4 Idées Maison, 2005
Calcul sommaire des économies réalisées

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 26


annexe 6 : Récapitulatif des prix de l’eau et des préoccupations liées à la ressource en
fonction du pays

Les pays européens dont les réserves en eau sont exploitées à hauteur de plus de 20% sont notés
en italique (à ajouter à cette liste : Hongrie, Moldavie, Roumanie, Ukraine, Pologne, et Bulgarie). Une
gestion des ressources en eau est alors nécessaire.
Les pays faisant face à des problèmes ressource en eau dans les îles sont soulignés (plus Bulgarie).
En outre, la présence de lignes directrices (LD) concernant la réutilisation des eaux usées épurées
est signalée.
prix EP Raison éventuelle recensée d'une utilisation des eaux pluviales ou réutilisation des
LD Pays
(€) eaux grises
. développement de cultures à irrigation intensive
France 2,56 . diminution des niveaux des nappes après les récentes sécheresses, même au nord
ouest, problème de ressources aquifères
oui

. irrigation
Italie 0,71
. traitement des eaux potables et des eaux usées financés directement par les impôts
. irrigation
Espagne 0,90
. diminution estivale des niveaux dans les rivières
. un des pays avec le moins d'eau disponible
Belgique 2,43 . (ré)utilisation utile pour les périodes de pointe l'été
3 2
. 15 m gratuits /hab/an
. grosse augmentation de la demande en eau en 50 ans
. notamment : tourisme qui augmente la demande l'été
. pression sur les ressources en eau douce dans le sud, due au tourisme et à
Grèce 0,96
l'irrigation
en prévision

. 83% des traitement d'eaux usées se trouvent dans un région avec un déficit
hydrique
Portugal . irrigation
Suède . quelques zones où l'eau est rare, notamment pour l'irrigation
. problème d'approvisionnement en eau durant les sécheresses (irrigation, bétail,
baignade, industrie)
Pays Bas 2,65
. existence de taxes et de limites sur le prélèvement en aquifère, afin de retrouver le
niveau des eaux souterraines
. peu de problèmes quantitatif d'eau en temps normal, mais sécheresses ces
Royaume Uni 2,89 dernières années : pression publique, politique et climatique en faveur de
récupération
. pas de problème de quantité d'eau, 159 L/[Link]
Autriche
. préoccupation pour la qualité : consommation limitée pour les industries par exemple
. prix élevé de l’eau (incitatif pour les industries), mais pas de préoccupation majeure
Danemark 4,53
pour une (ré)utilisation éventuelle
Finlande 2,33 . un des pays ayant le plus d’eau disponible par habitant
. peu d’incitation à la réutilisation des eaux usées, mais le haut niveau de protection
aucune

de la ressource peut inciter


4,45
Allemagne . dans quelques Länder, nouvelles législation pour la collecte des eaux d’orage,
3,62
centrées sur l’écologie et l’économie
. pays le plus cher de l’Europe
Irlande . climat humide, peu d’incitation
. pas de problème d’approvisionnement en eau douce, mais protection des cours
Luxembourg d’eau l’été (recyclage industriel), incitation à la récupération des eaux pluviales pour
l’agriculture, l’industrie, et les usages domestiques
Suisse 1,09 assainissement gratuit .
Australie 1,39 climat variable, avec épisodes de sécheresse
Etats Unis 1,06
Hongrie 0,69 Pays le moins cher d’Europe
Japon 0,07 Pays le moins cher du monde
Source : Angelakis & al., 2003, Rathjen & Cullen, 2003

P. Janny - Synthèse technique - janvier 2006 27


ECOLE NATIONALE DU GENIE RURAL DES EAUX ET DES FORETS

ENGREF

TECHNICAL SYNTHESIS

RAIN WATER UTILISATION


AND GREY WATER REUSE
IN RESIDENTIAL AREAS

JANNY Pauline

Courriel : pincon@[Link]

January 2007

ENGREF Centre de Montpellier Office international de l’eau


B.P.44494 - 34093 MONTPELLIER CEDEX 5 15 rue Edouard Chamberland -
Tél. (33) 4 67 04 71 00 87065 LIMOGES CEDEX
Fax (33) 4 67 04 71 01 Tel : (33)5 55 11 47 47
Fax : (33)5 55 11 47 48
PLAN

GLOSSARY.............................................................................................................................................................1

KEY WORDS...........................................................................................................................................................2

ABSTRACT .............................................................................................................................................................2

RESUME .................................................................................................................................................................2

INTRODUCTION .....................................................................................................................................................3

ACTUAL CONTEXT AND DEFINITIONS ...............................................................................................................3

O WHAT ARE RAIN WATER AND GREY WATER ?...................................................................................3


Rain water comes from the run-off and is not concentrated.......................................................................3
Grey water comes from domestic uses and has variable loadings ............................................................3
O WHAT ARE THE WATER USES IN RESIDENTIAL AREAS?..................................................................4
The housing can be either individual or collective ......................................................................................4
The use of treated water is possible for some domestic uses....................................................................4
What kind of demand is there ? ..................................................................................................................5
O NORMATIVE AND LEGAL ASPECTS : THE PUBLIC AUTHORITIES POINT OF VIEW .......................5
Diverse points of view around the world .....................................................................................................5
In France, these systems are treated with caution .....................................................................................6
TECHNIQUES AND EXAMPLES ...........................................................................................................................7

O DIFFERENT TECHNIQUES TO CREATE AN INSTALLATION ...............................................................7


Rain water techniques ................................................................................................................................7
Grey water techniques ................................................................................................................................8
O EXAMPLES OF SUCH SYSTEMS ARE INCREASING ..........................................................................10
Rain water uses in Europe........................................................................................................................10
Grey water reuse, in the world ..................................................................................................................10
WHAT FUTURE FOR RAIN WATER USE AND GREY WATER REUSE? .........................................................11

O A CURRENT THEME ...............................................................................................................................11

O FINANCIAL SAVINGS NOT ALWAYS OBSERVED...............................................................................12

O NON NEGLIGIBLE SANITARY RISKS ...................................................................................................13

O DISCUSSION ON ADVANTAGES...........................................................................................................13

O EVOLUTIONS IN REGULATION AND THE FRAMEWORK...................................................................15

CONCLUSION.......................................................................................................................................................15

BIBLIOGRAPHY ...................................................................................................................................................16

ANNEXES .............................................................................................................................................................18

P. Janny - Technical synthesis - january 2007


figure 1 : Different uses of water in domestic houses..............................................................................................4
figure 2 : Diagram of the water uses, in percent, adapted from Lücke, 2005..........................................................5
figure 3 : Combined system: horizontal and vertical flow (Masi, 2005) ...................................................................9
figure 4 : diagram of different membrane bioreactors .............................................................................................9
figure 5 : Examples of rain water use, Europe.......................................................................................................10
figure 6 : Summary of grey water reuse projects...................................................................................................11
figure 7 : Consumers' profiles, in Jura ...................................................................................................................11

GLOSSARY

ADOPTA : Douai town Association for Alternative Techniques


AREHN : "Haute Normandie" Regional Association for the Environment
BSRIA : Building Service Research and Information Association
CSHPF : French Superior Council for Public Hygiene
BOD5 : Biochemical Oxygen Demand in 5 day
COD : Chemical Oxygen Demand
DDASS : Departmental Direction for Social and Sanitary Issues
FBR : Fachvereinigung Betriebs und Regenwassernutzung (Association of rain water harvesters,
Germany)
GRAIE : Rhône Alpes’ Research Group
HQE : High Environmental Quality
MEDD : Ministry of Environment and Sustainable Development
MES = TSS : Total Suspended Solids
OMS = WHO : World Health Organisation
MSS : French Ministry of Health and Solidarity
SIADO : Syndicate of several communities for the Sewage of the Douai region

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 1


KEY WORDS
Rain water, grey water, collection, storage, treatment, reuse, domestic use

ABSTRACT

All over the world, systems that use rainwater and that recycle grey water are increasing. Rain water
is collected from roofs, whereas grey water comes from domestic effluents (showers, baths,
washbasins, and even washing machines, dish washers and kitchen sinks). In residential areas, the
main uses of non potable water quality are for the watering of gardens and the flushing of toilets.
There are many reasons for this increase ; two of the most frequent reasons are to save money and
storage for dry seasons. But there are new reasons like the saving of water resources and the desire
to reduce “drinking water” consumption for domestic use in households which is leading people to use
recycling systems.
However, regulations concerning these techniques are different from one country to another. Some
countries encourage them while some forbid them. Rain water and grey water are actually both
polluted, but are polluted at different stages and are not free of bacterial pollution. Treatment systems
are diverse, which has led to the distribution of non drinking water systems into households, causing
some sanitary risks. Value for money depends on size, use, durability, and maintenance
requirements.
Constraints such as regulations, sanitary norms, different techniques and economy are factors that
have been evaluated in order to indicate future trends. This also involves public acceptance and the
integration into the existing drinking water and sanitation supply system.

RESUME

Les systèmes de récupération - gestion - (ré)utilisation des eaux de pluie et eaux grises se
développent dans différentes régions du monde. Les unes sont récupérées depuis les toitures, et les
autres sont issues des eaux domestiques (douches, bains, lavabos, voire lave linge, lave vaisselle et
éviers de cuisine). En zone résidentielle, les usages de ces eaux recyclées, non potables, concernent
principalement l'arrosage du jardin et l'alimentation des chasses des toilettes.
Le plus souvent attires par des économies monétaires sur la facture d'eau, il s'agit aussi pour les
particuliers de prévenir les périodes de sécheresse. Les nouvelles préoccupations sur la protection de
la ressource en eau et la volonté de ne pas "gâcher" une eau potable pour des usages non
alimentaires motivent également ces pratiques.
Cependant, les réglementations concernant ces usages varient selon les pays, allant de l'incitation à
l'interdiction. En effet, à des degrés différents, eaux de pluie et eaux grises sont chargées et non
indemnes de pollution bactériologique ce qui pose des risques sanitaires évidents : ces eaux tendent
à être utilisées pour des usages traditionnellement fournis par l'eau potable du réseau. Des
techniques d’épurations diverses existent pour diminuer la charge de ces eaux mais la rentabilité
économique de telles installations dépend de la taille, l'usage, la durabilité, l'entretien…
Suite à un bilan de la situation actuelle, les perspectives d'avenir sont évaluées : évolutions
réglementaires, sanitaires, techniques et économiques, acceptation sociale, intégration dans le
système d'alimentation en eau potable et d'assainissement sont autant de paramètres à prendre en
compte.

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 2


INTRODUCTION

In the 19th century, common rain water cisterns disappeared to be replaced by the drinkable water
supply and sewage networks, first in Paris. The drinking water network in France was built in the
1980’s, and water treatment is still not generalised. Moreover, important climatic phenomenon have
led to new problems : big storms create floods, with the problem of rain water management, whereas
dry periods are more and more frequent, adding to the problem of water resource management.
In this context, alternative techniques have become more important, particularly the use of rainwater
and the re-use of grey water.
This synthesis deals with residential areas, that is to say the management of water in living places.
First, rain water, grey water and the legal frame work will be defined. Then, the techniques for
(re)using water will be explained, and some examples will be given. Finally, social, economical and
sanitary advantages and drawbacks will be summed up, in order to discuss the evolution of these
systems.
The rain water use deals only with Europe, while grey water reuse deals with worldwide cases.

ACTUAL CONTEXT AND DEFINITIONS

O WHAT ARE RAIN WATER AND GREY WATER ?

Rain water comes from the run-off and is not concentrated

The EN 12056-1 norm1 defines rain water as water coming from natural rainfalls that have not been
voluntarily polluted.
Rain water is collected from roofs, thanks to guttering and pipes. It is not potable water as some
pollutants from the atmosphere or roof get into the water. 15 to 20% of the pollution comes from the
atmosphere, and 75 to 85% comes from the roof. In towns, deposits (from industry, cars : TSS,
organic matter, metals such as lead, zinc) have higher levels. So, vegetal or animal remains, metals,
aerosols, particles from the atmosphere (nitric and sulphuric acids) get into the water. Concerning
pesticides, rates can reach 1x10-3 to 5x10-3 mg/L in 10% of cases (Baumont & al., 2004).
Rain water is acidic, soft, with few minerals, and consequently is corrosive and aggressive. It contains
sulphates, sodium, calcium, ammonium and even nitrates. The composition is described in annexe 1.
These parameters are variable, depending on the period and on the region. Particles and pH often
exceed the limit values of drinkability (Miquel, in Baumont & al., 2004).
Worldwide, the estimates give 711 mm of rainwater and 463 mm of evaporation and transpiration on
emerged surfaces (Cosandey & Robinson, 2000). However, a catchment area in South East of
France has values of 895 mm/year, evaporation and transpiration of 1155 mm/year. Such balances
are variable from one region to another : water harvesting is not always justified.

Grey water comes from domestic uses and has variable loadings

Definitions
European norm EN 12056-1 gives the following definitions :
Waste water : water polluted by utilisation and water flowing in the sewage network. This kind of
water can either come from domestic, commercial, industrial uses or from rain water…
Black water : waste water with faeces
Grey water : waste water without faeces

This terminology is generally used in France. So grey water is domestic water from sinks, wash
basins, baths, showers, washing machines and dish washers. Black water, from toilets, which
represents a third of waste water BOD in residential area, is not included.
However, depending on the country, grey water can be limited to water coming from the bath, the
shower, and the washing machine ; the kitchen sink and the dish washer are excluded, because they
can contain greases and microbiological contaminants.

1
Describing, among other things, different rules to calculate the ideal dimensions for hydraulic systems.
P. Janny - Technical synthesis - january 2007 3
This last definition can be found in the United Kingdom, Australia, and sometimes in Germany and the
United States (Environment Agency, 2006, Lücke, 2005). In these cases, water coming from the
kitchen sink and dish washer is called "dark grey water" (Gildemeister & Kraume, 2005), and is
treated with black water.

Composition
Grey water is more polluted than rain water and has variable and heterogeneous composition. Its
composition depends on the drinking water used and on the utilisation (cleaning product, washing
powder, soaps, solvents, greases, paint, glue, mercury from thermometers) (Baumont & al., 2004).
The temperature is variable and can reach quite high values. Different values found in this
bibliography are synthesised in annexe 1. Water from the kitchen is the most polluted, then water
from washing machines and, finally, water from the bath, wash basins, and the shower is the least
polluted.

O WHAT ARE THE WATER USES IN RESIDENTIAL AREAS?

The housing can be either individual or collective

A residential area is defined as a place where people live, night and day. Thus, it is a place where
people can sleep, and have baths, showers, use the toilets : individual houses, block of flats, hotels.

The use of treated water is possible for some domestic uses

The volume of water used in Europe is about 95 to 150 L/day/person (in France : 125 in individual
houses, 95 in collective housing ; that is to say 30 to 55 m3/year). There are different sources of data
regarding the uses of water in the house. The following graph represents an average of six
bibliographic sources :

Uses of domestic water

+/- 6% toilets
28%
w ashing
+/- 3%
machine
12%

+/- 11% outside


dishw asher,
17%
kitchen sink
11% +/- 5%

+/- 5% bath, show er,


w ash basin
32%
From Paris, 2002 - Pagel, 1999 - Environment Agency, 2006 - Leroy Merlin, 2006- Rathjen & Cullen, 2003 -Lücke, 2005, +/-
% is the standard deviation on the different values of these six studies.
figure 1 : Different uses of water in domestic houses
This figure shows that 45% (outside + toilets, and in some cases 57% with the washing machine) of
the domestic water could be provided by treated rain or grey water. External uses (watering, cleaning)
are not well known, as they vary +/- 11% between different sources.

The following diagram sums up the cycle of water in a residence, using rain water and reusing grey
water (same data sources as above).

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 4


ORIGIN UTILISATION CLASS DESTINATION

Shower, 40
43 Grey water
bath, 32
Drinkable sinks treatment
water Grey water

Kitchen 11 54
washing 12 14 Evacuation
57
(Re)used water Toilets 28 Black water Evacuation
28 28
Rain water
Outside 17

Recycling of grey water

figure 2 : Diagram of the water uses, in percent, adapted from Lücke, 2005
According to Grottker, Albold and al. (2004), grey water represents between 25 to 100 m3/pers/year,
that is to say 70 % of the used water flow (Gildemeister & Kraume, 2005).
But, according to estimations from the data sources used below, grey water represents 16 to
3 m3/pers/year. And according to the Environment Agency (2006), the reuse of grey water could
economise 18 m3/pers/year (33% of the consumption).

What kind of demand is there ?

Garden watering and toilet flushing supply are the main uses that people look for. Cleaning domestic
premises and roads is also a motivation.
Motivation to use rain water and grey water are diverse :
1
• to save money on the water bill by using less drinkable water and more recycled water
1
• to exploit a useful resource instead of letting it go into the sewage network
4
• to have a new water resource, added to the others
4
• to foresee dry periods when watering is forbidden, link with the climate change
3
• to be in solidarity with regions that have few water resources

• to preserve water resources : in France, domestic consumption is higher than industrial water or

water for energy consumption 1,2 inequality and fragility of resources 3


2
• to limit society’s needs for drinkable water

• to delay storm water effects by retaining water in one's home : no need anymore to over-size the

sewage network 2
4
• to protect environment from the increase of long term pollution

(Sources : AREHN, 2000 , Baumont & al., 2004 , Cheron & Puzenat, 2004 3, Angelakis & al.,
1 2

20034)

O NORMATIVE AND LEGAL ASPECTS : THE PUBLIC AUTHORITIES POINT OF VIEW

Diverse points of view around the world

European point of view on water for human consumption


The 98/83/CE drinking water directive (November 1998, 3rd) concerns the quality of water intended for
human consumption. Drinking water is used for drinking, cooking, or other domestic uses. Moreover,
water for human consumption must have drinking quality. Member states can make an exception to
that rule for :
. water intended exclusively for those purposes for which the competent authorities are satisfied that
the quality of the water has no influence, either directly or indirectly, on the health of the consumers
concerned (art 3) ;
. water intended for human consumption from an individual supply providing less than an average of
10 m³ a day or serving fewer than 50 persons, unless the water is supplied as part of a commercial or
public activity (art 3).
P. Janny - Technical synthesis - january 2007 5
The 6th article of this directive defines the quality that the water must meet when used from a tap.

Rain water use


Mandatory : Virgin Islands (Caribbean), for blocks of flats
Legal frame work : Denmark (it is legal to use rain water for toilet flushing and washing machines ;
studies from technical a framework to minimise sanitary risks), United Kingdom (guidelines from
BSRIA)
Encouragement : Belgium (MATUE 2 wants to develop cisterns and to evaluate the impact on the
drinkable water networks, Cheron & Puzenat, 2004), Luxembourg (subsidies)3
Evolution through a limitation of rain water utilisation: Germany4, Netherlands5. In Germany, there is
no regulation, but authorities were quite favourable to rain water harvesting systems, as in the
Netherlands. But, since 2005, those two states have gone back on their position (see part "evolutions
in regulation and framework")
Grey water reuse
According to the European directive concerning urban waste water treatment (91/271/EEC), treated
waste water shall be reused whenever appropriate. That definition is quite vague and the member
states can chose what they want.
In United Kingdom, the texts concerning the uses of water in households are the "water supply
regulations, 1999". These regulations impose legal requirements for backflow protection of any public
mains supply “back-up” connection. They also place an obligation on installers not to allow cross-
connection of mains-fed pipework with pipes carrying recycled water, and to clearly mark the pipes
and fittings to distinguish recycled water from mains-derived water.
The Environment Agency publishes guidelines for grey water, considering that water from bath,
shower, wash basins can be used, after treatment, for toilet flushing. Water from kitchen sinks and
washing machines is too heavily polluted. Moreover, BSRIA publish guidelines concerning grey water
reuse.
In the United States, each state has its own regulation concerning grey water (State regulations,
1999). Thus, some states have no regulations on grey water, and some allow reuse for toilet flushing
(annexe 2). California adopted a law in 1992 concerning waste water and grey water reuse (Lazorova
& al., 2003).
The WHO published guidelines for the safe use of waste water, excreta and grey water. They
describe different systems, without fixing real limits.
Some values of water quality for flushing are given in annexe 3.

In France, these systems are treated with caution

Rain water :
Right to use rain water
The French Civil Code indicates that one can use rain water from his/her own property (art 641) and
must not penalise other properties situated downstream (art 640).
Security constraints
The French Code for Public Health imposes that pipes in a household must not create problems for
the mains-fed pipework carrying drinkable water, nor contaminate the water of private installations. In
departmental sanitary regulations, it is necessary to get two independent networks when using rain
water in a house, in order to avoid any cross contamination of users or public pipes with polluted rain
water. But only sanitary authorities (DDASS, CSHPF) can decide to accept a system or not (Chéron &
Puzenat, 2004). Nowadays, what is certain is that there is no problem for external uses.

2 th
Ministry of Territory Management, Urbanism and Environment, (Walloon parliament, January 2003,15 )
3
Ministry of Environment : 25% of price, maximum 743,68 €, within precise conditions (Cheron & Puzenat, 2004)
4
1980: law permitting domestic uses. 1988 - 1995 : subsidies from Hambourg town. As they are from länder's authority,
subsidies are variable from one to another. 1993: länder of Hesse, Brême, Sarre and Bade-Würtenberg are allowed to make
rain water harvesting mandatory for new built houses. No real regulation on the subject (Cheron & Puzenat, 2004).
5
Rain water use in residential areas is forbidden since the beginning of 2005, because of cross-connection between main
drinking water supply and recycled water pipes (national study)
P. Janny - Technical synthesis - january 2007 6
Types of rain water uses
In the 2001- the 1220 French decree regarding water for human consumption, the definitions of the
98/83/CE European directive were outlined. A position, taken by the local state authority, authorises
the use of water that comes from natural resources for human consumption. But if it is for only one Commentaire [Mr1] :
family, no authorisation is needed (art 5).
Moreover, this directive was transposed into French Code for public Health (art 1321-1 and following).
It points out that “drinking water” quality is necessary for all domestic uses. Rain water is not
considered as drinkable water, and the DGS defines domestic uses as :
1. alimentary uses : drink and food, cooking, washing of crockery  necessity of drinking water
2. corporal hygiene: wash basins, showers, baths, washing machines  necessity of drinking water
3. other uses in households : excreta evacuation, grounds and car washing, watering the garden,
pools. For these uses, rain water can be used under the following conditions :
- outside if harvesting and supplying systems are totally separated from mains-fed pipes of drinking
water, if water is used only outside, and if there is no drowning or ingestion danger
- inside if there are two separated pipe networks, in locations that mains-fed pipes can hardly
reach, if no other water economy measure is possible, if there are no cross-connection between
pipes, if they are well separated and marked (MSS, 2006).
However, according to the DGS (MSS, 2006), sanitary risk while using rain water for domestic uses is
still considerable. In case of a plan for dry season management, local state authorities can use rain
water, but mainly and first for uses with less risks (watering or road cleaning)
The Environment Ministry (MEDD) point of view
In the plan for dry season management created by MEDD, the 3rd point defines the framework for new
techniques. The ministry wants to promote rain water use and waste water reuse (MEDD, 2006).
Sewage tax
In the local authorities Code (Code Général des Collectivités Territoriales), if someone uses water
coming from an other resource than the public main-fed pipe, a declaration to the town hall has to be
made (art R 2333 – 123). A sewage tax is then evaluated using water meter, or using comparisons
within the area, the number of inhabitants, and the time spent in the place (art R 2333 – 125), without
any link with the real consumption (Chéron & Puzenat, 2004). In the law, waste water rejection and
treatment services are very closely linked to tax and payment (Hérin, 2002).
French authorities discourage rain water utilisation projects in households. In collective buildings,
regulation is strict, and projects must be approved by the DDASS. In individual housing, people can
install rain water harvesting systems for domestic uses, as no authorisation is needed.
Grey water
For grey water, DGS has the same position as for rain water : both are considered as non drinkable
water, and issues are equivalent. It is not advised to reuse grey water (MSS 2006).

TECHNIQUES AND EXAMPLES

O DIFFERENT TECHNIQUES TO CREATE AN INSTALLATION

Rain water techniques

There are different types of projects, uses and techniques for rain water harvesting and utilisation (de
Gouvello, 2006). ADOPTA, GRAIE and other internet sites give information on techniques for
individual housing.
Different functions must be realised by an installation (Chéron & Puzenat, 2004, de Gouvello, 2006) :
- collecting water : running off roofs, guttering, pipes, canalisations ;
- treatment : coarse filtration (grids), treatment before storage, (decantation tanks, sifters, filters,
tanks for fine filtration), filtration after storage (sump filters, filters), disinfection (chlorine, ozone, UV)
when used for drinking water (not allowed in France) ;
- storage, can either be outside or inside the house :
.outside : concrete, steel, plastic ; usually tanks are buried, possibility of pools (watering)
.inside : mostly PEHD6 ; in the basement, with or without temporary storage (garret)

6
Polyéthylène Haute Densité : High Density Polyethylene
P. Janny - Technical synthesis - january 2007 7
The storage system has a ball cock, a level indicator, an overflow to the drainage system or to the
sewage system.
- supply : pressurisation, signalisation (coloured and marked pipes, and coloured water (de
Gouvello, 2004).

In case of inside use of rain water, it is indispensable to get a system that ensures that no cross
connection between the public water network and rain water is possible (agreement to renew each
year). Distribution networks must be coloured too (NF EN 1717 norm). More over, a physical gap with
free outlet between network is advisable.
Copper and lead are not good for pipes because of the aggressiveness of rain water ; aluminium must
be avoided. Earthenware, zinc or plastic such as PVC are best (ADOPTA, 2006). It is often advised to
dump the first flow, as it is more polluted.

Before installing a system, one must define the use and the dimensions. Harvested quantity must be
superior to the needs (Pagel, 1999).
The storage dimensions are often chosen for 3 weeks of water need. So, the volume is calculated as
below (Pagel, 1999) :

Volume of available and harvestable water = run off area x precipitations x loss factor
Volume of tank = needs x dry season constant x volume constant
With : run off area : area of floor space
loss factor (evaporation) : 0,75 (slate, tile, sheet metal), or 0,6 (gravel), or 0,3 (grass)
dry season constant : number of weeks with dry season / year  generally 3/52 in France
volume constant : foresee 1,1 (about 10% of tank can not be used)

A simulation of use/recharge of the storage can verify if the size is suitable (Chéron & Puzenat, 2004).
Depending on the type of housing (individual, collective) and the uses (inside, outside), such systems
can be built by oneself or by a professional.

Grey water techniques

The final discharge or use of the water determines the extent of treatment needed. In France, little
information is available : data mainly comes from abroad. Grey water collection is normally based on
a pipe system with smaller-diameter pipes compared to the ones for combined wastewater. They are
equipped with ventilation for air and odour evacuation, and with water traps.

Irrigation
The most common pre-treatment is the septic tank (OMS, 2006). The pathogen removal is poor
(normally <0.5 log) and depends on the efficiency of particle removal. A yearly inspection is
recommended to prevent problems with particle overflow. For small systems, an alternative to the
septic tank may be filter bags.

Soil infiltration is not really a reuse. It is unsuitable in case of danger of contamination of ground
water. Drip irrigation is a system where the plant uptake of water and nutrients is optimized, thus
minimizing vertical percolation to the groundwater. The system may be simple or advanced, with
pressurized distribution of the liquid, and provide an additional pathogen reduction of 24 log.
Ponds linked in series permit a faecal coliform reduction 108/100 mL to less than 103/100 mL (OMS,
2006).
Sand filters are adapted to grey water treatment : they reduce BOD5 by 80% and indicator bacteria by
3 log ; suspended solids removal is 5 mg/L (OMS, 2006).

Wetlands provides an indicator bacteria removal of about 3 log. Several systems exist : free surface,
horizontal flow, vertical flow, and combined systems. Combined systems are often used for domestic
reuse :

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 8


figure 3 : Combined system: horizontal and vertical flow (Masi, 2005)
Using a combined system diminishes the size of the area reduces clogging of filter, and increases the
removal of organic matter, nutrients and pathogens. In these systems, vegetation has little impact on
the removal (eventually 10 to 20% during the vegetative phase) but offers a place for aerobic bacteria
level and helps the ventilation (Masi, 2005).
These techniques do not need energy, except gravitation, and have no problem with sludge
evacuation (except in first step). They look nice because of the vegetation, are quite simple to make,
are not expensive to maintain, and accept variations in pollution. But they need a large area.

Domestic uses
These kinds of uses imply a more advanced treatment and a disinfection of grey water.
Activated sludge is scarcely employed for grey water treatment (high investment and energy
consumption), but it reaches a reduction of 3 log with faecal indicators (OMS, 2006).
In Germany, a successful system using rotating biological contactors has been developed. The
system is compact and can achieve a reduction of faecal indicators above 3 logs, if equipped with UV
(OMS, 2006).
Sequenced Batch Reactor also treat grey water (Nolde, 2005). The effluent goes through different
tanks : pre-filtration, biological treatment, disinfection with UV. Regular pumping makes the effluent go
from one tank to the following. This solution, for 2 or 3 families, necessitates 900L. The system is
modular and adjustable, depending on the water quantity (Nolde, 2005). It produces a water without
odours, that can be stored, and conform to the Bathing Water Quality European Directive.
Membrane reactors permit a good level of treatment. The micro-organism's removal reaches 6 log,
and allows using the treated water for domestic uses. Membranes can either be made of organic,
ceramic or metal polymer. Four types of filtration are possible : micro filtration, ultra filtration, nano
filtration or inverse osmosis (OMS, 2006). Membrane reactors can be used as (Gildemeister &
Kraume, 2005) :
- physical filtration only, with a membrane ;
- physical filtration and biological treatment (membrane bioreactor), that reduces organic matter and
pathogenic organism. This technique has been developed for 20 years.
- membrane with sequenced batch reactor, that reduces the length of a treatment cycle (biological
degradation, decantation and simultaneous takings)

in flow level at beginning of SBR cycle


in flow in flow permeate
level at end of SBR cycle
permeate
permeate

excess sludge
concentrate
membrane bioreactor immerged membrane - batch reactor
physical separation

figure 4 : Diagram of different membrane bioreactors


Membrane bioreactors permit efficient treatment : the effluent can be used in hotels (showers). For
example, for a block of flats, water reuse in toilets is possible with a membrane bioreactor, using a
ultra filtration membrane, bleach for disinfection, and activated carbon to remove the colour.

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 9


Important : advanced and localised treatment needs local technical competences and is consequently
hardly ever carried out for individual housing (Savary, 2006).

O EXAMPLES OF SUCH SYSTEMS ARE INCREASING

Rain water uses in Europe

France
Individual houses
Rain water harvesting is quite common. According to a study in Jura (France, pluviometry :
800 mm/year), lots of people collect rain water (50 % out of 51 interviewed households). Among those
that harvest rain water, 72% mainly use it for their garden, 16% for car washing and 12% for other
uses. According to these people, the average volume is 5 m3 (Boucherot & al., 2005).
People install more and more systems to supply toilet flushing, or even showers, baths, and dish
washer water. For example, a family in the north of France supplies their whole house and waters the
garden with rain water. In case of lack of water, the public water supply is still present.
Collective housing
The CSTB carried out in 2003 an inventory of rain water installations in France, for collective housing.
Seven projects were realised, four of which have taken a HQE approach. They were realised between
1996 and 1999. They are summarised in a table (annexe 4).
In Meillonas and Petit Quevilly (France), a study of the CSTB shows that the storage capacity per
inhabitant is a good indicator to estimate if the needs will be satisfied. For example, 0,5 m3/inhab are
sufficient for toilet flushing (de Gouvello, 2004).
Towns and regions are starting incentive operations for rain water harvesting. In Silfiac, Langouët, La
Gacilly (56), and Loos en Gohelle (62), households are built with rain water harvesting systems.
Towns (Lorient, Rennes, Vannes, Aix les Bains) or regions (Poitou Charente) financially incite people
to use rain water (see details in annexe 4 , Luneau, S., 2006, Carron, 2005, Conseil Régional de
Poitou Charente, 2006, Habitat Naturel, 2006).

In Douai (France), the SIADO decided in January 1998 to take into account rain water volumes of
harvested water in the base of the sewage tax. If there is no water meter, the volume is estimated
with the annual pluviometry 650 mm, and the impermeable surface, according to roof area (ADOPTA,
2006).

Europe
The following table sums up some examples of rain water use in Europe :
Country Examples
1,2
Germany . since 1995 : professional association FBR (300 members)
. 20% of big towns give subsidies of up to 50% of rain water reuse cost
Lüdeckestrasse . project of rain water harvesting and use (200 persons)
. investment of 2000 €/house of 4 persons : 40-50% of needs
3
Netherlands
Deventer . 200 houses using rain water
Waterwijk . 240 houses with rain water use for toilets (1998)
1 2 3
Chéron & Puzenat, 2004, Nolde, 2006, Ashley & al., 2004 , see annexe 4 for more details
figure 5 : Examples of rain water use, Europe

Grey water reuse, in the world

France and the world


The following table gives details on grey water reuse examples in the world :

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 10


Place Details
Australia Many projects, in evaluation
1
Sydney, Rouse Hill , Phase 1 : 17 000 houses
1994 Phase 2 : 35 000 houses
Canada Schemes on a small scale
1
Vancouver, Quayside Village , 1999 20 apartments, pilot project
France Demonstration scale
1
Annecy , 1999 40 apartments, 120 inhabitants, during two years, pilot project
Germany 4 650 systems
2
Freiburg, Vauban Quarter , 1999 Complete quarter: grey water (kitchen, bathroom)
3
Offenbach, Arrabella-Sheraton hotel , 1996 4 stars hotel, 400 beds
Luebeck Flintenbreite 100 houses
Japan 33% of households recycle GW to supply toilets, 400 equipped
2
Tokyo blocks in Tokyo : blocks > 30 000 m of floor space or reusing
3 5
more than 100m : two supply networks and small treatment
1
plants to reuse in toilets 7
3
Tokyo, Miyako hotel , 1982 Luxury hotel, 500 rooms, recycling 160m /day
Mauritania 6, (2008 ?) project O’NOMMO hotel, Accor
1
Lazorova & al., 2003, 2 Panesar & Lange, 2003, 3 Nolde, 20064, Nolde, 2005, 5 Baumont & al., 2004, Puil, 1998 6Accor,
2005, 7Thépot, 1999, see annexe 4 for more details
figure 6 : Summary of grey water reuse projects
Only one experiment has been done in France, in a block of flats (Annecy).
The Accor group in order to manage risks due to water shortage and to reduce water consumption
has installed collecting systems (grey water, rain water) in its hotels. They also have harvesting water
pilot sites are in England (annual report, Accor, 2005)
In the United Kingdom, the Environment Agency advise using a system with a filter, microbiological
treatment, or basic disinfection, and a disconnection system. For large scale use, a similar treatment
of wastewater is advised (biological or with membranes). Non treated grey water can also be reused
for watering gardens if used immediately after it is produced.

WHAT FUTURE FOR RAIN WATER USE AND GREY WATER REUSE?

O A CURRENT THEME

As with sustainable development and climate change, rain water harvesting, and grey water reuse are
current topics, supported by diverse associations.
The HQE association defined 14 targets in order to save energy and to follow sustainable
development principles. Among others, rain water harvesting and its use for toilets, cleaning and
watering was included. In order to improve water and energy management, grey water recycling for
toilets and watering are conceivable (Chéron & Puzenat, 2004). HQE buildings are more and more
requested by local communities that finance schools and flats.
According to the study from Jura, four profiles emerge among people :

not very interested in the environment and water harvesting


passive . 50% say water is expensive
. no one harvest
11%
environment
45%
comfort
22%
high sensitivity to environmental
not very sensitive to environmental issues and water saving
issues . 40% say water is expensive
not very thrifty with water . 80% already harvest
see practical advantages financial
. 50% say water is expensive
. 60% already harvest économy
. 50% say water is expensive
22%
. 60% already harvest
figure 7 : Consumers' profiles, in Jura
Boucherot & al., 2005
P. Janny - Technical synthesis - january 2007 11
A third of interviewed people are aware that the water price depends largely on the service, such as
the sewage system. The reasons given by people that don't harvest rain water are that they have no
time, that they find no use for it, that they did not think about it, or that it is too expensive (Boucherot &
al., 2005).
Scientific studies in Hanover and Berlin show that recycling water at the moment does not pose a
problem of acceptation if the user does not sacrifice their usual comfort (Nolde, 2005). The public is
an eager buyer for these systems.

O FINANCIAL SAVINGS NOT ALWAYS OBSERVED

Rain water

Chéron and de Gouvello respectively say that analysis and treatment systems shall be adapted for
the future use of water. Depending on the required quality, harvesting and treatment of rain and grey
water will be more or less economic. Opinion is divided.

According to Lakel (2006), economic advantages would be :


. rain water : good for individual housing, not for collective housing
. grey water : good for collective housing, not for individual housing (treatment cost).

Moreover, according to a study from a scientific and technical group on climate linked industries, rain
water harvesting is viable for buildings that need more than 500 m3/day of non drinking water : that is
to say 500 flats for 4 people or a 3 stars hotel with 500 rooms, situated in seaside resort (AREHN,
2000).

In order to evaluate the costs, let's take an example : 1 house with 100 m2 floor space, 100 m2
garden ; pluviometry of 750 mm/year, drinking water price 3 € / m3, in the ideal case (the tank is big
enough to collect all of the rain, 56 m3/year, and it regularly rains during the year, see annexe 5).
In this case, return on investment comes in a few years for garden watering systems. For domestic
uses, information is variable and payback can be 23 years to make the systems viable.

An example of a cost and benefits analysis study (Koenig, 2006) is a family with 4 persons (roof
40 m2/pers, tank 8 m3/person) that invests in a rain water system covering all their domestic uses. It
takes 5,8 years to write off the cost of this equipment. Comparison is made with life cycle of the
different parts (tank = 70 years, disconnecting system = 25 years, pipes = 35 years).

The harvested rain in a year is the limiting factor for optimising costs. To improve return on
investment time, a big catchments area is necessary. A high water price is also an incentive : in
Germany, water price is estimated at 4 €/m3 and can reach 10 €/m3 (Pagel, 1999).
So, rain water harvesting is not always an economic system : optimizing the size of tank and
collecting area is really important.

Grey water

For grey water, little information is available.


With membrane bioreactors, treatment cost diminishes with treated volume (Lazorova & al., 2003) :
3 €/m3 for 75 m3/day  1,7 €/m3 for more than 300 m3/day, that is to say 500 inhabitants
So, for a flow superior to 5000 m3/day, membrane bioreactors need less investment than a
conventional treatment with activated sludge (Gildemeister & Kraume, 2005).
Moreover, a membrane bioreactors costs about 0,15 €/m3 to 0,34 €/m3 over its lifetime. With organic
membranes, the cost will decrease.

With rotating biological contactors, energy required is 1,5 kWh/m³ for the Arrabella hotel water
treatment (Allemagne, Offenbach) : each day, 15 000 litres of drinking water are saved : the
installation writes off cost in a few years (Nolde, 2006).
Batch reactors need 0,6 kWh/day (about 30 €/year, equivalent to a fridge). A UV tube has to be
changed each 6000 hours, that is to say 1 400 m3 of treated water (Nolde, 2005).

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 12


These costs are clearly linked to the type of installation whether for grey or rain water. But they also
bring costs in upstream and downstream of the networks (drinking water, sewage, environment) that
would be interesting to evaluate (Savary, 2006). Up to now, it seems that no in-depth study has ever
been carried out.

O NON NEGLIGIBLE SANITARY RISKS

Rain water

According to the Ministry in charge of health (MSS), sanitary problems are slowing down rain water
utilisation because of the variability of microbiological quality, of the first flow quality (more heavily
polluted), of algae development, bacterial growth and particles from tanks that are rejected. Many
factors, scarcely controllable, play a part in these risks : quality of used water, exposure of users, links
between networks.

It is advisable to store rain water in darkness and with a temperature lower than 18°C in order to limit
development of micro organism and flora (Pagel, 1999). It is unadvisable to harvest rain water if the
roof is in asbestos - cement (particles), or in roofing felt (yellowish coloration).

Experiments in Meillonas and Petit Quevilly on rain water installations have produced several results.
Solids in suspension, turbidity, iron, and pH do not comply with drinking water standards, but do not
result in sanitary risks. One case of bacterial pollution and some cases where salmonella, aerobic re-
unliveable bacteria and Pseudomonas aeruginosa exceed drinking water standards are known. So
there is a risk in case of accidental ingestion. In summary, there is no proof that rain water utilisation
brings risks, except if a pipe is wrongly connected (de Gouvello, 2004).

In Denmark, a study on 599 compounds was realised in order to determine risks for human health.
Rain water was used for toilet flushing and washing machines. It shows that 155 pollutants can lead
to a risk for human health : 79 can cause allergies, 72 some cancers, 10 are mutagenic, and 29 affect
reproduction. Many others, not yet determined, could also be risky (Erikkson & al., 2004).

Grey water

Grey water reuse can be dangerous because of micro organisms, mineral and organic matter
suspended solids, and nutrients. Three contamination paths exist : ingestion (water consumption,
voluntary or accidentally ; via irrigation or vegetable watering), inhalation (via sprinkling irrigation or
high pressure stream), and absorption into the skin (via small injury) (Baumont & al., 2004).

O DISCUSSION ON ADVANTAGES

In annexe 6, a table sums up the situation of European countries and their water resources. It allows
an evaluation of reasons why rain or grey water use may be justified. According to A.N. Angelakis ,
when the rate of water reserve exploitation is more than 20%, water resources management is
necessary (Angelakis & al., 2003). Countries that developed rain water use or grey water reuse are
mainly those that have problems with water quantity, or that foresee scarcity in the future.
According to Chéron, each case must be checked to see if the balance is good or not. Some interests
have been refuted, as such :
saving money on the water bill by using less drinking water and more recycled water
Advantage : diminishing rain water flow in sewage systems implies a better financial control of
investments, and running costs (Hérin, 2002). It would be the same for drinking water.
Drawback : an increase of rain water harvesting systems implies a decrease in drinking water
consumption. But water price is calculated from variable expenses (treatment products, volume…)
and from fixed expenses (network upkeep, service quality…). These fixed expenses, if distributed
water is decreased, will lead to an increase in the water price. That would penalize users that can't
install such systems, encouraging more and more to reuse water (Serrano, 2006, Kammerer, 2006,
Savary, 2006).

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 13


Furthermore, even without these problems, according to an economic study, using rain water is not
always interesting. Investment costs in collective housing are often high, without a real return on
investment (variable and depending on the region) (Lapray, 2003).
 solidarity with regions that have few water resources
« Recycling water in France does not bring water to arid countries » (anonym, Pollutec)
 limit the society requirements in drinking water and limit dimensions of the network
Drawback : using rain water diminishes drinking water consumption, but the network has the same
size. In fact, in case of a dry season, drinking water supply needs to supply water to everybody, and
even people that harvest water and whose tanks are empty. So, the network must be sized for
everybody (Savary, 2006).
Furthermore, an oversized network is prejudical to the water quality, as shown by the German
example : by diminishing the drinking water consumption (a lot of rain water harvesting), time that
water spent in the network was too long (water tower), and sanitary risk appeared (Chapgier, 2006). If
this kind of trend becomes generalised, water management should be rethought.
 fight against floods
Advantage : A calculation can be done on a moderately urbanised catchments area (20 ha) where
100% of the rain water is used. In that case, the peak flow decreases by about 50%. Some flow
measurements, realised in 1980, in Aix en Provence, showed that the peak flow decreased from 30%
(Deutsch, 2003).
Drawback : The expected impact on rain water flow in case of a big storm is not so great (risk of
storage overflowing, Savary, 2006). Actually, the goal of a rain water user is to have lots of water in
their tank ; and in order to fight against floods, one should maintain water on their own property,
therefore to have empty tank to store that water. Those objectives seem to be hardly compatible,
except if tanks are oversized (more expense for private use). Moreover, those pools/tanks are
particularly necessary at critical points : it's difficult to see that only downstream houses should suffer,
and to control the location of tanks compared to the topography (Kammerer, 2006).
Elsewhere, decreasing water in sewage networks leads to more deposits, and so creates problems of
quality and quantity (Deutsch, 2003). Maintaining water on one's property poses the question of how
to supervise storage systems (change from a public to a private work).
Calculating the sewage tax becomes harder : local communities are in charge of the treatment of
waste water coming from rain water ; that water must be taken in account in the tax base : collected
and reused rain water volumes must be added to drinking water (volume of drinking water is the base
of sewage tax calculation, on the water bill) (Hérin, 2002).
 preserve water resources
Advantage : in individual or collective households, water savings by rain water harvesting are about
10 to 30%. It is often said that rain water harvesting implies less treatment to make drinking water and
less groundwater exploitation (Deutsch, 2003).
Drawback : in France, problems with water do not lie in water quantity but in water quality (Baumont &
al., 2004, Savary, 2006).
Moreover, using rain water for domestic uses, in order to save water, must be compared to other
measures such as leak identification, pressure reduction, hydro-economic systems, jet regulation …
(MSS, 2006).
 protecting the environment from the increase of long term pollutions
Advantage : without water reuse, rain water pollution goes :
. into environment  it is avoided by rain water use
. in the sewage system, that is over loaded when it rains too much  rain water use decreases peak
flows and so best treatment is realised (Deutsch, 2003).
Drawback : when rain water is harvested, less water infiltrates into the ground, so pollutants such as
pesticides will be less diluted. Then, a problem of pollutants concentration may appear because of
rain water harvesting (Chapgier, 2006, de Jacquelot, 2006).

Drawbacks to rain water use have been identified in High Environmental Quality operations : vague
regulations, no clear position from the Council of Public Hygiene, different opinions depending on the
local sanitary authority - DDASS (Lapray, 2003).

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 14


O EVOLUTIONS IN REGULATION AND THE FRAMEWORK

Luxembourg's superior council for conservation of nature, natural resources and agriculture proposes
to promote rain water harvesting systems in its national plan for sustainable development 2001.
In the United Kingdom, a campaign called "Save the rain" sponsored by Hydro international was
launched in order to encourage rain water harvesting. This campaign is supported by Waterwise and
British Water ; one goal is to help evolution in regulation in order to make rainwater harvesting
mandatory in new buildings, by 3 years. Loans would facilitate the buying of collecting and storage
systems for houses. Actually, it costs about 4500€ but could result in saving of 50% on water bill
(water 21).
In Northern Europe, rain water has been used for 10 to 15 years. Nevertheless, Germany and the
Netherlands are going back over their position since 2005. Because of technical problems, Germany
now encourages people to use tap water (Umweltbundesamt, 2005). In Netherlands, sanitary
problems have occurred, and now special dispensations are possible, but very strict measures must
be respected (Siret, 2005, Kammerer, 2006).
In France, CSTB is building an experimental center in Nantes, called Aquasim. It will be 8000 m2
large, and will permit studies on water consumption, rain water use, sanitary impacts. At term, results
could be used to evolve the regulation and initiate changes. Up to 2009 or 2010, the sanitary impact
of rain water use could be measured (construction mid 2007, service mid 2008) (Lakel, 2006). Deputy
Patrick Beaudoin presented a law proposal on December 2005, 8th, in order to encourage rain water
cistern installations, via a tax credit. New water law defined its framework : 25% with upper limit
6000 €.
End 2006, superior council for public hygiene returned a report to DGS concerning domestic uses of
rain water. This report will be published in the beginning of 2007.

CONCLUSION

Systems that use rain water and that recycle grey water are diverse and have more or less regulation
depending on the country. Despite potential sanitary problems and a variable profitability, more and
more systems are appearing, in collective or individual houses. Grey water recycling is less frequent
because of more complex techniques. The main uses of non drinkable water quality are for the
watering of gardens and the flushing of toilets.

All over the world, more and more countries authorise or encourage water recycling. In France, the
advantages are being examined. Private individuals are eager purchasers. For the authorities and
water supply and sewage companies, the impacts of recycling must be evaluated concerning public
health, networks and rain water management. Development of such system is low for big installations,
and will probably depend on regulation evolution.

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 15


BIBLIOGRAPHY

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Kammerer, B., 2006, Véolia Water, salon Pollutec, Lyon, November 2006, 28th and 29th

Lakel, A., 2006, Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, Conférence sur l’épuration et la réutilisation dans
le bâtiment, salon Pollutec, Lyon, November 2006, 28th and 29th

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th th
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ANNEXES

annexe 1 : Rain water and grey water characteristics...........................................................................................19


annexe 2 : Summary of grey water reuse regulations, in United States ...............................................................20
annexe 3 : Water quality criteria for toilet flushing and other urban uses in various countries .............................22
annexe 4 : Examples of installations utilising rain or grey water ...........................................................................23
annexe 5 : Costs - benefices evaluation for a rain water system ..........................................................................25
annexe 6 : Summary of water price and preoccupations for resource for different countries...............................26

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annexe 1 : Rain water and grey water characteristics

Parameters Average concentration (mg/L) Limit for drinking water (mg/L)


pH 5 6,5 - 9
Plumb 0,1 0,025 then 0.01
Nitrates 0,3 50
Ammonium 0,3 - 0,6 0.1

Acidity in North and East. More chlorides, potassium, calcium, magnesium in oceanic regions,
(Miquel, 2003, in Baumont & al., 2004).
Characteristics of rain water in France (annual average) - Deutsch, 2003

MSS COD BOD5 P N


pH faecal coliforms 1/mL
(mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L) (mg/L)
1 5
Shower, bath, wash basins 52 +/-18 189 +/-78 94 +/- 42 - - - 10 à 10
Kitchen sink 105 +/-78 339 +/-173 252 +/- 146 - - -
Washing machine 89 +/-56 193 +/-115 140 +/- 60 - - -
2 6
Total domestic water 247 721 487 5 13 8 10 à 10
P : phosphorus, N : azotes; +/- represents standard deviation calculated from different studies
Sources : Butler and al (1995, four studies in USA from 1974 to 1986), Durand and Golicheff (1978, study concerning to
houses and a block of flats, France) , Gildemeister & Kraume, 2005
Pollution in an grey water

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annexe 2 : Summary of grey water reuse regulations, in United States

(State regulations, 1999)

washing machine

other water, no
shower, bath

wash basins

dish washer

kitchen sink

dark water
State Use

Alabama X X X X X Septic tank effluent distribution line of 50 linear feet per dwelling
Alaska X X X X X X No existing regulations
Surface irrigation (approved by the Department), designed to
contain a 10-year, 24-hour rainfall event, grey water : max 25 CFU
Arizona X X X X
/ 100mL for faecal coliforms, and less than 2mg/L chlorine
wetlands marsh is allowable
No definition. gray water is treated the same as blackwater, avec
Arkansas
septic tank and absorption field. Other methods : case by case
No laundry water from soiled diapers. Subsurface irrigation fields
California X X X approved by the Administrative Authority, depending on ground
water level, localisation, soil type, area. Not for vegetable gardens.
Colorado X X X X X X Graywater systems collect, treat, and dispose, with septic tank
in accordance with the "Tecnical Standards". Septic tank, leaching
Connecticut X X X X X X system at least one-half the capacity specified for the required
residential sewage disposal system.
Delaware No definition. No existing regulations
minimum effective capacity of the graywater retention tank : 250
gallons, receiving not more than 75 gallons/day
Florida X X X X
drain field absorption area for a one or two bedroom residence, 75
square feet minimum, plus 25 sq feet/bedroom
minimum effective capacity of the graywater retention tank 500
Georgia X X X X gallons. minimum absorption area based on the number of
bedrooms and the percolation rate
possibility if more than 10,000 square feet of land area for each
individual wastewater system; : sand filters, absorption trenches
Hawaii X X X X and beds, mounds or seepage pits; sized with a minimum
graywater flow of 150 gallons/day/bedroom; and graywater tanks
sized with more than a 600 gallon capacity
Guidelines in Technical Guidance Manual; authorisation only as
experimental systems; surge tank, filter, pump, irrigation system;
Idaho X X may not be used to irrigate vegetable gardens: Graywater shall not
be applied on the land surface or be allowed to reach the land
surface
No definition, no regulation. when conventional absorption fields or
Kansas
ponds are not suitable
water sewer for the washing machine, into a lateral bed or
Kentucky X
trench(es)
Only water from washing machine may be discharged to the
Maine separate laundry disposal field; Plumbing inspector may approve
system for single-family dwelling units.
Maryland No definition; currently allowed on a case-by-case basis
No definition; septic tank, filter system; constructed wetlands or
Massachusetts
evapotranspiration beds approved on a piloting, site-specific basis
No definition; une des plus anciennes réglementation quant aux
eaux grises. Each local health department should require
appropriate methods; health department published Guidelines for
Michigan Acceptable Innovative or Alternative Waste Treatment Systems
and Acceptable Alternative Graywater Systems; graywater
systems tested by the National Sanitation Foundation (NSF) or by
an equivalent independent testing agency

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washing machine

other water, no
shower, bath

wash basins

dish washer

kitchen sink

dark water
State Use

No definition, alternative systems are allowed only in areas where


a standard system cannot be installed or is not the most suitable
treatment; septic tank, drain 2 inches diameter maximum; 2
Minnesota
bedrooms: 300 gallon; 3-4 bedrooms: 500 gallons; 5-6 bedrooms:
750 gallons; 7-8-9 bedrooms: 1000 gallons; for more, each
bedrooms implies 300 gallons
Missouri X X X No existing regulations.
Montana No definition, septic tank and drain field system
Must be approved by the administrative authority; may be used for
underground irrigation; not be used in soils which have a
Nevada
percolation rate > 120min/inch; minimum capacity tank of 50
gallons, with an overflow, + advice
No definition, no existing regulations, however, alternative systems
New Hampshire
accepted case by case
may be approved by the administrative authority , septic tank,
New Jersey X X X X X X
drain field
New Mexico X X X X X septic tank, sub surface irrigation
Shall be approved by the Department of Health; designed upon a
New York
flow of 75 gallons/day. bedroom; septic tank, aerobic tanks.
septic or sedimentation tank, then discharge into the soil or into an
North Dakota X X X X X
alternative system
Approbation by Environmental Quality Commission; septic tank,
Oregon
drain field
Pennsylvania X X X X X treatment tank
Rhodes Island X X X X septic tank
based on a minimum graywater flow of 25gallons /[Link] Three
days retention time in septic tank recycled for toilet use, conveyed
South Dakota X X X X X
to absorption fields, mounds or seepage pits, or used for irrigation
of lawns and areas not intended for food production
in accordance with the requirements of State Board of Plumbing
Texas X X X
Examiners. Septic tank and drain field
No definition; Shall be approved by the Department of Health.
Washington
Septic tank and sub surface drain field + advices
No definition, must be approved by the director. house sewer of
not more than two inches in diameter; Septic tank size: 2
West Virginia
bedrooms = 500 gallons; 3-4 bedrooms = 750 gallons; 210 gallons
for each more bedroom
No definition, no regulation. Included within the Department's
South Carolina
definition of sewage and must be managed appropriately
Canada Systems would be governed by the provincial Ministries of Health
Illinois, Indiana, Iowa, Mississippi,
Louisiana, Nebraska, North Carolina, Ohio,
No definition, no existing regulation
Oklahoma, Tennessee, Utah, Vermont,
Virginia, Wisconsin, Wyoming

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annexe 3 : Water quality criteria for toilet flushing and other urban uses in various countries

Faecal Coliforms Total Coliforms [Link] BOD5 Turbidity TSS dissolved Cl2 residual
pH
(CFU/100mL) (CFU/100mL) (CFU/100mL) (mg/L) (NTU) (mg/L) oxygen (mg/L)
14 for any sample
US EPA (G) 1 10 2 6-9 1 CT = 30
0 pour 90% des échantillons
25 for any sample
Florida (M) 20 5 1
0 for 75% des samples
Texas (M) 75 (M) 5 3
2,2 median
Canada, BC (M) 10 5 10
14 for any sample
Germany (G) 100 (G) 500 (G) 20 (G) 1-2 (O) 30 80-120 6-9

Japan (M) 10 for any sample 10 10 5 6-9

South Australia <10 <20 <2


200 (G)
arrosage pelouse OMS
1000 (M)
200 (G) 500 (G) 2 (G)
eau de baignade UE 80-120 (G) 6-9
1000 (M) 10 000 (M) 1 (M)
14 for any sample
R.U BSRIA
0 for 90% samples
M : mandatory ; G : guidelines
Source : Lazorova & al., 2003, Water Science and techology

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annexe 4 : Examples of installations utilising rain or grey water

Storage Storage
Place, year Roof area inhab Usage Storage
/inhab /surf
1
1) Saint Ouen . gravels toilets, 150 m3
180 0,83 -
LQCM*, (93) ,1999 . zinc cleaning cement
2
2) Meillonas 15 m3 (15 tank
2 toilets,
(01), 1996-97 458 m 36 modular) PEHD 0,42 32 mm
cleaning
+ buffer storage
3
2 20,5 m ,
3) Petit Quevilly 2
1260 m 117 toilets 2 concrete tank 0,17 16 mm
(76)
+ buffer storage
toilets,
4) Balme de Sillingy 2 3
3 2000 m 105 watering, 60 m 0,57 30 mm
(74)
cleaning, fire
3
5) Mordelles (35) - - toilets - - -
3
6) Saint Max (54) - - watering - - -
7) Courbevoie (92) 4 200 m
2
3
~ 300 toilets 70 m , 5 filters 0,23 350 mm
par Nexity, 2005 gravels
1 2 3 4
de Gouvello, 2006, de Gouvello, 2004, de Gouvello & Bazar, 2003, Siret, 2005. *LQCR : Logements Qualité à Coûts
Réduits : quality housing with reduced price ; Notes : For 1) ,3) et 7) water coloured in yellow or blue.
Examples of rain water harvesting installations, France

Ville or region Operation


3
HQE housing estate (7m cisterns in concrete for gardens and toilets)
1
Silfiac (56) creation of an eco-village loisirs–vacances–tourisme association (leisure -
holidays-tourism association)
1
Langouët, La Gacilly (56) housing estate
2
Loos en Gohelle (62) social housing estate (non food usages)
2000 : sale of rain water harvesting tanks, for watering
Lorient (56) 2002 : Cap l'Orient* helps to buy tanks (500L or 1300L) up to 40%.
buts : ecologic, economic and solidarity
Rennes (35)
Vannes (56) incentive operations for rain water harvesting
Aix les Bains (73)
2006 : operation "200 rain water first kits " (help up to 700 € for 2500 L tank, for
3 toilets). Success especially in La Rochelle and Poitiers
Poitou Charente
2006 : operation "10 000 barrels for rain water harvesting " (help up to 30%,
exterior usages). Success especially in Poitiers and Niort
*Communauté d'agglomération du Pays de Lorient, 19 communes
1
Luneau, S., 2006, 2 Carron, 2005, 3 Conseil Régional de Poitou Charente, 2006, Habitat Naturel, 2006.
Table summarising operations for rain water harvesting, France

Country Examples
1,2
Germany . since 1995 : professional association FBR (300 members), will to create an European network
. 20% of big towns give subsidies up to 50% for rain water use : goal to reach 15% of
housholds using rain water
. since march 2000 : Lüdeckestrasse, near Berlin, rain water collected and used by about 200
persons for toilet flushing and green areas watering, bathing water quality after treatment
. investment of 2000 €/house of 4 persons : allow 40-50% of needs
Netherlands
3

Deventer . 200 houses using rain water for toilet flushing, watering and washing machine (80% reduction
on drinking water consumption ; one case of sanitary problem : black water connected to rain
water tank).
Waterwijk . 240 houses with rain water use for toilet (1998)
(Amsterdam)
1 2 3
Chéron & Puzenat, 2004, Nolde, 2006, Ashley & al., 2004
Examples of rain water use, Europe

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Place Details
France
Demonstration scale
Annecy1, 1999
40 apartments, 120 inhabitants, grey water (water from bath, shower, washing
basin, washing machine, dish washer, kitchen sink) treated by decantation,
membrane bio-reactor, and UV disinfection, for toilet flushing. Coverage of 50 to
70% of total apartment's needs, that is to say more than necessary toilets. Running
during two years as a pilot, then stopped because of cost
4
Germany 650 multi stage batch reactor systems on running. Allow toilet flushing, and, for half
of them, also washing machine *
2
Freiburg, Quartier Vauban , Complete quarter: grey water (kitchen, bathroom), first treated with an aerated
1999 sand filter. Following some problems, membrane filter installation. Utilisation of
treated water for toilet flushing and green spaces watering
Offenbach, hôtel Arrabella- 4 stars hotel, 400 beds, utilisation of bath and shower water for toilet flushing,
3 nd
Sheraton , 1996 decantation tank, rotating biological system, 2 decantation tank, UV disinfection
Luebeck Flintenbreite 100 houses, grey water go to a constructed wetland : biological treatment, poured
in a creek
Japan Japan: 33% of households recycle grey water for toilet, 400 blocks equipped in
Tokyo
2
Tokyo For blocks with more than 30 000 m ground area or likely to reuse more than
3 5
100m /day treated effluent, it is mandatory to have a double network and mini
treatment plants for toilet flushing 7
1 3
Tokyo, Miyako hotel , 1982 Luxury hotel, 500 bedrooms, recycling 160m /day, ultrafiltration membranes
6 project O’NOMMO hotel, Accor group, shall be finished in 2008, "laboratory of
Mauritania
ideas for hotel building in Africa "
1 2 3 4 5 6
Lazorova & al., 2003, Panesar & Lange, 2003, Nolde, 2006 , Nolde, 2005, Baumont & al., 2004, Puil, 1998 Accor,
7
2005, Thépot, 1999
* Batch reactor are also used in Spain, Saudi Arabia, Australia, South Africa, and Maldives
Summary of grey water reuse projects

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annexe 5 : Costs - benefices evaluation for a rain water system

In order to evaluate costs, an example of house is taken :

 100 m2 floor space and 100 m2 garden ; 4 persons family; 750 mm/year pluviometry.
According to the cited method, volume that can be collected is at maximum 56 m3/year, that is to say
4,7 m3/month if rain is equally distributed during the year. Here is the ideal case where tank is big
enough to get all the rain water, and where there is regular rain to fill it all year long. The volume that
is necessary to water a 100 m2 garden in june, july, august is 28 m3 (watering based on 3L/m2/day in
summer, AREHN) .

The costs of different types of harvesting systems have been collected. The amount of water
necessary to retrun on investment is calculated with the water price, estimated to 3 € / m3.

sourc estimated return on investment,


Installation Commentaries
e cost in ideal case
Exterior usages
3 limited autonomy,
Tank (from 225 L) + tap + cap and 15 m
1 45 € garden watering with
drainpipe receptacle  viability on first year
watering can
3
Tank polyethylene 300L + filter + 67 m
2 200€
hand pump  viability in at least 2 years
3
Collecting system + exterior tank 60 m
1 180 €
(400 to 800 L) + tap + base and cap  viability in at least 2 years
3
Collecting system + exterior cistern 110 m watering possible with
1 330 €
(400 to 800 L) + pump  viability in at least 3 years jet, sensitive to frost
3
Tank 3000L + filter + manhole + 475 m
3 1425€
pump + aspiration 2mm  viability in at least 9 years
Domestic usages
Tank 4000L (excavator) +
1400- 475 m3, that is to say ~ 9 years for toilets and washing
4 installation plumbing by oneself +
1500€ for a 4 persons family * machine
pump + filter
3 toilets, washing
Tank 7500L complete system of 1 167 m , that is to say ~21 years for
2 3500€ machine, shower, dish
domestic supply a 4 persons family *
washer…
filter + tank (~ 10 000 L) + pump + 1 267 m3, that is to say ~23 years for toilets, washing
1 3 800 €
pipes a 4 persons family * machine, watering
3
* because of the maximum per year 56 m ; 1 : AREHN, 2000, (data initially in francs, with 1 € = 6,56 Francs), 2 : 60 millions
de consommateurs, 2006; 3 : Boucherot & al., 2005 ; 4 Idées Maison, 2005
Basic calculation of viability

P. Janny - Technical synthesis - january 2007 25


annexe 6 : Summary of water price and preoccupations for resource for different countries

European countries whose water resources are exploited up to 20% are in italic (other to add :
Hungary, Moldavia, Rumania, Ukraine, Poland, and Bulgaria). A water resources management is
necessary in this case.
States that face resources problems in islands are underlined (plus Bulgaria).
Moreover, guidelines (G) concerning waste water reuse are mentioned.
prix EP
G Country Possible registered reason for a rain water use or grey water reuse
(€)
. development of cultures that need intensive irrigation
France 2,56 . decrease of groundwater levels after recent dry seasons, even in the North West;
problem of groundwater resources
yes

. irrigation
Italia 0,71
. drinking water and sewage treatments directly financed by tax
. irrigation
Spain 0,90
. in summer, decrease of the water level in rivers
. country that have one of the lowest rate of available water per inhabitant
Belgium 2,43 . (re)utilisation : useful for pick periods on summer
3 2
. 15 m free /inhab/year
. big increase of demand since 50 years
. notably : tourism increases demand in summer
Greece 0,96
forecast

. pressure on soft water resources in south, due to tourism and irrigation


. 83% of waste water treatment are in a region with hydro deficit
Portugal . irrigation
Suede . some zones where water is rare, particularly for irrigation
. problem with water supply in dry seasons (irrigation, cattle, bathing, industry)
Netherlands 2,65
. taxes and limits on groundwater pumping, in order to recover ground water level
United . normally few problems with water quantity, but repeated dry seasons : public, politic
2,89
Kingdom and climatic pressure, that favours recycling
. no problem of water quantity, 159 L/[Link]
Austria
. quality preoccupation : for example, limited consumption for industries
. high water price (incentive industries), but no real preoccupation for an eventual
Denmark 4,53
(re)use
Finland 2,33 . country that have one of the highest rate of available water per inhabitant
. few incitation to waste water reuse, but high protection level of the resource that can
none

incite
4,45
Germany . in some Länder, new regulation for storm water collecting, based on ecology and
3,62
economy
. most expensive country in Europe
Ireland . humid climate, few incitation
. no problem of water supply, but stream protection in summer (industrial recycling),
Luxembourg
incitation to rain water harvesting for agriculture, industry, domestic uses
Switzerland 1,09 free waste water treatment
Australia 1,39 variable climate, with dry seasons
United States 1,06
Hungary 0,69 Cheaper country in Europe
Japan 0,07 Cheaper country in the world
Source : Angelakis & al., 2003, Rathjen & Cullen, 2003

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