Analyse de la concurrence imparfaite
Analyse de la concurrence imparfaite
ANALYSE
ECONOMIQUE
LA
CONCURRENCE
IMPARFAITE
T.
Morvan
Prépa
ENS
Cachan
2D2
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
T.
Morvan
2
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
CH 1 LE MONOPOLE
A. La fonction de demande
La
firme
va
prendre
en
compte
la
fonction
de
demande
inverse
qui
est
telle
que
𝒑(𝒒) = 𝒒!𝟏 (𝒑)
Cette
fonction
indique
le
prix
maximum
que
les
consommateurs
sont
prêts
à
payer
pour
chaque
quantité
produite.
Elle
a
les
caractéristiques
suivantes
𝑝 𝑞 >0
𝑑𝑝(𝑞) ∀𝑞 ∈ ℝ!
= 𝑝! 𝑞 < 0
𝑑𝑞
La
fonction
de
demande
inverse
est
donc
une
fonction
décroissante
des
quantités.
Pour
connaître
la
sensibilité
de
la
demande
au
prix
on
utilise
l’élasticité
de
la
demande
par
rapport
au
prix.
Cette
dernière
est
donnée1
par
𝒅𝒒 𝒑(𝒒) 𝟏 𝒑(𝒒) 𝒑(𝒒)
ℇ = (𝒑). =− . =− !
𝒅𝒑 𝒒 𝒅𝒑 𝒒 𝒒𝒑 (𝒒)
(𝒒)
𝒅𝒒
La
capacité
du
monopole
à
fixer
un
prix
élevé
va
alors
dépendre
de
cette
élasticité,
plus
elle
sera
forte,
moins
la
capacité
du
monopole
de
fixer
un
prix
élevé
sera
importante.
Où
dit
autrement
plus
l’élasticité
est
forte
plus
le
pouvoir
de
marché2
de
la
firme
est
faible.
B. Le pouvoir du monopole
Le
profit
unitaire
de
la
firme
est
la
différence
entre
le
prix
de
vente
et
le
coût
moyen
pour
la
production
d’équilibre
soit
:
πM(q*)=
p(q*)-‐CM(q*)
>0
Comme
le
profit
est
positif
on
considère
qu’il
s’agit
d’un
surprofit
ou
rente
de
monopole.
Cette
rente
est
possible
car
la
firme
dispose
d’un
pouvoir
de
marché
qui
lui
permet
de
vente
son
produit
plus
cher.
Cependant
nous
avons
vu
que
ce
pouvoir
est
limité
par
l’élasticité
prix
de
la
demande.
Plus
cette
élasticité
est
forte
plus
le
pouvoir
de
monopole
est
faible.
Pour
évaluer
ce
pouvoir
on
calcule
le
taux
de
marge
T.
Morvan
4
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
𝒑 𝒒 − 𝑪𝒎(𝒒)
𝑰 =
𝒑(𝒒)
Ce
taux
de
marge
indique
la
capacité
de
la
firme
à
vendre
à
un
prix
supérieur
au
coût
marginale.
On
l’appelle
aussi
l’indice
de
pouvoir
de
monopole.
Plus
cet
indice
est
élevé
plus
la
firme
dispose
d
»un
pouvoir
fort
En
tenant
compte
de
la
relation
entre
la
recette
marginale
et
élasticité
on
peut
alors
déduire
du
taux
de
marge
que
1 𝒑 𝒒 − 𝑪𝒎(𝒒) 𝟏
1− 𝑝 𝑞 = 𝐶𝑚 𝑞 ⟺ =
𝜀 𝒑(𝒒) 𝜺
Le
pouvoir
de
monopole
est
une
fonction
inverse
de
l’élasticité
de
la
demande
par
rapport
au
prix.
Voir
exemple
1
2éme
partie
C. Le surplus
Comme
sur
un
marché
de
CPP
on
peut
déterminer
le
surplus
du
consommateur
et
celui
du
producteur.
Le
premier
est
obtenu
en
faisant
pour
chaque
unité
consommée
la
différence
entre
le
prix
que
les
consommateurs
sont
prêts
à
payer
et
le
prix
d’achat
effectif.
On
a
𝒒∗
𝑺𝒄 = 𝒑 𝒒 𝒅𝒒 − 𝒑∗ 𝒒∗
𝟎
Le
surplus
du
producteur
est
obtenu
en
faisant
pour
chaque
unité
offerte
la
différence
entre
le
prix
de
vente
effectif
et
le
coût
marginal
de
production.
On
a
𝒒∗
∗ ∗
𝑺𝒑 = 𝒑 𝒒 − 𝑪𝒎 𝒒 𝒅𝒒
𝟎
Le
surplus
total
est
la
somme
du
surplus
du
consommateur
et
de
celui
du
producteur
Nous
avons
vu
que
la
monopole
rationne
les
consommateurs,
en
conséquence
on
aura
𝑺𝑴 𝒄
𝒄 < 𝑺𝒄
Le
monopole
est
beaucoup
moins
avantageux
pour
le
consommateur
que
la
CPP.
Par
contre,
du
fait
de
l’existence
de
la
rente
de
monopole,
on
aura
𝑺𝑴 𝒄
𝒑 > 𝑺𝒑
sans
surprise
le
monopole
est
gagnant
par
rapport
à
la
situation
de
CPP.
Enfin
on
aura
𝑺𝑴 𝒄
𝑻 < 𝑺𝑻
collectivement
il
y
une
perte
de
surplus
qui
est
𝒄 𝑴
donnée
par
𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆 = 𝑺𝑻 − 𝑺𝑻 .
Cette
perte
fait
que
la
situation
de
monopole
n’est
pas
Pareto
optimale.
Voir
exemple
1
3éme
partie
Voir
TD
1
exercices
1
et
2
Ces
politiques
de
tarification
supposent
que
l’Etat
dispose
de
l’information
sur
la
structure
des
coûts
de
la
firme
qui
lui
permette
d’imposer
un
prix.
Si
ce
n’est
pas
le
cas,
il
doit
recourir
à
des
méthodes
incitatives
comme
les
subvention
qui
conduisent
le
monopole
à
produire
plus
ou
à
défaut
il
doit
taxer
le
monopole
pour
confisquer
la
rente
et
la
réutiliser
dans
une
autre
politique.
Voir
exemple
1
4éme
partie
Voir
TD
1
exercices
4
à
6
B. Le marché contestable
Un
marché
est
dit
contestable
s’il
y
a
libre
entrée
et
si
la
sortie
du
marché
peut
être
faite
sans
coût.
Irrécupérables,
i.e.
la
firme
qui
sort
du
marché
peut
récupérer
les
coûts
qu’elle
a
engagés
pour
entrer
sur
le
marché
soit
en
vendant
les
actifs,
soit
en
réutilisant
ces
actifs
pour
une
autre
activité.
On
voit
alors
qu’un
marché
contestable
n’est
pas
caractérisé
par
le
nombre
de
concurrents
présents,
mais
par
la
possibilité
pour
des
concurrents
nouveaux
d’entrer
sur
le
marché.
Un
marché
de
CPP
est
par
nature
contestable
et
c’est
cette
caractéristique
qui
fait
qu’à
long
terme
il
n’y
a
plus
de
profit.
Mais
la
notion
peut
être
étendue
à
tous
les
types
de
marché
y
compris
le
monopole.
Un
monopole
contestable
est
alors
une
situation
dans
laquelle
une
entreprise
en
monopole
doit
envisager
l’arrivée
de
concurrent
potentiel.
Cette
entrée
potentielle
réduit
le
pouvoir
du
monopole
car
s’il
pratique
un
prix
excessif,
il
risque
de
subir
la
concurrence
d’entreprises
entrantes
qui
pourront
fixer
un
prix
plus
faible
et
prendre
des
parts
de
marché.
Pour
éviter
cette
concurrence,
le
monopole
n’a
pas
d’autre
possibilité
que
de
fixer
un
prix
qui
soit
désincitatif
à
l’entrée
de
nouveaux
concurrents.
Or,
tant
qu’il
y
a
un
surprofit,
il
y
a
une
incitation
à
entrer
sur
le
marché,
en
conséquence
ces
incitations
disparaissent
lorsque
le
surprofit
est
nul
est
donc
lorsque
le
prix
de
vente
est
égal
au
coût
moyen.
Le
monopole
devra
alors
pratiquer
une
tarification
au
coût
moyen.
On
montre
que
les
conditions
de
second
ordre
exigent
que
la
pente
du
coût
marginal
de
chaque
établissement
soit
supérieure
à
la
pente
de
la
recette
marginale
ce
qui
est
toujours
vérifié
si
les
coût
marginaux
sont
croissants.
Graphiquement
il
faut
construire
un
coût
marginal
agrégé.
Concrètement
pour
un
niveau
de
coût
marginal
A
donné
il
faut
produire
la
quantité
q1,
dans
l’établissement
i
et
la
quantité
q2
dans
l’établissement
2.
Le
coût
marginal
agrégé
sera
alors
tel
que
𝐶𝑚!( 𝑞! = 𝐶𝑚! 𝑞!
Voir
schéma
1.1
(en
supposant
que
les
fonctions
de
coût
marginal
soient
linéaires)
On
peut
alors
représenter
l’équilibre
du
monopole
(voir
schéma
1.2)
B. Le monopole discriminant
Dans
le
cadre
de
ce
cours
nous
allons
uniquement
étudier
discrimination
de
3éme
degré
Il
y
a
une
discrimination
lorsque
le
monopole
peut
segmenter
son
marché
en
plusieurs
types
de
consommateur
qui
ont
un
comportement
de
demande
différent.
Par
exemple
dans
un
groupe
les
consommateurs
sont
prêts
à
acheter
le
produit
plus
cher
que
dans
un
autre.
En
conséquence
le
monopole
va
essayer
d’utiliser
son
pouvoir
de
marché
pour
proposer
à
ce
groupe
un
prix
plus
élevé
et
appliquer
un
prix
différent
à
chaque
segment.
Evidemment
cette
discrimination
n’est
possible
que
si
les
consommateurs
qui
appartiennent
au
groupe
ne
peuvent
se
procurer
le
bien
auprès
des
consommateurs
qui
appartiennent
à
un
autre.
Pour
comprendre
comment
se
fait
la
discrimination
supposons
que
le
monopole
ait
identifié
deux
types
de
consommateurs.
Chaque
groupe
exprime
une
demande
différente
𝑞! 𝑝! 𝑒𝑡 𝑞! 𝑝! dont
on
peut
déduire
deux
fonctions
de
demande
inverse
𝑝! 𝑞! 𝑒𝑡 𝑝! (𝑞! )
On
peut
alors
exprimer
la
fonction
de
profit
du
monopole
sous
la
forme
suivante
𝜋 𝑞! , 𝑞! = 𝑝! 𝑞! 𝑞! + 𝑝! 𝑞! 𝑞! − 𝐶(𝑞! + 𝑞! )
Les
quantité
qui
permettront
au
monopole
de
maximiser
son
profit
sont
donnée
par
𝛿𝜋
= 𝑅𝑚! 𝑞! − 𝐶𝑚 𝑞! + 𝑞! = 0 ⇔ 𝑹𝒎𝟏 𝒒𝟏 = 𝑪𝒎 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐
𝛿𝑞!
𝛿𝜋
= 𝑅𝑚! 𝑞! − 𝐶𝑚(𝑞! ) = 0 ⇔ 𝑹𝒎𝟐 𝒒𝟐 = 𝑪𝒎 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐
𝛿𝑞!
A
l’équilibre
les
recettes
marginales
de
deux
groupes
sont
égales
au
coût
marginal
de
production
On
peut
utiliser
la
relation
entre
la
recette
marginale
et
l’élasticité
pour
définir
la
recette
marginale
pour
chaque
groupe.
𝟏
𝑹𝒎𝟏 𝒒𝟏 = 𝟏 − 𝒑𝟏 (𝒒𝟏)
𝜺𝟏
𝟏
𝑹𝒎𝟐 𝒒𝟐 = 𝟏 − 𝒑𝟐 (𝒒𝟐 )
𝜺𝟐
𝟏 𝟏
En
conséquence
on
a
𝟏 − 𝒑𝟏 (𝒒𝟏) = 𝟏 − 𝒑𝟐 (𝒒𝟐 )
𝜺𝟏 𝜺𝟐
Si
l’élasticité
de
la
demande
du
groupe
1
est
supérieure
à
elle
du
groupe
2
le
prix
sera
supérieur
pour
le
groupe
2
que
pour
le
groupe
1
Voir
schéma
1,3
Voir
TD
1
exercices
6
et
7
C. Le monopole naturel
Il
y
a
monopole
naturel
lorsque
les
rendements
d’échelle
sont
continument
décroissants.
En
effet,
dans
ce
type
de
situation
les
coûts
unitaires
sont
décroissants
à
long
terme
lorsque
la
production
augmente,
et
il
y
a
sous-‐additivité
des
fonctions
de
production.
On
peut
résumer
cette
sous-‐additivité
à
l’aide
de
la
formulation
suivante
:
! !
T.
Morvan
7
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
Si
n
producteur
réalisent
une
production
qi
la
somme
de
leur
cout
total
sera
supérieure
au
coût
total
d’un
entreprise
qui
réaliserai
à
elle
seule
l’ensemble
de
la
production.
En
conséquence
les
producteurs
vont
chercher
à
réduire
leurs
coûts
en
produisant
sur
des
échelles
de
plus
en
plus
grande,
ce
qui
va
les
conduire
à
fusionner
et
provoquera
la
disparition
des
petits
producteurs.
Ainsi
le
marché
va
naturellement
tendre
vers
une
situation
de
monopole.
Ce
type
de
monopole
pose
un
problème
particulier
car
du
fait
de
la
sous-‐additivité
le
coût
marginal
est
constamment
inférieur
au
coût
moyen
Comme
tous
les
monopoles,
le
producteur
maximisera
son
profit
lorsque
Cm(q)
=
Rm(q).
Il
va
alors
utiliser
son
pouvoir
de
marché
pour
rationner
les
consommateurs
et
leur
facturer
un
prix
excessif.
(voir
schéma
1.4)
Cette
situation
étant
socialement
sous
optimale
l’Etat
va
alors
intervenir
pour
obliger
le
monopole
à
pratiquer
une
tarification
au
coût
marginal
(voir
schéma
1.5).
Le
monopole
va
alors
faire
des
pertes
(zone
grisée
dans
le
schéma
au
dessus)
ce
qui
pose
le
problème
de
savoir
qui
va
supporter
la
perte
:
• Si
c’est
le
producteur
comme
il
perdra
constamment
de
l’argent
il
finira
par
disparaître
• Si
c’est
l’Etat
celui
ci
devra
verser
une
subvention
au
monopole
pour
compenser
la
perte,
mais
alors
deux
difficultés
peuvent
apparaître
:
Ø La
subvention
versée
au
monopole
ne
pourra
pas
être
utilisée
à
autre
chose
il
y
a
alors
un
risque
de
perte
d’utilité
sociale
dans
d’autre
secteur
Ø Le
monopole
ne
sera
pas
incité
à
réduire
ses
coûts
puisqu’il
sait
qu’il
recevra
une
subvention
quoiqu’il
arrive
d’où,
là
aussi,
une
perte
sociale.
A
ces
difficultés
s’en
ajoute
une
autre.
Pour
imposer
la
tarification
au
coût
marginal
il
faut
que
l’Etat
puisse
vérifier
que
le
monopole
respecte
la
contrainte
et,
donc,
qu’il
soit
informé
de
la
fonction
de
coût
du
producteur.
Si
ce
n’est
pas
le
cas,
ce
dernier
profitera
de
l’asymétrie
d’information
pour
déclarer
un
coût
marginal
plus
important
que
ce
qu’il
est
réellement
et
ainsi
conduire
l’Etat
à
fixer
un
prix
qui
se
rapproche
de
son
prix
optimal
(voir
schéma
1.6)
Bref
la
solution
de
la
tarification
au
cout
marginal
n’est
pas
la
panacée
puisqu’elle
risque
de
conduire
à
des
pertes
d’utilité
ailleurs.
C’est
pour
résoudre
cette
difficulté
que
l’Etat
peut
être
conduit
à
pratiquer
une
autre
forme
de
tarification
au
coût
moyen.
(voir
schéma
1.7).
Le
profit
du
monopole
sera
alors
nul.
Cette
tarification
apparaît
comme
un
compromis
entre
la
tarification
optimale
du
point
de
vue
de
monopole
et
la
tarification
socialement
optimale.
On
parle
d’une
tarification
de
2éme
choix
et
d’optimum
de
second
rang.
Elle
présente
deux
avantages,
elle
élimine
le
problème
de
la
subvention
et
elle
fait
disparaître
l’avantage
informationnel
du
monopole
puisqu’il
suffit
de
vérifier
qu’il
ne
fait
pas
de
profit
pour
s’assurer
qu’il
respecte
la
contrainte.
Par
contre
cette
méthode
ne
permet
pas
d’éliminer
le
risque
n’inefficience
dans
la
production,
puisque
là
aussi
le
monopole
est
certain
de
couvrir
ces
coûts
et
comme
il
ne
peut
pas
faire
de
profit,
il
n’est
pas
incité
à
produire
au
moindre
coût.
Voir
TD
1
exercice
8
T.
Morvan
8
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
CH 2 L’OLIGOPOLE
Pour
une
étude
plus
approfondie
voir
Béjean
et
Peyron
p
284
et
s
Sur
un
marché
d’oligopole,
les
demandeurs
sont
«
price-‐Taker
»,
et
les
biens
échangés
sont
homogènes,
En
conséquence,
ce
sont
les
offreurs
qui
déterminent
le
prix.
Ces
derniers
doivent
cependant
tenir
compte
de
deux
contraintes
:
1. Ils
sont
contraints,
comme
le
monopole,
par
la
relation
de
la
demande
au
prix.
2. Ils
doivent
faire
leur
offre
en
tenant
compte
de
l’offre
des
autres
Contrairement
aux
formes
de
marché
que
nous
avons
vu
jusqu’ici
il
y
a
plusieurs
façons
d’appréhender
un
marché
en
situation
d’oligopole,
d’où
plusieurs
modèles
explicatifs
Pour
simplifier
l’étude
nous
nous
limiterons
au
cas
particulier
des
duopoles
B. Méthodologie
Comme
pour
le
monopole
on
commence
par
déterminer
la
fonction
de
demande
inverse
On
peut
alors
écrire
la
fonction
de
profit
de
chaque
firme.
Le
profit
de
la
firme
i
est
maximum
lorsque
T.
Morvan
9
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
𝛿𝜋
= 𝑅𝑚! 𝑞! , 𝑞! − 𝐶𝑚! 𝑞! = 0 ⇔ 𝒒𝒊 = 𝒇𝒋 (𝒒𝒊 )
𝛿𝑞!
On
obtient
ainsi
la
fonction
de
réaction
de
la
firme
i
dans
laquelle
son
offre
dépend
de
la
conjecture
qu’elle
fait
sur
l’offre
de
la
firme
j
Il
existe
un
équilibre
au
Duopole
de
Cournot
qui
est
stable.
Il
est
obtenu
en
résolvant
le
système
formé
par
les
fonctions
de
réaction
Concrètement
on
peut
imaginer
que
l’entreprise
1
face
une
proposition
d’offre
à
partir
d’une
valeur
de
𝑞!!
supposée,
la
firme
2
va,
connaissant
cette
offre,
faire
sa
proposition
(𝑞!! ).
La
firme
1
va
alors
réagir
et
refaire
une
nouvelle
proposition
en
supposant
que
l’offre
de
la
firme
2
sera
de
𝑞!!
(voir
schéma
1).
Par
tâtonnement
le
marché
va
alors
converger
vers
son
point
d’équilibre
Les
conjectures
sont
vérifiées
si
chaque
entreprise
prévoit
la
production
optimale
de
la
concurrence.
Voir
exemple
2
1ére
partie
T.
Morvan
10
Analyse
économique
La
concurrence
imparfaite
année
2014/15
IV. LE
CARTEL
Dans
les
3
cas
vu
au
dessus
les
entreprises
prennent
leur
décision
sans
coopération.
On
peut
maintenant
envisager
le
cas
ou
la
prise
de
décision
se
fait
de
manière
coopérative,
i.e.
que
les
entreprises
se
mettent
d’accord
pour
limiter
la
concurrence.
En
fait
cela
revient
à
dire
que
l’alliance
qu’elles
vont
conclure
se
comportera
comme
un
monopole
face
à
la
demande,
ce
qui
permettra
de
dégager
un
profit
plus
fort.
On
dit
alors
que
les
entreprises
forment
un
cartel.
Le
cartel
va
chercher
à
maximiser
le
profit
de
la
branche
et
il
prévoira
ensuite
une
répartition
de
ce
profit
entre
les
entreprises
membres
du
cartel.
Formellement
le
cartel
va
maximiser
son
profit
comme
le
ferai
un
monopole
multi-‐établissement.
On
a
le
programme
suivant
:
𝑴𝒂𝒙 𝝅 = 𝑹𝑻 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐 − 𝑪𝑻𝟏 𝒒𝟏 − 𝑪𝑻𝟐 (𝒒𝟏 )
dont
la
solution
est
donnée
par
le
système
suivant
𝜹𝝅
= 𝑹𝒎 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐 − 𝑪𝒎𝟏 𝒒𝟏 = 𝟎
𝜹𝒒𝟏
𝜹𝝅
= 𝑹𝒎 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐 − 𝑪𝒎𝟐 𝒒𝟐 = 𝟎
𝜹𝒒𝟐
Le
cartel
va
fixer
la
production
de
telle
manière
qu’il
obtienne
𝑹𝒎 𝒒𝟏 + 𝒒𝟐 = 𝑪𝒎𝟐 𝒒𝟐 = 𝑪𝒎𝟏 𝒒𝟏
L’équilibre
obtenu
conduit
à
une
quantité
offerte
plus
faible
que
dans
les
cas
de
duopole
non
coopératif,
par
ce
rationnement
le
profit
total
sera
plus
fort
et
du
point
de
vue
des
consommateurs
on
revient
à
une
situation
de
monopole.
Par
contre
l’équilibre
est
instable
car
individuellement
chaque
membre
peut
avoir
intérêt
à
ne
pas
suivre
l’accord,
donc
à
produire
plus
que
ce
qui
lui
est
attribué,
pour
augmenter
son
profit.
Voir
exemple
2
3éme
partie
Voir
TD
6
T.
Morvan
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