Contrats de Distribution : Types et Règles
Contrats de Distribution : Types et Règles
L’une des évolutions les plus remarquables de la vie des affaires est la constitution de réseau.
Depuis que les entreprises ont vu la nécessité de la vente par rapport à la production, les
circuits de distribution se sont développés. Le commerçant isolé tend à disparaître au profit
d’une intégration dans des réseaux de commercialisation. Les vendeurs s’efforcent désormais
d’appliquer la stratégie définie par quelques chefs de file, bénéficiant d’une image favorable
soutenue par une publicité intense et persuasive. Les fournisseurs et les distributeurs se
lient en effet avec les commerçants qu’ils sélectionnent. Cette technique de distribution est
appelée distribution intégrée. Elle présente de nombreux avantages. Exemple : Le créateur
du réseau peut vendre les produits ou les services sous sa marque et sur tout le territoire. Les
membres du réseau ont aussi la possibilité de diffuser des produits de marque.
Il existe aussi des dangers. Par exemple une concentration ou une intégration trop forte est
de nature à limiter la concurrence. Elle peut aussi entraîner un déséquilibre des contrats. La
constitution de réseau s’opère par la conclusion de différents contrats liant les fournisseurs
aux distributeurs.
Souvent, les parties organisent leurs relations sur la base de contrats cadres (dont les clauses
sont bien définies, ou il n’y a pas d’ambiguïté) qui leurs permettent de définir les éléments
essentiels de leurs apports, sans avoir à fixer les modalités concrètes. L’obligation
essentielle du contrat cadre est la conclusion des contrats d’application, qui sont des contrats
de distribution intégrés. On a aussi les contrats de coopération commerciale. Il s’agit d’un
apport contractuel entre un fournisseur et un distributeur qui, dans le cadre de leur politique
respective, décident d’unir leurs efforts pour augmenter leur efficacité commerciale
Exemple : les opérations publicitaires ou la promotion d’un produit.
Le contrat de coopération commerciale doit être passé par écrit .Le fournisseur doit une
rémunération spéciale. Les contrats de distribution sont toujours précédés d’une phase
préliminaire où entrent en ligne de compte des intermédiaires.
2- Les courtiers
Ce sont des commerçants indépendants qui mettent en relation deux personnes désireuses de
contracter. Le courtier ne conclut pas le contrat pour l’un d’eux, il n’est pas un mandataire.
Il intervient dans les secteurs spécialisés. Ex : Courtier d’assurance, en transit et en matière
matrimoniale.
3- Les commissionnaires
Ils contractent pour le compte d’autrui. A la différence des agents commerciaux, ils ne
divulguent pas le nom de leur mandant. Ils travaillent en leurs noms pour le compte de leur
mandant. Le contractant n’a pour cette action aucune action contre le commettant dont il
ignore le nom. Les règles du mandat régissent les rapports entre le commettant et le
commissionnaire. Certains commissionnaires doivent garantir la bonne exécution du contrat,
assumant par exemple les risques d’insolvabilité du cocontractant.
1
4- Les centrales d’achat et de référencement
Ce sont des structures propres aux grandes surfaces. Les centrales d’achat ont pour but
d’acheter pour le compte d’un certain nombre de commettants.
Les centrales de référencement ont pour mission de sélectionner des fournisseurs et des
produits.
Les contrats de distribution entre professionnels sont très variés, mais ils ont des règles
communes. Tous ces contrats se justifient par la distribution intégrée. L’intégration est un
moyen pour le fournisseur de contrôler ses produits de vente. Juridiquement ce contrôle est
assuré par une série de clauses. Ex : les clauses de quota qui fixent le nombre de produits à
commander ; les clauses de pénétration du marché qui fixent le nombre de produits à écouler.
Il est vrai que les contrats de distribution supposent une dépendance économique des
distributeurs à l’égard des fournisseurs, mais ces contrats comportent un intérêt commun
pour les deux contractants.
Ainsi dans les contrats de distribution, les 2 parties ont toutes les 2 des droits sur la clientèle
commune. Les contrats de distribution comprennent souvent une clause d’exclusivité. Par
cette clause, le distributeur s’engage à ne contracter qu’avec tel ou tel fournisseur. Il
s’oblige à ne s’approvisionner auprès d’un seul fabricant. De son côté le fournisseur ou le
fabricant peut s’engager à ne traiter qu’avec tel ou tel distributeur. L’exclusivité peut être
l’approvisionnement de fournitures ou encore réciproquement. La clause d’exclusivité se
traduit par diverses obligations et entraîne une restriction à la liberté de choisir son
cocontractant. Elle présente 2 aspects :
Elle vise à intensifier les relations commerciales entre les parties, mais en même temps
empêche le débiteur d’entreprendre des relations commerciales avec des tiers. La clause
d’exclusivité a été réglementée par la loi du 14 Octobre 1943, qui la limite à 10 ans maximum
pour sa validité. La loi a aussi envisagée les clauses d’enchaînements, en décidant que si un
contrat contenant une clause d’exclusivité est suivie entre les mêmes parties, et d’autres
engagements analogues portant sur le même genre de bien contiennent des clauses
d’exclusivité, celles-ci prennent fin à la même date que celle qui figure dans le 1er contrat.
Les contrats de distribution posent les problèmes en droit civil, notamment sur la
détermination du prix. On se demande si le contrat de distribution est valable lorsque le prix
des fournitures n’est pas fixé de manière objective et dépend plus ou moins de la volonté
exprimée par le fournisseur. Si le contrat n’implique qu’une obligation de faire, c'est-à-dire
s’il n’est qu’un contrat préparatoire à des commandes à venir, il est valable (art. 1129 C.
Civil).
Dans le cas d’espèce, cet article ne s’applique pas. En revanche si le contrat porte sur la
fourniture des produits, la JP exige que leur prix soit sinon déterminé du moins déterminable
par des éléments de référence, extérieurs aux parties.
Quant aux clauses d’experts, ils laissent à un tiers la possibilité de déterminer le prix. Ces
clauses sont certes licites, mais ne sont pas toujours praticables. Les tribunaux imposent
également aux parties de prévoir dès l’origine, les éléments de détermination du prix. Elles
ne peuvent pas subordonner la fixation du prix à un accord ultérieur. Les éléments de fixation
de prix doivent être connus dès la conclusion du contrat.
Au regard du droit commercial, les contrats de distribution ne peuvent intervenir qu’entre
commerçants. Ils sont soumis à toutes les règles de droit commercial.
Les contrats de distribution sont de trois types essentiellement : les contrats de concession
exclusive, de franchise, et de distribution sélective.
2
CHAPITRE 1 : LE CONTRAT DE CONCESSION EXCLUSIVE
C’est celui par lequel le titulaire d’une marque appelé concédant, s’engage sur un
territoire donné, à ne vendre qu’à son cocontractant ou concessionnaire, qui s’oblige en
contrepartie à distribuer les biens concédés, et uniquement ces biens, en respectant la
politique commerciale définie par son partenaire. Ex : Le cas de SARI et Peugeot.
La concession est très pratiquée à l’égard des produits de masse. Ex : la bière, l’automobile,
les matériels agricoles et outillages.
Elle permet à des fabricants d’écouler leurs biens dans de bonnes conditions et d’en
surveiller la distribution à travers leurs réseaux. Le contrat de concession est proche du
contrat de vente mais ne s’assimile pas à la vente car il assure sur un territoire, pour un
temps déterminé, l’exclusivité de la distribution des produits du concédant par un
concessionnaire au nom et pour le compte de celui-ci.
Le contrat de concession est également différent du mandat. Le concessionnaire agit à ses
risques et périls. C’est un commerçant juridiquement indépendant qui achète et revend pour
son propre compte. Il ne représente pas le concédant si bien que celui-ci n’est pas obligé par
les fautes et les actes de son contractant. Le contrat de concession ne fait l’objet d’aucune
réglementation particulière. Pour certains, le droit commun des obligations et la JP sont
suffisant pour réglementer la concession.
Cependant face à certaines pratiques et à certains arguments, une intervention législative a
été jugée nécessaire. Ainsi, il faut tenir compte des lois de la concurrence, de la loi du 14
Octobre 1943 en droit ivoirien. En droit français, on a le règlement 1983-83 du 22 Juin 1983
sur les accords de distribution exclusive, le règlement 1984-83 du 22 Juin 1983 sur les
accords d’achat exclusifs, et le règlement 123-85 du 12 Décembre 1984 sur les accords de
distribution de véhicules automobiles. Il faut enfin ajouter la loi française du 31 Décembre
1989 qui impose une obligation d‘information au concédant.
L’étude du contrat de concession exclusive portera sur la conclusion, l’exécution et la fin de
ce contrat.
3
de progrès économique lorsqu’il laisse la possibilité aux membres du réseau de se faire une
certaine concurrence. Il en résulte qu’un concédant ne peut refuser de contracter que s’il est
à même d’établir que son contrat n’est pas illicite au regard du droit de la concurrence (qui
encourage la liberté d’entreprise).
4
- Le concessionnaire doit en outre faire tout le nécessaire pour préserver l’unité du
réseau et défendre l’image de la marque concédée. Ex : Réseau Bouaké, Réseau
Abidjan, chaque réseau ne peut pas empiéter sur les prérogatives de l’autre. Il
s’oblige ainsi à suivre la politique commerciale arrêtée par le concédant, à respecter
ses méthodes de ventes et à aménager les lieux de vente de telle manière que la
clientèle se sente chez elle et reste fidèle, et enfin à former son personnel de façon à ce
qu’il reste toujours compétent et à assurer un service après vente de qualité. En effet
le concessionnaire, en tant que commerçant indépendant et revendeur, doit répondre
de la garantie des vices cachés. Mais le client conserve l’action directe contre le
fabricant ;
- Le concessionnaire ne doit pas diffuser des renseignements techniques, commerciaux
et financiers qui pourraient intéresser une entreprise concurrente. Pour cela, le
contrat de concession comporte de sévères clauses pénales ou des clauses
résolutoires ;
- Le concessionnaire doit respecter sa zone de vente. Il doit s’abstenir de fabriquer une
politique active de vente sur les secteurs dont il n’a pas l’exclusivité ;
- Le concessionnaire ne doit pas concurrencer son concédant, il manque à son
obligation de loyauté et engage sa responsabilité contractuelle dès l’instant qu’il
réalise des opérations en dehors de sa zone. Dans ce cas, le concédant, en se fondant
sur l’exception d’inexécution peut refuser de lui livrer des produits ou procéder à des
ventes directes. Enfin on considère que le concessionnaire sera coupable d’une faute
délictuelle dont il doit répondre sur le fondement de l’article 1382, lorsqu’il fait en
connaissance de cause, des intrusions dans les périmètres concédés aux autres
membres du réseau.
5
responsabilité, sauf s’il établit qu’il avait pris un tel engagement de renouvellement du
contrat ou s’il a abusé de ses prérogatives. Pour la JP, le concédant d’un contrat de
concession exclusive, conclu pour une durée déterminée, peut devancer cette convention
avant son expiration sans avoir à motiver sa décision d’y mettre fin.
S’il s’agit d’un CDI, les parties peuvent le résilier unilatéralement, mais elles ne doivent
pas commettre un abus de droit. Il appartient à la partie victime de la rupture de rapporter
la preuve de l’abus de droit.
Ces solutions jurisprudentielles mettent le concessionnaire dans une position délicate, elles
sont favorables au concédant. La JP récente et certains textes essayent d’adoucir ces
solutions traditionnelles. Il s’en dégage la volonté d’imposer au concédant la justification de
ses actes.
Lorsque le contrat est à durée indéterminée, la JP considère qu’il y a abus de droit dès que
la résiliation du contrat de concession intervient brutalement. Elle exige un préavis d’une
durée suffisante qui tient compte de la longueur des relations ayant existées entre les parties
et la spécificité des activités en cause.
Lorsque le contrat est à durée déterminée, l’existence d’un motif de non renouvellement n’est
pas, pour la JP, une condition de validité de la décision. Cependant, cette existence vient en
renforcer la validité de principe en écartant à posteriori un abus caractérisé soit par une
intention de nuire, soit par un détournement du droit de la rupture de sa finalité.
Les motifs de non renouvellement sont donc implicitement recherchés et leur absence justifie
généralement l’existence d’un abus de droit. Le concessionnaire peut obtenir une
indemnisation s’il prouve que le concédant a invoqué des motifs de rupture ou de non
renouvellement qui étaient illégitimes. En France, cette question a fait l’objet de certains
textes. Ex : L’art.36 de l’ordonnance du 1er Déc.1986 qui incrimine le refus de vente entre
professionnels ; l’art.8 1er et 2e de l’ordonnance du 1er Déc.1986 qui réprime le fait pour une
entreprise ou un groupe d’entreprises, d’exploiter abusivement l’état de dépendance
économique dans lequel se trouve à son égard une entreprise cliente qui ne dispose pas de
solutions équivalentes ; l’art.7 1er de la loi Doubin sur le contrat d’intérêt commun, avec ce
texte, la rupture pour le non renouvellement du contrat de concession ne dépend plus
exclusivement de la théorie générale des obligations. La qualification d’intérêt commun sans
impliquer une indemnisation automatique en cas de rupture du contrat oblige néanmoins
l’auteur de la résiliation à se justifier.
6
CHAPITRE 2 : LE CONTRAT DE FRANCHISE
Le contrat de franchise ou franchisage, ou encore factoring, est le contrat par lequel une
personne appelée franchiseur, s’engage à communiquer un savoir faire à une autre
personne nommée franchisé, à le faire jouir de sa marque et éventuellement à le fournir en
marchandise.
Le franchisé s’engage à son tour à exploiter le savoir faire, à utiliser la marque et
éventuellement à s’approvisionner auprès du fournisseur. C’est une formule très moderne de
financement de type crédit fournisseur, mais c’est surtout une technique évoluée de gestion
commerciale. Ex : western union.
Elle est très utilisée dans le secteur des services du travail temporaire dans la vente de
vêtements, de fleurs, et permet à un fabricant de monter un réseau de distribution sous son
nom ou sous sa marque, sans avoir à supporter les coûts d’une installation, tandis que le
franchisé profite de l’expérience de son partenaire, et dispose dès l’ouverture de son fond
d’une clientèle préconstituée. Quant au client, il a la certitude de trouver en quelques lieux
qu’il passe, la même qualité de produits et de services.
Le contrat de franchise s’est développé au 19e s et au 20e aux USA, à l’occasion du commerce
avec la GB. Il a été introduit en Europe en 1960 avec l’implantation d’un réseau
international de factor en GB pris sur le continent européen.
Le contrat de franchise est issu de la pratique. A défaut de réglementation, la pratique et la
JP ont essayées d’équilibrer les relations entre les parties. En France, l’association française
de normalisation appelée AFNOR a publiée une norme destinée à fixer quelques règles
élémentaires définissant avec précision le rôle des contractants et répertoriant les infos que
chacun se doit de communiquer à son partenaire. Au niveau Européen, il existe le règlement
communautaire 4087-88 applicable à la franchise.
Le contrat de franchise est un contrat onéreux et synallagmatique. C’est un contrat
commercial qui suppose une collaboration étroite entre les parties. La franchise suppose une
licence de savoir faire. Le contrat de franchise se fonde sur un transfert de technique et de
procédés commerciaux, sur des recettes, sur des savoirs faire. Si le savoir faire transmis est
inconsistant, le contrat doit être annulé pour défaut de cause ou encore disqualifié.
3 éléments caractérisent la franchise :
la communication de savoir faire ;
l’assistance commerciale ;
la licence de marque.
Le contrat de franchise se conclut entre deux commerçants indépendants. Si un contrat de
franchise ne comprend qu’une communication de savoir faire, il se réduit à un simple
contrat de collaboration. C’est un contrat d’entreprise ayant pour objet le transfert d’une
technique. L’obligation fondamentale du contrat réside dans la transmission d’un savoir
faire. En contrepartie, le bénéficiaire s’oblige à verser une rémunération. Si le contrat ne
comporte pas une communication de savoir faire, il ne peut être considéré comme un
contrat de franchise. Ce serait un contrat d’approvisionnement et de fourniture. Si la
convention accorde trop de pouvoir au franchiseur, elle sera disqualifiée en contrat de
travail. C’est le cas lorsqu’il est établi que le franchisé ne dispose plus d’autorité juridique. Il
suffit que le contrat établisse entre les parties une collaboration étroite, qu’il révèle
l’existence d’une société de fait.
La qualification n’est pas impossible, car les accords peuvent être constitués par les droits
concédés par le franchiseur et l’industrie du franchisé. En outre, la collaboration est bien de
l’essence du contrat et s’exprime pendant toute son existence.
7
L’étude du contrat de franchise permet de voir les rapports entre les parties d’une part, et les
rapports entre les parties et les tiers d’autre part.
§ 2 : L’exécution du contrat
Le contrat de franchise est un contrat synallagmatique qui contient des obligations à la
charge des deux parties :
Le franchiseur a l’obligation de réaliser une étude d’emplacement du futur magasin ;
Il doit ensuite communiquer son savoir faire et l’entretenir de manière à valoriser le
franchisé, tout au moins à maintenir son image ;
Il doit fournir une assistance technique et commerciale à son partenaire et mettre à sa
disposition sa marque et son enseigne ;
Quant au franchisé, il s’engage à son tour à respecter les normes définies par le
franchiseur pour assurer l’homogénéité des prestations ;
Il doit fournir tous les efforts nécessaires pour permettre l’exploitation convenable de
l’établissement, maintenir celui-ci en bon état ;
Il doit contracter des polices d’assurance ;
Il doit tenir une comptabilité en suivant les instructions du franchiseur et laisser les
représentants de ce dernier faire les vérifications qui s’imposent ;
Il doit aussi défendre l’image de marque du franchiseur, et ne rien faire qui puisse la
compromettre ;
Il doit collaborer au développement de la franchise, et pour cela, il s’interdit de
commercialiser les produits concurrents ;
Le franchisé doit enfin payer un droit d’entrée, ainsi qu’une redevance calculée selon
le chiffre d’affaire réalisé. La fixation de la redevance doit respecter les conditions de
l’art.1129 C. Civil : « il faut que l’obligation ait pour objet une chose au moins
déterminée quant à son espèce, la quotité de la chose peut être incertaine, pourvu
qu’elle puisse être déterminée pour pouvoir déterminer le chiffre d’affaire »
§ 3 : L’expiration du contrat
8
Le contrat de franchise est généralement un contrat à durée déterminée. S’il contient une
exclusivité d’approvisionnement, il ne peut dépasser 10 ans. Le renouvellement de l’accord
n’est obligatoire à l’arrivée du terme. Cependant, les parties prévoient souvent une clause de
tacite reconduction. Celle-ci peut être précédée d’un préavis. Le contrat peut être rompu sans
justification avant terme.
S’il s’agit d’un CDI, la rupture est valable à moins qu’elle ne soit abusive c'est-à-dire brutale
et sans avertissement.
Le contrat de franchise est un contrat intuitus personae, c’est à dire que la personnalité du
franchisé entre dans le champ contractuel. Aussi le contrat prend fin en cas de décès du
franchisé. Mais il peut être continué ou même cédé si le franchisé fait l’objet de procédure
collective.
Le contrat prend fin par décision de justice ou sur la base d’une clause résolutoire.
L’expiration du contrat pose le problème de la clause de non concurrence. La JP décide que
cette clause n’est pas opposable aux ayants droits du franchisé décédé. Elle doit être annulée
lorsque le contrat qui la stipule est résilié.
1- Les consommateurs
Dans les contrats types de franchise, il existe souvent une clause qui stipule que le franchisé
assumera seul à l’égard des tiers, les garanties dont il est redevable. Mais si les
marchandises livrées par le fournisseur étaient affectées d’un défaut caché ou d’une non-
conformité, le coût de remplacement serait supporté par le franchiseur. Cette clause fixe des
responsabilités entre franchiseur et franchisé. Le franchisé étant un commerçant indépendant,
il assume seul les risques de garantie de la chose. Cependant, les consommateurs cherchent
souvent à établir une co-responsabilité entre franchisé et franchiseur. Cette co-responsabilité
est fondée sur le fait que le franchiseur est très engagé dans l’organisation du franchisé.
Cette proposition des consommateurs n’a pas été retenue en JP, car autrement, elle enlèverait
à la franchise son caractère original qui est d’établir un partenariat entre entreprises
indépendantes.
2- Les fournisseurs
Le franchisé est un indépendant et il contracte en son nom propre. Par conséquent, ses
partenaires commerciaux n’ont pas d’actions directes contre le fournisseur. Le franchiseur
n’est donc pas tenu des dettes contractées par le franchisé. Le principe de l’effet relatif des
contrats qui veut qu’un contrat n’ait d’effet qu’à l’égard des parties contractantes, s’y
oppose.
9
Ces dispositions se retrouvent dans le règlement 4047-88 de la Communauté Européenne.
Par ces dispositions, le franchisé ne peut pas pratiquer une politique active de vente dans les
territoires des autres franchisés. Mais on ne peut pas lui interdire de répondre aux demandes
d’utilisateurs domiciliés dans d’autres territoires concédés qui le sollicite. Par conséquent, le
franchisé ne peut bénéficier que d’une compétence territoriale relative.
10
CHAPITRE 3 : LES CONTRATS DE DISTRIBUTION SELECTIVE
L’arrêt de principe Nina Ricci du 3 Nov. 1982 donne une définition de la distribution
sélective.
Le contrat de distribution sélective est celui par lequel un fournisseur s’engage à
approvisionner dans un secteur déterminé, un ou plusieurs commerçants qu’il choisit en
fonction du critère objectif, de caractère qualitatif sans discrimination et sans limitation
quantitative injustifiée, et par lequel le distributeur est autorisé à vendre d’autres produits
concurrents.
Ce contrat consiste donc à choisir un certain nombre de distributeur en fonction de critère
objectif tenant à la marque du produit. Les distributeurs ne jouissent d’aucune exclusivité. La
distribution sélective concède essentiellement des produits de luxe, de prestige, de marque.
Ex : Les parfums, les fourrures.
Cette méthode de commercialisation est apparue dans les années 70. Elle permet aux
fabricants de commercialiser leurs produits dans de bonnes conditions.
Les distributeurs ont l’avantage d’être vendeur en titre. La distribution sélective porte
atteinte à la libre concurrence entre agents commerciaux et ne favorise pas la baisse des prix.
Elle pose deux problèmes essentiels :
-la licéité de cette forme de distribution ;
-l’application de ce principe.
11
Le contrat de distribution sélective peut légitimer un refus de vente. Ainsi le refus de vente est
justifié lorsque la densité locale du réseau au moment où la demande d’affiliation est
présentée, ne permet pas la création d’un nouveau point de vente, parce que cette création est
de nature à alourdir le prix de revient et donc susceptible de nuire à l’intérêt économique du
consommateur. On peut se demander si le principe de distribution sélective autorise le
fournisseur à agir en concurrence déloyale contre les revendeurs extérieurs au réseau, qui se
procurent les produits par des voies parallèles.
A priori, une réponse affirmative peut être donnée parce que ces revendeurs ne sont pas
agréés. Ils ne peuvent donc pas commercialiser le produit. Aussi, les solutions adoptées dans
la concession exclusive sont inapplicables en matière de distribution sélective, parce qu’il n’y
a pas d’exclusivité.
Cette absence d’exclusivité et la moindre protection qu’elle entraîne, trouvent leur contre
poids dans une action en concurrence déloyale. La JP a appliquée cette solution, mais
récemment il y a eu un règlement jurisprudentiel avec la décision de la Cour de Cassation le
13 Décembre 1988. Elle a considérée que le fait de commercialiser des produits relevant des
réseaux de distribution sélective ne constitue pas en lui-même, en l’absence d’un autre
élément, un acte fautif.
12
DEUXIEME PARTIE : DROIT DE LA CONSOMMATION
La morale et les affaires font difficilement bon ménage. Il serait vain de rechercher dans
l’histoire la première tromperie sur la marchandise vendue, la première vente d’un matériel
défectueux. Aujourd’hui cependant sous l’influence de deux facteurs, le consommateur est de
plus en plus exposé.
Le premier facteur exposé est le développement des méthodes de persuasion et du progrès
technique. La meilleure connaissance des ressorts psychologiques sur lesquels repose un
achat, permet une meilleure orientation des choix. Le développement des médias rend les
sollicitations plus pressantes et plus persuasives. L’élaboration plus complexe des produits
prive l’acheteur désarmé devant la technique de tout contrôle.
Le second facteur d’aggravation du risque de déloyauté se trouve dans la modification des
structures de production et de distribution, et la rupture de l’équilibre entre acheteurs et
vendeurs. C’est cette aggravation des risques de déloyauté qui amena dans les années 70 les
consommateurs à réagir à travers des groupements associatifs ou coopératifs en Europe.
En 1975, en France, les associations de consommateurs publiaient un texte général, une sorte
de charte du consommateur définissant l’ensemble des droits des consommateurs.
L’art.1er de ce texte établissait de façon solennelle les droits fondamentaux « les droits
fondamentaux du consommateur sont le droit à l’information, le droit à la santé, à la
sécurité, le droit de se défendre et d’accéder librement à la justice, et enfin le droit de
représentation ». Si cette charte demeure d’actualité, faut-il penser que les pouvoirs publics
et le législateur sont aussi négligents de la protection du consommateur ?
Protéger le consommateur, assurer la loyauté des transactions commerciales, voici deux
missions que tout Etat revendique et s’efforce d’assurer. En matière commerciale, qu’il
s’agisse des denrées alimentaires ou des produits industriels non alimentaires, l’Etat doit
veiller à la protection des consommateurs dans leur santé et dans leurs intérêts matériels. Il
doit aussi s’assurer que la loyauté des transactions inhérentes au commerce honnête est bien
respectée, et faire en sorte que la qualité des produits soit à la fois définie et encouragée.
Comme on le voit, l’ensemble des règles appelées à assurer la protection du consommateur
couvre un vaste domaine que le législateur ivoirien n’a pas encore unifié à travers un code de
la consommation.
Dans ce cours, nous négligerons volontiers les aspects de loyauté liés au droit des contrats,
au crédit, à l’accès du consommateur au système judiciaire pour nous appesantir sur la
notion de consommateur et sur la gestion de la qualité.
TITRE 1 : LE CONSOMMATEUR
13
Section 1 : Définition du consommateur
La définition du consommateur ne résulte pas d’une définition légale, mais plutôt relève de la
jurisprudence et de la doctrine. Cependant, ni l’une ni l’autre ne sont unanimes de sorte
qu’un certain flou entoure encore la notion de consommateur.
Aussi pour clarifier la notion, il convient de définir d’abord un noyau dur, le consommateur
stricto sensu.
A- Les personnes qui se procurent ou qui utilisent, ce qui entraîne deux catégories de
consommateurs
Ceux qui se procurent des biens ou des services dans un but non professionnel :
Les biens ou les services sont fournis par une autre personne qui est généralement
un professionnel. Le contrat entre consommateurs et professionnels est appelé
contrat de consommation. Il est de nature variable. Ex : La vente, le louage de
chose, le louage d’ouvrage, le prêt, l’assurance etc.
Ceux qui utilisent des biens ou des services : Celui qui achète n’est pas toujours
celui qui utilise. Ex : Un bien acheté par une personne peut être utilisé par les
membres de la famille, qui sont des tiers au contrat de vente. Ces tiers utilisateurs
sont aussi des consommateurs bien qu’ils soient un peu en marge d’un droit
résultant du contrat de vente. Qu’il se procure ou qu’il utilise, le consommateur
est presque toujours une personne physique. Le but non professionnel suppose en
effet l’existence de besoins privés qui sont essentiellement ceux des personnes
physiques. C’est la raison pour laquelle le bénéfice de quelques textes de droit de
la consommation est réservé aux personnes physiques. Cependant, il peut arriver
que certaines personnes morales de droit privé, ayant une activité non
professionnelle, prennent la qualité de consommateur. Par exemple des
associations sans but lucratif, des syndicats de copropriétaire.
14
Le consommateur lui est un profane, ce qui crée le déséquilibre et justifie les règles
protectrices du droit de la consommation. Certes, il existe des consommateurs plus avisés que
d’autres, mais dans un souci de clarté, le droit de la consommation les protège tous. La
présomption de faiblesse est irréfragable. Tenir compte des aptitudes particulières de chaque
consommateur susciterait des litiges sans fin et enlèverait on efficacité au droit de la
consommation. On remarque que consommateur et professionnel ne sont pas distincts. Une
même personne peut avoir pour certains actes la qualité de professionnel, et pour d’autres
actes celle de consommateur. Ex : un commençant agit en consommateur quand il achète sa
nourriture ; par contre il peut arriver qu’une personne se trouve dans une situation hybride
qui s’apparente d’un côté à celle d’un professionnel, et d’un autre à celle d’un
consommateur. Il faut choisir une qualification. Si la personne est un consommateur, elle
profitera des règles du droit de la consommation. Trois cas sont à observer :
- la personne passe un acte nécessaire à sa profession future. Pour la JP, le but
professionnel suffit à écarter la protection du droit de la consommation même si la
personne n’exerce pas encore sa profession
- une personne se procure un bien ou un service pour un usage mixte, à la fois
professionnel et non professionnel. Ex : Un agent immobilier achète une voiture pour
sa profession, mais qu’il utilise aussi pour transporter sa famille. Pour la doctrine,
l’activité principale l’emporte sur l’accessoire, d’où la protection du droit de la
consommation est écartée.
- Une personne se procure un bien ou un service pour les besoins de sa profession,
mais en dehors de sa spécialité professionnelle, la JP opte pour la protection de cette
personne, ce qui nous amène à aborder les extensions possibles
15
Deux concepts vont retenir notre attention.
Le concept de qualité : la qualité est une notion très subjective, presque
personnelle.
Chacun a son optique, ses gouts, et ses opinions sur la qualité d’un produit.
C’est une notion très contractuelle, commerciale, l’un cherche à acquérir,
l’autre à le satisfaire, à lui vendre quelque chose, à le séduire, et s’il le faut à
le contraindre. Le besoin de l’acquéreur est multiple, émietté et souvent sans
importance majeure. Le vendeur lui et à fortiori le fabricant qui doit amortir
ses équipements mettent leur ardeur à vendre. S’ils manquent, leur survie est
compromise. Dans ce jeu inégal, un minimum de règles et une police s’avère
indispensable. On défini la qualité comme l’aptitude d’un produit ou d’un
service à satisfaire des besoins exprimés et implicites. Cette définition prend en
compte une approche collective. Comme le consommateur individuel, la
collectivité a ses besoins et ses attentes qu’un produit de qualité doit satisfaire.
Lorsqu’il s’agit d’un produit ou d’un service proposé en service, cette aptitude
à satisfaire comprend 2 composantes fondamentales :
-La performance : c’est-à-dire la définition de spécification qui correspondent
bien à la demande de l’utilisateur.
– La conformité : c’est-à-dire la réponse effective aux spécifications
théoriques qui définissent le produit ou le service. On peut ajouter que la
qualité intrinsèque d’un produit ou d’un service ne produira son effet auprès
du client que si deux autres caractéristiques sont réunies à savoir :
-L’information claire et transparente sur les caractéristiques théoriques et
effectives du produit.
–L’image de la qualité construite autour de ce produit
16