Habitat
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Water in the slums in formation: between the hydrosocial cycle and the democracy of water, what place occupies the alternative participation in the water management in
Canaan? View project
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UNIVERSITÉ QUISQUEYA
(UniQ)
CENTRE D’HABITAT SALUBRE DE LA RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
(CHSRH)
En collaboration avec
L’ORGANISATION PANAMÉRICAINE DE LA SANTÉ ORGANISATION
MONDIALE DE LA SANTÉ
(OPS/OMS)
ANALYSE DE LA SITUATION DE
L’HABITAT EN HAITI
Préparé par:
LE LABORATOIRE DE QUALITÉ DE L’EAU ET DE L’ENVIRONNEMENT (LAQUE)
&
L’UNITE DE RECHERCHES EN ARCHITECTURE ET URBANISME (URAU)
Evens EMMANUEL
Kareen THERMIL
Jean Robert PHILIPPE AUGUSTE
Ernst METELLUS
Paul SAINT-HILAIRE
Frantz METELLUS
© Éditions du LAQUE
Presses de l’Université Quisqueya
Boite Postale 796
Port-au-Prince, Haiti
e-mail : uniq@[Link]
juin 2000
2
TABLE DES MATIÈRES
3
6.3.1 Population et habitat 20
6.3.2- Les modèles de développement classiques 22
6.3.3- Progrès et réussite 23
Bibliographie 30
Annexe 32
4
LISTE DES SIGLES
5
I- INTRODUCTION
La centralisation des activités économiques dans les espaces urbains, durant la révolution
industrielle, a fait de l’urbanisation un élément incontournable dans l’élaboration des modèles
occidentaux de développement économique. Polèse (1994) analysant la logique spaciale des
mutations économiques avance que “l’urbanisation semble être l’inséparable compagne du
développement économique”. Le Gouvernement du Québec (1999) montre que dans la plupart
des espaces urbains du monde moderne, la forte urbanisation résultant de l’accroissement et du
déplacement de la population, s’est toujours accompagnée d’un développement économique qui
facilite, entre autres, une couverture adéquate des services sociaux de base tels l’eau potable,
l’assainissement, l’éducation, la santé et le logement. Pourtant, l’exemple de beaucoup de pays
du Sud, montre que l’urbanisation est loin d’être synonyme de développement. Au contraire, elle
a provoqué d’énormes problèmes dans les infrastructures et dans l’approvisionnement des
services dans les villes qui ne disposaient pas de fortes assises économiques (Rousseau et Al,
1998).
Les stratégies de développement adoptées par les gouvernements haïtiens, durant les décennies
des années 70 et 80, n’ont pas permis d’élever le niveau de vie des haïtiens, mais il en est résulté
plutôt, au début des années 90, une situation de marasme économique, de pauvreté et de misère
qui s’est traduite, entre autres, par une dégradation de l’environnement et une faible couverture
6
des services en eau potable et assainissement. D’une stratégie de développement axée sur la
substitution aux importations, au cours des années 70, l’économie haïtienne s’est plutôt engagée
au milieu des années 80 et 90 sur une voie de plus en plus libérale. La crise économique vécue
par le pays au cours des années 80 et au début des années 90 a eu entre autres pour résultantes
(Guerrier, 1996; et OPS/OMS, 1998):
• en milieu tant rural qu’urbain, la population haïtienne vit dans une situation d’extrême
pauvreté. Près de 72% de la population connaît des conditions de pauvreté et de misère
absolue et ne peut satisfaire ses besoins essentiels.
Les problèmes d’assainissement et d’eau potable et d’habitat salubre se sont empirés à cause :
• de l’insuffisance de systèmes d’eau potable. Souvent, les gens s’approvisionnent dans des
points de rupture de conduite d’eau, en pleine rue;
• de l’inexistance des sites de décharges contrôlées dans les grands centres urbains ;
7
• du minimum vital entrainant une promiscuité et la transmission de maladies respiratoires
aigües, la tuberculose, ainsi que les maladies cutanées et les infections sexurellement
transmissibles..
Dans un tel contexte, ne conviendrait-il pas de poser la question de savoir quelle est en Haïti la
corrélation qui peut exister entre logement, environnement physique et santé publique? Quelle
est l’évolution institutionnelle de l’habitat en Haïti?
La République d’ Haïti s’étend sur une superficie de 27, 750 km2. Située entre 18o et 20o6’ de
latitude Nord et entre 71o 20’ et 74o 30’ de longitude Ouest, elle partage avec la République
Dominicaine l’île d’Haïti qui est la deuxième plus grande île des Caraïbes, après Cuba. Le
littoral de la République d’Haïti s’étend sur 1 771 km avec un plateau continental de 5 000 km2
le long de l’Océan Atlantique et de la Mer des Caraïbes. Le relief du pays est constitué pour plus
de la moitié de mornes non cultivables et arides.
8
Selon les projections calculées par l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique (IHSI)
conjointement avec le Centre Latino-Américain de Démographie (CELADE), la population
d’Haïti serait de l’ordre de 8 millions d’habitants en l’an 2000. Le taux de croissance prévu est
de 2,08% l’an.
La densité de la population d’Haïti demeure l’une des plus élevées de l’Amérique Latine avec
plus de 280 habitants par km2. Elle varie beaucoup selon le département: l’Ouest vient largement
en tête avec 548 habitants par km2, suivi du Nord avec 373 habitants par km2 et du Sud dont la
densité est de 240 habitants par km2; le Centre et le Nord-Est ont la densité démographique la
plus faible soit 138 et 142 habitants par km2 respectivement (IHSI, 1998). Calculé par rapport à
la superficie de terre cultivée, cet indicateur met en évidence la forte pression qu’exerce la
population sur la ressource terre soit: 923 habitants par km2 de terre cultivée. Le tableau 1
présente la répartition de la population totale du pays par département pour l’année 1997.
Tableau 1
Source: IHSI- Haïti en chiffres. Divisions des statistiques générales. Port-au-prince, 1996
9
III.- PROBLÉMATIQUE DE L’HABITAT EN HAÏTI
Théoriquement, logement et santé sont intimement liés. De même que les vêtements et
l’alimentation, le logement est considéré depuis longtemps comme l’un des besoins fondamentaux
de l’homme. Un logement idéal favorise la santé physique et mentale et procure à ses occupants un
sentiment de sécurité psychologique; il leur sert de lien physique avec leur communauté et leur
culture et leur permet d’exprimer leur identité. La plupart des logements dans le monde
malheureusement, non seulement ne protègent leurs occupants contre les risques qui menacent leur
santé mais augmentent en fait leur exposition aux dangers liés à l’environnement (OMS, 1989).
Cette approche théorique du concept “logement” oblige à le placer dans la dimension socio-
économico-culturelle des communautés en ayant soin de faire appel à des principes directeurs qui
définiraient la méthodologie à adopter dans l’élaboration des politiques nationales de logement.
L’absence de cette dimension socio-économico-culturelle dans la planification stratégique des
programmes d’amélioration de l’habitat pour une communauté peut empécher d’établir le lien étroit
entre santé publique et logement.
L’OPS/OMS ‘’In: analyse de la situation sanitaire – Haïti 1998’’ avance: ‘’au cours de cette
dernière décennie, la forte migration observée des zones rurales vers la ville a eu des
conséquences néfastes sur le logement. En particulier, dans la zone métropolitaine, l’explosion
démographique dans un espace limité a entraîné une dégradation importante des conditions de
logement. La densité d’occupation des logements a sensiblement augmenté. S’il est
généralement admis une moyenne de cinq personnes par ménage1, ce chiffre est nettement
dépassé dans la zone métropolitaine où l"exiguité du logement, particulièrement, dans les
bidonvilles, est un fait bien connu. Cette promiscuité favorise la transmission des maladies par
voie respiratoire comme la grippe, la tuberculose, la méningite, les infections cutanées et, dans
une certaine mesure, les infections sexuellement transmissibles (IST) et particulièrement le Sida.
1
Ménage: ensemble de personnes vivant sous le même toit et partageant le même repas
10
en cas de pluies ou d’inondations. Une telle situation contribue aussi à bloquer l’écoulement
normal des rivières. Ceci entraine la pollution des sources, vue la proximité de celles-ci avec les
maisons et la non disposition hygiénique des excreta. Le non respect des normes de construction
fait que bien souvent ces maisons constituent de véritables dangers (glissement de terrain et
écroulement des maisons) non seulement à cause de leur localisation (à proximité des routes,
dans les ravines et les zones accidentées), mais aussi à cause du type de matériaux utilisés
(OPS/OMS, 1998) ».
Les espaces urbains de la République d’Haïti se trouvent donc confronter à des problèmes
environnementaux résultant de la migration rurale entrainant ainsi la paupérisation du milieu
rural et la ruralisation du milieu urbain. Au niveau urbain ces problèmes englobent aussi bien la
congestion que la pollution de l’air, de l’eau, du sol, les nuisances acoustiques, entrainant ainsi
une faible qualité de la vie (Emmanuel et Azael, 1998). L’absence d’activités génératrices de
revenus et de production de richesse dans les différentes sections rurales et dans les villes du
pays, la centralisation des activités dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et
l’inexistence d’un secteur formel, composé d’acteurs publics et privés, dans l’industrie du
logement en Haïti et la non intégration de l’habitat dans les politiques de santé publique
compromettent d’avantage le développement sain de l’industrie du logement dans le pays.
Pourtant, l’amélioration des conditions générales de logement aurait une influence positive sur
l’espérance de vie de la population, sur la productivité de la population active et sur le
développement des enfants. Il devient alors pertinent, dans le contexte de la mouvance de la
globalisation des marchés, de produire une réflexion sereine sur les conditions de l’habitat en
Haïti.
Depuis 1987, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a pris des initiatives dans le sens de la
salubrité de l’habitat dans le monde, en prescivant des principes fondamentaux.. Ces principes
portent sur les conditions de vie et de logement et leur rapport avec la santé, ainsi que des
mesures de santé publique à prendre pour que l’amélioration de l’habitat profite le plus à la
santé. L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) développe le concept d’espaces
stratégiques sanitaires (écoles salubres, lieux de travail salubres et marchés salubres). Elle a de
plus proposé en 1994 le développement et le renforcement des capacités locales pour la
11
concrétisation du concept d’habitat salubre (Barcelo, 1998). Dans cette perspective, ne
conviendrait-il pas de tenir compte des différentes lignes directrices des 11 principes de l’OMS
pour mieux comprendre la situation du logement en Haïti.
V- MÉTHODOLOGIE
- l’habitat rural
- l’habitat urbain
- l’habitat des bidonvilles
12
- l’habitat rural dispersé
Intervenir dans un tel milieu pour améliorer l’habitat n’est pas facile. Il faudrait en effet
trouver des moyens efficaces pour rendre plus performant l’économie dans la région.
Autrement, on risque de gaspiller les maigres ressources financières d’un pays assez
appauvri.
L’exode massif des jeunes vers les pays étrangers (boat people) ou vers les villes les plus
proches d’abord (le plus souvent sous-équipées en termes d’infrastructures) et dans un
deuxième temps vers la capitale, ne pourra être enrayé sans la création d’emplois stables
et rémunérateurs. D’ailleurs le dépeuplement de la campagne est une tendance mondiale.
Haïti ne constitue pas en ce sens une exception.
Dans un premier temps, il serait peut-être plus économique d’équiper ces villages en eau
courante, énergie, etc … en envisageant des circuits autonomes fermés rendus possibles
par les sources alternatives d’énergie telles que: énergie solaire, éolienne, gaz naturel
avant de penser à les relier à grands frais aux réseaux des villes les plus proches.
13
[Link] Rural dispersé
Fournir un service de base aux unités isolées d’habitations eparpillées dans la campagne
est difficilement envisageable. D’ailleurs si la tendance migratoire des jeunes paysans
vers les centres urbains se maintient, les unités isolées auront tendance à disparaitre. Des
fermes modèles vivant en autonomie devraient être expérimentées pour assurer la survie
d’unités agricoles de type familial.
De toute façon, toute aide pour l’amélioration de ces types d’habitat devrait être accordée
avec parcimonie c’est-à-dire d’après une sélection rigoureuse basée sur la capacité de
remboursement des prêts par le bénéficiaire par exemple ou encore l’éligibilité d’une
famille touchée par un désastre naturel à recevoir une aide spéciale pour la reconstruction
du logement familial.
Qu’il soit situé au centre-ville ou à la périphérie, ce type d’habitation est de plus en plus
inaccessible aux familles qui sont pourtant classées dans les catégories à revenus moyens
(6000 – 10000 gdes/mois) et même élevées (plus de 10000gdes/mois).
Les causes :
14
! Terrains en ville ou à proximité proche de plus en plus rares et à un prix
exorbitant ;
! Inexistence d’un système généralisé de crédits et d’épargne pour le logement ;
! Chèreté des matériaux et de la main-d’oeuvre dans le domaine de la construction
Il faut signaler aussi que le foncier n’est guère protégé en Haiti et les cas de spoliation
sont monnaie courante ; ainsi donc, certaines familles hésitent à acheter au prix fort un
terrain qu’elles risquent de perdre tout bonnement.
Les familles haïtiennes contournent le problème en construisant leur maison petit à petit,
la plupart du temps sans faire appel aux services compétents des ingénieurs ou
architectes. Elles peuvent prendre 10, 15 jusqu’à 20 ans pour achever la maison. Ainsi
donc de nombreuses familles sont obligées de vivre pendant des années dans des maisons
dépourvues des conforts les plus élémentaires et s’estiment quand même chanceuses
d’avoir un toit où s’abriter étant donné le déficit énorme du logement que connait le pays.
On est donc loin de “ l’Habitat Salubre “ planifié.
Malgré qu’il n’existe pas encore en Haiti des lois spécifiques concernant la propriété en
hauteur (type condominium) ni de normes techniques établies pour la distribution spatiale
et le fonctionnement des buildings à appartements, la construction de buildings à 3, 4 et
même 5 niveaux est de plus en plus courante. Ceci se fait dans toutes sortes de milieu
(centre-ville ou périphérie, quartiers huppés ou quartiers moins favorisés).
15
Pour s’en rendre compte, il faut effectuer une petite promenade dans les rues de Port-au-
Prince. Certaines grandes villes de province telles Le Cap-Haïtien et Port-de-Paix
commencent à suivre la tendance. Ceci témoigne d’un besoin.
La bidonvilisation est une réponse spontanée des couches les plus défavorisées à la
demande insatisfaite de logement dûe à la pression de l’urbanisation. Elle n’est pas un
phénomène provisoire et de ce fait ne peut pas être résolue grâce à des actions
ponctuelles et isolées (Rousseau et al, 1998).
On pensait autrefois que l’adoption d’une politique de développement rural suffisait pour
fixer la population dans les campagnes et juguler la pression urbaine et son corollaire
potentiel, la bidonvilisation. On s’est par la suite rendu compte que la relation n’était pas
tout aussi automatique car l’augmentation de la productivité agricole libère une main-
d’oeuvre qui a tendance à migrer vers les villes (Polèse, 1994). L’adoption d’une
politique de développement rural ne dispense pas l’État de la nécessité de définir une
politique urbaine (Rousseau et al, 1998).
16
citoyens. Ce sera une opération délicate nécessitant de grands moyens financiers et un
doigté exceptionnel.
Cette fièvre de construire partout et cette propension à spolier les moindres parcelles de
terrain privé ou de l’Etat au mépris des lois témoignent non seulement d’un besoin criant
mais aussi d’une certaine capacité financière et d’une certaine vitalité de la part de larges
secteurs de la population pour construire eux-mêmes leur logement. L’Etat au lieu de
penser à simplement construire des projets de prestige devrait encadrer, encourager et
canaliser cette formidable énergie.
- Les ménages à faibles revenus, les employés et cadres moyens n’ont pas accès à la
propriété et aux crédits bancaires;
17
- Les plans cadastraux et de développement des villes principales sont inexistants ou ne
sont pas à jour ;
La corrélation entre les revenus des ménages et le nombre de logements et des surfaces
occupées est présentée, pour l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, dans le tableau 2.
18
Tableau 2
LOGEMENTS DANS L’AIRE METROPOLITAINE DE PORT-AU-PRINCE
Le type de logement varie suivant les régions du pays. Cependant les grandes différences
sont surtout constatées entre le rural et l’urbain. Le Tableau 3 montre la répartition du
stock de logements par type pour tout le pays.
Tableau 3
RÉPARTITION DES LOGEMENTS EN HAITI – 1986-1987*
19
6.2.4- POLES DE DEVELOPPEMENT RECENT
Le secteur logement enregistre des impacts négatifs sur l’environnement, qui découlent des
conditions socio-économiques des résidents, de leur mode de vie et du type d’aménagement de
l’espace occupé. Par exemple, pour les zones occupées par la catégorie à revenus “6,000-
10,000/an”, la majorité des logements sont dotés d’équipements sanitaires modernes avec fosses
septiques, réservoir d’eau et bénéficient du service municipal de collecte d’ordures. Par contre,
pour les catégories en dessous de ces revenus, les conditions sanitaires sont alarmantes. Les
services municipaux ne sont pas disponibles par difficulté d’accès aux aires de résidence. Les
besoins physiologiques se font dans les latrines ou encore en plein air dans les espaces non
affectés, sur les berges et lits des ravines (Lhérisson, 1999). L’évacuation des eaux ménagères et
eaux noires ne se fait pas systématiquement vers l’égoût municipal. Le système de drainage est
très limité et est souvent replacé dans les nouveaux lotissement pas les fosses septiques et fosses
à fond perdu. Ceci à la longue pollue les nappes d’eau souterraines au détriment de la santé de la
population en général. Les plans d’eau stagnante sont nombreux à l’intérieur des aménagements
résidentiels anarchiques et favorisent la propagation et la recurrence de maladies et d’épidémies.
20
statistiques correspond à 4.7 habitants/logement. En 1995, la population était estimée à
7.18 millions d’habitants avec une densité moyenne de 259 habitants/km2. Soixante
treize pour cent (74%) de cette population vivait en milieu rural et 22% en milieu urbain.
Pour cette même année, le déficit du logement est passé à près de 340,425 unités.
La situation des “sans-abris” est également alarmante. Leur condition de logement peut
être résuméez en ces termes: “millions de personnes sans foyer, qui vivent dans la rue et
sont obligées de dormir dans les entrées d’immeubles, les passages souterrains et les
encoignures d’édifices publics. Certains sont des victimes de catastrophes naturelles ou
artificielles”.
21
6.3.2- Les modèles de développement classiques de types “FAIT ET FOURNI”,
“SITES ET SERVICES” et ‘‘BIDONVILLISATION’’
TERRE
INFRASTRUCTURES/
SERVICES
LOGEMENTS POPULATION
TERRE
INFRASTRUCTURES/
SERVICES
POPULATION LOGEMENTS
Type 3: “Bidonvillisation”
Dans les bidonvilles, l’insalubrité est plus apparente que dans n’importe quel autre type
de développement résidentiel. A partir des informations recueillies à l’EPPLS, les
éléments suivants les caractérisent:
22
! le mauvais état des logements résultant d’un manque d’entretien, de l’utilisation de
matériaux de fortune ou de l’exiguité des espaces et de leur distribution ;
! l’utilisation excessive des terrains et la diminution de l’espace vital par une densité
élevée ;
Les projections pour Port-au-Prince montrent qu’en l’an 2000 la population de l’aire
métropolitaine atteindra 1.8 million d’habitants. Cette croissance rapide ne va que
renforcer la tendance insupportable et malsaine de sa surpopulation si la planification
n’est pas pro-active.
Apprécier les progrès et réussites dans le domaine de l’habitat salubre en Haïti pendant
les 5 dernières années n’est pas chose aisée, car l’urbanisation sauvage qui règne depuis
quelques temps déjà rend cet exercice d’autant plus difficile que l’état sanitaire général
du pays s’est détérioré. En effet, le ramassage des ordures dans les zones urbaines se fait
sporadiquement, les réseaux de drainage en général sont déficients ou carrément
inexistants tout simplement. L’alimentation en électricité et eau potable est dans la
plupart des quartiers tout à fait aléatoire, sans oublier de mentionner le déboisement
intensif des montagnes, le déversement sans traitement préalable des eaux usées dans la
nature.
23
Pour bien appréhender le problème, il est important de considérer 3 différents secteurs
intervenant dans la réalisation d’unités de logement: le secteur public, le secteur privé et
le secteur informel.
Il est difficile de parler de progrès encore moins de réussite dans le domaine du logement
et de l’habitat salubre dans les 5 voire les 10 dernières années étant données les maigres
réalisations du secteur public. Pour mémoire, on peut citer:
2- Travaux d’amélioration et d’entretien réalisés par l’EPPLS sur les sites des projets
érigés par cette même institution tels que Drouillard I et II, Linthau II, Saint-Martin
(zone incendiée). On peut citer:
24
Il est quand même encourageant de noter les interventions récentes du Ministère des
Travaux Publics, Transports et Communications qui indirectement contribuent à
l’amélioration de l’habitat et ceci surtout à la capitale, on peut citer entre autres:
1- Les grands travaux de drainage entrepris surtout dans les zones Nord, Centre et Sud
de Port-au-Prince ;
2- L’asphaltage de plusieurs rues parallèlement avec des travaux de drainage adéquats ;
3- L’extension du réseau d’eau potable à un vaste secteur de Delmas et d’autres endroits
de la capitale ;
4- L’établissement d’un programme pour la collecte sur une base régulière des ordures
dans plusieurs endroits ;
5- L’étude du plan directeur d’Assainissement de la région métropolitaine ;
6- L’étude de l’assainissement des 6 villes secondaires du pays ;
7- L’étude de l’alimentation en eau potable de 9 villes secondaires
Depuis plus de vingt ans, le secteur privé n’a pas cessé de produire de nouvelles unités de
logement, allant de la petite maisonnette de 2 ou 3 pièces jusqu’aux luxueuses villas de
300 à 500 m2, sans pour autant combler le déficit énorme que connait le secteur logement
et habitat.
On assiste de nos jours à un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur, consistant
en la construction de buildings à appartements de 2, 4 jusqu’à 5 niveaux et ceci aussi bien
dans les quartiers huppés que dans les zones moins favorisées.
25
Ainsi donc si le secteur public n’a pu produire, bon gré mal gré, qu’une dizaine de
milliers de logements pour ces 15 dernières années, le secteur privé a pu produire 100
fois plus. Cependant, il est important de noter que:
1- Beaucoup de ces constructions n’ont pas reçu l’autorisation des services publics
concernés et sont souvent érigées sur des portions de terres réservées telles des
bassins versants ou sur des zones dites à vocation agricoles (Plaine-du-Cul-de Sac par
exemple)
2- Beaucoup de ces constructions restent inachevées, même après une dizaine d’années
faute de programmes de financement adéquats. Ceci donne fort souvent aux villes
d’Haïti l’aspect de cités ayant subi un bombardement aérien.
3- Beaucoup de nouveaux quartiers non planifiés selon un schéma global de
développement, constituent un défi à l’urbanisme:
- pas de différenciation dans la voirie. Les rues n’ont même pas la largeur minimale
règlementaire et sont en terre battue sans caniveaux.
- Réseau de drainage inexistant ou insuffisant
- Installations sanitaires déficientes ou inadéquates
Notes
a- Le recensement global de ces nouvelles unités de logements reste à faire. Dans cet
optique, il faut signaler que dans le cadre de la décentralisation et la déconcentration
des pouvoirs publics depuis environ 3 ans, les mairies ont recensé non
exhaustivement des propriétés bâties, situées dans leurs communes. La compilation
de ces données pourra fournir de précieux renseignements pour l’élaboration des
statistiques.
b- A l’actif du secteur privé, il faut signaler des réalisations remarquables de quartier
(ex. Belvil pour des gens aux moyens économiques élevés).
26
[Link]- Secteur Informel
Comme, il a été signalé plus haut, beaucoup de nouvelles unités de logement, produites
par le secteur privé, ont été réalisées d’une manière informelle n’ayant pas l’autorisation
des autorités compétentes. Mais en plus de ces unités, depuis plus de dix ans environ,
l’exode rurale a provoqué la prolifération de bidonvilles tant à Port-au-Prince que dans
les principales villes de province. Leurs populations dépassent de bien celle de
nombreuses villes secondaires.
En préambule aux recommandations générales, il n’est pas inutile de rappeler que le logement ou
l’unité d’habitation n’est pas une entité isolée. En ce sens même le refuge d’un ermite “retiré du
monde” est implanté dans un milieu donné et une interaction s’établit alors entre l’être humain et
le milieu ambiant. L’idéal pour tout être humain serait de parvenir à construire son habitat de
manière à ce que les interactions avec l’environnement naturel lui permette et d’avoir une vie
hamonieuse lui opportant bien-être matériel et équilibre spirituel. Malheureusement, l’homme en
s’associant avec ses semblables pour vivre en communauté le fait trop souvent aux dépens de la
nature. Ses actions sont néfastes à l’environnement car bien souvent il n’a pas la sagesse d’user
avec modération les ressources généreusement fournies par la nature.
27
Il les utilise de manière abusive ou maladroite sans laisser le temps à la nature de les renouveler.
Le déboisement intensif en est un exemple frappant de même que la pollution des nappes
phréatiques. Ces faits sont illustrés d’une manière criante par le cas d’Haïti que l’on cite comme
étant un “désastre écologigue”.
Tout ce préambule pour faire ressortir que généraliser “l’Habitat Salubre” en Haïti n’est pas une
mince affaire. En ce sens, les recommandations peuvent emprunter des voies inattendues et fort
souvent déroutantes.
Pour attirer des capitaux nécessaires pour les programmes de logements familiaux, l’Etat Haïtien
devrait s’efforcer à:
• Au lieu de s’épuiser à chercher des moyens financiers pour la construction de logements dits
“sociaux” de bas standards, il n’est plus que temps que le secteur public se mette en
partenariat avec le secteur privé ou pourquoi pas avec le secteur informel, pour vraiment
promouvoir la construction en masse de logements. En ce sens, l’Etat devrait intervenir
comme arbitre entre l’investisseur immobilier et la population. Il devrait s’assurer que les
capitaux des premiers soient protégés et garantis et que les logements construits soient
conformes aux normes et standards de “l’habitat salubre”.
• En plus l’État devrait intervenir pour que les nouveaux quartiers ou mieux des villes satellites
soient réalisés suivant le plan global de développement des régions concernées.
28
• L’Etat devrait en outre s’assurer que les nouveaux quartiers ou villes satellites soient reliés
aux grands centres urbains par des voies de circulation assez différenciées des rues ordinaires
pour permettre le transport rapide vers les lieux de travail (construction d’autoroutes).
• L’Etat Haïtien devrait nécessairement en tenir compte dans tout programme de rénovation
urbaine sous peine de voir les réseaux (drainage, voirie, électricité, eau potable,
télécommunications…) complètement saturés en un temps record.
• L’attitude traditionnelle de l’Etat Haïtien voulant tout faire et finalement ne faisant pas grand
chose faute de moyens financiers adéquats est largement dépassée. Pour promouvoir et
généraliser “l’habitat salubre”, l’Etat Haïtien devrait faire plus de confiance en la capacité
qu’ont les gens de ce pays pour parvenir à ériger leur logement sans une aide substantielle de
la part de l’Etat.
29
exemption de certaines taxes, recherche de capitaux à faible taux de remboursement,
encadrement technique etc…
L’Aménagement des logements, la taille des lots et des logements et même l’asphaltage des rues
et le réseau tertiaire de drainage devraient être laissés le plus que possible aux bons soins des
promoteurs immobiliers ou des coopératives de logement sous le contrôle vigilant de l’Etat qui
veillerait au respect des normes. D’ailleurs l’observance de ces normes conditionnerait toute
autorisation et même tout appui de l’Etat à ces projets. Il n’est pas inutile de mentionner que
l’Etat devrait s’assurer, dans un avenir pas trop lointain, que les eaux noires subissent un
traitement adéquat avant d’être rejetées à la mer ou dans les cours d’eau.
Il faut aussi que les solutions pour traiter les problèmes de sanitation et d’amélioration de
l’habitat en général ne fassent pas appel à des moyens sophistiquées nécessitant de grands
débours et des installations onéreuses à entretenir. La sagesse recommanderait de toujours se
rappeler que le pays en voie de développement ne pourra supporter le moindre gaspillage de ses
ressources tant humaines que matérielles.
BIBLIOGRAPHIE
Emmanuel, E. (1997) : Water in Haïti, resources and management: market imperfections and
distorsions. Proceedings of the Water Environment Federation 70th annual conference and
exposition. Chicago, Illinois U.S.A., October 18-22, 1997. Paper # 9750003, pp 393-406.
Emmanuel, E. & A. Azaël : Les eaux usées et le développement économique en Haïti : crises et
réponses. Actes de la Conférence Internationale de l’UNESCO 3-6 juin 1998 « l.’eau : une crise
imminente », UNESCO PHI, ed. Zebidi, Technical Documents in Hydrology no. 18, Paris, 1998,
p. 279-285.
EPPLS : Secteur développement urbain et logement . Haïti, 1996.
30
Gouvernement du Québec : PACTE 2000, Rapport de la Commission Nationale sur les Finances
et la Fiscalité Locales. Bibliothèque nationale du Québec, Canada, 1999.
OPS/OMS : Analyse de la situation sanitaire – Haïti 1998. Imprimerie Henri Deschamps Haïti
1998.
Rousseau, M-L.B ; Joseph, A.L. et Bouchereau, K.J. : Amélioration des conditions de vie dans
les quartiers précaires à Port-au-Prince : Analyse de différentes approches concernant le
logement. In : Décentralisation et développement local, sous la direction de Ariel Azael et
Narcisse Fièvre. Université Quisqueya, Haïti 1998.
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ANNEXE 1-
L’un des problèmes majeurs auxquels font face les sociétés humaines demeure l’amélioration
soutenue de la qualité totale de l’habitat. L’ampleur de ce problème varie avec les changements
dûs à l’évolution de la nature des activités ainsi qu’à celle des moyens de production utilisés dans
le processus de transformation des ressources nationales. Aussi est-il impératif de conduire des
travaux de recherche visant à rendre pérenne les systèmes écologiques, économiques et sociaux
spécifiques à l’habitat dans lequel évoluent les sociétés humaines.
Haïti, compte tenu de ses spécificités présente un habitat dont le processus de dégradation risque
de constituer un obstacle majeur à l’amélioration de la qualité de vie de sa population. En effet,
les interactions de différentes sphères d’activités à effets multiples et additionnels défavorables à
un espace équilibré demeurent de plus en plus fréquentes. Il importe donc à l’habitat de répondre
aux exigences des impératifs écologique, économique et social consistant :
a- à éviter que la capacité portante des systèmes écologiques ne soit pas dépassée ;
b- à assurer un environnement garantissant un niveau de vie décent ;
c- à mettre en place des systèmes de gouvernance et d’autres structures sociales susceptibles
d’améliorer les conditions de vie tant en milieu urbain qu’en milieu rural.
Dans cet ordre d’idées, il convient de considérer dans le cadrre du projet de création du « Centre
National de Recherche sur la Salubrité de l’Habitat (CNRSH) » les composantes
institutionnelles, les politiques publiques en ce qui a trait aux aspects social, économique,
technologique, juridique et physico-spatial en vue de bien cerner les mutations au niveau de
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Ingénieur Architecte, MSc. Urbanisme, MSc. Systems Management, Professeur à l’Université Quisqueya.
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l’habitat en Haïti liées aux modes d’utilisation de l’espace haïtien et d’exploitation de ses
ressources.
L’habitat est défini dans ce projet comme un système comprenant des composants et des
processus fonctionnant de manière interdépendante. Il convient donc de concilier les buts
particuliers des sous-systèmes en vue d’arriver à des buts généralisables indispensables à
l’amélioration de la performance de l’habitat en terme de salubrité.
Le défi est de taille. Il implique que le caractère opérationnel du Centre National de Recherche
sur la Salubrité de l’Habitat (CNRSH) s’appuie sur des objectifs et des stratégies de
développement dans une perspective de court, moyen et long terme. Dans cette optique, il
s’avère nécessaire d’une part de valoriser et d’exploiter les ressources nationales,
départementales et locales en fonction des activités compatibles à l’aménagement du territoire.
D’autre part, de garantir la gestion de l’utilisation spatiale eu égard aux pressions sociales face au
développement des activités des secteurs public, parapublic et privé. Il en résulte la recherche sur
les relations du cadre bati et des activités qui s’y déroulent avec l’habitat. Ce qui permettrait de
mettre en relief les forces et les faiblesses du cadre bati, les opportunités et les contraintes de
l’environnement de l’habitat.
A cette fin, les programmes de recherche du CNRSH sont multisectoriels et couvrent à la fois le
milieu urbain et les zones rurales en vue de proposer des actions susceptibles d’améliorer la
qualité de vie de la population. Les champs d’études et d’analyse concernent entre autres :
1- la localisation géographique des activités des secteurs primaire, secondaire et tertiaire et les
agglomérations ;
2- la propension de la pression sociale et économique sur l’espace ;
3- la carte bioclimatique du pays ;
4- la structure économique et ses effets sur la qualité de l’habitat ;
5- l’inventaire du processus d’exploitation des potentialités ;
6- l’armature rurale et urbaine
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7- l’influence du cadre bati (résidentiel, commercial, industriel, voiries, reseaux divers, loisirs,
télécommunications, énergie, etc) sur la qualité de l’habitat ;
8- le cadre juridique régissant l’habitat (lois, normes etc).
Fort de toutes ces considérations il ressort que le « Centre National de Recherche sur la
Salubrité de l’Habitat (CNRSH) » en Haïti sera d’un apport considérable à la gestion de
l’environnement et au développement du pays.
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ANNEXE 2
La Région Métropolitaine de Port-au-Prince (RMPP), principal centre urbain du pays, par son
importance en terme de concentration de la population et des services urbains, connaît de graves
problèmes dans le domaine de l’habitat. En effet, cette région dispose de 2 millions d’habitants
environ et attiendra d’ici 2013 une population de 4 millions. Un quart de la population haïtienne
vit dans l’Aire Métropolitaine qui connait une croissance démographique explosive,
accompagnée du développement d’un prolétariat urbain et d’une bidonvillisation incontrôlée.
Actuellement, la RMPP une densité de 31 000 habitants par km2 environ. Dans les quartiers
défavorisés le numéro d’habitants par maison est de 8 personnes en moyenne.
D’une manière générale, les actions humaines à l’intérieur de l’habitat collectif que représente la
capitale du pays, produisent beaucoup de facteurs de risques pour la santé des habitants. Dans le
contexte de l’environnement de la RMPP on se demande I la construction d’habitat hygiénique
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Professeur et Directeur du Laboratoire de Qualité de l’Eau et de l’Environnement (LAQUE) de l’Université Quisqueya. E-mail :
evemm@[Link]
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peut à elle seule inverser la situation existante et résoudre tous les problèmes environnementaux,
particulièrement ceux de l’habitat ?
Au cours de l’année académique 1998-1999, les chercheurs du LAQUE ont réalisé 6 études
scientifiques intitulées :
1- L’approvisionnement en eau potable par les citernes d’eaux pluviales : une alternative pour
l’amélioration de la qualité de la vie dans le milieu rural haïtien
Par: Pierre Naïder FANFAN, Evens EMMANUEL, Frantz METELLUS et Paul SAINT-
HILAIRE
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Par: Evens EMMANUEL, Hugo A. EMMANUEL, Robenson Jonas LÉGER et Eddy
ABRAHAM
6- La gestion des rejets liquides: une variable des politiques de l’aménagement du territoire. Le
cas de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Par: Evens EMMANUEL, Robenson Jonas LÉGER et Eddy ABRAHAM
Les résultats présentées à la 8ème Conférence Annuelle de la Caribbean Water and Wastewater
Association, tenue à la Jamaïque du 4 au 8 octobre 1999.
En janvier 1999 l’INHEM et l’UniQ ont signé un accord de coopération horizontal et ont élaboré
un projet de coopération technique entre pays (CTP) qui a trois objectifs :
1- Renforcer les institutions haïtiennes en vue d’augmenter leur capacité dans la réalisation
des diagnostics et études sanitaires sur l’eau destinée à la consommation humaine et
également sur les eaux usées, l’habitat salubre et l’hygiène scolaire ;
2- Contribuer à la formation continue des professionnels haïtiens dans le domaine de la
santé du milieu ambiant et les branches spécifiques y relatives ;
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3- Proposer des projets de recherche pour approfondir les connaissances sur les
problématiques ayant rapport avec la santé de l’environnement en Haïti, avec pour
objectif la recommendation des mesures de contrôle et de correction des situations-
problèmes au niveau national.
1- la salubrité de l’habitat ;
2- l’hygiène scolaire ;
3- la surveillance de la qualité sanitaire de l’eau de consommation et les eaux usées ;
4- la formation de spécialistes haïtiens dans le domaine de la santé de l’environnement.
Chaque ligne de coopération comporte des cours spécifiques et des travaux de recherche
scientifique. Avec les alignements de cette CTP, l’Université Quisqueya travaille avec la
Représentation de l’OPS/OMS en Haïti et l’Association Haïtienne du Génie Sanitaire et des
Sciences de l’Environnement sur l’ouverture officielle du CNRSH de la République d’Haïti.
Les principaux projets du CNRSH de Haïti pour l’année académique 1999-2000 sont :
Parmi les différents facteurs qui ont poussé l’Université Quisqueya à choissir ces champs de
recherche, on peut considérer deux éléments fondamentaux :
1- L’un des objectifs de la salubrité de l’habitat est le développement sain des enfants et des
adolescents. Dans cette perspective, les chercheurs du LAQUE/UniQ pensent que la prise
en compte des écoles dans une politique de salubrité de l’habitat est un élément très
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important. En considérant que la salubrité de l’école peut tout au moins faciliter, par la
participation des élèves aux différents programmes d’hygiène, l’atteinte des objectifs de
santé dans l’habitat, on pourrait alors formuler l’équation de la santé des enfants de la
manière suivante :
Où :
Senf = Santé de l’enfant
Sh = Salubrité de l’habitat particulier de l’enfant
Se = Salubrité de l’école de l’enfant
De plus dans les programmes d’hygiène scolaire, où les enfants et les adolescents ont
pour responsabilité la transmission des différents messages à leurs parents, il devient
alors important de considérer le fait que les normes de construction des écoles ne
prennent pas en compte tous les éléments indispensables au déveleppoment sain des
enfants. On peut noter par exemple, les problèmes des enfants gauchers. Par le seul fait
que la région des Amériques accepte que les enfants gauchers puissent écrire avec leur
main gauche exige qu’à l’intéreiur m^me du réseau interaméricain d’habitat salubre que
de nouvelles recherche scientifique se réalisent sur les conditions bioclimatiques des
écoles afin de pouvoir répondre à la satisfaction maximale des nouveaux besoins des
enfants.
2- Les chercheurs du LAQUE/UniQ pensent que le concept d’habita à faible coût n’existe
pas. Ce qui peut exister est l’utilisation d’un matériau peu coûteux pouvant répondre aux
conditions climatiques d’une communauté. Pour arriver à identifier ce matériau qui
produira des facteurs de risque pour la salubrité de l’habitat humain en conditions
admissibles, il est nécessaire de développer une banque de données sur les conditions
climatiques de cette communauté. En d’autres termes, il s’agira de prendre en compte
tout au moins les tempétaures journalières minimales et maximales de cette communauté
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afin d’établir sa carte bioclimatique. C’est pour cela que l’Université Quisqueya pense
implanter sur son campus un projet de recherche sur les conditions bioclimatiques.
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