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Evolution de Téléphonie Mobile Sous Les Effets Des Régulations Et Les Reformes Dans La Télécommunication

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Evolution de téléphonie mobile sous les effets des régulations

et les reformes dans la télécommunication

1
Table de matière

1. Introduction de la téléphonie mobile 6

1.1 Technologie du cellulaire mobile 6

1.1.1 Pourquoi le cellulaire ? 7


1.1.2 Fonctionnement du cellulaire 7
1.1.3 Norme du cellulaire 10
1.1.4 1G 11
1.1.5 2G 13
1.1.6 3G 14

1.2 Marché de la téléphonie mobile 19

1.2.1 Mobile dépasse fixe 19


1.2.2 Donnée dépasse voix 22
1.2.3 Marchés en développement dépassent marchés développés 23

1.3 Services de données hertziens: un secteur prometteur 24

1.3.1 Ou la demande se trouve-t-elle 25


1.3.2 Quel prix payer pour les services de données hertziens ? 26
1.3.3 Comment classer les services de données hertziens ? 27
1.3.4 Quelle sera l’interface ? 28
1.3.5 Quelles chaînes de valeur et quels modèles commerciaux pour les 30
services de données hertziens ?

1.4 Tarifications dans la téléphonie mobile 30

1.4.1 Evolution des prix 30


1.4.2 Comparaison des prix 32
1.4.3 Tendance des prix 35
1.4.4 Coûts pour les opérateurs du service mobile 37
1.4.5 Tarifs d’interconnexion 39
1.4.6 Convergence des prix 40

2. Nécessité de la téléphonie mobile pour réduire les fractures 43


numériques

2.1 Pourquoi le mobile peut constituer une meilleure solution ? 43

2.1.1 Commercialisation plus rapide 44


2.1.2 Popularité 45
2.1.3 Une aide stratégique pour les pays en développement 46
2.1.4 L’explosion de la formule prépaiement 48

2.2 La téléphonie mobile dans le monde en développement et développé 51

2.2.1 La révolution mobile dans les pays les moins avancés 51

2
2.2.2 La téléphonie mobile faite partie de la vie quotidienne 53

2.3 Au-delà d’une limite avec les lignes fixes 56

3. Effet de la concurrence 57

3.1 Difficile tâche d’anti-trust 57


3.2 Deux est vraiment meilleur qu’un ? 57
3.3 Revente du service mobile 60
3.4 L’effet de OMC 62

4. Effet de la privatisation 63

4.1 Privatisation des opérateurs en place 63


4.2 Qu’est-ce qu’il y a encore à privatiser ? 64
4.3 Est-ce qu cela fonctionne ? 65
4.4 Introduction des participants de secteur privé 66

5. Les résultats divergent, quelques anées après l’introduction de la 67


concurrence et la privatisation

5.1 Le prix a baissé ? 67


5.2 Innovation technologique et l’impact macroéconomique du secteur 68

5.2.1 Une stimulation de l'innovation technologique 68


5.2.2 L'impact macroéconomique du secteur 69

5.3 Revers de la médaille et les lacunes 71


5.4 Bulles de 3G en Europe 72

6. Pourquoi la régulation 75

6.1 Une partie indispensable dans la réforme de secteur de 75


télécommunication
6.2 Condition nécessaire pour l’investissement privé 76
6.3 Plan de secours contre le monopole et l’oligopole 77

6.3.1 Lois de compétition dans les régulations 78


6.3.2 Régulations spécifiques au secteur 78

6.4 Moyen d’accomplissement des objectifs socio-politiques 79


6.5 Rôle d’une agence réglementaire 80

7. Qu’est-ce que la régulation offres 82

7.1 Fonctions réglementaires générales 82

7.1.1 Elaboration des règles (rulemaking) 83


7.1.2 Application 84
7.1.3 Règlements des conflits 87
7.1.4 Réexamen des décisions des agences de réglementation 91

3
7.2 Fonctions réglementaires spécifiques 92

7.2.1 Octroi de licences 92


7.2.2 Gestion du spectre 95
7.2.3 Diverses fonctions spécifiques 99

7.3 Instruments réglementaires favorisant la concurrence sur un marché 99


caractérisé par la convergence

7.3.1 Interconnexion 99
7.3.2 Séparation structurelle et séparation des comptabilités 100
7.3.3 Fusion et acquisitions 100
7.3.4 Opérateurs en position dominante 101
7.3.5 Contrôle des prix 102
7.3.6 Plan de numérotage et portabilité des numéros 103
7.3.7 Service universel 104

7.4 L’ouverture au secteur privé et son incidence sur la réglementation 104

8. Une régulation indépendante et efficace 106

8.1 Indépendance et légitimité 106

8.1.1 Importance de l’indépendance 106


8.1.2 Construire et maintenir I’indépendance 108

8.2 Transparence et équité 110

8.2.1 Importance de la transparence et de l'équité 111


8.2.2 Application des principes de transparence aux pratiques de 112
réglementation
8.2.3 Equité dans la réglementation 113
8.2.4 Le coût et la forme de la transparence et l’équité 115

8.3 Régulation de téléphonie mobile 115

8.3.1 Licence 116


8.3.2 Tarification 118
8.3.3 Interconnexion 120
8.3.4 Choix technologique 121

8.4 Études de cas des pays représentatifs 122

9. Conclusion 122

4
Les objectifs

Les objectifs de cette étude sont multiples, d’abord, l’étude est focalisée sur la
téléphonie mobile dont les notions de base, l’évolution technologique, le marché actuel
et la tendance d’évolution, la place au sein du secteur de télécommunication, la
tarification, les promesses et les déboires de 3G. L’étude essais aussi de démonter
que la téléphonie mobile comme une nécessité pour réduire les fractures numériques.

Ensuite, l’étude fait le lien entre la téléphonie mobile d’une part, l’ouverture à la
concurrence et la privatisation des opérateurs d’autre part. Les discussions se portent
sur les compétitions entre les opérateurs privés et la tendance de privatisation. L’étude
se poursuit sur les résultats concrets, notamment au niveaux de prix, d’investissement
privé et l’infrastructure de réseau dans les pays majeurs ou représentatifs du point de
vu de marché de téléphonie mobile, quelques années après l’introduction de la
concurrence et la privatisation.

Enfin, l’étude se concentre sur les aspects réglementaires de secteur de


télécommunication. elle tentera de démonter la nécessité grandissante d’interventions
réglementaires dans ce secteur et elle tentera aussi de faire un état de lieu sur la
panoplie de pourvoir réglementaires générales ainsi que les fonctions réglementaires
spécifiques. Au moyen des études de cas des pays qui sont d’origines de différents
continents et qui représentent différentes physionomies socio-économiques, l’étude
essaiera de présenter la notion d’une régulation effective et ses ingrédients
nécessaires mais peut être non exhaustives.

Ainsi finalement cette étude tentera de trouver un mécanisme sur le comment les
organismes de réglementations peuvent venir à bout des problèmes que seule
l’ouverture à la concurrence et privatisation n’arrivent pas résoudre. Elle tentera aussi
de conclure qu’il faut accentuer le développement de la téléphonie mobile notamment
celle de 3G au moyen de mécanisme réglementaire effectif et de la concurrence et la
privatisation afin d’espérer à réduire les fractures numériques.

L’étude est réaliser essentiellement par les recherches littératures sur Internet et au
moyen d’analyses statistiques des bases de donnée de UIT :
• ITU World Telecommunication Regulatory Database
• ITU World Telecommunication Indictors Database

5
1. Introduction de la téléphonie mobile

L’essor des communications cellulaires mobiles a été spectaculaire. Le nombre


d’abonnés et passé de 11 millions seulement en 1990 à plus de 900 millions et
atteindrait le milliard à la fin de l’année. Chaque jour, plus de 250000 personnes dans
le monde s’abonnent au service téléphonie mobile. Le nombre d’abonnés double tous
les 20 mois environ. Les 2 nouveaux marchés du secteur de télécommunication qui
n’existaient pas encore il y a 20 ans, la Téléphonie mobile et l’Internet, ont été
instrumentaux dans la refonte et la croissance de l’industrie.

L’année 2002 sera décisive dans l’histoire de télécommunication, parce que c’est
pendant cette année que le nombre d’abonnés de la téléphonie mobile dépasse le
nombre de téléphone fixe globalement. On compte une personne sur sept dans le
monde possédant un téléphone mobile alors qu’il était seulement une sur 339
personnes en 1991.

Les communications hertziennes remontent à 1898, année où Guglielmo Marconi a


transmis le premier message sans fil. Aux Etats-Unis, les radiotéléphones mobiles sont
en service depuis le début des années 20, époque où le Département de police de
Détroit a commencé à s’en servir à bord de ses véhicules. L’invention britannique du
radar (1935) a permis de franchir un pas important dans la compréhension de la partie
des fréquences radioélectriques élevées du spectre électromagnétique. Au cours de la
deuxième guerre mondiale, la radiotéléphonie a été perfectionnée à des fins militaires.
En 1946, le premier service radiotéléphonique mobile commercial a été testé par Bell
Systems à St-Louis et a été introduit dans plusieurs villes des Etats-Unis à la fin des
années 40. ces services était destiné à relier au réseau terrestre public des usagers
mobiles se trouvant à bord de véhicules. Le système reposait sur un seul émetteur
puissant qui se servait de signaux fondés sur la modulation de fréquence susceptible
de couvrir une zone dont le rayon à partir de l’émetteur pouvait aller jusqu’à 50 milles
(environ 80 km). Ces téléphones mobiles MF utilisaient la bande de fréquences des
120 kHz pour transmettre la voix sur une largeur de bandes de 3kHz seulement. Dans
les années 60, un nouveau system téléphonique mobile a été lancé par Bell Systems;
il s’agissait du service téléphonique mobile amélioré (IMTS, Improved Mobile
Telephone Service), qui apportait de nombreuses améliorations tells que le duplex
intégral, la numérotation directe et la largeur de bande de 25-30 kHz du canal MF.

Les premiers systèmes cellulaires analogiques sont nés à la fin des années 60 et au
début des années 70. Le terme « cellulaire » désigne la division de la zone de
couverture en de nombreuses petites zones appelées cellules, chacune étant
desservie par un émetteur et un récepteur de faible puissance. Les systèmes
cellulaires analogiques n’étaient pas fondés sur un nouveau type de technologie mais
sur la prise de conscience du fait que les techniques IMTS existantes pouvaient être
organisées à une plus large échelle. Le même système MF analogique employé
depuis la fin de la deuxième guerre mondiale pouvait maintenant être utilisé pour les
communications vocales. Deux améliorations majeures ont permis de concrétiser le
concept du cellulaire. La première a été l’invention du microprocesseur au début des
années 70, qui a facilité la mise en œuvre des algorithmes de commande dans
l’exploitation d’un système cellulaire et a permis d’accroître la complexité de ces
algorithmes. Cette invention a aussi rendu possible la miniaturisation des combinés. La
deuxième avancée technologique a été la liaison de commande numérique entre le
mobile et la station de cellule.

6
Les travaux concernant les systèmes cellulaires numériques de deuxième génération
ont débuté à la fin des années 80. Dans ces systèmes, non seulement les commandes
mais aussi les signaux vocaux étaient numérisés. Les progrès technologiques tel
qu’une meilleure qualité vocale ont été importants tant pour les techniciens que pour
les clients. Le nouveau service numérique a accru la capacité et considérablement
réduit le coût des communications hertziennes par rapport à celui des systèmes
analogiques.

La présente section examine divers aspects de la fourniture des services mobiles. Le


paragraphe 1.1 étudie la technique cellulaire, les normes et l’évolution de la première à
la troisième génération. Le paragraphe 1.2 étudie la tendance de développement de la
téléphonie mobile et la perspective de 3G. Le paragraphe 1.3 aborde les questions
ayant trait aux services de données hertziens, y compris la demandes, la segmentation
des services, les interfaces utilisateur et les chaînes de valeurs/modèle de business.
Le dernier paragraphe, une petite étude de tarification sous divers aspects comme
évolution de tarifs, coûts pour les opérateurs du service mobile, tendance et
convergence de tarification. 1

1.1 Technologie du cellulaire mobile2

1.1.1 Pourquoi le cellulaire ?

Comment la technologie radioélectrique cellulaire a-t-elle transformé la carte


téléphonique, chère et exclusive, en un produit commercial et de consommation
accessible à un grand nombre de personnes ? L’accroissement de la capacité du
spectre a constitué un progrès fondamental. Le spectre radioélectrique est une
ressource limitée traditionnellement partagée par différents secteurs, y compris les
organismes de radiodiffusion et de télévision, les pouvoirs publics, les militaires et les
fournisseurs de services mobiles. Dans le secteur de la radiotéléphonie, le problème
classique est celui de savoir comment desservir le plus d’usagers possibles avec une
ressource limitée. Dans la période antérieure au cellulaire, la manière habituelle
d’améliorer la capacité hertzienne était de diviser les fréquences et de créer ainsi des
canaux additionnels. Toutefois, cette méthode réduisait la largeur de bande affectée à
chaque utilisateur, ce qui dégradait le service. Au lieu de diviser les fréquences, le
cellulaire procède à une répartition géographique. La division de la zone de service en
cellules a constitué un changement fondamental parce qu’elle a permis d’exploiter le
spectre radioélectrique d’une manière plus efficace.

1.1.2 Fonctionnement du cellulaire

Le concept du cellulaire présente deux différences essentielles par rapport aux


premiers systèmes de radiotéléphonie. La première différence majeure réside dans la
réutilisation géographique des canaux radioélectriques, appelée réutilisation des
fréquences. Pour que les fréquences puissent être réutilisées, les cellules sont
disposées en groupes et les canaux disponibles sont regroupés de telle sorte que le
nombre de cellules par group concorde avec le nombre de groupes de canaux.
Chaque groupe de canaux peut ensuite être attribué à une cellule de chaque groupe
de cellules de manière que les même canaux ne soient jamais affectés à des cellules
adjacentes. Une des solutions au problème posé par le nombre limité de fréquences

7
radioélectriques consistait à diviser une zone de service en cellules de forme
idéalement hexagonale. Les cellules sont structurées en groupes de sept. Au centre de
chaque cellule se trouve une station de cellule (Station de base, une station de cellule
interagit simultanément avec de nombreux terminaux mobiles en utilisant un canal par
utilisateur. Chaque canal utilise deux fréquences, l’une pour transmettre à partir de la
station de cellule et l’autre pour recevoir des appels.), qui comprend les antennes
d’émission et de réception et l’équipement de commutation.

La réutilisation des fréquences est efficace en ce sens qu’un seul canal cellulaire, par
exemple, peut être utilisé simultanément dans différentes parties d’une zone
métropolitaine. Autrement dit. Deux cellules différentes peuvent exploiter la même
fréquence à condition de ne pas être adjacentes. La taille des cellules varie selon la
densité d’abonnés d’une zone. Dans une zone densément peuplée, on peut améliorer
la capacité du réseau cellulaire en diminuant la taille physique d’une cellule ou en
ajoutant des cellules qui se chevauchent, ce qui permet d’accroître le nombre de
canaux disponibles sans augmenter le nombre réel de fréquences utilisées. Par
exemple, lorsque le diamètre d’une cellule est réduit de 50%, la capacité est multipliée
par quatre.

A part la réutilisation des fréquences, la deuxième différence majeure par rapport aux
anciens systèmes de radiotéléphonie réside dans le transfert automatique des
abonnés d’une cellule à une autre au fur et à mesure qu’ils se déplacent. C’est la
fonction principale qui assure la mobilité de l’abonné au cellulaire. Un ordinateur suit
constamment les unités mobiles à l’intérieur d’une cellule et assure automatiquement
le transfert de l’appel dès qu’un abonné atteint la limite d’une cellule. Simultanément,
un nouveau canal dans une cellule différente est attribué à l’appel. Les appels peuvent
aussi être dans la cellule. Dans ce cas, la station de base procèdera à un balayage
des ondes hertziennes pour chercher dans les cellules voisines un canal qui puisse
être utilisé. Si aucune fréquence n’est disponible dans une cellule les usagers peuvent
recevoir un signal d’occupation lorsqu’ils lancent un appel.

Lorsqu’un appel du service cellulaire est lancé, le message hertzien est transmis de
l’unité mobile de l’abonné à la station de base la plus proche par le biais de signaux
radioélectriques de faible énergie. Toutes les stations de base de chaque cellule sont
reliées à un point central appelé centre de commutation pour la téléphonie mobile
(MTSO, Mobile Telephone Switching Office) par des lignes terrestres ou des liaisons
hyperfréquences. En règle générale, le centre MTSO est situé dans la cellule centrale
d’un groupe de cellules et relié au réseau téléphonique public commuté (RTPC) (voir la
figure 1.1)

Un appel du service mobile peut être lancé à destination d'un autre mobile situé sur le
même réseau, d'un mobile se trouvant sur un autre réseau ou d'un téléphone fixe. La
manière dont l'appel parvient à chacune de ces destinations dépend à la fois de la
réglementation et de facteurs commerciaux. Par exemple, un appel entre deux mobiles
se trouvant sur le même réseau pourrait rester sur le réseau de l'opérateur mobile si
celui-ci est autorisé à installer l'infrastructure de connexion entre ses centres MTSO. A
défaut, l'appel sera dirigé vers le RTPC pour être acheminé vers l'abonné mobile. Les
appels à destination d'un mobile sur des réseaux différents et les appels vers un
téléphone fixe peuvent être acheminés directement ou via le RTPC.

8
Figure 1.1: Réseau cellulaire mobile de base

Base
stations
Public Switched Telephone Network

Mobile
subscriber
unit

MTSO* Links

Two-way radio
Cells

*MTSO= Mobile Telephone Switching Office

Encadré 1.1: Comparaison de trois techniques: AMRF, AMRT et AMRC

Les trois générations de systèmes cellulaires correspondent approximativement à trois


techniques d'accès différentes, décrites ci-après:

Depuis l'invention des systèmes radioélectriques, le spectre est divisé en fréquences


attribuées aux utilisateurs. Il s'agit de la technique AMRF (accès multiple par répartition
en fréquence), qui est la technique analogique la plus répandue. Avec ce système, un
seul abonné à la fois est affecté à un canal. Celui-ci ne peut pas être utilisé pour
d'autres conversations tant que l'appel de l'abonné n'est pas terminé ou tant que
l'appel initial n'est pas transféré à un autre canal. Une transmission AMRF en duplex
intégral exige deux canaux, un pour la transmission et l'autre pour la réception. Ainsi,
dans un réseau AMRF, 200 canaux pourraient acheminer 100 appels simultanés. La
technique AMRF a été exploitée dans les systèmes analogiques de première
génération.

La saturation du spectre étant imminente, une autre technique a été proposée, celle de
l'accès multiple par répartition dans le temps (AMRT). Cette technique a amélioré la
capacité du spectre en subdivisant chaque fréquence en intervalles de temps. Chaque
usager a accès à la totalité du canal radioélectrique pendant la courte durée d'un
appel. Les autres usagers partagent le même canal aux différents intervalles de temps
attribués. La station de base passe constamment d'un usager à un autre sur même
canal. La technique AMRT est celle qui prédomine dans les systèmes cellulaires
numériques de deuxième génération, ses trois principales versions étant la version

9
utilisée en Amérique du Nord (IS-136) ou D-AMPS, la version européenne (GSM) et la
version japonaise (PHS/PDC).

Le système AMRC (accès multiple par répartition en code), fondé sur la technique de
l'étalement du spectre, est le dernier système cellulaire exploité commercialement.
Pendant longtemps, il a été utilisé à des fins militaires car il accepte des signaux
fortement chiffrés. Cette technique améliore l'utilisation du spectre, tous les usagers
occupant la totalité des canaux en même temps. Les conversations sont réparties (ou
étalées) sur l'ensemble de la bande des fréquences radioélectriques et chaque appel
ou communication de données reçoit un code unique qui le différencie des nombreux
autres appels acheminés simultanément sur le même spectre. Autre caractéristique
exceptionnelle du système AMRC, l'utilisation du transfert "souple" permet aux
terminaux de communiquer avec plusieurs stations de base en même temps. La
capacité de commande de puissance et la méthode de correction d'erreur sont
également différentes en ce sens qu'elles réduisent au maximum les brouillages et
améliorent la qualité du son. Les mobiles de troisième génération seront fondés sur
une version AMRC à large bande fonctionnant dans trois modes.

Source: UIT, adapté de NTT DoCoMo.

La possibilité pour un abonné au mobile de lancer (et de recevoir) des appels lorsqu’il
se déplace hors de la zone de couverture de son réseau est assujettie à des
arrangements nationaux et internationaux et matière d’itinérance.

1.1.3 Norme du cellulaire

Les normes du cellulaire ont évolué tant au niveau de la fonctionnalité qu’au niveau de
l’utilité, passant des réseaux analogiques dits de première génération aux systèmes
numériques actuels de deuxième génération (voir le Tableau 1.1). Les réseaux mobiles
de troisième génération (3G) sont en cours de mise au point et ceux des générations
ultérieures devraient être disponibles aux environs de l’an 2010 (voir la figure 1.2)

La téléphonie mobile des deuxième et troisième générations a évolué d’une


technologie dominante à la suivante, chaque technologie ayant considérablement
amélioré la capacité du spectre (voir l’Encadré 1.1)

Deux facteurs doivent être gardés à l’esprit. Premièrement, les réseaux cellulaires ont
évolué à ce jour au titre d’un certain nombre de spécifications exclusives, régionales et

10
même nationales. Il n’existe pas actuellement de norme mondiale unique.
Deuxièmement, le paysage cellulaire actuel comprend une combinaison de systèmes

Tableau1.1 : Evolution du marché du mobile

Caractéristiques des différentes générations de systèmes cellulaires mobiles


1ère génération 2ème génération 3ème génération
Système cellulaire Système numérique Multimode, multibande
analogique (bimode, bi-bande)
(monobande)
Voix uniquement Voix et données Evolution des services au-delà
des télécommunications
existantes (voix, données à débit
moyen)
Macrocellule Macro/microcellule Satellite/macro/micro/picocellule
uniquement
Couverture à l'extérieur Couverture à l'intérieur et Itinérance mondiale avec
principalement à l'extérieur transfert imperceptible.
Utilisation à l'intérieur et à
l'extérieur
Système distinct du Système complémentaire Intégration au RTPC,
RTPC fixe au RTPC fixe complémentaire aux services
des technologies de l'information
(réseaux de données, Internet,
réseau VPN)
Action axée sur les Entreprises et Abonné aux communications
entreprises consommateurs
Principale technique Principale technique Principale technique d'accès:
d'accès: AMRF d'accès: AMRT AMRC
Principales normes: Principales normes: Principales normes: AMRC à
NMT, AMPS, TACS GSM, IS-136 (ou D- large bande trimode (AMRC-LB):
AMPS), PDC séquence directe, porteuses
multiples (MC) et duplex par
répartition dans le temps (DRT)
NOTE - AMPS (service téléphonique mobile avancé), NMT (système téléphonique mobile nordique), TACS (système de
communication à accès total), AMRT (accès multiple par répartition dans le temps), VPN (réseau privé virtuel).
Source: UIT, adapté de Universal Wireless Communications Consortium.

analogiques et numériques et se caractérise souvent par la coexistence de différents


réseaux dans le même pays.

1.1.4 1G

Les systèmes mobiles de première génération, qui font appel à la transmission


analogique des communications vocales, ont été lancés au début des années 80.

11
Le service téléphonique mobile avancé (AMPS, Advanced Mobile Phone Service) a vu
le jour en 1983 à Chicago. Ce système a recours à la technique AMRF (accès multiple
par répartition en fréquence) dans la bande de fréquences des 800-900MHz (et depuis
peu dans la bande des (1800-2000MHz également). Le système AMPS est le système
analogique le plus utilisé et occupe le deuxième rang mondial avec quelque 50 millions
d’abonné, principalement en Amérique du Nord. Les limitations liées au mode AMPS
sont une faible capacité d’appel, un spectre limité, une communication de données
inadéquate, une confidentialité restreinte et une médiocre protection contre les
fraudes. Le service téléphonique mobile analogique à bande étroite (NAMPS,
Narrowband Analogue Mobile Phone Service) est une solution transitoire qui permet
de remédier à la faible capacité d’appel. Le système NAMPS couple le traitement vocal
avec la signalisation numérique, ce qui multiplie par trois sa capacité. Environ 35 pays,
dont les Etats-Unis, utilisent la technique NAMPS.

Figure 1.2 : Développement des Communications Mobile

Note: AMPS (Advanced Mobile Phone System), ATM (Asychronous Transfer Mode), CDMA (Code Division Multiple Access),
DECT (Digital Enhanced Cordless Technology), FPLMTS (Future Public Land Mobile Telecommunication Systems),
GSM (Global System for Mobile), NMT (Nordic Mobile Telephony), PDC (Personal Digital Cellular), PHS (Personal
Handyphone System), TACS (Total Access Communications System), TDMA IS-95 (Time Division Multiple Access),
WCDMA (Wideband Code Division Access Mode).
Source: Matsushita Communication Industrial Co., Ltd, at http://www.mci.panasonic.co.jp/english/wmci/telecommunication.html.
With permission to reproduce.

Le système téléphonique mobile nordique (NMT, Nordic Mobile Telephone) a été


conçu par des opérateurs de télécommunications (y compris l’administration des
télécommunications) et des équipementiers des pays nordiques et d’autres pays. La
participation des autres pays dans la conception de NMT s’est révélé ultérieurement
bénéfique pour les équipementiers Nokia et Ericsson, qui comptent parme les premiers

12
fabricants mondiaux de combinée mobiles. Le système NMT a été mis en service en
1981, fonctionnant au début dans la bande des 450MHz puis aussi dans la bande des
900MHz par suite de contraintes en matière de capacité. A la fin du siècle dernier, Il
est encore utilisé par environ 4.5 millions de personnes dans quelque 40 pays,
notamment les pays nordiques, l’Asie, la Russie et d’autres pays de l’Europe de l’est.
Le système de communication à accès total (TACS, Total Access Communications
System) a d’abord été exploité au Royaume-Uni en 1985. il a été conçu à partir du
système AMPS pour fonctionner à la fois dans la bande des 800MHz et dans celle des
900MHz. D’autres parties de la bande des 900MHz sont souvent utilisées pour la
version dite étendue (ETACS). Environ 15 millions de personnes dans le monde
utilisaient le système TACS à la fin de 1998.

A ces principales normes viennent s’ajouter de nombreux systèmes exclusifs pour les
systèmes analogiques de première génération et d’autres systèmes qui ont été peu
vendus à l’extérieur de leur pays d’origine, notamment en France, en Allemagne, en
Italie et au Japon.

1.1.5 2G

Les systèmes numériques de deuxième génération ont été mis au point dans les
années 80 et les premiers systèmes ont été commercialisés au début des années 90.
les techniques cellulaires numériques présentent de nombreux avantages par rapport
aux techniques analogiques, le principal atout étant une capacité accrue grâce à une
utilisation plus efficace du spectre radioélectrique. Autre facteur positif, la transmission
numérique permet d’acheminer non seulement la voix mais aussi des données à
travers le spectre des fréquences radioélectriques, prenant en charge des applications
telles que le service de minimessagerie (SMS, Short Message Service) et le courrier
électronique. La téléphonie numérique améliore également la sécurité des
transmissions de la voix et des données, les signaux étant inintelligibles pour les
balayeurs MF et le flux binaire pouvant être aisément chiffré. Enfin, les réseaux
numériques sont exploités à une puissance plus faible et les combinées peuvent dont
être plus compacts et plus légers, d’où une durée d’utilisation plus longue des piles et
moins d’inquiétude pour la santé.

Le système mondial de communication mobile (GSM, Global System for Mobile


Communication) a été le premier système cellulaire numérique commercialement
exploité. Le GSM a été mis au point dans les années 80 dans le cadre d’une initiative
politique paneuropéenne soutenue par la Commission européenne ainsi que par les
exploitants des télécommunications et les équipementiers dans le but de promouvoir
l’harmonisation régionale des réseaux cellulaires. L’abréviation GSM vient à l’origine
de l’expression Groupe spécial mobile, groupe qui a été constitué au début des années
80 par la Conférence des administrations européennes des postes et
télécommunications (CEPT), organe comprenant les administrations des
télécommunications de 26 pays européens. Le groupe avait pour objet d’établir la
spécification d’un réseau de communication mobile numérique paneuropéen. Fondé en
1989, l’Institut européen des normes de télécommunication (ETSI) a été chargé
d’élaborer la norme GSM. Le système GSM fait appel à la technique AMRT (accès
multiple par répartition dans le temps) et fonctionne dans les bandes de fréquences
des 900, 1800 et 1900MHz. L’opérateur mobile finlandais Radiolinja a créé le premier
réseau GSM en 1991. La norme GSM a été adoptée par tous les pays européens et a

13
connu autant de succès sur les autres continents. C’est la norme dominante des
services cellulaires avec plus de 45% du nombre total d’abonnés dans le monde en
avril 1999.

Le système AMRT IS-136 est la version numérique améliorée de la technique


analogique AMPS utilisée dans les bandes de fréquences des 800 et 1900MHz.
Initialement appelé D-AMPS, ce système a été mis en service à la fin de 1991 pour
protéger les importants investissements que les fournisseurs de services avaient
effectués dans la technologie AMPS. Les opérateurs envisageaient de procéder à une
transition du système AMPS vers le système D-AMPS en superposant à leurs réseaux
existants une architecture AMRT, les même fréquences et canaux radioélectriques
étant utilisés. Les services numériques AMPS ont été lancés dans quelque 70 pays
dans le monde.3 Vers mars 1999, près de 22 millions de combinés AMRT étaient en
circulation, les principaux marchés étant ceux des Amériques et de certaines régions
d’Asie. 4

La norme PDC (communications cellulaires numériques personnelles) est la deuxième


norme numérique la plus importante dans le monde en ce qui concerne les systèmes
mobiles, bien que le système PDC soit exploité exclusivement au Japon où il a été
introduit en 1994. Initialement appelé système JDC (Japan Digital Celluar), le système
PDC, comme les système GSM et AMRT IS-136, repose également sur la technologie
des 800 et 1500MHz. Vers mars 1999, on comptait quelque 41.5 millions d’abonnées
PDC.5

Le système PHS (Personal Handyphone System) est un système numérique utilisé au


Japon et lancé pour la première fois en 1995. Il ne s’agit ni d’une technique cellulaire ni
d’une technique sans cordon mais d’un système intermédiaire. Le coût des combinés,
l’abonnement mensuel et le tarif des communications étant moins élevés, ce système
représente une alternative moins chère au cellulaire. Son usage est particulièrement
intéressant dans les zones densément peuplées où la technique cellulaire peut poser
des problèmes, notamment dans les lieux très fréquentés tel que stations de métro,
immeubles de bureaux et galeries marchandes. Le nombre d’usagers PSH a
rapidement augmenté dans un premier temps. Toutefois, lorsque les tarifs du cellulaire
ont commencé à se rapprocher de ceux du PHS, le nombre des abonnés a fortement
baissé à cause de certaines faiblesses du système, par exemple une couverture moins
large (chaque station PHS ne couvrant que 200 mètres environ) et un usage limité
dans des véhicules en déplacement. Les fournisseurs de systèmes PHS tentent de
revenir sur la scène en mettant en avant leur meilleure qualité vocale, leur coût de
maintenance plus base et de nouveaux débits de données plus élevés (64 kbits/s). Ont
également été mis en service des téléphones bimode qui permettent la commutation
entre le système PHS et le cellulaire. A la fin de mars 1999, on comptait quelque 5.77
millions d’abonnés PHS. 6

1.1.6 3G

L’UIT, dont l’un des rôles est d’établir des normes mondiales dans le domaine des
télécommunications, n’a pas publié de recommandations techniques concernant les
systèmes mobiles de première génération ou de deuxième génération, ais de
nombreuses recommandations traitent de la manière dont ces techniques interagissent

14
avec d’autres techniques. Il en résulte l’exploitation de divers réseaux cellulaires
mobiles incompatibles. Cela tient principalement au fait que ces systèmes cellulaires
mobiles étaient conçus pour rester des réseaux nationaux en matière d’itinérance. A la
fin des années 80, l’UIT a commencé à élaborer des systèmes de troisième génération
(3G) en portant son attention sur la nécessité d’harmoniser, sur le plan mondial, les
normes relatives au spectre des fréquences radioélectriques et aux interfaces
radioélectriques. Compte tenu de la croissance impressionnante du cellulaire mobile,
les Membres de l’Union ont dû entreprendre d’élaborer des normes en ce qui concerne
les systèmes 3G.

Figure 1.3: Architecture du réseau IMT-2000

Suburban

Urban

In-building

Picocell
Microcell

Macrocell

Global

Appliances, devices and terminals

Source: ITU adapted from Lawrence, Trillium, get permission to reproduce.

L’UIT a pour objectif d’établir une norme mondiale relative aux systèmes 3G dans le
cadre d’une initiative appelée IMT-2000 (International Mobile Telecommunications—
2000). 7 Le système IMT-2000 est plus qu’un système cellulaire amélioré. Il prévoit
l’intégration de différentes zones de couvertures de service – systèmes terrestres
macrocellulaires, microcellulaires et picocellulaires, systèmes sans cordon, systèmes à
accès hertzien et systèmes à satellites, ce qui permet d’assurer un service
véritablement mondial (voir la Figure 1.3). Les IMT –2000 devraient assurer une plate-
forme pour la répartition des services pour lesquels il y a eu convergence (mobiles ou
fixes, voix ou données, télécommunications, contenu ou calcul). Ils présentent trois
caractéristiques distinctives :

15
• itinérance mondiale avec transfert imperceptible, permettant aux utilisateurs de
continuer à lancer et à recevoir des appels avec le même numéro et le même
combiné lorsqu’ils passent d’un pays à l’autre ;
• Débits de transmission plus élevés : au moins 2 Mbit/s pour les utilisateurs
immobiles ou marchant et 348 kbit/s pour les utilisateurs se trouvant dans un
véhicule en mouvement (les systèmes cellulaires de deuxième génération
n’offrent que des débits compris entre 9.6 kbits/s et 28.8 kbit/s). L’accès à
Internet sera beaucoup plus rapide ;
• Fourniture de services standard, par exemple via des réseaux fixes, mobiles ou
à satellite.

L’UIT désigne les réseaux 3G par le terme IMT-2000 alors que, en Europe, ils sont
connus sous le nom de « systèmes de télécommunications mobiles universelles
(UMTS, Universal Mobile Telecommunications System), concept développé par
l’Institut européen des normes de télécommunication (ETSI) avec le concours du
Comité européen des radiocommunications (CEPT) qui assure la coordination des
questions réglementaires. L’aspect principal des UMTS est des savoir comment le
système GSM évoluera pour devenir compatible avec le IMT-2000. La norme de
l ‘ETSI relative aux systèmes mobiles de troisième génération arrêtée au début de
1998 s’inspire des deux propositions concernant les systèmes AMRC à large bande et
le système AMRT/AMRC. Il s’agit de la norme UTRA (accès radioélectrique de Terre
UMTS). Le système AMRC à large bande doit être utilisé pour les applications
couvrant des zones étendues tandis que le système AMRC/AMRT sera principalement
appliqué pour les applications fonctionnant à l’intérieur qui demandent peu de mobilité.
L’Union européenne (UE) a recommandé à tous ses Etats membres d’achever
l’agrément des UMTS avant la fin de 1999 et que le service soit lancé au 1er Janvier
2002 – un calendrier difficile à respecter. L’UE n’a toutefois pas défini de lignes
directrices sur la manière d’attribuer les licences. Les pays membres doivent décider
du nombre de licences à accorder, de leur mode d’attribution et de la question de
savoir si les opérateurs mobiles existants devraient automatiquement obtenir une
licence UMTS. La Finlande a été le premier pays à agréer des opérateurs de systèmes
3G en mars 1999 en attribuant quatre licences pour un premier groupe de 15
demandes (ces licences ont été octroyées aux opérateurs existants Radiolinja, Sonera
et Telia Mobile et à la firme Suomen Kolmegee, qui regroupe des entreprises de
télécommunications régionales et une entreprise suédoise, Tele2). L’Autriche,
l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni étaient les suivants à agréer des
opérateurs.

Dans les autres régions, le Japon est le premier pays à exploiter un réseau 3G. Les
prochains pays asiatiques à suivre cet exemple sont la République de Corée et
Taïwan-Chine et peur-être la RAS de Hong Kong. Les Etats-Unis n’ayant mis en
service des systèmes hertziens numériques qu’il y a deux ans, les systèmes 3G ne
devraient pas y être exploités avant 2003-2005. un des problèmes du marché
américain tient au fait qu’aucune norme numérique n’a été établie, les exploitants
appliquant diverses techniques numériques non interopérables. Toutefois, c’est un
marché doté d’une demande potentiellement élevée pour les services de données
mobiles pour professionnels. Aux Etats-Unis, l’absence relative de succès des
systèmes mobiles numériques de deuxième génération laisse le champ libre aux
systèmes 3G.

16
L’un des moteurs du développement des systèmes 3G est le fait que les réseaux de
deuxième génération dispose d’un spectre radioélectrique limité. Il est probable que la
quantité de spectre disponible ne sera pas suffisante pour répondre à la demande de
services multimédias prévue pour le 21ème siècle. Les bandes de fréquences
comprises entre 1885 et 2025Mhz et entre 2110 et 2200Mhz étaient à l’origine
attribuées au IMT-2000. Les pays et les régions ont attribué des fréquences de
différentes manières, ce qui rend l’itinérance mondiale difficile. Un problème tient au
fait que, aux Etats-Unis, les services PCS de deuxième génération fonctionnent dans
la partie principale de la bande attribuée aux IMT-2000. Dans certains cas, les
opérateurs utiliseront de nouvelles fréquences pour leurs services 3G, alors que
d’autres opérateurs envisagent d’exploiter le spectre actuel pour offrir des services
évolutifs antérieurs à la troisième génération. Cette dernière stratégie vise à assurer
une transition harmonieuse des usagers vers les services mobiles avancés sans qu’il
soit nécessaire d’obtenir des fréquences additionnelles. Le coût effectif des
améliorations de troisième génération dépendra pour beaucoup des besoins en
matière de spectre. Le Groupe d’action 8/1 de l’UIT a décidé à la réunion qu’il a tenue
à Fortaleza (Brésil) qu’une bande minimale additionnelle de 160MHz serait nécessaire
pour les services de troisième génération. La Conférence mondiale des
radiocommunications de l’UIT (CRM-2000), au cours de laquelle les administrations
demandaient un élargissent de la bande, était primordiale pour l’avenir des systèmes
3G.

L’inter-fonctionnement des futurs réseaux cellulaires avec les systèmes à satellites


sera d’une grande importance. Plus de 80% de la population européenne, par
exemple, devrait avoir accès aux réseaux 3G d’ici à 2010 alors que pas même 20% de
la superficie terrestre mondiale ne seront couverts par les réseaux cellulaires de Terre.
Par conséquent, les solutions ayant recours à des satellites seront importantes en ce
sens qu’elles permettront d’assurer la couverture totale de la planète. 8 Les opérateurs
de systèmes satellitaires et de systèmes cellulaires exploitent l’itinérance entre les
deux services grâce à des combinés mixtes, car il est peu probable que les usagers
accepteront de porter deux combinés. Les clients peuvent payer des services par
satellite à supplément lorsqu’ils se trouvent hors de portée d’un réseau cellulaire et les
opérateurs du service cellulaire peuvent offrir un service mondial grâce à l’extension de
la couverture par les satellites. Par ailleurs, il est souhaitable que les réseaux 3G
prennent en charge des services d’accès hertzien fixes, particulièrement dans les pays
en développement où l’accès hertzien fixe fournira capacité et couverture au réseau
fixe. L’accès hertzien peut être une technique complétant ou remplaçant le réseau
public ou une extension d’un réseau privé.

Le passage aux systèmes 3G ne se fera pas sans difficulté. Il existe bon nombre
d’exemples d’évolutions techniques qui ont semblé logiques mais qui n’ont jamais eu
lieu ou qui se sont produites plus lentement que prévu. Citons le cas de remplacement
du télécopieur (analogique) de groupe 3 par le télécopieur (numérique) de groupe 4,
qui a été largement prédit depuis le milieu des années 80, mais qui n’a jamais vraiment
eu lieu. Les clients ont montré que ce qu’ils voulaient réellement était un télécopieur
meilleur marché et non des appareils plus performants. Les enjeux des mobiles 3G
sont les suivants :

• Le processus de normalisation des systèmes 3G doit être achevé et les techniques


mises au point.

17
• Les organismes de réglementation doivent établir un cadre, y compris l’octroi de
licences pour l’exploitation de systèmes 3G. L’attribution de licences par voie
d’enchères risque de relever les coûts et de décourager la mise en place
d’infrastructures 3G.
• La demande de services 3G n’est pas encore évidente. Avant de construire de
nouvelles infrastructures, les exploitants doivent évaluer les aspects commerciaux
des systèmes 3G, notamment les coûts, la tarification, la concurrence et la
demande de services 3G. ces aspects commerciaux dépendent de la capacité des
systèmes de troisième génération à offrir des avantages additionnels par rapport
aux solutions intermédiaires, qui seront décrits dans les paragraphes suivants. Les
opérateurs restent prudents en matière d’investissement.

Le coût potentiellement élevé que représente la construction de réseaux 3G peut


signifier qu’une couverture complète ne sera pas disponible pendant plusieurs
années, de sorte que les premiers services 3G seront probablement assuré sur des
marchés où il existe une forte concentration d’utilisateurs potentiels par exemple les
grandes villes et leurs alentours immédiats. Le service peut donc ne pas être approprié
lorsque les usagers quittent les zones urbaines. Une couverture complète peut
cependant ne pas être nécessaire dans l’immédiat, vu que, dans les zones à faible
trafic, les services 2G améliorés existants suffiront pour la plupart des usages. Les
systèmes de troisième génération peuvent se développer plus lentement dans les pays
dans lesquels des réseaux de deuxième génération déjà bien implantés répondant aux
besoins de la plupart des utilisateurs en matière d’itinérance régionale comme pour ce
qui est des débits de transmission des données. Cela étant, les opérateurs sont
confrontés à diverses situations dans le monde. Certains connaissent déjà ou
prévoient un épuisement de la bande de fréquences à cause de la forte demande et
sont donc plus susceptibles d’être intéressés par les systèmes 3G. par ailleurs, les
avantages qu’offrent ces systèmes du fait qu’ils assurent de vrais services multimédias
mobiles devraient être très attrayants, en particulier lorsqu’il existe de nombreux
utilisateurs Internet. Toutefois, il est probable que les opérateurs chercheront d’abord à
amortir les investissements qu’ils ont effectués dans les réseaux actuels et à créer
progressivement de nouvelles capacités. Les systèmes de troisième génération seront
plus évolutifs que révolutionnaires.

Avant l’exploitation de technologies 3G entièrement mises au point et offrant une


capacité de transmission de données par commutation de paquets à grand débit, des
techniques intermédiaires ont été conçues pour apporter des capacités améliorées de
transmission par paquets, avec des débits pouvant atteindre 383 kbit/s. Ces
techniques intermédiaires du GSM comprennent le système de transmission de
données par commutation de circuits à grand débit (HSCSD, High Speed Circuit
Switched Data), le service général de radiocommunication en mode parquet (GPRS,
General packet Radio Services) et le système à débits de données améliorés pour
l’évolution du GSM (EDGE, Enhanced Data Rates for GMS Evolution). Le système
GPRS offre des services en mode paquets et constitue la première phase d’évolution
des réseaux GSM vers les véritables fonctionnalités de troisième génération. Il assure
des débits de données allant jusqu’à 115 kbit/s, même si dans un premier temps les
débits seront vraisemblablement inférieurs à ce chiffre. Le système GPRS exige aussi
un certain nombre de mises à niveau logicielles. En 1999, de nombreux exploitants de
télécommunications européens (Cellnet, Sonera, T-mobil) ont annoncé leur intention
d’offrir un service GPRS, qui devrait permettre l’utilisation de téléphones hertziens pour
la transmission de données et la navigation sur Internet. En Asie, le premier opérateur

18
à annoncer des plans de mise en œuvre du service GPRS est Hong Kong Telecom. Le
service GPRS s’est généralisée en 2001 dans l’ensemble de UE.

1.2 Marché de la téléphonie mobile 9

1.2.1 Mobile dépasse fixe

Un des dispositifs intéressants de la Figure 1.4 qui est illustré que le point de
croisement, auquel un pays a plus des utilisateurs mobiles que les lignes fixées, peut
venir à presque n'importe quel point dans l'échelle de développement. Le point de
croisement peut venir aussi bas qu'une télédensité fixe de 0,4 (par exemple, au
Malawi) qu’aussi haut qu’une télédensité fixe de 75 (le cas du Luxembourg) et à un
point quelconque dans l'intervalle. En d'autres termes, la capacité d'un pays d'accroître
son réseau mobile au point où elle rattrape le réseau de fixe-ligne n'est pas une
fonction de sa richesse. Ni est elle une fonction de géographie, car chaque région a
maintenant un certain nombre de pays où le mobile a déjà rattrapé les lignes fixes (voir
Figure 1.5). Au lieu de cela, les facteurs qui sont importants dans la détermination à
ce que le croisement de point a lieu incluent:

• Structures relatives du marché. Il y a une probabilité plus élevée de la concurrence


efficace sur le marché mobile que sur le marché de fixe-ligne. Parmi des Etats
membres d'UTI, seulement 72 permettent une certaine forme de concurrence dans
des services domestiques de fixe-ligne tandis que 141 permettent la concurrence
dans le mobile. Là où il y a concurrence dans le marché de mobile mais pas pour
les lignes fixes, il y a d'une probabilité plus élevée d'un point de croisement étant
atteint plus tôt. Ceci explique en partie, par exemple, pourquoi il y a environ 28
pays africains qui ont eu plus de téléphones mobiles que les lignes fixes à la fin de
2001; un pourcentage plus élevé que tout autre continent. En Europe de l'ouest
aussi, bien que la plupart des pays aient maintenant la concurrence dans fixe et
mobiles, la concurrence dans le mobile a principalement commencé par
l'autorisation des systèmes de GSM, au début des années 90, alors que la
concurrence dans les lignes fixes venait généralement beaucoup plus tard. Ceci a
aidé Europe de l'ouest pour atteindre le point de croisement plus tôt que d'autres
régions.
• Systèmes de facturation relatifs. Le travail mobile peut être divisé en ces pays qui
ont les systèmes de paiement par appelant (calling party pays, CPP), où seulement
la personne faisant l'appel paye, et ceux de paiement par recevant (receiving party
pays, RPP), où la personne recevant et en la personne faisant l'appel contribuez à
ses coûts. Dans le monde de fixe-ligne, CPP est le paradigme dominant. D'une
manière générale, le mobile s'est développé beaucoup plus rapidement dans des
environnements de CPP que dans ceux de RPP. Malgré le fait que dans le
premier, les taux terminatif d'appel sont souvent très hauts et hors de ligne au
niveau des coûts fondamentaux. 10 La raison semble être le fait de faire payer les
utilisateurs pour recevoir d'appels est considéré comme un découragement
significatif à la propriété. Si les utilisateurs, particulièrement ceux de bas revenu,
ne sentent pas si leurs factures mensuelles sont restées abordables, ils seront
inclinés pour laisser leur téléphone éteint, ou pour ne pas acquérir un en premier
lieu. Il a été également prouvé plus facile de mettre en service de téléphonie mobile
prépayé en mode de CPP que celle de RPP.

19
• Structures tarifaires relatives. Dans le réseau de fixe-ligne, il y a souvent un fort
gradient entre le coût relatif d'appels locaux et ceux de longue distance,
particulièrement dans les pays qui n'ont pas encore entièrement rééquilibré leurs
structures tarifaires. Sur le réseau mobile, il n'y a fréquemment aucun écart de prix
entre les appels locaux et ceux de longue distance, fournissant une incitation pour
des utilisateurs à l'opter pour le service mobile au lieu de fixe. D'autre part, dans
les pays où les appels locaux sont « gratuits » sur le réseau fixe (c.-à-d. la charge
est empaquetée dedans avec le coût de la location mensuelle de ligne), ils ont
tenté à encourager des utilisateurs à ne pas abonner au mobile (par exemple en
Amérique du Nord, bien que Hong Kong SAR soit une exception). Pays qui ont la
tradition des appels locaux ‘’gratuits’’ font face au dilemme de ce qui se produit
quand l'utilisateur se rendent compte qu'elles n'ont plus besoin d'un téléphone fixe.
Plus le coût de transfert est élevé dans ces pays (c.-à-d. les frais fixes relatifs plus
élevés que les frais d'utilisation) peut signifier que les utilisateurs seront moins
enthousiastes pour renoncer complètement à leurs abonnements de ligne fixe.
• Facteurs culturels. En plus des facteurs prévisibles énumérés ci-dessus sont des
facteurs culturels ou sociaux moins prévisibles qui affectent le niveau de popularité
du mobile dans un pays particulier. Le mobile tend à décoller plus vite dans les
pays qui ont une population plus jeune, plus urbaine. Il fait également bien dans les
villes où les citoyens dépensent un grand pourcentage de leur temps pour
travailler. Mais au delà de ceci, il semble que quelques sociétés atteignent un point
auquel la téléphonie mobile devient la mode, en effet indispensable. Une illustration
de ceci est l'Italie, qui est avait progressé depuis un des plus bas taux de
pénétration mobiles dans l'union de l'Europe dans les années 80 et le début des
années 90, à un des plus haut vers la fin des années 90 soudainement. Des
Italiens ont trouvé qu’ils ne pourraient pas vivre sans telefonini.

Figure 1.4 : Mobile dépasse fixe

Télédensité mobile ou fixe/GDP per capita, 2000

100
Taiwan-China
Luxembourg
Bulgaria

Qatar
Télédensité mobile ou fixe

Moldova
10
Oman
Tajikistan

1 Mobile > Fixed


Fixed > Mobile
Angola
Trendline

Chad
0
100 1'000 10'000 100'000

PIB per capita, US$

Source : ITU World Telecommunication Indicators Database

20
Figure 1.5 : Nombre d’abonnés mobile et fixe dans le monde

Million
2'500

Prévision
2'000

1'500

1'000
Fixe

500
Mobile

0
1982 84 86 88 90 92 94 96 98 2000 02 04 Année
Source : ITU World Telecommunication Indicators Database

Derrière ce changement de fixe aux mobile est un changement plus significatif: d'un
paradigme de la pénurie à une d'abondance. Dans toute l'histoire des
télécommunications, la demande a excédé l'approvisionnement. Pendant des années,
ITU a mesuré ‘’la liste d’attente’’ pour le service de fixe-ligne, qui a fait une pointe
d’environ 50 millions dans le monde entier au début des années 90; et pour les temps
d'attente, qui dans quelques pays ont fait la moyenne sur dix ans. Il n'y a aucun
équivalent pour le service mobile. C'est parce que, une fois que des stations de base
mobiles sont établies, les consommateurs peuvent juste aller acheter un combiné,
supposant que naturellement, ils peuvent se le permettre. Des décisions
d'investissement sont défocalisées de l'opérateur (souvent l'état), au profit de
consommateur individuel. L'introduction de la concurrence mobile a suscité une
quantité substantielle de demande latente du service de télécommunication qui a bien
dépassé ceux énumérés sur la liste d’attente pour le service de ligne fixe.

Une illustration de ce passage de la pénurie à l'abondance est les cartes prépayées


pour le service mobile. Des paquets et les recharges prépayés peuvent être achetés
des supermarchés ou des stations de gaz. Le service de voix est devenu un produit et
les consommateurs ont répondu en achetant un bon nombre de ce produit. La
popularité comme du mobile prépayé a encouragé la diffusion de ce modèle de
facturation à d'autres services, l'Internet prépayé ou le service prépayé de ligne fixe.

Malheureusement, les grandes parties de la population des pays en développement, et


certains pays développés ceux aussi, sont encore en dehors de la couverture du
service cellulaire terrestre. Bien que, théoriquement, la majeure partie du globe soit
dans l'extension de la couverture de satellite assurée par des fournisseurs de service
par satellite, tels que l'iridium, ICO ou GlobalStar, ou leurs équivalents régionaux, le
prix reste néanmoins peu abordable pour la plupart de la population. Ainsi le

21
pourcentage de la population couverte par service mobile terrestre devient un
indicateur principal de l'accès universel.

1.2.2 Donnée dépasse voix

Un second croisement, si moins évident, a lieu sous les océans et au-dessus de


l'atmosphère, où les jets du trafic de données rattrapent des trafics de voix, en termes
de volume cependant pas encore en termes de valeur. Ce croisement est doublement
invisible parce que les deux trafics, pour la plupart, sont codés en forme numérique et
sont en grande partie indissociables jusqu'à ce qu'ils atteignent un dispositif terminal,
qui peut être un ordinateur plutôt qu'un téléphone. Mais les implications pour les
porteurs fournissant le service sont tout à fait significatives.

Comparez un utilisateur typique d'Internet à un utilisateur de téléphone. Les conditions


de largeur de bande du premier sont susceptibles d'être environ 18 fois plus grand que
ceux du dernier. Tandis qu'il est peu probable que les conditions d'un utilisateur de
téléphone soit beaucoup changé, ceux des utilisateurs typiques d'Internet le sont
certainement. Pendant que l'Internet est employé de plus en plus pour les trafics de
données (par exemple acoustique, vidéo, dossiers MP3), et comme sites web font plus
d'utilisation des multimédia, les conditions des utilisateurs d'Internet au niveau de la
largeur de bande augmenteront sensiblement.

C'est les lieux de la croissance du marché pour l'accès (à large bande) d'Internet de
haut débit, par exemple, en utilisant la ligne numérique d'abonné (DSL) ou la
technologie de modem câblé.

Il est largement cru que le volume de données transmises dans le monde entier
excède maintenant le volume du trafic de voix. Cependant, il est difficile de prouver
cette affirmation définitivement. Une de ces méthodes est de regarder l'utilisation des
circuits de télécommunications internationaux destinés et en provenance des Etats-
Unis (Figure 1.6). Le nombre de circuits disponibles a augmenté quatre fois entre
1998 et 2000, d'une capacité globale environ de 800000 en 1998 à presque quatre
millions en 2000. Pendant cette période, le nombre de Public Switched Telephone
Network (PSTN) a doublé, mais le nombre de lignes privées internationales s'est
développé cinq fois autant. Ces lignes sont employées principalement pour l'Internet
et d'autres transmissions de données. Dans quelques régions, telles que l'Europe, les
PSTN de circuits de voix comptent maintenant moins de dix pour cent de capacité
totale sur l'itinéraire transatlantique.

L'aspect peut-être le plus alarmant de tout, aux yeux des opérateurs publics de
télécommunications, c’est l'augmentation dramatique de capacité dans le ‘’idle’’, de 23
pour cent de capacité disponible dans 1996 à 44 pour cent en 2000, ou plus de 1,6
millions de circuits des 64 kbit/s. Cette surcapacité est une raison pour laquelle
l'industrie dans l'ensemble souffre et pourquoi les porteurs qui ont investi fortement
dans les réseaux optiques de fibre, tels que le Global Crossing, ou les Williams
Communications, se trouvent dans un état de quasi faillite.

22
Figure 1.6 : Donnée dépasse voix
Nombre (mille) de circuits internationaux aux Etats-Unis, par type d’usage, 1995-2000 et par région, 2000

International circuits to/from the US , in '000s Europe Ouest Afrique


4'500 1'943k circuits 8k circuits
7%
14%
4'000 36%
Idle circuits 47%
3'500 46%
International private lines (Internet) 50%
3'000
PSTN circuits
2'500
2'000
Asie Légende
1'500 426k circuits
1'000 27% Idle PSTN
27%
500 circuit circuits
0 59% Internet
1995 1996 1997 1998 1999 2000 circuits
Source : ITU, adapté de FCC International Circuits Report

Le croisement entre les données et la voix est significatif pour le futur à long terme de
l'industrie de télécommunications. Il implique que les structures tarifaires qui ont
supporté la croissance profitable du segment de voix de l'industrie peuvent ne pas être
soutenables. Déjà, une part croissante du trafic de voix voyage au-dessus des circuits
de données (par exemple la téléphonie sur l ‘IP ou sur les relais de trams) comme
manière de dévier les structures tarifaires restrictives ou non-coût-basées. Ceci peut
seulement augmenter dans le futur.

1.2.3 Marchés en développement dépassent marchés développés

Le troisième point de croisement marque un changement plus progressif qui a lieu au


sein de l'industrie pendant que la technologie a mûri. C'est ainsi les marchés
d’économies en développement sont progressivement devenus plus significatifs au
niveau de la taille que ceux des économies développées. Une des méthodes pour
mesurer est celle de compter le nombre établissement de nouveaux abonnements de
lignes fixes et de téléphone mobile tous les ans (Figure 1.7). En 2000, les économies
en développement ont représenté trois sur chaque quatre nouvelles lignes installées.
Une seule d'économie en développant, la Chine, a installé les nouvelles lignes fixes
(35 millions) en 2000 plus que la somme de nouvelles lignes installées dans la totalité
de monde développé en 1999 et en 2000.

Pour de nouveaux abonnements de téléphone mobile, le croisement n'avait pas encore


eu lieu dans le vieux millénium. Mais en 2002, il est probable que des utilisateurs de
téléphone mobile dans le monde en développement dépassent le nombre des abonnés
de téléphone mobile dans le monde développé. Le dépassement de nombre des
utilisateurs d'Internet se produira probablement au milieu de cette décennie.

Ces changements ont plusieurs implications pour l'industrie:

23
• À un niveau insignifiant, il est clair que les définitions standard de ce qui constitue
développé et en développement soient dues pour une révision. La vitesse avec
laquelle les économies des tigres asiatiques, Hong Kong SAR, Corée, Singapour
et Taïwan ont rattrapé, et même dépassé, les marchés développés de l'Europe, le
Japon et l'Amérique du Nord est spectaculaire. Ceux-ci sont tous classifiés comme
développé dans l'analyse sur la Figure 1.7.
• Plus significatives sont les implications qu'il se tient pour l'industrie, en particulier la
fabrication d'équipement de télécommunication et les parties ventes du secteur.
Pendant que les marchés ont délocalisé au monde en développement, ces
compagnies ont dû déplacer le centre de leurs ventes et opérations de vente aussi.
Ils trouvent également de nouvelles formes de concurrence des fabricants locaux
basés dans les économies de développement qui ont parfois un avantage dans la
vente à ces mêmes marchés.
• Il y a des implications aussi pour la partie service de l'industrie. Il y a des domaines
ou des croissances potentielles existent dans le monde en développement,
notamment pour de nouveaux services tels que des services à large bande ou
service de données à valeur ajoutée. Mais ceci se compose en grande partie de
vendre plus de valeur aux utilisateurs existants. Dans le monde en développement,
l'accent pour le moment au moins est sur le vent aux nouveaux utilisateurs, et donc
élargir le marché. Ainsi l'impératif pour des opérateurs de service basés dans le
monde développé est de rechercher de nouvelles occasions en dehors de leurs
marchés intérieurs, par l'acquisition, les joint-ventures en participation ou les start-
up. D'une manière générale, les fournisseurs de service mobiles ont montré plus
d'intérêt pour élargir leur marché en dehors de leur pays d'origine et ils ont
rencontré plus de succès que des fournisseurs de service de ligne fixe pour ce fait.

Figure 1.7 : Marchés en développement dépassent marchés développés


Nombre de nouvelles lignes mobile et fixe ajoutées par année, en million, 1991-2000 dans
le monde développé et en développement
Nombre de nouvel abonnés fixe, millions Nombre de nouvel abonnés mobile, millions
70 160
60 140

50 120
Développé 100
40
80
30 Développé
60
En développement
20
40
10 20
En développement
0 0
1990 1992 1994 1996 1998 2000 1991 1993 1995 1997 1999

Source : ITU, World Telecommunication Indicators Database

1.3 Services de données hertziens: un secteur prometteur11

L’objectif des systèmes 3G est d’assurer la gamme la plus large possible de services,
dont la plupart ne sont peut-être pas encore conçue ou encore leurs lancements sont
retardés. En théorie, les systèmes 3G permettent des débits de 383 kbit/s ou plus pour
un terminal en rapide déplacement et de 2 Mbit/s pour un terminal stationnaire. Cette

24
capacité à large bande permettra d’assurer de nouveaux types de services non
disponibles actuellement sur les réseaux de deuxième génération. La principale
amélioration sera l’accès à Internet et aux contenus graphiques à des vitesses
acceptables. En outre, de nombreux services interactifs deviennent possibles, y
compris la visiophonie et la visioconférence ou d’autres contenus vidéo en temps réel
comme par exemple, le flux de données audio et vidéo, le commerce mobile, ainsi que
la télé médecine ou les jeux mobiles. Il est difficile, voire impossible, de prévoir à long
terme le développement exact des marchés de troisième génération en particulier en
ce qui concerne les divertissements et les loisirs, l’expérience acquise à ce jour en
matière de services avancés étant très limitée. Plutôt que d’essayer de deviner
comment les futurs services de données hertziens évolueront, il serait préférable
d’examiner certains des enjeux actuels et à court terme, notamment les questions
relatives la demande, aux prix, à la segmentation des services, aux interfaces
utilisateur et aux chaînes de valeur et modèles commerciaux.

1.3.1 Ou la demande se trouve-t-elle

Une des principales questions est de savoir ce que les utilisateurs veulent réellement.
Les professionnels affirment qu’il n’y aura aucune « application éliminatrice », c’est-à-
dire aucune application qui portera un coup fatal aux autres applications, mais que le
marché sera segmenté pour répondre aux différents besoins des utilisateurs. Selon les
prévisions, les services financiers seront les premières applications de données
mobiles intéressantes, y compris des combinaisons de services telles que les services
bancaires (déjà accessibles en République tchèque, Finlande, France, Allemagne,
Hong Kong SAR, Portugal, Singapour et Royaume-Uni), les cartes de crédit, les
nouvelles et l’analyse financières, ainsi que le commerce, nombre de ces services
étant déjà disponibles. D’autres services professionnels liés aux bureaux virtuels
devraient également avoir du succès. Un autre domaine clé prometteur est celui des
services mobiles utilisés pendant les déplacements, notamment les réservations
d’hôtel, les informations météorologiques et les renseignements concernant la
circulation ou l’emplacement des restaurants et magasins locaux. Les opérateurs
mobiles pourront suivre leurs clients et savoir où ils se trouvent pour leur offrir des
services personnalisés spécifiques à l’emplacement, notamment des renseignements
sur les hôtels et les restaurants se trouvant à proximité. Le suivi de l’emplacement
devient aussi utile pour les services de secours. (En 1996, la Federal Communications
Commission (FCC) des Etats -Unis a publié un rapport sur la manière dont les services
de secours hertziens devraient être mis en œuvre. Selon le rapport, tous les
opérateurs doivent avoir la capacité d’offrir aux opérateurs téléphoniques assurant des
services de secours des renseignements sur l’emplacement de l’utilisateur appelant le
numéro d’urgence. Pour avril 1998, les opérateurs étaient tenus d’être en mesure
d’indiquer la station de cellule la plus proche de l’appelant et le numéro de l’appelant.).
En 2001, les opérateurs sont capables de localiser l’appelant en détresse avec une
précision de 122 mètres (400 pieds).

Selon les avis de certains experts, deux des secteurs des services de données
mobiles qui progressent le plus rapidement sont celui du service de minimessagerie
(SMS) et celui de la radiomessagerie bidirectionnelle. D’autres supposent que les
principaux domaines de croissance seront celui de l’accès mobile au World Wide Web
et celui de courrier électronique. Un indicateur intéressant de l’essor des marchés dans
les pays nordiques est le fait que, dans ces pays, quelque 20% des recettes du secteur
du mobile proviennent des services SMS. Il est extraordinaire qu’un niveau de

25
demande aussi élevé ait été atteint compte tenu de la capacité limitée des services
SMS, notamment la faible débit de données. La longueur réduite des messages, la
petitesse des écrans et un clavier peu pratique pour la saisie de textes. Avec un
nombre aussi élevé qu’un milliard de messages par mois, le service SMS est devenu
en Europe une activité dynamique ainsi que le service mobile qui se développe le plus
rapidement.

Cela étant, pour que les systèmes 3G deviennent un succès, il faut que la demande de
services multimédias aille plus loin qu’une simple demande de services de texte de
base. Selon les opérateurs, lorsque les abonnés se seront familiarisés avec l’utilisation
de simples messages de texte, il sera plus aisé de leur offrir des services plus
avancés. Dans nombre de pays, des services de texte avancés ont été introduits, par
exemple, l’adjonction d’images ou de cartes à des messages SMS. Certes, les
services mobiles de communication de données promettent d’ouvrir de nombreux
nouveaux créneaux commerciaux, mais il est probable que de vrais services
multimédias de troisième génération ne verront le jour qu’en 2003. Ainsi, on prévoit
qu’en Europe, seulement 15% environ des usagers mobiles auront recours à de vrais
services UMTS/3G d’ici à l’an 2005, chiffre qui passera à 45% d’ici a 2010.

L’un des facteurs essentiels du succès des systèmes mobiles de troisième génération
sera leur capacité à fournir des services multimédias personnalisés dans un
environnement virtuel d’origine ou par le biais des réseaux personnel, ce qui revient à
dire que le terminal de l’utilisateur conservera sa configuration personnalisée même en
cas de déplacement sur des réseaux étrangers. La portabilité des services sera donc
primordiale pour leur expansion. A l’évidence, la question qui se pose est de savoir si
la majorité des usagers souhaiteront se déplacer sur différents réseaux ou si seule une
fraction minime d’utilisateurs demandera de tels services, par exemple des hommes
d’affaires en déplacement dans le monde.

Sur le marché des Etats-Unis, le nombre d’utilisateurs de services de données


hertziens devrait, selon les prévisions, passer de 3 millions en 1999 à 36 millions en
2003. En Europe et en Asie, ce nombre pourrait même être plus élevé car ces régions
ont pris de l’avance sur les Etats-Unis pour ce qui est de l’adoption de services de
données mobiles. La quasi-totalité de réseaux GSM européens sont capables pour la
transmission des données et à l’heure actuelle, tous les téléphones cellulaires sont
dotés de fonctions de traitement de données. Même si une grande partie de la
technique hertzienne de transmission de données est mise au point aux Etats-Unis, ce
sont en réalité les Européens qui sont les varis pionniers en ce qui concerne son
application, l’usage de mobile faisant bien plus partie de la vie quotidienne en Europe.

1.3.2 Quel prix payer pour les services de données hertziens ?

La deuxième question importante et peut-être la plus significative, est de savoir


comment tarifier les nouveaux services. La demande de nouveaux services sera
tributaire du coût total, y compris le coût de l’équipement, le tarif des appels ou de la
largeur de bande et le coût des services. Le prix doit être raisonnable par rapport au
revenu dont l’utilisateur dispose.

26
On observe généralement que les usagers sont disposés à payer pour accéder à un
service, mais pas forcément pour du contenu. Autrement dit, le prix fixé pour un service
mobile à valeur ajoutée doit être comparable à celui d’un service de minimessagerie
(SMS) ordinaire. Un prix plus élevé ne peut être justifié que si le service fait gagner du
temps ou économiser de l’argent au client par rapport au service traditionnel. Les
usagers peuvent également être disposés à payer un supplément pour la qualité et la
rapidité du service – une faible vitesse sera moins chère. La transparence de la
tarification des télécommunications restera probablement distincte de celle des
services à valeur ajoutée.

Lorsque les services de données hertziens passeront de la technique de commutation


de circuit à la technique de commutation par paquets, il est probable que la base de
tarification se modifiera. Les tarifs pourraient être établis en fonction du volume, de
l’application, de l’abonnement, du contenu ou de toute combinaison de ces éléments.

Il convient de tenir compte du fait que les contraintes imposées en matière de spectre
devraient rendre l’utilisation de grands volumes de données plus onéreuses sur les
réseaux 3G que sur les réseaux fixes, pour une même largeur de bande. De ce fait,
certains prétendent que les consommateurs se serviront de combinés mobiles pour les
services de données de faible volume, par exemple le courrier électronique et la
navigation limitée sur le Web, tout en continuant à utiliser les réseaux fixes pour les
services interactifs et en temps réel de volume plus important. Pour d’autres, il ne s’agit
pas tellement de prix, mais de commodité. Il est peu probable qu’un petit écran pour
des applications très puissantes lorsqu’il se trouve chez lui ou an bureau, s’il dispose
d’une interface plus conviviale. Il existe cependant de nombreuses situations dans
lesquelles l’accès mobile aux services avancés sera utile, de sorte que les deux
services coexisteront.

La demande de simples services vocaux mobiles peut aussi se développer si les


opérateurs de systèmes 3G sont à même de réduire les prix grâce à un usage du
spectre disponible bien meilleur que dans le cas d’actuels services 2G. En outre, il ne
faudrait pas sous-estimer la rapidité des progrès technologiques, notamment les
techniques de compression de données, qui peuvent assurer une transmission efficace
à des largeurs de bande inférieures. Un exemple en est le protocole d’applications
hertziennes (WAP, Wireless Application Protocole). 12

Dans l’ensemble, les services de données hertziens devraient rester plus chers que les
services fixes comparables, mais il est probable que les prix des deux catégories de
services finiront par converger et que les usagers apprécieront les services
personnalisés, quelle qu’en soit l’origine, et qu’ils paieront un léger supplément pour
ces services.

1.3.3 Comment classer les services de données hertziens?

Les services de données hertziens peuvent actuellement être classés en quatre


groupes principaux : 1) communication, 2) divertissement, 3) informations spectacles,
4) transactions. Un service de communication de données s’entend d’un service entre
usagers qui reposera initialement sur un simple service de minimessagerie (SMS) ou
de courrier électronique auquel s’ajouteront des services additionnels (par exemple

27
envoi de cartes de vœux ou d’images entre abonnés). Un service de divertissement
pourrait consister, par exemple, à télécharger de la musique numérique vers une
combinaison de téléphone mobile/assistant numérique personnel /lecteur de musique,
mais compte tenu de la limitation de la largeur de bande, cela pourrait être un service
simple consistant, pour de jeunes abonnés, à télécharger une blague choisie au
hasard dans la base de données d’un fournisseur de services et à l’envoyer à des
amis. Le service mobile d’informations spectacles permet de connaître les nouvelles,
les taux de change ou les horaires de vol, ces renseignements étant fournis une seule
fois ou sous forme de service continu de téléchargement automatique. Comme
exemple de service mobile en rapport avec des transactions, citons les services
bancaires mobiles –vérification du solde bancaire et règlement de factures grâce à un
combiné mobile.

Un fait nouveau intéressant à noter est la vente dans fil expérimentée par Sonera en
Finlande. Avec ce mode de vente, le paiement d’un produit ou d’un service souhaité
s’effectue ne composant un numéro indiqué sur l’appareil de vente et l’achat sera
ultérieurement porté sur la facture téléphonique habituelle du client. Le concept de
vente sans fil est expérimenté sur des machines de vente de boissons non alcoolisées,
des juke-box, des distributeurs de balles de golf et des systèmes de lavage
automatique de voitures. La même idée peut être appliquée à tout service à
encaissement et dont le prix est fixé en fonction de la valeur perçue par les utilisateurs.
En Finlande, un téléphone mobile peut aussi servir à commander des fonctions
domestiques telles que le chauffage, l’éclairage, l’appareillage électrique, les
chaudières et les alarmes. Toutes les fonctions peuvent être déconnectées par appel
provenant d’un mobile sur les factures mensuelles des utilisateurs, les appels sont
facturés à un tarif forfaitaire, auquel s’ajoute le tarif normal des appels. Une gamme
encore plus large de services pourra bientôt être offerte. L’argent électronique pourrait,
par exemple, être téléchargé sur une carte à puce insérée dans un terminal mobile
puis transmis à un destinataire par le biais d’une interface à infrarouge.

1.3.4 Quelle sera l’interface ?

La manière dont l’interface des services de données hertziens évoluera est une
question capitale pour l’essor du marché des services hertziens avancés. L’unanimité
ne s’est pas encore fait sur la question de savoir si l’interface avec les services
hertziens mobiles sera gérée par des applications développées pour les assistants
numériques personnels (notamment la série Palm de 3Com ou les machines Windows)
ou par des applications spécifiquement conçues pour le marché du téléphone mobile
(par exemple Pnone.com). Certains sont d’avis que les dispositifs qui combinent de
nombreuses fonctions seront trop lourdes et trop coûteux et que les utilisateurs
exigeront plutôt des dispositifs spécifiques moins chers, plus légers et répondant à des
besoins particuliers. Selon eux, d’autres dispositifs électroniques combinant de
nombreuses fonctions n’ont pas réussi à s’imposer comme produits de grande
consommation et il y a donc peu de chances pour que cela se produise avec des
portatifs. Pour d’autres, grâce aux progrès technique, les appareils deviendront plus
petits et d’un prix plus abordable. Certains dispositifs proposés sont des téléphones
mobiles, des pageurs, de PC portatifs, des PC portables, ou des assistants
numériques personnels (PDA), ou toute combinaison des appareils :

28
• Le groupe Symbian (Ericsson, Matsushita, Motorola, Nokia et Psion) envisage
trois types de terminal : le téléphone à fonctions spéciales, le téléphone
intelligent et le communicateur. Le téléphone à fonctions spéciales offre une
qualité vocale élevée ainsi qu’une messagerie textuelle et des fonctions de
navigation Internet. Le téléphone intelligent offre des fonctions similaires mais
avec un écran plus grand. Le communicateur est destiné à être utilisé par des
professionnels mobiles et comprend des fonctions avancées, notamment un
écran tactile de grande dimension et l'accès à Internet et à l’Intranet des
entreprises. Un exemple courant en est le communicateur Nokia de la série
9000.
• Palm Computing, filiale de 3Com a lancé « Palm handheld », ordinateur
personnel de poche assurant l'accès à Internet et doté de la technologie
propriétaire «Web Clippings », qui permet d’accéder à des données sur le
Web, et iMessenger, qui permet d’envoyer et de recevoir des messages court.
« Palm hadnheld” permet d’acheter des livres et des billets d’avion ou d’acheter
et de vendre des titres.
• Handspring (entreprise créée par les concepteurs de PalmPilot) a lancé un
nouveau dispositif Visor, qui fait concurrence aux produits de la série Palm.
Avec son prix plus bas et la plus grande vitesse qu’il offre, ce produit est
destiné au marché de grande consommation. Handspring a également obtenu
la licence du système d’exploitation Palm, mais offre des fonctions spéciales,
notamment pouvant accepter une large gramme de périphériques, appelées
« Springboard modules ». Parmi les modules possibles figurent de nombreux
types de dispositifs, y compris téléphones cellulaires et lecteurs de musique.
• Microsoft prend en charge les téléphones Web fabriqués par Acer, Philips
Electronics, Daewoo Telecom. Panasonic et Vestel, qui fonctionnent sur le
système d’exploitation Windows CE de Microsoft destiné aux portatifs.
Microsoft a aussi créé avec Qualcomm l’entreprises Wireless Knowledge, dont
le but est de créer des logiciels pour les dispositifs de poche. Il a aussi lancé
successivement la nouvelle version de Windows CE « Cedar » puis « Merlin »
13
qui devrait être moins exigeante au niveau de matériel et plus souple que son
prédécesseur. Cette version assure l'accès hertzien à Internet et accepte la
téléphonie cellulaire.
• NeoPoint, qui est le premier téléphone mobile doté d’un grand écran pour
messages textuels, de fonctions de navigation Web $ commande vocale et
d’une fonction de reconnaissance vocale intégrée à la liste des contacts de
l’utilisateur.14

Il est probable que le marché des dispositifs d’accès se segmente pour répondre à
divers types de besoins. Une avancée significative pourrait consister à séparer l'accès
de l’interface, ce qui permettrait à une connexion de servir pour différents appareils. On
verra peut-être apparaître divers types de dispositifs tous capables d’utiliser la même
connexion. La segmentation sera l’élément essentiel dans la conception de ces
dispositifs, qui seront destinés à différents groupes d’utilisateurs et à différents usages.
Il est donc important pour procéder à la segmentation de se demander, d’une part, qui
va utiliser le dispositif et, d’autre part, quelles fonctions seront réalisées au moyen de
ce dispositif.15

29
1.3.5 Quelles chaînes de valeur et quels modèles commerciaux pour les
services de données hertziens ?

Les services de données hertziens seront susceptibles de modifier la chaîne de valeur


actuelle dans le secteur des communications mobiles. Chacune des fonctions de la
chaîne de valeur pourrait être effectuée par le même acteur ou par différents acteurs –
fournisseurs de services, fournisseurs de contenus, fournisseurs de services à valeur
ajoutée et opérateurs de réseaux. Il reste à voir qui seront les externalisés. Les
opérateurs pourront devoir, par exemple, redéfinir leur rôle en tant que fournisseurs de
services, mais ils bénéficieront assurément d’une intensification du trafic. Ils devront
probablement avoir leurs propres services à valeur ajoutée et distribuer le contenu
d’autres fournisseurs. La coopération prendre de plus en plus d’importance. L’usager
pourra être connecté à un seul fournisseur de services qui représentera la passerelle
ou le point d’accès vers d’autres acteurs. Les usagers pourront exiger un ensemble
intégré de services avec un seul numéro et une seule facture, ainsi que la possibilité
d’obtenir les mêmes services indépendamment de l'accès.

1.4 Tarifications dans la téléphonie mobile16

1.4.1 Evolution des prix

Le service mobile est rarement meilleur marché que le téléphone fixe. Même dans les
pays où il a atteint une certaine maturité, il revient en effet généralement plus cher
d’utiliser un téléphone mobile qu’un téléphone fixe pour lancer un appel. Toutefois, la
popularité du service mobile ne semble guère en être affectée. De fait, de nombreux
utilisateurs téléphonent depuis leur mobile même lorsqu’ils sont chez eux ou au bureau
et alors qu’ils pourraient facilement téléphoner depuis un poste fixe à moindre coût. Le
secret de l’attrait des prix du mobile tient en un mot : options.

Il serait inexact de dire que les options tarifaires ont été « inventées » par le secteur du
mobile. Dans les environnements concurrentiels déjà établis pour les services longue
distance comme aux Etats-Unis, les clients étaient bombardés d’options spéciales et
de formules tarifaires bien avant la création du service mobile. Mais pour la plupart des
pays, la première expérience de la concurrence dans le domaine des
télécommunications remonte à l’arrivée d’un opérateur de systèmes mobiles, soit en
concurrence directe avec la filiale systèmes mobiles d’un opérateur établi, soit en
concurrence indirecte avec sa partie service fixe. La concurrence oblige les
fournisseurs de services à se démarquer de leurs rivaux, à segmenter le marché, à
viser des créneaux spécifiques et à offrir différentes options tarifaires et divers rabais
aux clients. Avant l’apparition de la concurrence, de nombreux opérateurs n’avaient
même pas un service de marketing et la fixation des tarifs consistait simplement à
adapter de vieilles structures de prix pour prendre en compte les effets de l’inflation.
Ainsi, une grande partie des diverses options tarifaires actuelles a été introduite par la
première fois par des opérateurs mobiles ou a été conçue par des opérateurs fixes en
réponse à la menace de concurrence représentée par les opérateurs mobiles.

Il est possible, lorsque les marchés du mobile sont plus mûrs, de suivre l’évolution des
stratégies de tarification. Les pays dont le service mobile est récent peuvent démarrer
aux premières étapes de cette évolution ou sauter immédiatement aux dernières
étapes, selon le degré de concurrence et le niveau de la demande sur le marché local :

30
• Dans la première phase de l’évolution du marché (par exemple, en ce qui
concerne les premiers pays qui ont adopté les téléphones mobiles analogiques
au milieu des années 80), les stratégies commerciales étaient axées sur le
segment des entreprises. Ainsi, les frais de raccordement et d’abonnement
étaient le plus souvent élevés. Les stratégies appliquées en matière de prix
avaient pour objet de rationner la capacité disponible du spectre, notamment en
pratiquant des prix plus élevés dans les zones urbaines. Les structures
tarifaires traduisaient généralement les structures sous-jacentes du réseau fixe
(par exemple, mêmes bandes longue distance que l’exploitation du service fixe
établi, prix normalisés pour les appels internationaux assortis d’un supplément
pour les communications à partir d’un mobile).
• Dans la phase de décollage (par exemple, lorsque les téléphones mobiles
analogiques fonctionnaient dans les bandes des 800-900MHz à la fin des
années 80), l’objectif était de viser une gamme plus large d’entreprises
(notamment, les professionnels, les indépendants et les commerciaux en
déplacement) ainsi que les consommateurs aisés. Pendant cette phase, la
demande de services était particulièrement forte et le nombre de fournisseurs
encore limité (généralement deux opérateurs au maximum dans la même
région géographique), de sorte qu’aucune raison réelle ne poussait les
opérateurs à baisser les prix. Les structures tarifaires étaient analogiques à
celles de la première phase, mais se différenciaient davantage des tarifs du
service fixe. Par exemple, des tarifs qui ne prenaient pas en compte la distance
pour les appels nationaux ont été instaurés dans de nombreux pays européens.
Cela a été possible parce que des licences nationales ont été attribuées aux
opérateurs mobiles en Europe.
• Dans la première phase de pénétration du marché résidentiel (par exemple,
combinaison de mobiles analogiques avancés et de mobiles numériques de la
première heure au début des années 90), le processus d’évolution technique a
permis aux fournisseurs de services d’offrir des tarifs plus variés et un service
numérique présenté comme une amélioration de l’abonnement existant,
l’accent étant mis, par exemple, sur des qualités telles que la sécurisation des
transmissions, une meilleure qualité sonore, des fonctions de messagerie et en
même temps de vendre le service analogique de base à un marché de
consommation en expansion (l’accent étant mis sur les applications, plutôt que
sur les fonctions, notamment la capacité de lancer des appels et une meilleure
couverture géographique). Au cours de cette période, les premiers tarifs axés
sur les consommateurs ont été mis en application, dans un premier temps dans
les pays nordiques avec l’offre de « formules de communication », qui offraient
des tarifs mensuels plus bas en échange d’une tarification à la minute plus
élevée et vice-versa. Le passage au numérique a aussi permis aux nouvelles
entreprises de s’implanter sur le marché, ce qui a institué une plus grande
innovation en matière de prix.
• Dans la phase de pénétration du marché de masse (par exemple, après
l’instauration des licences PCS au milieu des années 90), les formules tarifaires
et la tarification différenciée sont devenues la norme et non l’exception. Les
fournisseurs de services n’ont donc pas cessé d’élaborer des variantes de
formules de communication souples destinées à des groupes encore plus
restreints d’usagers. Les stratégies en matière de prix sont désormais plus
scientifiques que jamais et se fondent sur des études approfondies, le recors à
des groupes ciblés et une analyse détaillée des configurations d’utilisation. De
nombreux acteurs interviennent sur les marchés plus mûrs, de sorte que les
entreprises s’attachent surtout à se démarquer de leurs concurrents au niveau

31
des prix, en offrant par exemple des tarifs « vedette », des formules de fidélité
ou des offres spéciales.
• Dans la phase de banalisation du service mobile que nous entamons à la fin
des années 90, une attention particulière est accordée à l’expansion du
marché, le but étant d’atteindre les derniers à adopter le mobile, c’est-à-dire les
très jeunes, les très âgés, les économiquement faibles ou les personnes
réfractaires à la technologie. Les offres tarifaires types sont les formules à
prépaiement qui sont destinées à attirer les usagers vers un service qui peut
être ultérieurement transformé en une formule tarifaire basée sur l’abonnement.
Il est curieux de constater que les tarifs effectivement offerts peuvent être assez
élevés, mais c’est l’ensemble des services (par exemple, un combiné assorti
d’un certain nombre de minutes gratuites) ou la capacité de contrôler les
dépenses (par exemple, moyennant l’achat de cartes prépayées d’un montant
fixe) qui s’avère séduisant. Dans cette phase de l’évolution du marché, les
renseignements tarifaires sont généralement enfouis dans un texte imprimé en
petits caractères. Tout comme les clients des supermarchés qui cherche
rarement à savoir quels sont les ingrédients des produits qu’ils prennent dans
les rayons, les usagers qui achèteront probablement un mobile « tout emballé »
au supermarché ou à la station-service risqueront de ne pas regarder ce qu’il y
a derrière la taxe initiale. Les clients imprudents sont souvent surpris, par
exemple, par les taxes qui leur sont appliquées pour l’itinérance ou les appels
qu’ils font en plus de ceux qui sont couverts par leur formule d’appel.

1.4.2 Comparaison des prix

Il est difficile de comparer les opérateurs et les pays en raison de la complexité des
tarifs du mobile. L’absence de transparence est en partie volontaire. Peu d’opérateurs
veulent paraître plus chers que leurs concurrents, de sorte qu’ils conçoivent des
options tarifaires qui ne sot pas souvent directement comparables. Toutefois, les
comparaisons tarifaires sont utiles aussi bien pour les opérateurs que pour les usagers
et les régulateurs et, avec une pincée de sel, donnent des indications importantes. La
figure 1.8 résume une gamme de tarifs appliqués par les opérateurs dans divers pays
pour 100 minutes de communication sur un mobile (la moitié au tarif de pointe et la
moitié au tarif heures creuses), y compris, le cas échéant, une taxe d’abonnement
mensuelle. Les prix indiqués varient de plus de six à un. Le tableau est légèrement
différent si l’on définit un panier différent en prenant en compte, par exemple, un
élément de la taxe de raccordement initiale ou en modifiant le nombre d’appels, mais
l’écart entre les pays les moins chers et les pays les plus chers est encore grand. Les
prix moyens appliqués pour 100 minutes d’utilisation d’un mobile par mois est de 33.40
EU, d’où coût moyen à peine inférieur à 35 cent EU la minute, taxe fixe incluse. Ce
coût unitaire devrait baisser avec un usage plus répandu.

Pourquoi un aussi grand écart entre les marchés à tarifs élevés et les marchés à tarifs
bas? Dans une certaine mesure, les rais ons n’ont rien à voir avec les communications
mobiles. Les opérateurs les mois chers indiqués à la Figure 1.8 se trouvent le plus
souvent dans les pays en développement où le coût de la vie est beaucoup plus bas
ou qui ont connu importantes dépréciations monétaires (tel le cas, par exemple, de
l’Indonésie, l’Argentine). En outre, les exploitants les plus chers opèrent généralement
dans les pays dotés d’un niveau de vie élevé, l’Allemagne par exemple. Si l’on
comparait les parités de pouvoir d’achat (PPA) et non les taux de change annuels
moyens du dollar, la situation pourrait être différente. Après ajustement en fonction des
PPA, les recettes moyennes par abonné s’établissaient en 1997 autour de 60 EU pour
les pays développés et de 94 EU pour les pays en développement. Cela laisse

32
entendre que, dans les pays en développement, les tarifs des appels du service mobile
ne sont pas aussi bas qu’ils semblent l’être.

Figure 1.8 : Le prix de mobile dans le monde


Basé sur le panier de 100 minutes/mois de communication national à partir d’un téléphone mobile,
abonnement compris, tarif de 50 minutes en pointe et de 50 minutes en creuse dans des grands pays,
août 1999, par opérateur mobile et formule tarifaire (US $)

Indonesia (Satelindo) $9.74


India (MaxTouch) $14.30
Philippines (Globe) $16.26
Israel (Cellcom) $17.36 Price of monthly subscription plus 100
Thailand (WorldPhone) $19.34 minutes of mobilephone calls, in US$
Korea (Rep.) SK Telecom $20.12
Hongkong Sar (HKT) $21.69
Canada (Bell Mobility) $23.59
Singapore (SingTel) $23.90
USA (Bell South) $25.00
Chile (Entel PCS) $26.07
Finland (Sonera) $26.91
Average $32.71
France (Loft 2H) $34.75
Portugal (TMN) $34.76
Brazil (Telesp) $35.34
Mexico (Telecel) $35.35
Hungary (Pannon) $37.78
UK (Orange) $41.40
Belgium (Proximus) $42.15
Italy (TIM) $42.85
Sweden (Tele2) $43.40
Argentina (Miniphone) $45.02
Austria (Max Mobil) $47.58
Egypt (Click) $48.11
S. Africa (MTN) $48.46
Spain (Plan 7500) $50.20
Germany (D2) $61.91
Switzerland (SwissCom) $72.42

Source: ITU World Telecommunication Indicators Database

Cependant, au-delà de l’influence écrasante des facteurs macro-économiques, les


données cachent quelques messages plus significatifs :

• Plusieurs des pays se trouvent du côté des pays chers du graphique ont
récemment ouvert le marché à la concurrence (par exemple l’Egypte et
l’Espagne) tandis que ceux qui sont situés des côtés des pays peu chers ont
des marchés plus concurrentiels, à l’exemple de la RAS de Hong Kong qui a
attribué cinq licences d’exploitation du cellulaire numérique et cinq licences
PCS au cours des années 90, outre les deux licences d’exploitation de
systèmes analogiques. La concurrence favorise généralement la baisse de prix.
• De même, il existe une certaine corrélation entre les pays où les prix sont
élevés et ceux où le taux de pénétration du mobile est plus faible que prévu
compte tenu de leur richesse, indiquée par le PIB par habitant. Comme le
montre la Figure 1.9, parmi les pays de l’Europe de l’Ouest, ceux pour lesquels
les tarifs sont les plus élevés comme l’Autriche et l’Allemagne ont tendance à
avoir une densité de mobiles plus faible qu’on pourrait le prévoir compte tenu
de la relative richesse de leurs citoyens. Inversement, les pays qui pratiquent
les prix les plus bas (Finlande ou Norvège) ont tendance à avoir une densité de
mobiles relativement forte. On peut donc en conclure que les prix élevés ont
pour effet de retarder la croissance des réseaux.

33
• Il convient de souligner que certaines pays se caractérisent par des tarifs
locaux relativement bas dans le secteur du mobile – le Canada et les Etats-
Unis, par exemple – mais ont aussi une densité de mobiles plus faible que
prévu compte tenu de leur richesse. Cela tient, entre autres, au fait que les
tarifs des lignes fixes comprennent souvent des appels locaux gratuits, ce qui
désavantage le cellulaire. En outre, dans les deux pays susmentionnés, la
pratique largement répandue qui consiste à facturer les appels entrants aux
abonnés au mobile entrave le développement du cellulaire. Enfin, la
fragmentation du marché cellulaire nord-américain a limité le nombre
d’opérateurs de systèmes mobiles à l’échelle nationale. Les abonnés qui se
déplacent dans le pays paient habituellement une surtaxe et les appels longue
distance nationale du service mobile sont en général plus chers que les appels
équivalents du service fixe. Cela signifie que le niveau des prix du service
mobile par rapport à ceux des prix du fixe et la structure du marché de cellulaire
sont tous deux des indicateurs révélateurs de l’expansion du mobile.

Figure 1.9 : Densité de mobile et prix

Corrélation entre télédensité mobile (100habitants, 1998) et prix de 100 minutes/mois, 1999, l’Europe
occidentale. Tarif de 50 minutes en pointe et de 50 minutes en creuse.

70
Prix de 100 minutes/mois de mobile (US$)

60 Germany

Greece Ireland
50
Spain Austria
Switzerland Italy Sweden
40 Belgium UK

France Portugal
30 Netherlands
Denmark
Luxembourg Norway
Iceland Finland
20

10

0
10 20 30 40 50 60
Densité mobile (100 habitants)

Source: ITU World Telecommunication Indicators Database

Autre aspect qui ressort de la comparaison des tarifs du service mobile (Figure 1.8), la
moitié supérieure (tarifs les moins chers) du graphique compte davantage d’entreprises
spécialistes du cellulaire alors que dans la moitié inférieure (tarifs les plus chers). Les
opérateurs mixtes, c’est-à-dire ceux qui exploitent à la fois des systèmes cellulaires et
des systèmes fixes, sont plus nombreux. Cela donne à penser que les PTO qui ont
déjà un certain nombre d’abonnés au service fixe sont moins susceptibles de se lance
dans une stratégie fondée sur des tarifs bas, alors que les entreprises spécialisées
dans le mobile ne souffrent pas de telles inhibitions. La raison pour laquelle les

34
premiers peuvent s’en tirer à bon compte en appliquant des prix plus élevés que ceux
de leurs concurrents tient au fait qu’il existe souvent des coûts liés aux opérateurs de
commutation. Cette présomption est confirmée par une analyse des 20 premières
entreprises mondiales de téléphonie mobile, classées en fonction du nombre
d’abonnés enregistré en 1998. Parmi ces entreprises, celles qui sont spécialisées dans
les services mobiles ont réussi à accroître le nombre d’abonnés en 1998 à un rythme
beaucoup plus rapide (52% contre 39%) que les opérateurs mixtes (cellulaires/fixes),
tandis que leurs recettes ont progressé à un rythme analogue (24.4% contre 21.7%).
Par ailleurs, entre 1997 et 1998, le recul des recettes moyennes du service mobile par
abonné a été bien plus rapide pour les opérateurs spécialisés dans le mobile (-17.9%)
que pour les opérateurs mixtes (-12.5%). Autrement dit, les entreprises spécialisées du
mobile semblent suivre une stratégie commerciale plus agressive consistant à
renforcer leur part de marché en offrant des prix plus bas alors que les opérateurs
mixtes semblent s’intéresser davantage aux bénéfices et aux recettes qu’à la part de
marché.

1.4.3 Tendance des prix

Les prix du mobile baissent-ils ? Le grand public a certainement l’impression que les
plans tarifaires proposés aujourd’hui sont beaucoup plus avantageux qu’ils ne l’étaient
il y a quelques années et que la fonctionnalité offerte par les téléphones mobiles
numériques est meilleure que celle des téléphones mobiles analogiques. Cette
impression que les prix ont baissé contribue à développer le marché qui attire des
utilisateurs qui estimaient précédemment qu’un téléphone mobile était au-dessus de
leurs moyens. Cela étant, tout comme il est difficile de comparer les tarifs appliqués
dans différents pays et par différents opérateurs en raison de la complexité des options
offertes, il est difficile de suivre l’évolution des prix car les options disponibles, et la
technique qui les sous-tend, ne cessent de changer. Pour ne citer qu’un seul exemple,
l’apparition des options à prépaiement au cours des dernières années a signifié que le
prix moyen par appel actuellement payé a augmenté. Par contre, le coût global du
service pour les abonnés dont le volume des communications est faible a baissé.

Pour établir une comparaison significative des prix, il est utile de recourir à la méthode
des paniers. En d’autres ternes, au lieu de comparer simplement les tarifs des appels,
on compare les prix d’un panier d’appels de différentes durées, couvrant diverses
distances et effectués à différents moments de la journée ou de la semaine, ainsi que
les frais d’abonnement et un élément de la taxe de raccordement initiale. Les données
de séries chronologiques les plus fiables qui existent pour ce type d’analyse
proviennent du modèle de comparaison tarifaire de l’OCDE qui définit des paniers
d’appels effectués par des particuliers et des professionnels. Le nombre réel d’appels
inclus dans le panier, qui est définit dynamiquement en fonction du ratio entre taxes
fixes et taxes d’utilisation varient dans le temps, mais la composition du panier
demeure inchangée. Il est nécessaire de partir de quelques hypothèses qui simplifient
la situation (par exemple, l’utilisation des tarifs du service analogique au lieu des tarifs
du service numérique permet d’appliquer des séries chronologiques plus longues)
mais il est possible de suivre l’évolution des prix dans le temps en examinant le coût
d’acquisition en ternes de prix par minute (taxes fixes et taxes d’utilisations comprises).

En novembre 1989, lorsque l’OCDE a commencé à collecter des données, le prix


moyen d’un téléphone mobile dans les 24 Etats membres de l’OCDE était de 56.4
cents EU environ la minute (Figure 1.10, graphique de gauche). Dix ans plus tard, le
coût de ce même panier était tombé à juste un peu plus de 40 cents EU la minute, soit

35
une baisse de 3.7% par an. Au cours de la même période, le coût d’une ligne
téléphonique fixe pour les particuliers était tombé de 17.4 à 10.0 cents EU la minute,
soit une baisse de quelque 6.1% par an. Le fait que, jusqu’à récemment, le prix du

Figure 1.10 : Evolution de prix dans les pays OCDE

Prix par minute d'un pamier d'appels, US$ Tendance de prix, Jan 1996=100
0.6 180
160 Abonnés au service fixe résidentiel
0.5
140
0.4 Abonné au mobile analogique 120
100
0.3
80 Abonné au mobile analogique
0.2 Abonnés au service fixe résidentiel 60
40
0.1
20
0 0
Nov. 1989 Jan.92 Jan.94 Jan.96 Aug.98 Nov. 1989 Jan.92 Jan.94 Jan.96 Aug.98

Source : ITU, Adapté de OCDE (1990) et des éditions 1993 à 1999 des Perspectives des
communications de l’OCDE.

service téléphonique résidentiel a baissé plus vite que le prix du service mobile
s’explique par un certain nombre de facteurs :

• Le prix du service téléphonique résidentiel a été plus étroitement réglementé


que celui du service mobile avec l’application de plafonds tarifaires de type
« IPC-X » (IPC étant l’indice des prix à la consommation et X se rapportant aux
gains d’efficacité prévus) dans plusieurs pays de l’OCDE, ce qui devait faire
baisser les prix.
• La demande de services mobiles dans la plupart des pays de l’OCDE a été si
forte que les fournisseurs de services n’ont pas eu besoins de réduire leurs
tarifs pour attirer davantage de clients.
• L’évolution technique a été plus rapide dans le monde du mobile que dans
celui du service fixe, ce qui signifie que beaucoup plus de fonctions sont
désormais disponibles, pour le même prix, qu’il a une décennie.
• Dans certains pays fortement urbanisés de l’OCDE soumis à des contraintes
en matière de fréquences radioélectriques, le prix du service analogique a été
relevé par rapport à celui du numérique pour inciter les utilisateurs à passer
aux services numériques, qui permet une utilisation plus efficace du spectre.
Cela peut expliquer l’augmentation apparente des prix mobiles entre 1994 et
1996.

Si l’on examine les données de plus près, on s’aperçoit que jusqu’en 1996, les prix du
service fixe ont baissé plus rapidement que ceux du service mobile et que la tendance
s’est inversée à partir de 1996 (Figure 1.10, graphique de droite). Cela peut s’expliquer
par un renforcement de la concurrence dans les pays de l’OCDE, de nouvelles
entreprises ayant été autorisé par voie de licence à fournir des services numériques de
deuxième génération.

Pour bon nombre de consommateurs, particulièrement dans les pays en


développement, c’est le coût du raccordement et de l’acquisition d’un téléphone mobile
qui constitue le principal obstacle à un abonnement et non le coût des

36
communications. De fait, il est probable que les nouveaux abonnés achèteront un
mobile autant pour recevoir que pour lancer des appels, du mois lorsque c’est
l’appelant qui paie. Cet état de choses se traduit dans l’évolution tarifaire. A partir de
données provenant d’une gamme de pays plus large que ceux qui sont inclus dans le
panier tarifaire de l’OCDE, l’analyse démontre que le coût moyen d’un appel local de
trois minutes sur un téléphone mobile analogique est resté plus ou moins constant
depuis 1992 (aux alentours du prix de référence de 1 EU), alors que les taxes de
raccordement sont tombées au tiers de leur niveau de 1992 et que les taxes
d’abonnement mensuelles ont également baissé d’environ 6% par an.

Pour les systèmes numériques, les taxes fixe sont généralement plus faibles que pour
les systèmes analogiques mais, très souvent, les taxes d’utilisation sont en réalité plus
élevées. Toutefois, il est difficile de déduire une stratégie tarifaire générale appliquée
par les opérateurs pour la mise en place des services numériques. Dans les 54 pays
pour lesquels des données tarifaires sont disponibles pour l’analogique comme pour le
numérique, les prix sont identiques pour chaque service dans 15 pays, le numérique
est plus cher dans 10 pays, l’analogique est plus coûteux dans 11 pays et les pays
restants se caractérisent par un mélange de taxes plus ou moins élevées de
raccordement, d’abonnement et d’utilisation. Cela laisse entendre qu’il n’y a pas de
modèle de tarification type pour l’introduction d’une nouvelle technique sur un marché
existant.

1.4.4 Coûts pour les opérateurs du service mobile

L’apparente confusion qui règne sur le marché en ce qui concerne la manière de fixer
des services numériques par rapport aux services analogiques fait ressortir le fait que,
lorsqu’il s’agit tarifer les services mobiles, le coût sous -jacent de la fourniture des
services est moins important que les questions liées à l’offre, à la demande et à la
structure du marché. Dans les années 80, les prix du mobile étaient élevés car l’offre
était limitée ; au début des années 90, les prix ont pu être maintenus car, du fait de la
forte demande, les fournisseurs n’ont pas eu besoin de les réduire pour attirer un plus
grand nombre de clients : ceux-ci venaient malgré tout. Ce n’est qu’à la fin des années
90 qu’il a été question d’une baisse des prix et c’est l’attribution de licences à d’autres
entreprises, conjuguée à la multiplication des offres de services à prépaiement, qui a
attiré l’attention sur les prix. Mais même maintenant, il n’y a, au mieux, qu’une relation
ténue entre les prix et les coûts sous -jacents. Les rapides progrès techniques
enregistrés dans le secteur du mobile signifient que les opérateurs ont pu maintenir de
solides marges de profit, jusqu’au moment de l’attribution de licences en 3G, en
diminuant les prix à un rythme plus lent que celui de la baisse des coûts. Cela signifie
aussi que les exploitants de systèmes mobiles ont accepté de payer des prix
relativement élevés – par exemple, redevances de licence, soumissions lors des mises
aux enchères du spectre ou acquisition d’autres opérateurs mobiles – pour s’implanter
sur le marché.

Pour comprendre les aspects économiques de l’exploitation des télécommunications


mobiles, il est utile d’examiner les opérateurs qui offrent uniquement des services
mobiles plutôt que ceux qui offrent également des services fixes. Il est nécessaire de
procéder ainsi pour démêler les coûts communs au réseau mobile et au réseau fixe,
notamment la commercialisation, la facturation et le service à la clientèle.
Théoriquement, les coûts de démarrage d’un réseau mobile devraient être bien
inférieurs à ceux d’un réseau fixe car il n’est pas indispensable de créer une voie
directe vers l’abonné, ce qui, pour un réseau fixe, signifie très souvent le creusement
de routes. En outre, sur un réseau mobile, une plus grande partie de l’intelligence du

37
réseau est intégrée dans le combiné, ce qui constitue une décision d’investir prise par
le client, et non dans le réseau fourni par l’opérateur. Toutefois, ces avantages
théoriques en matière de coûts sont annulés dans une certaine mesure par le fiat que
les réseaux mobiles du moins dans les pays développés, sont généralement beaucoup
plus récents que les réseaux fixes. Autrement dit, une grande partie du coût de la
boucle locale d’un réseau fixe a été entièrement payée il y a des décennies, alors que
l’investissement dans une grande partie de l’infrastructure du réseau mobile n’a été fait
qu’au cours de ces dernières années. Deuxième facteur à considérer, le coût encouru
pour acquérir et conserver les clients tend à être plus élevé pour les réseaux mobiles
car le marché est concurrentiel et les clients changent d’opérateurs plus facilement.

Pour les opérateurs de systèmes mobiles, les recettes moyennes par utilisateurs
constituent un indicateur important. Pour un grand nombre d’entre eux, ces recettes
diminuent avec le temps. Cette diminution est due à deux principaux facteurs :

• Baisse des prix sur les marchés concurrentiels. Par exemple, Bell Mobility
(Canada) est en concurrence avec trois autres opérateurs tandis que SK
Telecom (République de Corée) est en concurrence avec quatre opérateurs.
Les prix par minute de Bell Mobility est tombés d’un niveau record de 60 cents
EU la minute en 1993 à 37 cents EU en 1998.
• Elargissement de la clientèle. Les recettes moyennes par utilisateur peuvent
augmenter avec la clientèle existante, mais les nouveaux abonnés marginaux
font une utilisation moins intensive du mobile, ce qui est suffisant pour faire
baisser le niveau général de ces recettes. Pour Bell Mobility, par exemple, le
niveau d’utilisation moyen est tombé de 204 minutes par mois en 1990 à 143
minutes en 1995, même s’il est ultérieurement remonté à 163 minutes.

La diminution des recettes moyennes par utilisateur est en partie compensée par la
réduction des coûts par abonné. Les coûts unitaires de SK Telecom reculent depuis
1996 tandis que ceux de Bell Mobility sont en baisse depuis 1994. les économies
d’échelle constituent un facteur important de cette baisse de la structure des coûts. Le
nombre total des abonnés étant en augmentation, le coût d’exploitation marginal par
abonné de fonctions tells que la transmission, la commutation, l’acquisition au niveau
des stations de base ou la facturation va baisser. Un bon exemple est le cas de Bell
Mobility. Entre 1990 et 1998, le coût d’exploitation par abonné et par mois de cette
frime est tombé de 37 EU à 19 EU. En revanche, les dépenses engagées pour trouver
des clients et les conserver tendent à s’accroître en raison du renforcement de la
concurrence sur le marché.

Pour l’ensemble des opérateurs mobiles, il y a eu convergence dans le temps entre les
dépenses moyennes des abonnés au service fixe et au service mobile. Le cas du
Japon en est un bon exemple car, en 1990, l’abonné moyen au mobile y dépensait par
an trois fois plus que l’abonné moyen au service fixe. Vers 1997, les dépenses des
usagers du service mobile étaient plus importantes, mais seulement de 20%. La
convergence était imputable à une baisse des dépenses dans le secteur du mobile et
non à une augmentation des dépenses dans le service fixe. Cela tient au fait que des
services mobiles moins chers, conjugués à une pénétration beaucoup plus forte du
marché, peuvent attirer vers le secteur du mobile de nombreux nouveaux abonnés
plus marginaux.

D’autres éléments de coût qui ont été revus à la hausse au fil du temps sont les coûts
autres que d’exploitation : redevances de licence, redevances liées au spectre, impôts,
etc. a mesure que les pouvoirs publics se rendaient compte des profits que les

38
communications mobiles étaient susceptibles de générer, ils ont eu tendance à alourdir
les charges financières imposées au secteur, notamment sous la forme de redevances
de licence. Ces charges sont inévitablement transférées au client.

1.4.5 Tarifs d’interconnexion

Les dépenses les plus importantes qu’un opérateur de systèmes mobiles est amené à
engager correspondent probablement aux redevances liées à l’interconnexion. Sur les
marchés où le réseau fixe est bien établi, la majorité des appels vers les mobiles
partent du réseau fixe. Les accords d’interconnexion entre réseau mobile et réseau fixe
peuvent donc faire aboutir ou faire échouer le plan commercial d’un nouvel opérateur
de systèmes mobiles.

Cependant, les paiements au titre de l’interconnexion peuvent aussi largement


contribuer à la rentabilité d’un opérateur mobile, en particulier lorsque les tarifs
pratiqués par cet opérateur pour faire aboutir les appels sont supérieurs au coût et que
c’est l’appelant qui paie. Au Royaume-Uni par exemple, les appels des abonnés au
service fixe à destination de mobiles ne représentent que 2% du nombre total des
appels effectués par les abonnés au service fixe, mais ils représentent quelque 9% de
la valeur du marché. De fait, l’organisme de réglementation a attiré l’attention de la
Commission de la concurrence (anciennement Commission des monopoles et des
fusions) sur les prix élevés appliqués au Royaume-Uni pour les appels à destination et
en provenance de téléphones mobiles. La Commission a statué que les prix appliqués
par les opérateurs mobiles pour faire aboutir les appels étaient excessifs et devraient
être adaptés au coût, autorisant un rendement raisonnable du capital de 16.5%. Il a été
conclu que les prix actuellement appliqués pour faire aboutir les appels sur des
mobiles devraient être réduits de 9% en 1999 et en 2000 pour que soit atteint un
niveau de référence de 10.3 pence (16.6 cents EU) par minute. En outre, les
opérateurs mobiles ont reçu pour instruction de cesser de facturer les appels sans
réponse aboutissant sur des messages enregistrés et ce, pendant la période où un
appel est transféré. 17

En ce qui concerne le réseau fixe, la Commission de la concurrence a indiqué que la


marge de bénéfice de BT sur les appels vers des mobiles dépassait de quelque 150%
la marge correspondant aux appels locaux effectués sur le réseau fixe. Elle a statué
que BT devrait ramener sa marge de bénéfice de son niveau actuel de 5.8 pence (9.3
cents EU) la minute à 2.9 pence (4.7 cents EU) d’ici 2001 ou 2002. Dans le cadre plus
large de l’Europe, la Direction de l’Union Européenne en charge de la politique de la
concurrence (DG IV) a aussi entrepris un examen des prix des appels du service fixe
et du service mobile. Dans de nombreux cas, les redevances d’interconnexion perçues
par les opérateurs du service fixe sont les mêmes que pour les appels provenant de
réseaux fixes concurrents, mais il n’en est pas toujours ainsi, ce qui soulève la
question de la discrimination. Peu de raisons justifient une différence de prix lorsque
les appels arrivent sur un réseau.

En Inde, le sujet de l’interconnexion entre les opérateurs de services mobile et ceux du


service fixe a également attiré l’attention du régulateur. Depuis le 1er mai 1999, un
accord de partage des recettes a été conclu et en vertu de cet accord, les recettes
seraient partagées entre le fournisseur d’origine et le fournisseur de transit sur la base
64/40 pour les appels longue distance intérieurs et sur la base 45/55 pour les appels
internationaux, mais le fournisseur de service de destination ne bénéficierait pas du
partage des recettes. Cela correspond approximativement à 1.1 cents EU pour un
appel longue distance dans les pays et à 1.6 cents EU pour un appel international. 18

39
Autre complication, le régulateur a aussi proposé qu’environ 15% des recettes
produites par les opérateurs mobiles soient partagés, à partir du 1er août 1999, avec
l’opérateur fixe public en remplacement du paiement des licences, auquel bon nombre
d’opérateurs avaient fait défaut.

Dans plusieurs autres pays en développement, comme la Samoa ou le Lesotho, un


arrangement selon lequel c’est l’exploitant du pays d’origine qui garde l’intégralité des
recettes a été conclu entre l’opérateur établi et l’opérateur mobile pour les opérations
du service fixe. Cela tient peut-être au fait que l’opérateur établi a une participation
dans l’entreprise du service mobile, qu’aucune technique ne permet de mesurer le
trafic d’interconnexion ou encore qu’il n’existe pas de savoir-faire suffisant pour
négocier un accord d’interconnexion. Le principe selon lequel c’est l’exploitant du pays
d’origine qui garde l’intégralité des recettes avantage généralement l’opérateur mobile,
surtout dans les premières années d’exploitation où la majeure partie du trafic aboutit
sur le réseau fixe. Par ailleurs, étant donné la différence de prix qui existe entre les
appels effectués sur un réseau fixe et un réseau mobile, un tel arrangement est
incontestablement avantageux pour l’opérateur du service mobile dont les prix sont
plus élevés.

1.4.6 Convergence des prix

Pour le moment, il est beaucoup plus onéreux de posséder et d’utiliser un téléphone


mobile qu’un téléphone fixe. Mais cet écart est en train de réduire.

• A présent, un fort pourcentage des appels ayant leur origine dans des réseaux
mobile aboutissent dans des réseaux fixes. Etant donné que le nombre
d’abonnés mobiles augmente, un plus fort pourcentage d’appels restera dans les
réseaux mobiles, ce qui évitera de devoir payer pour l’interconnexion. En 1992,
au Japon, 5.8% seulement des appels partant d’un réseau mobile ou y
aboutissant restaient réellement sur ce réseau. Vers 1997, près de tiers des
appels du service mobile contournaient complètement le réseau fixe.
• La plupart des opérateurs des systèmes mobiles ont une origine relativement
récente et leurs réseaux numériques, qui datent généralement de moins de sept
ans, continuent à croître. Les investissements ne sont donc pas encore amortis.
A mesure que le marché mûrit, les besoins en capitaux des opérateurs de
systèmes mobiles devraient diminuer tandis que leurs actifs (par exemple, les
sites élevés susceptibles d’être partagés) augmenteront, ce qui devrait leur
permettre de réduire leurs coûts.
• A présent, le nombre d’abonnés continue à croître, et la majeure partie des
recettes des opérateurs de service mobile provient d’une proportion relativement
modeste des abonnés. Ce qui revient à dire qu’il n’est pas toujours aussi
intéressant de rechercher de nouveaux clients plus marginaux que de vendre le
service plus intensivement à la clientèle existante. Au Canada, par exemple,
quelque 14% des clients sont à l’origine de 53% des recettes mensuelles
moyennes et ce phénomène n’est pas rare. Cependant avec l’augmentation du
taux de pénétration et la prochaine saturation du marché, les opérateurs
devraient continuer à baisser les prix pour attirer des clients marginaux.

Le point de convergence des prix entre les réseaux fixes et mobiles variera selon les
pays. Il dépendra moins du niveau général de développement économique d’un pays
que du développement relatif des réseaux fixes et mobiles. La convergence des prix
peut se produire aussi rapidement dans un pays en développement où le réseau

40
mobile s’est rapidement étendu en remplacement du réseau fixe (cas de la Thaïlande)
que dans un pays développé où le réseau mobile était à l’origine un complément du
réseau fixe, mais où sa croissance s’est poursuivie (cas de Finlande). En Finlande, en
1998, environ 29% du nombre total des appels et 55% des recettes des appels
provenaient des téléphones mobiles. Ces pourcentages augmentent rapidement. Dans
de nombreux cas, les appels effectués entre abonnés mobiles sur le même réseau
sont déjà meilleur marché que les appels du service fixe, notamment sur de grandes
distances.

Lorsque la convergence des prix se produira, elle aura une incidence majeure sur le
réseau fixe comme sur le réseau mobile. L’exemple de la Finlande est instructif car il
montre comme la substitution se produit :

• Le premier niveau de substitution est celui des appels. Les abonnés


effectueront à partir d’un téléphone mobile des appels qu’ils auraient
normalement lancés depuis un poste fixe. En Finlande, l’effet semble
clairement dépendre de la distance, probablement parce que le réseau fixe se
caractérisait encore, jusqu’à récemment, par des prix fondés sur la distance, à
la différence des réseaux mobiles. Ainsi le nombre d’appels longue distance du
service fixe effectués en Finlande a atteint un chiffre record en 1991. depuis
lors, il a baissé de 29%. Par contre, au cours de la même période, le nombre
des appels locaux a progressé de 12% (mêmes s’il a diminué en 1998) et le
nombre des appels internationaux a cru de 56%. Les appels du service mobile
numérique (GSM) se sont multiplié par quatre depuis 1995 seulement. Dans la
mesure où les appels effectués sur réseaux mobiles ont remplacé les appels
qui auraient autrement été lancés à partir d’un réseau fixe (et ne sont pas
simplement des appels additionnels), il semble avoir remplacé les appels
longue distance nationaux, mais pas autant que pour les appels locaux ou
internationaux.
• Le deuxième niveau de substitution est celui des recettes, qui présentent deux
aspects : perte des recettes effectives du réseau fixe et, ce qui est plus
important, perte de recettes potentielles. En Finlande, les recettes des réseaux
vocaux fixes n’ont représenté en 1998 que 29% des recettes des
télécommunications. Ce pourcentage devrait encore baisser, notamment en
raison de la diminution des taxes des appels longue distance et internationaux.
• Le troisième niveau de substitution est celui des abonnés. Dans des pays aussi
riches que la Finlande, la plupart des abonnés sont suffisamment aisés pour
posséder à la fois un téléphone fixe et un téléphone mobile s’ils le souhaitent,
mais près du cinquième des ménages finlandais n’ont qu’un appareil mobile.
Cependant, les connections fixes sont encore en progression en raison d’une
demande élevée de connexions à Internet. Alors que, en Finlande, le nombre
de lignes fixes ordinaires a effectivement baissé de 6000 (soit 0.2%) en 1998,
ce recul a été plus que compensé par l’accroissement du nombre des
connexions au ISDN, qui a progressé de plus de 70000 soit 43.7%. Cela étant,
dans les pays plus pauvres où les listes d’attente sont longues pour le
téléphone fixe, les nouveaux abonnés, surtout les jeunes, préfèrent en fait le
mobile au téléphone fixe. Pour les jeunes adultes qui achètent un téléphone
pour la première fois, un mobile est peut-être davantage conforme à leur mode
de vie. Ainsi, lorsqu’ils ont la possibilité d’0acquérir un téléphone fixe, ils
peuvent s’apercevoir qu’ils n’en ont plus besoin.

41
Le phénomène qui consiste à préférer un mobile à un téléphone fixe est
particulièrement important dans les pays en développement d’Asie-Pacifique se
caractérisant par une population dynamique majoritairement jeune et par un mode de
vie urbain. Dans ces pays, la possession d’un téléphone mobile demeure plus
onéreuse que celle d’un téléphone fixe. Même au Cambodge où le coût d’acquisition
(abonnement mensuel) est à peine plus élevé pour un téléphone mobile, le coût de
l’utilisation du mobile (représenté approximativement par le coût d’une communication
locale de trois minutes) représente près de sept fois celui du téléphone fixe.
Néanmoins, cette différence de prix ne semble pas avoir ralenti la croissance des
mobiles. Au Cambodge, leur nombre dépasse celui des téléphones fixe en 1998, la
RAS de Hong Kong en 1999 et Malaisie et Sri Lanka en 2001 et la Chine et l’Indonésie
en 2002 et la Thaïlande en 2008. Lorsque le nombre des abonnés au mobile dépasse
celui des abonnés aux lignes fixes, les conséquences sont immenses pour le secteur
des télécommunications d’un pays, en particulier pour ce qui est de la tarification. En
un sens, c’est encore un territoire vierge, même si plusieurs pays comme le Cambodge
et la Finlande ont déjà dépassé le point d’intersection. La majeure partie des appels
est lancée d’un mobile vers un autre mobile et, le plus souvent, contournent
entièrement le réseau fixe. Aussi le supplément facturé pour l’interconnexion, dont il a
été question plus haute, ne sera-t-il pas pertinent ou prendre-t-il la forme d’une
interconnexion entre réseaux mobiles. Les communications à destination d’autres
téléphones mobiles devraient être meilleur marché que celles qui sont destinées à un
téléphone fixe et pourraient même être moins chères que des appels longue distance
entre téléphones fixes.

Par ailleurs, lorsqu’il existe un nombre important de mobiles, il devient possible de


concevoir de nouveaux services qui n’auraient pas précédemment présenté un grand
intérêt. Comme le montre l’exemple des pays nordiques, les applications de données
SMS ont pris un essor dont l’ampleur n’avait pas pu être prévue t le service SMS
contribue maintenant pour plus de 20% aux recettes totales du secteur du mobile dans
ces pays. Dans le domaine de la téléphonie fixe où les téléphones à écran sont encore
rares, il n’y a pas d’équivalent direct du service SMS. A plus long terme, les débits de
transmission à large bande disponible avec les téléphones mobiles de troisième
génération devraient favoriser le développement de nombreux autres services à valeur
ajoutée. Ce qui intrigue le plus, c’est peut-être l’éventuel développement de le
multimédia mobile. Sur le réseau fixe, il a souvent été prédit que le multimédia mobile
constituerait la vague de l’avenir, mais il n’a jamais vraiment pris son envol en raison
d’une combinaison de facteurs tels que la prudence des usagers, l’insuffisance de la
base installée en matière de téléphones à écran, la largeur de bande limitée et le
manque de logiciels de compression de données appropriés. Cependant, si les
combinés mobiles équipés d’écran plus grand deviennent une caractéristique type des
réseaux mobiles de 3G, le problème qui a entravé l’essor du multimédia mobile
pourrait enfin être résolu.

Il va de soi que les réseaux fixes ne sont pas encore morts. Toutefois, pour trouver les
domaines dans lesquels ils détiennent encore un avantage comparatif par rapport aux
réseaux mobiles, il sera nécessaire de modifier leur structure tarifaire. Dans un pays
comme la Finlande, la durée d’occupation moyenne pour les appels lancés sur le
réseau fixe (environ 4 minutes15 seconds) est beaucoup plus longue que pour les
appels du service mobile (2 minutes 6 secondes). Cette tendance devrait s’accentuer
avec l’augmentation du volume de trafic fixe destiné à la connexion à Internet. L’avenir
pour les opérateurs du service fixe consiste à abandonner la tarification à la minute et
en fonction de la distance pour se tourner vers des structures de prix indépendantes
de la distance et qui ne tiennent plus compter de la durée au bout d’un certain nombre

42
de minutes d’utilisation. A l’avenir, il est probable que les opérateurs de réseaux fixes
tireront une plus grande partie de leurs recettes des redevances fixes (raccordement et
abonnement mensuel) alors que, à l’évidence, pour les opérateurs mobiles, une plus
faible partie de leurs recettes proviendront des redevances fixes (succès des formules
à prépaiement) et une partie proportionnellement plus grande proviendra des
redevances d’utilisation.

Pour les pays en développement, le point d’intersection entre le service fixe et le


service mobile pourrait bien être plus décisif du fait que, lorsque le réseau fixe n’est
pas bien développé, les futurs systèmes mobiles de troisième génération pourraient
bien devenir la principale voie pour le trafic Internet et les services vocaux. En outre, il
ressort des faits examinés ici que les opérateurs mobiles appliquent encore des prix
bien supérieurs au coût de leurs services, même dans les pays en développement.
Lorsqu’ils porteront leur attention sur le grand public en baissant leurs prix et lorsque
les exploitants de lignes fixes auront rééquilibré leurs tarifs en supprimant les
subventions concernant les taxes d’accès et les prix des appels locaux, il se pourrait
que les prix des systèmes mobiles deviennent plus bas que ceux des systèmes fixes
pour des services comparables.

Pour conclure, il serait utile de revenir au point de départ, les options. Dans la plupart
de pays, la tâche de présenter différentes formules de services mobiles et d’en fixer le
prix échappe désormais à ceux qui ont conçu et créé le service, mais appartient à ceux
qui doivent le vendre. Pour commercialiser des services mobiles, il faut être à l’écoute
des clients, comprendre la segmentation du marché et suivre de près l’action des
concurrents. La meilleure façon de le faire est d’établir une distinction entre des
groupes de clients encore plus réduits et d’élaborer de nombreuses options tarifaires
qui répondent aux besoins de la clientèle. En fin de compte, ce que le client veut, il
obtient.

2. Nécessité de la téléphonie mobile pour réduire les fractures


numériques

2.1 Pourquoi le mobile peut constituer une meilleure solution 19

Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles le mobile peut constituer une
solution plus séduisante que les lignes fixes pour élargir l'accès aux
télécommunications dans les pays en développement :

• L’installation de réseaux mobiles est plus rapide que celle de réseaux fixes et,
vu que les premiers appliquent la technologie hertzienne, ils sont moins
exposés aux vols (pour la récupération du cuivre), même si le vandalisme sur
les sites élevés utilisés pour les émetteurs cellulaires peut poser un problème ;
• Les réseaux mobiles offrent de plus en plus un accès par carte prépayée de
sorte que l’utilisation du service n’est pas automatiquement refusée aux
utilisateurs insolvables ;
• Les réseaux mobiles sont généralement fournis par des entreprises privées qui,
souvent, utilisent les ressources financières et les compétences techniques de
partenaires étrangers stratégiques. De nombreux pays maintiennent des

43
restrictions au niveau de la participation au capital. Ce qui empêche les
investissements étrangers dans le réseau fixe ;
• Les utilisateurs des pays en développement sont tout aussi attirés par les
fonctionnalités de mobile que ceux des pays développés ;
• L’installation de réseaux mobiles est généralement moins coûteuse que celle
de réseaux fixes.

2.1.1 Commercialisation plus rapide

Les taux de pénétration du mobile sont généralement plus élevés dans les pays
développés que dans les pays en développement, ce qui est prévisible vu que
posséder un mobile est largement une question de moyens. Un accroissement de
1000$ du PIB par habitant d’un pays correspond en général à un téléphone mobile
seulement de plus pour 100 habitants. En outre, les taux de pénétration du mobile sont
affectés par un certain nombre d’autres facteurs, notamment le prix du service (voir la
Figure 1.9), qui à son tour est affecté par la structure du marché. Toutefois, une
donnée statistique plus parlante que de simples taux de pénétration est le nombre
d’abonnés au cellulaire mobile exprimé en pourcentage du nombre total d’abonnés au
téléphone. Certes, les pays qui se placent au premier rang en termes de pénétration
sont tous des pays à revenu élevé (voir la Figure 2.1, graphique de gauche), mais la
part des mobiles dans le nombre total de téléphones donne des indications différentes
(voir la Figure 2.1, graphique de droite). Seule trois des huit premiers pays sont des
pays développés selon la définition classique du terme. Deux autres pays, bien
qu’officiellement considérés comme en développement, sont des économies à revenu
élevé (RAS de Hong Kong et Israël). Les trois derniers – le Cambodge, le Liban et le
Paraguay – sont tous en développement et c’est là que les réseaux mobiles
connaissent une plus rapide expansion que les lignes fixes.

Figure 2.1 : Pénétration et part du service mobile


Mobile cellular penetration Mobile cellular as % of total telephones
Top 8 economies 1998 Top 8 economies 1998

Finland 56.9 Cambodia 72%

Hongkong 47.5 Finland 51%

Norway 47.4 Israel 47%

Sweden 46.4 Hongkong 46%

Israel 41.8 Lebanon 45%

Japan 37.5 Italy 44%

Denmark 36.4 Portugal 43%

Italy 35.5 Paraguay 43%

Note: Pour le Japon, il est tenu compte du nombre des abonnés au système PHS.
Source: ITU World Telecommunication Indicators Database

L’une des principales raisons du succès du mobile dans les pays en développement
tient à la vitesse à laquelle le service mobile peut être établi. Le Cambodge et le Liban,
deux pays dont les réseaux fixes ont été dévastés par des années de guerre civile, en
sont de bons exemples. Les usagers se sont précipités sur les mobiles car il aurait

44
peut-être fallu une éternité pour réparer les lignes fixes endommagées. Au Cambodge,
l’un des pays les plus pauvres du monde, mais qui détient la proportion la plus élevée
de téléphones cellulaires mobiles dans son réseau, il reste à débattre même de la
question de savoir si une ligne fixe est nécessaire.20 Au Liban aussi, les GSM a eu tant
de succès qu’il remet en question la viabilité des lignes fixes. Le gouvernement, qui est
propriétaire du réseau fixe, a imposé des limites pour empêcher une plus grande
croissance des opérateurs mobiles.21

La fourniture du service cellulaire mobile est plus rapide à assurer que celle du service
fixe pour deux raisons. Techniquement parlant, il n’est nécessaire d’installer aucune
ligne chez l’abonné ; il suffit d’installer quelques stations de base, un commutateur, et
le service est immédiatement accessible à tout personne munie d’un combiné. Sur le
plan opérationnel, les réseaux fixes sont traditionnellement exploités par des
compagnies téléphoniques publiques où le manque d’efficacité au niveau administratif
peut limiter la capacité de fournir le service rapidement. Le service cellulaire mobile est
généralement assuré par des entreprises privées dont le principal objet est de gagner
de l’argent pour leurs investisseurs. Plus vite ils installeront et exploiteront leurs
réseaux, plus vite ils produiront des revenus. En outre, l’ouverture croissante du
marché du cellulaire mobile à la concurrence multiplie l’offre et oblige les opérateurs
mobiles à lutter pour conquérir des parts de marché.22 De ce fait, les taxes de
raccordement du service mobile sont souvent très inférieures à celles des lignes fixes.
Des personnes qui auraient peut-être dû économiser pendant des années pour obtenir
une ligne fixe doivent payer beaucoup moins pour une connexion mobile et, dans un
nombre grandissant de cas, il y a même exonération de la taxe de raccordement.
Ainsi, quelques 40 millions de personnes dans le monde attendent l’attribution d’une
ligne fixe dont l’installation peut prendre des années, alors qu’elles pourraient
théoriquement obtenir le service mobile en quelques jours si celui-ci était disponible
dans leur zone. Les réseaux mobiles transfèrent de l’Etat aux particuliers la contrainte
de trouver de fonds d’investissement. Bien que l’achat d’un téléphone mobile puisse
être plus onéreux que celui d’un téléphone fixe, il n’y a au moins pas de temps
d’attente pour obtenir une connexion et le combiné peut être facilement acheté.

2.1.2 Popularité

Lorsque l’on s’interroge sur la viabilité du mobile dans les pays en développement, l’un
des aspects que l’on néglige le plus de prendre en compte est peut-être sa
fonctionnalité. D’aucuns affirment que les téléphones sont trop chers pour les pays
pauvres et préconisent donc de tirer avantage de la rapidité d’installation des réseaux
hertziens tout en supprimant la fonctionnalité et donc le coût élevé des combinés
mobiles. On peut y parvenir par exemple avec les systèmes à boucle locale hertzienne
(WLL, Wireless Local Loop). Mais ce que l’on oublie, c’est que les mêmes facteurs qui
incitent les usagers des pays riches à acheter des téléphones mobiles sont aussi
importants dans l’esprit des consommateurs des pays en développement. Autrement
dit, riches ou pauvres, les gens veulent bénéficier de la fonctionnalité et de la libération
spatiale qu’offre le cellulaire mobile. En outre, les économies d’échelle permettent
souvent d’assurer un service mobile à fonctions complètes à moins de frais que pour
son cousin, le service cellulaire fixe.

Il existe de nombreux projets de boucle locale hertzienne dans le monde, notamment


en Bolivie, en Hongrie, en Indonésie et à Sri Lanka, 23 et le coût de chaque

45
raccordement est en baisse, mais la tec hnique en question a montré ses limites. Par
ailleurs, l’avantage en matière de prix conféré par le cellulaire fixe par rapport au
cellulaire mobile est souvent insuffisant pour justifier l’abandon de la totalité des
fonctions disponibles, par exemple l’itirérance, le transfert entre cellules et les options à
prépaiement. Au lieu d’essayer de supprimer les fonctions de mobilité du cellulaire, il
pourrait être plus prometteur de lui ajouter des fonctions de lignes fixes. Cela pourrait
se faire, par exemple, par le biais d’une simple connectivité Internet (par exemple, le
courrier électronique) à partir d’une connexion hertzienne. De même, si un abonné le
souhaite, le numéro utilisé à son domicile pourrait être intégré à un plan de
numérotage de lignes fixes doté de codes de numérotation régionaux. Pour les pays
en développement, les solutions intégrant les services fixes et mobile pourraient
s’avérer plus séduisants que les solutions fondées sur le cellulaire fixe.

2.1.3 Une aide stratégique pour les pays en développement

Les pays en développement affirment souvent qu’il n’y a pas suffisamment de fonds à
investir dans les infrastructures de télécommunications. Cela n’est assurément pas le
cas des réseaux cellulaires mobiles. On retrouve un trait commun dans l’ensemble du
secteur mondial du cellulaire mobile, à savoir la participation de partenaires
stratégiques étrangers dans la création et le financement d’entreprises privées pour
l’exploitation de services cellulaires. Presque tous les opérateurs cellulaires des pays
en développement ont un ou plusieurs commanditaires étrangers qui leur apportent
ressources financières et savoir-faire en matière d’exploitation. Ce remarquable
indicateur explique pourquoi le cellulaire mobile convient aux pays en développement.
Les investisseurs étrangers n’ont pas eu peur de s’implanter dans certains des pays
les plus pauvres et les plus troublés du monde, à savoir le Cambodge, la République
démocratique du Congo ou le Rwanda, considérés comme des pays où les risques
financiers sont tellement grands qu’ils ne sont même pas classés au niveau des
services d’investissement.

Un pays à être classé est le Paraguay, bien que cela ne soit pas à un rang très élevé,
ce qui n’a pas découragé les investissements étrangers dans le secteur du cellulaire
mobile. Le premier investisseur étranger a été Millicom, l’opérateur cellulaire
international établi au Luxembourg. En août 1992, cette entreprise a introduit le service
AMPS analogique, par i’intermédiaire de la firme Telecel dans laquelle Millicom détient
une participation majoritaire. Le réseau a plus que doublé chaque année. Six ans plus
tard, en juin 1998, Núcleo (entreprise dans laquelle un opérateur d’un pays voisin,
Telecom Argentian, détient une participation majoritaire) a mis en service le réseau
numérique AMPS.

Une des raisons du succès du cellulaire au Paraguay tient au fait que, dans les années
90, à la différence de la plupart des autres pays sud-américains, le Paraguay n’a pas
privatisé son opérateur de télécommunications et titre, mais a autorisé une entreprise
privée à offrir des services cellulaires. En conséquence, l’opérateur mobile a tiré partie
de l’inefficacité de l’opérateur fixe public. En 1998, le gouvernement a attribué trois
licences additionnelles dans le domaine du mobile. Une des raisons majeures de cette
approche tient au fiat que les nouveaux venus contribueront à étendre à d’autre parties
du pays la couverture de la région plus développée du sud-est. La couverture actuelle
est limitée aux villes d’Asunción, de Ciudad del Este et d’Encarnación et aux routes qui
les relient. Compte tenu des plans d’expansion des opérateurs existants, on prévoit

46
que quelque 200 millions de $ devraient être investis dans les infrastructures
cellulaires au cours de prochaines années. Selon les estimations, le marché du
cellulaire devrait atteindre un demi-million environ d’abonnés d’ici à l’an 2006.

Le cas du Paraguay est instructif car il illustre les trois catégories d’investisseurs
étrangers intervenant dans la construction de réseaux mobiles dans les pays en
développement :

• La première comprend les spécialistes des petits pays en développement, par


exemple Millicom, qui n’exploitent pas leurs propres réseaux mobiles nationaux,
mais préfèrent investir dans des opérateurs de systèmes cellulaires dans les
pays à revenus faibles ou moyens. Ces entreprises sont prêtes à prendre des
risques puisqu’elles ont acquis de l’expérience en ce qui concerne la situation
exceptionnelle des pays en développement. Millicom se différencie des autres
opérateurs, avec des investissements dans le secteur du cellulaire de 18 pays,
dépassant ainsi tous autres investisseurs stratégiques. Citons aussi Telecel
International, dont les activités sont concentrées en Afrique et qui exploite des
licences au Bénin, au Burundi, en République centrafricaine. En Côte d’Ivoire,
au Gabon, au Niger, au Nigeria, au Togo, en Zambie et au Zimbabwe.24
• La deuxième catégorie d’investisseurs, par exemple Telecom Argentina,
comprend les opérateurs mobiles des pays en développement. Ces frimes
mêmes sont souvent sous contrôle partiel d’entreprises de télécommunications
étrangères de pays développés. Les opérateurs de cette catégorie, fortement
désireux de dégager des bénéfices, sont prêts à prendre des risques en
investissant dans de petits marchés car ils connaissent parfaitement
l’environnement grâce à leur propre expérience et à leurs contacts régionaux et
personnels. Citons également d’autres exemples tels que celui des firmes
malaisiennes, notamment TelKom Malaysia et TRI qui ont n i vesti dans un
certain nombre d’opérateurs mobiles en Asie et en Afrique. Un autre exemple
est celui de Mobile Téléphone Networks (MTN), entreprise sud-africaine qui a
investi dans de nouvelles entreprises du secteur du mobile au Rwanda, au
Swaziland et en Ouganda. Türkcell (Turquie) est co-investisseur dans des
opérateurs mobiles dans des pays proches tels que l’Azerbaïdjan, la Géorgie et
le Kazakhstan.
• La troisième catégorie d’investisseurs comprend les grands opérateurs
multinationaux des pays développés qui possèdent de grands réseaux
cellulaires nationaux, comme Vodafon, FranceTelecom ou encore Cable &
Wireless, Deutsche Telekom. Dans le cas de Paraguay, il s’agit de la société
japonaise DDI, partenaire stratégique de consortium qui s’est vu attribuer l’une
des licences accordées. Ces entreprises généralement peu disposées à
prendre des risques et préfèrent investir dans des marchés développés ou dans
des pays en développement avec lesquels elles ont des liens historiques ou
des affinités linguistiques ou qui sont proches géographiquement.25 Il s’agit, par
exemple, de BellSouth (Etats-Unis), qui a axé ses activités sur l’Amérique
latine, et de Vodafone, qui privilégie en général les pays membres du
Commonwealth. Les possibilités de s’implanter sur de nouveaux marchés se
faisant plus rares, ce groupe d’investisseurs cherche désormais plus loin de
nouvelles opportunités d’investissement.

47
Les investisseurs étrangers ont mis en commun un ensemble croissant de
caractéristiques cellulaires, mais n’ont pas à ce jour réellement fait quelque chose de
spectaculaire pour exploiter les synergies. Il est vrai que l’on assiste à un partage des
systèmes de facturation ou à un partage d’une même marque par des opérateurs à
des fins de commercialisation,26 mais ceux-ci n’ont pas véritablement tiré parti des
possibilités qu’offre un accroissement des économies d’échelle, par le biais notamment
d’une seule taxe d’itinérance, de la normalisation de la technologie de réseau ou de
l’offre d’un kit commun comprenant un combiné et une carte prépayée. Les opérateurs
pourraient tirer un enseignement du secteur de l’alimentation rapide où le produit est le
même que ce soit en Malaisie ou au Mexique, même dans le cadre de franchises
locales. Cela pourrait contribuer à faire baisser les coûts, facteur particulièrement
important pour les pays en développement.

2.1.4 L’explosion de la formule prépaiement

L’idée de faire payer à l’avance le service téléphonique est si séduisante qu’il est
étonnant que sa réalisation ait pris autant de temps. Il est peut-être même plus
surprenant que ce concept ait été d’abord introduit sur les réseaux cellulaires mobiles
qui sont généralement plus coûteux que les réseaux fixes. Le prépaiement est
avantageux pour les opérateurs, qui récupèrent leurs fonds à l’avance. Ce qui réduit le
risque lié au crédit. Les dépenses engagées pour acquérir un abonné dans le cas du
prépaiement sont en outre beaucoup plus faibles. Par ailleurs, un tel service est
intéressant pour les utilisateurs qui ne veulent pas s’empêtrer dans des contrats,
souhaitent limiter leurs dépenses, ont envie de garder l’anonymat ou ne répondraient
pas aux conditions requises pour bénéficier d’un service à postpaiememt, citons le cas
de Philippines.27 Le concept du prépaiement a été introduit avec les cartes destinées
aux cabines téléphoniques publiques. La carte devait être insérée dans l’appareil – ou
le numéro qui y figurait devait être composé – et le montant de l’appel était déduit du
montant disponible sur la carte. Le prépaiement a depuis lors été étendu aux services
longue distance, notamment dans les pays qui disposent d’un important marché de
revente. Les usagers achètent une carte, la grattent pour découvrir un code caché et
s’en servent pour faire des appels à partir de n’importe quel poste téléphonique. Avec
la formule à prépaiement, les usagers indiquent le code à leur fournisseur de services
et la valeur de la carte qu’ils ont achetée est automatiquement attribuée à leur combiné
mobile. Celui-ci devient effectivement un publiphone portable et le montant
correspondant à l’appel est automatiquement déduit.

A la fin de 1998, on comptait dans le monde quelque 40 millions d’abonnés à des


systèmes à prépaiement, soit 13% du nombre total des abonnés au cellulaire mobile.
Ces chiffres peuvent sembler relativement bas, mais la majorité des pays qui exploitent
des systèmes à prépaiement dans le secteur du mobile ne les ont mis en service que
ces dernières années. Ces systèmes ont connu bien plus de succès en Europe de
l’Ouest, où le tiers des abonnés au mobile avaient recours à la formule à prépaiement
à la fin de 1998 (ce qui représente les trois quarts du nombre total d’abonnés dans le
monde). Cela est dû entre autres à l’expérience. Le premier produit prépayé dans le
monde a été lancé par Telecommunicações Moveis Nacional (Portugal) en septembre
1995 et, peu après, d’autres opérateurs mobiles d’Europe de l’Ouest ont suivi cet
exemple. La région utilise aussi le système GSM où la technique des systèmes à
prépaiement est plus répandue et expérimentée, al carte SIM (module d’identification
d’abonné) offrant une plus grande souplesse.

48
Les pays de l’Europe de l’ouest où la proportion des usagers à prépaiement est la plus
élevée se caractérisent généralement par des revenus inférieurs à la moyenne de
l’Union Européenne, ce qui montre que ce système est approprié pour les usagers à
faible niveau de revenu.

L’Italie est sans conteste le leader mondial dans le domaine des formules à
prépaiement avec quelque 15 millions d’abonnés à prépaiement à la fin de 1998. soit
près de 75% du nombre total des abonnés italiens au mobile et près de 40% du
nombre total d’abonnés dans le monde. Ce taux élevé d’utilisation de la formule à
prépaiement s’explique en partie par le penchant des Italiens pour les conversations
téléphoniques (l’Italie enregistre le nombre le plus élevé de minutes de
communications téléphoniques) conjugué à leur habileté à exploiter les nouvelles
technologies. Certains usagers du mobile souscrivent, par exemple, plusieurs
abonnements à prépaiement. L’une des raisons de ce phénomène tient à la
multiplication des systèmes d’appel à prépaiement ; selon l’heure ou le jour, il est plus
économique d’utiliser tel ou tel abonnement par rapport à un autre. Une autre raison
tient au fait que les divers numéros à prépaiement servent à différents usages, un
numéro pouvant être destiné aux appels professionnels et un autre aux amis.

Le système à prépaiement rencontre aussi un grand succès au Mexique avec une part
de 60%. Il est devenu populaire il y a plusieurs années lorsque, à la suite d’une cirse
économique, une grande partie de la population ne remplissait plus les conditions
requises pour s’abonner au service de téléphonie fixe ou au service mobile. La formule
à prépaiement commence à s’imposer dans le reste de l’Amérique latine, avec une
proportion estimée à 16% du nombre total d’abonnés de la région à la fin de 1998. il
ressort d’une étude que ce système a augmenté de 200 à 300% le marché potentiel du
cellulaire mobile en Amérique latine en offrant l'accès à un bien plus grand nombre
d’utilisateurs qui ne pourraient pas prétendre financièrement au service à
postpaiement.28

La magie du service mobile à prépaiement est qu’il transforme le service téléphonique


e produit de grande consommation. Des combinés subventionnés, avec cartes
prépayées, sont élégamment emballés et vendus dans des rayons de supermarché
comme le sont la lessive, les boissons non alcoolisées ou encore les céréales du petit
déjeuner. Bientôt, on trouvera des combinés mobiles à prépaiement bon marché à
usage unique- par exemple, pour les touristes – tout comme ou trouve des appareils
photo jetables.

La mise à disposition de combinés cellulaires mobiles à prépaiement dans le


commerce de proximité, les kiosques, les stations d’essence, etc. s’est produite si
rapidement dans les pays développés que bons nombres d’entre eux n’en ont pas
encore saisi les conséquences. Cela signifie qu’un produit dont l’offre était autrefois
limitée – le service téléphonique – est maintenant disponible à la demande. Si les pays
en développement peuvent suivre ce modèle, l’un des principaux freins à
l’élargissement de l'accès aux télécommunications – une offre insuffisante – se
trouvera éliminé.

49
Il est nécessaire de surmonter un certain nombre d’obstacles pour rendre le système à
prépaiement plus accessible dans les pays en développement. L’un des obstacles est
l’absence d’un service à prépaiement. Certains pays n’offrent pas encore un tel
service. Non seulement cette situation évoluera, mais les systèmes à prépaiement
pourraient aussi constituer la vague du futur. Un opérateur indien déclare que si une
telle formule avait été disponible au moment du lancement de son service, il n’aurait eu
recors qu’à ce système pour les paiements. Cet opérateur applique exclusivement la
formule à prépaiement lorsqu’il étend son réseau à de nouveaux villages.29 En Afrique,
le premier réseau à utiliser uniquement cette formule pour la facturation a été lancé au
Sénégal en avril 1999 ; à la fin de juin, il comptait déjà 4000 abonnés.30

Un autre facteur souvent cité comme étant inconvénient est le coût du combiné. Le prix
d’un téléphone mobile à fonctions complètes peut être élevé. Pourtant, ce coût ainsi
que les frais de raccordement au service sont encore inférieurs au coût d’installation
d’une nouvelle ligne fixe dans de nombreux pays en développement. Par ailleurs, on
pourrait établir un parallèle avec le cas de la télévision. Les pays en développement
enregistrent des taux de pénétration considérablement plus élevés dans le domaine de
la télévision par rapport aux téléphones fixes, bien qu’un téléviseur coûte davantage
qu’un téléphone. Cela laisse entendre que les consommateurs sont disposés à réaliser
un important investissement initial à condition que le service soit disponible. En outre,
les combinés sont de plus en plus subventionnés, ce qui en diminue le prix. Dans
certains pays, le téléphone mobile est gratuit, l’opérateur recouvrant ses frais grâce
aux paiements échelonnés ou à des taxes d’appel plus élevées. Même dans les pays
les plus pauvres où les combinés sont relativement chers par rapport au revenu
moyen, le partage des combinés est possible.

Un autre obstacle est la couverture limitée des systèmes cellulaires mobiles dans les
pays en développement où le service est généralement restreint aux grandes zones
urbaines. La couverture s’étendra à mesure que les opérateurs développeront leurs
réseaux. Ce processus pourrait être accéléré si les régulateurs imposaient aux
opérateurs l’obligation d’assurer une couverture étendue dans un certain délai en
échange d’une licence nationale.

Le prix des appels prépayés peut être élevé comme les tarifs du mobile le sont en
général par rapport à ceux du service fixe. On semble observer une tendance vers la
convergence des tarifs à la minute entre les différences formules d’abonnement, même
si la plupart des opérateurs facturent encore un supplément pour les services à
prépaiement. Il est regrettable que les prix de la formule à prépaiement soient
considérablement plus élevés que ceux du système à postpaiement vu que les
utilisateurs du premier système ont en principe de faible revenus et ne réunissent pas
les conditions requises pour obtenir un service contractuel. En conséquence, les
usagers à prépaiement subventionnent les abonnés contractuels situés en haut de
l’échelle. Certains opérateurs établissent également une discrimination à l’égard des
usagers à prépaiement en facturant les appels entrants. La validité de la carte
prépayée peut représenter un inconvénient car certains opérateurs exigent que la carte
soit utilisée dans un laps de temps très court. Enfin, il est important que des cartes de
faible valeur soient mises en service dans les pays en développement où un grand
nombre d’utilisateurs ne disposent pas de beaucoup de liquidités.

50
2.2 La téléphonie mobile dans le monde en développement et développé 31

Avec à peu près d'un milliard d'abonnés à la fin de 2001, le mobile est en train de
dépasser les réseau des lignes fixes dans la première moitié de 2002 au niveau de
nombre des abonnés (voir la Figure 1.5). Il peut être difficile de croire, mais moins d'un
pour cent des habitants dans le monde a un téléphone mobile en 1991 et seulement
un tiers de pays a un réseau cellulaire. Vers la fin de 2001, plus de 90 pour cent de
pays a un réseau mobile, presque un sur six des habitants dans le monde ont eu un
téléphone mobile et presque 100 pays ont eu plus d’abonnés mobiles que les abonnés
de téléphone fixés. Le mobile a donné l'accès aux communications de nouveaux
aspects. Dans des pays en voie de développement, et en particulier dans les LDC, le
mobile augmente l'accès de téléphone dans un temps étonnamment rapide. Dans les
pays développés, les taux de pénétration mobiles surpassent continuellement des
prévisions d'industrie.

2.2.1 La révolution mobile dans les pays les moins avancés

La république de l'Ouganda, située dans l'Afrique de l'Est, est un pays agricole avec
une population d'environ 22 millions. Plus de 85 pour cent de ses citoyens vivent dans
des secteurs ruraux; le capital Kampala a presque 900000 habitants mais comptes
pour juste quatre pour cent de la population de pays. Avec un produit intérieur brut
(PIB) per capita de US$ 310 en 2000, l'Ouganda est qualifie comme LDC dans la
classification de l’ONU. Il a historiquement eu un des niveaux les plus bas de la
pénétration de téléphone dans le monde. Jusqu'en 1995, le fournisseur étatique de
service de télécommunications, Uganda Telecom Limited (UTL), fournissait tous les
services de télécommunication. Depuis lors, le secteur de télécommunication a été
progressivement ouvert et est maintenant un de le plus libéral en Afrique. Les étapes
assurées les sept dernières années pour stimuler la croissance des
télécommunications incluent:

• Attribution d'une licence GSM à l’opérateur mobile privé CelTel en mai 1995.
• Création d'un organisme de régulations indépendant, la Commission de
communication de l'Ouganda, en 1998
• Lancement d'un deuxième opérateur national, MTN Ouganda, en octobre 1998,
avec une licence pour tous les services.
• Privatisation partielle de l'opérateur de télécommunication public, UTL, en
février 2000.

Les résultats de ces changements ont été dramatiques. Densité globale de téléphone
en Ouganda accrue presque huit fois entre 1995 et 2001, se levant de 0,21 abonnés
de téléphone par 100 personnes à 1,63 (voir la Figure 2,2 à gauche). Cette croissance
rapide était initialement le résultat direct de l'entrée de MTN dans le marché. Bien que
la licence de MTN lui ait permis d'offrir tous les services de télécommunication
comprenant la téléphonie fixe, il s'est concentré sur le mobile. Une raison de ceci est
que les réseaux sans fil sont rapides pour installer, une considération importante pour
une nouvelle compagnie, qui a besoins de développer des revenus rapidement. Une
autre est l'utilisation des cartes prépayées puisque la plupart d'Ougandais ne
répondrait pas aux critères financiers pour le service post-paiement basé sur la

51
souscription. En un peu plus d’un an, MTN a émergé en tant que le plus grand
opérateur de téléphone en Ouganda, dépassant non seulement CelTel mais
également le PTO UTL en termes de nombre de clients. En juillet 1999, l'Ouganda est
devenu le premier pays africain où il y avait plus des clients mobiles que les clients de
téléphone fixes. MTN ne s'est pas reposé sur ses lauriers. Il a été agressif en
augmentant le réseau dans ce qui appelé ‘’Haut pays’’ d’Ouganda, c'est-à-dire, la
partie rurale de la nation. Plus de 50 pour cent de la population (90 pour cent y
compris de la population urbaine) est maintenant couvert par un signal cellulaire
mobile et environ 80 villes ont le service.

Figure 2.2 : Révolution mobile en Ouganda

Abonnés fixe par 100 habitants, Abonnés mobile par 100 habitants,
Ouganda Uganda

Mobile
UTL
2.0 1.8
Jan. '01 1.6 Actuel 2001
1.5 MTN 1.4
Oct. '98 1.2
1.0 1.0
CelTel 0.8 2000
0.5 Mai '95 0.6
Fixe 0.4 1999
0.2 Prévision
0.0 1998
0.0
1960 66 72 78 84 90 96
$250 $300 $350 $400

Source : ITU, World Telecommunication Indicators Database

Le nombre d'abonnés mobiles en Ouganda excède largement les prévisions. Selon


une étude effectuée en juillet 1997, sous le scénario le plus optimiste, l'Ouganda était
prévu pour avoir 0,1 comme taux de pénétration mobiles et ce basé sur des
hypothèses au sujet du revenu de pays per capita. L'Ouganda a déjà eu une
pénétration mobile de 1,5 en décembre 2001. Un troisième opérateur mobile, le PTO
UTL, a accédé au marché en 2001 et les prévisions révisées attendent des abonnés
de quelques un demi-million d'ici 2005.

La croissance des communications mobiles en Ouganda n’est pas seulement sujet de


l'accès. Elle a révolutionné la manière que les gens pensent et utilisent les
communications. Le logo orange de MTN est omniprésent dans toute la partie
urbanisée du pays, illuminant des panneaux d'éclairage et des kiosques. La scène
mobile d'Ouganda a même inventé son propre vocabulaire. Une carte de SIM est
« seed » tandis que la valeur ajoutée à la carte le « juicing ». Ces termes de fruit sont
exécutés à travers du « Mango » du service mobile d'UTL. MTN a créé plus de 300
emplois de kiosques en Ouganda, aidant à créer une culture plus entreprenante. Les
opérateurs ont également soutenu différentes activités de communauté comprenant
les sponsoring des équipes de sports et les constructions de maisons et des écoles.

L'Ouganda est tout remarquable comme il est le seul champ de bataille où les trois
principaux investisseurs sur la téléphonie mobile cellulaire MTN, MSI le Telecel sont
réunis. Ces trois compagnies sont présentes dans 22 pays sub-saharien. Elles créent
une véritable révolution dans le paysage africain de télécommunication en démontrant

52
à quelle rapidité les marchés compétitifs et privés peuvent apporter à l'accès de
télécommunication.

En raison de la croissance mobile d’Ouganda, la nation a le troisième plus grand


réseau mobile parmi des LDC que MTN est le deuxième plus grand opérateur mobile
dans les LDC. Le classement d’Ouganda en densité mobile parmi des LDC s'est levé
du 28ème en 1997 au 8ème en 2001. Les résultats impressionnants d'Ouganda
tiennent un certain nombre de leçons pour d'autres pays LDC:

• La concurrence stimule la croissance rapide. Il y a un lien direct entre le


nombre d'opérateurs et de croissance de réseau. Presque tous les LDC qui
sont parvenus à augmenter leurs réseaux mobiles rapidement ont fait avec les
opérateurs multiples.
• La pénétration mobile ne semble pas dépendre fortement du revenu aux
premières parties du développement. Au lieu de cela il y a un désir fort pour
des communications et peut-être également une richesse cachée significative
qui n'apparaît pas dans des statistiques officielles. Les cartes payées par
anticipation aident ceux qui ne qualifieraient pas pour un abonnement de post-
paiement. Ainsi les LDC n'ont pas besoin d'être resté misérablement dans la
pauvreté de télécommunication.
• Le mobile aide à éliminer les listes d'attente. Pour le réseau de fixe-ligne les
utilisateurs potentiels doivent attendre le PTO étendre leurs câbles dans la terre
pour les atteindre. Par un réseau mobile, les consommateurs peuvent juste
acheter un téléphone mobile et commencer à l'employer dès que les premières
stations de base seront en place. Le fardeau d'investissement a déplacé de
l'état au consommateur.

Heureusement, la leçon de l'Ouganda est largement appliquée à travers d'autres LDC.


Vers la fin de 2001, 24 LDC ont eu plus d’abonnés mobiles que les abonnés fixés.
Dans beaucoup de cas, la transition a pris sur une année, signifiant que plus des
utilisateurs de téléphone mobile ont été ajoutés au réseau par rapport aux abonnés
que les pays avaient pu installer depuis leur indépendance. La croissance rapide du
mobile a également amplifié la pénétration totale de téléphone dans les LDC à plus de
1 en 2001, un seuil psychologique important, et réduit la fracture entre les LDC et
d'autres pays. Il y a plus de quelconque excuse pour un pays à ne pas suivre ce qui
s'est produit en Ouganda. Tout ce qu'il faut est la volonté politique de la faire.

2.2.2 La téléphonie mobile faite partie de la vie quotidienne

Ceux qui recherchent à voir le futur de la société mobile ne doivent regarder autre que
la Finlande, le meneur du monde dans toutes les choses mobiles. C'était le premier
pays pour lancer un réseau cellulaire numérique, la seconde où le nombre
d'abonnements mobiles a surpassé fixe (voir la Figure 2.3, gauche) et la première pour
autoriser les réseaux mobiles de la troisième-génération (3G). Ses 97 pour cent du
territoire et 99 pour cent de Finlandais sont couverts par un téléphone mobile (voir la
Figure 2.3, droit). C'est une vision du futur et illustre l'énorme potentiel des
communications mobiles.

53
De certain point de vu, la Finlande est un endroit curieux à être le leader du monde
dans la pénétration mobile. Ce n'est pas le pays le plus riche au monde (le Japon et la
Suisse ont un PIB per capita deux fois que cela de la Finlande, alors que tous ses
voisins nordiques ont un PNB plus élevé). Ni la Finlande est connue pour considérer
les facteurs qui sont censés normalement pour conduire la croissance mobile rapide.
Par exemple, alors qu'il y a concurrence, le marché mobile de Finlande était
essentiellement duopole jusqu'en 1998. En dépit d'être les sièges sociaux de Nokia, le
plus grand fournisseur de téléphone mobile du monde, les combinés ne sont pas
subventionnés en Finlande. Ni la mode de prépaiement, avec environ 98 pour cent
d'abonnés sur des plans post-paiement. Au lieu de cela, trois autres facteurs ont
conduit la manie mobile finlandaise:

• L'adoption rapide de la technologie cellulaire a donné en Finlande une


richesse d'une expérience mobile. La Finlande a présenté le système
nordique analogue du téléphone mobile (NMT) en mars 1982 et était le
premier pays pour présenter la norme numérique de GSM une décennie plus
tard. Ces prises de position précoce ont donné aux compagnies finlandaises
un avantage et ils sont des meneurs de mode de mobile en vendant
l'équipement et le logiciel mobiles au reste du monde.
• Les coopératives ont historiquement fourni le service téléphonique local à de
bas prix et ont réalisé une pénétration élevée. Ceci a signifié que, pour que
cellulaire mobile soit réussi, les tarifs devraient être concurrentiels avec la
ligne fixe. En outre, à la différence de la plupart des autres pays, le plus
grand opérateur, Sonera (autrefois Finlande de télécommunication), n'a pas
eu un monopole dans tout le pays pour le service téléphonique local. Cela
l'obligeant pour regarder ailleurs pour la croissance de revenu. La Finlande a
également développé une forme unique d'intercommunication entre les
réseaux fixes et mobiles, qui a réduit au minimum les problèmes qui ont
infesté d'autres nations.32
• Troisièmement, il semble y a une affinité finlandaise pour adopter la nouvelle
technologie. En plus d'avoir la pénétration mobile la plus élevée dans le
monde, la Finlande mène également dans la pénétration de centre serveur
d'Internet. Les Finlandais ont également frayé un chemin d'utilisation de la
technologie mobile pour d'autres applications, telles que des SMS et de
données, des salles de chat et des distributeurs automatiques.

La Finlande a également été le leader pour autoriser la nouvelle technologie de


troisième-génération. C'était le premier pays à faire tellement en mars 1999 où le
ministère du transport et des communications a attribué quatre licences. Les licences
étaient pour le service dans tout le pays couvrant une période de 15 ans. À la
différence de la plupart des autres pays européens, elle pas enchère les licences, ni
elle a chargé des honoraires. Des gagnants ont été choisis parmi 15 postulants basés
sur les divers critères inclus ressources financières, sérieux et sûreté d'opération de
postulant, de qualité et de développement technologique des services, et de cadre
concurrentiel. Techniquement, les licences ont couvert la construction du réseau ainsi
les demandeurs doivent également obtenir les spectres nécessaires du régulateur pour
lequel des honoraires nominaux sont chargés. On a accordé des licences à trois
opérateurs mobiles ainsi qu'un consortium de compagnies régionales de
télécommunication.

54
La licence a stipulé que le 3G soit lancé le 1 janvier 2002. Sonera a lancé son réseau
à cette date bien qu’il manque des combinés de 3G, et cela signifie que pour tous les
buts pratiques, le service n'est pas encore disponible. Il estime que le 3G ne sera pas
largement répandu avant 2004-2005. Une autre raison est que les technologies 2.5G
intermédiaires commencent à fleurir. Car la demande des téléphones mobile
conventionnels devient saturée en Finlande, la nouvelle croissance devra venir des
services mobiles de données. Ils représentent déjà 11 pour cent de revenu mobile de
communication de Sonera.

Figure 2.3 : Fixe et mobile en Finlande

100 Fixe Finlande. Utilisation de mobile par genre


90 Abonnés fixe et mobile et âge, 2000.
Mobile
80 par 100 habitants, Finlande
100
70
80
60
50 60
40 40
30 20 December 1998
20
20
10 0
0 Homme Femme
1980 83 86 89 92 95 98 01 15-29 30-44 45-59 60-74 All

Source : ITU, World Telecommunication Indicators Database

Sonera a un certain nombre de services de données de mobile. C'était le premier


opérateur mobile dans le monde pour lancer des services sans fil du protocole
d'application (WAP) en août 1999. Il a suivi ceci avec le service général de radio en
paquet (GPRS) en décembre 2000. Sonera a également lancé un service des données
avec commutation à circuit à grande vitesse (HSCSD) (43,2 kbps) pour des portables.
Environ 70 pour cent d'abonnés mobiles de Sonera emploient SMS et ils envoient en
moyenne 26 SMS chacun par mois, un des taux le plus élevé en Europe. SMS a été si
populaire que des réseaux paging se sont arrêtés. Sans compter que des tonalités et
des logos mondains, d'autres applications de SMS en Finlande incluent le ‘’M-mail’’ ou
l'échange du E-mail entre les téléphones mobile et l'Internet, services de localisation
comme quelles stations de gaz sont voisines, et un ‘’Smartphone’’, service de
protection, qui copie un annuaire de téléphone mobile d'utilisateur à un emplacement à
distance. Sonera a également lancé Zed, une portail d’information pour les téléphones
mobiles. En 2000, autour de 350000 utilisateurs finlandais accédaient à Zed. A part
Finlande, Zed est employé dans sept autres pays (Allemagne, Hollandes, Philippines
Singapour, Turquie, R-U et Etats-Unis) donnant une extension potentielle de 77
millions d'utilisateurs. La force de Zed est sa capacité d'adapter des services aux
besoins du client des marchés locaux et à l'expérience du développer les contenus
pour les téléphones mobiles (il y a environ 160 fournisseurs de contenu). Les itinérants
peut également accéder à Zed en leur langue locale. Zed gagne l'argent depuis des
transactions et des honoraires d'abonnement aussi bien que de la publicité.

En dépit du succès de Finlande, il y en a quoi à douter que le pays puisse maintenir


son leadership de mobiles. Déjà, son rang de densité en mobile tombe. On parle
également que Nokia a un temps difficile maintenir sa position de leader de combiné.
Puisque le 3G est la première norme internationale, Nokia fait face à la concurrence
intense des fabricants asiatiques qui jusqu'ici se content de servir leurs propres

55
marchés intérieurs. Certains arguent du fait que la nature relativement fermée du
marché mobile finlandais jusqu'en 1998 a suffoqué l'innovation. La libéralisation
suivante du marché a été assaillie par des problèmes. Un conflit important s'est produit
quand Sonera a refusé de permettre au nouveau concurrent Telia d'employer son
réseau. D'autre part, la Finlande a récemment expérimenté avec les opérateurs
mobiles virtuels pour éviter la duplication inutile des ressources.

Beaucoup de recherches sont faites en perspective d’analyser l'impact des téléphones


mobiles sur la vie finlandaise, une technologie qui a imprégné des ménages plus
rapidement que n'importe quelle autre innovation technologique. Selon les statistiques
Finlande, ‘’the mobile telephone improves accessibility considerably, making it easier to
maintain social networks and manage daily affairs. It facilitates cooperating and doing
things together spontaneously’’. Il y a de souci cependant, puisque les mobiles
semblent supplanter les lignes téléphoniques fixes dans de plus jeunes ménages, ceci
peut avoir un impact négatif sur la réceptrice d'Internet. C'est parce que l'accès de
l'Internet par un téléphone mobile est plus cher et plus lent que sur une ligne de fixe.

2.3 Au-delà d’une limite avec les lignes fixes

Ce que la Finlande illustre est la pénétration mobile cellulaire excédera la pénétration


de ligne fixe même dans les pays qui ont déjà atteint un niveau élevé du
développement de télécommunication. Par le passé, une famille aurait obtenu un
raccordement de téléphone fixe. Aujourd'hui, elle n'est pas étrange pour imaginer que,
dès qu'ils seront assez âgés, chaque membre de la famille aura leur propre téléphone
mobile.

Une illustration sur le comment le mobile peut répondre aux soucis de service
universels est fournie de Finlande. En juin 1999, le nombre de ménages avec un
téléphone mobile (78,5 pour cent) a rattrapé le nombre de ménages avec un téléphone
de fixe (75,8 pour cent). Ce qui est remarquable est que le nombre de ménages
finlandais avec un téléphone de fixe-ligne était tombé depuis 1990 après avoir fait un
pic à 94 pour cent. Mais le nombre de ménages qui n’ont pas téléphone du tout est
demeuré assez constant à environ deux pour cent. En d'autres termes, il y a
maintenant environ 19 pour cent de ménages finlandais qui n'ont un téléphone mobile
mais aucun téléphone fixe. La recherche par Statistics Finlande prouve que ceux avec
une préférence pour un téléphone mobile comme produit de remplacement de
téléphone fixe, tombent dans quatre catégories principales: étudiants, personnes sans
emploi, ménages célibataires ou ceux qui en déplacement fréquent. À l'exception
possible de la dernière catégorie, toutes ceux-ci sont à la basse extrémité de l’échelle
de revenu. Les opérateurs mobiles commencent maintenant à fournir le service
universel en Finlande et pas opérateurs de ligne fixe. Si l'exemple de la Finlande est
suivi ailleurs dans le monde, il aura des implications sérieuses quant à la manière que
le secteur de télécommunications dans l'ensemble soit réglementé.

Les exemples de l'Ouganda, comme pays en voie de développement et la Finlande,


comme développé, vont prouver que le mobile peut être des moyens efficaces pour
atteindre des objectifs sociaux et politiques comme l'accès universel. Pour que ceci se
produise avec succès, des personnes définissant la politique et des régulateurs vont

56
devoir focaliser leur attention au mobiles au lieu de fixes, et embrayer leurs politiques
convenablement.

3. Effet de la concurrence 33

3.1 Difficile tâche d’anti-trust

L'histoire de la concurrence de télécommunication est aussi vieille que l'industrie elle-


même. Mais, dans l'ère moderne, on peut dater l'arrivée de la concurrence presque
avec précision, à 8 janvier 1982, il y a environ 20 ans. Cette date, l'opérateur de
télécommunication public (PTO, Public Telecommunication Operator) aux Etats-Unis,
AT&T, a accepté les résolutions de la dissolution qui exposent beaucoup de parties du
réseau, notamment les opérations de longue distance et internationales. Il fallait
attendre encore une décennie et demi avant l'ouverture des services locaux avec
l’entrée en vigueur de la Loi de télécommunications aux USA, et certains argueraient
du fait que c'est encore loin d'être mis en application. Néanmoins, le symbolisme de 8
janvier 1982 demeure.

Bien que les Etats-Unis aient prouvé un modèle imposant dans d'autres aspects de
réforme de télécommunication, seulement quelques pays ont choisi de suivre le
chemin de démantèlement de leurs opérateurs de télécommunication public, et ce via
l’intervention des régulations. De ceux qui ont fait ainsi, le Japon a récemment pris une
approche semblable dans la dissolution de NTT en divisions occidentale et orientale,
comme la Chine a créé mobile de la Chine. Cependant, l'expérience des USA a prouvé
que dissolution d'une compagnie est une bonne manière de préserver la valeur
d'actionnaire, et un certain nombre de compagnies ont volontairement suivi cette
approche. Par exemple en se défaisant des opérations mobiles (par exemple la
division mobile de BT a été séparée pour ainsi devenir mmO2) ou des opérations de
données (par exemple la division d'Internet de Telefonica est devenue Terra Netwo).
Même AT&T, qui a lutté contre le démantèlement pendant une décennie dans les
années 70 et au début des années 80, a séparé ses branches de fabrication
d'équipement (Lucent) et d'ordinateur de télécommunication (NCR) de ses opérations
de services, et plus tard le spin-off de AT&T wireless.

3.2 Deux est vraiment meilleur qu’un ?

En dehors des Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon étaient deux des pays qui ont la
concurrence les plus tôt, suivi de d'autres tel que la Finlande, l'Australie et la Nouvelle-
Zélande. Pour les pays du monde en développement, comme le Chili et les
Philippines, étaient parmi de premiers convertis.

Plusieurs des pays adoptant l’approche de la concurrence ont expérimenté un modèle


restreint de la concurrence, par lequel un (en Australie et le Royaume Uni) ou peut-être
deux (des services internationaux au Japon) licences additionnelles aient été
attribuées pour concurrencer avec le PTO. Le raisonnement était que les nouveaux
entrants de marché auraient besoin d'une certaine période de l'exclusivité partagée
afin d'attirer l'investissement. Créant un duopole a été également vu comme manière
d’expérimenter avec une structure compétitive de marché avant de permettre une
structure compétitive de marché de plusieurs acteurs.

57
Tableau 3.1 : Changements dans le classement de télédensité, 1990-2000, parmi
les principaux pays

Pays ayant gagné des places Pays ayant perdu des places
Rang Rang Rang
Rang en
Pays 2000 1990 en en Différence Pays 2000 1990 en 1990 Différence
2000 1990 2000
Chine 17,8 0,6 95 159 64 Arménie 15,6 15,7 102 60 −42
Viet Nam 4,2 0,1 141 189 48 Iraq 2,9 3,9 149 109 −40
Botswana 21,6 2,1 91 129 38 Tadjikistan 3,6 4,5 143 105 −38
El Salvador 21,8 2,4 90 125 35 Ouzbékistan 6,9 6,9 128 92 −36
Jamaïque 34,1 4,5 71 106 35 Kirghizstan 7,9 7,2 125 90 −35
Hongrie 67,4 9,6 43 78 35 Angola 0,7 0,8 177 146 −31
Maurice 38,6 5,4 67 100 33 Libéria 0,2 0,4 190 162 −28
R.p.d. de
Chili 44,4 6,7 61 93 32
Corée
4,6 3,8 138 111 −27

Philippines 12,4 1,0 112 143 31 Canada 96,1 58,6 33 6 −27


Maroc 13,3 1,6 107 136 29 Turkménistan 8,4 6,0 123 97 −26
Paraguay 20,7 2,7 92 120 28 Cuba 4,4 3,1 140 115 −25
Cambodge 1,2 0,0 167 194 27 Moldova 16,5 10,6 99 74 −25
Cap-Vert 17,2 2,4 98 125 27 Kazakstan 12,5 8,0 111 87 −24
Taiwan,
Chine
137,0 31,4 5 31 26 Comores 1,0 0,8 171 149 −22

Pologne 45,6 8,6 60 85 25 Ukraine 22,7 13,6 87 66 −21


Indonésie 4,9 0,6 134 157 23 Bélarus 27,4 15,3 82 61 −21
Seychelles 55,4 12,4 48 71 23 Djibouti 1,6 1,1 161 141 −20
Sénégal 4,8 0,6 136 158 22 Russie 24,0 14,0 85 65 −20
Portugal 109,5 24,3 21 43 22 Géorgie 17,2 9,9 97 77 −20
Turquie 52,5 12,2 51 72 21 Algérie 6,0 3,2 132 113 −19
Rép. tchèque 80,2 15,8 38 59 21 Bahamas 47,9 28,1 55 36 −19
Guyana 12,6 2,0 110 130 20 Dominique 31,0 16,4 77 58 −19
Sri Lanka 6,3 0,7 131 151 20 Tonga 10,0 4,6 122 104 −18
Côte d'Ivoire 4,8 0,6 135 155 20 Guinée-Bissau 0,9 0,6 174 156 −18
Brésil 31,8 6,5 75 95 20 Bulgarie 44,0 24,2 62 44 −18
Papouasie-
Slovénie 99,8 21,1 30 49 19 Nouvelle- 1,5 0,8 162 145 −17
Guinée
Gabon 13,0 2,2 109 127 18 Kenya 1,5 0,8 163 146 −17
Sao Tomé-
Thaïlande 14,3 2,5 105 123 18
et-Principe
3,1 1,9 147 131 −16

Togo 2,0 0,3 154 171 17 Iles Salomon 2,0 1,5 153 137 −16
Saint-Vincent-
Ouganda 1,1 0,2 169 185 16
et-Grenadines
24,0 12,4 86 70 −16

Inde 3,6 0,6 145 160 15 Australie 97,2 46,7 31 15 −16


Ghana 1,8 0,3 156 171 15 Sierra Leone 0,6 0,3 181 166 −15
Malaisie 41,2 9,4 64 79 15 Nigéria 0,5 0,3 185 170 −15
Venezuela 32,5 7,7 74 89 15 Afghanistan 0,1 0,2 193 178 −15

58
Tableau 3.1: Changements dans le classement de télédensité, 1990-2000, parmi les principaux pays (fin)

Pays ayant gagné des places Pays ayant perdu des places
Rép.
slovaque
51,9 13,5 52 67 15 Bermudes 117,7 63,5 17 2 −15

Guatemala 11,8 2,1 114 128 14 Azerbaïdjan 15,9 8,6 101 86 −15
Guinée 1,3 0,2 166 180 14 Mozambique 0,7 0,3 179 165 −14
R.p.d Lao 1,0 0,2 172 185 13 Libye 11,5 4,8 115 101 −14
Brunéi
Darussalam
53,4 14,3 50 63 13 Zambie 1,7 0,9 158 144 −14

Emirats Guyane
arabes unis
93,9 22,4 34 47 13
française
50,3 26,5 53 39 −14

Argentine 37,6 9,3 69 81 12 Koweït 49,3 26,2 54 40 −14


Israël 118,4 34,6 16 28 12 Grenade 37,8 17,8 68 54 −14
Ex-Rép.
Bolivie 13,0 2,8 108 119 11 yougoslave de 31,2 14,8 76 62 −14
Macédoine
Soudan 1,3 0,3 165 176 11 Ethiopie 0,4 0,3 188 175 −13
Croatie 62,4 17,2 44 55 11 Syrie 10,5 4,1 120 107 −13
Luxembour
g
161,1 48,0 1 12 11 Yougoslavie 34,9 16,6 70 57 −13

Irlande 107,7 28,8 23 34 11 France 107,3 50,0 24 11 −13


Bénin 1,7 0,3 157 167 10 Vanuatu 3,6 1,8 144 132 −12
Mexique 26,7 6,6 84 94 10 Porto Rico 56,8 28,5 47 35 −12
Hong kong 139,2 47,4 3 13 10 Lettonie 46,9 23,4 58 46 −12
Estonie 75,0 20,4 41 50 9 Etats-Unis 109,8 56,6 20 8 −12
Italie 121,1 39,2 14 23 9 Mayotte 7,3 3,1 126 115 −11
Dominicain
e (Rép.)
18,7 4,8 94 102 8 Lituanie 46,3 21,2 59 48 −11

Iran (Rép.
islamique)
16,4 4,0 100 108 8 Chypre 96,8 42,4 32 21 −11

Royaume-
Uni
131,6 46,0 8 16 8 Yémen 2,1 1,1 151 141 −10

Singapour 116,8 36,7 18 26 8 Somalie 0,2 0,2 192 182 −10


Polynésie
Liban 40,7 11,8 66 73 7
française
42,2 19,4 63 53 −10

Autriche 122,8 42,7 13 20 7 Malte 81,4 36,0 37 27 −10


Honduras 7,0 1,7 127 133 6 Barbades 57,0 28,1 46 37 −9
Congo 3,1 0,7 146 152 6 Samoa 6,4 2,6 130 122 −8
Gambie 3,0 0,7 148 154 6 Malawi 0,9 0,3 175 167 −8
Trinité-et-
Bhoutan 2,0 0,4 155 161 6
Tobago
33,4 14,1 72 64 −8

Nouvelle
Swaziland 6,5 1,7 129 134 5
Zélande
106,3 45,0 25 17 −8

Nicaragua 4,9 1,3 133 138 5 Haïti 1,6 0,7 160 153 −7
Burundi 0,5 0,2 183 188 5 Namibie 10,9 3,9 117 110 −7
Maldives 11,9 2,9 113 118 5 Tunisie 10,6 3,8 119 112 −7
Pérou 11,1 2,6 116 121 5
Note: Le classement des pays ne figurant pas dans ce tableau n'a pas fondamentalement changé pendant la période considérée. Près
de 193 pays ont été classés.
Source: ITU, World Telecommunication Indicators Database.

59
Bien que la ‘’menace’’ de la concurrence a souvent un effet de galvanisation sur le
PTO, expérience a prouvé que l'addition de un seul opérateur supplémentaire ne crée
pas nécessairement les conditions pour la concurrence agressive des prix. Au lieu de
cela, elle devient toute trop facile pour les deux opérateurs d'atteindre une certaine
forme d’arrangement par lequel le nouvel opérateur puisse offrir un rabais modeste
(disons 15 pour cent) sur les prix du PTO pour quelques services (par exemple service
de fond et international sur les itinéraires populaires), tout en laissant la structure
globale des prix du PTO essentiellement intacte. Duopoles ou triopoles généralement
n'ont pas apporté les pleins avantages de la concurrence, en termes de bas prix, de la
multitude de choix du consommateur et de la plus grande innovation.

Une illustration de ceci est le cas du Royaume uni, où le Mercury a été autorisé, en
tant que deuxième opérateur de réseau en 1982, à concurrencer le PTO BT. Mercury a
bénéficié une période de l'exclusivité jusqu'en 1990. Cependant, pendant les années
80, le R-U est parvenu à ajouter seulement sept millions de nouvelles lignes fixes.
Après 1990, le cercle de duopole a été élargi et d'autres compagnies ont accédé au
marché, notamment les opérateurs du câble TV qui sont autorisé à offrir des services
de télécommunication. Pendant les années 90, le R-U a ajouté presque dix millions de
nouvelles lignes fixes, malgré le fait qu’au cours de la même période plus de 40
millions de nouveaux abonnés mobiles ont été enregistrés. En de-sous de ce
changement d'exécution est le fait que, pendant les années 80, l'investissement de
télécommunication annuel au R-U a fait une moyenne de moins de 3,5 milliards par an
tandis que dans les années 90 plus concurrentielles, il a fait une moyenne de plus de 8
milliards par an. Le Royaume uni a monté dans le classement mondial de télédensité
de la 16ème position en 1990 à la 8ème en 2000 (voir le Tableau 3.1).

3.3 Revente du service mobile

L'effet de la concurrence sur la croissance et l'investissement de réseau paraît à être


beaucoup plus lent que son effet sur l'évaluation. Pour cette raison, l'impact plus
immédiat de la concurrence tend à venir n’sont pas tellement des concurrents au
niveau de logistiques, qui installent leurs propres réseaux pendant des années, mais
plutôt de l'ouverture du marché pour la revente des services de télécommunication.
Pour un revendeur, les barrières d'entrée et de la sortie pour sur le marché sont
relativement basses. Leur investissement principal est dans le marketing, ainsi leur
visibilité est souvent beaucoup plus grand que ceux des concurrents service-basés.

L'itinéraire principal d'entrée du marché pour des revendeurs est par l'intermédiaire de
la revente des lignes spécialisées, domestiques et internationales. Un revendeur
achètera typiquement une ligne spécialisée entre deux endroits populaires et vendrait
alors le trafic par minute sur cette ligne à un prix au-dessous de cela offert par le PTO
au-dessus du réseau téléphonique commuté public (PTSN, Public Switched Telephone
Network ). La rentabilité de la revente est facilitée par:

• Exploitation, par l'arbitrage des prix, de la structure géographiquement ramenée


à une moyenne des prix du PTO, parfois imposée en raison des engagements
universels de service (USOs);

60
• Les mesures de libéralisation qui permettent aux lignes spécialisées d'être
reliée une ou aux deux extrémités au PSTN;
• L'arrivée des techniques de compression numériques qui permettent à plus de
données d'être envoyée sur la ligne de même capacité.

Comme on aurait pu s'y attendre, les plus grandes occasions pour la revente sont sur
les itinéraires où la différence entre le coût en gros et le prix au détail sont la plus
grande. En conséquence, le plus grand impact de la concurrence sur des prix a été vu
dans des services internationaux. Ici, il y a une occasion additionnelle à exploiter, à
savoir la différence au niveau du prix pour le même appel fait dans différentes
directions. Ces différences peuvent surgir en raison des différences dans la structure
concurrentielle dans différents pays, mais peuvent également être dues à d'autres
différences, telles que la structure de coût, les économies d'échelle, les régimes
d'impôts, les appels etc. Les appels provenant des Etats-Unis sont généralement
meilleur marché que des appels allant aux Etats-Unis. En conséquence, la part du
trafic téléphonique international sortant des USA a monté de façon constante, de 18
pour cent en 1980 à plus de 30 pour cent en 2000 pendant que les porteurs basés aux
USA ont gagné un plus grand part de marché.

Tous les pays, peu important de leur niveau de concurrence domestique, aient
éprouvé la concurrence au niveau de services internationaux. Ceci a tendance à
entrer dans les normes, comme technologie et la réforme du marché ont progressé:
• Vers la fin des années 80, avant que la réforme du marché soit répandue, la
forme principale de concurrence sur les services internationaux est venue de
reclassent, ou la balance des différences entre les coûts en gros (taux de
règlement) sur différents itinéraires;
• Au début des années 90, l'utilisation des ordinateurs de changer la direction
des appels en différences de balancer des prix au détail a mené au
développement du service de rappel, particulièrement sur des itinéraires à et
des Etats-Unis;
• Au milieu des années 90, comme plus de pays a commencé à ouvrir leurs
marchés à la concurrence, et à permettre le raccordement des lignes privées
internationales au PSTN, la revente simple internationale est devenue le mode
dominant de la concurrence;
• A la fin des années 90, comme Internet s'est développé, à tel point qu’il y a
maintenant les plus de lignes internationales en service spécialisées pour
l'Internet que pour le PSTN. Une part croissante du trafic de voix s’est transféré
sur l'Internet, pour être ainsi porté comme voix au-dessus d'IP (VoIP). On
l'estime que le trafic international de VoIP s'est élevé à presque dix milliards de
minutes en 2001.

Une fois, qu'une forme de concurrence s’est transformé à l'autre, les changements
sont reflétés dans l'équilibre du trafic. Une bonne illustration de ceci est fournie par le
cas de Hong Kong SAR. Au milieu des années 90, quand le territoire avait introduit la
concurrence domestique mais pas encore la concurrence dans des services
internationaux, une part élevée du trafic international a été renversée dans la direction.
Pendant cette période, le trafic entrant a excédé le trafic sortant. Cette situation a
changé autour de 1998 quand la concurrence sur les logistiques a été autorisée et, en
prévision du marché le PTO Hong Kong Telecom (maintenant Century Pacifique

61
CyberWorks) a réduit son prix d’établissement. Entre 1998 et 2001, le trafic sortant de
Hong Kong a presque doublé dans la taille tandis que son trafic entrant se rétrécissait.

3.4 L’effet de OMC

Les différents modèles pour introduire la concurrence discutée ci-dessus – dissolution


de PTO, création de duopole, revendeurs d'e service – présupposent qu’il existe les
restrictions à l'entrée du marché qui sont graduellement détendues. Une approche
alternative, et qui fournissent maintenant le modèle dominant pour des régulations
internationales, commence de l'angle opposé. Il suppose qu'il ne devrait y avoir aucune
barrière pour l'entrée sur le marché et à la place, il cherche des arguments pour qu’il
puisse être nécessaire d’en maintenir. C'est l'approche de base adoptée dans les
négociations d'ouverture du marché qui ont lieu dans le contexte de l'organisation de
commerce mondial (WTO). Celles-ci appliquent des principes commerciaux de base –
comme l'accès du marché, les nations les plus-favorisées, le transparent ou le
traitement national – aux télécommunications. Quelques exemples des entraves
possibles aux échanges dans les télécommunications sont montrés dans le Tableau
3.2.

Tableau 3.2 : Exemples de restrictions à l'accès au marché des services de


télécommunication

Restriction Exemples relatifs aux télécommunications de base


Nombre limité de fournisseurs • les services téléphoniques longue distance, nationaux et
internationaux, sont assurés en exclusivité par deux
entreprises habilitées;
• l'exploitation des centraux locaux est assurée par un
monopole, de fait ou de droit;
• seuls deux fournisseurs de services téléphoniques
mobiles sont autorisés.
Valeur totale limitée des services, • limites imposées au montant total du chiffre d'affaires
opérations ou actifs correspondant à certaines licences (par exemple
franchises).
Mesures limitant la portée du service ou • présence commerciale exigée par la loi;
imposant que le service soit fourni par des • si c'est une seule et même compagnie qui est chargée
types précis d'entité juridique ou d'assurer les services téléphoniques publics aussi bien
coentreprise locaux que longue distance, elle doit procéder par
l'intermédiaire d'entités distinctes constituées en sociétés.
Pourcentage limité en ce qui concerne la • la participation étrangère au capital social est limitée
participation de capitaux étrangers, ou à 49,9%;
limites imposées au montant total de • les fabricants, nationaux ou étrangers, d'équipements de
l'investissement étranger télécommunication (c'est à dire équipement de
commutation, câbles) ne sont pas autorisés à détenir plus
de 10% des voix.

Source: UIT, adapté de l'OMC34.

Le fait de s'appliquer un règlement commercial aux services de télécommunication a


commencé quand ce secteur a été inclus dans les négociations commerciales sous
l'Uruguay rond (1986-93). Cependant, quand le rond fini en avril 1994, avec la création
de WTO et de la signature de l'accord général sur des échanges des services (GATS),
peu progrès avait été fait pour abaisser des barrières de l'entrée dans les

62
télécommunications. Les négociations sur la télécommunication de base (c.-à-d. en
temps réel, transmissions end-to-end de l’information fournie par clients,
principalement la téléphonie de voix) ont continué et ont tiré une conclusion positive en
février 1997. Il y avait environ 69 pays, représentant plus de 90 pour cent du marché
international de télécommunications par valeur, font engagements pour libéraliser
progressivement leurs secteurs de télécommunication.35 Ces engagements ont formé
le quatrième protocole annexé au GATS, et sont entrés en vigueur 5 février 1998. Plus
tard, 17 autres pays ont soumis des programmes de libéralisation, souvent en tant
qu'élément du processus de la négociation pour joindre le OMC.

4. Effet de la privatisation36

4.1 Privatisation des opérateurs en place

À l'heure du rapport de Maitland, seulement une poignée de pays a eu les réseaux de


télécommunication qui ont été possédés et fonctionnés par les entreprises privées
anonymes. Certains parmi eux, comme les Etats-Unis ou les Philippines, ont des
opérateurs de téléphone privés dès le début des télécommunications. Un plus grand
nombre de pays a eu les opérateurs qui étaient partiellement ou totalement possédé
par les secteurs privés, en raison de la participation des compagnies étrangères, telles
que ITT et le GTE. Ce nombre a augmenté considérablement après la privatisation de
la compagnie britannique, Cable ans Wireless (C & W). C & W a été privatisé en deux
étapes (tranches) en 1981 et 1983 et marquait le début de mouvement de privatisation
qui continue aujourd'hui (voir la Figure 4,1). C & W a eu des possessions dans un
certain nombre de différents opérateurs dans tout le Commonwealth, notamment dans
les Caraïbes et dans Hong Kong SAR.

Les premiers pays pour privatiser leur opérateur public de télécommunication (PTOs)
ont inclus le Chili, le Japon et le Royaume uni. En 1989, quand la Guinée-Bissau a
vendu une partie de son opérateur (international) à CPR Marconi du Portugal, il y avait
les opérateurs privés dans chacun des continents principaux du monde. La mode pour
la privatisation avait accentué et plus tard s'était affaiblie. Ceci avait reflété l'humeur
régnante sur les marchés des actions globaux, mais également un effet de ‘’copy-cat’’,
ce qui a vu plusieurs groupes de pays voisins commencer des démarches de
privatisation plus ou moins le même temps. La crête de ceci est venue vers la fin des
années 90 quand un certain nombre de pays européens, y compris la France,
l'Allemagne et l'Italie, tout privatisé leurs PTO en quelques mois l'un de l'autre.

L'année de 2000 a marqué un tournant significatif. En cette année, pour la première


fois depuis le dix-neuvième siècle, le nombre d'Etats membres d’UIT avec les
opérateurs partiellement ou complètement privé ont dépassé ceux en nombre avec les
opérateurs d'Etat. En date de la fin de 2001, environ 106 Etats membres d'UIT avaient
privatisé leurs opérateurs de télécommunications publiques, en partie ou entièrement.
Dans la région arabe et en Afrique, les opérateurs d'Etat sont dans la majorité, mais
dans d'autres régions les opérateurs privés sont dans plus nombreux.

Ces pays qui ont choisi de privatiser leur PTO ont fait ainsi généralement par deux
moyens:

63
• Beaucoup de pays, en particulier pays en développement, ont choisi de vendre
une part de leur opérateur (souvent une participation minoritaire, mais avec la
commande de gestion) à un investisseur stratégique, tel qu'un PTO étranger.
En plus des anciens opérateurs coloniaux établis depuis longtemps, comme
Cable and Wireless (C & W), France Câble et Radio (FCR) ou le CRP Marconi,
les investisseurs étrangers ont inclus Telekom Malaisie, Telefonica de
l'Espagne et SBC communications des Etats-Unis.
• D'autres pays, en particulier les pays développés, ont choisi de faire un premier
appel d’offre public initial (IPO) au public, aux investisseurs institutionnels et
aux employés. Dans beaucoup de cas, les PTOs sont maintenant la plus
grande compagnie individuelle sur le marché boursier du pays.

Naturellement, ces deux approches ne sont pas mutuellement exclusives et beaucoup


de pays ont combiné tous les deux. L'Afrique du Sud, par exemple, d'abord invitée
dans les associés stratégiques de capitaux propres (Telekom Malaisie et AVANT
JÉSUS CHRIST) par un processus offrant et des parts vendues postérieures aux
employés avant de conduire un IPO prévu, qui permettra aux actionnaires originaux de
réaliser le plus valu par leur investissement.

Figure 4.1 : Le phénomène des privatisations


Valeur de privatisations, des operators historiques (US$m)
50'000
Numbre de privatisationspar 15
45'000 14
anr
40'000 13 13
12 12
35'000
10 10
30'000
9
25'000 8

20'000 6 6 6
15'000 5

10'000
2
5'000
1 1
0 0
84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 2000 01

Source : ITU, World Telecommunication Indicators Database

4.2 Qu’est-ce qu’il y a encore à privatiser ?

Après l’apogée de la privatisation vers la fin des années 90, les premières années du
vingt et unième siècle ont été quelque chose moins réjouissante. En 2001, il y avait
seulement neuf transactions de privatisation pour une valeur combinée juste au-
dessus 5 milliards. Les pays privatisent leurs opérateurs publics de télécommunication
pendant 2001 (vente y compris d'une deuxième ou troisième tranche de part) étaient
Croatie, l'Islande, l'Indonésie, la Corée (représentant), le Lesotho, le Nicaragua,

64
Macédoine, le Maroc et la Tanzanie. Ceci reflète en partie les états défavorables du
marché, qui ont mené à un certain nombre de délais, comme le cas pour l'Egypte, ou
aux négociations prolongées, comme au Cameroun. Mais il reflète également le fait
que la plupart des privatisations faciles ont été déjà effectuées. Ceux qui restent, pour
la plupart, sont assaillis des difficultés, par exemple un main d’œuvre gonflé, un
endettement, une opposition politique ou un risque de pays. Un certain nombre de
pays ont dû faire des multiples tentatives pour privatiser, comme la Turquie, ou ont eu
une première tentative repoussée par l'opposition politique et attendent toujours pour
essayer encore, comme l'Uruguay.

Le petit nombre de pays qui restent encore à privatiser leurs opérateurs PTO font face
maintenant à un nouveau problème. Tandis qu'il n'est guère douteux que le secteur
privé puisse faire fonctionner les réseaux de télécommunication publics efficacement et
effectivement, et que l'expérience a prouvé que l'investissement dans un PTO a
généralement généré un bon retour sur l'investissement, le moment n'est maintenant
plus favorable. La plupart de PTOs restant font face à déjà un certain degré de
concurrence privée, qui grignote leur part de marché et rentabilité. S'ils possèdent des
opérations mobiles, ils sont susceptibles d'être dans une meilleure forme, mais ces
opérations mobiles peuvent seulement être possédées partiellement, ou fonctionnées
sous les accords build-transfer-operate (BTO), qui peuvent compliquer des
négociations de privatisation. Pour couronner le tout, les conditions actuelles de
marché sont défavorables.

Il est souvent assumé que la raison principale de la privatisation est d’améliorer le


fonctionnement de secteur. Cependant dans quelques pays, la nécessité de réduire la
dette de gouvernement est également pressante. Les pays qui ont dû se tourner vers
les institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international
(FMI), pour résoudre des problèmes de dette, doivent adhérer aux conditions strictes.
Ces conditions réclament de plus en plus la privatisation des utilités d'Etat. Le FMI
avait obligé l'Indonésie et la Turquie à vendre des parts dans leur PTOs pour réduire la
dette de gouvernement.

Le monde a changé depuis des années 90 et ceci a des implications significatives pour
ces pays à privatiser toujours. La réalité est qu'il est parfois meilleur marché de
commencer à partir de zéro, en utilisant une plate forme de communications de
mobiles et sous-traitant plusieurs des aspects opérationnels et d'infrastructure du
réseau, plutôt que d'acheter un opérateur public, avec tous les problèmes politiques,
sociaux et financiers qui pourraient apporter. En Ouganda, par exemple, où l'opérateur
PTO, UTL, a été récemment acheté par un consortium impliquant Detecon de
l'Allemagne, le prix d'achat était rudement équivalent à ce qui aurait été payé une
troisième licence mobile (UTL a théoriquement possédé la licence, mais n'avait pas
commencé des opérations). La valeur attachée aux autres aspects de l’UTL, réseau,
et bâtiments, pourrait même être négatif.

4.3 Est-ce qu cela fonctionne ?

Il y a une variété de motifs derrière une privatisation de télécommunication. À un


niveau est le désir de revitaliser le secteur de télécommunication en favorisant une
plus grande efficacité de gestion et un accès plus facile aux sources de capital. Mais à

65
un autre niveau est le désir de soulever l'argent pour le gouvernement (habituellement
pour réduire des dettes).

Lesquelles de ces motivations sont dominantes dans un pays particulier? Une façon de
discerner ceci doit examiner l'ordonnancement de la privatisation et de la concurrence.
Si l'ambition principale doit améliorer le statut du secteur, alors la privatisation sera
rapidement suivie (ou même précédée) par la concurrence sur le marché. D'autre part,
si le but est de maximiser le prix afin d'améliorer des finances publiques, et pendant ce
temps le PTO pourrait être garanti une période de l'exclusivité. En Amérique latine, la
plupart des pays ont accordé des périodes d'exclusivité, s'étendant de quatre ans (au
Nicaragua) à dix ans (en Argentine). L’Argentine et le Chili constituent des exemples
intéressants. Le Chili a entrepris sa procédure de privatisation en 1988, sans prévoir
de période d'exclusivité. L'Argentine a quant à elle privatisé son opérateur en 1990 et
accordé aux deux opérateurs régionaux une période d'exclusivité de sept ans,
prorogée ensuite de trois ans. En guise de concurrence, les autorités argentines ont
imposé aux titulaires des licences des obligations, comme celle d'assurer une
croissance du réseau d'au moins 6,5%, objectif dépassé de quelques points, mais la
croissance a ralenti après l'extension de la période d'exclusivité en 1997. Par
comparaison, au Chili le jeu de la concurrence a permis une croissance du réseau de
15% en moyenne au cours des dix années suivant la privatisation, sans que les
autorités aient eu à imposer des obligations. Avant la privatisation, la télédensité du
Chili était deux fois moins élevée que celle de l'Argentine, mais dix ans après la
privatisation, elle était devenue supérieure. On peut estimer le nombre de lignes
nouvelles qu'a ainsi "perdues" l'Argentine à cause de sa plus grande prudence à près
de 6,8 millions pendant les dix années qu'a duré la période d'exclusivité. Si l'Argentine
avait eu une croissance aussi impressionnante que celle qu'a enregistrée le Chili,
grâce au jeu de la concurrence, elle aurait pu compter 14,8 millions d'abonnés au
téléphone fixe en 2000 au lieu de 7,9 millions. Les exceptions à cette règle étaient le
Chili, le Salvador et le Guatemala, qui n'a eu aucune période d'exclusivité. Au Brésil la
période d'exclusivité a duré seulement quelques mois, la durée du processus de
réforme.

4.4 Introduction des participants de secteur privé

Privatiser un candidat sortant est simplement à sens unique de présenter le secteur


privé dans le marché de télécommunication. Il y a d'autres possibilités, par exemple:
• La publication des permis additionnels de fournir à des services de
télécommunication, en concurrence le candidat sortant ou par une certaine
forme de franchisage ou les arrangements build-transfer-operate (BOT). La
Thaïlande est probablement allée plus loin que n'importe quel autre pays en
employant le modèle de franchisage comme manière de présenter le secteur
privé dans le marché de télécommunication.
• Attribution des licences additionnelles de fournir un service spécifique, par
exemple communications mobiles, communications de données, services à
valeur ajoutée, etc... Encore, ceci peut ou ne peut pas impliquer la concurrence
avec le PTO. Au début des années 90, la tendance était d'installer un joint-
venture en participation entre l'opérateur PTO et un investisseur de secteur
privé, pour fournir des communications cellulaires. Beaucoup de pays d’Europe
de l'Est et de centraux ont suivi ce chemin, y compris la Hongrie et la Pologne.
Cependant, a la fin de cette décennie, comme l'introduction des services

66
cellulaires numériques facilitait les pays à avoir plusieurs acteurs de mobile en
même temps, la concurrence est devenue la norme pour beaucoup de pays,
notamment en Europe de l'ouest, des communications mobiles ont fourni la
première expérience de la concurrence de télécommunications. La directive de
l'union européenne qui stipule ses Etats membres devraient attribuer deux
licences GSM au minimum, a aidé à favoriser cette forme de participation de
secteur privé.
• Dissolution d'un ou plusieurs départements du PTO, et les privatisant
séparément des opérations principales, par exemple par un IPO ou un joint-
venture en participation, a fourni une manière pour quelques gouvernements de
présenter la participation de secteur privé.
• Sous-traitées à l'extérieur des activités précédemment conduites par le PTO,
par exemple, ceux qui sont indépendantes des télécommunications (par
exemple équipements de restauration) ou ceux qui peuvent être manipulé plus
efficacement par d'autres (par exemple des télé-centres).

Avec le temps, les arguments avancés en faveur de l'état devenant lui-même le


premier fournisseur des services de télécommunication sont devenus de moins en
moins convaincantes. Parmi les principaux PTOs dans le monde, seulement China
Telecom et BSNL de l’Inde sont toujours entièrement d'Etat. L'état possède toujours en
partie les autres opérateurs principaux, par exemple en Allemagne Deutsche Telekom
ou SingTel à Singapour.

5. Les résultats divergent, quelques années après l’introduction de la


concurrence et la privatisation

5.1 Le prix a baissé ?

Pour savoir si la concurrence a les effets désirés, on doit probablement regarder si les
prix payés par des consommateurs ont baissé par rapport aux ceux aurait été payé en
l'absence de la concurrence. Ceci est compliqué par un certain nombre de facteurs:

• Il y a d'autres facteurs affectant des niveaux des prix, notamment les


changements technologiques.
• Un des effets de la concurrence est d’exploiter les parties structurelles
d’évaluation de prix d’un PTO où la différence entre les coûts et les prix au
détail est la plus grande. En conséquence, dans la préparation à la
concurrence, des PTO sont généralement forcés de rééquilibrer leurs structures
tarifaires. Ceci peut signifier que quelques prix montent (par exemple, le prix
d'un appel local, ou d'un abonnement mensuel) tandis que d'autres prix
tombent (des prix particulièrement de longue distance et internationaux). Ceci
signifie que pour faire une comparaison équitable, il est utile à employer un
panier de tarif plutôt qu'un tarif individuel.
• Pendant que des tarifs sont rééquilibrés, le modèle de consommation de
différents consommateurs change. Par exemple, ils peuvent être plus incités
pour faire plus des appels internationaux ou des appels de mobile et faire des
appels locaux de ligne fixe proportionnellement moins. L'utilisation d'Internet a
également augmenté considérablement la période d’utilisation moyenne des

67
appels locaux. En conséquence, les consommateurs peuvent dériver de vrais
avantages de la concurrence, et même pensent que leur facture moyenne n’a
pas baissé.

En dépit de ces difficultés méthodologiques, la concurrence a généralement entraîné


une réduction des prix des services de télécommunication. Un pays avec une histoire
relativement longue de la concurrence de ligne fixe est le Canada. Comme les parts
des marchés de PTO sont tombées, le prix moyen par minute du trafic a diminué. La
concurrence de revente a été présentée vers la fin des années 80 et la concurrence de
logistiques en 1992. Cependant, le grand tournant est venu en 1998 quand le
règlement des prix sur la longue distance a fini, permettant une innovation beaucoup
plus grande des prix, en particulier une focalisation vers une politique tarifaire
homogène. Au niveau local, la concurrence était beaucoup plus lente pour se
développer, commençant seulement en 1998. Les prix des services locaux (les frais
fixés et les frais d'appel local) ont tendance à monter, en particulier dans des secteurs
ruraux. Cependant, le régulateur canadien (CRTC) estime que le résultat global de la
concurrence dans le secteur est une réduction des factures du consommateur
moyennes entre C$133 (en Saskatchewan rurale) et C$324 (en Colombie britannique
urbaine) de 1995 à 2000. 37 C'est-à-dire, une réduction de entre USS 80-200 par an.

Une image plus complète des effets de la concurrence sur des prix peut être vue en
prenant l'expérience des Etats membres d'OCDE, qui ont maintenant présenté la
concurrence sur la ligne fixe et les marchés mobiles. Les prix moyens de téléphones
résidentiels (basés sur un panier de différents services) étaient autour 17 pour cent
plus bas en 2000 par rapport aux ceux étaient en 1990, et les prix moyens de
téléphones d'affaires autour 32 pour cent plus bas pour la même période. Mais les plus
grandes chutes se sont produites dans la deuxième moitié de la décennie, quand le
nombre de pays permettant la concurrence a doublé.

5.2 Innovation technologique et l’impact macroéconomique du secteur

5.2.1 Une stimulation de l'innovation technologique

Parallèlement à l'ouverture à la concurrence, les progrès techniques se sont fortement


accélérés depuis. Ces deux phénomènes se combinent et s'amplifient mutuellement.
C'est désormais une palette de technologies qui est proposée au consommateur, qui
peut avoir, à bien des égards, l'impression d'un foisonnement un peu anarchique.
Enumérer l'ensemble des possibilités de communication, qu'il s'agisse de haut ou de
bas débit, de technologie fixe ou mobile, terrestre ou satellitaire, serait trop fastidieux.
Mais chacun peut prendre conscience, au quotidien, de ce foisonnement d'innovations.

Toutes ne connaissent, d'ailleurs, pas le même destin. Ainsi, par exemple, le ‘’WAP’’,
préfiguration de service mobile à « haut débit », n'a-t-il pas connu le succès un temps
escompté par les opérateurs, compte-tenu de ses faibles prouesses techniques et
faute de service nouveau apporté au consommateur. A l'inverse, le rythme de
développement très rapide des SMS (short message service, ou service de messages
courts), à l'initiative des abonnés les plus jeunes, n'avait pas été anticipé.

68
Parmi les technologies en développement, beaucoup concernent le haut débit. On
peut, par exemple, citer les techniques RLAN (réseaux locaux sans fil) et UMTS
(téléphonie mobile de troisième génération permettant des échanges de données et
d'images), sur lesquelles misent de nombreux équipementiers et opérateurs.

Le foisonnement technologique est tel que l'avenir de chaque technique est incertain.
Ainsi, les doutes se sont-ils multipliés sur l'UMTS, certains pointant, outre
l'incontestable retard de maturité de la technologie par rapport à l'absurde calendrier
de déploiement fixé à Bruxelles, l'absence d'application suffisamment déterminante
pour le consommateur pour en assurer le succès commercial.

Pourtant d'après certaines entreprises engagées dans l'aventure UMTS, cinq


principaux apports sont à attendre de l'Internet mobile. Ils en assureraient l'avenir et le
succès auprès des consommateurs. Il s'agit :

• de la personnalisation : possibilité de constituer sur son terminal mobile un


portail d'accès contenant des informations personnalisées (météo locale,
circulation sur les trajets habituels...) ;
• des transactions commerciales localisées : par exemple la réservation voire
l'achat d'un billet dans le cinéma le plus proche à la prochaine séance encore
des informations promotionnelles concernant les commerçants du quartier où
est localisé l'abonné ;
• de la messagerie texte/photo/vidéo : certains envisagent d'équiper les
terminaux de petites caméras pour l'envoi d'images animées, là où aujourd'hui
seuls la voix et les textes courts sont possibles (SMS) ;
• des services basés sur la localisation : points circulation, guides à la
navigation, localisation pour les services d'urgence, gestion de flottes
commerciales...
• des loisirs : jeux interactifs, échange de clips vidéo, etc...

Parallèlement au foisonnement des techniques et des services, le cycle d'adoption des


technologies par le grand public ne cesse de se réduire. Ainsi, s'il a fallu quarante ans
pour que 15 % de la population américaine soit raccordée au téléphone fixe, dix ans
pour que la même proportion de la population accède à l'électricité, neuf ans pour le
téléphone mobile et huit ans pour la télévision, ce délai n'a été, aux Etats-Unis, que de
trois ans pour Internet.

5.2.2 L'impact macroéconomique du secteur

Le ‘’boom’’ technologique des télécommunications et d'Internet, se diffusant très


rapidement grâce à l'ouverture et l'harmonisation progressive des marchés, a coïncidé
avec une phase de croissance économique exceptionnellement longue et vigoureuse,
notamment aux Etats-Unis. Cela a conduit plusieurs économistes à parler de ‘’
nouvelle économie’’, estimant parfois que, sous l'effet des gains de productivités liés à
la diffusion des nouvelles technologies, une nouvelle révolution industrielle était en
cours, fondée sur l'économie de la connaissance, gage d'une croissance endogène et
durable, au rebours des théories sur les cycles économiques.

69
Cette phase d'optimisme, qui a alimenté une faramineuse ascension des cours de
bourse des valeurs technologiques, sans aucun rapport avec les fondamentaux
économiques et les modèles financiers traditionnels, a gonflé une ‘’bulle de dot com’’
spéculative. Son éclatement, accéléré et amplifié par l'erreur historique de l'Europe sur
le calendrier et le prix d'introduction de la téléphonie mobile de troisième génération,
laisse place à un paysage sinistré.

Cet emballement et ce retournement, tous deux particulièrement brutaux, ne doivent


pas masquer le réel potentiel économique des secteurs des télécommunications et de
l'Internet mobile. Le secteur des télécommunications constitue l'un des grands moteurs
actuels de la croissance. La libéralisation du secteur a sans aucun doute contribué à
alimenter ce moteur. En effet, elle est intervenue dans un contexte où la plupart des
grands opérateurs historiques avaient achevé leur plan d'équipement de base du
territoire en téléphonie fixe et effectué la plupart des investissements correspondants.

La libéralisation a donc constitué un des relais de croissance, avec l'arrivée de


nouveaux opérateurs et de fournisseurs de services de plus en plus nombreux. Le
développement de nouveaux types d'infrastructures a renforcé ce mouvement, avec
d'abord le déploiement de la téléphonie mobile, puis les réseaux au protocole Internet
(IP), ainsi que l'intégration au sein des réseaux et des systèmes de fonctionnalités de
plus en plus avancées, faisant appel aux applications logicielles.

En France par exemple, l'investissement a été porté jusqu'au milieu des années 1990
par les dépenses de l'opérateur historique, engagé dans un vaste programme de
modernisation du réseau fixe. Au sortir de cette période, et après un creux au milieu
des années 1990, l'investissement est reparti, tiré d'abord par les travaux de
déploiement des réseaux cellulaires, puis relayé par la montée en charge des
opérateurs alternatifs à la suite de l'ouverture complète du marché en 1998.

D'après certaines études les investissements en France des opérateurs et fournisseurs


de services ont augmenté de 50 % entre 1996 et fin 1999, pour atteindre le chiffre de
41 milliards de francs à cette date. En 1990, l'enveloppe d'investissements dans le
secteur en France, portée entièrement par France Télécom, était de 33 milliards de
francs.

Mais l'impact économique global de ce secteur reste difficile à mesurer, surtout depuis
le retournement de la bulle financière sur les valeurs technologiques. Ces résultats
demeurent toutefois instructifs, même s'ils concernent un périmètre quelque peu élargi
par rapport au seul secteur des télécommunications, puisqu'il s'étend à l'ensemble des
technologies de l'information et de la communication.

L'ouverture à la concurrence a permis d'améliorer les services rendus aux entreprises,


consommatrices croissantes de services de télécommunications. Dans sa réponse
écrite au questionnaire de l’enquête, le mouvement des entreprises de France
(MEDEF) met en lumière les effets positifs pour les entreprises de la réduction des
coûts et de l'amélioration de l'offre de services de télécommunications : Les services
de télécommunications irriguent la compétitivité de tous les secteurs de l'économie,

70
aussi bien par leurs coûts en réduction au sein des fonctions de production et de
distribution que par leurs effets sur la productivité des entreprises.

Dans cette optique, le mouvement patronal estime que la réglementation des


télécommunications doit avoir pour but prioritaire de privilégier la compétitivité et
l'efficacité des entreprises françaises tant au sein de l'Union Européenne que dans le
processus de globalisation de l'économie.

Depuis le début des années 1990, le MEDEF a soutenu la libéralisation du secteur des
télécommunications en France, dans le cadre de a l politique générale de l'Union
Européenne, et il se félicite du rôle joué par une concurrence effective sur les prix et la
qualité des services de certains segments de marché.

Pour l'avenir, une large diffusion des technologies de l'information et de la


communication dans l'ensemble de la société et sur tout le territoire est l'un des grands
enjeux de la décennie. Cette évolution se fonde d'ores et déjà sur la rapide
appropriation des nouvelles technologies numériques, dans les usages conjugués de
la voix, de l'Internet et de l'audiovisuel. Cette évolution ne peut que s'accélérer et
devenir un facteur déterminant de la modernité des nations. Elle doit s'inscrire au plus
tôt dans les programmes de l'éducation nationale pour ne pas créer un retard français
en la matière.

Outre les retombées économiques, l'ouverture à la concurrence des


télécommunications a permis d'acclimater, en France, un nouveau mode de
‘’régulation’’, avec la création de l'Autorité de régulation des télécommunications
(ART).

5.3 Revers de la médaille et les lacunes

La concurrence a complexifié le paysage, notamment pour la téléphonie mobile. Les


études montrent un ‘’degré d'ignorance’’ élevé du consommateur du contenu de ses
contrats, des prix (paradoxalement surestimés pour le téléphone fixe), alors que 56%
des utilisateurs de portable ne savent pas se servir de leur terminal. Cas de France,
Le Gouvernement porte sa part de responsabilité dans cette confusion : deux mesures
phares de la loi de 1996 pour le consommateur, l'annuaire universel et le ‘’numéro
personnel’’ (coordonnées téléphoniques qu'il est possible de conserver à vie malgré
changements d'adresse et d'opérateur), n'ont pas été mises en œuvre.

L'un des arguments importants pour la libéralisation du marché des


télécommunications était son importance économique. Mais la libéralisation si
volontiers affirmée par ‘’serment de marché’’ n’a pas fait son entrée dans le monde de
la télécommunication mobile dans certains pays. Prenons le cas de Suisse, le
monopole a été remplacé par un oligopole et trois opérateurs peuvent exiger les tarifs
prohibitifs pour la terminaison des communications sur leur propre réseau sans que
personne n’intervienne, que ce soit le régulateur (l’Ofcom, la Comcom) ou Monsieur
Prix. Les tarifs mobiles ont à peine baissé, de même que les prix pour les appels du
réseau fixe en direction des réseaux mobiles. Les trois fournisseurs mobiles proposent
à leur clientèle des abonnements avec lesquels le coût par minute pour les
communications à destination du réseau fixe – ou du même réseau mobile - se situe

71
dans une fourchette de 15 à 30 ct/min. On exige d‘un opérateur alternatif - uniquement
pour la distance mobile-plate-forme du fournisseur ! - un coût d‘interconnexion de
54ct/min. En outre, ces appels doivent avoir pour destination une destination
étrangère! Plus fort encore : la même conversation effectuée dans le sens inverse (fixe
/ mobile) ne coûte ‘’que’’ 41 ct/min. Ce désordre tarifaire fait que les communications
au départ des mobiles sont privilégiées et que les clients du réseau fixe se font saigner
à blanc. Les prix d’interconnexion sont massivement trop élevés et ne correspondent
pas à des coûts réels, excluant ainsi toute concurrence de la part des autres
opérateurs. La concurrence signifie ‘’prendre des parts de marché à un concurrent’’.
Dans la téléphonie mobile, cette ‘’concurrence’’ signifie jusqu‘à présent ‘’se répartir le
marché toujours grandissant entre trois opérateurs’’. Même l'UE commence à
s’inquiéter des tarifs excessifs du roaming et de ces coûts d’interconnexion
incroyablement élevés. Par exemple, le régulateur a divisé en deux les coûts
d’interconnexion en Autriche.

Des plaintes contre des prix élevés de mobiles ne sont pas limitées en Europe. Deux
opérateurs mobiles du Nigeria ont été critiqués pour les prix élevés d'utilisateur, que
quelques analystes ont expliqués comme le résultat inévitable des prix excessifs des
licences à payer. En fait, les décisionnaires autour du globe continuent à discuter et
équilibrer les buts concurrentiels de renflouer les budgets généraux de gouvernement
par des prix de licences, et d’achever les objectives de service universel en stimulant
des services abordables.

Les principales lacunes sont partagées, à des degrés divers, par l'ensemble des pays
européens : nulle part le dégroupage ne démarre de façon satisfaisante, ni la Boucle
Locale Radio (Wireless Local Loop, WLL), qui se déploie avec retard, ne constitue une
alternative réelle à l'ADSL, qui est partout un monopole de fait des opérateurs
historiques. Si la boucle locale est plus ouverte au Royaume-Uni, pays qui a dix ans
d'avance pour la libéralisation, c'est surtout grâce aux câblo-opérateurs, dont certains
sont aujourd'hui fragilisés. L'aveuglement UMTS, largement distribué et alimenté par la
rapacité budgétaire des Etats (y compris en France, où le Gouvernement n'a pas
‘’dégainé’’ assez vite pou satisfaire son appétit), contribuera sans doute à la formation
d'oligopoles dans plusieurs Etats membres.

5.4 Bulle de 3G en Europe 38

La technologie derrière 3G est certainement intrigante: elle transformerait un téléphone


mobile en ordinateur portable final, la clef à l'Internet mobile. Mais dépenser des
milliards juste pour une licence de 3G avec une technologie non-prouvée?. Peu ont
observé l'avertissement lancé par le Bouygues Telecom, le troisième opérateur de
téléphonie mobile en France. Au cours des deux ans depuis le l'avertissement, la
période de vache à lait ou l’argent facile est fini. Géants de téléphone d'Europe après
avoir dépensé un demi-trillion de dollars sur des licences, des acquisitions, et le
réseau, se battent désespérément pour ne pas écrouler sous les dettes.

Deutsche Telekom se repose sur $60 milliards de dettes et cherche à vendre ses biens
pour récupérer des capitaux liquides. Les « golden boys » dans le temps, tels que
Michel bon et Jean-Marie Messier ont démissionné récemment sous la pression des
actionnaires. Les fabricants des combinés, tels qu'Alcatel, Ericsson se précipitent de

72
quitter le marché, et Nokia a vu ses actions préalablement surévaluées chuté de 75%.
Même le groupe Vodafone, le plus grand supporteur de 3G, est tombé durement.
Début 2000, il a à peine transpiré pour réunir une somme $163 milliards pour l’achat
de Mannesmann de l’Allemagne. Maintenant, les directeurs de Vodafone discutent
pour savoir s’il prendre une dépréciation de $25 milliards à $50 milliards d'acquisitions
achetées au-dessus de la bulle spéculative, une bulle qu'ils ont aidé à gonfler à des
proportions insensées.

Et l'Internet mobile? En fait, le projet de haut débit connu sous le nom de 3G laboure
en avant, cependant sur une plus petite échelle que prévue et une année ou deux en
retard. Dans l'ensemble de l'Europe, les compagnies de téléphonie mobile placent les
premières tours de transmission et testent les combinés, capables de transmettre les
données à une vitesse comparable à celle de large bande ou même plus rapidement,
au plus tôt l'année prochaine. Mais à l’heure actuelle, il n'y aura aucune fête de
lancement. L'industrie de téléphonie mobile d'Europe a découvert qu’une fois le mot de
‘’3G’’ est prononcée, les investisseurs fuirent.

Que s'est produit? Rien, à moins qu’une débâcle continentale. Ce nouveau projet
d’Internet sans fil à haut débit était une ambition audacieuse de l'Europe pour mener le
monde à la technologie cruciale du 21ème siècle. Pour Européens, c'était un méga
projet, l'équivalent dans la taille, vision, et dépenses de programme de l'espace
américain Apollo dans les années 60. Pourtant le 3G a trébuché, une victime pas
simplement de la coïncidence malheureuse du marché mais également une foule de
problèmes locaux s'étendant de manque de vision et les politiciens nationaux avides à
une politique régionale qui a imposé une technologie unique et chère et qui a poussé
tous les pays pour l'adopter par block. Pour couronner le tout, l’industrie de téléphonie
mobile établie sur transmission des mots n'a pas tout à fait créé les services de
données que les clients achèteront. L'industrie n'avait pas pensé à leurs utilisateurs,
elle n’a pensé qu’à leur intérêt.

L'Amérique a eu son implosion dot-com, et les affaires des téléphonies aux Etats-Unis
marchent dans l'eau par sa propre crise. Mais le vieux monde n'a aucune industrie de
logiciel à imiter les pas aux entreprises des Etats -Unis excepté la SAP de l’Allemagne.
De Nokia et Ericsson à Vodafone et à Deutsche Telekom, les affaires téléphoniques
sont l'âme de l'industrie de technologie européenne. Chacune de ces compagnies était
attentive sur l’évolution de 3G à l’échelle mondiale. Et qu'obtiennent-elles? La
technologie retarde, les actions plongent, et la morosité de marchés. Maintenant
l'Europe, qui parient beaucoup de son futur technologique sur une technologie unique,
voit ses champions bloqués dans un marais de la dette liée au 3G. En conséquence,
la région perd rapidement son avantage de téléphonie mobile sur les autres continents.
L'équilibre des forces décale à travers l'Océan Atlantique, pour pencher à Microsoft et
d'autres compagnies productrices d’applications.

Avec les appuis de la Commission Européenne qui fixe le plan et la technologie,


l'Europe a préparé pour créer un réseau continental sur une norme 3G unique. Une
décennie plus tôt, la planification centrale semblable avait aidé à transformer la région
en un marché de téléphonie mobile le plus riche du monde et propulse les acteurs de
téléphonie mobile en Europe comme, de Nokia à Vodafone, dans le cours des grands.

73
Mais le réseau mobile s'avérerait bien plus complexe à orchestrer. Dans les affaires de
téléphone cellulaire, les opérateurs simplement investis dans les réseaux et ont vendu
des combinés et les affaires ont décollé. Les abonnés ont produit leur propre contenu
simplement en parlant. Dans l'Internet mobile, les opérateurs se concentreraient
encore sur ce qu'ils ont connu mieux, établissant les réseaux coûteux et compliqués.
Mais pour l’heure, les combinés sont un problème, les téléphones de 3G peuvent bien
coûter à environ $ 800 et sont gourment au niveau de batterie. Pire encore c’est la
largeur de bande: sans contenu et services à vendre, les réseaux à haut débit sont un
gaspillage d'argent.

Les Européens ont naturellement su que le logiciel était crucial. Ils ont compté sur des
capitaux à risques pour nourrir les start-up de logiciel dans toute la région. Ces start-up
produiraient les jeux, les services de nouvelles, et les programmes de e-commerce
pour apporter l’oxygène à l’Internet mobile. Tandis que quelques jeunes de vingt et
quelque chose débarquaient quelques capitaux à risques, leur aîné jouaient avec de
plus grands pieux. En octobre 1999, Hutchison Whampoa Ltd de Hong Kong est
parvenu à vendre sa filiale européenne de téléphonie, orange, à Mannesmann de
l’Allemagne pour quelque $30 milliards de dollars. La réaction en chaîne des affaires
avait commencé. Ce qui a suivi était une lutte d'offre publique d'achat. Plus, les
années suivantes, des compagnies de téléphonie mobile concurrenceraient dans une
gamme des services d'Internet. Pour ceci, il est apparu alors, ils exigeraient de grands
gros morceaux de l'économie numérique, cela de compagnies de téléphone aux
entreprises d'Internet et aux stations TV câblées. Et dans cette période d'abondance,
ils ont acheté comme un fou. Par exemple France Telecom, en Grande-Bretagne
seulement, il a dépensé plus de $40 milliards pour acheter Orange de Vodafone et
pour avaler du coup la principale compagnie de services d'Internet britanniques,
Freeserve, et de 18% de la compagnie de câble NTL.

Ensuite est venue la période de l'enchère de licences de 3G. Elle a commencé en


mars, 2000 à Londres. Le gouvernement britannique a importé le système américain
d'enchère, jugeant que c'était le concours le plus juste et le plus transparent. Ramener
les13 soumissionnaires à cinq survivants a pris sept semaines et les 150 ronds offrants
épuisants. Il a produit des fortunes pour des coffres britanniques et un désastre pour
l'industrie. L'ennui était, comme Martin Bouygues a noté en France, une perte dans
l'enchère a été vue comme une peine de mort. Ainsi les soumissionnaires n’ont pas eu
beaucoup de choix. En plus, les investisseurs étaient tous disposés à encourager les
compagnies qui survivaient l’enchère en achetant les actions de l’entreprise et à les
punir s'ils écopaient. Les compagnies ont même pensé qu’elles pourraient perdre plus
sur le capital du que le prix de la licence.

Cependant, il y avait une différence cruciale. Les opérateurs payeraient des licences
comptant, et nos pas des actions surévaluées. Comme offres passées $1 milliards par
licence et puis $2 milliards, $3 milliards, et $4 milliards, les preneurs mettent peu à peu
de côté leurs modèles de revenus et de cash-flow soigneusement conçu. Dans une
bataille pour la survie, car les enchères de Londres ont semblé être, les chiffres étaient
de rarement de détails. L’enchère n'est pas basée sur des décisions raisonnables.

Les cadres de chez Nokia et Ericsson s'alarmaient. Ils avaient programmé un mis en
marché ordonné des réseaux et des combinés de pour chaque étape de l'Internet
mobile. Mais les enchères, apparemment conçues par les gouvernements pour

74
expédier des processus de mis en marché, ont pu conduire de petits joueurs hors du
marché et forcer même les grands pour ralentir leur dépense de capitaux. À l'enchère
de Londres, les investisseurs ont ignoré non seulement les chiffres mais également la
forte évidence précoce que l'Internet mobile allait être un super navet.

Le tournant pour l'industrie de téléphonie mobile d'Europe est venu en Allemagne, où


sept groupes ont mis en gage un total de $45 milliards pour des gros gâteau de
précieux spectre. Aux Etats-Unis les bulles de dot-com avaient éclaté quatre mois plus
tôt, et une partie du nouveau scepticisme, avec sa focalisation sur le résultat inférieur,
percutait à travers l'Océan atlantique. Hutchison Whompoa a senti le changement de
l'humeur, à mi-chemin des enchères, il a assommé ses associés, NTT DoCoMo et
royal KPN, en se retirant d'Allemagne. La fête était finie, des actions sont descendues
à travers tout l’Europe. Tandis que les preneurs et les banquiers considéraient leur
ouvrage douteux, le moment des agences de cotations le moment était venu. Ils ont
promptement rétrogradé les côtes de France Telelcom, puis Deutsche Telekom et
KPN.

Le plus triste de tous, au cours des plus de deux ans depuis que ces téléphones de 3G
ont été présentés, les offres en Europe sur la téléphonie mobile se sont à peine
améliorées. Les industries de télécommunications européennes ont lentement
amélioré leurs systèmes pour un service de données plus rapide connu sous le nom
de 2.5G. Mais comme si embarrassé par le flop qu'ils ont produit pendant la bulle, elles
favorisent à peine les services. Au lieu de cela, ils se concentrent sur les générateurs
sûrs de revenu tels que des appels de voix et les messages primitifs de SMS si
populaires parmi des gosses. Ces messages, qui peuvent être transmis par n'importe
quel téléphone, constituent maintenant 10% de revenu des opérateurs. Quelques PDG
craignent que s'ils favorisent les applications plus raffinées sur le combiné, ils risquent
de ralentir le flux de transmission des SMS.

6. Pourquoi la régulation39

6.1 Une partie indispensable dans la réforme de secteur de


télécommunication

Dans le modèle classique de l'approvisionnement de télécommunication des postes,


de téléphone et de télégraphe (PTT), traditionnellement pour la plupart des pays en
dehors de l'Amérique du Nord jusqu'à ce que récemment, on trouve un département
du gouvernemental ou une agence ayant combiné dans une entité les trois fonctions
de décision politique, de réglementation et de l'opération de réseau. Ce modèle avait
des résultats divers. Par exemple, excepté l'Australie, l'Autriche et les pays nordiques,
le service universel n'a été réalisé dans aucun pays sous le vieux modèle.

En conséquence, une certaine forme de séparation de fonctions est considérée


comme vitale pour améliorer la performance de secteur. Il est maintenant banal de dire
que des fournisseurs des services de télécommunication ne peuvent pas être courus
comme départements gouvernementaux.

De la même manière, c'est maintenant terrain d’entente pour chercher un certain degré
de spécialisation intra-gouvernementale qui distingue les fonctions définissant la
politique et de réglementation. Le gouvernement doit se spécialiser dans les larges

75
fonctions définissant la politique qui incluent identifier et établir les objectifs et les
paramètres de l'activité dans le secteur.40

En même temps, il doit y a une entité –l'autorité de réglementation nationale – qui se


spécialise dans l'exécution de ces directives. Essentiellement, alors, les processus
courants de réforme de secteur définissent et séparent la fonction de réglementation
du gouvernement, le distinguant de d'opération de réseau et de fourniture de service
et (dans beaucoup de cas) de décision politique. La réforme de secteur crée
habituellement un besoin perçu d'établir une nouvelle autorité de réglementation.

Certainement, les différents pays ont délimité la frontière entre décision politique et les
fonctions de réglementation avec différentes manières, le Japon et Chine, par
exemple, les ministères de gouvernement agissent en tant que régulateurs et
personnes définissant la politique. Au Canada, il y a un organisme de réglementation
séparé, la Radio-télévision canadienne et la Commission de télécommunications
(CRTC), alors que le gouvernement maintient des pouvoirs forts de politique dans
l'industrie Canada, le ministère compétent, en outre, le gouverneur au Conseil (le
cabinet) a les pouvoirs de publier des directives de politique au CRTC.41 Sur l'autre
extrémité, le Sénégal a supprimé son ministère de communication.

Les gouvernements peuvent avoir de diverses raisons pour embarquer sur la réforme
de secteur, y compris le désir d'augmenter la connectivité, améliorer des services ou
les rendre plus accessibles et abordables pour des utilisateurs. Peu importe les raisons
de la réforme de secteur, elles sont habituellement entourées trois actions en
corrélation:

• L'établissement d'un organisme de réglementation


• Réforme d'organisation de l'opérateur historique, incluant dans certains cas la
privatisation
• L'introduction de la concurrence

Il est techniquement possible de s'engager dans la réforme institutionnelle qui n'inclut


pas chacun des trois éléments, mais généralement, chacun des trois est trouvé sous
une certaine forme dans des processus courants de réforme.42

6.2 Condition nécessaire pour l’investissement privé

Beaucoup de pays en développement cherchent l'investissement privé pour construire


leurs réseaux et pour atteindre les objectifs de service universel. Ces dernières
années, il est devenu courant d’introduire la concurrence dans des nouveaux services
comme téléphonie mobile ou services d'Internet. Et dans quelques pays, la
concurrence directe a été introduite dans le service de ligne fixe. Dans beaucoup
d'endroits, l'opérateur est entièrement ou partiellement privatisé, généralement avec
nouveau management. Dans tous ces cas, le plus souvent le gouvernement a dû créer
un régulateur pour attirer et maintenir l'investissement privé. L'investissement privé est
un module essentiel à établir un marché prospère et innovateur de CIT, qui bénéficie
alternativement des individus, entreprises, et les économies globales des pays.

L'attraction de l'investissement privé exige un environnement stable et des assurances


crédibles contre l'expropriation pure ou administrative. Expropriation ou
«nationalisation » était populaire dans les années 50 et les années 60 mais n'est plus

76
répandu. Ses coûts sont trop élevés pour la plupart des gouvernements dans
l'environnement économique actuel. Dans beaucoup de cas, le risque d'expropriation
pure peut être contrôlé par les moyens de contrats, d’assurance et d'arbitrage bien-
ouvrés.

L'expropriation administrative, cependant, peut se produire quand les actions de


gouvernement affectent l'opération de l'entreprise, comme quand un gouvernement
refuse de permettre des augmentations légitimes des prix, contraint la compagnie
investir dans des secteurs peu lucratifs, ou exige d'elle d'acheter des fournisseurs
spécifiques liés au gouvernement. De telles actions réduisent la capacité d'entreprises
de générer des retours sur l'investissement, abaissant la valeur de cet investissement.
Prises individuellement, les actions de ce type peuvent ne pas sembler significatives.
Mais cumulativement, elles peuvent avoir comme conséquence l'expropriation de facto
de l'investissement. À la différence de l'expropriation pure, qui est l'événement
singulier, décisif ayant pour résultat la perte de propriété, expropriation administrative
est une série d'actions qui taillent au couteau graduellement la valeur de
l'investissement. Les deux processus sont différents, mais le résultat final est
semblable.

L'opérateur historique peut être l'agent pour une forme d'expropriation administrative.
Ici, le PTO, par de diverses actions telles que le refus de l'interconnexion (ou de
l'imposition des limites injustes d'interconnexion) peut être considéré à exproprier les
investissements des nouveaux arrivants de marché. Puisqu'ils impliquent des
dépenses lourdes de capital et prennent relativement longtemps pour rapporter des
retours positifs, les investissements d'infrastructure de télécommunication sont
particulièrement vulnérables à l'expropriation administrative.

Les contrats à long terme ou les licences détaillées peuvent assurer une certaine
protection contre l'expropriation administrative, mais il est impossible d'œuvrer les
instruments à long terme qui couvrent toutes les éventualités. En conséquence, une
certaine forme de règlement est nécessaire pour protéger l'investissement contre cette
forme d'expropriation. 43, 44

Des organismes de régulation indépendants ne sont pas créés seulement afin de


protéger l'investissement Les buts politiques tels que favoriser la concurrence et
réaliser les accès universels sont généralement les raisons citées.45 Mais l'expérience
pratique des régulateurs en actives soutient la thèse que la nécessité de la création
d’un environnement stable d'investissement est une des plus importantes raisons pour
des agences réglementaires indépendants.46 Sur les marchés compétitifs,
investissement privé est nécessaire pour attendre des objectifs de service universels et
d'autres objectifs social-politiques.

6.3 Plan de secours contre le monopole et l’oligopole

Dans le passé, des réseaux de télécommunication ont été généralement considérés en


tant que « monopoles naturels » qui devrait être opéré par une entité singulière et
entièrement intégrée. Les fournisseurs étatiques et monolithiques étaient sujets à la
commande politique directe tandis que les monopoles privés faisaient face au
règlement par les organismes de réglementations spécialisés tels que la Commission
fédérale de communications (FCC) aux Etats-Unis. Dans quelques pays, tels que le
Mexique, des monopoles privés ont été réglés par des dispositions tel que contrats de

77
concession à long terme, sujet à certaines conditions sur la qualité des prix et de
service.

La théorie économique et la pratique politique identifient tous les deux la nécessité de


la régulation des monopoles. Il y a deux mécanismes différents pour faire ainsi:

• par les organismes secteur-spécifiques antérieurs de réglementation


• par les autorités de concurrence générales qui veillent contre des abus
de puissance du marché dans tous les secteurs

6.3.1 Lois de compétition dans les régulations

Dans les pays qui possèdent des traditions de loi de concurrence (anti-trust), aussi
bien que les établissements juridiques efficaces pour imposer cette loi, il est possible
de donner à des autorités de concurrence la tâche de réguler la conduite anti-
compétitive par ceux avec la puissance du marché. Mais la loi générale de
concurrence, pour la plupart, est appliquée à posteriori ou après le fait. Afin de faire
appel l’intervention de l'autorité de concurrence, quelqu'un doive déposer une plainte
au sujet de la conduite anti-compétitive qui s'est déjà produite.

Dans le cas d'une industrie telle que les télécommunications actuelles, qui implique
des relations fortement interdépendantes parmi des sociétés, l'intervention à posteriori
est habituellement trop tardive. Les nouveaux arrivants sont probablement déjà
conduits hors du marché à ce moment là. En conséquence, le règlement des
monopoles et des oligopoles tend à être intégré dans les mandats des organismes de
réglementation de télécommunication nouvellement créés et a assumé un rôle central
même à des organismes de réglementation plus anciens, tels que le CRTC.47 Mais au
lieu d'appliquer les approches à posteriori, qui exigeraient attendre la conduite interdite
de se produire, les régulateurs de télécommunication incluent souvent des éléments
de loi de concurrence dans leurs règlements antérieurs. Par exemple, l'agence
nationale de télécommunications du Brésil (Anatel) a la concurrence comme deuxième
pilier de son modèle de guidage de trois-pilier pour la régulation.

Il est toujours une question et continuer à faire l’objet de débat quant à l’autorité
juridictionnelle devoir être partager entre l’autorité de concurrence et régulateurs de
télécommunication.

6.3.2 Régulations spécifiques au secteur

Dans le passé, beaucoup ont espéré que les marchés de télécommunication


deviendraient assez concurrentiels pour que le règlement général de concurrence
déplace le règlement secteur-spécifique des monopoles et des oligopoles. Ceci n'est
pas venu encore, pour un certain nombre de raisons, y compris les hésitations des
gouvernements pour enlever des barrières d'entrée du marché rapidement et les luttes
des agences réglementaires pour créer des conditions favorisant la concurrence. Les
parts de marché téléphonie élevés de l’opérateur historique, en particulier pour des
services locaux, même dans les pays au premier rang de la libéralisation, illustre la
lenteur de la réforme du marché dans des services de base.

78
Il vaut la peine de noter que quelques pays en développement ont eu un plus grand
succès en réduisant des parts de marché des opérateurs historiques que dans les
pays pionniers. Par exemple, le part de marché de l’opérateur historique de Sri Lanka
est tombé à 88 pour cent en moins de cinq ans, en dépit de la croissance sans
précédent de l’opérateur historique. 48 Et si la téléphonie mobile et fixe sont définies
comme marché de service local, le Cambodge et l'Ouganda locaux simples de
services (avec Bengladesh probable pour être le prochain) sont parmi les premiers
pays dans lesquels les nouveaux entrants ont les parts de marché dépassent ceux du
PTO.

Tout en attendant l'arrivée de la concurrence, des agences réglementaire ont été


données la tâche additionnelle de définir les frontières des segments du marché
monopole et d'oligopole. Naturellement, elles ont augmenté le personnel et les
budgets. Cette démarche a augmenté son budget par une moyenne de 6,8 pour cent
par an de 1991 à 2001, pour manipuler en grande partie des tâches de réglementation
additionnelles et la nouvelle législation de concurrence.

Le règlement secteur-spécifique, alors, ne montre aucun signe de disparition. Mais il


change. Aujourd'hui, le centre de beaucoup de régulateurs de télécommunication a
tourné vers la poursuite des buts socio-politiques, tels que l'accomplissement de
l'accès universel ou construction de l'infrastructure de réseau. En outre, peut-être le
facteur principal de motivation parmi des régulateurs pendant les premières années de
ce siècle est une orientation vers des consommateurs. Avec les besoins des clients à
l'esprit, beaucoup de régulateurs ont intensifié des activités et ont augmenté leurs
capacités de recevoir des plaintes du consommateur et de les soulager. C'est une
illustration du concept que le règlement n'existe pas pour son propre intérêt, ni elle
existe afin de créer des marchés. Plutôt, la réglementation et la concurrence sont de
plus en plus considérées en tant que des moyens d'améliorer et augmenter des
services pour le public et les secteurs commerciaux de pays. Les actions bénéficient
finalement les utilisateurs de grand mass.

6.4 Moyen d’accomplissement des objectifs socio-politiques

Dans le passé, des monopoles étatiques de télécommunication ont été justifiés comme
étant optimaux pour atteindre des objectifs socio-politiques, tels qu'assurer le service
universel, augmenter des possibilités nationales de recherches et de développement,
contribuer à la préparation pour désastre et au rétablissement, et assurer la sécurité
nationale. L'Australie, le Canada, les pays nordiques et quelques autres ont réussi à
réaliser un ou plusieurs de ces objectifs indiqués par l'entretien des monopoles. Mais
pour une majorité de pays – particulièrement pays en développement – les monopoles
n'ont pas atteint ces objectifs socio-politiques dans beaucoup de pays, là il n’y a des
efforts sérieux fournis pour atteindre ces objectifs.

Le choc de la réforme a provoqué une montée subite d'intérêt pour ces objectifs socio-
politiques. Les adversaires de réforme les ont apportés à l'avant des discussions de
politique, arguant du fait que les réformes pourraient nuire à des efforts au nom du
service universel, de la sécurité nationale et d'autres buts de valeurs. Les partisans de
la réforme ont non seulement précisé le défaut du statu quo pour atteindre les objectifs
socio-politiques, mais ont également inclus les dispositions spécifiques de réforme
pour les réaliser. La séparation des fonctions et de rendre explicite de l'exécution des
dispositions de réforme concernent des objectifs socio-politiques.

79
Les agences cherchant la légitimité ont tenté de camper les sujets telles que l'accès
universel. Les agences multilatérales et bilatérales de finance internationale ont
également tenté d’inclure l’accès universel dans les objectives de leurs crédits et
concessions. Pour leur part, les opérateurs ont répondu aux pressions de la
concurrence et aux incitations et aux pénalités écrites dans leurs licences et directives
réglementation pour poursuivre des objectifs socio-politiques. L'ouverture du processus
de politique et de l'approvisionnement de services de télécommunication à de
nouveaux joueurs ont suscité significativement l'innovation et la créativité. Par
exemple, elle est raisonnable d’indiquer que les années 90 témoigne une
augmentation qualitative de recherche, de recommandation et de délibération sur le
service universel,49 et plus de progrès dans le domaine d’extension de couverture de
service aux groupes exclus ont été faits pendant cette décennie que dans tout autre.

Puisque les objectifs socio-politiques tendent à favoriser une redistribution des


ressources, il peut sembler plus approprié de les placer par le processus politique,
plutôt que par l'action d'une agence réglementaire spécialisée.50 Les régulations
économiques ne sont pas purement objectifs et, dans la pratique, beaucoup d'objectifs
sociaux et politiques sont inclus dans les régulations économiques.51 Une approche
peut être de définir des objectifs socio-politiques au niveau politique et
gouvernemental, mais l'organisme réglementaire a la tâche de trouver les meilleurs
moyens pour atteindre ces objectifs.

Certainement, l'organisme de réglementation doit équilibrer ses mandats socio-


politiques avec tous les autres mandats qu'il a été donné par son gouvernement, tel
que la promotion des conditions pour l'investissement. Souvent, cependant, tous ces
mandats seront complémentaires, et en effet, les objectifs socio-politiques seront
souvent les mandats primaires politiques, et d'autres objectives, tels que la promotion
de la concurrence, sont censés pour soutenir. Ainsi, un organisme de réglementation
peut imposer des règles conçues pour planifier l'étape pour la concurrence, mais il
probablement fera ainsi parce que son mandat réclame des activités pour élargir la
disponibilité des services aux prix inférieurs. Ainsi, la concurrence devient un but, mais
seulement un sub-objectif à l’objectif socio-politique plus large de favoriser le
consommateur et le bien-être commercial.

6.5 Rôle d’une agence réglementaire

Beaucoup de théoriciens de régulation regardent le règlement comme, au mieux, un


produit de remplacement pour les forces du marché, qui servent à discipliner le
comportement sur les marchés. Dans cette conception, l'interposition de régulations
est nécessaire seulement quand les marchés ne fonctionnent pas correctement ou
quand ils ne produisent pas, par eux-mêmes, des résultats économiques ou socio-
politiques désirés. En d'autres termes, cette théorie de règlement peut se résumer
dans le vieux dicton : « If it isn’t broken, don’t fix it ». Des régulateurs sont vus comme
arbitres, planant au-dessus du champ du jeu et intervenant seulement quand les règles
sont violées.

Il ne découle pas de cette théorie, cependant, que le règlement des marchés de


télécommunication est imprudent ou inutile. Plutôt, il peut seulement signifier qu'un
plus grand examen minutieux de régulation est exigé pour de certains marchés,
segments du marché, ou joueurs du marché. Cette théorie, en fait, est le soutien

80
conceptuel pour le règlement asymétrique, dans lequel les gouvernements s'appliquent
de régulation plus rigoureuse aux opérateurs (habituellement PTO) avec la puissance
significative du marché, qui sont en mesure d’abuser leur puissance pour biaiser le
marché en leur faveur, empêcher les préventions de régulations. En même temps, les
régulations moins actives sont appliquées aux arrivants de marché ou à d'autres petits
opérateurs, qui manquent de la puissance du marché et sont contraints par des forces
de marché. Il convient de noter que beaucoup d'organismes de réglementation, y
compris la FCC aux Etats-Unis et à l’IDA à Singapour, tiennent compte du fait que les
marchés ne sont pas statiques. Ils permettent aux opérateurs dominants de réclamer
pour le soulagement d'une partie ou de tous les aspects de règlement pour les
opérateurs dominants.

La bonne volonté s'abstenir à la régulation peut être appliquée sur une base
compagnie-spécifique, ou aux segments entiers d'industrie. Ainsi les régulateurs
peuvent décider de continuer de régler les services de télécommunication de base, qui
peuvent encore émerger de la dominance du PTO, mais pour éviter de s'appliquer des
règles strictes à téléphonie mobile, l'accès d'Internet ou aux marchés à valeur ajoutée
de service.

Les gouvernements peuvent décider que leurs régimes de régulations doivent être
construits pour favoriser les développements du marché qui ne se produiraient pas
autrement. Pour des raisons politiques, peut-être, ils peuvent prendre des mesures
pour intervenir sur les marchés afin de créer les conditions qui augmentent le bien-être
public. Peut-être les meilleurs exemples de telles approches sont la pléthore de
programmes de service universel qui peuvent être trouvés dans les pays autour du
monde. Ce sont le résultat des actions des gouvernements pour augmenter la
capacité de marché de fournir le service accessible aux utilisateurs dans tout le pays.

Comme marqué dans la section précédente, beaucoup d'architectes de réforme de


secteur ont espéré créer l'espace pour le développement des forces du marché, qu'ils
croient poursuivront par la suite pendant qu'un marché donné mûrit et devient auto-
correctionnel. Des organismes de réglementation sont chargés de contrôler la
transition à la pleine concurrence, que les gouvernements ont lancée par plusieurs
actes décisifs, tels que la privatisation et l'attribution des licences aux nouveaux
arrivants de marché. Après la concurrence est ‘’achevé’’, les régulateurs sont alors
tournés derrière le front, assumant leurs rôles d'arbitre.

L’expérience réelle, cependant, a enlevé cet espoir. Là où la réforme a réussi, elle a


été parce que l'organisme de réglementation, ou un autre organisme gouvernemental,
a pro activement conduit le processus de réforme, repoussé la résistance de
l’opérateur historique et de tous autres bénéficiaires du vieil ordre. Ce processus
prouve souvent beaucoup plus compliqué et long qu'à initialement prévu.

Il est, naturellement, possible que le rôle du manager de réforme soit rempli par une
entité autre que l'organisme de réglementation. Le ministère post-réforme, privé de
fonctions opérationnelles et réglementaires et chercher une nouvelle raison d’être,
pourraient bien devenir un manager de réforme, alors que l'organisme de
réglementation garde un profil bas. Par exemple, le ministère prendrait des décisions
sur davantage d'ouverture du marché et des principes d'interconnexion, alors que
l'organisme de réglementation préparerait les plans de licences ou les règles détaillées
d'interconnexion. Ceci peut être la solution optimale, théoriquement, mais il exigerait

81
que le ministère soit mené par des personnes dévouées à la réforme et pas accro à la
vielle culture de PTT de monopole.

Il convient de noter qu'il peut y avoir des multiples variations nationales au niveau de
concept de quels objectifs sont inclus dans la définition de la réforme de secteur. Les
pays avec des infrastructures de télécommunication entièrement développées peuvent
regarder la réforme comme simplement question de redistribution des puissances du
marché et établissement d'un régime de régulation claire. D'autres pays, tels que
Singapour, cependant, perçoivent un élément clair de la réforme qui encourage la
croissance industrielle de CIT, en plus de l’objectif mentionné ci-dessus. Là où l’ancien
régime est perçu comme insatisfaisante pour réaliser la croissance de secteur et sa
maturation, l'organisme de réglementation peut être chargé avec des fonctions
spécifiques pour la favoriser. Ce mandat promotionnel serait alors vu comme une
partie intégrale du processus de réforme de secteur.

7. Qu’est-ce que la régulation offres

7.1 Fonctions réglementaires générales 52

Cette section considère des larges catégories des fonctions que les autorités de
régulation exécutent dans la plupart de juridictions. Ces catégories incluent
développer la législation, fonctions de l’application de régulation et la résolution de
conflit. La section conclut avec une brève discussion des méthodes pour passer en
revue des décisions de régulation.

Les fonctions des organismes de régulation changent considérablement d'une


juridiction à l'autre. Dans certains cas, les ministères de communications ou d'autres
départements exécutifs de branche maintiennent la grande autorité pour développer la
législation, les règlements, les décrets et les règles qui composent le cadre de
régulation global pour le secteur, alors que les organismes de régulation exécutent des
fonctions plus limitées pour mettre en application et imposer ce cadre.

Dans un certain nombre des juridictions, les agences jouent un rôle consultatif
important dans le développement politique de governments et les activités de
rulemaking, mais les règlements finals sont prescrits par la branche exécutive ou le
ministère. Dans quelques pays, tels que la Colombie, une entité entièrement différente
de gouvernement – pas l'organisme de régulation – est réellement responsable des
actions d'application dans le secteur de télécommunication. Et dans certaines
juridictions telles que l'union européenne, les corps supranationaux prennent des
fonctions de plus en plus importantes en concevant le cadre de régulation, avec les
différents organismes de régulation mettant en application ces conceptions au niveau
national.

Dans beaucoup d'endroits, cependant, des organismes de régulation sont impliqués


dans tous les fonctions générales discutées dans cette section, indépendamment ou
d'une façon consultative ou de collaboration. Les fonctions générales rulemaking et de
l’application de régulation ont été élargies dans quelques pays pendant que les
nouveaux organismes de régulation ont établi leur légitimité et ont développé
l'expertise technique.

82
Les larges catégories des fonctions de régulation discutées dans cette section
fournissent des moyens de comprendre comment et pourquoi les agences établissent
leur autorité pour accomplir les tâches détail-orientées telles que favoriser
l'interconnexion efficace et le service universel.

Une fonction générale additionnelle des organismes de régulation justifie des


considérations dans ce contexte. Comme avec l'industrie de télécommunication elle-
même, les forces globales influencent de plus en plus le règlement de secteur. La
participation aux forums internationaux et aux organismes devient, donc, une fonction
de régulation de plus en plus important. Par exemple, plus de 50 pour cent des
régulateurs dans le monde aujourd'hui sont considérés comme les ‘’administrations’’
officiels de l’UIT représentant leurs pays. La participation directe des organismes de
régulation dans les forums internationaux tels que celui de l’UIT permet un échange
direct d'information et d'avis parmi les joueurs de gouvernement les plus impliqués
dans le règlement.

7.1.1 Elaboration des règles (rulemaking)

Beaucoup de régulateurs ont le pourvoir de décréter des règles dans une forme ou une
autre, ou au moins sortir les codes ou les ordres sur principes généraux visent aux lois
de télécommunications ou aux politiques. Les régulateurs exercent leurs pourvoir à
travers une grande variété d'instruments juridiques, y compris des règlements, de
directives, de codes, de décisions, d'ordres et de décrets.

Les organismes de régulation possèdent différents types de pourvoir rulemaking, selon


des traditions légales et institutionnelles dans chaque pays. En conséquence, les
modalités sur des questions telles que l'interconnexion peuvent être remarquablement
semblables dans la substance mais entièrement différentes en forme légale. Par
exemple, des règles détaillées d'interconnexion peuvent être trouvées autour du
monde, en général, beaucoup réclament les mêmes modalités, conditions, et même
points d'interconnexion. Mais la règle peut être exprimée différemment comme des
règlements, des ordres, des directives, des codes, des résultats de personnel, des
décrets présidentiels, ou de divers autres types d'instruments juridiques.

En attendant, chaque organisme de régulation peut avoir un arsenal de différentes


manières d'exercer ses pourvoir rulemaking. Un bon exemple peut être trouvé à
Singapour, où IDA a trois moyens généraux de mettre en application des règles. À
Singapour, IDA se fonde sur des codes de pratique publiées comme base pour la prise
de décision raisonnée et non-preferential. Peut-être le plus important en est le code
pour la concurrence dans la fourniture de services de télécommunications d'IDA, qui a
été développée sous l'autorité de la Loi de télécommunications. Le code est
essentiellement le corps de tous les règlements affectant la concurrence parmi des
porteurs de télécommunication. De même que de plus en plus la norme dans
beaucoup d’autres pays, IDA a conduit un processus public de consultation avant
d'adopter le code. Le deuxième moyen est de donner des directions aux permis
spécifiques, instructions de changer le comportement et le délai pour la conformité. Le
troisième moyen est de publier les directives consultatives impliquant tous les aspects
des télécommunications.

Le Brésil donne un bon exemple d'une agence dotée de larges pourvoir rulemaking.
Autorisé par la section 19 de l'acte de télécommunications général, Anatel publie des

83
règles régissant des services de télécommunications publics et privés. Il a également
des fonctions liées à la gestion de spectre, à l'utilisation d'équipement et à la
compatibilité des réseaux reliés ensemble. Anatel développe ses règles à l'aide non
seulement de la consultation publique, mais également d'un comité consultatif. Au
Brésil, la participation publique et la transparence peuvent ralentir le processus
décisionnel, mais en équilibrant la transparence et l'efficacité, Anatel a mis l’accent sur
la première.

Dans quelques pays – en particulier ceux avec une tradition de règlement de base
concessionnaire ou base de licence – le pourvoir de publier des actes ou de modifier
des licences affectant les opérateurs spécifiques ne pourrait pas techniquement être
considéré un pourvoir rulemaking. Mais les décisions affectant différentes licences
composent souvent réellement le corps principal de règles régissant toutes les entités
réglées. Réglemente affectant une licence sert de précédent qui peut être appliqué à
d'autres porteurs ou concessionnaires.

7.1.2 Application

Le pourvoir d'imposer des lois de télécommunication et des décisions de régulation est


critique vis-à-vis de l'efficacité du règlement. Les organismes de régulation qui
manquent d'un mécanisme d'application crédible sont susceptibles d'avoir des
difficultés pour accomplir leurs mandats de régulation.

Beaucoup d'agences ont le pourvoir d'étudier des infractions possibles des lois et des
règlements, y compris leurs propres règles et décisions. Souvent, ces pouvoirs incluent
la capacité de commander des mesures réparatrices. En outre, beaucoup d'agences
peuvent diriger des opérateurs effectuer des actions spécifiques ou prendre des
engagements dans la poursuite des objectifs de politique de gouvernement, tels que
l'accès universel. Les agences peuvent avoir un degré de flexibilité de déterminer les
mécanismes d'application qui sont en particulier des circonstances appropriées.

Les régulateurs ont besoin de ressources suffisantes pour effectuer toutes les
fonctions de surveillance et d'application qui font partie de leurs mandats. Le
pourcentage des budgets des agences affectés à l'application change, cependant, de
la juridiction à la juridiction. Au Brésil, Anatel dépense presque la moitié de ses
ressources financières et humaines sur monitoring et application. Mais ce niveau
élevé de dépense est rare.

7.1.2.1 Pourvoir d’appliquer et objectifs politiques

Dans un effort de favoriser la concurrence, beaucoup de gouvernements ont donné à


leurs organismes de régulation le pouvoir d'exiger des opérateurs dominants d'entrer
dans des accords d'interconnexion avec d'autres opérateurs. Beaucoup d'agences
peuvent également imposer la norme ’’qualité du service’’ (QoS) sur des opérateurs
afin de s'assurer que les consommateurs reçoivent le service consistant et adéquat.
Dans certains pays tels que le Maroc, des normes de QoS sont incluses comme états
de licence, dans d'autres, tel que Singapour et le Brésil, normes de QoS sont adoptées
comme des règlements applicables à tous les fournisseurs de service.

84
En tant qu'élément de leur pourvoir d'assurer des normes de QoS, quelques agences
peuvent exiger des fournisseurs de service de fournir les rapports qui aident les
agences à juger les performances des fournisseurs de service exécution. Par
exemple, en Afrique du Sud, les concessionnaires doivent éditer des statistiques
semestriellement sur des plaintes du consommateur.

7.1.2.2 Pourvoir d’appliquer et infraction de la loi

7.1.2.2.1 Pourvoir d’investigation

Afin de réguler efficacement, beaucoup d'agences ont une ou plusieurs pourvoir


investigations. Quelques régulateurs peuvent exiger des fournisseurs de service de
fournir des rapports sur divers aspects de leurs opérations ou équipement. Les
agences qui ont la responsabilité des approbations de type d'équipement peuvent
exercer cette forme d'autorité, par exemple. D'autres peuvent exiger de divers rapports
financiers ou de comptabilité de surveiller des transactions de filiale ou des règlements
d'imputation. La FCC aux Etats-Unis exige des opérateurs internationaux de classer
des rapports annuels documentant leur le trafic et niveaux de revenu.

Beaucoup de régulateurs ont le pourvoir de commander des opérateurs produire


différents documents ou disques, et peuvent-ils saisir les documents des opérateurs
s’ils ne sont pas conformes. De même, quelques régulateurs peuvent effectuer les
essais sur place afin de déterminer la conformité d'opérateurs à l'homologation, au
QoS ou aux conditions de non-interference de communication par radio. Puisque ce
sont des pourvoir assez intrusives, les fonctionnaires d'agence souvent doivent obtenir
le feu vert juridique avant qu'ils exercent leurs pourvoir de recherche et de saisie.
Dans d'autres pays, cependant, ces pourvoir sont accordés par le statut et peuvent ne
pas exiger aucune pré-autorisation juridique.

Quelques organismes de régulation essayent de faire participer le public en surveillant


le comportement des fournisseurs de service de télécommunication. Au Brésil, Anatel
a proposé un projet de règlement pour enrôler le public en surveillant des opérateurs
en vue des engagements de concession dans certaines régions. Chaque opérateur
devrait fournir l'évidence à certains intervalles qu'elle avait été conforme à ces
engagements. L'opérateur serait requis d'éditer, 30 jours à l'avance, une notification
dans un journal important de son intention de déclarer officiellement à Anatel qu'il
s'était acquitté d'une certaine obligation.

Quelques agences ont le pourvoir et les ressources de surveiller directement certaines


activités, telles que l'utilisation du spectre. Anatel a les possibilités de surveiller
l'utilisation du spectre dans tout le pays par 27 stations mobiles et 56 stations fixées.
Entre autres, ceci permet à Anatel de s'assurer que les compagnies emploient
seulement le spectre dans leurs bandes assignées. Anatel peut également détecter
des cas d'interférence nocive causés par l'équipement défectueux ou les niveaux de
pourvoir peu convenablement élevée.

En conclusion, dans certains cas, les agences peuvent conduire des auditions pour
déterminer si un fournisseur de service a violé la loi. Les circonstances qui réclament
tenir une audition peuvent être indiquées par la législation ou laissé le régulateur la
discrétion. Quand des auditions sont tenues, les agences ont souvent des pourvoir

85
quasi-juridiques, leur permettant de citer des témoins et de commander la production
des documents.

7.1.2.2.2 Sanctions aux fournisseurs de services

Les organismes de régulation doivent souvent suivre leurs investigations et


sanctionner des opérateurs et des fournisseurs de service qu'ils trouvent avoir violé
des lois ou des règlements. D'abord, cependant, les régulateurs peuvent être exigés à
suivent une série d'étapes soigneusement orchestrées de dû-processus avant de livrer
le coup final. Ces étapes sont habituellement présentées à la législation ou aux
règlements, tels que le code d'IDA de pratique pour la concurrence à Singapour.

D'une façon générale, les procédures d'application incluent ce qui suit:

• Fournir la notification de l'infraction alléguée: Les notices sont généralement


sous forme de l'écriture et indiquent les dispositions de la législation qui ont été
ouvertes vis-à-vis de l’infraction. Ils énoncent souvent que quelle ligne de
conduite le service dispensent peut prendre pour remédier à de la situation, ou
ils peuvent instruire le fournisseur de service comment présenter ses vues sur
le cas au régulateur. Quelques notices conseillent le fournisseur de service au
sujet de la ligne de conduite prévue par régulateur.
• Fournir une occasion de répondre: Dans quelques pays, les fournisseurs de
service ont l'occasion de répondre aux allégations. Les régulateurs passeront
en revue souvent la position de fournisseur de service avant de faire une
détermination finale au sujet des sanctions. Dans certains cas, les régulateurs
ne peuvent pas appliquer une sanction avant dûment donner la considération à
la position de fournisseur de service.
• Publication des décisions ou des ordres d'intérim: Quelques agences peuvent
imposer des mesures provisoires, telles que des ordres de cessation et de
renonce, face à n'importe quel dommage sérieux et immédiat qui sont résultat
de la violation de règle ou de l'activité illégale.
• Sanctions d'imposer: Une fois qu'elles ont accompli un ou plusieurs des actions
préliminaires décrites ci-dessus, les agences peuvent avoir l'autorité pour
prélever une variété de sanctions sur un fournisseur de service offensant.
Beaucoup d'organismes de régulation ont la flexibilité de déterminer quelle
sanction à imposer, selon la nature et la circonstance de la violation. Par
exemple, dans beaucoup de pays, les régulateurs appliqueront des sanctions
plus dures aux contrevenants de répétition.

Ce qui suit est un sommaire des types de sanctions que les agences appliquent
généralement:

• Avertissements: Ceux-ci peuvent être publiés quand une violation est


relativement mineure ou n'implique aucun dommage à d'autres opérateurs, au
réseau ou aux consommateurs. L'avertissement indique souvent la nature de
la violation et quelles mesures réparatrices le fournisseur de service devrait
prendre. Il stipule également ce que le régulateur fera si le fournisseur de
service continue son comportement illégal.
• Ordre de cessation et renonce: Beaucoup d'organismes de régulation ont le
pouvoir de publier des ordres pour arrêter un certain comportement qui viole
des lois ou des règlements dans cette juridiction.

86
• Ordres Réparateurs: Les régulateurs peuvent diriger les violateurs de règle
compenser des parties lésées par les conduites violateurs. Le pourvoir de
donner des ordres réparateurs est souvent attachée à la protection des droits
du consommateur, permettant à des agences de combattre les pratiques qui
nuisent à des consommateurs.
• Amendes: Les amendes sont des moyens très courrant pour appliquer des
sanctions. La quantité d’amende ou peut-être l'amende maximum qui peut être
infligée est souvent indiquée dans la législation ou le règlement. Les plafonds
sur des montants d’amende changent de la juridiction à la juridiction, dans
beaucoup de pays, contrevenants de répétition déclenchement les amendes les
plus élevées.
• Emprisonnement: Quelques régulateurs ont le pouvoir d'emprisonner les
officiers ou les directeurs des fournisseurs de service qui violent des lois. Dans
certains cas, l'agence doit s'appliquer à la cour afin d'exercer cette pourvoir.
Puisque c'est une mesure dure, les circonstances dans lesquelles cette
sanction peut être appliquée sont parfois limitées aux cas impliquant des
violations ou la fausse déclaration obstinée.
• Suspension ou révocation des licences: Beaucoup de régulateurs sont
autorisés pour suspendre ou pour retirer la licence, partiellement ou
complètement, des opérateurs dans certaines circonstances, qui normalement
sont définies dans la législation ou dans les limites de la licence elle-même.
Dans certains cas, la suspension ou la révocation d'une licence doit être
précédée par une démarche écrite ou une audition orale.

Dans beaucoup de pays, la législation indique les pénalités pour les contrevenants,
ceci favorise l'uniformité et le transparent en appliquant des sanctions. Anatel a
entrepris une initiative pour favoriser l'uniformité d'application, développant un manuel
qui dicte à méthodes conformées pour étudier des compagnies et la pénalisation de
ceux qui commettent des violations spécifiques. Les pénalités pour des infractions
telles que ne contribuent pas à des fonds universels de service ou outrepasser des
modalités de licences et des conditions changent de la juridiction à la juridiction.

7.1.3 Règlements des conflits

Les conflits commerciaux surgissent inévitablement dans n'importe quel secteur


d'activité économique, et le secteur de télécommunication n'est aucune exception à
cette règle. Conflits entre les parties privées dans cette industrie, cependant, ont
souvent des implications d'intérêt publiques qui dépassent les intérêts économiques
des parties concernées. Par conséquent, beaucoup d'organismes de régulation
maintiennent un rôle en s'assurant que les conflits sont résolus d'une manière dont sert
l'intérêt public.

7.1.3.1 Conflits et interventions réglementaires

Une variété de conflits peut surgir dans le secteur de télécommunication. En effet,


quelques secteurs des affaires sont pleins des conflits, y compris l'interconnexion, les
accords du trafic, ou les accords de licence de technologie. Les conflits peuvent surgir
entre les organismes de régulation et les opérateurs, sur les prix, la qualité de service,
la numérotation, ou l'interprétation correcte des limites de licence. Afin de considérer le
rôle de régulation des agences dans la résolution de conflit, cependant, nous nous

87
concentrerons sur des conflits parmi les opérateurs régulés ou entre les fournisseurs
de service et les opérateurs et leurs clients.

Il y a des organismes spécialisés qui fournissent les services experts de médiation et


d'arbitrage à un niveau international, y compris la chambre de commerce internationale
(ICC), le centre international pour le règlement des conflits d'investissement (ICSID) et
l'association américaine d'arbitrage (A.A.A.). En même temps que l'association
d'industrie de télécommunications cellulaire (Cellular Telecommunication Industry
Association, CTIA) aux Etats-Unis, la A.A.A. a développé un programme d'arbitrage
pour l'industrie sans fil et ses clients. Des conflits administrés selon les règles
d'association d'industrie sans fil sont entendus par des membres du Panel de
télécommunications d'AAA, qui incluent des individus avec l'expertise nécessaire pour
juger des conflits impliquant les issues techniques aussi bien que les légaux.

7.1.3.1.1 Conflits entre/parmi opérateurs

Beaucoup d'organismes de régulation ont de larges pourvoir d'intervenir dans les


conflits entre ou parmi les opérateurs. Par exemple, l'Inde a créé le règlement de
télécommunication de conflits et le tribunal d'appel, qui a la juridiction pour entendre
n'importe quel conflit entre deux fournisseurs de service ou plus. De même, l'article 19
de la loi générale brésilienne donne à Anatel le devoir pour régler des conflits d'intérêt
parmi des fournisseurs de service de télécommunication. Anatel a arbitré plusieurs cas
comportant l'interconnexion et l'accès de réseau.

Dans d'autres juridictions, l'intervention de régulation dans les conflits est plus
nuancée. En Malaisie, par exemple, les parties peuvent chercher la résolution de
conflit par des régulateurs seulement quand les communications et l'acte 1998 et sa
législation subsidiaire de multimédia la permettent expressément. Ainsi, alors que le
régulateur de la Malaisie peut entendre des conflits concernant quelques sujets, tels
que l'interférence de communication par radio, elle n'a pas un pourvoir générale
d'entendre tous les conflits, comme ceux qui impliquent la qualité de service ou les
modalités et les conditions du service.

Dans quelques pays, tels que le Portugal, des services de résolution de conflit offerts
par le régulateur sont seulement rendus disponibles quand les deux parties demandent
l'aide. Dans d'autres cas, une partie peut se référer un conflit au régulateur. Plusieurs
gouvernements ont donné à des organismes de régulation des pourvoir spécifiques en
ce qui concerne des conflits d'interconnexion. Par exemple, à Singapour, l’IDA a de
juridiction sur la plupart des accords d'interconnexion avec les opérateurs dominants.
Des accords entre les concessionnaires non-dominants peuvent l'un ou l'autre être
apportés devant l’IDA, si les deux opérateurs conviennent, ou être traités en tant que
sujets contractuels privés. Au Guatemala, les opérateurs peuvent demander au
surveillant des télécommunications de lancer une démarche d'arbitrage s'ils ne signent
pas un accord d'interconnexion dans les 40 jours.

7.1.3.1.2 Conflits entre opérateurs et consommateurs

Les conflits entre les opérateurs et les consommateurs peuvent impliquer tarifications,
les allégations du service médiocre, ou certaines pratiques telles que le claquement.
Tandis que des conflits entre les opérateurs et les plus grands clients d'affaires sont
fréquemment réglés en privé, les clients résidentiels ou petites entreprises manquent
souvent les moyens à forcer des opérateurs à adresser leurs réclamations. Beaucoup

88
de gouvernements autorisent, donc, leurs organismes de régulation à intervenir dans
les conflits impliquant les consommateurs et la compensation d'ordre le cas échéant.

Les pays membres de l'union européenne ont une obligation de développer des
procédures de résolution de conflit. L'UE a publié une directive exigeant des états
membres de s'assurer que les procédures de « fair, transparent, accessible, timely and
inexpensive procedures are in place to address disputes between users an operators
providing telephonic service and/or a fixed telephone network ».

7.1.3.1.3 Conflits internationaux

Quelques conflits se produisent entre les parties qui sont domiciliés dedans, ou sujets
à, différentes juridictions. De tels conflits ont souvent leurs racines dans une infraction
alléguée d'engagements commerciaux d’un pays ou de traitement différentiel des
parties non-nationales. D'une façon générale, de tels conflits sont adressés au niveau
de gouvernement national, pas entre les gouvernements et les opérateurs spécifiques,
conformément aux traités internationaux tels que les accords de base de services de
télécommunications de OMC. Dans certains cas, des conflits sont adressés par des
traités bilatéraux ou régionaux tels que l'accord de libre-échange nord-américain ou le
cadre Union européen.

7.1.3.2 Médiation, conciliation, arbitrage et détermination expert

Les processus de la médiation, de la conciliation, de l'arbitrage et de la détermination


d'expert sont fréquemment confondus. Il est important de comprendre chacun de ces
concepts principaux. La médiation et la conciliation sont traitées à laquelle un tiers
neutre aide les parties de contestation en atteignant leur propre règlement mais n'ont
pas l'autorité pour imposer une décision obligatoire. 53

L'arbitrage implique une démarche dans laquelle pour des parties soumettent un conflit
à une ou plusieurs personnes neutres afin d’obtenir une décision finale obligatoire. À la
différence la médiation et la conciliation, des parties à une démarche d'arbitrage sont
liées par la décision de l'arbitre.

Dans une détermination experte, les parties soumettent leur conflit à un tiers neutre
avec l'expertise dans le secteur du conflit pour une détermination obligatoire sur les
questions. Une évaluation experte est similaire, sauf que les tiers partie émit une
décision non contraignante.

7.1.3.3 Stratégies pour une résolution efficace

Plusieurs principes et pratiques ont été identifiés comme importants pour favoriser la
résolution efficace de conflit: 54

• Opportunité et efficacité: Des décisions devraient être prises rapidement et


devraient être pratiques pour les deux parties. Elles devraient correspondre
aux réalités commerciales et aux contraintes de régulation. Quelques autorités
de régulation ont placé l'opportunité en avant pour chaque étape dans le
processus.
• Certitude: L’arbitrage et les procédures de résolution de conflit devraient fournir
la certitude en ce qui concerne le processus qui sera suivi et les résultats du

89
processus. La plupart des régulateurs publient les procédures pour la résolution
de conflit à l'avance. Beaucoup communiquent également les résultats du
processus par écrit aux parties dans un laps de temps déterminé. Les résultats
prennent typiquement la forme d'une décision, un ordre, un rapport ou une
recommandation. Quelques régulateurs fournissent des raisons pour leur
décision, bien qu'elle soit commune pour ne pas faire ainsi dans les conflits
impliquant de petites affaires non-complexes.
• Transparence, indépendance et objectivité: Des processus d'arbitrage et de
médiation devraient être marqués par la transparence, l'objectivité et
l'indépendance des décideurs. Typiquement, l'organisme de régulation, ou un
tiers neutre désigné par l'agence ou le ministre, est responsable de l'arbitrage
et de la médiation. Des parties au conflit ne sont pas habituellement autorisées
pour avoir la participation dans la détermination du conflit.
• Confidentialité: Quelques juridictions prévoient la confidentialité en ce qui
concerne l'existence du conflit, de la nature du conflit ou de l'évidence soumise
pendant le conflit.
• Rentabilité: Quelques pays exigent des parties de payer une charge des
services de résolution de conflit, bien que les frais ne soient pas habituellement
excessifs. L'arbitrage et les procédures de résolution de conflit devraient être
rentables. Le coût pour résoudre un conflit doit être beaucoup moins que le
coût de ne pas le résoudre.
• Application: Afin de fixer l'efficacité des démarches d'arbitrage, beaucoup de
régulateurs ont l'autorité pour mettre leur application dans les cas où une ou
plusieurs parties n'ont pas été conformes au résultat d'un arbitrage.

7.1.3.4 Les processus de la résolution des conflits

L'intervention de régulation dans la résolution de conflit prend généralement la forme


de médiation, d'arbitrage ou parfois de détermination experte. Dans certains cas, avant
qu'une autorité de régulation commence activement le processus de résolution de
conflit, elle définit le mandat pour la démarche. Le mandat est souvent basé sur le
rapport du conflit soumis dans la demande pour l'intervention. Les limites sont
habituellement données aux parties avant le commencement de la démarche.

Quelques régulateurs ont l'autorité pour inviter la participation des parties qui ne sont
pas directement impliquées dans le conflit mais peuvent avoir des intérêts en jeu dans
les résultats. Ce pourvoir est habituellement exercé dans les cas qui peuvent avoir des
larges ramifications pour l'industrie et ses dépositaires.

Avant d'intervenir dans les conflits, quelques autorités de régulation exigent des parties
de faire des efforts de bonne foi pour résoudre le conflit sur leurs propres moyens. En
Malaisie, cette condition préalable à l'intervention de régulation est stipulée dans la
législation. En outre, quelques régulateurs rencontrent les parties avant de lancer des
démarches d'arbitrage pour essayer de résoudre le conflit sans arbitrage. C'est
technique normalisée pour Anatel par exemple.

Il y a un certain nombre de différentes approches à la provision de services de


résolution de conflit. Dans certains cas, les personnels de régulation aident
directement aux médiations, à l'arbitrage et aux déterminations d'expert. Dans d'autres
cas, les tribunaux spéciaux de télécommunication ou les cours administratives
entendent des conflits. Dans quelques pays, des services de résolution de conflit

90
peuvent être fournis par un tiers. Au Japon, la Commission de règlement de conflit de
services de télécommunications a été établie le 30 novembre 2001, indépendamment
de l'organisme de régulation, le ministère de la gestion publique, d'Affaires familières,
de poteaux et de télécommunications. La commission est responsable de résoudre
des conflits d'affaires, facilitant le débouché et fournissant de ce fait l'efficacité. CRTC
au Canada a créé un groupe de travail commun d'industrie-gouvernement appelé le
comité de coordination d'interconnexion de CRTC (CISC). CISC cherche à établir le
consensus d'industrie sur les sujets controversés. Il aide aux développements des
données, aux procédures et aux directives qui peuvent être exigées dans divers
aspects des activités de régulation de CRTC. Les groupes de travail de CISC ont
abordé des questions telles que la portabilité locale de numéro, les directives pour des
frais de contribution, le câblage en construction et l'interconnexion.

Quelques autorités de régulation ont la flexibilité de s'appliquer différentes procédures


à différents conflits. La taille et la complexité d'un conflit dictent typiquement les types
de procédures qui sont adoptées. Des démarches d'arbitrage sont généralement
conduites par un nombre impair d’arbitres, habituellement un ou trois. Les arbitres sont
souvent dotés de la flexibilité de déterminer comment les droit de la commission seront
appliqués. Des démarches peuvent être conduites oralement ou par écrie.

7.1.4 Réexamen des décisions des agences de réglementation

En règle générale, les décisions de régulation concernant des actions d'application ou


les conflits sont sujets à la revue ou à l’appel. Afin de favoriser la transparence,
beaucoup de pays publient des informations sur la façon de faire appel à des décisions
de régulation. Dans certains cas, la décision du régulateur sur une question particulière
est accompagnée d'une explication de la façon dont la décision peut être contestée.
Souvent, le droit d’appeler à une décision est étendu à n'importe quelle partie affectée
par une décision, mais dans certains cas, elle est limitée aux parties directement
concernées dans la démarche.

Quelques pays laissent les parties ou le public demander à l'organisme de régulation


de reconsidérer sa propre décision, au Canada, par exemple, CRTC peut passer en
revue ses propres décisions, et puis les annule ou change. CRTC peut même initier
une telle revue sur sa propre volonté. Elle peut également entendre de nouveau les
issues et chercher la nouvelle évidence avant de rendre une décision de revue. Au
Trinité-et-Tobago, une partie peut demander une nouvelle entente d'un conflit sur la
base de la nouvelle évidence ou les évidences pas comme précédemment considérés.
Dans d'autres cas où des revues sont autorisées, comme au Canada, testes de seuil
sont appliqué aux demandes de revue. Les testes de seuil peuvent se relier non
seulement à la découverte de la nouvelle évidence, mais aux erreurs du fait ou de la loi
dans la décision originale, ils peuvent également impliquer la nouvelle information liée
aux résultats ou aux implications imprévues de la décision originale.

Quelques gouvernements permettent des parties affectées par une décision de


l’agence de régulation de faire appel au niveau d’exécutive du gouvernement, du
président, d'un ministre ou du coffret dans l'ensemble. Fréquemment, les statuts de
télécommunications ou les règles définissent des procédures d’appel ou de revue,
s'assurant que de telles démarches sont conduites d'une façon juste et transparente.
Par exemple, des pétitions au Canada pour un examen de coffret des décisions de
CRTC doivent être publiées dans la gazette du Canada, et les copies des pétitions

91
doivent être disponibles pour l'inspection publique. Des décisions de Cabinet pour
changer des décisions de CRTC doivent être accompagnées des raisons écrites.

En conclusion, dans la plupart des juridictions des décisions de l'organisme de


régulation peuvent être faites appel aux cours. Les raisons pour de tels appels
changent. Dans beaucoup de pays ceux-ci sont limités des erreurs de la loi tandis que,
dans d'autres, il peut y avoir les bases constitutionnelles pour l'appel.

7.2 Fonctions réglementaires spécifiques55

La transformation que les marchés et les technologies des télécommunications ont


connue ces dernières années a modifié à plusieurs titres la nature des fonctions
assurées par les instances de réglementation, de même que la façon de les mener à
bien. Certains régulateurs ont vu leur charge de travail diminuer. C'est le cas au
Canada et aux Etats-Unis où ceux-ci consacrent bien moins de temps à la
réglementation des tarifs que par le passé. Les mécanismes du marché ont assuré la
discipline tarifaire que les instances fédérales, les Etats ou les provinces de ces pays
exerçaient auparavant.

Cependant, pour d'autres aspects, la réforme sectorielle s'est accompagnée d'une


augmentation sensible du nombre des fonctions de réglementation et de leur
complexité. En particulier, les régulateurs jouent un rôle de plus en plus actif pour
faciliter l'interconnexion entre les opérateurs historiques et les nouveaux venus, si
nombreux, sur le marché des télécommunications. Parmi les autres fonctions de
réglementation qui impliquent une vigilance accrue dans des marchés plus
concurrentiels figurent l'octroi de licences aux nouveaux acteurs ainsi que la gestion
des ressources spectrales et du numérotage. Les attributions de certaines agences de
réglementation dans le domaine du service et de l'accès universel sont également plus
important dans la mesure où la responsabilité de ces programmes, qui incombait aux
opérateurs historiques en situation de monopole, leur est désormais transférée.

7.2.1 Octroi de licences

L'octroi de licences – ou plus généralement les autorisations accordées par les


pouvoirs publics aux réseaux et aux fournisseurs de services de télécommunication –
est l'une des fonctions de réglementation essentielle dans de nombreux marchés. Elle
est assurée dans certains pays par des instances politiques, et dans d'autres par des
agences de réglementation.

L'octroi de licences est peut-être l'une des fonctions de réglementation les plus
importantes associées à la réforme du secteur des télécommunications. La politique
suivie en matière de licences et sa mise en application déterminent la structure du
marché, le nombre et le type d'opérateurs, le degré de concurrence entre ces
opérateurs, les ressources que procure aux gouvernements l'ouverture des marchés
et, en bout de chaîne, l'efficacité de la fourniture des services au public.

Pour de nombreux marchés, l'octroi de licences est un phénomène récent. Du temps


où les opérateurs publics avaient le monopole de la fourniture des services de
télécommunication, rares étaient les pays qui délivraient ou exigeaient des licences.

92
Les licences ont fait leur apparition lorsque s'est amorcée la privatisation des
opérateurs historiques. Le fait de préciser noir sur blanc les droits et obligations de ces
opérateurs permettait aux investisseurs de réaliser leurs placements en connaissance
de cause. Avec l'instauration de licences, toutes les parties prenantes -
consommateurs, concurrents et gouvernements - pouvaient savoir clairement ce qu'un
opérateur était autorisé ou non à faire et ce qu'il était tenu ou non de faire.

En imposant des licences aux opérateurs de réseaux et aux fournisseurs de services,


les régulateurs poursuivent plusieurs objectifs. Les objectifs généraux sont parfois
définis dans la déclaration de politique d'un gouvernement ou dans la législation
autorisant la délivrance de licences. Les principaux objectives sont décrits comme
suivant : 56

• Réglementation de la fourniture d'un service public essentiel: les


télécommunications de base sont considérées comme un service public
essentiel dans la plupart des pays. De nombreux gouvernements imposent
des licences pour s'assurer que les conditions de fourniture de ces services
sont conformes à l'intérêt général.
• Répartition de ressources limitées: les ressources nécessaires à
l'exploitation d'un service de télécommunication étant limitées (spectre
radioélectrique, numéros et droits de passage par exemple), elles doivent
être réparties équitablement entre les opérateurs, efficacement et dans
l'intérêt général, ce qu'il est normalement possible de faire au moyen des
licences.
• Expansion des réseaux et des services: les conditions dont sont assorties
les licences sont pour beaucoup de pays un moyen non négligeable de
favoriser les investissements dans les infrastructures et de promouvoir les
objectifs de service et d'accès universels. Cela se vérifie en particulier
lorsque les opérateurs publics historiques sont privatisés ou si une certaine
exclusivité est accordée (par exemple, duopole d'opérateurs cellulaires
autorisés à utiliser des ressources spectrales limitées).
• Privatisation ou réorganisation selon des principes commerciaux: une
licence s'impose lorsqu'un opérateur public historique (une administration
des PTT) est privatisé. Elle permet de définir les droits et obligations de
l'opérateur et devient un élément clé de la privatisation.
• Réglementation de la structure du marché: dans ses grandes lignes, la
réglementation détermine la structure du marché des télécommunications et
notamment le nombre d'opérateurs autorisés à fournir des services. Dans
de nombreux pays, l'une des raisons majeures qui pousse à imposer des
licences aux nouveaux opérateurs de télécommunication est d'accroître la
concurrence. Toutefois, l'obligation d'obtenir une licence peut aussi être un
moyen de limiter l'accès au marché. C'est ce que l'on constate dans
certains pays où les régulateurs ont mis en place ou préservé des
monopoles, des duopoles ou d'autres droits exclusifs. Ces droits sont
souvent maintenus pour des raisons politiques ou financières, par exemple
pour augmenter les gains tirés d'une privatisation.
• Mise en place d'un cadre favorable à la concurrence: il est fréquent que les
licences prévoient des conditions qui mettent tous les concurrents sur un
pied d'égalité et limitent les risques de voir un opérateur historique abuser

93
de sa position dominante sur le marché des télécommunications. C'est ce
que l'on nomme généralement dans les licences les clauses de sauvegarde
de la concurrence ou de pratiques commerciales loyales. Il arrive aussi
dans d'autres pays que ces conditions n'apparaissent pas dans les licences
mais dans les réglementations de portée générale.
• Source de revenus pour les gouvernements: la délivrance de licences à des
opérateurs de télécommunication et l'utilisation du spectre radioélectrique
peuvent générer des revenus importants pour les gouvernements. Ces
revenus peuvent être ponctuels dans le cas des mises aux enchères de
nouvelles licences. En outre, les redevances annuelles perçues au titre des
licences constituent souvent une source de revenus régulière utilisée, entre
autres, pour financer les activités du régulateur.
• Protection des consommateurs: dans certains pays, les licences imposent
des conditions liées à la protection des consommateurs. Ces conditions
peuvent concerner notamment les principes de tarification, les modalités de
facturation, les procédures de réclamation par les consommateurs, le
règlement des différends, la limite de responsabilité en cas de service
défectueux et la fourniture obligatoire de certains services aux
consommateurs (services d'annuaire, assistance d'un opérateur et services
d'urgence par exemple).
• Confiance accrue dans la réglementation: en définissant clairement les
droits et obligations de l'opérateur et du régulateur, la licence renforce la
confiance que doit inspirer le dispositif réglementaire. Cette confiance est
un élément essentiel de la procédure d'octroi de licences lorsque la finalité
est d'attirer de nouveaux opérateurs et investisseurs.

Il existe globalement trois façons d'autoriser des réseaux et des services de


télécommunication:

• accorder des licences individuelles aux opérateurs;


• accorder des autorisations générales;
• permettre un libre accès au marché (c'est-à-dire n'exiger aucune licence).

Une tendance constatée dans beaucoup de pays consiste à abandonner les licences
individuelles pour privilégier les autorisations générales. La proposition du Parlement
européen de juillet 2000 en faveur d'une directive sur les réseaux et les services de
communications électroniques (COM(2000) 386) va précisément dans ce sens. Cette
directive, qui vise à remplacer la directive de l'UE de 1997 sur les licences (Directive
97/13 CE), recommande fortement à tous les Etats membres de l'UE d'utiliser des
autorisations générales comme moyen de renforcer le dynamisme et la compétitivité
du marché des services de communication.

Cette proposition de directive souligne que, dans de nombreux Etats membres de l'UE,
les licences individuelles compliquent l'entrée sur le marché et constituent un obstacle
au développement des services transfrontalières. En conséquence, elle préconise
d'appliquer des autorisations générales à tous les services de communications
électroniques et propose de limiter les droits spécifiques uniquement à l'attribution des

94
fréquences radioélectriques et des numéros des plans de numérotage nationaux. Les
pratiques en matière de licences varient sensiblement à travers le monde.

7.2.2 Gestion du spectre

Compte tenu de l'importance que revêt le spectre de radiocommunication en tant que


ressource nationale, il est fréquent que la législation sur les télécommunications
impose la mise en place d'une stratégie nationale pour la gestion du spectre. Cette
tâche incombe en général à l'agence de réglementation, au ministère des
communications ou à un comité chargé de la gestion du spectre national, même si
dans certains pays elle relève de la compétence d'autres ministères ou agences.

7.2.2.1 Coordination entre utilisateurs du spectre

D'une manière générale, les stratégies de gestion du spectre définissent les principes
de la coordination entre utilisateurs de fréquences concurrents. La coordination se fait
à deux niveaux. Il y a en premier lieu la coordination de l'utilisation des fréquences qui
se déroule au niveau international et pour laquelle le Secteur des radiocommunications
de l'UIT (UIT-R) joue un rôle central. L'UIT-R tient des conférences pour déterminer,
entre autres choses, les fréquences qui doivent être retenues pour des services
particuliers.

En second lieu, intervient la coordination du spectre au niveau national. La


concurrence est souvent vive entre les divers utilisateurs du secteur militaire, de
l'aviation civile, du transport maritime, des services d'urgence, de l'observation de
l'espace, de la radiodiffusion, des communications mobiles et cellulaires, des
télécommunications fixes et des satellites. Dans chaque pays, le régulateur du spectre
assigne des bandes spectrales pour certaines utilisations, tout en respectant les
paramètres fixés par l'UIT-R.

La forte demande voudrait que le maximum de spectre soit mis à disposition dès que
possible, mais nombreux sont les pays qui préfèrent en réserver une partie à une
utilisation ultérieure. Cela permet au régulateur du spectre de faire face aux
innovations technologiques futures et de répondre à la demande accrue de services.

Les régulateurs du spectre sont souvent dotés des pouvoirs nécessaires pour favoriser
une utilisation plus efficace et plus fructueuse du spectre. Certains peuvent réassigner
le spectre dans certaines conditions afin de mettre en oeuvre de nouveaux services ou
de nouvelles technologies. A titre d'exemple, Singapour vient de demander à Mobile
One d'interrompre l'utilisation de son spectre AMRC pour pouvoir l'affecter à des
services de troisième génération (3G).

Les conséquences d'une mauvaise gestion du spectre peuvent être désastreuses. Aux
Etats-Unis, des quantités considérables de spectre ont été allouées au Ministère de la
défense, aux télédiffuseurs et aux opérateurs de satellites dans des bandes jugées
cruciales pour le déploiement des services 3G par les opérateurs de services hertziens

95
de Terre. Jusqu'ici, toutes les tentatives menées pour trouver un compromis à propos
de l'utilisation de ces bandes ont échoué. Bien que l'Administration américaine
examine de nouvelles solutions pour augmenter le spectre disponible, les opérateurs
hertziens ne disposent toujours pas des ressources selon eux nécessaires pour
permettre le lancement des services 3G.

7.2.2.2 Octroi de licences aux utilisateurs de spectre

Pour beaucoup de pays, l'assignation de fréquence repose sur le principe que le


spectre constitue une ressource nationale qui, à ce titre, ne peut être détenue ou
utilisée de façon illimitée par une seule entité. Compte tenu de l'importance du spectre,
les régulateurs, d'une manière générale, gardent le contrôle de son utilisation. C'est la
raison pour laquelle les fréquences sont le plus souvent attribuées à des fins
commerciales dans le cadre d'une procédure d'octroi de licences ou d'autorisations.

La durée de validité des licences d'utilisation de spectre est généralement limitée et


comprise entre 10 et 20 ans. Certaines licences sont renouvelables, mais pas toutes.
L'assignation de fréquence va le plus souvent de 5 MHz à des paires de bandes de 15
MHz. Les licences sont parfois accordées dans des limites géographiques, l'opérateur
n'étant autorisé à utiliser une fréquence que dans une zone donnée. Cela permet au
régulateur d'assigner la même bande de fréquences à plusieurs opérateurs desservant
des zones distinctes. Dans les pays suffisamment étendus pour pouvoir pratiquer cette
division géographique, la méthode peut augmenter le nombre de licences disponibles
sur l'ensemble du marché.

Les régulateurs du spectre sont généralement responsables de l'assignation des


fréquences à des fins commerciales. Toutefois, les conditions ou les critères
applicables à ces assignations relèvent souvent du domaine légal ou politique. Dans
les éléments et critères courants, on trouve:

• la capacité technique du demandeur retenu à utiliser efficacement les


ressources spectrales;
• la capacité du demandeur retenu à établir une activité solide et durable qui
favorisera la compétitivité de l'industrie à long terme;
• l'assurance que le réseau bénéficiera des investissements nécessaires; et
• l'assurance que l'assignation de fréquence profitera aux consommateurs en
leur garantissant des services à faibles prix, une mise en place rapide des
réseaux et des services novateurs utilisant le spectre assigné.

Les fréquences sont généralement assignées selon deux méthodes: soit dans l'ordre
d'arrivée des demandes ("first come, first served", FCFS), soit par une procédure
d'octroi de licences avec mise en concurrence. Cette deuxième solution inclut la mise
aux enchères, l'évaluation comparative ("concours de beauté") et plusieurs autres
options

La plupart des pays industrialisés et un certain nombre de pays en développement ont


adopté la méthode FCFS pour la majorité de leurs procédures d'octroi de licences. En

96
règle générale, cette méthode est appliquée lorsque le spectre disponible est suffisant
pour répondre à la demande pour une bande de fréquences donnée et que la
poursuite d'objectifs particuliers de la politique de télécommunication ne nécessite pas
d'autres mesures. Les licences accordées dans l'ordre d'arrivée des demandes portent
souvent sur des services spécifiques. Dans la majorité des cas, la méthode FCFS
implique que les sociétés déposent une demande de licence pour l'utilisation du
spectre. La licence est délivrée dès lors que le demandeur remplit certaines conditions
particulières.

Parmi les régulateurs qui ont adopté la méthode FCFS, beaucoup continuent de
surveiller l'utilisation des fréquences. Si l'utilisation d'une bande donnée devient
particulièrement dense ou si l'intérêt général l'exige, le régulateur du spectre a souvent
la possibilité de contrôler plus strictement l'assignation, notamment en appliquant une
procédure de mise en concurrence pour l'octroi des licences. Dans certains cas, le
régulateur évalue l'attrait que peut susciter une bande de fréquences en consultant le
public par le biais d'une publication officielle ou en lançant un appel d'offres.

Un grand nombre de juridictions attribuent des licences pour l'utilisation du spectre en


procédant à des enchères, généralement sur la base d'offres de prix ou d'offres de
niveaux de services. Dans la plupart des pays, les enchères n'impliquent aucune ou
quasiment aucune analyse qualitative des candidats. Pour s'assurer cependant que les
soumissionnaires retenus utiliseront les fréquences efficacement et d'une manière qui
favorisera le développement du réseau, beaucoup de juridictions exigent que les
soumissionnaires potentiels remplissent certains critères avant de pouvoir prendre part
aux enchères.

Plusieurs pays ont adopté des dispositions pour se prémunir contre d'éventuelles
collusions. Dans certaines juridictions comme celle de Hong Kong, Chine, le régulateur
du spectre examine avec soin les relations existant entre les soumissionnaires pour
établir s'ils sont liés de quelque manière que ce soit. Au Canada et dans quelques
autres pays, les enchérisseurs doivent soumettre une déclaration dans laquelle ils
certifient n'être liés avec aucun des autres enchérisseurs participants et ne coopérer
avec aucun d'entre eux.

Dans certains pays, le régulateur ou l'organisme chargé de la concurrence est habilitée


à mener une enquête à l'issue de l'enchère, s'il suspecte un comportement contraire
aux règles de la concurrence. Au cours des deux dernières années, les présomptions
de collusion lors des enchères organisées pour des licences de services 3G hertziens
sont devenues un problème épineux pour plusieurs pays européens dont l'Autriche,
l'Italie et les Pays-Bas. En Italie et aux Pays-Bas, ce problème a conduit les autorités à
mener des enquêtes a posteriori sur la conduite de participants à diverses enchères.
Dans les deux pays, les instances chargées de la concurrence ont craint que certains
participants ne se soient retirés prématurément à la suite d'accords stratégiques ou de
menaces de la part d'autres soumissionnaires. Dans le cas de l'enchère organisée en
Allemagne pour les services 3G, certains participants ont prétendu que des opérateurs
avaient fraudé en transmettant des signaux codés, destinés à indiquer qu'ils étaient
disposés à coopérer avec certains opérateurs concurrents en acceptant certains types
de licences. Finalement, les instances allemandes responsables de la concurrence ont
décidé de ne pas donner suite à ces allégations, estimant qu'il serait très difficile
d'établir si un message codé avait été envoyé ou reçu.

97
Dans certaines juridictions, les enchères se déroulent en plusieurs étapes. L'enchère
pour les services 3G en Allemagne en comptait par exemple deux. La première étape
a consisté à mettre aux enchères, simultanément et avec plusieurs séances d'offres,
entre quatre et six licences. Lors de la seconde étape, 5MHz supplémentaires de
bandes non appariées ont été proposés à un panel restreint regroupant les
soumissionnaires retenus à l'issue de la première séance. Cette méthode a été choisie
pour mieux adapter à la demande du marché et aux plans d'entreprise des
soumissionnaires. L'idée sous-jacente était que le spectre proposé sous forme de
bandes appariées ou non appariées pouvait convenir plus ou moins en fonction des
services visés. Le Gouvernement allemand a donc voulu laisser la possibilité à chaque
soumissionnaire de choisir son spectre selon son plan d'entreprise, au lieu d'imposer le
spectre disponible par voie réglementaire.

Dans le cas de Hong Kong, Chine, l'enchère pour les licences 3G doit également se
dérouler en plusieurs phases. Après une présélection, les soumissionnaires
participeront à une enchère avec plusieurs séances d'offres simultanées. Les gagnants
pourront prendre part à la seconde phase, au cours de laquelle le commissaire-priseur
déterminera s'il existe une quelconque relation (c'est-à-dire un lien étroit) entre des
soumissionnaires. Si tel est le cas, les soumissionnaires concernés devront s'engager
à rompre ce lien par un "engagement irrévocable", ou concourir entre eux pour avoir le
droit de continuer à participer à l'enchère en soumettant une offre unitaire sous pli
scellé. Au cours de la troisième et dernière phase, les soumissionnaires remettront une
offre unique sous pli scellé qui servira à établir l'ordre dans lequel ceux-ci pourront
choisir les licences.

Cette tendance en faveur des enchères est relativement récente. Avant le milieu des
années 90, beaucoup de pays procédaient à des évaluations comparatives pour
octroyer des licences. Depuis cinq à dix ans, nombreux sont les pays qui choisissent le
plus souvent d'assigner des fréquences en recourant aux enchères lorsque la
demande de spectre est supérieure à l'offre.

Cette pratique semble toutefois rencontrer une hostilité grandissante. Dans certains
pays européens, les licences de spectre mises aux enchères pour les services mobiles
3G ont atteint des prix record. Si les enchères ont été une source de revenus
considérables pour les gouvernements, le coût élevé du spectre a pesé lourdement sur
l'industrie dans son ensemble. C'est pourquoi l'utilisation des enchères est
sérieusement remise en cause.

L'évaluation comparative ("concours de beauté") consiste à évaluer les candidats en


fonction de différents critères et d'octroyer les licences aux candidats qui arrivent en
tête. Les candidats sont informés préalablement des critères de sélection et de leur
pondération. Ces critères peuvent inclure:

• le prix offert par le candidat;


• le plan d'entreprise du candidat;
• la capacité du candidat à utiliser le spectre efficacement;

98
• les offres de services prévues par le candidat, y compris la gamme et la qualité
des prestations;
• la détermination et la capacité du candidat à investir dans le réseau et à
favoriser son déploiement;
• la technologie qui sera utilisée par le candidat;
• le coût pour le consommateur.

7.2.3 Diverses fonctions spécifiques

Les diverses fonctions spécifiques comme l’interconnexion, séparation structurelle et


séparation des comptabilités, fusion et acquisitions, régulation sur les opérateurs en
position dominante, contrôle des prix, numérotage et portabilité et service universel
sont décrits dans la section suivante.

7.3 Instruments réglementaires favorisant la concurrence sur un marché


caractérisé par la convergence

En raison de l’interdépendance des marchés de télécommunication, on constate dans


le monde entier que pour que l’ouverture à la concurrence porte ses fruits, les
responsables de la réglementation doivent être activement présents dès les premières
étapes de la restructuration du marché. Toutefois, face à la convergence numérique,
de nouvelles difficultés doivent être résolues dans le cadre des instruments
réglementaires récemment élaborés afin d’encourager la concurrence sur le marché
des télécommunications. Dans la présente section, nous analysons les incidences de
la convergence sur la compétitivité des marchés de télécommunications et nous nous
demandons comment l’intervention ou la non-intervention des responsables de la
réglementation dans un certain nombre de domaines (interconnexion, séparation
structurelle et séparation des comptabilités, fusions et acquisitions, contrôle des prix,
numérotage et obligation de service universel) favorisent ou, au contraire, empêchent
l’instauration d’une réelle concurrence.

7.3.1 Interconnexion

Les conditions d’interconnexion restent dans la plupart des pays un élément clé, sinon
l’élément clé, de la création d’un marché pleinement concurrentiel. Ces dernières
années, les responsables de la réglementation ont élaboré des cadres juridiques
adaptés visant à résoudre la plupart des questions liées à l’interconnexion. Toutefois, à
mesure que la convergence progresse et que les prestataires de services tendent à
fournir une gamme intégrée de service sur divers supports de communication, de
nombreux nouveaux problèmes ne manqueront pas de surgir.

Ainsi, on peut se demander si les compagnies de télévision par câble, les fournisseurs
de services Internet et les fournisseurs des services à valeurs ajoutées qui leur sont
propres devraient être tenus de s’interconnecter avec d’autres compagnies de
communication en activité sur le marché.

99
Aux Etats-Unis, aux termes d’une décision judiciaire, AT&T a été tenue d’ouvrir le
réseau de télévision par câble, Excite @Home, que la compagnie venait d’acquérir aux
fournisseurs de services Internet qui souhaitaient l’utiliser pour transmettre du trafic
Internet. 57 Bien que les instances de réglementation telles que la Federal
Communication Commission (FCC) des Etats-Unis n’approuvent pas cette méthode,
l’idée fait son chemin que sur un marché caractérisé par la convergence, il convient,
pour encourager la concurrence loyale, d’exiger de tous les opérateurs gérant des
infrastructures créatrices d’obstacles qu’ils passent des accords d’interconnexion.

Dans ce nouveau contexte, tous les réseaux de communication sont considérés


comme étant des systèmes génériques qui assurent une transmission numérique sous
toutes ses formes et, en tant que tels, doivent être traités et réglementés comme des
réseaux de télécommunication publics. L’intégration de services en des réseaux
apparemment capables e fonctionner en interconnexion et utilisant diverses plates
formes technologiques pourrait constituer un grand pas en avant pour les
consommateurs doivent négocier avec plusieurs fournisseurs différents pour avoir
accès aux services de communication dont ils ont besoins.

7.3.2 Séparation structurelle et séparation des comptabilités

Au début de la restructuration des marchés, la séparation structurelle et la tenue de


comptabilité distincte sont considérées comme des stratégies clés pour éviter que
l’opérateur historique (Opérateur public de télécommunication, PTO) n’opère des
subventionnements croisés entre des diverses activités. De manière analogue,
l’instauration d’une concurrence loyale passe par l’individualisation des installations et
des composants du service.

Toutefois, la progression de la convergence remet en cause cette façon de voir.


Nombreux sont ceux qui commencent à douter du bien-fondé de ces distinctions.
Beaucoup pensent qu’afin d’encourager la convergence numérique, il est plus
judicieux du point de vue économique et réglementaire d’autoriser l’intégration et le
regroupement de services multiples en un seul et unique forfait multimédia.

En fonction du degré de concurrence et de l’ampleur de la convergence déjà en


vigueur sur le marché, les responsables de la réglementation auront de nombreux
problèmes à résoudre. Sur les marchés où la concurrence en est à ses débuts et où la
convergence des services et des technologies joue un rôle encore négligeable, il
semble logique de vouloir procéder à des séparations structurelles et établir des
comptabilités distinctes. Il en irait à l’inverse pour des marchés sur lesquels la
concurrence s’étend à divers segments et sur lesquels la convergence entre les
services est en progression.

7.3.3 Fusion et acquisitions

Les entreprises utilisent les fusions et acquisitions pour donner un coup de fouet à leur
compétitivité et renforcer leur présence sur les marchés nationaux et le marché
mondial. L’intégration verticale et horizontale entre les installations, les services et le
contenu est désormais un lieu commun de l’industrie des télécommunications. Un

100
grand nombre de ces entreprises concluent des accords de partenariat pour renforcer
leur compétitivité. Toutefois, on peut se demander si le marché dans son ensemble
offre encore des perspectives à la concurrence, au vu des initiatives stratégiques
prises par les grandes compagnies.

Sous l’angle de la réglementation, les fusions, acquisitions et alliances peuvent avoir


diverses incidences sur la concurrence. Dans certains cas, la nouvelle répartition des
capitaux peut permettre à tous de lutter à armes égales (par une égalisation des
chances entre les concurrents du point de vue de la taille, de la puissance
commerciale et d’autres variables économiques), favorisant ainsi le renforcement de la
concurrence sur le marché. Néanmoins, dans beaucoup d’autres cas, ces initiatives
entraînent un regroupement des marchés et le développement d’oligopoles.

En outre, alors que les fournisseurs de services mondialisent leurs activités, la nouvelle
répartition des capitaux sur un marché peut avoir de graves répercussions sur la
compétitivité des marchés étrangers. Par exemple, si la fusion entre WorldCom et MCI
s’était passée comme il était initialement prévu, elle aurait eu pour résultat de
concentrer entre les mains d’une unique compagnie plus de la moitié de toutes les
connexions dorsales Internet dans le monde. Cette fusion fut l’un des premiers défis
auxquels les autorités chargées de réglementer la concurrence se sont trouvées
confrontées du fait de l’apparition des nouveaux médias numériques, non seulement
sur le marché d’origine, mais également à l’étranger. C’est pourquoi il a été proposé,
compte tenu des répercussions que certaines de ces fusions et acquisitions entraînent
sur le plan mondial, que les autorités et les instances de réglementation de tous les
pays concernés participent à la prise de décision. 58

La plupart de ces fusions, acquisitions et alliances entraînent des avantages et des


inconvénients ; autrement dit, les instances de réglementation devront faire face à des
problèmes complexes qu’aucune recette unique applicable à tous les pays ne permet
de résoudre. En ce qui concerne les séparations et les regroupements, il semble que
la méthode la plus réaliste soit de trouver des solutions locales, compte tenu du profil
et de la situation des marchés locaux.

7.3.4 Opérateurs en position dominante

L’existence d’opérateurs dominants et la nécessité qui en découle de mettre en place


une réglementation asymétrique ne sont pas seulement les résultats des méga fusions
qui ont lieu il y a 2 ans, mais aussi la conséquence naturelle des années de régime de
monopole sur la plupart des marchés de télécommunication du monde. Pour empêcher
une hégémonie sur certains nouveaux segments du marché (par exemple sur le
service de téléphone mobile à large bande), certains pays ont tout au moins dans un
premier temps, interdit leur accès aux opérateurs dominants. Au Brésil, par exemple, il
a été interdit à l’opérateur PTO s’implanter sur le marché de l’Internet. En Inde, une
situation analogue existe sur le marché du cellulaire.

La réglementation asymétrique présente plusieurs avantages visant à encourager les


nouveaux arrivants à développer leur implantation sur le marché. Cependant, d’après
certains analystes, elle risque d’entraver le développement rapide de la convergence
numérique. Qui dit convergence dit surtout expérimentation de diverses technologies

101
et de divers services. Or, interdire à des concurrents disposant de gros moyens et de
technologies de pointe d’entrer sur certains segments de marché peut, à longue
échéance, s’opposer à l’intérêt des consommateurs. C’est pourquoi il a été proposé
d’élaborer des règles spécifiques, afin d’éviter que certains fournisseurs de services
n’abusent de leur position de force sur le marché, au lieu que soit adoptée une
réglementation asymétrique dans son ensemble.59

Il faut toutefois reconnaître qu’il est presque impossible aux responsables de la


réglementation disposant de ressources et de capacités institutionnelles limitées,
particulièrement dans les pays en développement, d’élaborer et de faire appliquer des
règles spécifiques pour éviter les abus de pouvoir sur le marché. Pour certains de ces
pays, les seuls moyens permettant à tous de lutter à armes égales sont d’appliquer
une réglementation asymétrique et d’interdire aux grands exploitants de s’implanter sur
certains segments de marché.

7.3.5 Contrôle des prix

L’évolution des prix est l’un des indicateurs les plus tangibles de la compétitivité des
marchés. C’est également l’un des outils les plus précieux dont disposent les
responsables de la réglementation pour stimuler la concurrence, tout en préservant
des objectifs sociaux essentiels tels que le fait d’assurer l'accès universel aux
télécommunications. Les approches en matière de réglementation des prix (des tarifs)
évoluent en même temps que les marchés des télécommunications passent des
monopoles à la concurrence. Plus la concurrence s'intensifie, plus la tendance est à la
déréglementation des prix.

Aujourd'hui dans de nombreux pays, les tarifs des services soumis à la concurrence ne
sont pas réglementés. La réglementation des prix se limite bien souvent aux seuls
services fournis par les opérateurs dominants - et uniquement dans les marchés
spécifiques où ils sont en position dominante. Il n'en reste pas moins que les tarifs de
la téléphonie locale de base continuent d'être réglementés dans la quasi-totalité des
pays. En revanche, ces services téléphoniques locaux - lorsqu'ils sont assurés par de
nouveaux opérateurs de téléphonie fixe ou mobile concurrentiels - ne sont
généralement soumis à aucune réglementation tarifaire. Il en va de même pour les
services longue distance nationaux et internationaux qui sont fournis par de nouveaux
concurrents. Précisons que des services similaires fournis par des opérateurs
dominants peuvent également être déréglementés, si le niveau de concurrence le
permet.

Tout indique que la concurrence fait baisser les prix des services de la
télécommunication. Ce phénomène est particulièrement net dans le cas de certains
services, par exemple la libéralisation des services internationaux et nationale longue
distance fait généralement chuter les prix par rapport au niveau qu’ils avaient avant
l’ouverture à la concurrence.

Dans le cas des mobiles, la situation est plus complexe. Bien que les marchés
mondiaux de la fourniture de services mobiles soient ouverts à la concurrence, d’autres
composantes entrent dans les coûts de mobile, par exemple le prix des
communications locales et des lignes louées, qui peuvent se traduire par des

102
tarifications élevées pour les abonnés. Dans certaines régions du monde, les
consommateurs protestent contre le fait que les communications locales sont tarifées à
la durée. Ainsi, en Europe, plusieurs groupes coordonnent des actions et font pression
pour obtenir une révision de la méthode de taxation des services locaux.
Les services de télécommunication autres que les services de base, comme l'accès à
l'Internet ou les offres à valeur ajoutée, sont généralement déréglementés dans
beaucoup de pays, tout particulièrement s'ils sont fournis par des opérateurs non
dominants. Certains pays mettent en place des mesures de sauvegarde contre des
comportements anticoncurrentiels pour s'assurer que les opérateurs dominants ne
recourent pas à des prix abusivement bas ou à d'autres pratiques préjudiciables. Le
plafonnement des prix est la forme de réglementation tarifaire la plus largement
répandue aujourd'hui dans les entreprises dominantes du secteur des
télécommunications.

Dans d’autres domaines, i’intervention des organes de réglementation s’est substituée


au jeu de la concurrence. De fait, l’organisme de réglementation a attiré l’attention de
la Commission de la concurrence (anciennement Commission des monopoles et des
fusions) sur les prix élevés appliqués au Royaume-Uni pour les appels à destination et
en provenance de téléphones mobiles. La Commission a statué que les prix appliqués
par les opérateurs mobiles pour faire aboutir les appels étaient excessifs et devraient
être adaptés au coût, autorisant un rendement raisonnable du capital de 16.5%. Il a été
conclu que les prix actuellement appliqués pour faire aboutir les appels sur des
mobiles devraient être réduits de 9% en 1999 et en 2000 pour que soit atteint un
niveau de référence de 10.3 pence (16.6 cents EU) par minute. En outre, les
opérateurs mobiles ont reçu pour instruction de cesser de facturer les appels sans
réponse aboutissant sur des messages enregistrés et ce, pendant la période où un
appel est transféré.

Les prix jouent certes un rôle très important dans l’évolution des marchés
concurrentiels, quel qu’ils soient. Néanmoins, l’évolution du commerce électronique
montre que sur un marché électronique mondial, le prix n’est pas le seul facteur ni
même toujours le facteur déterminant, du succès de telle ou telle entreprise.

7.3.6 Plan de numérotage et portabilité des numéros

Le plan de numérotage et la portabilité des numéros peuvent stimuler grandement la


concurrence, même si de nombreux marchés n’en tiennent pas encore compte.
L’administration et la gestion des numéros de téléphone, et depuis peu quelques
années des adresses Internet, sont des éléments fondamentaux de la gestion et de la
régulation de l’offre et de le demande. On peut gérer les numéros et les adresses
d’une manière telle qu’on favorise les intérêts des compagnies en position de force sur
le marché et qu’on porte préjudice à leurs concurrents. Ainsi, une pénurie
artificiellement organisée permet à celui qui contrôle l’offre des numéros, d’attribuer
ceux-ci en fonction de ses objectifs propres.

On peut à ce propos parler de piège qui se referme sur le consommateur par suite de
l’impossibilité d’acheminer des numéros passant pas différents fournisseurs de
services. Il ressort de certaines études que la majorité des consommateurs hésiteraient

103
à changer de fournisseur de services si cela devait leur faire perdre le numéro qui leur
est attribué. 60

Pour que la concurrence s’étende à la totalité du marché des télécommunications, la


portabilité des numéros doit devenir réalité sur tous les principaux segments de
marché. Ainsi que le montre l’expérience de la SAR de Hong Kong, la mise en œuvre
de la portabilité des numéros pour les services mobiles a mis en évidence les coûts
élevés subit par les consommateurs sur les marchés où ce mécanisme n’est pas en
vigueur. L’introduction de la portabilité des numéros du service mobile a entraîné une
nette baisse des prix offerts par les différentes compagnies de télécommunications
mobiles. Certaines d’entre elles ont baissé de moitié leurs tarifs pour un forfait normal
de 100 minutes par mois l’introduction de la portabilité des numéros. Cette politique
est le résultat des efforts entrepris par les compagnies pour fidéliser les
consommateurs dans un environnement toujours plus instable et concurrentiel ainsi
qu’en témoigne le fait qu’au cours de trois premiers mois qui ont suivi l’entré en vigueur
de la portabilité des numéros, plus de 250000 abonnés au mobile sont passés d’un
opérateur à un autre.

7.3.7 Service universel

Les obligations de service universel sont habituellement imposées à l’opérateur


historique en échange d’une compensation qui n’est pas toujours complète. Sur un
marché ouvert et concurrentiel, ces obligations sont au contraire devenues des
instruments que l’exploitant auquel elles incombent peut utiliser pour réduire la menace
de la concurrence. Cette stratégie peut s’avérer être encore plus efficace et
intéressante sur des marchés où l’existence de multiples services convergents ouvre
des perspectives de subventionnement croisé et où les concurrences se voient
imposer, sous couvert, des objectifs de service universel, des taxes et des
contributions excessives.

S’étant rendu compte que les obligations de service universel pouvaient être utilisées
pour freiner la concurrence, les administrations participant aux négociations de l’OMC
sur les services de télécommunications de base ont décidé de les inclure dans
le ‘’Document de référence’’ sur le cadre réglementaire. Les signataires ont reconnu
que les pays membres ont le droit de définir le type d’obligation en matière de service
universel qu’ils souhaitent maintenir. Parallèlement, ils ont relevé que de telles
obligations seraient considérées comme anticoncurrentielles, si elles n’étaient pas
administrées de manière transparente, non discriminatoire et neutre du point de vue de
la concurrence. Ils ont également noté que ces obligations ne devaient pas être plus
rigoureuses qu’il n’est nécessaire pour le type de service universel défini par le
Membre. Il s’agit là une préoccupation tout à fait pertinente, compte tenu du fait que
dans la grande majorité des pays, le service universel est toujours assuré par les PTO.

7.4 L’ouverture au secteur privé et son incidence sur la réglementation

La convergence numérique continue à entraîner un regroupement des marchés dont


tirent parti les sociétés qui s’occupent de télécommunications, de câbles, de satellites,
de contenu et de loisirs, ainsi que les fournisseurs de services Internet. Toutefois, rien
ne prouve que les consommateurs bénéficieront également de cette convergence.

104
Les partenariats permettent aux compagnies d’offrir aux consommateurs des services
groupés. Bien que cette solution soit généralement plus pratique pour la clientèle – qui
n’a pas é traiter avec des fournisseurs multiples – il n’est pas certain que cela lui
permettra de bénéficier des prix réduits (dus aux économies d’échelle et d’envergure)
appliqués aux fournisseurs de services. Ces partenariats entraînent une réduction du
nombre de concurrents sur les marchés et un renforcement de la puissance
commerciale des compagnies présentes, ce qui non seulement affaiblit la concurrence
(d’où une augmentation des prix à la consommation) mais rend aussi plus difficile
l’entrée sur le marché de nouveaux venus.

Etant donné que les concurrents sont moins nombreux et qu’ils offrent une plus large
gamme de services, les compagnies qui concluent des partenariats par le biais de
fusions ou d’acquisitions peuvent devenir hégémoniques sur le marché. Face au
regroupement des marchés, les pouvoirs publics se préoccupent de plus en plus de la
nécessité d’instaurer une concurrence loyale. Toutefois, empêcher les fusions risquent
d’entraîner une perte d’efficacité (au niveau des économies d’échelle et d’envergure et
de la baisse du coût des transactions). En outre, cette mesure, conjuguée à
l’interdiction des services utilisant plusieurs plates-formes risque de gêner les
consommateurs, qui seront obligés de traiter avec plusieurs fournisseurs. Certains
pays prennent donc des mesures visant à n’interdire que les fusions qui pourraient
entraîner un affaiblissement sensible de la concurrence.

Ainsi, au Royaume-Uni, par suite de la suppression en 1990 des restrictions imposées


à la participation étrangère et de la libéralisation totale des services de
télécommunication en 1991, les opérateurs de télévision par câble ont pu ouvrir leurs
réseaux à la téléphone et de nombreux opérateurs de télécommunication d’Amérique
du Nord ont investi dans les réseaux câblés au Royaume-Uni. De plus, la Loi de 1996
sur la radiodiffusion a supprimé la limite de 20% précédemment imposée à la
participation croisée entre radio diffuseurs et opérateurs de télévision par câble et la
Loi de 1998 sur la concurrence a rétabli la réglementation économique propre au
secteur en faveur d’une approche plus horizontale. Au lieu de contrôler la répartition du
capital des sociétés, le Royaume-Uni essaie de limiter les comportements anti-
concurrentiels sur ces marchés en appliquant une mesure appelée « part du temps
d’audience ».

En 1997, l’Union Européenne a proposé une directive qui limitait l’offre conjointe, par
l’opérateur historique, des services de télécommunication et de télévision par câble,
mais qui ne s’appliquait pas à la participation croisée d’entités juridiques distinctes
exploitant des infrastructures de câble et de télécommunications.

Aux Etats-Unis, la Loi de 1996 sur les télécommunications a imposé des restrictions
aux opérateurs de télévision par câble et aux compagnies téléphoniques locales
desservant le même marché. Elle autorisait les compagnies téléphoniques locales à
fournir des services de télévision par câble dans la même zone, mais elle n’autorisait
pas ces compagnies ni les opérateurs de télévision par câble à constituer des
coentreprises à prendre une participation, ou à participer pour plus de 10% à la gestion
ou au financement des unes ou des autres. Des lois analogues ont été élaborées dans
beaucoup d’autres pays, notamment en malaisie. En Autriche, en Belgique, en France,

105
en Hongrie, au Japon et en Corée par exemple, les opérateurs de télévision par câble
ont des droits de propriété limités dans le secteur de la radiodiffusion.

Bon nombre de pays qui se préoccupent de l’évolution liée à la convergence imposent


toujours des restrictions concernant la répartition du capital aux concurrents présents
sur des marchés différents. Toutefois, ces restrictions n’empêchent pas la conclusion
de partenariats entre ces marchés et, compte tenu de la convergence accrue des
technologies et des services, les fusions et les acquisitions entre fournisseurs opérant
sur différents marchés sont appelées à se poursuivre.

8. Une régulation indépendante et efficace

8.1 Indépendance et légitimité61

8.1.1 Importance de l’indépendance

L'indépendance est une matière importante partout où le règlement est discuté.62 C'est
également un complexe et un concept largement mal compris. L'indépendance est
souvent discutée en termes seulement structuraux et synonyme avec le terme
«séparé ». La définition d'une autorité de réglementation nationale trouvée dans le
cadre de directive « European Union’s Open Network Provision (OPN) Framework »
fait figure d’un organisme qui légalement distinct et fonctionnellement indépendant
d'autres organismes de télécommunication. L’UIT identifie le régulateur séparé en tant
qu'étant indépendant, en termes de finances, structure, et prise de décision, de
l'opérateur et du ministère compétent de gouvernement. Une autre définition est cela
favorisée par FCC aux Etats-Unis, qui se décrivent comme organisme de
réglementation indépendant le plus ancien:

Un régulateur efficace devrait être indépendant de ceux qu'il règle, protégé


contre la pression politique, et donné la pleine capacité de régler le marché en prenant
des décisions politique et d'application. Le régulateur devrait avoir l'autorité et la
juridiction pour effectuer fonction de réglementation et application efficacement et
clairement. Et le régulateur doit être financé par des sources fiables et crédibles.63

Le congrès des ETATS-UNIS, cependant, a pris de diverses mesures au cours des


années à la FCC d'influence, y compris ramener le nombre de commissaires de sept à
cinq; ajouter les conditions législatives spécifiques au budget d’agence; envoyant des
lettres, signées par un grand nombre de législateurs, pour conduire l'agence pour
régner de certaines manières sur les questions de réglementation, et tenir l'audition
législative à laquelle elles ont obtenu le témoignage des commissaires. Il est clair que,
dans la pratique, l'indépendance de réglementation est beaucoup plus complexe dans
n'importe quel pays donné que peut être résumé dans une citation simple ou une
définition.

Il semble parfait qu'un régulateur devrait être indépendant de ceux qu'il règle.
Beaucoup de pays ont identifié ce précepte comme préalable de noyau au traitement
équitable des acteurs du marché, mais pas tous n’ont réussi à l’intégré dans leurs
pratiques de réglementation. Ce principe a maintenant reçu l'acceptation internationale
par son inclusion dans le papier de référence de OMC. L'article 5 de ce document
stipule:

106
L'organisme de réglementation est séparé, et non responsable envers, de
n'importe quel fournisseur des services de télécommunications de base. Les décisions
de et les procédures employées par des régulateurs seront impartiales en ce qui
concerne tous les participants du marché.64

Il convient de noter que cette définition n'exige pas l'indépendance ou même


séparation à partir d'autres unités de gouvernement. Par exemple, le Japon n'a pas
créé un organisme de réglementation séparé de télécommunication et ne continue pas
à régler l'industrie par un ministère de gouvernement. Cette issue de la relation de
l’agence de réglementation avec le reste du gouvernement est peut-être l'aspect le
plus problématique de l'indépendance. Comme question de seuil, il est utile de
demander comment les organismes de réglementation sont uniques quat aux besoins
de l’immunité face aux pressions politiques.

Bien que n'importe quelle forme d'administration publique exige d'un degré de
protection contre la pression politique courante afin d'être efficace et impartial. Les
protections de fonction publique sont écrites dans beaucoup de constitutions et lois
dans le monde. La séparation claire de la fonction de réglementation de la fonction
politique-exécution est un élément de base pour une administration publique saine.
Elle permet à des personnes définissant la politique d'être jugées politiquement
responsables, alors que des régulateurs sont jugés légalement et administrativement
responsables. L'immunité additionnelle de la pression politique peut être nécessaire
pour certaines positions exceptionnelles de gouvernement, telles que des mandataires
général, fonctionnaires des banques centrales, et fonctionnaires des corps qui étudient
la corruption.

Les organismes de réglementation de télécommunication diffèrent également d'autres


entités de gouvernement, cependant, en raison du développement historique unique
de la réforme de secteur dans beaucoup de pays. Où des gouvernements ont
précédemment maintenu les structures fonctionnelles de PTT, ils peuvent maintenir
encore des parts significatifs de l’action, même pour contrôler, de l'opérateur
historique. Quand c'est le cas, le gouvernement peut se sentir obligé d'exercer la
pression sur ses autorités de réglementation de favoriser l’opérateur historique au-
dessus d'autres entrants du marché. En effet, le gouvernement peut trouver les
politiques convenables, tels que des programmes accès universels, pour protéger les
intérêts du PTO, dans lequel le gouvernement lui-même est un investisseur majeur.
Dans ces cas-ci, il peut être envisageable que les organismes de réglementation de
télécommunication exigent des protections extraordinaires contre les influences
politiques qui ne sont pas sorties à d'autres entités de gouvernement.

Néanmoins, l'immunité de la pression politique courante ne traduit pas nécessairement


en autonomie complète de gouvernement. Selon le théoricien de réglementation
William H. Melody:

Le terme de l'indépendance utilisée dans le contexte de la réforme de


télécommunication, n'implique pas l'indépendance de la politique de gouvernement, ou
du pourvoir de définir la politique, mais plutôt l'indépendance pour mettre en
application la politique sans interférence anormale des politiciens ou des lobbies
d'industrie. Elle implique l'indépendance pour acquérir des qualifications spéciales,
pour les contrôler sans interférence et pour être responsable des résultats selon des
critères des performances spécifiques. En principe, elle n'est pas différente d'une
délégation des responsabilités, d'autorité et de responsabilité spécifique pour

107
l'exécution des activités spécifiques, comme a lieu dans n'importe quelle grande
organisation. 65

L'indépendance est importante pas comme fin en soi, mais comme moyens de
pratiquer le règlement efficace. L'efficacité du règlement est mesurée non pas par la
force de la sauvegarde contre l'interférence politique, mais par l'amélioration de la
connectivité, valeur pour l'argent, et choix pour les utilisateurs.

8.1.2 Construire et maintenir I’ indépendance

Parmi les conditions nécessaires pour l'indépendance, sous forme de dispositions


statutaires concernant des nominations, des déplacements, rapportant l'autorité et
l'autonomie financière, la clef à la réalisation et du maintien de l'indépendance réelle
est de la légitimité.

La légitimité est l'acceptation de l'existence et des pouvoirs et des fonctions d’une


entité par ceux qui pourraient l’affecter ou pourraient être affectés. Elle se différencie
des pouvoirs ou responsabilités présentées aux documents juridiques formels. La
légitimité est catégorie subjective dans laquelle elle réside aux yeux de d'autres. Sans
elle, un organisme de réglementation ne pourra pas fonctionner efficacement.

Un organisme de réglementation doit gagner la légitimité aux yeux de secteur privé et


des dépositaires de gouvernement. Il certainement doit être accepté comme légitime
par d'autres fonctionnaires et agences de gouvernement. Y compris des finances,
l'industrie, ou des ministères de communications et des commissions parlementaires
législatives. Quand des opérateurs historiques et des entrants de marché ne
respectent pas les décisions d'agence, ils font continuellement appel à une autre
autorité. Les appels aux cours peuvent ne pas directement menacer l'indépendance
d’agence, bien que les ordres continuels puissent éroder l'efficacité des actions
d'agence. Les appels aux exécutives ou à la législature peuvent directement affaiblir
une indépendance d'agence s'ils mènent à la pression politique, à la manipulation
derrière les scènes. Les appels excessifs et interminables indiquent la légitimité faible.

Il est normal que ceux qui réceptionnent des décisions de réglementation remettent en
cause la légitimité des agences qui prennent ces décisions, particulièrement quand les
actes ont un grand impact économique. Là où les régulateurs sont suspectés de la
corruption, légitimité est, naturellement, particulièrement incertain. Même les
régulateurs propres peuvent faire face à des allégations de la corruption. La
transparence de réglementation, couplé aux pratiques morales, peut isoler des
régulateurs de tels frais. Les opérateurs peuvent assaillir une légitimité d'autorité de
réglementation par le processus de « faire jouer» le système – classant de nombreux
et onéreux appels ou employer les mass media pour remettre en cause
continuellement des décisions ou des motifs de régulateurs. Les autorités de
réglementation peuvent contrecarrer une telle activité, en adoptant des décisions par
des processus transparents, et en expliquant soigneusement le raisonnement derrière
ces décisions, dans la presse et dans les décisions elles-mêmes.

Puisque la légitimité est gagnée et perpétuée par des processus communicatifs,


l'organisme de réglementation doit non seulement maintenir son interaction avec des
dépositaires, mais cherche également à créer la légitimité par les médias, qui font
partie importante de l'environnement symbolique des actionnaires de secteur public et
privé. Tandis que journaux classiques sont toujours les plus importants en cercles

108
bureaucratiques, les presses d'affaires internationales et domestiques, les médias
électroniques et l'Internet sont de plus en plus significatives.

La légitimité peut être affirmée et maintenue en communiquant efficacement


l'expertise, comme par la transparence et l'engagement à l'intérêt public.
Naturellement, l'agence doit également avoir des résultats. Ce qui suit est une
discussion des éléments pour établir et de maintenir la légitimité de réglementation et
donc, l'indépendance.

• Expertise

Le règlement efficace exige les qualifications techniques qui doivent être apprises et
continuellement mises à jour. La réclamation pour la légitimité basée sur l'expertise
exige le recrutement de personnels qualifiés, de la formation continue et de haute
qualité, et la communication efficace de ces initiatives. Elle signifie également la
capacité d'obtenir l'expertise externe une fois requise.

Fournir à compensation proportionnée sert de base nécessaire à l'expertise


réclamante. Pratiquement toutes les agences font face au recrutement et les
problèmes de rétention provoqués par l’écart entre les salaires de gouvernement et ce
que le secteur privé peut payer. La formation est un autre préalable à n'importe quelle
réclamation de légitimité basée sur l’expertise. La prime morale appréciée par une
organisation énergique sous la conduite efficace ne devrait pas également être
négligée.

• Transparence

L'expertise est inadéquate par elle-même. Elle doit être complétée par l'établissement
des procédures transparentes et inclusives pour réconcilier des intérêts compétitifs
basés sur l'intérêt public. Les procédures complètes pour assurer la transparence
incluraient créer rigoureusement maintenir des mécanismes pour la responsabilité à
tous les niveaux. La plupart des nouveaux organismes de réglementation trouvent qu’il
est difficile de concevoir et mettre en application de telles procédures transparentes et
inclusives. Beaucoup craignent que les procédures de réglementation ouvertes soient
vulnérables au litigieux retarde et d’autres tactiques juridiques. Mais l'expérience a
prouvé que la transparence et réglementations expéditifs n'ont pas besoin d'être
mutuellement exclusif.66

• Intérêts publics

L'indépendance réelle exige de l'organisme de réglementation d'agir et être vu pour


agir dans l'intérêt public. Beaucoup a été écrit au sujet de la façon dont amorphe le
terme l'intérêt public est, mais sa valeur se situe avec précision dans le fait qu'elle peut
être identifiée et définie par le processus de construction des rationalités pour des
actions de réglementation. Ce processus doit être un qui permet la participation
publique au maximum. Il convient noter que l'intérêt public ne peut pas toujours être
identique aux intérêts des consommateurs existants. C'est particulièrement vrai dans
les pays de basse teledensité où seulement une minorité de la population apprécie
actuellement les services de télécommunication. Ic i, les besoins et les intérêts des
consommateurs potentiels dans l'expansion de réseau sont justes comme la pression
et doivent être explicitement adressés.

109
• Efficacité

Il n'est possible d'entreprendre aucune des actions ci-dessus sans s'engager dans
l'activité de réglementation substantive. Plutôt, l'organisme de réglementation doit
plonger bien dedans, abordant les questions de réglementation qui confrontent sur un
marché changeant. S'il n'agit pas, quelqu'un d'autre le fasse. Les opérateurs prendront
des sujets dans leurs propres mains ou d'autres organismes gouvernementaux feront
un pas dans le vide créé par l'inaction. La légitimité peut être réalisée, seulement par
des actions et des résultats efficacement communiqués, pas par l'éloquence des
excuses. Des résultats doivent non seulement être réalisés, mais ils doivent être vus
pour être réalisés. La modestie anormale ne sert pas la cause de la légitimité. La
communication publique au sujet des décisions qui ont été prises, les démarches qui
sont en cours, et les initiatives qui sont sur le point de commencer fournissent des
informations utiles et diminuent l'incertitude pour tous les actionnaires. Elles signalent
également à d'autres acteurs de gouvernement que l'organisme de réglementation est
vivant et bon et prenant soin des affaires.

• Crédibilité

C'est une vérité malheureuse que le pouvoir devient vrai seulement une fois exercée.
Dans le contexte de réglementation, ceci signifie que la crédibilité souvent ne peut pas
être réalisée sans affirmation d'autorité ou même d'un conflit. Afin de gagner la
conformité courante par des opérateurs, il est parfois nécessaire que un organisme de
réglementation signale sans équivoque qu'il est responsable. Etant donné les
importances impliquées dans une telle action, les meilleurs efforts devraient être faits
pour sélectionner les issues qui sont significatives, traitable et facilement expliqué aux
médias.

8.2 Transparence et équité 67

Dans le contexte de la réglementation des télécommunications, le terme transparence


se rapporte au caractère ouvert du processus d'exercice du pouvoir réglementaire.
L'équité s'entend de l'aboutissement de ce processus. La transparence est, en fait, un
moyen grâce auquel on assure l'équité.

Au même titre que les principes d'efficacité, d'objectivité, de responsabilité et de


respect scrupuleux du mandat, la transparence est un des critères les plus importants
d'une réglementation efficace. 68 En vérité, tous ces principes sont liés les uns aux
autres et conditionnent la réussite d'un organisme de réglementation. S'il n'a pas une
réputation d'équité, un tel organisme voit son image définitivement ternie, sa crédibilité
se trouve compromise et son efficacité diminue. La conséquence, pour un organisme
de réglementation inefficace, est qu'il doit subir des pressions politiques exercées par
le pouvoir, ce qui altère de façon irrévocable la nature de son indépendance. On voit
que transparence et équité sont à la base de la responsabilité en matière de
réglementation et qu'elles fondent la légitimité même des organismes de
réglementation. 69

Dans cette section, on explicitera l'importance et le rôle de la transparence pour


l'obtention d'une réglementation efficace, par la participation éclairée du public et du
secteur des télécommunications. Les premières sections du chapitre analyseront les
bases conceptuelles et juridiques sur lesquelles repose la transparence de la
réglementation. Viendra ensuite un exposé sur les méthodes opérationnelles et

110
procédurales utilisées pour réaliser la transparence. Dans ce contexte, on aura recours
à des exemples et à des scénarios hypothétiques afin de montrer en quoi la
transparence est d'importance cruciale pour la mise en place d'une réglementation
efficace.

8.2.1 Importance de la transparence et de l'équité

Des pratiques transparentes et équitables sont indispensables au succès de la


réglementation des télécommunications. Les différents acteurs ont tout à y gagner:

• La transparence permet aux organismes de réglementation de sauvegarder


leur légitimité et leur efficacité.
• D'un autre côté, ces organismes recueillent auprès des entreprises industrielles
soumises à la réglementation et auprès d'autres parties concernées les
informations dont ils ont besoin pour pouvoir asseoir leurs décisions sur tous
les faits pertinents et sur des opinions variées.
• La transparence est nécessaire aux opérateurs et aux prestataires de services,
qui obtiennent ainsi la garantie que leurs préoccupations sont entendues et
qu'ils ont un rôle dans la prise de décisions importantes.

Pour que la transparence produise tous ses effets, on a besoin de systèmes et de


processus permettant aux régulateurs de collecter des informations utiles, de consulter
toutes les parties prenantes, de rendre leurs décisions et de les justifier en invoquant
l'intérêt public et les faits qui ont été portés à leur connaissance. Par ailleurs, en
apportant la preuve de la transparence et de l'impartialité dans la prise de décisions,
les régulateurs ne pourront être accusés de prendre des décisions arbitraires "à huis
clos" pour des raisons de bénéfices personnels ou pour favoriser telle ou telle société
ou personne.

Les usagers informés s'assurent que le régulateur s'acquitte de sa mission et que les
opérateurs respectent les prescriptions qui régissent la qualité de service, la fixation
des prix, la facturation et d'autres pratiques. La transparence et l'équité sont des
facteurs essentiels de réussite, c'est-à-dire de réalisation de tous les objectifs à cet
égard. Ainsi, bien qu'il comporte de nombreuses facettes, le concept de transparence
peut se résumer dans une seule question: les régulateurs prennent-ils leurs décisions
de façon ouverte et objective, leur permettant d'expliquer leurs actions et d'assumer la
responsabilité de leurs actions?

Il convient de noter que maintes autorités de réglementation ne sont soumises à


aucune prescription statutaire explicite en matière de transparence des procédures.
Malgré cela, nombreuses sont les agences qui s'engagent volontairement dans la
consultation publique. En fait, on note une prolifération des initiatives visant à obtenir
des contributions et des commentaires du public.70 Par exemple, Singapour organise
de plus en plus des consultations publiques sur toute une série de questions et le
Botswana a publié récemment un document à caractère consultatif concernant
l'élaboration de lignes directrices et de principes pour la fixation des prix. Au Botswana
encore, les régulateurs de la BTA sont allés jusqu'à ajourner une réunion publique
consacrée à ce document, afin d'obtenir une plus grande participation des usagers.

111
Il est clair que les régulateurs trouvent des motifs pour s'engager dans la consultation
du public, même s'il n'existe pas de règles statutaires pour agir ainsi. Ces motifs sont
les suivants:

• Efficacité et rendement: Des processus ouverts produisent de meilleurs


résultats et créent la confiance dans l'organisme de réglementation. Une
participation accrue du public contribue à multiplier et à diversifier les idées
dans le processus de prise de décisions; elle renforce le soutien dont
bénéficient les règles et la politique générale, ce qui facilite la mise en oeuvre.
De plus, la transparence peut améliorer l'efficacité en éliminant la duplication
des fonctions.
• Certitude et fiabilité: la crédibilité et la légitimité de la réglementation sont des
facteurs de stabilité, nécessaire pour attirer les investissements étrangers. Cela
est particulièrement important dans le cas des marchés nouvellement
libéralisés, car les investisseurs doivent avoir la certitude que leurs mises de
fonds seront à l'abri des actions arbitraires et que le développement
commercial futur ne sera pas entravé par des modifications inattendues des
"règles du jeu".
• Responsabilité et indépendance: Les procédures ouvertes favorisent la
responsabilité et la légitimité, elles renforcent l'indépendance de la
réglementation et réduisent les ingérences des milieux politiques ou industriels.
Les parties prenantes auront la certitude que leurs opinions seront prises en
compte, sans parti pris, par le régulateur. Quand les actions de réglementation
sont visibles sur la place publique, les régulateurs sont plus enclins à prendre
leurs décisions avec circonspection et après mûre réflexion. 71
• Continuité: Un ensemble stable de règles relatives à la transparence permettra
de transcender les changements politiques et de "survivre" aux nominations
politiques. On aura ainsi un corpus de réglementation continu, quel que soit le
responsable de l'agence de réglementation ou le groupe politique au pouvoir.

8.2.2 Application des principes de transparence aux pratiques de


réglementation

Les gouvernements n'auront aucune difficulté à trouver de nombreuses justifications et


des fondements juridiques pour la mise en oeuvre d'un régime de réglementation
transparent. Ces justifications existent dans la législation nationale, les traditions
juridiques et politiques, et dans des accords internationaux.

La règle générale à appliquer pour la mise en place d'un régime de réglementation


transparent est la suivante: veiller à ce que tous les aspects de la réglementation
soient ouverts et accessibles dans la plus grande mesure possible. La transparence
doit prévaloir, excepté en cas de revendications légitimes concernant la confidentialité,
la sécurité nationale ou la sûreté publique. Par ailleurs, les procédures relatives à la
transparence et à l'équité doivent être établies dès la création d'un régime de
réglementation. Mais, pour préserver la légitimité et l'ouverture, il faut traiter la
transparence comme un processus évolutif exigeant en permanence adaptation et
vigilance.

112
Une façon d'analyser la transparence est d'examiner dans quelle mesure les
opérateurs, les groupes industriels, les consommateurs ou d'autres intéressés peuvent
avoir accès au personnel d'une agence de réglementation et présenter leur point de
vue et leurs préoccupations. Les conditions d'accès peuvent être définies de façon
officielle, avec des règles régissant les comptes rendus des réunions des acteurs
industriels et l'inclusion d'informations dans les registres publics; ou de façon
informelle, avec seulement des règles habituelles de la pratique commerciale. Le
concept de transparence dans la réglementation inclus les procédures d'accès
réglementaires, le comportement de l'agence et de ses employés, et le fonctionnement
général de l'agence.

Le concept de transparence dans la réglementation s'applique non seulement aux


agences mais également aux personnes qui y sont employées. Les qualités requises
des régulateurs, notamment une scrupuleuse impartialité et le professionnalisme, sont
essentielles. Elles peuvent être garanties par toute une série de mécanismes. En Inde,
par exemple, la Loi « Telecommunications Regulatory Authority Act » stipule que les
agents peuvent être révoqués dans les cas suivants: insolvabilité; condamnation pour
certaines infractions; incapacité physique ou mentale; acquisition d'un intérêt financier,
ou autre, susceptible d'influer sur l'exercice des fonctions; ou abus d'autorité
préjudiciable à l'intérêt public. La loi précise que dans les deux derniers cas, l'agent ne
peut pas être révoqué sans avoir été entendu.

Egalement, il est possible de mettre en place un certain nombre de pratiques


opérationnelles pour obtenir une réglementation transparente, grâce à la participation
publique des protagonistes du secteur.

Dans le monde entier, le degré de transparence des procédures de réglementation (et


le respect de ces procédures) varie en raison des différences entre les traditions
juridiques, et selon que la transparence est, ou non, requise statutairement. Par
exemple, la loi fait obligation à la FCC d'appliquer des procédures définies, souvent
formelles, qui régissent la quasi-totalité de ses fonctions et activités.72 Comme indiqué
précédemment, lorsque des tribunaux examinent des actions de réglementation, ils
peuvent obliger les agences à appliquer des procédures transparentes, dans un souci
de justice naturelle et d'équité procédurale. Mais même si la transparence n'est pas
exigée par la loi, beaucoup de régulateurs l'appliquent car ils la jugent utile comme
élément constitutif de légitimité.

8.2.3 Equité dans la réglementation

Comme nous l'avons indiqué précédemment, il n'est pas facile de dissocier les valeurs
de transparence et d'équité ou de les diviser en catégories. Alors qu'il est possible de
mettre en place des procédures pour la transparence, une réputation d'équité est
essentielle si l'on veut assurer la crédibilité, la légitimité et, en fin de compte,
l'efficacité. Il existe un ensemble de pratiques, certaines d'entre elles exigées par la loi,
d'autres volontaires, auxquelles on peut recourir pour maintenir l'équité dans la prise
de décisions. Ces pratiques comprennent notamment l’expliquassions sur les raisons
d'une décision et le droit de recours et de demande de révision.

L'équité administrative exige qu'un organisme de réglementation donne les raisons qui
l'ont conduit à prendre ses décisions. Cela est particulièrement important en cas de
rejet d'une demande de licence ou de toute autre demande. Plusieurs buts importants
sont poursuivis en la matière:

113
• Les régulateurs seront obligés, d'emblée, de dérouler un processus de prise de
décisions plus rationnel et mieux conçu, s'ils savent qu'ils devront donner des
raisons valables et logiques de leurs actions.
• Ayant connaissance du raisonnement qui a conduit à une décision, les parties à
la procédure sont en mesure d'analyser ladite décision et de voir s'il leur est
possible de faire appel ou de demander une révision.
• Si ces raisons ne sont pas données, un tribunal ou toute autre autorité habilitée
à procéder à une révision peut conclure que la décision ne repose pas sur une
base rationnelle - et annuler la décision.

Pour ces raisons, l'explication des décisions est essentielle pour la légitimité et la
réputation de responsabilité à long terme d'un organisme de réglementation. C'est à
cette condition que la confiance est accordée aux régulateurs et que tout soupçon de
partialité disparaît.

Dans de nombreux pays, les actions de réglementation sont sujettes à révision par
d'autres services ministériels et, dans certains cas, sujettes à recours judiciaire.
L'existence de ce droit représente un moyen important pour assurer la transparence,
l'équité et l'indépendance. Elle permet à la société d'obliger les régulateurs à assumer
la responsabilité de leurs actes.

La « révision » diffère du « recours » (ou appel) à plusieurs points de vue. Dans une
révision, l'examen porte sur un point particulier bien délimité, alors qu'un appel peut
déboucher sur une nouvelle audition (de novo). Une révision consiste généralement à
examiner si le décideur a outrepassé la compétence juridique - ou s'il a agi sans
posséder cette compétence. Il ne s'agit pas ici de juger de la justesse ou des
conséquences de la décision, mais plutôt de la question de savoir si le pouvoir a été
exercé conformément à la loi. Une révision peut conduire une cour de justice ou une
autre instance à annuler, casser ou infirmer la décision d'un régulateur mais, en règle
générale, ladite instance ne peut pas substituer sa décision à celle du régulateur. Si
elle en est sollicitée, elle peut renvoyer l'affaire au régulateur en lui demandant de la
réexaminer et de rendre une nouvelle décision qui soit conforme à la loi. Si un tribunal
annule une décision, cela a pour effet de rétablir le statu quo et de ramener la situation
à ce qu'elle était avant la décision ou l'action contestée.

En revanche, un recours (ou appel) permet le réexamen de toutes les questions, de


tous les faits et de tous les points de droit sur lesquels repose une décision de
réglementation. Cette action peut aboutir à une nouvelle décision. Le droit de recours
est un droit légal courant, qui peut être accordé ou non par voie de législation. Le droit
de faire appel d'une action de réglementation est généralement contenu dans un texte
statutaire. Il peut, dans certains cas, être étendu à des tiers, notamment quand l'intérêt
public entre fortement en jeu.

Les processus de recours et de révision peuvent entraîner des dépenses importantes


et de longs délais, mais ils sont importants pour une réglementation efficace parce
qu'ils renforcent la légitimité et le sens de la responsabilité. Ils peuvent, cependant,
déstabiliser un système de réglementation s'ils donnent lieu à des abus. Il peut être
tentant pour une société d'essayer de gagner en appel chaque fois qu'elle perd en
première instance sur une décision prise en fonction des critères de la réglementation;
les pouvoirs publics doivent veiller à rejeter des appels non fondés, qui enlisent le

114
processus de réglementation. Dans la pratique, les tribunaux, dans beaucoup de pays,
sont réticents - peut-être avec juste raison - à s'immiscer dans les affaires des
organismes de réglementation, qui sont présumés fonder leurs actions sur des
compétences spécialisées de haut niveau. La « déférence juridique » est donc chose
courante.73 Au demeurant, comme on l'a vu dans la section précédente, les régulateurs
ont la possibilité de pallier le risque de demandes de révision fantaisistes, en prenant,
en première instance, des décisions transparentes et bien argumentées.

8.2.4 Le coût et la forme de la transparence et l’équité

Il faut reconnaître que la transparence se paie en argent et en temps. Par ailleurs, il


n'existe pas un modèle « transparence » unique que les régulateurs pourraient utiliser
dans tous les scénarios. Les contraintes de temps, les faits et les particularités de
chaque cas, et la nécessité de mettre en balance des intérêts variés et antagonistes,
tous ces éléments conduisent à adopter des approches différentes pour la divulgation
des informations et la participation publique selon les situations. Néanmoins, un grand
nombre des pratiques décrites dans ce chapitre peuvent être adaptées pour répondre
aux besoins des régulateurs et du public, aussi bien dans les pays à économie
émergente que dans les pays industrialisés - cela à toutes les étapes du passage à la
concurrence. On peut simplifier et rationaliser les procédures, et adapter les systèmes
aux circonstances, en gardant présents à l'esprit les objectifs ultimes qui ont une plus
grande transparence et une plus large participation.

Globalement, même s'il existe des limites, les avantages du respect de la transparence
et de l'équité – tant au fond que dans les résultats – dépassent de loin les coûts. Aucun
organisme de réglementation ne peut se permettre de compromettre sa légitimité, sa
crédibilité et son efficacité - autant de qualités qui sont conditionnées par une pratique
alliant transparence et accessibilité dans la prise de décisions en matière de
réglementation. A une époque où des pays, en nombre croissant, libéralisent le
secteur des télécommunications et acceptent des défis et les avantages de la
convergence, les régulateurs devront faire en sorte que le processus de prise de
décisions aille de pair avec l'évolution technique. Accroître la participation publique est
un moyen grâce auquel tous les régulateurs recevront les informations et les
contributions dont ils ont besoin pour s'acquitter de leur tâche dans un environnement
en évolution tellement rapide.

8.3 Régulation de téléphonie mobile

Les services cellulaires mobiles ont tendance à être peu réglementés. Par exemple,
moins de la moitié des pays ayant répondu à un questionnaire de l'UIT en 1999 ont
déclaré que leurs opérateurs de systèmes mobiles étaient assujettis à des obligations
de service ou d'accès universel ou que leurs tarifs relatifs aux mobiles étaient
réglementés. L'absence relative de contrôle du cellulaire sur un certain nombre de
marchés tient en partie à une asymétrie au niveau de la réglementation, les nouveaux
services n'étant pas assujettis à des obligations réglementaires dans la première
phase de leur développement. Cette optique a été renforcée par la croyance de plus
en plus forte que les réseaux fixes ont été trop réglementés, mettant ainsi un frein à
l'innovation et à la croissance des réseaux. Le mobile s'étant développé à un moment
où cette croyance était largement partagée, la réglementation a été quasiment
inexistante. Cette situation s'explique aussi par le fait que, dans certains pays, le
cellulaire mobile a généralement été défini comme un service à valeur ajoutée, ne

115
rentrant pas dans le cadre réglementaire de la téléphonie de base. Dans les pays en
développement, du fait d'un manque de compétences en matière de réglementation et,
dans certains cas, de l'absence d'un régulateur indépendant, l'incitation des opérateurs
de systèmes mobiles à élargir l'accès global aux télécommunications a été plutôt
faible. On se demande alors si la croissance très rapide du mobile cellulaire est due à
la quasi-absence de contrôle ou si, plus réglementée, elle serait encore plus rapide.

Un minimum de réglementation est nécessaire dans le domaine du mobile, ne serait-ce


que pour garantir que les services peuvent être assurés sans brouillage des
fréquences. Cette garantie était auparavant donnée par la limitation du nombre
d'opérateurs. Les contraintes en matière de fréquences, associées à la nécessité d'un
investissement initial important (dû à des redevances de licence élevées ou à de fortes
dépenses de construction des rés eaux ou aux deux) témoignent de l'existence
d'obstacles d'entrée difficiles à franchir et du fait que l'industrie des systèmes
cellulaires mobiles ne pourra jamais servir d'exemple didactique de marché
parfaitement concurrentiel. Il est donc possible que, dans certaines zones, le marché
concurrentiel ne corresponde pas à celui qui est prévu. Il peut par exemple s'y produire
des distorsions, notamment en ce qui concerne les prix pratiqués, sauf s'il existe une
certaine forme de contrôle.

Le présent chapitre met en évidence certaines des questions réglementaires se


rapportant au cellulaire mobile. On commencera par examiner la question de la
concurrence pour voir combien de nouveaux exploitants devraient être admis sur le
marché et quelles sont les limites naturelles au nombre de concurrents. Le domaine
des licences et leur mode d'attribution sont examinés. Les préoccupations liées aux
consommateurs, en particulier la tarification, la portabilité des numéros et l'accès
universel sont abordées ainsi que les questions se rapportant aux opérateurs,
notamment l'interconnexion et l'itinérance.

8.3.1 Licence

La plupart des pays attribuent désormais des licences pour l'exploitation des services
cellulaires mobiles. Une licence est un moyen transparent de définir les droits et
obligations du fournisseur de services cellulaires, d'où un cadre réglementaire plus
prévisible. Il convient toutefois de noter que les licences sont un phénomène assez
récent pour nombre de pays. La majorité des opérateurs téléphoniques en place ont
"hérité" du droit de fournir des services téléphoniques mobiles sans rien débourser, ce
qui a souvent donné lieu à des litiges lorsque le marché a été ouvert à la concurrence
et que les nouveaux venus ont dû acquitter un droit de licence. Dans certains cas , les
fournisseurs ont simplement démarré leurs activités sans se donner la peine de
demander une licence. Dans d'autres cas, des entreprises se sont vues octroyer les
licences, mais n'ont jamais lancé le service. Ainsi, au Nigeria, plus de 30 licences ont
été attribuées, mais leurs détenteurs n'ont jamais mis en place le service et les
licences sont maintenant caduques.74 Enfin, d'autres solutions que l'octroi de licences
peuvent être appliquées, par exemple des accords de partage des recettes entre
l'entreprise d'Etat et une firme privée.

Concernant l'attribution des licences, il convient de répondre à un certain nombre de


questions:

116
• Combien de licences devraient être attribuées
• Comment devraient-elles l'être
• Devraient-elles spécifier la technique à employer
• Des licences régionales, des licences nationales ou une combinaison de
licences devraient-elles être attribuées
• Les objectifs visés pour les réseaux, par exemple la couverture requise ou des
directives en matière de tarification, devraient-ils faire partie des conditions à
remplir pour obtenir une licence

Une petite majorité de pays n'autorisaient pas la concurrence dans le domaine du


cellulaire mobile à la fin de 2001, mais leur nombre diminue. En outre, le nombre
d'abonnés relevant de marchés monopolistiques est très faible: il représente seulement
un pour cent du nombre total d'abonnés dans le monde. Cela semble laisser entendre
que les gouvernements des pays où se trouvent les plus importants marchés du
mobile sont arrivés à la conclusion que la concurrence favorise le développement des
réseaux.75 Néanmoins, le fait qu'un nombre notable de pays n'autorisent pas la
concurrence dans le secteur du mobile donne toute sa pertinence à la question de
savoir à combien d'opérateurs il faudrait attribuer des licences?

Pour commencer, chaque pays qui a mis en place un réseau cellulaire mobile a déjà
ouvert les réseaux fixes à un certain degré de concurrence. Les facteurs importants
sont le niveau des tarifs téléphoniques fixes, les tarifs d'interconnexion entre réseaux
fixes et réseaux mobiles, le niveau de la demande et le fait que l'opérateur fixe a un
intérêt dans le ou les opérateurs du service cellulaire mobile.

L'ampleur de la concurrence dans le domaine du mobile influe-t-elle sur l'accès?


Existe-t-il, par exemple, une différence entre la présence de deux fournisseurs de
réseaux et la présence de trois ou plus? Dans le cas du Royaume-Uni, la croissance
en termes de nombre d'abonnés au cellulaire s'est accélérée à partir du moment où le
nombre d'opérateurs agréés est passé de deux à quatre au début des années 90.
Néanmoins, le régulateur britannique n'arrive pas à comprendre pourquoi, avec quatre
opérateurs de systèmes mobiles, les prix sont toujours plus élevés que dans les pays
nordiques où les opérateurs sont moins nombreux76, ni pourquoi le Royaume-Uni a été
récemment dépassé, pour ce qui est de la pénétration des mobiles, par l'Italie qui
comptait deux opérateurs jusqu'à la fin de 1998. Inversement, le fait que la région
administrative spéciale de Hong Kong est l'un des marchés du cellulaire les plus
concurrentiels du monde, avec six opérateurs et 11 réseaux, explique-t-il pourquoi elle
a une plus forte pénétration que Singapour, qui n'a introduit un deuxième opérateur
qu'en 1997.

Ces interrogations témoignent du fait qu'il n'existe pas de réponse simple à la question
de savoir combien d'opérateurs mobiles il convient d'autoriser. Quoi qu'il en soit, la
limite supérieure est imposée par les ressources en raison des limitations de
fréquences. Il y aura toujours des arguments, souvent contradictoires, pour et contre la
multiplication des concurrents ou sur la question de savoir s'il existe une limite
naturelle. Par exemple, quand il s'agit du marché national, les opérateurs soutiennent
généralement qu'il ne faut pas admettre davantage de nouveaux exploitants alors que,
en même temps, ils essaient de convaincre les organismes de réglementation d'autres
pays d'ouvrir leur marché du mobile. Vu cette confusion, le mieux pour les régulateurs

117
est peut-être d'accorder des licences au plus grand nombre possible d'opérateurs et de
laisser le marché décider qui seront les gagnants et qui seront les perdants. Le
régulateur a bien sûr un rôle à jouer dans l'attribution du spectre, particulièrement dans
les pays où sont appliquées dans le domaine du mobile plusieurs normes faisant appel
à différentes fréquences. Ainsi, il se peut que les anciens réseaux analogiques
exploitent une largeur de bande fort précieuse ou que des fréquences soient réservées
à des fins militaires ou autres. Les organismes de réglementation doivent déterminer
les compromis à établir entre l'ordre de supprimer les réseaux analogiques pour
récupérer leur largeur de bande et les inconvénients que cela représente tant pour les
opérateurs que les utilisateurs de systèmes mobiles analogiques.

8.3.2 Tarification

La majorité des pays qui ont répondu à un questionnaire de l'UIT ont indiqué qu'ils ne
réglementaient pas les tarifs du service cellulaire mobile. Cependant, même si le prix
réel facturé pour le service n'est pas réglementé, on peut s'inquiéter de la question de
savoir à qui sont facturés les appels à destination de mobiles ou se préoccuper de
l'évolution générale des tarifs. Dans les quelques pays où les tarifs sont réglementés,
cela se traduit généralement par un plafond que les tarifs ne peuvent pas dépasser. Un
petit nombre de pays fixent un prix unique pour tous les opérateurs dans l'intérêt de ce
que l'on appelle une « concurrence loyale ».

8.3.2.1 Système du paiement par l'appelant (CPP)

La pratique qui consiste à faire payer aux abonnés au cellulaire les appels entrants
décourage l'utilisation du service et accroît le coût d'acquisition d'un appareil cellulaire.
Dans les pays qui n'appliquent pas le système CPP, il est fréquent que les abonnés au
cellulaire désactivent leurs téléphones et ne donnent pas leur numéro de peur de
payer les appels entrants. L'absence de système CPP est aussi décourageante pour
les appelants. Selon une étude péruvienne, 62% des personnes interrogées avaient
des difficultés à appeler des abonnés au cellulaire parce que les combinés étaient
désactivés. Une autre proportion de 35% savait pertinemment qu'une personne
déterminée avait un téléphone mobile, mais n'avaient jamais eu connaissance de son
numéro, tandis que 37% ont déclaré que, lors des appels, les abonnés au cellulaire
voulaient rapidement mettre fin à la conversation. Plus de 70% appelaient d'abord le
numéro du téléphone fixe de l'appelé. 77 Le concept consistant à faire payer à un
usager quelque chose qu'il reçoive est absurde. Que se passerait-il si les personnes
qui reçoivent des fleurs doivent les payer? Il y a aussi une question d'équité. Pourquoi
appartiendrait-il aux usagers du service mobile et non à ceux du service fixe de payer
les appels entrants?

Bien que le système CPP semble logique, il a été long à être mis en œuvre. Son
introduction passe par une modification des systèmes de facturation et par l'information
des abonnés, qui doivent savoir qu'ils paieront un tarif différent lorsqu'ils appelleront
des abonnés au mobile. Cela peut se faire, par exemple, en ajoutant un numéro
d'accès qui indique à l'abonné au service fixe qu'il devra payer un supplément pour
appeler un mobile, ou encore au moyen d'une annonce qui est lue automatiquement
lorsqu'un abonné mobile est appelé.

118
Au Mexique où le système CPP a été institué très récemment, Telmex, l'exploitant
dominant du service fixe, s'est énergiquement opposé à son introduction pour trois
raisons principales, la première étant qu'un tel système réduirait substantiellement le
trafic du réseau fixe vers le réseau mobile et, par conséquent, les recettes connexes.
Telmex y a donc vu un effet négatif pour l'accroissement du trafic. Deuxièmement,
cette entreprise était inquiète de la manière dont ses clients percevraient les choses. Il
serait difficile de leur expliquer pourquoi les prix des appels étaient plus élevés avec le
système CPP et Telmex devrait faire face à la majeure partie des réclamations des
clients non seulement pour l'accroissement des prix, mais aussi pour les défaillances
du service, dont pourrait être responsable l'opérateur mobile et non Telmex. La
troisième raison de l'opposition de Telmex au système CPP tenait au fait que cette
entreprise ne voulait pas assurer un service de facturation et de recouvrement pour
d'autres opérateurs mobiles.

De fait, Cofetel, l'organisme de réglementation mexicain, étudie actuellement le coût


qu'implique pour l'opérateur fixe l'application du système CPP et doit déterminer si le
partage des recettes dans la proportion 1,90/0,50 peso (20/5 cents EU) entre
opérateurs mobiles et fixes correspond bien aux coûts encourus par ceux-ci dans un
appel CPP.

Certains exploitants de téléphonie fixe se sont plaints d'être financièrement perdants


puisque, dans le système CPP, ce sont eux qui doivent supporter entièrement le
fardeau des abonnés qui ne règlent pas leurs factures. Néanmoins, l'augmentation du
nombre des abonnés par suite de l'application du système CPP est impressionnante.
Le Pérou a mis en œuvre le système CPP en mai 1996 et, à la fin de l'année, le
nombre des abonnés au cellulaire avait progressé de plus de 150% par rapport à
l'année précédente. Les opérateurs mobiles du pays ont continué à offrir un tarif
"paiement par l'abonné au cellulaire" pour des utilisateurs tels que les entreprises.
Même les Etats-Unis, longtemps hostiles au système CPP, pourraient changer de
stratégie. L'organisme de réglementation américain, la FCC, a récemment publié une
note concernant l'élaboration de règles dans laquelle il est envisagé d'autoriser
l'application du système CPP sous réserve que certaines conditions préalables soient
remplies, notamment l'information des abonnés.78

8.3.2.2 Appels d'une ligne fixe vers un mobile

L'un des arguments avancés en faveur du système qui consiste à faire payer l'appelant
(CPP) dans le domaine de la téléphonie mobile est le fait qu'il en découle une plus
grande utilisation du mobile. Le système CPP fait baisser le coût général qu'entraîne la
possession d'un mobile et encourage les usagers du service mobile à accepter les
appels entrants. Cela étant, la controverse s'intensifie au sujet des prix appliqués aux
usagers du service fixe lorsqu'ils appellent un abonné mobile. Par exemple, il en
coûterait davantage à un abonné à une ligne fixe habitant à Londres d'appeler un
abonné mobile se trouvant à deux pas de chez lui que d'appeler un abonné du service
fixe en Ecosse et presque autant s'il lançait un appel à destination des Etats-Unis. Le
débat portant sur le prix élevé des appels d'une ligne fixe vers un mobile a pris encore
de l'ampleur avec l'augmentation du volume des appels de ce type.

119
Il est possible de résoudre le problème des prix élevés des appels d'une ligne fixe vers
un mobile en réacheminant l'appel. La « configuration en trombone » d'un appel du
service mobile permet en principe d'envoyer l'appel en question à l'étranger avant de le
faire revenir dans le pays d'origine. Par exemple, au lieu d'être directement adressé à
un usager mobile, un appel d'une ligne fixe nationale est envoyé à l'étranger puis
revient dans le pays sous la forme d'un appel international. Il peut en découler une
baisse du prix lorsque la taxe de règlement pour un appel international est inférieure
au tarif d'interconnexion appliqué par un exploitant du service mobile, notamment
lorsque c'est le pays d'origine qui conserve toutes les recettes.79 Un appel qui
"rebondit" d'un commutateur situé dans un pays étranger est annulé du point de vue
des règlements car le trafic est égal dans chaque sens. Dans nombre de pays en
développement, les commutateurs ne sont pas suffisamment perfectionnés pour faire
la distinction entre le trafic mobile et le trafic fixe.

Le régulateur britannique a analysé le coût des appels d'une ligne fixe vers un mobile
et a déterminé que les taxes appliquées par les opérateurs mobiles pour faire aboutir
les appels étaient trop élevées et contraires à l'intérêt public. Il est intéressant de noter
que ce cas a été soumis à l'organisme de surveillance de la concurrence du pays en
question, ce qui laisse entendre que la tarification des appels d'une ligne fixe vers un
mobile est considérée comme relevant de la politique de la concurrence puisque, dans
la quasi-totalité des pays, l'opérateur fixe en titre détient généralement une part
dominante du marché, sinon la totalité.

Par contre, le Brésil a adopté une approche selon laquelle les tarifs du trafic entre
réseaux mobiles et réseaux fixes sont liés entre eux. Chaque opérateur mobile a le
droit de fixer son tarif par minute pour les appels entrants. Cependant, pour éviter tout
déséquilibre conséquent entre le tarif des appels entrants et celui des appels sortants,
le premier ne peut pas dépasser le deuxième, déduction faite du coût d'interconnexion
applicable à l'appel. La formule actuellement appliquée doit certes être affinée avec le
temps, mais elle assure définitivement à l'opérateur mobile un certain équilibre des
recettes par minute entre les appels entrants et les appels sortants. Néanmoins, au
titre de la réglementation en vigueur, l'opérateur fixe peut fixer unilatéralement le tarif à
appliquer à ses abonnés pour les appels d'une ligne fixe vers un mobile.

8.2.3.3 Tarification de l'itinérance

Les organismes de réglementation laissent généralement les opérateurs fixer le


montant des surtaxes que les usagers doivent acquitter lorsqu'ils se déplacent sur le
réseau d'un autre opérateur. Au Brésil, le régulateur fixe un prix maximal pour
l'itinérance nationale. L'Association Mémorandum d'accord sur le GSM, qui regroupe
des opérateurs GSM du monde entier, a élaboré des lignes directrices pour les tarifs
de l'itinérance internationale. Bien que ces lignes directrices ne soient pas
juridiquement contraignantes, peu d'opérateurs s'en sont écartés. Un groupe
d'utilisateurs s'est plaint que les taxes d'itinérance étaient trop élevées avec le système
GSM.

8.3.3 Interconnexion

120
Les questions relatives à l'interconnexion dans le domaine du cellulaire mobile sont
liées aux arrangements techniques, financiers et commerciaux se rapportant à la
connexion des réseaux mobiles aux réseaux fixes et aux autres réseaux cellulaires
mobiles. Le degré d'intervention des organismes de réglementation sera déterminé par
le niveau de coopération dont feront preuve les opérateurs pour connecter leurs
réseaux. Dans certains pays, les régulateurs ont dû réglementer l'interconnexion
physique entre réseaux fixes et réseaux mobiles à cause de l'inflexibilité des
opérateurs fixes. A l'inverse, dans quelques pays en développement, des exploitants
de services cellulaires mobiles récemment implantés ont jugé satisfaisant d'opérer
sans interconnexion car cela leur permettait d'acheminer des appels internationaux
lucratifs lancés à partir de leurs réseaux mobiles. Cette question est liée à celle de
savoir si les opérateurs du service cellulaire mobile devaient être autorisés à construire
leur propre infrastructure longue distance nationale et internationale. Dans la négative,
les usagers du service mobile paieront davantage pour ces types d'appels.

Les régulateurs hésitent généralement à intervenir dans la tarification de


l'interconnexion, ce qui n'est pas sans conséquences. En effet, les paiements au titre
de l'interconnexion entrent en général pour une grande part dans le coût d'exploitation
d'une entreprise de télécommunications mobiles et seront en fin de compte répercutés
sur les abonnés sous la forme de tarifs plus élevés. La tarification de l'interconnexion
entre deux réseaux mobiles différents obéit souvent au principe selon lequel c'est le
pays d'origine qui conserve toutes les recettes. L'interconnexion entre réseaux mobiles
est donc une question moins importante que l'interconnexion entre opérateurs mobiles
et fixes. Certains pays se contentent de fixer les tarifs d'interconnexion au niveau du
tarif de détail existant, ce qui signifie que les appels seront inéluctablement facturés
plus cher aux usagers du service mobile qu'à ceux du service fixe. Le type de système
appliqué pour la facturation des appels du service mobile influe sur les montants
relatifs partagés par les opérateurs fixes et les opérateurs mobiles et peut
artificiellement affecter les tarifs d'interconnexion. Dans le système où ce sont les
utilisateurs du service mobile qui paient les appels entrants, par exemple, il se peut
qu'il n'y ait pas de paiement au titre de l'interconnexion entre les opérateurs fixes et les
opérateurs mobiles. A l'inverse, lorsque c'est l'appelant qui paie (système CPP) et que
les abonnés fixes paient les appels à destination d'abonnés mobiles, les opérateurs
mobiles peuvent imposer à l'opérateur fixe une taxe d'interconnexion élevée.

8.3.4 Choix technologique

Le cellulaire mobile s'est caractérisé jusqu'ici par l'absence d'une norme mondiale
unique et par l'utilisation d'une demi-douzaine d'interfaces hertziennes. Les pays ont
souvent choisi des normes en fonction de ce qui se faisait dans les pays voisins.
Toutefois, c'est seulement en Europe que des prescriptions ont été établies au niveau
régional. Dès 1987, l'Union Européenne a recommandé à ses membres de mettre en
service le GSM pour 1991 et a également demandé la mise en œuvre, pour 2002,
d'une norme européenne commune pour les systèmes de troisième génération.

A l'extérieur de l'Europe, aucune norme n'a été prescrite au niveau régional. A cela
s'est ajoutée occasionnellement une forte pression politique ou commerciale visant à
introduire une technique déterminée, ce qui a incité la plupart des régulateurs à laisser
aux opérateurs le choix de l'interface hertzienne. L'inconvénient de cette politique tient
au fait que les consommateurs risquent de pâtir de la mise en place d'une nouvelle

121
technologie dans le pays (se traduisant par exemple par des prix plus élevés pour les
combinés et par une réduction des possibilités d'itinérance). En outre, les pays en
développement peuvent se retrouver enchaînés à des vieilles technologies
analogiques. Par ailleurs, les opérateurs pourraient aussi subir les conséquences
d'une incompatibilité des systèmes et être contraints d'évoluer. C'est ainsi que Telecel,
exploitant de systèmes mobiles opérant en Zambie, fait actuellement passer son
réseau de la norme AMRC à la norme GSM principalement parce que l'itinérance est
limitée du fait que tous les pays voisins utilisent le système GSM. 80

La fréquence affectée par les régulateurs au cellulaire mobile influent également sur le
choix de l'interface hertzienne avec les opérateurs. En effet, la disponibilité d'une
nouvelle fréquence est un moyen pratique pour les régulateurs de diversifier
davantage le marché en introduisant de nouveaux venus. Cela s'est produit, par
exemple, en Europe avec la mise en service du GSM et c'est aussi le cas pour les
nouvelles licences de troisième génération, un certain nombre de régulateurs
envisageant de réserver au moins une licence pour les nouveaux exploitants.

Avec l'adoption de la norme IMT-2000 (systèmes cellulaires mobiles de troisième


génération), ce sera la première fois qu'il existera une norme mondiale unique. Aussi
est-il possible que, à l'avenir, les régulateurs accordent moins d'importance à la
question de savoir quelle technologie est appliquée.

8.4 Études de cas des pays représentatifs

L’UIT a réalisé une série de cinq études de cas portant sur l’indépendance et
l’efficacité des instances de réglementation. En fonction de divers critères politiques,
économiques, sociaux et géographiques tels que le PIB, classement de
développement, situation démographique, états de secteur de télécommunications et
les états de progression au niveau de réforme sectorielle, les cinq pays sélectionnés
sont Maroc, Botswana, Brésil, Pérou et Singapour. Chaque étude de cas donne une
solution ou méthode qui est spécifique à la situation du pays sur comment l'organisme
de réglementation a été mis en place dans le pays et évalue son efficacité générale en
examinant sa structure organisationnelle, son financement, ses fonctions et le degré
de transparence.81

9. Conclusion

Au début de l’année 2002, plus de la moitié des pays avaient privatisé en totalité ou en
partie leur opérateur historique de télécommunication. La concurrence, quant à elle,
s’est largement répandue, même si la plupart des pays conservent le monopole pour
certains services fixes comme les communications locales et longue distance.
Cependant, une majorité écrasante de pays autorisent désormais la concurrence sur
les marchés de la téléphonie mobile et de l’Internet, deux technologies qui se
substituent de plus en plus à la téléphonie fixe, et qui pourraient aboutir à une
convergence totale comme Internet mobile grâce à la novelle technologie comme
celles de la téléphonie mobile de 3G etc.

122
Avec un milliard d’abonnés, ou peu s’en faut à la fin de 2001, les communications
mobiles s’apprêtent à constituer au début de 2002 le réseau ayant le plus grand
nombre d’utilisateurs et ainsi à supplanter les lignes fixes. A la fin de 2001, plus de
90% des pays avaient un réseau mobile ; autrement dit, un habitant de la planète sur
six disposait d’un téléphone mobile et une centaine de pays comptaient plus d’abonnés
au téléphone mobile qu’au téléphone fixe. Avec le mobile, l'accès aux
télécommunications s’est considérablement élargi. Dans les pays en développement,
et plus particulièrement dans les pays les moins avancés, grâce au mobile, l'accès au
service téléphonique progresse à une vitesse étonnante. La révolution du mobile dans
les pays en développement s’explique aisément par la facilité d’installation des
réseaux mobiles. Un autre facteur clé est l’existence de cartes à prépaiement. Dans
des pays dont la plupart des habitants n’auraient pas les moyens financiers de payer
un abonnement, le prépaiement met les télécommunications à la portée de tous.

Même dans les pays développés, la téléphonie mobile supplante progressivement la


téléphonie fixe, surtout parmi la population se situant à l’extrémité inférieure de
l’échelle des revenus. Cette tendance montre bien que c’est la téléphonie mobile, et
non la téléphonie fixe, qui ouvre la voie à la réalisation d’objectifs de service universel
et à d’autres objectives de politique sociale.

Bien qu’ils aient appliqué des recettes très différentes, la plupart des pays suivent des
recettes dans lesquelles entrent trois ingrédients principaux : participation du secteur
privé, ouverture du marché à la concurrence et création d’un organisme de
réglementation indépendant. Les statistiques sur la télédensité totale de l’UIT montrent
que parmi les pays qui sont le plus progressé au niveau de la télédensité, on trouve de
nombreux pays qui se sont engagés dans un processus de réforme d^s le début de la
décennie, comme le Chili, la Hongrie ou les Philippines, ainsi que plusieurs pays qui
ont réformé leur secteur plus tardivement, comme le Botswana ou le Maroc. Les deux
pays qui sortent du lot sont la Chine et le Viet Nam, qui ont tous deux choisi
d’encourager la concurrence entre différents ministères, tout en incitant le secteur privé
à investir sur les marchés du mobile. Si un Etat est fermement déterminé à investir
dans les télécommunications, il ne lui faut pas longtemps pour changer le cours des
choses.

En 2000, l’industrie pesait presque un milliard USD en termes de recettes provenant


des services, mais l’accélération des taux de croissance dans le secteur des
télécommunications s’est inversée en 2001, en particulier sur des segments clés du
marché tels que la téléphonie mobile et l’Internet. Les cours des actions se sont
effondrés et, pour beaucoup de nouveaux concurrents, les bénéfices escomptés se
sont mués en pertes. Le secteur tout entier a été durement touché est s’est demandé
ce qui avait mal tourné.

Même si le diagnostic récent ne prête guère à l’optimisme, la croissance phénoménale


de la fin de la dernière décennie doit être replacée dans son contexte historique et
considéré comme un bouleversement qui ne se produit que tous les cinquante ans
environ. Ce bouleversement s’explique par la convergence entre la rapidité du progrès
technologique et l’évolution des attentes du marché, conjuguée au remplacement du
réseau fixe par les réseaux mobiles et à la prédominance du trafic de données par
rapport à la téléphonie, ainsi qu’à la généralisation de la réforme sectorielle.

123
Après la participation du secteur privé, ouverture du marché à la concurrence, l’heure
est venue pour une réglementation efficace. Pour cela, les agence de réglementation
doivent une grande indépendance et une légitimité stable. Elles doivent fonctionner
avec des processus transparents et doivent être en pleine possession des pouvoirs
régulateurs qui lui sont définis et attribués, comme l’octroi des licences ou gestion de
spectre etc. Dans le cas concret et face aux problèmes réels comme la tarification,
l’agence de réglementation peut proposer des solutions comme suivant :

• Tarifs d’interconnexion basés sur les coûts réels, ainsi évite tout politique de
tarification arbitraire. Ce logiciel est développé sur la base de la
Recommandation D-600R (modèle TAF).82 Il permettra aux opérateurs et aux
régulateurs de calculer: taxes relatives au trafic international (taxes des
répartitions, taxes de règlement et taxes de terminaisons), taxes
d'interconnexion et tarifs des services téléphoniques nationaux. Ce logiciel
permet aux opérateurs et aux régulateurs des pays en développement, y
compris ceux qui ne disposent pas forcément de données sur leurs coûts, de
calculer les tarifs orientés vers ou basés sur les coûts des services
téléphoniques tel qu’ils proviennent de l’évaluation et de l’allocation des
ressources consommées par leurs activités.
• Prise en compte de la téléphonie mobile dans le service universel en matière
de télécommunications. Pour les consommatrices et consommateurs le
portable relève autant du “service universel” que le téléphone à domicile, les
cabines téléphoniques ou l’eau courante. D‘un point de vue psychologique, le
téléphone portable procure un plus grand sentiment de sécurité qu’un appareil
fixe à domicile. De plus, le nombre de téléphones mobiles en circulation
dépasse le nombre de raccordements fixes... Dès lors, la téléphonie mobile
devait être intégrée au service universel. Cela aurait pour conséquence de
devoir calculer les tarifs d‘interconnexion sur la base des coûts effectifs et de
devoir proposer aussi des communications call by call ou en présélection. C’est
en définitif la seule façon de briser l’oligopole instauré par les opérateurs
mobiles.
• Prolongation de la durée de licence. La construction d'un réseau mobile est
plus avantageuse que celle d’un réseau fixe câblé. Elle doit cependant être
amortie pendant la durée de la licence, c’est-à-dire 10 ans. Une prolongation de
la durée des licences de 5 ou 10 ans réduirait massivement la pression sur les
coûts et profiterait aux consommateurs. La réduction des rentrées de l‘Etat
serait plus que compensée par l‘importance du volume de la communication
mobile, même en Suisse.

La vague de destruction créatrice qui balaie actuellement le secteur des


télécommunications fera certes quelques perdants, mais davantage de gagnants.
L’essentiel pour les utilisateurs de télécommunications – qui constitueront bientôt à
l’aube d’une nouvelle ère où la rareté de moyens cède progressivement la place à une
offre abondante et universelle. C’est cela, réinventer les télécommunications.

Référence
1
Certaines parties de cette section sont adaptées de Bjurkmark et divers collaborateurs,
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Les renseignements sont extrais d’un document d’information communiqué à l’UIT par
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127

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