Evolution de Téléphonie Mobile Sous Les Effets Des Régulations Et Les Reformes Dans La Télécommunication
Evolution de Téléphonie Mobile Sous Les Effets Des Régulations Et Les Reformes Dans La Télécommunication
1
Table de matière
2
2.2.2 La téléphonie mobile faite partie de la vie quotidienne 53
3. Effet de la concurrence 57
4. Effet de la privatisation 63
6. Pourquoi la régulation 75
3
7.2 Fonctions réglementaires spécifiques 92
7.3.1 Interconnexion 99
7.3.2 Séparation structurelle et séparation des comptabilités 100
7.3.3 Fusion et acquisitions 100
7.3.4 Opérateurs en position dominante 101
7.3.5 Contrôle des prix 102
7.3.6 Plan de numérotage et portabilité des numéros 103
7.3.7 Service universel 104
9. Conclusion 122
4
Les objectifs
Les objectifs de cette étude sont multiples, d’abord, l’étude est focalisée sur la
téléphonie mobile dont les notions de base, l’évolution technologique, le marché actuel
et la tendance d’évolution, la place au sein du secteur de télécommunication, la
tarification, les promesses et les déboires de 3G. L’étude essais aussi de démonter
que la téléphonie mobile comme une nécessité pour réduire les fractures numériques.
Ensuite, l’étude fait le lien entre la téléphonie mobile d’une part, l’ouverture à la
concurrence et la privatisation des opérateurs d’autre part. Les discussions se portent
sur les compétitions entre les opérateurs privés et la tendance de privatisation. L’étude
se poursuit sur les résultats concrets, notamment au niveaux de prix, d’investissement
privé et l’infrastructure de réseau dans les pays majeurs ou représentatifs du point de
vu de marché de téléphonie mobile, quelques années après l’introduction de la
concurrence et la privatisation.
Ainsi finalement cette étude tentera de trouver un mécanisme sur le comment les
organismes de réglementations peuvent venir à bout des problèmes que seule
l’ouverture à la concurrence et privatisation n’arrivent pas résoudre. Elle tentera aussi
de conclure qu’il faut accentuer le développement de la téléphonie mobile notamment
celle de 3G au moyen de mécanisme réglementaire effectif et de la concurrence et la
privatisation afin d’espérer à réduire les fractures numériques.
L’étude est réaliser essentiellement par les recherches littératures sur Internet et au
moyen d’analyses statistiques des bases de donnée de UIT :
• ITU World Telecommunication Regulatory Database
• ITU World Telecommunication Indictors Database
5
1. Introduction de la téléphonie mobile
L’année 2002 sera décisive dans l’histoire de télécommunication, parce que c’est
pendant cette année que le nombre d’abonnés de la téléphonie mobile dépasse le
nombre de téléphone fixe globalement. On compte une personne sur sept dans le
monde possédant un téléphone mobile alors qu’il était seulement une sur 339
personnes en 1991.
Les premiers systèmes cellulaires analogiques sont nés à la fin des années 60 et au
début des années 70. Le terme « cellulaire » désigne la division de la zone de
couverture en de nombreuses petites zones appelées cellules, chacune étant
desservie par un émetteur et un récepteur de faible puissance. Les systèmes
cellulaires analogiques n’étaient pas fondés sur un nouveau type de technologie mais
sur la prise de conscience du fait que les techniques IMTS existantes pouvaient être
organisées à une plus large échelle. Le même système MF analogique employé
depuis la fin de la deuxième guerre mondiale pouvait maintenant être utilisé pour les
communications vocales. Deux améliorations majeures ont permis de concrétiser le
concept du cellulaire. La première a été l’invention du microprocesseur au début des
années 70, qui a facilité la mise en œuvre des algorithmes de commande dans
l’exploitation d’un système cellulaire et a permis d’accroître la complexité de ces
algorithmes. Cette invention a aussi rendu possible la miniaturisation des combinés. La
deuxième avancée technologique a été la liaison de commande numérique entre le
mobile et la station de cellule.
6
Les travaux concernant les systèmes cellulaires numériques de deuxième génération
ont débuté à la fin des années 80. Dans ces systèmes, non seulement les commandes
mais aussi les signaux vocaux étaient numérisés. Les progrès technologiques tel
qu’une meilleure qualité vocale ont été importants tant pour les techniciens que pour
les clients. Le nouveau service numérique a accru la capacité et considérablement
réduit le coût des communications hertziennes par rapport à celui des systèmes
analogiques.
7
radioélectriques consistait à diviser une zone de service en cellules de forme
idéalement hexagonale. Les cellules sont structurées en groupes de sept. Au centre de
chaque cellule se trouve une station de cellule (Station de base, une station de cellule
interagit simultanément avec de nombreux terminaux mobiles en utilisant un canal par
utilisateur. Chaque canal utilise deux fréquences, l’une pour transmettre à partir de la
station de cellule et l’autre pour recevoir des appels.), qui comprend les antennes
d’émission et de réception et l’équipement de commutation.
La réutilisation des fréquences est efficace en ce sens qu’un seul canal cellulaire, par
exemple, peut être utilisé simultanément dans différentes parties d’une zone
métropolitaine. Autrement dit. Deux cellules différentes peuvent exploiter la même
fréquence à condition de ne pas être adjacentes. La taille des cellules varie selon la
densité d’abonnés d’une zone. Dans une zone densément peuplée, on peut améliorer
la capacité du réseau cellulaire en diminuant la taille physique d’une cellule ou en
ajoutant des cellules qui se chevauchent, ce qui permet d’accroître le nombre de
canaux disponibles sans augmenter le nombre réel de fréquences utilisées. Par
exemple, lorsque le diamètre d’une cellule est réduit de 50%, la capacité est multipliée
par quatre.
A part la réutilisation des fréquences, la deuxième différence majeure par rapport aux
anciens systèmes de radiotéléphonie réside dans le transfert automatique des
abonnés d’une cellule à une autre au fur et à mesure qu’ils se déplacent. C’est la
fonction principale qui assure la mobilité de l’abonné au cellulaire. Un ordinateur suit
constamment les unités mobiles à l’intérieur d’une cellule et assure automatiquement
le transfert de l’appel dès qu’un abonné atteint la limite d’une cellule. Simultanément,
un nouveau canal dans une cellule différente est attribué à l’appel. Les appels peuvent
aussi être dans la cellule. Dans ce cas, la station de base procèdera à un balayage
des ondes hertziennes pour chercher dans les cellules voisines un canal qui puisse
être utilisé. Si aucune fréquence n’est disponible dans une cellule les usagers peuvent
recevoir un signal d’occupation lorsqu’ils lancent un appel.
Lorsqu’un appel du service cellulaire est lancé, le message hertzien est transmis de
l’unité mobile de l’abonné à la station de base la plus proche par le biais de signaux
radioélectriques de faible énergie. Toutes les stations de base de chaque cellule sont
reliées à un point central appelé centre de commutation pour la téléphonie mobile
(MTSO, Mobile Telephone Switching Office) par des lignes terrestres ou des liaisons
hyperfréquences. En règle générale, le centre MTSO est situé dans la cellule centrale
d’un groupe de cellules et relié au réseau téléphonique public commuté (RTPC) (voir la
figure 1.1)
Un appel du service mobile peut être lancé à destination d'un autre mobile situé sur le
même réseau, d'un mobile se trouvant sur un autre réseau ou d'un téléphone fixe. La
manière dont l'appel parvient à chacune de ces destinations dépend à la fois de la
réglementation et de facteurs commerciaux. Par exemple, un appel entre deux mobiles
se trouvant sur le même réseau pourrait rester sur le réseau de l'opérateur mobile si
celui-ci est autorisé à installer l'infrastructure de connexion entre ses centres MTSO. A
défaut, l'appel sera dirigé vers le RTPC pour être acheminé vers l'abonné mobile. Les
appels à destination d'un mobile sur des réseaux différents et les appels vers un
téléphone fixe peuvent être acheminés directement ou via le RTPC.
8
Figure 1.1: Réseau cellulaire mobile de base
Base
stations
Public Switched Telephone Network
Mobile
subscriber
unit
MTSO* Links
Two-way radio
Cells
La saturation du spectre étant imminente, une autre technique a été proposée, celle de
l'accès multiple par répartition dans le temps (AMRT). Cette technique a amélioré la
capacité du spectre en subdivisant chaque fréquence en intervalles de temps. Chaque
usager a accès à la totalité du canal radioélectrique pendant la courte durée d'un
appel. Les autres usagers partagent le même canal aux différents intervalles de temps
attribués. La station de base passe constamment d'un usager à un autre sur même
canal. La technique AMRT est celle qui prédomine dans les systèmes cellulaires
numériques de deuxième génération, ses trois principales versions étant la version
9
utilisée en Amérique du Nord (IS-136) ou D-AMPS, la version européenne (GSM) et la
version japonaise (PHS/PDC).
Le système AMRC (accès multiple par répartition en code), fondé sur la technique de
l'étalement du spectre, est le dernier système cellulaire exploité commercialement.
Pendant longtemps, il a été utilisé à des fins militaires car il accepte des signaux
fortement chiffrés. Cette technique améliore l'utilisation du spectre, tous les usagers
occupant la totalité des canaux en même temps. Les conversations sont réparties (ou
étalées) sur l'ensemble de la bande des fréquences radioélectriques et chaque appel
ou communication de données reçoit un code unique qui le différencie des nombreux
autres appels acheminés simultanément sur le même spectre. Autre caractéristique
exceptionnelle du système AMRC, l'utilisation du transfert "souple" permet aux
terminaux de communiquer avec plusieurs stations de base en même temps. La
capacité de commande de puissance et la méthode de correction d'erreur sont
également différentes en ce sens qu'elles réduisent au maximum les brouillages et
améliorent la qualité du son. Les mobiles de troisième génération seront fondés sur
une version AMRC à large bande fonctionnant dans trois modes.
La possibilité pour un abonné au mobile de lancer (et de recevoir) des appels lorsqu’il
se déplace hors de la zone de couverture de son réseau est assujettie à des
arrangements nationaux et internationaux et matière d’itinérance.
Les normes du cellulaire ont évolué tant au niveau de la fonctionnalité qu’au niveau de
l’utilité, passant des réseaux analogiques dits de première génération aux systèmes
numériques actuels de deuxième génération (voir le Tableau 1.1). Les réseaux mobiles
de troisième génération (3G) sont en cours de mise au point et ceux des générations
ultérieures devraient être disponibles aux environs de l’an 2010 (voir la figure 1.2)
Deux facteurs doivent être gardés à l’esprit. Premièrement, les réseaux cellulaires ont
évolué à ce jour au titre d’un certain nombre de spécifications exclusives, régionales et
10
même nationales. Il n’existe pas actuellement de norme mondiale unique.
Deuxièmement, le paysage cellulaire actuel comprend une combinaison de systèmes
1.1.4 1G
11
Le service téléphonique mobile avancé (AMPS, Advanced Mobile Phone Service) a vu
le jour en 1983 à Chicago. Ce système a recours à la technique AMRF (accès multiple
par répartition en fréquence) dans la bande de fréquences des 800-900MHz (et depuis
peu dans la bande des (1800-2000MHz également). Le système AMPS est le système
analogique le plus utilisé et occupe le deuxième rang mondial avec quelque 50 millions
d’abonné, principalement en Amérique du Nord. Les limitations liées au mode AMPS
sont une faible capacité d’appel, un spectre limité, une communication de données
inadéquate, une confidentialité restreinte et une médiocre protection contre les
fraudes. Le service téléphonique mobile analogique à bande étroite (NAMPS,
Narrowband Analogue Mobile Phone Service) est une solution transitoire qui permet
de remédier à la faible capacité d’appel. Le système NAMPS couple le traitement vocal
avec la signalisation numérique, ce qui multiplie par trois sa capacité. Environ 35 pays,
dont les Etats-Unis, utilisent la technique NAMPS.
Note: AMPS (Advanced Mobile Phone System), ATM (Asychronous Transfer Mode), CDMA (Code Division Multiple Access),
DECT (Digital Enhanced Cordless Technology), FPLMTS (Future Public Land Mobile Telecommunication Systems),
GSM (Global System for Mobile), NMT (Nordic Mobile Telephony), PDC (Personal Digital Cellular), PHS (Personal
Handyphone System), TACS (Total Access Communications System), TDMA IS-95 (Time Division Multiple Access),
WCDMA (Wideband Code Division Access Mode).
Source: Matsushita Communication Industrial Co., Ltd, at http://www.mci.panasonic.co.jp/english/wmci/telecommunication.html.
With permission to reproduce.
12
fabricants mondiaux de combinée mobiles. Le système NMT a été mis en service en
1981, fonctionnant au début dans la bande des 450MHz puis aussi dans la bande des
900MHz par suite de contraintes en matière de capacité. A la fin du siècle dernier, Il
est encore utilisé par environ 4.5 millions de personnes dans quelque 40 pays,
notamment les pays nordiques, l’Asie, la Russie et d’autres pays de l’Europe de l’est.
Le système de communication à accès total (TACS, Total Access Communications
System) a d’abord été exploité au Royaume-Uni en 1985. il a été conçu à partir du
système AMPS pour fonctionner à la fois dans la bande des 800MHz et dans celle des
900MHz. D’autres parties de la bande des 900MHz sont souvent utilisées pour la
version dite étendue (ETACS). Environ 15 millions de personnes dans le monde
utilisaient le système TACS à la fin de 1998.
A ces principales normes viennent s’ajouter de nombreux systèmes exclusifs pour les
systèmes analogiques de première génération et d’autres systèmes qui ont été peu
vendus à l’extérieur de leur pays d’origine, notamment en France, en Allemagne, en
Italie et au Japon.
1.1.5 2G
Les systèmes numériques de deuxième génération ont été mis au point dans les
années 80 et les premiers systèmes ont été commercialisés au début des années 90.
les techniques cellulaires numériques présentent de nombreux avantages par rapport
aux techniques analogiques, le principal atout étant une capacité accrue grâce à une
utilisation plus efficace du spectre radioélectrique. Autre facteur positif, la transmission
numérique permet d’acheminer non seulement la voix mais aussi des données à
travers le spectre des fréquences radioélectriques, prenant en charge des applications
telles que le service de minimessagerie (SMS, Short Message Service) et le courrier
électronique. La téléphonie numérique améliore également la sécurité des
transmissions de la voix et des données, les signaux étant inintelligibles pour les
balayeurs MF et le flux binaire pouvant être aisément chiffré. Enfin, les réseaux
numériques sont exploités à une puissance plus faible et les combinées peuvent dont
être plus compacts et plus légers, d’où une durée d’utilisation plus longue des piles et
moins d’inquiétude pour la santé.
13
connu autant de succès sur les autres continents. C’est la norme dominante des
services cellulaires avec plus de 45% du nombre total d’abonnés dans le monde en
avril 1999.
1.1.6 3G
L’UIT, dont l’un des rôles est d’établir des normes mondiales dans le domaine des
télécommunications, n’a pas publié de recommandations techniques concernant les
systèmes mobiles de première génération ou de deuxième génération, ais de
nombreuses recommandations traitent de la manière dont ces techniques interagissent
14
avec d’autres techniques. Il en résulte l’exploitation de divers réseaux cellulaires
mobiles incompatibles. Cela tient principalement au fait que ces systèmes cellulaires
mobiles étaient conçus pour rester des réseaux nationaux en matière d’itinérance. A la
fin des années 80, l’UIT a commencé à élaborer des systèmes de troisième génération
(3G) en portant son attention sur la nécessité d’harmoniser, sur le plan mondial, les
normes relatives au spectre des fréquences radioélectriques et aux interfaces
radioélectriques. Compte tenu de la croissance impressionnante du cellulaire mobile,
les Membres de l’Union ont dû entreprendre d’élaborer des normes en ce qui concerne
les systèmes 3G.
Suburban
Urban
In-building
Picocell
Microcell
Macrocell
Global
L’UIT a pour objectif d’établir une norme mondiale relative aux systèmes 3G dans le
cadre d’une initiative appelée IMT-2000 (International Mobile Telecommunications—
2000). 7 Le système IMT-2000 est plus qu’un système cellulaire amélioré. Il prévoit
l’intégration de différentes zones de couvertures de service – systèmes terrestres
macrocellulaires, microcellulaires et picocellulaires, systèmes sans cordon, systèmes à
accès hertzien et systèmes à satellites, ce qui permet d’assurer un service
véritablement mondial (voir la Figure 1.3). Les IMT –2000 devraient assurer une plate-
forme pour la répartition des services pour lesquels il y a eu convergence (mobiles ou
fixes, voix ou données, télécommunications, contenu ou calcul). Ils présentent trois
caractéristiques distinctives :
15
• itinérance mondiale avec transfert imperceptible, permettant aux utilisateurs de
continuer à lancer et à recevoir des appels avec le même numéro et le même
combiné lorsqu’ils passent d’un pays à l’autre ;
• Débits de transmission plus élevés : au moins 2 Mbit/s pour les utilisateurs
immobiles ou marchant et 348 kbit/s pour les utilisateurs se trouvant dans un
véhicule en mouvement (les systèmes cellulaires de deuxième génération
n’offrent que des débits compris entre 9.6 kbits/s et 28.8 kbit/s). L’accès à
Internet sera beaucoup plus rapide ;
• Fourniture de services standard, par exemple via des réseaux fixes, mobiles ou
à satellite.
L’UIT désigne les réseaux 3G par le terme IMT-2000 alors que, en Europe, ils sont
connus sous le nom de « systèmes de télécommunications mobiles universelles
(UMTS, Universal Mobile Telecommunications System), concept développé par
l’Institut européen des normes de télécommunication (ETSI) avec le concours du
Comité européen des radiocommunications (CEPT) qui assure la coordination des
questions réglementaires. L’aspect principal des UMTS est des savoir comment le
système GSM évoluera pour devenir compatible avec le IMT-2000. La norme de
l ‘ETSI relative aux systèmes mobiles de troisième génération arrêtée au début de
1998 s’inspire des deux propositions concernant les systèmes AMRC à large bande et
le système AMRT/AMRC. Il s’agit de la norme UTRA (accès radioélectrique de Terre
UMTS). Le système AMRC à large bande doit être utilisé pour les applications
couvrant des zones étendues tandis que le système AMRC/AMRT sera principalement
appliqué pour les applications fonctionnant à l’intérieur qui demandent peu de mobilité.
L’Union européenne (UE) a recommandé à tous ses Etats membres d’achever
l’agrément des UMTS avant la fin de 1999 et que le service soit lancé au 1er Janvier
2002 – un calendrier difficile à respecter. L’UE n’a toutefois pas défini de lignes
directrices sur la manière d’attribuer les licences. Les pays membres doivent décider
du nombre de licences à accorder, de leur mode d’attribution et de la question de
savoir si les opérateurs mobiles existants devraient automatiquement obtenir une
licence UMTS. La Finlande a été le premier pays à agréer des opérateurs de systèmes
3G en mars 1999 en attribuant quatre licences pour un premier groupe de 15
demandes (ces licences ont été octroyées aux opérateurs existants Radiolinja, Sonera
et Telia Mobile et à la firme Suomen Kolmegee, qui regroupe des entreprises de
télécommunications régionales et une entreprise suédoise, Tele2). L’Autriche,
l’Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni étaient les suivants à agréer des
opérateurs.
Dans les autres régions, le Japon est le premier pays à exploiter un réseau 3G. Les
prochains pays asiatiques à suivre cet exemple sont la République de Corée et
Taïwan-Chine et peur-être la RAS de Hong Kong. Les Etats-Unis n’ayant mis en
service des systèmes hertziens numériques qu’il y a deux ans, les systèmes 3G ne
devraient pas y être exploités avant 2003-2005. un des problèmes du marché
américain tient au fait qu’aucune norme numérique n’a été établie, les exploitants
appliquant diverses techniques numériques non interopérables. Toutefois, c’est un
marché doté d’une demande potentiellement élevée pour les services de données
mobiles pour professionnels. Aux Etats-Unis, l’absence relative de succès des
systèmes mobiles numériques de deuxième génération laisse le champ libre aux
systèmes 3G.
16
L’un des moteurs du développement des systèmes 3G est le fait que les réseaux de
deuxième génération dispose d’un spectre radioélectrique limité. Il est probable que la
quantité de spectre disponible ne sera pas suffisante pour répondre à la demande de
services multimédias prévue pour le 21ème siècle. Les bandes de fréquences
comprises entre 1885 et 2025Mhz et entre 2110 et 2200Mhz étaient à l’origine
attribuées au IMT-2000. Les pays et les régions ont attribué des fréquences de
différentes manières, ce qui rend l’itinérance mondiale difficile. Un problème tient au
fait que, aux Etats-Unis, les services PCS de deuxième génération fonctionnent dans
la partie principale de la bande attribuée aux IMT-2000. Dans certains cas, les
opérateurs utiliseront de nouvelles fréquences pour leurs services 3G, alors que
d’autres opérateurs envisagent d’exploiter le spectre actuel pour offrir des services
évolutifs antérieurs à la troisième génération. Cette dernière stratégie vise à assurer
une transition harmonieuse des usagers vers les services mobiles avancés sans qu’il
soit nécessaire d’obtenir des fréquences additionnelles. Le coût effectif des
améliorations de troisième génération dépendra pour beaucoup des besoins en
matière de spectre. Le Groupe d’action 8/1 de l’UIT a décidé à la réunion qu’il a tenue
à Fortaleza (Brésil) qu’une bande minimale additionnelle de 160MHz serait nécessaire
pour les services de troisième génération. La Conférence mondiale des
radiocommunications de l’UIT (CRM-2000), au cours de laquelle les administrations
demandaient un élargissent de la bande, était primordiale pour l’avenir des systèmes
3G.
Le passage aux systèmes 3G ne se fera pas sans difficulté. Il existe bon nombre
d’exemples d’évolutions techniques qui ont semblé logiques mais qui n’ont jamais eu
lieu ou qui se sont produites plus lentement que prévu. Citons le cas de remplacement
du télécopieur (analogique) de groupe 3 par le télécopieur (numérique) de groupe 4,
qui a été largement prédit depuis le milieu des années 80, mais qui n’a jamais vraiment
eu lieu. Les clients ont montré que ce qu’ils voulaient réellement était un télécopieur
meilleur marché et non des appareils plus performants. Les enjeux des mobiles 3G
sont les suivants :
17
• Les organismes de réglementation doivent établir un cadre, y compris l’octroi de
licences pour l’exploitation de systèmes 3G. L’attribution de licences par voie
d’enchères risque de relever les coûts et de décourager la mise en place
d’infrastructures 3G.
• La demande de services 3G n’est pas encore évidente. Avant de construire de
nouvelles infrastructures, les exploitants doivent évaluer les aspects commerciaux
des systèmes 3G, notamment les coûts, la tarification, la concurrence et la
demande de services 3G. ces aspects commerciaux dépendent de la capacité des
systèmes de troisième génération à offrir des avantages additionnels par rapport
aux solutions intermédiaires, qui seront décrits dans les paragraphes suivants. Les
opérateurs restent prudents en matière d’investissement.
18
à annoncer des plans de mise en œuvre du service GPRS est Hong Kong Telecom. Le
service GPRS s’est généralisée en 2001 dans l’ensemble de UE.
Un des dispositifs intéressants de la Figure 1.4 qui est illustré que le point de
croisement, auquel un pays a plus des utilisateurs mobiles que les lignes fixées, peut
venir à presque n'importe quel point dans l'échelle de développement. Le point de
croisement peut venir aussi bas qu'une télédensité fixe de 0,4 (par exemple, au
Malawi) qu’aussi haut qu’une télédensité fixe de 75 (le cas du Luxembourg) et à un
point quelconque dans l'intervalle. En d'autres termes, la capacité d'un pays d'accroître
son réseau mobile au point où elle rattrape le réseau de fixe-ligne n'est pas une
fonction de sa richesse. Ni est elle une fonction de géographie, car chaque région a
maintenant un certain nombre de pays où le mobile a déjà rattrapé les lignes fixes (voir
Figure 1.5). Au lieu de cela, les facteurs qui sont importants dans la détermination à
ce que le croisement de point a lieu incluent:
19
• Structures tarifaires relatives. Dans le réseau de fixe-ligne, il y a souvent un fort
gradient entre le coût relatif d'appels locaux et ceux de longue distance,
particulièrement dans les pays qui n'ont pas encore entièrement rééquilibré leurs
structures tarifaires. Sur le réseau mobile, il n'y a fréquemment aucun écart de prix
entre les appels locaux et ceux de longue distance, fournissant une incitation pour
des utilisateurs à l'opter pour le service mobile au lieu de fixe. D'autre part, dans
les pays où les appels locaux sont « gratuits » sur le réseau fixe (c.-à-d. la charge
est empaquetée dedans avec le coût de la location mensuelle de ligne), ils ont
tenté à encourager des utilisateurs à ne pas abonner au mobile (par exemple en
Amérique du Nord, bien que Hong Kong SAR soit une exception). Pays qui ont la
tradition des appels locaux ‘’gratuits’’ font face au dilemme de ce qui se produit
quand l'utilisateur se rendent compte qu'elles n'ont plus besoin d'un téléphone fixe.
Plus le coût de transfert est élevé dans ces pays (c.-à-d. les frais fixes relatifs plus
élevés que les frais d'utilisation) peut signifier que les utilisateurs seront moins
enthousiastes pour renoncer complètement à leurs abonnements de ligne fixe.
• Facteurs culturels. En plus des facteurs prévisibles énumérés ci-dessus sont des
facteurs culturels ou sociaux moins prévisibles qui affectent le niveau de popularité
du mobile dans un pays particulier. Le mobile tend à décoller plus vite dans les
pays qui ont une population plus jeune, plus urbaine. Il fait également bien dans les
villes où les citoyens dépensent un grand pourcentage de leur temps pour
travailler. Mais au delà de ceci, il semble que quelques sociétés atteignent un point
auquel la téléphonie mobile devient la mode, en effet indispensable. Une illustration
de ceci est l'Italie, qui est avait progressé depuis un des plus bas taux de
pénétration mobiles dans l'union de l'Europe dans les années 80 et le début des
années 90, à un des plus haut vers la fin des années 90 soudainement. Des
Italiens ont trouvé qu’ils ne pourraient pas vivre sans telefonini.
100
Taiwan-China
Luxembourg
Bulgaria
Qatar
Télédensité mobile ou fixe
Moldova
10
Oman
Tajikistan
Chad
0
100 1'000 10'000 100'000
20
Figure 1.5 : Nombre d’abonnés mobile et fixe dans le monde
Million
2'500
Prévision
2'000
1'500
1'000
Fixe
500
Mobile
0
1982 84 86 88 90 92 94 96 98 2000 02 04 Année
Source : ITU World Telecommunication Indicators Database
Derrière ce changement de fixe aux mobile est un changement plus significatif: d'un
paradigme de la pénurie à une d'abondance. Dans toute l'histoire des
télécommunications, la demande a excédé l'approvisionnement. Pendant des années,
ITU a mesuré ‘’la liste d’attente’’ pour le service de fixe-ligne, qui a fait une pointe
d’environ 50 millions dans le monde entier au début des années 90; et pour les temps
d'attente, qui dans quelques pays ont fait la moyenne sur dix ans. Il n'y a aucun
équivalent pour le service mobile. C'est parce que, une fois que des stations de base
mobiles sont établies, les consommateurs peuvent juste aller acheter un combiné,
supposant que naturellement, ils peuvent se le permettre. Des décisions
d'investissement sont défocalisées de l'opérateur (souvent l'état), au profit de
consommateur individuel. L'introduction de la concurrence mobile a suscité une
quantité substantielle de demande latente du service de télécommunication qui a bien
dépassé ceux énumérés sur la liste d’attente pour le service de ligne fixe.
21
pourcentage de la population couverte par service mobile terrestre devient un
indicateur principal de l'accès universel.
C'est les lieux de la croissance du marché pour l'accès (à large bande) d'Internet de
haut débit, par exemple, en utilisant la ligne numérique d'abonné (DSL) ou la
technologie de modem câblé.
Il est largement cru que le volume de données transmises dans le monde entier
excède maintenant le volume du trafic de voix. Cependant, il est difficile de prouver
cette affirmation définitivement. Une de ces méthodes est de regarder l'utilisation des
circuits de télécommunications internationaux destinés et en provenance des Etats-
Unis (Figure 1.6). Le nombre de circuits disponibles a augmenté quatre fois entre
1998 et 2000, d'une capacité globale environ de 800000 en 1998 à presque quatre
millions en 2000. Pendant cette période, le nombre de Public Switched Telephone
Network (PSTN) a doublé, mais le nombre de lignes privées internationales s'est
développé cinq fois autant. Ces lignes sont employées principalement pour l'Internet
et d'autres transmissions de données. Dans quelques régions, telles que l'Europe, les
PSTN de circuits de voix comptent maintenant moins de dix pour cent de capacité
totale sur l'itinéraire transatlantique.
L'aspect peut-être le plus alarmant de tout, aux yeux des opérateurs publics de
télécommunications, c’est l'augmentation dramatique de capacité dans le ‘’idle’’, de 23
pour cent de capacité disponible dans 1996 à 44 pour cent en 2000, ou plus de 1,6
millions de circuits des 64 kbit/s. Cette surcapacité est une raison pour laquelle
l'industrie dans l'ensemble souffre et pourquoi les porteurs qui ont investi fortement
dans les réseaux optiques de fibre, tels que le Global Crossing, ou les Williams
Communications, se trouvent dans un état de quasi faillite.
22
Figure 1.6 : Donnée dépasse voix
Nombre (mille) de circuits internationaux aux Etats-Unis, par type d’usage, 1995-2000 et par région, 2000
Le croisement entre les données et la voix est significatif pour le futur à long terme de
l'industrie de télécommunications. Il implique que les structures tarifaires qui ont
supporté la croissance profitable du segment de voix de l'industrie peuvent ne pas être
soutenables. Déjà, une part croissante du trafic de voix voyage au-dessus des circuits
de données (par exemple la téléphonie sur l ‘IP ou sur les relais de trams) comme
manière de dévier les structures tarifaires restrictives ou non-coût-basées. Ceci peut
seulement augmenter dans le futur.
23
• À un niveau insignifiant, il est clair que les définitions standard de ce qui constitue
développé et en développement soient dues pour une révision. La vitesse avec
laquelle les économies des tigres asiatiques, Hong Kong SAR, Corée, Singapour
et Taïwan ont rattrapé, et même dépassé, les marchés développés de l'Europe, le
Japon et l'Amérique du Nord est spectaculaire. Ceux-ci sont tous classifiés comme
développé dans l'analyse sur la Figure 1.7.
• Plus significatives sont les implications qu'il se tient pour l'industrie, en particulier la
fabrication d'équipement de télécommunication et les parties ventes du secteur.
Pendant que les marchés ont délocalisé au monde en développement, ces
compagnies ont dû déplacer le centre de leurs ventes et opérations de vente aussi.
Ils trouvent également de nouvelles formes de concurrence des fabricants locaux
basés dans les économies de développement qui ont parfois un avantage dans la
vente à ces mêmes marchés.
• Il y a des implications aussi pour la partie service de l'industrie. Il y a des domaines
ou des croissances potentielles existent dans le monde en développement,
notamment pour de nouveaux services tels que des services à large bande ou
service de données à valeur ajoutée. Mais ceci se compose en grande partie de
vendre plus de valeur aux utilisateurs existants. Dans le monde en développement,
l'accent pour le moment au moins est sur le vent aux nouveaux utilisateurs, et donc
élargir le marché. Ainsi l'impératif pour des opérateurs de service basés dans le
monde développé est de rechercher de nouvelles occasions en dehors de leurs
marchés intérieurs, par l'acquisition, les joint-ventures en participation ou les start-
up. D'une manière générale, les fournisseurs de service mobiles ont montré plus
d'intérêt pour élargir leur marché en dehors de leur pays d'origine et ils ont
rencontré plus de succès que des fournisseurs de service de ligne fixe pour ce fait.
50 120
Développé 100
40
80
30 Développé
60
En développement
20
40
10 20
En développement
0 0
1990 1992 1994 1996 1998 2000 1991 1993 1995 1997 1999
L’objectif des systèmes 3G est d’assurer la gamme la plus large possible de services,
dont la plupart ne sont peut-être pas encore conçue ou encore leurs lancements sont
retardés. En théorie, les systèmes 3G permettent des débits de 383 kbit/s ou plus pour
un terminal en rapide déplacement et de 2 Mbit/s pour un terminal stationnaire. Cette
24
capacité à large bande permettra d’assurer de nouveaux types de services non
disponibles actuellement sur les réseaux de deuxième génération. La principale
amélioration sera l’accès à Internet et aux contenus graphiques à des vitesses
acceptables. En outre, de nombreux services interactifs deviennent possibles, y
compris la visiophonie et la visioconférence ou d’autres contenus vidéo en temps réel
comme par exemple, le flux de données audio et vidéo, le commerce mobile, ainsi que
la télé médecine ou les jeux mobiles. Il est difficile, voire impossible, de prévoir à long
terme le développement exact des marchés de troisième génération en particulier en
ce qui concerne les divertissements et les loisirs, l’expérience acquise à ce jour en
matière de services avancés étant très limitée. Plutôt que d’essayer de deviner
comment les futurs services de données hertziens évolueront, il serait préférable
d’examiner certains des enjeux actuels et à court terme, notamment les questions
relatives la demande, aux prix, à la segmentation des services, aux interfaces
utilisateur et aux chaînes de valeur et modèles commerciaux.
Une des principales questions est de savoir ce que les utilisateurs veulent réellement.
Les professionnels affirment qu’il n’y aura aucune « application éliminatrice », c’est-à-
dire aucune application qui portera un coup fatal aux autres applications, mais que le
marché sera segmenté pour répondre aux différents besoins des utilisateurs. Selon les
prévisions, les services financiers seront les premières applications de données
mobiles intéressantes, y compris des combinaisons de services telles que les services
bancaires (déjà accessibles en République tchèque, Finlande, France, Allemagne,
Hong Kong SAR, Portugal, Singapour et Royaume-Uni), les cartes de crédit, les
nouvelles et l’analyse financières, ainsi que le commerce, nombre de ces services
étant déjà disponibles. D’autres services professionnels liés aux bureaux virtuels
devraient également avoir du succès. Un autre domaine clé prometteur est celui des
services mobiles utilisés pendant les déplacements, notamment les réservations
d’hôtel, les informations météorologiques et les renseignements concernant la
circulation ou l’emplacement des restaurants et magasins locaux. Les opérateurs
mobiles pourront suivre leurs clients et savoir où ils se trouvent pour leur offrir des
services personnalisés spécifiques à l’emplacement, notamment des renseignements
sur les hôtels et les restaurants se trouvant à proximité. Le suivi de l’emplacement
devient aussi utile pour les services de secours. (En 1996, la Federal Communications
Commission (FCC) des Etats -Unis a publié un rapport sur la manière dont les services
de secours hertziens devraient être mis en œuvre. Selon le rapport, tous les
opérateurs doivent avoir la capacité d’offrir aux opérateurs téléphoniques assurant des
services de secours des renseignements sur l’emplacement de l’utilisateur appelant le
numéro d’urgence. Pour avril 1998, les opérateurs étaient tenus d’être en mesure
d’indiquer la station de cellule la plus proche de l’appelant et le numéro de l’appelant.).
En 2001, les opérateurs sont capables de localiser l’appelant en détresse avec une
précision de 122 mètres (400 pieds).
Selon les avis de certains experts, deux des secteurs des services de données
mobiles qui progressent le plus rapidement sont celui du service de minimessagerie
(SMS) et celui de la radiomessagerie bidirectionnelle. D’autres supposent que les
principaux domaines de croissance seront celui de l’accès mobile au World Wide Web
et celui de courrier électronique. Un indicateur intéressant de l’essor des marchés dans
les pays nordiques est le fait que, dans ces pays, quelque 20% des recettes du secteur
du mobile proviennent des services SMS. Il est extraordinaire qu’un niveau de
25
demande aussi élevé ait été atteint compte tenu de la capacité limitée des services
SMS, notamment la faible débit de données. La longueur réduite des messages, la
petitesse des écrans et un clavier peu pratique pour la saisie de textes. Avec un
nombre aussi élevé qu’un milliard de messages par mois, le service SMS est devenu
en Europe une activité dynamique ainsi que le service mobile qui se développe le plus
rapidement.
Cela étant, pour que les systèmes 3G deviennent un succès, il faut que la demande de
services multimédias aille plus loin qu’une simple demande de services de texte de
base. Selon les opérateurs, lorsque les abonnés se seront familiarisés avec l’utilisation
de simples messages de texte, il sera plus aisé de leur offrir des services plus
avancés. Dans nombre de pays, des services de texte avancés ont été introduits, par
exemple, l’adjonction d’images ou de cartes à des messages SMS. Certes, les
services mobiles de communication de données promettent d’ouvrir de nombreux
nouveaux créneaux commerciaux, mais il est probable que de vrais services
multimédias de troisième génération ne verront le jour qu’en 2003. Ainsi, on prévoit
qu’en Europe, seulement 15% environ des usagers mobiles auront recours à de vrais
services UMTS/3G d’ici à l’an 2005, chiffre qui passera à 45% d’ici a 2010.
L’un des facteurs essentiels du succès des systèmes mobiles de troisième génération
sera leur capacité à fournir des services multimédias personnalisés dans un
environnement virtuel d’origine ou par le biais des réseaux personnel, ce qui revient à
dire que le terminal de l’utilisateur conservera sa configuration personnalisée même en
cas de déplacement sur des réseaux étrangers. La portabilité des services sera donc
primordiale pour leur expansion. A l’évidence, la question qui se pose est de savoir si
la majorité des usagers souhaiteront se déplacer sur différents réseaux ou si seule une
fraction minime d’utilisateurs demandera de tels services, par exemple des hommes
d’affaires en déplacement dans le monde.
26
On observe généralement que les usagers sont disposés à payer pour accéder à un
service, mais pas forcément pour du contenu. Autrement dit, le prix fixé pour un service
mobile à valeur ajoutée doit être comparable à celui d’un service de minimessagerie
(SMS) ordinaire. Un prix plus élevé ne peut être justifié que si le service fait gagner du
temps ou économiser de l’argent au client par rapport au service traditionnel. Les
usagers peuvent également être disposés à payer un supplément pour la qualité et la
rapidité du service – une faible vitesse sera moins chère. La transparence de la
tarification des télécommunications restera probablement distincte de celle des
services à valeur ajoutée.
Il convient de tenir compte du fait que les contraintes imposées en matière de spectre
devraient rendre l’utilisation de grands volumes de données plus onéreuses sur les
réseaux 3G que sur les réseaux fixes, pour une même largeur de bande. De ce fait,
certains prétendent que les consommateurs se serviront de combinés mobiles pour les
services de données de faible volume, par exemple le courrier électronique et la
navigation limitée sur le Web, tout en continuant à utiliser les réseaux fixes pour les
services interactifs et en temps réel de volume plus important. Pour d’autres, il ne s’agit
pas tellement de prix, mais de commodité. Il est peu probable qu’un petit écran pour
des applications très puissantes lorsqu’il se trouve chez lui ou an bureau, s’il dispose
d’une interface plus conviviale. Il existe cependant de nombreuses situations dans
lesquelles l’accès mobile aux services avancés sera utile, de sorte que les deux
services coexisteront.
Dans l’ensemble, les services de données hertziens devraient rester plus chers que les
services fixes comparables, mais il est probable que les prix des deux catégories de
services finiront par converger et que les usagers apprécieront les services
personnalisés, quelle qu’en soit l’origine, et qu’ils paieront un léger supplément pour
ces services.
27
envoi de cartes de vœux ou d’images entre abonnés). Un service de divertissement
pourrait consister, par exemple, à télécharger de la musique numérique vers une
combinaison de téléphone mobile/assistant numérique personnel /lecteur de musique,
mais compte tenu de la limitation de la largeur de bande, cela pourrait être un service
simple consistant, pour de jeunes abonnés, à télécharger une blague choisie au
hasard dans la base de données d’un fournisseur de services et à l’envoyer à des
amis. Le service mobile d’informations spectacles permet de connaître les nouvelles,
les taux de change ou les horaires de vol, ces renseignements étant fournis une seule
fois ou sous forme de service continu de téléchargement automatique. Comme
exemple de service mobile en rapport avec des transactions, citons les services
bancaires mobiles –vérification du solde bancaire et règlement de factures grâce à un
combiné mobile.
Un fait nouveau intéressant à noter est la vente dans fil expérimentée par Sonera en
Finlande. Avec ce mode de vente, le paiement d’un produit ou d’un service souhaité
s’effectue ne composant un numéro indiqué sur l’appareil de vente et l’achat sera
ultérieurement porté sur la facture téléphonique habituelle du client. Le concept de
vente sans fil est expérimenté sur des machines de vente de boissons non alcoolisées,
des juke-box, des distributeurs de balles de golf et des systèmes de lavage
automatique de voitures. La même idée peut être appliquée à tout service à
encaissement et dont le prix est fixé en fonction de la valeur perçue par les utilisateurs.
En Finlande, un téléphone mobile peut aussi servir à commander des fonctions
domestiques telles que le chauffage, l’éclairage, l’appareillage électrique, les
chaudières et les alarmes. Toutes les fonctions peuvent être déconnectées par appel
provenant d’un mobile sur les factures mensuelles des utilisateurs, les appels sont
facturés à un tarif forfaitaire, auquel s’ajoute le tarif normal des appels. Une gamme
encore plus large de services pourra bientôt être offerte. L’argent électronique pourrait,
par exemple, être téléchargé sur une carte à puce insérée dans un terminal mobile
puis transmis à un destinataire par le biais d’une interface à infrarouge.
La manière dont l’interface des services de données hertziens évoluera est une
question capitale pour l’essor du marché des services hertziens avancés. L’unanimité
ne s’est pas encore fait sur la question de savoir si l’interface avec les services
hertziens mobiles sera gérée par des applications développées pour les assistants
numériques personnels (notamment la série Palm de 3Com ou les machines Windows)
ou par des applications spécifiquement conçues pour le marché du téléphone mobile
(par exemple Pnone.com). Certains sont d’avis que les dispositifs qui combinent de
nombreuses fonctions seront trop lourdes et trop coûteux et que les utilisateurs
exigeront plutôt des dispositifs spécifiques moins chers, plus légers et répondant à des
besoins particuliers. Selon eux, d’autres dispositifs électroniques combinant de
nombreuses fonctions n’ont pas réussi à s’imposer comme produits de grande
consommation et il y a donc peu de chances pour que cela se produise avec des
portatifs. Pour d’autres, grâce aux progrès technique, les appareils deviendront plus
petits et d’un prix plus abordable. Certains dispositifs proposés sont des téléphones
mobiles, des pageurs, de PC portatifs, des PC portables, ou des assistants
numériques personnels (PDA), ou toute combinaison des appareils :
28
• Le groupe Symbian (Ericsson, Matsushita, Motorola, Nokia et Psion) envisage
trois types de terminal : le téléphone à fonctions spéciales, le téléphone
intelligent et le communicateur. Le téléphone à fonctions spéciales offre une
qualité vocale élevée ainsi qu’une messagerie textuelle et des fonctions de
navigation Internet. Le téléphone intelligent offre des fonctions similaires mais
avec un écran plus grand. Le communicateur est destiné à être utilisé par des
professionnels mobiles et comprend des fonctions avancées, notamment un
écran tactile de grande dimension et l'accès à Internet et à l’Intranet des
entreprises. Un exemple courant en est le communicateur Nokia de la série
9000.
• Palm Computing, filiale de 3Com a lancé « Palm handheld », ordinateur
personnel de poche assurant l'accès à Internet et doté de la technologie
propriétaire «Web Clippings », qui permet d’accéder à des données sur le
Web, et iMessenger, qui permet d’envoyer et de recevoir des messages court.
« Palm hadnheld” permet d’acheter des livres et des billets d’avion ou d’acheter
et de vendre des titres.
• Handspring (entreprise créée par les concepteurs de PalmPilot) a lancé un
nouveau dispositif Visor, qui fait concurrence aux produits de la série Palm.
Avec son prix plus bas et la plus grande vitesse qu’il offre, ce produit est
destiné au marché de grande consommation. Handspring a également obtenu
la licence du système d’exploitation Palm, mais offre des fonctions spéciales,
notamment pouvant accepter une large gramme de périphériques, appelées
« Springboard modules ». Parmi les modules possibles figurent de nombreux
types de dispositifs, y compris téléphones cellulaires et lecteurs de musique.
• Microsoft prend en charge les téléphones Web fabriqués par Acer, Philips
Electronics, Daewoo Telecom. Panasonic et Vestel, qui fonctionnent sur le
système d’exploitation Windows CE de Microsoft destiné aux portatifs.
Microsoft a aussi créé avec Qualcomm l’entreprises Wireless Knowledge, dont
le but est de créer des logiciels pour les dispositifs de poche. Il a aussi lancé
successivement la nouvelle version de Windows CE « Cedar » puis « Merlin »
13
qui devrait être moins exigeante au niveau de matériel et plus souple que son
prédécesseur. Cette version assure l'accès hertzien à Internet et accepte la
téléphonie cellulaire.
• NeoPoint, qui est le premier téléphone mobile doté d’un grand écran pour
messages textuels, de fonctions de navigation Web $ commande vocale et
d’une fonction de reconnaissance vocale intégrée à la liste des contacts de
l’utilisateur.14
Il est probable que le marché des dispositifs d’accès se segmente pour répondre à
divers types de besoins. Une avancée significative pourrait consister à séparer l'accès
de l’interface, ce qui permettrait à une connexion de servir pour différents appareils. On
verra peut-être apparaître divers types de dispositifs tous capables d’utiliser la même
connexion. La segmentation sera l’élément essentiel dans la conception de ces
dispositifs, qui seront destinés à différents groupes d’utilisateurs et à différents usages.
Il est donc important pour procéder à la segmentation de se demander, d’une part, qui
va utiliser le dispositif et, d’autre part, quelles fonctions seront réalisées au moyen de
ce dispositif.15
29
1.3.5 Quelles chaînes de valeur et quels modèles commerciaux pour les
services de données hertziens ?
Le service mobile est rarement meilleur marché que le téléphone fixe. Même dans les
pays où il a atteint une certaine maturité, il revient en effet généralement plus cher
d’utiliser un téléphone mobile qu’un téléphone fixe pour lancer un appel. Toutefois, la
popularité du service mobile ne semble guère en être affectée. De fait, de nombreux
utilisateurs téléphonent depuis leur mobile même lorsqu’ils sont chez eux ou au bureau
et alors qu’ils pourraient facilement téléphoner depuis un poste fixe à moindre coût. Le
secret de l’attrait des prix du mobile tient en un mot : options.
Il serait inexact de dire que les options tarifaires ont été « inventées » par le secteur du
mobile. Dans les environnements concurrentiels déjà établis pour les services longue
distance comme aux Etats-Unis, les clients étaient bombardés d’options spéciales et
de formules tarifaires bien avant la création du service mobile. Mais pour la plupart des
pays, la première expérience de la concurrence dans le domaine des
télécommunications remonte à l’arrivée d’un opérateur de systèmes mobiles, soit en
concurrence directe avec la filiale systèmes mobiles d’un opérateur établi, soit en
concurrence indirecte avec sa partie service fixe. La concurrence oblige les
fournisseurs de services à se démarquer de leurs rivaux, à segmenter le marché, à
viser des créneaux spécifiques et à offrir différentes options tarifaires et divers rabais
aux clients. Avant l’apparition de la concurrence, de nombreux opérateurs n’avaient
même pas un service de marketing et la fixation des tarifs consistait simplement à
adapter de vieilles structures de prix pour prendre en compte les effets de l’inflation.
Ainsi, une grande partie des diverses options tarifaires actuelles a été introduite par la
première fois par des opérateurs mobiles ou a été conçue par des opérateurs fixes en
réponse à la menace de concurrence représentée par les opérateurs mobiles.
Il est possible, lorsque les marchés du mobile sont plus mûrs, de suivre l’évolution des
stratégies de tarification. Les pays dont le service mobile est récent peuvent démarrer
aux premières étapes de cette évolution ou sauter immédiatement aux dernières
étapes, selon le degré de concurrence et le niveau de la demande sur le marché local :
30
• Dans la première phase de l’évolution du marché (par exemple, en ce qui
concerne les premiers pays qui ont adopté les téléphones mobiles analogiques
au milieu des années 80), les stratégies commerciales étaient axées sur le
segment des entreprises. Ainsi, les frais de raccordement et d’abonnement
étaient le plus souvent élevés. Les stratégies appliquées en matière de prix
avaient pour objet de rationner la capacité disponible du spectre, notamment en
pratiquant des prix plus élevés dans les zones urbaines. Les structures
tarifaires traduisaient généralement les structures sous-jacentes du réseau fixe
(par exemple, mêmes bandes longue distance que l’exploitation du service fixe
établi, prix normalisés pour les appels internationaux assortis d’un supplément
pour les communications à partir d’un mobile).
• Dans la phase de décollage (par exemple, lorsque les téléphones mobiles
analogiques fonctionnaient dans les bandes des 800-900MHz à la fin des
années 80), l’objectif était de viser une gamme plus large d’entreprises
(notamment, les professionnels, les indépendants et les commerciaux en
déplacement) ainsi que les consommateurs aisés. Pendant cette phase, la
demande de services était particulièrement forte et le nombre de fournisseurs
encore limité (généralement deux opérateurs au maximum dans la même
région géographique), de sorte qu’aucune raison réelle ne poussait les
opérateurs à baisser les prix. Les structures tarifaires étaient analogiques à
celles de la première phase, mais se différenciaient davantage des tarifs du
service fixe. Par exemple, des tarifs qui ne prenaient pas en compte la distance
pour les appels nationaux ont été instaurés dans de nombreux pays européens.
Cela a été possible parce que des licences nationales ont été attribuées aux
opérateurs mobiles en Europe.
• Dans la première phase de pénétration du marché résidentiel (par exemple,
combinaison de mobiles analogiques avancés et de mobiles numériques de la
première heure au début des années 90), le processus d’évolution technique a
permis aux fournisseurs de services d’offrir des tarifs plus variés et un service
numérique présenté comme une amélioration de l’abonnement existant,
l’accent étant mis, par exemple, sur des qualités telles que la sécurisation des
transmissions, une meilleure qualité sonore, des fonctions de messagerie et en
même temps de vendre le service analogique de base à un marché de
consommation en expansion (l’accent étant mis sur les applications, plutôt que
sur les fonctions, notamment la capacité de lancer des appels et une meilleure
couverture géographique). Au cours de cette période, les premiers tarifs axés
sur les consommateurs ont été mis en application, dans un premier temps dans
les pays nordiques avec l’offre de « formules de communication », qui offraient
des tarifs mensuels plus bas en échange d’une tarification à la minute plus
élevée et vice-versa. Le passage au numérique a aussi permis aux nouvelles
entreprises de s’implanter sur le marché, ce qui a institué une plus grande
innovation en matière de prix.
• Dans la phase de pénétration du marché de masse (par exemple, après
l’instauration des licences PCS au milieu des années 90), les formules tarifaires
et la tarification différenciée sont devenues la norme et non l’exception. Les
fournisseurs de services n’ont donc pas cessé d’élaborer des variantes de
formules de communication souples destinées à des groupes encore plus
restreints d’usagers. Les stratégies en matière de prix sont désormais plus
scientifiques que jamais et se fondent sur des études approfondies, le recors à
des groupes ciblés et une analyse détaillée des configurations d’utilisation. De
nombreux acteurs interviennent sur les marchés plus mûrs, de sorte que les
entreprises s’attachent surtout à se démarquer de leurs concurrents au niveau
31
des prix, en offrant par exemple des tarifs « vedette », des formules de fidélité
ou des offres spéciales.
• Dans la phase de banalisation du service mobile que nous entamons à la fin
des années 90, une attention particulière est accordée à l’expansion du
marché, le but étant d’atteindre les derniers à adopter le mobile, c’est-à-dire les
très jeunes, les très âgés, les économiquement faibles ou les personnes
réfractaires à la technologie. Les offres tarifaires types sont les formules à
prépaiement qui sont destinées à attirer les usagers vers un service qui peut
être ultérieurement transformé en une formule tarifaire basée sur l’abonnement.
Il est curieux de constater que les tarifs effectivement offerts peuvent être assez
élevés, mais c’est l’ensemble des services (par exemple, un combiné assorti
d’un certain nombre de minutes gratuites) ou la capacité de contrôler les
dépenses (par exemple, moyennant l’achat de cartes prépayées d’un montant
fixe) qui s’avère séduisant. Dans cette phase de l’évolution du marché, les
renseignements tarifaires sont généralement enfouis dans un texte imprimé en
petits caractères. Tout comme les clients des supermarchés qui cherche
rarement à savoir quels sont les ingrédients des produits qu’ils prennent dans
les rayons, les usagers qui achèteront probablement un mobile « tout emballé »
au supermarché ou à la station-service risqueront de ne pas regarder ce qu’il y
a derrière la taxe initiale. Les clients imprudents sont souvent surpris, par
exemple, par les taxes qui leur sont appliquées pour l’itinérance ou les appels
qu’ils font en plus de ceux qui sont couverts par leur formule d’appel.
Il est difficile de comparer les opérateurs et les pays en raison de la complexité des
tarifs du mobile. L’absence de transparence est en partie volontaire. Peu d’opérateurs
veulent paraître plus chers que leurs concurrents, de sorte qu’ils conçoivent des
options tarifaires qui ne sot pas souvent directement comparables. Toutefois, les
comparaisons tarifaires sont utiles aussi bien pour les opérateurs que pour les usagers
et les régulateurs et, avec une pincée de sel, donnent des indications importantes. La
figure 1.8 résume une gamme de tarifs appliqués par les opérateurs dans divers pays
pour 100 minutes de communication sur un mobile (la moitié au tarif de pointe et la
moitié au tarif heures creuses), y compris, le cas échéant, une taxe d’abonnement
mensuelle. Les prix indiqués varient de plus de six à un. Le tableau est légèrement
différent si l’on définit un panier différent en prenant en compte, par exemple, un
élément de la taxe de raccordement initiale ou en modifiant le nombre d’appels, mais
l’écart entre les pays les moins chers et les pays les plus chers est encore grand. Les
prix moyens appliqués pour 100 minutes d’utilisation d’un mobile par mois est de 33.40
EU, d’où coût moyen à peine inférieur à 35 cent EU la minute, taxe fixe incluse. Ce
coût unitaire devrait baisser avec un usage plus répandu.
Pourquoi un aussi grand écart entre les marchés à tarifs élevés et les marchés à tarifs
bas? Dans une certaine mesure, les rais ons n’ont rien à voir avec les communications
mobiles. Les opérateurs les mois chers indiqués à la Figure 1.8 se trouvent le plus
souvent dans les pays en développement où le coût de la vie est beaucoup plus bas
ou qui ont connu importantes dépréciations monétaires (tel le cas, par exemple, de
l’Indonésie, l’Argentine). En outre, les exploitants les plus chers opèrent généralement
dans les pays dotés d’un niveau de vie élevé, l’Allemagne par exemple. Si l’on
comparait les parités de pouvoir d’achat (PPA) et non les taux de change annuels
moyens du dollar, la situation pourrait être différente. Après ajustement en fonction des
PPA, les recettes moyennes par abonné s’établissaient en 1997 autour de 60 EU pour
les pays développés et de 94 EU pour les pays en développement. Cela laisse
32
entendre que, dans les pays en développement, les tarifs des appels du service mobile
ne sont pas aussi bas qu’ils semblent l’être.
• Plusieurs des pays se trouvent du côté des pays chers du graphique ont
récemment ouvert le marché à la concurrence (par exemple l’Egypte et
l’Espagne) tandis que ceux qui sont situés des côtés des pays peu chers ont
des marchés plus concurrentiels, à l’exemple de la RAS de Hong Kong qui a
attribué cinq licences d’exploitation du cellulaire numérique et cinq licences
PCS au cours des années 90, outre les deux licences d’exploitation de
systèmes analogiques. La concurrence favorise généralement la baisse de prix.
• De même, il existe une certaine corrélation entre les pays où les prix sont
élevés et ceux où le taux de pénétration du mobile est plus faible que prévu
compte tenu de leur richesse, indiquée par le PIB par habitant. Comme le
montre la Figure 1.9, parmi les pays de l’Europe de l’Ouest, ceux pour lesquels
les tarifs sont les plus élevés comme l’Autriche et l’Allemagne ont tendance à
avoir une densité de mobiles plus faible qu’on pourrait le prévoir compte tenu
de la relative richesse de leurs citoyens. Inversement, les pays qui pratiquent
les prix les plus bas (Finlande ou Norvège) ont tendance à avoir une densité de
mobiles relativement forte. On peut donc en conclure que les prix élevés ont
pour effet de retarder la croissance des réseaux.
33
• Il convient de souligner que certaines pays se caractérisent par des tarifs
locaux relativement bas dans le secteur du mobile – le Canada et les Etats-
Unis, par exemple – mais ont aussi une densité de mobiles plus faible que
prévu compte tenu de leur richesse. Cela tient, entre autres, au fait que les
tarifs des lignes fixes comprennent souvent des appels locaux gratuits, ce qui
désavantage le cellulaire. En outre, dans les deux pays susmentionnés, la
pratique largement répandue qui consiste à facturer les appels entrants aux
abonnés au mobile entrave le développement du cellulaire. Enfin, la
fragmentation du marché cellulaire nord-américain a limité le nombre
d’opérateurs de systèmes mobiles à l’échelle nationale. Les abonnés qui se
déplacent dans le pays paient habituellement une surtaxe et les appels longue
distance nationale du service mobile sont en général plus chers que les appels
équivalents du service fixe. Cela signifie que le niveau des prix du service
mobile par rapport à ceux des prix du fixe et la structure du marché de cellulaire
sont tous deux des indicateurs révélateurs de l’expansion du mobile.
Corrélation entre télédensité mobile (100habitants, 1998) et prix de 100 minutes/mois, 1999, l’Europe
occidentale. Tarif de 50 minutes en pointe et de 50 minutes en creuse.
70
Prix de 100 minutes/mois de mobile (US$)
60 Germany
Greece Ireland
50
Spain Austria
Switzerland Italy Sweden
40 Belgium UK
France Portugal
30 Netherlands
Denmark
Luxembourg Norway
Iceland Finland
20
10
0
10 20 30 40 50 60
Densité mobile (100 habitants)
Autre aspect qui ressort de la comparaison des tarifs du service mobile (Figure 1.8), la
moitié supérieure (tarifs les moins chers) du graphique compte davantage d’entreprises
spécialistes du cellulaire alors que dans la moitié inférieure (tarifs les plus chers). Les
opérateurs mixtes, c’est-à-dire ceux qui exploitent à la fois des systèmes cellulaires et
des systèmes fixes, sont plus nombreux. Cela donne à penser que les PTO qui ont
déjà un certain nombre d’abonnés au service fixe sont moins susceptibles de se lance
dans une stratégie fondée sur des tarifs bas, alors que les entreprises spécialisées
dans le mobile ne souffrent pas de telles inhibitions. La raison pour laquelle les
34
premiers peuvent s’en tirer à bon compte en appliquant des prix plus élevés que ceux
de leurs concurrents tient au fait qu’il existe souvent des coûts liés aux opérateurs de
commutation. Cette présomption est confirmée par une analyse des 20 premières
entreprises mondiales de téléphonie mobile, classées en fonction du nombre
d’abonnés enregistré en 1998. Parmi ces entreprises, celles qui sont spécialisées dans
les services mobiles ont réussi à accroître le nombre d’abonnés en 1998 à un rythme
beaucoup plus rapide (52% contre 39%) que les opérateurs mixtes (cellulaires/fixes),
tandis que leurs recettes ont progressé à un rythme analogue (24.4% contre 21.7%).
Par ailleurs, entre 1997 et 1998, le recul des recettes moyennes du service mobile par
abonné a été bien plus rapide pour les opérateurs spécialisés dans le mobile (-17.9%)
que pour les opérateurs mixtes (-12.5%). Autrement dit, les entreprises spécialisées du
mobile semblent suivre une stratégie commerciale plus agressive consistant à
renforcer leur part de marché en offrant des prix plus bas alors que les opérateurs
mixtes semblent s’intéresser davantage aux bénéfices et aux recettes qu’à la part de
marché.
Les prix du mobile baissent-ils ? Le grand public a certainement l’impression que les
plans tarifaires proposés aujourd’hui sont beaucoup plus avantageux qu’ils ne l’étaient
il y a quelques années et que la fonctionnalité offerte par les téléphones mobiles
numériques est meilleure que celle des téléphones mobiles analogiques. Cette
impression que les prix ont baissé contribue à développer le marché qui attire des
utilisateurs qui estimaient précédemment qu’un téléphone mobile était au-dessus de
leurs moyens. Cela étant, tout comme il est difficile de comparer les tarifs appliqués
dans différents pays et par différents opérateurs en raison de la complexité des options
offertes, il est difficile de suivre l’évolution des prix car les options disponibles, et la
technique qui les sous-tend, ne cessent de changer. Pour ne citer qu’un seul exemple,
l’apparition des options à prépaiement au cours des dernières années a signifié que le
prix moyen par appel actuellement payé a augmenté. Par contre, le coût global du
service pour les abonnés dont le volume des communications est faible a baissé.
Pour établir une comparaison significative des prix, il est utile de recourir à la méthode
des paniers. En d’autres ternes, au lieu de comparer simplement les tarifs des appels,
on compare les prix d’un panier d’appels de différentes durées, couvrant diverses
distances et effectués à différents moments de la journée ou de la semaine, ainsi que
les frais d’abonnement et un élément de la taxe de raccordement initiale. Les données
de séries chronologiques les plus fiables qui existent pour ce type d’analyse
proviennent du modèle de comparaison tarifaire de l’OCDE qui définit des paniers
d’appels effectués par des particuliers et des professionnels. Le nombre réel d’appels
inclus dans le panier, qui est définit dynamiquement en fonction du ratio entre taxes
fixes et taxes d’utilisation varient dans le temps, mais la composition du panier
demeure inchangée. Il est nécessaire de partir de quelques hypothèses qui simplifient
la situation (par exemple, l’utilisation des tarifs du service analogique au lieu des tarifs
du service numérique permet d’appliquer des séries chronologiques plus longues)
mais il est possible de suivre l’évolution des prix dans le temps en examinant le coût
d’acquisition en ternes de prix par minute (taxes fixes et taxes d’utilisations comprises).
35
une baisse de 3.7% par an. Au cours de la même période, le coût d’une ligne
téléphonique fixe pour les particuliers était tombé de 17.4 à 10.0 cents EU la minute,
soit une baisse de quelque 6.1% par an. Le fait que, jusqu’à récemment, le prix du
Prix par minute d'un pamier d'appels, US$ Tendance de prix, Jan 1996=100
0.6 180
160 Abonnés au service fixe résidentiel
0.5
140
0.4 Abonné au mobile analogique 120
100
0.3
80 Abonné au mobile analogique
0.2 Abonnés au service fixe résidentiel 60
40
0.1
20
0 0
Nov. 1989 Jan.92 Jan.94 Jan.96 Aug.98 Nov. 1989 Jan.92 Jan.94 Jan.96 Aug.98
Source : ITU, Adapté de OCDE (1990) et des éditions 1993 à 1999 des Perspectives des
communications de l’OCDE.
service téléphonique résidentiel a baissé plus vite que le prix du service mobile
s’explique par un certain nombre de facteurs :
Si l’on examine les données de plus près, on s’aperçoit que jusqu’en 1996, les prix du
service fixe ont baissé plus rapidement que ceux du service mobile et que la tendance
s’est inversée à partir de 1996 (Figure 1.10, graphique de droite). Cela peut s’expliquer
par un renforcement de la concurrence dans les pays de l’OCDE, de nouvelles
entreprises ayant été autorisé par voie de licence à fournir des services numériques de
deuxième génération.
36
communications. De fait, il est probable que les nouveaux abonnés achèteront un
mobile autant pour recevoir que pour lancer des appels, du mois lorsque c’est
l’appelant qui paie. Cet état de choses se traduit dans l’évolution tarifaire. A partir de
données provenant d’une gamme de pays plus large que ceux qui sont inclus dans le
panier tarifaire de l’OCDE, l’analyse démontre que le coût moyen d’un appel local de
trois minutes sur un téléphone mobile analogique est resté plus ou moins constant
depuis 1992 (aux alentours du prix de référence de 1 EU), alors que les taxes de
raccordement sont tombées au tiers de leur niveau de 1992 et que les taxes
d’abonnement mensuelles ont également baissé d’environ 6% par an.
Pour les systèmes numériques, les taxes fixe sont généralement plus faibles que pour
les systèmes analogiques mais, très souvent, les taxes d’utilisation sont en réalité plus
élevées. Toutefois, il est difficile de déduire une stratégie tarifaire générale appliquée
par les opérateurs pour la mise en place des services numériques. Dans les 54 pays
pour lesquels des données tarifaires sont disponibles pour l’analogique comme pour le
numérique, les prix sont identiques pour chaque service dans 15 pays, le numérique
est plus cher dans 10 pays, l’analogique est plus coûteux dans 11 pays et les pays
restants se caractérisent par un mélange de taxes plus ou moins élevées de
raccordement, d’abonnement et d’utilisation. Cela laisse entendre qu’il n’y a pas de
modèle de tarification type pour l’introduction d’une nouvelle technique sur un marché
existant.
L’apparente confusion qui règne sur le marché en ce qui concerne la manière de fixer
des services numériques par rapport aux services analogiques fait ressortir le fait que,
lorsqu’il s’agit tarifer les services mobiles, le coût sous -jacent de la fourniture des
services est moins important que les questions liées à l’offre, à la demande et à la
structure du marché. Dans les années 80, les prix du mobile étaient élevés car l’offre
était limitée ; au début des années 90, les prix ont pu être maintenus car, du fait de la
forte demande, les fournisseurs n’ont pas eu besoin de les réduire pour attirer un plus
grand nombre de clients : ceux-ci venaient malgré tout. Ce n’est qu’à la fin des années
90 qu’il a été question d’une baisse des prix et c’est l’attribution de licences à d’autres
entreprises, conjuguée à la multiplication des offres de services à prépaiement, qui a
attiré l’attention sur les prix. Mais même maintenant, il n’y a, au mieux, qu’une relation
ténue entre les prix et les coûts sous -jacents. Les rapides progrès techniques
enregistrés dans le secteur du mobile signifient que les opérateurs ont pu maintenir de
solides marges de profit, jusqu’au moment de l’attribution de licences en 3G, en
diminuant les prix à un rythme plus lent que celui de la baisse des coûts. Cela signifie
aussi que les exploitants de systèmes mobiles ont accepté de payer des prix
relativement élevés – par exemple, redevances de licence, soumissions lors des mises
aux enchères du spectre ou acquisition d’autres opérateurs mobiles – pour s’implanter
sur le marché.
37
réseau est intégrée dans le combiné, ce qui constitue une décision d’investir prise par
le client, et non dans le réseau fourni par l’opérateur. Toutefois, ces avantages
théoriques en matière de coûts sont annulés dans une certaine mesure par le fiat que
les réseaux mobiles du moins dans les pays développés, sont généralement beaucoup
plus récents que les réseaux fixes. Autrement dit, une grande partie du coût de la
boucle locale d’un réseau fixe a été entièrement payée il y a des décennies, alors que
l’investissement dans une grande partie de l’infrastructure du réseau mobile n’a été fait
qu’au cours de ces dernières années. Deuxième facteur à considérer, le coût encouru
pour acquérir et conserver les clients tend à être plus élevé pour les réseaux mobiles
car le marché est concurrentiel et les clients changent d’opérateurs plus facilement.
Pour les opérateurs de systèmes mobiles, les recettes moyennes par utilisateurs
constituent un indicateur important. Pour un grand nombre d’entre eux, ces recettes
diminuent avec le temps. Cette diminution est due à deux principaux facteurs :
• Baisse des prix sur les marchés concurrentiels. Par exemple, Bell Mobility
(Canada) est en concurrence avec trois autres opérateurs tandis que SK
Telecom (République de Corée) est en concurrence avec quatre opérateurs.
Les prix par minute de Bell Mobility est tombés d’un niveau record de 60 cents
EU la minute en 1993 à 37 cents EU en 1998.
• Elargissement de la clientèle. Les recettes moyennes par utilisateur peuvent
augmenter avec la clientèle existante, mais les nouveaux abonnés marginaux
font une utilisation moins intensive du mobile, ce qui est suffisant pour faire
baisser le niveau général de ces recettes. Pour Bell Mobility, par exemple, le
niveau d’utilisation moyen est tombé de 204 minutes par mois en 1990 à 143
minutes en 1995, même s’il est ultérieurement remonté à 163 minutes.
La diminution des recettes moyennes par utilisateur est en partie compensée par la
réduction des coûts par abonné. Les coûts unitaires de SK Telecom reculent depuis
1996 tandis que ceux de Bell Mobility sont en baisse depuis 1994. les économies
d’échelle constituent un facteur important de cette baisse de la structure des coûts. Le
nombre total des abonnés étant en augmentation, le coût d’exploitation marginal par
abonné de fonctions tells que la transmission, la commutation, l’acquisition au niveau
des stations de base ou la facturation va baisser. Un bon exemple est le cas de Bell
Mobility. Entre 1990 et 1998, le coût d’exploitation par abonné et par mois de cette
frime est tombé de 37 EU à 19 EU. En revanche, les dépenses engagées pour trouver
des clients et les conserver tendent à s’accroître en raison du renforcement de la
concurrence sur le marché.
Pour l’ensemble des opérateurs mobiles, il y a eu convergence dans le temps entre les
dépenses moyennes des abonnés au service fixe et au service mobile. Le cas du
Japon en est un bon exemple car, en 1990, l’abonné moyen au mobile y dépensait par
an trois fois plus que l’abonné moyen au service fixe. Vers 1997, les dépenses des
usagers du service mobile étaient plus importantes, mais seulement de 20%. La
convergence était imputable à une baisse des dépenses dans le secteur du mobile et
non à une augmentation des dépenses dans le service fixe. Cela tient au fait que des
services mobiles moins chers, conjugués à une pénétration beaucoup plus forte du
marché, peuvent attirer vers le secteur du mobile de nombreux nouveaux abonnés
plus marginaux.
D’autres éléments de coût qui ont été revus à la hausse au fil du temps sont les coûts
autres que d’exploitation : redevances de licence, redevances liées au spectre, impôts,
etc. a mesure que les pouvoirs publics se rendaient compte des profits que les
38
communications mobiles étaient susceptibles de générer, ils ont eu tendance à alourdir
les charges financières imposées au secteur, notamment sous la forme de redevances
de licence. Ces charges sont inévitablement transférées au client.
Les dépenses les plus importantes qu’un opérateur de systèmes mobiles est amené à
engager correspondent probablement aux redevances liées à l’interconnexion. Sur les
marchés où le réseau fixe est bien établi, la majorité des appels vers les mobiles
partent du réseau fixe. Les accords d’interconnexion entre réseau mobile et réseau fixe
peuvent donc faire aboutir ou faire échouer le plan commercial d’un nouvel opérateur
de systèmes mobiles.
39
Autre complication, le régulateur a aussi proposé qu’environ 15% des recettes
produites par les opérateurs mobiles soient partagés, à partir du 1er août 1999, avec
l’opérateur fixe public en remplacement du paiement des licences, auquel bon nombre
d’opérateurs avaient fait défaut.
• A présent, un fort pourcentage des appels ayant leur origine dans des réseaux
mobile aboutissent dans des réseaux fixes. Etant donné que le nombre
d’abonnés mobiles augmente, un plus fort pourcentage d’appels restera dans les
réseaux mobiles, ce qui évitera de devoir payer pour l’interconnexion. En 1992,
au Japon, 5.8% seulement des appels partant d’un réseau mobile ou y
aboutissant restaient réellement sur ce réseau. Vers 1997, près de tiers des
appels du service mobile contournaient complètement le réseau fixe.
• La plupart des opérateurs des systèmes mobiles ont une origine relativement
récente et leurs réseaux numériques, qui datent généralement de moins de sept
ans, continuent à croître. Les investissements ne sont donc pas encore amortis.
A mesure que le marché mûrit, les besoins en capitaux des opérateurs de
systèmes mobiles devraient diminuer tandis que leurs actifs (par exemple, les
sites élevés susceptibles d’être partagés) augmenteront, ce qui devrait leur
permettre de réduire leurs coûts.
• A présent, le nombre d’abonnés continue à croître, et la majeure partie des
recettes des opérateurs de service mobile provient d’une proportion relativement
modeste des abonnés. Ce qui revient à dire qu’il n’est pas toujours aussi
intéressant de rechercher de nouveaux clients plus marginaux que de vendre le
service plus intensivement à la clientèle existante. Au Canada, par exemple,
quelque 14% des clients sont à l’origine de 53% des recettes mensuelles
moyennes et ce phénomène n’est pas rare. Cependant avec l’augmentation du
taux de pénétration et la prochaine saturation du marché, les opérateurs
devraient continuer à baisser les prix pour attirer des clients marginaux.
Le point de convergence des prix entre les réseaux fixes et mobiles variera selon les
pays. Il dépendra moins du niveau général de développement économique d’un pays
que du développement relatif des réseaux fixes et mobiles. La convergence des prix
peut se produire aussi rapidement dans un pays en développement où le réseau
40
mobile s’est rapidement étendu en remplacement du réseau fixe (cas de la Thaïlande)
que dans un pays développé où le réseau mobile était à l’origine un complément du
réseau fixe, mais où sa croissance s’est poursuivie (cas de Finlande). En Finlande, en
1998, environ 29% du nombre total des appels et 55% des recettes des appels
provenaient des téléphones mobiles. Ces pourcentages augmentent rapidement. Dans
de nombreux cas, les appels effectués entre abonnés mobiles sur le même réseau
sont déjà meilleur marché que les appels du service fixe, notamment sur de grandes
distances.
Lorsque la convergence des prix se produira, elle aura une incidence majeure sur le
réseau fixe comme sur le réseau mobile. L’exemple de la Finlande est instructif car il
montre comme la substitution se produit :
41
Le phénomène qui consiste à préférer un mobile à un téléphone fixe est
particulièrement important dans les pays en développement d’Asie-Pacifique se
caractérisant par une population dynamique majoritairement jeune et par un mode de
vie urbain. Dans ces pays, la possession d’un téléphone mobile demeure plus
onéreuse que celle d’un téléphone fixe. Même au Cambodge où le coût d’acquisition
(abonnement mensuel) est à peine plus élevé pour un téléphone mobile, le coût de
l’utilisation du mobile (représenté approximativement par le coût d’une communication
locale de trois minutes) représente près de sept fois celui du téléphone fixe.
Néanmoins, cette différence de prix ne semble pas avoir ralenti la croissance des
mobiles. Au Cambodge, leur nombre dépasse celui des téléphones fixe en 1998, la
RAS de Hong Kong en 1999 et Malaisie et Sri Lanka en 2001 et la Chine et l’Indonésie
en 2002 et la Thaïlande en 2008. Lorsque le nombre des abonnés au mobile dépasse
celui des abonnés aux lignes fixes, les conséquences sont immenses pour le secteur
des télécommunications d’un pays, en particulier pour ce qui est de la tarification. En
un sens, c’est encore un territoire vierge, même si plusieurs pays comme le Cambodge
et la Finlande ont déjà dépassé le point d’intersection. La majeure partie des appels
est lancée d’un mobile vers un autre mobile et, le plus souvent, contournent
entièrement le réseau fixe. Aussi le supplément facturé pour l’interconnexion, dont il a
été question plus haute, ne sera-t-il pas pertinent ou prendre-t-il la forme d’une
interconnexion entre réseaux mobiles. Les communications à destination d’autres
téléphones mobiles devraient être meilleur marché que celles qui sont destinées à un
téléphone fixe et pourraient même être moins chères que des appels longue distance
entre téléphones fixes.
Il va de soi que les réseaux fixes ne sont pas encore morts. Toutefois, pour trouver les
domaines dans lesquels ils détiennent encore un avantage comparatif par rapport aux
réseaux mobiles, il sera nécessaire de modifier leur structure tarifaire. Dans un pays
comme la Finlande, la durée d’occupation moyenne pour les appels lancés sur le
réseau fixe (environ 4 minutes15 seconds) est beaucoup plus longue que pour les
appels du service mobile (2 minutes 6 secondes). Cette tendance devrait s’accentuer
avec l’augmentation du volume de trafic fixe destiné à la connexion à Internet. L’avenir
pour les opérateurs du service fixe consiste à abandonner la tarification à la minute et
en fonction de la distance pour se tourner vers des structures de prix indépendantes
de la distance et qui ne tiennent plus compter de la durée au bout d’un certain nombre
42
de minutes d’utilisation. A l’avenir, il est probable que les opérateurs de réseaux fixes
tireront une plus grande partie de leurs recettes des redevances fixes (raccordement et
abonnement mensuel) alors que, à l’évidence, pour les opérateurs mobiles, une plus
faible partie de leurs recettes proviendront des redevances fixes (succès des formules
à prépaiement) et une partie proportionnellement plus grande proviendra des
redevances d’utilisation.
Pour conclure, il serait utile de revenir au point de départ, les options. Dans la plupart
de pays, la tâche de présenter différentes formules de services mobiles et d’en fixer le
prix échappe désormais à ceux qui ont conçu et créé le service, mais appartient à ceux
qui doivent le vendre. Pour commercialiser des services mobiles, il faut être à l’écoute
des clients, comprendre la segmentation du marché et suivre de près l’action des
concurrents. La meilleure façon de le faire est d’établir une distinction entre des
groupes de clients encore plus réduits et d’élaborer de nombreuses options tarifaires
qui répondent aux besoins de la clientèle. En fin de compte, ce que le client veut, il
obtient.
Il existe un certain nombre de raisons pour lesquelles le mobile peut constituer une
solution plus séduisante que les lignes fixes pour élargir l'accès aux
télécommunications dans les pays en développement :
• L’installation de réseaux mobiles est plus rapide que celle de réseaux fixes et,
vu que les premiers appliquent la technologie hertzienne, ils sont moins
exposés aux vols (pour la récupération du cuivre), même si le vandalisme sur
les sites élevés utilisés pour les émetteurs cellulaires peut poser un problème ;
• Les réseaux mobiles offrent de plus en plus un accès par carte prépayée de
sorte que l’utilisation du service n’est pas automatiquement refusée aux
utilisateurs insolvables ;
• Les réseaux mobiles sont généralement fournis par des entreprises privées qui,
souvent, utilisent les ressources financières et les compétences techniques de
partenaires étrangers stratégiques. De nombreux pays maintiennent des
43
restrictions au niveau de la participation au capital. Ce qui empêche les
investissements étrangers dans le réseau fixe ;
• Les utilisateurs des pays en développement sont tout aussi attirés par les
fonctionnalités de mobile que ceux des pays développés ;
• L’installation de réseaux mobiles est généralement moins coûteuse que celle
de réseaux fixes.
Les taux de pénétration du mobile sont généralement plus élevés dans les pays
développés que dans les pays en développement, ce qui est prévisible vu que
posséder un mobile est largement une question de moyens. Un accroissement de
1000$ du PIB par habitant d’un pays correspond en général à un téléphone mobile
seulement de plus pour 100 habitants. En outre, les taux de pénétration du mobile sont
affectés par un certain nombre d’autres facteurs, notamment le prix du service (voir la
Figure 1.9), qui à son tour est affecté par la structure du marché. Toutefois, une
donnée statistique plus parlante que de simples taux de pénétration est le nombre
d’abonnés au cellulaire mobile exprimé en pourcentage du nombre total d’abonnés au
téléphone. Certes, les pays qui se placent au premier rang en termes de pénétration
sont tous des pays à revenu élevé (voir la Figure 2.1, graphique de gauche), mais la
part des mobiles dans le nombre total de téléphones donne des indications différentes
(voir la Figure 2.1, graphique de droite). Seule trois des huit premiers pays sont des
pays développés selon la définition classique du terme. Deux autres pays, bien
qu’officiellement considérés comme en développement, sont des économies à revenu
élevé (RAS de Hong Kong et Israël). Les trois derniers – le Cambodge, le Liban et le
Paraguay – sont tous en développement et c’est là que les réseaux mobiles
connaissent une plus rapide expansion que les lignes fixes.
Note: Pour le Japon, il est tenu compte du nombre des abonnés au système PHS.
Source: ITU World Telecommunication Indicators Database
L’une des principales raisons du succès du mobile dans les pays en développement
tient à la vitesse à laquelle le service mobile peut être établi. Le Cambodge et le Liban,
deux pays dont les réseaux fixes ont été dévastés par des années de guerre civile, en
sont de bons exemples. Les usagers se sont précipités sur les mobiles car il aurait
44
peut-être fallu une éternité pour réparer les lignes fixes endommagées. Au Cambodge,
l’un des pays les plus pauvres du monde, mais qui détient la proportion la plus élevée
de téléphones cellulaires mobiles dans son réseau, il reste à débattre même de la
question de savoir si une ligne fixe est nécessaire.20 Au Liban aussi, les GSM a eu tant
de succès qu’il remet en question la viabilité des lignes fixes. Le gouvernement, qui est
propriétaire du réseau fixe, a imposé des limites pour empêcher une plus grande
croissance des opérateurs mobiles.21
La fourniture du service cellulaire mobile est plus rapide à assurer que celle du service
fixe pour deux raisons. Techniquement parlant, il n’est nécessaire d’installer aucune
ligne chez l’abonné ; il suffit d’installer quelques stations de base, un commutateur, et
le service est immédiatement accessible à tout personne munie d’un combiné. Sur le
plan opérationnel, les réseaux fixes sont traditionnellement exploités par des
compagnies téléphoniques publiques où le manque d’efficacité au niveau administratif
peut limiter la capacité de fournir le service rapidement. Le service cellulaire mobile est
généralement assuré par des entreprises privées dont le principal objet est de gagner
de l’argent pour leurs investisseurs. Plus vite ils installeront et exploiteront leurs
réseaux, plus vite ils produiront des revenus. En outre, l’ouverture croissante du
marché du cellulaire mobile à la concurrence multiplie l’offre et oblige les opérateurs
mobiles à lutter pour conquérir des parts de marché.22 De ce fait, les taxes de
raccordement du service mobile sont souvent très inférieures à celles des lignes fixes.
Des personnes qui auraient peut-être dû économiser pendant des années pour obtenir
une ligne fixe doivent payer beaucoup moins pour une connexion mobile et, dans un
nombre grandissant de cas, il y a même exonération de la taxe de raccordement.
Ainsi, quelques 40 millions de personnes dans le monde attendent l’attribution d’une
ligne fixe dont l’installation peut prendre des années, alors qu’elles pourraient
théoriquement obtenir le service mobile en quelques jours si celui-ci était disponible
dans leur zone. Les réseaux mobiles transfèrent de l’Etat aux particuliers la contrainte
de trouver de fonds d’investissement. Bien que l’achat d’un téléphone mobile puisse
être plus onéreux que celui d’un téléphone fixe, il n’y a au moins pas de temps
d’attente pour obtenir une connexion et le combiné peut être facilement acheté.
2.1.2 Popularité
Lorsque l’on s’interroge sur la viabilité du mobile dans les pays en développement, l’un
des aspects que l’on néglige le plus de prendre en compte est peut-être sa
fonctionnalité. D’aucuns affirment que les téléphones sont trop chers pour les pays
pauvres et préconisent donc de tirer avantage de la rapidité d’installation des réseaux
hertziens tout en supprimant la fonctionnalité et donc le coût élevé des combinés
mobiles. On peut y parvenir par exemple avec les systèmes à boucle locale hertzienne
(WLL, Wireless Local Loop). Mais ce que l’on oublie, c’est que les mêmes facteurs qui
incitent les usagers des pays riches à acheter des téléphones mobiles sont aussi
importants dans l’esprit des consommateurs des pays en développement. Autrement
dit, riches ou pauvres, les gens veulent bénéficier de la fonctionnalité et de la libération
spatiale qu’offre le cellulaire mobile. En outre, les économies d’échelle permettent
souvent d’assurer un service mobile à fonctions complètes à moins de frais que pour
son cousin, le service cellulaire fixe.
45
raccordement est en baisse, mais la tec hnique en question a montré ses limites. Par
ailleurs, l’avantage en matière de prix conféré par le cellulaire fixe par rapport au
cellulaire mobile est souvent insuffisant pour justifier l’abandon de la totalité des
fonctions disponibles, par exemple l’itirérance, le transfert entre cellules et les options à
prépaiement. Au lieu d’essayer de supprimer les fonctions de mobilité du cellulaire, il
pourrait être plus prometteur de lui ajouter des fonctions de lignes fixes. Cela pourrait
se faire, par exemple, par le biais d’une simple connectivité Internet (par exemple, le
courrier électronique) à partir d’une connexion hertzienne. De même, si un abonné le
souhaite, le numéro utilisé à son domicile pourrait être intégré à un plan de
numérotage de lignes fixes doté de codes de numérotation régionaux. Pour les pays
en développement, les solutions intégrant les services fixes et mobile pourraient
s’avérer plus séduisants que les solutions fondées sur le cellulaire fixe.
Les pays en développement affirment souvent qu’il n’y a pas suffisamment de fonds à
investir dans les infrastructures de télécommunications. Cela n’est assurément pas le
cas des réseaux cellulaires mobiles. On retrouve un trait commun dans l’ensemble du
secteur mondial du cellulaire mobile, à savoir la participation de partenaires
stratégiques étrangers dans la création et le financement d’entreprises privées pour
l’exploitation de services cellulaires. Presque tous les opérateurs cellulaires des pays
en développement ont un ou plusieurs commanditaires étrangers qui leur apportent
ressources financières et savoir-faire en matière d’exploitation. Ce remarquable
indicateur explique pourquoi le cellulaire mobile convient aux pays en développement.
Les investisseurs étrangers n’ont pas eu peur de s’implanter dans certains des pays
les plus pauvres et les plus troublés du monde, à savoir le Cambodge, la République
démocratique du Congo ou le Rwanda, considérés comme des pays où les risques
financiers sont tellement grands qu’ils ne sont même pas classés au niveau des
services d’investissement.
Un pays à être classé est le Paraguay, bien que cela ne soit pas à un rang très élevé,
ce qui n’a pas découragé les investissements étrangers dans le secteur du cellulaire
mobile. Le premier investisseur étranger a été Millicom, l’opérateur cellulaire
international établi au Luxembourg. En août 1992, cette entreprise a introduit le service
AMPS analogique, par i’intermédiaire de la firme Telecel dans laquelle Millicom détient
une participation majoritaire. Le réseau a plus que doublé chaque année. Six ans plus
tard, en juin 1998, Núcleo (entreprise dans laquelle un opérateur d’un pays voisin,
Telecom Argentian, détient une participation majoritaire) a mis en service le réseau
numérique AMPS.
Une des raisons du succès du cellulaire au Paraguay tient au fait que, dans les années
90, à la différence de la plupart des autres pays sud-américains, le Paraguay n’a pas
privatisé son opérateur de télécommunications et titre, mais a autorisé une entreprise
privée à offrir des services cellulaires. En conséquence, l’opérateur mobile a tiré partie
de l’inefficacité de l’opérateur fixe public. En 1998, le gouvernement a attribué trois
licences additionnelles dans le domaine du mobile. Une des raisons majeures de cette
approche tient au fiat que les nouveaux venus contribueront à étendre à d’autre parties
du pays la couverture de la région plus développée du sud-est. La couverture actuelle
est limitée aux villes d’Asunción, de Ciudad del Este et d’Encarnación et aux routes qui
les relient. Compte tenu des plans d’expansion des opérateurs existants, on prévoit
46
que quelque 200 millions de $ devraient être investis dans les infrastructures
cellulaires au cours de prochaines années. Selon les estimations, le marché du
cellulaire devrait atteindre un demi-million environ d’abonnés d’ici à l’an 2006.
Le cas du Paraguay est instructif car il illustre les trois catégories d’investisseurs
étrangers intervenant dans la construction de réseaux mobiles dans les pays en
développement :
47
Les investisseurs étrangers ont mis en commun un ensemble croissant de
caractéristiques cellulaires, mais n’ont pas à ce jour réellement fait quelque chose de
spectaculaire pour exploiter les synergies. Il est vrai que l’on assiste à un partage des
systèmes de facturation ou à un partage d’une même marque par des opérateurs à
des fins de commercialisation,26 mais ceux-ci n’ont pas véritablement tiré parti des
possibilités qu’offre un accroissement des économies d’échelle, par le biais notamment
d’une seule taxe d’itinérance, de la normalisation de la technologie de réseau ou de
l’offre d’un kit commun comprenant un combiné et une carte prépayée. Les opérateurs
pourraient tirer un enseignement du secteur de l’alimentation rapide où le produit est le
même que ce soit en Malaisie ou au Mexique, même dans le cadre de franchises
locales. Cela pourrait contribuer à faire baisser les coûts, facteur particulièrement
important pour les pays en développement.
L’idée de faire payer à l’avance le service téléphonique est si séduisante qu’il est
étonnant que sa réalisation ait pris autant de temps. Il est peut-être même plus
surprenant que ce concept ait été d’abord introduit sur les réseaux cellulaires mobiles
qui sont généralement plus coûteux que les réseaux fixes. Le prépaiement est
avantageux pour les opérateurs, qui récupèrent leurs fonds à l’avance. Ce qui réduit le
risque lié au crédit. Les dépenses engagées pour acquérir un abonné dans le cas du
prépaiement sont en outre beaucoup plus faibles. Par ailleurs, un tel service est
intéressant pour les utilisateurs qui ne veulent pas s’empêtrer dans des contrats,
souhaitent limiter leurs dépenses, ont envie de garder l’anonymat ou ne répondraient
pas aux conditions requises pour bénéficier d’un service à postpaiememt, citons le cas
de Philippines.27 Le concept du prépaiement a été introduit avec les cartes destinées
aux cabines téléphoniques publiques. La carte devait être insérée dans l’appareil – ou
le numéro qui y figurait devait être composé – et le montant de l’appel était déduit du
montant disponible sur la carte. Le prépaiement a depuis lors été étendu aux services
longue distance, notamment dans les pays qui disposent d’un important marché de
revente. Les usagers achètent une carte, la grattent pour découvrir un code caché et
s’en servent pour faire des appels à partir de n’importe quel poste téléphonique. Avec
la formule à prépaiement, les usagers indiquent le code à leur fournisseur de services
et la valeur de la carte qu’ils ont achetée est automatiquement attribuée à leur combiné
mobile. Celui-ci devient effectivement un publiphone portable et le montant
correspondant à l’appel est automatiquement déduit.
48
Les pays de l’Europe de l’ouest où la proportion des usagers à prépaiement est la plus
élevée se caractérisent généralement par des revenus inférieurs à la moyenne de
l’Union Européenne, ce qui montre que ce système est approprié pour les usagers à
faible niveau de revenu.
L’Italie est sans conteste le leader mondial dans le domaine des formules à
prépaiement avec quelque 15 millions d’abonnés à prépaiement à la fin de 1998. soit
près de 75% du nombre total des abonnés italiens au mobile et près de 40% du
nombre total d’abonnés dans le monde. Ce taux élevé d’utilisation de la formule à
prépaiement s’explique en partie par le penchant des Italiens pour les conversations
téléphoniques (l’Italie enregistre le nombre le plus élevé de minutes de
communications téléphoniques) conjugué à leur habileté à exploiter les nouvelles
technologies. Certains usagers du mobile souscrivent, par exemple, plusieurs
abonnements à prépaiement. L’une des raisons de ce phénomène tient à la
multiplication des systèmes d’appel à prépaiement ; selon l’heure ou le jour, il est plus
économique d’utiliser tel ou tel abonnement par rapport à un autre. Une autre raison
tient au fait que les divers numéros à prépaiement servent à différents usages, un
numéro pouvant être destiné aux appels professionnels et un autre aux amis.
Le système à prépaiement rencontre aussi un grand succès au Mexique avec une part
de 60%. Il est devenu populaire il y a plusieurs années lorsque, à la suite d’une cirse
économique, une grande partie de la population ne remplissait plus les conditions
requises pour s’abonner au service de téléphonie fixe ou au service mobile. La formule
à prépaiement commence à s’imposer dans le reste de l’Amérique latine, avec une
proportion estimée à 16% du nombre total d’abonnés de la région à la fin de 1998. il
ressort d’une étude que ce système a augmenté de 200 à 300% le marché potentiel du
cellulaire mobile en Amérique latine en offrant l'accès à un bien plus grand nombre
d’utilisateurs qui ne pourraient pas prétendre financièrement au service à
postpaiement.28
49
Il est nécessaire de surmonter un certain nombre d’obstacles pour rendre le système à
prépaiement plus accessible dans les pays en développement. L’un des obstacles est
l’absence d’un service à prépaiement. Certains pays n’offrent pas encore un tel
service. Non seulement cette situation évoluera, mais les systèmes à prépaiement
pourraient aussi constituer la vague du futur. Un opérateur indien déclare que si une
telle formule avait été disponible au moment du lancement de son service, il n’aurait eu
recors qu’à ce système pour les paiements. Cet opérateur applique exclusivement la
formule à prépaiement lorsqu’il étend son réseau à de nouveaux villages.29 En Afrique,
le premier réseau à utiliser uniquement cette formule pour la facturation a été lancé au
Sénégal en avril 1999 ; à la fin de juin, il comptait déjà 4000 abonnés.30
Un autre facteur souvent cité comme étant inconvénient est le coût du combiné. Le prix
d’un téléphone mobile à fonctions complètes peut être élevé. Pourtant, ce coût ainsi
que les frais de raccordement au service sont encore inférieurs au coût d’installation
d’une nouvelle ligne fixe dans de nombreux pays en développement. Par ailleurs, on
pourrait établir un parallèle avec le cas de la télévision. Les pays en développement
enregistrent des taux de pénétration considérablement plus élevés dans le domaine de
la télévision par rapport aux téléphones fixes, bien qu’un téléviseur coûte davantage
qu’un téléphone. Cela laisse entendre que les consommateurs sont disposés à réaliser
un important investissement initial à condition que le service soit disponible. En outre,
les combinés sont de plus en plus subventionnés, ce qui en diminue le prix. Dans
certains pays, le téléphone mobile est gratuit, l’opérateur recouvrant ses frais grâce
aux paiements échelonnés ou à des taxes d’appel plus élevées. Même dans les pays
les plus pauvres où les combinés sont relativement chers par rapport au revenu
moyen, le partage des combinés est possible.
Un autre obstacle est la couverture limitée des systèmes cellulaires mobiles dans les
pays en développement où le service est généralement restreint aux grandes zones
urbaines. La couverture s’étendra à mesure que les opérateurs développeront leurs
réseaux. Ce processus pourrait être accéléré si les régulateurs imposaient aux
opérateurs l’obligation d’assurer une couverture étendue dans un certain délai en
échange d’une licence nationale.
Le prix des appels prépayés peut être élevé comme les tarifs du mobile le sont en
général par rapport à ceux du service fixe. On semble observer une tendance vers la
convergence des tarifs à la minute entre les différences formules d’abonnement, même
si la plupart des opérateurs facturent encore un supplément pour les services à
prépaiement. Il est regrettable que les prix de la formule à prépaiement soient
considérablement plus élevés que ceux du système à postpaiement vu que les
utilisateurs du premier système ont en principe de faible revenus et ne réunissent pas
les conditions requises pour obtenir un service contractuel. En conséquence, les
usagers à prépaiement subventionnent les abonnés contractuels situés en haut de
l’échelle. Certains opérateurs établissent également une discrimination à l’égard des
usagers à prépaiement en facturant les appels entrants. La validité de la carte
prépayée peut représenter un inconvénient car certains opérateurs exigent que la carte
soit utilisée dans un laps de temps très court. Enfin, il est important que des cartes de
faible valeur soient mises en service dans les pays en développement où un grand
nombre d’utilisateurs ne disposent pas de beaucoup de liquidités.
50
2.2 La téléphonie mobile dans le monde en développement et développé 31
Avec à peu près d'un milliard d'abonnés à la fin de 2001, le mobile est en train de
dépasser les réseau des lignes fixes dans la première moitié de 2002 au niveau de
nombre des abonnés (voir la Figure 1.5). Il peut être difficile de croire, mais moins d'un
pour cent des habitants dans le monde a un téléphone mobile en 1991 et seulement
un tiers de pays a un réseau cellulaire. Vers la fin de 2001, plus de 90 pour cent de
pays a un réseau mobile, presque un sur six des habitants dans le monde ont eu un
téléphone mobile et presque 100 pays ont eu plus d’abonnés mobiles que les abonnés
de téléphone fixés. Le mobile a donné l'accès aux communications de nouveaux
aspects. Dans des pays en voie de développement, et en particulier dans les LDC, le
mobile augmente l'accès de téléphone dans un temps étonnamment rapide. Dans les
pays développés, les taux de pénétration mobiles surpassent continuellement des
prévisions d'industrie.
La république de l'Ouganda, située dans l'Afrique de l'Est, est un pays agricole avec
une population d'environ 22 millions. Plus de 85 pour cent de ses citoyens vivent dans
des secteurs ruraux; le capital Kampala a presque 900000 habitants mais comptes
pour juste quatre pour cent de la population de pays. Avec un produit intérieur brut
(PIB) per capita de US$ 310 en 2000, l'Ouganda est qualifie comme LDC dans la
classification de l’ONU. Il a historiquement eu un des niveaux les plus bas de la
pénétration de téléphone dans le monde. Jusqu'en 1995, le fournisseur étatique de
service de télécommunications, Uganda Telecom Limited (UTL), fournissait tous les
services de télécommunication. Depuis lors, le secteur de télécommunication a été
progressivement ouvert et est maintenant un de le plus libéral en Afrique. Les étapes
assurées les sept dernières années pour stimuler la croissance des
télécommunications incluent:
• Attribution d'une licence GSM à l’opérateur mobile privé CelTel en mai 1995.
• Création d'un organisme de régulations indépendant, la Commission de
communication de l'Ouganda, en 1998
• Lancement d'un deuxième opérateur national, MTN Ouganda, en octobre 1998,
avec une licence pour tous les services.
• Privatisation partielle de l'opérateur de télécommunication public, UTL, en
février 2000.
Les résultats de ces changements ont été dramatiques. Densité globale de téléphone
en Ouganda accrue presque huit fois entre 1995 et 2001, se levant de 0,21 abonnés
de téléphone par 100 personnes à 1,63 (voir la Figure 2,2 à gauche). Cette croissance
rapide était initialement le résultat direct de l'entrée de MTN dans le marché. Bien que
la licence de MTN lui ait permis d'offrir tous les services de télécommunication
comprenant la téléphonie fixe, il s'est concentré sur le mobile. Une raison de ceci est
que les réseaux sans fil sont rapides pour installer, une considération importante pour
une nouvelle compagnie, qui a besoins de développer des revenus rapidement. Une
autre est l'utilisation des cartes prépayées puisque la plupart d'Ougandais ne
répondrait pas aux critères financiers pour le service post-paiement basé sur la
51
souscription. En un peu plus d’un an, MTN a émergé en tant que le plus grand
opérateur de téléphone en Ouganda, dépassant non seulement CelTel mais
également le PTO UTL en termes de nombre de clients. En juillet 1999, l'Ouganda est
devenu le premier pays africain où il y avait plus des clients mobiles que les clients de
téléphone fixes. MTN ne s'est pas reposé sur ses lauriers. Il a été agressif en
augmentant le réseau dans ce qui appelé ‘’Haut pays’’ d’Ouganda, c'est-à-dire, la
partie rurale de la nation. Plus de 50 pour cent de la population (90 pour cent y
compris de la population urbaine) est maintenant couvert par un signal cellulaire
mobile et environ 80 villes ont le service.
Abonnés fixe par 100 habitants, Abonnés mobile par 100 habitants,
Ouganda Uganda
Mobile
UTL
2.0 1.8
Jan. '01 1.6 Actuel 2001
1.5 MTN 1.4
Oct. '98 1.2
1.0 1.0
CelTel 0.8 2000
0.5 Mai '95 0.6
Fixe 0.4 1999
0.2 Prévision
0.0 1998
0.0
1960 66 72 78 84 90 96
$250 $300 $350 $400
L'Ouganda est tout remarquable comme il est le seul champ de bataille où les trois
principaux investisseurs sur la téléphonie mobile cellulaire MTN, MSI le Telecel sont
réunis. Ces trois compagnies sont présentes dans 22 pays sub-saharien. Elles créent
une véritable révolution dans le paysage africain de télécommunication en démontrant
52
à quelle rapidité les marchés compétitifs et privés peuvent apporter à l'accès de
télécommunication.
Ceux qui recherchent à voir le futur de la société mobile ne doivent regarder autre que
la Finlande, le meneur du monde dans toutes les choses mobiles. C'était le premier
pays pour lancer un réseau cellulaire numérique, la seconde où le nombre
d'abonnements mobiles a surpassé fixe (voir la Figure 2.3, gauche) et la première pour
autoriser les réseaux mobiles de la troisième-génération (3G). Ses 97 pour cent du
territoire et 99 pour cent de Finlandais sont couverts par un téléphone mobile (voir la
Figure 2.3, droit). C'est une vision du futur et illustre l'énorme potentiel des
communications mobiles.
53
De certain point de vu, la Finlande est un endroit curieux à être le leader du monde
dans la pénétration mobile. Ce n'est pas le pays le plus riche au monde (le Japon et la
Suisse ont un PIB per capita deux fois que cela de la Finlande, alors que tous ses
voisins nordiques ont un PNB plus élevé). Ni la Finlande est connue pour considérer
les facteurs qui sont censés normalement pour conduire la croissance mobile rapide.
Par exemple, alors qu'il y a concurrence, le marché mobile de Finlande était
essentiellement duopole jusqu'en 1998. En dépit d'être les sièges sociaux de Nokia, le
plus grand fournisseur de téléphone mobile du monde, les combinés ne sont pas
subventionnés en Finlande. Ni la mode de prépaiement, avec environ 98 pour cent
d'abonnés sur des plans post-paiement. Au lieu de cela, trois autres facteurs ont
conduit la manie mobile finlandaise:
54
La licence a stipulé que le 3G soit lancé le 1 janvier 2002. Sonera a lancé son réseau
à cette date bien qu’il manque des combinés de 3G, et cela signifie que pour tous les
buts pratiques, le service n'est pas encore disponible. Il estime que le 3G ne sera pas
largement répandu avant 2004-2005. Une autre raison est que les technologies 2.5G
intermédiaires commencent à fleurir. Car la demande des téléphones mobile
conventionnels devient saturée en Finlande, la nouvelle croissance devra venir des
services mobiles de données. Ils représentent déjà 11 pour cent de revenu mobile de
communication de Sonera.
55
marchés intérieurs. Certains arguent du fait que la nature relativement fermée du
marché mobile finlandais jusqu'en 1998 a suffoqué l'innovation. La libéralisation
suivante du marché a été assaillie par des problèmes. Un conflit important s'est produit
quand Sonera a refusé de permettre au nouveau concurrent Telia d'employer son
réseau. D'autre part, la Finlande a récemment expérimenté avec les opérateurs
mobiles virtuels pour éviter la duplication inutile des ressources.
Une illustration sur le comment le mobile peut répondre aux soucis de service
universels est fournie de Finlande. En juin 1999, le nombre de ménages avec un
téléphone mobile (78,5 pour cent) a rattrapé le nombre de ménages avec un téléphone
de fixe (75,8 pour cent). Ce qui est remarquable est que le nombre de ménages
finlandais avec un téléphone de fixe-ligne était tombé depuis 1990 après avoir fait un
pic à 94 pour cent. Mais le nombre de ménages qui n’ont pas téléphone du tout est
demeuré assez constant à environ deux pour cent. En d'autres termes, il y a
maintenant environ 19 pour cent de ménages finlandais qui n'ont un téléphone mobile
mais aucun téléphone fixe. La recherche par Statistics Finlande prouve que ceux avec
une préférence pour un téléphone mobile comme produit de remplacement de
téléphone fixe, tombent dans quatre catégories principales: étudiants, personnes sans
emploi, ménages célibataires ou ceux qui en déplacement fréquent. À l'exception
possible de la dernière catégorie, toutes ceux-ci sont à la basse extrémité de l’échelle
de revenu. Les opérateurs mobiles commencent maintenant à fournir le service
universel en Finlande et pas opérateurs de ligne fixe. Si l'exemple de la Finlande est
suivi ailleurs dans le monde, il aura des implications sérieuses quant à la manière que
le secteur de télécommunications dans l'ensemble soit réglementé.
56
devoir focaliser leur attention au mobiles au lieu de fixes, et embrayer leurs politiques
convenablement.
3. Effet de la concurrence 33
Bien que les Etats-Unis aient prouvé un modèle imposant dans d'autres aspects de
réforme de télécommunication, seulement quelques pays ont choisi de suivre le
chemin de démantèlement de leurs opérateurs de télécommunication public, et ce via
l’intervention des régulations. De ceux qui ont fait ainsi, le Japon a récemment pris une
approche semblable dans la dissolution de NTT en divisions occidentale et orientale,
comme la Chine a créé mobile de la Chine. Cependant, l'expérience des USA a prouvé
que dissolution d'une compagnie est une bonne manière de préserver la valeur
d'actionnaire, et un certain nombre de compagnies ont volontairement suivi cette
approche. Par exemple en se défaisant des opérations mobiles (par exemple la
division mobile de BT a été séparée pour ainsi devenir mmO2) ou des opérations de
données (par exemple la division d'Internet de Telefonica est devenue Terra Netwo).
Même AT&T, qui a lutté contre le démantèlement pendant une décennie dans les
années 70 et au début des années 80, a séparé ses branches de fabrication
d'équipement (Lucent) et d'ordinateur de télécommunication (NCR) de ses opérations
de services, et plus tard le spin-off de AT&T wireless.
En dehors des Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Japon étaient deux des pays qui ont la
concurrence les plus tôt, suivi de d'autres tel que la Finlande, l'Australie et la Nouvelle-
Zélande. Pour les pays du monde en développement, comme le Chili et les
Philippines, étaient parmi de premiers convertis.
57
Tableau 3.1 : Changements dans le classement de télédensité, 1990-2000, parmi
les principaux pays
Pays ayant gagné des places Pays ayant perdu des places
Rang Rang Rang
Rang en
Pays 2000 1990 en en Différence Pays 2000 1990 en 1990 Différence
2000 1990 2000
Chine 17,8 0,6 95 159 64 Arménie 15,6 15,7 102 60 −42
Viet Nam 4,2 0,1 141 189 48 Iraq 2,9 3,9 149 109 −40
Botswana 21,6 2,1 91 129 38 Tadjikistan 3,6 4,5 143 105 −38
El Salvador 21,8 2,4 90 125 35 Ouzbékistan 6,9 6,9 128 92 −36
Jamaïque 34,1 4,5 71 106 35 Kirghizstan 7,9 7,2 125 90 −35
Hongrie 67,4 9,6 43 78 35 Angola 0,7 0,8 177 146 −31
Maurice 38,6 5,4 67 100 33 Libéria 0,2 0,4 190 162 −28
R.p.d. de
Chili 44,4 6,7 61 93 32
Corée
4,6 3,8 138 111 −27
Togo 2,0 0,3 154 171 17 Iles Salomon 2,0 1,5 153 137 −16
Saint-Vincent-
Ouganda 1,1 0,2 169 185 16
et-Grenadines
24,0 12,4 86 70 −16
58
Tableau 3.1: Changements dans le classement de télédensité, 1990-2000, parmi les principaux pays (fin)
Pays ayant gagné des places Pays ayant perdu des places
Rép.
slovaque
51,9 13,5 52 67 15 Bermudes 117,7 63,5 17 2 −15
Guatemala 11,8 2,1 114 128 14 Azerbaïdjan 15,9 8,6 101 86 −15
Guinée 1,3 0,2 166 180 14 Mozambique 0,7 0,3 179 165 −14
R.p.d Lao 1,0 0,2 172 185 13 Libye 11,5 4,8 115 101 −14
Brunéi
Darussalam
53,4 14,3 50 63 13 Zambie 1,7 0,9 158 144 −14
Emirats Guyane
arabes unis
93,9 22,4 34 47 13
française
50,3 26,5 53 39 −14
Iran (Rép.
islamique)
16,4 4,0 100 108 8 Chypre 96,8 42,4 32 21 −11
Royaume-
Uni
131,6 46,0 8 16 8 Yémen 2,1 1,1 151 141 −10
Nouvelle
Swaziland 6,5 1,7 129 134 5
Zélande
106,3 45,0 25 17 −8
Nicaragua 4,9 1,3 133 138 5 Haïti 1,6 0,7 160 153 −7
Burundi 0,5 0,2 183 188 5 Namibie 10,9 3,9 117 110 −7
Maldives 11,9 2,9 113 118 5 Tunisie 10,6 3,8 119 112 −7
Pérou 11,1 2,6 116 121 5
Note: Le classement des pays ne figurant pas dans ce tableau n'a pas fondamentalement changé pendant la période considérée. Près
de 193 pays ont été classés.
Source: ITU, World Telecommunication Indicators Database.
59
Bien que la ‘’menace’’ de la concurrence a souvent un effet de galvanisation sur le
PTO, expérience a prouvé que l'addition de un seul opérateur supplémentaire ne crée
pas nécessairement les conditions pour la concurrence agressive des prix. Au lieu de
cela, elle devient toute trop facile pour les deux opérateurs d'atteindre une certaine
forme d’arrangement par lequel le nouvel opérateur puisse offrir un rabais modeste
(disons 15 pour cent) sur les prix du PTO pour quelques services (par exemple service
de fond et international sur les itinéraires populaires), tout en laissant la structure
globale des prix du PTO essentiellement intacte. Duopoles ou triopoles généralement
n'ont pas apporté les pleins avantages de la concurrence, en termes de bas prix, de la
multitude de choix du consommateur et de la plus grande innovation.
Une illustration de ceci est le cas du Royaume uni, où le Mercury a été autorisé, en
tant que deuxième opérateur de réseau en 1982, à concurrencer le PTO BT. Mercury a
bénéficié une période de l'exclusivité jusqu'en 1990. Cependant, pendant les années
80, le R-U est parvenu à ajouter seulement sept millions de nouvelles lignes fixes.
Après 1990, le cercle de duopole a été élargi et d'autres compagnies ont accédé au
marché, notamment les opérateurs du câble TV qui sont autorisé à offrir des services
de télécommunication. Pendant les années 90, le R-U a ajouté presque dix millions de
nouvelles lignes fixes, malgré le fait qu’au cours de la même période plus de 40
millions de nouveaux abonnés mobiles ont été enregistrés. En de-sous de ce
changement d'exécution est le fait que, pendant les années 80, l'investissement de
télécommunication annuel au R-U a fait une moyenne de moins de 3,5 milliards par an
tandis que dans les années 90 plus concurrentielles, il a fait une moyenne de plus de 8
milliards par an. Le Royaume uni a monté dans le classement mondial de télédensité
de la 16ème position en 1990 à la 8ème en 2000 (voir le Tableau 3.1).
L'itinéraire principal d'entrée du marché pour des revendeurs est par l'intermédiaire de
la revente des lignes spécialisées, domestiques et internationales. Un revendeur
achètera typiquement une ligne spécialisée entre deux endroits populaires et vendrait
alors le trafic par minute sur cette ligne à un prix au-dessous de cela offert par le PTO
au-dessus du réseau téléphonique commuté public (PTSN, Public Switched Telephone
Network ). La rentabilité de la revente est facilitée par:
60
• Les mesures de libéralisation qui permettent aux lignes spécialisées d'être
reliée une ou aux deux extrémités au PSTN;
• L'arrivée des techniques de compression numériques qui permettent à plus de
données d'être envoyée sur la ligne de même capacité.
Comme on aurait pu s'y attendre, les plus grandes occasions pour la revente sont sur
les itinéraires où la différence entre le coût en gros et le prix au détail sont la plus
grande. En conséquence, le plus grand impact de la concurrence sur des prix a été vu
dans des services internationaux. Ici, il y a une occasion additionnelle à exploiter, à
savoir la différence au niveau du prix pour le même appel fait dans différentes
directions. Ces différences peuvent surgir en raison des différences dans la structure
concurrentielle dans différents pays, mais peuvent également être dues à d'autres
différences, telles que la structure de coût, les économies d'échelle, les régimes
d'impôts, les appels etc. Les appels provenant des Etats-Unis sont généralement
meilleur marché que des appels allant aux Etats-Unis. En conséquence, la part du
trafic téléphonique international sortant des USA a monté de façon constante, de 18
pour cent en 1980 à plus de 30 pour cent en 2000 pendant que les porteurs basés aux
USA ont gagné un plus grand part de marché.
Tous les pays, peu important de leur niveau de concurrence domestique, aient
éprouvé la concurrence au niveau de services internationaux. Ceci a tendance à
entrer dans les normes, comme technologie et la réforme du marché ont progressé:
• Vers la fin des années 80, avant que la réforme du marché soit répandue, la
forme principale de concurrence sur les services internationaux est venue de
reclassent, ou la balance des différences entre les coûts en gros (taux de
règlement) sur différents itinéraires;
• Au début des années 90, l'utilisation des ordinateurs de changer la direction
des appels en différences de balancer des prix au détail a mené au
développement du service de rappel, particulièrement sur des itinéraires à et
des Etats-Unis;
• Au milieu des années 90, comme plus de pays a commencé à ouvrir leurs
marchés à la concurrence, et à permettre le raccordement des lignes privées
internationales au PSTN, la revente simple internationale est devenue le mode
dominant de la concurrence;
• A la fin des années 90, comme Internet s'est développé, à tel point qu’il y a
maintenant les plus de lignes internationales en service spécialisées pour
l'Internet que pour le PSTN. Une part croissante du trafic de voix s’est transféré
sur l'Internet, pour être ainsi porté comme voix au-dessus d'IP (VoIP). On
l'estime que le trafic international de VoIP s'est élevé à presque dix milliards de
minutes en 2001.
Une fois, qu'une forme de concurrence s’est transformé à l'autre, les changements
sont reflétés dans l'équilibre du trafic. Une bonne illustration de ceci est fournie par le
cas de Hong Kong SAR. Au milieu des années 90, quand le territoire avait introduit la
concurrence domestique mais pas encore la concurrence dans des services
internationaux, une part élevée du trafic international a été renversée dans la direction.
Pendant cette période, le trafic entrant a excédé le trafic sortant. Cette situation a
changé autour de 1998 quand la concurrence sur les logistiques a été autorisée et, en
prévision du marché le PTO Hong Kong Telecom (maintenant Century Pacifique
61
CyberWorks) a réduit son prix d’établissement. Entre 1998 et 2001, le trafic sortant de
Hong Kong a presque doublé dans la taille tandis que son trafic entrant se rétrécissait.
62
télécommunications. Les négociations sur la télécommunication de base (c.-à-d. en
temps réel, transmissions end-to-end de l’information fournie par clients,
principalement la téléphonie de voix) ont continué et ont tiré une conclusion positive en
février 1997. Il y avait environ 69 pays, représentant plus de 90 pour cent du marché
international de télécommunications par valeur, font engagements pour libéraliser
progressivement leurs secteurs de télécommunication.35 Ces engagements ont formé
le quatrième protocole annexé au GATS, et sont entrés en vigueur 5 février 1998. Plus
tard, 17 autres pays ont soumis des programmes de libéralisation, souvent en tant
qu'élément du processus de la négociation pour joindre le OMC.
4. Effet de la privatisation36
Les premiers pays pour privatiser leur opérateur public de télécommunication (PTOs)
ont inclus le Chili, le Japon et le Royaume uni. En 1989, quand la Guinée-Bissau a
vendu une partie de son opérateur (international) à CPR Marconi du Portugal, il y avait
les opérateurs privés dans chacun des continents principaux du monde. La mode pour
la privatisation avait accentué et plus tard s'était affaiblie. Ceci avait reflété l'humeur
régnante sur les marchés des actions globaux, mais également un effet de ‘’copy-cat’’,
ce qui a vu plusieurs groupes de pays voisins commencer des démarches de
privatisation plus ou moins le même temps. La crête de ceci est venue vers la fin des
années 90 quand un certain nombre de pays européens, y compris la France,
l'Allemagne et l'Italie, tout privatisé leurs PTO en quelques mois l'un de l'autre.
Ces pays qui ont choisi de privatiser leur PTO ont fait ainsi généralement par deux
moyens:
63
• Beaucoup de pays, en particulier pays en développement, ont choisi de vendre
une part de leur opérateur (souvent une participation minoritaire, mais avec la
commande de gestion) à un investisseur stratégique, tel qu'un PTO étranger.
En plus des anciens opérateurs coloniaux établis depuis longtemps, comme
Cable and Wireless (C & W), France Câble et Radio (FCR) ou le CRP Marconi,
les investisseurs étrangers ont inclus Telekom Malaisie, Telefonica de
l'Espagne et SBC communications des Etats-Unis.
• D'autres pays, en particulier les pays développés, ont choisi de faire un premier
appel d’offre public initial (IPO) au public, aux investisseurs institutionnels et
aux employés. Dans beaucoup de cas, les PTOs sont maintenant la plus
grande compagnie individuelle sur le marché boursier du pays.
20'000 6 6 6
15'000 5
10'000
2
5'000
1 1
0 0
84 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 2000 01
Après l’apogée de la privatisation vers la fin des années 90, les premières années du
vingt et unième siècle ont été quelque chose moins réjouissante. En 2001, il y avait
seulement neuf transactions de privatisation pour une valeur combinée juste au-
dessus 5 milliards. Les pays privatisent leurs opérateurs publics de télécommunication
pendant 2001 (vente y compris d'une deuxième ou troisième tranche de part) étaient
Croatie, l'Islande, l'Indonésie, la Corée (représentant), le Lesotho, le Nicaragua,
64
Macédoine, le Maroc et la Tanzanie. Ceci reflète en partie les états défavorables du
marché, qui ont mené à un certain nombre de délais, comme le cas pour l'Egypte, ou
aux négociations prolongées, comme au Cameroun. Mais il reflète également le fait
que la plupart des privatisations faciles ont été déjà effectuées. Ceux qui restent, pour
la plupart, sont assaillis des difficultés, par exemple un main d’œuvre gonflé, un
endettement, une opposition politique ou un risque de pays. Un certain nombre de
pays ont dû faire des multiples tentatives pour privatiser, comme la Turquie, ou ont eu
une première tentative repoussée par l'opposition politique et attendent toujours pour
essayer encore, comme l'Uruguay.
Le petit nombre de pays qui restent encore à privatiser leurs opérateurs PTO font face
maintenant à un nouveau problème. Tandis qu'il n'est guère douteux que le secteur
privé puisse faire fonctionner les réseaux de télécommunication publics efficacement et
effectivement, et que l'expérience a prouvé que l'investissement dans un PTO a
généralement généré un bon retour sur l'investissement, le moment n'est maintenant
plus favorable. La plupart de PTOs restant font face à déjà un certain degré de
concurrence privée, qui grignote leur part de marché et rentabilité. S'ils possèdent des
opérations mobiles, ils sont susceptibles d'être dans une meilleure forme, mais ces
opérations mobiles peuvent seulement être possédées partiellement, ou fonctionnées
sous les accords build-transfer-operate (BTO), qui peuvent compliquer des
négociations de privatisation. Pour couronner le tout, les conditions actuelles de
marché sont défavorables.
Le monde a changé depuis des années 90 et ceci a des implications significatives pour
ces pays à privatiser toujours. La réalité est qu'il est parfois meilleur marché de
commencer à partir de zéro, en utilisant une plate forme de communications de
mobiles et sous-traitant plusieurs des aspects opérationnels et d'infrastructure du
réseau, plutôt que d'acheter un opérateur public, avec tous les problèmes politiques,
sociaux et financiers qui pourraient apporter. En Ouganda, par exemple, où l'opérateur
PTO, UTL, a été récemment acheté par un consortium impliquant Detecon de
l'Allemagne, le prix d'achat était rudement équivalent à ce qui aurait été payé une
troisième licence mobile (UTL a théoriquement possédé la licence, mais n'avait pas
commencé des opérations). La valeur attachée aux autres aspects de l’UTL, réseau,
et bâtiments, pourrait même être négatif.
65
un autre niveau est le désir de soulever l'argent pour le gouvernement (habituellement
pour réduire des dettes).
Lesquelles de ces motivations sont dominantes dans un pays particulier? Une façon de
discerner ceci doit examiner l'ordonnancement de la privatisation et de la concurrence.
Si l'ambition principale doit améliorer le statut du secteur, alors la privatisation sera
rapidement suivie (ou même précédée) par la concurrence sur le marché. D'autre part,
si le but est de maximiser le prix afin d'améliorer des finances publiques, et pendant ce
temps le PTO pourrait être garanti une période de l'exclusivité. En Amérique latine, la
plupart des pays ont accordé des périodes d'exclusivité, s'étendant de quatre ans (au
Nicaragua) à dix ans (en Argentine). L’Argentine et le Chili constituent des exemples
intéressants. Le Chili a entrepris sa procédure de privatisation en 1988, sans prévoir
de période d'exclusivité. L'Argentine a quant à elle privatisé son opérateur en 1990 et
accordé aux deux opérateurs régionaux une période d'exclusivité de sept ans,
prorogée ensuite de trois ans. En guise de concurrence, les autorités argentines ont
imposé aux titulaires des licences des obligations, comme celle d'assurer une
croissance du réseau d'au moins 6,5%, objectif dépassé de quelques points, mais la
croissance a ralenti après l'extension de la période d'exclusivité en 1997. Par
comparaison, au Chili le jeu de la concurrence a permis une croissance du réseau de
15% en moyenne au cours des dix années suivant la privatisation, sans que les
autorités aient eu à imposer des obligations. Avant la privatisation, la télédensité du
Chili était deux fois moins élevée que celle de l'Argentine, mais dix ans après la
privatisation, elle était devenue supérieure. On peut estimer le nombre de lignes
nouvelles qu'a ainsi "perdues" l'Argentine à cause de sa plus grande prudence à près
de 6,8 millions pendant les dix années qu'a duré la période d'exclusivité. Si l'Argentine
avait eu une croissance aussi impressionnante que celle qu'a enregistrée le Chili,
grâce au jeu de la concurrence, elle aurait pu compter 14,8 millions d'abonnés au
téléphone fixe en 2000 au lieu de 7,9 millions. Les exceptions à cette règle étaient le
Chili, le Salvador et le Guatemala, qui n'a eu aucune période d'exclusivité. Au Brésil la
période d'exclusivité a duré seulement quelques mois, la durée du processus de
réforme.
66
cellulaires numériques facilitait les pays à avoir plusieurs acteurs de mobile en
même temps, la concurrence est devenue la norme pour beaucoup de pays,
notamment en Europe de l'ouest, des communications mobiles ont fourni la
première expérience de la concurrence de télécommunications. La directive de
l'union européenne qui stipule ses Etats membres devraient attribuer deux
licences GSM au minimum, a aidé à favoriser cette forme de participation de
secteur privé.
• Dissolution d'un ou plusieurs départements du PTO, et les privatisant
séparément des opérations principales, par exemple par un IPO ou un joint-
venture en participation, a fourni une manière pour quelques gouvernements de
présenter la participation de secteur privé.
• Sous-traitées à l'extérieur des activités précédemment conduites par le PTO,
par exemple, ceux qui sont indépendantes des télécommunications (par
exemple équipements de restauration) ou ceux qui peuvent être manipulé plus
efficacement par d'autres (par exemple des télé-centres).
Pour savoir si la concurrence a les effets désirés, on doit probablement regarder si les
prix payés par des consommateurs ont baissé par rapport aux ceux aurait été payé en
l'absence de la concurrence. Ceci est compliqué par un certain nombre de facteurs:
67
appels locaux. En conséquence, les consommateurs peuvent dériver de vrais
avantages de la concurrence, et même pensent que leur facture moyenne n’a
pas baissé.
Une image plus complète des effets de la concurrence sur des prix peut être vue en
prenant l'expérience des Etats membres d'OCDE, qui ont maintenant présenté la
concurrence sur la ligne fixe et les marchés mobiles. Les prix moyens de téléphones
résidentiels (basés sur un panier de différents services) étaient autour 17 pour cent
plus bas en 2000 par rapport aux ceux étaient en 1990, et les prix moyens de
téléphones d'affaires autour 32 pour cent plus bas pour la même période. Mais les plus
grandes chutes se sont produites dans la deuxième moitié de la décennie, quand le
nombre de pays permettant la concurrence a doublé.
Toutes ne connaissent, d'ailleurs, pas le même destin. Ainsi, par exemple, le ‘’WAP’’,
préfiguration de service mobile à « haut débit », n'a-t-il pas connu le succès un temps
escompté par les opérateurs, compte-tenu de ses faibles prouesses techniques et
faute de service nouveau apporté au consommateur. A l'inverse, le rythme de
développement très rapide des SMS (short message service, ou service de messages
courts), à l'initiative des abonnés les plus jeunes, n'avait pas été anticipé.
68
Parmi les technologies en développement, beaucoup concernent le haut débit. On
peut, par exemple, citer les techniques RLAN (réseaux locaux sans fil) et UMTS
(téléphonie mobile de troisième génération permettant des échanges de données et
d'images), sur lesquelles misent de nombreux équipementiers et opérateurs.
Le foisonnement technologique est tel que l'avenir de chaque technique est incertain.
Ainsi, les doutes se sont-ils multipliés sur l'UMTS, certains pointant, outre
l'incontestable retard de maturité de la technologie par rapport à l'absurde calendrier
de déploiement fixé à Bruxelles, l'absence d'application suffisamment déterminante
pour le consommateur pour en assurer le succès commercial.
69
Cette phase d'optimisme, qui a alimenté une faramineuse ascension des cours de
bourse des valeurs technologiques, sans aucun rapport avec les fondamentaux
économiques et les modèles financiers traditionnels, a gonflé une ‘’bulle de dot com’’
spéculative. Son éclatement, accéléré et amplifié par l'erreur historique de l'Europe sur
le calendrier et le prix d'introduction de la téléphonie mobile de troisième génération,
laisse place à un paysage sinistré.
En France par exemple, l'investissement a été porté jusqu'au milieu des années 1990
par les dépenses de l'opérateur historique, engagé dans un vaste programme de
modernisation du réseau fixe. Au sortir de cette période, et après un creux au milieu
des années 1990, l'investissement est reparti, tiré d'abord par les travaux de
déploiement des réseaux cellulaires, puis relayé par la montée en charge des
opérateurs alternatifs à la suite de l'ouverture complète du marché en 1998.
Mais l'impact économique global de ce secteur reste difficile à mesurer, surtout depuis
le retournement de la bulle financière sur les valeurs technologiques. Ces résultats
demeurent toutefois instructifs, même s'ils concernent un périmètre quelque peu élargi
par rapport au seul secteur des télécommunications, puisqu'il s'étend à l'ensemble des
technologies de l'information et de la communication.
70
aussi bien par leurs coûts en réduction au sein des fonctions de production et de
distribution que par leurs effets sur la productivité des entreprises.
Depuis le début des années 1990, le MEDEF a soutenu la libéralisation du secteur des
télécommunications en France, dans le cadre de a l politique générale de l'Union
Européenne, et il se félicite du rôle joué par une concurrence effective sur les prix et la
qualité des services de certains segments de marché.
71
dans une fourchette de 15 à 30 ct/min. On exige d‘un opérateur alternatif - uniquement
pour la distance mobile-plate-forme du fournisseur ! - un coût d‘interconnexion de
54ct/min. En outre, ces appels doivent avoir pour destination une destination
étrangère! Plus fort encore : la même conversation effectuée dans le sens inverse (fixe
/ mobile) ne coûte ‘’que’’ 41 ct/min. Ce désordre tarifaire fait que les communications
au départ des mobiles sont privilégiées et que les clients du réseau fixe se font saigner
à blanc. Les prix d’interconnexion sont massivement trop élevés et ne correspondent
pas à des coûts réels, excluant ainsi toute concurrence de la part des autres
opérateurs. La concurrence signifie ‘’prendre des parts de marché à un concurrent’’.
Dans la téléphonie mobile, cette ‘’concurrence’’ signifie jusqu‘à présent ‘’se répartir le
marché toujours grandissant entre trois opérateurs’’. Même l'UE commence à
s’inquiéter des tarifs excessifs du roaming et de ces coûts d’interconnexion
incroyablement élevés. Par exemple, le régulateur a divisé en deux les coûts
d’interconnexion en Autriche.
Des plaintes contre des prix élevés de mobiles ne sont pas limitées en Europe. Deux
opérateurs mobiles du Nigeria ont été critiqués pour les prix élevés d'utilisateur, que
quelques analystes ont expliqués comme le résultat inévitable des prix excessifs des
licences à payer. En fait, les décisionnaires autour du globe continuent à discuter et
équilibrer les buts concurrentiels de renflouer les budgets généraux de gouvernement
par des prix de licences, et d’achever les objectives de service universel en stimulant
des services abordables.
Les principales lacunes sont partagées, à des degrés divers, par l'ensemble des pays
européens : nulle part le dégroupage ne démarre de façon satisfaisante, ni la Boucle
Locale Radio (Wireless Local Loop, WLL), qui se déploie avec retard, ne constitue une
alternative réelle à l'ADSL, qui est partout un monopole de fait des opérateurs
historiques. Si la boucle locale est plus ouverte au Royaume-Uni, pays qui a dix ans
d'avance pour la libéralisation, c'est surtout grâce aux câblo-opérateurs, dont certains
sont aujourd'hui fragilisés. L'aveuglement UMTS, largement distribué et alimenté par la
rapacité budgétaire des Etats (y compris en France, où le Gouvernement n'a pas
‘’dégainé’’ assez vite pou satisfaire son appétit), contribuera sans doute à la formation
d'oligopoles dans plusieurs Etats membres.
Deutsche Telekom se repose sur $60 milliards de dettes et cherche à vendre ses biens
pour récupérer des capitaux liquides. Les « golden boys » dans le temps, tels que
Michel bon et Jean-Marie Messier ont démissionné récemment sous la pression des
actionnaires. Les fabricants des combinés, tels qu'Alcatel, Ericsson se précipitent de
72
quitter le marché, et Nokia a vu ses actions préalablement surévaluées chuté de 75%.
Même le groupe Vodafone, le plus grand supporteur de 3G, est tombé durement.
Début 2000, il a à peine transpiré pour réunir une somme $163 milliards pour l’achat
de Mannesmann de l’Allemagne. Maintenant, les directeurs de Vodafone discutent
pour savoir s’il prendre une dépréciation de $25 milliards à $50 milliards d'acquisitions
achetées au-dessus de la bulle spéculative, une bulle qu'ils ont aidé à gonfler à des
proportions insensées.
Et l'Internet mobile? En fait, le projet de haut débit connu sous le nom de 3G laboure
en avant, cependant sur une plus petite échelle que prévue et une année ou deux en
retard. Dans l'ensemble de l'Europe, les compagnies de téléphonie mobile placent les
premières tours de transmission et testent les combinés, capables de transmettre les
données à une vitesse comparable à celle de large bande ou même plus rapidement,
au plus tôt l'année prochaine. Mais à l’heure actuelle, il n'y aura aucune fête de
lancement. L'industrie de téléphonie mobile d'Europe a découvert qu’une fois le mot de
‘’3G’’ est prononcée, les investisseurs fuirent.
Que s'est produit? Rien, à moins qu’une débâcle continentale. Ce nouveau projet
d’Internet sans fil à haut débit était une ambition audacieuse de l'Europe pour mener le
monde à la technologie cruciale du 21ème siècle. Pour Européens, c'était un méga
projet, l'équivalent dans la taille, vision, et dépenses de programme de l'espace
américain Apollo dans les années 60. Pourtant le 3G a trébuché, une victime pas
simplement de la coïncidence malheureuse du marché mais également une foule de
problèmes locaux s'étendant de manque de vision et les politiciens nationaux avides à
une politique régionale qui a imposé une technologie unique et chère et qui a poussé
tous les pays pour l'adopter par block. Pour couronner le tout, l’industrie de téléphonie
mobile établie sur transmission des mots n'a pas tout à fait créé les services de
données que les clients achèteront. L'industrie n'avait pas pensé à leurs utilisateurs,
elle n’a pensé qu’à leur intérêt.
L'Amérique a eu son implosion dot-com, et les affaires des téléphonies aux Etats-Unis
marchent dans l'eau par sa propre crise. Mais le vieux monde n'a aucune industrie de
logiciel à imiter les pas aux entreprises des Etats -Unis excepté la SAP de l’Allemagne.
De Nokia et Ericsson à Vodafone et à Deutsche Telekom, les affaires téléphoniques
sont l'âme de l'industrie de technologie européenne. Chacune de ces compagnies était
attentive sur l’évolution de 3G à l’échelle mondiale. Et qu'obtiennent-elles? La
technologie retarde, les actions plongent, et la morosité de marchés. Maintenant
l'Europe, qui parient beaucoup de son futur technologique sur une technologie unique,
voit ses champions bloqués dans un marais de la dette liée au 3G. En conséquence,
la région perd rapidement son avantage de téléphonie mobile sur les autres continents.
L'équilibre des forces décale à travers l'Océan Atlantique, pour pencher à Microsoft et
d'autres compagnies productrices d’applications.
73
Mais le réseau mobile s'avérerait bien plus complexe à orchestrer. Dans les affaires de
téléphone cellulaire, les opérateurs simplement investis dans les réseaux et ont vendu
des combinés et les affaires ont décollé. Les abonnés ont produit leur propre contenu
simplement en parlant. Dans l'Internet mobile, les opérateurs se concentreraient
encore sur ce qu'ils ont connu mieux, établissant les réseaux coûteux et compliqués.
Mais pour l’heure, les combinés sont un problème, les téléphones de 3G peuvent bien
coûter à environ $ 800 et sont gourment au niveau de batterie. Pire encore c’est la
largeur de bande: sans contenu et services à vendre, les réseaux à haut débit sont un
gaspillage d'argent.
Les Européens ont naturellement su que le logiciel était crucial. Ils ont compté sur des
capitaux à risques pour nourrir les start-up de logiciel dans toute la région. Ces start-up
produiraient les jeux, les services de nouvelles, et les programmes de e-commerce
pour apporter l’oxygène à l’Internet mobile. Tandis que quelques jeunes de vingt et
quelque chose débarquaient quelques capitaux à risques, leur aîné jouaient avec de
plus grands pieux. En octobre 1999, Hutchison Whampoa Ltd de Hong Kong est
parvenu à vendre sa filiale européenne de téléphonie, orange, à Mannesmann de
l’Allemagne pour quelque $30 milliards de dollars. La réaction en chaîne des affaires
avait commencé. Ce qui a suivi était une lutte d'offre publique d'achat. Plus, les
années suivantes, des compagnies de téléphonie mobile concurrenceraient dans une
gamme des services d'Internet. Pour ceci, il est apparu alors, ils exigeraient de grands
gros morceaux de l'économie numérique, cela de compagnies de téléphone aux
entreprises d'Internet et aux stations TV câblées. Et dans cette période d'abondance,
ils ont acheté comme un fou. Par exemple France Telecom, en Grande-Bretagne
seulement, il a dépensé plus de $40 milliards pour acheter Orange de Vodafone et
pour avaler du coup la principale compagnie de services d'Internet britanniques,
Freeserve, et de 18% de la compagnie de câble NTL.
Cependant, il y avait une différence cruciale. Les opérateurs payeraient des licences
comptant, et nos pas des actions surévaluées. Comme offres passées $1 milliards par
licence et puis $2 milliards, $3 milliards, et $4 milliards, les preneurs mettent peu à peu
de côté leurs modèles de revenus et de cash-flow soigneusement conçu. Dans une
bataille pour la survie, car les enchères de Londres ont semblé être, les chiffres étaient
de rarement de détails. L’enchère n'est pas basée sur des décisions raisonnables.
Les cadres de chez Nokia et Ericsson s'alarmaient. Ils avaient programmé un mis en
marché ordonné des réseaux et des combinés de pour chaque étape de l'Internet
mobile. Mais les enchères, apparemment conçues par les gouvernements pour
74
expédier des processus de mis en marché, ont pu conduire de petits joueurs hors du
marché et forcer même les grands pour ralentir leur dépense de capitaux. À l'enchère
de Londres, les investisseurs ont ignoré non seulement les chiffres mais également la
forte évidence précoce que l'Internet mobile allait être un super navet.
Le plus triste de tous, au cours des plus de deux ans depuis que ces téléphones de 3G
ont été présentés, les offres en Europe sur la téléphonie mobile se sont à peine
améliorées. Les industries de télécommunications européennes ont lentement
amélioré leurs systèmes pour un service de données plus rapide connu sous le nom
de 2.5G. Mais comme si embarrassé par le flop qu'ils ont produit pendant la bulle, elles
favorisent à peine les services. Au lieu de cela, ils se concentrent sur les générateurs
sûrs de revenu tels que des appels de voix et les messages primitifs de SMS si
populaires parmi des gosses. Ces messages, qui peuvent être transmis par n'importe
quel téléphone, constituent maintenant 10% de revenu des opérateurs. Quelques PDG
craignent que s'ils favorisent les applications plus raffinées sur le combiné, ils risquent
de ralentir le flux de transmission des SMS.
6. Pourquoi la régulation39
De la même manière, c'est maintenant terrain d’entente pour chercher un certain degré
de spécialisation intra-gouvernementale qui distingue les fonctions définissant la
politique et de réglementation. Le gouvernement doit se spécialiser dans les larges
75
fonctions définissant la politique qui incluent identifier et établir les objectifs et les
paramètres de l'activité dans le secteur.40
Certainement, les différents pays ont délimité la frontière entre décision politique et les
fonctions de réglementation avec différentes manières, le Japon et Chine, par
exemple, les ministères de gouvernement agissent en tant que régulateurs et
personnes définissant la politique. Au Canada, il y a un organisme de réglementation
séparé, la Radio-télévision canadienne et la Commission de télécommunications
(CRTC), alors que le gouvernement maintient des pouvoirs forts de politique dans
l'industrie Canada, le ministère compétent, en outre, le gouverneur au Conseil (le
cabinet) a les pouvoirs de publier des directives de politique au CRTC.41 Sur l'autre
extrémité, le Sénégal a supprimé son ministère de communication.
Les gouvernements peuvent avoir de diverses raisons pour embarquer sur la réforme
de secteur, y compris le désir d'augmenter la connectivité, améliorer des services ou
les rendre plus accessibles et abordables pour des utilisateurs. Peu importe les raisons
de la réforme de secteur, elles sont habituellement entourées trois actions en
corrélation:
76
répandu. Ses coûts sont trop élevés pour la plupart des gouvernements dans
l'environnement économique actuel. Dans beaucoup de cas, le risque d'expropriation
pure peut être contrôlé par les moyens de contrats, d’assurance et d'arbitrage bien-
ouvrés.
L'opérateur historique peut être l'agent pour une forme d'expropriation administrative.
Ici, le PTO, par de diverses actions telles que le refus de l'interconnexion (ou de
l'imposition des limites injustes d'interconnexion) peut être considéré à exproprier les
investissements des nouveaux arrivants de marché. Puisqu'ils impliquent des
dépenses lourdes de capital et prennent relativement longtemps pour rapporter des
retours positifs, les investissements d'infrastructure de télécommunication sont
particulièrement vulnérables à l'expropriation administrative.
Les contrats à long terme ou les licences détaillées peuvent assurer une certaine
protection contre l'expropriation administrative, mais il est impossible d'œuvrer les
instruments à long terme qui couvrent toutes les éventualités. En conséquence, une
certaine forme de règlement est nécessaire pour protéger l'investissement contre cette
forme d'expropriation. 43, 44
77
concession à long terme, sujet à certaines conditions sur la qualité des prix et de
service.
Dans les pays qui possèdent des traditions de loi de concurrence (anti-trust), aussi
bien que les établissements juridiques efficaces pour imposer cette loi, il est possible
de donner à des autorités de concurrence la tâche de réguler la conduite anti-
compétitive par ceux avec la puissance du marché. Mais la loi générale de
concurrence, pour la plupart, est appliquée à posteriori ou après le fait. Afin de faire
appel l’intervention de l'autorité de concurrence, quelqu'un doive déposer une plainte
au sujet de la conduite anti-compétitive qui s'est déjà produite.
Dans le cas d'une industrie telle que les télécommunications actuelles, qui implique
des relations fortement interdépendantes parmi des sociétés, l'intervention à posteriori
est habituellement trop tardive. Les nouveaux arrivants sont probablement déjà
conduits hors du marché à ce moment là. En conséquence, le règlement des
monopoles et des oligopoles tend à être intégré dans les mandats des organismes de
réglementation de télécommunication nouvellement créés et a assumé un rôle central
même à des organismes de réglementation plus anciens, tels que le CRTC.47 Mais au
lieu d'appliquer les approches à posteriori, qui exigeraient attendre la conduite interdite
de se produire, les régulateurs de télécommunication incluent souvent des éléments
de loi de concurrence dans leurs règlements antérieurs. Par exemple, l'agence
nationale de télécommunications du Brésil (Anatel) a la concurrence comme deuxième
pilier de son modèle de guidage de trois-pilier pour la régulation.
Il est toujours une question et continuer à faire l’objet de débat quant à l’autorité
juridictionnelle devoir être partager entre l’autorité de concurrence et régulateurs de
télécommunication.
78
Il vaut la peine de noter que quelques pays en développement ont eu un plus grand
succès en réduisant des parts de marché des opérateurs historiques que dans les
pays pionniers. Par exemple, le part de marché de l’opérateur historique de Sri Lanka
est tombé à 88 pour cent en moins de cinq ans, en dépit de la croissance sans
précédent de l’opérateur historique. 48 Et si la téléphonie mobile et fixe sont définies
comme marché de service local, le Cambodge et l'Ouganda locaux simples de
services (avec Bengladesh probable pour être le prochain) sont parmi les premiers
pays dans lesquels les nouveaux entrants ont les parts de marché dépassent ceux du
PTO.
Dans le passé, des monopoles étatiques de télécommunication ont été justifiés comme
étant optimaux pour atteindre des objectifs socio-politiques, tels qu'assurer le service
universel, augmenter des possibilités nationales de recherches et de développement,
contribuer à la préparation pour désastre et au rétablissement, et assurer la sécurité
nationale. L'Australie, le Canada, les pays nordiques et quelques autres ont réussi à
réaliser un ou plusieurs de ces objectifs indiqués par l'entretien des monopoles. Mais
pour une majorité de pays – particulièrement pays en développement – les monopoles
n'ont pas atteint ces objectifs socio-politiques dans beaucoup de pays, là il n’y a des
efforts sérieux fournis pour atteindre ces objectifs.
Le choc de la réforme a provoqué une montée subite d'intérêt pour ces objectifs socio-
politiques. Les adversaires de réforme les ont apportés à l'avant des discussions de
politique, arguant du fait que les réformes pourraient nuire à des efforts au nom du
service universel, de la sécurité nationale et d'autres buts de valeurs. Les partisans de
la réforme ont non seulement précisé le défaut du statu quo pour atteindre les objectifs
socio-politiques, mais ont également inclus les dispositions spécifiques de réforme
pour les réaliser. La séparation des fonctions et de rendre explicite de l'exécution des
dispositions de réforme concernent des objectifs socio-politiques.
79
Les agences cherchant la légitimité ont tenté de camper les sujets telles que l'accès
universel. Les agences multilatérales et bilatérales de finance internationale ont
également tenté d’inclure l’accès universel dans les objectives de leurs crédits et
concessions. Pour leur part, les opérateurs ont répondu aux pressions de la
concurrence et aux incitations et aux pénalités écrites dans leurs licences et directives
réglementation pour poursuivre des objectifs socio-politiques. L'ouverture du processus
de politique et de l'approvisionnement de services de télécommunication à de
nouveaux joueurs ont suscité significativement l'innovation et la créativité. Par
exemple, elle est raisonnable d’indiquer que les années 90 témoigne une
augmentation qualitative de recherche, de recommandation et de délibération sur le
service universel,49 et plus de progrès dans le domaine d’extension de couverture de
service aux groupes exclus ont été faits pendant cette décennie que dans tout autre.
80
conceptuel pour le règlement asymétrique, dans lequel les gouvernements s'appliquent
de régulation plus rigoureuse aux opérateurs (habituellement PTO) avec la puissance
significative du marché, qui sont en mesure d’abuser leur puissance pour biaiser le
marché en leur faveur, empêcher les préventions de régulations. En même temps, les
régulations moins actives sont appliquées aux arrivants de marché ou à d'autres petits
opérateurs, qui manquent de la puissance du marché et sont contraints par des forces
de marché. Il convient de noter que beaucoup d'organismes de réglementation, y
compris la FCC aux Etats-Unis et à l’IDA à Singapour, tiennent compte du fait que les
marchés ne sont pas statiques. Ils permettent aux opérateurs dominants de réclamer
pour le soulagement d'une partie ou de tous les aspects de règlement pour les
opérateurs dominants.
La bonne volonté s'abstenir à la régulation peut être appliquée sur une base
compagnie-spécifique, ou aux segments entiers d'industrie. Ainsi les régulateurs
peuvent décider de continuer de régler les services de télécommunication de base, qui
peuvent encore émerger de la dominance du PTO, mais pour éviter de s'appliquer des
règles strictes à téléphonie mobile, l'accès d'Internet ou aux marchés à valeur ajoutée
de service.
Les gouvernements peuvent décider que leurs régimes de régulations doivent être
construits pour favoriser les développements du marché qui ne se produiraient pas
autrement. Pour des raisons politiques, peut-être, ils peuvent prendre des mesures
pour intervenir sur les marchés afin de créer les conditions qui augmentent le bien-être
public. Peut-être les meilleurs exemples de telles approches sont la pléthore de
programmes de service universel qui peuvent être trouvés dans les pays autour du
monde. Ce sont le résultat des actions des gouvernements pour augmenter la
capacité de marché de fournir le service accessible aux utilisateurs dans tout le pays.
Il est, naturellement, possible que le rôle du manager de réforme soit rempli par une
entité autre que l'organisme de réglementation. Le ministère post-réforme, privé de
fonctions opérationnelles et réglementaires et chercher une nouvelle raison d’être,
pourraient bien devenir un manager de réforme, alors que l'organisme de
réglementation garde un profil bas. Par exemple, le ministère prendrait des décisions
sur davantage d'ouverture du marché et des principes d'interconnexion, alors que
l'organisme de réglementation préparerait les plans de licences ou les règles détaillées
d'interconnexion. Ceci peut être la solution optimale, théoriquement, mais il exigerait
81
que le ministère soit mené par des personnes dévouées à la réforme et pas accro à la
vielle culture de PTT de monopole.
Il convient de noter qu'il peut y avoir des multiples variations nationales au niveau de
concept de quels objectifs sont inclus dans la définition de la réforme de secteur. Les
pays avec des infrastructures de télécommunication entièrement développées peuvent
regarder la réforme comme simplement question de redistribution des puissances du
marché et établissement d'un régime de régulation claire. D'autres pays, tels que
Singapour, cependant, perçoivent un élément clair de la réforme qui encourage la
croissance industrielle de CIT, en plus de l’objectif mentionné ci-dessus. Là où l’ancien
régime est perçu comme insatisfaisante pour réaliser la croissance de secteur et sa
maturation, l'organisme de réglementation peut être chargé avec des fonctions
spécifiques pour la favoriser. Ce mandat promotionnel serait alors vu comme une
partie intégrale du processus de réforme de secteur.
Cette section considère des larges catégories des fonctions que les autorités de
régulation exécutent dans la plupart de juridictions. Ces catégories incluent
développer la législation, fonctions de l’application de régulation et la résolution de
conflit. La section conclut avec une brève discussion des méthodes pour passer en
revue des décisions de régulation.
Dans un certain nombre des juridictions, les agences jouent un rôle consultatif
important dans le développement politique de governments et les activités de
rulemaking, mais les règlements finals sont prescrits par la branche exécutive ou le
ministère. Dans quelques pays, tels que la Colombie, une entité entièrement différente
de gouvernement – pas l'organisme de régulation – est réellement responsable des
actions d'application dans le secteur de télécommunication. Et dans certaines
juridictions telles que l'union européenne, les corps supranationaux prennent des
fonctions de plus en plus importantes en concevant le cadre de régulation, avec les
différents organismes de régulation mettant en application ces conceptions au niveau
national.
82
Les larges catégories des fonctions de régulation discutées dans cette section
fournissent des moyens de comprendre comment et pourquoi les agences établissent
leur autorité pour accomplir les tâches détail-orientées telles que favoriser
l'interconnexion efficace et le service universel.
Beaucoup de régulateurs ont le pourvoir de décréter des règles dans une forme ou une
autre, ou au moins sortir les codes ou les ordres sur principes généraux visent aux lois
de télécommunications ou aux politiques. Les régulateurs exercent leurs pourvoir à
travers une grande variété d'instruments juridiques, y compris des règlements, de
directives, de codes, de décisions, d'ordres et de décrets.
Le Brésil donne un bon exemple d'une agence dotée de larges pourvoir rulemaking.
Autorisé par la section 19 de l'acte de télécommunications général, Anatel publie des
83
règles régissant des services de télécommunications publics et privés. Il a également
des fonctions liées à la gestion de spectre, à l'utilisation d'équipement et à la
compatibilité des réseaux reliés ensemble. Anatel développe ses règles à l'aide non
seulement de la consultation publique, mais également d'un comité consultatif. Au
Brésil, la participation publique et la transparence peuvent ralentir le processus
décisionnel, mais en équilibrant la transparence et l'efficacité, Anatel a mis l’accent sur
la première.
Dans quelques pays – en particulier ceux avec une tradition de règlement de base
concessionnaire ou base de licence – le pourvoir de publier des actes ou de modifier
des licences affectant les opérateurs spécifiques ne pourrait pas techniquement être
considéré un pourvoir rulemaking. Mais les décisions affectant différentes licences
composent souvent réellement le corps principal de règles régissant toutes les entités
réglées. Réglemente affectant une licence sert de précédent qui peut être appliqué à
d'autres porteurs ou concessionnaires.
7.1.2 Application
Beaucoup d'agences ont le pourvoir d'étudier des infractions possibles des lois et des
règlements, y compris leurs propres règles et décisions. Souvent, ces pouvoirs incluent
la capacité de commander des mesures réparatrices. En outre, beaucoup d'agences
peuvent diriger des opérateurs effectuer des actions spécifiques ou prendre des
engagements dans la poursuite des objectifs de politique de gouvernement, tels que
l'accès universel. Les agences peuvent avoir un degré de flexibilité de déterminer les
mécanismes d'application qui sont en particulier des circonstances appropriées.
Les régulateurs ont besoin de ressources suffisantes pour effectuer toutes les
fonctions de surveillance et d'application qui font partie de leurs mandats. Le
pourcentage des budgets des agences affectés à l'application change, cependant, de
la juridiction à la juridiction. Au Brésil, Anatel dépense presque la moitié de ses
ressources financières et humaines sur monitoring et application. Mais ce niveau
élevé de dépense est rare.
84
En tant qu'élément de leur pourvoir d'assurer des normes de QoS, quelques agences
peuvent exiger des fournisseurs de service de fournir les rapports qui aident les
agences à juger les performances des fournisseurs de service exécution. Par
exemple, en Afrique du Sud, les concessionnaires doivent éditer des statistiques
semestriellement sur des plaintes du consommateur.
En conclusion, dans certains cas, les agences peuvent conduire des auditions pour
déterminer si un fournisseur de service a violé la loi. Les circonstances qui réclament
tenir une audition peuvent être indiquées par la législation ou laissé le régulateur la
discrétion. Quand des auditions sont tenues, les agences ont souvent des pourvoir
85
quasi-juridiques, leur permettant de citer des témoins et de commander la production
des documents.
Ce qui suit est un sommaire des types de sanctions que les agences appliquent
généralement:
86
• Ordres Réparateurs: Les régulateurs peuvent diriger les violateurs de règle
compenser des parties lésées par les conduites violateurs. Le pourvoir de
donner des ordres réparateurs est souvent attachée à la protection des droits
du consommateur, permettant à des agences de combattre les pratiques qui
nuisent à des consommateurs.
• Amendes: Les amendes sont des moyens très courrant pour appliquer des
sanctions. La quantité d’amende ou peut-être l'amende maximum qui peut être
infligée est souvent indiquée dans la législation ou le règlement. Les plafonds
sur des montants d’amende changent de la juridiction à la juridiction, dans
beaucoup de pays, contrevenants de répétition déclenchement les amendes les
plus élevées.
• Emprisonnement: Quelques régulateurs ont le pouvoir d'emprisonner les
officiers ou les directeurs des fournisseurs de service qui violent des lois. Dans
certains cas, l'agence doit s'appliquer à la cour afin d'exercer cette pourvoir.
Puisque c'est une mesure dure, les circonstances dans lesquelles cette
sanction peut être appliquée sont parfois limitées aux cas impliquant des
violations ou la fausse déclaration obstinée.
• Suspension ou révocation des licences: Beaucoup de régulateurs sont
autorisés pour suspendre ou pour retirer la licence, partiellement ou
complètement, des opérateurs dans certaines circonstances, qui normalement
sont définies dans la législation ou dans les limites de la licence elle-même.
Dans certains cas, la suspension ou la révocation d'une licence doit être
précédée par une démarche écrite ou une audition orale.
Dans beaucoup de pays, la législation indique les pénalités pour les contrevenants,
ceci favorise l'uniformité et le transparent en appliquant des sanctions. Anatel a
entrepris une initiative pour favoriser l'uniformité d'application, développant un manuel
qui dicte à méthodes conformées pour étudier des compagnies et la pénalisation de
ceux qui commettent des violations spécifiques. Les pénalités pour des infractions
telles que ne contribuent pas à des fonds universels de service ou outrepasser des
modalités de licences et des conditions changent de la juridiction à la juridiction.
87
concentrerons sur des conflits parmi les opérateurs régulés ou entre les fournisseurs
de service et les opérateurs et leurs clients.
Dans d'autres juridictions, l'intervention de régulation dans les conflits est plus
nuancée. En Malaisie, par exemple, les parties peuvent chercher la résolution de
conflit par des régulateurs seulement quand les communications et l'acte 1998 et sa
législation subsidiaire de multimédia la permettent expressément. Ainsi, alors que le
régulateur de la Malaisie peut entendre des conflits concernant quelques sujets, tels
que l'interférence de communication par radio, elle n'a pas un pourvoir générale
d'entendre tous les conflits, comme ceux qui impliquent la qualité de service ou les
modalités et les conditions du service.
Dans quelques pays, tels que le Portugal, des services de résolution de conflit offerts
par le régulateur sont seulement rendus disponibles quand les deux parties demandent
l'aide. Dans d'autres cas, une partie peut se référer un conflit au régulateur. Plusieurs
gouvernements ont donné à des organismes de régulation des pourvoir spécifiques en
ce qui concerne des conflits d'interconnexion. Par exemple, à Singapour, l’IDA a de
juridiction sur la plupart des accords d'interconnexion avec les opérateurs dominants.
Des accords entre les concessionnaires non-dominants peuvent l'un ou l'autre être
apportés devant l’IDA, si les deux opérateurs conviennent, ou être traités en tant que
sujets contractuels privés. Au Guatemala, les opérateurs peuvent demander au
surveillant des télécommunications de lancer une démarche d'arbitrage s'ils ne signent
pas un accord d'interconnexion dans les 40 jours.
Les conflits entre les opérateurs et les consommateurs peuvent impliquer tarifications,
les allégations du service médiocre, ou certaines pratiques telles que le claquement.
Tandis que des conflits entre les opérateurs et les plus grands clients d'affaires sont
fréquemment réglés en privé, les clients résidentiels ou petites entreprises manquent
souvent les moyens à forcer des opérateurs à adresser leurs réclamations. Beaucoup
88
de gouvernements autorisent, donc, leurs organismes de régulation à intervenir dans
les conflits impliquant les consommateurs et la compensation d'ordre le cas échéant.
Les pays membres de l'union européenne ont une obligation de développer des
procédures de résolution de conflit. L'UE a publié une directive exigeant des états
membres de s'assurer que les procédures de « fair, transparent, accessible, timely and
inexpensive procedures are in place to address disputes between users an operators
providing telephonic service and/or a fixed telephone network ».
Quelques conflits se produisent entre les parties qui sont domiciliés dedans, ou sujets
à, différentes juridictions. De tels conflits ont souvent leurs racines dans une infraction
alléguée d'engagements commerciaux d’un pays ou de traitement différentiel des
parties non-nationales. D'une façon générale, de tels conflits sont adressés au niveau
de gouvernement national, pas entre les gouvernements et les opérateurs spécifiques,
conformément aux traités internationaux tels que les accords de base de services de
télécommunications de OMC. Dans certains cas, des conflits sont adressés par des
traités bilatéraux ou régionaux tels que l'accord de libre-échange nord-américain ou le
cadre Union européen.
L'arbitrage implique une démarche dans laquelle pour des parties soumettent un conflit
à une ou plusieurs personnes neutres afin d’obtenir une décision finale obligatoire. À la
différence la médiation et la conciliation, des parties à une démarche d'arbitrage sont
liées par la décision de l'arbitre.
Dans une détermination experte, les parties soumettent leur conflit à un tiers neutre
avec l'expertise dans le secteur du conflit pour une détermination obligatoire sur les
questions. Une évaluation experte est similaire, sauf que les tiers partie émit une
décision non contraignante.
Plusieurs principes et pratiques ont été identifiés comme importants pour favoriser la
résolution efficace de conflit: 54
89
processus. La plupart des régulateurs publient les procédures pour la résolution
de conflit à l'avance. Beaucoup communiquent également les résultats du
processus par écrit aux parties dans un laps de temps déterminé. Les résultats
prennent typiquement la forme d'une décision, un ordre, un rapport ou une
recommandation. Quelques régulateurs fournissent des raisons pour leur
décision, bien qu'elle soit commune pour ne pas faire ainsi dans les conflits
impliquant de petites affaires non-complexes.
• Transparence, indépendance et objectivité: Des processus d'arbitrage et de
médiation devraient être marqués par la transparence, l'objectivité et
l'indépendance des décideurs. Typiquement, l'organisme de régulation, ou un
tiers neutre désigné par l'agence ou le ministre, est responsable de l'arbitrage
et de la médiation. Des parties au conflit ne sont pas habituellement autorisées
pour avoir la participation dans la détermination du conflit.
• Confidentialité: Quelques juridictions prévoient la confidentialité en ce qui
concerne l'existence du conflit, de la nature du conflit ou de l'évidence soumise
pendant le conflit.
• Rentabilité: Quelques pays exigent des parties de payer une charge des
services de résolution de conflit, bien que les frais ne soient pas habituellement
excessifs. L'arbitrage et les procédures de résolution de conflit devraient être
rentables. Le coût pour résoudre un conflit doit être beaucoup moins que le
coût de ne pas le résoudre.
• Application: Afin de fixer l'efficacité des démarches d'arbitrage, beaucoup de
régulateurs ont l'autorité pour mettre leur application dans les cas où une ou
plusieurs parties n'ont pas été conformes au résultat d'un arbitrage.
Quelques régulateurs ont l'autorité pour inviter la participation des parties qui ne sont
pas directement impliquées dans le conflit mais peuvent avoir des intérêts en jeu dans
les résultats. Ce pourvoir est habituellement exercé dans les cas qui peuvent avoir des
larges ramifications pour l'industrie et ses dépositaires.
Avant d'intervenir dans les conflits, quelques autorités de régulation exigent des parties
de faire des efforts de bonne foi pour résoudre le conflit sur leurs propres moyens. En
Malaisie, cette condition préalable à l'intervention de régulation est stipulée dans la
législation. En outre, quelques régulateurs rencontrent les parties avant de lancer des
démarches d'arbitrage pour essayer de résoudre le conflit sans arbitrage. C'est
technique normalisée pour Anatel par exemple.
90
peuvent être fournis par un tiers. Au Japon, la Commission de règlement de conflit de
services de télécommunications a été établie le 30 novembre 2001, indépendamment
de l'organisme de régulation, le ministère de la gestion publique, d'Affaires familières,
de poteaux et de télécommunications. La commission est responsable de résoudre
des conflits d'affaires, facilitant le débouché et fournissant de ce fait l'efficacité. CRTC
au Canada a créé un groupe de travail commun d'industrie-gouvernement appelé le
comité de coordination d'interconnexion de CRTC (CISC). CISC cherche à établir le
consensus d'industrie sur les sujets controversés. Il aide aux développements des
données, aux procédures et aux directives qui peuvent être exigées dans divers
aspects des activités de régulation de CRTC. Les groupes de travail de CISC ont
abordé des questions telles que la portabilité locale de numéro, les directives pour des
frais de contribution, le câblage en construction et l'interconnexion.
91
doivent être disponibles pour l'inspection publique. Des décisions de Cabinet pour
changer des décisions de CRTC doivent être accompagnées des raisons écrites.
L'octroi de licences est peut-être l'une des fonctions de réglementation les plus
importantes associées à la réforme du secteur des télécommunications. La politique
suivie en matière de licences et sa mise en application déterminent la structure du
marché, le nombre et le type d'opérateurs, le degré de concurrence entre ces
opérateurs, les ressources que procure aux gouvernements l'ouverture des marchés
et, en bout de chaîne, l'efficacité de la fourniture des services au public.
92
Les licences ont fait leur apparition lorsque s'est amorcée la privatisation des
opérateurs historiques. Le fait de préciser noir sur blanc les droits et obligations de ces
opérateurs permettait aux investisseurs de réaliser leurs placements en connaissance
de cause. Avec l'instauration de licences, toutes les parties prenantes -
consommateurs, concurrents et gouvernements - pouvaient savoir clairement ce qu'un
opérateur était autorisé ou non à faire et ce qu'il était tenu ou non de faire.
93
de sa position dominante sur le marché des télécommunications. C'est ce
que l'on nomme généralement dans les licences les clauses de sauvegarde
de la concurrence ou de pratiques commerciales loyales. Il arrive aussi
dans d'autres pays que ces conditions n'apparaissent pas dans les licences
mais dans les réglementations de portée générale.
• Source de revenus pour les gouvernements: la délivrance de licences à des
opérateurs de télécommunication et l'utilisation du spectre radioélectrique
peuvent générer des revenus importants pour les gouvernements. Ces
revenus peuvent être ponctuels dans le cas des mises aux enchères de
nouvelles licences. En outre, les redevances annuelles perçues au titre des
licences constituent souvent une source de revenus régulière utilisée, entre
autres, pour financer les activités du régulateur.
• Protection des consommateurs: dans certains pays, les licences imposent
des conditions liées à la protection des consommateurs. Ces conditions
peuvent concerner notamment les principes de tarification, les modalités de
facturation, les procédures de réclamation par les consommateurs, le
règlement des différends, la limite de responsabilité en cas de service
défectueux et la fourniture obligatoire de certains services aux
consommateurs (services d'annuaire, assistance d'un opérateur et services
d'urgence par exemple).
• Confiance accrue dans la réglementation: en définissant clairement les
droits et obligations de l'opérateur et du régulateur, la licence renforce la
confiance que doit inspirer le dispositif réglementaire. Cette confiance est
un élément essentiel de la procédure d'octroi de licences lorsque la finalité
est d'attirer de nouveaux opérateurs et investisseurs.
Une tendance constatée dans beaucoup de pays consiste à abandonner les licences
individuelles pour privilégier les autorisations générales. La proposition du Parlement
européen de juillet 2000 en faveur d'une directive sur les réseaux et les services de
communications électroniques (COM(2000) 386) va précisément dans ce sens. Cette
directive, qui vise à remplacer la directive de l'UE de 1997 sur les licences (Directive
97/13 CE), recommande fortement à tous les Etats membres de l'UE d'utiliser des
autorisations générales comme moyen de renforcer le dynamisme et la compétitivité
du marché des services de communication.
Cette proposition de directive souligne que, dans de nombreux Etats membres de l'UE,
les licences individuelles compliquent l'entrée sur le marché et constituent un obstacle
au développement des services transfrontalières. En conséquence, elle préconise
d'appliquer des autorisations générales à tous les services de communications
électroniques et propose de limiter les droits spécifiques uniquement à l'attribution des
94
fréquences radioélectriques et des numéros des plans de numérotage nationaux. Les
pratiques en matière de licences varient sensiblement à travers le monde.
D'une manière générale, les stratégies de gestion du spectre définissent les principes
de la coordination entre utilisateurs de fréquences concurrents. La coordination se fait
à deux niveaux. Il y a en premier lieu la coordination de l'utilisation des fréquences qui
se déroule au niveau international et pour laquelle le Secteur des radiocommunications
de l'UIT (UIT-R) joue un rôle central. L'UIT-R tient des conférences pour déterminer,
entre autres choses, les fréquences qui doivent être retenues pour des services
particuliers.
La forte demande voudrait que le maximum de spectre soit mis à disposition dès que
possible, mais nombreux sont les pays qui préfèrent en réserver une partie à une
utilisation ultérieure. Cela permet au régulateur du spectre de faire face aux
innovations technologiques futures et de répondre à la demande accrue de services.
Les régulateurs du spectre sont souvent dotés des pouvoirs nécessaires pour favoriser
une utilisation plus efficace et plus fructueuse du spectre. Certains peuvent réassigner
le spectre dans certaines conditions afin de mettre en oeuvre de nouveaux services ou
de nouvelles technologies. A titre d'exemple, Singapour vient de demander à Mobile
One d'interrompre l'utilisation de son spectre AMRC pour pouvoir l'affecter à des
services de troisième génération (3G).
Les conséquences d'une mauvaise gestion du spectre peuvent être désastreuses. Aux
Etats-Unis, des quantités considérables de spectre ont été allouées au Ministère de la
défense, aux télédiffuseurs et aux opérateurs de satellites dans des bandes jugées
cruciales pour le déploiement des services 3G par les opérateurs de services hertziens
95
de Terre. Jusqu'ici, toutes les tentatives menées pour trouver un compromis à propos
de l'utilisation de ces bandes ont échoué. Bien que l'Administration américaine
examine de nouvelles solutions pour augmenter le spectre disponible, les opérateurs
hertziens ne disposent toujours pas des ressources selon eux nécessaires pour
permettre le lancement des services 3G.
Les fréquences sont généralement assignées selon deux méthodes: soit dans l'ordre
d'arrivée des demandes ("first come, first served", FCFS), soit par une procédure
d'octroi de licences avec mise en concurrence. Cette deuxième solution inclut la mise
aux enchères, l'évaluation comparative ("concours de beauté") et plusieurs autres
options
96
règle générale, cette méthode est appliquée lorsque le spectre disponible est suffisant
pour répondre à la demande pour une bande de fréquences donnée et que la
poursuite d'objectifs particuliers de la politique de télécommunication ne nécessite pas
d'autres mesures. Les licences accordées dans l'ordre d'arrivée des demandes portent
souvent sur des services spécifiques. Dans la majorité des cas, la méthode FCFS
implique que les sociétés déposent une demande de licence pour l'utilisation du
spectre. La licence est délivrée dès lors que le demandeur remplit certaines conditions
particulières.
Parmi les régulateurs qui ont adopté la méthode FCFS, beaucoup continuent de
surveiller l'utilisation des fréquences. Si l'utilisation d'une bande donnée devient
particulièrement dense ou si l'intérêt général l'exige, le régulateur du spectre a souvent
la possibilité de contrôler plus strictement l'assignation, notamment en appliquant une
procédure de mise en concurrence pour l'octroi des licences. Dans certains cas, le
régulateur évalue l'attrait que peut susciter une bande de fréquences en consultant le
public par le biais d'une publication officielle ou en lançant un appel d'offres.
Plusieurs pays ont adopté des dispositions pour se prémunir contre d'éventuelles
collusions. Dans certaines juridictions comme celle de Hong Kong, Chine, le régulateur
du spectre examine avec soin les relations existant entre les soumissionnaires pour
établir s'ils sont liés de quelque manière que ce soit. Au Canada et dans quelques
autres pays, les enchérisseurs doivent soumettre une déclaration dans laquelle ils
certifient n'être liés avec aucun des autres enchérisseurs participants et ne coopérer
avec aucun d'entre eux.
97
Dans certaines juridictions, les enchères se déroulent en plusieurs étapes. L'enchère
pour les services 3G en Allemagne en comptait par exemple deux. La première étape
a consisté à mettre aux enchères, simultanément et avec plusieurs séances d'offres,
entre quatre et six licences. Lors de la seconde étape, 5MHz supplémentaires de
bandes non appariées ont été proposés à un panel restreint regroupant les
soumissionnaires retenus à l'issue de la première séance. Cette méthode a été choisie
pour mieux adapter à la demande du marché et aux plans d'entreprise des
soumissionnaires. L'idée sous-jacente était que le spectre proposé sous forme de
bandes appariées ou non appariées pouvait convenir plus ou moins en fonction des
services visés. Le Gouvernement allemand a donc voulu laisser la possibilité à chaque
soumissionnaire de choisir son spectre selon son plan d'entreprise, au lieu d'imposer le
spectre disponible par voie réglementaire.
Dans le cas de Hong Kong, Chine, l'enchère pour les licences 3G doit également se
dérouler en plusieurs phases. Après une présélection, les soumissionnaires
participeront à une enchère avec plusieurs séances d'offres simultanées. Les gagnants
pourront prendre part à la seconde phase, au cours de laquelle le commissaire-priseur
déterminera s'il existe une quelconque relation (c'est-à-dire un lien étroit) entre des
soumissionnaires. Si tel est le cas, les soumissionnaires concernés devront s'engager
à rompre ce lien par un "engagement irrévocable", ou concourir entre eux pour avoir le
droit de continuer à participer à l'enchère en soumettant une offre unitaire sous pli
scellé. Au cours de la troisième et dernière phase, les soumissionnaires remettront une
offre unique sous pli scellé qui servira à établir l'ordre dans lequel ceux-ci pourront
choisir les licences.
Cette tendance en faveur des enchères est relativement récente. Avant le milieu des
années 90, beaucoup de pays procédaient à des évaluations comparatives pour
octroyer des licences. Depuis cinq à dix ans, nombreux sont les pays qui choisissent le
plus souvent d'assigner des fréquences en recourant aux enchères lorsque la
demande de spectre est supérieure à l'offre.
Cette pratique semble toutefois rencontrer une hostilité grandissante. Dans certains
pays européens, les licences de spectre mises aux enchères pour les services mobiles
3G ont atteint des prix record. Si les enchères ont été une source de revenus
considérables pour les gouvernements, le coût élevé du spectre a pesé lourdement sur
l'industrie dans son ensemble. C'est pourquoi l'utilisation des enchères est
sérieusement remise en cause.
98
• les offres de services prévues par le candidat, y compris la gamme et la qualité
des prestations;
• la détermination et la capacité du candidat à investir dans le réseau et à
favoriser son déploiement;
• la technologie qui sera utilisée par le candidat;
• le coût pour le consommateur.
7.3.1 Interconnexion
Les conditions d’interconnexion restent dans la plupart des pays un élément clé, sinon
l’élément clé, de la création d’un marché pleinement concurrentiel. Ces dernières
années, les responsables de la réglementation ont élaboré des cadres juridiques
adaptés visant à résoudre la plupart des questions liées à l’interconnexion. Toutefois, à
mesure que la convergence progresse et que les prestataires de services tendent à
fournir une gamme intégrée de service sur divers supports de communication, de
nombreux nouveaux problèmes ne manqueront pas de surgir.
Ainsi, on peut se demander si les compagnies de télévision par câble, les fournisseurs
de services Internet et les fournisseurs des services à valeurs ajoutées qui leur sont
propres devraient être tenus de s’interconnecter avec d’autres compagnies de
communication en activité sur le marché.
99
Aux Etats-Unis, aux termes d’une décision judiciaire, AT&T a été tenue d’ouvrir le
réseau de télévision par câble, Excite @Home, que la compagnie venait d’acquérir aux
fournisseurs de services Internet qui souhaitaient l’utiliser pour transmettre du trafic
Internet. 57 Bien que les instances de réglementation telles que la Federal
Communication Commission (FCC) des Etats-Unis n’approuvent pas cette méthode,
l’idée fait son chemin que sur un marché caractérisé par la convergence, il convient,
pour encourager la concurrence loyale, d’exiger de tous les opérateurs gérant des
infrastructures créatrices d’obstacles qu’ils passent des accords d’interconnexion.
Les entreprises utilisent les fusions et acquisitions pour donner un coup de fouet à leur
compétitivité et renforcer leur présence sur les marchés nationaux et le marché
mondial. L’intégration verticale et horizontale entre les installations, les services et le
contenu est désormais un lieu commun de l’industrie des télécommunications. Un
100
grand nombre de ces entreprises concluent des accords de partenariat pour renforcer
leur compétitivité. Toutefois, on peut se demander si le marché dans son ensemble
offre encore des perspectives à la concurrence, au vu des initiatives stratégiques
prises par les grandes compagnies.
En outre, alors que les fournisseurs de services mondialisent leurs activités, la nouvelle
répartition des capitaux sur un marché peut avoir de graves répercussions sur la
compétitivité des marchés étrangers. Par exemple, si la fusion entre WorldCom et MCI
s’était passée comme il était initialement prévu, elle aurait eu pour résultat de
concentrer entre les mains d’une unique compagnie plus de la moitié de toutes les
connexions dorsales Internet dans le monde. Cette fusion fut l’un des premiers défis
auxquels les autorités chargées de réglementer la concurrence se sont trouvées
confrontées du fait de l’apparition des nouveaux médias numériques, non seulement
sur le marché d’origine, mais également à l’étranger. C’est pourquoi il a été proposé,
compte tenu des répercussions que certaines de ces fusions et acquisitions entraînent
sur le plan mondial, que les autorités et les instances de réglementation de tous les
pays concernés participent à la prise de décision. 58
101
et de divers services. Or, interdire à des concurrents disposant de gros moyens et de
technologies de pointe d’entrer sur certains segments de marché peut, à longue
échéance, s’opposer à l’intérêt des consommateurs. C’est pourquoi il a été proposé
d’élaborer des règles spécifiques, afin d’éviter que certains fournisseurs de services
n’abusent de leur position de force sur le marché, au lieu que soit adoptée une
réglementation asymétrique dans son ensemble.59
L’évolution des prix est l’un des indicateurs les plus tangibles de la compétitivité des
marchés. C’est également l’un des outils les plus précieux dont disposent les
responsables de la réglementation pour stimuler la concurrence, tout en préservant
des objectifs sociaux essentiels tels que le fait d’assurer l'accès universel aux
télécommunications. Les approches en matière de réglementation des prix (des tarifs)
évoluent en même temps que les marchés des télécommunications passent des
monopoles à la concurrence. Plus la concurrence s'intensifie, plus la tendance est à la
déréglementation des prix.
Aujourd'hui dans de nombreux pays, les tarifs des services soumis à la concurrence ne
sont pas réglementés. La réglementation des prix se limite bien souvent aux seuls
services fournis par les opérateurs dominants - et uniquement dans les marchés
spécifiques où ils sont en position dominante. Il n'en reste pas moins que les tarifs de
la téléphonie locale de base continuent d'être réglementés dans la quasi-totalité des
pays. En revanche, ces services téléphoniques locaux - lorsqu'ils sont assurés par de
nouveaux opérateurs de téléphonie fixe ou mobile concurrentiels - ne sont
généralement soumis à aucune réglementation tarifaire. Il en va de même pour les
services longue distance nationaux et internationaux qui sont fournis par de nouveaux
concurrents. Précisons que des services similaires fournis par des opérateurs
dominants peuvent également être déréglementés, si le niveau de concurrence le
permet.
Tout indique que la concurrence fait baisser les prix des services de la
télécommunication. Ce phénomène est particulièrement net dans le cas de certains
services, par exemple la libéralisation des services internationaux et nationale longue
distance fait généralement chuter les prix par rapport au niveau qu’ils avaient avant
l’ouverture à la concurrence.
Dans le cas des mobiles, la situation est plus complexe. Bien que les marchés
mondiaux de la fourniture de services mobiles soient ouverts à la concurrence, d’autres
composantes entrent dans les coûts de mobile, par exemple le prix des
communications locales et des lignes louées, qui peuvent se traduire par des
102
tarifications élevées pour les abonnés. Dans certaines régions du monde, les
consommateurs protestent contre le fait que les communications locales sont tarifées à
la durée. Ainsi, en Europe, plusieurs groupes coordonnent des actions et font pression
pour obtenir une révision de la méthode de taxation des services locaux.
Les services de télécommunication autres que les services de base, comme l'accès à
l'Internet ou les offres à valeur ajoutée, sont généralement déréglementés dans
beaucoup de pays, tout particulièrement s'ils sont fournis par des opérateurs non
dominants. Certains pays mettent en place des mesures de sauvegarde contre des
comportements anticoncurrentiels pour s'assurer que les opérateurs dominants ne
recourent pas à des prix abusivement bas ou à d'autres pratiques préjudiciables. Le
plafonnement des prix est la forme de réglementation tarifaire la plus largement
répandue aujourd'hui dans les entreprises dominantes du secteur des
télécommunications.
Les prix jouent certes un rôle très important dans l’évolution des marchés
concurrentiels, quel qu’ils soient. Néanmoins, l’évolution du commerce électronique
montre que sur un marché électronique mondial, le prix n’est pas le seul facteur ni
même toujours le facteur déterminant, du succès de telle ou telle entreprise.
On peut à ce propos parler de piège qui se referme sur le consommateur par suite de
l’impossibilité d’acheminer des numéros passant pas différents fournisseurs de
services. Il ressort de certaines études que la majorité des consommateurs hésiteraient
103
à changer de fournisseur de services si cela devait leur faire perdre le numéro qui leur
est attribué. 60
S’étant rendu compte que les obligations de service universel pouvaient être utilisées
pour freiner la concurrence, les administrations participant aux négociations de l’OMC
sur les services de télécommunications de base ont décidé de les inclure dans
le ‘’Document de référence’’ sur le cadre réglementaire. Les signataires ont reconnu
que les pays membres ont le droit de définir le type d’obligation en matière de service
universel qu’ils souhaitent maintenir. Parallèlement, ils ont relevé que de telles
obligations seraient considérées comme anticoncurrentielles, si elles n’étaient pas
administrées de manière transparente, non discriminatoire et neutre du point de vue de
la concurrence. Ils ont également noté que ces obligations ne devaient pas être plus
rigoureuses qu’il n’est nécessaire pour le type de service universel défini par le
Membre. Il s’agit là une préoccupation tout à fait pertinente, compte tenu du fait que
dans la grande majorité des pays, le service universel est toujours assuré par les PTO.
104
Les partenariats permettent aux compagnies d’offrir aux consommateurs des services
groupés. Bien que cette solution soit généralement plus pratique pour la clientèle – qui
n’a pas é traiter avec des fournisseurs multiples – il n’est pas certain que cela lui
permettra de bénéficier des prix réduits (dus aux économies d’échelle et d’envergure)
appliqués aux fournisseurs de services. Ces partenariats entraînent une réduction du
nombre de concurrents sur les marchés et un renforcement de la puissance
commerciale des compagnies présentes, ce qui non seulement affaiblit la concurrence
(d’où une augmentation des prix à la consommation) mais rend aussi plus difficile
l’entrée sur le marché de nouveaux venus.
Etant donné que les concurrents sont moins nombreux et qu’ils offrent une plus large
gamme de services, les compagnies qui concluent des partenariats par le biais de
fusions ou d’acquisitions peuvent devenir hégémoniques sur le marché. Face au
regroupement des marchés, les pouvoirs publics se préoccupent de plus en plus de la
nécessité d’instaurer une concurrence loyale. Toutefois, empêcher les fusions risquent
d’entraîner une perte d’efficacité (au niveau des économies d’échelle et d’envergure et
de la baisse du coût des transactions). En outre, cette mesure, conjuguée à
l’interdiction des services utilisant plusieurs plates-formes risque de gêner les
consommateurs, qui seront obligés de traiter avec plusieurs fournisseurs. Certains
pays prennent donc des mesures visant à n’interdire que les fusions qui pourraient
entraîner un affaiblissement sensible de la concurrence.
En 1997, l’Union Européenne a proposé une directive qui limitait l’offre conjointe, par
l’opérateur historique, des services de télécommunication et de télévision par câble,
mais qui ne s’appliquait pas à la participation croisée d’entités juridiques distinctes
exploitant des infrastructures de câble et de télécommunications.
Aux Etats-Unis, la Loi de 1996 sur les télécommunications a imposé des restrictions
aux opérateurs de télévision par câble et aux compagnies téléphoniques locales
desservant le même marché. Elle autorisait les compagnies téléphoniques locales à
fournir des services de télévision par câble dans la même zone, mais elle n’autorisait
pas ces compagnies ni les opérateurs de télévision par câble à constituer des
coentreprises à prendre une participation, ou à participer pour plus de 10% à la gestion
ou au financement des unes ou des autres. Des lois analogues ont été élaborées dans
beaucoup d’autres pays, notamment en malaisie. En Autriche, en Belgique, en France,
105
en Hongrie, au Japon et en Corée par exemple, les opérateurs de télévision par câble
ont des droits de propriété limités dans le secteur de la radiodiffusion.
L'indépendance est une matière importante partout où le règlement est discuté.62 C'est
également un complexe et un concept largement mal compris. L'indépendance est
souvent discutée en termes seulement structuraux et synonyme avec le terme
«séparé ». La définition d'une autorité de réglementation nationale trouvée dans le
cadre de directive « European Union’s Open Network Provision (OPN) Framework »
fait figure d’un organisme qui légalement distinct et fonctionnellement indépendant
d'autres organismes de télécommunication. L’UIT identifie le régulateur séparé en tant
qu'étant indépendant, en termes de finances, structure, et prise de décision, de
l'opérateur et du ministère compétent de gouvernement. Une autre définition est cela
favorisée par FCC aux Etats-Unis, qui se décrivent comme organisme de
réglementation indépendant le plus ancien:
Il semble parfait qu'un régulateur devrait être indépendant de ceux qu'il règle.
Beaucoup de pays ont identifié ce précepte comme préalable de noyau au traitement
équitable des acteurs du marché, mais pas tous n’ont réussi à l’intégré dans leurs
pratiques de réglementation. Ce principe a maintenant reçu l'acceptation internationale
par son inclusion dans le papier de référence de OMC. L'article 5 de ce document
stipule:
106
L'organisme de réglementation est séparé, et non responsable envers, de
n'importe quel fournisseur des services de télécommunications de base. Les décisions
de et les procédures employées par des régulateurs seront impartiales en ce qui
concerne tous les participants du marché.64
Bien que n'importe quelle forme d'administration publique exige d'un degré de
protection contre la pression politique courante afin d'être efficace et impartial. Les
protections de fonction publique sont écrites dans beaucoup de constitutions et lois
dans le monde. La séparation claire de la fonction de réglementation de la fonction
politique-exécution est un élément de base pour une administration publique saine.
Elle permet à des personnes définissant la politique d'être jugées politiquement
responsables, alors que des régulateurs sont jugés légalement et administrativement
responsables. L'immunité additionnelle de la pression politique peut être nécessaire
pour certaines positions exceptionnelles de gouvernement, telles que des mandataires
général, fonctionnaires des banques centrales, et fonctionnaires des corps qui étudient
la corruption.
107
l'exécution des activités spécifiques, comme a lieu dans n'importe quelle grande
organisation. 65
L'indépendance est importante pas comme fin en soi, mais comme moyens de
pratiquer le règlement efficace. L'efficacité du règlement est mesurée non pas par la
force de la sauvegarde contre l'interférence politique, mais par l'amélioration de la
connectivité, valeur pour l'argent, et choix pour les utilisateurs.
Il est normal que ceux qui réceptionnent des décisions de réglementation remettent en
cause la légitimité des agences qui prennent ces décisions, particulièrement quand les
actes ont un grand impact économique. Là où les régulateurs sont suspectés de la
corruption, légitimité est, naturellement, particulièrement incertain. Même les
régulateurs propres peuvent faire face à des allégations de la corruption. La
transparence de réglementation, couplé aux pratiques morales, peut isoler des
régulateurs de tels frais. Les opérateurs peuvent assaillir une légitimité d'autorité de
réglementation par le processus de « faire jouer» le système – classant de nombreux
et onéreux appels ou employer les mass media pour remettre en cause
continuellement des décisions ou des motifs de régulateurs. Les autorités de
réglementation peuvent contrecarrer une telle activité, en adoptant des décisions par
des processus transparents, et en expliquant soigneusement le raisonnement derrière
ces décisions, dans la presse et dans les décisions elles-mêmes.
108
bureaucratiques, les presses d'affaires internationales et domestiques, les médias
électroniques et l'Internet sont de plus en plus significatives.
• Expertise
Le règlement efficace exige les qualifications techniques qui doivent être apprises et
continuellement mises à jour. La réclamation pour la légitimité basée sur l'expertise
exige le recrutement de personnels qualifiés, de la formation continue et de haute
qualité, et la communication efficace de ces initiatives. Elle signifie également la
capacité d'obtenir l'expertise externe une fois requise.
• Transparence
L'expertise est inadéquate par elle-même. Elle doit être complétée par l'établissement
des procédures transparentes et inclusives pour réconcilier des intérêts compétitifs
basés sur l'intérêt public. Les procédures complètes pour assurer la transparence
incluraient créer rigoureusement maintenir des mécanismes pour la responsabilité à
tous les niveaux. La plupart des nouveaux organismes de réglementation trouvent qu’il
est difficile de concevoir et mettre en application de telles procédures transparentes et
inclusives. Beaucoup craignent que les procédures de réglementation ouvertes soient
vulnérables au litigieux retarde et d’autres tactiques juridiques. Mais l'expérience a
prouvé que la transparence et réglementations expéditifs n'ont pas besoin d'être
mutuellement exclusif.66
• Intérêts publics
109
• Efficacité
Il n'est possible d'entreprendre aucune des actions ci-dessus sans s'engager dans
l'activité de réglementation substantive. Plutôt, l'organisme de réglementation doit
plonger bien dedans, abordant les questions de réglementation qui confrontent sur un
marché changeant. S'il n'agit pas, quelqu'un d'autre le fasse. Les opérateurs prendront
des sujets dans leurs propres mains ou d'autres organismes gouvernementaux feront
un pas dans le vide créé par l'inaction. La légitimité peut être réalisée, seulement par
des actions et des résultats efficacement communiqués, pas par l'éloquence des
excuses. Des résultats doivent non seulement être réalisés, mais ils doivent être vus
pour être réalisés. La modestie anormale ne sert pas la cause de la légitimité. La
communication publique au sujet des décisions qui ont été prises, les démarches qui
sont en cours, et les initiatives qui sont sur le point de commencer fournissent des
informations utiles et diminuent l'incertitude pour tous les actionnaires. Elles signalent
également à d'autres acteurs de gouvernement que l'organisme de réglementation est
vivant et bon et prenant soin des affaires.
• Crédibilité
C'est une vérité malheureuse que le pouvoir devient vrai seulement une fois exercée.
Dans le contexte de réglementation, ceci signifie que la crédibilité souvent ne peut pas
être réalisée sans affirmation d'autorité ou même d'un conflit. Afin de gagner la
conformité courante par des opérateurs, il est parfois nécessaire que un organisme de
réglementation signale sans équivoque qu'il est responsable. Etant donné les
importances impliquées dans une telle action, les meilleurs efforts devraient être faits
pour sélectionner les issues qui sont significatives, traitable et facilement expliqué aux
médias.
110
procédurales utilisées pour réaliser la transparence. Dans ce contexte, on aura recours
à des exemples et à des scénarios hypothétiques afin de montrer en quoi la
transparence est d'importance cruciale pour la mise en place d'une réglementation
efficace.
Les usagers informés s'assurent que le régulateur s'acquitte de sa mission et que les
opérateurs respectent les prescriptions qui régissent la qualité de service, la fixation
des prix, la facturation et d'autres pratiques. La transparence et l'équité sont des
facteurs essentiels de réussite, c'est-à-dire de réalisation de tous les objectifs à cet
égard. Ainsi, bien qu'il comporte de nombreuses facettes, le concept de transparence
peut se résumer dans une seule question: les régulateurs prennent-ils leurs décisions
de façon ouverte et objective, leur permettant d'expliquer leurs actions et d'assumer la
responsabilité de leurs actions?
111
Il est clair que les régulateurs trouvent des motifs pour s'engager dans la consultation
du public, même s'il n'existe pas de règles statutaires pour agir ainsi. Ces motifs sont
les suivants:
112
Une façon d'analyser la transparence est d'examiner dans quelle mesure les
opérateurs, les groupes industriels, les consommateurs ou d'autres intéressés peuvent
avoir accès au personnel d'une agence de réglementation et présenter leur point de
vue et leurs préoccupations. Les conditions d'accès peuvent être définies de façon
officielle, avec des règles régissant les comptes rendus des réunions des acteurs
industriels et l'inclusion d'informations dans les registres publics; ou de façon
informelle, avec seulement des règles habituelles de la pratique commerciale. Le
concept de transparence dans la réglementation inclus les procédures d'accès
réglementaires, le comportement de l'agence et de ses employés, et le fonctionnement
général de l'agence.
Comme nous l'avons indiqué précédemment, il n'est pas facile de dissocier les valeurs
de transparence et d'équité ou de les diviser en catégories. Alors qu'il est possible de
mettre en place des procédures pour la transparence, une réputation d'équité est
essentielle si l'on veut assurer la crédibilité, la légitimité et, en fin de compte,
l'efficacité. Il existe un ensemble de pratiques, certaines d'entre elles exigées par la loi,
d'autres volontaires, auxquelles on peut recourir pour maintenir l'équité dans la prise
de décisions. Ces pratiques comprennent notamment l’expliquassions sur les raisons
d'une décision et le droit de recours et de demande de révision.
L'équité administrative exige qu'un organisme de réglementation donne les raisons qui
l'ont conduit à prendre ses décisions. Cela est particulièrement important en cas de
rejet d'une demande de licence ou de toute autre demande. Plusieurs buts importants
sont poursuivis en la matière:
113
• Les régulateurs seront obligés, d'emblée, de dérouler un processus de prise de
décisions plus rationnel et mieux conçu, s'ils savent qu'ils devront donner des
raisons valables et logiques de leurs actions.
• Ayant connaissance du raisonnement qui a conduit à une décision, les parties à
la procédure sont en mesure d'analyser ladite décision et de voir s'il leur est
possible de faire appel ou de demander une révision.
• Si ces raisons ne sont pas données, un tribunal ou toute autre autorité habilitée
à procéder à une révision peut conclure que la décision ne repose pas sur une
base rationnelle - et annuler la décision.
Pour ces raisons, l'explication des décisions est essentielle pour la légitimité et la
réputation de responsabilité à long terme d'un organisme de réglementation. C'est à
cette condition que la confiance est accordée aux régulateurs et que tout soupçon de
partialité disparaît.
Dans de nombreux pays, les actions de réglementation sont sujettes à révision par
d'autres services ministériels et, dans certains cas, sujettes à recours judiciaire.
L'existence de ce droit représente un moyen important pour assurer la transparence,
l'équité et l'indépendance. Elle permet à la société d'obliger les régulateurs à assumer
la responsabilité de leurs actes.
La « révision » diffère du « recours » (ou appel) à plusieurs points de vue. Dans une
révision, l'examen porte sur un point particulier bien délimité, alors qu'un appel peut
déboucher sur une nouvelle audition (de novo). Une révision consiste généralement à
examiner si le décideur a outrepassé la compétence juridique - ou s'il a agi sans
posséder cette compétence. Il ne s'agit pas ici de juger de la justesse ou des
conséquences de la décision, mais plutôt de la question de savoir si le pouvoir a été
exercé conformément à la loi. Une révision peut conduire une cour de justice ou une
autre instance à annuler, casser ou infirmer la décision d'un régulateur mais, en règle
générale, ladite instance ne peut pas substituer sa décision à celle du régulateur. Si
elle en est sollicitée, elle peut renvoyer l'affaire au régulateur en lui demandant de la
réexaminer et de rendre une nouvelle décision qui soit conforme à la loi. Si un tribunal
annule une décision, cela a pour effet de rétablir le statu quo et de ramener la situation
à ce qu'elle était avant la décision ou l'action contestée.
114
processus de réglementation. Dans la pratique, les tribunaux, dans beaucoup de pays,
sont réticents - peut-être avec juste raison - à s'immiscer dans les affaires des
organismes de réglementation, qui sont présumés fonder leurs actions sur des
compétences spécialisées de haut niveau. La « déférence juridique » est donc chose
courante.73 Au demeurant, comme on l'a vu dans la section précédente, les régulateurs
ont la possibilité de pallier le risque de demandes de révision fantaisistes, en prenant,
en première instance, des décisions transparentes et bien argumentées.
Globalement, même s'il existe des limites, les avantages du respect de la transparence
et de l'équité – tant au fond que dans les résultats – dépassent de loin les coûts. Aucun
organisme de réglementation ne peut se permettre de compromettre sa légitimité, sa
crédibilité et son efficacité - autant de qualités qui sont conditionnées par une pratique
alliant transparence et accessibilité dans la prise de décisions en matière de
réglementation. A une époque où des pays, en nombre croissant, libéralisent le
secteur des télécommunications et acceptent des défis et les avantages de la
convergence, les régulateurs devront faire en sorte que le processus de prise de
décisions aille de pair avec l'évolution technique. Accroître la participation publique est
un moyen grâce auquel tous les régulateurs recevront les informations et les
contributions dont ils ont besoin pour s'acquitter de leur tâche dans un environnement
en évolution tellement rapide.
Les services cellulaires mobiles ont tendance à être peu réglementés. Par exemple,
moins de la moitié des pays ayant répondu à un questionnaire de l'UIT en 1999 ont
déclaré que leurs opérateurs de systèmes mobiles étaient assujettis à des obligations
de service ou d'accès universel ou que leurs tarifs relatifs aux mobiles étaient
réglementés. L'absence relative de contrôle du cellulaire sur un certain nombre de
marchés tient en partie à une asymétrie au niveau de la réglementation, les nouveaux
services n'étant pas assujettis à des obligations réglementaires dans la première
phase de leur développement. Cette optique a été renforcée par la croyance de plus
en plus forte que les réseaux fixes ont été trop réglementés, mettant ainsi un frein à
l'innovation et à la croissance des réseaux. Le mobile s'étant développé à un moment
où cette croyance était largement partagée, la réglementation a été quasiment
inexistante. Cette situation s'explique aussi par le fait que, dans certains pays, le
cellulaire mobile a généralement été défini comme un service à valeur ajoutée, ne
115
rentrant pas dans le cadre réglementaire de la téléphonie de base. Dans les pays en
développement, du fait d'un manque de compétences en matière de réglementation et,
dans certains cas, de l'absence d'un régulateur indépendant, l'incitation des opérateurs
de systèmes mobiles à élargir l'accès global aux télécommunications a été plutôt
faible. On se demande alors si la croissance très rapide du mobile cellulaire est due à
la quasi-absence de contrôle ou si, plus réglementée, elle serait encore plus rapide.
8.3.1 Licence
La plupart des pays attribuent désormais des licences pour l'exploitation des services
cellulaires mobiles. Une licence est un moyen transparent de définir les droits et
obligations du fournisseur de services cellulaires, d'où un cadre réglementaire plus
prévisible. Il convient toutefois de noter que les licences sont un phénomène assez
récent pour nombre de pays. La majorité des opérateurs téléphoniques en place ont
"hérité" du droit de fournir des services téléphoniques mobiles sans rien débourser, ce
qui a souvent donné lieu à des litiges lorsque le marché a été ouvert à la concurrence
et que les nouveaux venus ont dû acquitter un droit de licence. Dans certains cas , les
fournisseurs ont simplement démarré leurs activités sans se donner la peine de
demander une licence. Dans d'autres cas, des entreprises se sont vues octroyer les
licences, mais n'ont jamais lancé le service. Ainsi, au Nigeria, plus de 30 licences ont
été attribuées, mais leurs détenteurs n'ont jamais mis en place le service et les
licences sont maintenant caduques.74 Enfin, d'autres solutions que l'octroi de licences
peuvent être appliquées, par exemple des accords de partage des recettes entre
l'entreprise d'Etat et une firme privée.
116
• Combien de licences devraient être attribuées
• Comment devraient-elles l'être
• Devraient-elles spécifier la technique à employer
• Des licences régionales, des licences nationales ou une combinaison de
licences devraient-elles être attribuées
• Les objectifs visés pour les réseaux, par exemple la couverture requise ou des
directives en matière de tarification, devraient-ils faire partie des conditions à
remplir pour obtenir une licence
Pour commencer, chaque pays qui a mis en place un réseau cellulaire mobile a déjà
ouvert les réseaux fixes à un certain degré de concurrence. Les facteurs importants
sont le niveau des tarifs téléphoniques fixes, les tarifs d'interconnexion entre réseaux
fixes et réseaux mobiles, le niveau de la demande et le fait que l'opérateur fixe a un
intérêt dans le ou les opérateurs du service cellulaire mobile.
Ces interrogations témoignent du fait qu'il n'existe pas de réponse simple à la question
de savoir combien d'opérateurs mobiles il convient d'autoriser. Quoi qu'il en soit, la
limite supérieure est imposée par les ressources en raison des limitations de
fréquences. Il y aura toujours des arguments, souvent contradictoires, pour et contre la
multiplication des concurrents ou sur la question de savoir s'il existe une limite
naturelle. Par exemple, quand il s'agit du marché national, les opérateurs soutiennent
généralement qu'il ne faut pas admettre davantage de nouveaux exploitants alors que,
en même temps, ils essaient de convaincre les organismes de réglementation d'autres
pays d'ouvrir leur marché du mobile. Vu cette confusion, le mieux pour les régulateurs
117
est peut-être d'accorder des licences au plus grand nombre possible d'opérateurs et de
laisser le marché décider qui seront les gagnants et qui seront les perdants. Le
régulateur a bien sûr un rôle à jouer dans l'attribution du spectre, particulièrement dans
les pays où sont appliquées dans le domaine du mobile plusieurs normes faisant appel
à différentes fréquences. Ainsi, il se peut que les anciens réseaux analogiques
exploitent une largeur de bande fort précieuse ou que des fréquences soient réservées
à des fins militaires ou autres. Les organismes de réglementation doivent déterminer
les compromis à établir entre l'ordre de supprimer les réseaux analogiques pour
récupérer leur largeur de bande et les inconvénients que cela représente tant pour les
opérateurs que les utilisateurs de systèmes mobiles analogiques.
8.3.2 Tarification
La majorité des pays qui ont répondu à un questionnaire de l'UIT ont indiqué qu'ils ne
réglementaient pas les tarifs du service cellulaire mobile. Cependant, même si le prix
réel facturé pour le service n'est pas réglementé, on peut s'inquiéter de la question de
savoir à qui sont facturés les appels à destination de mobiles ou se préoccuper de
l'évolution générale des tarifs. Dans les quelques pays où les tarifs sont réglementés,
cela se traduit généralement par un plafond que les tarifs ne peuvent pas dépasser. Un
petit nombre de pays fixent un prix unique pour tous les opérateurs dans l'intérêt de ce
que l'on appelle une « concurrence loyale ».
La pratique qui consiste à faire payer aux abonnés au cellulaire les appels entrants
décourage l'utilisation du service et accroît le coût d'acquisition d'un appareil cellulaire.
Dans les pays qui n'appliquent pas le système CPP, il est fréquent que les abonnés au
cellulaire désactivent leurs téléphones et ne donnent pas leur numéro de peur de
payer les appels entrants. L'absence de système CPP est aussi décourageante pour
les appelants. Selon une étude péruvienne, 62% des personnes interrogées avaient
des difficultés à appeler des abonnés au cellulaire parce que les combinés étaient
désactivés. Une autre proportion de 35% savait pertinemment qu'une personne
déterminée avait un téléphone mobile, mais n'avaient jamais eu connaissance de son
numéro, tandis que 37% ont déclaré que, lors des appels, les abonnés au cellulaire
voulaient rapidement mettre fin à la conversation. Plus de 70% appelaient d'abord le
numéro du téléphone fixe de l'appelé. 77 Le concept consistant à faire payer à un
usager quelque chose qu'il reçoive est absurde. Que se passerait-il si les personnes
qui reçoivent des fleurs doivent les payer? Il y a aussi une question d'équité. Pourquoi
appartiendrait-il aux usagers du service mobile et non à ceux du service fixe de payer
les appels entrants?
Bien que le système CPP semble logique, il a été long à être mis en œuvre. Son
introduction passe par une modification des systèmes de facturation et par l'information
des abonnés, qui doivent savoir qu'ils paieront un tarif différent lorsqu'ils appelleront
des abonnés au mobile. Cela peut se faire, par exemple, en ajoutant un numéro
d'accès qui indique à l'abonné au service fixe qu'il devra payer un supplément pour
appeler un mobile, ou encore au moyen d'une annonce qui est lue automatiquement
lorsqu'un abonné mobile est appelé.
118
Au Mexique où le système CPP a été institué très récemment, Telmex, l'exploitant
dominant du service fixe, s'est énergiquement opposé à son introduction pour trois
raisons principales, la première étant qu'un tel système réduirait substantiellement le
trafic du réseau fixe vers le réseau mobile et, par conséquent, les recettes connexes.
Telmex y a donc vu un effet négatif pour l'accroissement du trafic. Deuxièmement,
cette entreprise était inquiète de la manière dont ses clients percevraient les choses. Il
serait difficile de leur expliquer pourquoi les prix des appels étaient plus élevés avec le
système CPP et Telmex devrait faire face à la majeure partie des réclamations des
clients non seulement pour l'accroissement des prix, mais aussi pour les défaillances
du service, dont pourrait être responsable l'opérateur mobile et non Telmex. La
troisième raison de l'opposition de Telmex au système CPP tenait au fait que cette
entreprise ne voulait pas assurer un service de facturation et de recouvrement pour
d'autres opérateurs mobiles.
L'un des arguments avancés en faveur du système qui consiste à faire payer l'appelant
(CPP) dans le domaine de la téléphonie mobile est le fait qu'il en découle une plus
grande utilisation du mobile. Le système CPP fait baisser le coût général qu'entraîne la
possession d'un mobile et encourage les usagers du service mobile à accepter les
appels entrants. Cela étant, la controverse s'intensifie au sujet des prix appliqués aux
usagers du service fixe lorsqu'ils appellent un abonné mobile. Par exemple, il en
coûterait davantage à un abonné à une ligne fixe habitant à Londres d'appeler un
abonné mobile se trouvant à deux pas de chez lui que d'appeler un abonné du service
fixe en Ecosse et presque autant s'il lançait un appel à destination des Etats-Unis. Le
débat portant sur le prix élevé des appels d'une ligne fixe vers un mobile a pris encore
de l'ampleur avec l'augmentation du volume des appels de ce type.
119
Il est possible de résoudre le problème des prix élevés des appels d'une ligne fixe vers
un mobile en réacheminant l'appel. La « configuration en trombone » d'un appel du
service mobile permet en principe d'envoyer l'appel en question à l'étranger avant de le
faire revenir dans le pays d'origine. Par exemple, au lieu d'être directement adressé à
un usager mobile, un appel d'une ligne fixe nationale est envoyé à l'étranger puis
revient dans le pays sous la forme d'un appel international. Il peut en découler une
baisse du prix lorsque la taxe de règlement pour un appel international est inférieure
au tarif d'interconnexion appliqué par un exploitant du service mobile, notamment
lorsque c'est le pays d'origine qui conserve toutes les recettes.79 Un appel qui
"rebondit" d'un commutateur situé dans un pays étranger est annulé du point de vue
des règlements car le trafic est égal dans chaque sens. Dans nombre de pays en
développement, les commutateurs ne sont pas suffisamment perfectionnés pour faire
la distinction entre le trafic mobile et le trafic fixe.
Le régulateur britannique a analysé le coût des appels d'une ligne fixe vers un mobile
et a déterminé que les taxes appliquées par les opérateurs mobiles pour faire aboutir
les appels étaient trop élevées et contraires à l'intérêt public. Il est intéressant de noter
que ce cas a été soumis à l'organisme de surveillance de la concurrence du pays en
question, ce qui laisse entendre que la tarification des appels d'une ligne fixe vers un
mobile est considérée comme relevant de la politique de la concurrence puisque, dans
la quasi-totalité des pays, l'opérateur fixe en titre détient généralement une part
dominante du marché, sinon la totalité.
Par contre, le Brésil a adopté une approche selon laquelle les tarifs du trafic entre
réseaux mobiles et réseaux fixes sont liés entre eux. Chaque opérateur mobile a le
droit de fixer son tarif par minute pour les appels entrants. Cependant, pour éviter tout
déséquilibre conséquent entre le tarif des appels entrants et celui des appels sortants,
le premier ne peut pas dépasser le deuxième, déduction faite du coût d'interconnexion
applicable à l'appel. La formule actuellement appliquée doit certes être affinée avec le
temps, mais elle assure définitivement à l'opérateur mobile un certain équilibre des
recettes par minute entre les appels entrants et les appels sortants. Néanmoins, au
titre de la réglementation en vigueur, l'opérateur fixe peut fixer unilatéralement le tarif à
appliquer à ses abonnés pour les appels d'une ligne fixe vers un mobile.
8.3.3 Interconnexion
120
Les questions relatives à l'interconnexion dans le domaine du cellulaire mobile sont
liées aux arrangements techniques, financiers et commerciaux se rapportant à la
connexion des réseaux mobiles aux réseaux fixes et aux autres réseaux cellulaires
mobiles. Le degré d'intervention des organismes de réglementation sera déterminé par
le niveau de coopération dont feront preuve les opérateurs pour connecter leurs
réseaux. Dans certains pays, les régulateurs ont dû réglementer l'interconnexion
physique entre réseaux fixes et réseaux mobiles à cause de l'inflexibilité des
opérateurs fixes. A l'inverse, dans quelques pays en développement, des exploitants
de services cellulaires mobiles récemment implantés ont jugé satisfaisant d'opérer
sans interconnexion car cela leur permettait d'acheminer des appels internationaux
lucratifs lancés à partir de leurs réseaux mobiles. Cette question est liée à celle de
savoir si les opérateurs du service cellulaire mobile devaient être autorisés à construire
leur propre infrastructure longue distance nationale et internationale. Dans la négative,
les usagers du service mobile paieront davantage pour ces types d'appels.
Le cellulaire mobile s'est caractérisé jusqu'ici par l'absence d'une norme mondiale
unique et par l'utilisation d'une demi-douzaine d'interfaces hertziennes. Les pays ont
souvent choisi des normes en fonction de ce qui se faisait dans les pays voisins.
Toutefois, c'est seulement en Europe que des prescriptions ont été établies au niveau
régional. Dès 1987, l'Union Européenne a recommandé à ses membres de mettre en
service le GSM pour 1991 et a également demandé la mise en œuvre, pour 2002,
d'une norme européenne commune pour les systèmes de troisième génération.
A l'extérieur de l'Europe, aucune norme n'a été prescrite au niveau régional. A cela
s'est ajoutée occasionnellement une forte pression politique ou commerciale visant à
introduire une technique déterminée, ce qui a incité la plupart des régulateurs à laisser
aux opérateurs le choix de l'interface hertzienne. L'inconvénient de cette politique tient
au fait que les consommateurs risquent de pâtir de la mise en place d'une nouvelle
121
technologie dans le pays (se traduisant par exemple par des prix plus élevés pour les
combinés et par une réduction des possibilités d'itinérance). En outre, les pays en
développement peuvent se retrouver enchaînés à des vieilles technologies
analogiques. Par ailleurs, les opérateurs pourraient aussi subir les conséquences
d'une incompatibilité des systèmes et être contraints d'évoluer. C'est ainsi que Telecel,
exploitant de systèmes mobiles opérant en Zambie, fait actuellement passer son
réseau de la norme AMRC à la norme GSM principalement parce que l'itinérance est
limitée du fait que tous les pays voisins utilisent le système GSM. 80
La fréquence affectée par les régulateurs au cellulaire mobile influent également sur le
choix de l'interface hertzienne avec les opérateurs. En effet, la disponibilité d'une
nouvelle fréquence est un moyen pratique pour les régulateurs de diversifier
davantage le marché en introduisant de nouveaux venus. Cela s'est produit, par
exemple, en Europe avec la mise en service du GSM et c'est aussi le cas pour les
nouvelles licences de troisième génération, un certain nombre de régulateurs
envisageant de réserver au moins une licence pour les nouveaux exploitants.
L’UIT a réalisé une série de cinq études de cas portant sur l’indépendance et
l’efficacité des instances de réglementation. En fonction de divers critères politiques,
économiques, sociaux et géographiques tels que le PIB, classement de
développement, situation démographique, états de secteur de télécommunications et
les états de progression au niveau de réforme sectorielle, les cinq pays sélectionnés
sont Maroc, Botswana, Brésil, Pérou et Singapour. Chaque étude de cas donne une
solution ou méthode qui est spécifique à la situation du pays sur comment l'organisme
de réglementation a été mis en place dans le pays et évalue son efficacité générale en
examinant sa structure organisationnelle, son financement, ses fonctions et le degré
de transparence.81
9. Conclusion
Au début de l’année 2002, plus de la moitié des pays avaient privatisé en totalité ou en
partie leur opérateur historique de télécommunication. La concurrence, quant à elle,
s’est largement répandue, même si la plupart des pays conservent le monopole pour
certains services fixes comme les communications locales et longue distance.
Cependant, une majorité écrasante de pays autorisent désormais la concurrence sur
les marchés de la téléphonie mobile et de l’Internet, deux technologies qui se
substituent de plus en plus à la téléphonie fixe, et qui pourraient aboutir à une
convergence totale comme Internet mobile grâce à la novelle technologie comme
celles de la téléphonie mobile de 3G etc.
122
Avec un milliard d’abonnés, ou peu s’en faut à la fin de 2001, les communications
mobiles s’apprêtent à constituer au début de 2002 le réseau ayant le plus grand
nombre d’utilisateurs et ainsi à supplanter les lignes fixes. A la fin de 2001, plus de
90% des pays avaient un réseau mobile ; autrement dit, un habitant de la planète sur
six disposait d’un téléphone mobile et une centaine de pays comptaient plus d’abonnés
au téléphone mobile qu’au téléphone fixe. Avec le mobile, l'accès aux
télécommunications s’est considérablement élargi. Dans les pays en développement,
et plus particulièrement dans les pays les moins avancés, grâce au mobile, l'accès au
service téléphonique progresse à une vitesse étonnante. La révolution du mobile dans
les pays en développement s’explique aisément par la facilité d’installation des
réseaux mobiles. Un autre facteur clé est l’existence de cartes à prépaiement. Dans
des pays dont la plupart des habitants n’auraient pas les moyens financiers de payer
un abonnement, le prépaiement met les télécommunications à la portée de tous.
Bien qu’ils aient appliqué des recettes très différentes, la plupart des pays suivent des
recettes dans lesquelles entrent trois ingrédients principaux : participation du secteur
privé, ouverture du marché à la concurrence et création d’un organisme de
réglementation indépendant. Les statistiques sur la télédensité totale de l’UIT montrent
que parmi les pays qui sont le plus progressé au niveau de la télédensité, on trouve de
nombreux pays qui se sont engagés dans un processus de réforme d^s le début de la
décennie, comme le Chili, la Hongrie ou les Philippines, ainsi que plusieurs pays qui
ont réformé leur secteur plus tardivement, comme le Botswana ou le Maroc. Les deux
pays qui sortent du lot sont la Chine et le Viet Nam, qui ont tous deux choisi
d’encourager la concurrence entre différents ministères, tout en incitant le secteur privé
à investir sur les marchés du mobile. Si un Etat est fermement déterminé à investir
dans les télécommunications, il ne lui faut pas longtemps pour changer le cours des
choses.
123
Après la participation du secteur privé, ouverture du marché à la concurrence, l’heure
est venue pour une réglementation efficace. Pour cela, les agence de réglementation
doivent une grande indépendance et une légitimité stable. Elles doivent fonctionner
avec des processus transparents et doivent être en pleine possession des pouvoirs
régulateurs qui lui sont définis et attribués, comme l’octroi des licences ou gestion de
spectre etc. Dans le cas concret et face aux problèmes réels comme la tarification,
l’agence de réglementation peut proposer des solutions comme suivant :
• Tarifs d’interconnexion basés sur les coûts réels, ainsi évite tout politique de
tarification arbitraire. Ce logiciel est développé sur la base de la
Recommandation D-600R (modèle TAF).82 Il permettra aux opérateurs et aux
régulateurs de calculer: taxes relatives au trafic international (taxes des
répartitions, taxes de règlement et taxes de terminaisons), taxes
d'interconnexion et tarifs des services téléphoniques nationaux. Ce logiciel
permet aux opérateurs et aux régulateurs des pays en développement, y
compris ceux qui ne disposent pas forcément de données sur leurs coûts, de
calculer les tarifs orientés vers ou basés sur les coûts des services
téléphoniques tel qu’ils proviennent de l’évaluation et de l’allocation des
ressources consommées par leurs activités.
• Prise en compte de la téléphonie mobile dans le service universel en matière
de télécommunications. Pour les consommatrices et consommateurs le
portable relève autant du “service universel” que le téléphone à domicile, les
cabines téléphoniques ou l’eau courante. D‘un point de vue psychologique, le
téléphone portable procure un plus grand sentiment de sécurité qu’un appareil
fixe à domicile. De plus, le nombre de téléphones mobiles en circulation
dépasse le nombre de raccordements fixes... Dès lors, la téléphonie mobile
devait être intégrée au service universel. Cela aurait pour conséquence de
devoir calculer les tarifs d‘interconnexion sur la base des coûts effectifs et de
devoir proposer aussi des communications call by call ou en présélection. C’est
en définitif la seule façon de briser l’oligopole instauré par les opérateurs
mobiles.
• Prolongation de la durée de licence. La construction d'un réseau mobile est
plus avantageuse que celle d’un réseau fixe câblé. Elle doit cependant être
amortie pendant la durée de la licence, c’est-à-dire 10 ans. Une prolongation de
la durée des licences de 5 ou 10 ans réduirait massivement la pression sur les
coûts et profiterait aux consommateurs. La réduction des rentrées de l‘Etat
serait plus que compensée par l‘importance du volume de la communication
mobile, même en Suisse.
Référence
1
Certaines parties de cette section sont adaptées de Bjurkmark et divers collaborateurs,
« Cellular technology » à http://tcbworks.cba.uga.edu/~adennis/t97/cd.htm
2
Adapté de « 2.2 Mobile cellular technology », World Telecommunication Development Report,
1999, ITU
124
3
Bulletin de l’UWCC.
http://uwcc.org/cgi-shl/dbml.exe?Action=query&Template=/uwcc/singapore - Wireless
4
Communiqué de presse de Universal Wireless Communications. « Le consortium Universal
Wireless Communications(UWCC) annonce le nombre d’abonnés AMRT enregistré à la fin de
1998 et au cours du premier trimestre de 1999 et ouvre deux bereaux internationaux. »
5
Ministère des postes et des télécommunication. « Information on subscribers of cellular
telephone, pager and PHS(Personal Handy-Phone System) in Japan.”
http:/www.mpt.go.jp/policyreports/English/stats/handy-phone-e.html
6
Ministère des postes et des télécommunication.
http://www.mpt.go.jp/policyreports/english/stats/handy -phone-e.html
7
http://www.imt-2000.org/portal/index.asp
8
Forum UMTS. Rapport no. 8 “The Future Mobile Market: Global trends and developments with
a focus on Western Europe.” Mars 1999.
9
Adapté de « 5.2 the new economics of telecommunications », World Telecommunication
Development Report, 2002, ITU
10
The research carried out for the ITU workshop on fixed-t o-mobile call terminations.
http://www.itu.int/fmi
11
Adapté de « 2.3 Wireless data services: an industry in the making », World
Telecommunication Development Report, 1999, ITU
12
Etude réalisé pour le groupe DGXIII de la CE par Squire, Sanders & Dempsey, L.L.P. et
Analysis Ltd. Consumer Demand for Telecommunications Services and the Implications of the
Convergence of Fixed and Mobile Networks for the Regulatory Framework for a Liberalised EU
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