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Victor Hugo

Le poème 'Demain, dès l'aube' de Victor Hugo est un poème d'amour et de deuil écrit en hommage à sa fille Léopoldine décédée. Il décrit le pèlerinage annuel du poète sur la tombe de sa fille à travers trois strophes en alexandrins.

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Le poème 'Demain, dès l'aube' de Victor Hugo est un poème d'amour et de deuil écrit en hommage à sa fille Léopoldine décédée. Il décrit le pèlerinage annuel du poète sur la tombe de sa fille à travers trois strophes en alexandrins.

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I.

Introduction sur le poème

1. La biographie du poète : QUI EST VICTOR HUGO ?


Victor Hugo est un auteur prolifique, qui a exploré quasiment tous les
genres : le roman, le théâtre et la poésie. Son génie est d'avoir réussi à
être le témoin d'une époque et la voix d'une nation à travers des
œuvres littéraires aujourd'hui mondialement (re)connues. Du côté de
la poésie, Hugo est très attaché au lyrisme. Il use d'une grande
sensibilité romantique à la nature, au temps et voit le poète comme un
être capable de déchiffrer les choses cachées du monde.
« Demain, dès l'aube...» est l'un des plus célèbres poèmes de Victor
Hugo. Il est publié en 1856 dans le célèbre recueil poétique « Les
Contemplations » œuvre autobiographique poétique divisée en deux
parties “Aujourd’hui” et “Autrefois”, et n'a originellement pas de titre.
Il figure dans le quatrième livre des Contemplations, intitulé « Pauca
Meae ».

2. L’origine du poème
Dans Les Contemplations, la mort de Léopoldine inspire
à Hugo tantôt des réminiscences heureuses, tantôt de douloureux cris
de désespoir.
À la veille du quatrième anniversaire de l'accident, Hugo compose ces
trois strophes en alexandrin du poème Demain, dès l'aube d'une
simplicité harmonieuse et d'un lyrisme touchant. C’est un poème
d’amour et de deuil. Il l’a écrit en hommage à sa fille Léopoldine,
décédée le 4 Septembre 1843, noyée dans la Seine suite à un accident
tragique. Il y évoque son pèlerinage annuel sur sa tombe. Avec une
détermination qui n'exclut ni l'émotion ni l'imagination, il décrit par
avance le cheminement qui le conduira auprès de son enfant bien-
aimé. Mais par la magie des images, des rythmes et par le charme du
langage poétique, ce voyage vers le souvenir et vers la mort prend la
forme d'un poème d'amour et d'une célébration.
Léopoldine disparue revivra éternellement grâce à l'offrande de
quelques fleurs. Hugo illustre ici le pouvoir de la poésie, immortaliser
ce que la mort a fait disparaître.

3. La forme du poème
« Demain, dès l'aube » est un poème composé de trois strophes de
quatre vers chacune. Ces vers sont composés de 12 pieds, ce sont donc
des alexandrins ternaires (trimètres romantiques) et binaires en rimes
croisées (ABAB). Cet effet stylistique crée un rythme à la lecture : le
lecteur doit respecter la ponctuation, avec des césures qui divisent le
vers en deux hémistiches.

II. Analyse du poème :

1. Première strophe: « l’attente »

 Le poème s’ouvre sur une triple évocation du cadre temporel


«demain », « dès l’aube », « à l’heure où blanchit la campagne».
Cette référence temporelle assez précise et exhaustive, inscrit le
poème d’emblée dans le futur.
 L’emploi du futur simple « je partirai » (en rejet sur le deuxième
vers) nous donne à penser qu’un homme attend le point du jour
pour partir. Pratiquement l’ensemble du poème est rédigé au futur
(« irai », « marcherai », « regarderai », « arriverai », « mettrai »), ce
sont des verbes de mouvement qui marquent un itinéraire. Il s’agit
d’une action qui se déroulera sûrement et non de façon
hypothétique.
 La progression du poète est à la fois spatiale et temporelle.
En effet, l’amante est rendue présente à travers l’apostrophe («Vois-tu
», v. 2) et le jeu d’alternance entre le « je » et le «tu» qui donne une
impression de dialogue : « Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends
» (v. 2), « Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps » (v. 4).
Le poète s’adresse à une femme aimée et vivante qu’il est impatient de
rejoindre.
 Le parallélisme « j’irai par la forêt », « j’irai par la montagne »
évoque dans un premier temps une certaine musicalité mais aussi
une représentation du trajet et du chemin qu’empruntera le poète.
"J’irai" ponctue en anaphore le début de chaque hémistiche du vers
(3) fait de chacun d'eux une étape importante et décisive de
l'itinéraire.
 La détermination du voyageur permet de montrer deux choses :
il est déterminé à retrouver la personne à laquelle il tient, mais il a
également imprimé dans sa mémoire l’itinéraire, ce qui laisse là
encore, supposer que celui-ci n’est pas occasionnel et qu’il s’agit
d’un pèlerinage habituel.
En effet, il s’agit de la marche annuelle que Victor Hugo fait pour
se rendre sur la tombe de sa fille.
 Le premier quatrain souligne par un jeu d'alternance entre "je" et
"tu" (vers 2, vers 4) une double certitude : celle d'un "rendez-vous",
celle de l'incapacité d'accepter une situation douloureuse qui est
leur séparation. Cet aspect apparaît à travers le recours à la
négation « je ne puis » ainsi que l’adverbe « longtemps ».

2. Deuxième strophe :
Dès la deuxième strophe, le ton change. Le registre pathétique
apparaît : « Seul, inconnu, le dos courbé », « Triste » (v. 7-8). On
passe de la lumière (« blanchit », v. 1) à l’obscurité (« Sans rien voir »
(v. 6), « le jour pour moi sera comme la nuit » (v.8)).
 Le champ lexical de la sensation « les yeux », « voir», «
entendre », « bruit », traverse la deuxième partie du poème.
Chaque référence est, cependant, précédée par une préposition
exprimant la négation « sans rien voir », « sans entendre ». Le
poète est alors insensible au monde et à la nature qui l’entoure et
choisit de se refermer au monde extérieur.
En effet, le sujet qui s’exprime semble être replié sur soi « les yeux
fixés sur mes pensées », « les mains croisés».
 D’un autre côté, l’analogie « le jour […] comme la nuit » souligne
l’indifférence du poète et son incapacité à s’émouvoir devant les
paysages qui l’entourent.

3. Troisième strophe:

La dernière strophe est marquée par un mouvement progressif de


chute qui s’exprime à travers l’emploi de verbes exprimant la chute : «
tombe », « descendant » (v. 8-9).
 La métaphore « l’or du soir » que l’on peut considérer dans une
certaine mesure comme un oxymore insiste sur l’indifférence du
sujet qui s’exprime face à la beauté de la nature.
 Le terme « voiles », synecdoque du bateau, rappelle le blanc du
linceul et préfigure le terme « tombe » à la fin du poème.
 La polysémie du terme « tombe » au niveau des vers 11 et 9 appuie
l’ambiguïté du poème.
On comprend en effet que le poète va se recueillir sur la tombe d’une
morte (« je mettrai sur ta tombe/Un bouquet de houx vert et de
bruyère en fleur ») (v. 11-12).
 Les rimes « tombe/tombe » et « Harfleur/ fleur » ainsi que les rimes
internes « j’arriverai/ je mettrai » et « houx vert/ bruyère »
procurent au poème une certaine musicalité
 L'alexandrin est divisé en deux parties égales (des hémistiches de
six syllabes) séparées par une césure (//) qui marque la moitié du
vers. Au centre du vers, le mot «loin» ainsi mis en évidence,
séparant le « je » du « toi ». La séparation étant encore rendue plus
douloureuse par la césure qui les éloigne, telle un gouffre.
Les deux derniers vers permettent enfin au lecteur de saisir le sens
du poème qui s’avère être un texte qui chante la douleur de la perte
et non pas la description du trajet entrepris pour retrouver l’être
aimé.

III. Conclusion :

Dans « Pauca meae » Hugo semble osciller dans l’évocation du


souvenir de sa fille bien- aimée Léopoldine entre réminiscences
heureuses et plaintes douloureuses. Ainsi, nous retrouvons dans
d’autres poèmes comme « Elle avait pris ce pli » l’évocation d’un
souvenir plutôt joyeux qui permet à l’auteur de dépasser sa douleur.

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