Openbook de macroéconomie
Cyriac Guillaumin
Correction des exercices du chapitre 1
Questions de réflexion
1. La macroéconomie est une branche de la science économique qui étudie les caractéristiques
globales d’une économie. Elle repose ainsi sur une approche globale de l’économie. Elle ne se
préoccupe pas des détails concernant les individus mais étudie l’ensemble de l’économie. La
macroéconomie raisonne donc à partir de quantités agrégées dans lesquelles les individus sont
regroupés en catégories homogènes.
La microéconomie étudie les comportements des agents économiques (individus, entreprises,
autorités publiques) et leurs interactions. La microéconomie s’intéresse ainsi à la manière dont
les décisions sont prises par les individus et aux conséquences de ces dernières.
La macroéconomie repose sur le holisme méthodologique, c’est-à-dire sur l’idée que le tout
est différent de la somme des parties, alors que la microéconomie repose, quant à elle, sur
l’individualisme méthodologique. Dès lors, pour répondre à une question d’ordre
macroéconomique, il ne sera pas suffisant d’additionner des réponses d’ordre
microéconomique.
Cependant, macroéconomie et microéconomie sont liées puisqu’il est possible d’étudier la
macroéconomie à partir de fondements microéconomiques.
2. L’économiste peut avoir recours à la modélisation, c’est-à-dire à l’élaboration d’un modèle
économique, pour expliquer un phénomène. En effet, il est impossible et même inutile, pour
un économiste, de représenter la réalité économique dans ses moindres détails. Ce dernier va
alors chercher à adopter une représentation simplifiée (et non simpliste) de la réalité au travers
d’un modèle économique permettant de mettre en évidence et d’expliquer les liens entre les
différentes variables étudiées. Un modèle est avant tout une série d’hypothèses relatives aux
principaux déterminants du comportement d’une variable et permettant d’expliquer et de
prévoir celle-ci.
Une fois le modèle construit, l’économiste cherche à expliquer l’influence des variables
exogènes sur les variables endogènes. Même si le modèle construit est une représentation
simplifiée, pris dans sa globalité il peut être complexe puisque, la plupart du temps, il contient
un grand nombre de variables exogènes. Dans ce cas, l’économiste a le plus souvent recours à
des hypothèses qui peuvent paraître non conformes à la réalité mais qui sont nécessaires pour
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©Dunod, Malakoff, 2020
parvenir à isoler les différentes causes d’un même phénomène. La non-conformité à la réalité
des hypothèses n’est pas problématique car le modèle est jugé avant tout au regard de sa
portée explicative et prédictive.
Exercice 1
Industrie Industrie Industrie
minière métallurgique automobile
Production 500 1000 2000
Cons. intermédiaires 0 500 1000
Salaires 100 100 400
Intérêts versés 0 30 10
Coûts totaux 0 + 100 + 0 = 100 500 + 100 + 30 = 630 1000 + 400 + 10 = 1410
Profit 500 – 100 = 400 1000 – 630 = 370 2000 – 1410 = 590
1. Cf. tableau.
2.
Optique de la production :
𝑃𝐼𝐵 = (𝑃&'( + 𝑃&*+ + 𝑃,-+ ) − (𝐶𝐼&'( + 𝐶𝐼&*+ + 𝐶𝐼,-+ )
𝑃𝐼𝐵 = (500 + 1000 + 2000) − (0 + 500 + 1000)
𝑃𝐼𝐵 = 2000
Optique de la demande :
𝑃𝐼𝐵 = 2000
Optique des revenus :
𝑃𝐼𝐵 = (100 + 100 + 400) + (0 + 30 + 10) + (400 + 370 + 590)
𝑃𝐼𝐵 = 2000
Exercice 2
1. Trois optiques :
- optique du revenu
- optique de la demande
- optique de la production
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©Dunod, Malakoff, 2020
2.
a)
2012 2013
Produit intérieur brut (approche production) 2 091,1 2 113,7
Valeur ajoutée au prix de base 1 878,4 1 896,9
+ Impôts sur les produits 229,5 234,1
- Subventions sur les produits -16,8 -17,3
Produit intérieur brut (approche demande) 2 091,1 2 113,7
Dépense de consommation finale 1 657,4 1 679,8
+ Formation brute de capital 474,9 465,2
+ Exportations de biens et services 587,3 597,8
- Importations de biens et services 628,5 629,1
Produit intérieur brut (approche revenus) 2 091,2 2 113,8
Rémunérations des salariés 1 090,7 1 104,5
+ Excédent brut d'exploitation et revenu mixte brut 724,5 724,1
+ Impôts sur la production et les importations 321,3 330,3
- Subventions d'exploitation -45,3 -45,1
Résultat cohérent : les deux PIB calculés doivent être identiques (un léger écart existe avec
l’approche du revenu mais ceci s’explique par les arrondis).
b) Taux de croissance :
((2113,7/2091,1) – 1)*100 = +1,1% (1,08% avec deux chiffres après la virgule)
3. L’usage du PIB réel semble préférable pour calculer le taux de croissance si l’on s’intéresse
à la croissance de la production économique. Le taux de croissance en volume permet de
contrôler l’évolution des prix. L’usage du PIB nominal ne permet pas de distinguer
l’évolution des quantités de l’évolution des prix.
4.
a) Les PIB réels base 2010 sont toujours inférieurs aux PIB nominaux pour les années 2012 et
2013 : on sait qu’il y a de l’inflation entre 2010 et 2012 et entre 2010 et 2013.
Le taux de croissance du PIB réel est de 0,28%, le taux de croissance du PIB nominal est de
1,08%. Le PIB réel croit moins vite que le PIB nominal entre 2012 et 2013 : il y a donc une
hausse des prix entre 2012 et 2013.
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©Dunod, Malakoff, 2020
b) Par approximation, le taux d’inflation est égal à :
1,08% – 0,28% = 0,8%
Valeur précise.
L’indice des prix en 2013 est égal à :
PIB nominal/PIB réel = (2113,7/2052,7)*100 = 103
L’indice des prix en 2012 est égal à :
PIB nominal/PIB réel = (2091,1/2046,9)*100 = 102,2
Le taux d’inflation est donc égal à :
((103/102,2) – 1)*100 = 0,78%
Exercice 3
1. Pour calculer le PIB, il faut multiplier les prix par les quantités.
PIB nominal = PIB courant ; PIB réel = PIB constant. PIB nominal : PIBN ; PIB réel : PIBR.
𝑃𝐼𝐵(9 = : 𝑃;,9 × 𝑄;,9 = (100 × 100) + (10 × 1000) = 20000
;
𝑃𝐼𝐵(9?@ = : 𝑃;,9?@ × 𝑄;,9?@ = (100 × 110) + (11 × 900) = 20900
;
𝑃𝐼𝐵A9 : on prend l’année t comme année de base, c’est-à-dire qu’on prend le niveau général
des prix de l’année t comme référence :
𝑃𝐼𝐵A9 = : 𝑃;,9 × 𝑄;,9 = (100 × 100) + (10 × 1000) = 20000
;
𝑃𝐼𝐵A9?@ = : 𝑃;,9 × 𝑄;,9?@ = (100 × 100) + (11 × 1000) = 21000
;
2. Le taux d’inflation est la variation du niveau général des prix. Autrement dit, il s’agit du
taux de croissance du niveau général des prix.
𝑃9?@ − 𝑃9 𝑃9?@
𝜋9?@ = =C D−1
𝑃9 𝑃99
H HIJ
E'FG E'FG
𝑃𝐼𝐵A9 = et 𝑃𝐼𝐵A9?@ =
EH EHIJ
HIJ HIJ HIJ
EHIJ E'FG /E'FL EHIJ E'FG E'F H
Ainsi, = H /E'F H ⟹ −1 = HIJ − 1 car E'FGH = 1. Donc 𝜋9?@ = −0,48%. On
EHH E'FG L EHH E'FL L
constate qu’il n’y a pas d’inflation mais de la déflation. La déflation (baisse continue du
niveau général des prix) ne doit pas être confondue avec la désinflation (baisse du taux
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©Dunod, Malakoff, 2020
d’inflation). Le niveau général des prix peut continuer à augmenter en période de désinflation
mais moins fortement.
3. Le taux de chômage en t, ut, est défini comme le rapport entre le nombre de chômeurs (U)
et la population active (PA) à la date t. La population active correspond au total des chômeurs
et des personnes employées (N).
𝑈9 𝑈9 20
𝑢9 = = = = 11,76%
𝑈9 + 𝐿9 𝑃𝐴9 50 + 100 + 20
𝑈9?@ 𝑈9?@ 25
𝑢9?@ = = = = 14,12%
𝑈9?@ + 𝐿9?@ 𝑃𝐴9?@ 50 + 102 + 25
Entre t et t+1, le nombre de personnes employées a augmenté de 150 à 152, pourtant le
chômage a augmenté. Pourquoi ? A cause de la participation au marché du travail.
4. Le taux de participation est défini comme le rapport entre la population active et la
population en âge de travailler (POP) :
E, @VW
Taux de participation à la date t : EUEH = XWW = 85%
H
E, @VV
Taux de participation à la date t+1 : EUEHIJ = XWW = 88,5%
HIJ
Entre t et t+1, il y a une hausse du taux de participation, c’est-à-dire plus de participants au
marché du travail, or la hausse de la participation (4,11%) est supérieure à la hausse du
nombre d’emplois (1,33%). Il y a donc une aggravation du chômage.
Par la suite, on considérera le taux de participation comme fixé à court terme, une hausse du
nombre d’emplois correspondra alors à une baisse du chômage : ∆𝑁 = −∆𝑈.
5. PIB, inflation sont des variables de flux. Niveau général des prix, taux de chômage,
population active, POP, taux de participation sont des variables de stock.
Exercice 4
L’inflation est une hausse durable et généralisée des prix. Deux définitions possibles du taux
d’inflation : 1) celle basée sur le déflateur du PIB ; 2) celle assise sur l’indice des prix à la
consommation calculé par l’Insee. Le déflateur du PIB à la date t est le rapport entre le PIB
nominal et le PIB réel à la date t. Le taux d’inflation se calcule à partir de la variation du
déflateur entre deux dates. Quant à l’indice des prix à la consommation, il est calculé sur la
base du suivi de l’évolution des prix d’un panier de biens et de services sur une période
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©Dunod, Malakoff, 2020
donnée. Etant donné l’évolution de l’indice des prix à la consommation harmonisé sur la
période récente (2012-2015) où l’on constate que le taux d’inflation est passé d’un niveau de
2,5% environ en 2012 à 0,5% en 2014, il y a un risque que la déflation s’installe en zone euro.
Le rythme d’évolution de l’inflation, quelle que soit sa mesure, témoigne d’un risque
déflationniste non-négligeable dans la zone euro.
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