REPUBLIQUE DU TCHAD جمهورية تشاد
UNITE – TRAVAIL – PROGRES وحدة – عمل – تقدم
MINISTERE DE L’EDUCATION
NATIONALE
LYCEE COLLEGE EVANGELIQUE WALTER GANZ
(Effort – Travail - Réussite)
CLASSE DE : 2nde S
SCIENCE DE LA VIE ET DE LA TERRE (SVT)
GROUPE N° 8 : EXPOSE DEBAT
THEME : LA SAVANE
Rédigé par :
1. Hawa Brahim Daoud
2. Foulda Goumgoyo
3. Moyalbaye Caleb
4. Mansoura Mahamat Zène Adef
5. Modjimadji Dikdé Daniel
6. Eli Djimbaïye
Sous la supervision de :
[Link] Elysée
Année Académique 2021-2022
PLAN DU TRAVAIL
INTRODUCTION ............................................................................................. 1
I- ORGANISATION D’UNE SAVANE ............................................................ 1
II- ORIGINE DES SAVANES ........................................................................... 2
III- LES DIFFERENTS TYPES DES SAVANES .............................................. 2
IV- IMPORTANTE BIODIVERSITE DE LA SAVANE ................................... 4
V- FORTE RICHESSE FLORISTIQUE DE LA SAVANE ............................... 6
VI- L’HOMME ET LA SAVANE ..................................................................... 6
VII- CONSEQUENCES SUR LA SAVANE ................................................... 11
VIII- SAVANES ET CHANGEMENT CLIMATIQUE ................................... 13
IX- RECOMMANDATIONS........................................................................... 13
CONCLUSION ................................................................................................ 14
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INTRODUCTION
La savane est une formation végétale propre aux régions chaudes à longue saison sèche et
dominée par les plantes herbacées de la famille des Poacées (Graminées). Elle est plus ou
moins parsemée d'arbres ou d'arbustes. Selon la densité (dans l'ordre croissant) des espèces,
on parle de « savane herbeuse », de « savane arbustive », de « savane arborée », de « savane
boisée », puis de forêt claire, la transition se faisant en général de manière progressive.
C’est aussi un « Ecosystème de formations herbacées des zones intertropicales, à
dominance de Poaceae (graminées), associées ou non à une strate ligneuse plus ou moins
haute et dense »
Les savanes constituent l’un des biomes les plus vastes du monde
20% des surfaces terrestres
65 % de l’Afrique
I- ORGANISATION D’UNE SAVANE
Figure. Schéma de l’organisation d’une savane
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L’organisation d’une savane est constituée par la présence continue d’une strate herbacée
avec des graminées et de nombreuses forbs (herbacées non ligneuses autre que les graminées),
et la présence plus ou moins importante d’arbres et d’arbustes. Les deux principales
perturbations de ces végétations sont les feux récurrents et l’herbivorie, bien que la pression
de l’herbivorie ne soit pas la même partout dans le monde. Les savanes présentent différentes
physionomies. Certaines sont très ouvertes, avec peu ou pas d’espèces arbustives ; d’autres au
contraire présentent un couvert arboré assez fermé, comportant de nombreuses espèces
d’arbres. La caractéristique commune définissant ces écosystèmes est la présence d’une strate
herbacée continue, composée essentiellement de graminées et d’espèces herbacées non
ligneuses (dites forbs).
II- ORIGINE DES SAVANES
Les écosystèmes herbacés tropicaux comme les savanes sont des écosystèmes anciens, qui ont
évolué depuis des millions d’années avec le feu et les grands herbivores. L’origine des
graminées à la fin de l’Oligocène et leur dominance pendant le Miocène est considérée
comme une évidence de l’origine ancienne de ces écosystèmes. La très grande richesse de ces
écosystèmes ainsi que le taux élevé d’endémisme témoignent également de leur ancienneté.
Certains écosystèmes herbacés tropicaux contiennent des espèces témoins d’un long
processus évolutif.
III- LES DIFFERENTS TYPES DES SAVANES
Les facteurs climatiques tels que la pluviométrie, température et rythme saisonnier mais aussi
la structure (densité et hauteur des ligneux - arbres et arbustes) et composition floristique «
stratifient » les savanes africaines en quatre grandes unités (phytochorologiques).
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o Savanes (steppes) herbeuses à arbustives (P = 100-600mm) (dont Domaine sahélien)
Ligneux < 8 m, couvert 2-70%
o Savanes arbustives à arborées (P = 600-1100mm) (Domaine soudano-zambézien)
Ligneux <8m et >8 m, couvert 2-20%
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o Savanes boisées à forêts claires (P = 800-1200 mm) (Domaine soudano-zambézien)
Ligneux >8 m, couvert 20-90%
o Mosaïques forêts-savanes (P = > 1200 mm) (Domaine guinéen)
Mosaïque forêt-savane
Il existe également des savanes incluses dans le domaine forestier et des savanes
littorales
IV- IMPORTANTE BIODIVERSITE DE LA SAVANE
La savane herbeuse en Afrique s’étend sur 5 millions de kilomètres carrés. Près de la
moitié du continent est d’ailleurs couvert par des savanes. Il s’agit d’une prairie
tropicale de hautes herbes, plus ou moins parsemée d’arbres, avec des températures
relativement chaudes toute l’année et des précipitations saisonnières.
Cet écosystème unique au monde est riche d’une biodiversité que l’on ne trouve nulle
part ailleurs sur la planète. Il accueille un grand nombre d’espèces d’animaux, et
notamment de mammifères brouteurs, en raison des grandes quantités d’herbe
disponibles. La savane est également importante pour l’homme puisque ses vastes
prairies lui permettent de pratiquer l’élevage.
De nos jours, les activités humaines additionnées aux changements climatiques
menacent cet écosystème. Les savanes sont régulièrement sujettes à des incendies,
principalement lors de la saison sèche. L’élevage et l’agriculture quant à eux
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provoquent une diminution de l’habitat des espèces sauvages et donc un manque
de nourriture à disposition.
Environ 65 espèces de grands mammifères et de nombreuses espèces de
micromammifères: rongeurs, insectivores et chiroptères
Environ 400-500 espèces d’oiseaux
De nombreuses espèces de reptiles, batraciens et poissons
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V- FORTE RICHESSE FLORISTIQUE DE LA SAVANE
Les savanes ont une
richesse floristique
moyenne égale à 1750
espèces/km²,
relativement proche de
celle des forêts tropicales
humides atteignant 2020
espèces/km²
Les savanes de type
«miombo» d’Afrique de
l’Est, avec plus de 3000
espèces, sont plus riches
que la forêt dense humide
VI- L’HOMME ET LA SAVANE
Les savanes, en plus de leur richesse végétale, abritent une mégafaune emblématique. Les
éléphants, zèbres, girafes, lions et guépards sont mieux adaptés à ces écosystèmes ouverts.
Les savanes font également partie de notre patrimoine culturel et de notre histoire. Ainsi
certaines études ont montré que les humains ont une préférence innée pour les paysages
ouverts, qui pourrait provenir de notre longue histoire évolutive dans les savanes d’Afrique
centrale et de l’est. Ces milieux sont souvent considérés comme un des moteurs de l’évolution
humaine.
Cependant les activités humaines, si elles n’en sont pas à l’origine, ont, au fil du temps,
profondément impactées les régimes de feu et l’herbivorie et de fait la distribution des
savanes. Aujourd’hui encore beaucoup de populations vivent au cœur de ces écosystèmes et
dépendent des services qu’ils fournissent, entre autres le contrôle de la qualité de l’eau, la
possibilité de pâturage, la présence de gibier.
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Malgré le patrimoine culturel et naturel qu’ils représentent, les écosystèmes herbacés
tropicaux sont largement menacés par la conversion de grandes surfaces pour l’agriculture.
Agriculture
L’agriculture occupe une place primordiale dans la vie des
populations de savanes
Maïs, mil, sorgho
Coton
Igname
Arachide,…
L’exploitation des savanes permet de concilier agriculture et
production fruitière dans les savanes-parcs
Elevage
L’élevage transhumant (pastoralisme), dans les régions à pluviométrie <600 mm, est
indissociable de l’écosystème de savane. La vie des pasteurs (nomades) repose sur le bétail et
les ressources qu’ils en retirent: viande, lait et peaux
Les savanes africaines supportent des millions de têtes de bétail qui dépendent de l’abondance
et de la qualité des pâturages et des ressources en eau disponibles
Utilisation des ressources naturelles
Au Zimbabwe, le bois des savanes fournit 96% des ustensiles de cuisine et 98%
des outils agricoles
Au Tchad, 90% des ménages utilisent le bois comme énergie domestique
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Au Shaba (Afrique centrale), 232 plantes sont couramment
consommées par les communautés rurales
60, 42 et 27 espèces de champignons sont respectivement
consommées au Malawi, en Zambie et en République
centrafricaine
Des centaines d’espèces végétales sont utilisées dans la pharmacopée
traditionnelle
Au Zimbabwe, un village de 1500 personnes consomme environ 60 tonnes de
viande de brousse chaque année
Au Mali, la pêche concerne 80000 personnes pour une
production annuelle de plus de 100000 tonnes de poisson
La chasse traditionnelle conduit à un prélèvement de
dizaines de milliers d’oiseaux d’eau dans le Delta du Niger
De nombreux autres produits de cueillette sont utilisés par
les populations rurales des savanes:
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Rongeurs, oiseaux, reptiles, insectes
Pailles pour les toitures
Fourrage pour le bétail
Miel
Gomme arabique,…
Aires protégées
Les aires protégées (parcs et réserves) contribuent à la conservation des écosystèmes et de
nombreuses espèces devenues rares ou menacées d’extinction
Le tourisme de vision (et cynégétique) constitue une source importante de revenus
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Eau
Ressource « clé » pour les populations des savanes
Alimentation
Irrigation
Elevage
Pêche
Navigation et transport
Feux de brousse
Les savanes subissent le passage du feu depuis des millénaires
L’usage du feu associe intimement l’Homme à la savane
Défrichements et cultures sur brûlis
Pratique de la chasse
Reconstitution des pâturages
Elimination des parasites
Causes culturelles
Le feu intervient comme un facteur écologique
Bonne gestion des feux
Maintien d’un cortège floristique associant
ligneux et herbacées
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Régénération du tapis herbacé
Lutte contre l’embroussaillement
Mauvaise gestion des feux
Appauvrissement du tapis herbacé
Destruction des ligneux
Impacts négatifs sur la faune
Impacts négatifs sur le sol
VII- CONSEQUENCES SUR LA SAVANE
Dans les savanes africaines plus précisément au sahel, les pratiques extensives se sont donc
développées avec l’augmentation de la population et de ses besoins prélevés dans le milieu
naturel ; faisant ainsi reculer le Sahel de 250 Km vers le sud durant le XX° siècle ! Car ce
n’est pas le Sahara qui avance, mais les zones jusque-là non désertiques qui reculent, laissant
la place au désert.
Ce processus de dégradation du Sahel s’est accéléré à partir des années 60. Les populations
sahéliennes, de plus en plus nombreuses, entrent dans une logique d’augmentation de la
production et de la consommation, mais sans abandonner leurs techniques ancestrales
d’agriculture extensive. Cela s’est donc fait au détriment du milieu naturel par des pratiques
dites minières :
La coupe anarchique du bois pour alimenter les villes,
Les feux de brousse et l’écobuage des champs qui privent le sol de sa source d’humus,
La dégradation du sol par l’agriculture vivrière ou commerciale,
Le surpâturage par la divagation des animaux qui ne permet pas aux arbres et à la
savane de se régénérer.
Il en résulte de grands dommages pour l’environnement et par voie de conséquence pour les
hommes, dommages tels que :
La pénurie d’eau, perdue par ruissellement et par assèchement des nappes phréatiques,
La disparition de la biodiversité (flore et faune),
Les famines et la paupérisation du monde rural,
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L’exode vers des villes surpeuplées et inconfortables,
L’exode vers des régions plus fertiles où naissent des conflits fonciers.
Pression anthropique croissante
Besoin de terres
Surexploitation des ressources naturelles
Mauvaise gestion des feux de brousse
Dégradation, fragmentation des habitats naturels
Forte pression sur les limites des aires protégées
Braconnage
Conflits Homme/faune sauvage
Erosion de la biodiversité ….
Instabilité politique
Conflits armés
La résolution de ces problèmes complexes ne peut se faire que de façon solidaire et en
s’inscrivant dans le temps ; les ruraux du Sahel ayant à faire le bond technologique que
l’Europe a mis cinq siècles à faire, depuis les graves crises alimentaires du XIV° siècle
jusqu’à la dernière famine d’origine climatique au milieu du XIX° siècle. Bien qu’ayant des
acquis technologiques qu’ignorait l’Europe de la fin du Moyen Âge, nous avons devant nous
plusieurs décennies de travail pour relever ce défi de la désertification du Sahel.
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VIII- SAVANES ET CHANGEMENT CLIMATIQUE
Déjà très largement affectés par les changements d’usage des terres d’origine anthropique, les
savanes devraient être profondément modifiées par le changement climatique et
l’augmentation des concentrations de CO2 dans l’atmosphère. En effet, l’étendue des savanes
dépend de la quantité de précipitations et de la saisonnalité du climat. Pour le futur, des
projections contrastées sont données par les différentes approches de modélisation. D’une
manière générale, les changements climatiques tendent vers une réduction de l’étendue des
savanes à l’échelle globale, selon deux mécanismes différents :
Dans les régions où une réduction des précipitations est prévue, il existe un risque de
désertification. Parce que les deux types de végétation qui structurent les savanes
réagissent différemment aux mêmes contrôles environnementaux, les réactions des
savanes aux sécheresses peuvent donc être différentes de celles des forêts et des
prairies. De plus, une augmentation des sécheresses peut limiter la présence des arbres
tout en favorisant les incendies dans des écosystèmes, comme les forêts, non adaptés
au feu.
Dans d’autres régions, une augmentation des précipitations est attendue ce qui
engendrerait une densification du couvert arboré et arbustif (embroussaillement) au
détriment des savanes. Ce processus est déjà en cours dû à l’augmentation du CO 2
atmosphérique. Dans certaines régions, une réduction de la végétation herbacée peut
avoir des conséquences graves sur l’économie locale si celle-ci dépend de l’élevage et
du pâturage par exemple.
IX- RECOMMANDATIONS
L’objectif ultime de toute recherche étant de faire des recommandations permettant de
prendre des décisions rationnelles ; les recommandations formulées s’inscrivent dans
une logique de réponse aux différents problèmes rencontrés dans les savanes. A la lumière de
ce qui précède nous recommandons :
La restauration des forêts dégradées, notamment en replantant des arbres, est essentielle,
mais la plantation d’arbres ne doit pas compromettre la conservation et la restauration
d’autres écosystèmes.
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La restauration écologique doit permettre de rétablir les écosystèmes dégradés, mais en
aucun cas de détruire des écosystèmes naturels.
Puisque la restauration des savanes reste difficile, les politiques environnementales
devraient donner la priorité à leur conservation.
La valorisation de la biodiversité et la reconnaissance des services écosystémiques que
ces écosystèmes fournissent est un premier pas pour améliorer leur conservation, en
parallèle de la gestion des zones naturelles. Ceci implique l’utilisation de brûlages
dirigés, la présence de feux naturels et/ou de l’herbivorie par la mégafaune autochtone.
CONCLUSION
Les savanes sont des écosystèmes sous contraintes et constituent les habitats de prédilection
des herbivores qui représentent des biomasses parfois considérables, liées à la richesse des
habitats et aux disponibilités alimentaires. Elles sont caractérisées comme des zones reliant les
forêts tropicales et les déserts équateurs, avec un large éventail de la végétation dans les
prairies, les déserts et les zones boisées. Lorsqu’on évoque la savane, chacun pense aux vastes
paysages africains où déambulent éléphants, gnous, girafes ou lions. Au gré des saisons et des
pluies, la végétation des herbes hautes plus ou moins parsemées d’arbres et d’arbustes passe
du vert au jaune. Ces écosystèmes herbacés couvrent environ 20 % de la surface terrestre et
sont présents sur toute la ceinture tropicale du globe, en Afrique bien sûr, mais aussi en
Amérique ou encore en Asie. Les feux récurrents ou les herbivores, eux-mêmes contrôlés par
les prédateurs, permettent de maintenir ces milieux ouverts en limitant la présence d’arbres et
d’arbustes. En raison de la complexité de la dynamique de la végétation des savanes, les
impacts du changement climatique et de l’utilisation des terres sur les savanes sont très
incertains. Mais dès à présent, les savanes sont largement menacées par les activités
humaines : conversion des terres pour l’agriculture, urbanisation, etc. Elles le sont aussi par la
plantation massive d’arbres souvent réalisée dans le cadre de compensation carbone. La
résilience naturelle de ces écosystèmes face aux dégradations d’origine anthropique est faible
et des actions de restauration sont souvent nécessaires, mais restent un défi permanent.
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