Un projet professionnel, c’est quoi
?
C’est l’expression de ce que vous recherchez en termes de :
- Formation (que vous voulez et pouvez suivre)
- Métier (que vous voulez et pouvez assumer)
- Responsabilités (que vous voulez et pouvez assumer)
- Entreprise que vous souhaitez rejoindre pour : son secteur d’activité, sa taille, sa
culture, ses projets, son style de management, ses valeurs… etc.
Vous devez réfléchir sur ces sujets, et vous faire une idée très précise de vos priorités.
Le Projet Professionnel permet d’engager l’étudiant dans un processus d’insertion
professionnelle dès son arrivée à une grande école afin de favoriser l’acquisition d’aptitudes
attendues dans le monde du travail.
Bilan personnel
Mission et vocation de l’école Choix de l’activité professionnelle
Objectifs du projet professionnel
D’engager l’étudiant, dès son entrée à une grande école (par exemple, une école de
commerce), dans le processus d’insertion :
Choix d’un thème d’activité professionnelle, recherche sur ce thème
Préparation et réalisation de rencontres avec des professionnels
Conclusions, rédaction d’un dossier, traitement les informations recueillies
Exposé oral
De lui permettre d’acquérir et développer des aptitudes :
D’autonomie, d’initiative, d’esprit critique
De communication des résultats d’un travail
De défendre le choix professionnel
D’appréhender un environnement professionnel en constante évolution
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Comment définir son projet professionnel ?
- Retracez votre parcours académique et professionnel
- Faites ressortir un fil rouge pour établir la cohérence de votre parcours
- Soyez capable d’expliquer vos choix et décisions d’orientation / réorientation
- Mettez en valeur les réussites significatives dont vous êtes fier
- Prenez conscience qu’on réussit mieux dans certains environnements
- Soyez conscient de vos points forts et de vos points à améliorer
- Renseignez-vous sur le métier que vous souhaitez exercer pour mieux en connaître
les contours, le vocabulaire et l’environnement
- Identifiez-vous à un type d’entreprise (PME, grande société, multinationale)
- Ecrivez ce que vous savez faire, ce que vous avez apprécié et moins aimé.
Pour défendre un projet professionnel dans un domaine particulier, il est indispensable
d’acquérir des connaissances sur ce secteur. Ces connaissances toucheront plusieurs aspects :
Les différents métiers qui le composent ;
Le déroulement d’une carrière et le niveau des rémunérations ;
Les principales qualités et compétences à posséder pour intégrer ce secteur ;
Les principaux acteurs du secteur ;
L’actualité et les problématiques liées à ce secteur.
Couvrir un spectre large de connaissances lors de la préparation, permet d’éviter le
désagrément de montrer au jury que l’on souhaite orienter notre projet professionnel vers
un secteur qu’on connait mal.
Exemple : Le métier de l’audit
Pour être auditeur, il faut aimer les chiffres mais pas seulement. Auditer une entreprise
c'est aussi et surtout travailler en équipe sur des missions diversifiées, créer une proximité
avec son client pour l'aider à répondre à ses problématiques et prendre très tôt des
responsabilités grâce à une évolution rapide.
Le rôle de l'auditeur va au-delà du simple aspect comptable qui ne fait qu'enregistrer les
événements de la vie de l'entreprise. Pour réussir, l'auditeur doit comprendre l'entreprise
dans toutes ses dimensions : son marché, ses produits et services, ses spécificités, ses
réactions aux événements d'actualité. Résultat, le métier d'auditeur est un formidable
accélérateur de carrière.
Les missions de l'auditeur
Il s'agit d'émettre une opinion sur la sincérité des comptes établis par l'entreprise. Ce
faisant, les auditeurs contribuent à restaurer la confiance des investisseurs et aident les
entreprises à prendre des décisions stratégiques. Cette opinion est émise :
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soit au travers de la certification légale des comptes annuels (commissariat aux comptes)
soit au travers d'interventions contractuelles (audit demandé par les actionnaires /
associés, revue comptable et financière dans le cadre de projet d'acquisition, etc.).
Les tâches qui en découlent sont pour le moins variées : l'auditeur identifie les risques,
analyse les procédures de contrôle interne et apprécie la sincérité des comptes des
entreprises de toutes tailles (de la PME-PMI à la société cotée). Et ce, autant dans le secteur
public que dans le privé.
L’audit : un métier de contact
La réussite de la mission d'auditeur ne dépend pas seulement de ses qualités techniques
mais aussi de la qualité de sa relation avec son client. Comprendre ses problématiques et
être à l'affût de toute actualité technique, réglementaire, fiscale ou sociale susceptible
d'impacter son entreprise sont essentiel dans la relation entre un auditeur et son client. On
y pense rarement, mais le métier d'auditeur financier est clairement un métier de contact.
Quel avenir pour les métiers de la comptabilité ?
Nouvelles normes comptables, réglementations de plus en plus complexes, départs à la
retraite en nombre : la comptabilité va recruter dans les années à venir. Mais dans quels
métiers ? Et quels cursus choisir ? Professionnels et responsables de formation vous donnent
les clés.
Philippe Arraou, expert-comptable et président d’ECF (Experts-comptables et
commissaires aux comptes de France).
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans?
"Actuellement, la moitié des diplômés de l’expertise comptable exercent en cabinet et
l’autre en entreprise. Ce ratio devrait se maintenir. Ce qui fait évoluer les cabinets dans leur
manière de recruter l’ensemble de leurs collaborateurs, c’est la complexité grandissante des
matières techniques qui composent notre savoir-faire, et l’évolution des normes
comptables. Les cabinets rechercheront donc de plus en plus des collaborateurs qui soient à
la fois experts-comptables généralistes et spécialistes."
Quels choix d’études aujourd’hui?
"Je pousse les étudiants que je rencontre à aller très loin dans leurs études, si possible
jusqu’au diplôme d’expertise comptable. Cela dit, grâce à la réforme LMD [licence, master,
doctorat], les étapes intermédiaires au DEC [diplôme d’expert-comptable], notamment
le DCG [diplôme de comptabilité et de gestion], deviennent intéressantes et permettront de
trouver un emploi sans problème. Il est également utile d’avoir quelque chose d’original
dans son parcours, qui vous démarque des autres. Cela peut être un master 2 dans une
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spécialisation liée aux besoins des entreprises : par exemple en matière sociale, en matière
fiscale, en matière juridique, en gestion de patrimoine, etc."
Jean-Louis Pouxritikoff, directeur développement et communication à l’ENGDE (école
supérieure de gestion et expertise comptable) .
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans?
"La demande sera énorme dans les prochaines années dans les cabinets d’expertise
comptable, en raison des départs à la retraite. En entreprise, certains métiers sont appelés à
prendre de l’importance, comme celui de trésorier (qui gère l’argent et recherche les
financements), crucial en période de tension économique, de consolideur (qui rassemble les
données comptables des différentes filiales) ou de risk manager (qui prévient des risques
financiers). De nouvelles perspectives s’ouvrent également pour nos diplômés dans la
gestion de patrimoine."
Quels choix d’études aujourd’hui?
"Si la tendance est à pousser jusqu’au bac +5, tout le monde n’en a pas toujours les
capacités. Un bon bac +3pluridisciplinaire, complété par une formation plus pointue dans un
domaine comme le droit fiscal par exemple, est un bon calcul. Les doubles formations
payent toujours, quel que soit le niveau d’études final. C’est aussi le cas pour l’alternance. Si
l’on décide d’aller jusqu’au DSCG [diplôme supérieur de comptabilité et de gestion], les 3
années de stages, rémunérées à hauteur d’un temps plein, sont une superbe opportunité
pour explorer les différents modes d’exercice de la profession : en cabinet, en entreprise, à
l’étranger…"
Christiane Föll, coresponsable du M2 CCA (master 2 comptabilité, contrôle, audit) à
Paris 1.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans?
"De nouvelles missions apparaissent, comme l’audit des comptes de campagne des
candidats politiques, ou l’audit des comptes des nombreuses associations existantes en
France. C’est surtout la manière d’exercer les métiers qui évolue. Les normes se
complexifient, du coup, les dossiers aussi. La profession tend à s’orienter vers le conseil,
libérée de la rédaction de certains documents, désormais remplis dans l’entreprise puis
télétransmis, ne nécessitant qu’une validation. Cette évolution plaît aux étudiants. S’ils
choisissent souvent de s’orienter vers les métiers de l’audit en début de carrière pour les
rémunérations intéressantes qu’ils offrent, ils se tournent de plus en plus vers l’expertise
comptable au bout de quelques années. Cette profession leur offre, en outre, un rythme plus
compatible avec une vie personnelle."
Quels choix d’études aujourd’hui?
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"Le master CCA [comptabilité, contrôle, audit] est très intéressant, car il permet d’entamer
le stage de 3 ans qui mène au DSCG avec seulement 2 matières à passer, ce qui rend le
cursus extrêmement rapide, pour un coût modique. Je recommande de commencer par
la licence comptabilité, qui donne les bases du master 1 comptabilité, contrôle, puis
le master 2 CCA. Nous recherchons des étudiants rigoureux mais qui savent réfléchir, car
cette matière, qui paraît très technique, nécessite aussi de grandes capacités d’analyse et
une vision transversale des matières, à l’image de celle qui sera demandée en entreprise ou
en cabinet."
Oualid Hathroubi, responsable de la division Support comptable chez Hays, cabinet
de recrutement.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans?
"Alors que les fonctions de base de la comptabilité, comme la comptabilité fournisseur ou la
saisie, sont de plus en plus délocalisées, les métiers en expansion sont ceux qui nécessitent à
la fois des bases comptables et des capacités relationnelles. C’est le cas du comptable client,
qui touche au relationnel client et au recouvrement (donc aux rentrées d’argent dans
l’entreprise), mais aussi du comptable général, qui doit également faire face aux nouvelles
normes. Il se profile aussi une pénurie de comptables paie, poste auquel les jeunes diplômés
ne pensent pas en général, mais qui offre une rémunération intéressante et peut s’exercer
avec un bac +3 suivi d’une spécialisation d’une année en paie."
Quels choix d’études aujourd’hui?
"On attend d’un comptable qu’il puisse expliquer où l’on perd de l’argent et comment faire
pour y remédier. De ce fait, les diplômes d’écoles de commerce ont toujours la cote en
entreprise ou dans les grands cabinets. Sinon le diplôme qui, pour moi, a le vent en poupe
est le DCG. Il comprend désormais de l’anglais et c’est une compétence qui manque
beaucoup actuellement. C’est le cas pour tous les niveaux de diplôme, où maîtriser
véritablement l’anglais peut signifier jusqu’à 5.000 € en plus sur la fiche de paie. »
Frédéric Gouvet, expert-comptable et commissaire aux comptes, associé du cabinet
Fi Ability.
Quels sont les métiers qui recruteront d’ici à 5 ans?
"Les petits et moyens cabinets sont en demande permanente de collaborateurs et ont déjà
du mal à recruter, que ce soit au niveau BTS [brevet de technicien supérieur] ou plus
qualifiés, en expertise comptable ou en audit. Le diplôme d’expertise comptable restera très
recherché, et sans doute de plus en plus avec les évolutions des réglementations. Cela dit,
avec n’importe quel diplôme de comptabilité qui tient la route et quelques stages réalisés
pendant ses études, il n’y a aucun souci pour trouver du travail !"
Quels choix d’études aujourd’hui?
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"Le diplôme d’expertise comptable met vraiment à l’abri. Il permet d’intégrer un cabinet
puis, éventuellement, de devenir associé. Se spécialiser est toujours un bon pari puisqu’on
devient alors assez rare sur le marché du travail. Les doubles cursus sont utiles si l’on
souhaite travailler dans de très grosses entreprises ou dans des cabinets internationaux. Je
pense notamment à la consolidation (pour laquelle il n’y a pas d’études spécifiques mais de
nombreuses options), mais aussi à des secteurs du type assurance, où les formations sont
peu nombreuses, ou encore en banque."
Propos recueillis par Gabrielle Blanchout
Avril 2010
Mardi 27 Avril 2010