La protection des intérêts privés du brevet d’invention
Introduction :
La propriété industrielle recouvre un ensemble de propriétés incorporelles
ayant une valeur économique industrielle inventées par les entreprises
commerciales pour l’amélioration de la compétitivité dans le marché. Les
éléments les plus importants sont les brevets d’invention, les dessins et
modèles, les noms commerciaux, les enseignes et les marques de fabrique,
de commerce ou de service.
Ce qui nous intéresse c’est le brevet d’invention. Linguistiquement, Le
brevet protège une innovation technique, c’est-à-dire un produit ou un
procédé qui apporte une nouvelle solution technique à un problème
technique donné. Juridiquement, le législateur marocain n’a pas définit le
brevet d’invention, néanmoins on peut le définir comme étant un titre de
propriété industrielle qui protègent une invention temporairement et qui
peut concerner un procédé ou un produit qui apporte une solution
technique à un problème donné.
Historiquement, l’humanité n’a cessé d’évoluer dans l’espoir d’améliorer
son sort, il nous est impossible d’en connaître les circonstances et les
auteurs. Il est toutefois certain qu’à cette époque lointaine, la seule loi qui
pourrait protéger les créateurs de ces innovations était la loi de la jungle !
Cela porte sur ce qui a donné naissance au système de brevet que nous
connaissons aujourd’hui pour protéger l’invention et comment celui-ci a
évolué à travers le temps.
Le plus ancien brevet technique à vocation industrielle connu en Europe est
délivré en 1421 à Florence à l'architecte et ingénieur Filippo Brunelleschi,
pour un de ses nombreux appareils de levage destiné à la manutention de
marchandises transportées par bateau.
Au Maroc, la première loi qui a protégé les brevets concernant la défense
nationale a été celle du Dahir du 4 août 1940. Avec l’évolution du domaine
industriel et la multiplicité des inventions, cette loi a été modifiée jusqu’à
la date de la nouvelle loi promulguée par dahir du 15 février 2000.
Actuellement, c’est la loi n 17-97 qui concerne la protection les brevets
l’invention et autres éléments de la propriété industrielle.
L’intérêt du sujet présent consiste à présenter les volets de la protection des
intérêts privés du brevet d’invention. C’est-à-dire qu’il faut avoir une
réglementation propre au brevet d’invention pour le protéger contre toute
concurrence déloyale qui peut entacher le brevet ainsi qu’à protéger les
intérêts privés du titulaire du brevet et les droits qui a sur son brevet et du
brevet d’invention ainsi qu’à l’application d’une répression stricte et ferme
en cas de concurrence déloyale.
Cela nous mène à poser la problématique suivante : comment peut-on
protéger les intérêts privés de ces brevets d’invention contre toute
concurrence déloyale ?
Pour répondre à cela, on traitera le plan suivant :
I- Protection des intérêts privés à travers la brevetabilité :
a- Conditions positives de brevetabilité du brevet
b- Droits conférés au brevet d’invention
II- Protection des intérêts privés à travers la concurrence
déloyale :
a- Conditions : matérielles et juridiques
b- Sanctions liées à la concurrence déloyale
Développement :
I- Protection des intérêts privés à travers la brevetabilité :
Chaque inventeur a droit à la protection. Cette dernière nécessite une
réglementation ferme et définitive pour l’acquérir. Ce qui nous mène à
traiter le formalisme du brevet ainsi qu’aux droits attachés à celui-ci.
a- Conditions de brevetabilité du brevet :
Selon l’article 31 de la loi n 17-97 : ‘’ toute personne souhaitant un
brevet d’invention doit déposer auprès de l’organisme chargé de la
propriété industrielle, un dossier de demande de brevet.’’ Cette demande
de brevet est sous conditions pour qu’elle soit valable.
L’invention doit avoir le caractère de nouveauté pour qu’elle puisse être
brevetable. En vertu de l’article 22 de la loi n 17-97 : ‘’ est brevetable dans
tous les domaines technologiques, toute invention nouvelle, impliquant une
activité inventive et susceptibles d’application industrielle’’.
Les personnes habilitées à demander le brevet d’invention, aux termes de
l’article 30 de la loi n 17-97 : ‘’le dépôt d’une demande de brevet
d’invention est effectué sur requête du déposant ou de son mandataire
auprès de l’organisme chargé de la propriété industrielle’’.
Quant aux mentions devant figurées dans le brevet d’invention, le dossier
doit contenir selon l’article 31, un formulaire de dépôt de demande de
brevet fixé par voie réglementaire, une description de l’invention, définir
l’objet de la protection demandée, les dessins pour comprendre l’invention
et un abrégé qui résume le contenu de l’invention.
Après traitement du dossier, la décision peut faire l’objet d’une
acceptation.
S’agissant de l’acceptation de la demande, l’organisme chargé de la
propriété industrielle établit un rapport de recherche préliminaire avec
opinion sur la brevetabilité relative à la demande de brevet d’invention. Le
déposant dispose d’un délai de trois mois à compter de la date de la
notification du rapport établit pour modifier les revendications.
Une fois les revendications sont modifiées, l’organisme chargé de la
propriété industrielle établit le rapport définitif.
Après délai de 18 mois à compter de la date du dépôt, l’organisme chargé
de la propriété industrielle publie le brevet d’invention délivré.
Sur demande du déposant ou son mandataire, l’organisme chargé de la
propriété industrielle lui délivre le titre du brevet d’invention.
b- Droits conférés au brevet d’invention :
Les droits attachés au brevet d’invention prennent effet à compter de la
date du dépôt de la demande du brevet et confèrent à son titulaire un droit
exclusif d’exploitation. L’étendue de la protection est déterminée par le
teneur des revendications.
Ces droits sont également transmissibles en totalité ou en partie. Ils
peuvent faire l’objet d’une concession de licence d’exploitation exclusive
ou non exclusive, ainsi que d’une mise en gage.
Il existe des licences obligatoires et licences d’office. Les licences
obligatoires ne confèrent point d’exclusivité. Toute personne de droit
public ou privé peut, trois après délivrance du brevet ou quatre ans après la
date du dépôt de la demande, obtenir du tribunal une licence obligatoire de
ce brevet.
II- Protection des intérêts privés à travers la concurrence
déloyale :
Cette partie portera sur les conditions matérielles et juridiques de la
concurrence déloyale (a), ainsi qu’aux sanctions liées à la concurrence
déloyale (b).
a- Les conditions : matérielles et juridiques
On ne peut établir une action en concurrence déloyale qu’après réunion de
deux conditions, juridiques et matérielles.
En premier lieu, on traitera des conditions juridiques. Ces dernières
reposent sur le principe de la responsabilité civile délictuelle qui contient
trois fondements ; une faute, un dommage, un lien de causalité entre les
deux éléments précédents.
La faute n’est point nécessairement intentionnel, la preuve de mauvaise foi
n’est pas exigée pour la constitution d’un délit de concurrence déloyale.
Le dommage est prouvé par l’existence d’un préjudice réel que le
demandeur se trouve dans l’obligation d’apporter des preuves de son
existence. Le préjudice peut être matériel ou moral ainsi qu’une perte de
clientèle.
Le lien de causalité est nécessaire entre le dommage et la faute.
En deuxième lieu, il s’agit de conditions matérielles. La concurrence
déloyale est établie lorsque l’un des actes suivants est réalisé ;
La Confusion avec l’entreprise rivale, lorsque le concurrent cherche à
provoquer un confusion dans l’esprit des consommateurs.
Le dénigrement de l’entreprise rivale est la dévalorisation aux yeux du
public d’une entreprise commerciale la réputation de leurs produits que
cette entreprise commercialise, pour but d’inciter la clientèle à se détourner
de l’entreprise visée.
La désorganisation de l’entreprise rivale peut soit être une désorganisation
interne de l’entreprise (révélation des secrets, espionnage, détournement
des fichiers…) soit une désorganisation de l’activité ou de méthodes
commerciales.
b- Les sanctions liées à la concurrence déloyale :
Selon l’article 184 de la loi n 17-97 : ‘’ Constitue un acte de concurrence
déloyale, tout acte de concurrence contraire aux usages honnêtes en
matière industrielle ou commerciale’’.
Cet acte de concurrence déloyale est réprimé par trois types de sanctions ;
Paiement de dommages et intérêts : cela permet l’indemnisation de la
victime qui a subi un dommage moral et matériel, cela comporte les pertes
subies et les gains manqués. Il sera tenu compte de la valeur des objets
confisqués dans le calcul de l’indemnité allouée au bénéficiaire de la
condamnation.
Cessation des actes déloyaux : permet de mettre fin aux troubles engendrés
par les actes déloyaux. L’interdiction sera généralement assortie d’une
astreinte.
La publication de la décision de condamnation : soit elle est faite aux frais
du demandeur pour informer la clientèle, soit elle est prescrite à titre
principal dans le jugement. Elle constitue la réparation du préjudice subi
par la victime.