Droit Privé
Droit Privé
DROIT PRIVÉ
INTRODUCTION
1. Notions fondamentales et classifications
1.1. Qu’est-ce que le droit ?
Notion large : le droit est un paquet de règles qui régissent des relations entre différentes
personnes dans une même société et qui régissent la conduite de l’homme en société.
G. LAGUESSE 1
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Remarque : la jurisprudence est très importante dans le droit anglo-saxon car eux travaillent
très peu sur base de loi et exclusivement sur la jurisprudence.
Conseil d’État :
➢ Relire les lois en projet
➢ Donner un conseil juridique : contradiction avec une autre loi.
➢ Juger les actes administratifs : nomination de fonctionnaire.
Cour Constitutionnelle :
➢ Annuler une loi contraire à la Constitution.
➢ Répondre aux questions des juges : questions préjudicielles (si le juge se demande si
en appliquant telle loi de telle manière, est-ce que ça serait contraire à la Constitution,
ou cela discriminerait-il ?)
G. LAGUESSE 2
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Internationale :
➢ Traités internationaux : OMC, CNUDCI (conventions ou lois-types).
➢ CCI – Incoterms, etc.
➢ Droit de l’U.E.
3. Droits subjectifs
3.1. La notion de droit subjectif
Droit subjectif : prérogative, avantage ou pouvoir particulier dont bénéficie et peut se
prévaloir un sujet de droit, qu’il soit personne physique ou morale.
G. LAGUESSE 3
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
= est un droit subjectif qui a un rapport immédiat et direct avec une chose sur laquelle le sujet
peut exercer certains droits.
Exemple : droit de propriété = mon rapport avec une chose qui est à moi et que je peux y
exercer certains droits. Je suis propriétaire de ma voiture, je fais ce que je veux avec (vendre,
louer, utiliser).
Catégories classiques :
➢ Droits réels principaux.
➢ Droit réels accessoires.
Exemple 1 : quand on fait un contrat, on fait un acte juridique car dans le contrat on manifeste
la volonté de créer du droit subjectif dans le chef d’une personne et de l’autre.
1
Créancier.
2
Débiteur.
3
De me payer quelque chose ou de faire quelque chose pour moi.
4
Permet de contraindre mon débiteur en allant en justice
G. LAGUESSE 4
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exemple 2 : dans le testament, on manifeste sa volonté de créer des droits dans le chef des
héritiers et avec le mariage, on crée des obligations dans le chef d’une et de l’autre partie.
Classification :
➢ Actes unilatéraux : n’est produit que par la volonté d’une seule personne.
Exemple : on veut acheter un immeuble, on fait une offre = un acte unilatéral
car j’offre au vendeur d’acheter ce bien immobilier à tel prix mais il n’est pas
obligé d’accepter.
Exemple : la reconnaissance de dette est un papier par lequel on écrit qu’on
reconnait qu’on doit telle somme à une personne = je suis tout seul à le faire, à
l’émettre.
➢ Actes bilatéraux : requiert l’accord d’au moins 2 personnes.
➢ Actes à titre gratuit ou à titre onéreux.
Exemple : accident de voiture, chute d’un objet du balcon qui blesse le voisin du dessous,
chien qui mort un passant.
Différentes catégories :
➢ Les délits et quasi-délits.
➢ Les quasi-contrats : des droits qui naissent un petit peu tout seul.
La gestion d’affaire : la tempête Ciara casse mon toit et le voisin fait les
réparations. Quand je suis de retour, le voisin dit qu’il faut l’indemniser. Je dis
au voisin que je ne lui rien demandé MAIS je vais quand même devoir payer
car le droit pour la personne dit que : « la personne qui a géré l’affaire d’une
autre personne pendant son absence doit être indemniser ».
Le paiement de l’indu : s’acquitter d’une dette qui n’existe pas ou à laquelle
on n’est pas (encore) tenu ou au bénéfice d’une mauvaise personne. Cela
donne le droit de réclamer le remboursement de ce qu’on a payé, alors que ce
n’était pas dû.
L’enrichissement sans cause : conséquence du paiement de l’indu, la
personne qui a reçu l’argent s’est enrichie sans cause.
G. LAGUESSE 5
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Caractéristiques :
- Intervention de deux personnes au min. : physique ou morale, débiteur et créancier.
- Relativité du rapport juridique créé : il n’y a que le débiteur qui est obligé de
fournir la prestation à laquelle il s’est engagé.
- Pouvoir de contrainte du créancier : obliger son débiteur devant un juge à exécuter
son obligation.
- Caractère temporaire (extinction par le paiement ou autre mode) : elle finit
toujours à un moment ou à un autre par s’éteindre.
Classifications :
A. Obligation civile/Obligation naturelle
- Civile : elles nous occupent plus car ce sont les seules obligations que son
inexécution est sanctionnée par le droit, elle est contraignante.
Exemple : quelqu’un me vend un GSM, c’est un contrat qui contient
plusieurs obligations : l’acheteur doit payer le prix et le vendeur donner
le GSM, si l’un des deux n’exécute pas leurs obligations, elles peuvent
être sanctionné en justice.
- Naturelle : obligation pour laquelle il n’existe pas d’action en justice, même si
certains effets de droit peuvent en découler = un juge ne peut pas nous obliger
à l’exécuter.
Exemple : je perds mon chat, je mets une annonce et quelqu’un me le
ramène, j’ai quelque part une obligation morale/naturelle de lui donner
une récompense mais rien m’oblige à le faire.
Imaginons qu’Antoine se trompe de numéro et oups c’est gagné, qui touche l’argent? Jean
Paul car c’est lui qui a payé le billet et Antoine va être dégouté car c’est grâce à lui que Jean
Paul a gagné mais il n’a aucune obligation civile de payer quoi que ce soit à Antoine mais une
obligation morale s’il veut.
Si Jean Paul dit qu’il va donner 1 million à Antoine, son obligation naturelle se transforme en
une obligation civile car il s’est engagé à payer à Antoine 1 million d’euro = il devra prouver.
G. LAGUESSE 6
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Cautionnement : est un acte juridique bilatéral par lequel une personne s’engage pour une
autre personne à exécuter son obligation si cette personne ne s’exécute pas.
G. LAGUESSE 7
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Dans certains cas, surtout pour le terme suspensif, si un autre événement ce produit, il faudra
rembourser la première obligation tout de suite et plus dans 3 ans.
2 cas :
- Si on tombe en faillite : il faut rembourser tout de suite.
- Si notre créancier perd des garanties de remboursement : la banque prend une
garantie réelle (hypothèque) quand on fait un emprunt ou qu’une personne se porte
garant pour nous
G. LAGUESSE 8
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Après une analyse de la situation par le tribunal, il nommera un curateur qui liquidera toute la
société (vendre tous les actifs) et va répartir les liquidations entre les créanciers.
Le contrat est :
- Un acte juridique bilatéral : on est 2 à faire un contrat
- Un acte multilatéral : on est 10 à faire le contrat.
Ne pas confondre :
- Contrat unilatéral : toujours un acte bilatéral mais on a des contrats où il y a une
seule personne qui prend des engagements
- Acte juridique unilatéral : un acte juridique que l’on pose avec soi-même, on ne
conclut pas un contrat avec quelqu’un
- Contrat au sens negotium : le contrat en tant que tel, on se serre la main, on se et
d’accord, on a un contrat.
- Contrat au sens d’instrumentum : le contrat papier, ce sur quoi se matérialise le
contrat
- Contrat synallagmatique : un contrat où toutes les signatures ont des obligations les
unes à l’égard de l’autre (contrat de vente).
- Contrat de caution : : il n’y a que des obligations dans le chef de la caution (la
banque n’a pas d’obligation envers l’autre personne).
G. LAGUESSE 9
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Autres notions :
➢ Contrat de consommation : il est conclu entre un professionnel et un consommateur.
Le professionnel va vendre quelque chose pour l’utiliser à des buts autre que privé. Le
G. LAGUESSE 10
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exceptions :
➢ Contrats réels.
➢ Formalisme solennel.
➢ Formalisme de protection de la partie faible.
Tempéraments :
➢ Formalisme probatoire : écrit = moyen de preuve.
➢ Formalisme de publicité : écrit = moyen d’opposabilité.
Exceptions :
➢ Droit de rétraction : droit qui est dans tout ce qui est vente à distance, le
consommateur a toujours la possibilité de se rétracter un min. de 14 jours après
l’achat.
➢ Clauses pénales excessive.
G. LAGUESSE 11
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exceptions :
➢ Action oblique.
➢ Action paulienne.
➢ Critère objectif : il y a abus de droit si on exerce son droit sans raison, mais ça cause
un préjudice à quelqu’un. Si quand on a plusieurs manières d’exercer son droit et on
choisit exprès de choisir celui qui cause préjudice à quelqu’un. Si on crée une
disproportion entre les avantages que l’on retire de l’exercice de notre droit et les
inconvénient que les exercices du droit entraînent.
2. Formation du contrat
§ 1 : Approche dynamique
1.1. Période contractuelle
La période contractuelle prépare à la conclusion du contrat.
La préparation de la conclusion du contrat est tout ce qu’on va discuter avec notre potentiel
associé en vue de conclure un contrat.
G. LAGUESSE 12
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Quels sont les clauses des 4 coins ? « Les présentes dispositions annulent et remplacent toute
correspondance ou accords antérieurs et ne sauraient être modifiées qu’expressément par
avenant au présent contrat, signé par les parties légalement autorisées. »
➢ Tirée de l’exigence de bonne foi (c. civ., art. 1134, al. 3) : l’obligation
d’information, de conseil et de mise en garde au cours de la phase précontractuelle.
Les sanctions possibles sont :
• Culpa in contrahendo (1382 C. civ → F-D-LC).
• Vice de consentement.
• Nullité prétorienne.
Exemple : immoweb = quand on vend notre maison pour 50.000€, on ne fait pas une
offre qui va être accepter par quelqu’un mais un appel d’offre. Ce sont les personnes
qui veulent vendre l’immobilier qui font la demande d’offre.
G. LAGUESSE 13
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
L’offre est le dernier acte avant l’acceptation, elle peut être faite par écrit, téléphone, internet,
etc. Le risque est que si on fait une offre et elle est accepté, on ne peut plus la retirer.
Conséquence ? Obligatoire.
Chaque entreprise à des conditions générales (ce sont des contrats) et pour qu’elle soit
applicable à la relation du contrat, il faut qu’elles aient été communiquées et accepté par tout
le monde avant la signature du contrat.
§ 2 : Approche statique
4 conditions sont essentielles pour la validité d’une convention.
2.1. Consentement non vicié
Notion : l’accord des parties sur ce qui concerne le contrat = la volonté de s’engager
juridiquement.
G. LAGUESSE 14
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
A. L’erreur : on s’est trompé dans le contrat, je pensais faire ça mais pas du tout (art.
1109, cod. Civ.)
Pour qu’une erreur commise puisse annuler un contrat, plusieurs conditions doivent être
remplies :
- Substantielle/Déterminante : doit porter sur un élément essentiel du contrat, de sorte
que si on n’avait pas commis cette erreur, on n’aurait pas conclu de contrat.
Exemple : tapis qui s’abime quand je marche dessus.
- Commune : l’autre personne avec laquelle on a conclu un contrat a été informé ou est
au courant de l’importance que j’attache à l’élément sur lequel je me suis trompée.
Exemple : je précise vouloir un tapis extérieur.
- Excusable : on peut pardonner à la personne qui l’a commise.
Exemple : achat d’un tapis d’Orient » au magasin « Grand Bazar ».
- De fait : on s’est trompé sur un détail factuel.
Exemple : la superficie d’un terrain.
- De droit : généralement toujours inexcusable car tout le monde est censé le droit.
Exemple : pas de permis d’exploitation.
- Sur un prix : on ne peut pas annuler un contrat car on s’est trompé sur le prix,
généralement on nous a donné le prix et on a accepté.
Conditions :
➢ Manœuvres dolosives :
❖ Élément intentionnel : l’intention de tromper le cocontractant.
❖ Élément matériel : les manœuvres effectuées.
➢ Doivent émaner du cocontractant.
➢ Déterminantes : si ces manœuvres n’avaient pas été posées, le contrat n’aurait pas été
conclu.
Effets : il n’y a que la victime du contrat qui peut demander la nullité relative du contrat.
- Dol principal.
- Dol incident.
G. LAGUESSE 15
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
➢ Impressionnante.
➢ Grave.
➢ Déterminante : sans cette violence, on n’aurait pas conclu de contrat.
➢ Injuste / Illégitime : un employé vole dans la caisse. Le patron lui dit : soit je te vire
avec tes indemnités mais je le dis à tout le monde, soit tu me donnes ta lettre de
démission et tu t’en vas (quand on démissionne pas de chômage). Si l’employé va en
justice en disant qu’on l’a forcé à signer l’acte juridique unilatéral (lettre de
démission), ça ne marche pas, le juge risque d’estimer que la menace était légitime et
non injuste.
D. La lésion :
Notion : quand on rencontre une disproportion manifeste entre les prestations réciproques =
entre les 2 personnes qui ont conclu le contrat, y’en a un qui est plus avantagé que l’autre.
Lésion qualifié :
Dans toute situation où quelqu’un abuse de la faiblesse de quelqu’un d’autre, le contrat peut
être annulé pour lésion.
Conditions :
➢ Abus d’une situation d’infériorité.
➢ Détermine de façon prépondérante le consentement.
➢ Déséquilibre ou disproportion manifeste, grave et injustifiée entre les prestations
réciproques des parties.
Exemple : emprunt à taux excessif pour passion du jeu.
Pas de cause ? Exemple : lorsque je mets une maison en location sans loyer.
2.3. Objet
Notion : ce sur quoi porte le contrat.
G. LAGUESSE 16
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
2.4. Capacité
Notion : le pouvoir pour une personne d’être capable et autorisée à exercer ses droits à
conclure un contrat.
Délai de prescription : le temps qu’on a pour demander l’annulation d’un contrat devant le
juge (10 ans).
3. Effets du contrat
§ 1 : Principe de la convention-loi : C. civ., art. 1134, al. 1
Le contrat, la convention a valeur de loi : c’est comme s’ils avaient créé une loi qui s’applique
seulement à eux.
➔ Cette convention s’impose à elle, aux parties et le juge doit le respecter.
SAUF, 4 exceptions :
Loi :
- Réductions des clauses pénales excessives (c. civ., art. 1231) : une clause pénale est
un petit passage dans le contrat qui prévoit que si une des parties ne s’exécute pas, elle
devra payer au cocontractant une somme d’argent. Le juge peut réduire les clauses
pénales qu’il juge excessive.
- Délai de grâce accordée par le juge au débiteur (c. civ., art. 1244, al. 2) : quand
une personne doit payer maintenant un montant trop important que si la personne est
de bonne foi et malheureuse, le juge peut accepter qu’’elle paie en plusieurs fois.
G. LAGUESSE 17
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Jurisprudence :
- Application de l’abus de droit : même si c’est écrit dans le contrat, parfois il y a abus
de droit.
- Possibilité de résilier : unilatéralement un contrat conclu à durée indéterminée.
§ 2 : Contenu du contrat
On applique uniquement ce qui est écrit dans le contrat et rien d’autre MAIS le code civil
nous permet de combler les lacunes du contrat ➔ C. civ., art. 1134, al. 3 et art. 1135
Si quelque chose n’est pas prévu dans le contrat, il sera complété en défaveur la partie la plus
forte ➔ C. civ., art. 1156.
Une liste d’un peu plus de 30 clauses abusives dans le code de droit économique.
Quel est son objectif ? Éviter de se casser la tête devant le juge après.
Régime :
➢ Réduction des clauses pénales excessives : mais pas en dessous du préjudice
effectivement subi.
➢ Réduction des intérêts moratoires conventionnels excessifs.
➢ Adaptation de la clause pénale en cas d’inexécution partielle de l’obligation.
➢ Contrat avec un consommateur.
G. LAGUESSE 18
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Inexécution : il y a inexécution en droit dès le moment qu’une prestation qui était attendue
n’est pas remplie conformément à ce qui était attendue.
Dans tous les cas, il est recommandé de trouver un remède à la situation via une discussion et
une tentative de règlement amiable.
Avant de passer à une phase dite contentieuse, il existe des modes alternatifs de règlement
des conflits qui permettent de résoudre un problème en-dehors des cours et tribunaux
judiciaires.
Exemple : la médiation qui est un mode de règlement alternatif des conflits qui fait
intervenir un médiateur neutre qui va tenter de proposer aux parties une solution amiable
négociée.
Lorsque qu’on se trouve, en tant que créancier, face à une situation d’inexécution, il est
conseillé d’analyser la situation au regard :
- Des documents contractuels et précontractuels.
- Les échanges intervenus entre les parties : en cours d’exécution du contrat et après la
situation d’inexécution.
Effets :
- Anéantir le contrat rétroactivement : une résolution du contrat.
- Suspendre l’exigibilité de l’obligation : seulement si l’obstacle est temporaire.
Exemple : si l’entrepreneur est tombé malade, ses obligations sont
suspendues et reprendront dès sa disponibilité
G. LAGUESSE 19
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
En cas de CEL, aucune indemnisation (dommages et intérêts) ne peut être réclamée à la partie
dont les obligations sont en situation d’inexécution.
Finalement, on peut également considérer qu’une CEL existe du fait du créancier : c’est le
créancier qui provoque la situation d’inexécution.
Exemple : un club de sport n’est pas responsable d’un accident survenu entre deux
membres du fait que ceux-ci n’ont pas respecté les dispositions de sécurité reprises
dans le règlement d’ordre intérieur.
La mise en demeure ne doit pas revêtir de forme précise mais pour des questions de preuve,
mieux vaut l’adresser par écrit, par recommandé ou par huissier.
2 effets :
➢ Fait débuter les intérêts moratoires : indemnisation, sous forme de dommages et
intérêts calculés en un pourcentage du préjudice subi par le créancier, pour le retard
dans l’exécution de l’obligation par le débiteur.
➢ Renverse la charge des risques.
G. LAGUESSE 20
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exemple : l’entrepreneur doit terminer ses travaux pour le 1/10, mais dans le
délai, il tombe gravement malade et ne peut achever les travaux dans le délai
convenu. C’est une CEL, le maître d’ouvrage (créancier) ne pourra pas
réclamer de dommages et intérêts pour le retard occasionné. Mais la situation
est différente si, le 15/10 (après la date de fin des travaux), l’entrepreneur
n’est pas malade, et le maître d’ouvrage lui adresse une mise en demeure
d’exécuter ses travaux. Dès la mise en demeure, si l’entrepreneur tombe
malade, il devra supporter les conséquences du plus long retard causé par sa
maladie.
G. LAGUESSE 21
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Conditions :
➢ Contrat synallagmatique : obligations réciproques dans le chef des deux parties.
➢ Mise en demeure : adressée au débiteur de l’obligation non-exécutée, au sein de
laquelle le créancier annonce qu’il va suspendre l’exécution de ses propres
obligations.
➢ Inexécution suffisamment sérieuse : pour justifier la mise en œuvre de l’exception
d’inexécution.
➢ Proportionnalité : un créancier d’une obligation ne peut soulever l’exception
d’inexécution s’il est lui-même de mauvaise foi et fautif.
Exemple : une petite fuite de robinet est constatée par le locataire, qui décide
de refuser de payer entièrement son loyer tant que la fuite n’est pas réparée :
c’est disproportionné.
En cas de contestation, c’est le juge qui décidera si l’exception d’inexécution a été valablement
soulevée par un créancier ou non.
La régularité d’une telle résolution unilatérale sera strictement analysée par le juge, en cas de
contestation.
Conditions :
➢ MED avec indication de son intention de rompre le contrat : au sein de cette mise
en demeure, le créancier doit avoir :
❖ Constaté la défaillance du débiteur.
❖ Manifesté clairement son intention de rompre le contrat si l’exécution perdure.
➢ Constatation préalable de la défaillance du débiteur.
➢ Manquement suffisamment grave.
➢ Situation d’urgence ou impossibilité avérée d’exécution.
Exemple : une maison de repos faisait face à un ascenseur défectueux. Après
plusieurs réparations par la société de réparation d’ascenseurs sous contrat
avec la maison de repos, toutes infructueuses, la maison de repos a décidé de
rompre unilatéralement le contrat et de conclure un contrat avec une autre
société.
La résolution unilatérale s’opère aux risques et périls du créancier. Si le juge estime, par la
suite, que la résolution unilatérale du contrat a été mise en œuvre à tort, le créancier pourra être
condamné à payer au débiteur des dommages et intérêts.
G. LAGUESSE 22
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Conditions :
➢ Situation d’urgence + nécessité d’y remédier au plus vite.
➢ MED avec dernier délai laissé au débiteur pour s’exécuter
➢ Faute du débiteur défaillant + preuve de celle-ci.
➢ Mise en œuvre du remplacement sans retard.
Exemple : un bailleur (propriétaire) constate que le locataire laisse les lieux loués se dégrader.
Après mise en demeure, il prend l’initiative de réparer et nettoyer les lieux lui-même. Il
envoie ensuite la facture au locataire.
Par ailleurs que la résolution peut être prononcée indépendamment du préjudice subi par le
créancier (= le « dommage » du créancier). Il suffit qu’une faute, suffisamment grave, ait été
commise par le débiteur.
Effets :
➢ Anéantissement rétroactif du contrat : on considérera que le contrat n’a jamais
existé, ce qui entraînera dans le chef de chacune des parties des « restitutions
réciproques », en nature = le retour au pristin éta.
Exemple : si la résolution d’un contrat de vente est prononcée, l’acheteur
doit restituer la chose reçue, et le vendeur doit restituer le prix.
5
Un juge qui va se pencher sur une affaire de manière approfondie et complète.
G. LAGUESSE 23
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Remarque : lorsque les parties sont en présence d’un contrat dit « à exécution successive6 », on
considérera que l’anéantissement du contrat n’est pas rétroactif et qu’elle ne vaut qu’à partir du
moment où elle est prononcée par le juge.
L’exécution en nature devra toujours être préférée à d’autres mesures. Elle doit s’appliquer en
priorité, si une telle exécution est encore possible et que les circonstances le permettent.
Lorsque l’exécution par le débiteur de son obligation « en nature » n’est pas possible, sans
intérêt, abusive ou ne convient pas à la situation rencontrée, le créancier pourra être dédommagé
« de manière équivalente » à une exécution en nature. Ce dédommagement prend la forme de
« dommages et intérêts » et est donc subsidiaire par rapport à l’exécution en nature.
Exemple :
Impossibilité matérielle : j’ai prêté un objet à une personne, qui l’a ensuite perdu. Il
lui est donc matériellement impossible de s’exécuter en nature. Par équivalent, il me
devra des dommages et intérêts.
❖ Attention : si l’impossibilité résulte d’un cas de force majeure ou d’une cause
étrangère libératoire, le débiteur est libéré de sa responsabilité et l’exécution
par équivalent n’est pas de mise.
6
Comme un contrat de bail qui prévoit une exécution successive de payer le loyer, chaque mois.
7
Un montant que le débiteur devra payer au créancier, chaque jour, jusqu’à ce qu’il s’exécute correctement.
G. LAGUESSE 24
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Pour déterminer l’existence d’une faute, on fait aussi référence à la notion de bon père de
famille. Dans une situation analysée, qu’aurait fait le « bon père de famille », autrement
appelé « l’homme prudent et diligent, placé dans les mêmes circonstances » ?
Remarque : pour conclure à une faute, l’inexécution doit être « imputée » au débiteur, c’est-à-
dire qu’elle doit être rattachée à ce dernier, commise par ce dernier. C’est la raison pour laquelle
G. LAGUESSE 25
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
il n’y a pas de faute en cas de cause étrangère libératoire : l’inexécution, dans un tel cas, est
étrangère au débiteur et on ne peut la rattacher à ce dernier.
Exemple : je loue une voiture qui doit être rendue 15 jours plus tard, dans le même état.
Durant la location, ma voiture est réquisitionnée par les forces de l’ordre, et lorsque je
dois la rendre en parfait état, elle est en fait criblée de balles. Il y a une inexécution,
mais elle ne m’est pas « imputable » car elle est due au « fait du prince », une cause
étrangère libératoire. Je ne pourrai pas être déclaré « responsable » et je ne devrai pas
payer de dommages et intérêts.
Dommage : une perte subie par le créancier, un manque à gagner, un préjudice moral, etc.
Suite exemple : l’obligation du groupe de musique est ici une obligation de résultat. Le
groupe, débiteur de son obligation de venir jouer à la date prévue, sera présumé fautif
puisque le résultat n’est pas atteint.
❖ Le groupe doit prouver qu’aucune faute ne lui est imputable et que
l’inexécution est uniquement due à une cause étrangère libératoire : les
autorités publiques ont interdit tout concert pendant une période de 15 jours.
❖ Si l’absence du groupe est uniquement due à une erreur d’agenda : le
groupe ne pourra pas s’exonérer de la faute commise et pourra être tenu
responsable à l’égard des organisateurs et leur verser des dommages et intérêts.
Pour donner lieu à une indemnisation, il faut prouver que si la faute n’avait pas été commise
par le débiteur, le préjudice dont on réclame réparation n’aurait pas existé.
On peut raisonner selon une autre logique : si l’on constate que, si le débiteur s’était exécuté
correctement, le préjudice subi aurait été identique, on conclura à l’absence de lien causal et à
l’absence de responsabilité.
G. LAGUESSE 26
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exemple : le passager d’un taxi est en relation contractuelle avec le chauffeur de taxi,
même sans contrat écrit. L’obligation du chauffeur de Taxi est de conduire son passager
et de le déposer à la destination souhaitée, en respectant le Code de la route.
Dans cet exemple, le passager du taxi décède d’un arrêt cardiaque pendant le trajet et on
prouve que le décès se produit juste au moment où le chauffeur du taxi a brûlé un feu rouge. Le
chauffeur de taxi a commis une faute, certes, mais ce n’est pas cette faute qui a entraîné l’arrêt
cardiaque du passager. Il n’y a donc pas de lien causal entre la faute commise et le préjudice
subi = pas de responsabilité du chauffeur de taxi.
§ 5 : Aménagements contractuels
A. Aspect préventif
But : éviter les discussions éventuelles à venir.
➔ Clause de parfaite information (remise en question) : une personne déclare
avoir été complètement et parfaitement informée de toutes les caractéristiques d’un
produit, avoir reçu tous les conseils nécessaires, et renonce à rechercher la
responsabilité du cocontractant de ce fait.
➔ Clauses qualifiant les obligations des parties en obligation de moyen ou de
résultat.
Exemple : le vendeur s’engage à fournir les moyens appropriés afin de livrer
le bien dans les trois jours ouvrables » (obligation de moyen) ; ou « le
vendeur s’engage à livrer 20 tonnes de ciment à l’acheteur le 30 juin.
➔ Clauses déterminant le niveau de collaboration attendu entre les parties.
Exemple : le maître d’ouvrage doit mettre à disposition les éléments
nécessaires à l’exécution des travaux, comme le terrain, les plans, les
autorisations administratives, etc.
➔ Clauses déterminant la juridiction compétente/loi applicable : le tribunal
devant lequel la contestation/la convention sera portée en cas de différend entre les
parties.
Exemple : les tribunaux de Bruxelles.
Exemple : le droit français.
B. Aspect curatif
But : résoudre un conflit une fois que celui-ci survient.
➔ Clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité.
Exemple : la responsabilité du prestataire ne pourra être engagée qu’en cas
de faute lourde ou intentionnelle
➔ Clauses pénales.
Exemple : l’entrepreneur s’oblige à payer une somme de 47 EUR par jour de
retard dans l’achèvement des travaux.
➔ Clauses résolutoires expresses.
Exemple : à défaut de livraison du frigo avant le 28 octobre 2020 par la
société, l’acheteur pourra résilier le présent contrat.
➔ Clauses de résiliation anticipée (avec pénalité le cas échéant).
Exemple : pour ce bail conclu pour une durée de 9 ans, durant les 3
premières années d’occupation, le locataire pourra mettre fin à son bail à
n’importe quel moment, en remettant un préavis de trois mois, qui prend
cours le 1er du mois suivant l’envoi de la lettre contenant le préavis. Le
locataire devra cependant verser au propriétaire une indemnité de 3 mois de
G. LAGUESSE 27
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
5. Preuve du contrat
La preuve n’est pas une condition de validité du contrat, mais a des conséquences sur ses
effets lors d’une contestation.
Collaborer à l’administration des preuves : les parties doivent rester de bonne foi mais il
peut arriver que la partie sur qui repose la charge de la preuve ne parvienne pas à démontrer la
réalité de ses allégations = le juge peut forcer l’autre partie à produire les éléments de preuve
en sa possession (exception avec le secret professionnel et le secret d’affaires).
8
Code de droit économique, art. VI.62.
9
Loi du 14 avril 2014, art. 63 relatif au contrat d’assurance.
10
C. civ., art. 1731 applicable aux baux conclus dans la Région de Bruxelles-Capitale, conformément à l’article
220 du Code bruxellois du logement.
G. LAGUESSE 28
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
➢ Le juge peut, par jugement motivé, déterminer laquelle des parties devra supporter la
charge de la preuve.
§ 2 : Comment prouver ?
1. L’acte juridique et le fait juridique
Acte juridique : manifestation de volonté destinée à produire des effets en droit et se prouve
par le biais de la preuve testimoniale.
Exemple : la conclusion d’un contrat de prêt (je prête un crayon) est un acte juridique
de nature à produire des effets en droit (l’emprunteur devra restituer le crayon au
prêteur).
Fait juridique : évènement pouvant induire des conséquences en droit et se prouve par toute
voie de droit.
Exemple : je laisse les robinets ouverts ce qui provoque une inondation = la
conséquence juridique est l’obligation de réparer le dommage découlant de cette
inondation.
Un évènement qualifié de force majeure est un fait juridique de nature à entrainer des
conséquences en droit.
Exemple : l’impossibilité de signer un acte authentique de vente en raison d’une
épidémie est un cas de force majeure.
Force majeure : situation soudaine, imprévisible, irrésistible et inévitable qui n’est causée, ni
voulue par un individu. Le défaut d’exécution d’une obligation en raison de la survenance d’un
évènement de force majeure ne peut être imputé au débiteur dès lors qu’il n’a commis aucune
faute.
Une reconnaissance de dette ne respectant pas le formalisme prévu par la loi pourrait emporter
la conviction du juge (si d’autres éléments sont apportés), mais la valeur probante de ce mode
de preuve n’est pas absolue. Le juge pourrait donc s’en écarter.
Par contre, si la reconnaissance de dettes répond aux conditions de formalisme prévues par la
loi, le juge ne pourrait considérer que la preuve de l’obligation n’est pas rapportée = l’écrit aura
force probante.
G. LAGUESSE 29
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Recevabilité : tous les modes de preuve ne sont pas recevables par le juge = le juge est tenu
de déclarer recevables les éléments de preuve déclarés admissibles par loi et ne peut s’en
écarter.
3. Modes de preuve
Les modes de preuves repris dans le Code Civil sont au nombre de 4 :
- L’écrit.
- Les présomptions.
- L’aveu.
- Le serment.
Le témoignage est ajouté à ces modes de preuve même s’il n’est pas mentionné dans le Code
Civil.
A. La preuve par écrit
C’est le moyen de preuve absolue.
2 formes :
➢ L’acte authentique (c. civ., art. 1317) :
❖ Reçu par les officiers publics ayant le droit d’instrumenter dans le lieu où
l’acte a été rédigé.
❖ Actes passés devant un notaire et qui sont réputés de refléter la réalité.
❖ Force exécutoire : tout ce qui se trouve dans l’acte peut être exécuté sans
jugement.
❖ Force probante absolue puisqu’il fait pleine foi de la convention qu’il
renferme entre les parties contractantes et leurs héritiers ou ayants cause.
❖ Le notaire fait foi des déclarations qui y sont contenues et de l’identité de ses
signataires + signe également l’acte authentique.
❖ Possède une date certaine vu qu’il reflète la réalité.
Les actes sous seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques ne sont valables
que s’ils ont été faits en autant d’originaux qu’il y a de parties ayant un intérêt distinct.
Exemples : le contrat rédigé par un avocat et signé par les parties à ce contrat est
également un acte sous seing privé.
Exemple : dans un contrat de bail, il faut au moins deux originaux puisque deux parties
ont un intérêt distinct et ce, même s’il y a deux locataires et deux bailleurs (les deux
locataires ont le même intérêt, c’est-à-dire avoir la jouissance du bien, et les deux
bailleurs ont le même intérêt, c’est-à-dire que le loyer soit payé).
L’acte unilatéral est un acte juridique émanant d’une seule personne en vue de produire des
effets juridiques et constituant une manifestation de volonté.
G. LAGUESSE 30
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Exemple : une reconnaissance de dettes est un acte unilatéral d’une partie, visant à
reconnaitre devoir une somme d’argent au bénéfice d’une autre personne.
Les actes unilatéraux peuvent être soumis, selon leur contenu, à des exigences particulières.
Exemple : l’article 1326 du Code civil impose, lorsque l’acte unilatéral contient une
reconnaissance de dettes, que l’acte contienne outre la signature de celui qui s’engage,
qu’il ait écrit de sa main un « bon » ou un « approuvé » portant en toutes lettres la
somme ou la quantité de la chose pour laquelle le signataire s’est engagé.
B. Les présomptions
Notion : les présomptions sont des conséquences que la loi ou le juge tire d’un fait connu à un
fait inconnu (c. civ., art. 1349) = Il s’agit de présumer un fait, à partir d’autres faits.
C. L’aveu
Notion : le fait de reconnaitre volontairement l’exactitude d’un fait contesté, susceptible
d’entraîner contre soi-même des conséquences juridiques.
G. LAGUESSE 31
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
L’aveu peut avoir été fait tant dans le cadre d’une procédure judiciaire que dans le cadre d’une
situation qui n’a pas été judiciarisée.
La force probante : le juge tiendra pour vrai La force probante : est soumise à
les déclarations faites par les parties en cours l’appréciation des cours et tribunaux.
de procédure.
D. Le serment
Notion : une affirmation solennelle, fait devant le juge, d’un fait, par l’une ou l’autre partie.
E. Les témoignages
Notion : les déclarations faites par des personnes, autres que les parties à la cause, qui relatent
en justice ce qu’elles ont vu et entendu.
Le Code judiciaire (art. 961/2) autorise les parties à prouver par témoignage en produisant des
attestations, celles-ci pouvant même être produites à la demande du juge.
Droit futur : en vigueur le 1er novembre 2020, le nouveau livre 8 du Code civil sur la preuve.
- Définition : le témoignage comme étant « une déclaration faire par un tiers dans les
conditions des articles 915 et suivants et 961/1 et suivants du Code judiciaire ». Ainsi,
le témoignage devient un mode de preuve à part entière.
- Témoignage : l’article 8.28 du livre 8 précise que les « témoignages ne peuvent être
admis que lorsque la loi admet la preuve par tous modes de preuve ». La force probante
du témoignage n’est néanmoins pas aussi forte que celle de l’écrit, puisqu’elle est laissée
à l’appréciation du juge.
Remarque : le Code civil actuel ne reprend pas le témoignage comme un mode de preuve au
même titre que les précédents.
§
3 : Validité des modes de preuve
3.1. Principe général : la prééminence de l’écrit
La règle générale en matière civile est celle de la prééminence de l’écrit11.
11
Code civil, art. 1341.
G. LAGUESSE 32
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Précision : le Code civil impose aux parties de prouver leurs allégations par écrit (qu’il s’agisse
d’un acte notarié ou un acte sous seing privé) pour toutes choses excédant une somme ou valeur
de 375 €.
Exemple :
La preuve d’un achat au supermarché ne doit pas se prouver par un écrit
contresigné par les parties dès lors que la valeur n’excède pas 375 €.
La preuve d’un prêt d’un vêtement ne se prouve pas par écrit dès lors que la
valeur du vêtement n’excède pas 375 €.
Différence entre :
- La recevabilité d’un mode de preuve : il est nécessaire de prouver par écrit dès que
l’objet dépasse la somme de 375 €.
- La force probante de la preuve : l’écrit à une force probante plus importante que tous
les autres modes de preuve, puisque pour prouver contre un écrit, il faut un autre écrit.
Exemple : Le vendeur d’une voiture qui veut obtenir le paiement du prix de vente devra apporter
la preuve écrite du contrat de vente.
Remarque : l’écrit par lequel les parties sont fondées à démontrer la réalité de leurs allégations
doit répondre aux conditions (la signature des parties et la règle des originaux multiples ; ainsi,
un extrait bancaire n’est pas un écrit).
Droit futur : à partir du 1er novembre 2020, le montant de 375 € sera porté à 3.500 €. Ainsi, le
montant au-dessus duquel l’écrit est exigé en matière civile passera à 3.500 € (article 8.9 du
nouveau livre 8 du Code civil).
Il est également nécessaire que la convention précise le nombre d’exemplaires originaux établis,
et chaque exemplaire doit être un original (= la signature originale de chacune des parties).
Cette formalité est nécessaire pour les engagements unilatéraux desquels il résulte qu’une
personne s’engage à payer à une autre partie une somme d’argent ou une chose appréciable.
Cette formalité a été prévue dans le but de protéger la personne qui s’engage
unilatéralement.
G. LAGUESSE 33
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Les conditions :
- Soit l’acte a été écrit entièrement de la main de la personne qui s’oblige.
- Soit l’acte n’a pas été écrit entièrement de la main de la personne qui s’oblige : il
est nécessaire que la mention « bon pour » ou « approuvé pour » suivie du montant en
toutes lettres soit écrit de la main de la personne qui s’oblige.
Exception : lorsque l’acte émane de marchands, artisans, laboureurs, vignerons, gens de journée
et de service.
Sanction : n’est pas la nullité du negotium, mais uniquement de l’instrumentum (soit l’écrit
en lui-même). Les parties pourront encore tenter de démontrer l’existence de l’engagement ou
sa teneur par d’autres moyens de preuve.
3.3. Exceptions
Il existe de nombreux cas où les parties sont dans l’impossibilité de prouver par écrit.
Dans ce cas, il est encore possible pour les parties de prouver autrement.
1. Commencement de preuve par écrit (article 1347 du Code civil) : certains actes ne
peuvent valoir comme écrit au sens de l’article 1341 du Code civil.
Exemples : ils n’ont pas été établis en autant d’originaux qu’il n’y a de parties
ayant un intérêt distinct, un acte authentique nul en la forme, une
reconnaissance de dettes qui n’a pas été rédigée de la main de celui qui
s’oblige, etc.
Ces écrits ne bénéficieront pas de la même force probante qu’un écrit sensu stricto, mais
pourront, si les conditions suivantes sont remplies, servir de moyen de preuve :
• Il doit s’agir d’un écrit.
• Émaner de celui à qui on l’oppose.
• Doit rendre vraisemblables les faits allégués.
Il est, une fois que l’on détient un commencement de preuve par écrit, nécessaire, pour emporter
la conviction du juge et compléter l’écrit nul en la forme, d’apporter d’autres moyens de
preuves. Il sera ici possible de recourir à la preuve par présomptions et par témoignages.
G. LAGUESSE 34
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Cette exception vaut également pour la preuve des obligations découlant des quasi-contrats et
des délits ou quasi-délits.
Ainsi, le législateur a prévu des règles particulières en matière de preuve entre commerçants
(devenus « entreprise ») :
➢ C. civ., art. 1348bis : à l’égard des entreprises ou entre entreprises (…), la preuve peut
être apportée par tous les moyens de droit, sauf si la loi en dispose autrement.
➢ L’entreprise est, dans ses rapports avec des consommateurs (ou toute personne ne
répondant pas à la définition de l’entreprise) tenue des respecter les modes de preuves
admis par le droit civil.
Ainsi, une entreprise pourra démontrer, contre une autre entreprise, l’existence d’un contrat et
quel que soit le montant de la demande, par toute voies de droit et non uniquement par un écrit.
Toutefois, la preuve étant libre, il revient au juge d’apprécier la force probante des éléments de
preuve soumis à son appréciation.
G. LAGUESSE 35
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La comptabilité de l’entreprise :
Selon l’article 1348bis, § 2, du Code civil : « la comptabilité d’une entreprise peut être admise
par le juge pour faire preuve entre entreprises ».
Le législateur a été jusqu’à considérer que « la comptabilité d’une entreprise à force probante
contre elle ».
➔ Il s’agit donc d’un mode de preuve important en matière commerciale (alors même
qu’il ne s’agit pas d’un document contradictoire).
Le juge peut même, sur demande ou d’office, ordonner la représentation de tout ou partie de
la comptabilité d’une entreprise concernant le litige.
Droit futur : le législateur prévoit expressément « qu’une facture non contestée par une
personne qui n’est pas une entreprise ne peut être considérée comme acceptée, sauf si cette
absence de contestation constitue un silence circonstancié. Une facture acceptée, expressément
ou tacitement, par une personne qui n’est pas une entreprise constitue une présomption de fait »
(article 8.11, § 4).
Certaines lois spécifiques n'entrent pas dans le champ d'application du Code civil, mais
elles réglementent encore d'autres contrats, tels que les contrats de travail (loi du 3 juillet
1978) ou les contrats de voyage (loi du 16 février 1994).
En l’absence de règles spécifiques, les contrats sont soumis au régime de la « théorie générale
des obligations12 ».
12
Voir plus haut.
13
Code civil, art. 1582 et suiv.
G. LAGUESSE 36
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La plupart des dispositions du Code civil sont des dispositions "supplétives", ce qui signifie
qu'elles ne s'appliquent que si le contrat de vente lui-même ne prévoit pas le contraire.
En d'autres termes, il est possible de prévoir dans le contrat certaines clauses qui
contredisent la plupart des dispositions du Code civil relatives à la vente.
Vendre à perte : vendre un objet à un prix inférieur au prix auquel il a été acheté au
fournisseur.
Exception :
❖ Les soldes.
❖ La liquidation de stock.
➢ Ventes en liquidation (art. VI.22) : ne peut se produire que dans les circonstances
énumérées dans la législation.
Exemple : décision judiciaire, décès du vendeur, reprise d’un commerce,
cessation des activités, déménagement d’un point de vente, etc.
➢ Ventes publiques de meubles ou d’immeubles : vente aux enchères dont le montant
le plus élevé forme le prix de vente. Elles se réalisent par un notaire et sur une
plateforme en ligne « Biddit ».
Au niveau international :
➢ Convention de Vienne : concerne la vente internationale de marchandises. Ce
traité a été approuvé par 85 pays et prévoit les règles détaillées des obligations du
vendeur et de l’acheteur + les sanctions en cas d’inexécution.
G. LAGUESSE 37
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La diversité des règles signifie qu'une même transaction peut être régie par des lois
différentes.
Exemple : j’achète un gel coiffant sur internet, sont applicables :
- Les règles du code civil relatives aux contrats en général : vices de consentement,
objet licite, cause, etc.
- Les règles du Code de droit économique sur les contrats de vente à distance.
- Les règles du Code civil relatives à la vente.
- Les règles relatives à la vente par voie électronique.
- Les règles relatives à la vente par un professionnel à un consommateur.
Particularités :
✓ Pour les choses de genre (choses fongibles, interchangeables, non encore
spécifiées) : le transfert de propriété interviendra seulement au moment où la chose est
spécifiée/individualisée et non au moment de l’échange des consentements.
Remarque : une chose est individualisée quand on la pèse, la compte ou la
mesure.
✓ Pour les choses futures : le transfert de propriété aura lieu lorsque la chose existera et
aura été spécifiée.
Exemple : j’achète un veau qui n’est pas encore née, le transfert de propriété
n’interviendra qu’à la naissance du veau.
En principe, le transfert des risques liés à la disparition ou la destruction d’une chose vendue
a lieu en même temps que le transfert de propriété. – C. civ., art. 1138
« La chose périt aux risques de son propriétaire. »
G. LAGUESSE 38
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Par conséquent, si la chose vendue vient à périr entre l'échange des consentements et la
livraison, c'est l'acheteur qui supportera la perte de ce qu'il a acheté, même s’il ne l’a
jamais reçue.
Afin d'éviter cette situation, il peut être prévu dans le contrat que le moment du transfert
de la propriété et des risques ne se produit pas au moment de la conclusion du contrat, mais à
une date ultérieure.
Ce type de clause peut prendre la forme d’une « clause de réserve de propriété » = le vendeur
demeure le propriétaire d’une chose vendue, jusqu’à complet paiement du prix de vente par
l’acheteur.
Exemple de clause :
« Les marchandises livrées restent la propriété du vendeur jusqu’au paiement complet du
prix. La livraison des marchandises opère transfert des risques à l’acheteur. »
Peut-on vendre la chose d’une autre personne ? Une personne qui n’est pas propriétaire ne
peut pas transférer le droit de propriété d’une chose. – C. civ., art. 1599
2.2. Le prix
Il doit être déterminé ou déterminable (sur base d’éléments objectifs). – C. civ., art. 1591
Quelques précisions :
➢ L’objet de la vente doit être licite et être dans le commerce : article 1128 du Code
civil.
Exemple : une personne qui vend son rein à son collègue conclut un contrat de
vente à l’objet illicite = la vente est nulle.
G. LAGUESSE 39
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
§ 3 : Obligations du vendeur
3.1. Obligation d’information
Elle n’est pas spécifique au contrat de vente et est liée au droit commun des contrats.
Le vendeur doit également être de bonne foi. – C. civ., art. 1134, al. 3
Si le vendeur ne respecte pas son obligation d’information , sa faute peut entraîner une
condamnation + des dommages et intérêts.
Le vendeur est tenu d’expliquer clairement ce à quoi l’acheteur s’oblige. Si un contrat est
douteux, le passage discutable sera interprété en défaveur du vendeur. – C. civ., art. 1602,
al. 2
Donc, le fait que l'acheteur soit devenu propriétaire ne signifie pas que toutes les
obligations liées à la vente ont été remplies. Le vendeur doit livrer la marchandise. Cette
obligation de livraison est une obligation de résultat.
La livraison doit être complète (l’objet + les accessoires et les fruits). – C. civ., art. 1615
- Les accessoires juridiques : une personne achète un téléphone défectueux. Elle
dispose d’une action en garantie contre le fabriquant. Si elle revend le téléphone, il
livre l’objet + l’accessoire juridique (= l’action en garantie contre le fabricant).
- Les accessoires matériels : tous les objets indispensables à l’utilité de la chose.
Exemple : si on vend une voiture, on délivre aussi les papiers officiels de la
voiture ainsi que le certificat de conformité.
La livraison, le moment de la livraison, les frais de livraison de la chose peuvent être prévus
dans le contrat.
G. LAGUESSE 40
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La conformité de la livraison signifie que la chose est « conforme à l’usage auquel l’acheteur
destine cette chose ». Cette conformité s’apprécie d’un point de vue quantitatif et qualitatif.
Exemple : la voiture d’occasion examinée lors de la conclusion de la vente ne
comportait aucune bosse. Le jour de la livraison, certaines bosses sont constatées. Ces
bosses rendent la qualité de la chose inférieure à celle convenue. La chose livrée n’est
pas conforme à l’usage auquel la chose est destinée.
En cas de non-conformité, l’acheteur peut demander :
➔ Résolution judiciaire.
➔ Exécution en nature ou par équivalent.
➔ Exception d’inexécution : non-paiement du prix.
➔ Possibilité de prévoir des clauses : comme une clause pénale ou une clause
résolutoire expresse.
Défaut apparent : un vice/défaut qui peut être découvert par un examen attentif de la
chose, immédiatement après la livraison.
Remarque : si on ne proteste pas rapidement, le juge pourrait considérer que ce défaut
n’était pas là avant ou qu’on a accepté la situation.
Si c’est le vendeur qui dérange l’acheteur pendant sa jouissance, il s’expose à une possible
action judiciaire de l’acheteur.
G. LAGUESSE 41
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Article 1641 du Code civil : « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés
de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent
tellement cet usage, que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un
moindre prix, s'il les avait connus ».
L’obligation de garantie est pour tout vendeur même si celui-ci ignorait le défaut et est de
bonne foi. Si le vendeur est de mauvaise foi, les conséquences seront plus lourdes car des
dommages et intérêts pourraient s’ajouter à la garantie.
2 notions de vice :
1. Selon la théorie conceptuelle du vice : le vice est un défaut intrinsèque, il affecte la
structure même de la chose.
Exemple : une voiture achetée d’occasion, elle tombe sans cesse en panne. Le
vice s’identifie au défaut de la chose = le moteur.
2. Selon la théorie fonctionnelle du vice : le vice est le défaut qui rend la chose
impropre à l’usage auquel l’acheteur la destine. Il n’y a pas de défaut à proprement
parler mais la chose vendue ne répond pas à l’usage qui avait été prévu par les parties.
Exemple : Monsieur X achète une voiture pour y attacher sa caravane.
Malheureusement, il n’est pas possible d’accrocher la caravane à la voiture
quand celle-ci est livrée. L’objet vendu ne répond pas à la fonction à laquelle
l’acheteur entendait la destiner.
G. LAGUESSE 42
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
L’acheteur qui demande la garantie pour vice caché doit intenter son action en justice le plus
vite possible (c. civ., art. 1648).
Généralement, le délai commence quand l’acheteur découvre le vice ou celui qu’il aurait dû
découvrir s’il était un acheteur normal, prudent, diligent à l’égard de ses affaires.
Des pourparlers entre les parties peuvent suspendre le délai → le juge tiendra compte d’un
délai de négociation ou de la désignation d’un expert et du temps mis par l’expert pour
exercer sa mission.
Dans les 2 cas, l’acheteur pourra demander des dommages et intérêts en plus s’il prouve
que le vendeur était de mauvaise foi. Quand cette présomption réfragable ou non-
irréfragable de mauvaise foi est en place, le vendeur devra prouver que ce n’est pas le cas.
§ 4 : Obligations de l’acheteur
4.1. L’obligation de prendre livraison de la chose
Le vendeur doit livrer la chose mais l’acheteur doit la retirer. Si l’acheteur ne retire pas la
chose achetée, il est possible pour le vendeur de mettre en œuvre la résolution extrajudiciaire
unilatérale (art. 1657) ou d’autres sanctions de droit commun.
G. LAGUESSE 43
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Le bien doit être livré au consommateur dans les 30 jours de la conclusion du contrat.
Les risques ne sont supportés par le consommateur qu’à partir du moment où il prend
physiquement possession des biens. Le transport des marchandises achetées entraînera des
risques pour l'entreprise, sauf si le transporteur désigné par le consommateur assure le
transport et que le vendeur professionnel ne propose pas d'option.
Pour les contrats à distance et hors établissement, il existe encore d’autres règles.
❖ Exemple : le vendeur de tickets de concerts sur internet à l’obligation d’indiquer le
prix total du ticket avant le processus de commande. Un droit de rétraction doit rester
possible.
7. Cas particulier de la garantie des biens de consommation (c. civ, art. 1649bis et s.)
7.1. Les ventes entre un professionnel et un consommateur
Ces ventes sont soumises à un régime juridique qui protège le consommateur. L’entreprise
a une obligation de transmettre les informations de manière très complète au
consommateur.
✓ Consommateur : personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre
de son activité professionnelle.
G. LAGUESSE 44
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Pour ce faire, il faut que le défaut de conformité existe au moment où le bien acheté a été
délivré.
Alors, comment l’acheteur peut prouver que le bien acheté était déjà défectueux au moment
de sa délivrance ?
7.4. Délais
Pour les biens d’occasion, le délai de 2 ans est plus court (min. 1 an).
G. LAGUESSE 45
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Les règles spécifiques du contrat de mandat se retrouvent dans le Code civil, art. 1984 à
2010 ainsi que dans les conditions de formation d’un contrat.
§ 1 : Notion
Selon l’article 1984 du Code civil, « le mandat ou la procuration est un acte par lequel une
personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom.
Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire. »
Définition plus appropriée : le mandat est un contrat par lequel une personne (le mandant)
donne le pouvoir au mandataire d’accomplir des actes juridiques au nom et pour le compte
du mandant.
La notion « d’actes juridiques » est très importante. Cette définition exclut la possibilité
pour le mandataire d’accomplir des actes matériels.
➢ Le mandataire va entrer en contact avec des tiers pour conclure un acte juridique
au nom et pour le compte du mandant.
Exemple :
Gilles mandate Pierre pour signer avec Jacques un contrat de vente en son nom et pour son
compte.
Alors :
❖ Un contrat de mandat est conclu entre Gilles et Pierre.
❖ L’objet de ce contrat de mandat est que Pierre signe un contrat de vente avec
Jacques, au nom de Gilles.
❖ Après la signature du contrat de vente, on considérera qu’un contrat de vente
existe entre Gilles et Jacques.
❖ Jacques et Gilles seront les seules parties responsables des obligations prévues
dans le contrat de vente.
❖ La seule responsabilité de Pierre est à l’égard de Gilles, sur base du contrat de
mandat. Pierre sera responsable à l’égard de Gilles s’il n’a pas correctement
accompli la mission qui lui avait été confiée en vertu du contrat de mandat.
§ 2 : Conditions de validité
Les conditions sont les mêmes pour toutes les conventions :
➢ Un objet.
➢ Une cause licite.
➢ La capacité de contracter.
G. LAGUESSE 46
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Sous l’angle dynamique : l’échange de volontés se fait par le biais d’offres et acceptations
qui se rencontrent sur les éléments essentiels et substantiels du contrat.
Remarque : seuls les actes juridiques strictement personnels ne peuvent être accomplis par la
voie de la représentation.
Quand le mandataire signe un contrat, il doit apposer sa propre signature et ne pas imiter
la signature du mandant.
❖ S’il imite la signature du mandant, il commet un faux en écritures.
§ 3 : Obligations du mandataire
3.1. Le mandataire s’acquitte personnellement du mandat : 2 obligations
1er. Accomplir le mandat sans faute
Cette obligation implique que :
➢ Le mandataire doit respecter les instructions données par le mandant = il doit donc
obéir au instructions du mandant. Ces instructions constituent tant le contenu que
les limites du mandat.
Exemple : le mandataire a reçu le pouvoir de mettre un immeuble en location.
Il ne peut pas vendre l’immeuble car il dépassera les limites de son mandat et
de commettre une faute contractuelle.
➢ Le mandataire doit être prudent et diligent. Il doit apporter les soins nécessaires à
la réussite de la mission qui lui a été confiée.
Exemple : je suis un mandataire chargé de vendre un immeuble. En exerçant
mon mandat de manière prudente et diligence, je vais m’assurer de vérifier que
le candidat acheteur de l’immeuble dispose bien des moyens financiers
nécessaires à l’achat.
➢ Un devoir de loyauté du mandataire à l’égard du mandant. Le contrat de mandat
est un contrat intuitu personae car il est conclu en raison de la personne même du
mandataire.
G. LAGUESSE 47
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La substitution du mandataire est une délégation par le mandataire des pouvoirs dont il
dispose en vertu du mandat conclu, au profit d’un tiers. Ce tiers appelé le « mandataire
substitué » va accomplir l’acte juridique au nom et pour le compte du mandant.
➔ Exemple : un avocat est chargé par un client d’introduire une action en justice ou
d’organiser le report d’une affaire, il demande à un confrère de le faire à sa place.
➔ Exemple : je charge un huissier de justice d’effectuer une saisie d’un de mes débiteurs.
Il n’est pas compétent dans la zone géographique dans laquelle la saisie doit être faite,
G. LAGUESSE 48
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Pour déterminer s’il est permis de se faire substituer à l’égard de la mission qui lui a été
confiée par le mandant.
3 hypothèses :
a. Le mandat autorise le mandataire à se faire substituer par autrui : expressément
(par écrit) ou tacitement (déduit du comportement du mandant), il n’y aucun problème.
b. Le mandat interdit la substitution : le mandataire ne peut se faire substituer, sous
peine d’engager sa responsabilité à l’égard du mandant.
▪ S’il se fait substituer alors que c’était interdit et qu’il va accomplir un acte
juridique qui sort du cadre du mandat = le mandataire devra répondre de sa faute
à l’égard du mandant.
c. Le mandat ne prévoit rien : la Cour de cassation s’étant prononcée en 2000 à ce sujet
et considérant qu’en cas de silence du mandat, la substitution est en principe autorisée.
§ 4 : Obligations du mandant
4.1. Devoir d’indemnisation du mandataire (c. civ., art. 1999 – 2001)
Cette obligation est applicable que le mandat soit gratuit ou onéreux = l’idée est qu’il faut
tenir le mandataire indemne.
Dans un tel cas, le mandat pourra se retourner contre son mandataire, pour la faute
commise dans l’exercice du mandat confié.
G. LAGUESSE 49
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
5.1. Questions
1ère question :
Si le mandataire, dans l’exercice de son mandat, commet une faute contractuelle à l’égard du
tiers, le tiers peut-il rechercher la responsabilité contractuelle du mandataire ?
Réponse : Non, car il n’y a pas de contrat entre le mandataire et le tiers. Puisque le
mandataire agit en représentation du mandant, c’est le mandant qui sera engagé à l’égard
du tiers pour tout ce qu’a fait le mandataire en son nom et pour son compte.
Exemple : l’avocat est le mandataire de son client. Il oublie qu’il devait interjeter appel d’une
décision rendue dans les 30 jours. Par cette faute, le mandant (client) ne pourra plus interjeter
appel de cette décision qui ne lui convient pas.
Pourra-t-il invoquer le fait que son mandataire a commis une faute, pour échapper au fait
qu’il ne peut plus faire appel (la forclusion du délai d’appel) ? Non, il ne pourra pas
l’invoquer.
La faute du mandataire à l’égard des tiers engage le mandant, et la faute du mandataire n’est
pas une cause étrangère libératoire. Le mandant doit assumer toutes les conséquences des
fautes de son mandataire. Son seul recours est de demander des dommages et intérêts au
mandataire, sur base de la responsabilité contractuelle.
Pour le dire autrement, si le mandataire fait une faute dans l’exercice de sa mission c’est le
mandant qui devra assumer à l’égard du débiteur.
2ème question :
Qu’en est-il si le mandataire, dans l’exercice de son mandat, comme une faute qui est tout à
fait indépendante de la mission ?
5.2. Résumé
Lorsque le mandataire reste dans les pouvoirs qui lui ont été donnés par le contrat de
mandat, ses actes juridiques engagent le mandant comme si c’était le mandant qui les
avait conclus.
G. LAGUESSE 50
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Et lorsque le mandataire outrepasse les pouvoirs donnés par le mandat, le mandant n’est
en principe pas tenu, sauf si :
➢ Il ratifie les actes passés par le mandataire : il donne son accord et les valide a
posteriori.
➢ Il y a mandat apparent.
§ 6 : L’extinction du mandat
Le mandat peut s’éteindre pour :
1) Causes d’extinction de droit commun :
➢ Contrat a bien été exécuté.
➢ Le terme extinctif contenu dans le mandat est atteint.
➢ En cas de résolution judiciaire : ce qui est possible en cas de faute grave du
mandataire.
➢ Décès, faillite, incapacité du mandataire : puisque le contrat est intuitu
personae, il s’éteint à la « disparition » du mandataire.
9. Le contrat de bail
Introduction
A. Définition et cadre normatif
Article 1709 du Code civil : le contrat de bail (louage de chose) est un contrat nommé par
lequel l’une des parties s’oblige à faire jouir l’autre d’une chose pendant un certain
temps, et moyennant un certain prix que celle-ci s’oblige de lui payer.
Avant, le contrat de bail était matière que du Code civil (article 1708 et suivants). Depuis
2017, il a été régionalisée et il est maintenant régie par :
L’ordonnance du 27 juillet 2017 : visant la régionalisation du bail d’habitation pour
la Région de Bruxelles-Capitale (entrée en vigueur le 1er janvier 2018), insérée dans
le Code bruxellois du logement.
➔ Cette ordonnance régit tous les types de baux d’habitation (à l’exclusion de
l’hébergement touristique).
Le décret du 15 mars 2018 : relatif au bail d’habitation pour la Région wallonne.
G. LAGUESSE 51
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Pour les autres baux, les anciennes dispositions qui se trouvent dans le Code civil sont
toujours d’application :
Section I du Chapitre II du Code civil : les baux de droit commun.
Section II bis du Chapitre II du Code civil : les baux commerciaux.
Section III du Chapitre II du Code civil : les baux à ferme.
Une protection spéciale est accordée à une des deux parties du contrat car le législateur
estime que cette partie est plus faible que l’autre.
Il existe également des dispositions obligatoires en faveur des deux parties. Dans ce cas,
aucune partie ne peut déroger à ces dispositions avant que la protection prévue par la loi
ne prenne effet.
Exemples :
❖ L’article 6 de la loi sur les baux commerciaux : chaque partie peut demander la
révision du loyer tous les 3 ans lorsque le bien a connu une plus-value ou une moins-
value importante → la disposition est impérative en faveur des deux parties.
❖ L’article 237 de l’ordonnance bruxelloise : impose des conditions strictes au
bailleur lorsqu’il veut mettre fin anticipativement au contrat de bail de résidence
principale (sans être tenu de verser une indemnité au preneur) → les parties peuvent
convenir d'exclure ou de restreindre cette résolution anticipée.
❖ L’article 220 de l’ordonnance bruxelloise : impose aux parties de dresser un état des
lieux d’entrée contradictoire et à frais communs.
G. LAGUESSE 52
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
parties d’enregistrer le bail et de lui attribuer une date certaine. Cette date certaine est
utile car si le bien en location est vendu, le preneur pourra rester dans les lieux à
condition de pouvoir démontrer que le bail a une date certaine antérieur à la vente du
bien.
Exception à ce principe :
- Un bail commercial de plus de 9 années doit revêtir la forme authentique :
pour pouvoir être transcrit et ainsi être opposable aux tiers.
- Un bail de résidence principale :
• Durée inférieure ou égale à 3 ans : constaté par écrit.
• Durée supérieur à 9 années : être écrits.
- Les baux de logement étudiants doivent être conclus par écrit : article 253,
§2, de l’ordonnance bruxelloise.
Si cette exigence d’écrit n’est pas respectée, le contrat n’est pas nulle mais une des
parties peut introduire une procédure judiciaire devant le Juge de paix afin de
contraindre l’autre partie à signer le contrat de bail ou inviter le Juge à prononcer un
jugement tenant lieu de contrat de bail.
L’écrit n’est donc pas une condition de validité du contrat de bail MAIS reste,
parfois, imposé par le législateur.
3. C’est un contrat onéreux : la mise à disposition des lieux est conditionnée par le
paiement d’un loyer. La mise à disposition d’un bien immeuble gratuitement n’est
pas un contrat de bail.
4. C’est un contrat à prestations successives : les locaux sont mis à la disposition du
locataire à condition que celui-ci paie le loyer mensuellement (généralement).
5. C’est un contrat conférant au preneur un droit personnel temporaire : le preneur
ne peut jouir des lieux que pendant la durée de la location. À la fin du contrat, le
preneur qui reste dans les lieux les occupe sans titre ni droit, de sorte que le bailleur
est autorisé à solliciter du Juge de paix son expulsion.
6. C’est un contrat non intuitu personae : le caractère non intuitu personae du contrat
de bail se déduit de la possibilité de sous louer le bien, du fait que le bail ne prend
pas fin avec la mort du preneur ou du bailleur et de la poursuite du contrat de bail
même en cas du transfert du bien loué.
7. Le bailleur doit avoir un pouvoir d’administration : le bailleur ne doit pas
nécessairement être propriétaire du bien mis en location (peut sous-louer le bien)
MAIS doit avoir un pouvoir d’administration sur le bien.
Le preneur dispose ainsi uniquement d’un droit vis-à-vis du bailleur (et non sur la
chose elle-même : il ne pourrait donc la vendre), l’autorisant à contraindre le bailleur
G. LAGUESSE 53
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
§ 1 : Éléments essentiels
2 éléments essentiels :
➢ Le droit de jouir de la chose : le bailleur doit, dès l’entrée en vigueur du contrat de
bail, donner la jouissance des lieux au preneur pendant toute la durée du contrat.
➢ L’obligation d’un prix (loyer) : le montant du loyer est convenu entre les parties
au moment de la conclusion du contrat. Ce loyer peut augmenter avec le temps =
une clause d’indexation du loyer peut être prévue par les parties.
Cette clause doit être :
- Notifiée par écrit.
- À la date de la convention.
- Ne peut agir que pour les 3 mois précédents la demande d’indexation.
§ 2 : Conditions de validité
Comme tous les contrats, le bail est soumis aux 4 conditions de validité d’un contrat :
L’objet.
La cause.
La capacité.
Le consentement des parties.
Exemple : la location d’un bien insalubre est illégale puisque l’objet est illicite. La convention
pourrait être déclarée nulle, sur demande du preneur ou même soulevée d’office par le juge.
§ 3 : Durée du bail
3.1. Les baux à durée déterminée et les baux à durée indéterminée
Le droit du preneur de jouir du bien est un droit personnel temporaire = ce droit s’éteint au
terme du contrat.
À durée indéterminée : quand les parties n’ont pas convenu d’une durée précise, le
bail a, généralement, été conclu pour une durée d’un mois (code civil, art. 1736).
Dans ce cas, il est possible pour les parties de résilier la convention en respectant un
préavis.
Ainsi, l’article 1736 du Code civil autorise les parties à mettre fin au contrat via la
notification d’un congé d’un mois. Une fois le congé donné, la décision est
définitive et irrévocable (= acte unilatéral réceptice). La partie ayant notifié son renon
ne peut revenir sur sa décision.
Acte unilatéral réceptice : acte qui nécessite une notification afin d’être valide.
G. LAGUESSE 54
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Attention : la notion de « congé » peut être utilisée tant pour les baux à durée déterminée que
pour les baux à durée indéterminée.
➢ Pour les baux à durée déterminée : la partie ne souhaitant pas continuer dans les lieux
notifiera un congé à l’autre partie avant l’arrivée du terme convenu pour éviter une
continuation du contrat. Dans ce cas, il s’agira de faire savoir à l’autre partie son souhait
de confirmer le terme de la convention.
Il est donc préférable, dans le cas où l’on ne souhaite pas que le bail soit renouvelé à
l’arrivée du terme, de notifier un congé afin de confirmer l’arrivée du terme du contrat.
Si un congé a été notifié par l’une des parties, l’autre ne pourra en aucun cas invoquer le
renouvellement du bail. Si le preneur reste dans les lieux après l’arrivée du terme = occupe
les lieux sans titre ni droit. Il ne devra plus payer un loyer mais une indemnité pour
occupation précaire (calculer par jour d’occupation).
Dans le cas où les parties ne précisent rien et que le preneur reste dans les lieux, un
nouveau contrat est conclue entre les parties. Ce contrat n’est pas constatée par un écrit,
de sorte qu’à l’arrivée du terme du 2ème contrat, plus aucun renouvellement ne pourra être
invoquée.
L’article 1738 du Code civil prévoit que c’est à l’expiration du bail écrit que le contrat est
renouvelé implicitement dans le cas de la poursuite de l’occupation du preneur des lieux
sans opposition du bailleur. Or, en cas de reconduction du bail, les parties n’auront pas
établi d’écrit.
2. Renouvellement du bail
Il est également possible pour les parties de renouveler leur bail au moment où il arrive à
son terme.
Exemple : l’article 13 de la loi sur les baux commerciaux prévoit que le preneur a le
droit d’obtenir, par préférence, le renouvellement de son bail pour la continuation du
même commerce. Le preneur n’a dans ce cas le droit de solliciter cette protection que
pour trois renouvellements.
Cette disposition vise à protéger le preneur qui exerce son commerce dans les lieux. Il est
préjudiciable pour le preneur d’un bail commercial de devoir déplacer son commerce
dans un autre lieu. Le législateur a donc décidé de lui offrir une protection particulière en
lui donnant une préférence par rapport à d’autres candidats-locataires.
G. LAGUESSE 55
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
3. Prorogation du bail
La prorogation du bail : ne s’agit pas de conclure une nouvelle convention mais de
modifier les termes de la première convention. Les parties s’accordent avant l’arrivée du
terme sur un nouveau terme.
Exemple : les parties sont liées par un contrat de bail de 9 ans. Elles décident, d’un
commun accord avant l’arrivée de la neuvième année de proroger le terme de 9 années
supplémentaires. La convention reste la même, mais est modifiée en ce qui concerne
le terme.
§ 4 : Obligations du bailleur
Le bailleur a 3 obligations :
1. La délivrance de la chose donnée en location
Le bailleur est tenu de délivrer la chose louée. Ainsi, en cas de location d’un appartement
meublé, le bailleur est tenu de donner la jouissance au preneur d’un appartement meublé
(l’inventaire des meubles meublants sera compris dans le bail).
Les parties peuvent néanmoins déroger à ce principe d’un commun accord. Il est très
fréquemment prévu, dans les contrats de baux, que les lieux se trouvent « dans l’état bien
connu du preneur ».
Les parties pourraient également convenir que le preneur est tenu de faire certaines
réparations moyennant une réduction du loyer pendant un temps déterminé alors que les
réparations auraient dû être faite par le bailleur avant la mise à disposition des lieux au
preneur.
Afin d’éviter toute contestation au sujet de l’état du bien loué, les parties doivent établir,
ensemble (pour garantir le caractère contradictoire) et à frais communs, un état des lieux
d’entrée (article 1730 du Code civil). Si les parties ne font pas cet état des lieux, l’état des
lieux au moment de la sortie du preneur est celui qu’il a « vu » à l’entrée, sauf preuve
contraire (article 1731 du Code civil).
2. L’entretien du bien
Le bailleur est tenu, pendant toute la durée de la location, d’entretenir le bien loué et d’y
effectuer toutes les réparations autres que les réparations locatives (article 1720, alinéa 2,
du Code civil).
La loi ne définit pas de manière précise qu’elles sont les réparations à charge du bailleur.
Distinction :
Réparation d’entretien : les grosses réparations comme le remplacement d’un
ascenseur, la réfection d’un balcon, etc.
Réparation locative : l’usage et la jouissance du bien loué comme le nettoyage
régulier des lieux, l’entretien périodique de la chaudière, le remplacement des petits
accessoires électriques comme les ampoules, etc.
G. LAGUESSE 56
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Les parties peuvent convenir que les réparations d’entretien sont à la charge du locataire
car la plupart des obligations du bailleur sont complémentaires. Dans ce cas, le locataire
devra supporter les réparations tant locatives que d'entretien.
C’est une obligation non facere (obligation de ne pas faire) qui se déduit de différentes
dispositions légales :
• Article 1723 du Code civil : « Le bailleur ne peut, pendant la durée du bail,
changer la forme de la chose louée » : le bailleur ne peut décider, sans l’accord
du preneur, de bâtir une cabane dans le jardin faisant l’objet de la chose louée,
abattre un mur, supprimer un balcon, etc.
• Article 1724 du Code civil : le preneur doit supporter des réparations que si
elles sont urgentes. Il peut refuser toutes réparations proposées par le bailleur si
elles ne sont pas urgentes et peuvent attendre la fin du bail pour être faites. À
l’inverse, si c’est une réparation urgente, le preneur ne peut pas s’y opposer.
- Le bailleur doit garantir le preneur du fait des tiers (articles 1725 et 1726 du Code
civil) :
• Fait juridique du tiers : le bailleur est tenu de faire en sorte que le preneur ne
soit pas dérangé par le tiers qui prétend avoir un droit sur le bien.
• Fait matériel : il revient au preneur de se défendre, il ne peut se retourner contre
le bailleur en invoquant l’obligation de le garantir du fait des tiers.
o Exemple : trouble de voisinage.
- Le bailleur doit garantir le preneur des vices affectant la chose louée (article 1721
du Code civil) : le bailleur est tenu de délivrer un bien conforme à l’usage pour lequel
le preneur le destine.
Exemple : le bailleur ne pourrait délivrer un appartement destiné à l’habitation
du preneur alors que le tableau électrique n’est pas aux normes, impliquant ainsi
des troubles lors de l’usage des lieux ou des canalisations dans un état tel
qu’elles ne permettent pas au preneur d’en user sans supporter des dégâts des
eaux à répétition.
Pour invoquer le non-respect du bailleur, il faut que le vice ait été caché car si le
preneur avait connaissance du vice au moment de la signature du contrat, on considérera
qu’il a accepté le vice.
G. LAGUESSE 57
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Les parties peuvent également déroger à cette garantie avec prudence car si le vice
affecte l’essence même du contrat, et même en cas d’exonération de la garantie des vices
cachés, le bailleur pourrait engager sa responsabilité.
Exemple : arrêt du 6 avril 2010 : un preneur est tombé dans un escalier, en très
mauvais état. Suite à cette chute, il est paralysé à vie. Le Tribunal a considéré
que la clause exonératoire des vices cachés ne pouvait exonérer le bailleur de sa
responsabilité puisque cette clause touchait à l’essence même de la convention.
§ 5 : Obligations du preneur
Le preneur a 4 obligations :
1. Obligation de faire un bon usage de la chose louée
Le preneur est tenu « d’user de la chose louée en bon père de famille, et suivant la
destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présumée d’après les
circonstances, à défaut de convention » - Code civil, art. 1728, 1°
« Suivant la destination qui lui a été donnée par le bail » : l’usage des lieux doit être
conforme à sa destination. Ainsi, en cas de location d’un bien destiné à la résidence
principale du preneur, le preneur ne peut pas organiser des soirées commerciales dans les
lieux et ou exercer un commerce.
Pour garantir la bonne exécution de cette obligation, le bailleur peut demander à un tiers de se
porter caution du paiement des loyers.
G. LAGUESSE 58
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Cette disposition est justifiée par le fait que le bailleur dispose d’un gage sur les meubles
meublants en cas de non-paiement du loyer. En d’autres termes, si le preneur ne paie pas
le loyer, le bailleur pourrait demander la vente publique des meubles du preneur se
trouvant dans les lieux et se faire payer les retards de loyer.
Si le preneur ne restitue pas les lieux, il les occupe sans titre ni droit et risque donc de se
faire expulser des lieux par le bailleur, après obtention d’une décision judiciaire.
Les lieux doivent en plus être restitués en bon état de réparations locatives. Le preneur est
ainsi tenu de rendre les lieux dans le même état que celui dans lequel il les a reçus. Si des
dégradations sont constatées, il revient au preneur d’indemniser le bailleur à hauteur de la
valeur des réparations.
Chaque région a adopté une législation particulière sur les baux d’habitation, en ce
compris les baux visant la résidence principale du preneur.
Rappel : le bail de droit commun est un contrat consensuel, de sorte que les parties peuvent
conclure un bail sans qu’un écrit ne soit dressé.
G. LAGUESSE 59
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
À l’expiration du terme du contrat tel que convenu par les parties, le contrat ne prend pas
fin de plein droit. Compte tenu de l’affectation particulière des lieux, le législateur impose
aux parties de notifier un congé pour que le bail ne soit pas reconduit automatiquement.
Si les parties ne notifient pas un congé, le bail est reconduit.
(II) Lorsque le preneur se voit notifier un congé par le bailleur, il peut notifier un
contre-préavis d’un mois : le prévis de 6 mois imposé au bailleur vise à
permettre au preneur de trouver un autre logement. Ainsi, si le preneur a pu
retrouver un logement avant la fin de la période de préavis, le preneur peut décider
de partir des lieux plus tôt et notifier un contre-préavis à son bailleur sans devoir
payer la moindre indemnité.
Le bail de résidence principal doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du ressort
duquel l’immeuble est situé (cette obligation pèse sur le bailleur). Dans le cas où il n’est pas
enregistré, le preneur a le droit de quitter les lieux sans préavis ni indemnité pour autant
que le preneur ai mis en demeure le bailleur d’enregistrer le bail par la voie
G. LAGUESSE 60
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
recommandée et que le bailleur ne se soit pas exécuté pendant une période d’un mois
(article 227 de l’ordonnance bruxelloise).
§ 7 : Le bail commercial
Le bail commercial est régi par des dispositions particulières. Il s’agit de la loi du 30 avril
1951 insérant une section 2 bis dans le Code civil.
L’article 1er de cette loi prévoit que les éléments déterminants sont (i) l’affection du bien à
un commerce de détail ou à l’activité d’un artisan (ii) directement en contact avec le
public.
G. LAGUESSE 61
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Cette définition fait appel à 3 concepts nécessaires à ce qu’une personne puisse être condamnée
à payer des dommages et intérêts à une autre :
➢ Une faute.
➢ Un dommage.
➢ Un lien de causalité entre la faute et le dommage.
§ 1 : La faute
La faute est composée de 3 éléments :
01. L’élément matériel : qui constitue la violation d’une norme en tant que telle.
La faute est un manquement, volontaire ou involontaire, par action ou par omission, à
une norme de conduite préexistante.
Dans certaines situations, on considère que les mineurs ou les personnes démentes ne
commettent pas de faute civile car ils ne sont pas libres et conscients de leurs actes.
G. LAGUESSE 62
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
À quel âge considère-t-on qu’un enfant à un discernement suffisant ? Il n’y a pas d’âge
fixé par la loi.
➢ - 6 ans : pas de discernement.
➢ + 10 ans : discernement.
➢ Entre 6 et 10 ans : compliqué.
Quand il y a « fait justificatif », on considère qu’une faute n’a pas été commise.
• Légitime défense : riposte immédiate, dommageable et proportionnée face à une
agression s’exerçant sur une personne ou sur des biens.
• L’état de nécessité : danger actuel et imminent / bien ou valeur sauvegardé doit être
supérieur ou égal à l’intérêt sacrifié / proportionnalité.
• Le contrainte, l’ordre de loi ou de l’autorité légitime.
Comment apporter la preuve de la faute ? La faute est un fait juridique = la victime d’une
faute peut apporter la preuve de la faute par toute voie de droit (témoignage, présomptions,
écrits, etc.). Le juge appréciera la valeur probante des éléments qui lui sont soumis.
§ 2 : Le dommage
= lésion d’un intérêt stable et légitime.
G. LAGUESSE 63
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
§ 3 : Le lien de causalité
= le lien nécessaire entre la faute commise et le dommage subi.
La victime d’un acte doit démontrer ce lien de causalité pour obtenir une indemnisation.
Exemple : un accident de la route a lieu par la faute d’un conducteur. La victime de l’accident
est blessé : il a une fracture et il saigne du nez. Les secours mettent de l’ouate dans son nez et
l’emmènent aux urgences. Il faut l’opérer pour réparer la facture : on l’anesthésie mais on
oublie qu’il a un morceau d’ouate dans le nez. Quand il se réveille, il inspire et l’ouate va
dans ses poumons. Il décède d’une embolie pulmonaire.
Le conducteur à l’origine de l’accident est-il responsable du décès de la personne ? Sa faute
est-elle à l’origine de ce dommage ?
➢ Exemple : si une personne laisse ses clefs sur le compteur d’une voiture, on peut se
dire que dans le cours normal des choses, un voleur risque de la voler. Par contre, on
ne peut pas prévoir raisonnablement qu’en s’enfuyant, le voleur va renverser un
G. LAGUESSE 64
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
piéton. Si le piéton veut être indemnisé, il sera certes indemnisé par le voleur, mais il
ne pourra pas obtenir une indemnisation du propriétaire de la voiture qui a laissé ses
clefs sur le compteur.
Cette théorie n’est pas admise en droit belge, mais il arrive très souvent que les juges en
fassent application.
➢ Exemple : une personne s’arrête pour acheter un journal et laisse les clefs sur la voiture,
la voiture est volée, le voleur fait un accident et renverse un piéton. On voit bien que
parmi les antécédents du dommage il y a l’accident du voleur, mais aussi la négligence
du propriétaire de la voiture. Sans le vol de la voiture, mais également sans la négligence
du propriétaire de la voiture, il n’y aurait pas eu d’accident et donc pas de dommage.
Tant le voleur que le propriétaire négligent pourraient être condamnés à payer des
dommages et intérêts à la victime.
Et si la victime elle-même a commis une faute ? Il peut être décidé d’un partage de
responsabilités tant que la faute ait contribué au dommage.
➢ Exemple : une personne ne porte pas sa ceinture de sécurité lors d’un accident dont elle
est victime. Elle a commis une faute en ne respectant pas une norme. Elle pourrait être
déclarée co-responsable de son propre dommage, sauf si elle parvient à démontrer, par
exemple, que le choc était latéral et que le port ou non de la ceinture de sécurité n’aurait
rien changé. Si la victime démontre que sa faute n’est pas en lien causal avec le
dommage, on parle de « rupture du lien causal ».
Et en cas de force majeure ?
= événement imprévisible, irrésistible et indépendant de la volonté de l’auteur qui
n’exonère de toute responsabilité que si elle est la cause exclusive du dommage.
➢ Exemple : au cours d’une partie de chasse, un chasseur a été blessé par le ricochet
d’un plomb tiré par un autre chasseur. Dans un premier temps, la cour d’appel avait
admis que le ricochet constituait un fait imprévisible et insurmontable. La cour de
cassation a cassé cet arrêt et n’a pas considéré ce fait comme un cas de force majeure.
Le chasseur maladroit a donc été reconnu totalement responsable de ses actes.
G. LAGUESSE 65
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
§ 4 : Réparation du dommage
= la réparation intégrale du dommage subi.
MAIS on ne peut pas réparer plus ! La victime doit démontrer les préjudices causés par la
faute, et seuls ces préjudices démontrés seront réparés.
Pour certains, cette présomption trouverait son fondement dans l’autorité parentale dont
les parents sont investis. Pour d’autres, la présomption serait une simple conséquence de la
filiation.
Le parent peut aussi échapper à sa responsabilité s’il parvient à rompre le lien causal
entre la faute de l’enfant et le dommage subi = si le parent démontre que la faute de
l’enfant n’est pas une cause sine qua non du dommage subi par la victime, sa
responsabilité ne sera pas engagée.
G. LAGUESSE 66
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Conditions :
• La faute doit être commise par un élève : l’élève est celui qui reçoit un
enseignement obligatoire ou libre.
• Il faut un instituteur : personne chargée d’un devoir de surveillance et d’un devoir
d’enseignement. C’est le fait de dispenser un enseignement qui est déterminant.
Sont assimilés à un instituteur : les moniteurs sportifs, les maitres de stage,
les moniteurs de conduite automobile, les éducateurs, les personnes chargées
dans un home de la réinsertion des jeunes adultes handicapés, des dirigeants
des mouvements de jeunesse, des responsables paroissiaux et des responsables
des maisons de jeunes.
Ne sont pas assimilés à un instituteur : le surveillant qui n’assume aucun
enseignement dans l’établissement, le directeur de l’établissement scolaire,
l’établissement scolaire lui-même (personne morale) et l’éducateur qui ne
communique pas une instruction.
C’est une présomption de responsabilité qui est réfragable = l’instituteur pourra échapper à
sa responsabilité :
➢ S’il prouve qu’il n’a pas manqué de diligence dans l’exercice de sa mission.
➢ S’il prouve qu’une surveillance correctement effectuée n’aurait pas pu empêcher la
survenance du fait dommageable.
➢ S’il prouve qu’il lui était totalement impossible d’éviter le dommage.
➢ S’il prouve que la faute commise n’est pas en lien causal avec le dommage.
Un lien de préposition doit être établit entre le commettant et l’employé afin que la
responsabilité du commettant soit engagée.
G. LAGUESSE 67
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
La subordination existe dès qu’une personne peut exercer son autorité et sa surveillance
sur les actes accomplis par une autre personne.
Il s’agit d’un fait juridique dont la preuve peut être rapportée par toutes voies de droit,
présomptions et témoignages compris.
Cas particuliers :
La subordination doit toujours être examinée en fait : elle ne se déduit pas
nécessairement de l’existence d’un contrat de travail, d’un mandat ou d’un contrat
d’entreprise. En effet, un lien de subordination peut naitre d’une situation de fait
occasionnelle et temporaire, indépendamment de tout salaire.
➔ Exemple : une subordination entre un bénévole et une ASBL.
Le préposé ne doit pas nécessairement avoir été choisi par le commettant
personnellement.
Le fait que le préposé jouisse d’une certaine autonomie dans l’exécution de son
travail n’empêche pas non plus l’existence d’un lien de subordination.
➔ Exemple : un médecin qui travaillerait dans un hôpital sans avoir le choix de
ses clients, de ses horaires et sans matériel propre aurait un lien de
subordination avec l’hôpital dans lequel il travaille, malgré son autonomie de
travail.
Ici aussi, on exige que le préposé ait commis une faute et qu’elle soit en lien causal avec le
dommage subi par la victime.
On est responsable des choses qui nous appartiennent et des dommages que ces choses
peuvent occasionner :
Les choses en général : on est responsable des choses dont on est propriétaire, mais
aussi dont on est le gardien
➔ Exemple : votre escalier a vieilli et s’écroule lorsque quelqu’un le monte : vous
êtes responsable de cette chose dont vous êtes le propriétaire ou le gardien.
Généralement, vous aurez souscrit à une « assurance familiale » pour vous
protéger contre ce type de responsabilité
➔ Exemple : le garagiste à qui vous avez confié votre voiture, qui est responsable
des dégâts que celle-ci pourrait occasionner à d’autres.
G. LAGUESSE 68
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022
Les juges ont l’habitude de présupposé que le propriétaire d’un animal est normalement le
gardien de celui-ci, sauf s’il réussit à prouver qu’il a transféré la garde à un tiers au
moment des faits.
La maitrise d’un animal est ainsi une garde matérielle et un pouvoir de commandement =
il y a un pouvoir de donner des ordres quant à la conduite de l’animal mais il n’est pas
requis que le gardien ait un droit sur l’animal vu que la garde est un fait juridique.
G. LAGUESSE 69