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Droit Privé

Ce document introduit les notions fondamentales du droit privé, notamment les distinctions entre droit public et privé, droit interne et international, droit objectif et subjectif. Il présente également les branches et sources du droit privé comme le droit civil, commercial et des sociétés. Le document définit ensuite les droits subjectifs comme les droits réels, personnels, intellectuels et de la personnalité.

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Droit Privé

Ce document introduit les notions fondamentales du droit privé, notamment les distinctions entre droit public et privé, droit interne et international, droit objectif et subjectif. Il présente également les branches et sources du droit privé comme le droit civil, commercial et des sociétés. Le document définit ensuite les droits subjectifs comme les droits réels, personnels, intellectuels et de la personnalité.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

DROIT PRIVÉ
INTRODUCTION
1. Notions fondamentales et classifications
1.1. Qu’est-ce que le droit ?
Notion large : le droit est un paquet de règles qui régissent des relations entre différentes
personnes dans une même société et qui régissent la conduite de l’homme en société.

Le droit universel ou droit naturel est un ensemble de normes théoriques prenant en


considération la nature de l’Homme et sa finalité dans le monde.

Le droit peut également évoluer :


➢ Dans le temps : on a un parlement, un gouvernement, un pouvoir législatif qui fait les
lois et qui évolue, change, modifie tous les jours.
➢ Dans l’espace : chaque pays a un droit, le droit européen, le droit international,
parfois le droit français s’applique en Belgique (cas de mariage avec différentes
nationalité, enfant qui naît à l’étranger, etc.).

1.2. Distinctions traditionnelles


Droit public vs Droit privé :
➢ Public : en lien avec l’intervention d’une autorité publique.
➢ Privé : relations entre personnes privées.

Droit interné et Droit international :


➢ Droit interne : vaut en Belgique.
➢ Droit international : droit sur un territoire plus large.
 Droit international public
 Droit international privé
 Droit européen
 Etc.

Droit objectif vs Droit subjectif :


➢ Droit objectif : sources, objet du droit.
➢ Droit subjectif : droits dont un sujet dispose.

1.3. Branches du droit


Branches du droit privé :
➢ Droit civil : obligations, famille, biens, contrats spéciaux, responsabilités.
➢ Droit commercial/affaires.
➢ Droit économique
➢ Droit des sociétés

Branches du droit public :


➢ Droit constitutionnel
➢ Droit administratif et de l’urbanisme
➢ Droit pénal
➢ Etc.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

2. Droit objectif et sources formelles


2.1. Distinction générale
Sources formelles : ensemble des écrits, des textes de lois. C’est tout ce qui entraîne
l’existence de droit.

Ce qui donne naissance à des droits :


➢ Les sources obligatoires : lois, traités, coutumes, etc.
➢ La jurisprudence : ensemble des décisions qui sont rendues par les autorités
judiciaires et qui peuvent parfois avoir valeur de précédent.
➢ La doctrine : ensemble des textes et des réflexions philosophiques, scientifiques et
académiques portant sur des questions de droit (= les commentaires).

Remarque : la jurisprudence est très importante dans le droit anglo-saxon car eux travaillent
très peu sur base de loi et exclusivement sur la jurisprudence.

Toutes ces sources peuvent influencer le juge au moment de décider.


➔ Quand un juge est face à un cas concret et prend une décision. Il y a la source
obligatoire, y a les faits et sur base de ça, il prend une décision. Cette décision est
souvent publiée dans des recueils de décisions qui vont permettre aux avocats, parfois
des autres juges, d’influencer la prochaine décision rendue par le juge dans un cas
similaire.

Valeur de précédent : il y a eu un précédent, il faut donner la même solution que celle


appliquée au cas précédent. Cependant, la solution pour un même cas peut variée selon les
endroits du pays.

La pyramide de la justice belge :


Juge de paix : petits litiges + les litiges
concernant le bail ou le crédit à la
consommation.

Tribunal de police : accidents de la oroute.

Tribunal du travail : litiges entre


employés et employeurs.

Conseil d’État :
➢ Relire les lois en projet
➢ Donner un conseil juridique : contradiction avec une autre loi.
➢ Juger les actes administratifs : nomination de fonctionnaire.

Cour Constitutionnelle :
➢ Annuler une loi contraire à la Constitution.
➢ Répondre aux questions des juges : questions préjudicielles (si le juge se demande si
en appliquant telle loi de telle manière, est-ce que ça serait contraire à la Constitution,
ou cela discriminerait-il ?)

G. LAGUESSE 2
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Il faut alors tenir compte du conseil donné lors de la prise de décision.

2.2. Distinctions autres


2.2.1. Selon l’origine
Nationale :
➢ Code civil, judiciaire, des sociétés et des associations, de droit économique.
➢ Multiplication des législations particulières.

Internationale :
➢ Traités internationaux : OMC, CNUDCI (conventions ou lois-types).
➢ CCI – Incoterms, etc.
➢ Droit de l’U.E.

2.2.2. Selon la nature des règles adoptées


 Dispositions légales ou réglementaires.
 Dispositions d’ordre public, impérative ou supplétive.
 Code de conduite, chartes, etc.
 Coutume : règle de droit non écrite
➢ Élément matériel : repetitio.
➢ Élément psychologique : opinio necessitatis – estimatio communis.

2.2.3. Selon le processus d’adoption des règles


 Régulation étatique traditionnelle.
 Délégation : à un organe public ou privé (FSMA).
 Autorégulation : codes intra-entreprises
➢ Possibilité d’adopter des lignes directrices communes au niveau
européen : pour les opérateurs économiques, les partenaires sociaux, les
organisations non gouvernementales ou les associations (codes de conduite ou
accords sectoriels).
➢ Avantages et faiblesses : connaissances pointue vs désavantage économique.
➢ Valeur et force obligatoire discutables.
 Corégulation : code de conduite qui sont le résultat d’accords négociés par les
organisations professionnelles avec les organisations de consommateurs (publicité
écologique, marketing bancaire pour les jeunes, etc.).

3. Droits subjectifs
3.1. La notion de droit subjectif
Droit subjectif : prérogative, avantage ou pouvoir particulier dont bénéficie et peut se
prévaloir un sujet de droit, qu’il soit personne physique ou morale.

Exemple : Si j’achète un téléphone défectueux chez MédiaMarkt, j’ai droit au remplacement


de ce produit.
 Droit au remboursement, droit de saisir, droit de solliciter le remplacement d’un
produit, droit de solliciter des dommages et intérêts, etc.

Ce droit subjectif a avant tout été créé par du droit objectif.

3.2. La classification des droits subjectifs


3.2.1. Les droits réels

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

= est un droit subjectif qui a un rapport immédiat et direct avec une chose sur laquelle le sujet
peut exercer certains droits.

Exemple : droit de propriété = mon rapport avec une chose qui est à moi et que je peux y
exercer certains droits. Je suis propriétaire de ma voiture, je fais ce que je veux avec (vendre,
louer, utiliser).

Attributs du droit réel :


➢ Droit de suite : dès le moment où je suis le propriétaire d’un chose, si un jour je la
perds, voler et on la retrouve quelque part, comme je suis propriétaire j’ai le droit de
suivre mon droit partout.
➢ Droit de préférence : si jamais cette chose doit être liquidé, j’ai le droit d’être payé
en premier lieu sur le produit de réalisation de cette chose.

Catégories classiques :
➢ Droits réels principaux.
➢ Droit réels accessoires.

3.2.2. Les droits personnels (ou de créance)


= droit pour une personne1 d’exister d’une autre personne2 l’accomplissement d’une
prestation3, de la faire condamner, au besoin en justice, à s’exécuter et de faire procéder, le
cas échéant, à l’exécution forcée de cette condamnation4.
Exemple : Si je (débiteur) renverse un piéton, je dois payer des dommages et intérêts à la
victime créancière). Elle a le droit de m’exiger ces dommages et intérêts.
 Obligations contractuelles, dettes de responsabilité civile, etc.

3.2.3. Les droits intellectuels


Ce sont les droits d’auteurs sur une œuvre d’art, un brevet, une marque.
 Tout ce qui est propriété intellectuelle.

3.2.4. Les droits de la personnalité


= droit à l’image

3.3. Les sources des droits objectifs


Examen :
La différence entre acte et fait juridique est dans l’intention :
➢ Dans les actes juridiques : on veut créer du droit, c’est pour ça qu’on le fait.
➢ Dans les faits juridiques : l’effet de créer du droit n’est pas voulu.

3.3.1. Les actes juridiques


Notion : manifestation de volonté destinée et apte à produire des effets de droit, c’est-à-dire
créer, modifier, transmettre ou éteindre un droit subjectif.

Exemple 1 : quand on fait un contrat, on fait un acte juridique car dans le contrat on manifeste
la volonté de créer du droit subjectif dans le chef d’une personne et de l’autre.

1
Créancier.
2
Débiteur.
3
De me payer quelque chose ou de faire quelque chose pour moi.
4
Permet de contraindre mon débiteur en allant en justice

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Exemple 2 : dans le testament, on manifeste sa volonté de créer des droits dans le chef des
héritiers et avec le mariage, on crée des obligations dans le chef d’une et de l’autre partie.

Classification :
➢ Actes unilatéraux : n’est produit que par la volonté d’une seule personne.
 Exemple : on veut acheter un immeuble, on fait une offre = un acte unilatéral
car j’offre au vendeur d’acheter ce bien immobilier à tel prix mais il n’est pas
obligé d’accepter.
 Exemple : la reconnaissance de dette est un papier par lequel on écrit qu’on
reconnait qu’on doit telle somme à une personne = je suis tout seul à le faire, à
l’émettre.
➢ Actes bilatéraux : requiert l’accord d’au moins 2 personnes.
➢ Actes à titre gratuit ou à titre onéreux.

3.3.2. Les faits juridiques


Notion : tout fait quelconque de l’homme, volontaire ou non, qui a pour effet de créer du droit
subjectif voulu ou non.

Exemple : accident de voiture, chute d’un objet du balcon qui blesse le voisin du dessous,
chien qui mort un passant.

Différentes catégories :
➢ Les délits et quasi-délits.
➢ Les quasi-contrats : des droits qui naissent un petit peu tout seul.
 La gestion d’affaire : la tempête Ciara casse mon toit et le voisin fait les
réparations. Quand je suis de retour, le voisin dit qu’il faut l’indemniser. Je dis
au voisin que je ne lui rien demandé MAIS je vais quand même devoir payer
car le droit pour la personne dit que : « la personne qui a géré l’affaire d’une
autre personne pendant son absence doit être indemniser ».
 Le paiement de l’indu : s’acquitter d’une dette qui n’existe pas ou à laquelle
on n’est pas (encore) tenu ou au bénéfice d’une mauvaise personne. Cela
donne le droit de réclamer le remboursement de ce qu’on a payé, alors que ce
n’était pas dû.
 L’enrichissement sans cause : conséquence du paiement de l’indu, la
personne qui a reçu l’argent s’est enrichie sans cause.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Chapitre I : Contrats et responsabilité


1. Notions et principes fondamentaux
§ 1 : Notion d’obligation et principales classifications
Notion : un lien de droit entre deux ou plusieurs personnes en vertu duquel l’une (les unes)
peut (vent) exiger de l’autre (des autres) l’accomplissement d’une prestation consistant à
donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose.

Caractéristiques :
- Intervention de deux personnes au min. : physique ou morale, débiteur et créancier.
- Relativité du rapport juridique créé : il n’y a que le débiteur qui est obligé de
fournir la prestation à laquelle il s’est engagé.
- Pouvoir de contrainte du créancier : obliger son débiteur devant un juge à exécuter
son obligation.
- Caractère temporaire (extinction par le paiement ou autre mode) : elle finit
toujours à un moment ou à un autre par s’éteindre.

Classifications :
A. Obligation civile/Obligation naturelle
- Civile : elles nous occupent plus car ce sont les seules obligations que son
inexécution est sanctionnée par le droit, elle est contraignante.
 Exemple : quelqu’un me vend un GSM, c’est un contrat qui contient
plusieurs obligations : l’acheteur doit payer le prix et le vendeur donner
le GSM, si l’un des deux n’exécute pas leurs obligations, elles peuvent
être sanctionné en justice.
- Naturelle : obligation pour laquelle il n’existe pas d’action en justice, même si
certains effets de droit peuvent en découler = un juge ne peut pas nous obliger
à l’exécuter.
 Exemple : je perds mon chat, je mets une annonce et quelqu’un me le
ramène, j’ai quelque part une obligation morale/naturelle de lui donner
une récompense mais rien m’oblige à le faire.

1) Il y a la possibilité de transformer l’obligation naturelle en obligation civile.


Exemple : Monsieur Jean Paul a l’habitude de cocher des cases pour l’euromillion et donne
son billet à Antoine qui va à la librairie pour jouer, si le ticket est gagnant, c‘est Jean Paul qui
prend l’argent.

Imaginons qu’Antoine se trompe de numéro et oups c’est gagné, qui touche l’argent? Jean
Paul car c’est lui qui a payé le billet et Antoine va être dégouté car c’est grâce à lui que Jean
Paul a gagné mais il n’a aucune obligation civile de payer quoi que ce soit à Antoine mais une
obligation morale s’il veut.

Si Jean Paul dit qu’il va donner 1 million à Antoine, son obligation naturelle se transforme en
une obligation civile car il s’est engagé à payer à Antoine 1 million d’euro = il devra prouver.

2) La prescription peut également transformer l’obligation civile en obligation


naturelle.
La prescription : le temps disponible dont dispose le créancier pour réclamer en justice
l’exécution d’une obligation.
• Droit personnel : 10 ans
• Droit réel : 30 ans

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

• Droit du travail : 1 an.


• Une facture de l’hôpital qui n’est pas payé : 2 ans.

B. Obligation de donner/faire/ne pas faire


- Donner : ce n’est pas l’obligation de faire une donation mais de transférer la
propriété d’une chose de quelqu’un à quelqu’un d’autre.
- De faire : on s’engage à accomplir une prestation qui est autre que celle de
transférer la propriété.
- De ne pas faire : on s’engage à ne pas accomplir un acte négatif.

C. Obligation de moyen/de résultat


- Moyen : faire tout ce qu’il peut mais sans garantit de résultat. En justice, on
doit prouver que la personne n’a pas fait de son mieux.
 Exemple : on demande à une agence immobilier de trouver un locataire,
l’agence immobilière s’engage à faire de son mieux mais pas de fournir
des résultats d’office.
 Exemple : Obligation d’un médecin de guérir son patient.
Le juge va devoir se mettre à la place du médecin prudent et qui fait
bien son travail. Est-ce que j’aurais fait quelque chose en plus et tout
débiteur honnête, diligent, prudent dans les mêmes circonstances pour
voir si le comportement est correct. Le juge se fera aider par un expert,
il le nommera. L’expert aidera le juge à comprendre le genre d’acte
qu’il faut poser dans tel et tel cas.
- Résultat : garantir un résultat, on s’engage à donner un résultat.
 Exemple : livraison d’une chose.

D. Obligation conjointe/indivisible/solidaire/in solidum


Hypothèse envisagée : pluralité de créanciers ou d’une pluralité de débiteurs, voire celle d’une
pluralité de créanciers et de débiteurs.
- Conjointe : obligation qui est divisée entre plusieurs personnes. On divise
cette obligation en autant de personne qu’il y a de créancier et en autant de
débiteur (chacun est tenu pour sa part).
 Code civil, art. 870, 8703 et 1220
- Solidaire : il y a plusieurs débiteurs et une dette = chacun des débiteurs peut
être amené à payer la totalité de la dette.
 Solidarité active : c. civ., art. 1197 à 1199
 Solidarité passive : c. civ., art. 1200 à 1216
 Exemple : quand on habite avec plusieurs personnes, le propriétaire
peut demander à un des colocataires de payer le loyer si celui-ci est en
retard.
 Exemple : Même chose avec la banque. La banque veut une garantie et
je suis le dirigeant de l’entreprise. Je vais dire à la banque que je me
porte garant du remboursement de l’entreprise. Si l’entreprise ne me
rembourse pas, moi en tant que personne physique, je vous rembourse.

Cautionnement : est un acte juridique bilatéral par lequel une personne s’engage pour une
autre personne à exécuter son obligation si cette personne ne s’exécute pas.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

- In solidum : obligation qui au départ n’est pas solidaire et se crée à la décision


d’un juge.
 Exemple : On construit une maison, 2 personnes s’occupent de l’organisation
de la maison. Ces 2 personnes ont chacune des obligations vis-à-vis de vous.
Si la maison s’écroule, il y a un défaut de construction, les 2 sont
responsables mais le juge va leur définir une obligation solidaire.

Précision pour les obligations solidaire, indivisibles, et in solidum :


- Obligation à la dette : obligation de chacun des débiteurs de supporter l’intégralité de
la dette → entre créancier et codébiteurs.
- Contribution à la dette : répartition des dettes entre les débiteurs une fois que le
créancier a obtenu satisfaction → entre codébiteurs.
Par la suite, le débiteur qui a payé au-delà de ce qu'il devait peut donc se retourner
contre ses codébiteurs pour récupérer l'excédent payé.

E. Obligation affectée d’un terme ou d’une condition


On a des obligations qui dépendent de l’accomplissement de certains paramètres, elles sont
suspendues à un terme ou une condition.
- Terme : événement futur et certain, de la réalisation de cet événement futur va
dépendre l’exécution de notre obligation.
 Exemple : décès d’une personne, délai d’attente de 3 mois.
 Terme suspensif : événement futur et certain qui suspend l’exécution
d’une obligation = l’obligation existe mais son exigibilité est
suspendue.
 Exemple : prêt de 1000 EUR à rembourser dans un an.
 Terme extinctif : événement futur et certain qui met fin à une
obligation sans effet rétroactif, ça éteint l’obligation quand il est atteint
= l’obligation existe jusqu’au moment de la survenance de
l’événement.
 Exemple : contrat de bail de 3 ans.

Dans certains cas, surtout pour le terme suspensif, si un autre événement ce produit, il faudra
rembourser la première obligation tout de suite et plus dans 3 ans.
2 cas :
- Si on tombe en faillite : il faut rembourser tout de suite.
- Si notre créancier perd des garanties de remboursement : la banque prend une
garantie réelle (hypothèque) quand on fait un emprunt ou qu’une personne se porte
garant pour nous

Toute entreprise a 2 conditions pour être déclaré en faillite :


1. Il faut que la société soit en cessation de paiement.
2. On ne lui fasse plus crédit : toutes les banques ont coupé le crédit ou ne veulent plus
faire de crédit.

Si l’entreprise arrive devant le tribunal c’est :


- Soit parce que la créance l’a attaqué.
- Soit parce que le procureur du Roi attaque la société en faillite.
- Ou parce que l’entrepreneur lui-même dépose le bilan devant le juge et dit qu’il est
en cessation de paiement.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Après une analyse de la situation par le tribunal, il nommera un curateur qui liquidera toute la
société (vendre tous les actifs) et va répartir les liquidations entre les créanciers.

- Condition : événement futur et incertain.


 Condition suspensive : événement futur et incertain de la réalisation
duquel dépend la naissance d’une obligation = tant que la condition ne
se réalise pas, l’obligation est en cause, elle dépend de la condition (qui
existe toutefois en germe).
 Exemple : souvent quand on achète un immeuble, on doit
d’abord signer un compromis de vente, puis chez le notaire
mais avant même de signer un compromis de vente, il y a
presque toujours une condition suspensive car quand on est
intéressé par l’achat d’une maison, je l’achète à condition que
j’obtienne un crédit à la banque et donc on dit au vendeur, si la
banque m’octroie un crédit, je suis obligée de payer.
 Condition résolutoire : événement futur et incertain de la réalisation
duquel dépend l’extinction d’une obligation.
 Exemple : la banque prête de l’argent à une société en disant
vous pouvez me rembourser tous les mois pendant 20 ans mais
si jamais la société est vendue à quelqu’un d’autre, à ce
moment-là, vous devez tout rembourser d’un coup = éteint
l’obligation de payer en plusieurs fois.

§ 2 : Qu’est-ce qu’un contrat


Notion : le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent,
envers une ou plusieurs autres, à donner, à faire ou à ne pas faire quelque chose (C. civ., art.
1101).

Le contrat est :
- Un acte juridique bilatéral : on est 2 à faire un contrat
- Un acte multilatéral : on est 10 à faire le contrat.

Ne pas confondre :
- Contrat unilatéral : toujours un acte bilatéral mais on a des contrats où il y a une
seule personne qui prend des engagements
- Acte juridique unilatéral : un acte juridique que l’on pose avec soi-même, on ne
conclut pas un contrat avec quelqu’un
- Contrat au sens negotium : le contrat en tant que tel, on se serre la main, on se et
d’accord, on a un contrat.
- Contrat au sens d’instrumentum : le contrat papier, ce sur quoi se matérialise le
contrat
- Contrat synallagmatique : un contrat où toutes les signatures ont des obligations les
unes à l’égard de l’autre (contrat de vente).
- Contrat de caution : : il n’y a que des obligations dans le chef de la caution (la
banque n’a pas d’obligation envers l’autre personne).

G. LAGUESSE 9
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

§ 3 : Classifications des contrats


Il est important de distinguer les contrats car différentes règles s’appliquent en fonction de
chaque contrat.

Contrat nommé et innomé :


➢ Nommé : contrat qui existe de manière tout à fait particulière, généralement, dans le
code civil.
➢ Innomé : les contrats qui répondent au grand principe du code civil mais il n’existe
pas en tant que tel dans la loi.
❖ Exemple : contrat de bail vs contrat de bail à nourriture.

Contrat unilatéral et synallagmatique :


➢ Unilatéral : toujours un acte bilatéral mais on a des contrats où il y a une seule
personne qui prend des engagements
➢ Synallagmatique : un contrat où toutes les signatures ont des obligations les unes à
l’égard de l’autre.
❖ Exemple : donation vs contrat de vente.

Contrat à titre gratuit et à titre onéreux :


➢ À titre gratuit : se fait sans contrepartie financière.
➢ À titre onéreux : tu paies le service de quelqu’un.
L’intérêt de différencier les deux est qu’en cas de problème, le juge sera plus généreux avec le
contrat à titre gratuit.
❖ Exemple : contrat de mandat vs contrat de vente.

Contrat commutatif et aléatoire :


➢ Commutatif : on s’est toujours à quoi on s’engage.
➢ Aléatoire : il y a toujours l’existence d’un alinéa.
❖ Exemple : contrat de vente vs contrat d’assurance (= contrat où on va payer
une prime à l’assureur et celui-ci va nous couvrir d’un risque).

Contrat consensuel, réel et solennel :


➢ Consensuel : se forme uniquement par échange de consentement.
➢ Réel : se forme car on s’est mis d’accord mais aussi car il exige qu’on remette quelque
chose à l’autre partie.
➢ Solennel : celui qui nécessite l’accomplissement d’une formalité bien particulière.
❖ Exemple : contrat de vente vs contrat de dépôt vs hypothèque (= on est obligé
de passer devant le notaire pour qu’il soit conclu).

Contrat principal et accessoire :


➢ Principal : contrat qui s’en suffit à lui-même.
➢ Accessoire : celui qui se greffe au contrat principal, une option en plus. Il tombera
automatiquement quand le contrat principal sera fini.
❖ Exemple : contrat accessoires = gage (= contrat accessoire à un contrat
principal qui est le contrat de prêt), hypothèque, cautionnement.

Autres notions :
➢ Contrat de consommation : il est conclu entre un professionnel et un consommateur.
Le professionnel va vendre quelque chose pour l’utiliser à des buts autre que privé. Le

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

code de droit économique a tendance à toujours protéger le consommateur dans ce


contrat.
❖ Exemple : achat d’un appareil photo pour les vacances.
➢ Contrat d’adhésion : on n’a pas le choix de négocier, on est obligé de signer pour
obtenir ce qu’on cherche.
❖ Exemple : contrat d’assurance.
➢ Contrat intuitu personae : conclut uniquement en considération de la personne avec
qui on le signe (je fais ce contrat juste parce que c’est toi).
❖ Exemple : contrat de travail.

§ 4 : Principes directeurs du droit des contrats


4.1. Principe de la liberté contractuelle
Les individus ont la liberté :
 De conclure un contrat (ou non) : chacun est libre de conclure ou de ne pas conclure
un contrat.
➔ Exception : assurance voiture
 De choisir son cocontractant : ou de refuser tel cocontractant.
➔ Exception : discrimination
 Du choix du contrat.
 De déterminer le contenu du contrat : de déterminer ce qu’on a envie de déterminer
dans le contrat.
➔ Exception : clauses abusives

4.2. Principe du consensualisme


Principe : l’accord de volontés suffit pour donner naissance au contrat (aucune formalité n’est
en principe requise pour la validité du contrat).

Exceptions :
➢ Contrats réels.
➢ Formalisme solennel.
➢ Formalisme de protection de la partie faible.

Tempéraments :
➢ Formalisme probatoire : écrit = moyen de preuve.
➢ Formalisme de publicité : écrit = moyen d’opposabilité.

4.3. Principe de la convention-loi


Principe : « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
Faites » - C. civ., art. 1134
 Les parties qui déterminent le contenu d’un contrat, c’est comme si elles créent un
contrat. On ne peut pas modifier un contrat en cours de route sauf si tout le monde est
d’accord. Il faut annuler le premier, faire un nouveau contrat qui prévaut le nouveau
contenu.

Exceptions :
➢ Droit de rétraction : droit qui est dans tout ce qui est vente à distance, le
consommateur a toujours la possibilité de se rétracter un min. de 14 jours après
l’achat.
➢ Clauses pénales excessive.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

4.4. Principe de la relativité des effets internes du contrat


Principe : en principe le contrat n‘a des effets qu’entre les personnes qui ont signé.

Exceptions :
➢ Action oblique.
➢ Action paulienne.

4.5. Principe de l’exécution de bonne foi des conventions


Principe : « les conventions doivent être exécutées de bonne foi » - C. civ., art. 1134

Fonction de la bonne foi :


➢ Fonction d’interprétation
➢ Fonction complétive
➢ Fonction modératrice
➢ Fonction adaptatrice

Bonne foi et abus de droit :


Abus de droit : quand on a un droit subjectif, on fait ce qu’on veut mais il est possible
d’utiliser son droit en abusant, la jurisprudence a créé un concept qui permet de sanctionner
quelqu’un qui abuserait de l’exercice de son droit.

➢ Critère subjectif : quelqu’un a un terrain, un jardin et il y en avait marre que son


voisin faisait décoller des montgolfières et donc il a planté des piquets de 5m de haut
= les ballons explosaient. C’est allé en justice mais la jurisprudence a dit que quand on
exerce son droit de manière à causer un préjudice à quelqu’un, on peut le sanctionner
parce qu’il abuse de son droit.

➢ Critère objectif : il y a abus de droit si on exerce son droit sans raison, mais ça cause
un préjudice à quelqu’un. Si quand on a plusieurs manières d’exercer son droit et on
choisit exprès de choisir celui qui cause préjudice à quelqu’un. Si on crée une
disproportion entre les avantages que l’on retire de l’exercice de notre droit et les
inconvénient que les exercices du droit entraînent.

Omniprésence de la bonne foi :


➢ Au stade de la négociation.
➢ Au stade de la conclusion.
➢ Au stade de l’exécution.
➢ Au stade de la résiliation.

2. Formation du contrat
§ 1 : Approche dynamique
1.1. Période contractuelle
La période contractuelle prépare à la conclusion du contrat.

La préparation de la conclusion du contrat est tout ce qu’on va discuter avec notre potentiel
associé en vue de conclure un contrat.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

a. Documents de la période précontractuelle


Les négociations peuvent être longues mais les parties conservent la liberté de ne pas conclure
le contrat. Cependant, si les parties concluent le contrat, la rupture peut toutefois être jugée
fautive et/ou abusive.

Plusieurs documents peuvent être échangés durant cette période :


➢ Lettres d’intention : un document par lequel les parties vont déterminer quels sont
leurs intentions dans la négociation.
➢ PV réunion : procès-verbal = un document par lequel tout le monde écrit comment
s’est déroulé une réunion et qu’elles sont les discussions et les préaccords.
➢ MoU.
➢ Préaccords.
➢ NDA : non disclosure agreement = accord qu’on ne publie pas, on ne divulgue pas (=
un accord de confidentialité).

Quel est l’intérêt et la portée de ces documents ? Permettre, en cas de problème, si on se


dispute devant le juge à cause du contrat, de donner l’opportunité au juge d’interpréter, de
donner un éclairage de ce qui a été convenu entre les personnes.

Quels sont les clauses des 4 coins ? « Les présentes dispositions annulent et remplacent toute
correspondance ou accords antérieurs et ne sauraient être modifiées qu’expressément par
avenant au présent contrat, signé par les parties légalement autorisées. »

b. Obligation d’information au stade précontractuel


L’obligation d’information a pour but de fournir toutes les informations nécessaires.

Cette obligation peut être :


➢ Prescrite par certaines législations particulières.
 Exemple : contrat de consommation = contrats à distance B2C, contrat de
crédit à la consommation, contrat de time-sharing, etc.
 Exemple : accords de partenariat commercial.
Certaines sanctions spécifiques, tirées de la TGO, sont mises en place en cas de non-respect
de l’obligation.

➢ Tirée de l’exigence de bonne foi (c. civ., art. 1134, al. 3) : l’obligation
d’information, de conseil et de mise en garde au cours de la phase précontractuelle.
Les sanctions possibles sont :
• Culpa in contrahendo (1382 C. civ → F-D-LC).
• Vice de consentement.
• Nullité prétorienne.

1.2. Contrat formé au moment de la rencontre entre l’offre et l’acceptation


Offre : proposition ferme, précise et non équivoque de contracter portant sur tous les
éléments essentiels et substantiels du contrat, de telle sorte qu’il suffit à son destinataire de
l’accepter pour que le contrat se forme.

 Exemple : immoweb = quand on vend notre maison pour 50.000€, on ne fait pas une
offre qui va être accepter par quelqu’un mais un appel d’offre. Ce sont les personnes
qui veulent vendre l’immobilier qui font la demande d’offre.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

L’offre est le dernier acte avant l’acceptation, elle peut être faite par écrit, téléphone, internet,
etc. Le risque est que si on fait une offre et elle est accepté, on ne peut plus la retirer.
 Conséquence ? Obligatoire.

Acceptation : un acte juridique unilatéral, c’est l’agrément sur l’offre formulée.


Cette acceptation peut être expresse ou tacite.

Exception : le silence vaut une acceptation.


 Donc, quand on n’est pas d’accord avec une facture, un contrat, il faut contester
directement.

1.3. Quid des contrats en ligne ?


Exemple : achat sur amazon.

Différents mécanismes de protection pour le consommateur :


➢ Renforcement des obligations d’information.
➢ Règles de forme.
➢ Droit de rétractation.
➢ Mise en place de moyens techniques permettant d’identifier les erreurs et de les
corriger.
➢ Interdiction des paiements supplémentaires.

1.4. Opposabilité des conditions contractuelles


Exemple : clause de non garantie.

Chaque entreprise à des conditions générales (ce sont des contrats) et pour qu’elle soit
applicable à la relation du contrat, il faut qu’elles aient été communiquées et accepté par tout
le monde avant la signature du contrat.

2 conditions à respecter pour que les conditions générales soient opposables :


➢ Le cocontractant, contre lequel elles sont invoquées, doit avoir eu la possibilité de les
connaître, de manière effective, avant la conclusion du contrat.
 Exemple : conditions au dos de la facture = X
➢ L’acceptation doit être certaine : rien n’empêche qu’elle soit tacite.

§ 2 : Approche statique
4 conditions sont essentielles pour la validité d’une convention.
2.1. Consentement non vicié
Notion : l’accord des parties sur ce qui concerne le contrat = la volonté de s’engager
juridiquement.

Le consentement contient 4 vices :


- L’erreur.
- Le dol.
- La violence.
- La lésion.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

A. L’erreur : on s’est trompé dans le contrat, je pensais faire ça mais pas du tout (art.
1109, cod. Civ.)

Pour qu’une erreur commise puisse annuler un contrat, plusieurs conditions doivent être
remplies :
- Substantielle/Déterminante : doit porter sur un élément essentiel du contrat, de sorte
que si on n’avait pas commis cette erreur, on n’aurait pas conclu de contrat.
 Exemple : tapis qui s’abime quand je marche dessus.
- Commune : l’autre personne avec laquelle on a conclu un contrat a été informé ou est
au courant de l’importance que j’attache à l’élément sur lequel je me suis trompée.
 Exemple : je précise vouloir un tapis extérieur.
- Excusable : on peut pardonner à la personne qui l’a commise.
 Exemple : achat d’un tapis d’Orient » au magasin « Grand Bazar ».
- De fait : on s’est trompé sur un détail factuel.
 Exemple : la superficie d’un terrain.
- De droit : généralement toujours inexcusable car tout le monde est censé le droit.
 Exemple : pas de permis d’exploitation.
- Sur un prix : on ne peut pas annuler un contrat car on s’est trompé sur le prix,
généralement on nous a donné le prix et on a accepté.

Conséquences de l’erreur : annulation du contrat et restitutions réciproques = nullité relative


La nullité relative signifie qu’il n’y a que la victime de l’erreur qui peut demander l’annulation
du contrat.

B. Le dol : c. civ., art. 1116


Des manœuvres qu’une des parties du contrat à poser dans le but de tromper le cocontractant
et qui a donc amené le cocontractant à conclure, signé le contrat à des conditions
désavantageuse.
 Exemple : le gars qui vend sa voiture en ayant trafiqué son compteur kilométrique.

Conditions :
➢ Manœuvres dolosives :
❖ Élément intentionnel : l’intention de tromper le cocontractant.
❖ Élément matériel : les manœuvres effectuées.
➢ Doivent émaner du cocontractant.
➢ Déterminantes : si ces manœuvres n’avaient pas été posées, le contrat n’aurait pas été
conclu.

Effets : il n’y a que la victime du contrat qui peut demander la nullité relative du contrat.
- Dol principal.
- Dol incident.

C. La violence : c. civ., art. 1111-1114


Notion : c’est une intimidation qui peut être physique, morale ou pécuniaire = on fait
pression sur quelqu’un pour qu’il signe un contrat.

Cette violence doit :


- Être diriger contre la personne qui va conclure un contrat ou un de ses proches.
- Exercer par une personne ou résultant des circonstances.
Il faut qu’elle soit :

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➢ Impressionnante.
➢ Grave.
➢ Déterminante : sans cette violence, on n’aurait pas conclu de contrat.
➢ Injuste / Illégitime : un employé vole dans la caisse. Le patron lui dit : soit je te vire
avec tes indemnités mais je le dis à tout le monde, soit tu me donnes ta lettre de
démission et tu t’en vas (quand on démissionne pas de chômage). Si l’employé va en
justice en disant qu’on l’a forcé à signer l’acte juridique unilatéral (lettre de
démission), ça ne marche pas, le juge risque d’estimer que la menace était légitime et
non injuste.

D. La lésion :
Notion : quand on rencontre une disproportion manifeste entre les prestations réciproques =
entre les 2 personnes qui ont conclu le contrat, y’en a un qui est plus avantagé que l’autre.

2 cas de lésion spécifique :


- Vente d’un immeuble (c. civ., art. 1674) : si quelqu’un vend un immeuble pour
moins de 7/12 de sa valeur, on considère qu’il y a lésion et qu’on peut annuler sa
vente.
- Mineur (c.civ., art. 1305) : un mineur ne peut pas normalement conclure un contrat
mais s’il le fait et les conditions ne sont pas avantageuses pour le mineur, il y a aussi
lésion.

Lésion qualifié :
Dans toute situation où quelqu’un abuse de la faiblesse de quelqu’un d’autre, le contrat peut
être annulé pour lésion.

Conditions :
➢ Abus d’une situation d’infériorité.
➢ Détermine de façon prépondérante le consentement.
➢ Déséquilibre ou disproportion manifeste, grave et injustifiée entre les prestations
réciproques des parties.
 Exemple : emprunt à taux excessif pour passion du jeu.

Effets : dépend du fondement (nullité, réduction des prestations excessives).

2.2. Cause : c. civ., art. 1131


Notion : la raison pour laquelle on a conclu un contrat, un mobile déterminant.

Pas de cause ? Exemple : lorsque je mets une maison en location sans loyer.

2.3. Objet
Notion : ce sur quoi porte le contrat.

L’objet doit être :


- Déterminé : on sait sur quoi le contrat va porter.
- Ou déterminable : susceptible d’être déterminé sur des critères objectifs.
- Possible : je décide de vendre la voiture de mon voisin mais je n’ai pas encore les clés
de la voiture = je ne peux pas vendre quelque chose que je n’ai pas.

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- Licite : objet qui n’est pas contraire aux bonnes mœurs.


 Exemple : on ne peut pas écrire un contrat pour après la mort de quelqu’un
alors qu’il est encore vivant.

2.4. Capacité
Notion : le pouvoir pour une personne d’être capable et autorisée à exercer ses droits à
conclure un contrat.

Il existe 2 types d’incapacité :


➢ Incapacité de jouissance : incapacité à pouvoir être titulaire de droit et d’obligation.
 Exemple : déchéance du permis de conduire = incapacité du droit de rouler
en voiture.
➢ Incapacité d’exercice : le fait pour une personne de ne pas pouvoir exercer ses droits,
elle dispose de ces droits mais ne peut pas les exercer.
❖ Mineur : du fait qu’ils sont mineurs, ils ne peuvent pas exercer plusieurs
droits.
❖ Administration provisoire : incapacité d’exercer ses droits tout seul (le
contrôle se fera sous le contrôle du tribunal de la famille)

Cas des mineurs :


➢ Incapacité générale d’exercice : sauf pour actes de la vie courante.
➢ Ne peuvent pas poser seuls des AJ.
➢ Mécanismes de protection : représentation, assistance.
➢ Sanction spécifique : rescision pour lésion.

2.5. Théorie des nullités


Si le contrat est nul, une restitution des prestations réciproques peut être accomplies avec en
plus la possibilité de demander des dommages et intérêts.

Délai de prescription : le temps qu’on a pour demander l’annulation d’un contrat devant le
juge (10 ans).

3. Effets du contrat
§ 1 : Principe de la convention-loi : C. civ., art. 1134, al. 1
Le contrat, la convention a valeur de loi : c’est comme s’ils avaient créé une loi qui s’applique
seulement à eux.
➔ Cette convention s’impose à elle, aux parties et le juge doit le respecter.

SAUF, 4 exceptions :
Loi :
- Réductions des clauses pénales excessives (c. civ., art. 1231) : une clause pénale est
un petit passage dans le contrat qui prévoit que si une des parties ne s’exécute pas, elle
devra payer au cocontractant une somme d’argent. Le juge peut réduire les clauses
pénales qu’il juge excessive.
- Délai de grâce accordée par le juge au débiteur (c. civ., art. 1244, al. 2) : quand
une personne doit payer maintenant un montant trop important que si la personne est
de bonne foi et malheureuse, le juge peut accepter qu’’elle paie en plusieurs fois.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Jurisprudence :
- Application de l’abus de droit : même si c’est écrit dans le contrat, parfois il y a abus
de droit.
- Possibilité de résilier : unilatéralement un contrat conclu à durée indéterminée.

§ 2 : Contenu du contrat
On applique uniquement ce qui est écrit dans le contrat et rien d’autre MAIS le code civil
nous permet de combler les lacunes du contrat ➔ C. civ., art. 1134, al. 3 et art. 1135

Si quelque chose n’est pas prévu dans le contrat, il sera complété en défaveur la partie la plus
forte ➔ C. civ., art. 1156.

§ 3 : Validité de certaines clauses


3.1. Clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité
Ces clauses nous disent : dans telle cas, si je fais une petite erreur, je ne suis pas responsable.
 Exemple : Elle stipule aussi que si jamais je suis responsable, les dommages et intérêts
seront limitées à 500€.

Validité suivant la TGO :


➢ Respect de l’OP et des dispositions légales impératives.
➢ Clauses inapplicables en cas de dol.
➢ Clauses inapplicables en cas de faute lourde sauf si mention expresse.
➢ Clause ne peut vider le contrat de sa substance.

3.2. Clauses abusives


Notion : « Toute clause ou toute condition dans un contrat entre une entreprise et un
consommateur qui, à elle seule ou combinée avec une ou plusieurs autres clauses ou
conditions, crée un déséquilibre manifeste entre les droits et les obligations des parties au
détriment du consommateur. » - (Art. I.8, 23°, CDE)
 C’est-à-dire : une clause qui crée une disproportion entre les conditions de contrat.
 Surtout pour les entreprises.

Une liste d’un peu plus de 30 clauses abusives dans le code de droit économique.

3.3. Clauses pénales


Notion : les parties se mettent, elles-mêmes, d’accord sur les dommages et intérêts en cas
d’inexécution. - (C. civ., art. 1226 et s.)

Quel est son objectif ? Éviter de se casser la tête devant le juge après.

Régime :
➢ Réduction des clauses pénales excessives : mais pas en dessous du préjudice
effectivement subi.
➢ Réduction des intérêts moratoires conventionnels excessifs.
➢ Adaptation de la clause pénale en cas d’inexécution partielle de l’obligation.
➢ Contrat avec un consommateur.

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4. Sanctions de l’inexécution du contrat


§ 1 : Introduction
Comment on va sanctionner en justice une personne qui n’exécute pas ce qu’il s’était engagé
à faire ?

Inexécution : il y a inexécution en droit dès le moment qu’une prestation qui était attendue
n’est pas remplie conformément à ce qui était attendue.

L’inexécution peut être :


- Totale : un bien acheté et non livré.
- Partielle : un contrat pour construire 10 bureaux mais seulement 4 sont construits.
- Défectueuse : j’achète une carafe mais elle est livrée cassée.
- Tardive : mon sapin de Noël est livré le 26/12.

Dans tous les cas, il est recommandé de trouver un remède à la situation via une discussion et
une tentative de règlement amiable.

Avant de passer à une phase dite contentieuse, il existe des modes alternatifs de règlement
des conflits qui permettent de résoudre un problème en-dehors des cours et tribunaux
judiciaires.
 Exemple : la médiation qui est un mode de règlement alternatif des conflits qui fait
intervenir un médiateur neutre qui va tenter de proposer aux parties une solution amiable
négociée.

Lorsque qu’on se trouve, en tant que créancier, face à une situation d’inexécution, il est
conseillé d’analyser la situation au regard :
- Des documents contractuels et précontractuels.
- Les échanges intervenus entre les parties : en cours d’exécution du contrat et après la
situation d’inexécution.

Pourquoi analyser cette situation ?


➢ Identifier clairement les obligations de chacune des parties et le type d’obligation.
❖ Obligation de moyen.
❖ Obligation de résultat.
➢ Identifier les éléments qui ont provoqué la situation d’inexécution.
➢ Identifier la solution la plus efficace au problème qui se pose.
❖ Des dommages et intérêts ?
❖ Veut-on que les obligations convenues soient exécutées malgré tout ?
❖ Veut-on confier à un autre prestataire l’exécution des engagements ?

La cause étrangère libératoire (C. civ., art. 1147-1148) :


Notion : la CEL est un événement extérieur aux parties cocontractantes et qui empêche
l’exécution par le débiteur d’une ou plusieurs de ses obligations. Son origine, sa survenance et
ses conséquences sont indépendantes du débiteur.

Effets :
- Anéantir le contrat rétroactivement : une résolution du contrat.
- Suspendre l’exigibilité de l’obligation : seulement si l’obstacle est temporaire.
 Exemple : si l’entrepreneur est tombé malade, ses obligations sont
suspendues et reprendront dès sa disponibilité

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

L’exigibilité de l’obligation : un créancier peut, au moment où l’on se place, exiger de son


débiteur qu’il s’exécute conformément au contrat.
 Exemple : si un débiteur doit payer à son créancier 1.000 EUR pour le 19/03/2020,
l’obligation de payer est « exigible » au 19/03/2020.

En cas de CEL, aucune indemnisation (dommages et intérêts) ne peut être réclamée à la partie
dont les obligations sont en situation d’inexécution.

La CEL englobe, également, des cas de force majeure :


➢ Événement imprévisible.
 Exemple : une grève sauvage dans les transports aériens constitue un
événement imprévisible qui empêche la compagnie d’aviation (la débitrice)
d’exécuter son obligation de vous transporter jusqu’à la destination prévue.
➢ Rendant impossible l’exécution :
 Exemple : un bûcheron est chargé d’abattre des arbres à Tournai. Une tempête
de neige s’abat et les arbres ne sont pas tous abattus à l’échéance. Le débiteur
indique qu’il était impossible, vu la tempête de neige, d’accéder à une parcelle
particulière sur laquelle se trouvaient les arbres. Le créancier répond qu’il était
possible d’y accéder par hélicoptère. Le juge considérera au final qu’il y avait
impossibilité raisonnable pour le débiteur de terminer les travaux à temps, et
valide la cause étrangère libératoire.
➢ Pas imputable à une faute du débiteur : il s’agit du fait ou d’une décision prise par
une autorité publique. Lorsque l’exécution d’une obligation est rendue impossible
par décision des autorités publiques, l’inexécution n’est pas imputable au débiteur
 Exemple : pour arrêter un terroriste, des balles sont tirées par les forces de
l’ordre et abîment la voiture qu’un garagiste venait de vendre).

Finalement, on peut également considérer qu’une CEL existe du fait du créancier : c’est le
créancier qui provoque la situation d’inexécution.
 Exemple : un club de sport n’est pas responsable d’un accident survenu entre deux
membres du fait que ceux-ci n’ont pas respecté les dispositions de sécurité reprises
dans le règlement d’ordre intérieur.

§ 2 : Préalable : mise en demeure


Notion : est un acte juridique unilatéral. Il s’agit d’une interpellation claire, ferme et non
équivoque, faite par le créancier au débiteur défaillant, lui enjoignant d’exécuter l’obligation
en souffrance.

La mise en demeure ne doit pas revêtir de forme précise mais pour des questions de preuve,
mieux vaut l’adresser par écrit, par recommandé ou par huissier.

2 effets :
➢ Fait débuter les intérêts moratoires : indemnisation, sous forme de dommages et
intérêts calculés en un pourcentage du préjudice subi par le créancier, pour le retard
dans l’exécution de l’obligation par le débiteur.
➢ Renverse la charge des risques.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Exemple : l’entrepreneur doit terminer ses travaux pour le 1/10, mais dans le
délai, il tombe gravement malade et ne peut achever les travaux dans le délai
convenu. C’est une CEL, le maître d’ouvrage (créancier) ne pourra pas
réclamer de dommages et intérêts pour le retard occasionné. Mais la situation
est différente si, le 15/10 (après la date de fin des travaux), l’entrepreneur
n’est pas malade, et le maître d’ouvrage lui adresse une mise en demeure
d’exécuter ses travaux. Dès la mise en demeure, si l’entrepreneur tombe
malade, il devra supporter les conséquences du plus long retard causé par sa
maladie.

La mise en demeure envoyée permet :


- De suspendre le délai de prescription d’une action pendant 1 an.
- D’obtenir une réaction du débiteur.
- D’éviter le recours à la procédure judiciaire : souvent lourde et coûteuse pour les
deux parties.

Traditionnellement, on considère que la mise en demeure est un préalable obligatoire à la


mise en œuvre des sanctions de l’inexécution contractuelle.

Ce n’est pas le cas si :


➢ Le débiteur a annoncé qu’il ne s’exécuterait pas : le créancier peut évidemment
prouver cette annonce.
 Exemple : l’entrepreneur a envoyé au maître d’ouvrage un e-mail lui
indiquant qu’il renonce à exécuter les travaux.
➢ L’inexécution est irrémédiablement consommée.
 Exemple : un pianiste s’était engagé à jouer un concert le 25 novembre, et il
ne se présente pas le jour J.
➢ L’exécution en nature est devenue matériellement impossible ou sans intérêt pour
le créancier.
 Exemple : un fleuriste commande 1000 bouquets de muguet pour le 1er mai,
et au 1er mai, les bouquets ne sont toujours pas livrés. Le fleuriste
demandera immédiatement des dommages et intérêts sans passer par une
mise en demeure préalable car l’exécution de l’obligation est devenue sans
intérêt.
➢ Le contrat dispense le créancier de toute mise en demeure préalable.
 Exemple : un contrat de bail prévoit que le loyer doit être payé le 1er du
mois, et qu’à défaut de paiement au 1er du mois, des intérêts de retard seront
dus automatiquement et sans mise en demeure, calculés sur le loyer dû.

§ 3 : Se faire justice à soi-même


En Belgique, par principe, il n’est pas permis de se faire justice à soi-même. Pourtant le droit
permet tout de même aux créanciers d’obligations, dans certains cas, de mettre en œuvre des
moyens de pression ou des solutions pour que leurs droits puissent être remplis de manière plus
efficace.

3.1. L’exception d’inexécution


Notion : moyen de défense temporaire en vertu duquel le créancier est autorisé à suspendre
l’exécution de ses obligations aussi longtemps que le débiteur n’a pas exécuté les siennes et
ce, sans intervention préalable du juge.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Conditions :
➢ Contrat synallagmatique : obligations réciproques dans le chef des deux parties.
➢ Mise en demeure : adressée au débiteur de l’obligation non-exécutée, au sein de
laquelle le créancier annonce qu’il va suspendre l’exécution de ses propres
obligations.
➢ Inexécution suffisamment sérieuse : pour justifier la mise en œuvre de l’exception
d’inexécution.
➢ Proportionnalité : un créancier d’une obligation ne peut soulever l’exception
d’inexécution s’il est lui-même de mauvaise foi et fautif.
 Exemple : une petite fuite de robinet est constatée par le locataire, qui décide
de refuser de payer entièrement son loyer tant que la fuite n’est pas réparée :
c’est disproportionné.

En cas de contestation, c’est le juge qui décidera si l’exception d’inexécution a été valablement
soulevée par un créancier ou non.

3.2. La résolution unilatérale


En principe, la résolution du contrat ne peut être prononcée que par un juge. Toutefois, on
admet qu’une partie puisse rompre unilatéralement le contrat en cas d’inexécution du
cocontractant, à certaines conditions, même sans clause particulière dans le contrat le
permettant (C. civ., art. 1184).

La régularité d’une telle résolution unilatérale sera strictement analysée par le juge, en cas de
contestation.

Conditions :
➢ MED avec indication de son intention de rompre le contrat : au sein de cette mise
en demeure, le créancier doit avoir :
❖ Constaté la défaillance du débiteur.
❖ Manifesté clairement son intention de rompre le contrat si l’exécution perdure.
➢ Constatation préalable de la défaillance du débiteur.
➢ Manquement suffisamment grave.
➢ Situation d’urgence ou impossibilité avérée d’exécution.
 Exemple : une maison de repos faisait face à un ascenseur défectueux. Après
plusieurs réparations par la société de réparation d’ascenseurs sous contrat
avec la maison de repos, toutes infructueuses, la maison de repos a décidé de
rompre unilatéralement le contrat et de conclure un contrat avec une autre
société.

La résolution unilatérale s’opère aux risques et périls du créancier. Si le juge estime, par la
suite, que la résolution unilatérale du contrat a été mise en œuvre à tort, le créancier pourra être
condamné à payer au débiteur des dommages et intérêts.

3.3. Le remplacement unilatéral


Notion : remplacer le débiteur d’une obligation par un autre. Lorsque ce remplacement est
décidé unilatéralement par le créancier, ce dernier choisir en réalité de faire exécuter une
obligation par un tiers, sans autorisation préalable d’un juge.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Conditions :
➢ Situation d’urgence + nécessité d’y remédier au plus vite.
➢ MED avec dernier délai laissé au débiteur pour s’exécuter
➢ Faute du débiteur défaillant + preuve de celle-ci.
➢ Mise en œuvre du remplacement sans retard.

Exemple : un bailleur (propriétaire) constate que le locataire laisse les lieux loués se dégrader.
Après mise en demeure, il prend l’initiative de réparer et nettoyer les lieux lui-même. Il
envoie ensuite la facture au locataire.

Le remplacement unilatéral doit être :


- Opéré aux risques et périls du créancier : doit être permis contractuellement, sauf
en cas d’urgence ou cas particuliers.
- De bonne foi et ne pas abuser de la situation.
 Exemple : le bailleur ne pourra pas prendre l’entrepreneur le plus cher pour
effectuer les travaux, ou profiter de la situation pour refaire toute la cuisine
de l’immeuble et en faire supporter les frais au locataire.

Remarque : les conditions de la résolution unilatérale et du remplacement unilatéral sont


similaires. Elles diffèrent cependant en ce que pour la résolution unilatérale, le manquement
doit être grave. Pour le remplacement unilatéral, le moindre manquement suffit.

§ 4 : Recourir au juge du fond5


Devant une instance judiciaire, le créancier d’une obligation en situation d’inexécution peut
solliciter que le juge prononce différentes sanctions à l’encontre du débiteur.
4.1. Demande de résolution judiciaire
Notion : l’anéantissement du contrat par le juge en raison des manquements du débiteur qui
sont constatés.
 Exemple : un locataire ne paie plus son loyer depuis plusieurs mois. Le bailleur peut
solliciter la résolution du contrat de bail, à titre de sanction.
Conditions:
➢ Contrat synallagmatique.
➢ Inexécution fautive et manquement suffisamment grave par le débiteur.
➢ Demande du créancier : libre au juge d’apprécier la situation. Ainsi, le juge pourrait
accorder librement un délai au débiteur avant de prononcer la résolution.

Par ailleurs que la résolution peut être prononcée indépendamment du préjudice subi par le
créancier (= le « dommage » du créancier). Il suffit qu’une faute, suffisamment grave, ait été
commise par le débiteur.

Effets :
➢ Anéantissement rétroactif du contrat : on considérera que le contrat n’a jamais
existé, ce qui entraînera dans le chef de chacune des parties des « restitutions
réciproques », en nature = le retour au pristin éta.
 Exemple : si la résolution d’un contrat de vente est prononcée, l’acheteur
doit restituer la chose reçue, et le vendeur doit restituer le prix.

5
Un juge qui va se pencher sur une affaire de manière approfondie et complète.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Remarque : lorsque les parties sont en présence d’un contrat dit « à exécution successive6 », on
considérera que l’anéantissement du contrat n’est pas rétroactif et qu’elle ne vaut qu’à partir du
moment où elle est prononcée par le juge.

➢ Dommages et intérêts : si cela se justifie par ailleurs, des dommages et intérêts


complémentaires peuvent être sollicités et attribués au créancier victime de
l’inexécution par son débiteur.

4.2. Demande d’exécution en nature


Notion : une demande d’un créancier de voir un juge condamner le débiteur à l’exécution en
nature d’une obligation signifie que le créancier entend voir le débiteur exécuter concrètement
ce à quoi il s’était engagé (C. civ., art. 1142).
 Donc, c’est un droit pour le créancier, mais ce dernier ne peut cependant en abuser
(l’exemple de la piscine de 2,98m de profondeur et qui devait en réalité faire 3m de
profondeur).

L’exécution en nature devra toujours être préférée à d’autres mesures. Elle doit s’appliquer en
priorité, si une telle exécution est encore possible et que les circonstances le permettent.

Qu’en est-il des obligations de faire ?


➢ L’exécution en nature de l’obligation (condamnation) : toujours être préférée à
d’autres mesures. Elle doit s’appliquer en priorité, si une telle exécution est encore
possible et que les circonstances le permettent.
➢ L’exécution forcée du jugement de condamnation (expulsion) : le juge peut donc
obliger le débiteur à exécuter les prestations promises, au besoin sous peine
d’astreinte7.

4.3. Le remplacement judiciaire


Le remplacement judiciaire est également une possibilité du créancier.

4.4. Demande d’exécution par équivalent


Fait référence au régime de « responsabilité contractuelle ». C’est aux termes d’une telle
demande que le créancier d’une obligation obtiendra « réparation » du préjudice que lui
occasionne l’inexécution d’une obligation par son débiteur.

Lorsque l’exécution par le débiteur de son obligation « en nature » n’est pas possible, sans
intérêt, abusive ou ne convient pas à la situation rencontrée, le créancier pourra être dédommagé
« de manière équivalente » à une exécution en nature. Ce dédommagement prend la forme de
« dommages et intérêts » et est donc subsidiaire par rapport à l’exécution en nature.

Exemple :
 Impossibilité matérielle : j’ai prêté un objet à une personne, qui l’a ensuite perdu. Il
lui est donc matériellement impossible de s’exécuter en nature. Par équivalent, il me
devra des dommages et intérêts.
❖ Attention : si l’impossibilité résulte d’un cas de force majeure ou d’une cause
étrangère libératoire, le débiteur est libéré de sa responsabilité et l’exécution
par équivalent n’est pas de mise.

6
Comme un contrat de bail qui prévoit une exécution successive de payer le loyer, chaque mois.
7
Un montant que le débiteur devra payer au créancier, chaque jour, jusqu’à ce qu’il s’exécute correctement.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Impossibilité juridique : imaginons un vendeur d’immeuble qui rédige une « promesse


unilatérale de vente ». Par cette promesse, le vendeur s’engage auprès d’un amateur,
pendant un mois, à ne pas vendre l’immeuble à un autre amateur que celui à qui la
promesse a été faite. L’amateur qui bénéficie de la promesse dispose donc d’un mois
pour faire connaître au vendeur sa décision d’acheter ou non l’immeuble en vente. Si
malgré tout, pendant ce délai, le vendeur viole sa promesse de vente et conclut une
opération de vente avec un autre amateur, il commet une faute à l’égard de l’amateur
initial qui bénéficiait de la promesse de vente. L’exécution en nature de l’obligation du
vendeur de respecter sa promesse sera cependant impossible : juridiquement, l’autre
amateur est un tiers à ce contrat, et il est de bonne foi. Son contrat avec le vendeur sera
valable. De son côté, le vendeur devra exécuter par équivalent sa promesse de vente non
tenue à l’égard du premier amateur. Il devra ainsi lui payer des dommages et intérêts.

4.4.1. Première condition : une faute du débiteur


Notion : la faute contractuelle consiste en un manquement contractuel qui peut être imputé au
débiteur.

Différents types de fautes que l’on peut retenir :


- Le dol est une faute intentionnelle.
- La faute lourde est une négligence du débiteur particulièrement grossière
(subjectif).
- La faute « simple » : pour décider si un comportement est fautif, le juge devra :
❖ Tenter de se mettre à la place du débiteur.
❖ S’imaginer dans les mêmes circonstances concrètes de l’espèce.
❖ Déterminer si, de son point de vue, dans une même situation, en étant prudent
et diligent, il aurait oui ou non commis le même acte.
❖ Si le juge aurait agi de la même manière que le débiteur = on considérera qu’il
n’y a pas de faute.
❖ Si le débiteur a agi d’une manière moins prudente qu’il n’aurait dû =
l’existence d’une faute

Pour déterminer l’existence d’une faute, on fait aussi référence à la notion de bon père de
famille. Dans une situation analysée, qu’aurait fait le « bon père de famille », autrement
appelé « l’homme prudent et diligent, placé dans les mêmes circonstances » ?

Différence entre obligation de moyen et obligation de résultat :


➔ Obligation de moyen : le créancier devra démontrer que le débiteur n’a pas mis en
œuvre tous les moyens nécessaires pour essayer d’aboutir au résultat espéré. Le
créancier devra démontrer que le débiteur a commis une « faute », c’est-à-dire qu’il ne
s’est pas comporté comme une personne honnête, prudente et diligente, placée dans les
mêmes conditions.
➔ Obligation de résultat : le créancier n’aura qu’à prouver que le résultat n’est pas
atteint, pour estimer qu’une faute a été commise par le débiteur. Ce sera au débiteur de
prouver que si le résultat n’est pas atteint, c’est en raison d’une cause étrangère
libératoire.

Remarque : pour conclure à une faute, l’inexécution doit être « imputée » au débiteur, c’est-à-
dire qu’elle doit être rattachée à ce dernier, commise par ce dernier. C’est la raison pour laquelle

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

il n’y a pas de faute en cas de cause étrangère libératoire : l’inexécution, dans un tel cas, est
étrangère au débiteur et on ne peut la rattacher à ce dernier.
 Exemple : je loue une voiture qui doit être rendue 15 jours plus tard, dans le même état.
Durant la location, ma voiture est réquisitionnée par les forces de l’ordre, et lorsque je
dois la rendre en parfait état, elle est en fait criblée de balles. Il y a une inexécution,
mais elle ne m’est pas « imputable » car elle est due au « fait du prince », une cause
étrangère libératoire. Je ne pourrai pas être déclaré « responsable » et je ne devrai pas
payer de dommages et intérêts.

4.4.2. Deuxième condition : un dommage dans le chef du créancier


Notion : pour donner lieu à une exécution par équivalent (dommages et intérêts), il faut qu’une
faute ait été commise par le débiteur + que le créancier estime qu’il souffre un dommage.

Dommage : une perte subie par le créancier, un manque à gagner, un préjudice moral, etc.

 Exemple : un concert est annoncé. L’organisateur du spectacle a lancé une campagne


publicitaire. Il a loué une salle. Si le groupe ne se produit pas, l’organisateur subit un
préjudice. Il a engagé des frais en pure perte. Par ailleurs, il ne pourra pas retirer de
bénéfices de l’opération. Ces frais + le manque à gagner = son dommage.
La condition du dommage est remplie, encore faut-il que l’organisateur démontre qu’une faute
a été commise par le débiteur (le groupe de musique), et que la condition du lien causal soit
également remplie.

 Suite exemple : l’obligation du groupe de musique est ici une obligation de résultat. Le
groupe, débiteur de son obligation de venir jouer à la date prévue, sera présumé fautif
puisque le résultat n’est pas atteint.
❖ Le groupe doit prouver qu’aucune faute ne lui est imputable et que
l’inexécution est uniquement due à une cause étrangère libératoire : les
autorités publiques ont interdit tout concert pendant une période de 15 jours.
❖ Si l’absence du groupe est uniquement due à une erreur d’agenda : le
groupe ne pourra pas s’exonérer de la faute commise et pourra être tenu
responsable à l’égard des organisateurs et leur verser des dommages et intérêts.

Toutefois, le créancier doit d’abord privilégier l’exécution en nature de l’obligation du groupe,


si elle est possible et présente un intérêt. On privilégiera le report du concert, si possible pour
le créancier. C’est le juge qui tranchera en cas de contestation.

4.4.3. Troisième condition : un lien causal entre la faute et le dommage


Lien causal : lien nécessaire de cause à effet entre la faute commise par le débiteur et le
dommage subi par le créancier.

Pour donner lieu à une indemnisation, il faut prouver que si la faute n’avait pas été commise
par le débiteur, le préjudice dont on réclame réparation n’aurait pas existé.

On peut raisonner selon une autre logique : si l’on constate que, si le débiteur s’était exécuté
correctement, le préjudice subi aurait été identique, on conclura à l’absence de lien causal et à
l’absence de responsabilité.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Exemple : le passager d’un taxi est en relation contractuelle avec le chauffeur de taxi,
même sans contrat écrit. L’obligation du chauffeur de Taxi est de conduire son passager
et de le déposer à la destination souhaitée, en respectant le Code de la route.

Dans cet exemple, le passager du taxi décède d’un arrêt cardiaque pendant le trajet et on
prouve que le décès se produit juste au moment où le chauffeur du taxi a brûlé un feu rouge. Le
chauffeur de taxi a commis une faute, certes, mais ce n’est pas cette faute qui a entraîné l’arrêt
cardiaque du passager. Il n’y a donc pas de lien causal entre la faute commise et le préjudice
subi = pas de responsabilité du chauffeur de taxi.

§ 5 : Aménagements contractuels
A. Aspect préventif
But : éviter les discussions éventuelles à venir.
➔ Clause de parfaite information (remise en question) : une personne déclare
avoir été complètement et parfaitement informée de toutes les caractéristiques d’un
produit, avoir reçu tous les conseils nécessaires, et renonce à rechercher la
responsabilité du cocontractant de ce fait.
➔ Clauses qualifiant les obligations des parties en obligation de moyen ou de
résultat.
 Exemple : le vendeur s’engage à fournir les moyens appropriés afin de livrer
le bien dans les trois jours ouvrables » (obligation de moyen) ; ou « le
vendeur s’engage à livrer 20 tonnes de ciment à l’acheteur le 30 juin.
➔ Clauses déterminant le niveau de collaboration attendu entre les parties.
 Exemple : le maître d’ouvrage doit mettre à disposition les éléments
nécessaires à l’exécution des travaux, comme le terrain, les plans, les
autorisations administratives, etc.
➔ Clauses déterminant la juridiction compétente/loi applicable : le tribunal
devant lequel la contestation/la convention sera portée en cas de différend entre les
parties.
 Exemple : les tribunaux de Bruxelles.
 Exemple : le droit français.

B. Aspect curatif
But : résoudre un conflit une fois que celui-ci survient.
➔ Clauses limitatives ou exonératoires de responsabilité.
 Exemple : la responsabilité du prestataire ne pourra être engagée qu’en cas
de faute lourde ou intentionnelle
➔ Clauses pénales.
 Exemple : l’entrepreneur s’oblige à payer une somme de 47 EUR par jour de
retard dans l’achèvement des travaux.
➔ Clauses résolutoires expresses.
 Exemple : à défaut de livraison du frigo avant le 28 octobre 2020 par la
société, l’acheteur pourra résilier le présent contrat.
➔ Clauses de résiliation anticipée (avec pénalité le cas échéant).
 Exemple : pour ce bail conclu pour une durée de 9 ans, durant les 3
premières années d’occupation, le locataire pourra mettre fin à son bail à
n’importe quel moment, en remettant un préavis de trois mois, qui prend
cours le 1er du mois suivant l’envoi de la lettre contenant le préavis. Le
locataire devra cependant verser au propriétaire une indemnité de 3 mois de

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

loyer s’il résilie le bail durant la première année d’occupation, 2 mois de


loyer durant la 2e année, 1 mois durant le 3e année.

5. Preuve du contrat
La preuve n’est pas une condition de validité du contrat, mais a des conséquences sur ses
effets lors d’une contestation.

§ 1 : Qui doit prouver ?


Principe général (c. civ., art. 1315) : dès qu’une partie souhaite invoquer un droit à charge
d’une autre personne, ou entend invoquer que ses obligations ont été exécutées, il a la charge
de prouver la réalité de ses allégations.
« Pas de preuve, pas de droit ! »

Avoir la charge de preuve : celui à qui il appartient de prouver ce qu’il invoque.


 Exemples : le vendeur d’un cheval veut obtenir le paiement du prix. Si l’acheteur ne
paye pas volontairement, il reviendra au vendeur de faire la preuve de l’existence d’un
contrat de vente et faire la preuve du prix convenu entre les parties.
Inversement, si l’acheteur prétend qu’il a payé le prix, il devra être en mesure de prouver
(= démontrer) qu’un paiement est bien intervenu pour le compte du vendeur et que ce
paiement est relatif à la vente du cheval.

Collaborer à l’administration des preuves : les parties doivent rester de bonne foi mais il
peut arriver que la partie sur qui repose la charge de la preuve ne parvienne pas à démontrer la
réalité de ses allégations = le juge peut forcer l’autre partie à produire les éléments de preuve
en sa possession (exception avec le secret professionnel et le secret d’affaires).

Il existe quelques exceptions au principe général : le législateur a, dans certains cas,


déterminé de manière précise sur quelle partie reposait la charge de la preuve.
➢ En droit de la consommation8 : il revient à l’entreprise de prouver l’obligation qu’il
met à charge d’un consommateur.
 Exemple : si l’entreprise a vendu un bien à une personne qui détient la
qualité de professionnel, mais qui n’a pas agi en cette qualité, il pourra se
prévaloir de cette disposition.
 Exemple : à l’inverse, s’il achète un bien en sa qualité de professionnel, il ne
pourrait prétendre à la protection offerte par le législateur.
➢ En droit des assurances9 : il revient à l’entreprise d’assurance de démontrer le fait
qui l’exonère de sa garantie.
➢ En droit du bail10 : il revient au bailleur, à défaut d’avoir dressé contradictoirement
un état des lieux d’entrée, de démontrer l’état du bien loué pour prétendre à une
indemnisation pour dégâts locatifs.

Droit futur : à partir du 1er novembre 2020


➢ Le Code civil prévoit qu’en cas de doute, celui qui a la charge de prouver les actes
juridiques ou faits allégués par lui succombe au procès, sauf si la loi en dispose
autrement.

8
Code de droit économique, art. VI.62.
9
Loi du 14 avril 2014, art. 63 relatif au contrat d’assurance.
10
C. civ., art. 1731 applicable aux baux conclus dans la Région de Bruxelles-Capitale, conformément à l’article
220 du Code bruxellois du logement.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

➢ Le juge peut, par jugement motivé, déterminer laquelle des parties devra supporter la
charge de la preuve.

§ 2 : Comment prouver ?
1. L’acte juridique et le fait juridique
Acte juridique : manifestation de volonté destinée à produire des effets en droit et se prouve
par le biais de la preuve testimoniale.
 Exemple : la conclusion d’un contrat de prêt (je prête un crayon) est un acte juridique
de nature à produire des effets en droit (l’emprunteur devra restituer le crayon au
prêteur).

Fait juridique : évènement pouvant induire des conséquences en droit et se prouve par toute
voie de droit.
 Exemple : je laisse les robinets ouverts ce qui provoque une inondation = la
conséquence juridique est l’obligation de réparer le dommage découlant de cette
inondation.

Un évènement qualifié de force majeure est un fait juridique de nature à entrainer des
conséquences en droit.
 Exemple : l’impossibilité de signer un acte authentique de vente en raison d’une
épidémie est un cas de force majeure.

Force majeure : situation soudaine, imprévisible, irrésistible et inévitable qui n’est causée, ni
voulue par un individu. Le défaut d’exécution d’une obligation en raison de la survenance d’un
évènement de force majeure ne peut être imputé au débiteur dès lors qu’il n’a commis aucune
faute.

2. La force probante, la valeur probante et la recevabilité


Force probante : intensité que le législateur reconnait à un mode de preuve et qui s’impose au
juge.
 Exemple : l’acte authentique a une force probante absolue (sous réserve de l’inscription
en faux). Un juge ne pourrait donc décider que ce que renferme l’acte authentique ne
correspond pas à la réalité.

Valeur probante : aptitude d’une preuve à emporter la conviction du juge.


 Exemple : démontrer l’état d’un bien mis en location à la date de la mise à disposition
dudit bien au locataire par un autre écrit qu’un état des lieux d’entrée contradictoire est
soumis à l’appréciation d’un juge qui pourrait considérer que cette preuve est suffisante
ou, à l’inverse, que cette preuve est insuffisante.

Une reconnaissance de dette ne respectant pas le formalisme prévu par la loi pourrait emporter
la conviction du juge (si d’autres éléments sont apportés), mais la valeur probante de ce mode
de preuve n’est pas absolue. Le juge pourrait donc s’en écarter.

Par contre, si la reconnaissance de dettes répond aux conditions de formalisme prévues par la
loi, le juge ne pourrait considérer que la preuve de l’obligation n’est pas rapportée = l’écrit aura
force probante.

G. LAGUESSE 29
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Recevabilité : tous les modes de preuve ne sont pas recevables par le juge = le juge est tenu
de déclarer recevables les éléments de preuve déclarés admissibles par loi et ne peut s’en
écarter.

3. Modes de preuve
Les modes de preuves repris dans le Code Civil sont au nombre de 4 :
- L’écrit.
- Les présomptions.
- L’aveu.
- Le serment.

Le témoignage est ajouté à ces modes de preuve même s’il n’est pas mentionné dans le Code
Civil.
A. La preuve par écrit
C’est le moyen de preuve absolue.

2 formes :
➢ L’acte authentique (c. civ., art. 1317) :
❖ Reçu par les officiers publics ayant le droit d’instrumenter dans le lieu où
l’acte a été rédigé.
❖ Actes passés devant un notaire et qui sont réputés de refléter la réalité.
❖ Force exécutoire : tout ce qui se trouve dans l’acte peut être exécuté sans
jugement.
❖ Force probante absolue puisqu’il fait pleine foi de la convention qu’il
renferme entre les parties contractantes et leurs héritiers ou ayants cause.
❖ Le notaire fait foi des déclarations qui y sont contenues et de l’identité de ses
signataires + signe également l’acte authentique.
❖ Possède une date certaine vu qu’il reflète la réalité.

➢ L’acte sous seing privé (c. civ., art. 1322) :


❖ Établi sans l’intervention d’un officier public, par les parties et signé par
elles.
❖ Date certaine qu’à dater de la mort de l’un de ses signataires ou
l’enregistrement de l’acte sous seing privé.
❖ N’est soumis à aucune autre formalité quelconque.
❖ Peut contenir une convention synallagmatique ou un engagement unilatéral
ou multilatéral.

Les actes sous seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques ne sont valables
que s’ils ont été faits en autant d’originaux qu’il y a de parties ayant un intérêt distinct.
 Exemples : le contrat rédigé par un avocat et signé par les parties à ce contrat est
également un acte sous seing privé.
 Exemple : dans un contrat de bail, il faut au moins deux originaux puisque deux parties
ont un intérêt distinct et ce, même s’il y a deux locataires et deux bailleurs (les deux
locataires ont le même intérêt, c’est-à-dire avoir la jouissance du bien, et les deux
bailleurs ont le même intérêt, c’est-à-dire que le loyer soit payé).

L’acte unilatéral est un acte juridique émanant d’une seule personne en vue de produire des
effets juridiques et constituant une manifestation de volonté.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Exemple : une reconnaissance de dettes est un acte unilatéral d’une partie, visant à
reconnaitre devoir une somme d’argent au bénéfice d’une autre personne.

Les actes unilatéraux peuvent être soumis, selon leur contenu, à des exigences particulières.
 Exemple : l’article 1326 du Code civil impose, lorsque l’acte unilatéral contient une
reconnaissance de dettes, que l’acte contienne outre la signature de celui qui s’engage,
qu’il ait écrit de sa main un « bon » ou un « approuvé » portant en toutes lettres la
somme ou la quantité de la chose pour laquelle le signataire s’est engagé.

Droit futur : à partir du 1er novembre 2020


➢ L’écrit sera défini : comme « un ensemble de signes alphabétiques ou de tous autres
signes intelligibles apposés sur un support permettant d’y accéder pendant un laps de
temps adapté aux fins auxquelles les informations sont destinées et de préserver leur
intégrité, quels que soient le support et les modalités de transmission » - Code civil,
article 8.1 du livre 8. Ainsi, les SMS, e-mails, messages instantanés, etc. sont englobés
dans la définition de l’écrit.
➢ La définition de la signature : il s’agira « d’un signe ou une suite de signes tracés à la
main, par voie électronique ou par un autre procédé, par lesquels une personne
s’identifie et manifeste sa volonté », et la signature électronique sera visée par le Code
civil (article 8.1, 2° et 3°).
➢ Date certaine : l’article 8.22, 3° du livre 8 du Code civil prévoit qu’un acte sous seing
privé pourra avoir date certaine non uniquement en cas de décès ou d’enregistrement,
mais également à partir du jour où au moins l’une des parties se trouve dans l’incapacité
de modifier l’acte ou sa date.

B. Les présomptions
Notion : les présomptions sont des conséquences que la loi ou le juge tire d’un fait connu à un
fait inconnu (c. civ., art. 1349) = Il s’agit de présumer un fait, à partir d’autres faits.

Elles peuvent être :


❖ Établies par la loi (c. civ., art. 1350) : présomptions qu’une loi attache à certains actes
ou faits juridiques.
❖ Non établies par la loi (c. civ., art. 1353) : présomptions qui sont abandonnées aux
lumières et à la prudence du juge. Ainsi, le juge constate de manière souveraine
l’existence des faits sur lesquels il se fonde. Les faits sur lesquels il appuie son
raisonnement doivent être établis, c’est-à-dire qu’ils doivent être prouvés.
Le juge ne peut avoir égard à une telle présomption que lorsqu’il existe des indices
graves, précis et concordants de la réalité d’une telle présomption.
❖ Non irréfragable : on peut apporter la preuve contraire.
 Exemple : l’enfant conçu pendant le mariage : la loi dispose que l’on présume,
dans ce cas, que le mari de la mère est le père de l’enfant. Il est néanmoins
possible, pour la mère, le père ou l’enfant d’apporter la preuve contraire.
❖ Irréfragable : on ne peut pas apporter la preuve contraire.
 Exemple : on ne peut pas contester l’existence d’un contrat lorsqu’on a payé la
facture découlant dudit contrat. Le fait d’avoir payé une facture constitue une
présomption de l’acceptation de la facture.

C. L’aveu
Notion : le fait de reconnaitre volontairement l’exactitude d’un fait contesté, susceptible
d’entraîner contre soi-même des conséquences juridiques.

G. LAGUESSE 31
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

L’aveu peut avoir été fait tant dans le cadre d’une procédure judiciaire que dans le cadre d’une
situation qui n’a pas été judiciarisée.

Aveu judiciaire Aveu extrajudiciaire


Vaut pour toute demande, quel qu’en soit le Celui-ci ne peut valoir comme preuve qu’à la
montant. Le juge doit tenir pour exactes les condition qu’il ne porte pas sur une somme
déclarations faites devant lui. excédent 375 €.

La force probante : le juge tiendra pour vrai La force probante : est soumise à
les déclarations faites par les parties en cours l’appréciation des cours et tribunaux.
de procédure.

Exemple : lorsqu’une partie à une procédure Exemple : l’exécution volontaire d’une


judiciaire reconnaît l’existence d’un contrat convention.
lors de l’audience. Dans ce cas et même s’il
n’existe pas d’écrit de nature à démontrer
l’accord des parties sur le contrat proprement
dit, le juge considèrera qu’un contrat existe
bel et bien entre elles

D. Le serment
Notion : une affirmation solennelle, fait devant le juge, d’un fait, par l’une ou l’autre partie.

E. Les témoignages
Notion : les déclarations faites par des personnes, autres que les parties à la cause, qui relatent
en justice ce qu’elles ont vu et entendu.

Le Code judiciaire (art. 961/2) autorise les parties à prouver par témoignage en produisant des
attestations, celles-ci pouvant même être produites à la demande du juge.

Droit futur : en vigueur le 1er novembre 2020, le nouveau livre 8 du Code civil sur la preuve.
- Définition : le témoignage comme étant « une déclaration faire par un tiers dans les
conditions des articles 915 et suivants et 961/1 et suivants du Code judiciaire ». Ainsi,
le témoignage devient un mode de preuve à part entière.
- Témoignage : l’article 8.28 du livre 8 précise que les « témoignages ne peuvent être
admis que lorsque la loi admet la preuve par tous modes de preuve ». La force probante
du témoignage n’est néanmoins pas aussi forte que celle de l’écrit, puisqu’elle est laissée
à l’appréciation du juge.

Remarque : le Code civil actuel ne reprend pas le témoignage comme un mode de preuve au
même titre que les précédents.

§
3 : Validité des modes de preuve
3.1. Principe général : la prééminence de l’écrit
La règle générale en matière civile est celle de la prééminence de l’écrit11.

11
Code civil, art. 1341.

G. LAGUESSE 32
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Précision : le Code civil impose aux parties de prouver leurs allégations par écrit (qu’il s’agisse
d’un acte notarié ou un acte sous seing privé) pour toutes choses excédant une somme ou valeur
de 375 €.
 Exemple :
 La preuve d’un achat au supermarché ne doit pas se prouver par un écrit
contresigné par les parties dès lors que la valeur n’excède pas 375 €.
 La preuve d’un prêt d’un vêtement ne se prouve pas par écrit dès lors que la
valeur du vêtement n’excède pas 375 €.

Différence entre :
- La recevabilité d’un mode de preuve : il est nécessaire de prouver par écrit dès que
l’objet dépasse la somme de 375 €.
- La force probante de la preuve : l’écrit à une force probante plus importante que tous
les autres modes de preuve, puisque pour prouver contre un écrit, il faut un autre écrit.

Exemple : Le vendeur d’une voiture qui veut obtenir le paiement du prix de vente devra apporter
la preuve écrite du contrat de vente.

Remarque : l’écrit par lequel les parties sont fondées à démontrer la réalité de leurs allégations
doit répondre aux conditions (la signature des parties et la règle des originaux multiples ; ainsi,
un extrait bancaire n’est pas un écrit).

Droit futur : à partir du 1er novembre 2020, le montant de 375 € sera porté à 3.500 €. Ainsi, le
montant au-dessus duquel l’écrit est exigé en matière civile passera à 3.500 € (article 8.9 du
nouveau livre 8 du Code civil).

3.2. Cas particuliers : formalités complémentaires


Certaines conventions doivent remplir certaines conditions. À défaut de respecter ces
conditions, prouver l’existence de la convention (le negotium) sera plus difficile.

➔ Article 1325 du Code civil


Les contrats synallagmatiques sont soumis à la règle des originaux multiples. Cette formalité
vise à protéger l’ensemble des parties à la convention.

Il est également nécessaire que la convention précise le nombre d’exemplaires originaux établis,
et chaque exemplaire doit être un original (= la signature originale de chacune des parties).

Sanction : pas la nullité du negotium mais uniquement la nullité de l’instrumentum (soit


l’écrit en lui-même). Les parties pourront encore tenter de démontrer l’existence de la
convention ou sa teneur par d’autres moyens de preuve.

➔ Article 1326 du Code civil


La formalité du « bon pour » : impose à la personne qui s’engage d’écrire le montant pour
lequel elle s’engage, de sorte que les risques de fraude sont limités.

Cette formalité est nécessaire pour les engagements unilatéraux desquels il résulte qu’une
personne s’engage à payer à une autre partie une somme d’argent ou une chose appréciable.

Cette formalité a été prévue dans le but de protéger la personne qui s’engage
unilatéralement.

G. LAGUESSE 33
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Exemple : une personne pourrait, sans comprendre la portée du document signé,


s’engager à verser une somme d’argent sans aucune contrepartie.

Les conditions :
- Soit l’acte a été écrit entièrement de la main de la personne qui s’oblige.
- Soit l’acte n’a pas été écrit entièrement de la main de la personne qui s’oblige : il
est nécessaire que la mention « bon pour » ou « approuvé pour » suivie du montant en
toutes lettres soit écrit de la main de la personne qui s’oblige.

Exemple : la reconnaissance de dettes, le contrat de cautionnement.

Exception : lorsque l’acte émane de marchands, artisans, laboureurs, vignerons, gens de journée
et de service.

Sanction : n’est pas la nullité du negotium, mais uniquement de l’instrumentum (soit l’écrit
en lui-même). Les parties pourront encore tenter de démontrer l’existence de l’engagement ou
sa teneur par d’autres moyens de preuve.

Droit futur : à partir du 1er novembre 2020


➢ Prouver un acte juridique unilatéral par toute voie de droit, même lorsque le montant
sur lequel il porte excède 3.500 € (article 8.10 du livre 8 du Code civil), sauf exceptions
prévues par la loi.
➢ Les exceptions :
▪ L’engagement unilatéral de payer une somme d’argent : il est nécessaire,
conformément à l’article 8.21 du livre 8 du Code civil, que l’acte comporte la
signature de la personne qui s’est engagée ainsi que la mention, écrite par lui-
même, de la somme ou de la quantité en toutes lettres.
▪ Le cautionnement à titre gratuit : visé à l’article 2043quinquies du Code
civil.

3.3. Exceptions
Il existe de nombreux cas où les parties sont dans l’impossibilité de prouver par écrit.

Dans ce cas, il est encore possible pour les parties de prouver autrement.
1. Commencement de preuve par écrit (article 1347 du Code civil) : certains actes ne
peuvent valoir comme écrit au sens de l’article 1341 du Code civil.
 Exemples : ils n’ont pas été établis en autant d’originaux qu’il n’y a de parties
ayant un intérêt distinct, un acte authentique nul en la forme, une
reconnaissance de dettes qui n’a pas été rédigée de la main de celui qui
s’oblige, etc.

Ces écrits ne bénéficieront pas de la même force probante qu’un écrit sensu stricto, mais
pourront, si les conditions suivantes sont remplies, servir de moyen de preuve :
• Il doit s’agir d’un écrit.
• Émaner de celui à qui on l’oppose.
• Doit rendre vraisemblables les faits allégués.

Il est, une fois que l’on détient un commencement de preuve par écrit, nécessaire, pour emporter
la conviction du juge et compléter l’écrit nul en la forme, d’apporter d’autres moyens de
preuves. Il sera ici possible de recourir à la preuve par présomptions et par témoignages.

G. LAGUESSE 34
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

2. Impossibilité de prouver par écrit (article 1348 du Code civil) : l’impossibilité de


prouver par écrit peut découler de diverses situations :
 Impossibilité originaire de prouver par écrit.
 Impossibilité matérielle : le dépôt veste dans un vestiaire.
 Impossibilité morale : en raison du lien familial.
 Impossibilité résultant des usages : la relation entre le médecin et son patient.
 Perte de l’écrit en raison d’une cause étrangère : un contrat brûlé dans un
incendie.

Cette exception vaut également pour la preuve des obligations découlant des quasi-contrats et
des délits ou quasi-délits.

Dans ce cas, la preuve par présomptions et par témoignages devient recevable.

§ 4 : Cas particulier : la preuve en matière commerciale


4.1. La liberté de preuve en droit commercial
>< droit civil :
▪ La rapidité avec laquelle les transactions commerciales doivent être faites ne permet pas
de respecter le même formalisme qu’en droit civil.
▪ Les commerçants sont des professionnels pour lesquels il n’est pas nécessaire de prévoir
une protection particulière.

Ainsi, le législateur a prévu des règles particulières en matière de preuve entre commerçants
(devenus « entreprise ») :
➢ C. civ., art. 1348bis : à l’égard des entreprises ou entre entreprises (…), la preuve peut
être apportée par tous les moyens de droit, sauf si la loi en dispose autrement.
➢ L’entreprise est, dans ses rapports avec des consommateurs (ou toute personne ne
répondant pas à la définition de l’entreprise) tenue des respecter les modes de preuves
admis par le droit civil.

Ainsi, une entreprise pourra démontrer, contre une autre entreprise, l’existence d’un contrat et
quel que soit le montant de la demande, par toute voies de droit et non uniquement par un écrit.

Un consommateur pourra également se prévaloir de la preuve libre lorsqu’il souhaitera


prouver contre une entreprise.
 Exemple : un consommateur qui achète auprès d’un garagiste une voiture d’occasion,
pourra démontrer par toute voie de droit les faits qu’il allègue. À l’inverse, le garagiste
ne pourra prouver à l’encontre du consommateur qu’en respecter les modes de preuve
admis par le droit civil (ici, l’écrit).

Toutefois, la preuve étant libre, il revient au juge d’apprécier la force probante des éléments de
preuve soumis à son appréciation.

Il existe en outre des dispositions légales dérogatoires.


 Exemple : la constitution d’une société ne se prouve que par l’écrit (sous seing privé ou
acte authentique).

G. LAGUESSE 35
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

4.2. Modes de preuve spécifiques au droit commercial


Les entreprises disposent donc de la possibilité de prouver par le biais de :
- Leurs livres de commerce
- Les factures acceptées.

La comptabilité de l’entreprise :
Selon l’article 1348bis, § 2, du Code civil : « la comptabilité d’une entreprise peut être admise
par le juge pour faire preuve entre entreprises ».
Le législateur a été jusqu’à considérer que « la comptabilité d’une entreprise à force probante
contre elle ».
➔ Il s’agit donc d’un mode de preuve important en matière commerciale (alors même
qu’il ne s’agit pas d’un document contradictoire).

Le juge peut même, sur demande ou d’office, ordonner la représentation de tout ou partie de
la comptabilité d’une entreprise concernant le litige.

Droit futur : le législateur prévoit expressément « qu’une facture non contestée par une
personne qui n’est pas une entreprise ne peut être considérée comme acceptée, sauf si cette
absence de contestation constitue un silence circonstancié. Une facture acceptée, expressément
ou tacitement, par une personne qui n’est pas une entreprise constitue une présomption de fait »
(article 8.11, § 4).

6. Examen de contrats particuliers – la vente


Introduction
Les contrats nommés, qui doivent remplir des conditions de validité spécifique à tous les
contrats, seront réglementés de manière plus particulière dans le Code Civil.
 Exemple : contrat de bail, contrat d’entreprise, contrat de prêt, contrat de mandat et
contrat de vente.

Certaines lois spécifiques n'entrent pas dans le champ d'application du Code civil, mais
elles réglementent encore d'autres contrats, tels que les contrats de travail (loi du 3 juillet
1978) ou les contrats de voyage (loi du 16 février 1994).

En l’absence de règles spécifiques, les contrats sont soumis au régime de la « théorie générale
des obligations12 ».

§ 1 : Sources et notion du contrat de vente13


Notion :
▪ C. civ., art. 1582 : « la vente est une convention par laquelle l’un s’oblige à livrer une
chose (obligation de dare) et l’autre à la payer. »
 Le mot livrer est trompeur car la vente est un contrat consensuel et non
solennel.
▪ C.D.E., art. I.8, 33° : « tout contrat en vertu duquel l’entreprise transfère ou s’engage
à transférer la propriété des biens au consommateur et le consommateur paie ou
s’engage à payer le prix de ceux-ci, y compris les contrats ayant à la fois pour objet
des biens et des services. »

12
Voir plus haut.
13
Code civil, art. 1582 et suiv.

G. LAGUESSE 36
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Le contrat de vente est :


➔ Nommé.
➔ Consensuel : formé par l'échange de consentement sur le contenu de base et substantiel
du contrat. L’écrit peut s’imposer pour des raisons probatoires même s’il est obligatoire
pour certains contrats de vente.
➔ Synallagmatique : contient les obligations des deux parties, ce qui conduit à
l'application éventuelle de règles spécifiques applicables à ces contrats.
 Exemples : exceptions à l'inexécution ou la forme de contrats doubles.
➔ À titre onéreux : s’il n’y a pas de prix = donation.
➔ Commutatif : à part pour la rente viagère (contrat aléatoire), l’ampleur de la prestation
est connue dès le départ.

La plupart des dispositions du Code civil sont des dispositions "supplétives", ce qui signifie
qu'elles ne s'appliquent que si le contrat de vente lui-même ne prévoit pas le contraire.
 En d'autres termes, il est possible de prévoir dans le contrat certaines clauses qui
contredisent la plupart des dispositions du Code civil relatives à la vente.

Certaines ventes spécifiques sont soumises à des règles particulières :


Au niveau national : ces règles se trouvent dans le Code de droit économique.
➢ Les contrats à distance : un consommateur et un fournisseur font une transaction
sans jamais se rencontrer face à face jusqu'à ce que le contrat ait été signé.
 Exemple : le consommateur qui achète des biens par courrier électronique ou
par téléphone, sur Amazon, sur EBay, etc.
➢ Les contrats hors établissement : conclu dans un lieu autre que l’établissement
commercial de l’entreprise ou le lieu habituel d’exercice de la profession du vendeur.
 Exemple : le contrat a lieu à votre domicile, sur votre lieu de travail, dans la
rue, dans le hall d'entrée d'un magasin, dans une gare, etc.
➢ Ventes en solde (art. VI.25) : durant les soldes (3/01 au 31/01 et 1/07 au 31/07), les
entreprises peuvent vendre à prix réduits. En dehors de cette période, la loi belge
interdit aux commerçants de vendre à perte.

Vendre à perte : vendre un objet à un prix inférieur au prix auquel il a été acheté au
fournisseur.
Exception :
❖ Les soldes.
❖ La liquidation de stock.

➢ Ventes en liquidation (art. VI.22) : ne peut se produire que dans les circonstances
énumérées dans la législation.
 Exemple : décision judiciaire, décès du vendeur, reprise d’un commerce,
cessation des activités, déménagement d’un point de vente, etc.
➢ Ventes publiques de meubles ou d’immeubles : vente aux enchères dont le montant
le plus élevé forme le prix de vente. Elles se réalisent par un notaire et sur une
plateforme en ligne « Biddit ».

Au niveau international :
➢ Convention de Vienne : concerne la vente internationale de marchandises. Ce
traité a été approuvé par 85 pays et prévoit les règles détaillées des obligations du
vendeur et de l’acheteur + les sanctions en cas d’inexécution.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

➢ Proposition de règlement UE : concerne le droit commun européen de la vente.


Cette proposition est sur la table depuis 2001 mais n’est pas applicable car elle n’a
toujours pas été voté. Son but est de supprimer les obstacles rencontrés par les
commerçants et les consommateurs lors d’achats transfrontaliers.
➢ Autres règles diverses : visent à transposer les directives U.E.
 Exemple : le livre VI du Code de droit économique, « Pratiques du marché et
protection du consommateur » résulte de la transposition de la Directive
2011/83/UE relative aux droits des consommateurs.

La diversité des règles signifie qu'une même transaction peut être régie par des lois
différentes.
Exemple : j’achète un gel coiffant sur internet, sont applicables :
- Les règles du code civil relatives aux contrats en général : vices de consentement,
objet licite, cause, etc.
- Les règles du Code de droit économique sur les contrats de vente à distance.
- Les règles du Code civil relatives à la vente.
- Les règles relatives à la vente par voie électronique.
- Les règles relatives à la vente par un professionnel à un consommateur.

§ 2 : Conditions de validité du contrat de vente


Un contrat de vente est valide seulement s’il y a un accord sur :
- Le transfert de propriété.
- Le prix.
- Les conventions propres à tous les contrats sont remplies :
• Objet licite.
• Cause.
• Capacité de contracter.
• Consentement libre et éclairé.

2.1. Le transfert de propriété


Le transfert s’opère par un échange de consentements. Il suffit que les parties soient
d’accord sur l’objet, le prix et les éléments essentiels/substantiels de la vente pour que le
transfert de propriété ait lieu. – C. civ., art. 1583

Généralement, il y aura un écrit pour garder un moyen de preuve du contrat de vente.

Particularités :
✓ Pour les choses de genre (choses fongibles, interchangeables, non encore
spécifiées) : le transfert de propriété interviendra seulement au moment où la chose est
spécifiée/individualisée et non au moment de l’échange des consentements.
 Remarque : une chose est individualisée quand on la pèse, la compte ou la
mesure.
✓ Pour les choses futures : le transfert de propriété aura lieu lorsque la chose existera et
aura été spécifiée.
 Exemple : j’achète un veau qui n’est pas encore née, le transfert de propriété
n’interviendra qu’à la naissance du veau.

En principe, le transfert des risques liés à la disparition ou la destruction d’une chose vendue
a lieu en même temps que le transfert de propriété. – C. civ., art. 1138
« La chose périt aux risques de son propriétaire. »

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Par conséquent, si la chose vendue vient à périr entre l'échange des consentements et la
livraison, c'est l'acheteur qui supportera la perte de ce qu'il a acheté, même s’il ne l’a
jamais reçue.

Afin d'éviter cette situation, il peut être prévu dans le contrat que le moment du transfert
de la propriété et des risques ne se produit pas au moment de la conclusion du contrat, mais à
une date ultérieure.

Ce type de clause peut prendre la forme d’une « clause de réserve de propriété » = le vendeur
demeure le propriétaire d’une chose vendue, jusqu’à complet paiement du prix de vente par
l’acheteur.

Exemple de clause :
« Les marchandises livrées restent la propriété du vendeur jusqu’au paiement complet du
prix. La livraison des marchandises opère transfert des risques à l’acheteur. »

Application du transfert des risques en présence d’une clause de réserve de propriété :


vente d’un camion dans le cadre de laquelle le vendeur a inséré une clause contractuelle
aux termes de laquelle il se réserve la propriété du camion tant que le prix n’a pas été
intégralement payé par l’acheteur. Le camion est livré. La vente est conclue le 1er mars et
le prix doit être payé pour le 1er octobre. Le vendeur reste donc propriétaire en principe
jusqu’au 1er octobre. Mais au mois de mai, le camion est volé.
- L’acheteur doit-il payer ?
- Il s’agit d’un cas de force majeure qui a fait périr la chose ?

Application de l’adage res perit domino : comme à la date de la disparition de la chose, le


vendeur est toujours propriétaire, c’est lui qui assume les risques. L’acheteur ne devra pas
payer le prix, bien qu’il avait déjà la possession de la chose (on peut toujours stipuler le
contraire dans le contrat).

Peut-on vendre la chose d’une autre personne ? Une personne qui n’est pas propriétaire ne
peut pas transférer le droit de propriété d’une chose. – C. civ., art. 1599

2.2. Le prix
Il doit être déterminé ou déterminable (sur base d’éléments objectifs). – C. civ., art. 1591

2.3. Les conventions propres à tous les contrats


Le contrat de vente doit répondre aux conditions de validité propres à tout contrat. S’il
manque un consentement, si le consentement est vicié, si la capacité de contracter n’était pas
acquise, si la vente avait un objet illicite ou que la vente ne repose pas sur une cause, le juge
peut annuler le contrat. En cas d’annulation → restitution des prestations réciproques et retour
au prisin état.

Quelques précisions :
➢ L’objet de la vente doit être licite et être dans le commerce : article 1128 du Code
civil.
 Exemple : une personne qui vend son rein à son collègue conclut un contrat de
vente à l’objet illicite = la vente est nulle.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

➢ La chose doit être déterminée ou déterminable.


 Exemple : on ne vend pas un animal pour 100 EUR car la chose n’est pas
déterminable. Un animal peut être un cheval, une mouche ou un bouledogue
français.
➢ La cause du contrat doit être licite.
 Exemple : Monsieur X vend à Y une maison pour en faire une maison close, la
cause du contrat n’est pas licite et peut entrainer son annulation.
➢ Le consentement des parties à l’opération ne peut pas être vicié.
 Dol : compteur d’une voiture qui a été trafiqué.
 Erreur : l’acheteur croit acheter une voiture de 2013 alors qu’elle est de 2006.

§ 3 : Obligations du vendeur
3.1. Obligation d’information
Elle n’est pas spécifique au contrat de vente et est liée au droit commun des contrats.

Cette obligation est formée par :


 D’informer l’acheteur convenablement.
 De renseigner l’acheteur quant aux questions qu’il pose.
 De conseiller l’acheteur.
 De mettre en garde l’acheteur.

Le vendeur doit également être de bonne foi. – C. civ., art. 1134, al. 3

Si le vendeur ne respecte pas son obligation d’information , sa faute peut entraîner une
condamnation + des dommages et intérêts.

Le vendeur est tenu d’expliquer clairement ce à quoi l’acheteur s’oblige. Si un contrat est
douteux, le passage discutable sera interprété en défaveur du vendeur. – C. civ., art. 1602,
al. 2

3.2. Obligation de livrer une chose conforme


Notion : accomplissement, par le vendeur, des obligations qui lui incombent de sorte que les
choses convenues soient mises à la disposition de l’acheteur en quantité et en qualité.

Donc, le fait que l'acheteur soit devenu propriétaire ne signifie pas que toutes les
obligations liées à la vente ont été remplies. Le vendeur doit livrer la marchandise. Cette
obligation de livraison est une obligation de résultat.

La livraison doit être complète (l’objet + les accessoires et les fruits). – C. civ., art. 1615
- Les accessoires juridiques : une personne achète un téléphone défectueux. Elle
dispose d’une action en garantie contre le fabriquant. Si elle revend le téléphone, il
livre l’objet + l’accessoire juridique (= l’action en garantie contre le fabricant).
- Les accessoires matériels : tous les objets indispensables à l’utilité de la chose.
 Exemple : si on vend une voiture, on délivre aussi les papiers officiels de la
voiture ainsi que le certificat de conformité.

La livraison, le moment de la livraison, les frais de livraison de la chose peuvent être prévus
dans le contrat.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

La conformité de la livraison signifie que la chose est « conforme à l’usage auquel l’acheteur
destine cette chose ». Cette conformité s’apprécie d’un point de vue quantitatif et qualitatif.
 Exemple : la voiture d’occasion examinée lors de la conclusion de la vente ne
comportait aucune bosse. Le jour de la livraison, certaines bosses sont constatées. Ces
bosses rendent la qualité de la chose inférieure à celle convenue. La chose livrée n’est
pas conforme à l’usage auquel la chose est destinée.
En cas de non-conformité, l’acheteur peut demander :
➔ Résolution judiciaire.
➔ Exécution en nature ou par équivalent.
➔ Exception d’inexécution : non-paiement du prix.
➔ Possibilité de prévoir des clauses : comme une clause pénale ou une clause
résolutoire expresse.

En matière commerciale, le remplacement du vendeur ou la diminution du prix de vente sont


possibles.

Agréation : acte juridique unilatéral où l’acheteur reconnaît explicitement ou


implicitement que la chose reçue n’est pas conforme.
 Avec cette agréation, l’acheteur renonce à tous les recours qu’il pourrait introduire
contre le vendeur et qui ont trait à tous les défauts apparents.

Défaut apparent : un vice/défaut qui peut être découvert par un examen attentif de la
chose, immédiatement après la livraison.
 Remarque : si on ne proteste pas rapidement, le juge pourrait considérer que ce défaut
n’était pas là avant ou qu’on a accepté la situation.

En droit de la construction immobilière, on parle de réception de l’immeuble. Elle s’opère


en 2 temps :
1. La réception provisoire.
2. La réception définitive.

3.3. Obligation de garantie


Le vendeur doit :
➢ Garantir la jouissance paisible du bien vendu.
➢ Garantir les défauts cachés du bien vendu.

3.3.1. Garantie d’éviction (c. civ., art. 1626)


Une fois le contrat de vente conclu et exécuté, le vendeur doit « laisser l’acheteur en paix »
ou garantir qu’aucune autre personne viendra le déranger pendant qu’il jouit de son bien.
L’ acheteur est évincé quand quelqu’un le dérange pendant sa jouissance du bien. La
garantie d’éviction est alors appliqué si ces conditions sont rencontrées.

Si c’est le vendeur qui dérange l’acheteur pendant sa jouissance, il s’expose à une possible
action judiciaire de l’acheteur.

G. LAGUESSE 41
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

2 types de troubles peuvent être causées par le vendeur :


1. Trouble de fait.
 Exemple : le vendeur d’un terrain se met à construire sur le terrain qu’il a vendu.
Ou il conserve une clé de la maison vendue et y rentre de temps à autre. Ou il
vend une maison avec jardin et se promène sans cesse dans le jardin.
 Sanctions : résolution du contrat, exécution en nature possible, exécution par
équivalent.
2. Trouble de droit.
 Exemple : le vendeur vend une 2x la même chose. Les 2 acheteurs revendiquent
tous deux la propriété du bien vendu.
Il peut y avoir garantie d’éviction quand l’acheteur est dérangé par autrui (sans que ce soit
le vendeur). Dans ce cas, seuls les troubles de droit peuvent justifier la mise en œuvre de la
garantie d’éviction.
 Exemple : un tiers attaque l’acheteur en justice en estimant qu’il a un droit de passage
sur le terrain acheté.
 Exemple : un voisin décide de planter des arbres sur le terrain qui vient d’être vendu =
c’est un trouble de fait qui n’est pas lié/dû au vendeur. Le vendeur ne devra pas
garantir l’acheteur d’un tel trouble.

L’acheteur peut demander la résolution du contrat de vente + des dommages et intérêts ou


une diminution de prix selon la gravité de l’éviction.

3.3.2. Garantie des vices cachés


Quand l’acheteur agréer ou non la chose vendue lors de la livraison, il n’est plus possible
d’invoquer l’existence de vices apparent MAIS le vendeur reste responsable des vices cachés.

Article 1641 du Code civil : « Le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés
de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent
tellement cet usage, que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un
moindre prix, s'il les avait connus ».

L’obligation de garantie est pour tout vendeur même si celui-ci ignorait le défaut et est de
bonne foi. Si le vendeur est de mauvaise foi, les conséquences seront plus lourdes car des
dommages et intérêts pourraient s’ajouter à la garantie.

2 notions de vice :
1. Selon la théorie conceptuelle du vice : le vice est un défaut intrinsèque, il affecte la
structure même de la chose.
 Exemple : une voiture achetée d’occasion, elle tombe sans cesse en panne. Le
vice s’identifie au défaut de la chose = le moteur.
2. Selon la théorie fonctionnelle du vice : le vice est le défaut qui rend la chose
impropre à l’usage auquel l’acheteur la destine. Il n’y a pas de défaut à proprement
parler mais la chose vendue ne répond pas à l’usage qui avait été prévu par les parties.
 Exemple : Monsieur X achète une voiture pour y attacher sa caravane.
Malheureusement, il n’est pas possible d’accrocher la caravane à la voiture
quand celle-ci est livrée. L’objet vendu ne répond pas à la fonction à laquelle
l’acheteur entendait la destiner.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Conditions à respecter pour que le vice soit suffisant :


➢ Le vice doit présenter une certaine gravité : pour estimer cette gravité, il faut se f-
référer au « si j’avais eu connaissance du vice, je n’aurais pas acheté ce bien, ou bien
je l’aurais acheté à moindre prix ».
➢ Le vice doit être caché et inconnu de l’acheteur (c. civ., art. 1642) : il sera
considéré comme caché si l’acheteur n’aurait pas pu prendre connaissance de ce vice
après un examen approprié de la chose lors de la délivrance.
➢ Le défaut doit être antérieur au transfert de propriété : si le défaut survient après
le transfert de propriété, c’est à l’acheteur de supporter les conséquences de la
survenance d’un tel défaut.

L’acheteur qui demande la garantie pour vice caché doit intenter son action en justice le plus
vite possible (c. civ., art. 1648).

Généralement, le délai commence quand l’acheteur découvre le vice ou celui qu’il aurait dû
découvrir s’il était un acheteur normal, prudent, diligent à l’égard de ses affaires.

Des pourparlers entre les parties peuvent suspendre le délai → le juge tiendra compte d’un
délai de négociation ou de la désignation d’un expert et du temps mis par l’expert pour
exercer sa mission.

L’acheteur peut demander (c. civ., art. 1644) :


✓ Action rédhibitoire : il rend la chose et on lui rembourse le prix.
✓ Action estimatoire : il garde la chose mais on lui rembourse partiellement le prix.

Dans les 2 cas, l’acheteur pourra demander des dommages et intérêts en plus s’il prouve
que le vendeur était de mauvaise foi. Quand cette présomption réfragable ou non-
irréfragable de mauvaise foi est en place, le vendeur devra prouver que ce n’est pas le cas.

En pratique, il est possible d’atténuer certaines exigences.


❖ Exemple : en cas de vice caché, le vendeur ne pourra être tenu qu’à une diminution du
prix.

Certaines clauses peuvent améliorer la position de l’acheteur, comme la clause résolutoire


expresse en présente d’un vice caché.

§ 4 : Obligations de l’acheteur
4.1. L’obligation de prendre livraison de la chose
Le vendeur doit livrer la chose mais l’acheteur doit la retirer. Si l’acheteur ne retire pas la
chose achetée, il est possible pour le vendeur de mettre en œuvre la résolution extrajudiciaire
unilatérale (art. 1657) ou d’autres sanctions de droit commun.

Le vendeur peut ainsi :


- Assigner l’acheteur pour qu’il soit condamné à venir prendre livraison de la
chose.
- Réclamer des dommages et intérêts à l’acheteur.

G. LAGUESSE 43
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

4.2. L’obligation de payer le prix (c. civ., art. 1650)


Que peut faire le vendeur si elle n’est pas exécutée totalement ou partiellement par
l’acheteur ?
1. Demandes des intérêts sur le prix.
2. Soulever l’exception d’inexécution si c’est opportun.
3. Exercer une action en revendication : si le vendeur a livré le bien et bénéficie d’une
clause.
4. Reprendre la chose vendue.
5. Résolution ou exécution forcée du contrat.

§ 5 : Cas particulier de la vente au consommateur


Afin de protéger le consommateur (partie faible), ce sont les règles les plus strictes du
Code de croit économique qui s’appliquent pour les ventes entre un professionnel et un
consommateur.

Vu que le consommateur est le plus faible, il bénéficie d’une obligation d’information au


sujet :
➢ De l’entreprise qui vend le bien : communication de l’identité, du numéro
d’entreprise, de l’adresse, du numéro de téléphone, etc.
➢ Des biens vendus : les principales caractéristiques.
➢ Du prix : le prix mentionné doit être le prix total du produit TVAC + mention de tous
les services à payer obligatoirement en supplément par le consommateur.
➢ Des droits du consommateurs.
 Exemple : l’existence d’un service après-vente, les conditions de rétractation
pour une vente à distance, etc.

Le bien doit être livré au consommateur dans les 30 jours de la conclusion du contrat.

Les risques ne sont supportés par le consommateur qu’à partir du moment où il prend
physiquement possession des biens. Le transport des marchandises achetées entraînera des
risques pour l'entreprise, sauf si le transporteur désigné par le consommateur assure le
transport et que le vendeur professionnel ne propose pas d'option.

Pour les contrats à distance et hors établissement, il existe encore d’autres règles.
❖ Exemple : le vendeur de tickets de concerts sur internet à l’obligation d’indiquer le
prix total du ticket avant le processus de commande. Un droit de rétraction doit rester
possible.

Le droit des consommateurs est de plus en plus encadré.


❖ Exemple : quand on commandait des billets d’avion Ryanair qui aboutissaient au
paiement de plusieurs options que l’on ne souhaite pas forcément. Il fallait être attentif
et décocher les options qu’on ne voulait pas.

7. Cas particulier de la garantie des biens de consommation (c. civ, art. 1649bis et s.)
7.1. Les ventes entre un professionnel et un consommateur
Ces ventes sont soumises à un régime juridique qui protège le consommateur. L’entreprise
a une obligation de transmettre les informations de manière très complète au
consommateur.
✓ Consommateur : personne physique qui agit à des fins qui n’entrent pas dans le cadre
de son activité professionnelle.

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GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

 Exemple : Monsieur X achète un téléphone portable non-utilisé dans le cadre


de son activité professionnelle = il est consommateur. S’il achète 15
téléphones pour les revendre, il est plus consommateur mais un professionnel.
✓ Vendeur : personne morale ou physique qui vend des biens de consommation dans le
cadre de son activité.

7.2. Obligation générale de conformité


Si un objet acheté est défectueux (certaines conditions) dans les 2 ans de l’achat, le vendeur
devra le réparer ou le remplacer.

Pour ce faire, il faut que le défaut de conformité existe au moment où le bien acheté a été
délivré.

Alors, comment l’acheteur peut prouver que le bien acheté était déjà défectueux au moment
de sa délivrance ?

7.3. Conditions pour engager la responsabilité du vendeur en cas de défaut de


conformité ?
Le Code Civil vient en aide au consommateur et utilise les règles de preuve :
➢ Dans les 6 mois : le défaut sera présumé (= présomption réfragable). Le
consommateur doit alors prouver que le défaut s’est manifesté dans les 6 mois de la
vente pour que le vendeur ne puisse pas renverser la présomption et démontrer que ce
n’était pas le cas.
➢ Au-delà de 6 mois : c’est au consommateur de démontrer que le défaut existait avant
la livraison.

7.4. Délais
Pour les biens d’occasion, le délai de 2 ans est plus court (min. 1 an).

Malgré ces règles, le Code Civil exige que le défaut :


➢ Inconnu du consommateur.
➢ Ne trouve pas son origine dans des matériaux fournis par le consommateur.
 Exemple : si on achète une nouvelle batterie d’ordinateur fabriquée par une
autre société et on la remplace, la garantie risque de ne pas jouer.
➢ Existe au moment de la délivrance du bien + présomption d’antériorité du défaut
s’il se manifeste dans les 6 mois de l’acquisition.

Il faut agir vite car l’action du consommateur se prescrit 1 an après la découverte du


défaut.

7.5. Mesures offertes au consommateur en cas de défaut de conformité


Le consommateur a le droit de demander :
❖ Réparation du bien.
❖ Remplacement du bien.

Si ce n’est pas possible, il a le droit de demander :


❖ Réduction du prix. + dommages et intérêts
❖ Résolution du contrat.
Le consommateur peut attaquer le vendeur et le fabricant originel du bien acheté tandis que le
vendeur qui serait condamné à la garantie peut se retourner que contre le fabricant.

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8. Examen de contrats particuliers – le mandat


Introduction
Le contrat de mandat est un contrat nommé.

Les règles spécifiques du contrat de mandat se retrouvent dans le Code civil, art. 1984 à
2010 ainsi que dans les conditions de formation d’un contrat.

§ 1 : Notion
Selon l’article 1984 du Code civil, « le mandat ou la procuration est un acte par lequel une
personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son nom.
Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire. »

Cette définition est critiquable pour 2 raisons principales :


- Elle confond le mandat avec la procuration qui est écrite.
- La définition est vague : que signifie « faire quelque chose » ?

Définition plus appropriée : le mandat est un contrat par lequel une personne (le mandant)
donne le pouvoir au mandataire d’accomplir des actes juridiques au nom et pour le compte
du mandant.

La notion « d’actes juridiques » est très importante. Cette définition exclut la possibilité
pour le mandataire d’accomplir des actes matériels.
➢ Le mandataire va entrer en contact avec des tiers pour conclure un acte juridique
au nom et pour le compte du mandant.

Représentation parfaite : lorsque le mandataire intervient, il le fait pour le compte du mandant


et les effets juridiques se déploient uniquement sur la tête du tiers contractant et du mandant.

Exemple :
Gilles mandate Pierre pour signer avec Jacques un contrat de vente en son nom et pour son
compte.

Alors :
❖ Un contrat de mandat est conclu entre Gilles et Pierre.
❖ L’objet de ce contrat de mandat est que Pierre signe un contrat de vente avec
Jacques, au nom de Gilles.
❖ Après la signature du contrat de vente, on considérera qu’un contrat de vente
existe entre Gilles et Jacques.
❖ Jacques et Gilles seront les seules parties responsables des obligations prévues
dans le contrat de vente.
❖ La seule responsabilité de Pierre est à l’égard de Gilles, sur base du contrat de
mandat. Pierre sera responsable à l’égard de Gilles s’il n’a pas correctement
accompli la mission qui lui avait été confiée en vertu du contrat de mandat.

§ 2 : Conditions de validité
Les conditions sont les mêmes pour toutes les conventions :
➢ Un objet.
➢ Une cause licite.
➢ La capacité de contracter.

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➢ Un consentement sans vice.

Sous l’angle dynamique : l’échange de volontés se fait par le biais d’offres et acceptations
qui se rencontrent sur les éléments essentiels et substantiels du contrat.

Le mandat répond au principe du consensualisme : l'échange de consentement forme un


contrat sans aucune formalité spéciale. Cependant, pour des raisons de preuve, l’écrit ne
doit pas être négligé. Par ailleurs, pour certaines lois particulières un écrit est requis.
❖ Exemple : le mandat donné par le client d’une banque à cette dernière, ayant pour
objet la gestion par la banque d’un portefeuille d’investissements appartenant au
client.

L’objet du contrat de mandat peut recouvrir des actes juridiques variés :


- Déposer un acte de procédure pour un avocat.
- Signer un contrat de vente.
- Créer une société pour quelqu’un.

Remarque : seuls les actes juridiques strictement personnels ne peuvent être accomplis par la
voie de la représentation.

Quand le mandataire signe un contrat, il doit apposer sa propre signature et ne pas imiter
la signature du mandant.
❖ S’il imite la signature du mandant, il commet un faux en écritures.

§ 3 : Obligations du mandataire
3.1. Le mandataire s’acquitte personnellement du mandat : 2 obligations
1er. Accomplir le mandat sans faute
Cette obligation implique que :
➢ Le mandataire doit respecter les instructions données par le mandant = il doit donc
obéir au instructions du mandant. Ces instructions constituent tant le contenu que
les limites du mandat.
 Exemple : le mandataire a reçu le pouvoir de mettre un immeuble en location.
Il ne peut pas vendre l’immeuble car il dépassera les limites de son mandat et
de commettre une faute contractuelle.
➢ Le mandataire doit être prudent et diligent. Il doit apporter les soins nécessaires à
la réussite de la mission qui lui a été confiée.
 Exemple : je suis un mandataire chargé de vendre un immeuble. En exerçant
mon mandat de manière prudente et diligence, je vais m’assurer de vérifier que
le candidat acheteur de l’immeuble dispose bien des moyens financiers
nécessaires à l’achat.
➢ Un devoir de loyauté du mandataire à l’égard du mandant. Le contrat de mandat
est un contrat intuitu personae car il est conclu en raison de la personne même du
mandataire.

La doctrine distingue 4 devoirs particuliers découlant de cette obligation de loyauté :


I. Respect de la transparence : implique que le mandataire doit informer le tiers de
ce qu’il n’agit pas en son nom personnel. Il doit informer le tiers du nom du mandat
car l’opération conclue par l’intermédiaire du mandataire sera considérée comme
conclue entre le tiers et le mandant. En cas de problème, le tiers doit être au courant
de la personne qu’il doit contacter.

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 Exemple : un arrêt de la Cour d’appel de liège a condamné le mandataire qui


achetait pour le compte d’un ami mais avait négligé de mentionner sa qualité
d’intermédiaire.
II. Respect de la finalité du pouvoir : le mandat est destiné à rencontrer les intérêts du
mandant. Si le mandataire utilise ses pouvoirs à d’autres finalités, il commet un
détournement de pouvoir = faute contractuelle qui peut engendrer la responsabilité
du mandataire.
 Exemple : Gilles donne un mandat à une agence immobilière pour vendre un
immeuble. Cet immeuble aurait pu être vendu à 300.000€ et l’agence le vend à
200.000€. Si Gilles peut prouver que l’agent immobilier est de mèche avec
l’acheteur, il pourra obtenir des DI.
III. Interdiction pour le mandataire de se constituer contrepartie : on ne peut être à la
fois mandataire et être le tiers contractant. Un tel scénario placerait le mandataire
dans un conflit d’intérêt.
IV. Interdiction du mandat double : une personne aurait une double qualité de
mandataire.
 Exemple : une agence immobilière est chargée par un propriétaire de vendre un
immeuble, il se fait que cette agence a reçu d’un autre client un mandat
d’acheter un immeuble. Cet agent ne pourrait pas conclure la vente entre ces
deux personnes, car il devrait alors prendre parti en faveur de l’un ou l’autre.

2e. Rendre compte


Selon l’article 1993 du Code civil : « tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion
et de faire raison au mandant de tout ce qu’il a reçu en vertu de sa procuration, quand même
ce qu’il aurait reçu n’eût point été dû au mandant. »

3 obligations ont été dégagé par certains auteurs :


i. Informer le mandant : du déroulement de sa mission, du résultat de sa démarche, s’il
est confronté à un fait majeur, etc.
ii. Reddition de compte : le mandataire expose au mandant les opérations accomplies en
lui remettant un compte. Cela va permettre au mandant de donner une « décharge » au
mandant en pleine connaissance de cause.

Décharge : un acte juridique unilatéral qui a pour effet de libérer le mandataire de sa


responsabilité à l’égard du mandant.

iii. Obligation pour le mandataire de verser le solde au mandant : si le compte affiche


un solde positif.

3.2. Le mandataire se fait substituer


Art. 1994 du Code civil.

La substitution du mandataire est une délégation par le mandataire des pouvoirs dont il
dispose en vertu du mandat conclu, au profit d’un tiers. Ce tiers appelé le « mandataire
substitué » va accomplir l’acte juridique au nom et pour le compte du mandant.
➔ Exemple : un avocat est chargé par un client d’introduire une action en justice ou
d’organiser le report d’une affaire, il demande à un confrère de le faire à sa place.
➔ Exemple : je charge un huissier de justice d’effectuer une saisie d’un de mes débiteurs.
Il n’est pas compétent dans la zone géographique dans laquelle la saisie doit être faite,

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il peut demander à un de ses confrères de le faire. Ce confrère sera le mandataire


substitué.

Pour déterminer s’il est permis de se faire substituer à l’égard de la mission qui lui a été
confiée par le mandant.

3 hypothèses :
a. Le mandat autorise le mandataire à se faire substituer par autrui : expressément
(par écrit) ou tacitement (déduit du comportement du mandant), il n’y aucun problème.
b. Le mandat interdit la substitution : le mandataire ne peut se faire substituer, sous
peine d’engager sa responsabilité à l’égard du mandant.
▪ S’il se fait substituer alors que c’était interdit et qu’il va accomplir un acte
juridique qui sort du cadre du mandat = le mandataire devra répondre de sa faute
à l’égard du mandant.
c. Le mandat ne prévoit rien : la Cour de cassation s’étant prononcée en 2000 à ce sujet
et considérant qu’en cas de silence du mandat, la substitution est en principe autorisée.

§ 4 : Obligations du mandant
4.1. Devoir d’indemnisation du mandataire (c. civ., art. 1999 – 2001)
Cette obligation est applicable que le mandat soit gratuit ou onéreux = l’idée est qu’il faut
tenir le mandataire indemne.

Cette obligation comporte différents volets :


➢ Rembourser les avances que le mandataire a pu consentir pour le mandant :
même si in fine l’affaire n’a pas réussi.
➢ Le mandataire doit être indemnisé des pertes qu’il a essuyées à l’occasion de sa
gestion : à condition que ces pertes ne résultent pas d’une imprudence du mandataire.
 Exemple : accident sous l’influence de l’alcool.

4.2. Obligation de rémunérer le mandataire.


Uniquement si le mandat est conclu à titre onéreux. À l’époque, le mandat était considéré
comme un service d’ami, aujourd’hui la plupart des mandats sont rémunérés.

§ 5 : les effets du mandat vis-à-vis des tiers


Mandat apparent : même si le mandataire a dépassé ses pouvoirs et a conclu une opération
avec un tiers qu’il ne pouvait pas faire, le mandant pourra être contraint de considérer que
l’acte juridique conclu par le mandataire en son nom et pour son compte le lien entièrement
au tiers.
❖ Exemple : le mandataire a mis un bien en vente alors qu’il devait le mettre en location.

Dans un tel cas, le mandat pourra se retourner contre son mandataire, pour la faute
commise dans l’exercice du mandat confié.

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5.1. Questions
1ère question :
Si le mandataire, dans l’exercice de son mandat, commet une faute contractuelle à l’égard du
tiers, le tiers peut-il rechercher la responsabilité contractuelle du mandataire ?

Réponse : Non, car il n’y a pas de contrat entre le mandataire et le tiers. Puisque le
mandataire agit en représentation du mandant, c’est le mandant qui sera engagé à l’égard
du tiers pour tout ce qu’a fait le mandataire en son nom et pour son compte.

Exemple : l’avocat est le mandataire de son client. Il oublie qu’il devait interjeter appel d’une
décision rendue dans les 30 jours. Par cette faute, le mandant (client) ne pourra plus interjeter
appel de cette décision qui ne lui convient pas.
Pourra-t-il invoquer le fait que son mandataire a commis une faute, pour échapper au fait
qu’il ne peut plus faire appel (la forclusion du délai d’appel) ? Non, il ne pourra pas
l’invoquer.
La faute du mandataire à l’égard des tiers engage le mandant, et la faute du mandataire n’est
pas une cause étrangère libératoire. Le mandant doit assumer toutes les conséquences des
fautes de son mandataire. Son seul recours est de demander des dommages et intérêts au
mandataire, sur base de la responsabilité contractuelle.

Pour le dire autrement, si le mandataire fait une faute dans l’exercice de sa mission c’est le
mandant qui devra assumer à l’égard du débiteur.
2ème question :
Qu’en est-il si le mandataire, dans l’exercice de son mandat, comme une faute qui est tout à
fait indépendante de la mission ?

Réponse : Le principe du mandat est l’accomplissement d’actes juridiques au nom et pour


compte du mandant. Les comportements fautifs qui sont « extracontractuels » sont des faits
juridiques et non des actes juridiques. On sort des pouvoirs du mandataire d’engager le
mandant. Ses fautes n’engageront donc que le mandataire.

Exemple : le mandataire est chargé de conclure un contrat de vente immobilière. Il prend sa


voiture et il fait un accident, en tort. Est-ce que cette faute va engager la responsabilité du
mandant à l’égard du tiers ?
Exemple : l’administrateur délégué d’une société (il est le mandataire de la société) tient des
propos obscènes/diffamatoires à l’encontre d’un concurrent lors d’une conférence de presse.
Est-ce que le concurrent peut engager la responsabilité de la société, au motif que ce que fait
le mandataire engage le mandant ?

5.2. Résumé
Lorsque le mandataire reste dans les pouvoirs qui lui ont été donnés par le contrat de
mandat, ses actes juridiques engagent le mandant comme si c’était le mandant qui les
avait conclus.

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Et lorsque le mandataire outrepasse les pouvoirs donnés par le mandat, le mandant n’est
en principe pas tenu, sauf si :
➢ Il ratifie les actes passés par le mandataire : il donne son accord et les valide a
posteriori.
➢ Il y a mandat apparent.

§ 6 : L’extinction du mandat
Le mandat peut s’éteindre pour :
1) Causes d’extinction de droit commun :
➢ Contrat a bien été exécuté.
➢ Le terme extinctif contenu dans le mandat est atteint.
➢ En cas de résolution judiciaire : ce qui est possible en cas de faute grave du
mandataire.
➢ Décès, faillite, incapacité du mandataire : puisque le contrat est intuitu
personae, il s’éteint à la « disparition » du mandataire.

2) Causes propres au mandat :


La révocation du mandataire : le mandant peut révoquer son mandataire quand bon lui
semble, et sans devoir invoquer un motif. Le contrat peut prévoir une indemnisation, ou des
délais à respecter.

On appelle ce type de révocabilité « révocabilité ad nutum » : les administrateurs d’une


société sont révocables « ad nutum » par l’assemblée générale des actionnaires (sauf les
administrateurs-délégués).

La renonciation du mandataire (démission) : article 2007 du Code civil. En cas de


renonciation, le mandataire devra généralement indemniser le mandant.

9. Le contrat de bail
Introduction
A. Définition et cadre normatif
Article 1709 du Code civil : le contrat de bail (louage de chose) est un contrat nommé par
lequel l’une des parties s’oblige à faire jouir l’autre d’une chose pendant un certain
temps, et moyennant un certain prix que celle-ci s’oblige de lui payer.

Le contrat de bail se subdivise en plusieurs parties :


➢ Le bail de droit commun.
➢ Le bail de résidence principale.
➢ Le bail commercial.
➢ Le bail à ferme.
➢ Etc.

Avant, le contrat de bail était matière que du Code civil (article 1708 et suivants). Depuis
2017, il a été régionalisée et il est maintenant régie par :
L’ordonnance du 27 juillet 2017 : visant la régionalisation du bail d’habitation pour
la Région de Bruxelles-Capitale (entrée en vigueur le 1er janvier 2018), insérée dans
le Code bruxellois du logement.
➔ Cette ordonnance régit tous les types de baux d’habitation (à l’exclusion de
l’hébergement touristique).
Le décret du 15 mars 2018 : relatif au bail d’habitation pour la Région wallonne.

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➔ Ce décret régit le bail relatif à une habitation (en ce compris le bail de


résidence principale), sauf les hébergements touristiques.
Le décret flamand du 24 octobre 2018 : sur le bail d’habitation pour la Région
flamande.
➔ Ce décret régit le bail d’habitation (qu’il s’agisse de la résidence principale
du preneur, ou bien les contrats de location pour étudiants).

Pour les autres baux, les anciennes dispositions qui se trouvent dans le Code civil sont
toujours d’application :
 Section I du Chapitre II du Code civil : les baux de droit commun.
 Section II bis du Chapitre II du Code civil : les baux commerciaux.
 Section III du Chapitre II du Code civil : les baux à ferme.

B. Caractéristiques du contrat de bail


2 grands principes :
1. La plupart des dispositions des baux de droit commun (section I du Code civil)
sont supplétives : si les parties sont toutes les 2 d’accord, elles n’ont pas l’obligation
d’appliquer ces dispositions dès la conclusion du contrat de bail.
2. Une grande partie des dispositions des baux de résidence principale sont
impératives : les parties doivent appliquer les dispositions à la signature du contrat.

Remarque : la plupart des dispositions relatives au bail commercial sont également


impératives.

Une protection spéciale est accordée à une des deux parties du contrat car le législateur
estime que cette partie est plus faible que l’autre.

Il existe également des dispositions obligatoires en faveur des deux parties. Dans ce cas,
aucune partie ne peut déroger à ces dispositions avant que la protection prévue par la loi
ne prenne effet.

Exemples :
❖ L’article 6 de la loi sur les baux commerciaux : chaque partie peut demander la
révision du loyer tous les 3 ans lorsque le bien a connu une plus-value ou une moins-
value importante → la disposition est impérative en faveur des deux parties.
❖ L’article 237 de l’ordonnance bruxelloise : impose des conditions strictes au
bailleur lorsqu’il veut mettre fin anticipativement au contrat de bail de résidence
principale (sans être tenu de verser une indemnité au preneur) → les parties peuvent
convenir d'exclure ou de restreindre cette résolution anticipée.
❖ L’article 220 de l’ordonnance bruxelloise : impose aux parties de dresser un état des
lieux d’entrée contradictoire et à frais communs.

Le contrat de bail répond donc aux caractéristiques suivantes :


1. C’est un contrat synallagmatique : le bailleur s'engage à donner jouissance d'une
chose au preneur, et en retour, celui-ci s'engage à payer le prix de cette chose. Par
conséquent, l’ensembles des principes du contrat synallagmatique s’appliquent. Le
contrat de bail doit également être rédigé en autant d’originaux que de parties ayant un
intérêt distinct.
2. C’est un contrat consensuel : le contrat se forme par le simple échange de volonté
des parties MAIS pour des raisons de preuve, un écrit est fait. Cet écrit permet aux

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parties d’enregistrer le bail et de lui attribuer une date certaine. Cette date certaine est
utile car si le bien en location est vendu, le preneur pourra rester dans les lieux à
condition de pouvoir démontrer que le bail a une date certaine antérieur à la vente du
bien.

Exception à ce principe :
- Un bail commercial de plus de 9 années doit revêtir la forme authentique :
pour pouvoir être transcrit et ainsi être opposable aux tiers.
- Un bail de résidence principale :
• Durée inférieure ou égale à 3 ans : constaté par écrit.
• Durée supérieur à 9 années : être écrits.
- Les baux de logement étudiants doivent être conclus par écrit : article 253,
§2, de l’ordonnance bruxelloise.

Si cette exigence d’écrit n’est pas respectée, le contrat n’est pas nulle mais une des
parties peut introduire une procédure judiciaire devant le Juge de paix afin de
contraindre l’autre partie à signer le contrat de bail ou inviter le Juge à prononcer un
jugement tenant lieu de contrat de bail.

L’écrit n’est donc pas une condition de validité du contrat de bail MAIS reste,
parfois, imposé par le législateur.

3. C’est un contrat onéreux : la mise à disposition des lieux est conditionnée par le
paiement d’un loyer. La mise à disposition d’un bien immeuble gratuitement n’est
pas un contrat de bail.
4. C’est un contrat à prestations successives : les locaux sont mis à la disposition du
locataire à condition que celui-ci paie le loyer mensuellement (généralement).
5. C’est un contrat conférant au preneur un droit personnel temporaire : le preneur
ne peut jouir des lieux que pendant la durée de la location. À la fin du contrat, le
preneur qui reste dans les lieux les occupe sans titre ni droit, de sorte que le bailleur
est autorisé à solliciter du Juge de paix son expulsion.
6. C’est un contrat non intuitu personae : le caractère non intuitu personae du contrat
de bail se déduit de la possibilité de sous louer le bien, du fait que le bail ne prend
pas fin avec la mort du preneur ou du bailleur et de la poursuite du contrat de bail
même en cas du transfert du bien loué.
7. Le bailleur doit avoir un pouvoir d’administration : le bailleur ne doit pas
nécessairement être propriétaire du bien mis en location (peut sous-louer le bien)
MAIS doit avoir un pouvoir d’administration sur le bien.

Pouvoir de disposition : le bailleur a le pouvoir de vendre le bien.

8. Le preneur dispose d’un droit personnel de jouissance : après la conclusion du


contrat de bail, le bailleur est tenu de laisser le preneur jouir des lieux. Ce droit de
jouissance n’est pas un droit de nature réelle (il ne s’agit en effet pas d’un droit de
propriété, ni d’un droit d’usufruit ou d’un droit d’usage) mais de nature strictement
personnelle.

Le preneur dispose ainsi uniquement d’un droit vis-à-vis du bailleur (et non sur la
chose elle-même : il ne pourrait donc la vendre), l’autorisant à contraindre le bailleur

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à respecter le contrat de bail ou obtenir une indemnisation du fait du non-respect


du contrat.

§ 1 : Éléments essentiels
2 éléments essentiels :
➢ Le droit de jouir de la chose : le bailleur doit, dès l’entrée en vigueur du contrat de
bail, donner la jouissance des lieux au preneur pendant toute la durée du contrat.
➢ L’obligation d’un prix (loyer) : le montant du loyer est convenu entre les parties
au moment de la conclusion du contrat. Ce loyer peut augmenter avec le temps =
une clause d’indexation du loyer peut être prévue par les parties.
Cette clause doit être :
- Notifiée par écrit.
- À la date de la convention.
- Ne peut agir que pour les 3 mois précédents la demande d’indexation.

§ 2 : Conditions de validité
Comme tous les contrats, le bail est soumis aux 4 conditions de validité d’un contrat :
L’objet.
La cause.
La capacité.
Le consentement des parties.

Exemple : la location d’un bien insalubre est illégale puisque l’objet est illicite. La convention
pourrait être déclarée nulle, sur demande du preneur ou même soulevée d’office par le juge.

§ 3 : Durée du bail
3.1. Les baux à durée déterminée et les baux à durée indéterminée
Le droit du preneur de jouir du bien est un droit personnel temporaire = ce droit s’éteint au
terme du contrat.

Le contrat de bail peut être :


 À durée déterminée : au moment de la conclusion du contrat, les parties conviennent
d’une durée déterminée. Ainsi, à l’arrivée du terme, le preneur est tenu de restituer
les lieux au bailleur.

La résiliation anticipée du contrat par une partie implique le paiement d’une


indemnité puisque la résiliation est fautive (= résolution), sauf si les parties se
mettent d’accord sur la résiliation du contrat (= résiliation amiable).

 À durée indéterminée : quand les parties n’ont pas convenu d’une durée précise, le
bail a, généralement, été conclu pour une durée d’un mois (code civil, art. 1736).
Dans ce cas, il est possible pour les parties de résilier la convention en respectant un
préavis.

Ainsi, l’article 1736 du Code civil autorise les parties à mettre fin au contrat via la
notification d’un congé d’un mois. Une fois le congé donné, la décision est
définitive et irrévocable (= acte unilatéral réceptice). La partie ayant notifié son renon
ne peut revenir sur sa décision.

Acte unilatéral réceptice : acte qui nécessite une notification afin d’être valide.

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Attention : la notion de « congé » peut être utilisée tant pour les baux à durée déterminée que
pour les baux à durée indéterminée.
➢ Pour les baux à durée déterminée : la partie ne souhaitant pas continuer dans les lieux
notifiera un congé à l’autre partie avant l’arrivée du terme convenu pour éviter une
continuation du contrat. Dans ce cas, il s’agira de faire savoir à l’autre partie son souhait
de confirmer le terme de la convention.

3.2. La réduction de la durée de certains baux


Si les parties peuvent en principe librement arrêter la durée de leurs baux, le législateur
prévoit un certain nombre de cas où les baux seront automatiquement réduits.

3.3. Reconduction, renouvellement et prorogation du bail


1. Reconduction du bail
Un bail peut être renouvelé, sans que les parties n’aient conclu un nouveau contrat entre
elles. Dans le cas où le preneur reste dans les lieux et à défaut pour les parties d’avoir notifié
un congé avant l’expiration du terme du bail, celui-ci est renouvelé aux mêmes conditions que
le premier bail.

Il est donc préférable, dans le cas où l’on ne souhaite pas que le bail soit renouvelé à
l’arrivée du terme, de notifier un congé afin de confirmer l’arrivée du terme du contrat.

Si un congé a été notifié par l’une des parties, l’autre ne pourra en aucun cas invoquer le
renouvellement du bail. Si le preneur reste dans les lieux après l’arrivée du terme = occupe
les lieux sans titre ni droit. Il ne devra plus payer un loyer mais une indemnité pour
occupation précaire (calculer par jour d’occupation).

Dans le cas où les parties ne précisent rien et que le preneur reste dans les lieux, un
nouveau contrat est conclue entre les parties. Ce contrat n’est pas constatée par un écrit,
de sorte qu’à l’arrivée du terme du 2ème contrat, plus aucun renouvellement ne pourra être
invoquée.

L’article 1738 du Code civil prévoit que c’est à l’expiration du bail écrit que le contrat est
renouvelé implicitement dans le cas de la poursuite de l’occupation du preneur des lieux
sans opposition du bailleur. Or, en cas de reconduction du bail, les parties n’auront pas
établi d’écrit.

2. Renouvellement du bail
Il est également possible pour les parties de renouveler leur bail au moment où il arrive à
son terme.
 Exemple : l’article 13 de la loi sur les baux commerciaux prévoit que le preneur a le
droit d’obtenir, par préférence, le renouvellement de son bail pour la continuation du
même commerce. Le preneur n’a dans ce cas le droit de solliciter cette protection que
pour trois renouvellements.

Cette disposition vise à protéger le preneur qui exerce son commerce dans les lieux. Il est
préjudiciable pour le preneur d’un bail commercial de devoir déplacer son commerce
dans un autre lieu. Le législateur a donc décidé de lui offrir une protection particulière en
lui donnant une préférence par rapport à d’autres candidats-locataires.

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3. Prorogation du bail
La prorogation du bail : ne s’agit pas de conclure une nouvelle convention mais de
modifier les termes de la première convention. Les parties s’accordent avant l’arrivée du
terme sur un nouveau terme.
 Exemple : les parties sont liées par un contrat de bail de 9 ans. Elles décident, d’un
commun accord avant l’arrivée de la neuvième année de proroger le terme de 9 années
supplémentaires. La convention reste la même, mais est modifiée en ce qui concerne
le terme.

§ 4 : Obligations du bailleur
Le bailleur a 3 obligations :
1. La délivrance de la chose donnée en location
Le bailleur est tenu de délivrer la chose louée. Ainsi, en cas de location d’un appartement
meublé, le bailleur est tenu de donner la jouissance au preneur d’un appartement meublé
(l’inventaire des meubles meublants sera compris dans le bail).

Le bailleur doit également donner la jouissance de la chose en bon état de réparation de


toute espèce (article 1720 du Code civil). Cette disposition permet au preneur de jouir
effectivement des lieux. Le bailleur ne peut donc pas délivrer des lieux où les installations
sanitaires ne fonctionnement pas, ou que la plomberie soit défaillante.

Les parties peuvent néanmoins déroger à ce principe d’un commun accord. Il est très
fréquemment prévu, dans les contrats de baux, que les lieux se trouvent « dans l’état bien
connu du preneur ».

Les parties pourraient également convenir que le preneur est tenu de faire certaines
réparations moyennant une réduction du loyer pendant un temps déterminé alors que les
réparations auraient dû être faite par le bailleur avant la mise à disposition des lieux au
preneur.

Afin d’éviter toute contestation au sujet de l’état du bien loué, les parties doivent établir,
ensemble (pour garantir le caractère contradictoire) et à frais communs, un état des lieux
d’entrée (article 1730 du Code civil). Si les parties ne font pas cet état des lieux, l’état des
lieux au moment de la sortie du preneur est celui qu’il a « vu » à l’entrée, sauf preuve
contraire (article 1731 du Code civil).

2. L’entretien du bien
Le bailleur est tenu, pendant toute la durée de la location, d’entretenir le bien loué et d’y
effectuer toutes les réparations autres que les réparations locatives (article 1720, alinéa 2,
du Code civil).

La loi ne définit pas de manière précise qu’elles sont les réparations à charge du bailleur.

Distinction :
Réparation d’entretien : les grosses réparations comme le remplacement d’un
ascenseur, la réfection d’un balcon, etc.
Réparation locative : l’usage et la jouissance du bien loué comme le nettoyage
régulier des lieux, l’entretien périodique de la chaudière, le remplacement des petits
accessoires électriques comme les ampoules, etc.

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Les parties peuvent convenir que les réparations d’entretien sont à la charge du locataire
car la plupart des obligations du bailleur sont complémentaires. Dans ce cas, le locataire
devra supporter les réparations tant locatives que d'entretien.

3. Garantir la jouissance paisible du bien par le preneur


Le bailleur a une obligation de délivrance et de jouissance paisible envers le preneur.

Cette obligation implique que :


- Le bailleur doit garantir le preneur de son fait personnel : il ne peut empêcher la
jouissance paisible des lieux par le preneur, que ce soit par un fait matériel (le
bailleur ne peut s’introduire dans les lieux de manière incessante et injustifiée) ou par
un fait juridique (le bailleur ne pourrait pas remettre le bien en location à une autre
personne pendant la durée du bail en cours).

C’est une obligation non facere (obligation de ne pas faire) qui se déduit de différentes
dispositions légales :
• Article 1723 du Code civil : « Le bailleur ne peut, pendant la durée du bail,
changer la forme de la chose louée » : le bailleur ne peut décider, sans l’accord
du preneur, de bâtir une cabane dans le jardin faisant l’objet de la chose louée,
abattre un mur, supprimer un balcon, etc.
• Article 1724 du Code civil : le preneur doit supporter des réparations que si
elles sont urgentes. Il peut refuser toutes réparations proposées par le bailleur si
elles ne sont pas urgentes et peuvent attendre la fin du bail pour être faites. À
l’inverse, si c’est une réparation urgente, le preneur ne peut pas s’y opposer.

- Le bailleur doit garantir le preneur du fait des tiers (articles 1725 et 1726 du Code
civil) :
• Fait juridique du tiers : le bailleur est tenu de faire en sorte que le preneur ne
soit pas dérangé par le tiers qui prétend avoir un droit sur le bien.
• Fait matériel : il revient au preneur de se défendre, il ne peut se retourner contre
le bailleur en invoquant l’obligation de le garantir du fait des tiers.
o Exemple : trouble de voisinage.

- Le bailleur doit garantir le preneur des vices affectant la chose louée (article 1721
du Code civil) : le bailleur est tenu de délivrer un bien conforme à l’usage pour lequel
le preneur le destine.
 Exemple : le bailleur ne pourrait délivrer un appartement destiné à l’habitation
du preneur alors que le tableau électrique n’est pas aux normes, impliquant ainsi
des troubles lors de l’usage des lieux ou des canalisations dans un état tel
qu’elles ne permettent pas au preneur d’en user sans supporter des dégâts des
eaux à répétition.

Pour invoquer le non-respect du bailleur, il faut que le vice ait été caché car si le
preneur avait connaissance du vice au moment de la signature du contrat, on considérera
qu’il a accepté le vice.

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Les parties peuvent également déroger à cette garantie avec prudence car si le vice
affecte l’essence même du contrat, et même en cas d’exonération de la garantie des vices
cachés, le bailleur pourrait engager sa responsabilité.
 Exemple : arrêt du 6 avril 2010 : un preneur est tombé dans un escalier, en très
mauvais état. Suite à cette chute, il est paralysé à vie. Le Tribunal a considéré
que la clause exonératoire des vices cachés ne pouvait exonérer le bailleur de sa
responsabilité puisque cette clause touchait à l’essence même de la convention.

§ 5 : Obligations du preneur
Le preneur a 4 obligations :
1. Obligation de faire un bon usage de la chose louée
Le preneur est tenu « d’user de la chose louée en bon père de famille, et suivant la
destination qui lui a été donnée par le bail, ou suivant celle présumée d’après les
circonstances, à défaut de convention » - Code civil, art. 1728, 1°

« En bon père de famille » : le preneur doit


➢ Utiliser les lieux avec prudence et diligence : il est responsable des dégradations
qu’il a causé et du fait des tiers (= dans le cas où il invite une tierce personne dans les
lieux, le preneur doit répondre des dégradations faites par cette personne).
➢ Avertir le bailleur quand des réparations qui lui incombent doivent être réalisées
afin de limiter le dommage : si le preneur constater qu’une infiltration d’eau se
produit sur la façade, il devra en avertir sans délai le bailleur pour qu’il puisse
refaire la façade avant que l’infiltration ne deviennent plus importante et entraine des
dommages plus importants.
➢ Avoir l’accord du bailleur pour modifier les lieux : le preneur ne pourrait donc
décider d’abattre un mur sans l’accord préalable du bailleur. Toutefois et selon la
destination des lieux, le preneur peut aménager les lieux, de manière raisonnable, à
charge pour lui de remettre les lieux dans leur précédent état à la sortie des lieux.
 Exemple : il peut faire des trous dans les murs afin d’accrocher des cadres,
mais sera tenu de reboucher les trous à la sortie des lieux).

« Suivant la destination qui lui a été donnée par le bail » : l’usage des lieux doit être
conforme à sa destination. Ainsi, en cas de location d’un bien destiné à la résidence
principale du preneur, le preneur ne peut pas organiser des soirées commerciales dans les
lieux et ou exercer un commerce.

2. Obligation de payer le loyer


L’article 1728, 2°, du Code civil impose au preneur de payer le prix du bail aux termes
convenus. S’il ne le fait pas, le bailleur peut demander la résolution du bail aux torts du
preneur et solliciter le paiement des loyers devant le Juge de paix.

Pour garantir la bonne exécution de cette obligation, le bailleur peut demander à un tiers de se
porter caution du paiement des loyers.

3. Obligation de garnir les lieux loués par des meubles meublants


Selon l’article 1752 du Code civil, le locataire qui ne garnit pas la maison de meubles
suffisants, peut être expulsé, à moins qu'il ne donne des sûretés capables de répondre du
loyer.

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Cette disposition est justifiée par le fait que le bailleur dispose d’un gage sur les meubles
meublants en cas de non-paiement du loyer. En d’autres termes, si le preneur ne paie pas
le loyer, le bailleur pourrait demander la vente publique des meubles du preneur se
trouvant dans les lieux et se faire payer les retards de loyer.

4. Obligation de restituer les lieux en bon état de réparations locatives


À l’arrivée du terme du contrat de bail, le preneur doit naturellement rendre les lieux au
bailleur.

Si le preneur ne restitue pas les lieux, il les occupe sans titre ni droit et risque donc de se
faire expulser des lieux par le bailleur, après obtention d’une décision judiciaire.

Les lieux doivent en plus être restitués en bon état de réparations locatives. Le preneur est
ainsi tenu de rendre les lieux dans le même état que celui dans lequel il les a reçus. Si des
dégradations sont constatées, il revient au preneur d’indemniser le bailleur à hauteur de la
valeur des réparations.

§ 6 : Le bail de résidence principale


6.1. Généralités
Il existe différentes espèces de contrat de bail. Il peut ainsi viser la mise à disposition :
- D’un bien destiné à des bureaux : bail de bureaux.
- À une habitation secondaire : bail de droit commun.
- À un commerce : bail commercial.
- À la résidence principale du preneur : bail de résidence principale.

Des dispositions spéciales peuvent s’appliquer suivant le contrat de bail.


 Exemple : le bail de résidence principale qui est régit par une règlementation
particulière. Il est nécessaire de se référer tant à la législation spéciale qu’au Code
civil, puisque dans le cas où la règlementation spéciale est muette sur une question, le
droit commun du bail trouve à s’appliquer = combiner les deux règlementations.

Chaque région a adopté une législation particulière sur les baux d’habitation, en ce
compris les baux visant la résidence principale du preneur.

Il faut être particulièrement attentif aux dispositions particulières vu qu’elles dérogent


parfois au Code civil. Ces dispositions ont en plus souvent un caractère impératif, de sorte
que les parties ne peuvent y déroger librement.

Chaque législation régionale définit son champ d’application.


 Exemple : l’ordonnance bruxelloise du 27 juillet 2017 sur les baux d’habitation
prévoit, à son article 234 que : « Le présent chapitre s'applique aux baux portant sur le
logement que le preneur, avec l'accord exprès ou tacite du bailleur, affecte dès l'entrée
en jouissance à sa résidence principale. »
 Elle impose également aux parties un écrit (article 218 : « tout bail entrant dans le
champ d’application du présent titre doit être établi dans un écrit (…) »).

Rappel : le bail de droit commun est un contrat consensuel, de sorte que les parties peuvent
conclure un bail sans qu’un écrit ne soit dressé.

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6.2. Particularités du bail de résidence principale


Bail de résidence principale : sont conclus pour une durée de 9 ans.
➢ Les parties veulent une durée inférieure : dans ce cas, il peut être prorogé une ou
plusieurs fois mais seulement par un écrit contenu dans le bail, sans préjudice de
l'indexation du loyer au moment du renouvellement et sans que la durée totale de
location ne puisse excéder 3 ans.
➢ Les parties veulent une durée supérieure ou à vie.

À l’expiration du terme du contrat tel que convenu par les parties, le contrat ne prend pas
fin de plein droit. Compte tenu de l’affectation particulière des lieux, le législateur impose
aux parties de notifier un congé pour que le bail ne soit pas reconduit automatiquement.
Si les parties ne notifient pas un congé, le bail est reconduit.

Les conditions de résiliation du contrat de bail sont définies par le législateur :


• Résiliation par le bailleur

Dispositions en faveur du preneur :


(I) Le bailleur peut résilier à tout moment le contrat anticipativement pour
occupation personnelle : respecter un préavis de 6 mois et démontrer
l’occupation personnelle dans l’année qui suit l’expiration du préavis donné par le
bailleur et pendant 2 ans au moins. S’il ne respecte pas ces conditions, le bailleur
est tenu de verser une indemnité au preneur équivalente à 18 mois de loyer.
(II) Le bailleur peut résilier le contrat à l’expiration du premier et du deuxième
triennat : le bailleur peut mettre fin au bail, en donnant congé six mois à l'avance,
s'il a l'intention de reconstruire, transformer ou rénover l'immeuble en tout ou en
partie et à condition que les travaux respectent certaines conditions.
(III) Le bailleur peut résilier le contrat à l'expiration du premier et du deuxième
triennat : le bailleur peut mettre fin au bail, en donnant congé six mois à l'avance,
sans motifs, mais moyennant le versement d'une indemnité. Cette indemnité est
équivalente à neuf mois ou à six mois de loyer selon que le contrat prend fin à
l'expiration du premier ou du deuxième triennat.

• Résiliation par le preneur


(I) Le preneur peut mettre fin à la convention de bail, à tout moment, moyennant
un congé de 3 mois : dans le cas où la résiliation intervient au cours de la
première, deuxième ou troisième année de location, le preneur est tenu de verser
une indemnité au bailleur équivalente à 3 mois, 2 mois ou 1 mois de loyer.
 Cette disposition est impérative en faveur du bailleur.

(II) Lorsque le preneur se voit notifier un congé par le bailleur, il peut notifier un
contre-préavis d’un mois : le prévis de 6 mois imposé au bailleur vise à
permettre au preneur de trouver un autre logement. Ainsi, si le preneur a pu
retrouver un logement avant la fin de la période de préavis, le preneur peut décider
de partir des lieux plus tôt et notifier un contre-préavis à son bailleur sans devoir
payer la moindre indemnité.

Le bail de résidence principal doit être enregistré au bureau Sécurité juridique du ressort
duquel l’immeuble est situé (cette obligation pèse sur le bailleur). Dans le cas où il n’est pas
enregistré, le preneur a le droit de quitter les lieux sans préavis ni indemnité pour autant
que le preneur ai mis en demeure le bailleur d’enregistrer le bail par la voie

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recommandée et que le bailleur ne se soit pas exécuté pendant une période d’un mois
(article 227 de l’ordonnance bruxelloise).

§ 7 : Le bail commercial
Le bail commercial est régi par des dispositions particulières. Il s’agit de la loi du 30 avril
1951 insérant une section 2 bis dans le Code civil.

L’article 1er de cette loi prévoit que les éléments déterminants sont (i) l’affection du bien à
un commerce de détail ou à l’activité d’un artisan (ii) directement en contact avec le
public.

Les particularités des baux commerciaux sont :


(I) La durée d’un bail commercial ne peut être inférieure à neuf ans : il s’agit ici
de protéger le commerce du preneur. Si les parties ont convenu d’une durée plus
courte, le bail n’est pas nul mais la durée est automatiquement portée à 9 ans.
Cette disposition est en effet impérative, les parties ne pouvant donc y déroger.
(II) Le preneur peut néanmoins mettre fin à la convention moyennant le respect
d’un préavis de 6 mois à l’expiration de chaque triennat : le congé doit être
notifié par courrier recommandé ou par exploit d’huissier.
(III) Les parties peuvent mettre fin, d’un commun accord, au bail commercial à
tout moment : cet accord doit constater dans un acte authentique ou par
déclaration faite devant le juge.
(IV) Le preneur a le droit d’obtenir trois renouvellements de son contrat de bail :
pour des durées successives de 9 ans, à condition que son souhait d’obtenir le
renouvellement du bail soit notifié au bailleur 18 mois au plus tôt et 15 mois au
plus tard avant l’expiration de la période en cours (article 13 de la loi). S’il ne
respecte pas cette formalité, le preneur n’est plus autorisé à obtenir le
renouvellement de son bail (les parties pourraient conclure un nouveau contrat de
bail commercial, mais les conditions de location pourraient être modifiées,
notamment le loyer).
(V) Si le preneur reste dans les lieux à l’expiration du terme de la convention et
sans opposition du bailleur : le preneur peut soutenir que le bail est pour une
durée indéterminée.
(VI) Le bailleur ne pourra mettre fin à la convention qu’en respectant un délai de
préavis de 18 mois : article 14 de la loi : « Si le preneur, forclos du droit au
renouvellement, est, après l'expiration du bail, laissé en possession des lieux loués,
il s'opère un nouveau bail d'une durée indéterminée, auquel le bailleur pourra
mettre fin moyennant un congé de dix-huit mois au moins, sans préjudice du droit,
pour le preneur, de demander le renouvellement ».

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Chapitre II : La responsabilité extracontractuelle


Introduction
Il existe beaucoup de faits juridiques qui donnent lieu à des questions de droit et de
responsabilité, en-dehors de toute relation contractuelle. Tous nos actes sont susceptibles
d’engager notre responsabilité à l’égard de tiers.

1. Responsabilité du fait personnel


Code civil, art. 1382 : « tout fait quelconque de l’homme, qui cause à autrui un dommage,
oblige celui par la faute duquel il est arrivé à réparer ».

Cette définition fait appel à 3 concepts nécessaires à ce qu’une personne puisse être condamnée
à payer des dommages et intérêts à une autre :
➢ Une faute.
➢ Un dommage.
➢ Un lien de causalité entre la faute et le dommage.

§ 1 : La faute
La faute est composée de 3 éléments :
01. L’élément matériel : qui constitue la violation d’une norme en tant que telle.
La faute est un manquement, volontaire ou involontaire, par action ou par omission, à
une norme de conduite préexistante.

C’est quoi une « norme de conduite » ?


Une norme formulée et imposant un comportement obligatoire d’une personne = si
une obligation est imposée par une loi, son non-respect cause une faute.
➔ Exemple : en 1987, une équipe d’ouvriers chargée de nettoyer une cuve avait
basculé dans le vide, alors que la loi leur imposait le port d’une ceinture de
sécurité. Pour contester de leur faute, ils soutenaient que l’absence du port de
la ceinture n’allait pas à l’encontre d’un comportement prudent, car « personne
ne respecte cette règle habituellement ». La cour de cassation a refusé ce
raisonnement et a estimé que la transgression matérielle d’une disposition
impérative, légale ou réglementaire, constituait en soi une faute.
Une norme non-formulée dans une loi ou un autre texte = violation de l’obligation
générale de prudence qui est une norme abstraite.
➔ Exemple : Xavier est en train de réparer son toit. Pour cela il utilise divers
outils. À un moment, il pose son marteau, dont il n’a plus besoin
momentanément, à côté de lui. Malheureusement, la zone où il le pose est en
pente : le marteau glisse, tombe dans la rue et assomme Jacques, en train de
passer sur le trottoir. Xavier a commis une faute en posant son marteau sur une
surface inclinée.

02. L’élément moral


Pour qu’une faute existe, il faut que la personne qui viole la norme soit en « capacité de
discernement » = une personne capable d’anticiper les conséquences de ses actes de
manière libre et consciente.

Dans certaines situations, on considère que les mineurs ou les personnes démentes ne
commettent pas de faute civile car ils ne sont pas libres et conscients de leurs actes.

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À quel âge considère-t-on qu’un enfant à un discernement suffisant ? Il n’y a pas d’âge
fixé par la loi.
➢ - 6 ans : pas de discernement.
➢ + 10 ans : discernement.
➢ Entre 6 et 10 ans : compliqué.

Fait justificatif : événement imprévisible, irrésistible et indépendant de la volonté du


défendeur et qui anéantit ou conditionne temporairement la faute.

Quand il y a « fait justificatif », on considère qu’une faute n’a pas été commise.
• Légitime défense : riposte immédiate, dommageable et proportionnée face à une
agression s’exerçant sur une personne ou sur des biens.
• L’état de nécessité : danger actuel et imminent / bien ou valeur sauvegardé doit être
supérieur ou égal à l’intérêt sacrifié / proportionnalité.
• Le contrainte, l’ordre de loi ou de l’autorité légitime.

03. La prévisibilité du dommage causé par la violation de la norme


Quand l’auteur de la faute aurait pu ou dû prévoir que son acte allait créer un préjudice à
un tiers.

La condition de la prévisibilité varie selon la nature de la faute :


➢ La faute viole une disposition légale : à partir du moment où le législateur impose
un comportement déterminé par une norme, c’est qu’il a déjà évalué lui-même que
la violation de cette norme pouvait entrainer un dommage.
➢ La faute viole une obligation générale de prudence : le dommage doit constituer
une conséquence possible du comportement analysé, et que cette possibilité ait été
prévue.
➔ Exemple : un adolescent s’amuse dans les dunes à propulser un avion à l’aide
d’un élastique. Malheureusement, cet avion tombe dans l’œil d’un touriste qui
faisait son bain de soleil plus loin, et qui se trouvait hors du champ de vision
de l’adolescent qui propulsait son avion depuis le creux des dunes. Dans ce
cas-ci, l’adolescent a quand même été jugé responsable de ses actes : bien qu’il
ne voyait pas la personne et ne pouvait deviner que l’avion tomberait dans son
œil, le tribunal a considéré qu’il ne pouvait exclure la possibilité d’un
dommage alors qu’il propulsait son avion avec un mauvais champ de vision.
L’auteur du comportement analysé est donc en faute et devra indemniser la
victime du dommage qu’elle a subi.

Comment apporter la preuve de la faute ? La faute est un fait juridique = la victime d’une
faute peut apporter la preuve de la faute par toute voie de droit (témoignage, présomptions,
écrits, etc.). Le juge appréciera la valeur probante des éléments qui lui sont soumis.

§ 2 : Le dommage
= lésion d’un intérêt stable et légitime.

Le principe (même que pour la responsabilité contractuelle) :


L’intérêt doit être stable : la victime doit démontrer qu’elle a perdu un avantage,
même s’il est accordé à titre bénévole, sur lequel elle pouvait compter de façon stable
et durable.

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➔ Exemple : si une dame demande la réparation du dommage moral qu’elle subit


à la suite du décès de son fiancé, décédé dans un accident provoqué par un tiers,
elle doit démontrer la stabilité de leur relation
L’intérêt doit être légitime : le dommage ne doit pas découler de la privation d’un
avantage illicite (= pas être contraire à l’ordre public ou aux bonnes mœurs).
➔ Exemple : un apprenti boulanger a subi un accident le rendant incapable de
travailler. Il veut obtenir une indemnité économique correspondant au salaire
qu’il gagnait, mais également à ce qu’il gagnait en plus en noir. Puisque le travail
au noir consiste en un avantage illicite, sa perte ne peut donner lieu à réparation.
Seule l’indemnisation correspondant au travail déclaré sera accordée.
On peut demander la réparation d’un dommage matériel ou d’un dommage moral.

§ 3 : Le lien de causalité
= le lien nécessaire entre la faute commise et le dommage subi.

La victime d’un acte doit démontrer ce lien de causalité pour obtenir une indemnisation.

Exemple : un accident de la route a lieu par la faute d’un conducteur. La victime de l’accident
est blessé : il a une fracture et il saigne du nez. Les secours mettent de l’ouate dans son nez et
l’emmènent aux urgences. Il faut l’opérer pour réparer la facture : on l’anesthésie mais on
oublie qu’il a un morceau d’ouate dans le nez. Quand il se réveille, il inspire et l’ouate va
dans ses poumons. Il décède d’une embolie pulmonaire.
Le conducteur à l’origine de l’accident est-il responsable du décès de la personne ? Sa faute
est-elle à l’origine de ce dommage ?

3 grandes théories (toutes ne sont pas valables en droit belge) :


01. La causa proxima/causalité efficiente
On retient la cause la plus proche du dommage. La faute antérieure étant exonérée par la
faute postérieure dès lors qu’il est établi que cette faute n’est pas la conséquence
nécessaire de la première.

➢ Exemple : un médecin qui prescrit une mauvaise dose de médicament à un patient. Le


pharmacien, par la suite, ne relève pas l’erreur du médecin et administre la mauvaise
dose. Le patient décède. Qui est en faute ? Si l’on suit cette première théorie, on
retient la dernière faute, celle du pharmacien. On considère que sans la dernière faute
du pharmacien, le dommage ne se serait pas produit car il aurait dû s’apercevoir de la
faute du médecin.

La Cour de cassation belge a formellement condamné cette théorie, car la faute


postérieure n’a jamais pour effet de permettre l’exonération de l’auteur de la faute
antérieure, si celle-ci est elle-même en lien causal avec le dommage.

02. La causalité adéquate


On retient les évènements qui devaient normalement provoquer le dommage et qui sont dans
un rapport de causalité adéquat avec le dommage.

➢ Exemple : si une personne laisse ses clefs sur le compteur d’une voiture, on peut se
dire que dans le cours normal des choses, un voleur risque de la voler. Par contre, on
ne peut pas prévoir raisonnablement qu’en s’enfuyant, le voleur va renverser un

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piéton. Si le piéton veut être indemnisé, il sera certes indemnisé par le voleur, mais il
ne pourra pas obtenir une indemnisation du propriétaire de la voiture qui a laissé ses
clefs sur le compteur.

Cette théorie n’est pas admise en droit belge, mais il arrive très souvent que les juges en
fassent application.

03. L’équivalence des conditions


= est causale toute faute sans laquelle le dommage ne se serait pas produit tel qu’il s’est
produit concrètement.

➢ Exemple : une personne s’arrête pour acheter un journal et laisse les clefs sur la voiture,
la voiture est volée, le voleur fait un accident et renverse un piéton. On voit bien que
parmi les antécédents du dommage il y a l’accident du voleur, mais aussi la négligence
du propriétaire de la voiture. Sans le vol de la voiture, mais également sans la négligence
du propriétaire de la voiture, il n’y aurait pas eu d’accident et donc pas de dommage.
Tant le voleur que le propriétaire négligent pourraient être condamnés à payer des
dommages et intérêts à la victime.

La Cour de Cassation se rallie à cette théorie et l’applique en Belgique.

Et si la victime elle-même a commis une faute ? Il peut être décidé d’un partage de
responsabilités tant que la faute ait contribué au dommage.

➢ Exemple : une personne ne porte pas sa ceinture de sécurité lors d’un accident dont elle
est victime. Elle a commis une faute en ne respectant pas une norme. Elle pourrait être
déclarée co-responsable de son propre dommage, sauf si elle parvient à démontrer, par
exemple, que le choc était latéral et que le port ou non de la ceinture de sécurité n’aurait
rien changé. Si la victime démontre que sa faute n’est pas en lien causal avec le
dommage, on parle de « rupture du lien causal ».
Et en cas de force majeure ?
= événement imprévisible, irrésistible et indépendant de la volonté de l’auteur qui
n’exonère de toute responsabilité que si elle est la cause exclusive du dommage.

On peut détruire le lien causal en prouvant :


Le fait d’un tiers.
La force majeure.
La faute de la victime elle-même.

➢ Exemple : au cours d’une partie de chasse, un chasseur a été blessé par le ricochet
d’un plomb tiré par un autre chasseur. Dans un premier temps, la cour d’appel avait
admis que le ricochet constituait un fait imprévisible et insurmontable. La cour de
cassation a cassé cet arrêt et n’a pas considéré ce fait comme un cas de force majeure.
Le chasseur maladroit a donc été reconnu totalement responsable de ses actes.

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§ 4 : Réparation du dommage
= la réparation intégrale du dommage subi.

MAIS on ne peut pas réparer plus ! La victime doit démontrer les préjudices causés par la
faute, et seuls ces préjudices démontrés seront réparés.

2. Responsabilité du fait d’autrui


Code civil, art. 1384.
§ 1 : Responsabilité des parents du fait de leur enfant mineur
La responsabilité des parents est une présomption de responsabilité, réfragable. Selon
l’article 1384, al. 2 du Code civil, les parents sont responsables du dommage causé par
leur enfant = ils doivent assurer avec vigilance l’éducation et la surveillance de leurs
enfants.

Pour certains, cette présomption trouverait son fondement dans l’autorité parentale dont
les parents sont investis. Pour d’autres, la présomption serait une simple conséquence de la
filiation.

Le 1er fondement est cependant plus logique car :


❖ L’enfant doit être mineur pour qu’un parent soit responsable de ces actes au
moment des faits dommageables : lorsque l’enfant est émancipé, la présomption de
responsabilité ne vaut pas ; tant le père que la mère, s’ils exercent l’autorité parentale,
sont présumés responsables.
❖ L’enfant doit avoir commis une faute (ou un acte objectivement illicite) : cette
faute doit être en lien causal avec le dommage subi.
❖ La faute doit être prouvée : on présumera l’existence d’une faute dans le chef du
parent, ainsi qu’un lien causal entre cette faute présumée et le dommage

Cette présomption est réfragable = le parent peut réussir à s’exonérer de sa responsabilité


s’il parvient à prouver qu’il n’a commis aucune faute, ni dans la surveillance de l’enfant, ni
dans son éducation (double preuve à apporter).
Pas de faute dans la surveillance : les parents devront prouver une diligence et une
vigilance normales en rapport notamment avec l’âge de l’enfant.
Pas de faute dans l’éducation : les parents doivent prouver concrètement qu’ils ont
consacré les soins nécessaires à une bonne éducation de l’enfant. La mauvaise
éducation ne peut se déduire de la seule survenance du dommage : c’est le juge qui
appréciera si l’acte dommageable aurait été commis par un enfant « bien éduqué ».

Le parent peut aussi échapper à sa responsabilité s’il parvient à rompre le lien causal
entre la faute de l’enfant et le dommage subi = si le parent démontre que la faute de
l’enfant n’est pas une cause sine qua non du dommage subi par la victime, sa
responsabilité ne sera pas engagée.

§ 2 : Responsabilité des instituteurs du fait de leurs élèves


On présume la faute de l’instituteur lorsque l’élève dont il assume la formation commet,
pendant le temps de la surveillance, une faute en lien causal avec le dommage subi par un
tiers.

Le fondement de cette présomption vient de l’obligation supportée par toute personne


devant fournir un enseignement à une autre, d’assurer la surveillance de cette dernière.

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Conditions :
• La faute doit être commise par un élève : l’élève est celui qui reçoit un
enseignement obligatoire ou libre.
• Il faut un instituteur : personne chargée d’un devoir de surveillance et d’un devoir
d’enseignement. C’est le fait de dispenser un enseignement qui est déterminant.
 Sont assimilés à un instituteur : les moniteurs sportifs, les maitres de stage,
les moniteurs de conduite automobile, les éducateurs, les personnes chargées
dans un home de la réinsertion des jeunes adultes handicapés, des dirigeants
des mouvements de jeunesse, des responsables paroissiaux et des responsables
des maisons de jeunes.
 Ne sont pas assimilés à un instituteur : le surveillant qui n’assume aucun
enseignement dans l’établissement, le directeur de l’établissement scolaire,
l’établissement scolaire lui-même (personne morale) et l’éducateur qui ne
communique pas une instruction.

L’enseignement : toute communication d’une instruction, qu’elle soit scientifique, artistique,


professionnelle, morale ou sociale.

• Il faut prouver l’existence d’une faute ou d’un acte objectivement illicite de


l’élève : en lien causal avec le dommage subi.
➔ Contre-exemple : un prof de gym lance une course dans le bassin de natation,
mais il n’y a pas de lignes pour séparer les nageurs. Ainsi, un élève qui était en
tête et qui faisait la ligne du retour rentre, dents en avant, dans le front d’un
autre. L’élève n’a pas commis de faute, mais le professeur de gym oui par son
manque d’organisation. Dans un tel cas, l’instituteur engage sa responsabilité
sur base de l’article 1382 du Code civil (responsabilité personnelle), mais il
n’engage pas sa responsabilité sur base de l’article 1384 du code civil
(responsabilité pour autrui) ;
• La faute doit avoir été commise pendant le temps de la surveillance : à l’intérieur
ou à l’extérieur des murs de l’école.

C’est une présomption de responsabilité qui est réfragable = l’instituteur pourra échapper à
sa responsabilité :
➢ S’il prouve qu’il n’a pas manqué de diligence dans l’exercice de sa mission.
➢ S’il prouve qu’une surveillance correctement effectuée n’aurait pas pu empêcher la
survenance du fait dommageable.
➢ S’il prouve qu’il lui était totalement impossible d’éviter le dommage.
➢ S’il prouve que la faute commise n’est pas en lien causal avec le dommage.

§ 3 : Responsabilité des commettants du fait de leurs préposés


La présomption qui pèse sur l’employeur est irréfragable = il n’est pas possible pour
l’employeur de s’exonérer de la faute de son employé.

Un lien de préposition doit être établit entre le commettant et l’employé afin que la
responsabilité du commettant soit engagée.

Ce lien correspond à une relation de subordination : une relation d’autorité et de


surveillance entre 2 personnes dans l’exercice des fonction de l’employé.

G. LAGUESSE 67
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

La subordination existe dès qu’une personne peut exercer son autorité et sa surveillance
sur les actes accomplis par une autre personne.

Il s’agit d’un fait juridique dont la preuve peut être rapportée par toutes voies de droit,
présomptions et témoignages compris.

Cas particuliers :
La subordination doit toujours être examinée en fait : elle ne se déduit pas
nécessairement de l’existence d’un contrat de travail, d’un mandat ou d’un contrat
d’entreprise. En effet, un lien de subordination peut naitre d’une situation de fait
occasionnelle et temporaire, indépendamment de tout salaire.
➔ Exemple : une subordination entre un bénévole et une ASBL.
Le préposé ne doit pas nécessairement avoir été choisi par le commettant
personnellement.
Le fait que le préposé jouisse d’une certaine autonomie dans l’exécution de son
travail n’empêche pas non plus l’existence d’un lien de subordination.
➔ Exemple : un médecin qui travaillerait dans un hôpital sans avoir le choix de
ses clients, de ses horaires et sans matériel propre aurait un lien de
subordination avec l’hôpital dans lequel il travaille, malgré son autonomie de
travail.

Ici aussi, on exige que le préposé ait commis une faute et qu’elle soit en lien causal avec le
dommage subi par la victime.

Ce régime de responsabilité a quand même une limite puisque la responsabilité du


commettant ne peut être engagée que si l’acte fautif entretient une certaine relation avec les
fonctions pour lesquelles le préposé était employé.
➢ La Cour de Cassation estime qu’il suffit que l’acte fautif ait été commis pendant la
durée des fonctions, indirectement ou occasionnellement, en relation avec elles.

Pour échapper à sa responsabilité, l’employeur doit :


- Soit prouver que le préposé a agi sans autorisation :
➔ Exemple : si l’acte incriminé était formellement interdit par le commettant.
- Soit prouver que le préposé a agi à des fins étrangères à ses attributions, et en-dehors
des fonctions auxquelles il est employé.

3. Responsabilité du fait des choses


Si on peut être responsable des actes d’autrui, on peut aussi être responsable du fait de certaines
choses.

On est responsable des choses qui nous appartiennent et des dommages que ces choses
peuvent occasionner :
Les choses en général : on est responsable des choses dont on est propriétaire, mais
aussi dont on est le gardien
➔ Exemple : votre escalier a vieilli et s’écroule lorsque quelqu’un le monte : vous
êtes responsable de cette chose dont vous êtes le propriétaire ou le gardien.
Généralement, vous aurez souscrit à une « assurance familiale » pour vous
protéger contre ce type de responsabilité
➔ Exemple : le garagiste à qui vous avez confié votre voiture, qui est responsable
des dégâts que celle-ci pourrait occasionner à d’autres.

G. LAGUESSE 68
GONÇALVES RODRIGUES Sara 12/12/2022

Les animaux : à certaines conditions


❖ L’animal doit être susceptible d’être gardé : on vise autant les animaux
domestiques que les animaux sauvages, dès qu’ils sont apprivoisés.
❖ Être propriétaire ou gardien de l’animal : le gardien de l’animal est celui
qui, au moment du fait qui cause un dommage, a la pleine maîtrise de l’animal,
ce qui suppose un pouvoir de direction et de contrôle, sans intervention du
propriétaire.
❖ L’animal doit causer un dommage à un tiers en lien causal : si on prouve
que sans le fait, le dommage se serait produit quand même, il n’y a pas de lien
causal.
❖ L’animal ait eu un comportement actif et autonome : si on marche sur la
queue du chien, le comportement que le chien aura ensuite n’est pas actif et
autonome, il est provoqué. Il n’entraînera pas la responsabilité du gardien de
l’animal.

Les juges ont l’habitude de présupposé que le propriétaire d’un animal est normalement le
gardien de celui-ci, sauf s’il réussit à prouver qu’il a transféré la garde à un tiers au
moment des faits.

La maitrise d’un animal est ainsi une garde matérielle et un pouvoir de commandement =
il y a un pouvoir de donner des ordres quant à la conduite de l’animal mais il n’est pas
requis que le gardien ait un droit sur l’animal vu que la garde est un fait juridique.

G. LAGUESSE 69

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