0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
667 vues19 pages

Sodapdf

Ce document traite du régime juridique de la sentence arbitrale au Maroc. Il aborde les conditions de validité d'une sentence arbitrale, comme l'obligation d'être motivée et signée, et ses effets une fois rendue. Le document présente également les voies de recours possibles contre une sentence arbitrale.

Transféré par

Elalia
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
667 vues19 pages

Sodapdf

Ce document traite du régime juridique de la sentence arbitrale au Maroc. Il aborde les conditions de validité d'une sentence arbitrale, comme l'obligation d'être motivée et signée, et ses effets une fois rendue. Le document présente également les voies de recours possibles contre une sentence arbitrale.

Transféré par

Elalia
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

1

Master droit des affaires

La sentence arbitrale et les voies de


recours

Réalisé par : SOUHAILA EL LAHLAH


CHAIMAE MKHANTAR
DOHA MARZOUGUI
AFAF EL KODMIRI
HOUDA ER RAFAS Encadré par : Pr MAZOUZ

1
2

Année universitaire 2022/2023

Sommaire :

Introduction…...............................................................................3
Chapitre I : régime juridique de la sentence arbitrale...........5
Section 1 : les conditions de validité de la sentence arbitrale......5
Section 2 : les effets de la sentence arbitrale................................8
Chapitre II : les voies de recours...............................................10
Section 1 : les voies de recours ordinaires…...............................10
Section 2 : Les voies de recours extraordinaires.........................14
Bibliographie...............................................................................16

2
3

Introduction

Un litige opposant deux parties peut être résolu soit par les juridictions étatiques, qui ont pour
mission de rendre un service public, soit par une institution privée à savoir l’arbitrage.
L’arbitrage est défini comme : « Un mode de règlement des litiges consistant à recourir à une
ou plusieurs personnes privées (arbitres) choisies par les parties pour obtenir une décision
impérative, en dehors des juridictions étatiques ».
Historiquement, la législation marocaine sur l’arbitrage remonte au Protectorat français,
période durant laquelle, l’ancien code de procédure civile de 1912 dévoila les premiers
contours de l’arbitrage marocain.
Après l’indépendance du pays en 1956 le législateur adopta le Dahir portant loi n° 1-74-447
du 11 ramadans 1394 (28 septembre 1974) approuvant le texte du code de procédure civile 2,
en l’occurrence par son chapitre VIII du titre V (articles 306 à 327).
La mondialisation et le développement du commerce international ainsi que l’expansion de
l’investissement ont fortement incité le législateur à réglementer ce mode de résolution des
conflits ; ce n’est qu’avec la loi n°08-05 abrogeant et remplaçant le chapitre VIII du Code de la
procédure civile 3 que la pratique de l’arbitrage au Maroc va connaître son essor
Le recours à l’arbitrage a plusieurs intérêts. Il permet aux commerçants de résoudre leurs
litiges par une procédure simplifiée et rapide toute en préservant leur confidentialité.
L’arbitre est investi du pouvoir judiciaire qui lui permet de rendre une sentence arbitrale.
Cette dernière désigne tout acte juridictionnel par lequel l’arbitre tranche une question
litigieuse, ce que soit sur le fond, sur la compétence ou sur un moyen de procédure qui conduit
à mettre fin à l’instance.
La sentence arbitrale doit obéir à des conditions de forme qui sont édictées par le code de
procédure civile et qui sont indispensables pour sa validité dont l’obligation de motivation fait
partie.
Etant un mode conventionnel de règlement des conflits, l’arbitrage permet aux parties de
fixer librement les règles applicables à la procédure arbitrale, ainsi qu’elles leur permettent
d’attaquer une décision d’arbitrage alors qu’en principe la sentence arbitrale n'était plus
susceptible d'aucun recours.
3
4

Toutefois de multiples dérogations, qui semblent confirmer que la décision de la justice privée
tant attendue reste susceptible d'être attaquée à la fois par des voies de recours ordinaire, et
des voies de recours considérées comme extraordinaires, que la loi n'offre que dans des
hypothèses restrictives.
Il nous est primordial de poser la problématique suivante et de s’interroger sur :
Quelles sont les conditions de validité de la sentence arbitrales et ses effets et quelles sont les
voies de recours possibles dans ce sens ?

A cet effet, et au cœur de notre travail, une première partie sera dédiée à la projection de la
lumière sur les formalités nécessaires à sa validité (paragraphe I), tout en ébruitant les
modalités de son exécution, et ce, avant de consacrer une deuxième partie à l’exposition des
voies de recours pouvant être déclenchés et exercés à l’encontre de la sentence arbitrale
(paragrapheII).

4
5

PARTIE I : régime juridique de la sentence arbitrale


La sentence se définit comme la décision par laquelle les arbitres tranchent les litiges qui leur
ont été soumises par les parties conformément aux pouvoirs que leur confère la convention.
Malgré son caractère juridictionnel, la sentence conserve un caractère contractuel sous
certains aspects car elle procède d’un contrat entre ceux qui ont convenu de l’arbitrage. De ce
fait, l’instance arbitrale s’achève par la sentence, qui doit être rendue conformément aux
dispositions juridiques.

Chapitre 1 : les conditions de validité de la sentence arbitrale


Rédigée sous la forme d'un jugement, la sentence est soumise à des conditions de validité sans
lesquelles elle ne produit aucun effet .
 Conditions de fonds : Selon l’article 50 de la loi 95-17 la sentence arbitrale est
rendue, après délibération du tribunal arbitral, à la majorité des voix. Tous les
arbitres doivent se prononcer en faveur ou contre le projet de sentence. Une
sentence arbitrale doit toujours être rendue d’une façon impartiale, de ce fait la
délibération est un processus essentiel afin d’arriver à une décision de fond,
juste et mesurée. Cette règle est d’ordre public car elle vise à protéger les droits
des plaideurs. Les arbitres sont donc astreints à une véritable obligation de
résultat. Le délibéré permet aux arbitres d’échanger des idées, de faire
connaissance mais aussi de détecter le défaut d’impartialité s’il existe. Il s'agit
d'une œuvre commune des arbitres à laquelle tous doivent participer, sinon la
majorité d'entre eux.
 Conditions de forme : Les règles de forme que doit respecter la sentence
arbitrale se voient consacrées par les articles 51 et 52 de la loi 95-17 et
conformément auxquels la sentence doit être prononcée par écrit sous forme
d’un document en papier ou électronique, tout en visant la convention
d’arbitrage et en incorporant l’exposé concis des faits, des prétentions des
parties et leurs moyens respectifs, les pièces, l’indication des questions
litigieuses résolues par la sentence arbitrale ainsi qu’un dispositif statuant sur
5
6

ces questions.
En effet, elle doit certainement contenir l’indication :
- La date de la sentence et le lieu où elle a été rendue ;
- Le nom des arbitres qui l’ont prononcé, leur nationalité, leur qualité, leur domicile élu ou réel
et leurs adresses électroniques ;
- les noms, prénoms des parties ainsi que leur domicile réel ou élu ou résidence et le nom de
leurs représentants.
- Si l’une des parties est une personne morale de droit privé ou public, la Sentence Arbitrale
doit comporter sa dénomination, son type, son siège administratif ou social selon le cas ;
De surcroît, la sentence arbitrale se voit dans l’obligation de fixer les honoraires des arbitres,
les dépenses d’arbitrage et les modalités de leur répartition entre les parties. Au cas impliquant
le déclenchement d’un désaccord entre les parties et les arbitres sur la fixation des honoraires,
ces derniers témoignent leur fixation par une décision indépendante du tribunal arbitral, qui
demeure susceptible de recours dans un délai de 15 jours à compter de la date de sa réception
devant le président de la juridiction compétente dont la décision est définitive et non
susceptible d’aucun recours. Ajoutons, que la sentence arbitrale doit être signée par chacun
des arbitres. Notons, que face à la situation de pluralité des arbitres et le refus de la minorité
de signer, les autres arbitres doivent en faire mention avec indication des motifs du refus de
signature. Ce refus n’impacte guère la sentence arbitrale vu qu’elle conserve le même effet qui
si elle avait été signée par chacun des arbitres. Ainsi, le tribunal arbitral est tenu de délivrer à
chacune des parties une copie de la sentence arbitrale, dans un délai de 7 jours qui commence
à courir dès son prononcé. La publication de la sentence arbitrable ou d’extraits de celle-ci ne
peut être déclenchée sans autorisation des parties à l’arbitrage.
Comme le juge étatique est obligé à motiver sa décision, la loi exige également l’arbitre à
motiver sa sentence. Si la motivation des sentences est obligatoire c’est parce qu’elle garantit
aux parties à l’arbitrage un procès équitable, de ce fait ladite sentence doit être motivée, sauf
convention contraire des parties dans la convention d’arbitrage ou à l’occasion de la procédure
d’arbitrage ou lorsque la loi applicable à la procédure d’arbitrage n’exige pas la motivation de
la sentence.

1
Article 327-22 de la loi 08-05.
2
[Link]
3
Article 327-22 de la loi 08-05

6
7

Section2 : les effets de la sentence arbitrale


Etant un acte juridictionnel, la sentence arbitrale a les mêmes effets qu’une
décision judiciaire, sauf en ce qui concerne son exécution qui est soumise à des
règles particulières.
Dès son prononcée, cette sentence jouit de l’autorité de la chose jugée et la force
probante attachée aux actes authentiques ; le fait pour les arbitres de rendre la
sentence entraine leur dessaisissement.
 Force probante et autorité de chose jugée

La sentence arbitrale a la force probante d’un acte authentique puisque les


énonciations qu’elle contient font preuve jusqu’à inscription de faux. Elle est en
cela assimilée à un jugement rendu par une juridiction d’Etat. Mais le caractère
authentique ne trouve sa source que dans la volonté des parties à la convention
d’arbitrage de sorte qu’il ne concerne qu’elles.
Quant à l’autorité de la sentence, le législateur a pris une position contraire à
celle de la juridiction qui considérait que la sentence arbitrale ne jouissait de
l’autorité de la chose jugée qu’après avoir été revêtue de l’exequatur par la
juridiction de l’Etat. La nouvelle loi dispose en effet que la sentence acquiert
l’autorité de la chose jugée dès qu’elle est rendue. Toutefois, les sentences
avant- dire-droit ou ordonnant une mesure provisoire n’ont pas l’autorité de la
chose jugée.
Les effets de cette autorité de chose jugée pour les sentences arbitrales sont
les mêmes que ceux qu’elle produit en droit commun. Ce qui a été jugé par les
arbitres, sous réserve du triple identité, ne peut plus être rejugé par d’autres
arbitres ou par une juridiction d’Etat. La décision n’a d’autorité qu’à l’endroit
des parties à l’instance arbitrale. De ce fait, la sentence n’est pas opposable aux
véritables tiers ni ayants cause dont le droit est né avant le prononcé de la
sentence.
L’autorité de la chose jugée est relative ; Elle ne s’applique que s’il y a
identité d’objet, de fondement juridique et de parties. De ce point de vue, la
sentence est assimilée à un jugement rendu par une juridiction d’Etat. Comme
lui, elle met fin au litige. Mais, à a différence de celui-ci, elle n’a pas la force
exécutoire, c’est-à- dire, que si le perdant ne s’exécute pas spontanément, le
recours à la force

7
8

publique, notamment pour opérer des saisies, ne sera possible qu’après un


exequatur ou une reconnaissance de la sentence.
 Dessaisissement des arbitres

L’article 327 du CPC, dispose que : « la sentence dessaisit le tribunal arbitral


de la contestation qu’elle tranche.

Après le prononcé de la sentence, si celle-ci présente un caractère définitif et


non seulement préparatoire, l’arbitre a complétement accompli sa mission. Il en
résulte qu’il perd les pouvoirs qui lui avaient été conférés dans ce but. Il est
dessaisit du litige, ce qui lui interdirait, même avec l’accord des parties, de
revenir sur sa décision pour le rectifier. Au contraire, les sentences et notamment
les ordonnances de la procédure ne produisent pas cet effet car elles préparent la
sentence définitive.
Toutefois, le principe du dessaisissement supporte 3 exceptions :
 Tout d’abord, les arbitres peuvent interpréter leur sentence, à la demande de
l’une des parties, autrement, d’expliciter un élément du dispositif qui manquerait
de clarté, ce qui peut se produire lorsque le style juridique n’est pas maitrisé.
 En second lieu, les arbitres ont la possibilité de rectifier les erreurs
matérielles qui ont pu se glisser dans la sentence, notamment les erreurs de
calcul. Mais ces rectifications ne doivent pas modifier le fond de la décision.
 Enfin, le tribunal arbitral peut combler une omission de statuer sur un chef de
demande. La requête à cette fin doit être notifiée à l’autre partie qui disposera
d’un délai de 15jours pour présenter, le cas échéant, ses conclusions. Pour autant
la réparation de l’omission doit respecter deux conditions : ne pas porter atteinte
à la chose jugée pour les autres parties de la sentence et intervenir dans délai
d’un an au plus tard après que la décision soit passée en force de chose jugée.

8
9

PARTIE II : LES VOIES DE RECOURS POVANT


ETRE DECLENCHEES CONTRE LES SENTENCES
ARBITRALES A LA LUMIERE DE LA LOI 95.17
En principe, la sentence arbitrale n’est susceptible d’aucun recours. Toutefois, plusieurs
dérogations semblent confirmer que la décision de la justice privée reste susceptible d’être
attaquée à la fois par des voies de recours ordinaires (CHAPITRE 1) et des voies considérées
comme extraordinaires (CHAPITRE 2).

Chapitre 1 : les voies de recours ordinaires :


Les sentences arbitrales sont susceptibles de deux types de voies de recours ordinaires :

• L’appel : cette voie consiste à porter l’ensemble des litiges devant la cour d’appel dans
le ressort de laquelle la sentence a été rendue donc elle est recevable quel que soit le
montant du litige à moins que les parties n’aient renoncé à l’appel dans la convention
d’arbitrage et lorsque l’arbitre n’est reçu mission de statuer comme amiable
compositeur. Portant les parties peuvent se réserver le droit d’interjeter appel contre
la sentence rendue en amiable composition. Elles doivent le mentionner
expressément et sans équivoque dans la convention d’arbitrage.

D’ailleurs, l’appel n’est pas recevable contre les sentences rendues au Maroc en matière
d’arbitrage international que dans le cas d’épuisement du délai de recours en annulation pour
la demande de reconnaissance et l’exequatur de la sentence devant la cour d’appel
commerciale compétente ainsi dans les cas énumérés dans l’article 80 dans un délai de 15
jours à compter de la date la notification de l’ordonnance (Les articles 79, 80 et 81 de la loi
95.17).

• Le recours en annulation : selon les dispositions de l’article 61 de la loi 95.17, les


sentences arbitrales peuvent faire l’objet d’un recours en annulation dans les formes
ordinaires devant la cour d’appel compétente dans le ressort de laquelle elles ont été
rendues. Ce recours est recevable dès le prononcé de la sentence arbitrale ou dans un
délai de 15 jours à compter de la date de notification de la sentence.

Ce recours est ouvert d’une part, pour les motifs précisés à l’article 62 au nombre de sept

9
10

comme les sentences prononcées en l’absence de convention d’arbitrage, sur convention


nulle ou après expiration de délai d’arbitrage, le tribunal arbitral a été irrégulièrement
composé, la sentence rendue en violation d’une règle d’ordre public …. D’autre part, la cour
d’appel compétente prononce d’office l’annulation de la sentence arbitrale car elle est
contraire à l’ordre public du Royaume du Maroc ou si elle constate que l’objet de litige
concerne une question qui ne peut être soumise à l’arbitrage. La cour doit statuer sur le litige
sur la base d’un accord préalable contenue dans une clause ou un compromis ou suite à la
demande de l’une des parties. A cet égard, la cour d’appel compétente qui rejette ou
prononce l’irrecevabilité de recours en annulation ou n’y donne pas suite, elle doit ordonner
d’office l’exécution de la sentence arbitrale et son arrêt définitif. A contrario, le recours
introduit de manière abusive suppose une condamnation à l’appelant vaut un versement des
dommages-intérêts qui ne soit inférieur à 25% du montant, objet de la condamnation au titre
de la sentence arbitrale au profit de l’intimé (les articles 62,63 et 64).

En outre, le législateur n’a permis d’exercer le recours en annulation qu’à l’encontre des
sentences arbitrales internationales rendues au Maroc (la reconnaissance et l’exequatur des
sentences arbitrales), en revanche, celles-ci rendues à l’étranger ne sont pas donc
susceptibles de ce recours au Maroc ainsi il affirme que les mêmes dispositions relatives à
l’arbitrage interne s’appliquent également au recours contre une sentence arbitrale
internationale. Toutefois, il précise que si la décision du tribunal arbitral est assortie de
l’exécution provisoire, l’exercice du recours en annulation ne suspend pas l’exécution de la
sentence arbitrale au contraire de l’arbitrage interne dont la sentence sera suspendue dès
l’exercice de ce recours.

Chapitre 2 : les voies de recours extraordinaires


Ces vois de recours qui sont en nombre de trois, ont des caractéristiques communes. Elles ne
sont ouvertes que dans les cas prévus par la loi. Elles n'ont pas d'effet suspensif et
constituent des garanties particulières, tant pour les parties que pour les tiers. Nous
examinerons successivement la rétractation (A), la tierce opposition (B), et enfin le pourvoi
en cassation (C).

A - la rétractation :

10
11

Comme définition générale on peut dire que la rétractation est une voie de recours
extraordinaire ouverte devant les parties au litige désirant se pourvoir contre une décision
rendue définitivement non susceptible ni d’opposition ni d’appel, dans des cas limitatifs, en
vue de sa rétractation et la réouverture de l’affaire de nouveau ainsi que pour éviter une erreur
ayant entacher la décision attaquée en rétractation.
En effet, la présente loi 95-17 mentionne l’article 59 prévoit que : La Sentence Arbitrale peut
faire l'objet d'une demande en rétractation, conformément aux dispositions du code de
procédure civile, devant la Cour d’Appel Compétente, qui aurait connu de l’affaire s’il n’y avait
pas eu de convention d'arbitrage.

- Les cas de la rétractation :

Ces cas sont liste à titre limitatif dans l’article 402 du CPC, il s’agit de :
1- S'il a été statué sur chose non demandée ou adjugé plus qu'il n'a été demandé ou s'il a été
omis de statuer sur un chef de demande ;
2- Si, dans le cours de l'instruction de l'affaire, il y a eu dol ;
3- S'il a été jugé sur des pièces reconnues ou déclarées fausses depuis la décision rendue ;
4- Si, depuis la décision, il a été recouvré des pièces décisives et qui avaient été retenues par la
partie adverse ;
5- Si, dans une même décision, il y a des dispositions contraires ;
6- Si, par suite d'ignorance d'une décision antérieure ou d'une erreur de fait, il a été rendu, par
la même juridiction, entre les mêmes parties, sur les mêmes moyens, deux décisions en dernier
ressort qui sont contradictoires ;
7- Si des administrations publiques ou des incapables n'ont pas été valablement défendues ;

- La procédure et le délai de la rétractation :

Pour qu’elle soit acceptée, la rétractation doit respecter la procédure prévue par le code, mais
encore faut respecter le délai imparti par la loi. L’article 406 dispose dans son premier alinéa
que « La demande en rétractation est portée devant la juridiction qui a rendu la décision
attaquée ; il peut y être statué par les mêmes juges. »
La demande doit respecter un contenu fixé par l’article 32, mais le plus important en matière
de rétractation c’est que le CPC exige dans son article 403, une quittance constatant la
consignation au greffe de la juridiction, d'une somme égale au maximum de l'amende qui peut

11
12

être prononcée par application de l'article 407, à défaut la demande sera refusée.

En ce qui concerne le délai de faire demande de rétractation, l’article 402 du CPC dispose dans
son deuxième alinéa : Le délai pour former la demande en rétractation est de trente jours à
partir de la notification de la décision attaquée. Toutefois, sont applicables à la demande en
rétractation les dispositions des articles 136, 137 et 139 ».
Les articles 136, 137, 139 constituent les dérogations au délai de 30 jours, ainsi :
-Le délai de 30 jours sont triplés en faveur des parties qui n'ont ni domicile ni résidence dans le
Royaume.
-Le délai de 30 jours est suspendu par la mort de l’une ou l'autre des parties, au profit des
héritiers. Ils ne reprennent leur cours qu'à l'expiration de la quinzaine qui suit la notification du
jugement faite aux héritiers, au domicile du défunt.
-S'il se produit au cours du délai, une modification dans la capacité de l'une des parties, le délai
est suspendu et ne recommence à courir que quinze jours après la notification du jugement à
ceux qui ont qualité pour recevoir cette notification.

- Les effets de la rétractation :

En distingue que la rétractation au niveau des effets c’est que par son acceptation, la décision
attaquée sera rétractée et les parties seront remises au même état où elles étaient avant ce
jugement, les sommes consignées seront rendues et les objets des condamnations qui auraient
été perçus en vertu du jugement rétracté seront restitués.
En fin, la décision de rétractation est passible à l’opposition s’elle est rendue par défaut, aussi
passible à la cassation s’elle remplit l’une des conditions qui permet la cassation. Mais la
demande de rétractation contre une décision de rétractation n’est pas admise lorsqu’elle vient
de la part du demandeur en rétractation dans cette dernière. Par contre, la doctrine est
d’accord que la partie adverse peut demander rétractation contre la décision qui a déjà fait
l’objet de rétractation.

12
13

B- la tierce opposition :

La tierce opposition est une voie ouverte pour les personnes éprouvent un préjudice par l’effet
d’une décision judiciaire à laquelle ils n’ont pas fait partie ni en personne ni par représentation.

- Les conditions de la tierce opposition :

Ces conditions sont déduites de l’article 303 qui nous a défini cette voie de recours, de ce fait
deux conditions à retenir :
-Le jugement attaqué est préjudiciable pour le tiers opposant : cette condition n’est que
l’application du principe juridique qui dit : « Pas d’intérêt pas d’action », il en résulte c’est
l’intérêt du tiers opposants qui la conduit a prendre cette voie de recours. En ce sens le juge de
fond dispose d’un pouvoir d’appréciation pour décider si le jugement touche aux intérêts de la
tierce personne ou non.
-Le tiers opposant ne doit pas faire partie au jugement attaqué ni en personne ni par son
représentant, est considéré comme tiers au sens de l’article 303 les personnes suivantes :
1- La personne qui n’a pas fait partie au jugement et n’a pas été convoqué légalement ;
2- La personne qui n’a pas été représentée au jugement soit par représentant légal soit par un
mandataire conventionnel, ou s’elle a été représenté par procuration ou par délégation
invalide, de même lorsque le mandataire ou le représentant dépasse ces pouvoirs ;
3- Les ayants cause, il s’agit de toute personne qui a reçu un droit personnel ou réel de son
prédécesseur à condition que son droit soit né avant le déclenchement de l’action en justice,
sinon il sera considéré comme représenté à l’instance par son prédécesseur si celui-ci y fait
partie ;
4- Les ayants droit, il s’agit de toute personne qui a reçu son droit par voie d’héritage ou de
testament ;
5-Le créancier peut être un tiers opposant s’il prouve une collusion entre son débiteur et un
tiers au profit du premier et lorsque le titre de sa créance est antérieur au jugement prononcé
contre son débiteur.

- La procédure :

D’après l’article 304 du CPC, la tierce opposition peut prendre la forme d’une requête écrite
déposée par le demandeur lui-même ou par son représentant comme elle peut être sous

13
14

forme d’une déclaration verbale, du demandeur ou de son représentant, consignée par l’agent
greffier dans un PV signé par le déclarant, s’il ne peut pas signer l’agent greffier en fait
mention. Pourtant, la tierce opposition devant la cour d’appel doit respecter la procédure
écrite d’après l’article 328 du code de la procédure civile.
Les requêtes ou procès-verbaux de déclaration doivent indiquer les noms, prénoms, qualité ou
profession, domicile ou résidence du défendeur et du demandeur, ainsi que, s'il y a lieu, les
noms, qualité et domicile du mandataire du demandeur ; si l'une des parties est une société, la
requête ou le procès-verbal doit indiquer la dénomination sociale, la nature et le siège de la
société, pour qu’il soit présenté à la juridiction qui a rendu le jugement attaqué, seule
compétente pour voire la tierce opposition.
En fin, Aucune tierce opposition n'est recevable si elle n'est accompagnée d'une quittance
constatant la consignation au greffe de la juridiction, d'une somme égale au maximum de
l'amende qui peut être prononcée en application de l'article 305. Ce dernier condamne le tiers
opposant dont la tierce opposition est rejetée à une amende de 100 DH, 300 DH et 500 DH
devant successivement le tribunal de première instance, la cour d’appel et la cour de cassation,
sans préjudice, le cas échéant, des dommages-intérêts à la partie adverse.
En ce qui concerne le délai de la tierce opposition, le législateur marocain n’a pas fixé un délai,
ce qui nous pousse à dire que le tiers intéressé peut formuler sa demande de tierce opposition
sans besoin de respecter un certain terme, à moins qu’il n’ait accepté le jugement
expressément ou tacitement auquel cas il n’aura pas droit d’attaquer ce jugement par voie de
la tierce opposition.
De ce fait, par application des dispositions générales, le tiers peut s’opposer au jugement à
moins que son droit ne soit prescrit. Il en résulte que le tiers peut procéder à la tierce
opposition pendant 15 ans à partir de la date du prononcé du jugement attaqué.

- Les effets de la tierce opposition :

Faut distinguer entre deux situations au niveau des effets, d’abord il y a le cas où la tierce
opposition est bien fondée, en suit il y a le cas où le tiers opposant succombe.
Dans la première situation le tribunal se rétracte dans la limite de ce qui est demandé par le
tiers ou bien de ce qui touche à ses intérêts. Pour les parties au litige, le jugement produit tous
ces effets et dispose en principe de la force de la chose jugée. Ça ce qu’on appelle l’effet

14
15

dévolutif qui permet au tribunal de revoir toute l’affaire de nouveau et revenir au fond de litige
pour l’examiner. Mais, dans la tierce opposition le tribunal reste limité dans l’objet de litige et
n’a pas le droit de trancher une demande nouvelle.
Dans la deuxième situation comme on a déjà précité la partie dont la tierce opposition est
rejetée est condamné à une amende.

C- La cassation :
La doctrine définit le pourvoi en cassation comme une voie de recours extraordinaire ouverte à
l’encontre des décisions rendues en dernier ressort, c’est-à-dire contre les arrêts des cours
d’appel ou les jugements insusceptibles d’appel. Il consiste à demander à la juridiction
suprême (la Cour de cassation dans l’ordre judiciaire) de censurer la non-conformité de la
décision par rapport aux règles du droit, sans se prononcer sur le fond du litige.
- Les motifs de la cassation :
L’article 359 du CPC nous indique clairement les cas dont le pourvoi en cassation peut être
formulé, cet art dispose que : « Les pourvois soumis à la Cour de cassation doivent être fondés
sur l'une des causes ci-après :
1-Violation de la loi : elle peut être traduite par plusieurs formes qu’on peut résumer en :
l’erreur dans l’application de la loi ; l’erreur dans l’interprétation et le non-respect de la loi.
2-La violation d’une règle de procédure ayant causé préjudice à une partie : elle concerne
toutes les règles qui intéressent le domaine procédural, y compris celles du code de
l’immatriculation foncière, du code de commerce …etc.
3-L’incompétence : il s’agit du cas ou la cour d’appel déclare son incompétence ou lorsqu’elle a
tranché un litige qui ne rentre pas dans sa compétence, les deux cas justifient le pourvoi en
cassation.
4-L’excès de pouvoirs : on parle d’excès de pouvoirs lorsque le juge empiète sur le pouvoir
législatif ou exécutif. De ce fait, ce motif puise sa force du principe de la séparation des
pouvoirs.
5-Le défaut de base légale ou défaut de motifs : est une condition sine qua none, ainsi la
motivation signifie l’indication dans le jugement ou l’arrêt prononcé les faits matériels et
juridiques qui justifient une telle ou telle décision.
- La procédure et délai de pourvoi en cassation :
Les formalités du pourvoi en cassation sont réglées par les articles 354 à 358 du CPC.

15
16

Alors, Le pourvoi en cassation est formé par une requête écrite signée d'un mandataire agréé
près la Cour de cassation. En l'absence de requête ou si la requête est signée par le demandeur
lui-même ou par un mandataire ne remplissant pas les conditions prévues à l'alinéa précédent,
la cour peut procéder d'office à la radiation de l'affaire sans citation de la partie.
La requête doit indiquer, à peine d'irrecevabilité, les noms, prénoms et domiciles réels des
parties, un exposé sommaire des faits et moyens ainsi que les conclusions. Elle doit être
accompagnée d’une copie de la décision attaquée en dernier ressort, objet du pourvoi en
cassation. A défaut, le secrétariat-greffe en requiert une de la juridiction qui l’a rendue. En
outre elle doit être assortie d’un nombre de copies équivalent au nombre des parties. Si
aucune copie n’est produite ou si le nombre de copies ne correspond pas à celui des parties, le
secrétariat-greffe demande au demandeur en pourvoi de présenter lesdites copies dans le
délai de dix jours. A l’expiration dudit délai et lorsque l’avertissement demeure sans effet,
l’affaire est fixée à l’audience par le président et la cour de cassation rend une décision
d’irrecevabilité.
D’après le texte de l’art 358 du CPC, sauf dispositions contraires le délai pour saisir la Cour de
cassation est de trente jours à compter du jour de la notification de la décision déférée, ne soit
à personne, soit à domicile réel.
Il en résulte que le délai de pourvoir en cassation ne peut jamais commencer à courir dès la
date d’assistance à l’audience, celle-ci n’est pas considérée comme notification pour la CC.
Pour les arrêts de défaut, le délai ne court qu'à compter du jour où l'opposition n'est plus
recevable.
- Les effets de la cassation :
Contrairement aux voies de recours ordinaires, le pourvoi en cassation n’entraine pas la
suspension d’exécution, or la décision attaquée produit tous ses effets. Toutefois l’article 361
du CPC constitue l’exception à ce principe, en disposant que « Les recours devant la Cour de
cassation ne sont suspensifs que dans les cas suivants :
1- En matière d’état ;
2- Quand il y a eu faux incident ;
3- En matière d’immatriculation... »

16
17

17
18

Bibliographie :

 Dahir n° 1-07-169 du 19 kaada 1428 (30 novembre 2007) portant


promulgation de la loi n° 08-05 abrogeant et remplaçant le chapitre VIII
du titre V du code de procédure civile
 Dahir n° 1-11-91 du 27 chaabane 1432 (29 juillet 2011) portant
promulgation du texte de la constitution
 La déclaration universelle des droits de l’homme

18
19

 Jawad AMAHMOU, Procédure civile, Imprimerie Sijelmassa, première


édition, 2009, Meknès
 [Link]
[Link]/moodle/[Link]/1/FPV2/Droit_des_affaires/kr_arbitrage_sentenc
e_arbitrale.pdf
 [Link]
[Link]
 [Link]
 [Link]
 [Link]

19

Vous aimerez peut-être aussi